Tag: Western Sahara

  • Maroc : Quand Hassan II évoquait ses relations avec Israël

    Si les dernières semaines l ‘établissement de relations diplomatiques officielles des monarchies du Golfe a été perçu comme une trahison, non seulement par les peuples et des responsables de la région, mais également des femmes et des hommes libres à travers le monde, le royaume chérifien a préféré, voyant cette vague d’indignation, temporiser l’officialisation de ses relations avec Israël, poursuivant à les entretenir, comme des décennies auparavant, à l’abris des projecteurs pour ne pas s’attirer les foudres du peuple marocain et des autres peuples, dont ceux de notre région.

    Bien avant l’annonce par le locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, en janvier 2020, du « deal du siècle», un plan en violation du droit international, mis en marche depuis, en s’appuyant, sans surprise, sur les monarchies arabes qui, moins d’une année après, forment la file d’attente pour la « normalisation », à tour de rôle, de leurs relations avec l’entité sioniste, après l’avoir entretenu des décennies durant, selon leurs déclarations, les rapports et les articles de presse, dont ceux israéliens. Des annonces d’officialisation des liens entretenus dans divers domaines, principalement sécuritaires et de renseignements, depuis des décennies, entre les Rois et princes arabes et les différents gouvernements israéliens qui se sont succédé à Tel-Aviv. Le royaume chérifien n’ayant pas fait l’exception, sur fond des similitudes entre sa doctrine et celle d’Israël, doctrine constituant le ciment sur lequel s’est appuyé le système monarchique au Maroc pour perdurer, à savoir la non-reconnaissance par celui-ci de ses frontière, exigée par la nature de la doctrine expansionniste de Rabat, bien avant son occupation en 1975 des territoires du Sahara Occidental. Bien avant cette date, le royaume marocain revendiquait, en effet, et continue d’ailleurs de le faire, par des déclarations de responsables politiques marocains, la Mauritanie, le Sénégal ainsi que des régions de l’Ouest de l’Algérie, pays ayant repoussé l’agression militaire marocaine en 1963, par la riposte armée du peuple algérien, alors qu’il soignait encore ses blessures de sa Guerre de libération contre la colonisation française, jusqu’à arracher son indépendance, en juillet 1962.

    Du roi Hassan II à Mohammed VI, des décennies de relations étroites avec l’entité sioniste
    Préférant maintenir ses relations avec Israël derrière les rideaux feutrés et les couloirs du Palais royale, Andrey Azoulay, la carte maitresse d’Israël au Palais durant des décennies, conseiller du Roi Hassen II, puis de son héritier Mohamed VI, a tissé les liens entre Rabat et Tel-Aviv, dans divers domaines, du sécuritaire, au renseignement, en passant par les secteurs de la culture, l’économie et autres. Le Maroc ayant entretenu des liens étroits avec l’Entité sioniste, depuis les années soixante, a tout au long de ces années rendu bien des services aux différents gouvernements qui se sont succédé en Israël, et l’entité sioniste le lui a bien rendu, pour ne citer que sa contribution et supervision dans la construction du mur de la honte au Sahara Occidental et son travail de lobbying à Washington, en faveur de la colonisation marocaine des territoires sahraouis. Alors qu’en 1992, le Roi Hassen II déclarait avec un air de fierté, que « peu de pays pouvaient se vanter d’avoir comme le Maroc 750 000 fils comme ambassadeurs en Israël », le royaume chérifien accueillait déjà, bien avant cette date, les dirigeants israéliens, traitait avec les responsables de l’entité sioniste depuis les années 60, comme le rappellent, ces dernières semaines, des médias étrangers et israéliens, pour évoquer la perspective de la « normalisation » des relations entre Israël et Rabat, « une suite logique » selon des médias israéliens. Plus récemment encore, lors d’une rencontre, en mai 2006, sur l’environnement organisée en France, à laquelle participaient des villes jumelées avec la ville française Nîmes, le maire de Meknès déclarait, qu’ « il aurait voulu être le premier maire islamiste à conclure un jumelage avec une ville israélienne ». Les médias, des rapports, des études de recherches israéliennes ont de tout temps eu à traiter, durant des décennies, les relations bilatérales entretenues officieusement entre le royaume chérifien et Israël. Qu’il s’agisse des questions politiques, de renseignements et de surcroît du rôle et de l’apport des israéliens d’origine marocaine, non seulement dans la consolidation des liens entre Rabat et Tel-Aviv, mais dans l’exercice de la politique coloniale israélienne en Palestine ou des agressions contre des pays arabes tels le Liban et la Syrie.
    L’actuel gouvernement de Netanyahu compte la présence de 10 ministres d’origine marocaine sur un total de 34, « un chiffre inédit », selon la presse de l’entité sioniste et même marocaine. Bien que ces deux systèmes politiques coloniaux, -le Maroc au Sahara occidental et l’entité sioniste en Palestine- n’affichent pas officiellement leurs relations bilatérales, préférant l’entretenir à l’abri des marocains et des peuples de la région nord-africaine et arabe, le Maroc accueille des dirigeants israéliens et des Israéliens sont autorisés à fouler le sol marocain, comme le rapportent des médias étrangers et israéliens, outre l’expression récurrente des citoyens marocains s’opposant à la présence israélienne, dès que l’information réussit à sortir des murs des palais et des résidences royales.

    Le Maroc entretient depuis longtemps des liens informels mais étroits avec Israël, notamment dans le domaine du renseignement

    Si Rabat n’ose pas franchir le pas d’annoncer officiellement ses relations avec Israël, pour les raisons dont celles évoquées plus haut, le timing de l’annonce par Rabat de l’ouverture du consulat d’une des monarchies du Golfe, les Emirats arabes unis dans la ville occupée du Sahara Occidental, Lâayoune, est loin d’être une coïncidence ou un fait de hasard. C’est au bout du quelques semaines de la normalisation des relations entre Abu-Dhabi et l’entité sioniste que Rabat fait l’annonce d’une présence consulaire d’Abu-Dhabi sur un espace géographique, Laâyoune, au Sahara Occidental, occupé, que nul pays à travers le monde ne lui reconnait la souveraineté, comme l’exige le droit international, pour une question de décolonisation inscrite à l’ONU. Les Emirats arabes unis ayant joué par le passé le rôle d’antenne d’Israël dans la région du Golfe, semblent avoir été sommés par sa présence dans la région nord-africaine, Mauritanie, Mali, Libye, et plus récemment au Sahara occidental de jouer ¨ce même rôle d’antenne pour Israël. Les traditions et les pratiques longtemps enracinées, entre Rabat et Tel-Aviv, du temps du règne de Hassen II, ne pouvaient que s’enraciner davantage et se perpétuer, depuis l’arrivée de Mohamed VI sur le trône à ce jour. Déjà, dans les années 80, parmi les conseillers du roi Hassen II, outre le plus puissant de ses conseillers, l’Israélien Andrey Azoulay, il y a avait le gendre d’un député israélien à la Knesset, David Amar, au poste de conseiller économique du roi Hassen II. En 1995, un journal israélien a publié dans sa Une une série d’articles sur les liens entre la monarchie marocaine et Israël et le travail accompli par le Roi Hassen II, dont son fils Mohamed VI en a hérité et continue à promouvoir. Dans un de ces articles, il a été indiqué que « la brèche que le roi Hassan II a ouverte aux Israéliens se creuse de jour en jour » avant d’indiquer que « le gouvernement « israélien (NDLR) s’essaie à contenir le déluge des dizaines d’hommes d’affaires et de représentants de commerce cherchant des relations au sommet du gouvernement marocain ». Et ces dernières années, la presse israélienne fait état « de la présence du Maroc officiel à l’intérieur de l’espace public israélien », outre les formations cycliques que dispensent des éléments des services de sécurité israéliens, dont certaines se sont déroulées sur le sol marocain.
    Karima Bennour

    Le Courrier d’Algérie, 25 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Clara Aguilera alerte la CE d’une possible fraude à l’importation de légumes du Maroc

    11/23 / 2020.- L’eurodéputée a adressé une question écrite à la Commission dans laquelle elle indique qu’à partir d’Almería et de Grenade, la détection des productions marocaines de fruits et légumes portant la mention «origine espagnole» a été dénoncée, soulignant que via l’Espagne n’entre en UE que 4% des importations en provenance du Maroc, et demande à la CE si elle est au courant “de ces fraudes dans la mention de la véritable origine”.

    Hortoinfo.- La députée européenne Clara Aguilera a interrogé la Commission européenne (CE) sur l’indication d’origine de certains fruits et légumes marocains, devant les voix du secteur andalou qui mettent en garde contre une éventuelle fraude.

    Dans une question écrite adressée à la Commission, Aguilera souligne que, ces derniers mois, certaines organisations agricoles d’Almería et de Grenade ont dénoncé la détection de productions maraîchères marocaines portant la mention «origine espagnole».

    Clara Aguilera souligne dans sa communication à l’exécutif communautaire que par l’Espagne n’entre dans l’UE que 4% des importations dans l’UE en provenance du Maroc, demandant à la Commission si elle est au courant de “ces fraudes dans la mention de la véritable origine” des produits.

    Aguilera demande instamment à la Commission européenne de répondre “si elle peut garantir que les États membres par lesquels ces produits entrent dans l’UE appliquent les contrôles de la même manière” ou si, au contraire, “ils diffèrent selon le port d’entrée par celui qui est importé dans l’UE, en particulier les tomates. “

    Dans sa question, Aguilera demande si “il peut être confirmé que les quotas établis dans l’accord UE-Maroc sont respectés”.

    Source : Hortoinfo, 23 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • L’Espagne et l’UE ne doivent plus accepter accepter “le chantage continu du Maroc” en matière de migration

    Podemos insiste sur le fait que l’UE et l’État espagnol ne doivent pas accepter “le chantage continu du Maroc” en matière de migration

    Le Groupe parlementaire Yes We Can Canarias a exprimé ce mardi au président du gouvernement du Pacte, le socialiste Ángel Víctor Torres, “tout notre soutien” lorsqu’il s’agit de “demander que la crise migratoire soit résolue de toute urgence” que les îles connaissent et qu’il a dans le dock Arguineguín son exposant maximum.

    «Avec ce gouvernement de coalition entre le PSOE et United We Can, nous devons être encore plus exigeants sur les questions liées aux droits de l’homme. Nous, de Sí Podemos Canarias, nous le sommes, et nous savons que vous aussi », a déclaré le porte-parole, Manuel Marrero, lors de la session de contrôle tenue au Parlement.

    Selon les informations fournies à Chronicles, Marrero a insisté sur le fait que “personne ne peut cacher sa tête sous l’aile, et c’est à l’UE et au gouvernement de l’Etat de trouver une solution”.

    «Arguineguín est un symbole de l’arrivée de migrants du continent africain contraints de rechercher un monde meilleur face aux déséquilibres sociaux, économiques, démographiques, climatiques ou politiques dans les pays d’origine, et l’UE et l’État espagnol ont l’obligation légale et moralité de rendre le contrôle aux frontières compatible avec le respect des Droits de l’Homme et de ne pas accepter le chantage continu du Maroc », a-t-il insisté.

    Le porte-parole parlementaire a rappelé qu’en 2006 les renvois, les rapatriements et les asiles avaient été acceptés car “il y avait une politique de coopération globale, une réponse multilatérale” qui n’est plus en cours, la conclusion d’accords avec le Maroc, le Cap-Vert, la Mauritanie, le Sénégal, Mali, Gambie, Guinée Bisau, Guinée Conakry et Niger.

    “Nous devons assumer des responsabilités, négocier fermement des accords de coopération, financièrement dotés et maintenus au fil du temps, avec les pays d’origine des migrants et, bien sûr, disposer de centres d’accueil décents pour les immigrés”, a déclaré le président Torres .

    Pour conclure, il a exigé de l’État une “solidarité”, autorisant les renvois vers la péninsule à la fois d’adultes et de mineurs non accompagnés “, car ce n’est qu’ainsi que” les déclarations et manifestations qui encouragent les attitudes racistes, xénophobes et populistes seront réduites au silence “contre ceux-ci” ils risquent de mourir dans le voyage le plus dangereux qui existe juste pour le rêve de pouvoir avoir un projet de vie »loin de leur pays.

    Source: Crónicas de Lanzarote, 24 novembre 2020


     

    #SaharaOccidental #Marruecos #Polisario #WesternSahara

     

  • Sahara occidental: la guerre la plus ignorée du monde

    Le 13 novembre, après trente ans de cessez-le-feu, le Front Polisario (Front populaire de libération de la Saguía el Hamra et du Río de Oro) a annoncé par l’intermédiaire de son secrétaire général et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Bahim Ghali, qui considérait rompu l’accord signé avec le Maroc en 1991, après quinze ans de lutte, sous les auspices des Nations Unies, qui prévoyait un référendum sur l’autodétermination, qui n’a jamais eu lieu. Dans son message, Ghali a annoncé que “les forces armées sahraouies assument le contrôle total de la sécurité nationale et décrètent l’état de guerre”, étant donné que l’armée royale marocaine a pénétré dans la zone “tampon” de Guerguerat, à l’extrême sud du Sahara. Occidental, à côté de la frontière entre la RASD et la Mauritanie, avec l’excuse de rétablir le trafic après le blocus que les militants sahraouis ont instauré le 21 octobre dernier, commettant des actes de vandalisme et harcelant les observateurs militaires de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental (MINURSO), outre le fait que quelque 200 camions auraient été retenus, il faut donc “garantir la libre circulation des personnes et des marchandises”.

    Mohammed VI, roi du Maroc a déclaré lundi 16 son “respect du cessez-le-feu” et a averti qu’il restait déterminé à répondre durement, et dans le cadre de la légitime défense, contre toute menace “à la sécurité de son pays, qui qui comprend les secteurs sahariens contrôlés par Rabat.

    La nouvelle polémique s’installe après l’achèvement des murs de sable que le Maroc a construit unilatéralement, en marge d’une route vitale pour le trafic commercial entre Rabat, Nouakchott et le reste des pays d’Afrique de l’Ouest. Cette route est illégale, elle n’est donc pas reconnue comme telle par les sahraouis comme l’Algérie et pour ce que Mohamed Salem Ould Salek, le ministre des Affaires étrangères de la RASD, a déclaré, elle ne sert qu’au pillage permanent des richesse de sa patrie.

    L’état-major général des forces armées marocaines a annoncé qu’après le blocus effectué par une soixantaine de personnes et les restrictions qu’ils ont imposées aux déplacements, un «cordon de sécurité» a été mis en place. L’opération, qui, selon l’armée, “n’est pas offensive ou a une intention guerrière” et celle qui vise “à éviter tout contact avec des civils et à ne pas recourir aux armes sauf en cas de légitime défense”, a été résolue par l’invasion de plusieurs unités militaires. Les Marocains, qui voulaient briser le blocus et créer un passage de sécurité. L’action improvisée du Maroc a provoqué la réaction immédiate des miliciens du Polisario, qui ont répondu par des tirs et plus tard par plusieurs actions d’attaques à la roquette contre quatre bases militaires et deux checkpoints marocains, installés le long du mur de sécurité, qui ils se sont poursuivis au moins jusqu’à lundi 16 dernier, selon des sources sahraouies, ce qui aurait fait plusieurs morts. Étant donné que le territoire est difficile d’accès et que les autorités marocaines ont bloqué l’arrivée de journalistes, la confirmation ou non des actions de guerre des deux parties est compliquée.

    Comme les Palestiniens, les Kurdes, les Baloutches, les Touaregs, les Rohingyas et bien d’autres, le peuple sahraoui a été pillé, ses territoires volés et son destin enchaîné, les forçant à vivre dans un état de résistance permanente. Sans représentation dans les grandes organisations internationales, où faire entendre leur voix, ignorée depuis plus de cinq décennies, ils n’ont qu’une seule option: la lutte armée, contre l’usurpateur de leurs terres et de leurs destinées: le royaume autocratique du Maroc, qui, avec le clin d’œil des puissances occidentales, des monarchies du golfe Persique, et la complicité de l’Espagne, principal responsable de la situation actuelle de la RASD, qui doit à nouveau faire face à l’une des armées les mieux armées d’Afrique avec des ressources minimales, et que depuis 2018, subit un important processus de modernisation de toutes ses armes avec l’achat d’avions de combat parmi eux, 25 nouveaux chasseurs F-16 C / D, ainsi que des hélicoptères d’attaque, des systèmes de défense aérienne basés sur des radars 3D, des missiles courte, moyenne et longue portée ‒ sol-air, air-sol, air-air, contre les blindés et les navires, les chars de combat, les lance-roquettes, de grandes quantités de munitions et d’équipements radio et les systèmes de vision d’ul Cette dernière génération, un achat avec lequel elle atteint fondamentalement deux objectifs, se faire encore plus plaisir avec les puissances occidentales, les fournisseurs de tout est une panoplie, seuls les États-Unis ont vendu des armes pour 12 milliards de dollars à l’époque Trump, avec lesquels ils payent le escorte diplomatique avec laquelle le Maroc évolue dans les grands forums internationaux, mais parvient aussi à se muscler face à ses voisins algériens, hypothèse principale de conflit du royaume alaouite, avec ceux qui ont un conflit complexe, non seulement sur les revendications frontalières, mais aussi sur de vastes zones, riches en minerais, qui au moment du retrait français étaient en possession d’Alger, donc en 1963, un conflit armé a éclaté qui est devenu connu comme Guerre des sables.

    Quarante-cinq ans d’oubli

    Le projet du Grand Maroc, qui à partir des années 1940 a été soulevé par l’Istiqlal (Parti de l’indépendance) et relancé par Hasan II après son arrivée au trône en 1961, comprenait non seulement les territoires de l’ouest algérien, mais aussi des parties du Mali, de la Mauritanie et de l’ensemble de l’ancienne colonie espagnole du Sahara occidental, l’actuelle RASD.

    Bien que ni Hassan II, ni son fils Mohamed VI, n’aient pu faire valoir leurs revendications expansionnistes contre les trois premières nations, le Maroc et l’Espagne ont en permanence souillé les droits et libertés des Sahraouis. Malgré le fait que le génocidaire Francisco Franco ait décidé de quitter sa colonie pour 1975, un mandat dont son dauphin et le désormais fugitif Juan Carlos I ont assumé, et quoi dire, qu’il n’a jamais rempli.

    Ce lundi dernier, l’un des membres de l’équipe de négociation sahraouie a prévenu que la guerre se prolongerait si l’ONU n’assume pas sa responsabilité et oblige Rabat à accepter la légalité internationale qui émerge de l’accord de trêve.

    Alors que le royaume alaouite, qui contrôle illégalement environ les trois quarts du Sahara occidental, une vaste bande de désert sur la côte atlantique, comprenant ses gisements de phosphate et ses riches zones de pêche sur l’Atlantique, apparaît dans cette opportunité prête à exterminer la RSAD, cherchant à prolonger le conflit, car on sait qu’elle a secrètement infiltré de nombreuses troupes habillées en «civils» dans les zones du conflit actuel, pour générer des attaques sous faux drapeau. Déjà en 2019, Rabat a décidé unilatéralement de suspendre la table de négociations qu’elle avait établie avec le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie.

    Dimanche 15, le Polisario a rapporté que des milliers de volontaires se mobilisaient pour rejoindre ses rangs et que “d’intenses combats se déroulaient le long du mur de défense marocain” (sur 2 700 kilomètres qui traverse le Sahara Occidental et où l’on estime que Rabat a posé entre sept et dix millions de mines antipersonnel, ce qui en fait le plus grand champ de mines du monde).

    Depuis la mise en scène de ce qui est devenu la Marche verte en novembre 1975, conçue par le gouvernement Hassan II, avec laquelle il a pu mobiliser près de 300 000 Marocains appauvris «escortés» par l’armée, et avec le clin d’œil de Washington, pour faire un territoire légèrement plus grand que la taille de l’Équateur. Parmi les grands avantages que les États-Unis ont obtenu s, ils ont cédé la base militaire de Tan-Tan, où en 2008, les Américains ont installé l’Africom (United States African Command) tout près d’El Aaiún, capitale de la RASD, des îles Canaries et de Tindouf. Des camps de réfugiés sahraouis en Algérie, tout près de la zone du conflit actuel, où une fois de plus le peuple sahraoui tente de changer son sort.
     
    Source : Tercerainformación.es, 23 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Intérêts économiques et géostratégiques empêchant la célébration du référendum au Sahara Occidental

    QUELS INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES ET GÉOSTRATEGIQUES EMPÊCHENT LA CÉLÉBRATION DU RÉFÉRENDUM SAHARAUI?

    Les raisons pour lesquelles notre solidarité avec le peuple sahraoui est aussi un acte de légitime défense

    L’ancien lieutenant Luis Gonzalo Segura soutient que le Sahara occidental n’est pas seulement «appétissant» économiquement et géostratégiquement pour le Maroc. L’Europe partage également avec ce dernier pays l’exploitation des riches zones de pêche de la côte sahraouie et des précieux gisements de phosphates. Géostratégiquement, les États-Unis bénéficient, quant à eux, des bases offertes en compensation par le Maroc, sur le territoire duquel se situe le commandement militaire Africom, et de la base militaire de Tan Tan, à quelques kilomètres d’El Aaiún, des îles Canaries et de Tindouf (…).

    RÉDACTION HEBDOMADAIRE DES ÎLES CANARIES

    Il y a quelques jours, Luis Gonzalo Segura a publié un long article intitulé “Le Sahara, dernière injustice géopolitique du néocolonialisme européen et américain”. L’écriture de Canarias Semanal, afin de faciliter sa lecture, a procédé à sa synthèse et à sa présentation sous forme d’interview.

    Comme on le sait, Luis Gonzalo Segura est un ancien lieutenant de l’armée espagnole, qui a été expulsé de ce corps militaire pour avoir dénoncé dans plusieurs livres de son auteur – “Le livre noir de l’armée espagnole”, et les romans “Code rouge” et ” Un pas en avant “- la corruption et les privilèges qui existent parmi ses plus hautes hiérarchies.

    Dans tous les cas, en bas de cette page, il y a un lien qui permettra à tout lecteur d’accéder à l’original complet de l’article de Gonzalo Segura.

    – Pour une simple question de génération, pour de nombreux Espagnols aujourd’hui, l’histoire du Sahara Occidental et ses relations avec l’Espagne sont absolument inconnues. Beaucoup de jeunes Espagnols savent, en effet, que le Sahara était une colonie espagnole, mais ils ne savent pas comment il est passé de cette condition à celle d’un territoire occupé par la monarchie marocaine. Quelle était cette étrange «pirouette» qui faisait passer le Sahara d’une condition à une autre?

    Le Sahara occidental est passé le 6 novembre 1975 de la dictature espagnole à la dictature marocaine après la Marche verte promue par Hassan II, qui a réussi à mobiliser plusieurs centaines de milliers de personnes. Ou plus précisément, il faut dire qu’une partie du Sahara Occidental a effectué cette transition particulière, car si le centre et le nord de la région ont été cédés à la dictature marocaine, le sud s’est retrouvé entre les mains de la Mauritanie. Tout cela, bien sûr, avec l’acquiescement des États-Unis, sinon avec leurs chuchotements.

    Cette distribution du gâteau – 266000 kilomètres carrés, – pas moins que l’équivalent de la moitié de l’Espagne -, si typique des diners occidentaux, n’a pas tenu compte de l’opinion des sahraouis eux-mêmes, qui ont vu la couleur des drapeaux changer et la lignée de son dictateur sans son consentement. Car le Front Polisario, apparu peu de temps auparavant, en 1973, avait revendiqué l’indépendance du Sahara Occidental vis-à-vis de l’Espagne, dont il exerçait l’administration coloniale depuis la fin du XIXe siècle, mais pas pour devenir la colonie d’une autre dictature.

    – Les Sahraouis ont-ils résisté à l’occupation militaire par le Royaume du Maroc?

    Alors que le Front Polisario a réussi à conclure un accord avec la Mauritanie en 1979, trois ans après la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), le problème avec le Maroc a conduit à un conflit armé, jusqu’à la signature d’un accord de paix en 1991 définitif qui envisageait la réalisation d’un référendum libre afin que le peuple sahraoui puisse librement décider de son destin.

    – Et ce référendum a-t-il déjà eu lieu?

    Le référendum n’a jamais eu lieu, ce qui a rendu permanent l’exil sahraoui dans les camps situés près de Tindouf, en Algérie. Et avec une circonstance aggravante, puisque la mission des Nations Unies pour organiser le référendum au Sahara occidental (MINURSO), s’est non seulement avérée être un échec retentissant, mais a été enterrée aujourd’hui par les intérêts de chacun.

    -Dans le cas d’un territoire désertique comme le Sahara, qu’est-ce qui le rend si appétissant pour le Maroc?

    Le fait est que ce n’est pas seulement «appétissant» pour le Maroc. L’Europe bénéficie des zones de pêche existantes sur le vaste littoral sahraoui, plus de 1 100 kilomètres de côtes, dans les accords qu’elle conclut avec le Maroc. Ainsi, le Maroc et l’Europe, principalement l’Espagne, partagent sans vergogne cette importante ressource naturelle, tandis que les Sahraouis vivent dans des conditions désastreuses dans des camps de réfugiés installés à plus de 500 kilomètres à l’intérieur de leur capitale, El Aaiún. Le Maroc, en plus de partager les zones de pêche avec l’Europe, exploite les précieuses mines de phosphate, avec lesquelles les engrais sont fabriqués.

    Il était inutile qu’en 2018 la Cour de Luxembourg ait jugé que l’accord de pêche entre l’Union européenne et le Maroc n’avait aucun effet sur le Sahara occidental, car il ne faisait pas partie du Maroc, puisque le Parlement européen a approuvé l’accord en 2019 avec la dictature alaouite, y compris le Sahara occidental. L’Europe ignore ses propres tribunaux ou ses propres valeurs.

    – Quelles raisons géostratégiques ont poussé les Etats-Unis et les pays occidentaux à soutenir l’occupation marocaine?

    Les Etats-Unis étaient heureux que la dictature marocaine, l’un de ses «fils de pute» – selon les termes de Roosevelt et Kissinger – occupe le Sahara, car elle offre des bases militaires sur son territoire. En effet, en 2008, les Américains ont localisé l’Africom (United States African Command) à la base militaire de Tan Tan, à une courte distance d’El Aaiún, des îles Canaries et de Tindouf. Autrement dit, près de la zone de conflit actuelle. Sur cette base, les États-Unis ont non seulement renforcé la position de dictature de Mohamed VI tout en portant gravement atteinte aux possibilités des sahraouis d’organiser un référendum d’autodétermination, mais ils ont également servi à essayer d’arrêter – et de concurrencer – l’expansion chinoise en le continent. En effet, ces derniers mois, le Maroc a proposé aux Etats-Unis l’utilisation de la base Alcazarguir, dans le détroit de Gibraltar, en option à la base espagnole de Rota, dont l’accord doit être renouvelé en 2021.

    – Plus de 30 ans après cette occupation, la guerre est maintenant déclenchée. Quels facteurs expliquent cette confrontation militaire qui peut avoir de graves implications géopolitiques en Afrique du Nord?

    Près de trente ans se sont écoulés depuis l’accord sur la tenue d’un référendum. Devant l’impossibilité de le faire, comme établi dans le cessez-le-feu conclu par l’ONU en 1991, plusieurs dizaines de Sahraouis ont décidé de bloquer la route d’accès mauritanienne à Guerguerat en guise de mesure de protestation le 21 octobre.

    Derrière cet appel au réveil se cache la situation désespérée dans laquelle 250 000 Sahraouis vivent mal et l’espoir offert par le changement présidentiel aux États-Unis dans le contexte international. Un espoir naïf pour le moins si l’on tient compte du bilan géopolitique nord-américain.

    En représailles, il y a quelques jours à peine, le 13 novembre, l’armée marocaine est entrée dans Guerguerat, une zone démilitarisée située à la frontière avec la Mauritanie, au sud du Sahara occidental. L’incursion s’est terminée par un échange de tirs sans blessés et par une réponse ultérieure du Front Polisario aux sites militaires marocains situés derrière le mur, le plus long au monde avec plus de 2500 kilomètres, dans lesquels ils affirment avoi r fait des victimes.

    Les Sahraouis sont un peuple condamné à souffrir de la faim, de la misère et des violations constantes de ses droits humains, tandis qu’un régime autoritaire partage sa richesse avec l’Europe et les États-Unis. Une réalité qui montre, comme beaucoup d’autres, que les intérêts géopolitiques sont au-dessus de ce qui est juste et correct. Cette tragédie est un paradigme du néocolonialisme.

    Canariassemanal.org, 23 nov 2020
     
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 

  • Collapse of Western Sahara ceasefire threatens prospect of a peaceful solution to 45-year long conflict

    Renewed fighting in Western Sahara between the Frente Polisario and Morocco after a 29-year ceasefire threatens regional stability and renews fears for the security and future of Sahrawi refugees – most of whom have been displaced since 1975. Over 173,000 Sahrawis live in the Sahara Desert near Tindouf, Algeria, and are almost entirely dependent upon aid to survive. The COVID-19 pandemic has further exacerbated chronic hunger and poverty in the camps since March.

    Read more from the source : Reliefweb

     

     

     

     

     

    Tags : Western Sahara, Morocco, Frente Polisario,

  • Sahara Occidental : «Le Maroc doit tirer les leçons de son arrogance» (Diplomate)

    MOHAMED YESLAM BAISSAT, AMBASSADEUR DE LA RASD EN AFRIQUE DU SUD : «Le Maroc doit tirer les leçons de son arrogance»

    Entretien réalisé par Tarek Hafid

    Représentant en Afrique du Sud du Front Polisario de 1998 à 2003, Mohamed Yeslam Baissat est revenu à Pretoria en qualité d’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique. Ce diplomate expérimenté, qui a notamment été en poste à Alger, Washington et Bruxelles, décrypte pour Le Soir d’Algérie les derniers événements au Sahara Occidental.

    Le Soir d’Algérie : Jeudi 19 novembre, vous avez pris officiellement vos fonctions d’ambassadeur de la RASD à Pretoria après avoir remis vos lettres de créances au Président Matamela Cyril. L’Afrique du Sud est-elle toujours aussi engagée auprès du peuple sahraoui ?

    Mohamed Yeslam Baissat : Nos deux pays entretiennent une relation très solide, qui s’est forgée durant de longues années de luttes communes contre le colonialisme et l’Apartheid. C’est une camaraderie d’armes que nous avons bâtie avec nos frères du Congrès national africain (ANC). Une relation de fraternité, d’amitié et de lutte.

    Durant les années 80, l’administration Reagan avait fait la bêtise d’inscrire l’OLP, l’ANC et l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (Swapo) sur la liste des organisations terroristes. En réaction à cette décision, feu Mohamed Abdelaziz avait invité Oliver Tambo, le président de l’ANC, à effectuer une visite officielle au Sahara Occidental en 1987. Au dernier jour de sa visite, le Front Polisario lui a remis une quarantaine de blindés légers Panhard repris à l’armée marocaine. Ces blindés avaient été livrés par le régime de l’Apartheid à l’armée de Hassan II dans le cadre d’un accord secret. Nous avons fait de même avec nos camarades namibiens de la Swapo. C’était la contribution du Front Polisario à la lutte de libération des peuples d’Afrique du Sud et de Namibie.

    Actuellement, les relations entre la RASD et l’Afrique du Sud sont diversifiées: gouvernementales, diplomatiques, parlementaires et entre nos collectivités locales. Le Front Polisario et l’ANC entretiennent également des rapports des plus importants. Les groupes de solidarité, les organisations de la société civile sud-africains sont également très actifs. Le Forum de solidarité avec le Sahara, les Western Sahara Friends encore l’Action solidaire figurent parmi les organisations citoyennes les plus actives dans la cause sahraouie.

    Le Maroc et ses principaux alliés semblent avoir été surpris par la réaction du Front Polisario qui a décidé de reprendre la guerre suite à l’agression de Guerguerat. Finalement, la stratégie du statu quo entretenue par le Maroc était-elle basée sur la thèse que les Sahraouis ne reprendraient jamais les armes ?

    Le Maroc a toujours eu le même problème : créer des mensonges destinés à son opinion publique et se retrouver victime de ses propres mensonges.

    Le régime colonial a affirmé que le peuple sahraoui n’existe pas, que le Polisario est une organisation fantoche, que l’Afrique a changé d’opinion, que le Maroc a fait une réécriture du droit international… Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères, est un spécialiste en création de mensonges. Mais il a un gros souci, c’est qu’il finit par croire à ses propres mensonges. Lorsque le régime marocain a commis l’irréparable en intervenant militairement à Guerguerat contre les militants sahraouis pacifistes. C’est une violation majeure de l’accord de cessez-le-feu. Effectivement, les Marocains étaient persuadés que le Front Polisario n’allait pas riposter. Avant de réagir, nous avions pourtant averti le secrétaire général de l’ONU, les membres permanents du Conseil de sécurité et l’ensemble de la communauté internationale. D’ailleurs, le Maroc a été le premier à être prévenu.

    Le Maroc a été surpris par notre réaction. Aujourd’hui, il ne veut toujours pas croire que la situation idéale dont il a bénéficié durant 30 années est définitivement terminée. Ses dirigeants sont dans une situation de déni de la réalité. Cela relève d’un problème psychologique de ne pas reconnaître que des obus tombent au quotidien sur les têtes de ses soldats et de ses officiers. Mais cela ne peut pas durer, dans les prochaines semaines, ils finiront par croire en la réalité. Les Marocains comprendront alors qu’ils ont créé une situation dangereuse, pour leur pays, la région et pour la communauté internationale.

    Quelles sont les nouvelles du front militaire ? Nous assistons depuis le 13 novembre à un conflit qui se déroule presque à huis clos. Sur le plan de la communication, le Front Polisario se limite à donner des informations générales sur les opérations qu’il mène sur le terrain et de son côté le Maroc impose un véritable embargo médiatique sur ce conflit. C’est une situation très étrange à l’ère de l’hypermédiatisation.

    Effectivement, c’est une situation atypique. Mais il faut comprendre que ces opérations se déroulent dans une zone qui est très étendue car le mur de la honte (mur de séparation marocain) est long de 2 750 km. Les unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) bombardent jour et nuit les positions marocaines sur ce mur. Les forces armées de nos sept régions militaires sont engagées dans cette nouvelle phase de la guerre qui nous oppose au Maroc. Je pense que cette question de communication se réglera dans les prochains jours.

    Pour sa part, le Maroc ne dit absolument rien sur les pertes qu’il subit. Dans un monde marqué par la puissance des mass media et des réseaux sociaux, il ne pourra pas cacher longtemps ce qu’il se passe sur le terrain militaire. D’ailleurs, certaines familles marocaines bravent l’interdiction qui leur est imposée et commencent à publier des annonces de décès de leurs proches. Le Makhzen ne pourra pas cacher longtemps la réalité.

    Pour avoir été en poste à Washington et à Bruxelles, pensez-vous que la nouvelle administration américaine et l’Union européenne pourront jouer un rôle dans la situation actuelle ?

    En 1991, les États-Unis étaient les garants de l’application de l’accord que nous avions signé avec le Maroc. En 1997, ils étaient là encore les garants de l’accord de Houston qui a été signé entre les deux parties. Malheureusement, ils n’ont pas assumé leur responsabilité morale qu’imposait ce rôle de garant. Les Américains n’ont pas défendu ces accords. Nous avions constaté qu’il y avait une certaine volonté de régler la situation sous l’administration du Président Barack Obama, dont Joe Biden était vice-président. Donc, le retour aux affaires de Biden peut susciter des espoirs. La nouvelle administration américaine peut investir son poids, sa crédibilité morale et aussi son statut de garant pour appliquer ces accords historiques.

    L’Union européenne est la force mondiale la plus proche de notre région. Et c’est à cause d’un membre (la France) de cette Union que nous sommes face à la situation problématique actuelle. J’espère que l’UE tirera la conclusion de tout ce qui s’est produit. Il faut que l’Espagne et la France, les deux pays européens à l’origine de ce conflit, deviennent une partie de la solution et non une partie du problème.

    Pour l’heure, le Front Polisario se concentre sur la guerre ?

    Le Maroc doit revenir à la raison et à la légalité. Il doit tirer les leçons de son arrogance. La reprise de la guerre est notre façon d’attirer l’attention des Marocains et de l’opinion internationale pour dire que la situation ne peut pas continuer. Le Maroc ne peut pas signer un accord et renier tous ses engagements en répétant son stupide discours de souveraineté qui n’existe que dans la tête de ses dirigeants. La guerre, c’est aussi notre façon de dire aux États-Unis et à l’Union européenne que soutenir les thèses du Maroc va s’avérer contreproductif pour les intérêts de ce pays et les intérêts des Occidentaux.

    Depuis quelques mois, des pays africains et arabes ont ouvert des consulats dans la ville de Laâyoune occupée. Quelle est la valeur de ces décisions ?

    Les autorités sahraouies ne sont pas du tout gênées par l’ouverture de ces kiosques consulaires. Ce sont des actes de petite propagande. D’ailleurs, il n’y a aucun ressortissant de ces pays qui réside à Laâyoune occupée. Le Maroc doit comprendre que seuls les Sahraouis peuvent lui accorder la souveraineté du Sahara Occidental à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination. La République fédérale des Comores et les Émirats arabes unis ne lui donneront rien. Khalifa ben Zayed Al Nahyane peut donner les îles Tunb à l’Iran mais il ne pourra jamais donner le Sahara Occidental au Maroc. Le Sahara appartient aux Sahraouis. D’un autre côté, nous encourageons le Maroc à ouvrir plus de consulats à Laâyoune. Les 193 États du monde doivent tous avoir leurs représentations consulaires pour que tous les pays constatent qu’il existe un territoire occupé et un peuple opprimé.

    Depuis la reprise du conflit, l’ONU est pratiquement effacée. Et que fait la Mission des Nations-Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (Minurso) ?

    La Minurso a été transformée en annexe médiocre de l’administration coloniale, surtout à l’époque du Canadien Colin Stewart, qui était devenu l’adjoint-maire de Laâyoune occupée.
    Depuis son arrivée à la tête de l’ONU, Antonio Guterres s’est montré plus préoccupé par le passage des biens et de personnes vers la Mauritanie que par l’application du droit international. Pourtant, son bureau était inondé par nos correspondances au sujet des violations multiples du régime colonial marocain.
    Il n’a jamais réagi.

    Le Soir d’Algérie, 24 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 

  • Sahara Occidental : « On n’a pas laissé le choix aux Sahraouis » (diplomate)

    ABDELAZIZ RAHABI SUR LE RECOURS DU POLISARIO À LA RIPOSTE ARMÉE FACE À L’AGRESSION MAROCAINE : « On n’a pas laissé le choix aux Sahraouis »

    Dans un long entretien accordé au quotidien arabophone « El Khabar », consacré essentiellement à la cause sahraouie et ses ramifications sur le plan régional et international, l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi a estimé que l’escalade qu’a connue la région après l’agression marocaine à El-Guerguerat, qui a porté le coup de grâce au cessez-le-feu signé en 1991 entre le Front Polisario et le Maroc était prévisible. Pour le diplomate Rahabi, ceux qui suivent de près l’évolution de la cause sahraouie, savent pertinemment que ce qui s’est produit à présent était prévisible en raison du blocage du processus de paix constaté depuis 1991.

    L’ancien ministre de la Communication a tenu à rappeler dans ce sens, que de 1975 à 1991, le Sahara occidental a toujours vécu en conflit armé. Et c’est cet état des lieux qui a d’ailleurs ramené la communauté internationale à s’en convaincre de la nécessité d’un cessez-le-feu et aller vers des négociations directes pour un recensement de la population sahraouie, sachant que cette entreprise était facilement réalisable sur le terrain du fait que l’ancien colonisateur du Sahara occidental, l’Espagne, avait déjà opéré dans ce sens car la population locale portait déjà des documents espagnols, a expliqué M.Rahabi.

    En plus du recensement, a-t-il ajouté, il y a aussi la nécessité du maintien de la fin des hostilités et l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Quant aux origines de ce blocage, M.Rahabi a affirmé qu’il suffit de lire l’histoire de manière objective pour en situer les responsabilités, rappelant que tous les pays avaient exercé de fortes pressions sur le Sahara occidental afin de signer la fin des hostilités partant du fait que c’est les Nations unies qui sont garantes du respect du cessez-le-feu. Et c’est à partir de là que les Sahraouis avaient alors accepté de déposer les armes. Mais malheureusement l’ONU n’a pas tenu parole, et doit en assumer l’entière responsabilité, tout en endossant la responsabilité politique à la France et le coté historique à l’Espagne car cette dernière est toujours l’autorité administrative sur ce territoire du point de vue de la loi internationale.

    Et les conséquences du cessez-le- feu, selon Rahabi, sont bénéfiques pour le Maroc, lui permettant de gagner du temps, mais si dramatique pour le peuple sahraoui, réduit entre temps à vivre sous des tentes depuis 29 ans. En résumé on n’avait pas laissé d’autre choix pour le Sahara occidental que la lutte armée, a-t-il dit.

    Quand la France bloque la désignation d’un envoyé spécial

    Il a estimé par ailleurs que la responsabilité est collective à commencer par l’ONU qui n’avait pas dépêché un envoyé spécial au Sahara occidental 18 mois après la démission de l’ancien. Car, faut-il le savoir, a-t-il encore expliqué, l’envoi d’un émissaire dans la région ne relève pas des prérogatives du SG de l’organisation onusienne. Et à chaque fois qu’il tente de dégager un envoyé spécial pour la région il se retrouve heurté au blocage des Nations unies et de la France, et par conséquent il est aisé d’en déduire qu’il y a des pays qui cherchent à maintenir et préserver leurs intérêts au Sahara occidental et disposent de leur propre agenda pour cette région, a fait savoir le diplomate Rahabi.

    Sur une question de savoir est-ce réellement la question du Sahara occidental freine le projet mort-né de l’Union du Grand Maghreb, M.Rahabi en s’appuyant toujours sur des faits historiques, a souligné que lors de la rencontre des dirigeants des pays magrébins, tenue en 1988 à Zeralda à Alger, les participants étaient convaincus que l’idée de la création de ce bloc magrébin et la complémentarité économique et d’intérêts qui en découleront allaient inévitablement contribuer à la résolution du conflit sahraoui. Cette conviction a été d’ailleurs réaffirmée lors de la rencontre de Marrakech en 1989 et que la naissance de l’entité magrébine allait jeter les jalons d’une nouvelle dynamique d’intérêts communs pour les États et peuples de la région, à travers la libre circulation des personnes, et des marchandises en plus de pouvoir négocier en bloc avec les parties étrangères, sauf que le Maroc et la Tunisie avaient préféré de faire cavaliers seuls en négociant en solo en 1994 avec l’Union européenne, alors que l’Algérie était confrontée à cette époque au terrorisme.

    Plus précis il affirme qu’il était convenu lors des deux rencontres (Zeralda et Mérrakech) que la question sahraouie suit son parcours au sein de l’Union africaine et des Nations unies, et le bloc en chantier avait alors pris forme en dépit que la question sahraouie était déjà posée à cette époque.
    Une délégation sahraouie conduite par l’actuel président a été même reçue à Marrakech par le roi Hassan 2 en 1989 et une dynamique a été même créée pour la création de l’UMA. Mais la suite des évènements a bloqué tout le processus après que Rabat eut imposé le visa aux Algériens, et l’affaire de l’attentat terroriste perpétré au Maroc que ce dernier avait alors imputé injustement à l’Algérie.

    Rabat avait par la suite gelé sa participation aux travaux de l’organisation magrébine, a souligné, le diplomate Rahabi, affirmant que c’est le Maroc qui était à l’origine du blocage de la concrétisation du projet et non pas le Sahara occidental. S’agissant de l’éventualité que la reprise de la lutte armée par les Sahraouis pourrait contribuer à arracher un referendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui, le diplomate Rahabi, a indiqué que tout blocage politique génère en fin du compte la relance d’un processus de paix et ce n’est pas propre à la question sahraouie.

    Les Sahraouis cherchent à sortir du statu quo

    M. Rahabi dit avoir, par ailleurs, le sentiment que ce que redoutent les pays européens, dans cette reprise des hostilités c’est un probable flux migratoire envers ces pays, ce qu’ils voient d’ailleurs d’un mauvais œil et une menace pour leur stabilité.

    Concernant l’ouverture des consulats au Sahara occidental comme annoncé par le Royaume de Jordanie, l’ancien ministre estime que le Maroc n’a aucune emprise légale sur les territoires sahraouis et qu’aucun pays à travers le monde ne lui reconnait ce droit et l’ouverture d’un consulat est une formalité d’une forte portée symbolique politique parce que l’ouverture d’un consulat nécessite la présence d’une diaspora dans le pays ce qui n’est pas le cas pour les pays du Golfe. Il s’agit donc d’un soutien politique symbolique pour le Maroc.

    L’ancien diplomate a affirmé en conclusion que les Sahraouis ne cherchent pas à embraser la région bien au contraire, ils sont à la quête d’une relance effective et sérieuse du processus de paix et une nouvelle orientation politique pour sortir du blocage actuel et la tenue du référendum de l’autodétermination.
    Brahim Oubellil

    Le Courrier d’Algérie, 23 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #WesternSahara 

  • Western Sahara Clashes Fuelled by ‘Frustration’ Over Status Quo

    Armed clashes between Morocco and the Polisario Front reflect the movement’s frustration with a three-decade status quo that has frozen its dreams of independence in the Western Sahara, analysts say…

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    Tags : Western Sahara, Morocco, Polisario, 

  • Sahara Occidental : L’armée sahraouie poursuit son offensive

    par Abla Chérif

    La guerre se poursuit au Sahara Occidental où les forces sahraouies intensifient le pilonnage des positions marocaines le long du mur de séparation.

    Ce week-end, il y a eu d’ailleurs un septième communiqué émis par l’APLS (Armée populaire de libération sahraouie) indiquant que des «attaques intenses» ont été menées mercredi et jeudi au niveau de quatre points de défense marocaine différents. La même source fait état de «pertes matériels et humaines». Depuis la reprise des hostilités, près d’une dizaine de positions ont été la cible d’attaques du même genre. L’armée sahraouie communique régulièrement sur les événements qui se déroulent sur ses territoires et elle a fait particulièrement grand bruit des frappes menées contre le secteur 4 d’Amgala, une parcelle chargée d’histoire car symbolisant la défaite des FAR (Forces armées royales) durant une rude bataille qui les opposait en 1976 au Front Polisario.

    L’ONU a été informée de la situation qui se déroule sur place par les éléments de la Minurso qui ont affirmé avoir enregistré des échanges de tirs à plusieurs reprises au cours de la semaine qui vient de s’écouler. Le rôle de la Mission des Nations-Unies pour le référendum au Sahara Occidental semble se limiter à l’observation pour le moment, cette dernière a été de tout temps très contestée par les dirigeants de la RASD (République arabe sahraouie démocratique) qui évoquent sa passivité face à la politique du «fait accompli» du Maroc. Étrangement, le Maroc reste, en revanche, éloigné de la guerre de communication qui se mène en parallèle. Le 13 novembre dernier, Rabat avait annoncé avoir lancé une opération militaire à Guerguerat, une zone-tampon qui constitue son seul passage terrestre vers la Mauritanie. Ce passage est resté bloqué plus de deux semaines par des manifestants sahraouis pacifiques qui contestaient les violations quotidiennes, par les Marocains, des règles établies durant l’accord de cessez-le-feu. Ces dernières interdisent toute circulation aux civils et militaires. Depuis cette annonce, le Maroc s’est fait très peu entendre sur le sujet. Nacer Bourita, son ministre des Affaires étrangères, a limité ses propos à une explication évasive de l’attaque que l’armée de son pays avait menée, insistant sur le fait que «l’action n’était pas une provocation».

    Cette attitude qui demeure la même depuis une semaine tranche avec le ton offensif et les déclarations habituellement faites en temps de crise. Sur le terrain, les forces armées marocaines ne semblent pas avoir l’avantage non plus puisque leur action se limite à des actes de défense. Pour l’heure, l’occupant semble davantage miser sur d’autres méthodes. Plusieurs zones des territoires occupés ont été dernièrement le théâtre d’opérations visant à terroriser la population qui fait preuve d’un grand engouement pour une résolution par la force d’une situation interminable.
    Laâyoune, capitale occupée du Sahara Occidental, a été «militarisée, les maisons encerclées, perquisitionnées, les déplacements rendus impossibles du fait de la présence policière dans toutes les rues et quartiers», ont dénoncé les Sahraouis.

    Ces événements se déroulent dans un contexte régional déjà très tendu. L’Algérie s’en retrouve avec un conflit supplémentaire à ses frontières déjà soumises à haute tension au sud et au sud-ouest. Engagée depuis de longues années pour une résolution pacifique du conflit à travers l’application du plan de paix ONU-OUA qui prévoit l’organisation d’un référendum d’autodétermination, Alger considère la situation actuelle comme étant une question de sécurité nationale.

    Le Soir d’Algérie, 21 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara