Tag: Western Sahara

  • Sahara Occidental : Les Sahraouis en ont assez d’attendre un «mirage» promis par l’ONU

    Kamal Fadel, représentant du Front Polisario en Australie, a indiqué que les Sahraouis en ont assez d’attendre un «mirage» promis par l’ONU en référence au référendum d‘autodétermination, alors que la communauté internationale est accusée de n’avoir apporté aucune réponse à la violation du cessez-le-feu par le Maroc à El Guerguarat au sud-ouest du Sahara occidental.

    Interrogé par Middle Est Eye (MEE), sur «l’insistance du Maroc à maintenir le statu quo au Sahara occidental», Fadel répond que cela entre dans la «stratégie de Rabat, qui donne également l’impression d’un processus politique en cours et qui mise sur le temps pour enraciner l’occupation, utiliser les ressources et créer des faits sur le terrain». «Mais les Sahraouis sont bien conscients de cette stratégie et ne vont pas s’y laisser prendre une fois de plus», ajoute Fadel, soulignant que «les Sahraouis en ont assez d’attendre dans le désert un mirage promis par l’ONU qui s’éloigne avec le temps».

    Le Polisario, qui réclame l’indépendance du Sahara occidental, a dénoncé une violation flagrante de l’accord de cessez-le-feu de 1991 en déclarant un retour à la lutte armée, pour la deuxième fois depuis sa création en 1973.Kamal Fadel relève que l’accord militaire signé entre le deux partis au conflit, le Front Polisario et le Maroc, stipule que «toutes les infractions sont considérées comme une rupture de l’accord lui-même et de l’esprit du plan de paix». «L’accord militaire n 1 établit une zone tampon de 5 kilomètres de large au sud et à l’est du mur de sable marocain, où l’entrée des troupes ou d’équipement par les deux parties, par voie terrestre ou aérienne, et l’utilisation d’armes dans ou contre ces zones sont interdites en tout temps et constituent une infraction», explique Fadel à MEE, un site d’informations spécialisé dans les questions du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord.

    La reprise de la lutte armée par le Polisario a été largement saluée par la population sahraouie. Des décennies d’impasse ont épuisé la population, aucun envoyé spécial de l’ONU n’a pu se rendre au Sahara occidental depuis plus d’un an maintenant, commente Middle East Eye.Pendant ce temps, le Maroc essaie d’atténuer l’impact des opérations du Polisario le long du mur, en ayant recours à un tapage médiatique, alors que les tensions sont toujours vives une semaine après le lancement de son agression militaire pour tenter de rouvrir une brèche illégale dans la zone tampon .

    Pour Jacob Mundy, assistant professeur à l’université de Colgate et coauteur d’un ouvrage sur le Sahara occidental, cité par MEE, la récente agression militaire du Maroc dans la zone tampon n’est pas la première .»Le Maroc a commencé à construire une route goudronnée pour relier Guerguerat à la Mauritanie en 2016, ce qui fut l’une des plus significatives infractions au cessez-le-feu de l’ONU constatée en plusieurs décennies, et le Maroc n’a pas été sanctionné par le Conseil de sécurité pour cela». «Le Maroc a agi plus ou moins en impunité depuis l’invasion du Sahara occidental tenu par les espagnols en 1975 «, relate Jacob Mundy, qui souligne que ces dernières années, le Maroc a stoppé le processus de paix et n’a pas subi la «moindre conséquence pour avoir mis dans l’impasse et empêché le travail des deux précédents envoyés du secrétaire général de l’ONU» .

    Ancienne colonie espagnole, le Sahara occidental dispose d’importantes réserves de «pétrole offshore» et ressources minérales. Le Maroc n’a pas cessé d’exploiter les ressources naturelles du territoire non autonome, tandis que la moitié de sa population attend un référendum d’autodétermination. Stephen Zunes, auteur et professeur de sciences politiques à l’université de San Francisco, a déclaré à MEE que la solution au conflit au Sahara occidental est «entre les mains de la France et des Etats-Unis».

