Il n’y a pas qu’au Japon que la monarchie tient à un fils.
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Maroc, sa monarchie tient à un fils
Nous avions laissé Salma du Maroc, mise au placard par un roi Mohammed VI malade, mais que s’est-il passé depuis dans la Firme marocaine ?Les préoccupations et jeux de pouvoir se cristallisent autour de la succession au trône et la préparation du jeune prince héritier, Moulay el Hassan, 17 ans. Le jeune homme , brillant bachelier, a récemment fait parler de lui en refusant de faire les études universitaires qu’on avait prévues pour lui.La presse espagnole voisine est souvent fort bien renseignée sur ce qui se passe à la Cour du Maroc. Voyons ce qui s’y raconte.Après avoir réussi avec mention Très Bien un bac ES ( économie) option internationale préparé au Collège Royal ( basé au Palais royal de Rabat mais liée à l’Académie de Bordeaux) et effectué quelques cours au sein de l ’Ecole préparatoire aux techniques aéronautiques de Marrakech, le prince héritier, Moulay el Hassan, fils et aîné de Salma et de Mohammed du Maroc devait entamer des études dans la petite ville de 90.000 habitants de Benguerir dans le sud du pays.Une villa écolo était prête à l’accueillir , et il devait faire sa rentrée dans en Faculté de Sciences Sociales et d’Administration Publique, appartenant à l Université Mohammed VI Polytechnique (UM6P). Cette université d’élite a été financée par l Office Chérifien des Phosphates, compagnie publique qui veut également développer un projet urbain vert dans la » première ville verte ( durable) du continent africain ». La présence princière au coeur de cette Ville Verte Mohammed VI devait en être un emblème.Avant cela, le prince passa quelques jours de vacances d’été auprès de son père, dans la Baie de Al Hoceïma, dans le nord, sur la Méditerranée. Le climat chaud et sec de cette zone sied bien aux souci de santé bronchique du roi.Mais à la rentrée, coup de théâtre, le prince refusa de s’installer à Benguerir, et fit fi des projets de son père. Il s’en retourna à Rabat pour démarrer des études de droit ( qu’il suit à distance pour le moment, en raison du Covid), et être auprès de sa maman.Que s’est –il donc passé ?Cherchez la mère diront certaines sources proches du Palais, prompts à y voir la main mise de Salma, l’ex épouse du roi. Souvenez- vous qu’elle était passée à la trappe brutalement, sans crier gare, quittant rapidement ses fonctions caritatives et publiques.Salma, 42 ans, vivrait actuellement à Rabat justement. C’est elle qui a élevé Hassan et Khadija la petite sœur. Un trio uni que Moulay Hassan n’aura pas voulu quitter.Coïncidence, Fouad Ali el Himma ne serait pas le meilleur ami de Salma, et on le soupçonne d’avoir appuyé une disgrâce radicale et une surveillance draconienne de l’ex- épouse consort qu’on dit divorcée officiellement depuis 2018. On avait parlé de contrôles de ses mouvements, et même de ses appels téléphoniques, certaines dames royales étrangères s’étonnant de ne plus pouvoir la joindre ( dont une épouse du Cheikh du Qatar).On l’ a sortie comme une voleuse et ses propres enfants l’ont remarqué. D’un point de vue psy systémique, ce n’est jamais bon de bannir ainsi les gens ( employés, parents) car c’est créer une sorte de secret de famille qui rebondit à la gueule par la suite…Un autre membre du système pourrait vouloir compenser ce vide.Parallèlement, le mystérieux blog web « Crapouillot Marocain », qu’on dit téléguidé par les services secrets royaux, entachait son image en évoquant une femme dédaigneuse et caractérielle, expliquant ainsi la disgrâce de la mère du futur roi.Néanmoins, on la reverrait désormais de nouveau à sa Fondation contre le Cancer, organisation mise au ralenti depuis sa disgrâce. La mise au placard n’est plus totale, mais le Tout Rabat ne se précipite pas pour manifester son amitié , hormis quelques rebelles marginaux du clan royal.Moulay el Hassan est très attaché à celle qui l’a élevée. Il préfèrerait rester près d’elle. Il s’est inquiété pour elle lors du divorce, la voyant déchue, ostracisée du jour au lendemain. Ce pouvoir maternel sur le future roi inquièterait le roi et ses sœurs ( qui n’ont jamais adoré Salma). En effet, la succession de M6 devient une question potentiellement imminente. Il pourrait avoir besoin de passer le flambeau rapidement à son fils et le prépare, l’emmenant aux cérémonies internationales, lui présentant des visiteurs de marque dès que possible. Le prince assure aussi des sorties en solo, chose rare pour un ado , signe que le roi a de sérieux soucis.La santé de M6 est inquiétante. Il a encore été opéré en juin pour arythmie cardiaque et il souffre d’une maladie chronique pulmonaire grave.Il souffre d’une bronchopneumopathie chronique obstruante très invalidante qui obstrue ses bronches ( BPOC ou MPOC au Canada), et ralentit les flux d’air dans les poumons. Respiration difficile, essouflement, toux, activités de plus en plus pénibles. On est entre emphysème et bronchite chronique asthmatique. Cette maladie serait causée à 80-90% par le tabagisme mais je crois que lui avait parlé d’une cause génétique. Le roi suit un traitement pour ralentir la maladie mais on n’attend pas qu’il en guérisse. Cela ne peut qu’aller en empirant. A la fin,un BPCO va passer sous assistance oxygène presque toute la journée, devenant de moins en moins autonome.Les BPCO débouchent sur des insuffisances cardiaques par manque de souffle. En plus, comme le roi avait une certaine obésité, cela n’aidait pas. Il a minci récemment. Mieux vaut lui éviter de choper le Covid-19 en prime.Une autre personnalité royale malade des poumons de façon chronique, c’est Mette Marrit de Norvège, atteinte de fibrose pulmonaire idiopathique ou FPI ( tissu fibreux qui se développe dans les poumons les obstruant et les durcissant), une maladie grave qui l’oblige souvent à se porter pâle lors de sorties officielles. Je pense qu’elle doit éviter les lieux poussiéreux, pollués et enfumés.Ces fibroses pulmonaires peuvent être causées par la respiration continue de poussières ou de fumée ( tabac, pollution), ou des virus ( style Covid ? ) . Il y a aussi des facteurs génétiques. La FPI est également irréversible comme la BPCO, mais on peut la ralentir.A côté en Suède, Daniel de Suède a subi une greffe du rein ( rein donné par son père…) et a également une santé fragile.Bref, la succession de M6 devient une question sérieuse même si le roi n’a que 57 ans. Il se bat pour tenir le plus longtemps possible et retarder le passage de flambeau à son fils, encore mineur. Il aura 18 ans seulement le 8 mai 2021. On vroudrait éviter au maximum un conseil de régence et les soeurs du roi n’ont pas envie de voir l’ex pièce rapportée Salma revenir sur scène en mode douairière.« Maman, je te rendrai ton titre d’Altesse Royale quand je serai roi » ( Prince William)La touche glam est désormais assurée par l’élégante Lalla Meryem, soeur du roi, ici relookée en Cristina Cordula.L’effet collibri, 8 déc 2020 -
Maroc : Merci Monsieur «Coleman» !
Pendant des années, que dis-je ?, quasiment vingt ans pour l’auteur de ces lignes, nous avons été accusés, les deux pelés et trois tondus qui avons essayé de faire du journalisme indépendant dans ce pays, d’être des agents de l’étranger, d’être soudoyés par tel Etat, tels services secrets ou tel mouvement ou organisation.
Nous sommes passés d’être des agents de la DST, la police politique marocaine, à travailler pour le CNI espagnol, en passant par la DRS, les services secrets algériens et le Mossad israélien. Accusation suprême : nous étions également des agents du Polisario.
Sans la moindre preuve bien évidemment, sinon on n’en serait pas là.
Franchement, et si je devais un jour travailler pour un « sévice secret » je travaillerais avec celui de mon pays. Il paye bien. Les journalistes étrangers touchent 6000 euros par mois, avec en prime quelques séjours tous frais payés à Marrakech. Quant aux Marocains ils ont droit à des pages de publicité à gogo, des prébendes faites de facilités pour l’obtention d’un appartement ou d’une imprimerie, d’un prêt bancaire (que certains oublient de payer) et de généreux cadeaux en sous-main.
Je connais le directeur d’un hebdomadaire francophone casablancais qui a acheté à l’Etat une villa où il a installé son torchon pour quelques dirhams. Son confrère d’un autre hebdomadaire, tout aussi francophone et pourri, a obtenu le même cadeau, sauf qu’il utilise la villa pour y habiter.
Le premier, une barbouze journalistique qui a travaillé pour Dlimi quand il sillonnait les pays arabes et africains pour le compte d’un autre hebdomadaire francophone, celui-là français, a depuis quelques années les pires difficultés du monde pour boucler les finances de son brinquebalant et boiteux canard. Sans ses « amis », cela fait longtemps qu’il aurait fermé boutique. Mais à titre personnel, il est très riche. Il y a peu il négociait la vente d’un terrain dans l’un des quartiers les plus huppés de Casablanca pour un prix millionnaire. Il avait obtenu ce terrain pour des bricoles de la main d’un organisme étatique.
Enfin, tout cela pour dire que sans aucune preuve, certaines officines de l’Etat marocain, appuyées par la presse aux ordres, déversent sur nous un tombereau d’accusations et d’affirmations mensongères dans le seul dessein de salir notre réputation et de nous signaler à un quelconque fou pour qu’il nous trucide avec un couteau dans la rue, alors que les vrais corrompus sont ceux qui hurlent avec les loups.
Mais voilà, un hacker, ou plusieurs, publie depuis des mois une impressionnante pile de documents, scannés pour la plupart, et de mails compromettants qui prouvent par A+B que nos diplomates, en plus de leur labeur ordinaire de lobbying et de défense des intérêts de l’Etat, soudoient des fonctionnaires internationaux, de prétendus experts et une kyrielle de profiteurs comme ce pauvre fonctionnaire international sénégalais qui a vendu sa conscience pour quelques dirhams et un séjour au Maroc où il a visité un marabout local.
On me rétorquera que cette corruption se fait au nom de la défense de la cause du Sahara. Je réponds qu’il faudrait alors préparer un bon chéquier et se hâter de gagner cette bataille parce que celui qui a vendu son âme une première fois la vendra une deuxième fois, et pas forcément au même camp, sinon au plus offrant.
On découvre aussi dans les papiers du hacker que sous couvert d’un empire médiatique, un ex-commercial en publicité est en fait un responsable de la DGED, les services de contre-espionnage marocains, qui se fait passer pour un journaliste et entretient de coupables relations avec les pires organisations d’extrême droite pro-israélienne. Il est aussi le grand corrupteur d’une demi douzaine de journalistes français dont certains travaillent sur le Maroc depuis très longtemps.
Merci donc à ce « Chris Coleman », pas pour la guerre qu’il mène contre le Makhzen au nom de ses propres intérêts (soukou hadak !), mais pour nous avoir permis de voir plus clair dans cette grande grotte où se tapit l’ogre qui nous opprime.
Ali Lmrabet
Demain Online, 14/12/2014 -
Maroc : Lettre au prisonnier Ali Amar
Salam Ali,
Je regrette que tu aies choisi la voie de l’humiliation à celle de la dignité. Ton communiqué au sujet de l’affaire Radi-Stitou est le signe d’une capitulation. Cette affaire pouvait être l’occasion pour toi de se racheter. D’effacer un lourd passif. Tu as opté pour tes méthodes habituelles : la délation, le verbe empoisonné, les menaces et les tentatives de jouer dans les coulisses pour se tirer d’affaire. Hier, un livre à charge contre ta source princière, aujourd’hui un communiqué empoisonné contre Omar, sa famille et ses soutiens. Trop tard.
Tu es déjà prisonnier. Prisonnier de tes bourreaux, prisonnier de tes concessions qui deviennent des compromissions. Omar Radi, dans sa cellule de prison, demeurera un homme libre et digne.
Le makhzen t’a poussé à bout. Il t’a sali, il s’est permis de faire de ton domicile familiale une fausse « scène de crime ». Face à ces attaques tu as choisi la servitude volontaire. L’humiliation. Cette « Ombre-là » n’utilise ni téléphone ni messager pour menacer. Le makhzen a confiance dans la discipline des personnes humiliées qui elles-mêmes s’alignent sur les besoins souhaités. Tu crois pouvoir t’en tirer ? Le makhzen de 2020 ne négocie pas. Il te demandera toujours plus, juste pour t’humilier.
Ton communiqué, par son niveau de violence et d’hypocrisie, révèle une deuxième chose : tu as peur. Peur de tout perdre, peur de la prison, peur de perdre ton confort de petit bourgeois. A la première audition chez le juge, tu as craqué. Tu paniques.
A l’opposé, Omar Radi. Lui, il a passé 12 interrogatoires, plusieurs auditions et un harcèlement de tout l’appareil de l’Etat et il n’a pourtant pas cédé. Il est resté droit dans ses bottes.
La famille Radi comme les Comités de soutien et les membres de la Défense ont choisi dès le départ de t’éviter toute gène dans cette affaire. Nous avons choisi, sans commun accord, de te laisser le droit de choisir ton positionnement dans la suite de cette sale affaire. En somme, tu avais trois options : 1. Tu pouvais garder le silence. 2. Prendre la défense d’Omar et d’Imad et par la même occasion défendre ta dignité face à cette machination visant ta vie professionnelle et privée et sortir par la grande porte. 3. Faire le choix de l’humiliation. Tu as opté pour cette troisième option. Tant pis pour toi.
Le combat pour la liberté d’Omar et d’Imad continuera à se faire avec dignité et honnêteté.
S. Lemaizi
PS : Dans ton communiqué, tu te plains de n’avoir pas été invité aux réunions du Comité de solidarité. Sache qu’une réunion militante n’est pas un diner mondain. Les personnes sincères qui veulent contribuer à une cause juste n’ont pas être invitées, elles se manifestent et font preuve d’altruisme.Source : Journalismes in bled, 6 déc 2020
Tags : Maroc, Ali Amar, Omar Radi, Imad Stitou, presse, Makhzen,
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L’ONU et le Sahara Occidental : Lobbying et corruption
Sahara occidental: la honte marocaine au Conseil des droits de l’homme de l’ONU
Au cours des dernières décennies, l’ONU a semblé rechercher une solution juste à la crise au Sahara occidental, la dernière colonie d’Afrique encore occupée illégalement par le Maroc. Mais il apparaît maintenant que la diplomatie marocaine au sein de l’instance mondiale a utilisé la corruption pour pousser son agenda contre le Sahara occidental.
