Tag: Maroc

  • Maroc-SaharaOccidental : La roublardise comme diplomatie

    «La situation au Sahara occidental, notamment les développements auxquels nous avons assisté récemment, est une source de grande inquiétude pour l’Algérie…outre les tentatives d’imposer la politique du fait accompli dans les territoires d’un membre fondateur de notre organisation, les violations enregistrées contre des civils dans la région d’El-Guerguerat ont posé de sérieux défis susceptibles de mettre en péril la paix et la sécurité dans toute la région». a averti Sabri Boukadoum dans son allocution à la session extraordinaire du Conseil exécutif de l’UA.

    Les mots utilisés par le chef de la diplomatie algérienne ont leur poids et ils pèsent lourd au sein de l’organisation africaine où elle joue et a toujours joué un rôle central. Il faut dire que le Maroc a encore une fois fait le choix délibéré de mettre en péril la stabilité de la région, en répondant à un agenda domestique dangereux, mais aussi en mettant en musique tout un agenda étranger qui n’a jamais désespéré de faire entrer notre région dans un perpétuel état de déstabilisation.

    Le Maroc devient ainsi le mauvais élève qui n’a rien appris de ses sorties de route depuis qu’il a quitté l’organisation africaine en jouant la politique de la chaise vide, avant d’y revenir en s’engageant à respecter toute sa charte y compris la reconnaissance de tous les membres de UA, dont fait partie la République sahraoui qui en est même un membre fondateur. Mais comme à son accoutumée le royaume chérifien a vite fait de faire volte face, et pire encore il s’adonne depuis un moment déjà à jouer la division au sein de l’organisation. Une roublardise qui fait office de diplomatie et qui commence à lasser sérieusement les grands pays africains qui tiennent au respect de leur organisation et à celui de ses membres.

    Il faut dire que les Africains avaient mis comme objectif majeur en cette année 2020, de faire taire les armes sur tout le continent, mais le Maroc se met au travers de ce chemin, comme l’a déclaré le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, en continuant à occuper le Sahara occidental et en tournant le dos aux résolutions Internationales qui appellent toutes à l’organisation d’un référendum d’autodétermination par lequel le peuple sahraoui se prononcera sur son indépendance.

    Une indépendance inéluctable quels que soient les coups fourrés de Rabat qui doit être rappelé à l’ordre par l’ONU qui doit assumer pleinement sa responsabilité avant de voir la situation, déjà compliquée, prendre des proportions encore plus dangereuses pour toute la région.
    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 5 déc 2020

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    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara #Morocco

  • Sahara Occidental : l’UE ignore sa propre cour sur le commerce de conflit

    Quatre ans se sont écoulés depuis que la Cour de justice de l’UE a décidé que les produits du Sahara Occidental occupé ne pouvaient pas être inclus dans les accords commerciaux UE-Maroc. Aujourd’hui, WSRW présente un rapport détaillant les efforts que l’UE déploie pour saper politiquement la décision.

    La plus haute Cour de l’Union Européenne a statué en décembre 2016 que le Sahara Occidental ne pouvait pas être inclus dans le champs d’application de l’accord commercial UE-Maroc. Pourtant, à ce jour, l’UE continue d’importer des produits de la pêche du Sahara Occidental, soutenant directement les revendications illégales du Maroc sur le territoire. Le seul ajustement que l’UE a fait à la suite de la décision historique a été d’admettre qu’ils font ce qu’ils ont toujours fait.

    Aujourd’hui, Western Sahara Resource Watch (WSRW) publie un rapport détaillé de la portée de la pratique illégale de l’UE :

    ● Elle accepte les déclarations d’origine erronées sur les documents douaniers et les certificats vétérinaires délivrés par les autorités marocaines sur les terres occupées,

    ● Elle accepte l’inclusion des entreprises situées au Sahara Occidental dans la liste des établissements agréés du gouvernement marocain,

    ● Elle renonce aux droits de douane sur ces marchandises,

    ● Elle entrave activement la collecte de données sur les flux commerciaux du territoire.