    Alors que les combats continuent à el Guerguarat, la communauté internationale n’a apporté «aucune véritable réponse pour endiguer la situation née de la violation du cessez-le-feu par le Maroc, qui a lancé une agression militaire contre les civils sahraouis», déplore-t-il. La France, principal soutien du Maroc, s’est contentée, a-t-il dit, de demander un «retour aux pourparlers de paix sans exercer de pression particulière», a-t-il indiqué.

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Sahara Occidental : Les faux espoirs de Jean-Yves Le Drian

    Dans une réunion de la Commission des Affaires Étrangères Française, le député Jean-Paul Le Coq a posé aux ministre des affaires étrangères Jean-Yves Le Drian la question suivante:

    L’amitié franco-marocaine que je souhaite sincèrement ne doit pas vous aveugler. Vous ne devez pas vous limiter aux seuls options que propose la diplomatie marocaine ni épouser ses intérêts dans cette zone. Etra franc en amitié, c’est la base de la confiance mutuelle. Vous savez bien que l’immobilisme diplomatique favorise la colonisation de peuplement en faveur du Maroc et, en même temps, produit le germe de reprise de la guerre. Parce que, comme pour la Palestine, comme pour l’Arzat, le statu quo favorise l’occupant. Et comme pour l’Arménie, le statu quo favorise la guerre. L’immobilisme du Conseil de Sécurité, à cause de l’attitude de la France, est coupable d’avoir laissé tomber depuis 45 ans le peuple sahraoui. Le multilatéralisme c’est le droit international, rien que le droit international et tout le droit international. Alors, M. le ministre, au nom de l’amitié franco-marocaine, allez-vous enfin choisir le chemin du droit international pour la résolution de ce conflit? Allez-vous faire en sorte qu’une sortie de crise soit envisagée sous la surveillance du Conseil de Sécurité en instaurant ce référendum d’autodétermination promis depuis 1991? S’il fallait poursuivre l’argumentation, sachez que les ressources, les phosphates, le poisson, les marchés publics, le tourisme, les ressources économiques du Sahara Occidental, qui sont nombreuses, attirent les entreprises étrangères dont les entreprises françaises et le Sahara Occidental est un territoire au statut juridique particulier et le droit pénal français pourrait contrarier la stratégie des acteurs privés (art 461, 26 du code penal qui réprime sévèrement le crime de colonisation par peuplement). Ce travail vise à définir si des entreprises transnationales françaises peuvent être coupables de ce crime. Une questiom, en effet, pour obtenir le crime de colonisation par peuplement, il faut qualifier le Sahara Occidental de territoire occupé? C’est fait. Et démontrer que cette occupation découle d’un conflit armé international? C’est fait. Et donc, le défi qui va nous occuper dans les prochaines semaines c’est l’imputation de crime aux enterprises, il s’agit de montrer en quoi des entreprises françaises pourraient constituer matériellement une colonisation par peuplement ou complicité de celles-ci. Ce travail juridique commence, il a déjà porté ses fruits et peut-être va-t-il enfin éclairer la diplomatie française?.

    Réponse de M. Le Drian :

    M. Le Coq, je connais votre attachement à la situation au Sahara Occidental. Ce que je ne partage pas dans vos propos c’est que vous considérez que, finalement, tout ça c’est la faute de la France. Il faut quand même pas exagérer. Nous sommes membre du Conseil de Sécurité, nous ne sommes pas les seuls, et je crois que ça serait vraiment de l’ingérence. Je sais que vous êtes opposé à l’ingérence, que nous soyons nous-mêmes les acteurs d’une relation compliquée entre le peuple sahraoui, le Maroc et l’Algérie. Ce sur quoi je suis d’accord avec vous vous c’est qu’il est temps qu’il y ait un processus de paix qui se mette en oeuvre et que le fait que l’ancien président allemand qui a dû renoncer à sa mission pour des raisons de santé, il est temps qu’il soit remplacé pour reprendre un processus de paix parce que s’il n’y a pas de processus de paix alors ça devient conflictuel. Sur ce point, je suis d’accord avec vous.

    Le chef de la diplomatie française vient de démontrer qu’il n’a rien compris de la décision sahraouie de reprendre les armes. Parce que même la nomination d’un nouvel envoyé n’arrêtera pas la guerre. Après 29 ans de faux processus , les sahraouis ont compris qu’il n’y aura pas de solution avec le silence des armes. Le seul élément susceptible de mettre fin aux hostilités c’est la fixation d’une date pour le référendum qui devra être précédé d’un retrait total de l’armée marocaine du territoire en vue de garantir un référendum libre et sans aucune contrainte.

     

     

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Sahara Occidental : Le Maroc empêche le mariage de deux journalistes sahraouis

    MAROC: DANS UN CONFLIT CHAUFFÉ, LA JOURNALISTE DU SAHARAWI NAZHA ELKHALIDI ET SON FIANCÉ SONT SOUS L’ARRESTATION A DOMICILE ET LEUR MARIAGE REPORTÉ PAR LES AUTORITÉS MAROCAINES.

    24 novembre 2020, Sahara occidental – La journaliste Nazha ElKhalidi et son fiancé ont été assignés à résidence et leur mariage reporté par les autorités marocaines. La Coalition pour les femmes dans le journalisme demande leur libération immédiate.

    La journaliste et défenseuse des droits humains Nazha ElKhalidi est assignée à résidence depuis le 21 novembre. La journaliste a été arrêtée par les services de sécurité marocains en raison de sa couverture des violations des droits humains commises par les autorités marocaines au Sahara occidental.

    Elle a récemment noté et signalé la répression de la liberté d’expression par les autorités marocaines au Sahara occidental. Plus tard, son fiancé, journaliste et cofondateur d’Equipe media, Ahmed Ettanji, a également été assigné à résidence. Le couple se préparait pour leur cérémonie de mariage avant qu’elle ne soit reportée par les autorités marocaines.

    Les autorités marocaines ont affirmé que cette mesure faisait partie de leurs procédures de précaution contre le COVID-19. Nazha et sa fiancée ont confirmé que l’éloignement social et d’autres mesures de précaution avaient été pris en compte lors de l’organisation de la cérémonie.

    Selon l’Observatoire des droits de l’homme, plus de 200 agents des forces de l’ordre marocains ont encerclé la maison de Nazha et Ahmed, ainsi que les rues adjacentes du quartier de Lahohoum dans le centre de Laâyoune, empêchant quiconque d’entrer ou de sortir des environs.

    C’est la deuxième fois que Nazha est prise pour cible par les autorités marocaines pour son travail. Le 4 décembre 2018, les autorités marocaines ont arrêté Nazha alors qu’elle diffusait en direct une manifestation en soutien à la reprise des pourparlers parrainés par l’ONU à Genève entre le Front Polisario sahraoui et le Maroc pour résoudre le conflit vieux de 43 ans. La vidéo capture le moment où la police commence à la poursuivre. Elle a été accusée de «réclamation ou usurpation d’un titre associé à une profession réglementée par la loi sans remplir les conditions nécessaires pour l’utiliser». Elle a été jugée en juillet 2019 et a été condamnée à une amende de 4000 dirhams (400 €) au motif qu’elle n’avait pas d’accréditation de presse pour travailler en tant que journaliste.

    Selon Front Line Defenders, Nazha El Khalidi est une défenseuse des droits humains sahraouie et membre d’Equipe Media, un média basé au Sahara occidental. Nazha documente les violations des droits humains commises par les autorités marocaines contre le peuple sahraoui.

    Dans une situation houleuse, comme le conflit entre le Maroc et les autorités du Sahara occidental, la liberté de la presse et le journalisme sont essentiels pour garantir un rapport transparent et objectif des faits et des conditions sur le terrain. Nazha et ses collègues d’Equipe Media font de leur mieux pour documenter les violations des droits de l’homme au Sahara occidental, en fonction du journalisme citoyen.

    La Coalition pour les femmes dans le journalisme est préoccupée par la sécurité de la journaliste Nazha et de sa fiancée. Le CFWIJ appelle les autorités marocaines à mettre fin à ce siège de leur maison et de leur quartier. La pandémie COVID-19 ne doit pas être manipulée pour imposer des restrictions qui violent la liberté de la presse et le droit à la libre circulation. Il est honteux de voir comment les autorités ont utilisé cette calamité pour justifier ses violations des droits de l’homme.

    The coalition for women in journalism, 25 nov 2020

     

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Bahrain to open consulate in Western Sahara, Morocco says

    RABAT, Nov 26 (Reuters) – Bahrain will open a consulate in Morocco-controlled Western Sahara, Morocco’s Royal palace said, joining other Arab states in supporting Rabat after the disputed territory’s Polisario independence movement…

    Read more from the source : Reuters

     

     

     

     

     

    Tags : Western Sahara, Morocco, Bahrain, consulate,

  • Morocco: Western Sahara – a neglected conflict

    On 13 November, Rabat deployed Morocco’s Royal Army to Guerguerat, a littoral town on the southern border of the disputed Western Sahara territory. The deployment sought to disperse a two-week blockade that Polisario…

    Read more from the source : AKE International

     

     

     

     

     

    Tags : Western Sahara, Morocco, Polisario,

  • Sahara Occidental : La dignité retrouvée avec la guerre

    La reprise de la lutte armée au Sahara Occidental a eu comme effet un sentiment de dignité retouvée auprès de la population sahraouie. Le soutien à la décision du Front Polisario de mettre fin au cessez-le-feu est unanime. On dirait que leur but n’est pas l’indépendance, mais la guerre. Pourquoi?

    Parce que le cessez-le-feu et le plan de paix onusien étaient conçus comme des chaînes qui imposaient la soumission aux caprices colonialistes du Maroc et de la France. Le premier tir lancé contre les positions marocaines a été comme un cri de libération d’une domination qui dure depuis le 6 septembre 1991.

    Depuis le 14 novembre, les camps des réfugiés sahraouis se sont vidés de leurs hommes. Aux écoles de formation militaire il n’y a plus de place pour tous les volontaires qui veulent s’engager dans l’Armée de Libération Populaire Sahraouie. L’envie d’en découdre avec l’armée marocaine est indescriptible.

    Selon le blogueur sahraoui Essid Hamdi Yahdih, l’impact de la guerre, même si elle n’est qu’à ses débuts, a eu plus d’effet que 30 ans de processus de paix sous les auspices des Nations Unies.

    Dans un article initulé “une salve vaut mieux que 30 ans de négociations stériles”, Essid a indiqué que la simple annonce de la fin du cessez-le-feu poussera le monde à se précipiter en vue de retourner la situation à l’apaisement parce que la reprise des hostilités pourrait enflammer toute la région, y compris le Sahel.

    Essid Hamdi affirme que la déclaration de guerre est comme une médaille d’honneur du fait qu’elle a permis aux sahraouis de démontrer l’inefficacité de l’ONU sur une question qui relève d’une simple décolonisation.

     

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Les États-Unis vont appliquer des droits sur les importations d’engrais phosphatés du Maroc et de la Russie

    (Reuters) – Le département américain du Commerce a déclaré mardi qu’il fixerait des droits préliminaires sur les importations d’engrais phosphatés en provenance de Russie et du Maroc, après avoir ouvert une enquête pour déterminer si les producteurs de ces pays recevaient des subventions injustes.

    Le département a fixé bit.ly/363xEOO des droits préliminaires de 23,46% sur les importations en provenance du groupe marocain OCP et d’autres producteurs du pays, de 20,94% sur celles du russe Phosagro, de 72,50% sur EuroChem et de 32,92% sur tous les autres producteurs russes.

    La décision fait suite à une enquête ouverte en juillet sur des pétitions déposées par la société américaine d’engrais Mosaic Co.

    Les actions de Mosaic ont augmenté d’environ 10% à 22,57 $, leur plus haut niveau en plus d’un an, tandis que les actions cotées aux États-Unis et au Canada du rival Nutrien ont augmenté de plus de 3%.

    L’année dernière, les importations d’engrais phosphatés du Maroc étaient évaluées à environ 729 millions de dollars et de la Russie à environ 299 millions de dollars, selon les données du département.

    Une offre excédentaire sur le marché du phosphate a nui aux prix de l’engrais l’année dernière et au début de cette année. Si la forte demande de l’Inde et du Brésil a contribué à augmenter les prix plus récemment, les gains ont été limités en raison des stocks excédentaires.

    La société canadienne Nutrien, le plus grand fabricant d’engrais au monde en termes de capacité, a pris une charge pour dépréciation au troisième trimestre, invoquant des perspectives à long terme «moins favorables» pour les prix du phosphate et l’offre excédentaire.

    Une décision finale du département du commerce est attendue le 8 février, suivie de la décision finale de la Commission du commerce international le 25 mars, avec l’émission d’une ordonnance le 1er avril.

    L’analyste de BMO Marchés des capitaux, Joel Jackson, a déclaré qu’il s’attend à ce que les primes de prix des phosphates aux États-Unis continuent de se maintenir à court terme.

    Il a ajouté qu’historiquement, les droits, s’ils sont imposés, n’ont pas changé sensiblement entre les déterminations préliminaires et finales.

    Source : Reuters, 24 nov 2020

     

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Le Sahara occidental et le prétexte de l’Union du Maghreb arabe

    Ceux qui veulent que l’Union du Maghreb arabe renforce le Maroc doivent remettre en question le calendrier de leur campagne militaire et réaliser deux choses: annexer le Sahara occidental au Makhzen ne garantit pas l’unité du Maghreb, tout comme la reconnaissance de l’autodétermination du peuple sahraoui ne rompt pas cet espoir.

    Le Sahara occidental n’a jamais fait partie du Maroc. Après la Seconde Guerre mondiale, une vague de mouvements de libération a balayé les colonies européennes en Afrique. Alors que le Maroc a obtenu son indépendance des Français en 1956, le Sahara occidental est resté sous contrôle espagnol. En 1958, l’administration coloniale a annoncé que le Sahara occidental était une province espagnole.

    En 1963, chaque État africain qui avait signé la Charte des Nations Unies a revendiqué le Sahara occidental comme indépendant, à l’exception du Maroc, ce qu’il a fait quatre mois plus tard. En 1967, l’Assemblée générale des Nations Unies a publié la résolution 2354 qui obligeait l’Espagne à appliquer le principe d’autodétermination du peuple sahraoui.

    En 1975, le départ espagnol a ouvert la porte au Maroc pour annexer le Sahara occidental à son territoire. Malgré les résolutions successives de l’ONU en faveur des affaires sahraouies à la suite de la liquidation coloniale, le Maroc a toujours revendiqué le droit d’annexer le territoire.

    Le conflit entre le Maroc et les Sahraouis, qui est dirigé par le Front Polisario, n’est pas nouveau. Hormis les combats de 1975, les allers-retours entre le Maroc et le Front Polisario ont toujours été un conflit stable qui n’a jamais dégénéré en guerre ouverte. Ce qui a changé au Sahara occidental, c’est le moment et les acteurs, associés à une campagne militaire ouverte.

    Le déclin politique et géopolitique des États-Unis suivi de l’impact intense de la pandémie de COVID-19 a marqué un tournant vers les calculs stratégiques. La descente américaine après le 11 septembre et sa récession géopolitique après 2011 ont opposé les États-Unis à la Chine dans la région via le Sahara occidental.

    Le Maroc a toujours été dans le camp américain, tandis que l’Algérie a rejoint les Soviétiques dans la période post-indépendance. Par cela, il semble que la stratégie de Washington pour étouffer l’Initiative chinoise de la ceinture et de la route (BRI) est de jouer les États les uns contre les autres. Cela signifie que l’instabilité de la sécurité joue en faveur des États-Unis, sapant le projet économique chinois.

    La campagne militaire marocaine a coïncidé avec la normalisation des relations entre l’Égypte, les Émirats arabes unis (EAU) et Bahreïn avec Israël, jetant le doute sur le moment des violences. La guerre est néanmoins intervenue quelques semaines à peine après l’ouverture d’un consulat à Laâyoune, la plus grande ville du Sahara occidental.

    L’Algérie a toujours été considérée comme un État voyou par Israël tout en agissant également comme un obstacle aux États-Unis.

    Il est clair que Tel Aviv est l’agent actif au Moyen-Orient, tandis que les EAU sont devenus le nouveau jumeau d’Israël en Afrique du Nord. Ainsi, la question demeure: les EAU ont-ils convaincu le Maroc de normaliser ses relations avec Israël et d’être récompensé par le Sahara occidental?

    Compte tenu de cela, de nombreux Arabes soutiennent l’agression militaire du Maroc sous prétexte de l’unité du Maghreb. Sur le plan géopolitique, la reconnaissance de l’indépendance d’une nation ne remet pas en cause la notion de création d’union.

    Par exemple, la reconnaissance de l’indépendance de l’Érythrée en 1993 et ​​de la Namibie en 1990 n’a pas sapé l’Union africaine fondée en 2002. De même, la réalisation d’unions comme la Ligue arabe, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ont n’a jamais réussi à rassembler les membres.

    En revanche, outre l’échec de nombreuses affaires décisives dans les mondes arabe et islamique – en Libye, en Syrie, au Yémen, en Palestine, au Cachemire et au Myanmar – les membres d’un même syndicat sont plus hostiles les uns envers les autres que contre leur prétendu ennemi, Israël.

    Ce sont des frères dans une Ligue, mais des ennemis sur le terrain. Prenant la ligue arabe et l’OCI comme exemples, leurs membres utilisent des slogans de fraternité dans leurs réunions et leur rhétorique politique, mais derrière cette façade se trouve le véritable caractère des États. Plusieurs exemples incluent le soutien du Qatar et des EAU à l’intervention de l’OTAN en Libye; Les relations de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l’Égypte avec le Qatar; L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis travaillent contre l’Iran et bien sûr la guerre au Yémen. Beaucoup sont même contre l’indépendance palestinienne.

    À cet égard, la reconnaissance du droit du Sahara occidental à l’autodétermination ne ferait qu’éliminer le colonialisme et laisser espérer une Union du Maghreb arabe. Si la question du Sahara Occidental concerne les frères ennemis sur l’unité maghrébine et musulmane, il vaut mieux reconnaître les sahraouis et pousser l’ONU à accélérer le processus référendaire à travers sa Mission pour le référendum au Sahara Occidental (MINURSO). Au lieu de forcer une nation à se soumettre avec des armes à feu, il est préférable de soutenir la liberté sahraouie et d’attendre avec impatience de les inclure dans l’union.

    Enfin, les changements géopolitiques résultant du coronavirus, poussant le monde vers les conflits armés et les guerres doivent être pris en compte. La stratégie américaine envers l’Afrique du Nord avec le déplacement des EAU dans la région en dit long sur l’agression marocaine.

    Pourtant, la question de savoir si les partisans du Maghreb revendiqueraient l’indépendance des Sahraouis si la normalisation avec Israël ou une stratégie américaine était derrière l’agression militaire actuelle reste une question à résoudre.

    * Chercheur associé au Center for Islam and Global Affairs (CIGA) de l’Université Sabahattin Zaim d’Istanbul

    Daily Sabah, 25 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Western Sahara and the pretext of the Arab Maghreb Union

    Those who want the Arab Maghreb Union to bolster Morocco need to question the timing of their military campaign and realize two things: annexing Western Sahara to the Mekhzen does not guarantee Maghreb unity, just as recognizing the self-determination of the Sahrawi people does not break that hope. Western Sahara has never been part of Morocco. After World War II, a wave of liberation movements swept over the European colonies in Africa. While Morocco achieved its independence from the French in 1956, Western Sahara remained under Spanish control. In 1958, the colonial administration there announced that Western Sahara was a Spanish province.

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  • Maroc-Sahara Occidental: «Une reprise des hostilités préméditée»

    par Ghania Oukazi

    «Il est évident que la CIA n’est pas un militant de la paix en général, spécialement la paix entre les pays arabes(…). Ceci est encore plus vrai lorsqu’il s’agit de pays entre lesquels il y a un conflit latent, ce qui est le cas entre le Maroc et l’Algérie».

    Les propos sont de Michel Raimbaud, écrivain, ancien ambassadeur de France, analyste de renom du Moyen-Orient et du monde arabe en général. Raimbaud répondait ici à une question que nous lui avons posée hier à propos de ces «fuites» médiatiques qui sont organisées depuis quelques jours mettant en exergue les rapports conflictuels entre l’Algérie et le Maroc. Il s’agit de la regrettable «affaire Amgala» de 1976 suite à laquelle les armées des deux pays sont entrées en confrontation directe. Et aussi la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo qui affirme que le roi Hassan II a remis au Mossad un enregistrement sur les travaux du sommet arabe qui s’est tenu à Casablanca pour préparer en 1967 une intervention militaire arabe commune contre l’entité sioniste. (Voir l’édition du Quotidien d’Oran du lundi 24 novembre 2020). Ces «dossiers» historiques sont mis en ligne et même remis à des médias précisément depuis que le Front Polisario a repris les armes suite à l’intervention armée des forces marocaines contre les contestataires sahraouis qui observaient un sit-in au niveau de la frontière d’El Guerguerat. L’objectif est -sans conteste- d’envenimer les relations entre l’Algérie et le Maroc dans une conjoncture où les puissants se cherchent des alibis fallacieux pour briser des Etats et des Nations. Les «fuites» médiatiques visent-elles à pousser l’Algérie à déclarer la guerre au Maroc?, avons-nous enchaîné avec le diplomate français. « Il est évident que la CIA n’est pas un militant de la paix en général, spécialement la paix entre les pays arabes, pour lesquels l’Amérique officielle, tous partis confondus, a certainement peu de sympathie. Ceci est encore plus vrai (sans vouloir faire de peine à personne) lorsqu’il s’agit de pays entre lesquels il y a un conflit latent : ce qui est le cas entre le Maroc et l’Algérie, depuis le départ des Espagnols du Sahara occidental. La circulation du rapport de la CIA au sujet des deux batailles de Amgala début 1976 n’est certainement pas innocente, si l’on se réfère au contexte.

    Une guerre « préméditée par les services israéliens et les Américains»

    Le déclenchement de la guerre entre le Polisario et le Maroc le 13 novembre dernier ou «l’affaire El Guerguerat» a-t-elle été préméditée? Si oui par qui? Et pour quels objectifs? Que risque l’Algérie en l’absence de son président de la République hospitalisé en Allemagne depuis près d’un mois? Crise politique interne ou tentative externe de déstabilisation?, lui avons-nous encore demandé. « Plusieurs facteurs peuvent être mentionnés : la reprise des hostilités entre le Polisario et le Maroc, qui a certainement été préméditée par les services israéliens et les Américains…. », commence par noter l’auteur de « Les guerres de Syrie » et «Tempête sur le Grand Moyen-Orient ». Pour les objectifs, affirme-t-il, « l’absence prolongée du Président algérien, hospitalisé pour raison de santé depuis un mois est sûrement une aubaine pour les fomenteurs de l’affaire ». Michel Raimbaud explique que «la situation générale du monde arabe est caractérisée par la généralisation des situations de déstabilisation qui se sont étendues depuis dix ans de pays en pays, dans une sorte de contagion et de banalisation du chaos de pays en pays, du Maghreb au Mashreq et du Mashreq au Maghreb.

    L’objectif est bien sûr la désorganisation et la déstructuration du monde arabe dans son ensemble : Israël y est sûrement pour quelque chose, surfant sur la vague des normalisations déjà accomplies ou escomptées : Emirats, Bahreïn, Soudan, etc. »

    L’ancien ambassadeur de France affirme alors que « la remise en circulation de la vidéo au sujet du Roi Hassan II et de ses contacts avec le Mossad « sur les réseaux sociaux » n’est pas innocente. C’est une vieille histoire déjà connue qui est de nature à rallumer les animosités et les soupçons dans une atmosphère « arabe » de suspicion généralisée et de confusion assez inquiétante pour l’avenir. Le fait que « les réseaux sociaux » soient derrière cette rediffusion signifie en clair et sans ambiguïté que l’Occident, Amérique en tête, dont les ONG sont des relais privilégiés, est à la manœuvre ».

    L’absence du Président crée peut-être des tentations ?

    Le complot contre l’Algérie existe-t-il ? Y aurait-il un scénario clair pour la déstabiliser ?, lui avons-nous en outre demandé. « Je pense que l’idée (appelons cela comme on voudra) de déstabiliser l’Algérie existe bel et bien. L’Algérie a vécu des épisodes mouvementés et c’est en bonne partie à son armée qu’elle doit, à mon avis, d’avoir pu préserver un certain ordre et garder le contrôle de la situation, malgré toutes les pressions démagogiques d’origines diverses. Quant à un scénario précis ou clair, c’est autre chose. L’absence du Président crée peut-être des tentations ? Entraîner l’Algérie dans une guerre contre le Maroc, qui serait sans fin (à l’américaine) ou sans conclusion prévisible est l’une de ces tentations, l’objectif étant de rendre impossible tout rapprochement entre deux pays qui restent voisins et frères, quoi que l’on dise et quoi que l’on pense, et de semer une zizanie de plus dans le monde arabe, qui se débat déjà dans une situation générale inquiétante ».

    Tout en lui rappelant que la Constitution a été «votée» par référendum le 1er novembre dernier mais non encore promulguée parce que le président de la République est absent, nous l’avons interrogé en dernier : que pensez-vous de la disposition de la nouvelle Constitution qui stipule que l’armée algérienne peut désormais intervenir en dehors de ses frontières? Est-elle réfléchie et nécessaire ou est-elle une exigence des puissances étrangères pour que l’Algérie nettoie la Libye et le Mali? « Il me semble que l’idée n’est pas déraisonnable en soi, l’armée algérienne étant de l’avis le plus répandu la seule ayant les moyens et le savoir-faire requis pour neutraliser les groupes armés dans le Sahara et le Sahel, nous savons que ces interventions extérieures n’étaient pas prévues auparavant par la Constitution…», a-t-il dit répondu.

    L’ex-diplomate souligne toutefois que «si maintenant elles le sont, c’est que l’Algérie en a décidé ainsi », pense-t-il. Cependant «s’il apparaissait que c’est une exigence venant de puissances étrangères, c’est autre chose, si vous sous-entendez que l’exigence pourrait être assortie de menaces ?»

    Le Quotidien d’Oran, 25 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara