Le hacker Chris Coleman est tombé en pleine guerre entre le Maroc, l’ONU et les Etats-Unis

Le conflit entre Rabat, d’un côté, et l’ONU et Washington, de l’autre, à cause du Sahara Occidental, est résumé dans cette dépêche de l’agence de presse espagnole:

La mission de l’ONU au Sahara n’a toujours pas reçu sa cheffe nommée en mai

La mission de l’ONU au Sahara occidental (Minurso) a une nouvelle cheffe, la Canadienne Kim Bolduc, nommée en mai dernier par le Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki-moon. Cependant, elle se trouve toujours à New York à l’heure actuelle, et la date de son arrivée au siège d’El Aaiún reste inconnue.

Javier Otazu Rabat, 23 oct (EFE). — Selon des sources de la Minurso à El Aaiún interrogées par Efe, il n’y a « pas de date précise » pour l’arrivée de Mme Bolduc, qui reste à New York dans cette phase d’attente alors qu’elle était attendue dans la région fin juillet.

En l’absence de Kim Bolduc, le commandement a été assumé par intérim par le chef militaire de la mission, le général de division indonésien Imam Edy Mulyono, tandis que la Minurso « continue de travailler normalement », ont souligné les mêmes sources. Ces dernières n’ont pas souhaité s’exprimer sur les raisons du retard de Mme Bolduc dans sa prise de fonction.

Cependant, les motifs ont été récemment exposés par le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, qui a choisi un journal local en septembre dernier pour s’en expliquer. M. Mezouar s’est plaint que le Maroc « n’avait pas été consulté » par l’ONU lors de la nomination de Bolduc et a laissé entendre qu’il n’accepterait pas son arrivée tant que « de nombreuses clarifications » sur son mandat ne seraient pas résolues.

Le mandat de la Minurso en question

Le mandat de la Minurso, créée en 1991, consiste théoriquement à superviser le cessez-le-feu et à préparer un référendum d’autodétermination dans le territoire, mais cette dernière mission a déjà été écartée par le Maroc.

Le 8 octobre, le représentant permanent adjoint du Maroc auprès de l’ONU, Abderrazak Laassel, a énuméré devant la Commission de décolonisation les tâches que Rabat considère désormais comme relevant de la Minurso sur le terrain :

  • La surveillance du cessez-le-feu.
  • Le déminage.
  • La promotion de mesures de confiance en soutien au Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), notamment « les visites entre familles sahraouies » vivant sous administration marocaine ou dans les camps du Front Polisario à Tindouf.

Tensions avec l’envoyé spécial Christopher Ross

Dans cet entretien, M. Mezouar a également prévenu que l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara, l’Américain Christopher Ross, ne serait pas reçu au Maroc tant que Rabat n’aurait pas obtenu de réponses « écrites » à sa demande de « clarifications sur les limites de sa mission ».

Les relations entre le Maroc et M. Ross sont loin d’être cordiales : en mai 2012, le gouvernement de Rabat avait annoncé qu’il lui « retirait sa confiance » en raison de son « comportement déséquilibré et partial ». Rabat avait toutefois subi un revers diplomatique lorsque Ban Ki-moon, ignorant ces arguments, avait confirmé l’Américain dans ses fonctions. Depuis lors, les rapports entre Ross et le gouvernement marocain sont, pour le moins, distants.

Une impasse persistante

En privé, Christopher Ross, qui ne s’est pas rendu dans la zone depuis janvier 2014, a confié à certains interlocuteurs son pessimisme quant à une solution, compte tenu du fossé immense entre les parties, le Maroc et le Front Polisario.

Au mécontentement de Rabat envers Ross s’ajoute l’inquiétude marocaine de voir resurgir une proposition que les États-Unis avaient présentée en 2013 devant le Conseil de sécurité (avant de la retirer sous la pression de Rabat et de ses alliés) visant à élargir le mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’homme.

Cette proposition a été reprise plus tard par Ban Ki-moon lui-même qui, en avril dernier, à la veille du renouvellement du mandat de la Minurso, a soutenu la mise en place d’un « mécanisme indépendant, durable et impartial » de surveillance des droits de l’homme au Sahara et à Tindouf. Ce mécanisme n’a finalement pas été mentionné dans la résolution, donnant une fois de plus l’impression que le Maroc avait obtenu gain de cause. Une impression qui semble toutefois erronée face à l’énième impasse dans laquelle se trouvent le contentieux du Sahara et la Minurso elle-même.

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