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  • Araud : “Une négociation même sans accord, vaut mieux qu’il n’y ait ni négociations, ni accord”

    Tags : France, Maroc, Sahara Occidental, ONU, Christopher Ross, Gérard Araud,

    France : ” Il ne faut pas mettre d’échéances artificielles. Pourquoi pas 2016 ou 2017. 2015, ce n’est pas pertinent”

    Il ne faut pas mettre d’échéances artificielles. Pourquoi pas 2016 ou 2017. 2015, ce n’est pas pertinent, a déclaré le représentant permanent de la France auprès de l’ONU, Gérard Araud devant l’Envoyé Personnel du SG de l’ONU pour le Sahara Occidental.

    La déclaration a été rapportée par une note envoyée par le représentant du Maroc à l’ONU. La note contient un compte rendu détaillé des briefings du Représentant Spécial W. Wolfgang Weber et de l’Envoyé personnel Christopher Ross ainsi que des interventions des membres du Conseil de Sécurité lors des consultations privées, tenues le 17 avril sur la question du Sahara Occidental. 

    Les arguments de M. Araud visent clairement à maintenir le statu quo tel que voulu par le Maroc.

    “Notre vrai rôle est d’empêcher qu’il y ait une vraie dégradation de la situation”, a-t-il dit. 

    Pour Araud “une négociation même sans accord, vaut mieux qu’il n’y ait ni négociations, ni accord”.

    TEXTE INTEGRAL DE LA NOTE :

    OBJET: Question nationale/consultations du Conseil de Sécurité sur la MINURSO.

    J’ai l’honneur de vous faire parvenir, ci-après, un compte rendu détaillé des briefings du Représentant Spécial W. Wolfgang Weber et de l’Envoyé personnel Christopher Ross ainsi que des interventions des membres du Conseil lors des consultations privées, tenues ce matin, au sujet de la question nationale.

    I : Briefings de W. Wolfgang Weberet de M. Ross :

    1. le Représentant Spécial M. Weber :
      • Ci-jointe, copie de sa déclaration.
    1. L’Envoyé Personnel M. Ross:
      • Ci-jointe, copie de sa déclaration.
    • Les interventions des membres du Conseil:
    1. Etats Unis :
      • Continuent d’appuyer le processus politique sous l’égide de l’ONU ;
      • Soutient la nouvelle approche de M. Ross (diplomatie de la navette) ;
      • Attendent avec intérêt l’évaluation d’Octobre ;
      • Espèrent que les parties avanceront vers une solution mutuellement acceptable, qui est encore plus nécessaire dans le contexte sécuritaire de la région ;
      • Ils ont posé une question sur les jeunes au Sahara et dans les camps ;
      • Apprécient la tendance positive concernant l’interaction de la MINURSO avec les interlocuteurs, et souhaitent que les parties continuent à le faire. La MINURSO doit avoir accès à tous les interlocuteurs ;
      • Concernant la question des droits de l’Homme, elle s’est félicitée des efforts entrepris par le Maroc dans le domaine des droits de l’Homme ;
      • Préoccupation quant aux activités terroristes dans la région ;
      • Soutient à la recommandation du Secrétaire Général dans son dernier rapport pour le déploiement de 15 observateurs supplémentaires de la MINURSO et ce dans la limite des ressources disponibles ;
      • L’accord concernant les plaques d’immatriculation est positif ;
      • Rappellent la recommandation du Secrétaire Général que « le but ultime n’en reste pas moins le contrôle soutenu, indépendant et impartial de ces droits tant dans le Territoire que dans les camps » ;
      • Il faut améliorer les pratiques relatives aux droits de l’Homme ;
      • Reconnaissent les progrès du Maroc en matière des droits de l’Homme ;
      • Accueillent favorablement la visite attendue de Mme Pillay Haut Commissaire au Droits de l’Homme, et l’encourage à visiter les camps de Tindouf ;
      • Le projet de résolution est au niveau du Groupe des Amis et sera soumis prochainement au Conseil.
    1. Royaume Uni :
      • Soutient les efforts et l’approche de Ross (Diplomatie de la navette) ; 
      • En l’absence de progrès d’ici Avril 2015, le Conseil devra procéder à un examen de tout le processus de négociations ;
      • Il est disposé à considérer d’autres options pour le cadre de négociation.
      • Soutient le travail de la MINURSO, tout en se félicitant de l’élargissement des ses interlocuteurs et demandant de le continuer ;
      • La MINURSO doit avoir accès à tous les interlocuteurs ;
      • Appuie la demande d’augmenter le nombre d’observateurs ;
      • Se félicite des efforts du Maroc en matière des droits de l’Homme (CNDH, Procédures spéciales, et initiative du CES) ; et les étapes entreprises vers l’adoption la loi sur les tribunaux militaires ;
      • Il est important qu’ils soient mis en œuvre ;
      • Rappelle la recommandation du Secrétaire Général que « le but ultime n’en reste pas moins le contrôle soutenu, indépendant et impartial de ces droits tant dans le Territoire que dans les camps »
      • Accueil la visite attendue de Mme Pillay Haut Commissaire au Droits de l’Homme, et l’encourage à visiter les camps de Tindouf.
    1. Tchad :
      • Pas de progrès dans le cadre du processus politique ;
      • le Sahara « demeure le dernier territoire non autonome d’Afrique » ;
      • les parties doivent parvenir à une solution qui permettrait à la population sahraouie de déterminer son sort. Il faut qu’ils s’engagent dans un processus politique de fond ;
      • Le conflit n’a que trop duré ;
      • Soutient les efforts de Ross ;
      • Appui à la MINURSO ;
      • la situation des droits de l’Homme au Sahara et dans les camps nécessitait un suivi constant pour éviter les abus ;
      • Encourage les parties à poursuivre leurs efforts respectifs en matière des droits de l’Homme.
    1. France :
      • En plus du texte de la déclaration formelle ci-joint, l’AmbassadeurAraud a ajouté les éléments suivants, dans son interaction avec l’Envoyé Personnel:
      • Pour ce qui est de mettre une date butoir d’Avril 2015, il faut regarder les choses en face, le problème du Sahara dans l’ordre des priorités internationales, est du niveau de Chypre, ou du Cachemire ;
      • Le mieux est l’ennemi du bien ;
      • Notre vrai rôle est d’empêcher qu’il y ait une vraie dégradation de la situation ;
      • Une négociation même sans accord, vaut mieux qu’il n’y ait ni négociations, ni accord ;
      • Il ne faut pas mettre d’échéances artificielles. Pourquoi pas 2016 ou 2017. 2015, ce n’est pas pertinent ;
      • Il est surpris d’entendre de Ross que l’Algérie n’a pas d’impact sur la situation au Sahara ;
      • C’est une nouveauté qui ne tient pas compte de la réalité ;
      • Dire que l’Algérie fait partie de l’environnement, « comme le réchauffement climatique » ne tient pas compte de la réalité ;
      • Tant qu’il n’y a pas de bonnes relations entre le Maroc et l’Algérie, il n’y aura pas de négociations de la part du polisario ;
      • Nous savons que la question du mécanisme n’est pas liée aux droits de l’Homme ;
      • Ceux qui soutiennent le mécanisme savent que cela provoquera une crise avec le Maroc. C’est ce qu’ils cherchent ;
      • Si le mécanisme est proposé, le Maroc demandera le départ de la MINURSO ;
      • Non seulement il n’y aura pas d’amélioration des droits de l’Homme, mais il y aura une crise avec le Maroc ;
      • Si on s’intéresse vraiment aux droits de l’Homme, le mieux, c’est d’en parler aux marocains ;
      • C’est ce que la France fait avec d’autres pays ;
      • Il y a des progrès, et nous n’avons pas l’arrogance de penser que c’est à cause de nous.
    1. Luxembourg :
      • Réaffirme son soutien à Monsieur Weisbrod-Weber et Monsieur Ross dans leurs tâches respectives et appui la diplomatie de la navette de M. Ross ;
      • Des concessions de toutes les parties seront nécessaires pour trouver un compromis et le statut quo n’est pas une solution ;
      • Il se pose des questions sur la date butoir d’Avril 2015. La nouvelle approche vient d’être adoptée ;
      • Souhait pour l’enrichissement du processus de négociation et progresser vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable;
      • Pour ce qui est de la question des droits de l’homme, il appartient à toutes les parties d’en assurer la promotion et la protection ;
      • salue les efforts significatifs déployés par le Maroc pour respecter ses engagements internationaux en la matière ;
      • Quelles sont les mesures prises par le polisario pour respecter les droits de l’Homme ?
      • Malgré ces difficultés, la Mission accomplit un travail indispensable en tant que garante de la stabilité du cessez-le-feu et en tant que source d’information indépendante au sujet des conditions sur le terrain ;
      • Se féliciter des progrès concernant les mesures de confiance et déminage ;
      • Comme la France, reconnaît l’importance de l’amélioration des relations entre le Maroc et l’Algérie ;
      • Référence à la nécessité de l’enregistrement des populations des camps ;
      • Sur la base de ces éléments, appui la recommandation du Secrétaire général de proroger d’un an le mandat actuel de la MINURSO, avec la légère augmentation d’effectif proposée.
    1. Jordanie :
      • Voir texte ci-joint
    1. Australie :
      • A entendu le message de Ross ;
      • Prend note de la date d’Avril 2015 ;
      • Préoccupation quant à la frustration des jeunes dans les camps ;
      • En tant que Président du Comité 1267, mesure la gravité de la menace terroriste ;
      • La situation au Sahara est un obstacle pur l’intégration maghrébine ;
      • Il est important de promouvoir les droits de l’Homme au Sahara et dans les camps ;
      • Le Maroc a fait des progrès en matière des droits de l’Homme ;
      • D’accord avec la France quant au rôle de l’Algérie. Que faire pour améliorer l’atmosphère entre le Maroc et l’Algérie ?
    1. Rwanda :
      • Remercie Wolfgang Weisbrod-Weber et Christopher Ross pour leurs interventions respectives; et soutien à l’approche de Ross ;
      • La référence à l’importance de l’amélioration des relations entre le Maroc et L’Algérie ;
      • saluer le travail accompli par la MINURSO et son personnel, militaire et civil, pour assurer un cessez-le feu ;
      • rend hommage à M. Christopher Ross pour ses efforts inlassables et pour sa navette diplomatique, afin de parvenir à une solution politique ;
      • Sur les droits de l’homme, se félicite des efforts considérables accomplis par le Maroc ;
      • Se réjouit également d’une coopération constante du Maroc avec les procédures spéciales et l’encourage à continuer sur cette voie ;
      • Regrette le manque de progrès concernant le recensement des populations des camps ;
      • Se réjouis des progrès concernant les mesures de confiance ;
      • Appuie l’augmentation de 15 observateurs.
    1. Chine:
      • Soutient de la diplomatie de la navette
      • Soutient de la solution politique mutuellement acceptable ;
      • Se félicite du travail de la MINURSO
      • Soutient le renouvellement du mandat ;
      • Le Conseil de Sécurité n’est pas le lieu adéquat pour discuter des droits de l’Homme.
    1. Chili :
      • Soutient la diplomatie de la navette et les contacts bilatéraux entre les parties ;
      • Appuie la solution politique mutuellement acceptable ;
      • Soutient le processus mené par M. Ross mais regrette le fait que les parties tiennent toujours leurs positions traditionnelles ;
      • Référence à la situation des jeunes qui pourraient être recrutés par des groupes terroristes ;
      • L’importance d’évoluer dans le processus politiques ;
      • Reconnaît les mesures positives prises par le Maroc en matière des droits de l’Homme ;
      • Malgré les progrès, il faut un suivi de prés de la situation des droits de l’Homme ;
      • Note la mise en place d’un Conseil des droits de l’Homme dans les camps ;
      • Note le développement positif concernant l’enregistrement des populations des camps, en l’occurrence la visite d’un expert du HCR ;
      • Demande aux parties de montrer plus de flexibilité afin de trouver une solution politique.
    1. République de Corée :
      • remercier M. Ross et M. Weiber pour leur travail;
      • se félicite des efforts de la MINURSO ;
      • La situation est calme ;
      • Regrette que des soldats marocains soient rentrés dans un team site de la MINURSO sans autorisation ;
      • La nécessité de mettre à jour les accords militaires ;
      • soutient l’approche de M. Ross;
      • saluer les efforts du gouvernement marocain visant à améliorer la situation des droits de l’homme au Sahara ;
      • Demande aux parties de faire plus d’efforts pour créer une culture des droits de l’Homme ;
      • Le rapport du Secrétaire général indique que les difficultés continuent d’entraver les progrès vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable;
      • Insister sur la pertinence de la présence de la MINURSO;
      • Appuie la prorogation de son mandat et l’augmentation demandée du nombre des observateurs militaires ;
      • Les attentes des jeunes doivent être prises en compte ;
      • Situation socio-économique est une source d’inquiétude pour les gens au Sahara et dans les camps ;
      • La question des ressources naturelles doit être prise en considération.
    1. Argentine :
      • Appui la déclaration de l’Ambassadeur français ;
      • Soutient de la diplomatie de la navette ;
      • Reconnaît les efforts du Maroc en matière des droits de l’Homme ;
      • Exprime sa préoccupation quant aux allégations de violations des droits de l’Homme au Sahara et dans les camps de Tindouf ;
      • Le Conseil doit appeler les parties à promouvoir et respecter les droits de l’Homme ;
      • Question sur la situation des droits de l’Homme à Tindouf et les droits de la femme.
    1. Lituanie :
      • Référence au fait que le Sahara est sur la liste des territoires non autonomes depuis 1963 ;
      • Reconnaît les progrès dans le domaine des droits de l’Homme ;
      • La frustration des populations, surtout des jeunes est plus évidente ;
      • Soutien au travail de la MINURSO (déminage) ;
      • Reconnaît les efforts de Maroc en matière des droits de l’Homme ;
      • Cependant il existe toujours des violations des droits de l’Homme à l’Ouest du mur (arrestations arbitraires, détentions, non enregistrement des associations), d’où l’importance d’un suivi indépendant, durable et impartial au Sahara et dans les camps ;
      • Il n’est pas normal que la MINURSO ne puisse pas avoir de contacts avec la société civile ;
      • A demandé à Weber s’il y avait d’autres obstacles
      • Soutient la solution basée sur les deux questions mentionnées par le SG dans son rapport.
    1. Russie :
      • La position Russe est inchangée ;
      • Regrette que la situation n’a pas évolué et refuse le statut quo mais refuse aussi tout acte qui porte atteinte à la solution politique;
      • encourage une solution politique mutuellement acceptable, basée sur les résolutions du Conseil de Sécurité ;
      • Espère que les deux parties s’engagent dans un dialogue constructif ;
      • Appui le travail de l’ONU dans le cadre de la conduite de ses bons offices ;
      • La MINURSO doit respecter son mandat ;
      • Met en garde contre tout changement brusque d’approche, qui peut créer des tensions supplémentaires entre les parties ;
      • La Russie s’y opposera ;
      • Il est inacceptable de politiser les questions des Droits de l’Homme.
    1. Nigeria :
      • Appuie Ross ;
      • Référence à la frustration des jeunes au Sahara ;
      • Solution politique, juste et mutuellement acceptable qui doit être le résultat d’un dialogue inclusif qui tienne compte des aspirations des sahraouis ;
      • Exprimer la préoccupation concernant la situation des droits de l’Homme;
      • Préoccupé du fait que le mandat de la MINURSO ne contienne pas de mécanisme des droits de l’Homme et soutient son inclusion ;
      • Il faut mettre la MINURSO en conformité avec les autres opérations de maintien de la paix ;
      • Appui l’ajout de 15 observateurs militaires.

    Après les interventions des membres du Conseil, M. Ross a repris la parole pour donner des clarifications et répondre à des questions posées par des membres du Conseil :

      • Il a commencé par quelques mots en français, et a dit qu’il continuera en anglais « car le français qu’il a appris à 6 ans, en Nouvelle Calédonie, est limité » ;
      • Avril 2015, n’est pas la fin du monde ;
      • Le processus se poursuivra, mais, il est important de maintenir la pression sur les parties et se poser la question, s’il y a d’autres choses à faire ;
      • Jusqu’à présent, j’ai joué un rôle de facilitation, sans avancer d’idées personnelles ;
      • En cas de persistance du blocage jusqu’en Avril 2015, le Conseil pourrait, soit m’autoriser à faire une proposition aux parties, soit décider, dans le cas extrême, de faire passer l’examen de la question sous le Chapitre VII de la Charte des Nations Unies ;
      • Il est d’accord avec l’Ambassadeur français en ce qui concerne l’Algérie, mais avec les algériens, il vaut mieux discuter discrètement qu’en public. C’est pour cela qu’il n’a pas de mention dans le rapport. (L’Ambassadeur français l’a interrompu pour marquer son désaccord quant au fait que l’implication de l’Algérie ne doit pas être liée à son caractère public ou privé. Sans un engagement positif de l’Algérie, il n’y aura pas de progrès) ;
      • Ross a dit qu’il était d’accord sur cet aspect ;
      • Concernant les droits de l’Homme dans les camps, le Secrétaire Général a dit qu’il fallait le surveiller ;
      • Les Agences humanitaires qui travaillent dans les camps, ne font pas état de violations des droits de l’Homme, mais il faut vérifier ;
      • Le polisario a créé un Conseil des droits de l’Homme. Si se n’est pas suffisant, la réponse doit venir du Conseil de Sécurité.

    #Maroc #Sahara_Occidental #ONU #Gérard_Araud #Christopher_Ross

  • Campagne médiatique française contre l’Algérie: La classe politique s’insurge

    La classe politique s’est insurgée contre la campagne orchestrée par certains médias français contre l’Algérie et a affiché son indignation face aux atteintes répétées à l’encontre du peuple algérien et de l’institution militaire.

    Ainsi, plusieurs partis et organisations ont estimé que cette campagne témoigne du «vrai visage hideux de la France officielle, de sa nostalgie à son passé colonial et de son rêve de retrouver le paradis perdu à travers un contrôle sur les capacités du peuple algérien par les pressions politiques et médiatiques tendancieuses».

    Pour ces mêmes partis, «il est logique que la maturité politique, dont ont fait montre les Algériens dans leur «Hirak» pacifique des mois durant, dérange de nombreux milieux français quand le monde entier a été témoin des violences de cet Etat à l’égard des gilets jaunes, sans parler de son histoire criminelle dans le continent africain, alors qu’il se permet encore de s’immiscer dans les affaires internes de nombreux pays, sous couvert de défense de la liberté d’opinion et des droits de l’homme».

    Tout en apportant leur appui et leur soutien à la décision de l’Etat algérien de convoquer l’ambassadeur d’Algérie en France, ces partis appellent le peuple algérien à davantage d’union pour barrer la route aux conspirateurs et leurs relais en Algérie et à l’étranger, en consolidant son front interne. Pour rappel, le président de la République élu Abdelmadjid Tebboune s’est engagé à répondre aux aspirations qu’il a qualifiées de «légitimes» exprimées par le «Hirak», estimant que ce mouvement populaire a eu sa «bénédiction» ayant permis à l’Algérie d’«éviter des catastrophes».

    Le président a souligné, également, que «le «Hirak» a permis l’émergence de plusieurs mécanismes», citant notamment la création de l’Autorité nationale indépendante des élections (ANIE) qui «a remis l’Algérie sur les rails de la légitimité, la préservant de l’aventurisme et des manœuvres qui ont failli torpiller le peuple algérien».

    La volonté affichée par le premier magistrat du pays à répondre aux aspirations du «Hirak» a été traduite par les 54 engagements contenus dans son programme placé sous le thème «Engagés pour le changement, capables de le réaliser» qui vise à l’instauration d’une «nouvelle République». En effet, Tebboune s’était engagé à «tout entreprendre pour réaliser les attentes et aspirations légitimes portées par le «Hirak» du 22 février».

    Parmi les autres priorités du président en matière de prise en charge des revendications portées par les acteurs du «Hirak», figure aussi la révision de la Loi électorale afin de doter, a-t-il souligné, «le pays d’institutions élues légitimement par le biais d’élections honnêtes libérées de l’emprise de l’argent». M. Tebboune a promis, par ailleurs, de consolider la liberté de la presse et de soutenir les organisations et associations afin d’édifier une «société civile libre et active en mesure d’assumer sa responsabilité en tant que contre-pouvoir».

    Persuadé que les 54 engagements pris dans le cadre de son programme électoral, y compris parmi les réformes envisagées dans les domaines socio-économiques et culturel, cadrent avec le «vécu et les revendications du «Hirak»», le président élu s’est dit convaincu qu’un dialogue «sérieux» entre les Algériens permettra de bâtir «l’Algérie nouvelle». A travers son programme, M. Tebboune s’engage, par ailleurs, à «édifier une société civile libre et active en mesure d’assumer sa responsabilité en tant que contre-pouvoir, mettre en application un plan d’action au profit des jeunes régi par un cadre réglementaire incluant des mesures permettant de transmettre le flambeau à la jeunesse, et à consolider les composantes de l’identité nationale, à savoir: l’islamité, l’arabité et l’amazighité».

    Au volet économique, il vise «l’application d’une nouvelle politique de développement hors-hydrocarbures, la substitution des produits importés par d’autres locaux en vue de préserver les réserves de change, la promotion des start-up et le renforcement du rôle économique des collectivités locales dans le développement et la diversification de l’économie nationale». «Une amélioration du climat des affaires, l’encouragement de l’investissement notamment extérieur direct» sont aussi prévus dans ce programme.

    T. Benslimane

    L’Echo d’Algérie, 29 mai 2020

    Tags : Algérie, France, presse française,

  • Algérie-France : Petite pression, grand chantage

    par Abdou BENABBOU


    Les Algériens ont raison de se fâcher contre une frange d’intellectuels et de médias français qui érigent l’Algérie comme sujet de fixation, braquant leurs yeux avec le petit bout de la lorgnette à mauvais escient. La réaction officielle des autorités françaises était connue à l’avance à la suite de la légitime mauvaise humeur de la diplomatie algérienne et elles ont répété que leurs médias étaient libres et que la sacro-sainte liberté d’expression en France est couverte par une large liberté. Soit !

    Sauf qu’en la circonstance la bien nommée chaîne TV5 a tout d’un bras armé officiel qui ne s’est pas rendu compte de la nécessité professionnelle imposée à un de ses correspondants de faire la part des choses entre le fait d’informer et celui de manifester. La justice algérienne n’est quand même pas caractérisée par un niveau de débilité pour outrepasser son rôle et l’accomplir avec légèreté. L’impulsivité du documentaire télévisé par la chaîne française ne peut donc apparaître que comme une tentative de pression à la limite d’un chantage trop visible pour ne pas être décrié. Au cours des manifestations des gilets jaunes, on n’a pas vu un seul correspondant de presse contrarier sa profession en brandissant une hostile pancarte d’une main et une caméra d’une autre. Pour le reste, il n’est nul besoin de se perdre dans des considérations de géostratégie sinon de regretter de ne pas voir étaler toutes les informations que détient la justice. Les braises libyennes, syriennes, irakiennes et subsahariennes ne sont pas près d’être éteintes et il est de bon augure pour que tout soit dit.

    Ce n’est sans doute qu’un détail et la diplomatie se doit de dépasser les tenants des gestes et dits maladroits qui ne militent en aucun cas pour les peuples algérien et français. Pour peu que l’on s’instruise des malheureuses expériences passées, l’avenir pourrait être radieux pour la France et l’Algérie. La situation déplorable du monde actuel n’est pas du tout propice aux petits calculs qui déstabiliseraient davantage une région névralgique déjà sérieusement perturbée. Les deux peuples avec une conscience affirmée attendent à ce que d’autres chats soient fouettés.

    Le Quotidien d’Oran, 30 mai 2020

    Tags : Algérie, France, presse,

  • Confidentiel: Qui est derrière la production du doc diffusé sur France 5 ?

    DIA-28 mai 2020: Si toute l’Algérie connait le nom du réalisateur du documentaire controversé « Algérie mon amour » diffusé sur France 5 (Mustapha Kessous (en revanche personne ne connait les commanditaires de cette production, qui est en train de refroidir les relations entre l’Algérie et la France. Mustapha Kessous n’est en réalité qu’un simple journaliste de service, qui a été seulement chargé de réaliser des interviews en Algérie et surtout pour crédibiliser le produit aux yeux des médias algériens (Un reportage sur l’Algérie réalisé par un algérien).
    Mustapha Kessous qui est définitivement grillé en Algérie, n’était en fait qu’un pion dans l’échiquier. Il n’a pas été associé ni au montage, ni à la vente du documentaire pour France 5, ni bénéficié de l’aide du CNC et encore moins du choix de la date de sa programmation. Tout a été planifié à Paris, par une boite privée chargée par un lobby bien connu pour défendre les intérêts de la France et surtout pour réaliser des reportages et des documentaires sur des pays en conflit ou en désaccord avec le Quai d’Orsay. Le tout financé par l’argent public du contribuable français et à travers des télévisions publiques françaises. Et dans ce cas, France 5 n’est que le diffuseur et n’est pas responsable du contenu. 
    Le documentaire en question est produit par une société très connue sur la place de Paris, spécialisée dans le documentaire d’investigation à travers le monde. La société s’appelle « Premières lignes », dirigée par deux professionnels du doc politique. 
    Les dirigeants de Premières Lignes sont deux pionniers de l’investigation télévisée en France: Paul Moreira, journaliste réalisateur maintes fois primé, ex rédacteur en chef du Vrai Journal (CAPA) sur CANAL+ jusqu’en 1999, puis fondateur de 90 Minutes, le magazine d’investigation de référence de CANAL+. Et Luc Hermann, journaliste réalisateur et rédacteur en chef, avec une longue expérience à CNN et CANAL+.
    Paul Moreira, connait bien l’Algérie pour lui avoir consacré plusieurs reportages très controversés à l’époque de la campagne du « qui tue qui ». 
    Le 3 Mars 2003, il supervise et présente pour le compte du magazine « 90 minutes » de Canal +, une série de reportages sur l’Algérie dans le cadre du voyage du président Chirac en Algérie. Ses reportages sont réalisés par un personnage clé dans la campagne du « qui tue qui » et des campagnes haineuses contre le régime d’Alger à l’époque: Jean Batiste Rivoire. C’est notamment lui qui avait semé le doute dans l’affaire des moines de Tibhirine. 
    Parmi les reportages, un sujet est consacré aux conditions de l’implantation du groupe sud coréen Daewoo en Algérie en 1986. Un autre a été consacré à « la corruption au quotidien » en Algérie. Selon ce reportage, les fonds destinés à financer la construction de logements sociaux ont servi à acheter des chalets de luxe en provenance des Etats-Unis pour les dignitaires du régime en 1993.
    Autre documentaire très controversé « Khalifa, l’étrange milliardaire », le magazine d’investigation s’interroge sur la fortune de Rafik Khalifa et ses liens supposés avec le pouvoir militaire algérien, notamment avec Larbi Belkheir, l’homme le plus puissant et influant de l’époque. Le journaliste français s’attaque surtout à Khalifa Tv créée en septembre 2002, à Cannes. La télévision algérienne privée avait contre-attaqué en diffusant , en même temps un documentaire sur le malaise à Canal+ après la venue de Vivendi à l’époque de Jean-Marie Messier. Mais ce doc n’avait pas le même impact que les reportages réalisés sur l’Algérie et qui avaient à l’époque et comme aujourd’hui, refroidi les relations diplomatiques entre Paris et Alger. 
    Paul Moreira tout comme Jean Batiste Rivoire avaient une dent contre l’Algérie ou plutôt contre son régime et ne ratent pas une seule occasion pour tirer sur Alger. Dans ce tweet publié en janvier dernier, Paul Moreira dénonçait déjà la répression contre les manifestants à Alger. C’est à partir de cette opération qu’a commencé à germer une idée sur un doc intra-muros sur le hirak. Le reste de l’histoire on la connait. 
    Source : DIA-Algérie, 29 mai 2020
    Tags : Algérie, France, France 5, presse française, 
  • Algeria's struggle against colonialism

    Algeria was a part of the Ottoman Empire between 1517 and 1830. Therefore, both Ottomans and Algerians influenced each other for over 300 years. Contrary to what some have claimed, this was not a one-way relationship between…

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    Tags : Algeria, colonialisme, France, Ottoman Empire,

  • Médiapart reconnaît que la France mène une guerre médiatique contre l’Algérie

    Dans un article intitulé » La France prépare-t-elle une insurrection en Algérie ? » Médiapart évoque une guerre médiatique française contre l’Algérie.

    L’auteur de l’article, Albert Farhat, s’interroge sur la déformation des faits lors de la couverture des évènements en Algérie par les médias français et cette hostilité inégalée à l’égard du pays de million et demi de martyrs.

    Sans l’annoncer ouvertement, l’auteur de l’article indique implicitement qu’il s’agit d’une campagne de dénigrement qui n’a rien avoir avec l’exercice noble du métier de l’information ».

    “Suivre de très près les événements qui se déroulent dans un pays est une chose, se focaliser avec un tel acharnement en est une autre”, écrit-t-il, estimant que les médias français manquent de crédibilité et d’objectivité en se basant sur des analyses de pseudo-experts de l’Algérie.

    Il s’agit selon lui d’individus vendus en contrepartie de facilités d’obtention de visas pour la France, inféodés à la cause de la néocolonisation et affidés du deuxième bureau et de la diplomatie secrète, et qui ne prédisent que le chaos et la répartition de l’Algérie. « Devant le silence curieux et complice des autorités françaises, ces medias français de la zizanie dont France24, TV5, BFM-TV, M6 et C-News, s’acharnent à imposer leur vision apocalyptique de la situation actuelle de l’Algérie », écrit encore Albert Farhat.

    Ce dernier ajoutera que la France sombre de plus en plus dans la décadence et n’arrive pas à préserver son espace vitall dans le sillage des mutations géopolitique que connaît le monde, d’où la transformation de différents médias publics et privés en outils de propagande subversive, producteurs d’insurrections et d’instabilités dans les pays où elle est en train de perdre son influence et sa main mise, en raison de la perte de ses agents d’influence politique et économique locaux, débarqués ou emprisonnés ; le cas de l’Algérie est des plus éloquents.

    Algérie54

    Tags : France, Algérie, guerre médiatique,

  • Guerre d’Algérie et crimes d’État : l’exigence de la reconnaissance

    C’était le 19 mars 2016. Pour la première fois un président de la République a commémoré le cessez-le-feu consécutif aux accords d’Evian signés le 18 mars 1962 entre le gouvernement français et le Gouvernement provisoire de la République algérienne (GPRA). Après plus de sept ans de guerre, le conflit s’achevait enfin. De même la colonisation française imposée depuis cent trente-deux ans aux populations de ce territoire conquis par la terreur, les massacres de civils, les razzias et les nombreuses destructions de villages et d’oasis commis par les militaires.
    Un bilan terrible, toujours incomplet
    Telles étaient, dans les années 1840, les pratiques des colonnes infernales de l’armée d’Afrique conduite par le général Bugeaud et ses officiers de sinistres mémoires : Lamoricière, Pélissier et Saint-Arnaud, notamment. Ainsi « pacifiés », comme on l’écrivait déjà, les « indigènes » furent ensuite soumis au « talon de fer » des autorités françaises, des lois d’exception – l’internement administratif et la responsabilité collective – et du code de l’indigénat. Les « Arabes », des citoyens français ? Non, « sujets français » assujettis à des dispositions répressives discriminatoires, expression du racisme de l’État colonial, et privés, qui plus est, des droits et libertés démocratiques élémentaires jusqu’en 1945.
    Quant à la dernière guerre d’Algérie, elle laisse derrière elle des centaines de milliers de victimes algériennes et plus de deux millions de civils, hommes, femmes et enfants, déportés dans des camps de « regroupement » organisés et contrôlés par l’armée. Si ajoute « l’exode vers les villes » soit un total d’au moins « trois millions » de personnes qui se trouvent « hors de leur résidence habituelle ». « La moitié de la population rurale » de l’époque, estiment Pierre Bourdieu et Abdelmalek Sayad qui ajoutent : « ce déplacement […] est parmi les plus brutaux qu’ait connus l’histoire ».
    Bilan terrible, assurément, mais toujours incomplet. On ne saurait oublier les milliers d’exécutions sommaires, les tortures infligées aux combattants du FLN ou supposés tels, en Algérie comme dans la capitale, ainsi que l’a montré Paulette Péju dans son ouvrage Les Harkis à Paris, et les disparus, tous victimes du terrorisme d’État. Plus de 3 000 pour la seule bataille d’Alger, selon le préfet de police de l’époque, Paul Teitgen, qui démissionna le 17 septembre 1957 pour protester contre ces pratiques. Celles-là mêmes que favorisait la loi sur les pouvoirs spéciaux votée 12 mars 1956 par les députés socialistes et communistes, notamment, et co-signée par le ministre d’État, garde des sceaux, chargé de la Justice, François Mitterrand.
    La France et son passé colonial en Algérie. Quel état des lieux ? 
    Cinquante-quatre ans après la fin de cette guerre longtemps sans nom, sans autre nom du moins que celui « d’événements », comme l’ont dit pendant des décennies de bonnes âmes politiques soucieuses de défendre ce qu’elles prétendaient être « le prestige » et « l’honneur » de la France, les crimes contre l’humanité et les crimes de guerre perpétrés alors doivent être enfin reconnus par le chef de l’État. Aujourd’hui cette histoire est écrite et grâce aux travaux multiples de celles et ceux qui ont étudié la colonisation de l’Algérie, les méthodes employées pour faire de ce territoire une colonie de peuplement, et les agissements de l’armée française à la suite du déclenchement de l’insurrection le 1er novembre 1954.
    Une histoire écrite qui doit être reconnue
    Alors que les lois d’amnistie empêchent le jugement des coupables, qui sont toujours moins nombreux en raison du temps écoulé, cette reconnaissance est la seule façon de rendre justice aux victimes algériennes du conflit et à leurs descendants dont beaucoup sont citoyen-ne-s français. Responsable et coupable, l’État leur doit cette réparation symbolique liée à une histoire singulière qui, souvent, a douloureusement et durablement affecté le « roman » familial de ces femmes et de ces hommes. Plus encore, faire droit à cette reconnaissance, exigée depuis longtemps par de nombreuses associations et quelques organisations politiques, c’est mettre un terme à une discrimination mémorielle et commémorielle qui n’a que trop duré, et qui s’ajoute à toutes celles que les mêmes subissent encore dans leur vie personnelle et professionnelle.
    En ce domaine, et contrairement à une mythologie nationale-républicaine entretenue par de nombreux dirigeants politiques, de droite comme de gauche, la France se distingue par une rare persévérance dans le déni de son très lourd passé colonial. Qu’on en juge. En 2002, le premier ministre de Nouvelle-Zélande, Helen Clark reconnaît les exactions commises contre le peuple de Samoa entre 1914 et 1962. En 2006, les autorités canadiennes font de même à l’endroit des Amérindiens et accordent 2 millions de dollars aux enfants de ces populations arrachés à leur famille. En 2008, le premier ministre australien rappelle le sort terrible réservé aux peuples aborigènes. En juin 2013, William Hague, ministre des Affaires étrangères de la Grande-Bretagne, déclare :
    Le gouvernement britannique regrette sincèrement que ces abus aient eu lieu et aient entaché la progression du Kenya vers l’indépendance. La torture et les mauvais traitements sont des atteintes odieuses à la dignité de l’homme que nous condamnons sans réserve.
    De plus, 5 228 victimes obtiennent 23,5 millions d’euros au titre des réparations et les autorités britanniques s’engagent à soutenir la construction d’un mémorial à Nairobi.
    Ce bref détour par plusieurs pays étrangers permet de prendre la juste mesure de la situation française caractérisée, au mieux, par la pusillanimité de quelques déclarations, au pire, par la réitération de discours apologétiques de la colonisation. Jusqu’à quand Monsieur le Président ? La réponse vous appartient…
    …mais il est plus que probable que c’est trop tard en ce qui vous concerne… et il est plus que certain qu’il ne faut rien espérer d’un futur président de la République en provenance de la droite et encore moins de l’extrême-droite… La France refusant de reconnaître ses crimes d’Etat du temps de son Empire devrait en rester ainsi encore longtemps et peut-être définitivement… nous n’aurons jamais connu « le changement c’est maintenant ». 
    Tags : France, Algérie, crimes de guerre, Guerre d’Algérie, colonisation, 
  • Crimes coloniaux : La France a tué 12 millions d’algériens

    COLONISATION DE L’algérie Par la france

    Crimes contre l’humanité et génocides : Pas 5, mais 12 millions de victimes !

    La polémique née après la rencontre Erdogan – Tebboune et qui a frisé l’incident diplomatique à propos du nombre de victimes de la colonisation pose un réel problème de mémoire puisqu’à ce jour il n’existe pas d’étude précise sur le nombre de morts durant les 132 ans de colonisation française. Selon M. Tebboune «la France a massacré plus de 5 millions d’Algériens en 130 ans». (Daily Sabah du 29 janvier 2020).

    Un nombre d’habitants volontairement réduit pour cacher l’horreur

    Par sentiment de culpabilité, les auteurs français affirment unanimement que la population algérienne ne dépassait pas 3 millions en 1830. Cette affirmation ne repose sur aucun critère objectif sinon à crédibiliser les recensements de populations effectués dans la 2ème moitié du XIXème siècle. Les auteurs algériens sont en droit alors de s’interroger : comment un peuple si peu nombreux et dispersé sur un immense territoire a-t-il pu résister, trois siècles durant, à plus de 80 agressions venant de l’étranger ? La disparition des archives de la Casbah, relatives notamment aux impôts, aux agglomérations et aux Mahalla (zones rurales et tribus), a-t-elle vraiment été une fatalité ? Hamdan Khodja, très au fait du sujet, parlait de 10 millions d’habitants dans son livre «Le Miroir» paru à Paris en 1833. Le Bey de Constantine estimait en 1831 à cinq millions le nombre de la population de sa province. Le général Desmichels qui gouvernait Oran, estimait en 1834 la population de cette région à 2 millions d’habitants. Le général Bugeaud, gouverneur militaire, estimait la population à 8 millions en 1840 avant de parler de 4 millions en 1845 ! Quel que soit le chiffre avancé, on constate qu’il a diminué lors du 1er recensement de 1856 qui donnait une population globale de 2,3 millions d’habitants. En 1876, soit 20 ans plus tard, cette population n’avait augmenté que de 6% (la population algérienne a été multipliée par 2 entre 1962 et 1978) ? Où est donc passé le «manque à gagner» ?

    Crimes contre l’humanité et génocides

    Les exactions coloniales de différents degrés comprenant des crimes contre l’humanité, des crimes de guerre et des génocides, bien que l’agression soit elle-même un crime, ont été pour beaucoup dans la disparition de pans entiers de la population algérienne.

    Bugeaud a écrit les pages les plus sanglantes de la colonisation. Il a fait régner le régime du sabre. C’est le responsable des enfumades, le père des hordes infernales, des razzias, de la terre brûlée… Son culte du détail et de la minutie d’exécution de tant de crimes fait de lui le père des génocidaires de l’armée coloniale. Les six colonnes infernales, qui comprenaient 83.000 hommes en 1842, 90.000 en 1844 et 108.000 en 1846, étaient chargées «d’empêcher (les Arabes) de semer, de récolter, de pâturer…», en un mot, de faire une politique de la terre brûlée. Le général Bugeaud a d’ailleurs expliqué lui-même pourquoi une force aussi considérable était nécessaire dans ce pays, alors que l’Italie par exemple avait pu être conquise avec une armée de 30.000 hommes… «Ce n’est que par leur multiplication [razzias] et en prenant les tribus les unes après les autres, que nous sommes parvenus à vaincre les Arabes». (Vignon L., La France en Algérie, Hachette Ed, Paris, 1893, p. 21). Bugeaud a défini lui-même son action : «C’est la guerre continue jusqu’à l’extermination». La politique des razzias incitait les militaires au viol, au pillage, au meurtre, à la destruction…

    Aux razzias ont succédé des crimes aussi abjects : massacre de la Zaâtcha, le 26 novembre 1849 commis par plus de 8.000 soldats français. Tous les hommes du village âgés de plus de 15 ans ont été pendus publiquement dans les décombres «pour l’exemple». (Garrot, Histoire générale de l’Algérie, impr. P. Crescenzo, 1910, pp. 885-886). Un journaliste français Baudicour qui a assisté à la prise de la Zaâtcha rapportera : «Les zouaves, dans l’enivrement de leur victoire, se précipitaient avec fureur sur les malheureuses créatures qui n’avaient pu fuir. Ici, un soldat amputait, en plaisantant, le sein d’une pauvre femme qui demandait comme grâce d’être achevée et expirait quelques instants après dans les souffrances ; là, un autre soldat prenait par les jambes un petit enfant et lui brisait la cervelle contre la muraille ; ailleurs c’était d’autres scènes qu’un être dégradé peut seul comprendre et qu’une bouche honnête ne peut raconter» (Dresch J., Ch-A. Julien, La question algérienne, les Editions de Minuit, Paris, 1958). Le massacre de Laghouat, le 2 décembre 1852, a vu pour la première fois dans l’histoire l’utilisation de gaz de combat contre les populations civiles. Le colonel Pein rapporte dans ses «Mémoires» : «Le carnage fut affreux ; les habitations, les tentes des étrangers dressées sur les places, les rues, les cours furent jonchées de cadavres. Une statistique faite à tête reposée et d’après les meilleurs renseignements, après la prise, constate le chiffre de 2.300 hommes, femmes ou enfants tués…» La pacification de la Kabylie en 1857 : «On avait tué femmes, enfants, vieillards». (cf. L. de Baudicour (1815-1853), La guerre et le gouvernement de l’Algérie, Paris, Sagnier et Bray, 1853, p. 371 ; Sur l’expédition en Kabylie). La répression d’El Mokrani de 1871, «La répression fut terrible, écrit Théodore Rinn, et, pour beaucoup, hors des proportions avec la culpabilité…» Le massacre d’El Amri en 1876 qui a subi le même sort que la Zaâtcha et Laghouat.

    La répression des Aurès de 1879, la répression de l’insurrection de Bouamama dans le Sud oranais (1881-1883), la répression de l’insurrection d’Aïn Turki (actuelle Arioua, ex-Margueritte) en 1901, la répression des Béni Chougrane et Mascara (septembre-octobre 1914)…

    L’histoire coloniale en Algérie est encombrée d’évènements tragiques. Si «la liste des excès, des humiliations, et même des crimes de guerre, est très longue», peut-on parler de génocide ? Certains historiens français pour ne citer que certains considérés comme anticolonialistes, tel le regretté Claude Liauzi ou Gilbert Meynier en 2005, le rejettent et accusent même ceux qui en parlent de «désinformation victimisante» ! Pourtant, le mot «extermination» a été utilisé de nombreuses fois par les suppôts du colonialisme. Ce mot était très explicite comme le montre le «Littré» de 1872, «exterminer» peut être considéré comme synonyme, de «chasser entièrement, faire périr entièrement», c’est-à-dire commettre un génocide. Il était pratiqué couramment au XIXème siècle : «L’idée d’extermination eut longtemps cours en Afrique [du Nord]» (Hippolyte Castille, Le général de Lamoricière, Sartorius F. E.d, Paris 1858, p. 13) C. de Feuillide dira à ce propos : «Quand nous occupâmes le Sahel, il fallut raser le sol et exterminer les races ; sans quoi, disaient ces hommes, on ne pourrait ni s’établir ni cultiver. On rasa, on extermina. (C. de Feuillide, L’Algérie française, p. 65, Plon Ed, Paris 1856).

    Il existe de nombreux exemples de génocides : le massacre de Blida de novembre 1830 ordonné par Clauzel, commandant en chef de l’armée d’Afrique : «J’ai ordonné aux bataillons de détruire et de brûler tout ce qui se trouve sur leur passage». L’extermination de la tribu d’El Aouffia à Maison Carrée le 6 avril 1832 qui a fait 12.000 victimes. Les «enfumades» et les «emmurades» de la Dahra qui sont des «chambres à gaz» de fortune et dont seulement quatre épisodes sont connus car des directives ont été données aux militaires de taire leurs crimes. Bugeaud a donné à ses officiers l’ordre d’être «impitoyables». Il a précisé dans une note écrite datée du 11 juin 1845, à propos des habitants de la Dahra qui ont l’habitude, en cas de danger, de se réfugier dans des grottes : «Si ces gredins se retirent dans leurs cavernes, imitez Cavaignac : fumez-les à outrance comme des renards» (Maspero F., L’honneur de Saint-Arnaud, p. 205, Casbah Ed., Alger, 2004). Des tribus entières ont disparu à jamais comme les Ouled Riah et les Sbéahs. Cynique, Tocqueville, l’un des théoriciens de la colonisation écrira quelque temps plus tard : «J’ai pu sans péril traverser avec vingt-cinq personnes le Dahra dont nous avons décimé la population, il y a six mois» (Lettre du 1er décembre 1846 adressée à Corcelles, in Oeuvres complètes, op.cit. t. XV, 1, p. 224, cité par le Cour Grandmaison). Des variantes aux enfumades vont se répéter au cours du XXème siècle avec les asphyxiés de Zéralda (1942), les fours à chaux de Guelma, Héliopolis et Belkheir en 1945, l’enfumade du douar Terchioui (1957), les caves ont souvent été utilisées comme dernière sépulture de nombreux militants et civils durant la Guerre de libération (1954-1962).

    Les crimes contre l’humanité ne se sont pas manifestés uniquement par des tueries, des assassinats ou des exécutions sommaires, ils concernent également les lois iniques mises en place comme le Code de l’Indigénat qui a réduit la population autochtone à l’esclavage, l’internement des populations qui a été mis en place dès 1834, les punitions collectives qui ont commencé par le massacre des Aouffias en 1932, les amendes collectives, généralisées par Bugeaud en 1844, le séquestre des biens immobiliers, des terres et même des mosquées qui a commencé avec la confiscation des biens publics dits Beylik en 1833, le cantonnement des populations, leur regroupement au cours de la grande famine, la déportation des Algériens vers Calvi en Corse, puis dans le sud de la France, à Sète (1846) et dans les Iles Sainte Marguerite (1843), puis en Nouvelle–Calédonie (à partir de 1853) et en Guyane (1888), leur nombre total avoisine les 50.000 personnes dont des femmes et des enfants, la grande majorité est morte lors du transfert ou sur place…

    Suite à leur conscription obligatoire, de jeunes Algériens se sont trouvés mêlés à différentes guerres menées par la France : guerre de Crimée (1853-56), guerre contre l’empire austro-hongrois en Italie (1859), guerre du Mexique (1861 à 1867), guerre franco-allemande de 1870, grande guerre (1914-1918) Seconde Guerre mondiale (1939-1945) et guerre d’Indochine (1946-1954). Les pertes ont été particulièrement lourdes lorsqu’on sait que les Algériens ont été utilisés comme chair à canon, elles sont estimées à plus de 100.000 morts et un nombre plus important de blessés et de handicapés à vie.

    La colonisation de l’Algérie a été une période de non-droit avec des prisons surpeuplées, des camps d’internement appelés pudiquement d’hébergement gérés par les préfectures, des camps militaires clandestins, des laboratoires de torture… dont le nombre global dépassait les 400 et qui enfermaient plus de 150.000 personnes. Les rafles, les exécutions sommaires, les viols, la torture, les condamnations à mort avec des décapitions en chaîne, les attentats ciblés menés par la «main rouge», les mutilations, les cadavres exposés en public, les profanations de lieux de culte et de mausolées, la destruction de cimetières, l’exportation d’ossements humains…

    Les crimes commis contre les populations civiles lors des évènements de Mai 1945 avec 45.000 morts ; les évènements du 20 Août 1955 avec 12.000 morts, les manifestations du 17 Octobre à Paris avec des centaines de morts.

    Les essais nucléaires français en Algérie avec 4 explosions atmosphériques et 13 souterraines en plus des 57 essais plus réduits ont exposé directement plus de 2 millions d’Algériens à des radiations ionisantes. Les descendants de ces derniers vont continuer à payer indéfiniment un lourd tribut en maladies génétiques en cancers et en malformations. Les méfaits des expérimentations chimiques et balistiques de Hammaguir sont peu connus bien que celles-ci aient été menées jusqu’en 1986. La guerre de libération nationale a exacerbé l’agressivité du colonialisme et s’est terminée par un véritable holocauste commis par l’OAS. L’Algérie parle de 1,5 million de morts et la France reconnaît seulement 200.000 !

    Victimes des épidémies, des famines et des camps de regroupement

    L’occupation française de l’Algérie a aggravé durant le XIXème siècle la situation sanitaire et épidémiologique des populations algériennes. Les redoutables épidémies de peste des XVIIème et XVIIIème siècles ont été remplacées par la violence meurtrière du choléra, du typhus, de la syphilis, de la tuberculose, des famines… Il est aujourd’hui établi que de nombreuses infections ont été importées et propagées par l’armée française et les colons, certaines ont été réactivées et rendues très virulentes par une importation massive de réservoirs humains. Ainsi, les épidémies de choléra ont, en effet, été importées et diffusées par les militaires français, les plus importantes ont eu lieu en 1834, 1835, 1837, 1839, 1846, 1849, 1855, 1859, 1865, 1866, 1884 et 1893. Les Rickettsies, agents du typhus historique, ont été ramenées en Algérie avec le pou de corps humain, que des milliers de va-nu-pieds d’Europe portaient sur eux, au moment ils étaient envoyés pour coloniser l’Algérie. La syphilis a été réactivée à travers les nouveaux réservoirs ramenés en Algérie pour entretenir le moral des soldats mais également à travers les multitudes de centres de dépravation mis en place par les autorités militaires françaises au niveau des villes-garnisons. La tuberculose était pratiquement inconnue en Algérie à la veille de l’occupation, elle a été propagée par la main-d’œuvre algérienne appelée à soutenir l’effort industriel français, mais placée dans un état d’insalubrité, de promiscuité et de carence alimentaire tel qu’elle a contracté le bacille de Koch puis est revenue dans le pays pour mourir, essaimant à tout va le bacille meurtrier. Le paludisme reste une exception épidémiologique car s’il était bien présent avant l’occupation, son épidémiologie a littéralement explosé avec les bouleversements écologiques opérés par les autorités coloniales, l’anophèle (femelle du moustique), agent de transmission du parasite, s’est allié aux habitants pour retarder la colonisation du pays. Globalement, il n’est pas exagéré de dire que les épidémies ont tué plus d’un million et demi de personnes en Algérie durant l’occupation française. A titre de comparaison, Noin évalue à 1.450.000 décès, les ravages de la peste, du choléra et de la variole au cours de la deuxième moitié du XIXème siècle au Maroc (Noin, 1970). Les autres épidémies ayant eu de grands impacts, notamment la variole, la rougeole, la scarlatine, la dysenterie, la typhoïde… ne sont pas comptabilisées !

    Les famines observées en Algérie durant l’occupation française ont, par leur envergure et le nombre de victimes occasionnées, été les plus meurtrières de l’histoire d’Algérie. La responsabilité de l’occupant dans les famines de 1838, de 1847, de la grande famine 1866-1868, de celles de 1891-1892 et de 1921-1922 est liée à la déstructuration de la société autochtone, à la dépossession des terres, à la confiscation des terres pastorales, à l’altération des pratiques sociales qui permettaient traditionnellement à la population de faire face aux calamités (dispersion des populations, constitution de silos de réserve [mtamers], développement de l’élevage, prêts sans intérêt [mouaouana], etc.). Ces famines ont été responsables au minimum d’un million et demi de victimes. La grande famine seule a tué plus d’un million de personnes. (Djilali Sari, Le désastre démographique, Sned Ed, Alger 1982)

    Les camps de regroupement mis en place en dehors de tout cadre légal dès 1955, ont abrité plus de 2,5 millions jusqu’au 19 mars 1962. L’absence d’une hygiène minimale, des conditions d’habitat proches de celles des SDF et l’existence d’une sous-alimentation chronique ont été responsables d’une très forte mortalité dénoncée en 1957 par le rapport de Michel Rocard. Selon ce dernier, il y avait plus d’un décès par jour pour 1.000 habitants ce qui donne en 5 ans (mars 1957 à mars 1962) plus de 4,5 millions de victimes.

    La colonisation de l’Algérie : un défi mémoriel pour la France

    Emmanuel Macron qui est né en 1977 n’a pas le complexe des enfants de la guerre coloniale menée par son pays. Il avait qualifié lors de sa visite à Alger le 15 février 2017, durant sa campagne électorale que la colonisation française est «un crime contre l’humanité». Il y a quelques jours, il récidive considérant la colonisation de l’Algérie comme l’un des plus grands défis mémoriels pour la France : «La guerre d’Algérie est sans doute le plus dramatique» a-t-il déclaré. Il ajoute : « je pense qu’il a à peu près le même statut que la Shoah» (AFP/RP, 25 janvier 2020). En termes de responsabilité de la France, la colonisation de l’Algérie ne peut aucunement faire l’objet d’une comparaison avec la Shoah car d’une part le régime de Vichy ne représentait qu’une partie de la France et d’autre part ce qui a été commis contre les Algériens dépasse largement les 12 millions de victimes.

    Mostefa Khiati

    Professeur, chercheur

    SOURCE : Le Quotidien d’Oran


  • La brulure de la Dahra : Un sinistre épisode des crimes coloniaux

    La brulure de la tribu des Ouled Riah, perpétrées par l’armée française du 18 au 20 juin 1845 dans les monts de Nekmaria, à l’extrême Est de Mostaganem, sont considérées comme un crime d’extermination d’une population qui a refusé de se soumettre à l’ordre colonial.

    Cent soixante-quinze années sont passées après ce massacre ayant entrainé la mort de plus d’un millier de personnes, essentiellement des femmes, des vieux et des enfants, asphyxiées à l’intérieur de la grotte des Frariche, sur ordre du criminel Pelissier (1794-1864). Des études sur cette phase douloureuse de l’histoire nationale restent à approfondir pour dénoncer les actes criminels de ce sinistre personnage et rendre hommage aux victimes.

    L’enseignant d’histoire contemporaine de l’université Ibn Khaldoun (Tiaret), le Pr. Mohamed Belil, rappelle qu’après avoir occupé les villes côtières du pays, la France coloniale a mené une politique de la terre brulée pour asseoir sa domination sur le reste du territoire national.

    « Face à cette déferlante, les tribus locales n’avaient qu’un choix : se soumettre ou subir l’extermination », a-t-il ajouté, estimant qu’en ce mois de juin 1845, la France coloniale venait d’enterrer ses idées de liberté et sa prétendue mission civilisatrice en Algérie. Ses troupes armées avaient extermine une tribu entière et d’une effroyable manière dans le seul but d’étouffer toute résistance à ses plans expansionnistes et colonialistes.

    Le même universitaire a poursuivi en précisant que « dans la métropole, le lobby militaire et colonialiste est parvenu à étouffer ces crimes et couvrir leurs auteurs en falsifiant la réalité révélée par plusieurs sources. Les auteurs de ces génocides ont été encouragés à poursuivre leurs menées dans d’autres régions. Ils ont eu même droit à des promotions ».

    ·Décoré et promu malgré ses crimes de guerre

    Mohamed Belil a considéré que la période de gouvernance du Maréchal Bugeaud en Algérie, soit de 1840 à 1847 a été « la plus sombre et la plus meurtrière » eu égard aux massacres perpétrés durant ces huit années et à la politique de la terre brulée qualifiée de « pacification « . Ce sanguinaire avait mené une guerre impitoyable contre le chef de la résistance populaire algérienne, l’Emir Abdelkader.

    « Le colonel Pellissier a été l’exécutant de la politique génocidaire de son chef Bugeaud en perpétrant des génocides sous le fallacieux prétexte de refus des tribus locales à se soumettre à l’ordre colonial et pour avoir fait preuve de résistance armée », a encore affirmé le même universitaire.

    Il a rappelé que ce serviteur zélé du maréchal Bugeaud a été récompensé pour « services rendus » en accédant au grade de général, puis au poste de gouverneur général d’Algérie (en 1851 puis entre 1860 et 1864) avant d’être promu maréchal puis nommé ambassadeur à Londres.

    De son coté, l’universitaire et historien Abdelkader Fadhel a estimé que ces enfumades constituent « un acte de traitrise » pour la classe politique et « un véritable scandale » pour les militaires, auteurs de ce crime perpétré contre les Ouled Riah et des membres de la tribu des Beni Zentis.

    Le Pr. Fadhel a rappelé que la presse française avait dénoncé ces crimes et suscité l’indignation des intellectuels français et européens, à l’image du romancier Honoré de Balzac (1799-1850) qui a déclaré à un journal espagnol que « cet acte criminel ne peut être effacé des mémoires ».

    De son côté, le voyageur Allemand Heinrich Maltzahn (1826-1874) avait décrit , dans son ouvrage « Trois années en Afrique du Nord », sa visite de la grotte des Frariche et mis en exergue « les actes barbares de Bugeaud et de ses officiers dont les pages sanglantes ont été très vite occultées.

    « Cette attitude d’oubli et cette amnésie sont à même un crime flagrant contre la mémoire », a estimé le même universitaire.

    Maghreb Info

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  • Algérie-France : Histoire et mémoire, des dossiers plus que jamais d’actualité

    Les questions d’histoire et de mémoire devraient à l’avenir occuper une place importante dans la relation algéro-française et constituer un de ses dossiers marqueurs, voire décisifs de cette mesure attendue de part et d’autre depuis des années. C’est ce qui est suggéré en tout cas par le ministre français des Affaires étrangères Jean-Yves Le Drian qui a déclaré hier lors d’une émission RTL/LCI/ Le Figaro qu’un « travail de mémoire » est souhaitable entre la France et l’Algérie.

    « La question qui se pose dans les relations entre la France et Algérie sur la mémoire, la manière dont les uns et les autres avons vécu ce conflit, reste là. Et il faudrait que nous ayons ensemble un travail de mémoire », a déclaré le chef de la diplomatie française qui a été invité à commenter la polémique franco-française suscitée par les déclarations du président Emmanuel

    Macron sur la Shoah et les rapprochements qu’on lui a prêté avec la
    « guerre d’Algérie » et les crimes coloniaux.

    L’intéressant dans ce qu’a déclaré M. Le Drian face aux médias de son pays est que les dossiers de l’histoire et de la mémoire relatifs à la séquence coloniale sont plus que jamais d’actualité et qu’ils constituent une partie importante des questions qui doivent être résolues dans le cadre de la relation bilatérale entre Alger et Paris.

    Cependant, bien des contraintes doivent être surmontées comme on le constate depuis la loi française de février 2005 qui reconnaîssait les
    « bienfaits de la colonisation », un texte voté par la droite et qui a été abandonné au temps du gouvernement Chirac après avoir provoqué l’ire de la partie algérienne et l’indignation d’une partie de l’opinion française : celle d’historiens qui revendiquaient un examen impartial des faits historiques durant la période coloniale et dénonçaient notamment, à l’image de l’éminent Claude Liauzu, une instrumentalisation de l’histoire à des fins politiques et politiciennes, au grand risque de l’occultation d’abominables crimes coloniaux disent encore des chercheurs comme Olivier Lecour Grandmaison.

    Hier, M. Le Drian a confirmé que les autorités algériennes souhaitaient ce processus et insisté sur le fait que les Français avaient eux aussi « besoin d’avoir sur ce sujet là un moment de rappel historique et de vérification », rappelant à nouveau l’énormité des contraintes qui subsistent pour parvenir à un règlement commun de la question historique et mémorielle. Le ministre français des Affaires étrangères, qui est, rappelons-le, historien de formation, a plaidé pour une réflexion « de manière sereine,y compris avec les historiens algériens », une proposition qui fait débat depuis des années sous nos cieux, depuis au moins l’appel du regretté Gilbert Meynier au milieu des années 2000 pour une « analyse commune » de l’histoire coloniale française en Algérie. Mais qui ne semble pas susciter l’enthousiasme de tous, des historiens algériens optant pour une « lecture nationale » de l’histoire algérienne et du mouvement national algérien. Il n’empêche que des promesses d’ouverture importantes sont signalées du côté français, depuis le début des années 2000 et en particulier depuis l’arrivée à l’Elysée du président Macron.

    Dans l’avion qui le ramenait jeudi d’Israël, où il participait à la commémoration du 75e anniversaire de la libération du camp d’Auschwitz, indique une dépêche de l’AFP, le chef de l’Etat français s’est dit convaincu que la France devait revisiter la mémoire de la guerre d’Algérie (1954-1962) pour mettre un terme au « conflit mémoriel » qui « rend la chose très dure en France ».

    La politique au secours de la décantation historique ?

    Question nationale française seulement comme le suggère ces paroles ? Sans doute pas et l’on comprend mieux le communiqué de la diplomatie algérienne, avant-hier, sur la « surprise » de l’Algérie à voir le chef de l’Etat truc Reccep Tayyip Erdogan, reprendre des propos « sortis de leur contexte » du Président de la République, M. Tebboune, sur le bilan humain des crimes coloniaux dans notre pays avant 1962.

    Dans ce communiqué des Affaires étrangères algériennes, on pressent le souci de la mise au point adressée au président turc mais sans doute aussi la préoccupation de se charger des questions d’histoire et de mémoire dans le cadre du bilatéral algéro-français avec l’espoir qu’elles connaissent des avancées potentiellement annoncées par les déclarations du chef de l’Elysée et qui restent à concrétiser par de nouveaux gestes forts. Ces gestes pourraient venir de l’amélioration de la relation politique entre Alger et Paris. Après une période de crispation, celle-ci semble connaitre une évolution dans le sens d’une relance : « Nous avons en Algérie une situation qui est complètement nouvelle, qui va sans doute engager des évolutions significatives de ce pays », a estimé Jean-Yves Le Drian. » De nouvelles perspectives s’offrent pour les relations entre la France et l’Algérie. Si la mémoire partagée peut faire partie de cetensemble nouveau, ce serait une très bonne nouvelle pour tout le monde », a encore insisté le patron du Quai d’Orsay.

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