    Téléchargez le rapport en anglais (version en français à venir) : Au-dessus des lois – Comment l’UE importe ostensiblement des produits de la pêche du Sahara Occidental occupé, ignorant sa propre Cour de justice.

    Le soutien tacite de l’UE à l’exploitation du Sahara Occidental et la revendication intenable du Maroc sont une cause de profonde exaspération pour le peuple du territoire. La réponse militaire du Maroc à une récente manifestation des Sahraouis contre le pillage de leurs terres par le Maroc a conduit à une reprise du conflit armé, implosant une trêve de 29 ans négociée par l’ONU.

    La Cour de justice de l’UE a fixé en 2016 comme condition préalable que le peuple sahraoui doit consentir pour que le commerce de l’UE se déroule avec le territoire. Cela n’est jamais arrivé. Le rapport de WSRW documente qu’au lieu d’essayer d’obtenir un consentement pour poursuivre son commerce, la Commission a induit en erreur le Parlement et le Conseil en présentant de fausses déclarations sur les opinions du peuple sahraoui. Aucune association prônant l’autodétermination n’a jamais été en contact avec l’UE pour la renégociation d’un accord commercial renouvelé.

    Une partie lucrative du commerce consiste en l’importation de farine et d’huile de poisson. Dans peu d’autres endroits en Europe, cela est plus flagrant qu’un terminal du port de Brême : le centre des importations de farine de poisson vers l’Europe. Ce rapport suit les itinéraires de la farine de poisson des territoires occupés vers l’Allemagne et montre que la moitié des exportations de farine de poisson du Maroc vers l’Allemagne en 2019 provenaient en fait du Sahara Occidental. De même, WSRW a suivi les exportations d’huile de poisson du Sahara Occidental vers les Pays-Bas et la France. Les produits de la pêche proviennent d’activités de pêche non durables menées dans les eaux du Sahara Occidental.

    La controverse sur le commerce UE-Sahara Occidental est illustrée par une cargaison qui est en route cette semaine.

    Hier, 2 décembre 2020, le chimiquier, Oramalia, est arrivé au port de Tantan dans le sud du Maroc. À l’arrivée à Tantan, le navire est déjà à moitié plein d’huile de poisson chargée au Sahara Occidental occupé au cours de la semaine dernière. Dans quelques jours, il se dirigera très probablement vers un port de l’UE, comme il l’a fait auparavant.

    L’UE a veillé à ce que le commerce avec le territoire occupé se déroule sans heurts, tant pour l’exportateur au Sahara Occidental que pour l’importateur dans l’UE. Le gouvernement marocain est autorisé par l’UE à délivrer des permis à l’exportateur et à se définir comme pays d’origine. Entre-temps, l’UE accepte ouvertement que l’importateur achète des biens dans le cadre d’un accord UE-Maroc qui sont produits dans un endroit qui ne fait pas partie du Maroc.

    “Nous appelons les institutions de l’UE, les États membres de l’UE et les entreprises impliquées à honorer les arrêts de la Cour de justice et surtout la volonté du peuple du Sahara occidental. Actuellement l’UE sabote directement tout respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et au processus de paix de l’ONU. L’UE n’a pas le droit de conclure des accords commerciaux avec le Maroc couvrant le Sahara Occidental sans obtenir au préalable le consentement de son peuple. L’UE ne doit pas se placer au-dessus des lois “, a déclaré Sylvia Valentin, présidente de Western Sahara Resource Watch.

    Source : WSRW, 3 déc 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara #Morocco


  • Le Maroc accusé d'espionnage en Belgique

    Au mois d’avril dernier, la Belgique a mis fin à l’influence des saoudiens sur la Mosquée du Cinquantenaire en confiant sa gestion à l’Exécutif des Musulmans. Ce dernier s’est avéré soupçonné d’être infiltré par des espions qui travaillent pour le Maroc. C’est la raison qui a poussé le le ministre belge de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open Vld) à refuser la reconnaissance d’une direction provisoire de la Mosquée composée de membres de l’Exécutif des Musulmans. 

