Category: Sahara Occidental

  • L’UE reconnait le Sahara occidental comme territoire distinct

    C’est une victoire politique et diplomatique importante pour la cause sahraouie. Alors que le Maroc espérait que la controversée position du président américain sortant de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental allait peser et influer sur les politiques de l’Union européenne, voilà que cette dernière a désigné le Maroc et le Sahara occidental comme deux territoires distincts. Une position tranchée puisqu’elle est inscrite dans le cadre de l’accord Interbus entre l’UE et Rabat.

    “Une avancée importante: dans l’accord Interbus, l’Union européenne distingue le territoire du Royaume du Maroc et celui du Sahara occidental”, se félicite la représentation du Polisario en Europe et à l’Union européenne dans une déclaration écrite, évoquant un accord relatif au transport routier.

    “Dans une communication du 30 novembre 2020, récemment mise en ligne, la Commission européenne publie une proposition de décision du Conseil de l’Union européenne concernant la modification de l’accord relatif au transport international de voyageurs par autocar -L’accord “Interbus- en vue de permettre l’adhésion au Royaume du Maroc”, précise la même source. C’est un acte préparatoire à la décision du Conseil. Mais le texte exprime exactement les intentions et la politique de la plupart des dirigeants européens.

    Selon une note inscrite dans le document en question, il est indiqué que “compte tenu de la jurisprudence de la Cour dans les affaires C-266/16, C-104/16P, T-275/18 et T-180/14, l’accord sera applicable au territoire du Royaume du Maroc, mais ne sera pas applicable sur le territoire non autonome du Sahara occidental”.

    “Ces quatre décisions sont bien connues, et forment la jurisprudence de la Cour de Justice de l’Union européenne sur le Sahara occidental, s’agissant de l’Accord d’association UE-Maroc (arrêt C-104/16 du 21 décembre 2016), de l’accord de pêche UE-Maroc (arrêt C-266/16 du 27 février 2018 et T-180/14 du 19 juillet 2018) et de l’accord d’aviation UE-Maroc (ordonnance T-275/18 du 30 novembre 2018)”, rappelle le Front Polisario.

    “Nous saluons cette attitude que nous considérons comme une avancée importante. Vu les enjeux du moment, le transport par autocar n’est certes pas une question stratégique mais il en va différemment de ce texte qui entérine la jurisprudence européenne”, ajoute le texte.

    Le Front Polisario considère, en outre, que “ce projet rédigé par la Commission entérine l’opposition entre le “territoire du Royaume du Maroc” et le “territoire non autonome du Sahara occidental”, considérant qu’il s’agit d’une “victoire importante” que “de voir la direction européenne rejoindre les analyses du Front Polisario, qui ont triomphé devant la Cour de justice de l’Union européenne en 2016”.

    Le Front Polisario attire l’attention sur le fait que la déclaration du président Trump n’a été qu’un “rideau de fumée”, en référence à l’annonce faite, le 10 décembre dernier, par le président américain sortant au sujet de la reconnaissance de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en contrepartie de la normalisation des relations entre le Maroc et l’entité sioniste.

    “S’agissant du Sahara occidental, les dirigeants européens retiennent une lecture fondée sur le droit international qui est celle des juridictions européennes depuis 2016. Cela montre qu’il n’existe pas la moindre crédibilité à la proclamation du président Trump et que les forces marocaines d’occupation qui ont cru que les Etats européens suivraient le mouvement, reçoivent un démenti cinglant”, conclut le Front Polisario.

    Le Jeune Indépendant, 6 jan 2021

    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #UnionEuropéenne #UE #Interbus

  • L’Espagne et la France en tête de liste des pays investissant illégaleement au Sahara Occidental

    PRES DE 30 PAYS INVESTISSENT ILLÉGALEMENT AU SAHARA OCCIDENTAL : L’Espagne et la France en tête de liste

    Bafouant toute légalité internationale, une trentaine de pays investissent illégalement dans les territoires sahraouis occupés dans différents secteurs d’activité, indique un nouveau rapport du Centre d’études et de documentation franco-sahraoui, Ahmed Baba Miské .
    L’Espagne est le pays qui investit le plus au Sahara occidental avec, en tout, 28 entreprises, suivie de la France (16) et l’Allemagne (15). Des entreprises originaires de lointains pays tels que le Bangladesh, Singapour ou la Nouvelle Zélande sont également présentes au Sahara occidental. La pêche et le transport maritime figurent en tête des secteurs dans lesquels les sociétés étrangères activent au Sahara occidental. Les firmes étrangères sont également présentes dans les secteurs des énergies conventionnelles et renouvelables, des mines, essentiellement dans l’extraction du phosphate, la construction, les finances et le sport. Le rapport indique, en outre, que près de quarante compagnies étrangères ont quitté le Sahara occidental dernièrement. La plupart d’entre elles, 19 compagnies, faisaient de l’extraction du phosphate, une dizaine travaillaient dans le secteur de l’énergie au moment où le reste des entreprises activaient dans les secteurs des finances, de la pêche, de la livraison maritime et des mines. Par ailleurs, le centre d’études signale que l’implantation des firmes étrangères dans les territoires sahraouis occupés « constitue des violations flagrantes du droit international et des crimes de colonisation puisque (les entreprises) n’ont obtenu le consentement ni de la population autochtone du Sahara occidental ni de son représentant unique, défini par l’ONU le Front Polisario ». Le rapport rappelle que « le Sahara occidental, depuis le départ de la puissance coloniale, l’Espagne en 1976, est classé par l’ONU comme territoire non autonome, et sans administration ». L’accord de Madrid ne prévoyait pas de transfert de souveraineté sur le territoire ni ne conférait à aucun des signataires le statut de puissance administrante, statut que l’Espagne ne pouvait d’ailleurs unilatéralement transférer ». Aussi, les jugements de la Cour de Justice de l’UE (Union européenne), et en particulier celui du 27 février 2018, ont affirmé et rappelé le » statut séparé et distinct » du Sahara occidental reconnu par l’ONU (de celui du Royaume du Maroc).
    La présence marocaine est une occupation militaire illégale
    Toutes ces décisions et avis juridiques viennent rappeler que ces décisions sont conformes à l’avis juridique de l’Union Africaine publié déjà en 2015, clarifiant le statut juridique de la République sahraouie et du Royaume du Maroc, et rappelant que la présence marocaine est une occupation militaire illégale et que, par conséquent, toutes les activités économiques, qu’elles soient menées par le Royaume du Maroc ou par un tiers, violent le droit international », explique le centre d’études. « Depuis les derniers avis de la Cour de justice de l’UE, un bon nombre de sociétés ont décidé de se conformer au droit international et ont cessé leurs activités dans la partie du Sahara occidental encore occupée par le Maroc. À noter, enfin, que depuis la violation du cessez-le-feu par le Maroc, le 13 novembre dernier, et la reprise de la guerre, la RASD a déclaré tout le territoire du Sahara occidental, zone de guerre (aussi bien sur terre, dans la mer, comme dans les airs). Ce qui devrait inciter plus de sociétés à reconsidérer leurs activités illégales au Sahara occidental », assurent les rédacteurs du texte. « La Charte des droits de l’État et des obligations économiques des Nations unies de 1974 stipule qu’aucun État n’a le droit de stimuler ou d’encourager tout investissement qui pourrait être un obstacle à la libération d’un territoire occupé par la force », note le rapport. Il ajoute que « la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples a également affirmé que « chaque peuple a le droit d’exister, chaque peuple a un droit absolu et inébranlable à l’autodétermination, et a le droit de déterminer librement son statut politique et d’assurer son développement économique et social comme il le veut volontairement ». La même charte stipule que « tous les peuples doivent disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles. En cas de saisie, les personnes dont les biens ont été saisis ont le droit légitime de les récupérer et de recevoir une indemnisation appropriée », souligne le centre d’études.
    M. B.
    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Espagne #France  #Pillage  #Spoliation
  • Maroc : Le Makhzen sur une pente glissante

