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  • Russie-Afrique : «Une coopération sans ingérence et civilisée» ?

    Par Mostefa Zeghlache(*)
    Evoquer aujourd’hui la Russie conduit automatiquement à tenir compte que ce pays transcontinental a le territoire le plus vaste de la planète reliant deux continents, l’Europe (25,3 %) et l’Asie du Nord (74,7%), frontalier de deux océans, Pacifique et Arctique, et de 14 pays et habité par 147 millions d’âmes dont près de 78% vivent en Europe.

    La Fédération de Russie est également l’héritière de l’Empire tsariste et l’État successeur, depuis 1991, de l’ex- Union des Républiques socialistes soviétiques (URSS) dont elle occupe le siège permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies et hérité de plus de la moitié de la population, des deux tiers du territoire, de l’armée (Rouge) et surtout de son arsenal nucléaire. En 2019, la Russie est la onzième puissance économique mondiale en matière de PIB à valeur nominale et sixième en parité de pouvoir d’achat (Wikipédia). Après avoir connu les difficultés politiques, sociales et économiques de transition que l’on sait au lendemain de la chute de l’URSS, la Fédération de Russie avait de sérieux défis à relever pour tenter de retrouver la puissance et le poids politique à l’international de l’ex-URSS. La difficulté n’était pas seulement d’ordre interne ou régional, mais aussi et surtout international.

    Les tensions et guerres dans la région (crises de Géorgie en 2008 et de Crimée en février-mars 2014, le Haut-Karabakh en 2020) et ailleurs dans le monde, notamment au Moyen-Orient (Syrie, golfe Arabo-Persique) et en Afrique du Nord (Libye), et l’implication parfois directe de la Russie dans ces situations lui ont permis de partir à la reconquête de son aura perdue avec la chute de l’ex-URSS. Dans ce contexte, l’Afrique est apparue récemment comme un nouveau moyen en perspective pour la Russie de renforcer le spectre de ses relations extérieures, notamment économiques, et atténuer, dans une certaine mesure, les effets des sanctions occidentales, en particulier américaines, dont elle est l’objet, plus particulièrement depuis 2014, avec la crise de Crimée.

    Libérée du carcan de l’idéologie socialiste de l’ex-URSS, la Russie d’aujourd’hui se veut pragmatique dans ses relations africaines et dénonce, par la voix de son président (novembre 2018), l’attitude de certains pays occidentaux qui «ont recours aux pressions, à l’intimidation et au chantage envers les gouvernements africains». Avec une petite nuance visant la France, Poutine a ajouté : «En utilisant de telles méthodes, ils tentent (ces pays) de regagner l’influence et la position dominante perdues dans leurs anciennes colonies.»(1) Ce qui n’est pas le cas pour la Russie, bien évidemment.

    Le pragmatisme russe fait que Moscou ne se contente plus d’utiliser ses réseaux créés lors de la période soviétique, notamment dans les pays du «camp progressiste comme l’Algérie», l’URSS ayant formé des générations de cadres africains souvent russophones, devenus parfois de hauts responsables politiques et économiques dans leurs pays, mais mise davantage sur les nouvelles générations de dirigeants africains pour accroître son influence partant du constat que l’Afrique d’aujourd’hui n’est plus un terrain de confrontation idéologique mais un continent d’opportunités (2) et un «partenaire important qui participe à la formation d’un ordre mondial polycentrique et durable», selon le MAE Lavrov.(3)
    La nouvelle orientation de la politique africaine de la Russie qui se dessine peut être appréhendée à travers trois volets : le sommet de Sotchi, l’action russe dans le domaine de la sécurité et de l’armement en Afrique et la présence russe en Centrafrique. En Afrique, les dirigeants russes sont engagés dans une course contre la montre pour tenter de rattraper leur retard par rapport aux anciennes puissances coloniales comme la France ou la Grande-Bretagne, aux pays émergents comme la Chine ou l’Inde qui ont investi le continent de longue date ou aux États-Unis. En effet, au lendemain de la disparition de l’URSS, les échanges commerciaux avec tout le continent atteignaient juste 1,3 milliard de dollars. Ce montant, somme toute modeste, dégringole en 1994 à 740 millions(2). Une fois la période de transition bien enclenchée, les échanges commerciaux de la Russie avec le continent entament leur ascension dès le début des années 2 000 pour atteindre, en 2017, 17 milliards de dollars(3) et 20 en 2018.

    Ce montant, quoique modeste, comparé, par exemple, à ceux de l’Inde et de la Chine qui étaient successivement de 60, 50 et 200 milliards, représente pour Moscou un pas en avant appréciable mais qui reste néanmoins à consolider. Les exportations russes vers l’Afrique, hors équipements militaires, ont doublé en 3 ans représentant en 2018 4% de l’ensemble des exportations russes contre 1%, 5 ans auparavant.

    Le président Poutine n’a certes pas sillonné le continent africain mais s’est rendu dans certains des principaux pays africains ; en Algérie en mars 2006, au Maroc en septembre de la même année, en Libye en 2008, en Égypte en 2015 et 2017 et en Afrique du Sud dans le cadre d’un sommet des Brics en juillet 2018 et à l’issue duquel il annoncé son initiative d’organiser un sommet avec l’Afrique. Il se tiendra à Sotchi, une station balnéaire sur la mer Noire, les 23 et 24 octobre 2019.

    À travers le 1er sommet de Sotchi qui s’inscrit dans le sillage des grands sommets regroupant l’Union africaine et l’Union européenne et l’Afrique à la Chine, au Japon (Ticad), à l’Inde ou aux États-Unis, les dirigeants russes tentent d’établir un cadre opérationnel pour la mise en œuvre de leur nouvelle stratégie de redéploiement diplomatique et économique vers le continent africain.

    Co-présidé par Vladimir Poutine et Abdelfattah Al Sissi, président en exercice de l’Union africaine, le sommet a regroupé une cinquantaine de chefs d’État et de gouvernement africains pour le volet politique et un forum d’affaires avec pour slogan «Pour la Paix, la Sécurité et le Développement».

    En marge du sommet et concernant le premier aspect, Poutine s’est dépensé lors de ses entretiens notamment en tête-à-tête avec ses homologues africains pour louer l’amitié russo-africaine et parler de perspectives de coopération alors que le MAE Lavrov a appelé les pays africains à «une coordination étroite en politique étrangère, à l’ONU et sur d’autres plateformes multilatérales».(3)

    S’agissant des relations économiques, la Russie mise, dans une première étape, sur les grandes entreprises publiques ou privées mais assistées par l’État comme Rosneft et Lukoil pour les hydrocarbures, Rosatom pour le nucléaire, Alrosa pour le diamant, Uralkali et Uralchem pour les engrais chimiques et Rosoboronexport pour l’armement.

    Dès le 1er jour du forum, la fondation Roscongress s’est attelée à rapprocher le monde des affaires russe de son vis-à-vis africain. Un certain nombre d’accords de coopération ont été signés à cette première étape, à l’image de ceux avec l’Agence pour les investissements du Congo, l’Agence pour les investissements et les Projets stratégiques du Niger, les Chambres de commerce de Tanzanie, du Kenya, du Nigeria, du Mali, l’Association égyptienne des exportateurs et la Confédération des associations d’affaires du Mozambique.(4)

    À travers ce forum, Arnaud Kalika, auteur de la note «Le grand retour de la Russie en Afrique» (Ifri, avril 2019), estime que l’Afrique est devenue «une priorité russe». Rappelons que le sommet de Sotchi n’est pas issu du néant.
    Le terrain avait été préparé lors de certaines manifestations où hommes d’affaires et hommes politiques africains avaient été sollicités avec beaucoup de considération par leurs homologues russes. Ce fut le cas au Forum économique de Saint Pétersbourg (Spief), en 2018, dont l’invité d’honneur était le président F. A. Touadéra, à l’Assemblée annuelle de la Banque africaine d’import-export (Afreximbank) dont la Russie est devenue actionnaire et lors d’une réunion interparlementaire Russie-Afrique tenue à Moscou… (5)

    On peut ajouter enfin le Forum de coopération Russie-monde arabe dont la 5e réunion a eu lieu à Moscou, en avril 2019, au niveau des ministères des Affaires étrangères arabes et russe, et la 6e était prévue en 2020 au Maroc, mais la pandémie de coronavirus en a décidé autrement. Ce forum constitue une opportunité de discussion des perspectives de coopération de la Russie avec des pays relevant, à la fois, du continent africain (Afrique du Nord) et de l’aire culturelle arabe. On a relevé que la nouvelle Russie a dû faire face à de nombreux défis politiques et économiques internes comme extérieurs et à quel point est important le fossé qui la sépare d’autres puissances similaires, en Afrique, tant pour le commerce que pour l’investissement. Ces facteurs ne sont pas les seuls à inciter les dirigeants russes à considérer l’Afrique comme un important partenaire. S’y ajoutent les sanctions occidentales notamment américaines qui, depuis 2014, pénalisent Moscou, «obligée de trouver d’autres leviers économiques et diplomatiques» à travers «un partenariat diversifié» et perturbent ses ambitions politiques internationales, notamment en Afrique.

    La quête d’un repositionnement stratégique russe en Afrique passe également par le renforcement d’un secteur d’activité rémunérateur traditionnel, celui de l’armement, et la volonté de s’enraciner «structurellement» dans le paysage africain à travers l’édification de bases militaires. À ces leviers d’implantation s’ajoute celui de la formation de hauts gradés africains, selon la tradition soviétique mais renforcée et étendue au-delà de l’ancien groupe de pays progressistes, l’expertise militaire et le nucléaire civil avec la société Rosatom.

    Alors que les foyers de tension dus notamment au terrorisme s’exacerbent et parfois prennent de l’ampleur en Afrique, les États-Unis, sous la présidence Trump, ont exprimé, à maintes reprises, leur volonté de réduire, parfois drastiquement, la présence militaire américaine, y compris au Sahel, suscitant les inquiétudes de certains dirigeants africains et alliés comme le président français. Au même moment, la France, malgré l’implication de l’Union européenne à ses côtés, s’enfonce chaque jour davantage dans le bourbier sahélien alors que le rival chinois se concentre davantage sur ses relations économiques — y compris la vente d’armes —, le champ d’action paraît libre à la Russie pour gagner une place sur l’échiquier africain. Les moyens pour y parvenir sont nombreux et impliquent le commerce des armes et la formation militaire en particulier dans le cadre de la lutte antiterroriste.

    Le regain des activités terroristes dans certaines régions du continent et les difficultés qu’éprouvent les États concernés à y faire face, y compris avec l’aide des armées occidentales, ouvrent de nouvelles perspectives d’«infiltration» russe dans des pays jadis «chasse gardée» des Occidentaux. La Russie cherche à mettre en avant son «expérience» en la matière acquise
    en Tchétchénie, en Syrie, voire en Libye comme l’avait laissé entendre le président russe à Sotchi lorsqu’il avait déclaré que «le terrorisme, l’idéologie de l’extrémisme, la piraterie et le Printemps arabe empêchent le développement des pays africains» ajoutant que «ces phénomènes ont déstabilisé la situation dans toute l’Afrique du Nord » et que « dans la région des Grands Lacs et la région sahélienne, de nombreuses organisations terroristes sont actives». Et de conclure : «À cet égard, nous pensons qu’il est important d’intensifier les efforts communs dans la lutte contre le terrorisme et l’extrémisme.» Alors, pour faire face à ces défis sécuritaires, quoi de plus normal que les armées africaines se fournissent en armes russes ? Et quoi de plus normal encore d’entendre le chef d’État soudanais dire, lors du sommet de Sotchi, à son homologue russe : «De notre côté, nous attendons que vous approuviez et signiez l’accord sur la poursuite de la coopération entre le Soudan et la Russie afin que nous puissions coopérer à la réforme de l’institution militaire et au développement des capacités des forces armées.»(6) Doit-on rappeler que c’est par le Soudan que la Chine est entrée en Afrique ?