Les machinations entreprises par la diplomatie marocaine continuent d’être dévoilées par le hacker marocain, qui utilise le pseudonyme «Chris Coleman24» sur son compte Twitter. Grâce à ce récit, des détails sur les stratégies honteuses et les complots des diplomates marocains à New York et à Genève ont été révélés. Les informations dévoilées par le mystérieux hacker sur les actions marocaines au sein du bureau de Navi Pillay, l’ex-haut-commissaire aux droits de l’homme, révèlent un scandale sans précédent. Navi a été chef du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) entre 2008 et 2014.
Des documents récemment mis en ligne sur le compte Twitter du pirate informatique montrent que la Mission marocaine à Genève, dirigée par son ambassadeur M. Omar Hilale, utilise depuis longtemps des méthodes déshonorantes pour influencer certains hauts fonctionnaires du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies contre les intérêts du Sahara occidental, l’Afrique. dernière colonie encore occupée par le Maroc.
On apprend ainsi que l’ambassadeur du Maroc s’était infiltré dans l’entourage de l’ancienne Haut-Commissaire, Navi Pillay, et pouvait manipuler toutes ses actions et positions concernant le cas de violations des droits de l’homme au Sahara occidental.
AIDE FINANCIÈRE
L’ambassadrice du Maroc n’a pas hésité à soutenir financièrement Pillay et les membres de son bureau pour la dissuader d’adopter toute action qui pourrait aller à l’encontre de la volonté du Maroc. Par conséquent, Mme Pillay semblait être «très sensible» aux souhaits ou aux ordres de ses généreux amis marocains.
<< Je voudrais rappeler qu’il est impératif de virer le montant de 250 000 dollars au titre de la contribution du Maroc au budget du HCDH pour 2011, que le Haut Commissaire avait exprimé à deux reprises le souhait de recevoir (mes télécopies). Ce virement sera contribuer à rendre Pillay plus attentive à nos inquiétudes quant au contenu de la contribution de son bureau dans le prochain rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara », écrivait Omar Hilale dans l’un des câbles diplomatiques envoyés à son ministre en janvier 2012.
L’ambassadrice du Maroc n’a pas hésité à utiliser les moyens financiers pour empêcher Navi Pillay de prêter beaucoup d’attention aux demandes répétées de son représentant à New York, Evan Simonovic, et même de Christopher Ross. Les deux diplomates avaient tenté en vain de la convaincre de se rendre au Sahara occidental.
LES PAWNS: KOMPASS ET NDIAYE
La mission marocaine n’a pas seulement utilisé de l’argent, versé sous forme de dons au Conseil. L’ambassadeur du Maroc révèle dans ses messages à ses supérieurs qu’il a réussi à recruter de “très bons amis” au sein du personnel de Mme Pillay. Les deux principaux «amis» du Maroc sont le suédois Anders Kompass, directeur des opérations sur le terrain, et le sénégalais, Bacre Waly Ndiaye, directeur des procédures spéciales. Selon Omar Hilale, les deux hommes sont plus que de simples «amis». Ils ont fait preuve d’un zèle sans limite pour servir les plans marocains et les manipulations au sein du Conseil des droits de l’homme contre toute tentative ou opportunité d’améliorer les droits de l’homme au Sahara occidental.
“Grâce à la stratégie suivie par cette Mission [marocaine”> pour enfermer l’entourage de Pillay, tous les hauts fonctionnaires du Haut Commissaire à Genève se conforment aux préoccupations marocaines. Cependant, la faiblesse de Mme Pillay face à Simonovic est la Talon d’Achille de notre stratégie », rapporte Hilale.
Pire, dans d’autres câbles de l’ambassadeur du Maroc, on découvre comment il a réussi à obtenir des informations cruciales de ses informateurs, Kompass et Ndiaye, deux pions qui n’hésitent pas à apporter à leur ami marocain des informations secrètes à sa propre ambassade. Par exemple, ils lui ont fourni des informations cruciales sur une rencontre entre Christopher Ross et Navanethem Pillay, l’Envoyé personnel du Secrétaire général au Sahara occidental ayant apparemment tenté de convaincre le Haut Commissaire de se rendre dans le territoire occupé. Un autre exemple, révélé par les câbles, concerne la réunion des conspirateurs consacrée à discuter de la visite que le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, était sur le point d’entreprendre au Conseil des droits de l’homme en mai 2013 pour rencontrer Navanethem Pillay. Dans les deux cas, l’ambassadeur et ses deux amis ont manœuvré ensemble pour limiter l’impact de ces deux visites et ont influencé Pillay afin de ne pas réagir positivement aux demandes de ses deux invités. Les deux pions ont même suggéré à leurs amis marocains des idées et des arguments à utiliser pour convaincre Pillay.
NEUTRALISER ET DISCRÉDITER
Les documents révèlent également comment les «amis» du Maroc au Conseil des droits de l’homme ont réussi à neutraliser tous les fonctionnaires honnêtes, qui ont tenté de s’acquitter honorablement de leur devoir, comme le tunisien Frej Fennish, chef de la section Moyen-Orient et Afrique du Nord au HCDH. . Ce dernier était considéré par Omar Hilale comme un ennemi des intérêts du Maroc. Le Tunisien aurait souffert d’une campagne secrète menée par l’ambassade du Maroc et ses «amis» pour le discréditer devant Pillay et donc le neutraliser.
Kompass et Ndiaye ont également utilisé leur autorité pour conseiller et agir au sein du Conseil pour discréditer le Polisario et empêcher toute possibilité de soutien à l’élargissement du mandat de la MINURSO – la mission de maintien de la paix des Nations Unies – pour contenir la protection des droits de l’homme.
Par conséquent, les deux pions – et d’autres fonctionnaires qui n’ont pas été cités par Hilale dans ses messages – ont influencé Navanethem Pillay dans toutes ses décisions suivant les instructions directes de l’ambassade du Maroc.
Ils ont agi, par exemple, pour dissuader Pillay d’entreprendre une visite au Sahara occidental en 2014. Ils ont veillé à ce que la contribution du HCDH au rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur le Sahara occidental soit pleinement en faveur du Maroc. Ils ont fait pression pour empêcher Pilay de donner des “concessions” au président de la République sahraouie, Mohamed Abdelaziz, lors de leur réunion à Genève le 23 mai 2013. Kompass a en outre insisté pour que Pillay envoie une mission technique au Sahara occidental en mai 2014 sous sa direction pour ne pas permettre au Représentant du Bureau à New York, Evan Simonovic, de diriger cette mission qu’il appelait plusieurs fois auparavant, simplement parce que Simonovic est considéré par le Maroc comme hostile.
MÉTHODES FELONIEUSES
Ces révélations dangereuses et compromettantes qui portent atteinte à la réputation de l’ancien Haut Commissaire et des deux responsables mentionnés dans cet article corroborent, une fois de plus, les méthodes déshonorantes et mafieuses utilisées par les représentants de «Sa Majesté» dans le monde. Méthodes établies sur la corruption de certains fonctionnaires des organismes internationaux.
Le cas du Sénégalais, Bacre Waly Ndiaye, directeur des procédures spéciales au HCDH, est révélateur. Il a avoué à son ami Hilale son allégeance résolue au Maroc, se considérant comme un fervent “croyant et adepte de la confrérie soufie de Tijania”. En fait, il a avoué à Hilale son “rêve” d’aller à Fès parce que: “il ne pouvait pèlerinage de 20 ans. “C’était une simple formalité pour l’ambassadeur du Maroc, qui a immédiatement demandé à son ministère des Affaires étrangères d’envoyer une invitation formelle à M. Bacre Waly Ndiaye pour réaliser le rêve du fervent croyant.
Malgré les scandales financiers et la corruption mis au jour grâce à ces documents divulgués (le Maroc n’a pas nié leur authenticité), le peuple sahraoui continue de subir des violations systématiques de ses droits fondamentaux. Combien de victimes sahraouies continueront de subir les pires violations commises par le Maroc en raison de la corruption et du manque d’intégrité au sein des organes de l’ONU, censés garantir le respect des droits de l’homme dans le monde? Le pire, c’est que les responsables de ces complots honteux resteront impunis comme d’habitude.Malainin Mohamed Lakhal, journaliste et traducteur, est membre du Saharawi Natural Resource Watch (SNRW).
LES OPINIONS DE L’ARTICLE CI-DESSUS SONT CELLES DE L’AUTEUR / S ET NE REFLÈTENT PAS NÉCESSAIREMENT LES OPINIONS DE L’ÉQUIPE DE RÉDACTION DE PAMBAZUKA NEWS
PAMBAZUKA NEWS, 29 octobre 2014
#SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara #Marruecos
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Tunisie – Algérie : Le silence n’est pas toujours d’or
par Abdelkrim Zerzouri
L’ancien Président « provisoire » de la Tunisie, Moncef Marzouki, n’en finit pas de régler ses comptes avec l’Algérie. A croire que ses sorties incendiaires contre l’Algérie sont inspirées par une rancune exagérée et une tendance à l’acharnement et à la vengeance que rien ne pourrait assouvir. Depuis qu’il a quitté le palais présidentiel de Carthage un certain 31 décembre 2014, Moncef Marzouki ne rate pratiquement aucune occasion pour sortir la grosse artillerie contre le pays voisin. Sa dernière attaque après les récents évènements d’El Guerguerat, particulièrement haineuse à l’égard de l’Algérie, « en déclin », selon son estimation, et qui « fait miroiter des illusions aux Sahraouis, détenus comme otages au service d’un choix politique biaisé », ne laisse aucun doute sur ses fonctions de défenseur zélé du Makhzen.Le politicien qui a quitté la scène politique, comme il le prétendait au lendemain de sa défaite aux élections présidentielles tunisiennes, n’en continue pas moins de s’exhiber dès qu’il s’agit de tirer à boulets rouges sur l’Algérie, reste un défenseur très échauffé des thèses marocaines, la marocanité du Sahara Occidental notamment.
Pourquoi se fait-il l’avocat du Makhzen ? Il y aurait des sous et des dessous, en sus du fait que, selon des observateurs, Moncef Marzouki n’a jamais été en odeur de sainteté avec Alger, qui lui reproche d’être au service du Makhzen au détriment des intérêts des peuples de toute la région. C’est dans cette perspective qu’Alger a porté son soutien sur son rival, Caïed Essebsi, aux élections présidentielles tunisienne de 2014. Il gardera de cet épisode une profonde amertume, qui ne guérira pas avec le temps, vu ses positions toujours calomnieuses à l’égard des dirigeants algériens, et qui froissent l’amour-propre de tout le peuple algérien.Les propos de Moncef Marzouki, qui était invité d’une émission de télévision française, lors d’une récente rencontre par visioconférence au sujet des libertés et de la démocratie en Algérie, ont certainement influencé le dernier vote de certains parlementaires européen sur les atteintes aux droits de l’homme en Algérie. Et, dans la foulée, il n’a pas omis de soulever le dossier du Sahara Occidental, encore et toujours, appelant carrément les Sahraouis réfugiés dans les camps de Tindouf à la rébellion, pour se libérer du joug du régime algérien, avait-il lancé. Généralement, les sorties de Marzouki laissent indifférents les Algériens, mais cette fois-ci, le militant des droits de l’Homme, Mahrez Lamari, lui a répondu, considérant ses positions sur le Sahara Occidental comme un aveuglement qui vise à ignorer une réalité historique établie et maintes fois confirmée par la légalité internationale.
Non sans l’interpeller directement sur sa campagne haineuse contre l’Algérie. Est-ce un prélude à la fin des positions réservées de l’Algérie face à cette inlassable guerre médiatique menée par Marzouki contre l’Algérie ? A suivre ses interventions cycliques contre l’Algérie, on comprend également qu’il a une dent contre ce pays qui a refusé de cautionner l’initiative présentée, en 2012, soit dit pour redonner vie à l’union du Maghreb arabe, mais en réalité, il s’agissait d’une machination pour effacer de la carte le Sahara Occidental. Marzouki ne manque aucune occasion pour grincer des dents contre l’Algérie, seul pays qui a refusé, à l’époque où il était Président provisoire, ses propositions dans le cadre l’initiative en question, maugréait-il dans toutes ses interventions médiatiques. N’a-t-on pas assez tendu l’autre joue à cet ex-Président provisoire de la Tunisie ?Le Quotidien d’Oran, 7 déc 2020
Tags : Maroc, Algérie, Makhzen, Moncef Marzouki, Tunisie, Sahara Occidental,
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Sahara occidental : Marzouki déverse sa haine sur l’Algérie
Blocage du dossier du Sahara occidental : Marzouki déverse sa haine sur l’Algérie
Le militant des droits de l’Homme, Mahrez Lamari, a interpellé l’ancien président tunisien Moncef Marzouki, sur la campagne «haineuse» qu’il mène contre l’Algérie, évoquant «une stratégie de confrontation» visant à «faire endosser à l’Algérie» le blocage du dossier du Sahara occidental. ‘‘Il est malheureux de constater que Mohamed Moncef Ben Mohamed Bedoui Marzouki, continue d’adopter une attitude négative, une stratégie de confrontation et une fuite en avant en poursuivant comme toujours sa campagne haineuse de dénigrement et d’atteinte à l’Algérie de novembre 1954, terre de liberté, de fierté, de dignité et de courage’’, écrit l’ex-président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Mahrez Lamari, dans une lettre ouverte à l’adresse de l’ancien dirigeant tunisien.Mahrez Lamari souligne que «l’’aveuglement de Moncef Marzouki vise à ignorer une réalité historique établie et maintes fois confirmée par la légalité internationale», rappelant que cette réalité repose sur un consensus international en tant que question de décolonisation et sur la responsabilité du Conseil de sécurité de l’ONU dans le processus de règlement devant conduire à l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental.
Dans cette missive, l’ancien président du CNASPS, affirme que «ni l’échappatoire indigne et malhonnête de la diplomatie marocaine (…) ni aucune forme de pression ne pourrait influer sur la détermination de l’Algérie à soutenir le droit du peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et son représentant légitime, le Front Polisario, jusqu’à l’organisation d’un référendum libre régulier et sans contraintes de quelque nature que ce soit».
Dans sa lettre, M. Lamari a réaffirmé, en outre, que la société civile algérienne dans toutes ses composantes et tendances reste attachée à la position de principe de l’Algérie qui est claire et sans ambiguïté.» Nous sommes fières et honorés d’être citoyen algériens, cette Algérie fidèle à l’esprit et au message de novembre 1954 qui apporte protection, secours et assistance aux réfugiés du Sahara occidental, ce territoire non autonome, qui ont trouvé asile en Algérie terre d’accueil et d’hospitalité bien ancré dans son africanité. Fière de la noblesse, l’engagement et la détermination de un million et demi de Chouhada morts pour la liberté, la dignité, l’honneur et l’indépendance nationale», a-t-il écrit.
Dans cet esprit, il a renouvelé sa reconnaissance et respect au peuple tunisien qui a soutenu le combat et la Révolution nationale contre le colonialisme français et a accueilli et abriter les réfugiés algériens, rappelant que les événements de Sakiet sidi youcef (8 février 1958) est une page héroïque du sacrifice des deux peuples frères (tunisien et algérien) contre le colonialisme.
A ce propos, M. Lamari invite Moncef Marzouki, à «faire preuve de sens de responsabilité et de suivre de la voie de la sagesse particulièrement quand on est en fin de parcours on ne doit pas nourrir l’injustice et l’impunité, avant que l’histoire n’enregistre définitivement que vous défendez le colonialisme». «J’interpelle votre conscience à revenir à la raison et à la légalité internationale autour de cette question de décolonisation et par la même contribuer à assurer paix, stabilité et développement à tous les peuples de la région, peuple du Sahara occidental y compris», a-t-il ajouté considérant que «les voix hurlantes contre l’Algérie, l’agressivité gratuite et les vociférations du makhzen, de ses relais et valets doivent raisonnablement se taire». Et d’enchaîner: « Notre forte conviction, est que, tôt ou tard, le droit imprescriptible à l’autodétermination triomphera au Sahara occidental», appelant l’ancien dirigeant tunisien à «agir main dans la main, Algérien, Tunisien, libyen, Marocain, Mauritanien, Sahraoui de la RASD, pour traduire en actes concrets les aspirations profondes et légitimes des peuples de la région à la liberté, au développement, à la paix, la stabilité, la dignité l’honneur, la paix et le bon voisinage».
La lettre de l’ex président du CNASPS intervient en réaction aux propos tenus récemment par l’ex chef d’Etat tunisien au sujet de Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc soutenu par la France. En 1966, il a été inscrit sur la liste des territoires non autonomes donc, éligible à l’application de la résolution onusienne 1514 pour l’indépendance des pays et peuples colonisés.
L’Est Républicain, 7 déc 2020
Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara
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Algérie : Belhimer débusque le Makhzen
CAMPAGNE D’ATTAQUES CONTRE L’ALGÉRIE, SON PRÉSIDENT ET SON ARMÉE : Belhimer débusque le Makhzen
Dans un entretien accordé à nos confrères du site électronique Dzertic 24, Amar Belhimer, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a indiqué que la campagne de dénigrement qui vise l’Algérie est le fruit d’un complexe que cultive le Makhzen marocain à l’égard de notre pays et son Armée.
Il soulignera dans ses propos que la campagne s’est exacerbée ces derniers jours pour masquer les échecs de la diplomatie marocaine, qui peine à gagner à sa cause des soutiens après l’agression d’El-Guerguerat et le viol du cessez-le-feu instauré au Sahara occidental occupé, sous l’égide de l’ONU. « L’éternel complexe du makhzen est l’Armée nationale populaire (ANP) pour un certain nombre de considérations. La plus importante d’entre elles est la cohésion innée entre le peuple et son armée », a indiqué le porte-parole du gouvernement qui n’a pas manqué de rappeler que les sacrifices de l’ANP avaient permis de protéger les frontières de l’Algérie en dépit des complots du makhzen et de ses lobbies.Concernant les lobbies qui soutiennent l’action hostile du makhzen marocain à l’égard de l’Algérie, il y a lieu de rappeler que l’État sioniste s’apprête à ouvrir une représentation diplomatique dans la capitale marocaine et que l’annonce d’une normalisation de ses relations avec ce pays n’est plus qu’une question de formalité. Le Maroc s’est adossé à la technologie militaire israélienne pour appuyer ses troupes d’occupation au Sahara occidental. La présence d’experts militaires israéliens aux côtés des forces armées royales est une évidence depuis quelques années déjà et ne date pas d’aujourd’hui. Amar Belhimer a indiqué que la position de l’Algérie, concernant le dossier du Sahara occidental, est immuable et se base sur le principe du droit des peuples à l’autodétermination. Il n’a pas manqué de rendre le Maroc responsable de la violation du cessez-le-feu dans la région d’El-Guerguerat. « Il est nécessaire, logique et naturel que la communauté internationale, à sa tête le Conseil de sécurité, assume son entière responsabilité en imposant le respect de la résolution de cessez-le-feu que le Maroc a violée, ainsi qu’en réglant la question du Sahara occidental en organisant un référendum d’autodétermination », a-t-il poursuivi.
Dissimuler les échecs de la diplomatie marocaineDans ce contexte, il faut rappeler la déclaration de l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Nations unies, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, M. Jerry Matjila, lors d’une conférence de presse animée le 1er décembre dernier à New York et dans laquelle il avait formulé le souhait de voir, « les parties cesser les combats et que l’ONU tienne sa promesse non tenue aux Sahraouis pour la tenue d’un référendum». Il y a lieu aussi de rappeler que l’Afrique est parmi les soutiens de poids pour la juste cause de la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance. M. Matjila a rappelé dans ce contexte que son pays espère que les parties, le Maroc et le Front Polisario saisiront cette opportunité pour aller vers une désescalade et retourner à un cessez-le-feu. Le Conseil de sécurité de l’ONU peut saisir l’occasion et avancer vers le référendum sur le Sahara occidental», a-t-il fait remarquer.
Ces soutiens à la cause juste du peuple sahraoui dérange le makhzen marocain qui verse dans une campagne haineuse à l’égard de l’Algérie pour masquer ses échecs sur le plan diplomatique à faire adhérer la communauté internationale à sa thèse de marocanité du Sahara et à cacher les lourdes pertes que subissent ses troupes depuis la reprise des combats dans les territoires occupés. Également, le soutien du comité national palestinien du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), la plus grande coalition de la société palestinienne, sans réserve au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a indiqué le mouvement palestinien sur son site web.
Ayant perdu la guerre sur le plan diplomatique et subissant de lourdes pertes depuis la reprise des combats, le makhzen marocain, fidèle à sa tradition, est en train de verser son fiel sur l’Algérie, son armée et son peuple. M. Belhimer n’a pas manqué de rappeler que l’Algérie soutient la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies 690 (1991) qui appelle à l’organisation et la supervision … d’un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Cet entretien intervient quelques jours après une déclaration à l’agence officielle Aps dans laquelle le porte-parole du gouvernement avait affirmé que des attaques contre l’Algérie sont menées depuis des capitales occidentales, dont Paris, et cité nommément l’agence israélienne LSO de contrôle et de cyber-sécurité, dont l’outil d’espionnage est le logiciel Pegasus utilisé dans plusieurs pays du monde arabe.
Slimane Ben.Le Courrier d’Algérie, 7 déc 2020
Tags : Algérie, Maroc, Makhzen, Abdelmajid Tebboune,
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Sahara Occidental : Comment le Maroc a apprivoisé la MINURSO
En 2015, le Parlement français a approuvé une loi qualifié de « protocole d’entraide franco-marocaine » qui a signé la fin de la brouille entre la France et le Maroc provoquée par la convocation d’Abdellatif El Hammouchi, ex-patron des services secrets marocains. Sa principale disposition ? En cas d’enquête ouverte en France sur des crimes commis au Maroc ; même si la victime est française, le procureur aura l’obligation de transmettre la procédure « en priorité » aux autorités marocaines. « A elle de décider de la suite. Autant dire qu’il sera impossible de poursuivre des dignitaires marocaine en France », soulignait le Canard Enchaîné à l’époque.
Selon les politicards français, la signature de cette loi a été dictée par « l’alliance stratégique » qui caractérisent les relations entre la France et le Maroc. Un langage qui cache les raisons expliquant le fait que toutes les élites françaises soient à la merci du Makhzen.
Politiciens, journalistes, artistes… ont été invités à séjourner au Maroc aux frais des autorités marocaines à La Mamounia et à d’autres hôtels de luxe où un agent de la DST est souvent affecté et des caméras installées pour filmer leurs moindres gestes. Rappelez-vous l’histoire de «l’ ancien ministre » qui s’était « fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons », d’après les propos de l’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry. C’est une pratique habituelle des services secrets marocains. Il semble que c’est la seule pratique qu’ils maîtrisent puisqu’elle est utilisée contre toutes les voix critiques. La dernière en date : l’avocat Mohamed Ziane, ancien ministre des droits de l’homme et fondateur du parti marocain libéral. Il a été filmé nu et à son insu dans une chambre d’un hôtel de Rabat. « Ce sont des méthodes choquantes de basse police un peu inhabituelles au Maroc », affirme maître Patrick Baudouin, l’un des avocats du boxeur Zakaria Moumni que les services de Sa Majesté ont voulu museler par la même méthode. Selon le journaliste marocain Ali Lmrabet, « le ministre de l’intérieur de l’époque Mohand Laenser a reconnu publiquement que les Renseignements généraux (RG) avaient filmé l’ancien champion du monde Zakaria Moumni avec son épouse légitime dans une chambre de l’hôtel Hassan de Rabat ».
Le chantage au vidéos sexuel, la DST en possède une solide expérience et au Sahara Occidental la MINURSO n’ a pas échappé. Depuis ses premiers moments , la mission est tombée dans le piège marocain. Si les murs de l’hôtel El Massira parlaient, ils auraient beaucoup à raconter des jeunes filles marocaines qui ont été invitées à « gâter » les officiers de la mission onusienne. La population locale en sait quelque chose. Non sans raison, le Conseil de Sécurité insiste dans toutes ses résolutions sur « la politique de tolérance zéro de l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles et de le tenir pleinement informé des progrès faits par la Mission à cet égard dans ses rapports » .
Ceci explique en partie les nombreux documents confidentiels de la MINURSO en possession des services secrets marocains et qui ont été révélés par le hacker Chris Coleman.
A titre d’exemple, nous citons cette lettre du Chef de la mission Hany Abdelaziz dans laquelle il fait part de la nomination du français Hervé Ladsous (encore un français) au poste de vice-secrétaire général de l’ONU chargé des missions de paix (DPKO).

Ou encore cette lettre reçu par le Chef de la MINURSO de la part d’une équipe de télévision japonaise demandant la permission de visiter le siège de la mission à Tifariti.

Ou encore cette lettre d’Omar Manis dans laquelle il rapporte les mesures prises par l’Algérie et le Front Polisario suite à l’affaire de deux coopérants espagnols et une italienne, kidnappés à Rabouni en 2010.


Même les bureaux du Chef de l’ONU étaient infiltrés par les marocains. Dans une lettre envoyée par Lotfi Boucharaa, ancien chef de section au ministère marocain des affaires et ambassadeur actuel du Maroc à Moscou, il faisait part d’une source qu’il appelait « nos sources au sein du Secrétariat » de l’ONU. Il s’agit des “éléments de langage sur la thématique des droits de l’homme préparés à l’attention du SG de l’ONU pour son entrevue avec Mohamed Abdelaziz”.



Dans un email reçu par Nasser Bourita de la part d’Amine Chabi, ce dernier rapportait des confidences faites par Kishore Deraya, Directeur adjoint politique au Cabinet du SG : 


Tags : Maroc, Sahara Occidental, Polisario, ONU, MINURSO,
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Maroc : Les geeks marocains affluent vers le “paradis des hackers”
Avec ses rangées d’ordinateurs élégants et ses méthodes d’étude ultra-modernes, le campus 1337 du Maroc est un rêve devenu réalité pour les geeks en herbe, dans un pays où les compétences informatiques sont très demandées.
Conçu comme un paradis pour les codeurs, le centre propose une formation par projet sur la programmation, l’innovation et la construction de systèmes informatiques.
Les frais de scolarité sont gratuits et les étudiants créent en grande partie leurs propres programmes.
Tout se passe sur un campus ouvert 24h / 24 rappelant la Silicon Valley, avec une cantine, des graffitis sur les murs et des salles de jeux proposant des balançoires et un baby-foot.
“C’est trop beau pour être vrai”, a déclaré Ismail El Mheki, qui a d’abord eu du mal à se dégager de son écran pour répondre aux questions.
En découvrant l’institut, qui a organisé ses premiers cours en 2018, il a pensé que c’était une astuce – sa réaction a donc été de pirater le système.
Mais aujourd’hui, le jeune de 22 ans, légèrement voûté, est en train de jaillir.
«Tout ici est incroyable, à commencer par l’enseignement», a-t-il déclaré.
Un «hacker éthique» autoproclamé («chapeau blanc» en langage geek), Mheki s’est enseigné avec des ressources trouvées dans les coins sombres d’Internet.
Il a abandonné l’école avant ses examens finaux, au grand désarroi de ses parents.
«Tout m’ennuyait à l’école», dit-il.
Mais après deux ans en Norvège à travailler pour une entreprise de cybersécurité, il a passé le test d’entrée pour 1337 et l’a réussi avec brio.
Avant même d’avoir terminé son cours, on lui a proposé un poste au sein de l’équipe de sécurité informatique de l’école.
“Il est très fort, bien plus fort qu’un vieil homme comme moi”, a déclaré Youssef Dahbi, le chef technique de l’école – qui a la trentaine.
“La cybersécurité évolue constamment, les compétences deviennent donc rapidement obsolètes.”
– ‘Jeunesse invisible’ –
Le géant marocain du phosphate, OCP, a décidé de créer le campus 1337, convertissant une usine désaffectée dans la ville minière centrale de Khouribga dans le but de répondre au besoin urgent du pays en matière d’expertise technologique.
Le nom du centre provient d’un système d’orthographe modifié connu sous le nom de Leet Speak ou «1337 5P34K», utilisé par les hackers et les joueurs pour montrer leur statut «d’élite» dans les communautés en ligne.
L’institut travaille en étroite collaboration avec 42, une école de programmation française créée en 2013 par le milliardaire des télécoms Xavier Niel et très appréciée dans le monde de la technologie.
L’idée est d’attirer “les jeunes invisibles, les geeks incompris qui ne rentrent pas dans le système et qui ont développé par eux-mêmes des compétences rares”, a déclaré le directeur Larbi El Hilali.
Fatima Zahra Karouach, l’une des femmes qui ne représentent que 10% des élèves, a déclaré que l’école était comme “une grande famille”.
“Nous avons le même état d’esprit, le même style de vie”, dit-elle.
Karouach a quitté son premier emploi d’ingénieur industriel, et maintenant à 29 ans, elle profite de sa liberté.
«Aucune heure de bureau, aucune contrainte, aucun jugement», a-t-elle déclaré. «En ville, tout le monde sait que 1337 personnes sont différentes».
Le camarade marocain de Karouach, Mohamed Aymane Farmi, qui se qualifie lui-même de «mathématicien passionné d’algorithmes», a une histoire similaire.
Le jeune homme de 24 ans a rejoint 1337 après avoir quitté les classes préparatoires à l’examen d’entrée dans une prestigieuse école d’ingénieurs «à l’ancienne». Il rêve désormais de créer une start-up d’intelligence artificielle.
Il dit qu’il n’a aucun regret.
– Répondre à la demande –
Parmi les rares étrangers à l’école, il y a Robert Bright Foca, 23 ans.
Le Camerounais a passé deux mois en tant que migrant clandestin, passant par le Niger, le Nigéria et l’Algérie avant de rejoindre le Maroc.
Il a dit être arrivé “juste à temps pour passer l’examen d’entrée”.
Ayant touché un ordinateur pour la première fois à l’âge de 11 ans, il rêve d’ouvrir sa propre école de programmation chez lui.
Les élèves de 1337 sont sélectionnés sur la base de leurs performances aux tests de logique et de mémoire, de motivation et de progression. Aucune qualification formelle n’est requise.
La région du Maghreb, qui comprend également l’Algérie et la Tunisie, est généralement considérée comme un incubateur pour les ingénieurs de formation traditionnelle.
Quelque 8 000 ingénieurs informaticiens sont diplômés chaque année au Maroc, mais cela ne suffit pas pour répondre aux exigences de la transition numérique du pays, surtout lorsque beaucoup sont attirés par des salaires plus élevés en Europe et en Amérique du Nord.
Alors que l’école 42 a fait marche arrière sur les plans de création d’un campus à Tunis, l’école Holberton de Californie a ouvert une succursale là-bas, offrant également une formation gratuite.
D’autres instituts privés proposent des cours qui durent plusieurs mois, avec des emplois garantis à la fin.
A 13 h 37, «l’idée est de cibler les personnes ayant le plus grand potentiel», précise un conseiller stratégique d’OCP, qui a demandé à ne pas être nommé.
“Il est plus facile de créer de nouveaux cours que de réformer l’ensemble du système d’enseignement supérieur.”Source : RFI, 7 déc 2020 (traduction non officielle)
Tags : Maroc, informatique, geeks, hackers, pirates, piratage, hacking,
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Le Sahara occidental et le retour aux armes
L’Union européenne négocie avec le Maroc l’exploitation des ressources naturelles du territoire
Les Nations Unies ont jeté l’éponge en raison de l’impossibilité de résoudre le conflit au Sahara Occidental à cause de l’intransigeance du Maroc et de la France. Quelle issue reste-t-il au peuple sahraoui? Continuer d’attendre encore un demi-siècle alors que deux générations sont déjà nées dans les camps de réfugiés algériens?
Cela fait 45 ans que l’Espagne a décidé d’abandonner le peuple sahraoui à son sort, cédant son ancienne possession coloniale à la Mauritanie (qui a quitté le territoire en 1979) et au Maroc, qui l’occupe militairement depuis. Après 15 ans de guerre (1975-1991), le Front Polisario a décidé d’échanger des armes contre les urnes, espérant que les temps nouveaux inaugurés avec la fin de la guerre froide rendraient possible la promesse des Nations Unies d’organiser un référendum d’autodétermination. dans laquelle les sahraouis décideraient de l’avenir du territoire.
A cette époque, il y avait un débat âpre au sein du mouvement de libération nationale sahraoui parmi ceux qui défendaient la poursuite de la guerre, car la décision de Hassan II de négocier avec ce qu’il considérait jusque-là comme une simple organisation terroriste, était le signe d’un épuisement évident et sa capitulation était proche, et ceux qui considéraient que le moment de paix était venu; qu’il fallait se fier à la promesse de l’ONU de décoloniser le territoire, comme elle l’avait fait au cours des décennies précédentes sur pratiquement tout le continent africain. Finalement, l’option pacifique a été imposée, mais malheureusement, le temps s’est écoulé pour donner la raison à ceux qui ont pari sur la guerre.
Le Plan de paix, librement négocié entre les deux parties et approuvé par le Conseil de sécurité (1991), prévoyait la tenue d’un référendum d’autodétermination dans un délai de six mois, au cours duquel la population pouvait choisir entre l’intégration du territoire dans le Maroc et l’indépendance. Il prévoyait également que le recensement pour le référendum serait basé sur celui établi par l’Espagne en 1974, qui serait mis à jour avec de petits changements, tirés des 15 années de guerre, y et à l’exclusion de ceux qui étaient décédés. Le fait qu’un délai aussi court ait été prévu pour la tenue du référendum donne une idée de la limitation des changements à apporter.
Malheureusement pour le peuple sahraoui, parallèlement au début du processus d’identification des électeurs, la guerre civile qui a fait rage en Algérie pendant une décennie a éclaté. A cette époque, Hassan II a senti que si cet État retirait son soutien aux Sahraouis, il pourrait faire disparaître le conflit de l’agenda international. Heureusement, l’Algérie n’a jamais changé son engagement en faveur de l’application du droit international dans le conflit. Cependant, le monarque alaouite a utilisé le processus d’identification dans le but non déguisé de reporter indéfiniment la tenue du référendum, garantissant qu’un processus qui devait être achevé en moins de six mois durerait une décennie entière. Enfin, peu de temps après que la Minurso (Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental) a rendu public le recensement (2000), le Maroc a annoncé qu’il n’accepterait jamais un référendum sur l’autodétermination, après avoir accusé l’ONU de partialité.
Les tentatives ultérieures pour résoudre le conflit par une «troisième voie» qui admettrait la tenue d’un référendum d’autodétermination, mais qui, à son tour, garantirait d’une manière ou d’une autre la victoire marocaine dans celui-ci, menée notamment par l’ancien secrétaire d’État américain, James Baker (Baker Plans I et II), et malgré une nette préférence pour les intérêts marocains, ont échoué en raison de l’intransigeance de cet État, qui ne voulait courir aucun «risque de perdre» le territoire. Baker lui-même l’a expressément déclaré lorsque, outré par l’obstructionnisme de cet État, a présenté sa démission.
Depuis ce moment, les négociations sont au point mort. Les résolutions du Conseil de sécurité ont exhorté depuis lors « les parties à reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général sans conditions préalables et de bonne foi », faisant semblant d’ignorer que, à la suite de négociations menées dans ces mêmes locaux, elle avait déjà approuvé, depuis près de trois décennies, un plan de paix parfaitement applicable aujourd’hui; que la Minurso a déjà achevé une partie fondamentale de son mandat principal, la préparation du recensement; et que la seule raison pour laquelle le conflit n’est pas résolu définitivement par l’application du plan susmentionné est le rejet de l’une des parties, le Maroc, et le soutien inconditionnel du complice nécessaire, la France, qui s’oppose à la possibilité que le Conseil de sécurité force les parties à mettre en œuvre ledit plan.
Il est évident que vous ne pouvez pas négocier avec ceux qui ne le veulent pas: parmi les «conditions préalables» auxquelles se réfèrent les résolutions susmentionnées, il y a le refus exprès du Maroc de tenir un référendum d’autodétermination. A partir de là, qu’est-ce que la partie sahraouie aurait à négocier?
Les Nations Unies ont jeté l’éponge face à l’impossibilité de résoudre le conflit en raison de l’intransigeance du Maroc et de la France. Il est triste de devoir reconnaître que, comme le souligne la déclaration de guerre du Front Polisario, l’ONU est devenue un simple notaire de l’occupation. La dernière résolution du Conseil de sécurité laisse peu de place au doute: elle soutient “une solution politique réaliste, viable et durable à la question du Sahara occidental basée sur le compromis”. Que signifie «solution politique réaliste»? Il est évident que pour l’ONU l’indépendance n’est pas une «solution réaliste», donc ce qu’elle propose est quelque chose de très grave: abandonner le droit international pour aboutir à une solution politique qui ignore la volonté du peuple sahraoui.
De son côté, l’Union européenne négocie avec le Maroc l’exploitation des ressources naturelles du territoire, violant ainsi l’exigence établie en février 2018 par la Cour de justice de l’Union européenne pour que cette exploitation soit conforme au droit international: que le peuple sahraoui donne son consentement à une telle exploitation. Le Front Polisario, à propos de l’Assemblée générale des Nations unies, le représentant «unique et légitime» du peuple sahraoui, a catégoriquement refusé de donner son consentement à de tels accords. En concluant ces accords, comme l’a souligné l’avocat général dans ses conclusions sur les accords de pêche, l’UE viole plusieurs des normes fondamentales du droit international: le droit à l’autodétermination des peuples, l’interdiction de reconnaître des situations dérivées de l’utilisation de force (occupation militaire), l’interdiction de contribuer par leur comportement à la consolidation d’une telle situation …
Quant à notre pays qui, conformément au droit international et à notre propre système juridique (confirmé par deux ordonnances de la Cour nationale de 2014), continue d’être la puissance administrante du territoire, a changé sa position initiale de défense tacite du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui depuis le premier gouvernement démocratique, celui de l’UCD, jusqu’au soutien actuel à l’occupation et à l’annexion illégale du territoire par le Maroc. Les représentants des gouvernements espagnols successifs, socialistes et populaires, ont répété ad nauseam les phrases creuses des résolutions du Conseil de sécurité (“nous soutenons les efforts des parties pour parvenir à une solution mutuellement acceptable …”), tout en y participant activement dans la consolidation de l’occupation du territoire. Il faut rappeler que les projets de résolution qui parviennent au Conseil de sécurité émanent du dénommé «Groupe des amis du Sahara occidental» (Sahara occidental ou conflit?), une sorte de «Conseil de sécurité pour le conflit sahraoui» composé des Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni et Espagne, qui remplaceraient ainsi le cinquième membre permanent, la Chine.
Parmi ceux d’entre nous qui maintiennent l’espoir que le conflit sera résolu par un référendum d’autodétermination, l’arrivée d’Unidas Podemos au gouvernement a été très bien accueillie, car depuis la fin de la dictature, le Parti communiste et la Gauche unie défendent fermement cette solution, et parce que Pablo Iglesias lui-même avait promis publiquement de le promouvoir, participant même à des actes de solidarité avec le peuple sahraoui. Mais il semble que les choses les choses sont vues différemment du gouvernement. Personne n’échappe à la gravité des problèmes avec lesquels le gouvernement marocain fait chanter et extorque l’Espagne et l’Europe. La coopération en matière de contrebande ou de terrorisme international, Ceuta et Melilla, mais surtout l’immigration, sont des arguments difficiles à gérer. Y a-t-il un doute sur les raisons pour lesquelles des milliers d’immigrants ont commencé à arriver aux îles Canaries, précisément à cette époque, en quelques semaines seulement? Le Maroc gère comme personne le robinet de l’immigration clandestine, qui s’ouvre à chaque fois que ses relations avec l’UE sont remises en question ou peuvent l’être. Mais le peuple sahraoui ne peut à nouveau être la monnaie d’échange pour résoudre les problèmes du royaume alaouite.
Dans ces circonstances, quelle issue reste-t-il au peuple sahraoui? Continuer d’attendre encore un demi-siècle alors que deux générations sont déjà nées dans les camps de réfugiés algériens? Abandonner à leur triste sort ceux qui subissent la violente occupation marocaine sur leur propre terre? Je ne serai pas celui qui défendra la voie de la guerre pour résoudre le conflit. J’admire profondément ceux qui, après avoir subi des disparitions forcées pendant plus de seize ans, défendent encore la voie pacifique comme moyen de résoudre le conflit. Mais le Front Polisario est un mouvement de libération nationale auquel le droit international reconnaît le droit de recourir à la force face à l’occupation et à la domination coloniales, donc s’il décide de prendre les armes efficacement, il exercera son droit.
La gravité plus ou moins grande de la violation du cessez-le-feu marocain qui a conduit à la déclaration de guerre sahraouie n’est pas particulièrement pertinente. C’est simplement la dernière goutte. La date de la proclamation de l’état de guerre n’est pas un pur hasard: il y a 45 ans, le 14 novembre 1975, l’Espagne a cédé le territoire au Maroc et à la Mauritanie par le biais des «Accords tripartites de Madrid».
Pendant des décennies, le Front Polisario a fait preuve d’infinies preuves de patience, parfois difficiles à comprendre pour son propre peuple (rappelez-vous, par exemple, le courage du mouvement sahraoui après les événements de Gdeim Izik), en utilisant tous les canaux politiques, diplomatiques et juridiques imaginable. Ce que l’ONU, l’UE et l’Espagne lui demandent, c’est qu’il se rende, qu’il accepte de se rendre au Maroc. Et cela n’arrivera pas. Le peuple sahraoui est un peuple pacifique, il en a donné de nombreuses preuves, mais digne et fier. Si le retour à la guerre se confirme, personne ne peut lui reprocher de ne pas avoir exploité chacun des moyens possibles pour parvenir à quelque chose de fondamental qui lui correspond pour la justice: vivre en paix sur sa propre terre.
Juan Soroeta. Professeur de droit international public à l’UPV / EHU, Président de l’AIODH (Association Internationale pour l’Observation des droits humains)
Source : Kaos en la red, 6 déc 2020
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