    La décision du ministre Van Quickenborne est fondée sur des renseignements fournis par les services de sécurité belges qui font état d’une emprise marocaine. Selon La Dernière Heure, trois collaborateurs de la mosquée, dont un dirigeant, sont désignés par la Sûreté belge comme appartenant aux services secrets marocains. 
    De ce fait, l’Exécutif des Musulmans de Belgique est prié de faire le ménage dans ses files. L’un de ses membres est soupçonné d’être un espion et fait partie de l’association censée mettre en place un trajet de formation pour les imams. 
    Dans une déclaration faites à la VRT-Radio, le ministre de Justice a appelé à un renouvellement de tous les organes de l’Exécutif des Musulmans de Belgique (EMB) après avoir émis un avis négatif concernant la reprise des activités de la Grande Mosquée du Cinquantenaire, à Bruxelles. Mais le problème ne se limite pas à la Grande mosquée, a-t-il déclaré. “Les mêmes figures continuent d’apparaître, également au sein de l’Exécutif des Musulmans et des organisations à but non lucratif associées”, a-t-il ajouté. 
    M. Van Quickenborne a dénoncé la mainmise de Rabat qu’il a qualifié de “tentacules du Maroc” qui ne cesse de s’étendre et constitue un obstacle devant le développement d’un Islam autonome en Belgique. 
    Le ministre dénonce l’absence de femmes dans l’EMB et le manque de représentation des différentes communautés linguistiques. 
    En dernière instance , M. Van Quickenborne a appelé les musulmans de Belgique à se lever en vue de se faire entendre et faire la différence 
    “L’EMB devrait promouvoir un islam progressiste compatible avec les valeurs de notre société. Mais il ne comprend que des hommes et il n’y a pas de représentativité des différentes communautés linguistiques”, a-t-il souligné. 

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara #Morocco

  • Sahara Occidental : Le Maroc choisit les armes en réponse à la colère du peuple colonisé

    L’armée marocaine est entrée le 13 novembre 2020 dans la zone démilitarisée à Guerguerat au sud du Sahara occidental. Elle a attaqué le campement des civils sahraouis qui bloquaient depuis le 20 octobre, la brèche ouverte par le Maroc dans cette zone-tampon pour y faire transiter les ressources halieutiques et agricoles qu’il exploite illégalement.

    C’est la quatrième fois depuis septembre 1991, que le Maroc rompt les conditions de l’accord de cessez-le-feu signé après seize années de guerre avec le Front Polisario. Le Front Polisario avait apposé sa signature contre la promesse de l’organisation d’un référendum fixé à l’époque en janvier 1992.

    Les rois Hassan 2 puis Mohamed 6 n’ont eu de cesse de faire repousser l’échéance redoutée pour profiter d’une situation « ni guerre, ni paix ». Elle a permis d’installer une colonie de peuplement de centaines de milliers de Marocains et de développer, en toute illégalité, le pillage des ressources naturelles de ce territoire non autonome : phosphate, sable, produits de la mer et agricoles.

    Cette fois l’armée de libération nationale sahraouie a répliqué aux graves provocations du colonisateur, qui refuse d’entendre la colère d’un peuple qui s’est exprimée pacifiquement à Gdeim Izik comme à Guerguerat. Un peuple qui attend depuis vingt neuf ans la réalisation de la promesse onusienne d’accéder à l’autodétermination, alors que sous ses yeux, ses ressources naturelles sont exportées malgré les arrêts de la Cour européenne de justice en application du droit international.

    Le Conseil de sécurité porte une lourde responsabilité dans cette situation. Il est en défaut d’appliquer la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU du 14 décembre 1960 sur « l’octroi à l’indépendance des pays et peuples coloniaux » qui « proclame solennellement la nécessité de mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations ».

    Le Conseil de sécurité a cautionné les entraves du Maroc au travail de la MINURSO, la brèche en est un exemple : les quatre envoyés spéciaux de l’ONU qui se sont succédés, ont demandé en vain qu’elle soit refermée. Leurs démissions expriment d’ailleurs cette paralysie organisée. En 2016 le roi Mohamed 6 a expulsé la composante politique et administrative de la MINURSO chargée de préparer le référendum. Le Secrétaire général de l’ONU a demandé son retour, elle n’est toujours pas complète à ce jour. Malgré ces atermoiements la liste électorale a été arrêtée et ne nécessite qu’une mise à jour. Mais le Maroc n’admet qu’une alternative dans ce référendum : l’autonomie au sein du royaume, option soutenue par la France qui pèse de tout son poids pour empêcher que la MINURSO soit dotée d’un volet de surveillance des droits de l’homme comme le recommandaient les ONG internationales, en particulier dans les zones de conflits armés. Depuis sept années aucun observateur ou professionnel de l’information ne peut séjourner au Sahara occidental occupé : 283 personnes venues de 20 pays et de 4 continents ont été expulsés par le régime colonial. Le correspondant de l’agence espagnole EFE en poste au Maroc n’a pas été autorisé à se rendre à Guerguerat.



    L’AFASPA, solidaire du peuple sahraoui, demande solennellement

    – Au Conseil de Sécurité de l’ONU d’organiser dans les plus brefs délais un référendum qui applique l’expression libre et authentique de la volonté des populations du Sahara occidental.

    – A l’Union Africaine de jouer pleinement son rôle pour le droit à l’autodétermination du seul peuple du continent qui n’a pas encore pu se prononcer sur son destin.

    – Au gouvernement français d’adopter une attitude constructive dans ce processus de décolonisation dans le plein respect de l’esprit de la résolution 1514 de l’Assemblée générale des Nations Unies.

    – Au royaume du Maroc de respecter les droits de l’homme dans la partie qu’il occupe du Sahara occidental et de se soumettre à la volonté de des Nations Unies de « mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations » en s’asseyant à la table des négociations.

    Bagnolet le 15 novembre 2020

    Source : Entre les lignes entre les mots, 18 nov 2020

  • Pays-Bas: de la cocaïne découverte dans des conteneurs destinés à des entreprises belges

    Les douanes néerlandaises ont saisi jeudi 478 kilos de cocaïne dissimulés dans trois conteneurs, dont deux étaient destinés à une entreprise belge, dans le port de Rotterdam. Selon le parquet de la ville portuaire néerlandaise, les entreprises ne semblent pas impliquées dans le trafic.

    La drogue a été découverte lors d’un contrôle de routine. Un des conteneurs provenant de République dominicaine et ayant une entreprise belge comme destinataire est arrivé mardi à Rotterdam à bord d’un navire chargé de fournitures médicales. Les douaniers ont découvert à son bord 420 paquets contenant des produits stupéfiants. «L’entreprise semble étrangère au trafic», a indiqué le parquet.

    Les deux autres conteneurs sont arrivés à bord d’un navire en provenance du Brésil qui avait navigué jusqu’à Rotterdam via Tanger au Maroc.

    Le deuxième conteneur dans lequel les douaniers ont découvert 28 paquets près des moteurs de refroidissement contenait du poulet congelé en provenance des EÉats-Unis et avait comme destination une entreprise en Suisse qui semble par ailleurs étrangère au trafic aussi, selon le ministère public.

    Le troisième conteneur était chargé de médicaments destinés à une entreprise belge qui ne semble pas non plus impliquée dans le trafic, selon le parquet de Rotterdam. Les douanes ont mis la main dans ce cas sur 30 paquets également dissimulés près des moteurs de refroidissement.

    La valeur marchande des drogues interceptées s’élève à plus de 35 millions d’euros.

    Mercredi, les douanes avait déjà saisi, toujours à Rotterdam, 421 kilos de cocaïne d’une valeur à la revente estimée à 31 millions d’euros.

    L’avenir.net, 4 déc 2020

    Tags : Maroc, Pays Bas, drogue, cocaïne,

  • Visas et immigration : la nouvelle proposition de l’UE au Maroc

    L’Europe, qui a besoin d’immigration, propose une nouvelle approche au Maroc. Une proposition qui rejoint celle faite récemment par l’Italie à la Tunisie.

    Par Camelia Amrani

    L’Europe veut accélérer les renvois d’immigrés clandestins au Maroc. Pour y parvenir, la commissaire aux Affaires intérieures à l’Union européenne (UE), Ylva Johansson, a entamé, mardi 1er décembre, une visite de deux jours à Rabat afin de discuter d’un partenariat « mutuellement bénéfique » entre les deux parties.

    L’objectif du partenariat consiste en l’augmentation du nombre d’expulsions de l’UE vers le Maroc, avec en échange une politique de facilitation de l’obtention des visas Schengen pour les citoyens marocains.

    « J’ai été mandatée pour négocier la réadmission et la facilitation des visas », a affirmé Mme Johansson en marge de sa rencontre avec les autorités marocaines.

    Facilitation des visas et des vois légales

    « L’UE a besoin de migration. Nous sommes une société vieillissante, nous avons besoin de migrants, mais… les citoyens européens ont un peu peur des arrivées irrégulières », a expliqué la commissaire européenne aux Affaires intérieures.

    « Avoir moins d’arrivées irrégulières et renvoyer ceux qui ne peuvent pas rester, c’est étroitement lié à la facilitation des visas et aux voies légales (de migration, NDLR) », a-t-elle souligné dans ce cadre. Une proposition qui rejoint celle faite récemment par l’Italie à la Tunisie.

    L’Union européenne a mobilisé 343 millions d’euros pour la gestion de la migration au Maroc depuis 2018, y compris des programmes d’éducation et de formation de la police, selon des données de l’UE publiées ce mardi.

    Ylva Johansson a également fait état de la « situation aigüe » relevée actuellement aux îles Canaries (Espagne), où les arrivées de migrants illégaux ont explosé ces derniers mois, dont la moitié serait en provenance du Maroc, selon elle.

    Un partenariat entre l’UE et le Maroc

    « Nous avons le défi de personnes arrivant actuellement aux îles Canaries. 90 000 personnes sont arrivées ces derniers mois, et il semble que la moitié d’entre eux sont des ressortissants marocains », a fait savoir la commissaire européenne.

    « Nous avons une bonne coopération (avec le Maroc) en matière de migration, à la fois sur la lutte contre les passeurs et sur les retours, mais il y a encore de la marge pour s’améliorer », a estimé Mme Johansson.

    « Je ne suis pas ici pour dire aux Marocains quel type d’aide ils pourraient avoir besoin. Je suis ici pour discuter du partenariat, de la manière dont nous pouvons avoir une relation mutuellement bénéfique », a-t-elle affirmé.

    Visa-Algérie, 2 déc 2020

    Tags : Maroc, visa,

  • Immigration : l’Union européenne ménage le Maroc

    Analyse 

    Rabat est central dans la politique européenne visant à contenir les migrants illégaux. Depuis 2018, 343 millions d’euros d’aides ont été versés par l’Union européenne au royaume chérifien, notamment pour la formation de sa police.
    Les arrivées illégales aux Canaries font l’objet d’une intense activité diplomatique. Cette année, 18 000 migrants ont atteint l’archipel espagnol, situé au large des côtes marocaines, contre un peu moins de 3 000 l’an dernier. Ylva Johansson, la commissaire européenne aux affaires intérieures, était en visite au Maroc mardi 1er décembre.
    « Il semble que plus de la moitié des migrants soient marocains, et il est important de savoir comment faire en sorte qu’ils rentrent », a-t-elle affirmé. Mais elle promet aussi de faciliter les visas pour les Marocains : « Pour moi, avoir moins d’arrivées irrégulières et renvoyer ceux qui ne sont pas autorisés à rester est étroitement lié à la facilitation des visas et à la migration légale. »
    Une aide financière pour Rabat
    La commissaire européenne sait qu’elle a besoin du Maroc pour contenir l’arrivée de migrants sur les côtes espagnoles. L’Union européenne pourrait ainsi augmenter son aide financière à Rabat pour la sécurisation de ses frontières. Depuis 2018, le royaume chérifien a reçu 343 millions d’euros d’aides européennes, notamment pour la formation de sa police. La Commissaire européenne est disposée à étudier un mécanisme de compensation financière afin de soutenir le gouvernement à supporter les coûts de cette nouvelle crise migratoire.
    Ce point sera à l’ordre du jour du sommet européen des 10 et 11 décembre. L’Italie, l’Espagne, la Grèce et Malte ont uni leurs voix dans une lettre adressée mercredi 25 novembre aux dirigeants de l’Union afin d’exposer leurs inquiétudes concernant la pression migratoire sur leurs côtes.
    Il y a une semaine, le ministre espagnol de l’intérieur Fernando Grande-Marlaska s’était rendu à Rabat pour expliquer que la politique de Madrid consiste à « renvoyer » les migrants « qui sont irréguliers et qui ne sont pas éligibles à la protection internationale ». Mais il avait pris soin de ménager son partenaire, soulignant la « coordination extraordinaire » de son pays avec le Maroc.
  • Affaire Belliraj: décision de renvoi pour assises le 24 décembre


    Le 24 décembre, la chambre d’accusation bruxelloise se prononcera sur l’affaire d’Abdelkader Belliraj, le Belge d’origine marocaine soupçonné de six meurtres politiques dans les années 1980. Le procureur fédéral demande que l’homme soit acquité.

    Il y a cinq ans, Belliraj était déjà acquité par la salle d’audience. Il était soupçonné de faire partie d’une organisation terroriste dans les années 1980. Belliraj aurait été impliqué dans six meurtres dans les années 1980, dont celui du Dr Joseph Wybran, alors président du Comité de coordination des organisations juives en Belgique (CCOJB). Son implication présumée dans ces faits a été révélée lorsque Belliraj a été arrêté au Maroc il y a plusieurs années, soupçonné de terrorisme. Belliraj a avoué les meurtres aux enquêteurs marocains, mais ses avocats disent que ces aveux sont “inadmissibles” parce que Belliraj les aurait faits sous la torture. Il a été condamné au Maroc et purge actuellement une peine à perpétuité.

    Sécurité de l’Etat

    Selon la chambre du conseil, il ne pouvait pas être suffisamment inculpé pour le renvoyer devant la cour d’assises. Un appel a été interjeté, ce qui signifie que la chambre d’accusation doit maintenant décider si Belliraj et six autres suspects en Belgique doivent être jugés devant la cour d’assises pour ces faits. Le parquet fédéral demande le non-lieu. Selon La Dernière Heure, le parquet soutient que les faits sont prescrits et qu’il n’y a pas suffisamment d’indices de culpabilité. En revanche, les parties civiles, dont la veuve du Dr Wybran, insistent sur un procès d’assises. Le dossier traîne depuis plusieurs années. Par exemple, en 2016, l’IA a décidé d’autoriser des enquêtes supplémentaires, afin de pouvoir vérifier si Belliraj avait effectivement travaillé comme informateur à la Sûreté de l’État. Selon La Dernière Heure, la Sûreté de l’Etat aurait admis que c’était le cas, mais n’aurait soumis qu’un dossier incomplet. Le Ki. statuera sur l’affaire le 24 décembre.

    Source : hln.be, 4 déc 2020 (traduction non officielle)

    Tags : Maroc, Belgiaue, Belliraj, Dr Wybran, terrorisme,

  • Sahara Occidental : «Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui»

    LA RASD-L’ONU ET SES RESPONSABILITÉS à L’AUBE DE LA NOUVELLE ADMINISTRATION AMÉRICAINE
    «Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui»

    Les troupes marocaines viennent de lancer sous les yeux de la Minurso considérée comme force d’interposition de l’ONU une opération militaire dans la zone tampon de Guerguerat.