    Le forum Russie-Afrique avait d’ailleurs mis en exergue l’aspect militaire de la politique russe en Afrique. Le continent représente 15% des ventes d’armes russes(7) et près de 12 milliards de dollars de contrats avaient été signés avec des pays africains dont le Nigeria, le Niger et le Mali portant notamment sur l’acquisition d’avions et d’hélicoptères de combat et de systèmes de défense antiaérienne, pour un montant de plus de 4 milliards de dollars, selon Alexandre Mikheev, directeur de Rosoboronexport, l’entreprise publique chargée du commerce d’armements.(6) Selon l’institut Sipri de Stockholm, la Russie est le premier fournisseur d’armes à l’Afrique (35%) devançant la Chine (17%), les États-Unis (9%) et la France (6,9%).
    De nombreux contrats militaires, à l’image de celui avec l’Algérie en 2006 ont été signés avec la Guinée et la Centrafrique en 2017, l’Égypte, le Burkina Faso, en 2018, le Soudan, le Mali et le Congo, en 2019. Un mémorandum a été signé avec 16 pays d’Afrique australe (SADC) incluant la formation du personnel militaire, l’envoi de conseillers et l’échange de renseignements.
    Outre l’aspect commercial dominant, les Russes investissent dans l’infrastructure militaire. Lors de sa grande et traditionnelle conférence de presse, la 16e du genre, tenue le 17 décembre 2020, le président Poutine a répondu à ses critiques sur les relations militaires de son pays avec certains pays occidentaux en révélant que, contrairement aux États-Unis, par exemple, la Russie ne dispose que de «deux-trois bases de déploiement, d’ailleurs situées sur les axes à risque terroriste». S’agissant du budget militaire de son pays, il a indiqué qu’il n’était «que de 46 milliards», comparé à celui des États -Unis qui atteint 770 milliards».(8)

    Mais les Occidentaux ne l’entendent pas de cette oreille, comme en témoigne un rapport du MAE allemand intitulé «Les nouvelles ambitions de la Russie en Afrique» dont le journal Bild a publié des extraits en août 2020 et qui révèle que «la Russie envisagerait d’établir des bases militaires dans au moins 6 pays considérés stratégiques. Ce sont la République centrafricaine, Madagascar, l’Égypte, le Soudan, le Mozambique et l’Érythrée». Plus proche de nous, le site Sputnik rapportait le 8 décembre 2020 qu’un traité a été signé le 1er de ce mois avec le Soudan prévoyant la création d’«un centre de soutien logistique de la marine russe» devant abriter des navires à propulsion nucléaire.(9) De même qu’une plateforme logistique russe accessible aux navires de guerre est envisagée dans un des ports de Madagascar.(5)

    Outre les États-Unis, la Grande-Bretagne et la France, la Chine, le Japon, l’Inde, la Turquie, les Émirats… ont des bases militaires en Afrique, notamment dans la Corne de l’Afrique.

    Il est difficile d’évoquer l’aspect militaire et sécuritaire de la politique africaine de la Russie sans évoquer les activités de la société militaire privée russe Wagner, créée en 2014 par Evguéni Prigojnine, «un proche de Poutine», en Syrie, en Libye, en Centrafrique et dans les zones de tension dans le voisinage russe (Ukraine). Cette société est qualifiée par Foreign Policy de «sombre groupe de mercenaires qui mènent des opérations secrètes pour le compte du Kremlin, un peu partout dans le monde…».
    Le Kremlin s’en défend et quoique les sociétés privées de sécurité soient interdites en Russie, des sources occidentales estiment que Wagner travaille en «étroite collaboration avec le ministère de la Défense». Le New York Times a défendu cette thèse dans une enquête consacrée à la présence russe en Centrafrique et ajouté que la RDC et la Guinée ont sollicité les services de Wagner.

    Depuis peu et quoique se prévalant d’un passé dépourvu de pesanteur coloniale et se défendant de toute velléité d’immixtion dans les affaires internes d’autrui, la Russie tente de mettre en œuvre une nouvelle stratégie dans ses relations avec l’Afrique. L’expérience en cours a lieu en Centrafrique. Sans le moindre doute, la Russie post-Union soviétique doit considérer son approche africaine à travers la Centrafrique comme un test de viabilité pour sa stratégie d’implantation durable et avantageuse en Afrique sub-saharienne. Mais ce choix comporte énormément de risques, la Centrafrique étant l’un des pays les plus pauvres et des plus instables du continent.

    Ce pays de 622 984 km2 qui se situe, comme son nom l’indique, au «centre de l’Afrique», est enclavé entre 6 pays et figure au 188e rang sur 189 pour l’indice de développement humain du Pnud, en 2019. Près de 70% de la population de 4,9 millions d’habitants vivent sous le seuil de la pauvreté. Mais comme c’est souvent le cas en Afrique, c’est un pays appauvri qui recèle de grandes richesses allant du diamant au bétail en passant par l’or, le bois, le café, le tabac, le coton.

    Depuis de nombreuses années, la guerre civile attisée par les clivages politiques, sociaux, ethniques, religieux et l’ingérence étrangère alliée à une classe politique coupée des réalités du pays ont handicapé son développement. De 1965 à 2016 et encore ces derniers jours, le pays a vécu au rythme des coups d’État et de révoltes sanglantes le plus souvent sous forme de conflits ethniques et religieux. En fait, il s’agit de lutte pour le pouvoir alliant classe politique prédatrice, armée aux ordres des puissants, hommes de religion occultes et hommes d’affaires véreux liés aux sociétés étrangères. Le pays se maintient à flot grâce à l’aide étrangère, la protection des forces onusiennes et la présence militaire française et, récemment, russe.

    En mars 2013, une coalition rebelle à dominante musulmane se soulève, attaque la population chrétienne et renverse le président Bozizé. Les milices anti-balaka à dominante chrétienne s’en prennent à leur tour à la population musulmane.

    Une tuerie à grande échelle se produit qui pousse la France à intervenir militairement à travers l’opération Sangaris (2013-2016) et l’ONU à voter la résolution 2127 (05 12 2013) imposant l’embargo sur les armes pour la Centrafrique, créer le Comité du Conseil de sécurité pour veiller à l’application des sanctions et, le 10 avril 2014, la force Minusca (Mission de stabilisation des Nations Unies en Centrafrique) avec 11 500 Casques bleus.
    La fin de l’année 2017 marque le début du rapprochement russo-centreafricain avec la signature, en décembre, d’un accord de coopération dont certains termes n’ont pas été rendus publics, mais qui prévoit notamment l’engagement de la Russie à assurer la formation des militaires dont la Garde nationale et pour la Centrafrique l’octroi de concessions minières (or et diamant) et l’autorisation pour les Russes d’exploiter un aérodrome dans la région d’Ouadda. Dès le 26 janvier 2018, les avions russes transportant les premières armes atterrissent à Bangui. Le lendemain, le directeur adjoint du service de presse du MAE, A. Kojine, annonce qu’«à la demande de la République centrafricaine, la Russie a accordé à ce pays une aide militaire et technique à titre gracieux» et ajoute que «5 militaires et 170 ressortissants (?) russes ont été dépêchés sur place pour entraîner les militaires centrafricains».(10)

    Depuis, un accord de coopération militaire a été signé en août 2018 qui prévoit l’envoi d’instructeurs pour entraîner les militaires centrafricains et assurer la sécurité du président. En octobre 2020, un bureau militaire composé de 4 généraux russes est ouvert à Bangui.(11)

    Mais Moscou considère, depuis que l’opération française Sangaris(12) avait été déclarée par le président français et son MAE, achevée en 2016 avec l’élection de l’actuel président F. Archange Touadéra, alors que l’instabilité persiste au pays, que la voie est désormais ouverte à une présence russe renforcée au cœur du continent africain tant pour l’assistance sécuritaire et militaire que pour l’action politique. Paris ne conserve désormais qu’un contingent de 300 militaires. Dès octobre 2017, le président centrafricain rencontre le MAE russe pour lui demander une assistance à son pays.

    La fin de l’année 2017 marque le début du rapprochement russo-centrafricain avec la signature, en décembre, d’un accord de coopération dont certains termes n’ont pas été rendus publics, mais qui prévoit notamment l’engagement de la Russie à assurer la formation des militaires dont la Garde nationale et pour la Centrafrique l’octroi de concessions minières (or et diamant) et l’autorisation pour les Russes d’exploiter un aérodrome dans la région de Ouadda. Dès le 26 janvier 2018, les avions russes transportant les premières armes atterrissent à Bangui. Le lendemain, le directeur adjoint du service de presse du MAE, A. Kojine, annonce qu’«à la demande de la République centrafricaine, la Russie a accordé à ce pays une aide militaire et technique à titre gracieux» et ajoute que «5 militaires et 170 ressortissants (?) russes ont été dépêchés sur place pour entraîner les militaires centrafricains».(10)

    Depuis, un accord de coopération militaire a été signé en août 2018 qui prévoit l’envoi d’instructeurs pour entraîner les militaires centrafricains et assurer la sécurité du président. En octobre 2020, un bureau militaire composé de 4 généraux russes est ouvert à Bangui.(11)

    Mais Moscou considère, depuis que l’opération française Sangaris(12) avait été déclarée par le président français et son MAE, achevée en 2016 avec l’élection de l’actuel Président F. Archange Touadéra, alors que l’instabilité persiste au pays, que la voie est désormais ouverte à une présence russe renforcée au cœur du continent africain tant pour l’assistance sécuritaire et militaire que pour l’action politique. Paris ne conserve désormais qu’un contingent de 300 militaires. Dès octobre 2017, le président centrafricain rencontre le MAE russe pour lui demander une assistance à son pays.
    Ce qui fut fait par l’envoi d’armes russes à Bangui qui n’a pu avoir lieu qu’après que Moscou eut levé, en décembre 2017, son veto au Conseil de sécurité permettant la levée temporaire de l’embargo sur les armes, avec l’accord de Paris. Ensuite, le président centrafricain a été reçu le 23 mai 2018 à Saint-Pétersbourg par son homologue russe. En outre, c’est par l’entremise de la Russie qu’un accord est signé à Khartoum le 28 août 2018 entre le pouvoir à Bangui et l’opposition. Pour la France, c’est la goutte qui fit déborder le vase. L’ego français en a pris un coup et Paris, qui se voyait supplanté par Moscou dans son «pré- carré traditionnel», ne tarda pas à manifester son exaspération.

    Le 14 novembre 2018, la France a présenté un projet de résolution sur l’initiative de paix de Moscou à Khartoum présentée comme une démarche parallèle et gênante pour les efforts de l’ONU et l’UA.

    Dans ce contexte, le MAE français n’a pas été avare en critiques à l’encontre de Moscou. Dans une déclaration à France 24 le 3 novembre 2018, J.-Y. Le Drian déclare que «le seul sujet qui doit préoccuper ceux qui veulent s’occuper de la Centrafrique, c’est la sécurité de ce pays et son développement et non pas utiliser les difficultés de ce pays pour s’implanter dans un continent où il y aurait des ambitions voilées».(13) Deux jours plus tard, la ministre française des Armées lui emboîte le pas. Dans une interview à Jeune Afrique, elle déclare : «Je ne suis pas certaine que cette présence et les actions déployées par Moscou… contribuent à stabiliser le pays.» Plus incisif, le MAE revient à la charge et déplore la «présence active de la Russie (en RCA), récente, significative et antifrançaise».

    La politique ayant ses raisons que (souvent) la raison ignore, lors d’une conférence de presse avec son homologue russe le 9 septembre 2019, à l’issue de la 12e réunion du Conseil de coopération et de sécurité franco-russe, la ministre française des Armées amorce un virage à 360° en déclarant : «Nous avons des différences de méthode, mais je veux le croire, nous avons le même objectif : aider les Centrafricains à restaurer l’autorité de leur État sur leur pays.» Qui l’eût cru ?(13)

    Mais la situation s’est de nouveau détériorée en Centrafrique à l’occasion des élections présidentielle et législatives du 27 décembre 2020 et a mis à rude épreuve les capacités sécuritaires franco-russes et onusiennes dans ce pays. Ces dernières ont perdu trois des éléments de la Minusca le 25 décembre 2020. Cette force avait été renforcée de 300 Casques bleus pour sécuriser le scrutin.

    Les troubles ont eu pour origine ces élections dont une partie de l’opposition réclamait le report «en raison de la situation sécuritaire». En fait, plus que la situation sécuritaire, c’est de lutte politique qu’il s’agit entre l’actuel Président Touadéra qui prétend à sa propre succession et l’opposition hétéroclite, «la Coalition des patriotes pour le changement», «bénie» par l’ancien Président Bozizé dont la candidature avait été rejetée par la Cour constitutionnelle et qui a appelé au boycott du scrutin, qui est à l’origine de la flambée des violences qui ont permis aux rebelles de contrôler les deux tiers du territoire. Le scrutin s’est déroulé sous haute surveillance armée, mais dans le calme, à Bangui. Pour le reste du pays, le scrutin a été moins que partiel en raison d’actes violents et de menaces contre les civils dont près de 55 000 ont fui le pays pour les pays voisins de peur des représailles.

    Les protagonistes campaient sur leurs positions et le pays menaçait de s’enflammer davantage. Ce qui a nécessité l’envoi de troupes russes (300 hommes) et rwandaises «dans le cadre d’accords bilatéraux» selon le porte-parole du gouvernement centrafricain et d’avions de chasse français qui ont survolé le territoire le 23 décembre «à la demande du Président Touadéra et en accord avec les forces de la Minusca», selon un communiqué de l’Élysée. Les résultats provisoires du scrutin sont attendus pour le 4 janvier 2021 et ceux définitifs le 21 du mois. Sans préjuger de la suite des évènements et sans vouloir verser dans le pessimisme gratuit, il est à prévoir que ce scrutin ne soit remporté par le président sortant et ses alliés, quoi qu’en disent les «démocrates» français, russes, l’ONU ou l’Union africaine alors que la solution démocratique aux difficultés du pays est ailleurs.

    En Afrique du Nord et s’agissant des relations de la Russie avec notre pays, on peut affirmer sans se tromper qu’elles sont «correctes» et empreintes d’une considération réciproque.

    Elles datent de l’époque de la lutte de Libération nationale et avaient été renforcées durant la période du «socialisme spécifique», de l’indépendance algérienne à la fin de l’URSS. Nombreux étaient les experts et techniciens russes de différents domaines, du pétrole à l’enseignement technique, en passant par la santé, l’agriculture et évidemment le secteur militaire, qui exerçaient en Algérie.

    Dans divers secteurs, ils avaient fini par supplanter les cadres français dont certains étaient demeurés en Algérie après l’indépendance.
    Entrées dans une relative «hibernation» au lendemain de la chute de l’ex-URSS, ces relations ont repris une direction ascendante au début des années 2 000, notamment avec la visite du Président Bouteflika à Moscou du 3 au 6 avril 2001, visite couronnée par la signature d’une déclaration de partenariat stratégique entre l’Algérie et la Russie.

    En mars 2006, ce fut au tour du Président Poutine de se rendre en Algérie pour une visite qui s’est achevée par la signature d’un accord militaire suivi, en «contrepartie», d’un accord de conversion de la dette russe de 4,7 milliards de dollars en contrats d’achat d’armement notamment des avions de chasse Sukhoi SU 30 MKA et d’entrainement YAK 130.(14)
    2006 est aussi l’année du lancement d’un vaste programme de modernisation de l’armée algérienne qui, selon le site américain Market Research Engine, s’étend jusqu’en 2023 avec une dotation budgétaire de 30 milliards de dollars(15), programme qui intéresse au plus haut point Rosoboronexport.

    Selon le directeur du site Menadefense, ces dernières années, l’armée algérienne a consacré «en moyenne 3 milliards de dollars par an» à l’acquisition d’équipements militaires de pointe, en particulier russes. Ce qui fait de l’Algérie aujourd’hui «une puissance régionale dotée d’une force de frappe considérable».(14) En 2018, 66% des importations d’armes provenaient de la Russie. Une source diplomatique russe révèle que près de la moitié des armes russes exportées vers l’Afrique est destinée à l’Algérie.(16) Dans ce contexte, la «Russie a été le principal partenaire de l’Algérie dans l’effort de remise à niveau de son armée» rappelait le site Sputnik, en avril 2018.(17)

    L’Algérie qui se classe dans «le Top 3 des clients de Rosoboronexport», consacre annuellement «environ 10 milliards de dollars» à la défense et à la sécurité nationales (la loi de finances 2021 prévoit 1 230 milliards de dinars pour le MDN). Pour sa part, Andrey Frolov, expert en armements auprès de Russian international Affairs Council, écrit que «les équipements russes acquis par l’Algérie confèrent à son armée une puissance considérable». Il ajoute : «Nous pouvons même dire que c’est aujourd’hui une puissance régionale.»(14) En Afrique, elle est la 2e après l’Égypte.

    À l’évidence, les relations algéro-russes s’étendent au-delà du domaine militaire, mais ce dernier en demeure l’axe principal. D’autres secteurs sont concernés. Citons, en premier lieu, le secteur énergétique.
    La société Gazprom, active en Algérie depuis 2006, a ouvert la voie à Lukoil qui a entamé des négociations avec Sonatrach, en marge du Forum des pays exportateurs de gaz qui s’est tenu en octobre 2019 (21e session).
    Dans le domaine spatial, signalons que le lancement du 1er satellite algérien destiné à la prévention des catastrophes naturelles Alsat-114 avait été fait en novembre 2002 par un lanceur russe 3M.

    Dans le domaine nucléaire, lorsque l’Algérie avait exprimé, en 2018, son intention de construire une centrale, la Russie avait fait part de sa disponibilité à contribuer à la réalisation du projet.
    Si l’on peut se rassurer quant à l’avenir des relations militaires algéro-russes, on est moins satisfait s’agissant des relations commerciales et de l’investissement.

    En effet, cela se vérifie si l’on examine le classement de 2019 des principaux fournisseurs de l’Algérie où la Russie, avec 587,73 millions de dollars, se situe à la 14e place (1,40%), loin derrière la Chine, 1re avec 7,654 milliards (18,25%) ou la France, 2e avec 4,278 milliards USD (10,20%). Il en est de même s’agissant des principaux clients, où la Russie ne figure même pas dans le lot des 10 premiers. C’est dire combien s’avère ardue la perspective pour les deux pays de hisser leurs relations commerciales et l’investissement (hors pétrole) à un niveau correspondant aux relations politiques.

    À l’évidence et pour plusieurs raisons qu’il est inutile de rappeler ici, la Russie ne pouvait rester indifférente aux soubresauts que connaît l’Algérie depuis février 2019.

    Si la réaction officielle de Moscou de non-ingérence a été appréciée par le pouvoir algérien, l’opinion publique a été moins enthousiaste lorsque Moscou a voulu transmettre un message mettant en garde Paris sans la nommer sur une éventuelle tentative d’ingérence dans les affaires algériennes. Le Hirak algérien s’opposant à toute tentative de tutelle étrangère, y compris russe.

    Dans le reste de l’Afrique du Nord, la Russie est fortement impliquée dans le conflit libyen, entretient des rapports assez solides avec l’Égypte mais est peu présente au Maroc et en Tunisie. Avec le Maroc, les échanges commerciaux ont atteint 2,5 milliards de dollars en 2016 et 630 millions pour la Tunisie en 2019. Mais l’Algérie demeure le partenaire le plus important de la Russie.

    S’il s’avère prématuré de parler d’évaluation de l’«aventure» russe en terre africaine, l’expérience en cours de la relation Russie-Afrique mérite que l’on s’y attarde, pour plusieurs raisons.
    D’abord, elle est récente, parce que la Chine et les pays occidentaux sont en compétition en terre africaine depuis longtemps. Ensuite d’autres puissances émergentes comme l’Inde, le Japon, la Corée du Sud et bien d’autres parmi les pays asiatiques, le Brésil, la Turquie… participent à cette compétition pour un positionnement géostratégique, la recherche de matières premières, les investissements, etc. en Afrique ; certaines économies africaines connaissant un taux de développement qui ne laisse pas indifférents ces pays.

    La Russie ne pouvait demeurer en marge de ce processus au risque de handicaper ses prétentions aux premiers rôles sur la scène internationale et de priver son économie d’une source importante de matières premières.
    En lisant ces lignes, on n’est guère étonné que «l’offensive» russe en Afrique ne soit du goût des Occidentaux, loin s’en faut. Depuis une dizaine d’années, on assiste à l’exacerbation des tensions dans les relations américaines et européennes avec la Russie au point où certains analystes de la question n’hésitent pas à parler de résurgence de la guerre froide avec de nouveaux atours.

    La montée en puissance de Moscou est un défi pour nombre de capitales occidentales. Que ce soit pour son implication directe dans certains foyers de tensions régionales et/ou internationales ou plus simplement en raison de son déploiement politique et économique dans certaines régions du monde, à l’image de l’Afrique.

    L’Administration américaine du Président sortant Donald Trump n’a jamais fait de secret sur son animosité, souvent agressive, à l’encontre du Kremlin. Il suffit de se rappeler que la stratégie de sécurité nationale américaine officialisée par Trump en décembre 2017 accusait la Russie de «saper la légitimité des démocraties» et de «mener des incursions subversives pour tenter de porter atteinte à l’influence américaine dans le monde».
    En décembre 2018, John Bolton, alors conseiller à la Sécurité nationale, et en mars 2019, le commandant d’Africom avaient exprimé leur «forte inquiétude» sur ce déploiement russe en Afrique et ils ne sont pas les seuls.
    En juin de la même année, le journal britannique The Guardian avait «divulgué des documents russes ultrasecrets mentionnant les pays que Moscou est parvenu à infiltrer» et cite l’Afrique du Sud, le Soudan du Sud, Madagascar, la Centrafrique, le Tchad, la RDC, la Zambie… avec pour autres cibles l’Égypte, le Mali, l’Ouganda et la Guinée équatoriale.

    Plus près de nous, en décembre 2020 et s’agissant de notre région, le secrétaire d’État Mike Pompeo considère, dans un communiqué sur «l’influence russe en Méditerranée», que «la Russie continue de menacer la stabilité de la Méditerranée… pour saper la souveraineté nationale et semer le chaos, les conflits et la division dans les pays de la région».(18)

    Enfin, rappelons qu’à la veille de sa visite à Alger, en septembre 2020, et de Tunis où il se trouvait, l’ex-secrétaire à la Défense Mark Esper avait déclaré en parlant de la Chine et de la Russie sur un ton guerrier : «Nous continuons à contrer le comportement malveillant, coercitif et prédateur de Pékin et de Moscou, destiné à saper les institutions africaines, à éroder la souveraineté nationale, à créer l’instabilité et à exploiter les ressourcesdans toute la région.»(19) Mettant ainsi dans l’embarras ses interlocuteurs maghrébins, notamment algériens, qui tentent de préserver un équilibre dans leurs relations avec Moscou et Washington. Le déploiement russe en Afrique ne dérange pas seulement l’Amérique de Trump, il est source de tracas pour l’ancienne puissance coloniale française, surtout depuis que Moscou a mis ses pieds en Centrafrique considérée, comme l’ensemble de l’Afrique subsaharienne francophone d’ailleurs, comme une chasse gardée française.

    Dans une interview à Jeune Afrique le 24 octobre 2020, le Président Macron dénonçait «une stratégie menée… par des puissances étrangères comme la Russie (et la Turquie)» pour «alimenter un sentiment antifrançais en Afrique».(20)

    Les autorités françaises ne dissimulent pas leur opposition farouche au processus de coopération entamé en 2017- 2018 par la Russie avec les autorités à Bangui notamment dès lors que Moscou avait initié en 2018, à Khartoum, un dialogue entre les autorités centrafricaines et l’opposition. La France est allée jusqu’à présenter un projet de résolution en Conseil de sécurité de l’ONU jetant le discrédit sur l’initiative russe. Mais pour l’ambassadeur adjoint russe aux Nations Unies, Moscou aide «activement la Centrafrique en bénéficiant du soutien du peuple», sous-entendu, contrairement à la France.

    A ces critiques, le Président russe Vladimir Poutine rétorque, pour sa part, que son pays, contrairement aux pays occidentaux, est engagé dans «une coopération sans ingérence et civilisée»(21). Comme il rappelait, le 28 septembre 2017, que le montant global des dettes dues à l’ex-URSS et annulées par la Russie avait atteint 140 milliards de dollars dont plus de 20 milliards pour certains pays africains, 30 pour Cuba et 11 pour la Corée du Nord.

    En octobre 2019, lors de l’ouverture du premier sommet Russie-Afrique, il a déclaré que Moscou s’engage à «doubler au minimum ses échanges commerciaux avec l’Afrique en 5 ans».(1)

    Au plan politique, l’offensive russe en direction de l’Afrique semble porter progressivement ses fruits comme ce fut le cas aux Nations Unies lorsque les pays africains, dont l’Algérie, s’étaient abstenus de voter la résolution de l’Assemblée générale en 2014 condamnant l’annexion de la Crimée. Ainsi, Moscou est conscient que l’Afrique constitue un réservoir de voix fort utiles à l’ONU et un soutien à ses efforts pour un monde multipolaire. Moscou pourrait aussi soutenir les efforts de l’Afrique d’obtenir deux sièges permanents au Conseil de sécurité, dans le cadre de la réforme de l’ONU.
    Mais la Russie n’a pas les mêmes moyens notamment financiers que des pays comme la Chine, par exemple, qui avait promis 60 milliards de dollars d’aide à l’issue du sommet Chine-Afrique de septembre 2019.
    La Russie n’a pas bonne réputation auprès de l’intelligentsia africaine pour avoir soutenu Al Assad en Syrie, El Béchir au Soudan, Mugabe au Zimbabwe et Maduro au Venezuela.

    La situation actuelle en Centrafrique constitue un test grandeur nature pour la prétention de Moscou d’agir sur le cours des évènements en Afrique et plus particulièrement en Centrafrique, un pays situé en plein milieu de la tempête. Car Moscou a plus qu’un adversaire en Afrique et le plus souvent il est autre qu’africain. Les puissances occidentales et néocoloniales et les nouveaux venus sur le continent voient en la Russie plus qu’un simple concurrent, un adversaire qui risque de perturber les règles du jeu par eux établies, sans tenir compte de l’avis et des intérêts des peuples africains. Que fera donc Moscou ? Agir comme le font la plupart des puissances occidentales en défendant l’ordre établi, y compris la violence, lorsqu’il est contesté par la majorité des citoyens et ce, au nom de la stabilité du pays, ou tenter d’accompagner tout processus de démocratisation en misant sur la jeunesse africaine, source de tous les espoirs ? L’avenir nous le dira.
    M. Z.
    (*) ancien diplomate.
    zeghaze@yahoo.fr

    Quelques références webgraphiques
    1-https://francais.rt.com/international/67138-russie-pour-concurrence-civilisee-dans-la-cooperation-avec-l-afrique
    2- https://forbesafrique.com/russie-afrique-une-relation-economique-desequilibree/
    3-https://francais.rt.com/international/55672-cooperation-russo-centrafricaine-quand-france-arroge-droit-de-regard
    4 https://summitafrica.ru/fr/news/russia-and-african-countries-agree-on-cooperation/
    5- https: //www. jeuneafrique. com/mag/814891/politique/russie-afrique-la-strategie-de-vladimir-poutine-pour-reconquerir-le-continent/
    6https://fr.africanews.com/2019/10/24/sommet-russie-afrique-poutine-devoile-les-grands-axes-de-la-cooperation/
    7-https://www.lepoint.fr/afrique/russie-afrique-l-economie-au-coeur-du-nouveau-partenariat-21-10-2019-
    8- https: //fr. sputniknews. com/russie/ 20 201 217104 4949179-pourquoi-vous-nous-prenez-pour-des-cons-poutine-sinterroge-sur-les-pretentions-de-loccident
    9-https: /fr. sputniknews com/defense/202012081044898162-ce-pays-peut-desormais-abriter-des-navires-russes-a-propulsion-nucleaire/
    10- https: //parstoday. com/fr/news/africa-i59946-pressence_militaire_russe_en_afrique
    11- https://francais.rt.com/international/79747-russie-livre-vehicules-blindes-armee-armee-centre-afrique

    Quelques références webgraphiques
    10- https: //parstoday. com/fr/news/africa-i59946-pressence_militaire_russe_en_afrique
    11- https://francais.rt.com/international/79747-russie-livre-vehicules-blindes-armee-armee-centre-afrique
    12-https://www.lepoint.fr/afrique/centrafrique-comment-la-russie-travaille-patiemment-a-supplanter-la-france-15-12-2018-2279472_3826.php
    13-https://francais.rt.com/international/65624-nous-avons-meme-objectif-parly-change-ton-role-russie-centrafrique
    14-https://fr.sputniknew. com/ afrique/202012011044858329-ces-armes-russes-qui-font-de-lalgerie-une-puissance-militaire-regionale-/
    15- https://fr.sputniknews .com/international/201808 221037773723-armee-algerienne-programme-russie-occidentaux/
    16-https://www.dw.com/fr/la-russie-en-afrique-appui-militaire-contre-exploitation-mini%C3%A8re/a-48865561
    17-https://fr.sputniknews.com/international/2018042 71036135818-algerie-russie-armements-sophistiques
    18-https://www.lefigaro.fr/flash-actu/pompeo-accuse-la-russie-de-semer-le-chaos-autour-du-bassin-mediterraneen-20201215
    19-https://www.menadefense.net/algerie/mark-esper-en-algerie-une-visite-ecleir-et-des-interrogations
    20-https://fr.sputniknews.com/international /202011201044804337-macron-accuse-la-turquie-et-la-russie-dalimenter-une-campagne-antifrancaise-en-afrique/
    21-https:// fr. africanews.com/ 2019/10/23/sommet-russie-afrique-moscou-veut-etendre-son-influence-sur-le-continent/

    Source : Le Soir d’Algérie, 7 jan 2021

  • Un “contrat de communication” de 700.000 euros lie le Maroc au magazine Jeune Afrique (Facture)

    Jeune Afrique a souvent été qualifié de « caisse de résonance de la FrançAfrique », « journal corrompu », « bras armé de la Françafrique », « sac à merde »… Ses accointances avec les régimes dictatoriaux africains qui s’obstinent à pérenniser leur rôle de négriers de la France n’est plus à prouver. Ceux-ci payent cher pour rester au pouvoir.

    Parmi les régimes qui font recours aux services de Jeune Afrique se trouve la monarchie médiévale du Maroc. Voici une facture trouvée parmi les documents confidentiels des services secrets marocains:

    ’’JEUNE AFRIQUE’’ OU ’’FRANÇAFRIQUE’’

    Par Mountaga Fané Kantéka

    Toujours dans son petit mais explosif livre, ’’FRANCE-AFRIQUE / LE CRIME CONTINUE ’’(tahin party, 2000), l’auteur français FRANÇOIS XAVIER VERSCHAVE précise :
    « Ce que j’ai appelé la ‘’FRANÇAFRIQUE’’, c’est ce SYSTÈME DE CONNIVENCES entre des potentats africains et le conglomérat de leurs parrains français, politiques, militaires et financiers. »

    Ce système de « CONNIVENCES FRANCO-AFRICAINES » au détriment des peuples africains a été sournoisement conçu pour FAIRE ÉCHEC au mouvement de DÉCOLONISATION imposé à la France, après la 2e guerre mondiale, par les deux grandes puissances de l’époque : les ÉTATS-UNIS et l’ex URSS. Et c’est pour maintenir en vie ce système de connivences que ’’JEUNE AFRIQUE’’ existe. Si bien que, ’’FRANCE-AFRIQUE’’ ou ’’FRANÇAFRIQUE’’, sans jeu de mots, serait un nom beaucoup plus approprié à ce canard dont le proprio « arabe exilé en France » Béchir Ben Yahmed se fait du beurre et des peanuts sur le dos des Nègres d’Afrique.

    Pour mieux comprendre la situation, un bref historique s’impose.

    LES DÉBUTS DE LA ’’FRANÇAFRIQUE’’

    Pressé par ses alliés américains et soviétiques, à se défaire des mamelles qui nourrissent son pays depuis des décennies, le président français de l’époque, le GÉNÉRAL DE GAULLE, décida en désespoir de cause, de monter, en 1958, une stratégie en vue de la « CONFISCATION DES INDÉPENDANCES AFRICAINES ». Pour cela, le mythique Général français alla tirer de son tiroir un sinistre individu du nom de JACQUES FOCCART. Un Oiseau de proie entièrement dévoué aux affaires suspectes de la République, « ayant une disponibilité totale, sans domaine réservé à l’intimité, aux enfants, à une vie de famille » (comme le décrivent les journalistes français ANTOINE GLASER et l’énigmatique STEPHEN SMITH dans leur ouvrage intitulé ’’CES MESSIEURS AFRIQUE / DES RÉSEAUX AUX LOBBIES’’). Un lugubre personnage qui était pour De Gaulle « l’homme de l’ombre, mais surtout l’estafier, le valet d’armes portant le manteau et la lance du chevalier, lui mettant le pied à l’étrier », travaillant pour le « chef historique et sa »mission » — la grandeur de la France et son rang dans le monde — en se servant de l’État comme ‘’État-moyen’’ », comme le rappellent encore les deux journalistes français.

    C’est à ce LAQUAIS DU GAULLISME — JACQUES FOCCART —, mort sans laisser d’héritier, que fut confiée la SALE MISSION de maintenir coûte que coûte l’Afrique sous le giron de l’Empire colonial français. À l’époque, il dirigeait les SERVICES SECRETS FRANÇAIS, supervisait les nominations aux principaux postes du parti gaulliste et de l’État et assurait aussi le financement du parti du Général. Vis à vis de l’Afrique, il devait atteindre les TROIS OBJECTIFS ainsi énumérés par Verschave :

    • GARDER un CORTÈGE D’ÉTATS-CLIENTS (africains) pour permettre à la France de conserver son siège permanent au Conseil de sécurité de l’ONU.
    • Assurer à la France l’ACCÈS AUX MATIÈRES PREMIÈRES STRATÉGIQUES AFRICAINES, comme l’Uranium pour la fabrication de la BOMBE ATOMIQUE, le pétrole et les cultures de rente (cacao, banane, café).
    • DÉTOURNER ces rentes pour FINANCER DES PARTIS POLITIQUES français siégeant au gouvernement

    C’est ainsi que les « anciennes colonies françaises » de l’AFRIQUE SUBSAHARIENNE passèrent de l’illusion d’indépendance aux supplices du néocolonialisme. À l’exception de la GUINÉE-CONAKRY du digne leader AHMED SÉKOU TOURÉ qui avait été le seul à opposer un catégorique « NON! » à la première tentative de récupération française empruntant le trompeur nom de « COMMUNAUTÉ FRANÇAISE ». Ainsi furent sabordés tous les efforts d’émancipation et de libération de ces « nouveaux pays » africains, comme on le verra brièvement dans un chapitre approprié…

    L’ENTRÉE EN JEU DE ’’JEUNE AFRIQUE’’

    « HASARD » ou NÉCESSITÉ, un curieux phénomène veut que la mise sur pied de cette politique de CONFISCATION de l’INDÉPENDANCE NÉGRO-AFRICAINE coïncide étrangement avec la naissance du journal ’’JEUNE AFRIQUE’’, fondé le 17 Octobre 1960 à Paris par le Tunisien BÉCHIR BEN YAHMED.

    Commençons d’abord par relever la PÉJORATIVE APPELLATION « JEUNE AFRIQUE » qui sous-entend ce SINISTRE PATERNALISME dont le colon français n’arrivera jamais à se défaire, voulant toujours faire croire que l’Afrique — vieille de plusieurs millénaires et berceau de l’Humanité et de la civilisation — n’a existé qu’avec sa venue. Lui qui n’a qu’une histoire d’à peine quelques siècles. Lui qui n’a commencé à exister qu’avec son contact avec l’Afrique.

    Ensuite, sans rentrer dans les détails quant à la non-existence du « HASARD » — surtout en matière de politique — , disons que la création de ce canard néocolonialiste relève de tout, sauf du « HASARD ». C’est encore VERSCHAVE qui lève le voile sur ce point : « Vous savez que le JOURNAL FRANCO-AFRICAIN JEUNE AFRIQUE est devenu le LÉGATAIRE UNIVERSEL des œuvres de JACQUES FOCCART! Dans ses MÉMOIRES, celui-ci explique que, depuis 1983, il mangeait tous les mois avec BÉCHIR BEN YAHMED, le patron de Jeune Afrique. Ce »MARIAGE » est le plus ancien et le plus connu… » (sic)

    Que peut-on rajouter à cette CONFESSION NON ÉQUIVOQUE? Sinon rappeler que ce « mariage » entre le FAUCON FOCCART et le VAUTOUR BEN YAHMED, cette UNION INCESTUEUSE entre le PRÉDATEUR et le CHAROGNARD – l’un abattant la victime pour se sustenter de sa chair fraîche, l’autre se repaissant des miettes de sa charogne – remonte bien plus longtemps que ce que le premier affirme dans ses mémoires, c’est à dire, à l’origine même de la ’’FRANÇAFRIQUE’’, de 1958 à 1960.
    Et bien plus loin encore quand on remonte à l’ORIGINE MÊME DU MAL, si l’on sait que bien longtemps avant la colonisation, ce sont les ESCLAVAGISTES ARABES ET ARABO-BERBÈRES qui servirent de RELAIS aux premiers esclavagistes occidentaux pour l’IMPLANTATION de la TRAITE ATLANTIQUE qui paracheva la chute de l’Afrique noire, en facilitant grandement sa CAPTURE par les colons aidés de leurs NÈGRES RENÉGATS…

    S’il faut appeler le chat par son nom, cela fait plusieurs siècles que ces deux peuples de LEUCODERMES – tous deux ayant une ORIGINE INDO-EUROPÉENNE – se sont mis ensemble pour FOURRER LES NÈGRES d’Afrique! Pour dire les choses encore plus clairement, le RACISME MAGHRÉBIN à l’égard des Noirs est encore PLUS VIRULENT et PLUS HYPOCRITE que celui des Français. Ces Maghrébins qui désignent les NOIRS avec le méprisant qualificatif de « KAHELOUCH ».

    Un SONDAGE RÉCENT sur le RACISME AU QUÉBEC, effectué par Léger Marketing, a révélé que CE SONT LES « ARABES » (MAGHRÉBINS) QUI SONT LES PLUS HOSTILES AUX NOIRS. Et nous avons pu le vérifier à plusieurs égards. Sans nous attarder sur les raisons d’une telle OBSESSION, nous avons aussi remarqué cet OPPORTUNISME DÉSESPÉRÉ qui les pousse vers nous QUAND ILS SE SENTENT REJETÉS PAR LES OCCIDENTAUX. Ils SE RABATTENT alors SUR LES NOIRS au nom d’une DOUTEUSE « FRATERNITÉ MUSULMANE ». Un ISLAM qui, du reste, est bien plus scrupuleusement observé en Afrique noire qu’au Maghreb, une religion qui ne s’est IMPOSÉE au Maghreb que par la FORCE DE L’ÉPÉE. Parce que les Maghrébins y étaient les plus hostiles, comme nous l’enseigne l’HISTOIRE DE LA CONQUÊTE MUSULMANE…

    Par ailleurs, nous savons aussi qu’ENTRE EUX-MÊMES, ils se détestent comme CHIENS ET CHATS. Sans compter le MÉPRIS qu’ils inspirent aux LIBANAIS et aux autres AUTHENTIQUES « ARABES DE L’ARABIE » qui, je le rappelle encore, doivent beaucoup aux Noirs pour leur culture, leur langue et leur religion. Pas seulement à cause du Nègre BILAL, mais le contexte sociopolitique même de l’ARABIE HEUREUSE, entièrement façonné par des NOIRS SABÉENS à qui sont venus se mélanger les tribus blanches et nomades JECTANIDES. À bien des égards, les Noirs d’Afrique sont plus proches des Arabes authentiques que les Maghrébins qui, rappelons-le derechef, sont des INDO-EUROPÉENS venus s’installer en Afrique sur des vestiges de cultures nègres. Certains d’entre eux sont assez honnêtes et assez cultivés pour le reconnaître. Ce sont plutôt les plus incultes ou les semi-lettrés qui font du boucan sur du vide, s’identifiant à l’Arabe et à un Islam dont ils ignorent les tenants et les aboutissants…

    Pour en revenir à BÉCHIR BEN YAHMED, ceux qui lisent ’’JEUNE AFRIQUE’’ auront remarqué dans le SOMMAIRE, que ce journal fait une DISTINCTION entre les RUBRIQUES consacrées d’une part à l’ »AFRIQUE SUBSAHARIENNE » et d’autre part au ’’MAGHREB ET MOYEN-ORIENT’’, comme si le Maghreb était un continent à part, faisant corps avec le Moyen-Orient. Cet hallucinant détail témoigne aussi de cet esprit de démarcation reposant sur la différence de couleur. On peut d’ailleurs s’étonner pourquoi jusqu’à présent aucun dirigeant africain (pourvoyeur de fonds) ne s’est révolté contre cet INSOLENT RACISME DÉCLARÉ.
    Tant qu’à faire, pourquoi l’« Arabe » Béchir Ben Yahmed ne change pas le nom de son journal en ’’JEUNE MAGHREB-MOYEN-ORIENT’’ ou ’’JEUNE ARABIE-BERBÉRIE’’ ou ’’ JEUNE JOURNAL FRANCO-ARABO-BERBÈRE’’? S’il est honnête avec lui-même, c’est ce qu’il devrait faire!

    QUELQUES ANECDOTES EN GUISE D’ILLUSTRATIONS D’UNE PUANTE MENTALITÉ

    Multiples sont les expériences douloureuses que les Noirs ont endurées de la part de ce peuple. Je me souviens encore d’une anecdote concernant le célèbre footballeur algérien RABAT MADJER qui, lors d’une COUPE D’AFRIQUE DES NATIONS, à la suite d’un problème d’arbitrage s’était emporté contre tous les Noirs en proférant des propos du genre : « C’est une Coupe de Nègres! Je me demande même pourquoi on y participe. On devrait plutôt participer à la Coupe d’Europe des Nations. » (je cite de mémoire). C’était dans les années 80 (vers la fin). Pourtant, le NEZ ÉPATÉ et le FACIÈS même de MADJER, l’apparentent plus à un NÈGRE qu’autre chose.

    J’ai été témoin d’une réaction semblable à Montréal, lors du visionnement d’un match de Coupe d’Afrique entre la TUNISIE et le NIGÉRIA dans un BAR MAGHRÉBIN situé sur la rue Jean-Talon (dans le quartier ’’Petit Maghreb’’). À la suite de la victoire tunisienne, un TUNISIEN surexcité se mit à tenir ce discours : « Ce n’est plus un pays africain qu’il nous faut! Qu’ils se mettent tous ensemble ces Africains et on va les battre! » (sic) Estomaqué par une telle énormité, je me contentai de lui demander : « Tu n’es pas un Africain toi? » Pas de réponse! Et que pouvait-il répondre d’ailleurs?

    Je me souviens également du traitement méprisant réservé aux Noirs par les HÔTESSES DE L’AIR MAGHRÉBINES, lors des voyages avec ROYAL AIR MAROC, AIR ALGER ou TUNIS AIR. Et aussi la volonté exprimée, un moment, par le Maroc d’adhérer à la COMMUNAUTÉ EUROPÉENNE.
    Pendant qu’on y est, POURQUOI LES MAGHRÉBINS N’ABANDONNENT-ILS PAS L’AFRIQUE AUX « AFRICAINS » ET RETOURNENT S’INSTALLER EN EUROPE AVEC LEURS « FRÈRES INDO-EUROPÉENS »?

    On ne peut quand même pas prétendre à la fois au BEURRE, à l’ARGENT DU BEURRE et au CUL DE LA CRÉMIÈRE! On pourrait longtemps épiloguer sur la question. Toujours est-il que l’ABSENCE DE LA HONTE chez l’être humain, peut le pousser à bien d’égarements! QUAND ON N’EST PAS COHÉRENT AVEC SOI-MÊME, c’est cela qui amène tous les DÉBOIRES!
    J’ai entendu bien des fois en France, des FRANÇAIS me dire : « ON N’A RIEN CONTRE LES NOIRS! MAIS, LES MAGHRÉBINS, ON NE PEUT PAS LES SENTIR! » (sic) Mais, je n’avais jamais prêté une oreille complaisante à ce genre de propos que je jugeais fallacieux, convaincu que j’étais, à l’époque, que c’est parce que les Maghrébins étaient « moins dociles, plus fiers et plus conscients de leur histoire que les Noirs » qu’ils étaient détestés par les Français, mus par un sentiment de vengeance. Et c’est cet argument que je déployais contre ces Français qui me faisaient ces confidences de toute bonne foi. J’avais même mentionné cet argument de la « fierté maghrébine » dans mon essai intitulé ’’CONSCIENCE NÈGRE ET PROBLÈME NÈGRE ’’ (1995)…

    Mais, aujourd’hui, avec le recul et toutes les expériences accumulées en la matière, je vois le PROBLÈME MAGHRÉBIN sous un nouvel angle. Et je reviendrai certainement un jour sur cette préoccupante question dans un OUVRAGE PLUS ÉTOFFÉ…

    C’est ce même ÉTAT D’ESPRIT – infestant la CONSCIENCE COLLECTIVE MAGHRÉBINE – qui anime la démarche de JEUNE AFRIQUE et de son propriétaire Maghrébin, BÉCHIR BEN YAHMED, à l’égard de l’Afrique et des Africains au sud du Sahara…

    BREF APERÇU SUR LA POLITIQUE DE DÉVASTATION DE LA FRANÇAFRIQUE

    Ce NÉOCOLONIALISME FRANÇAIS, ayant pour nom FRANÇAFRIQUE et pour instrument JEUNE AFRIQUE, depuis un demi-siècle, n’a épargné rien à son pouvoir pour faire passer les « nouveaux pays » de l’Afrique subsaharienne de l’illusion d’indépendances aux supplices de l’INCARCÉRATION. Des supplices empruntant plusieurs techniques dont la promotion d’un certain nombre de minables DIRIGEANTS AFRICAINS au rang des « AMIS DE LA FRANCE », à travers notamment des ÉLECTIONS TRUQUÉES, évoquées avec quelques détails par Verschave.
    Il s’agissait aussi de bloquer toutes les tentatives de fédération des États africains, saborder tous les efforts africains de regroupements pour créer un ÉTAT AFRICAIN FORT, comme en témoigne l’échec de la « FÉDÉRATION DU MALI » autour du Malien MODIBO KÉITA, du Guinéen AHMED SÉKOU TOURÉ et du Sénégalais LÉOPOLD SÉDAR SENGHOR, le TRAÎTRE et « AMI DE LA FRANCE » qui servit d’instrument au parrain français pour faire avorter cette salutaire initiative. Aux dépens des peuples malien, guinéen et sénégalais. Ce même Senghor – un ASSIMILÉ NOTOIRE – qui a PERSÉCUTÉ son compatriote panafricaniste CHEIKH ANTA DIOP jusque dans sa tombe.

    Il s’agissait aussi d’inciter ces « Amis de la France », comme HOUPHOUET BOIGNY de la Côte d’ivoire (et encore Senghor), à déclarer une guerre sournoise à la Guinée du « rebelle » Sékou Touré, et à faire montre d’un TRIBALISME SAUVAGE, jurant avec l’histoire de la sous-région, faisant notamment dire à HOUPHOUET BOIGNY que « la Côte d’Ivoire ne sera pas la VACHE LAITIÈRE DE L’AFRIQUE » (sic). La Côte d’Ivoire n’a pas été la vache laitière de l’Afrique, mais la vache laitière de la France qui l’a traite jusqu’à la consomption, l’a sucée jusqu’à la moelle, en la mettant à genoux, lui inoculant les germes de la guerre civile qui a failli l’emporter!

    À cela, il faut ajouter les COUPS D’ÉTAT et / ou les ASSASSINATS POLITIQUES dirigés contre des Chefs d’États africains (dont l’inoubliable THOMAS SANKARA du Burkina Faso) hostiles à l’ingérence française, des GUERRES CIVILES pour déstabiliser des régimes réfracteurs. Bref tout un lot de faits répréhensibles que je n’ai ni la patience ni le stoïcisme d’énumérer dans leur totalité, de peur de sombrer dans la folie, sous le poids de la douleur. DOULEUR MORTELLE! Des forfaits assimilables au CRIME CONTRE L’HUMANITÉ dont la France et ses complices devront répondre tôt ou tard. Exactement comme des NAZIS ont eu à répondre de leurs crimes pour la SHOAH. J’y reviendrai dans un ARTICLE À PART quand je serai dans une meilleure disposition d’esprit…

    PS : compte tenu de la longueur inopinée de cet article, j’ai décidé de le scinder et de traiter le comportement de JEUNE AFRIQUE face au MALHEUR GABONAIS dans un 3e volet qui jettera un peu plus de lumière sur la façon de procéder de « l’intellectuel arabe » Ben Yahmed. Un homme à neutraliser à tout prix!

    MOUNTAGA FANÉ KANTÉKA

    Tags : Maroc, Afrique, Jeune Afrique, Françafrique, Bachir Ben Yahmed,

  • Le Maroc espionne l’ONU : Lettre de l’ambassadeur Yilma Tadesse

    Avec la nomination, lors de son sommet organisé à Malabo le 26-27 juin 2014, l’ex-président mozambicain, Joachim Chissano, envoyé spécial pour le Sahara Occidental, l’Union africain a voulu signer sa contribution en vue d’accélérer la solution du conflit qui oppose le Maroc aux sahraouis.

    Dans une note envoyée à sa centrale, le représentant du Maroc auprès de l’ONU, Omar Hilale rapporte que Chissano, dans une réunion avec le vice-secrétaire général Jan Eliasson, a déclaré qu’il n’est “ni médiateur, ni facilitateur”, mais que sa “mission était d’intensifier la pression sur le Maroc pour l’amener à accepter le principe d’autodétermination”. « Pour l’UA, l’Espagne est toujours la puissance administrante du Sahara », a-t-il ajouté selon la même note.

    M. Chissano a été l’objet d’une virulente attaque de la part de la presse marocaine qui l’a qualifié de « trafiquant de drogue » et l’a déclaré personne non gratta.

    Dans une lettre adressée à la présidente de la Commission Africaine, le Représentant principale de l’Union africaine, l’ambassadeur Yilma Tadesse rapporte les attaques contre Chissano et exprime son indignation à cet égard.

    Les services secrets marocains ont réussi à obtenir une copie de cette lettre que nous reproduisons ci-après :

    Source : Maroc Leaks, jan 2021

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, Union Africaine, UA, Yilma Tedesse, MINURSO, Joachim Chissano, ONU, espionnage, Chris Coleman,



  • Entrée en vigueur de l’accord de libre échange continentale africaine

    La Mauritanie est l’un des premiers pays africains à ratifier l’Accord d’’établissement et de mise en œuvre de la zone de libre-échange continentale africaine (ZLEC), qui entre en vigueur à partir d’aujourd’hui, vendredi 1er janvier 2021.

    À ce jour, 34 pays africains sur 55 pays membres de l’Union africaine ont ratifié cet accord. En vertu de cet accord, un marché de 1,2 milliard de consommateurs sera créé, formant la plus grande zone franche au monde, ce qui aidera les économies africaines à se remettre plus rapidement de l’impact de la pandémie Covid-19, qui a conduit à une récession sans précédent a eu des répercussions sérieuses sur les économies du continent.

    L’adhésion de la Mauritanie s’inscrit dans la perspective des efforts nationaux visant à assurer la mise en œuvre effective de l’accord dont on attend les plus grands bénéfices pour l’économie mauritanienne.

    Dans le cadre de la ratification de la stratégie nationale pour entrer dans la zone de libre-échange africaine, la Mauritanie a signé et ratifié une série d’autres accords de libre-échange.

    Ce nouveau marché commun africain, dont l’accord est entré en vigueur aujourd’hui, est considéré comme l’un des espaces les plus importants et les plus vastes de libre-échange et qui permettra d’augmenter la capacité concurrentielle de notre économie nationale, au regard de la position géographique de notre pays.

    AMI, 1 jan 2021

    Tags : Mauritanie, Afrique, ZLECA, libre échange, commerce, Union Africaine, UA,

  • Le Colonialisme et le néocolonialisme des grandes puissances, véritables causes des problèmes africains

    Les européens pointent du doigt les immigrés pour justifier leur échec économique. Pourtant, ils savent que l’immigré n’est pas le coupable car il émigre pour pouvoir fuir la misère ou la guerre qu’ils ont provoqué dans son pays natal et pouvoir ainsi trouver une vie meilleure. Cela ne fait aucun doute.

    Mais les vraies origines de la situation désastreuse en Afrique et donc de l’immigration massive remontent à très longtemps. Non seulement aux guerres en Libye ou en Syrie mais encore plus loin à l’ère colonialiste et qui se poursuit, au sens large, à notre époque pour ce qu’on a appelé le néocolonialisme. L’occupation de l’Afrique par les grandes puissances africaines depuis plus d’un siècle, notamment celles de l’Angleterre et de la France, a eu des résultats très négatifs sur le long terme.

    Le besoin de matières premières bon marché, créé en Europe par le développement des machines, donne lieu au colonialisme des principales puissances européennes, qui procèdent à la division des territoires de l’Afrique et de l’Asie. N’ayant d’autre but que purement matériel d’obtenir des matières premières bon marché pour leurs industries, ils se sont lancés dans une sorte de bousculade coloniale, qui devait être la cause déterminante de deux guerres mondiales et qui, après tout, était aussi à l’origine de la situation actuelle et compliquée dans le monde.

    L’invasion du Sahara Occidental par le Maroc est un autre exemple. Derrière le Maroc se trouvent la France et les États-Unis. Ils l’utilisent comme Cheval de Troye pour s’infiltrer en Afrique et maintenir les puissances anglo-saxonnes sous contrôle du détroit de Gibraltar et des immenses ressources sahraouies.

    L’Angleterre et la France ne se sont jamais retirés de leurs colonies et continuent à les télédiriger d’une éhontée. Ils ne sont jamais vraiment partis, ils continuent de contrôler les pays africains actuels au moyen de marionnettes politiques pour que leurs multinationales continuent à exploiter les ressources de ces mêmes pays. La seule chose qui a changé, c’est le drapeau, rien de plus.

    #Afrique #Colonialisme #Néocolonialisme #Françafrique #Côtedivoire #Tchad #Mali #Niger #Guinéé #Sénégal

  • ZLECAF: Le choix stratégique de l’Algérie

    DJERAD A DÉFENDU LA VISION ALGÉRIENNE DE LA ZLECAF:
    Le choix stratégique de l’Algérie

    La vision algérienne s’appuie sur «des projets qui profiteront, inéluctablement, à la Zlecaf, en ce sens qu’ils garantiront le soutien logistique indispensable, notamment à travers la Transsaharienne Alger – Lagos (Nigéria), le Gazoduc entre l’Algérie et le Nigéria, la liaison fibre optique Alger-Abuja et le port de Cherchell, en tant que hub de fret maritime».

    La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) sera opérationnelle dans les toutes prochaines semaines. En effet, dès janvier prochain, les barrières douanières interafricaines vont tomber, favorisant de fait des échanges commerciaux plus intenses que ce qui est enregistré à ce jour. La 13e Session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (UA) tenus en visioconférence a planché sur le thème et le représentant de l’Algérie, le Premier ministre Abdelaziz Djerad, a mis en exergue le caractère stratégique de la Zlecaf pour l’Algérie.
    «Pour l’Algérie, la Zlecaf est un choix stratégique, exigeant une conjugaison des efforts pour aller de l’avant dans la concrétisation des objectifs de développement de notre continent et de nos pays, et la consolidation de la paix et de la sécurité, étroitement liée aux progrès du développement économique», a-t-il souligné dans son allocution.

    Enumérant quelques difficultés de terrain et appelant à faire l’effort de les dépasser, M.Djerad a souligné «l’adhésion de l’Algérie au consensus enregistré au niveau des instances de négociation, concernant les questions en suspens en lien avec les règles d’origine». Pour le Premier ministre, qui révèle la finalisation «des offres tarifaires du commerce des biens et des services et des offres préliminaires des secteurs prioritaires pour le commerce de services algérien», l’important pour l’heure tient dans la conviction qu’affiche l’Etat algérien quant à «la complémentarité économique africaine». Et de rappeler que «l’Algérie a été parmi les premiers pays à ratifier l’accord de création de la Zlecaf, lors de la 10e session extraordinaire du Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement en mars 2018, et a pris part, régulièrement et efficacement, depuis le lancement des négociations en 2016, à toutes les réunions des instances de négociation et à tous les niveaux». Cela étant et tenant compte de l’engagement sans faille de l’Algérie dans l’effort d’intégration économique africaine, M Djerad a mis en exergue «la vision de l’Algérie tendant à conférer aux infrastructures nationales et projets structurants régionaux, un caractère complémentaire et intégré». L’on aura déduit de son propos que ladite vision s’appuie sur «des projets qui profiteront, inéluctablement, à la Zlecaf, en ce sens qu’ils garantiront le soutien logistique indispensable, notamment à travers la Transsaharienne Alger – Lagos (Nigéria), le Gazoduc entre l’Algérie et le Nigéria, la liaison fibre optique Alger-Abuja et le port de Cherchell, en tant que hub de fret maritime».

    Les atouts de l’Algérie sont ceux de l’Afrique et ils sont immenses. Outre l’infrastructure et la logistique qu’apporte l’Algérie pour connecter l’Afrique au monde occidentale, la Zlecaf est «une opportunité cruciale pour intensifier et développer le commerce interafricain», a affirmé le ministre, notant au passage «une hausse significative, en sus de la consolidation des objectifs de complémentarité et d’intégration continentales à travers le commerce et l’investissement, deux éléments clé pour le soutien de la croissance et du développement économique durable».

    Le Premier ministre sait parfaitement la portée de son propos et avance, pour ce faire, des chiffres édifiants : «Avec un marché de 1,2 milliard de personnes, d’une valeur de 3000 milliards USD et un Produit intérieur de 2,5 milliards USD, les potentialités et les capacités économiques de l’Afrique connaîtront une exploitation optimale grâce aux flux commerciaux intracontinentaux qui devront avoisiner les 52% au lieu du taux actuel, qui ne dépasse pas 16%». M. Djerad a relevé, également, que «le développement du commerce interafricain contribuera au développement des chaînes de valeurs régionales, de l’industrialisation et de la création des opportunités d’emploi », ajoutant que «le démantèlement tarifaire progressif entre les Etats africains, à hauteur de 90% de positions tarifaires sur 5 ans, donnera la priorité aux entreprises africaines afin de répondre aux besoins croissants du marché africain et de profiter de ses avantages». Le projet est gigantesque, mais réalisable.
    Anissa Mesdouf

    Ouest Tribune, 6 déc 2020

    Tags : Afrique, ZLECAF, libre échange, marché africain, commerce,

  • Maroc : Des sénégalais accusent la police marocaine d’avoir saccagé leurs marchandises estimées à plus de cent millions

    Ils étaient bloqués dans le désert du grand Sahara occidental. Avec la perspicacité des autorités sénégalaises et malgré leur difficile séjour, ils ont pu rentrer au Sénégal. Mais ils avaient laissé certains de leurs bagages sur place faute de moyens. Tamsir est un de ces Sénégalais victimes de la « détention à ciel ouvert » dans le désert à cause des frontières fermées. Pis, depuis quelques jours, Tamsir et ses concitoyens ont vu leurs bagages être détruits par la police marocaine alors que les propriétaires les acculent et certain parmi eux ont maille avec la justice.

    « On n’avait pas assez de temps pour prendre toutes les marchandises que nous avions immobilisées dans le Sahara occidental vers la zone de Kandahar. Avec le blocus levé, nous sommes revenus au Sénégal. Mais ces marchandises étaient en partance pour Casablanca. Ce sont plusieurs véhicules que nous avons confiés à des gardiens », raconte ce chauffeur qui fait la navette Dakar-Casablanca.

    Poursuivant, il déballe : « À la mi-novembre, ces mêmes gardiens nous ont informé que les policiers marocains ont commencé à brûler nos marchandises prétextant qu’ils vont dégager la voie pour faire du bitumage. Ils ont saccagé tout, d’autres véhicules, et mis en fourrière nos véhicules sans nous avertir avant de chasser les gardiens. C’est plus de cent millions que nous avons perdus… »

    D’ailleurs, « nous sommes dans une situation inconfortable, parce que les propriétaires des bagages nous réclament leurs biens. Présentement, il y a plusieurs plaintes qui nous attendent dans les commissariats et les gendarmeries. Raison pour laquelle nous sollicitons la clémence de l’État afin que nous récupérions nos fourgonnettes et biens… »

    Source : Dakar actu, 4 déc 2020

    Tags : Sénégal, Maroc, Guerguerate, Kandahar,

  • La Françafrique, mode d’emploi

    Réseaux de relations occultes, chasses gardées commerciales, accords secrets… depuis 50 ans, c’est un système qui s’est mis en place, avec ses hommes et ses pays. Explications.

    Qu’est-ce que la Françafrique ?

    Le néologisme a été inventé par l’ancien président ivoirien Félix Houphouët-Boigny, en 1955, pour désigner les bonnes relations du continent africain avec la puissance colonisatrice. Il a été détourné de son sens initial, trente ans plus tard, par François-Xavier Verschave, fondateur de l’association Survie. Pour, cette fois, conspuer un système de réseaux de relations occultes, de chasses gardées commerciales et d’accords secrets, y compris militaires, via lequel la France a cherché, dès le lendemain des indépendances africaines de 1960, à maintenir un lien privilégié avec ses ex-colonies.

    Qui gagne quoi ?

    La France entendait, par ce biais, garder la main sur les richesses pétrolières ou minières de son ancien pré-carré. Autre bénéfice pour l’ancien colonisateur : les dirigeants africains auraient financé sous le manteau les campagnes électorales des partis politiques français, droite et gauche confondues et jusqu’au FN. C’est ce qu’a affirmé Robert Bourgi, conseiller occulte de l’Elysée, au JDD dimanche dernier, sans toutefois apporter de preuve pour étayer ses allégations.

    L’existence de ces valises de billets transitant entre les pays africains et l’Hexagone est depuis longtemps un secret de Polichinelle parmi les spécialistes. A la mort d’Omar Bongo en juin 2009, Valéry Giscard d’Estaing avait accusé le président gabonais d’avoir financé en 1981 la campagne présidentielle de Jacques Chirac. En décembre 2010, dans un documentaire diffusé en par France 2, deux anciens dirigeants d’Elf racontaient comment l’entreprise publique avait arrosé les campagnes des partis en France grâce aux revenus générés par le pétrole africain. Selon les connaisseurs du dossier Françafrique, l’argent qui aurait permis de financer les partis français viendrait notamment des recettes pétrolières mais aussi des aides versées par Paris dans le cadre de la coopération. Parmi les effets pervers de ces financements, ils donnent aux chefs d’Etat africains la possibilité d’influencer le cours de la politique française, témoignant ainsi de la complexité des relations françafricaines.

    En contrepartie, la France assure aux présidents africains leur longévité politique, au mépris des règles élémentaires de la démocratie. Si besoin, elle intervient militairement, en application d’accords militaires secrets, pour les maintenir coute que coute au pouvoir. Paris les laisse aussi se constituer un patrimoine immobilier et mobilier en France en fermant les yeux sur la provenance de leur fortune. Un patrimoine connu sous le nom de « biens mal acquis ». En dépit de la plainte déposée en 2008 par Transparency International France à leur encontre, les présidents du Congo, de Guinée équatoriale, du Gabon et leurs proches ont ensuite continué d’acquérir voitures de luxe et oeuvres d’art en France.

    De part et d’autre, on s’est – et on continue – à se rendre d’autres « menus services ». Ainsi, comme le souligne Antoine Glaser, auteur de « Comment la France a perdu l’Afrique », « des pays comme le Gabon rendent des services à la France, soit pour des opérations militaires secrètes à partir de leurs bases, soit parce qu’ils défendent les intérêts français aux Nations Unies ». Paris se fait, en échange le porte-voix du continent africain sur la scène diplomatique internationale.

    Les hommes de la Françafrique

    Tout au long de la Ve République, cette politique s’est appuyée sur une « cellule africaine » élyséenne, pilotée par des « Messieurs Afrique », et un maillage de membres des services secrets, de diplomates et de « correspondants locaux ».

    Jacques Foccart

    La Ce gaulliste historique, mort en 1997, symbolisait à lui tout seul la Françafrique. Non seulement il a été l’artisan du système de relations mis en place entre Paris et ses anciennes colonies à leur indépendance, mais il en a aussi été l’un des principaux acteurs durant plusieurs décennies.

    Le Général de Gaulle place Jacques Foccart au poste de secrétaire général de l’Elysée pour les affaires africaine et malgache en 1958. Celui-ci tisse des relations personnelles et directes, souvent secrètes, avec les dirigeants africains, met en place un circuit court à l’écart des ministères. Depuis lors, la doctrine du domaine réservé est en place : la présidence a la haute main sur la politique étrangère, la Défense et les affaires africaines. Et avec elle, les contrats secrets, les rétrocommissions, les valises de billets…

    Jean-Christophe Mitterrand

    « Il y avait à l’Elysée quelqu’un qui s’occupait des relations personnelles de François Mitterrand avec les chefs d’Etat africains, tandis que j’avais des relations normales avec eux : le ministre n’est pas un collecteur de fonds ! » C’est ainsi que Roland Dumas évoque le fils du président, Jean-Christophe Mitterrand, surnommé « Papamadit » du temps où il était conseiller « Afrique » de son père.

    Impliqué dans l’affaire dite « Angolagate », portant sur la vente d’armes à Luanda dans les années 90, il a été condamné à deux ans de prison avec sursis pour recel d’abus de biens sociaux.

    Robert Bourgi

    Il est l’héritier autoproclamé de Jacques Foccart dont il était un proche. Après avoir conseillé le RPR, puis Dominique de Villepin, l’avocat d’affaires du président gabonais Omar Bongo s’est mis au service de Nicolas Sarkozy en 2006. Il a finalement, dimanche 11 septembre, lancé de graves accusations de pots de vin contre la chiraquie.

    Robert Bourgi explique avoir parlé par remords, mais certains analystes évoquent plutôt la nécessité de réaffirmer son importance dans la Françafrique alors que la concurrence s’accroît dans le milieu. Lire son portrait par Jean-Baptiste Naudet.

    Alexandre Djouhri

    Cet homme d’affaires, aussi proche de Dominique de Villepin que de Nicolas Sarkozy – une prouesse – encensé par Claude Guéant, a vu sa réputation, soigneusement tricotée par les plus hautes instances, voler en éclat avec la sortie du livre de Pierre Péan « la République des mallettes ». Le journaliste y dépeint un intermédiaire dans ce qu’il désigne comme « la principauté de non-droit ». Rétrocommissions, ventes d’armes, financements politiques… on y retrouve le milieu trouble de la Françafrique.

    Claude Guéant

    « On a beaucoup comparé le lien Foccart-De Gaule avec celui Guéant-Sarkozy », affirme le journaliste Gilles Labarthe. « Certains disent même que Guéant a plus de pouvoir que Foccart car il est sur tous les gros contrats – défense, sécurité, énergie – et qu’il a développé par son passé dans la police des liens internationaux avec les services de renseignement », souligne l’auteur de « Sarko l’Africain ». Le ministre de l’Intérieur, précédemment Secrétaire général de l’Elysée, est réputé pour agir de fait comme Jacques Foccart quant à son aptitude à prendre des décisions outre les avis des ministres, ce qui a déjà provoqué de vives tensions.

    Patrick Balkany

    Sans avoir aucune fonction officielle d’intermédiaire travaillant pour le ministère des Affaires étrangères, cet ami de longue date de Nicolas Sarkozy est « très régulièrement présent lors des déplacements en Centrafrique ou dans les pays du Golfe. Il reste dans la galaxie des intermédiaires un personnage au parcours intriguant », affirme Gilles Labarthe. Patrick Balkany était l’un des envoyés en Afrique de Charles Pasqua lorsqu’il fallait soutenir la campagne de Balladur de 1995 mais il a, semble-t-il, été un peu écarté depuis ses déclarations en Guinée. L’intime du président avait adoubé sans nuance le chef de la junte Moussa Dadis Camara une semaine avant que ses hommes ne commettent un carnage qui fit 157 morts.

    Les piliers du pré-carré français

    Gabon

    Ce petit pays gorgé de pétrole est le pilier de la Françafrique. Le défunt président gabonais Omar Bongo, parvenu au pouvoir en 1967 grâce à Jacques Foccart, résumait ainsi la relation : « Le Gabon sans la France, c’est une voiture sans chauffeur, la France sans le Gabon, c’est une voiture sans carburant ». C’est là, en effet, que Elf avait bâti son empire. Aujourd’hui encore, le lien perdure. Nicolas Sarkozy a fait preuve d’une attention toute particulière à l’égard du Gabon, et ce dès son élection. Son premier coup de fil passé à un chef d’Etat étranger a été pour Omar Bongo. Idem pour son premier déplacement sur le continent africain, en juillet 2007 (en trois ans, il aura consacré pas moins de trois voyages à ce pays). Lorsqu’il a pris la décision de réduire le dispositif militaire français en Afrique à deux bases permanentes, il a choisi de conserver celle de Libreville (l’autre est à Djibouti, plus une présence militaire maintenue à Dakar). Si Nicolas Sarkozy s’est défendu d’avoir été derrière l’élection contestée d’Ali Bongo, fils d’Omar, le 30 août 2009, Robert Bourgi (qui appelait Omar Bongo « papa ») s’est vanté d’avoir plaidé en sa faveur.

    Cameroun

    Comme au Gabon, c’est Jacques Foccart qui a mis en place le premier homme fort du Cameroun, Ahmadou Ahidjo, à son indépendance en 1960. Pour asseoir son pouvoir, la France a poursuivi, après l’indépendance de son ex-colonie, la lutte qu’elle menait contre le mouvement indépendantiste en l’aidant à éliminer l’opposition, selon Thomas Deltombe, Manuel Domergue et Jacob Tatsitsa, qui racontent cette guerre dans le livre « Kamerun ! Une guerre cachée aux origines de la Françafrique, 1948-1971″ (La Découverte, 2011). Cette répression sanglante aurait fait, de 1956 à 1971, des dizaines de milliers de morts. Le successeur d’Ahidjo, Paul Biya, doit, lui, son installation à la tête du pays en 1982 à Elf. Il y est toujours. De grosses entreprises françaises y ont intérêt. Ainsi, le 14 juillet 2009, Total E&P Cameroun signait un contrat de dix millions de dollars avec la Société Nationale des Hydrocarbures du Cameroun (SNH) pour l’exploration dans le bloc offshore de Lungahe. Dix jours plus tard, Paul Biya était l’hôte de l’Elysée. Pourtant, il avait réprimé dans le sang un an et demi plus tôt, en février 2008, des émeutes contre la cherté de la vie et la réforme constitutionnelle qui a supprimé la limitation des mandats présidentiels. Mais alors que l’élection présidentielle approche, les médias camerounais se font l’écho d’un possible « lâchage » de Biya par Paris.

    Niger

    Au Niger, ce qui intéresse la France au plus haut point, c’est son uranium. A peine son ancienne colonie accédait-elle à l’indépendance en 1960, que Paris négociait déjà son exploitation. Le Niger fait partie de ces pays qui avaient signé avec l’Hexagone des accords assortis d’annexes spéciales permettant l’installation de forces militaires françaises sur leur territoire et l’accès prioritaire de la France à leurs ressources naturelles.

    Aujourd’hui encore, l’uranium est tout l’enjeu de la relation entre Paris et Niamey. En mars 2009, Nicolas Sarkozy a décroché de haute lutte, face aux appétits chinois, un accord entre Areva et les autorités nigériennes pour l’exploitation de l’immense gisement d’Imouraren, dans le Nord du pays. C’est d’ailleurs à cette occasion qu’il a le plus explicitement résumé sa politique africaine : « Au Niger, la France a des intérêts, elle les assume et les promeut, en toute transparence ». Effectivement, on sait qu’il était intervenu en 2007, alors que les relations entre Areva et Niamey étaient au bord de la rupture, pour calmer le jeu, s’engageant à fournir à l’armée nigérienne, aux prises avec la rébellion touareg, des véhicules de reconnaissance et à rénover 35 automitrailleuses.

    Depuis l’enlèvement de sept employés du groupe nucléaire français en septembre 2010, la France dispose au Niger d’un corps expéditionnaire de près de 80 soldats d’élite appuyés par des moyens aériens dont des avions de surveillance et de reconnaissance. Quelle sera la capacité de résistance du président nigérien Mahamadou Issoufou, élu en avril 2011, aux pressions de Paris ?

    Sénégal

    Dans un entretien publié lundi 12 septembre par le quotidien sénégalais L’Observateur, l’intermédiaire Robert Bourgi affirme que le fils du président Abdoulaye Wade, Karim, « a remis devant lui 500 millions de FCFA (760 000 euros) à (Dominique de) Villepin » alors qu’il était secrétaire général de l’Elysée. Des propos pour lesquelles Karim Wade a menacé de porter plainte pour diffamation. Mais qui n’évoquent qu’une des multitudes strates de la sédimentation des rapports étroits et tumultueux entre les pouvoirs français et sénégalais.

    Wade, qui a fait une partie de ses études en France, est marié à une Française et a été élevé au rang de Grand officier de la légion d’honneur, a toujours su maintenir des rapports étroits avec Paris. Accusé de vouloir transmettre la présidence à son fils, il a d’ailleurs organisé la venue de ce dernier à l’Elysée pour un entretien en comité restreint avec Nicolas Sarkozy en 2008. Entretien à l’issu duquel un réacteur nucléaire civil devait être vendu au Sénégal… Business et politique en circuit court : c’est la Françafrique.

    Si Robert Bourgi et Karim Wade se sont récemment fâchés, Abdoulaye Wade a, lui, jugé le 14 septembre, qu’il « n’y a pas de désamours ». « Robert Bourgi est toujours mon fils, il a appris son métier chez moi ».

    Côte d’Ivoire

    L’ancienne colonie française, qui compte 12.000 ressortissants français et abrite toujours de très importants intérêts financiers et militaires – la Force Licorne est sur place depuis 2002 – est l’un des pays clairement désigné par Robert Bougi comme ayant participé au financement de campagnes politiques françaises.

    Des allégations confirmées par l’ ex-numéro deux de l’ancien régime de Laurent Gbagbo : « Il y a eu un transfert d’argent entre Laurent Gbagbo (2000-2011) et Jacques Chirac, en 2002″ a déclaré Mamadou Koulibaly, faisant état « d’environ deux milliards de FCFA (environ trois millions d’euros) transportés d’Abidjan vers Paris par valise ».

    Le producteur de cacao, de bois, de matières premières est l’un des centres économiques d’Afrique les plus convoités par les entreprises françaises. Et les échanges sont donc particulièrement nombreux. La France a donc, au fil des années, tout fait pour les protéger. Jusqu’au début de l’année 2011 où l’armée française, sous mandat onusien, a prêté main forte au candidat élu à la présidence Alassane Ouattara pour faire respecter le verdict des urnes. Un nouveau président qui est, lui, resté prudent quant aux propos de Robert Bourgi : « Je pense qu’il y a beaucoup de rumeurs, mais je n’ai aucun élément » a-t-il réagi.

    Congo-Brazzaville

    Le producteur d’hydrocarbures est un sujet sensible pour Paris qui souhaite à tout prix préserver ses intérêts pétroliers dans la région. Et Jacques Chirac comme Nicolas Sarkozy n’ont jamais cessé de montrer leur amitié au président Sassou Nguesso malgré les accusations de « crimes contre l’humanité » à son encontre.

    Lors des guerres civiles de l’été 1997 et de 1998-99, Elf et plusieurs banques françaises ont été accusé es d’avoir financé les milices du président (les Cobras) qui ont massacré les populations (on évoque 100.000 morts). L’ancien PDG d’Elf Loik Le Floch Prigent, avait d’ailleurs affirmé que son entreprise « avait donné une forte rétribution à l’Etat congolais » pour obtenir les concessions pétrolières au Congo-Brazza face aux Américains.

    Plusieurs enquêtes ont été ouvertes en France contre Denis Sassou Nguesso ou des membres de sa famille pour détournement d’argent public. Des enquêtes qui n’ont pas empêché les visites d’Etat du président à Paris ou celle de Nicolas Sarkozy à Brazzaville. Interrogé sur les accusations de Robert Bourgi d’un financement politique français par le chef d’Etat congolais, le porte-parole du gouvernement a toute fois démenti le 12 septembre 2011.

    Céline Lussato et Sarah Halifa-Legrand – Le Nouvel Observateur

    Tags : Françafrique, France, Afrique, colonialisme, pillage, COte d’Ivoire, Sénégal, Mali, Guinée, Niger, Cameroun, Tchad, Burkina Faso, RCA, RDC, Congo,



  • Charte pour une autre politique africaine de la France.

    Nous, Citoyens français et Africains vivant en France, attachés au respect de l’égale dignité de tous les peuples, tenons à interpeller les différents candidats à l’élection présidentielle française au sujet de nos rapports avec le continent africain. Notre objectif à travers cette Charte est d’ouvrir un débat public sur autre politique africaine de la France et de placer chacun — candidats et électeurs — devant ses responsabilités. Cette Charte sera soumise aux différents candidats et en tant qu’électeurs notre choix — au moment de déposer notre bulletin dans l’urne — sera guidé par les réponses apportées par les uns et les autres aux engagements affirmés dans cette Charte.

    Candidat à la Présidence de la République Française,

    conscient que la Françafrique se situe aux antipodes des valeurs affichées par la France,

    qu’elle a alimenté et entretenue la corruption, les régimes dictatoriaux ainsi que des guerres fratricides en Afrique;

    JE M’ENGAGE :

    1. A reformer en profondeur la politique africaine de la France afin de mettre un terme à la Françafrique

    2. A œuvrer pour la mise en place d’un contrôle parlementaire et citoyen de la politique africaine de la France

    3. A clarifier les prérogatives des différents acteurs impliqués dans les enjeux africains et à mettre un terme au fonctionnement des réseaux opaques et parallèles

    4. A soumettre la coopération militaire française au contrôle parlementaire

    5. A sortir les relations économiques franco-africaines de toute logique de patrimonialisation

    6. A soumettre les entreprises françaises intervenant en Afrique au respect des normes sociales et environnementales

    7. A œuvrer à l’instauration de règles commerciales et économiques internationales transparentes et équitables

    8. A respecter le droit international, la souveraineté des États africains et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

    9. A mettre en œuvre une politique migratoire respectueuse des droits de l’homme

    Signataires à l’initiative de la Charte

    Denis Pryen, éditeur ; David Gakunzi, écrivain ; Calixte Baniafouna, écrivain ; Arsène Bikoue, chercheur ; Stéphane Hessel, ambassadeur ; Dieudonné Gnammankou, historien; Armelle Riché, Harmattan ; Balufu Kanyinda, cinéaste ; Pierre Eboundit, pharmacien ; Michel Galy, politologue ; Albert Bourgi, Professeur des universités en droit public; Félix Atchadé, médecin ; Sophie Gondolle, enseignante ; Augusta Epanya, écrivain ; Thuy Tiên Ho, cinéaste ; Dominique Bangoura, enseignante ; Paul Sankara, documentaliste ; Dominique Nitoumbi, conseiller municipal — Portet-sur-Garonne; Diogène Senny, entrepreneur-formateur ; Isabelle Zenatti, sociologue ; Doudou Sidibé, enseignant ; Roger Gballou, écrivain ; Muepu Mwamba, écrivain ; Graziella Ruet, actrice ; Mathurin Mingni, président de l’Afda ; Ndendi Ekwalla, économiste urbain; Guy-Charles Tafeb, formateur ; Fréderic Poha , AMCF — jeunesse ; Dédé Oupoh, AMCF — jeunesse ; Obambe Gakosso, journaliste ; Alexis Zahoua, UNG ; Joanes Louis, doctorant ; Mohamed Camara, éditeur ; Amédée Akpane, directeur de projet ; Alain Toussaint, spécialiste communication politique Pamela Kazekare, journaliste; Popo Murigande, musicien ; Mavinga Tsafunenga, écrivain ; Alain Kassanda- Apkass, poète — musicien ; Gratien Rukindikiza, journaliste ; René Lyncée, directeur administratif et financier ; Abel Naki, cri panafricain ; Armelle Chatelier, historienne; Zap Krasso, spécialiste en communication; Ibo kenyatta, bibliothécaire; Evelyne Brener, documentariste; Sophie Ducrez, animatrice ; Daniel Nicolas, informaticien; Yera Dembelé, journaliste

    Rejoignez cette initiative en envoyant votre signature à l’adresse email suivante : secretariat@irea-institut.org ou en retournant le coupon-réponse ci-dessous à l’adresse suivante: IREA (Institut de recherche et d’études africaines) 16 rue des écoles, 75005 Paris France

    Oui, je rejoins cette initiative et demande aux candidats à la présidentielle 2012 de se prononcer sur les valeurs et engagements affirmés dans la Charte pour une autre politique africaine de la France

    Nom _________________________________ Prénom : ______________________

    Email :__________________________ Adresse : ___________________________

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    Tags : Afrique, Françafrique, France, Pillage, colonialisme,

    #Tchad #Mali #Niger #Senegal #Cotedivoire #RDC #RCA #Congo #Gabon #Guinee

  • Françafrique et franc-maçonnerie

    Les chefs d’Etat Africains Francs-Maçons dans la Grande Loge nationale française (GLNF)

    LIBREVILLE, (Infosplusgabon) – La plupart des chefs d’Etat africains sont initiés dans la Grande Loge nationale française. A l’heure des indépendances, les loges Africaines s’émancipèrent, créant des obédiences nationales, souvent nées de la fusion entre les filiales locales du Grand Orient (GO) et de la GLNF.

    La Franc-Maçonnerie est un legs colonial. Dédiée à « Saint-Jacques des Vrais Amis rassemblés « , la première loge en terre Africaine a vu le jour en 1781 à Saint-Louis du Sénégal.

    Il s’agira longtemps d’une maçonnerie coloniale, réunissant sous le maillet militaires, commerçants et fonctionnaires.

    Plusieurs maçons célèbres ont plaidé en faveur de l’abolition de l’esclavage, notamment l’Abbé Grégoire sous la Révolution puis Victor SCHOELCHER.

    D’autres ont œuvré à l’expansion de l’empire Français, tels Pierre SAVORGNAN de BRAZZA et Jules FERRY, désireux « d’apporter les Lumières aux races inférieures « .

    Les frères au grand jour sont : Omar BONGO ONDIMBA (Gabon), Denis SASSOU NGUESSO (Congo-Brazzaville), Idriss DEBY ITNO (Tchad). François BOZIZE (République Centrafricaine).

    A noter que celui-ci, par ailleurs révérend supérieur d’une Eglise du christianisme céleste-Nouvelle Jérusalem, a sollicité à l’automne 2007 la bénédiction du pape BENOIT XVI.

    Les frères de l’ombre qui s’abstiennent de confirmer, voire démentent sont : Abdoulaye WADE (Sénégal). Il a semble-t-il, pris ses distances avec sa loge. D’autant qu’il doit tenir compte de l’hostilité de l’islam confrérique envers la franc-maçonnerie.

    Blaise COMPAORE (Burkina Faso). Il a été parrainé par son ministre des Affaires étrangères, DJIBRIL BASSOLE. Et puis viennent Amadou TOUMANI TOURE (Mali). Mamadou TANDJA (Niger). Thomas YAYI BONI (Bénin). Paul BIYA (Cameroun). Il aurait été initié avant de se rapprocher de la mouvance rosicrucienne.

    Les demi-frères : Ils ont été approchés et envisagent de rallier la » tribu « . Faure GNASSINGBE (Togo). Joseph KABILA (République démocratique du Congo).

    L’émir Algérien ABD EL-KADER a rallié le Grand Orient en 1864. Longtemps laissés à la porte du Temple, les frères noirs y trouvent peu à peu leur place au XXè siècle.

    Citons le Sénégalais Blaise DIAGNE, nommé commissaire de la République en 1918 par CLEMENCEAU, puis sous-secrétaire d’Etat aux Colonies sous Paul DOUMER, ou le Guyanais Félix EBOUE, qui, gouverneur du Tchad en 1940, rallie l’Afrique Centrale à la France Libre.

    FIN/IPG/LKG/2008 28 avril

    Par Appolinaire Noël KOULAMA

    © Copyright Infosplusgabon, 29/04/2008

    Faut-il être franc maçon pour être Président en Afrique ?

    (06/10/2005) Les chefs d’Etat Africains Francs-Maçons dans la Grande Loge nationale française (GLNF) dans AGORA SUR L’AFRIQUE pixel_blue

    Bongo, Biya, Sassou Nguesso, Idriss Deby, et tout récemment Bozizé sont de notoriété publique de ces présidents africains qui en nombre croissant sont affiliés à une loge maçonnique française… pixel_blue dans COULISSES ET RESEAUX DU POUVOIR

    Bien que la question soit rarement évoquée par les élites africaines comme il se devrait de toutes tendances sociales ou politiques lourdes questionnant l’existence collective, et pour cause, les populations africaines ont enregistré le pli maçonnique des hautes sphères et en débattent à mots plus ou mois couverts. Une presse minoritaire, quelques fora de discussions, des petites gens et citoyens en dehors du microcosme lumineux assimilent désormais à une mafia internationale cette fraternité qui représente, sur son expérience africaine un crime et une forme de protection criminelle au bénéfice des agents pathogènes des sociétés africaines contemporaines. Ce sentiment collectif monte dans les couches sociales intermédiaires, en alimentant la propension à la corruption « puisque ça ne marche que comme cela » et les fantasmes politiques jusqu’à une hostilité avouée à « la secte maçonnique ».

    L’initiation récente du président Bozizé par son frère aîné Denis Sassou Nguesso du Congo-Brazzaville a alimenté quelques pages de journaux en Centrafrique et dans l’espace francophone, et désormais même les profanes pourraient avoir les détails de cette « affaire », c’est dire le degré de publicité des recrutements, adhésions et de la présence maçonnique en Afrique noire francophone.

    Une concurrence vive aurait d’ailleurs à cet égard opposé les voisins et frères maçons Bongo et Sassou Nguesso pour l’affiliation à leurs loges respectives. Le président gabonais, initié à l’origine au Grand Orient de France [GO] serait passé à la GLN, avant de créer sa propre loge en 1975, le Grand Rite Equatorial récemment baptisé Grand Rite Symbolique. Quant au président Sassou, lui aussi issu de la GLN, il a également créé sa propre obédience comme son homologue et beau-fils gabonais. La création d’une loge nationale requiert le parrainage d’une loge à l’étranger, dans le cas des pays d’Afrique noire ex colonies francophones, la tutelle est généralement française… Françafricaine.

    En effet la franc-maçonnerie française s’installe en Afrique en 1781 à Saint Louis, elle recrute essentiellement dans les milieux de colons, militaires, fonctionnaires, administrateurs blancs. Impliquée dans le processus de décolonisation, elle va essaimer dans le reste de l’Afrique jusqu’à prendre dans les année 90 une stature quasi officielle de passage obligé pour tous les hommes politiques et élites économiques, sociales, médias des pays d’Afrique noire. L’Afrique centrale en est une illustration parfaite, une espèce de colonie maçonnique.

    Le Cameroun, malgré semble t-il la discrétion de son président, cité régulièrement comme franc-maçon est du point de vue de l’élite une Grande loge en lui-même, comptant environ une cinq centaine de frères. « Dans le gouvernement, je ne vois pas un seul ministre RDPC qui ne soit pas maçon », confiait un homme politique camerounais au journal français l’express [12/04/2004]. La tendance à l’initiation des hautes personnalités qui confine à l’embrigadement à intérêts réciproques est tout aussi patente au Congo Brazzaville ou Gabon où on évalue à peu près à 800 le nombre de maçons pour 1 millions d’habitants ! L’existence de loges nationales dirigées par des présidents de république, par ailleurs adeptes de plusieurs cultes traditionnels, renforce le processus de sélection des élites par le tamis maçonnique et le maillage resserré des sociétés.

    La question posée par ces réseaux maçonniques offrant des protections internationales et démultipliant le potentiel d’accumulation [détournements astronomiques] individuel des élites africaines est cruciale. Et même si aucune personnalité ni structure citoyenne n’ose l’aborder, elle ne pourra pas indéfiniment être exclue du débat politique. Les affaires ELF, les cotisations faramineuses payées par les dignitaires africains sur deniers publics, la structure réseautique de cette fraternité est un appareil, un système huilé et redoutable de prédation africaine. Il n’y a pas de secteurs stratégiques, privatisation des grandes entreprises d’état, gestion des hydrocarbures, déterritorialisation des capitaux et gestion des fortunes des ploutocraties africaines, nominations, crimes françafricains, trucages des élections… qui échappent à l’influence de la franc-maçonnerie. Ce nom aujourd’hui évoque davantage les obscurantismes et prévarications africaines qu’autre chose, après avoir évoqué le colonialisme dont les avocats féroces, de « l’abolitionniste » Victor Schoelcher à Jules Ferry étaient des maçons convaincus !

    Le réseau des réseaux, en connectant les présidences africaines, les élites africaines assujetties à leurs rituels, à leurs hiérarchies, à leur domination symbolique et spirituelle, crée des autoroutes de la prédation et du pillage de l’Afrique. Toujours sous les vernis défraîchis des Lumières, de l’élitisme, de la fraternité, de la tolérance, de l’universel, termes piégés que les moutons des démocratures gobent avec fierté et annônent machinalement, se passant se faisant pour cultivés… En mettant en relation des systèmes et réseaux internationaux où se retrouvent des experts en prédation, avocats et cadres juristes pour tripatouiller des constitutions, légaliser les pillages des ressources, consultants en communication pour éconduire les masses ou au moins faire circuler entre des mains choisies de colossales commissions et honoraires, la franc-maçonnerie, tout au moins cette partie de la franc-maçonnerie au cœur de la françafrique pose un problème démocratique, un problème de survie économique, un problème fondamental. Des questions similaires sont posées en France sur sa dimension exclusivement affairiste, sur la fin de son rôle idéologique historique, sur ses dérives mafieuses, sur sa culture du secret, meilleur abri pour les criminels en cols blancs.

    Au nom de quelle raison supérieure les élites africaines seraient t-elles sélectionnées sur la base de leur appartenance à la franc-maçonnerie ? A partir du moment où la présence de frères dans les sphères du pouvoir est aussi prégnante que révélée au Cameroun, au Gabon, au Congo par exemple, le Tchad, le Togo, le Niger, le Burkina Faso sont tout aussi concernés, elle devient de fait une question publique sur laquelle un minimum de transparence est nécessaire.

    La Franc-Maçonnerie contemporaine confirmera probablement le mépris racial que les humanistes européens ont toujours eu pour les Noirs et Africains, qu’il s’agisse de Voltaire plaidant l’inégalité des races, Renan leur hiérarchie, Hegel ne voyant en Afrique qu’un continent en dehors de mouvement historique incapable même de comprendre l’idée de Dieu, qu’il s’agisse de Ferry pontifiant sur le fait que les droits de l’homme n’avaient pas été inventé pour les nègres d’Afrique, et que dire encore de Hugo… Un tel mépris ne gêne pas les hautes sphères africaines qui s’accommodent volontiers de leur humiliation permanente, cela les grandit probablement en indice de fortunes privées indues. Qu’en est-il de la masse des peuples ?
    Source : Afrikara