Tag: Maroc

  • Sahara Occidental-El Guerguerat: une bouchée empoisonnée.


    Alien Habib Kentaoui. – 01/12/2020 – ECSaharaui

    La deuxième guerre sahraoui-marocaine a éclaté. L’avenir de la coexistence et de la paix régionale dépend de ses résultats. Opinion exprimée par des experts du conflit et conviction bien ancrée des habitants du peuple sahraoui qui partagent dans leur propre chair la douleur de l’aiguillon de l’expansionnisme.

    Si à la fin du 16ème siècle l’avidité de l’expansionnisme marocain était les salines de Tagaza, le contrôle de l’or et le fabuleux pôle commercial du Mali. Aujourd’hui, ce sont les grands gisements de phosphate de Boucra, les zones de pêche du Sahara Occidental et les immenses réserves de fer de Jbeilat en Algérie et de Zuerat en Mauritanie. La boulimie insatiable s’aggrave, et le déplacement des frontières du Maroc ne prendra fin que là où les ressources s’arrêtent, ou là où commence la force de celui qui est menacé. Des mesures sont prises pour le tellure et d’autres minéraux rares sur les côtes canaries-sahariennes. Il y a une panique réprimée dans les think tanks espagnols.

    Les arguments bruts ne manquent pas. L’histoire a été falsifiée hier; aujourd’hui, le Maroc découvre ses «racines coupées de l’Afrique» et un besoin urgent se fait sentir de la contiguïté des frontières avec l’Afrique noire. Aujourd’hui, c’est El Guerguerat. Demain ce sera Rosso, Walata et Borj El Mohktar et In Guezzam dans l’extrême sud de la Mauritanie et l’Algérie respectivement. Les îles Canaries pour l’attrait appétissant des minéraux récemment découverts, seraient bientôt incluses dans le panier de l’empire chimérique. Des théories sauvages verront le jour: l’extension naturelle du plateau continental marocain, ou une origine berbère mythique de la population Guanche. Les milles maritimes commencent à s’étirer vers les îles. Il n’y a que le bourbier de l’aventure du Sahara qui empêche un tsunami imminent.

    La nouvelle confrontation est existentielle, pas seulement pour le peuple sahraoui. Cette fois, l’indifférence ou l’impartialité des voisins serait un suicide stratégique.

    L’impassibilité de la communauté internationale, a donné des ailes à l’expansionnisme marocain, réduit les résolutions de l’Assemblée générale sur le Sahara occidental en papier mort, le verdict de la Cour internationale de justice devenu obsolète, le contenu l’avis de la Cour européenne de Justice vidé et le plan de réglement converti en processus sans fin. Trois décennies d’attente, de patience et de bonne volonté du peuple sahraoui ridiculisées; tandis que la répression, le pillage des ressources naturelles et le défi étaient récompensés par les prétendus gardiens du temple de la légalité. Pour le comble de la déception, la Minurso confond sa mission d’organiser un référendum d’autodétermination pour le peuple du Sahara occidental avec celle de surveiller le transit des business illicites á El Guerguerat, et d’acquiescer aux caprices de l’occupant.

    Peut-être, dans toute l’histoire des Nations Unies, personne ne surpasserait le respect et la vénération manifestés par le peuple sahraoui envers cette organisation internationale, et peut-être que rien ne surpasserait l’affront montré par l’ONU envers le peuple sahraoui. Sa déférence et sa confiance dans la légalité internationale ont été interprétées comme de la naïveté et sa flexibilité et sa recherche d’une solution pacifique comme une faiblesse. La seule voie qu’on lui a laissé est un cri d’exaspération et un retour aux armes: l’option la plus détestée. Peut-être la plus honorable dans une telle situation.

    Rabat encouragé, se lance dans la malheureuse opération Guerguerat; il fantasme que son occupation du territoire sahraoui était accomplie et légitime. Sans ennui, dans une alliance impie, un clan sinistre se rassemble en célébrations. Le berceau de la révolution en Europe bénit l’épouvantail avec son «égalité, liberté et fraternité» périmée; l’ex-puissance coloniale, constamment trompée, insaisissable et complice, ne cesse de crier olé, olé! ; Depuis le Moyen-Orient, Ali Baba et ses sbires rejoignent la meute au nom de la solidarité monarchique; d’autres flairent en attendant des promesses juteuses d’un festin hypothétique. Terrifiés, ils sont effrayés par le rugissement incroyable et soudain du peuple sahraoui. Le Maroc, horrifié se tait, se rend compte tardivement du danger de vendre la peau du lion avant de le chasser.

    Le monde est surpris par la détermination, l’unité et la ténacité du peuple sahraoui. Une fois de plus, il confond les analyses classiques et les stratèges de bureau. Les fausses illusions de parier sur sa fatigue et sa démoralisation s’estompent. El Guerguerat devient la grande erreur stratégique du Maroc.

    Qui sème le vent récolte les tempêtes!

    Source : ECSaharaui

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, Western Sahara

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara


  • Maroc : A cause de sa santé, Mohammed VI refuse de confirmer la réception du chef du gouvernement espagnol

    En espagne, on dit déjà que le roi du Maroc cherche à esquiver la rencontre avec le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, dont la visite au royaume est prévue pour le 17 décembre. La presse locale évoque un mécontement marocain à cause du soutien de Pablo Iglesias à l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental. La réalité est tout autre.

    La rupture du cessez-le-feu au Sahara Occidental a mis le Maroc dans une situation peu enviable. Le silence du Conseil de Sécurité et de ses alliés en dit long. Avec la Mauritanie, ça n’a jamais été le grand amour, notamment après l’invasion de la zone tampon d’El Guerguerat qui met en danger La Güera, une localité sahraouie administrée par Nouakchott. Par conséquent, Rabat a intérêt à présenter une image positive de ses relations avec l’Espagne.

    Craignant être trahi par sa santé, le roi du Maroc ne veut pas s’engager dès maintenant à recevoir Pedro Sanchez. C’est une décision qu’il prendra au dernier moment, c’est-à-dire, le 17 décembre.

    Le mystère qui entoure l’affaire est justifié par l’obsession des autorités marocaines à dissimuler la santé très dégradée du roi qui l’a contraint a repousser de 24 heures un discours aussi important que celui programmé lors de la commémoration du 45ème anniversaire de la dénommée marche verte. Pour expliquer ce retard, les autorités marocaines ont avancé un argument aussi inacceptable que ridicule: un membre de l’équipe technique a été testé positif. Le lendemain, Mohammed Vi est apparu dans un état pitoyable. Il pouvait à peine articuler les mots. Au Maroc, la santé du roi est un véritable tabou, notamment maintenant qu’il y a de nombreuses rumeurs sur un conflit de succession.

    La raison du déclin de la santé du roi est son infection au coronavirus lors d’un rencontre avec le Prince de Monaco. L’information a été révélée par CNN et démenti par le gouvernement marocain qui prétend que la chaîne de télévision américain confond “Monaco” et “Morocco”.

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc, Western Sahara, Mohammed VI, Pedro Sanchez,

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  • La France couvre le Maroc sur le trafic de drogue – Cette guerre que nous livre le roi.

    Par Mohamed TOUATI 

    Alors que l’organisation des Nations unies a classé le Royaume chérifien au premier rang des pays producteurs de cannabis, le gouvernement français tente de le blanchir.
    Le souverain marocain a vraisemblablement fait actionner ses relais pour soigner son image. Ce qui parait toutefois étrange dans cette affaire c’est le silence observé par le gouvernement et le Parlement algériens devant cette offensive qui a pour objectif de dédouaner le pouvoir marocain qui produit la plus grande quantité de cette substance qui gangrène la planète: le cannabis.
    La France qui a pris la présidence du Conseil de sécurité des Nations unies pour un mois à partir du 1er décembre envisage d’organiser le 18 décembre un débat sur le trafic de drogue. Sa cible l’Afrique de l’Ouest et le Sahel alors qu’elle ne peut ignorer que le Maroc déverse des tonnes de cannabis sur le territoire algérien et sur l’ensemble du globe.
    «Le trafic de drogue est une cause importante de déstabilisation, notamment en Afrique de l’Ouest et au Sahel. Pour soutenir les Etats de la région face à ce fléau, j’ai voulu que la France organise le 18 décembre un débat au Conseil de sécurité afin de mobiliser la communauté internationale contre ce phénomène», indique le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, dans un communiqué publié le 2 décembre.
    Le chef de la diplomatie française omet sans doute volontairement de nommer le pays responsable de ce contexte.
    Des voix se sont pourtant élevées pour tirer la sonnette d’alarme pour souligner la connexion de ce type de trafic avec les groupes terroristes ainsi que le danger qu’il représente pour la région du Maghreb et du Sahel.
    «Le fléau des stupéfiants qui cible les peuples de la région maghrébine et du Sahel africain s’avère plus dangereux que par le passé en raison de la situation de crise et d’instabilité que connaît la région», a fait remarquer le spécialiste des affaires de sécurité, Omar Benjana, qui s’était exprimé dans le cadre d’une conférence qu’il avait animée lors des travaux de l’université d’été (2013) des cadres du Polisario qui s’est tenue à Boumerdès (une quarantaine de km à l’est d’Alger).
    «A cause de l’alliance des barons du trafic de drogue produite dans le Royaume du Maroc avec les groupes terroristes», a souligné le conférencier. «Le contrôle par la mafia de la drogue des milieux de décision au Royaume du Maroc empêche la lutte contre la culture du cannabis au Maroc estimée à 3,1% du produit national brut (PNB) et qui rapporte au pays 12 milliards de dollars par an», avait -t-il ajouté.
    Black-listé par les Américains en ce qui concerne le trafic de cannabis et de cocaïne, le Royaume avait été épinglé par l’Office des Nations unies pour la drogue et le crime.
    Le Maroc demeure le «principal producteur et fournisseur mondial de haschich (résine de cannabis), dont la production est destinée principalement aux marchés européen, et africain», avait souligné le rapport mondial 2013 sur les drogues présenté le 28 juin de la même année, devant la commission des stupéfiants de l’ONU à l’occasion de la Journée internationale contre le trafic et l’abus de drogues, par Youri Fedotov, directeur de l’Onudc.
    «La corruption de la police et le laxisme tacite dans l’application des lois contre ce fléau demeurent un problème au Maroc», avait dénoncé, de son côté, un document du département d’Etat américain publié le 12 mars 2013. «La plupart des grandes expéditions de haschich marocain à destination de l’Europe sont transportées par bateaux à moteur et par d’autres petites embarcations…compte tenu de sa situation géographique et de ses infrastructures de transport, le Maroc sert de zone de transbordement pour la cocaïne en provenance d’Amérique latine qui est introduite clandestinement par l’Afrique de l’Ouest pour l’acheminer vers l’Europe», avaient indiqué les enquêteurs US.
    Le chef de la diplomatie française n’y a vu apparemment que du feu et a décidé de botter en touche pour venir à la rescousse d’un souverain marocain déjà bien malmené par l’affaire de la grâce accordée au violeur espagnol de 11 enfants marocains, accablé par des rapports d’organisations internationales (RFK Center, Human Rights Watch, Amnesty international…), du Département d’Etat américain en ce qui concerne les violences, la torture et les exécutions sommaires dont ont été victimes les populations du Sahara occidental.
    Autant d’injustices que la patrie des droits de l’homme a décidé d’ignorer comme cette guerre que le Maroc a décidé de livrer à l’Algérie à travers le trafic de drogue. Laurent Fabius a choisi son camp…
    L’Expression
    #Maroc #Cannabis #Haschich #drogue
  • Maroc : Guerre de succession au palais royal

    Selon Ignacio Cembrero, qui cite des “sources proches du palais royal marocain”, le prince Hicham Alaoui, a écrit, le 23 novembre, un commentaire sur son compte Twitter avec lequel il “a voulu sceller la réconciliation” avec son cousin germain le roi du Maroc.

    Le journaliste espagnol affirme que “La longue guerre froide entre le monarque et son cousin, qui a grandi ensemble – Moulay Hicham a perdu son père à l’adolescence et Hassan II a supervisé son éducation – s’est terminée le 23 novembre. Ce jour-là, le «prince rouge» a écrit un fil sur Twitter en arabe et en anglais. Il y a rappelé que lorsqu’il a décidé de s’exiler aux États-Unis il y a près de 20 ans, il était “terrifié” que ses deux filles, Faizah et Haajar, puissent perdre leurs racines marocaines. “Heureusement, mes pires craintes ne se sont pas concrétisées”, a poursuivi Moulay Hicham. Le mérite de ce “résultat positif” revient à Mohamed VI, assure-t-il. “En tant que chef de famille, il n’a ménagé aucun effort pour que mes filles restent intégrées dans la maison [royale], malgré la relation difficile que lui et moi avons eue.” «Il a été un gars attentif avec Faizah et Haajar (…)». «A aucun moment il n’a laissé mes décisions personnelles interférer avec la trajectoire» des filles, a-t-il conclu. Pour illustrer ses propos, le prince a posté sur Twitter une photo de Mohamed VI souriant avec sa fille Faizah dans ses bras”.

    Dans un article paru sur les pages d’El Confidencial, Cembrero précise que “si le «prince rouge» a maintenant mis de côté sa «rougeur» pour exprimer sa reconnaissance au roi, ce n’est pas seulement parce qu’il lui en est reconnaissant. Il est à Rabat depuis plus de huit mois, où il est retourné auprès de sa mère âgée pendant la pandémie, et a observé de près la détérioration de la santé de Mohamed VI, avec qui il a finalement eu des contacts. Il suffit de vérifier qu’il est malade en regardant son apparence hagarde et ses difficultés respiratoires à la télévision lorsqu’il a prononcé ses derniers discours, notamment celui du Trône, en juillet. Dans ces circonstances, Moulay Hicham a voulu sceller la réconciliation, peut-être hors de l’humanité avec le monarque et aussi jouer un rôle dans une succession au trône qui, si elle survient, sera problématique en raison des tensions au sein de la famille royale alaouite, selon des sources proches du palais royal marocain. Moulay Hicham a toutefois annoncé son intention de retourner aux États-Unis, à l’université de Harvard, dont il est chercheur associé, alors que le Maroc est libre de covid-19”.

    Le conflit entre la princesse Lalla Salma et ses belles-coeurs hante la succession

    Le journaliste espagnol rapporte que”au sein de la famille royale, aucun débat n’a été ouvert sur une abdication du roi malade pour faire place à son fils Moulay Hassan. Maintenant, l’idée hante la tête de beaucoup de ceux qui fréquentent régulièrement la maison royale. Le problème d’une hypothétique succession au Maroc n’est pas la volonté de Mohamed VI de vivre sans avoir à s’occuper des affaires de l’Etat, ni que l’héritier est mineur, car une loi organique prévoit la constitution d’un conseil de régence pour conseiller au jeune roi. L’obstacle presque insurmontable est la confrontation entre l’ex-épouse du roi, la princesse Lalla Salma, et les trois sœurs du monarque, les princesses Lalla Meryem, Lalla Asma et Lalla Hasna. Cela s’est reflété dans certains articles publiés début mars 2018 par “Le Crapouillot Marocain”, un journal sans rédacteur inspiré des services secrets, pour préparer les élites du pays à l’annonce du divorce entre Mohamed VI et Lalla Salma. Le palais royal a finalement divulgué la nouvelle de la désunion au magazine espagnol «Hola!», qui l’a publié le 18 mars de la même année”.

    “Le Crapouillot Marocain» décrivait alors Lalla Salma comme une femme «dédaigneuse et méprisante», au caractère «colérique et agressif», qui persistait également à «affronter ses belles-soeurs de la famille royale», malgré «des appels récurrents à l’ordre» de son mari le souverain. Jamais auparavant un média marocain ne s’était exprimé en ces termes à propos d’un membre de la famille royale, et si ce média digital l’a fait, c’est parce qu’il a reçu le feu vert du monarque lui-même”, rapelle-t-il.