    Le cessez-feu qui a été signé en septembre 1991 après seize ans de guerre, sous l’égide de l’ONU, n’a pas été respecté par la partie marocaine par l’entrée des forces militaires marocaines contrôlée par les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Sahara occidental.

    Ce en quoi le Polisario considère que cette situation est «une agression flagrante, à laquelle la partie sahraoui répliquera énergiquement, en légitime défense, en défendant sa souveraineté nationale et par voie de conséquence signifierait également la fin de l’accord de cessez-le-feu et enclenchera une nouvelle guerre dans toute la région». C’est pourquoi, «la RASD tient également les Nations unies et le Conseil de sécurité en particulier, pour responsables de la sûreté et la sécurité des civils sahraouis ».

    Le référendum prévu qui a été sans cesse repoussé par Rabat en raison d’un différend avec le Polisario sur la composition du corps électoral et le statut du territoire a retardé le processus onusien du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination par l’entêtement du Makhzen à vouloir garder dans l’instabilité et la sécurité du vivre-ensemble des peuples de la région.

    L’Algérie et la Mauritanie ont appelé les deux parties et exhorté les deux camps à faire preuve de retenue en appelant à l’arrêt immédiat des opérations militaires en attendant la réunion du conseil de sécurité pour mettre fin à la dilapidation des richesses du peuple sahraoui (exploitation du minerai du phosphate et des eaux poissonneuses sahraouies de l’Atlantique) par les contrats que signe le Maroc avec des sociétés étrangères sur une terre qui n’est pas la sienne.

    Dans ce contexte de la pandémie où l’humanité souffre, les peuples les plus affectés par le coronavirus n’arrivent pas à se prendre en charge et vivent des aides humanitaires tel le peuple sahraoui. A l’aube de la nouvelle administration américaine où Joe Biden se prépare, on apprend la nomination le 23 novembre 2020 du futur Secrétaire d’Etat en la personne de d’Anthony Blinken par le président élu Joe Biden.

    Il est le bras droit pendant vingt ans et membre de sa campagne électorale en 2008 et conseiller en politique étrangère durant celle de 2020. Diplômé de Harvard et de la Colombia Law School, Antony Blinken est un francophone pur avoir passé son bac en France alors qu’il habitait avec sa famille avant de retourner aux Etats-Unis. Il a occupé le poste de conseiller à la sécurité nationale de vice- président Joe Biden durant la présidence de Barack Obama entre 2009 et 2013 avant de rejoindre le poste de Secrétaire d’Etat-adjoint entre 2015 et 2017.

    GUTERRES-BLINKEN OU LA FIN DU CONFLIT MAROCO-SAHRAOUI ?

    C’est dans cette période que Blinken avait visité en juillet 2016 l’Algérie. Il fut reçu par de nombreux ministres et des membres de la société civile. Il a évoqué plusieurs sujets dont on a retenu le rôle de leadership de l’Algérie dans la région. Sensible aux questions d’indépendance, il sera à l’écoute pour activer une solution pacifique, négociée dont l’enjeu principal est la décolonisation.

    Sans anticiper sur l’avenir, il sera attendu sur les questions de paix dans la région du Maghreb et du Sahel en ce qui concerne le droit des peuples à l’autodétermination, notamment le dernier peuple à n’avoir pas été décolonisé, celui du Sahara occidental. L’Algérie et les Etats-Unis connaissent en tant que peuples le mouvement d’indépendance dans leur droit à l’autodétermination.

    Le partenariat stratégique entre les deux pays sera certainement abordé dans le futur proche en termes économiques, culturels et géopolitiques pour achever le processus de décolonisation au Sahara occidental et renforcer la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la partie du Sahel. L’Algérie mettra son expertise dans ce cadre. Elle reste convaincue que de nouvelles perspectives s’ouvriront dans les relations internationales.
    Le terrorisme transnational se déploie dans toute la région. Dans un tel climat de méfiance réciproque, où les bruits de bottes risquent de créer une menace réelle pouvant aboutir à une conflagration régionale, l’ONU doit précipiter le processus référendaire au Sahara occidental.

    Se pose alors la gestion du problème migratoire qui est symptomatique de l’antagonisme créé par le Maroc consciemment entretenu notamment au Sahara occidental.

    Le défi, une fois la question sahraouie réglée, sera la construction du Maghreb des peuples pour en faire une zone de prospérité partagée et d’intégration économique en un groupement régional voisin de la rive nord. Le Maghreb et l’Union européenne trouveront la solidarité dans un développement intégré nécessaire pour ne pas basculer ni dans la violence ni même dans l’émigration clandestine.

    Cette nouvelle agression marocaine à Guerguerat est une provocation pour saper le processus référendaire décidé pourtant par l’ONU qui ne se donne pas les moyens de faire appliquer la légalité internationale qu’elle est supposée incarner. C’est sur fond de tension continue que la région doit faire face à de nombreux défis sécuritaires.
    Les impératifs de légitime défense sont posés par le Polisario qui accuse le Maroc de vouloir «marocaniser» son territoire. Encore une fois, l’affaire du Sahara occidental ne peut en aucun cas constituer un «casus belli» entre l’Algérie et le Maroc.

    Quel que soit l’équilibre stratégique dans la région, la France, l’Espagne et les Etats-Unis peuvent ramener les belligérants à de bonnes intentions dans l’esprit des résolutions des Nations unies pour le règlement définitif à ce conflit. Situation qui tarde à trouver l’issue aux peuples du Maghreb à vivre en paix et en harmonie.

    Il faut que le pays frère du Maroc cesse de tourner le dos aux résolutions des Nations unies quant à l’autodétermination du peuple sahraoui, légitime exigence imposée par la communauté internationale.

    Par le Dr Boudjemaâ Haïchour
    Chercheur universitaire. Ancien ministre. Ancien parlementaire
    aux Affaires étrangères

    Source : El Watan, 2 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc



  • Tension au Sahara occidental : Question écrite au ministre de l’Europe et des affaires étrangères

    Par Eric Bocquet

    Question publiée au Journal Officiel le 3 décembre 2020

    M. Éric Bocquet attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le regain de tension au Sahara occidental entre le Maroc et le Front Polisario.

    Des échanges de tirs ont eu lieu dans la nuit du 16 au 17 novembre 2020 dans la zone tampon de Guerguerat entre les indépendantistes du Front Polisario et l’armée marocaine, mettant ainsi un terme au cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide de l’organisation des Nations unies (ONU), après 15 ans de combat sur ce territoire qui était une ancienne colonie espagnole.

    Le Maroc, dépassant la ligne de démarcation liée au cessez-le-feu, a déclenché une opération militaire pour expulser les Sahraouis qui bloquaient une route stratégique avec la Mauritanie. Retour ligne automatique
    Ce blocage visait avant tout à remettre la question du Sahara occidental dans les priorités de la communauté internationale, car le conflit n’est malheureusement plus à l’agenda depuis de très nombreuses années.

    Surtout, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) sollicite l’organisation d’un référendum d’autodétermination qui était une des résolutions de l’ONU et à laquelle le Maroc s’oppose, lui préférant la notion d’autonomie.

    Aujourd’hui, malgré la mission de maintien de la paix de l’ONU (Minurso), la tension et l’escalade de la violence sont réelles. Un nouveau conflit armé peut rapidement apparaître.

    C’est pourquoi, face à cette situation très préoccupante dans le Sahara occidental, il lui demande ce que compte faire le Gouvernement pour aider au rétablissement rapide du cessez-le-feu entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique.

    Source : Eric Bocquet, 3 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc