Tag: France

  • Des dizaines de morts dans des frappes françaises au Mali

    Des frappes aériennes auraient causé la mort d’une centaine de civils à Bounti de la région de Mopti, dans le centre du Mali, dans la nuit du dimanche à lundi, ont indiqué lundi des médias locaux et des élus de la zone.

    Selon l’agence Chine nouvelle, cet “incident” a été confirmé par plusieurs sources sécuritaires ainsi que par des chefs communautaires locaux qui n’ont pas précisé le nombre de morts. Ils ont néanmoins précisé que des convives d’un mariage ont été tués. Selon le maire de la localité, Adama Griaba joint au téléphone par Studio Tamani, ces frappes ont été effectuées nuitamment par un hélicoptère non identifié. Pour l’instant, le mobile de cet incident reste méconnu de la population et les blessés ont été acheminés vers le district sanitaire de Douentza, a-t-il ajouté.

    Pour sa part l’armée française a indiqué avoir frappé des dizaines de terroristes. Des villageois interrogés par l’AFP ont évoqué des tirs venus d’un hélicoptère non-identifié selon eux lors d’un mariage. Ils ont évoqué jusqu’à une vingtaine de morts.

    L’état-major français a réfuté ces dires. Une patrouille d’avions de chasse a “neutralisé” des dizaines de djihadistes préalablement repérés après une opération de renseignement de plusieurs jours, a-t-il indiqué à l’AFP. “Les informations relatives à un mariage ne correspondent pas aux observations effectuées”, a-t-il dit.

    Tags : Mali, terrorisme, France, Sahel, Barkhane,

  • L'Espagne et la France en tête de liste des pays investissant illégaleement au Sahara Occidental

    PRES DE 30 PAYS INVESTISSENT ILLÉGALEMENT AU SAHARA OCCIDENTAL : L’Espagne et la France en tête de liste

    Bafouant toute légalité internationale, une trentaine de pays investissent illégalement dans les territoires sahraouis occupés dans différents secteurs d’activité, indique un nouveau rapport du Centre d’études et de documentation franco-sahraoui, Ahmed Baba Miské .
    L’Espagne est le pays qui investit le plus au Sahara occidental avec, en tout, 28 entreprises, suivie de la France (16) et l’Allemagne (15). Des entreprises originaires de lointains pays tels que le Bangladesh, Singapour ou la Nouvelle Zélande sont également présentes au Sahara occidental. La pêche et le transport maritime figurent en tête des secteurs dans lesquels les sociétés étrangères activent au Sahara occidental. Les firmes étrangères sont également présentes dans les secteurs des énergies conventionnelles et renouvelables, des mines, essentiellement dans l’extraction du phosphate, la construction, les finances et le sport. Le rapport indique, en outre, que près de quarante compagnies étrangères ont quitté le Sahara occidental dernièrement. La plupart d’entre elles, 19 compagnies, faisaient de l’extraction du phosphate, une dizaine travaillaient dans le secteur de l’énergie au moment où le reste des entreprises activaient dans les secteurs des finances, de la pêche, de la livraison maritime et des mines. Par ailleurs, le centre d’études signale que l’implantation des firmes étrangères dans les territoires sahraouis occupés « constitue des violations flagrantes du droit international et des crimes de colonisation puisque (les entreprises) n’ont obtenu le consentement ni de la population autochtone du Sahara occidental ni de son représentant unique, défini par l’ONU le Front Polisario ». Le rapport rappelle que « le Sahara occidental, depuis le départ de la puissance coloniale, l’Espagne en 1976, est classé par l’ONU comme territoire non autonome, et sans administration ». L’accord de Madrid ne prévoyait pas de transfert de souveraineté sur le territoire ni ne conférait à aucun des signataires le statut de puissance administrante, statut que l’Espagne ne pouvait d’ailleurs unilatéralement transférer ». Aussi, les jugements de la Cour de Justice de l’UE (Union européenne), et en particulier celui du 27 février 2018, ont affirmé et rappelé le » statut séparé et distinct » du Sahara occidental reconnu par l’ONU (de celui du Royaume du Maroc).
    La présence marocaine est une occupation militaire illégale
    Toutes ces décisions et avis juridiques viennent rappeler que ces décisions sont conformes à l’avis juridique de l’Union Africaine publié déjà en 2015, clarifiant le statut juridique de la République sahraouie et du Royaume du Maroc, et rappelant que la présence marocaine est une occupation militaire illégale et que, par conséquent, toutes les activités économiques, qu’elles soient menées par le Royaume du Maroc ou par un tiers, violent le droit international », explique le centre d’études. « Depuis les derniers avis de la Cour de justice de l’UE, un bon nombre de sociétés ont décidé de se conformer au droit international et ont cessé leurs activités dans la partie du Sahara occidental encore occupée par le Maroc. À noter, enfin, que depuis la violation du cessez-le-feu par le Maroc, le 13 novembre dernier, et la reprise de la guerre, la RASD a déclaré tout le territoire du Sahara occidental, zone de guerre (aussi bien sur terre, dans la mer, comme dans les airs). Ce qui devrait inciter plus de sociétés à reconsidérer leurs activités illégales au Sahara occidental », assurent les rédacteurs du texte. « La Charte des droits de l’État et des obligations économiques des Nations unies de 1974 stipule qu’aucun État n’a le droit de stimuler ou d’encourager tout investissement qui pourrait être un obstacle à la libération d’un territoire occupé par la force », note le rapport. Il ajoute que « la Charte africaine des droits de l’Homme et des peuples a également affirmé que « chaque peuple a le droit d’exister, chaque peuple a un droit absolu et inébranlable à l’autodétermination, et a le droit de déterminer librement son statut politique et d’assurer son développement économique et social comme il le veut volontairement ». La même charte stipule que « tous les peuples doivent disposer librement de leurs richesses et de leurs ressources naturelles. En cas de saisie, les personnes dont les biens ont été saisis ont le droit légitime de les récupérer et de recevoir une indemnisation appropriée », souligne le centre d’études.
    M. B.
    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Espagne #France  #Pillage  #Spoliation
  • John F. Kennedy sur la crise algérienne (1957)

    Note de l’ éditeur: Dans cet article du 5 octobre 1957, question de l’ Amérique , le sénateur John F. Kennedy du Massachusetts revisite un discours qu’il a prononcé le 2 Juillet 1957, sur le plancher du Sénat, sur la situation politique en Algérie .

    Le 17 septembre, la session ordinaire de l’Assemblée générale des Nations Unies s’est réunie à New York. Le 24 septembre, une session extraordinaire du Parlement français s’est réunie à Paris. La convergence de ces deux événements n’est pas accidentelle. Ils dénotent tous deux une préoccupation mondiale croissante pour une solution à l’impasse algérienne.

    Les impératifs de l’unité occidentale et la nécessité de maintenir l’influence occidentale dans les régions non engagées du monde font de la question algérienne l’une des questions centrales de la politique mondiale et de l’équilibre des pouvoirs mondiaux. Car l’Algérie, loin d’être un segment isolé du continent africain ou une ruelle politique, vibre de pressions croisées et d’influences qui ont leur source en France, au sein de l’alliance de l’OTAN, en Afrique libre et surtout parmi les Etats voisins de la Tunisie et Maroc. C’est un fait mélancolique que l’incapacité de trouver un règlement tolérable en Algérie érode sérieusement les possibilités d’un penchant vers l’ouest dans tous les États nouvellement libérés d’Afrique.

    “Les impératifs de l’unité occidentale et la nécessité de maintenir l’influence occidentale dans les régions non engagées du monde font de la question algérienne l’une des questions cruciales de la politique mondiale et de l’équilibre du pouvoir mondial.”

    Certains impératifs d’indépendance
    Le 2 juillet, j’ai pris la parole sur le parquet du Sénat afin d’essayer de clarifier pour l’opinion américaine la situation en Algérie et de sensibiliser les Américains aux graves dangers qui guettent l’Occident dans la rébellion paralysante en Algérie. J’ai estimé qu’un règlement durable ne pouvait être atteint qu’en adoptant une voie qui conduirait, dans un avenir mesurable, à l’indépendance de l’Algérie, de préférence dans un cadre fédératif ou interdépendant. J’ai exprimé l’opinion que les bureaux de médiation de l’OTAN ou des chefs d’État tunisien et marocain pourraient fournir le mécanisme permettant d’élaborer un tel programme et un tel calendrier. Si de telles lignes d’effort étaient infructueuses, je pensais que l’ONU était en droit de débattre de la question, d’explorer des méthodes de médiation et de recommander une solution.

    À mon avis, l’ONU en tant qu’organe ne constitue pas le forum idéal pour parvenir à une solution, et il ne fait aucun doute qu’un règlement obtenu par négociation directe ou médiation est de loin préférable, mais nous ne pouvons pas non plus exclure un débat international lorsqu’une question telle celui-ci, dont les effets se font sentir dans de nombreux domaines qui débordent bien au-delà des frontières de la France, est inscrit à l’agenda de l’ONU. Il était déjà clair en juillet que la question serait soumise à la prochaine Assemblée et que les États-Unis devraient adopter une position plus réaliste que notre ancienne formule de «neutralité». Notre neutralité, nous aimons à croire, signifie une attitude bienveillante, mais son apparence superficielle d’ordre ordonné et d’antisepsie masque en réalité une attitude aux conséquences tout aussi positives que l’action directe elle-même.

    Ce discours a suscité une large réponse tant dans ce pays qu’à l’étranger. Les lettres individuelles ont été très favorables, tandis que la réaction éditoriale et le courrier de la France ont été beaucoup plus défavorables et hostiles. J’ai cependant reçu un certain nombre de messages de Français qui étaient d’accord avec ma position et qui représentaient une partie du mécontentement notable des dirigeants indépendants de l’opinion française face à la dérive et à la stagnation de la politique française en Algérie – au moment même où ce pays est avancer sur de nombreux programmes nationaux prometteurs, ainsi que sur de nouveaux projets politiques en Afrique occidentale française et en Europe occidentale.

    “Mes détracteurs ont comparé ceux qui parlent de la question algérienne à des intrus dans une difficulté familiale intime ou à des intrus insouciants.”

    Dans cet article, je voudrais tenir compte de certaines des critiques récurrentes qui ont été faites à mon propos et mesurer brièvement les chances de règlement résultant des délibérations tant de l’Assemblée générale que de l’Assemblée nationale française.

    Il n’y a, bien sûr, aucune dispute avec ceux qui estiment que discuter de la question algérienne autrement que les clichés de la politique officielle française, c’est commettre un outrage moral ou toucher les nerfs nationaux qui sont bien trop bruts pour l’observation étrangère. Mes détracteurs ont comparé ceux qui parlent de la question algérienne à des intrus dans une difficulté familiale intime ou à des intrus insouciants. Mais peu éloigné de cette position est celle de ceux qui soutiennent que les compulsions impérieuses de fidélité à l’alliance de l’OTAN et à notre plus vieil allié, la France, interdisent l’aération de toute situation qui a ses racines nationales en France. C’est une vision extraordinairement étrange et archaïque d’une alliance dont la conception même était basée sur l’espoir que les problèmes pourraient être partagés, la consultation encouragée et des solutions plus larges ainsi obtenues.

    La critique la plus courante adressée à mon discours, notamment par Robert Lacoste, résident général français en Algérie, et dans la presse populaire française, est que la question algérienne pâlit d’importance face à nos propres problèmes de relations raciales avec les Indiens d’Amérique et à Porto Rico. Je suis entièrement d’accord avec la conviction qu’un échec à parvenir à un règlement pacifique de nos problèmes raciaux dans le Sud et ailleurs aux États-Unis est extrêmement préjudiciable à notre position internationale ainsi qu’au tissu de notre propre vie nationale. Il est parfaitement vrai que les progrès réalisés jusqu’à présent sont insuffisants et nécessitent une amélioration et une extension continues. D’un autre côté, les dirigeants les plus responsables de notre vie nationale reconnaissent rapidement le problème, ne considèrent pas la discussion ouverte et la critique des politiques actuelles comme une trahison ou une division dangereuse, et n’ont pas fermé leurs esprits et les yeux sur les injustices qui ont été et sont commises. Le souci des enjeux internationaux ne nous empêche pas de voir les failles de notre vie domestique.

    Pourquoi les Français font allusion avec insistance aux Amérindiens est déconcertant, car ils se trompent gravement s’ils croient que nos cruautés largement reconnues envers les Indiens au cours des siècles passés représentent le tempérament et l’éthos dominants de l’opinion américaine. Les Français pensent-ils avoir droit à un bain de sang similaire au XXe siècle? Quant à Porto Rico, sa situation actuelle semble donner une morale différente de celle que les Français tireraient. Nous voyons à Porto Rico à quoi peut aboutir l’octroi opportun de larges libertés politiques combinées à un programme de développement économique: non pas l’anarchie, le terrorisme généralisé ou la désintégration sociale – comme le soutiennent les publicistes français – mais un Commonwealth qui a volontairement renoncé à l’indépendance totale mais qui jouit d’une large autonomie , tous les droits politiques fondamentaux, un leadership vigoureux et clairvoyant, et l’un des gouvernements les plus véritablement populaires et les plus larges au monde. C’est peut-être notre succès même à Porto Rico qui encourage de nombreux Américains à croire que l’Algérie, elle aussi, peut soutenir une concession plus généreuse de la liberté politique.

    La critique la plus courante adressée à mon discours … est que la question algérienne est pâle en regard de nos propres problèmes dans les relations raciales avec les Amérindiens et à Porto Rico.

    Pas besoin de fatalisme
    Une autre critique, à laquelle il est difficile de répondre et qui caractérise beaucoup l’opinion française à demi articulée, est mieux représentée dans deux éditoriaux récents sur l’Algérie dans la presse américaine. Un de ces journaux, dont les chroniques de reportages ont fourni une bonne partie des preuves factuelles que j’ai présentées dans mon discours, adopte une position de fatalisme presque passif, arguant que les événements doivent suivre leur cours naturel et qu’en tant qu’Américains, nous devons regarder avec sympathie pendant ses décrets dans le dilemme tragique des Français. L’opinion américaine est vraisemblablement de jouer le rôle du chœur dans les tragédies grecques. Ou, de façon plus fantaisiste, nous devons adopter le vieux point de vue, attribué aux Autrichiens, selon lequel la situation nationale est «désespérée mais pas grave».

    C’est, bien sûr, le refrain sans fin que l’Algérie est une question française entièrement «interne» qui rend futile tant de discussions sur l’Algérie et obscurcit les voies de solution possibles. La politique française a été de mettre en place une série de «No Trespass! panneaux. Ces derniers mois, ceux-ci ont été renforcés par une longue ligne de «Danger — High Explosives!» des signes, comme pour indiquer que tout commentaire étranger critique des Français n’invite que de nouvelles vagues de terrorisme, ouvre les vannes du communisme et du panarabisme toxique, et permet la destruction de la France elle-même.

    Mon discours a reconnu le fait que l’Algérie est une question coloniale inhabituellement compliquée et ambiguë et que les mérites de l’affaire ne sont pas entièrement clairs. J’ai noté qu’un nombre relativement important de Français résidait depuis longtemps en Algérie, qu’il y avait des horizons passionnants de nouveau développement économique du pétrole et des minerais en Algérie, qu’il y avait des clivages raciaux importants. Aucun slogan ou formule simple ne fournira une solution facile et une justice parfaite dans le différend est impossible à obtenir.

    “Aucun slogan ou formule simple ne fournira une solution facile et une justice parfaite dans le différend est impossible à obtenir.”

    Les Français en Algérie
    Il ne fait aucun doute que la barrière la plus difficile à l’installation est posée par le million de Français, dont moins de la moitié sont de sang français, qui constituent des colons et des citoyens permanents en Algérie. De toute évidence, leurs revendications méritent d’être reconnues. Mais ce sont aussi ces mêmes colons qui ont obtenu pour eux-mêmes une position très préférée en Algérie, qui ont détenu un droit de veto effectif à l’Assemblée nationale et à la résidence générale, qui ont une emprise économique sur l’Algérie et qui se sont étouffés à chaque fois. possibilités de participation politique et de leadership – et même d’éducation – au sein de la communauté musulmane. Le nationalisme algérien, qui est désormais une réalité politique et pas seulement le slogan d’un petit noyau de bandits ou d’agents étrangers,

    Sans aucun doute, il y a eu des occasions, même dans un passé récent, où un régime éclairé en Algérie aurait pu en faire une véritable partie de la France si un spectre commun de droits et d’opportunités avait été créé. Mais les Français n’ont pas donné suite à leurs meilleures propositions et ont reculé devant les conséquences de leur propre image théorique de l’Algérie en tant que partie organique de la nation française. Même les promesses très limitées du Statut de 1947 n’ont jamais été tenues. Au cours des trois dernières années, l’opinion musulmane s’est éloignée de manière marquée et décisive de la domination française, de sorte que de nombreuses cordes d’intérêt commun ont été rompues. C’est l’intransigeance politique française ininterrompue du passé qui rend si difficile de réprimer le scepticisme sur les réformes «modérées» qui sont dans l’air maintenant à l’approche de la saison des récoltes à l’ONU.

    Si la communauté française d’Algérie n’est pas entièrement composée d ‘«inconciliables» – l’éminent maire d’Alger, Jacques Chevallier, est une exception notable – il n’en reste pas moins que sa voix et son influence dominantes sont dures, dures et inflexibles. La presse algérienne est vicieusement déformée, tandis qu’en France même, des efforts répétés du gouvernement ont été déployés ces derniers mois pour museler les critiques à l’égard de l’Algérie et blanchir les reportages francs sur l’Afrique du Nord. Lors de la dernière réunion de l’Institut international de la presse, le gouvernement français a été condamné pour ses suppressions répétées de la liberté de la presse sous le couvert de la sécurité et de l’intérêt national. Heureusement cette version française du «brouillage» n’a pas réussi à cacher les dures vérités. Pas seulement des journaux indépendants comme Le Monde et L’Expressen France mais d’autres grandes revues internationales telles que le New York Times , l’ Observer et The Economist en Angleterre, et la Neue Züricher Zeitung en Suisse n’ont pas failli à leurs responsabilités journalistiques. On se demande pourquoi le gouvernement français a mis autant d’obstacles sur la voie de ceux qui cherchent à savoir où se trouvent les libéraux français «disparus» et les faits derrière les accusations de torture. Il est triste de constater que les extrémistes français ont généralement bénéficié de la protection de la police française et ont également eu des contacts étroits avec la résidence générale. Cela est vrai même maintenant sous M. Lacoste, venu à Alger annoncé comme l’architecte de solutions «libérales» nouvelles et définitives.

    “Au cours des trois dernières années, l’opinion musulmane s’est éloignée de façon marquée et décisive de la domination française, de sorte que de nombreux cordons d’intérêt commun ont été rompus.”

    Le communisme est-il une menace?
    La critique la plus importante de ma position est certainement l’opinion honnête de nombreuses personnes selon laquelle relâcher le contrôle français en Algérie ferait de ce pays une victime de la direction arabe communiste ou extrémiste et le transformerait en une arène de terrorisme et d’anarchie incontrôlables. Je dois dire que je partage la peur de ces critiques; Cependant, je ne suis pas d’accord avec eux, car la poursuite de la politique actuelle isole mieux l’Algérie de ces dangers. Les dirigeants algériens sont également devenus plus intransigeants, mais même maintenant, ils se tournent encore largement vers l’Occident et vers des hommes comme le premier ministre Habib Bourguiba, qui souhaite donner à toute l’Afrique du Nord française une distribution occidentale. Plus les aspirations légitimes algériennes sont supprimées, plus le danger d’une prise de contrôle réactionnaire ou communiste dans toute l’Afrique devient grand. Car non seulement la guerre d’Algérie est terriblement préjudiciable à l’économie française et aux espoirs d’une exploitation efficace des richesses sahariennes; il crée également de nouveaux écarts entre la France et les nouveaux pays indépendants que sont la Tunisie et le Maroc. De plus, une telle impasse comme celle de l’Algérie rend très difficile pour les États-Unis et leurs alliés de mobiliser l’opinion dans le monde non engagé contre les plus grands outrages impérialistes de l’Union soviétique en Europe de l’Est.

    Les discussions qui ont lieu actuellement en France concernant un nouveau statut pour l’Algérie indiquent au moins que des voix un peu plus froides et plus raisonnables se font désormais entendre au sein du cabinet français, même si celles-ci peuvent être dépassées en nombre de droite et de gauche. Au moment de la rédaction de cet article et avant la réunion du Parlement, il est impossible de porter un jugement définitif sur les propositions. Mais à partir des quelques articles de journaux, dont certains semblent faire peu autorité, on peut au moins soulever certaines questions.

    Si les Français ne recherchent qu’une formule écrite qui leur obtiendra cette année le nombre requis de voix à l’ONU, alors leurs nouveaux plans ne recevront pas – ni ne mériteront – l’assentiment algérien et nord-africain dont ils ont besoin pour être efficaces.

    Prises de façon restrictive, les propositions actuelles ne semblent pas apporter beaucoup plus que ce qui était prévu par le statut de 1947. Si le nouveau statut donne simplement un peu plus de décentralisation, alors il n’atteint aucun des vrais problèmes de l’Algérie. Cependant, il semble que quelques membres du cabinet français et certains membres du MRP soient favorables à un statut qui conférerait une large autonomie fédérale. Ces propositions peuvent être suffisantes pour fournir une base de négociation et de règlement. La question de savoir si elles le feront dépend cependant de la question de savoir si le nouveau statut est provisoire – un pas sur la voie de l’autonomie gouvernementale éventuelle – ou s’il constitue une offre et un règlement définitifs. Au-delà de cela, nous ne savons pas maintenant si ce statut ou une partie de celui-ci doit être négociable avec les dirigeants algériens, ni l’étendue des pouvoirs de «réserve» maintenus par le gouvernement français. Une estimation complète des propositions françaises ne peut donc pas être faite avant la publication du texte final. De plus, quel type de défense leur sera-t-il donnée au Parlement? Le gouvernement français considérera-t-il encore l’Algérie comme une partie «intérieure» permanente de la France? On ne peut pas encore répondre à ces questions.

    Beaucoup dépendra aussi de la réaction et de la contre-réponse du gouvernement français aux deux pointsen Algérie, qui ont sabordé tant de plans précédents et percé tant d’autres ballons d’essai. Si les Français ne recherchent qu’une formule écrite qui leur obtiendra cette année le nombre requis de voix à l’ONU, alors leurs nouveaux plans ne recevront pas – ni ne mériteront – l’assentiment algérien et nord-africain dont ils ont besoin pour être efficaces. À mon avis, ils ne devraient pas non plus recevoir l’appui de la délégation des États-Unis à l’Assemblée générale. Si, toutefois, nous pouvons être convaincus que les Français fournissent plus qu’une imposition unilatérale de termes dénués de sens et qu’ils commencent des progrès visibles et soutenus vers une forme d’indépendance politique de l’Algérie, alors nous devons réagir favorablement. Mais nous devons faire attention à ce que nous obtenions de la substance ainsi que de la forme dans tout nouveau plan,

    Comme je l’ai dit le 2 juillet, les réverbérations de la crise algérienne touchent les intérêts les plus vitaux de tout le monde libre: l’OTAN, les propositions émergentes d’un marché commun pour l’Europe, l’Euratom et la croissance précaire des nouveaux États d’Afrique. Toutes ces grandes entreprises et ces grandes visions n’aboutiront, je le crains, à rien si nous ne pouvons refermer la plaie algérienne. Il est vain, par exemple, de parler de développement saharien tant qu’il y aura une instabilité politique telle que celle qui existe actuellement en Afrique du Nord française.

    Je suis convaincu que les véritables intérêts de l’amitié franco-américaine seront promus par une résolution de la crise algérienne. Ni la France ni l’Alliance atlantique ne peuvent se permettre une autre Indochine. Ce n’est pas un anticolonialisme sentimental et dogmatique, mais les dures réalités du monde dans lequel nous vivons, qui appellent toutes les nations à contribuer à la recherche d’une solution algérienne.

    John F. Kennedy était le 35e président des États-Unis. Il a écrit “La crise algérienne: une nouvelle phase?” pour l’ Amérique alors qu’il était sénateur américain du Massachusetts en 1957.

    Source : America, the Jesuit Review

    Tags : Algérie, France, colonialisme, colonisation, John F. Kennedy,



  • Traitement des médias français d’un Président malade

    par Naoufel Brahimi El Mili

    La Covid-19, grand sujet des dix derniers mois, accapare l’essentiel des médias français. Presse écrite et chaînes d’information en continu. Dès le mois de mars dernier, date du premier confinement en France, dans un contexte morose, les matinales télévisions et radios s’ouvrent par l’affichage de chiffres macabres : nombre de décès et de contaminations. Désarmés, les politiques français commencent par évoquer l’inanité du port de masque, question de camoufler la rupture des stocks. Un mensonge ? Non, une simple méconnaissance d’un tout nouveau virus venu de la Chine lointaine à la politique opaque, marque de fabrique d’un des derniers régimes communistes, plaide l’exécutif parisien.

    Le gouvernement tâtonne, alors que s’entassent des cadavres dans des morgues vite saturées. La parole est donnée au personnel médical. Se bousculent devant caméras et micros des cardiologues, des cancérologues, patrons de CHU et autres mandarins de la médecine. Tous, conseillent-ils de se laver les mains et de tousser dans le coude. Le climat devient très vite anxiogène. Mort, maladie et une économie quasiment à l’arrêt.

    La peur s’installe mais elle devient pour les politiques un mode de gouvernance. Plus tard, les plus hauts responsables français réagissent en s’inspirant de la Marseillaise, hymne national : « Aux masques citoyens ! » Même pendant les vacances sacrées des Français depuis l’instauration des congés payés par le Front populaire en 1936, les médias continuent à véhiculer la sinistrose.

    Pour le Président français, le défi est double : rassurer les Français mais pas trop, le principe de précaution est inscrit dans la Constitution, et surtout se faire réélire en 2022 en dépit d’un bilan économique catastrophique. Soudain, fin octobre, une aubaine s’offre à de nombreux journalistes français : le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, contaminé par la Covid-19, est évacué d’urgence en Allemagne. S’ouvre une belle occasion pour noircir encore plus l’image de l’Algérie. Après quelques surprenantes incarcérations de journalistes dans des prisons algériennes, voilà le chef de l’État transporté par avion pour des soins à l’étranger.

    La facile comparaison avec les fréquents séjours hospitaliers d’Abdelaziz Bouteflika devient le fil rouge du traitement journalistique, tous médias confondus : l’Algérie est gouvernée par des malades, nous ressasse-t-on. La communication politique n’est pas le point fort de l’exécutif algérien.

    Cependant, malgré le silence radio, les erreurs du passé ont été évitées. Tout le monde se souvient du séjour médical du Président algérien déchu au Val-de-Grâce en 2005 où la première prise de parole officielle sur l’état de santé de Bouteflika était du fait du chanteur de raï, Cheb Mami, déconnecté du monde médical sauf pour faire plus tard des recherches approfondies en gynécologie. Activité sanctionnée par un séjour carcéral mais c’est un autre sujet.

    En ce qui concerne le Président Tebboune, tout y passe. Pourquoi le choix de l’Allemagne ? Alors que le Président Macron devant le débordement des CHU français avait fait évacuer certains de ses citoyens contaminés vers les hôpitaux germaniques. L’âge avancé d’Abdelmadjid Tebboune est mis en exergue, 74 ans, il est présenté comme un point faible, au moment où la première puissance mondiale fait installer démocratiquement à la Maison blanche, Joe Biden, un jeune de 78 ans.

    La première apparition télévisée du Président algérien est disséquée par les chaînes de télévision qui notent le décor sobre où seules les trois couleurs du drapeau national introduisent une variété chromatique. On est loin du salon somptueux des appartements privés des Invalides rehaussé par un triomphant portait officiel du Président du moment : François Hollande, où trônait Bouteflika autour de ses principaux ministres. Au moment où Tebboune s’adresse à ses concitoyens, certes d’Allemagne, la presse parle de vacance du pouvoir. Seulement le lendemain, Emmanuel Macron est aussi contaminé par le coronavirus mais il apparaît, les traits tirés, sur les écrans français par Skype. Pour lui, c’est la télé-présidence comme le télétravail d’une assistante de direction. Mauvaise foi quand tu nous tiens.
    Plus d’une fois, je suis interrogé par des télévisions françaises sur la maladie du Président, une équipe est même venue me filmer à mon domicile. Je tenais des propos loin de tout alarmisme et de toute polémique. Ces passages n’ont pas été diffusés. Je ne pouvais m’empêcher d’évoquer un ouvrage publié en 1976 intitulé : Ces malades qui nous gouvernent.
    Le livre détaille, entre autres, les santés compliquées pour ne pas dire déclinantes des Présidents de grandes démocraties occidentales : Winston Churchill, Premier ministre britannique malade pendant tout son dernier mandat de 1951 à 1955 ; John Kennedy qui soufrait d’une maladie neuromusculaire génétique alors âgé de 43 ans. Sans oublier Georges Pompidou, malade dès les débuts de son mandat (maladie de Waldenström), à l’époque on parlait de grippe à répétition car il y avait trop de courant d’air à l’Élysée. Sic.

    Comme si le palais présidentiel se trouvait dans les Hauts de Hurlevent. Il est vrai à l’époque il n’y avait ni internet et encore moins les chaînes d’information en continu. Contre-vérités et omissions étaient facilement gérables avec un mot d’ordre : « Circuler, il n’y a rien à voir .» Le 29 décembre, le Président est de retour en Algérie. Le lendemain un grand quotidien français s’interroge : « Dans quel état se trouve le chef de l’État ? Est-il en capacité physique de continuer à exercer ses prérogatives ? Bien sûr son pied emplâtré est commenté en long et en large comme s’il s’agissait de celui d’un grand joueur de football à la veille d’une finale de Coupe du monde. Alors que la loi de finances est dûment signée, les séances du travail présidentiel reprennent au rythme des vacances de fin d’année.

    La presse est libre, semble-t-il. Alors pourquoi le silence sur l’engagement du Président Macron de faire l’état des lieux mémoriels de la colonisation française et de la guerre d’Algérie avant la fin de l’année 2020 ? Le nouveau vaccin miraculeux fait la une, c’est l’avenir alors que « les événements d’Algérie » avec leurs lots de tortures, de déportations et autres joyeusetés, c’est le passé. Pour le traitement des questions mémorielles, il n’y a pas de remède prodige sauf la vérité, une denrée rare quand il s’agit des relations-franco-algériennes.
    N. B. E. M.

    Le Jour d’Algérie, 4 jan 2021

    Tags : Algérie, France, Abdelmajid Tebboune, coronavirus, covid 19, presse française,

  • Vœux pour l’Algérie !

    par Arnaud Montebourg*


      L’Association France Algérie est heureuse de présenter au peuple algérien ses meilleurs vœux de paix, de prospérité et de liberté.

    Dans nos deux pays, nous avons rencontré l’an passé des épreuves difficiles. La pandémie mondiale nous a touchés, a endeuillé des familles, paralysé les activités. Formons l’espoir qu’en 2021, les efforts aboutiront à vaincre ce virus, permettant à chacun de reprendre le cours normal de sa vie, ouvrant à nouveau les frontières, favorisant les échanges et réunissant les familles des deux rives.

    Les Français ont été admiratifs du mouvement populaire et démocratique qui en 2020 a soulevé l’Algérie et marqué sa volonté de prendre en main ses destinées. Notre Association souhaite que l’année nouvelle marque la réussite du renouveau tant espéré et encore attendu. La liberté d’opinion, de manifestation et d’expression, la liberté de la presse sont partout l’objet de conquêtes comme de reflux, et les Français, dans leur histoire récente, ne l’ignorent pas, car eux aussi défendent chaque jour pied à pied leurs libertés chèrement acquises. Ces droits ont une dimension universelle et leur respect s’impose partout. A la quasi-unanimité le Parlement européen a mis en garde contre la détérioration de la situation des droits de l’homme et des détentions arbitraires en Algérie. Raison supplémentaire pour que les amis français de l’Algérie, ceux qui ont milité pour l’Indépendance du peuple algérien, ceux qui leur ont succédé, espèrent ardemment que l’avenir de l’Algérie s’ouvre avec l’énergie du renouveau, la libération des détenus d’opinion, l’élection d’une nouvelle Assemblée, l’entrée de nouveaux talents, de nouvelles idées dans la vie publique.

    L’Algérie et le peuple algérien comptent de nombreux amis en France. Ils se refusent à toute ingérence mais répondent au devoir de solidarité. Il y a tant de défis à surmonter ensemble : ceux d’une mondialisation sans règle, ceux du travail pour tous, ceux de la lutte contre la pauvreté, ceux des investissements dans l’industrie ou l’agriculture, ceux de la formation… Ensemble nous pouvons aller loin. Que 2021 soit l’année d’un nouvel élan pour les relations franco-algériennes !

    *Président de l’Association France Algérie

    Source : Association France Algérie

    Tags : Algérie, France, Arnaud Montebourg,

  • La normalisation du Maroc avec l’entité sioniste s’inscrit dans le cadre de la servitude stratégique du Makhzen

    L’expert en questions stratégiques et sécuritaires, Pr Mhand Berkouk a affirmé que la normalisation des relations entre le Maroc et l’entité sioniste intervient dans le cadre de la servitude stratégique du régime du Makhzen, mais elle n’entamera en rien la volonté du peuple sahraoui à poursuivre sa lutte légitime, à parachever le processus de libération de son territoire et à exercer son droit à l’autodétermination.

    Dans une déclaration à l’APS, M. Berkouk a souligné que cette normalisation n’est pas chose nouvelle, en ce sens qu’elle constitue une confirmation, voire une trahison renouvelée et multidimensionnelle de la cause palestinienne, à travers laquelle le Maroc a bafoué l’unité de la Nation arabe et méprisé les sentiments du peuple marocain à l’égard de la cause palestinienne.

    Le Sahara occidental est une question de décolonisation, conformément aux décisions et résolutions onusiennes, un processus qu’il convient de relancer à travers l’activation du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et via la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), a-t-il soutenu, estimant que face à cette situation la communauté internationale doit prendre conscience de l’importance de se conformer au Droit international pour permettre aux parties au conflit de parvenir à un terrain d’entente, et partant concourir à la garantie de conditions objectives pour l’organisation de ce référendum.

    Cependant, la principale entrave qui se dresse devant ce processus demeure la politique du fait accompli adoptée par le Maroc avec la complaisance de certains pays, comme la France, en contrepartie de sa servitude stratégique qui vise à créer un climat d’instabilité dans la région Nord-ouest de l’Afrique pour empêcher l’émergence de l’Algérie, en tant que pays influent et une puissance économique.

    La servitude stratégique du Maroc est manifeste dans la participation des forces militaires marocaines aux campagnes menées contre la Libye, l’Irak et le Yémen, ainsi qu’en Angola et au Zaïre auparavant, aux côtés des pays auteurs de schémas de division ciblant certains pays, a-t-il observé.

    Tags : Maroc, France, servitude, protectorat,

  • Algérie – France: Une relance des relations en demi-teinte

    Le moins que l’on puisse dire est que les relations entre l’Algérie et la France pour l’année 2020, qui s’achève, ont connu des hauts et des bas et n’ont pas été à la hauteur de la relance voulue par le chef de la diplomatie française – qui a effectué pas moins de trois visites à Alger au cours de cette année. Alors que les échanges téléphoniques ont été nombreux entre les deux chefs d’État, Abdelmadjid Tebboune et Emanuel Macron. Les deux présidents ont eu à se rencontrer lors de la conférence de Berlin sur la Libye.

    Après l’élection de Tebboune à la magistrature suprême, Paris s’est contenté de prendre acte de son élection. Mais dès le mois de janvier, la France décide de la relance de ses relations bilatérales à la faveur d’une visite de travail du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, à Alger, qui est reçu par le président Tebboune et par le Premier ministre, Djerad et a eu des entretiens avec son homologue Sabri Boukadoum. Le chef de la diplomatie française déclare que « le président Tebboune a manifesté une ambition pour l’Algérie, celle de la réformer en profondeur pour renforcer la gouvernance, l’État de droit et les libertés, également pour relancer et diversifier l’économie conformément aux aspirations exprimées par les Algériens depuis un an, a-t-il dit .Il ajoute que le chef de l’État « s’est engagé à conduire l’Algérie dans un esprit de dialogue, afin que tous les Algériens puissent s’exprimer sur ces réformes. Nous souhaitons qu’il réussisse dans cette mission. » M. Le Drian se félicite en outre du rôle joué par notre pays dans l’apaisement des conflits dans la région, notamment en Libye. Les visites du chef de la diplomatie française point culminant des relations Alger-Paris , avant la pause forcée due à la pandémie du covid-19 , est intervenue au milieu d’un véritable ballet diplomatique à Alger de chefs de diplomatie européens et de chefs d’État, sera suivie par plusieurs entretiens téléphonique, entre les présidents Tebboune et Macron qui, aux yeux des observateurs, semblaient marquer un rapprochement entre les deux pays.

    Les restes de 24 résistants à la colonisation française rapatriés

    L’accent est mis sur la priorité à donner à la question mémorielle, après la remise par la France des restes de 24 résistants à la colonisation française.
    À Paris, on estimait que la restitution des crânes des résistants algériens se voulait un signal « fort du dégel » des relations bilatérales. Dans un entretien à la chaîne de télévision France 24, le Président Tebboune rappelait une exigence nationale, « les excuses de la France pour la colonisation de l’Algérie afin de rendre le climat plus serein entre les deux pays ».

    Le chef de l’État a révélé qu’il a décidé avec son homologue, pour porter et approfondir le chantier mémoriel , de confier à l’historien Benjamin Stora, côté français, et Abdelmadjid Chikhi, côté algérien, de travailler chacun sur le dossier de la mémoire . « Nous souhaitons que les deux historiens accomplissent leur travail dans la sérénité et l’apaisement pour régler ces problèmes qui enveniment nos relations politiques, le climat des affaires et la bonne entente », avait déclaré le président algérien le 5 juillet dernier, lors de son interview à la chaîne TV France 24 . Il a rappelé que « le président Macron a eu le courage de dire que la colonisation était presque un crime contre l’humanité, ce que d’autres n’ont pas dit », estimant à ce propos que « l’Algérie a déjà reçu des demi-excuses » de la part d’Emanuel Macron.

    Au plan économique plusieurs dossiers sont en instance et ont été actualisés lors de la 6e session du Comité mixte économique algéro-français, tenue à Alger le 12 mars 2020.

    Mais désormais, les relations économiques obéissent à de nouveaux paramètres et les partenaires français ne seront pas systématiquement privilégiés, comme ce fut souvent le cas durant l’ère Bouteflika. Sur les grands dossiers diplomatiques, à Alger on ne cesse de stigmatiser la position partisane et le parti-pris de la France pour le Maroc, même si le nouvel ambassadeur de France à Alger, François Gouyette, affirme au lendemain de la reprise des hostilités entre le Maroc et la RASD qu’il faut « un retour à l’ONU » pour le règlement de la question du Sahara occidental.
    De son côté, le Front Polisario ne cesse de dénoncer la position de la France et son soutien au Maroc qui pousse ce pays à l’intransigeance et au blocage du processus onusien. Sur la situation au Mali où la force Barkhane se heurte de plus en plus aux attaques mortelles des groupes terroristes, la convergence des points de vue a été fortement endommagée par les dernières évolutions au Mali avec la libération d’otages contre le paiement de rançons et la libération de centaines de terroristes islamistes, dont certains ont été arrêtés en Algérie.

    M. Bendib

    Source : Le Courrier d’Algérie, 2 jan 2021

    Tags : Algérie, France, mémoire, archives, colonisation,

  • La France et le Maroc : Une alliance stratégique contre l’Algérie et la RASD

    Lors de l’indépendance de l’Algérie en 1962, le sentiment anti-algérien était limité aux membres de l’OAS et aux harkis. Aujourd’hui, ce sentiment semble avoir évolué, tel une tache d’huile, pour englober toute la société française. Certes, de nombreuses personnalités et journalistes se trouvent prisonniers du piège de la diplomatie de La Mamounia, mais il faut des raisons plus solides pour justifier l’amour débordé des français pour le Maroc et la haine viscérale qu’ils vouent à l’Algérie.

    Le pouvoir occulte de l’Etat français a joué un rôle fondamental via ses médias en vue de configurer l’opinion publique française et ses sentiments envers son ancienne colonie. L’Algérie a été diabolisée aux yeux des français en vue de créer le terrain propice aux plans stratégiques conçus conjointement avec le Makhzen dans le but de casser le sentiment nationaliste dans la région du Maghreb dont l’Algérie constitue la pointe de fer et qui constitue le seul obstacle devant les desseins colonialistes des alliés franco-marocains.

    Ce sentiment cultivé par l’Etat français a facilité la tâche aux services secrets marocains qui se trouvent à l’Hexagone comme un poisson dans l’eau, notamment s’il y a de l’argent au milieu. Les documents confidentiels de la diplomatie marocaine corroborent ce fait. Les agents de la DGED n’ont eu aucune difficulté à mobiliser la presse et les élites françaises contre l’Algérie et son allié le Front Polisario. Ce dernier sera présenté comme un mouvement identifiable aux mouvements terroristes qui agissent dans les déserts du Mali. Non sans raison, la chaîne France25 est truffée de journalistes marocains dont le seul plaisir est de régler leurs comptes avec Alger.

    Même la chaîne LCI n’a pas manqué à l’appel de guerre contre la Mecque des Révolutionnaires. Dans ses journaux télévisés et émissions animées par le journaliste Vincent Hervouet, LCI n’a pas hésité à inviter Ferhat Mehenni et ses acolytes du MAK en vue de sémer la zizanie entre les différentes composantes de l’Algérie. Hervouet ira jusqu’à attribuer à des membres du Front Polisario l’enlèvement des trois coopérants espagngols et italiens qui travaillaient à Rabouni pour des ONG internationales.

    Parmi les noms cités avec Hervouet se trouvent des journalistes de L’Express, Le Point et Libération. Tous ont accepté de viser l’Algérie avec leur plumes empoisonnées et déverser leur haine en échange d’alléchantes rémunérations qu’ils ont reçu de la main d’Ahmed Charaï, un haut responsable de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), le service de renseignement marocain. Ce dernier a été condamné en 2011 par la justice américaine pour fausse déclaration douanière. En effet, le 14 septembre 2011, à son arrivée à l’aéroport international de Dulles (Washington DC), il avait déclaré 10.000 dollars en argent liquide. Aprèes con,trôle; il s’est avéré qu’il avait sur lui cinq fois plus dans des enveloppes fermées et libellées. L’argent était destiné au paiement des lobbystes pro-marocains dont une grande majorité est d’origine juive et sont mobilisés par le réseau pro-sioniste très actif aux Etats-Unis où le Makhzen a déboursé 20.000 dollars pour un simple article rédigé par le journaliste Richard Miniter et où il attaque violemment l’Algérie et le mouvement de libération sahraoui.

    Dans l’état actuel des choses, le lobbying marocain anti-algérien en France et aux Etats-Unis a de beaux jours devant lui en attendant que les algériens et les sahraouis acceptent de se soumettre au diktat d’un Elysée en perte de vitesse au continent africain en raison de sa politique colonialiste.

    Source : Maroc Leaks, 2 jan 2021

    Tags : Algérie, France, Maroc, Front Polisario, RASD, lobbying, colonialisme, Sahara Occidental,

  • France: Deal to Facilitate Deportations to Morocco, Situation in Calais Deteriorates

    On 7 December, the French Minister of Justice, Eric Dupond-Moretti, and his Moroccan counterpart, Mohamed Ben Abdelkader, signed an agreement to pave the way for returning Moroccan unaccompanied children from France. During his visit in Rabat, Dupond-Moretti…

    Read more from the source : European Counci for Refugees ans Exiles

     

     

     

     

    Tags : Morocco, France, deportations, migration, 

  • France and Morocco sign agreement to facilitate the return of unaccompanied minors

    Mediterranean states France and Morocco have inked a deal on child migrant returns. The text of the agreement on the care of unaccompanied underage migrant children notably calls for “concrete tools” to facilitate the return of minors from France to Morocco. France and Morocco, on Monday, signed an agreement on the repatriation of underage Moroccan migrants. According to French Minister of Justice Eric Dupond-Moretti, the agreement calls for the establishment of “concrete tools” for taking care of unaccompanied minors from Morocco.

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    Tags : Morocco, Migration, France, childs,