    Tags : #Maroc #MohammedVI #LallaSalma #MoulayHicham #MoulayHassan


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  • Maroc : 700.000 paysans vivent de la production du haschich : Quand Mohammed VI protège les Escobar du Rif

    Par Adel MEHDI 

    Si la Colombie avait son Escobar, le Panama son Noriega, le Maroc possède Mohammed VI qui protège et autorise la production de 2 000 tonnes de drogue par an à destination de l’Algérie et de l’Europe.
    Dans un livre enquête intitulé Parrains de cités écrit par Jérôme Pierrat, journaliste et collaborateur du Point, qui a enquêté depuis plus de dix ans au coeur de ces réseaux, il raconte comment de petits caïds venus du Maroc sont devenus des cadors du trafic de drogue en France.
    Parmi ses Escobar du Rif, on retiendra Mohamed Benabdelhak dit le Bombé, 35 ans seulement et déjà grand parrain de la drogue, recherché depuis 2008 en France et en Belgique et en cavale au Maroc. Le gouvernement marocain refuse d’arrêter et d’extrader ses trafiquants marocains identifiés et qui inondent l’Europe et l’Algérie en haschisch.
    Le point de repère de cette nouvelle french connexion c’est Creil, à une soixantaine de kilomètres de Paris. Vaste supermarché de la drogue qui abreuve tout le nord de la France et une partie de la Belgique et bien sûr l’Algérie.
    Ses trafiquants freelance, produisent leur cargaison à un millier de kilomètres au sud de la France, sur les plateaux du Rif marocain. De la petite route défoncée qui longe la mer à flanc de montagne jusqu’à la frontière algérienne, on a recensé des milliers d’hectares de champs de haschisch, qui font vivre près de 700.000 paysans disséminés dans les campagnes alentour.
    Avec quelques autres, de sa famille, ils règnent depuis plus de cent ans sur les 2000 tonnes cultivées chaque année dans cette région montagneuse.
    Le kilo est vendu à 3000 euros. Ce trafic est monté par Sofiane Boukhedimi, de Clichy-la-Garenne, surnommé le Mozart des trafics. Ce dernier avait même monté une société d’énergie solaire à Dubaï.
    Ce «Pablo Escobar du Rif», qui marche avec des bodygard est capable de fournir avec la régularité d’un métronome des tonnes de hasch. Ses trafiquants marocains maîtrisent tout.
    La production, mais aussi la descente en bord de mer, où elle sera chargée sur les bateaux, les convois en plusieurs voitures ou en camions, jusqu’aux barrages de gendarmes qui, assure-t-il, sont de mèche avec lui. C’est un véritable business qui générerait pas loin de 2 milliards d’euros de chiffre d’affaires par an en France, et autant au Maroc où l’on parle sans fard de réduction des coûts, augmentation des marges et concurrence déloyale.
    Ses Escobar venant d’Afrique du Nord, sont protégés par le roi du Maroc et son Makhzen, un peu comme était le président du Panama, le général Manuel Antonio Noriega, qui a été arrêté et placé en détention par les Etats-Unis pour trafic de drogue et blanchiment d’argent. Le journaliste du Point les surnomme «Mozart des trafics» et affirme qu’ils bénéficient de la complicité des services de sécurité et des douaniers marocains au point de leur payer des vacances en France. Ces nouveaux barons de la drogue qui sont une menace pour l’Algérie, défrayent la chronique dans l’Hexagone, avec ses dizaines de règlements de comptes à la kalachnikov.
    En 20 ans, le voyou marseillais d’antan à la Jean-Paul Belmondo qui s’illustrait dans le passé dans les braquages, les courses-poursuites rocambolesques, les machines à sous et le proxénétisme s’est fait détrôner par une criminalité d’un genre nouveau qui préfère régler ses comptes à la kalachnikov et se définit elle-même comme une caste d’entrepreneurs ambitieux.
    Fini la sandwicherie de quartier pour blanchir l’argent, les sommes en jeu sont trop importantes. Désormais, les parrains des cités de banlieue en France engagent des conseillers financiers londoniens pour repérer les meilleurs investissements industriels en Ukraine ou en Pologne.
    #Maroc #Haschich #Cannabis
  • Sahara Occidental – Maroc : Les Sahraouis sur tous les fronts

    LEUR ARMÉE SE DÉPLOIE SUR LE TERRAIN ET LES SOUTIENS AFFLUENT DE PARTOUT: Les Sahraouis sur tous les fronts

    Des «unités de la gloire et la dignité ont ciblé des positions de l’ennemi en menant des attaques intenses sur les bases des soldats de l’occupation à Rousse la vallée de Tmat dans le secteur de Hauza, ainsi que dans le «secteur de Smara».

    Les attaques de L’armée de libération populaire sahraouie (ALPS) contre les positions de l’armée marocaine ne connaissent pas de répit. Visiblement décidée à répliquer avec une grande détermination à l’agression marocaine, l’ALPS a intensifié ses bombardements ciblant les bases et positions de l’armée d’occupation marocaine. Tout le long du mur de la honte, le pilonnage n’a pas cessé depuis plusieurs jours. Le ministère sahraouie de la Défense, qui rend compte de la situation sur le terrain a révélé dans son communiqué sahraouie n°16 que «les combattants de l’Armée de libération ont mené vendredi des attaques intenses sur les positions de l’ennemi, ciblant des positions des soldats de l’occupation dans le secteur de Tachla». La persistance de l’ALPS est un message clair de la République Sahraouie à l’endroit du Maroc quant à la volonté des Sahraouis de ne pas se laisser faire. L’agression perpétrée contre des civils est attentatoire à la sécurité de la personne sahraouie avant toute autre considération. A ce titre, la riposte est légitimée par le Droit international que Rabat a d’ailleurs outrepassé à Guergarat.

    Le déploiement des militaires Sahraouis ne relève pas d’une démonstration symbolique, mais constitue une véritable présence sur le terrain qui finira par attirer l’attention de la communauté internationale. Et pour, cause, les forces de l’APLS, rapporte le communiqué du ministère sahraoui de la Défense, ont mené des attaques intenses visant des «retranchements de l’ennemi à Oum Dighen dans le secteur Baghari».

    Deux régions donc à portée de tirs des militaires sahraouis. Le même communiqué souligne, à ce propos que des «unités de la gloire et la dignité ont ciblé des positions de l’ennemi en menant des attaques intenses sur les bases des soldats de l’occupation à Rousse la vallée de Tmat dans le secteur de Hauza, ainsi que dans le «secteur de Smara». Ces attaques «destructives» ont engendré «des dégâts «considérables» matériels et humains dans les rangs des forces d’occupation marocaines», rapporte le communiqué. Cela sur le terrain militaire. Au plan politique, les manifestations de soutien au peuple sahraoui se sont multipliées ces derniers jours. Ainsi, une grande militante sud-africaine des Droits de l’homme a interpellé l’Onu sur la question. Catherine Constantinides a appelé l’ONU à fixer une date pour l’organisation d’un référendum permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit légitime à l’autodétermination. Près de 30 ans plus tard, «faute de volonté politique et sans référendum en vue, la mission onusienne, MINURSO, chargée d’organiser et de surveiller le référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui du Sahara occidental, a échoué», a-t-elle souligné.

    De son côté, l’Alliance socialiste australienne a condamné l’agression du Maroc et appelle à la tenue d’un référendum. «Nous condamnons l’agression du Maroc et l’occupation continue» des territoires du Sahara occidental et «le pillage systématique des ressources naturelles sahraouies avec la complaisance des entreprises internationales», a indiqué l’exécutif national de l’Alliance socialiste. A Paris, ce sont des centaines de manifestants qui s’étaient rassemblées, ce samedi, sur la «Place de la République» de Paris pour dénoncer l’agression marocaine contre des civils sahraouis à El Guerguerat et appeler l’ONU à agir pour obliger le Maroc à se conformer au droit international. Les manifestants, munis de pancartes et de banderoles, ont scandé des slogans contre l’agression marocaine et exprimé leur solidarité et soutien à l’armée de libération sahraouie à El Guerguerat, dans le sudouest du Sahara occidental.

    Sur le front diplomatique, c’est encore le silence plat et l’on voit aucune velléité du Maroc de reconnaître son tort. Bien au contraire, «Rabat mobilise des manifestants en soutien à ses convoitises coloniales», révèle l’ambassadeur de la République sahraouie en Algérie, Taleb Omar. «Les rapports de presse et les médias sociaux mettent au clair au quotidien la mobilisation par l’occupant marocain de manifestants pour mener des sit-in dans des pays européens pour conforter ses convoitises coloniales en recourant à la menace et au harcèlement», a signalé M.Omar.
    Nadera Belkacemi

    Ouest Tribune, 30 nov 2020

    SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara



  • Guterres, va-t-il corriger la trajectoire au Sahara Occidental

    M. António Guterres, vous avez échoué! Allez-vous pour corriger la trajectoire?

    Monsieur António Guterres, vous avez échoué. Il échoue sur un problème qui n’est pas secondaire, qui n’est pas douteux et qu’il est urgent de résoudre. Sa responsabilité est plus grande que n’importe lequel des secrétaires généraux qui l’ont précédé au cours des 30 dernières années et ce qu’il a fait jusqu’à présent est bien loin de son devoir politique et moral.

    Parmi les diverses missions des Nations Unies pour le maintien de la paix dans le monde, celle qui est géographiquement la plus proche de notre pays, et peut-être celle qui interfère le plus avec nous en tant que peuple et nation, s’appelle MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’Organisation Référendum au Sahara occidental).

    Si la couverture médiatique est si rare que seuls les plus attentifs et sensibles au sujet l’auront remarqué, la guerre a éclaté au Sahara Occidental il y a environ deux semaines. De cette manière, l’attention de la généralité de notre presse est faible, que pour chaque article écrit sur cette question, tout auteur est obligé de contextualiser le conflit. Le voici donc en deux phrases: le Sahara occidental, terre d’un peuple nomade, ancienne colonie espagnole envahie par la suite par le Maroc en 1975, était en guerre armée jusqu’en 1991, lors d’un cessez-le-feu établi par les Nations Unies avec l’engagement de donner à la population locale le droit à l’autodétermination. Aujourd’hui, le pays est toujours occupé par les forces marocaines, le référendum promis n’a jamais eu lieu et des milliers de Sahraouis sont quotidiennement opprimés dans leur propre pays et tant d’autres vivent dans des camps de réfugiés dans le sud-ouest de l’Algérie dans des conditions inhumaines et, sans doute, inacceptables sous notre responsabilité. en tant qu’êtres humains.

    Il n’y a pas eu d’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental depuis un an et demi. Il y a près de deux ans, le Maroc a signé un nouvel accord de pêche avec l’Union européenne malgré la décision de sa propre Cour de justice (CJUE) conclue un an avant que l’accord précédent ne puisse s’appliquer aux eaux du Sahara occidental. Il y a deux semaines, le Front POLISARIO, le représentant légitime du peuple sahraoui, face à une agression marocaine, a déclaré la fin d’un cessez-le-feu autrefois fomenté par une ONU qui jusqu’à aujourd’hui s’est avérée incapable de remplir sa mission et de donner du sens à la raison pour laquelle exister.

    Contrairement à ce que le journaliste Leonídio Paulo Ferreira a récemment lancé dans ce journal, avec une posture qui paraît neutre et suggérant que la résolution de ce conflit, par une concession progressiste, devrait suivre un cours réaliste, je demande si c’était ce parti “du plus réaliste » qu’António Guterres – à l’époque Premier ministre – et l’ensemble de la société portugaise ont choisi sur la question du Timor-Leste alors que l’issue de la victoire indonésienne il y a un peu plus de vingt ans semblait également évidente.

    Le journaliste Paulo Ferreira souligne le soutien international croissant à la faction marocaine, négligeant, dans une vision eurocentrique, la position anticolonialiste de plusieurs pays, comme l’Afrique du Sud, et le fait que le Sahara occidental, membre de l’Union africaine depuis 1984, ayez votre soutien. La question du Sahara occidental n’est pas celle de l’Algérie. L’autonomie du territoire suggérée par la monarchie dictatoriale alaouite n’est pas une option tant que les Sahraouis ne l’ont pas choisie dans le cadre d’un référendum libre et juste. Combien d’entre nous, Portugais, seraient prêts à accepter une proposition d’autonomie de Madrid si l’Espagne décidait d’envahir le Portugal? Il n’y a pas de séparatisme sahraoui comme indiqué dans votre texte. Il y a une lutte pour l’autodétermination de la part d’un peuple dont le pays était occupé.

    Il y a deux semaines, un autre conflit armé a refait surface dans notre monde. La guerre, quel que soit un cessez-le-feu vieux de près de 30 ans, n’a jamais vraiment cessé d’exister en cet endroit, car un peuple qui vit en exil dans un désert où même pas les rêves n’ont de place pour grandir, un peuple qui vit opprimé dans un territoire occupé où aucun des observateurs des organisations internationales de défense des droits humains sont autorisées à se déplacer, ce sont des personnes qui vivent – et survivent – en état de guerre.

    Ici, à notre porte, les armes ont recommencé à prendre feu. Et la défaite est pour nous tous en tant qu’êtres humains sur cette même planète. La question sahraouie, si proche de celle du Timor-Leste, mérite toute notre attention. Dans les années 90, nous tous, de tous les milieux politiques, de toutes les couches sociales, avons manifesté pour la juste cause des Timorais, contre le colonialisme indonésien, contre les intérêts économiques australiens.

    Récemment, promue notamment par l’Association d’amitié entre le Portugal et le Sahara occidental, 360 universitaires de 39 pays ont signé une déclaration pour l’”Appui au droit international, aux droits de l’homme et au droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, dernière colonie d’Afrique”.

    À l’heure actuelle, le Premier Ministre portugais qui a été directement impliqué dans la libération du Timor-Leste est Secrétaire général de l’ONU. En 2021, le Portugal assumera la présidence du Conseil de l’Union européenne.

    En tant que Portugais, notre responsabilité est énorme, car nous avons déjà montré que nous préférons soutenir la juste cause plutôt que la “voie réaliste”.

    Diario de Noticias, 27 nov 2020

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    SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

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  • Guerre au Sahara occidental : L’impuissance de la communauté internationale

    Alors que le conflit au Sahara occidental a franchi une nouvelle étape, avec la reprise des hostilités marquant la fin du cessez-le-feu en vigueur depuis presque 30 années maintenant, le monde entier donne la nette impression d’être indifférent à ce qui se passe dans ce territoire considéré, à juste titre, comme la dernière colonie en Afrique.

    En effet cela fait plus de 15 jours depuis la reprise des hostilités militaires entre les forces d’occupation marocaines et les troupes du Front Polisario et rien n’a été fait pour essayer d’endiguer ce cycle de violence armée qui risque de déstabiliser l’ensemble de la région. La communauté internationale est-elle indifférente par rapport à ce conflit ?

    Il y a tout lieu de le croire. Preuve en est les réactions assez molles pour ne pas dire inexistantes, notamment des puissances qui comptent dans le concert des nations. Le Conseil de sécurité de l’organisation des Nations unies (Onu), si prompt à faire preuve de célérité dans la réaction dans d’autres questions moins dangereuses, a, cette fois-ci fait preuve d’un laxisme qui soulève nombre d’interrogations. La plus haute instance
    de l’organisation onusienne n’a, à ce propos, tenue aucune réunion, même pas informelle. Le secrétaire général de l’Onu, António Guterres, s’est juste contenté, depuis le début des hostilités dans la région d’El-Guergaret, à appeler à la retenue indiquant “regretter” cette nouvelle tournure. Cette indifférence, ou plutôt cette impuissance de l’Onu, est sans doute
    révélateur du parti pris des puissances occidentales qui soutiennent une partie au détriment d’une autre. Dans ce cas de figure c’est le Maroc qui jouit du soutien de la France, membre du Conseil de sécurité, est qui plus est dispose du droit de véto au Conseil de sécurité. Et c’est sans doute la France qui joue un rôle important dans le blocage de toute réunion du Conseil de sécurité.