    Le Makhzen est-il sur une pente glissante? Tout porte à le croire. Et ce, d’autant plus que le retour de manivelle à ses dernières actions s’est très vite produit. A une vitesse et d’une ampleur auxquelles, à l’évidence, il ne s’attendait guère. Aveuglé par le soutien que lui apportent ses parrains et protecteurs occidentalo-sionistes et arabes – les pétromonarchies du Golfe, essentiellement et pour être plus clair -, et qu’il pensait à même de lui assurer une impunité pérenne, il a été, en effet, fortement ébranlé par les réactions, dans un premier temps, aux événements d’El Guerguerat, dans l’extrême sud-ouest du Sahara Occidental occupé, survenus le 13 novembre 2020, et dans un second, à la normalisation de ses relations avec l’entité sioniste; une normalistion obtenue, faut-il le rappeler, en contrepartie de la reconnaissance par le président américain sortant, Donald Trump, de son illusoire souveraineté sur le Sahara Occidental.

    Tous les faits qui ont suivi l’agression militaire caractérisée, perpétrée par la soldatesque marocaine à El Guerguerat, contre des manifestants sahraouis civils qui protestaient pacifiquement contre la brèche ouverte, en contradiction avec les dispositions de l’accord de cessez-le-feu signé en septembre 1991, sous les auspices de l’ONU, entre le Front Polisario et le Maroc, dans le “mur de la honte et de l’humiliation”, attestent, on ne peut mieux, du désarroi dans lequel le Makhzen a été plongé après l’annonce par le Front Polisario de sa double décision de ne plus se considérer lié à l’accord de cessez-le-feu précité et, surtout, de reprendre la lutte armée. Le plus manifeste de ces faits est le black-out total qu’il impose, aidé en cela par une presse, locale, aux ordres et, internationale, complice, sur les attaques et les revers que son armée subit au quotidien, depuis le 13 novembre dernier, au Sahara Occidental; un black-out qu’il croit, contre tout bon sens, à même de tromper les opinions publiques marocaine et internationale sur la réalité de la situation y prévalant.

    La trahison, une tradition chez le Makhzen…

    Dénué de tout argument solide pouvant justifier la normalisation de ses relations avec l’entité sioniste, le Makhzen, dans une pitoyable tentative de faire oublier que celle-ci n’est que la contrepartie éhontée de la reconnaissance, par un président américain en fin de parcours, de son illusoire souveraineté sur le Sahara Occidental, essaye, tordant ce faisant le cou à une réalité amère, d’expliquer ladite normalisation par “les liens solides existant entre le royaume et la communauté des juifs marocains” établis en terre palestinienne et, summum de la duplicité, par le devoir qu’a celui-ci de protéger “ces sujets de Sa Majesté”, feignant sournoisement, dans le même temps, d’ignorer que ces derniers ne sont que des sionistes convaincus. C’est ce qu’a asséné au Makhzen, Fuad Batayneh, un ancien diplomate jordanien, dans un article paru, il y a quelques jours, dans le site électronique “rai alyoum” que dirige l’éminent journaliste palestinien Abdelbari Atwan. Ne se contentant pas de s’étaler sur l’ancienneté et la profondeur des relations entre le royaume du Maroc et l’entité sioniste, l’ancien diplomate jordanien a également dévoilé que le Palais royal a carrément versé dans la trahison. Plus précis concernant ce point, il a révélé que le défunt Hassan II avait remis à des agents sionistes les enregistrements de tout ce qui s’était dit lors du Sommet de la Ligue arabe qui s’est tenu, à Casablanca, en 1965; une “remise” qui a permis à l’entité sioniste de prendre connaissance de toutes les mesures arrêtées par les dirigeants arabes dans le cas où une guerre venait à se déclarer au Moyen Orient. Et, partant, de préparer et de mener, avec les résultats que l’on connaît, la Guerre des six jours de juin 1967. Une manière de dire que “le coup de poignard” que le Makhzen vient, par la normalisation de ses relations avec l’entité sioniste, de donner à la cause paslestinienne, n’est pas venu du néant. Et qu’il s’inscrit plutôt en droite ligne dans une tradition de trahison et de revirements qui est la sienne.

    Un revirement éhonté…

    Une “tradition”, au demeurant parfaitement illustrée par l’incroyable revirement du chef du gouvernement marocain et, néanmoins, secrétaire général du PJD (Parti de la justice et du développement), un parti d’obédience islamiste, dans la question de la normalisation (avec l’entité sioniste). Oublieux de ce qu’il avait publiquement déclaré, dans un premier temps, en 2008, dans un rassemblement populaire de protestation contre la visite que devait effectuer au Maroc la ministre des Affaires étrangères sioniste d’alors et feignant, à l’évidence, de ne pas se rappeler qu’il avait, au moment de la normalisation, par les Emirats arabes unis et le Bahreïn, de leurs relations respectives avec l’entité sioniste, clamé haut et fort que son pays ne leur emboîterait jamais le pas, Saadeddine Al Othmani, c’est son nom, n’a pas hésité, quand le Maroc s’est engagé dans la même voie, à apposer sa propre signature, à côté de celle du représentant de l’entité sioniste, au bas de l’accord officialisant ladite normalisation. Faut-il dire que cette attitude n’a pas été du tout appréciée et ce, aussi bien au sein de sa formation politique que par les partis arabes affilés à la même mouvance idéologique; celle des Frères musulmans. Si la gronde et la fronde qui sévissent présentement au sein du PJD demeurent circonscrites dans un cadre interne, le mécontentement de ses pairs arabes islamistes s’est traduit par une décision du Congrès nationaliste islamiste de le suspendre de toute participation à ses travaux et activités; une suspension qui, selon des sources concordantes, peut se muer en exclusion de ses rangs si la situation au sein du PJD demeure en l’état; en clair, si Saadeddine Al Othmani demeure à sa tête.

    L’opposition à la normalisation s’étend…

    Si le Makhzen donne l’impression de maîtriser la situation, des informations concordantes laissent supposer que tel ne sera plus le cas dans un avenir proche. A l’appui de leurs prévisions, ces mêmes sources font état d’une montée en cadence et en ampleur des manifestations de rue dénonçant la normalisation des relations avec l’entité sioniste; une montée (en puissance et ampleur) que la répression exercée par les forces de sécurité du Makhzen contre toute expression populaire hostile au rapprochement “makhzéno-sioniste” n’a pu freiner mais que les médias aux ordres tentent d’en réduire l’importance quand ils ne la passent pas sous silence. Ce qui n’empêche pas que cette opposition s’étende de plus en plus. Et ce, avec l’implication d’organisations ayant un poids certain dans la société marocaine. A l’instar de l’association Al Adl Wal Ihsane ( Justice et bienfaisance), la plus importante dans son genre, dit-on, bien qu’elle demeure, depuis sa création en 1973, toujours non reconnue. Dans un entretien accordé au site Arabi21.com que rapporte El portal diplomatico (Le portail diplomatique), un site proche des thèses du Front Polisario, Mohamed Abadi, son secrétaire général, a fait porter toute la responsabilité de cette normalisation à l’institution royale. Ceci non sans critiquer vertement la mainmise totale de cette dernière sur toute la vie politique, économique et sociale du royaume. Une mainmise, a-t-il explicité, qui vide même certaines institutions officielles des prérogatives que leur confère pourtant la Constitution en vigueur. Une manière, on ne peut plus claire, de dire que la situation au royaume de M6 est “grave”. Pour ne pas dire explosive.

    Mourad Bendris

    Source : Dzair-tube, 5 jan 2021

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Front Polisario, Israël, Donald Trump, normalisation,


  • L’OTAN attise les tensions sur le Sahara Occidental occupé

    L’OTAN a enflammé les tensions en Afrique du Nord après que son site Web ait montré une carte avec la frontière marocaine s’étendant profondément dans le territoire occupé du Sahara occidental, a-t-on rapporté aujourd’hui.

    Le changement de frontière inattendu est apparu dans un article décrivant le programme de dotation pour l’amélioration de l’éducation en matière de défense de l’OTAN (Deep), paru pour la première fois le 14 décembre.
    Cela représente un changement par rapport aux cartes précédentes qui montrent le Maroc à l’intérieur des frontières reconnues par l’ONU, le Sahara occidental étant séparé de lui par une ligne.
    Il n’y a pas eu de déclaration officielle de l’OTAN annonçant un écart par rapport au consensus international écrasant sur le territoire, dont 80% est illégalement occupé par le Maroc.
    Mais la publication de la nouvelle carte est intervenue peu de temps après que les États-Unis aient reconnu les revendications du Maroc sur le Sahara occidental en échange de l’établissement de relations diplomatiques par Rabat avec Israël.
    Le Sahara occidental a été annexé par le Maroc et la Mauritanie en 1975 après la défaite des colonisateurs espagnols.
    Les deux nations ont signé les accords de Madrid avec le dictateur Francisco Franco en 1975 – une semaine avant sa mort.
    Le Front Polisario a proclamé la création de la République arabe sahraouie démocratique avec un gouvernement en exil situé en Algérie.
    La Mauritanie a retiré ses forces en 1979, mais le Maroc a refusé de renoncer à sa revendication sur la terre, insistant sur le fait que le Sahara occidental faisait partie intégrante du pays.
    Mais une commission d’enquête des Nations Unies a constaté que «la majorité de la population du Sahara espagnol était manifestement en faveur de l’indépendance».
    Et la Cour internationale de justice a rendu un verdict accablant rejetant la revendication du Maroc de souveraineté historique précoloniale.
    En 1991, l’ONU a négocié un cessez-le-feu sur la base que le Maroc organiserait un référendum sur l’indépendance.
    Mais le Maroc a renié l’accord et les promesses ultérieures, offrant à la place une autonomie régionale à la dernière colonie africaine.
    L’OTAN a été contactée pour commentaires.
    Morning Star, 3 jan 2021
    #Maroc #SaharaOccidental #Polisario #WesternSahara #OTAN #NATO
  • Sahara Occidental : Les FAR sous pression

    Le déclenchement de la deuxième guerre au Sahara occidental a mis à nu les faiblesses de l’armée d’occupation marocaine. Celle-ci subit depuis presque deux mois une forte pression et d’intenses attaques sur ces retranchements et autres positions par des unités militaires sahraouies.

    Chez l’état-major royal, l’attitude est au silence, au black-out généralisé. La règle imposée est claire: Interdiction absolue de diffusion de toute information sur tout ce qui se passe sur le front des combats. Cependant, à l’ère du numérique, les témoignages et les révélations foisonnent. Le régime du Makhzen ne peut plus cacher ses déboires dans ce territoire occupé par les armes.

    En plus des pertes et des dégâts constatés, on évoque une baisse de confiance et de sérénité au sein du commandement militaire marocain. Au lieu d’affronter sur le terrain opérationnel l’armée sahraouie, Rabat investit dans le virtuel, en créant une armée de mouches électroniques, dans la plus pure tradition du Tsahal, l’armée sioniste. Objectif : mener une guerre de propagande et de déstabilisation à travers des sites fantômes, des vidéos fabriqués, de fakenews, et d’histoires montées de toutes pièces.

    Ainsi, Farid Boukas, ex agent des services de renseignement marocain, actuellement chercheur, a parlé sur sa chaîne N24 diffusée sur sa page Facebook, du recrutement de 600 agents chargés de mener des campagnes, à travers les réseaux sociaux, de désinformation vis à vis de la cause sahraouie, à l’intérieur et à l’extérieur du Maroc. L’armée marocaine a transféré plusieurs de ses soldats blessés lors des affrontements militaires avec l’armée sahraouie vers les hôpitaux de Dakhla et de Smara occupées «dans la discrétion la plus totale sur leur état de santé», ajoute M. Boukas, citant des «sources fiables». Il a révélé que les FAR, forces armées royales, font face à des difficultés logistiques et d’organisation. Farid Boukas a également parlé de plusieurs cas de désertions et de désobéissance dans les casernes des territoires occupés voire même au Maroc», notamment «après la mise sur écoute de plusieurs officiers».

    L’ancien agent a évoqué également le manque en termes de soldats déployés, de vêtements, de ravitaillement, d’armes et de munition». Il a également rappelé les pertes infligées aux forces marocaines par les l’armée sahraouie durant les 50 jours de cette guerre.

    Un autre ancien militaire marocain, Abderrahim El Mernissi a mis en garde contre le complot qui se trame dans la région, soulignant que le makhzen est devenu une véritable menace pour la sécurité et la stabilité du Maghreb et de l’Afrique du nord. «Le plus grand ennemi qui menace la stabilité dans la région du Maghreb est la monarchie marocaine, notamment après avoir ouvert la voie à l’entité israélienne, avec tous les risques sécuritaires et socioéconomiques que ce pas implique pour le Royaume mais aussi ses voisins», a indiqué Abderrahim El Mernissi.

    Selon cet ex militaire, l’Algérie est «la cible principale de cette normalisation, car elle constitue le plus grand obstacle à l’entité israélienne qui tente de diverses manières, depuis des années, d’entamer sa stabilité», relevant que «les positions historiques de l’Etat algérien face aux desseins sionistes et son soutien aux mouvements de libération l’ont placée au cœur des conspirations israéliennes.» Il a également relevé «le danger des groupes extrémistes soutenus par l’entité israélienne en Afrique du Nord qui menacent la sécurité de toute la région», a-t-il fait remarquer ajoutant qu’»Israël, avec la complicité du régime du Makhzen, jouera toutes les cartes afin d’enclencher la mèche de destruction dans la région qui ne supporte pas davantage de tensions».

    Concernant la situation au Sahara occidental, il dira que «le Maroc tente de cacher la vérité sur le terrain ainsi que les pertes que subit son armée». Il a révélé qu’il y’a une grande discrétion sur ce sujet à un point où les familles des soldats victimes ont été menacées pour garder le silence quant aux décès de leurs enfants sous le couvert de la sécurité nationale. Cependant, enchaîne l’ancien militaire, tout le monde parle des pertes humaines et matérielles engendrées par l’armée sahraouie dans les rangs marocains.

    Mohamed Kouini

    Le Jeune Indépendant, 4 jan 2021

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, Western Sahara,

  • Le Maroc espionne l’ONU : Lettre de l’ambassadeur Yilma Tadesse

    Avec la nomination, lors de son sommet organisé à Malabo le 26-27 juin 2014, l’ex-président mozambicain, Joachim Chissano, envoyé spécial pour le Sahara Occidental, l’Union africain a voulu signer sa contribution en vue d’accélérer la solution du conflit qui oppose le Maroc aux sahraouis.

    Dans une note envoyée à sa centrale, le représentant du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale rapporte que Chissano, dans une réunion avec le vice-secrétaire général Jan Eliasson, a déclaré qu’il n’est “ni médiateur, ni facilitateur”, mais que sa “mission était d’intensifier la pression sur le Maroc pour l’amener à accepter le principe d’autodétermination”. « Pour l’UA, l’Espagne est toujours la puissance administrante du Sahara », a-t-il ajouté selon la même note.

    M. Chissano a été l’objet d’une virulente attaque de la part de la presse marocaine qui l’a qualifié de « trafiquant de drogue » et l’a déclaré personne non gratta.

    Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission Africaine, le Représentant principale de l’Union africaine, l’ambassadeur Yilma Tadesse rapporte les attaques contre Chissano et exprime son indignation à cet égard.

    Les services secrets marocains ont réussi à obtenir une copie de cette lettre que nous reproduisons ci-après :

    Source : Maroc Leaks, jan 2021

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, Union Africaine, UA, Yilma Tedesse, MINURSO, Joachim Chissano, ONU, espionnage, Chris Coleman,



  • Un journaliste brûle son passeport marocain en direct

    PUSL.-Le 18 décembre, M. Mohamed Radi Ellili, journaliste sahraoui, ayant obtenu l’asile politique en France, a diffusé en direct sur Facebook la mise en feu de son passeport marocain.

    Tous les Sahraouis vivants dans les territoires occupés du Sahara Occidental, ou au Maroc sont tenus d’avoir la nationalité marocaine, se voyant refuser leur propre nationalité.

    Durant les dernières années et au cours de divers conflits internes marocains, des vidéos dans lesquelles des citoyens marocains ont incendié leurs passeports ont été diffusées. C’est un acte extrême pour exprimer le rejet du pouvoir féodal de Mohamed VI soutenu par le redoutable Makhzen[1]. Ces Vidéos n’ont jamais été diffusées dans la presse européenne, qui semble être l’éternelle alliée du royaume autoritaire marocain. Ce régime dictatorial responsable de graves violations des droits de l’homme, contre son peuple et l’occupation violente et illégale du Sahara Occidental et la répression des citoyens sahraouis.

    Le dernier passeport marocain brulé en public est celui du journaliste sahraoui Mohamed Radi Ellili, qui a obtenu l’asile politique en France en 2018.

    Cette décision de Radi Ellili a été prise après la grande campagne de diffamation et de harcèlement menée ces derniers mois par le Makhzen contre lui et sa famille immédiate, qui réside toujours dans les territoires occupés du Sahara Occidental et au sud du Maroc.

    L’Etat marocain à travers la Direction générale de la sécurité nationale (DGSN), la Direction générale de la surveillance territoriale (DGST) et la Direction générale des études et de la documentation (DGED) ont déposé des plaintes contre des personnes résidant à l’étranger, dont Mohamed Radi Ellili, accusé, selon un communiqué conjoint des trois institutions, au parquet du Tribunal de première instance de Rabat pour “insulte à des fonctionnaires durant l’exercice de leurs missions” et “outrage aux organes constitués”, ainsi que des “plaintes calomnieuses”, «crimes fictifs» et «divulgation de fausses allégations et faits» et, enfin, «diffamation».

    Ellili, qui est le premier sur la liste des accusés selon la presse marocaine, a rapporté et commenté quotidiennement sur sa page Facebook les événements au Maroc et au Sahara Occidental occupé, atteignant des centaines de milliers de vues dans les deux territoires et dans la diaspora.

    Le 13 novembre 2020, deux hommes apparaissant en tant qu’équipe de réparation sont arrivés au domicile familial d’Ellili, où résident sa femme et ses quatre enfants. Ces personnes ont commencé à filmer et à se disputer avec la femme d’Ellili. Bien que l’épouse d’Ellili ait porté plainte auprès des autorités marocaines, l’affaire n’a pas fait l’objet d’une enquête.

    Le 16 novembre, les images ont été publiées sur youtube.

    Le 15 décembre 2020, un groupe de 4 hommes, prétendument des policiers, s’est rendu au domicile de la mère d’Ellili dans la ville de Guelmim dans le sud du Maroc, mais selon Ellili, il s’agissait d’individus liés au Makhzen.

    La mère, une femme âgée diabétique et sans vision, a laissé entrer ce groupe, qui comprenait également un jeune sahraoui (Sid Ahmed Bayrouk), qui est au service du Ministère de l’intérieur marocain. L’équipe a commencé à interroger la mère d’Ellili, sur les opinions politiques de son fils, son opinion sur le régime Mohamed VI, sur le Sahara occidental, sa vie privée et sa famille directe. Tout cela s’est passé sans aucune précaution de sécurité par rapport à Covid. L ‘”interview” a été enregistrée sans autorisation et publiée deux jours plus tard en ligne et les jours suivants, d’autres vidéos ont été publiées portant atteinte à la dignité de la famille.

    A travers tous ces tournages et approches et même menaces des membres de la famille de Radi Ellili, Le Makhzen essaye de faire taire ce journaliste, qui depuis Paris n’a cessé de dénoncer les crimes commis par l’Etat marocain, sans s’arrêter même après la plainte déposée auprès du tribunal de Rabat.

    La famille d’Ellili a besoin de protection, mais elle est totalement à la merci des actions du Makhzen à cause de l’absence totale d’indépendance judiciaire au Maroc, les menaces restent totalement impunies.

    Qui est Radi Ellili

    Radi Ellili a travaillé pendant plus d’une décennie pour le compte des médias marocains au Maroc et à l’étranger, a animé des émissions télévisées publiques marocaines aux heures de grande écoute avec plus de 4.000.000 de téléspectateurs quotidiens. Il est le seul journaliste qui a été honoré pour n’avoir jamais accepté de pots-de-vin, une affaire sui generis qui a fait couler beaucoup d’encre au Maroc. Bien qu’ayant étudié et travaillé au Maroc, il n’a jamais cessé d’être sahraoui, explique, le cousin de plusieurs anciens prisonniers politiques, il a choisi d’essayer de vivre et de poursuivre sa carrière de la meilleure façon possible.

    Après la manifestation pacifique de Gdeim Izik[1], la chaîne de télévision d’État où Ellili travaillait a commencé un harcèlement de travail qui «déguisait» le harcèlement politique, Ellili dit qu’il n’a jamais accepté de mentir et de diffuser la propagande lancée dans les jours qui ont suivi le démantèlement du camp de Gdeim Izik.

    Le gel des salaires n’était que l’un des moyens qui a frappé le journaliste jusqu’à sa libération.

    Ellili a entamé une «tournée» d’entretiens et de débats dans lesquels il a dénoncé sa situation, plus de 57 au Maroc et aussi à l’étranger, jusqu’à ce qu’il se rende en France et et demande l’asile politique. Déjà en sécurité, à Paris, il a donné plusieurs interviews, dénoncé le règne de terreur de Mohamed VI et la vraie situation vécue tant au Maroc qu’au Sahara occidental, chose impensable s’il était au Maroc. Ces dénonciations ont conduit le Maroc à travers ses “agents” à recourir à la divulgation de calomnies et de diffamations à un niveau personnel en utilisant des cas sexuels inventés, une manière connue et récurrente d’agir contre quiconque ose dénoncer le vrai visage du régime marocain.

    Quelques jours après l’obtention de l’asile, les médias marocains ont rapporté que la “faute” de la “persécution” d’Ellili devait être attribuée au directeur de la chaîne de télévision, une manœuvre claire et manipulatrice du régime Mohamed VI pour détourner l’attention et “secouer” l’eau du manteau “mettant le blâme loin du palais et faisant ainsi une autre victime du régime, cette fois-ci le directeur. Le gel des salaires ne peut être dicté que par l’État dans une institution étatique où les ordres proviennent du ministère qui émet les paiements. La décision de la Cour française a porté un coup dur au Maroc, surtout que la France est son plus grand allié dans la grande promulgation du «Maroc démocratique et développé» ce qui lui a permis de bénéficier de dizaines de millions de soutien de l’Union européenne pour le développement des droits de l’homme.

    [1] Makhzen – le véritable État marocain – processus et systèmes archaïques et traditionnels du système politique et de la monarchie, qui incluent, entre autres, le pouvoir de décision des conseillers du roi et des hauts fonctionnaires nommés par lui et qui contrôlent tout au Maroc.

    [2] Camp de protestation pacifique qui a rassemblé des dizaines de milliers de Sahraouis à la périphérie d’El Aaiun dans les territoires occupés, qui pendant un mois ont revendiqué leurs droits sociaux, économiques et politiques. Le camp a été brutalement démantelé le 8 novembre 2010, des centaines de personnes ont été arrêtées et de torturées par les autorités d’occupation marocaines.

    Source : PUSL, 1 jan 2021

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Mohamed Radi Ellili, passeport marocain,

  • Maroc : L’ambassadeur Omar Hilale, plus espion qu’ambassadeur

    Dans une correspondance adressée par l’ambassadeur du Maroc à Genève, en date du 22 janvier 2012, l’ambassadeur marocain en Suisse informe sa tutelle, le ministère marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, avoir «appris que le Département des opérations de maintien de la paix (DPKO) et le Département des affaires politiques (DPA) ont déjà commencé la préparation du prochain rapport du SG de l’ONU au Conseil de sécurité sur le Sahara marocain.

    Dans cette perspective, ils ont instruit la Minurso de demander aux deux Représentants du Haut conseil aux réfugiés (DPA), à El Aaiun et à Tindouf, de préparer des éléments à insérer dans ledit rapport». Parallèlement, la direction Mena a informé le DPKO et le DPA que seule la contribution préparée, validée et adressée directement par le siège du HCR, à New York, fera foi.

    «La démarche de la Direction Mena vise à éviter que la contribution des deux Représentants du HCR à El Aaiun et Tindouf ne soit modifiée par la Minurso ou par la représentation du HCR à New York et ce, afin d’éviter toutes éventuelles tensions avec le Maroc», est-il ajouté dans ce document. «A cet égard, notre « ami » au HCR m’a confié que la contribution du HCR sera factuelle et sera discutée, en off, avec cette Mission avant sa transmission à New York», écrit encore l’ambassadeur du Maroc à Genève.

    En utilisant le terme «ami», cet ambassadeur reconnaît la partialité de la personne à laquelle il fait allusion, en faveur de son pays dans le but de poursuivre la colonisation du Sahara occidental. Cette personne est Anders Kompass, un fonctionnaire suédois, directeur des opérations de terrain au haut commissariat de l’Organisation des Nations unies pour les droits humains. Il a été manipulé par le Maroc pour éviter une enquête sur la situation des droits de l’homme au Sahara occidental.

    Le Maroc espionne le HCR

    L’ambassadeur marocain à Genève, plus espion qu’ambassadeur d’ailleurs, ajoute dans cette correspondance adressée à sa tutelle, qu’«à la lumière de ce qui précède, il est fort probable que la même démarche aurait été effectuée par le DPA auprès du Haut-commissariat aux droits de l’homme (HCDH). C’est pourquoi, j’ai prévu un déjeuner de travail, demain, avec mon ami au HCDH, le responsable des opérations sur le terrain», est-il rappelé.

    Il a également fait part d’une tentative marocaine d’«acheter» une responsable de cette institution onusienne au profit de son pays. «Dans ce contexte, je voudrais rappeler l’impératif de transférer le reliquat de 250 000 dollars, au titre de la contribution du Maroc au Budget du HCDH, pour 2011 et dont la Haut Commissaire a exprimé à deux reprises son souhait de le recevoir (mes fax).

    Ainsi, l’argent semble être le premier levier de persuasion utilisé par Rabat pour convaincre les hauts fonctionnaires à ne pas regarder de près la situation au Sahara occidental et de défendre les positions marocaines auprès du SG de l’ONU. Appui financier, fuites d’informations sensibles, pressions et manipulations ont été les armes favorites du Maroc pour éviter de se faire épingler sur cette question,

    Ce transfert aidera à rendre Mme Pillay plus attentive à nos préoccupations au sujet du contenu de la contribution de son Bureau au prochain rapport du SG de l’ONU sur le Sahara», écrit, effectivement, le même ambassadeur dans cette correspondance.

    Les scandales de l’ambassadeur ont été commentés par le magazine américain Forein Policy dont l’un des thèmes centraux est les affaires étrangères. The Guardian n’a pas manqué d’en parler dans un long article dans lequel est évoqué un rapport de l’ONU accusant le gouvernement marocain d’avoir intercepté des communications des Nations unies et utilisé des “tactiques contraires à l’éthique” dans une opération du genre “château de cartes”.

    Sous pression de la France, l’ONU a tourné le regard sur les actions “contraires à l’éthyque” du diplomate marocain qui n’a pas hésité à l’accepter en tant que représentant permanent du Maroc auprès des Nations Unies et président de la Troisième Commission (questions sociales, culturelles et humanitaires).

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, ONU, Omar Hilale, Anders Kompass, HCR, HCDH, droits de l’homme, espionnage,

  • Sahara Occidental : La récente résolution de l’UA adoptée en tant que document officiel de l’ONU

    Le président du Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant de l’Afrique du Sud auprès des Nations unies, a rendu publique une lettre officielle de son pays en sa qualité de président actuel de l’Union africaine (UA), qui comprend la liste des résolutions adoptées par le 14e Sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA), et la nouvelle décision sur le conflit du Sahara occidental.

    La lettre, qui est devenue un document officiel du Conseil de sécurité, indiquait que l’Afrique du Sud « a l’honneur de publier le document actuel, qui comprend les décisions de la 14e session extraordinaire du sommet de l’UA, y compris une résolution sur la question du Sahara occidental, en tant que document officiel du Conseil de sécurité », rapporte l’agence de presse sahraouie (SPS).

    Dans sa décision adoptée lors de son récent sommet du 6 décembre 2020, l’UA a exprimé sa profonde préoccupation face à l’escalade des tensions militaires entre le Maroc et la République sahraouie dans la zone tampon d’El-Guerguerat au Sahara occidental, ayant conduit à la violation par le Maroc de l’accord de cessez-lefeu de 1991.

    Dans sa résolution, l’UA a également appelé le Conseil de paix et de sécurité de l’UA (CPS) « à travailler avec les deux parties (Maroc/RASD), deux Etats membres de l’UA, afin de créer les conditions propices à la conclusion d’un nouveau cessez-le-feu et à la recherche d’une solution juste et durable au conflit qui garantit le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental conformément aux décisions et résolutions pertinentes des Nations Unies et aux objectifs et principes de l’Acte constitutif de l’Union africaine ».

    D’autre part, la résolution appelait le « Secrétaire général des Nations unies à nommer un envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara occidental ». Sur le terrain, les unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) «ont mené mercredi et jeudi derniers de nouvelles attaques contre des positions de l’armée de l’occupation marocaine le long du mur de la honte», indique un communiqué du ministère de la Défense sahraouie.

    Le ministère a précisé dans son communiqué militaire n° 49, que «des unités avancées de l’Armée populaire de libération sahraouie ont concentré, mardi 29 décembre, leurs attaques contre les tranchées de l’armée d’occupation marocaine dans la zone de Gleib Ans dans le secteur d’Aousserd».

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, ONU, UA, Union Africaine, Connseil de Sécurité,

  • Maroc : une normalisation pour rien ?

    par Rahim Ibn Ziane

    « Un nouveau progrès historique aujourd’hui ! Nos deux amis Israël et le Royaume du Maroc ont accepté d’établir des relations diplomatiques. » Voici comment le 10 décembre 2020 Donald Trump annonce sur Twitter[1] que le Maroc est devenu le quatrième pays musulman à normaliser ses relations avec Israël après les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn et le Soudan. Nonobstant le tweet suivant du 45e Président des Etats-Unis d’Amérique qui annonce reconnaitre la marocanité du Sahara Occidental[2] « seule solution possible pour la paix et la prospérité » (après que le Maroc a violé le cessez-le-feu à Guerguerat[3]) il est fort probable de penser que le Maroc à négocié le rétablissement des relations diplomatiques avec Israël contre la reconnaissance par les Etats-Unis à minima de la marocanité du Sahara Occidental.

    Néanmoins les Etats-Unis n’ont pas été suivi, la Russie a condamné cette reconnaissance[4] tandis que l’Union Européenne et la Chine se murent dans le silence. L’ONU elle maintient la même position « Sur la question de la souveraineté (du Sahara occidental), la position du secrétaire général reste inchangée. Il demeure convaincu qu’une solution à la question du Sahara occidental est possible, et doit se conformer aux Résolutions 2440 et 2548 du Conseil de sécurité, pour n’en citer que deux »[5]. Israël aussi n’affiche pas une volonté de reconnaitre la marocanité du Sahara Occidental vu le dernier tweet de Benjamin Netanyahu comportant une vidéo ou il montre une carte de l’Afrique avec le Sahara Occidental bien distinct du Maroc[6].

    Cette normalisation des relations israélo-marocaine (des relations diplomatiques entre Israël et le Maroc ont déjà existé dans le passé en 1994 sous le règne de Hassan II[7] jusqu’en 2000) a été marchandée avec en contrepartie – en plus de la reconnaissance des Etats-Unis de la marocanité du Sahara Occidental par une presidential proclamation de Donald Trump – la vente de 4 drones MQ-9 Reaper au Maroc (sous condition de l’autorisation du Congrès), l’ouverture d’un Consulat des Etats-Unis dans la partie du Sahara Occidental contrôlé par le Maroc et la promesse d’un investissement de 3 milliards de dollar étasunien au Maroc par les Etats-Unis[8].

    Néanmoins cette normalisation perçue par la rue arabe et marocaine comme une trahison à la cause palestinienne va-t-elle être bénéfique au Maroc, en particulier pour le dossier saharaoui ?

    Le deal négocié par le Maroc et les Etats-Unis commence déjà à s’effriter, Biden peut très bien enterrer la reconnaissance et le futur du dossier peut très bien desservir le Maroc.

    Un deal qui s’effrite

    Lors de l’annonce du rétablissement des relations israélo-marocaine il a été annoncé en même temps l’investissement des Etats-Unis de 3 milliards de dollar au Maroc. Une excellente annonce pour le Royaume dans cette période de coronavirus qui lui a privé d’une grosse source de devises (le tourisme), un secteur agricole avec de massives pertes à cause de la sécheresse qu’a connu le Royaume cette année 2020 et avec une récession qui s’annonce très dur pour le royaume alaouite avec en prévision une contraction de 6,3%[9].

    Néanmoins le New York Times nous apprend que cette promesse de 3 milliards de dollar sera surtout destinée aux banques et hôtels du royaume et à la constitution d’une société d’énergie renouvelable appartenant à la holding royal Al Mada[10].

    Premier couac, en effet cette promesse d’investissement a été vendu au peuple marocain comme étant une chose qui allait leurs bénéficier directement. Sauf que le secteur bancaire et hôtelier marocain est détenu soit par les majors occidentaux soit par le Roi d’une manière ou d’une autre. De plus ce sont des secteurs qui sont peu pourvoyeurs d’emploi contrairement à l’industrie. En dehors du souverain marocain qui pourra développer ses affaires gratuitement le peuple risque de peu ou ne pas voir l’investissement promis par la superpuissance étasunienne.

    Le deuxième couac le 22 décembre 2020. Jared Kushner conseiller présidentiel étasunien et Meir Ben-Shabbat conseiller israélien à la défense nationale se rendent au Maroc pour rencontrer Mohammed VI, célébrer le rétablissement diplomatique israélo-marocain et signer certains accords prévus. Or dans le Memorandum of Understanding signé entre le Maroc et l’United States International Development Finance Corporation il est prévu que l’aide de 3 milliards de dollar étasunien concernera finalement le Maroc et pays d’Afrique subsaharienne[11]. Les Etats-Unis ont peu d’influence au sein de l’Afrique subsaharienne contrairement à la France ou la Chine. Trump cherche dans sa logique de conflit commercial contre la Chine à prendre une part du gâteau africain et le Maroc grâce à ses relations avec la France dispose d’un réseau au sein des pays de l’Afrique francophone qui peut lui permettre de s’implanter en Afrique (quitte en doublant son allié français). Néanmoins cette histoire de victoire des 3 milliards de dollar investi au Maroc voir directement dans la partie marocaine du Sahara Occidental a disparu pour se transformer en un investissement au profit d’entreprises du roi au Maroc et dans quelques pays d’Afrique subsaharienne.

    Autre grande victoire pour la diplomatie marocaine selon Bourita, l’ouverture par les Etats-Unis d’un consulat à Dakhla[12]. Le Maroc cherche depuis des années à faire installer des consulats soit à Laâyoune ou à Dakhla pour montrer au peuple marocain que personne ne reconnait pas le Sahara Occidental comme étant un Etat indépendant sauf le voisin de l’est. Cette démarche est similaire à Israël essayant de faire installer ses ambassades à Jérusalem au lieu de Tel-Aviv, les deux pays cherchent à passer outre les résolutions onusiennes pour imposer par le fait accompli leurs autorité au monde entier sur ces territoires litigieux (alors que le Sahara Occidental est sur la liste des territoires non-autonome de l’ONU et que la résolution 181 de l’Assemblée Générale des Nations Unies proclame Jérusalem comme corpus separatum sous contrôle international). Le Maroc par ailleurs s’est illustré cette année dans un scandale de corruption au Lesotho ou elle a payé le chef de la diplomatie lesothien pour qu’il abandonne sa reconnaissance du Sahara Occidental et reconnait le Sahara Occidental territoire marocain[13].

    Lorsque Bourita annonce que les Etats-Unis vont installer un consulat étasunien à Dakhla c’est la joie dans le Royaume. Des journalistes marocains prédisent déjà après l’ouverture imminente du consulat étasunien le reste des grandes nations occidentales et le nouvel allié israélien qui se dépêcheront aussi d’ouvrir un consulat au Sahara Occidental reconnaissant eux aussi de fait la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Or, les jours suivant l’annonce de Donald Trump, le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo annonce uniquement l’ouverture d’un « consulat virtuel » au lieu d’un consulat à Dakhla[14]. Pompeo annonce que « les procédures sont en cours » pour l’ouverture d’un consulat physique mais l’administration Biden aura le dernier mot sur l’ouverture ou non du consulat, administration Biden qui n’est pas du tout sur la ligne trumpienne concernant cette concession faite au Maroc.

    Le sort réservé aux concessions trumpiennes accordé au Maroc par Biden
    Le 20 janvier 2020 c’est Inauguration day, Biden et Haaris vont devenir Président et Vice-Présidente des Etats-Unis d’Amérique. Quel scénario Biden peut-il adopter face à la presidential proclamation de Trump reconnaissant le Sahara Occidental marocain ?

    Selon Robert Malley conseiller de Biden et proche du futur Secrétaire d’Etat Blinken, Biden va revenir sur les avantages octroyés par Trump aux pays musulmans ayant normalisé avec Israël notamment la vente de F-35 aux Emirats Arabes Unis mais aussi la presidential proclamation reconnaissant le Sahara Occidental marocain[15]. D’ailleurs la diplomatie marocaine au courant de ce risque s’en émeut et commence déjà le lobbying auprès de la futur administration Biden pour éviter que Biden retire la proclamation[16].

    Biden s’il ne souhaite pas lui-même retirer la presidential proclamation peut très bien adopter deux stratégies pour lui priver de son entrée en vigueur ou de la faire retirer. En effet pour qu’une presidential proclamation entre en vigueur aux Etats-Unis il faut l’accord du Congrès (qui est à majorité démocrate aujourd’hui), la proclamation seule n’a aucune valeur légale[17]. Biden peut très bien choisir soit de demander aux démocrates du Congrès de reporter aux calendes grecques la ratification de la presidential proclamation trumpienne ou avec le lobby présidentiel faire pression sur le Congrès pour que la presidential proclamation soit rejetée.

    Biden et ses conseillers sont en tout cas comme le révèle le New York Times pas du tout favorable aux concessions accordé par Trump aux pays musulmans contre la reconnaissance d’Israël et va progressivement démanteler les concessions octroyées aux pays arabes. Néanmoins quid de la position du nouvel allié israélien et du futur concernant le dossier saharaoui ?

    Le refus de reconnaitre le Sahara Occidental marocain par Israel et le retour de la médiatisation du conflit saharaoui devant les Nations Unies
    Lors de l’annonce du Président des Etats-Unis de la normalisation des rencontres israélo-marocaines et de la reconnaissance du Sahara Occidental marocain tous les analystes marocains prévoyait aussi qu’Israël allait reconnaitre le Sahara Occidental comme marocain et allait installer un consulat israélien au Sahara Occidental. On nous prédisait déjà la venue de touristes israéliens à Dakhla et Laâyoune venir découvrir les « Provinces du Sud ».

    Néanmoins un porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères israélien le 10 décembre 2020 affirme que Israël ne compte pas reconnaitre la marocanité du Sahara Occidental[18]. D’ailleurs Benyamin Netanyahu dans une vidéo posté sur Twitter ou il se félicite du rétablissement des relations diplomatique entre Israël et le Maroc se filme avec derrière lui une carte ou le Sahara Occidental apparait clairement seul sans être rattaché au Maroc[19].

    Dans le concert des nations des voies s’élèvent contre la décision de Trump comme la Russie[20] ou la Chine[21] qui maintiennent la même ligne que celle adopté par l’ONU : le conflit saharaoui doit se régler par un référendum d’autodétermination. L’Allemagne elle a convoqué une réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU après la reconnaissance étasunienne du Sahara Occidental marocain[22]. Par la même occasion António Guterres a réaffirmé l’attachement de l’institution onusienne au référendum d’autodétermination pour trancher le conflit. Des voies s’élèvent pour régler le conflit de la même manière que le Timor Oriental[23] (cas très similaire, l’Indonésie s’est emparée du Timor Oriental après le retrait des portugais en 1975. En 1999 un référendum organisé par l’ONU a conduit à l’indépendance du Timor Oriental). Aussi le Chef de la MINURSO va bientôt quitter son poste, un nouveau chef risque de donner une nouvelle impulsion diplomatique à ce conflit.

    Au final le deal entourant la normalisation des relations israélo-marocaine est une bonne chose pour les affaires privées du Roi, pour les Etats-Unis qui vont pouvoir faire du business en Afrique, pour Israël et dans l’immédiat pour le Makhzen et les affaires étrangères alaouite mais est-ce que c’est une bonne chose pour le peuple marocain foncièrement attaché à la cause palestinienne et pour le Makhzen au long terme avec une médiatisation de l’affaire saharaoui ?

    [1] Tweet de Donald J. Trump 10 décembre 2020 https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1337067073051238400

    [2] Tweet de Donald J. Trump 10 décembre 2020 https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1337067019385057290

    [3] El-Guerguerat: la violation marocaine du cessez-le-feu largement condamnée Algérie Presse Service 3 décembre 2020 http://www.aps.dz/monde/113674-el-guerguerat-la-violation-marocaine-du-cessez-le-feu-largement-condamnee

    [4] La diplomatie russe condamne la nouvelle position américaine sur le Sahara occidental Russia Today 11 décembre 2020 https://francais.rt.com/international/81636-diplomatie-russe-condamne-nouvelle-position-americaine-sahara-occidental

    [5] La position du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental reste inchangée, selon son porte-parole Xinhua 11 décembre 2020 http://french.china.org.cn/foreign/txt/2020-12/11/content_77000513.htm

    [6] Tweet de Benjamin Netanyahu 26 décembre 2020 https://twitter.com/netanyahu/status/1342904087264845825

    [7] Maroc – Israël. Ouverture de « bureaux de liaison » dans les deux pays Encyclopædia Universalis 1er septembre 1994 http://www.universalis.fr/evenement/1er-septembre-1994-maroc-israel-ouverture-de-bureaux-de-liaison-dans-les-deux-pays/

    [8] Maroc – Etast-Unis : 3 milliards de dollars pour soutenir des projets d’investissement privés 23 décembre 2020 https://afrique.latribune.fr/afrique-du-nord/maroc/2020-12-23/maroc-etast-unis-3-milliards-de-dollars-pour-soutenir-des-projets-d-investissement-prives-868559.html

    [9] Covid-19 : le Maroc prévoit une récession plus brutale pour 2020 à cause de la crise sanitaire Le Monde 23 septembre 2020 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/23/le-maroc-prevoit-une-recession-plus-brutale-pour-2020-a-cause-de-la-crise-sanitaire_6053262_3212.html

    [10] Les Etats-Unis envisagent 3 milliards de dollars d’investissements au Maroc après l’accord avec Israël i24news 11 décembre 2020 https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1607709592-les-etats-unis-envisagent-3-milliards-de-dollars-d-investissements-au-maroc-apres-l-accord-avec-israel-rapport

    [11] 3 milliards de dollars d’aide américaine et 6 accords signés entre le Maroc, les États-Unis et Israël TelQuel 22 décembre 2020 https://telquel.ma/2020/12/22/3-milliards-de-dollars-daide-americaine-et-6-accords-signes-entre-le-maroc-les-etats-unis-et-israel_1705916

    [12] Bourita annonce l’ouverture imminente de quatre nouveaux consulats à Laâyoune et Dakhla le360.ma 12 décembre 2020 https://fr.le360.ma/politique/video-bourita-annonce-louverture-imminente-de-quatre-nouveaux-consulats-a-laayoune-et-dakhla-229221

    [13] Sahara occidental: le Maroc embourbé dans un scandale de corruption au Lesotho Algérie Presse Service 5 novembre 2020 http://www.aps.dz/monde/112356-sahara-occidental-le-maroc-embourbe-dans-un-scandale-de-corruption-au-lesotho

    [14] Tweet de Mike Pompeo 24 décembre 2020 https://twitter.com/secpompeo/status/1342172296975446022

    [15] Trump Incentives for Signing Peace Accords With Israel Could Be at Risk The New York Times 20 décembre 2020 https://www.nytimes.com/2020/12/20/us/politics/trump-israel-sudan-peace-accord.html

    [16] Pour Robert Malley proche de Binken, Biden pourrait revenir sur la proclamation présidentielle de Trump Ledesk.ma 24 décembre 2020 https://ledesk.ma/enoff/pour-robert-malley-proche-de-blinken-joe-biden-pourrait-revenir-sur-la-proclamation-presidentielle-de-trump/

    [17] Cooper, Phillip J. (1 August 1986). « By Order of the President: Administration by Executive Order and Proclamation« . Administration & Society.

    [18] Israel does not rule out recognizing Moroccan sovereignty over Western Sahara The Times of Israël 10 décembre 2020 https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/israel-does-not-rule-out-recognizing-moroccan-sovereignty-over-western-sahara/

    [19] Tweet de Benjamin Netanyahu 26 décembre 2020 https://twitter.com/netanyahu/status/1342904087264845825

    [20] La diplomatie russe condamne la nouvelle position américaine sur le Sahara occidental Russia Today 11 décembre 2020 https://francais.rt.com/international/81636-diplomatie-russe-condamne-nouvelle-position-americaine-sahara-occidental

    [21] La position du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental reste inchangée, selon son porte-parole Xinhua 11 décembre 2020 http://french.china.org.cn/foreign/txt/2020-12/11/content_77000513.htm

    [22] U.N. Security Council to talk Western Sahara after Trump policy switch Reuters 17 décembre 2020 https://www.reuters.com/article/israel-usa-morocco-un-idUSKBN28R0D1

    [23] The East Timor Model Offers a Way out for Western Sahara and Morocco Foreign Policy 9 décembre 2020 https://foreignpolicy.com/2020/12/09/east-timor-western-sahara-morocco/


    Kassaman Times, 31 décembre 2020

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