    Ce dernier a, pour rappel adopté, juste quelques jours avant la reprise des hostilités militaires, une résolution qui reconduit, pour 12 mois, le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). Pendant ce temps les événements s’accélèrent avec la détermination du Front Polisario à aller jusqu’au bout cette fois pour que la question trouve enfin son épilogue.

    Le représentant légitime du peuple sahraoui a, juste après l’impair marocain qui a fait intervenir son armée dans la région d’El-Guergaret contre des manifestants civils, indiqué la fin du cessez-le-feu accusant le Maroc d’en être le responsable. Depuis le Front Polisario mène des attaques armées contre les forces armées royales tout le long du mur séparant la partie coloniseé par le Maroc et celle encore sous la domination sahraouie. Ce conflit armé risque de connaître l’enlisement menaçant même de se transformer en une vraie guerre, ce d’autant que des pays étrangers pourraient s’impliquer. D’ailleurs, le Polisario a annoncé hier qu’un officier et un soldat émiratis ont été tués sur le mur de sable. Selon un responsable du Polisario l’officier émirati serait un expert en informatique, plus précisément dans le maniement des drones. Cette information atteste, s’il en était encore besoin, de la dangerosité de la situation.

    De plus face à la riposte du Polisario le Maroc s’apprête, selon des sources médiatiques, à renforcer son armée par le recrutement de Subsahariens pour renforcer ses rangs. Des données qui devraient inciter la communauté internationale à se ressaisir.

    Par : KAMEL HAMED

    Le Midi libre, 29 nov 2020


  • Sahara Occidental : «Nouakchott a un rôle important à jouer» (analyste)

    ISMAÏL ECHEIKH SIDIA, ANALYSTE POLITIQUE MAURITANIEN :
    «Nouakchott a un rôle important à jouer»

    Entretien réalisé par Tarek Hafid

    Écrivain et analyste politique mauritanien, Ismaïl Echeikh Sidia revient dans cet entretien sur le rôle de la Mauritanie dans la seconde guerre qui oppose le Front Polisario au Maroc. Pour ce spécialiste des questions africaines, «l’impartialité» de Nouakchott peut lui permettre de jouer un rôle de médiateur entre les deux parties. Ismaïl Echeikh Sidia évoque la possibilité d’une extension du conflit avec l’implication de l’Algérie.

    Le Soir d’Algérie : Comment évaluez-vous la situation sécuritaire dans le nord de la Mauritanie depuis la reprise du conflit armé entre le Front Polisario et le Maroc ?

    Ismaïl Echeikh Sidia : Selon les témoignages sur le front, la situation est très tendue. Cependant, les médias marocains, dans une démarche délibérée, se taisent et n’évoquent pas cette seconde guerre au Sahara Occidental, car elle nuirait aux investissements internationaux, à la Bourse et au marché monétaire. Elle compliquera également la situation politique et sécuritaire.
    Les médias sahraouis évoquent cette guerre, car la paix a presque mis la question du Sahara Occidental sous silence. Jusqu’à présent, les avions de combat marocains ne sont pas entrés en action, idem pour les canons anti-aériens sahraouis.

    Cependant, la portée des bombardements a dépassé les cinquante kilomètres.

    À l’avenir, le point de danger et d’escalade sera à mettre sur le compte de deux parties ou de l’une d’entre elles. Il faut s’attendre à des images d’incursions qui fuiteront dans les médias. La crainte d’une défaite médiatique pourrait conduire à une propagation de la guerre à l’intérieur des villes sous contrôle marocain ou à l’intérieur du territoire algérien, voire même à des batailles intenses à la frontière algéro-maroco-algérienne. Cela signifie que l’Algérie pourrait entrer dans les deux cas dans l’affrontement, ce qui accélérera la paix ou intensifiera le conflit.

    Comment l’opinion publique mauritanienne voit-elle la reprise de la guerre ?

    Les Mauritaniens, dans leur grande majorité, ont tendance à rechercher la paix dans la région, entre frères et voisins et sont très préoccupés par les conséquences de cette guerre à tous les niveaux. Ils savent ce qu’est le malheur car ils l’ont combattu et connaissent ses conséquences tragiques sur la paix et l’économie. Mais ils savent tous que l’équation est claire au Sahara Occidental entre une partie qui veut l’hégémonie et une autre qui la rejette et entre le rejet et l’imposition, le conflit pouvait éclater à tout moment.

    La Mauritanie subit-elle encore les répercussions de la fermeture du passage de Guerguerat, sur le plan commercial mais aussi en matière d’approvisionnement en produits agroalimentaires ?

    Les répercussions économiques étaient liées au fait de s’être habitué à emprunter ce passage. Mais les alternatives existent bien avant son ouverture. Les échanges ont donc repris à travers les ports et les aéroports. Pendant la période de fermeture, les marchandises en provenance de l’extérieur ont été épuisées. Il faut dire qu’avec le temps, les Mauritaniens préfèrent utiliser ce passage principalement pour des raisons de rapidité et de prix. Aujourd’hui, la plupart des hommes d’affaires de la ville de Nouadhibou ont opté pour la voie maritime pour transporter les produits de la pêche vers l’Europe. Ces alternatives peuvent prendre un peu de temps pour se mettre en place.

    Le Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et son ministre des Affaires étrangères mauritanien, Ismaïl Ould Echeikh Ahmed, ont reçu lundi le ministre sahraoui des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Salek.

    La Mauritanie peut-elle jouer le rôle de médiateur entre la RASD et le Maroc afin de parvenir à un nouveau cessez-le-feu et relancer le processus de règlement du dossier du Sahara Occidental ?

    La Mauritanie, à travers sa nouvelle position, appelle à une neutralité active. Cette position d’impartialité peut lui permettre de jouer le rôle de médiateur pour deux raisons: sa bonne relation ouverte, multiforme avec l’État sahraoui, et sa relation historique avec le Maroc.

    D’autant plus que la Mauritanie a de nombreuses cartes et rôles qu’elle peut jouer en temps de paix et en temps de guerre. La Mauritanie, en refusant de maintenir le passage de Guerguerat, porte préjudice à l’économie et à la politique marocaines. D’un autre côté, à travers son territoire et son armée, elle contre stratégiquement les Sahraouis. Ni Nouakchott ni les Sahraouis ne sont prêts à une tension qui sera très coûteuse au niveau populaire.

    Selon vous, la Mauritanie, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties, a-t-elle plus d’atouts que l’Algérie pour mener cette médiation ?
    L’Algérie est un pays que le Maroc considère comme une partie du conflit et le Polisario le considère comme un allié. La Mauritanie le considère comme un partenaire pour résoudre le dilemme sahraoui. Une grande partie de la société mauritanienne s’exprimant en langue hassanie partage avec la communauté sahraouie des facteurs anthropologiques et socioculturels. Elle contrôle également la région de Lagouira qui fait partie du territoire saharien, et a été une partie principale de l’accord de Madrid. Le Maroc pourrait avoir un rôle confortable dans le futur. A mon avis, la paix dans la région passe par Nouakchott plus qu’Addis-Abeba et New York.

    Que pensez-vous de la position mauritanienne sur cette question ? Est-il possible de considérer la position de neutralité comme une position correcte si l’on considère la présence continue de voix au Maroc qui réclament toujours «la marocanité» de Mauritanie et d’autres régions des pays voisins ?

    La neutralité mauritanienne est un choix stratégique et non une coïncidence. Il peut porter ses fruits plus tard dans l’établissement de la paix. La Mauritanie — comme je l’ai dit — est nécessaire aux parties au conflit dans les situations de paix et de guerre. Mais elle a également besoin de stabilité.

    Les Mauritaniens auront un rôle à jouer pour bâtir un Maghreb arabe fort débarrassé des conflits et de la tension. La Mauritanie peut être efficace grâce à ses capacités géostratégiques et une valeur ajoutée en matière d’intégration inter-maghrébine. Ainsi, il sera possible d’atténuer les problèmes historiques et les dépassements verbaux. De ce point de vue, la neutralité mauritanienne comme tactique est un atout pour la paix.

    Le Soir d’Algérie, 29 nov 2020

    SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • L’Algérie unie à l’épreuve de l’ingérence

    Plus que jamais, un front uni d’un peuple épris de liberté et de paix, viscéralement opposé à toute forme d’ingérence inscrite dans les valeurs novembriennes et confortée par la dynamique de changement opérée par le hirak authentique, s’impose.

    Cette exigence, proclamée par le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée, Saïd Chanegriha, lors de la cérémonie de conversion d’un hôtel militaire en structure sanitaire au profit des malades de la Covid-19, traduit la capacité intrinsèque du peuple algérien qui a su faire front contre toutes les épreuves pour arracher son indépendance, mettre en échec le néocolonialisme à visage religieux et répondre aux défis d’un nouveau monde en gestation.

    Dans cette conjoncture particulière, l’émergence d’une Algérie nouvelle, forte de la légitimité populaire et du socle constitutionnel garantissant une ère de liberté et des droits fondamentaux des citoyens, consacre une volonté inébranlable de consolider les bases de la souveraineté nationale compromise par le règne du despotisme, de la gabegie et de la dilapidation des ressources nationales.

    Cette dynamique salutaire, orientée vers la satisfaction des besoins des citoyens et la construction d’une économie performante et concurrentielle, a fait ressurgir les vieux démons d’un passé révolu, bouleversé par les retombées de la crise économique et sanitaire. Des campagnes mensongères et tendancieuses sont alimentées par des «cercles hostiles bien connus» relayés par des députés européens insensibles à la détresse de leurs concitoyens, soumis à une dure répression et néanmoins acquis à une inqualifiable ingérence dans les affaires intérieures de l’Algérie ciblée pour sa «ligne honnête et courageuse» adoptée par les plus hautes autorités du pays, comme a tenu à le souligner le chef d’état-major.

    Tout l’enjeu de cette énième tentative de déstabilisation, menée sous l’alibi des droits de l’homme, réside dans la résilience de l’Algérie des réformes démocratiques et du renouveau économique, redoutée par les nostalgiques de l’éden perdu.

    Au moment où un regain de tension, provoqué par l’occupant marocain, fort du soutien de certaines puissances européennes, pèse sur le destin de toute la région davantage enlisée dans des crises profondes, l’arme des droits de l’homme est brandie pour saborder le processus de renaissance et porter atteinte à la cohésion nationale. Cette vision à double vitesse, exonérant des crimes contre l’humanité commis en Palestine occupée par l’Etat hors-la-loi et garantissant l’impunité à l’occupation illégale du Sahara Occidental, a perdu toute crédibilité incompatible avec le déni des droits des peuples sacrifiés sur l’autel des considérations géostratégiques et des intérêts bassement commerciaux.

    Horizons, 28 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie,