Category: Sahara Occidental

  • Sahara Occidental : “La solution définitive et permanente est une urgence” (Rahabi)

    ABDELAZIZ RAHABI ABORDE LE CONFLIT DU SAHARA OCCIDENTAL SUR AL-QUDS AL-ARABI : La solution définitive et permanente est une urgence

    La stabilité de la région « passe inéluctablement » par une solution définitive et permanente, le plus tôt possible, de la question du Sahara occidental, a affirmé l’ancien diplomate et ministre, Abdelaziz Rahabi.
    Dans une interview accordée au journal Al-Quds Al-Arabi, M. Rahabi a estimé que »partant du principe que les questions sécuritaires sont indivisibles, il est donc insensé de se mobiliser pour lutter contre le terrorisme au motif qu’il nuit à la sécurité et à la stabilité internationales, et en même temps on jette de l’huile sur le feu et on nourrit un conflit militaire dans la région en soutenant le Maroc dans son intransigeance. » Pour M. Rahabi « cette attitude de deux poids deux mesures sur les questions sécuritaires ne sert pas la stabilité dans la région », soulignant que « la stabilité dans la région passe inévitablement par une solution définitive et permanente à la question du Sahara occidental dans les plus brefs délais, en revenant au processus politique à travers des négociations directes et selon un agenda convenu pour une sortie définitive de la crise ».
    Concernant la reprise des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario, après l’agression de l’armée d’occupation marocaine contre les manifestants pacifiques sahraouis à El-Guerguerat, M. Rahabi a expliqué que « cette guerre s’est déclenchée à la suite du blocage du processus politique depuis 1991″, affirmant qu’elle « a rappelé à la communauté internationale ce problème et ce peuple oublié pendant 30 ans (…) et par conséquent elle peut permettre l’accélération de la solution politique ». L’ancien diplomate a fait observer que « les grands pays et l’Union européenne (UE) admettent qu’il y a un réel atermoiement dans le traitement de ce conflit, qui dure depuis 1975″, relevant que « tous les pays appellent désormais à une solution politique pacifique qui puisse garantir aux Sahraouis leur droit à l’autodétermination. « Cela constitue en soi une grande réalisation », a-t-il estimé. « En tout état de cause, la question du Sahara Occidental demeure une question de décolonisation, conformément au droit international auquel appellent toutes les parties, et aux engagements pris par le Maroc pour résoudre ce problème par un référendum d’autodétermination (…) », a-t-il rappelé. S’exprimant sur le soutien de l’Algérie à la cause sahraouie, M. Rahabi a déclaré : » historiquement, notre position est claire et constante concernant les causes de libération. Celui qui connait l’histoire de la Guerre de libération algérienne sait bien que le soutien aux peuples pour leur indépendance relève de l’identité algérienne et de la tradition de sa politique étrangère, étant donné que l’Algérie avait soutenu les mouvements de libération en Amérique latine et centrale, en Asie et en Afrique depuis la Guerre de libération ». « Quid d’un pays qui a soutenu le front +sandiniste+ au Nicaragua, +le Mouvement populaire de libération de l’Angola+ et le Vietnam, pourrait-il se taire sur ce qui se passe à ses frontières? », s’est-il interrogé. À une question de savoir si le Sahara occidental est « la raison principale » de l’arrêt du train de l’Union du Maghreb -comme le prétendent certains- M. Rahabi a soutenu que « cette idée, véhiculée par les médias, est totalement contraire à la vérité, car l’Union du Maghreb a été fondée, le problème du Sahara occidental étant établi, et ce après que les dirigeants de la région aient trouvé un terrain d’entente en Algérie sur la séparation de la cause sahraouie et la construction du Maghreb ». Contrairement à ce qui est avancé, l’ancien diplomate a précisé que « la construction de l’Union du Maghreb génère un réseau d’intérêts communs entre les États de la région et corrobore le règlement du conflit », soulignant qu’ »à ce propos, le Maroc avait reçu une délégation sahraouie de haut niveau en 1989 avant qu’il se rétracte de l’accord de Marrakech » et par conséquent, « c’est le Maroc qui a gelé sa participation aux activités de l’Union du Maghreb ». Pour ce qui est de l’ouverture des consulats de certains États, notamment arabes dans les villes occupées de El Ayoun et Dakhla, M. Rahabi a indiqué que cette position « est incompatible avec les résolutions internationales, car le Maroc n’a aucune souveraineté sur une terre toujours classée par l’ONU dans le processus de décolonisation (…), il s’agit d’un grave précédent dans les relations internationales ». Il a ajouté que l’ouverture de ces « consulats » « n’affecte pas principalement » le processus de la cause sahraouie tant au niveau de l’UA que de l’ONU, d’autant plus qu’elle « ne sert pas les intérêts diplomatiques » des pays concernés.
    M. Bendib 
    SAHARA OCCIDENTAL
    L’APLS poursuit ses attaques contre les FAR
    Des unités combattantes de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) ont poursuivi leurs attaques contre des bases et des positions de l’armée d’occupation marocaine tout au long du ‘‘ mur de la honte ’’, pour le dix-septième jour consécutif de la rupture du cessez- le- feu par le Maroc, a indiqué ce dimanche un communiqué du ministère de la Défense sahraoui. Dans son communiqué Il précise que »les détachements avancés de l’Armée de libération sahraouie ont mené dimanche des bombardements concentrés et massifs sur la zone Om-Edken dans le secteur Albakari, la zone de Hezemih, du secteur de Mahbas » et ont visé également « les retranchements des soldats de l’occupation marocaine dans la zone de la fosse Ishiaf dans le secteur d’Al-Bakary ». Selon la même source, « les forces de l’APLS ont ciblé la veille les positions de l’ennemi marocain dans la zone de Rous Sbti dans le secteur Sbti Mahbas, dans le secteur d’Al-Forsiyya et également le secteur d’Osmol Khamlh ou d’Odrakah ». Les bombardements ont visé aussi « les bases de l’armée d’occupation marocaine dans la région d’Alfayeen dans le secteur d’Al-Farsiya », précise-t-on de meme source. L’ensemble des attaques de grande intensité ont touché les positions et les tranchées des Forces de l’armée marocaine (FAR). Tout au long des dernières quarante-huit heures les attaques de l’APLS se sont portées sans répit contre les bases militaires marocaines en plusieurs points de la ceinture de défense marocaine.
    L’enjeu économique derrière l’agression marocaine
    Par ailleurs et selon l’économiste belge Xavier Dupret, la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance, « s’ancre dans l’histoire des luttes pour la décolonisation, sur fond d’importants intérêts économiques ». « Il existe une autre caractéristique coloniale dans l’occupation de la terre des Sahraouis: la spoliation. Le Sahara occidental n’est pas un désert économique. Le phosphate y abonde », a précisé l’économiste. Or, explique-t-il, « la dépendance de l’Union européenne à l’égard de cette matière première, vitale pour la fabrication d’engrais, constitue une donnée structurelle ». Dans cette analyse, Xavier Dupret a précisé que les réserves finlandaises, les plus importantes d’Europe, ne représentent que 1,5% des réserves mondiales. C’est pourquoi la troisième liste des matières premières critiques dressée en 2017 par l’Union européenne reprend la roche de phosphate. Il a indiqué que « les initiatives visant à organiser un référendum se sont, depuis, heurtées au refus systématique de la part de Rabat de considérer l’indépendance du Sahara occidental comme une issue au conflit ». « Ce blocage explique pourquoi l’accord de cessez-le-feu a été rompu récemment. En l’espèce, le Maroc a agressé des militants sahraouis dans la zone tampon d’El-Guerguerat », a-t-il ajouté. En outre, souligne l’expert, la pêche représente 70% de l’activité économique du Sahara occidental. « Dans un contexte de baisse des ressources halieutiques en Europe, l’accord de libéralisation des produits agricoles et de la pêche conclu en 2012 entre l’Union européenne et le Maroc incluait, comme par hasard, le Sahara occidental dans son champ d’application », a-t-il souligné. La Cour de Justice européenne saisie a statué que l’accord de 2012 enfreignait « plusieurs règles de droit international applicables dans les relations entre l’Union européenne et le Royaume du Maroc, notamment le principe d’autodétermination ». En dépit de cet Arrêt, un nouvel accord de pêche a été conclu entre l’UE et le Maroc pour une durée de quatre ans. Il s’applique illégalement à nouveau aux eaux adjacentes au Sahara occidental. L’économiste est revenu sur « le soutien inconditionnel qu’apporte la France au Maroc qui ne risque pas de diminuer à court terme ».
    M.B. 
    #SaharaOccidental   #Polisario   #Maroc   #WesternSahara     #الصحراء_الغربية
  • Lorraine : L’ASPS saisit le président Macron au sujet de la situation au Sahara Occidental

    ASSOCIATION DE SOLIDARITE AVEC LE PEUPLE SAHRAOUI-Lorraine
    https://aspslorraine.wordpress.com/
    SIRET 80211329000026

    Nancy, le19 novembre 2020

    Monsieur Le Président de la République,

    Le Maroc a, le 13 novembre 2020, violé les accords du 6 septembre 1991 en lançant une opération militaire dans la zone tampon de Guerguerate.

    En effet, les dits accords qui avaient abouti à la signature d’un cesser le feu, établissaient, entre autre, une zone tampon de 5 km de large de chaque côté du mur construit par le royaume et la création de la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental. La MINURSO… Le « R » de MINURSO voulant dire référendum.

    D’après nos informations, cette opération militaire a été menée sous les yeux des membres de la MINURSO, censés faire respecter l’accord.

    La mission des Nations Unis a, depuis … 29 ans, un but essentiel: mettre en œuvre le référendum d’autodétermination, promis par feu le roi du Maroc, Hassan2.

    Chaque année, Monsieur le Président, vous demandez au représentant français siégeant en notre nom au Conseil de Sécurité, de voter la résolution proposée par le Secrétaire Général. La dernière résolution a été votée à la majorité le 30 octobre dernier. Le Secrétaire Général a, dans le texte proposé, écrit qu’il fallait une volonté politique forte « pour parvenir à une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable qui permette l’autodétermination du peuple du Sahara occidental ».

    Ce texte a été voté par votre représentant. Comme ceux des années précédentes, il est écrit « autodétermination du peuple du Sahara occidental » ! Or, pour s’autodéterminer, le peuple sahraoui n’a d’autres solutions que de voter … si toutefois le royaume le permet ! Car si le recensement a été fait et que rien n’empêche la mission de l’ONU, c’est bien le Maroc qui bloque la suite du processus. Ceci bien que l’ONU soit le garant et le protecteur du droit.

    La réalité est que la MINURSO a un rôle de « spectateur » passif, qui ne s’acquitte pas de sa mission.

    Monsieur le Président, vous avez la possibilité de faire en sorte que la mission renforce son rôle dans ce « territoire non autonome qui reste à décoloniser ».

    Tous les observateurs savent que, si la France l’avait voulu, la question aurait été tranchée depuis longtemps … Oui, mais voilà : en forçant les choses, en rompant l’accord, en ouvrant des passages dans la zone tampon, le Maroc a pris la responsabilité d’embraser la région et pris l’énorme risque de déstabiliser la sécurité des pays du Maghreb et, plus généralement du Sahel.

    Monsieur le Président, vous avez désormais la responsabilité de la réconciliation des peuples du Maghreb.

    Chacun sait votre rôle et la densité des relations entre la France et les pays de l’Afrique du Nord. Vous ne pouvez plus édulcorer les résolutions de l’ONU. Vous devez exiger que la composante politique et administrative de la MINURSO, expulsée par le Maroc depuis 4 ans, soit réintégrée afin de mettre en œuvre ce référendum.

    La France doit tenir son rang et elle le tiendra en appuyant les engagements de l’ONU.

    Nous sommes à votre disposition pour vous accompagner dans cette démarche et, dans l’attente, veuillez agréer , Monsieur le Président, en l’expression de notre très haute considération.

    Les coprésidents :

    Farid BELAL

    Sarah BOUKHELIFA

    Catherine DAVID

    Nb : L’Association de Solidarité avec le Peuple Sahraoui -ASPS Lorraine- s’est fixée 3 buts, entre autre «aider les sahraouis dans l’organisation du référendum dans le cadre du « droit des peuples à disposer d’eux-mêmes ».

    contacts : 2, rue des Feyen 54000 NANCY-France-contact.aspslorraine@orange.fr

    Tags : Sahara Occidental, Macron, ASPS, Lorraine,

  • Le Sahara Occidental à l’agenda du Conseil de Sécurité au mois de décembre

    Le Conseil de Sécurité examinera, au mois de décembre, la question du Sahara Occidental, a rapporté lundi Security Council Report, un site spécialisé dans les questions du Conseil.

    SCR indique que le rapport du Conseil de sécurité a publié ses prévisions mensuelles sur les questions susceptibles d’être examinées par le Conseil de sécurité de l’ONU en décembre 2020 sous la présidence de l’Afrique du Sud..

    “Le Conseil suivra également l’évolution de la situation en Éthiopie, au Sahara occidental et au Haut-Karabakh”, ajoute-t-il.

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Sahara Occidental : La police marocaine s’en prend au domicile d’Ali Salem Tamek

    Le domicile d’Ali Salem Tamek, membre du bureau exécutif du Collectif des défenseurs sahraouis des droits Humains (CODESA) a été ciblé samedi 28 novembre à 12h30 par les forces de police marocaine.

    L’attaque a eu lieu avec des pierres, de l’intimidation et l’harcélement sexuel contre les occupants de la maison située dans le quartier d’Al-Mustaqbal dans la ville occupée d’El-Aaiun.

    Suite à cette agression, Jamila Hussein Al-Mujahif, agêe de 24 ans, a été blessée à la main droite.

    Selon un communiqué du CODESA, le but des forces d’occupation était “de terrifier et d’intimider les enfants et les femmes, qui étaient réunis en famille, en écoutant de la musique révolutionnaire sahraouie”.

    CODESA signale que le domicile de Tamek se trouve sous surveillance depuis plusieurs mois par les services secrets marocains.

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=dtSflS3ie4o]

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc

    #SaharaOccidental #Maroc #Polisario

  • Sahara Occidental – Maroc : Les Sahraouis sur tous les fronts

    LEUR ARMÉE SE DÉPLOIE SUR LE TERRAIN ET LES SOUTIENS AFFLUENT DE PARTOUT: Les Sahraouis sur tous les fronts

    Des «unités de la gloire et la dignité ont ciblé des positions de l’ennemi en menant des attaques intenses sur les bases des soldats de l’occupation à Rousse la vallée de Tmat dans le secteur de Hauza, ainsi que dans le «secteur de Smara».

    Les attaques de L’armée de libération populaire sahraouie (ALPS) contre les positions de l’armée marocaine ne connaissent pas de répit. Visiblement décidée à répliquer avec une grande détermination à l’agression marocaine, l’ALPS a intensifié ses bombardements ciblant les bases et positions de l’armée d’occupation marocaine. Tout le long du mur de la honte, le pilonnage n’a pas cessé depuis plusieurs jours. Le ministère sahraouie de la Défense, qui rend compte de la situation sur le terrain a révélé dans son communiqué sahraouie n°16 que «les combattants de l’Armée de libération ont mené vendredi des attaques intenses sur les positions de l’ennemi, ciblant des positions des soldats de l’occupation dans le secteur de Tachla». La persistance de l’ALPS est un message clair de la République Sahraouie à l’endroit du Maroc quant à la volonté des Sahraouis de ne pas se laisser faire. L’agression perpétrée contre des civils est attentatoire à la sécurité de la personne sahraouie avant toute autre considération. A ce titre, la riposte est légitimée par le Droit international que Rabat a d’ailleurs outrepassé à Guergarat.

    Le déploiement des militaires Sahraouis ne relève pas d’une démonstration symbolique, mais constitue une véritable présence sur le terrain qui finira par attirer l’attention de la communauté internationale. Et pour, cause, les forces de l’APLS, rapporte le communiqué du ministère sahraoui de la Défense, ont mené des attaques intenses visant des «retranchements de l’ennemi à Oum Dighen dans le secteur Baghari».

    Deux régions donc à portée de tirs des militaires sahraouis. Le même communiqué souligne, à ce propos que des «unités de la gloire et la dignité ont ciblé des positions de l’ennemi en menant des attaques intenses sur les bases des soldats de l’occupation à Rousse la vallée de Tmat dans le secteur de Hauza, ainsi que dans le «secteur de Smara». Ces attaques «destructives» ont engendré «des dégâts «considérables» matériels et humains dans les rangs des forces d’occupation marocaines», rapporte le communiqué. Cela sur le terrain militaire. Au plan politique, les manifestations de soutien au peuple sahraoui se sont multipliées ces derniers jours. Ainsi, une grande militante sud-africaine des Droits de l’homme a interpellé l’Onu sur la question. Catherine Constantinides a appelé l’ONU à fixer une date pour l’organisation d’un référendum permettant au peuple sahraoui d’exercer son droit légitime à l’autodétermination. Près de 30 ans plus tard, «faute de volonté politique et sans référendum en vue, la mission onusienne, MINURSO, chargée d’organiser et de surveiller le référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui du Sahara occidental, a échoué», a-t-elle souligné.

    De son côté, l’Alliance socialiste australienne a condamné l’agression du Maroc et appelle à la tenue d’un référendum. «Nous condamnons l’agression du Maroc et l’occupation continue» des territoires du Sahara occidental et «le pillage systématique des ressources naturelles sahraouies avec la complaisance des entreprises internationales», a indiqué l’exécutif national de l’Alliance socialiste. A Paris, ce sont des centaines de manifestants qui s’étaient rassemblées, ce samedi, sur la «Place de la République» de Paris pour dénoncer l’agression marocaine contre des civils sahraouis à El Guerguerat et appeler l’ONU à agir pour obliger le Maroc à se conformer au droit international. Les manifestants, munis de pancartes et de banderoles, ont scandé des slogans contre l’agression marocaine et exprimé leur solidarité et soutien à l’armée de libération sahraouie à El Guerguerat, dans le sudouest du Sahara occidental.

    Sur le front diplomatique, c’est encore le silence plat et l’on voit aucune velléité du Maroc de reconnaître son tort. Bien au contraire, «Rabat mobilise des manifestants en soutien à ses convoitises coloniales», révèle l’ambassadeur de la République sahraouie en Algérie, Taleb Omar. «Les rapports de presse et les médias sociaux mettent au clair au quotidien la mobilisation par l’occupant marocain de manifestants pour mener des sit-in dans des pays européens pour conforter ses convoitises coloniales en recourant à la menace et au harcèlement», a signalé M.Omar.
    Nadera Belkacemi

    Ouest Tribune, 30 nov 2020

    SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara



  • Guterres, va-t-il corriger la trajectoire au Sahara Occidental

    M. António Guterres, vous avez échoué! Allez-vous pour corriger la trajectoire?

    Monsieur António Guterres, vous avez échoué. Il échoue sur un problème qui n’est pas secondaire, qui n’est pas douteux et qu’il est urgent de résoudre. Sa responsabilité est plus grande que n’importe lequel des secrétaires généraux qui l’ont précédé au cours des 30 dernières années et ce qu’il a fait jusqu’à présent est bien loin de son devoir politique et moral.

    Parmi les diverses missions des Nations Unies pour le maintien de la paix dans le monde, celle qui est géographiquement la plus proche de notre pays, et peut-être celle qui interfère le plus avec nous en tant que peuple et nation, s’appelle MINURSO (Mission des Nations Unies pour l’Organisation Référendum au Sahara occidental).

    Si la couverture médiatique est si rare que seuls les plus attentifs et sensibles au sujet l’auront remarqué, la guerre a éclaté au Sahara Occidental il y a environ deux semaines. De cette manière, l’attention de la généralité de notre presse est faible, que pour chaque article écrit sur cette question, tout auteur est obligé de contextualiser le conflit. Le voici donc en deux phrases: le Sahara occidental, terre d’un peuple nomade, ancienne colonie espagnole envahie par la suite par le Maroc en 1975, était en guerre armée jusqu’en 1991, lors d’un cessez-le-feu établi par les Nations Unies avec l’engagement de donner à la population locale le droit à l’autodétermination. Aujourd’hui, le pays est toujours occupé par les forces marocaines, le référendum promis n’a jamais eu lieu et des milliers de Sahraouis sont quotidiennement opprimés dans leur propre pays et tant d’autres vivent dans des camps de réfugiés dans le sud-ouest de l’Algérie dans des conditions inhumaines et, sans doute, inacceptables sous notre responsabilité. en tant qu’êtres humains.

    Il n’y a pas eu d’envoyé personnel du Secrétaire général des Nations Unies pour le Sahara occidental depuis un an et demi. Il y a près de deux ans, le Maroc a signé un nouvel accord de pêche avec l’Union européenne malgré la décision de sa propre Cour de justice (CJUE) conclue un an avant que l’accord précédent ne puisse s’appliquer aux eaux du Sahara occidental. Il y a deux semaines, le Front POLISARIO, le représentant légitime du peuple sahraoui, face à une agression marocaine, a déclaré la fin d’un cessez-le-feu autrefois fomenté par une ONU qui jusqu’à aujourd’hui s’est avérée incapable de remplir sa mission et de donner du sens à la raison pour laquelle exister.

    Contrairement à ce que le journaliste Leonídio Paulo Ferreira a récemment lancé dans ce journal, avec une posture qui paraît neutre et suggérant que la résolution de ce conflit, par une concession progressiste, devrait suivre un cours réaliste, je demande si c’était ce parti “du plus réaliste » qu’António Guterres – à l’époque Premier ministre – et l’ensemble de la société portugaise ont choisi sur la question du Timor-Leste alors que l’issue de la victoire indonésienne il y a un peu plus de vingt ans semblait également évidente.

    Le journaliste Paulo Ferreira souligne le soutien international croissant à la faction marocaine, négligeant, dans une vision eurocentrique, la position anticolonialiste de plusieurs pays, comme l’Afrique du Sud, et le fait que le Sahara occidental, membre de l’Union africaine depuis 1984, ayez votre soutien. La question du Sahara occidental n’est pas celle de l’Algérie. L’autonomie du territoire suggérée par la monarchie dictatoriale alaouite n’est pas une option tant que les Sahraouis ne l’ont pas choisie dans le cadre d’un référendum libre et juste. Combien d’entre nous, Portugais, seraient prêts à accepter une proposition d’autonomie de Madrid si l’Espagne décidait d’envahir le Portugal? Il n’y a pas de séparatisme sahraoui comme indiqué dans votre texte. Il y a une lutte pour l’autodétermination de la part d’un peuple dont le pays était occupé.

    Il y a deux semaines, un autre conflit armé a refait surface dans notre monde. La guerre, quel que soit un cessez-le-feu vieux de près de 30 ans, n’a jamais vraiment cessé d’exister en cet endroit, car un peuple qui vit en exil dans un désert où même pas les rêves n’ont de place pour grandir, un peuple qui vit opprimé dans un territoire occupé où aucun des observateurs des organisations internationales de défense des droits humains sont autorisées à se déplacer, ce sont des personnes qui vivent – et survivent – en état de guerre.

    Ici, à notre porte, les armes ont recommencé à prendre feu. Et la défaite est pour nous tous en tant qu’êtres humains sur cette même planète. La question sahraouie, si proche de celle du Timor-Leste, mérite toute notre attention. Dans les années 90, nous tous, de tous les milieux politiques, de toutes les couches sociales, avons manifesté pour la juste cause des Timorais, contre le colonialisme indonésien, contre les intérêts économiques australiens.

    Récemment, promue notamment par l’Association d’amitié entre le Portugal et le Sahara occidental, 360 universitaires de 39 pays ont signé une déclaration pour l’”Appui au droit international, aux droits de l’homme et au droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental, dernière colonie d’Afrique”.

    À l’heure actuelle, le Premier Ministre portugais qui a été directement impliqué dans la libération du Timor-Leste est Secrétaire général de l’ONU. En 2021, le Portugal assumera la présidence du Conseil de l’Union européenne.

    En tant que Portugais, notre responsabilité est énorme, car nous avons déjà montré que nous préférons soutenir la juste cause plutôt que la “voie réaliste”.

    Diario de Noticias, 27 nov 2020

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    Sahara Occidental, Polisario, Maroc, WesternSahara


  • Guerre au Sahara occidental : L’impuissance de la communauté internationale

    Alors que le conflit au Sahara occidental a franchi une nouvelle étape, avec la reprise des hostilités marquant la fin du cessez-le-feu en vigueur depuis presque 30 années maintenant, le monde entier donne la nette impression d’être indifférent à ce qui se passe dans ce territoire considéré, à juste titre, comme la dernière colonie en Afrique.

    En effet cela fait plus de 15 jours depuis la reprise des hostilités militaires entre les forces d’occupation marocaines et les troupes du Front Polisario et rien n’a été fait pour essayer d’endiguer ce cycle de violence armée qui risque de déstabiliser l’ensemble de la région. La communauté internationale est-elle indifférente par rapport à ce conflit ?

    Il y a tout lieu de le croire. Preuve en est les réactions assez molles pour ne pas dire inexistantes, notamment des puissances qui comptent dans le concert des nations. Le Conseil de sécurité de l’organisation des Nations unies (Onu), si prompt à faire preuve de célérité dans la réaction dans d’autres questions moins dangereuses, a, cette fois-ci fait preuve d’un laxisme qui soulève nombre d’interrogations. La plus haute instance
    de l’organisation onusienne n’a, à ce propos, tenue aucune réunion, même pas informelle. Le secrétaire général de l’Onu, António Guterres, s’est juste contenté, depuis le début des hostilités dans la région d’El-Guergaret, à appeler à la retenue indiquant “regretter” cette nouvelle tournure. Cette indifférence, ou plutôt cette impuissance de l’Onu, est sans doute
    révélateur du parti pris des puissances occidentales qui soutiennent une partie au détriment d’une autre. Dans ce cas de figure c’est le Maroc qui jouit du soutien de la France, membre du Conseil de sécurité, est qui plus est dispose du droit de véto au Conseil de sécurité. Et c’est sans doute la France qui joue un rôle important dans le blocage de toute réunion du Conseil de sécurité.

    Ce dernier a, pour rappel adopté, juste quelques jours avant la reprise des hostilités militaires, une résolution qui reconduit, pour 12 mois, le mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). Pendant ce temps les événements s’accélèrent avec la détermination du Front Polisario à aller jusqu’au bout cette fois pour que la question trouve enfin son épilogue.

    Le représentant légitime du peuple sahraoui a, juste après l’impair marocain qui a fait intervenir son armée dans la région d’El-Guergaret contre des manifestants civils, indiqué la fin du cessez-le-feu accusant le Maroc d’en être le responsable. Depuis le Front Polisario mène des attaques armées contre les forces armées royales tout le long du mur séparant la partie coloniseé par le Maroc et celle encore sous la domination sahraouie. Ce conflit armé risque de connaître l’enlisement menaçant même de se transformer en une vraie guerre, ce d’autant que des pays étrangers pourraient s’impliquer. D’ailleurs, le Polisario a annoncé hier qu’un officier et un soldat émiratis ont été tués sur le mur de sable. Selon un responsable du Polisario l’officier émirati serait un expert en informatique, plus précisément dans le maniement des drones. Cette information atteste, s’il en était encore besoin, de la dangerosité de la situation.

    De plus face à la riposte du Polisario le Maroc s’apprête, selon des sources médiatiques, à renforcer son armée par le recrutement de Subsahariens pour renforcer ses rangs. Des données qui devraient inciter la communauté internationale à se ressaisir.

    Par : KAMEL HAMED

    Le Midi libre, 29 nov 2020


  • Sahara Occidental : «Nouakchott a un rôle important à jouer» (analyste)

    ISMAÏL ECHEIKH SIDIA, ANALYSTE POLITIQUE MAURITANIEN :
    «Nouakchott a un rôle important à jouer»

    Entretien réalisé par Tarek Hafid

    Écrivain et analyste politique mauritanien, Ismaïl Echeikh Sidia revient dans cet entretien sur le rôle de la Mauritanie dans la seconde guerre qui oppose le Front Polisario au Maroc. Pour ce spécialiste des questions africaines, «l’impartialité» de Nouakchott peut lui permettre de jouer un rôle de médiateur entre les deux parties. Ismaïl Echeikh Sidia évoque la possibilité d’une extension du conflit avec l’implication de l’Algérie.

    Le Soir d’Algérie : Comment évaluez-vous la situation sécuritaire dans le nord de la Mauritanie depuis la reprise du conflit armé entre le Front Polisario et le Maroc ?

    Ismaïl Echeikh Sidia : Selon les témoignages sur le front, la situation est très tendue. Cependant, les médias marocains, dans une démarche délibérée, se taisent et n’évoquent pas cette seconde guerre au Sahara Occidental, car elle nuirait aux investissements internationaux, à la Bourse et au marché monétaire. Elle compliquera également la situation politique et sécuritaire.
    Les médias sahraouis évoquent cette guerre, car la paix a presque mis la question du Sahara Occidental sous silence. Jusqu’à présent, les avions de combat marocains ne sont pas entrés en action, idem pour les canons anti-aériens sahraouis.

    Cependant, la portée des bombardements a dépassé les cinquante kilomètres.

    À l’avenir, le point de danger et d’escalade sera à mettre sur le compte de deux parties ou de l’une d’entre elles. Il faut s’attendre à des images d’incursions qui fuiteront dans les médias. La crainte d’une défaite médiatique pourrait conduire à une propagation de la guerre à l’intérieur des villes sous contrôle marocain ou à l’intérieur du territoire algérien, voire même à des batailles intenses à la frontière algéro-maroco-algérienne. Cela signifie que l’Algérie pourrait entrer dans les deux cas dans l’affrontement, ce qui accélérera la paix ou intensifiera le conflit.

    Comment l’opinion publique mauritanienne voit-elle la reprise de la guerre ?

    Les Mauritaniens, dans leur grande majorité, ont tendance à rechercher la paix dans la région, entre frères et voisins et sont très préoccupés par les conséquences de cette guerre à tous les niveaux. Ils savent ce qu’est le malheur car ils l’ont combattu et connaissent ses conséquences tragiques sur la paix et l’économie. Mais ils savent tous que l’équation est claire au Sahara Occidental entre une partie qui veut l’hégémonie et une autre qui la rejette et entre le rejet et l’imposition, le conflit pouvait éclater à tout moment.

    La Mauritanie subit-elle encore les répercussions de la fermeture du passage de Guerguerat, sur le plan commercial mais aussi en matière d’approvisionnement en produits agroalimentaires ?

    Les répercussions économiques étaient liées au fait de s’être habitué à emprunter ce passage. Mais les alternatives existent bien avant son ouverture. Les échanges ont donc repris à travers les ports et les aéroports. Pendant la période de fermeture, les marchandises en provenance de l’extérieur ont été épuisées. Il faut dire qu’avec le temps, les Mauritaniens préfèrent utiliser ce passage principalement pour des raisons de rapidité et de prix. Aujourd’hui, la plupart des hommes d’affaires de la ville de Nouadhibou ont opté pour la voie maritime pour transporter les produits de la pêche vers l’Europe. Ces alternatives peuvent prendre un peu de temps pour se mettre en place.

    Le Président mauritanien Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani et son ministre des Affaires étrangères mauritanien, Ismaïl Ould Echeikh Ahmed, ont reçu lundi le ministre sahraoui des Affaires étrangères Mohamed Salem Ould Salek.

    La Mauritanie peut-elle jouer le rôle de médiateur entre la RASD et le Maroc afin de parvenir à un nouveau cessez-le-feu et relancer le processus de règlement du dossier du Sahara Occidental ?

    La Mauritanie, à travers sa nouvelle position, appelle à une neutralité active. Cette position d’impartialité peut lui permettre de jouer le rôle de médiateur pour deux raisons: sa bonne relation ouverte, multiforme avec l’État sahraoui, et sa relation historique avec le Maroc.

    D’autant plus que la Mauritanie a de nombreuses cartes et rôles qu’elle peut jouer en temps de paix et en temps de guerre. La Mauritanie, en refusant de maintenir le passage de Guerguerat, porte préjudice à l’économie et à la politique marocaines. D’un autre côté, à travers son territoire et son armée, elle contre stratégiquement les Sahraouis. Ni Nouakchott ni les Sahraouis ne sont prêts à une tension qui sera très coûteuse au niveau populaire.

    Selon vous, la Mauritanie, qui entretient de bonnes relations avec les deux parties, a-t-elle plus d’atouts que l’Algérie pour mener cette médiation ?
    L’Algérie est un pays que le Maroc considère comme une partie du conflit et le Polisario le considère comme un allié. La Mauritanie le considère comme un partenaire pour résoudre le dilemme sahraoui. Une grande partie de la société mauritanienne s’exprimant en langue hassanie partage avec la communauté sahraouie des facteurs anthropologiques et socioculturels. Elle contrôle également la région de Lagouira qui fait partie du territoire saharien, et a été une partie principale de l’accord de Madrid. Le Maroc pourrait avoir un rôle confortable dans le futur. A mon avis, la paix dans la région passe par Nouakchott plus qu’Addis-Abeba et New York.

    Que pensez-vous de la position mauritanienne sur cette question ? Est-il possible de considérer la position de neutralité comme une position correcte si l’on considère la présence continue de voix au Maroc qui réclament toujours «la marocanité» de Mauritanie et d’autres régions des pays voisins ?

    La neutralité mauritanienne est un choix stratégique et non une coïncidence. Il peut porter ses fruits plus tard dans l’établissement de la paix. La Mauritanie — comme je l’ai dit — est nécessaire aux parties au conflit dans les situations de paix et de guerre. Mais elle a également besoin de stabilité.

    Les Mauritaniens auront un rôle à jouer pour bâtir un Maghreb arabe fort débarrassé des conflits et de la tension. La Mauritanie peut être efficace grâce à ses capacités géostratégiques et une valeur ajoutée en matière d’intégration inter-maghrébine. Ainsi, il sera possible d’atténuer les problèmes historiques et les dépassements verbaux. De ce point de vue, la neutralité mauritanienne comme tactique est un atout pour la paix.

    Le Soir d’Algérie, 29 nov 2020

    SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Marruecos : La verdadera cara del Majzén

    Si bien generalmente se dice que una imagen es mejor que mil discursos, la realidad que nos da la que tenemos ante nuestros ojos no podría ser más clara. Seguramente nos permite medir el abismo entre el discurso de los funcionarios marroquíes y el drama que viven a diario los marroquíes, hombres o mujeres, bajo la influencia del Majzen. Veamos la imagen de arriba – una escena de horror que tuvo lugar hace unos días en el barrio de una gran ciudad marroquí, e intentemos ver y entender de que se trata con exactitud.

    Es un policía marroquí, bien alimentado y vestido – marcas distintivas en el paísdel Majzen de un alto rango en la jerarquía – que está golpeando hasta la muerte, en la plaza pública, a la vista de todos, una mujer sin ninguna piedad ni consideración por su edad o por el pequeño bebé que está tratando desesperadamente de sostener en su espalda para protegerlo de los golpes del policía furioso y evitar que caiga al suelo.

    Hace unos años, Mohamed VI, el nuevo rey recién instalado en el trono, aceptó, bajo la presión amistosa de Jacques Chirac, promulgar una nueva Moudawana (código civil) que Francia y España, entre otros, consideraban como la inauguración de una nueva era para las mujeres árabes y musulmanas marroquíes.

    Hace unos meses, y en el marco del Consejo de Derechos Humanos de Ginebra, varios países occidentales no dudaron en felicitar a los representantes del Majzen, que acudieron con fuerza para participar en la sesión, por los “avances realizados por el gobierno Marroquí en el marco del respeto y la salvaguardia de los derechos del hombre y la mujer marroquíes”.

    ¿Cuándo acabará la hipocresía y el reconocimiento de una realidad que, sin embargo, evidente para todos, a saber, que el régimen del Majzen es, por naturaleza y en esencia, sólo la expresión de una negación flagrante de los derechos y libertades más elementales?.

    Y que esta es la verdadera cara del Majzen y no la idílica que las autoridades marroquíes, con la complacencia de ciertas agencias de propaganda occidentales, están tratando de promover en el plano internacional.

    Fuente: Sahara Occidental Opinions, 02.06.2008

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

    Sahara Occidental, Polisario, Maroc, Western Sahara,

  • Sahara Occidental : La RASD, l’ONU et ses responsabilités

    par Boudjemâa Haichour*


    Les troupes marocaines viennent de lancer sous les yeux de la Minurso considérée comme force d’interposition de l’ONU, une opération militaire dans la zone tampon de Guerguerat. Le cessez-feu qui a été signé en septembre 1991 après seize ans de guerre, sous l’égide de l’ONU n’a pas été respecté par la partie marocaine par l’entrée des forces militaires marocaines contrôlée par les casques bleus de la Mission des Nations unies au Sahara occidental.

    Ce en quoi le Polisario considère que cette situation est « une agression flagrante, à laquelle la partie sahraoui répliquera énergiquement, en légitime défense en défendant sa souveraineté nationale et par voie de conséquence signifierait également la fin de l’accord de cessez-le-feu et enclenchera une nouvelle guerre dans toute la région». C’est pourquoi «la RASD tient également les Nations unies et le Conseil de sécurité en particulier, pour responsables de la sûreté et la sécurité des civils sahraouis».

    Le peuple sahraoui à la seule décolonisation bloquée

    Le référendum prévu qui a été sans cesse repoussé par Rabat en raison d’un différend avec le Polisario sur la composition du corps électoral et le statut du territoire a retardé le processus onusien du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination par l’entêtement du Makhzen à vouloir garder dans l’instabilité et la sécurité du vivre-ensemble des peuples de la région. L’Algérie et la Maurétanie ont appelé les deux parties et exhorté les deux camps à faire preuve de retenue en appelant à l’arrêt immédiat des opérations militaires en attendant la réunion du Conseil de sécurité pour mettre fin à la dilapidation des richesses du peuple sahraoui (exploitation du minerai du phosphate et des eaux poissonneuses sahraouies de l’Atlantique) par les contrats que signe le Maroc avec des sociétés étrangères sur une terre qui n’est pas la sienne.

    Dans ce contexte de la pandémie où l’humanité souffre, les peuples les plus affectés par le coronavirus, n’arrivent pas à se prendre en charge et vivent des aides humanitaires tel le peuple sahraoui. A l’aube de la nouvelle administration américaine où Joe Biden se prépare, on apprend la nomination le 23 Novembre 2020 du futur Secrétaire d’Etat en la personne de d’Anthony Blinken par le Président élu Joe Biden. Il est le bras droit pendant vingt ans et membre de sa campagne électorale en 2008 et conseiller en politique étrangère durant celle de 2020.

    Diplômé de Harvard et de la Colombia Law School, Antony Blinken est un francophone pur avoir passé son Bac en France alors qu’il habitait avec sa famille avant de retourner aux Etats-Unis. Il a occupé le poste de conseiller à la sécurité nationale de vice- Président Joe Biden durant la présidence de Barack Obama entre 2009 et 2013 avant de rejoindre le poste de Secrétaire d’Etat-adjoint entre 2015 et 2017.

    Guterres-Blinken ou la fin du conflit maroco-sahraoui?

    C’est dans cette période que Blinken avait visité en Juillet 2016 L’Algérie. Il fut reçu par de nombreux ministres et des membres de la Société civile. Il a évoqué plusieurs sujets dont on a retenu le rôle de leadership de l’Algérie dans la région. Sensible aux questions d’indépendance, il sera à l’écoute pour activer une solution pacifique, négociée dont l’enjeu principal est la décolonisation.

    Sans anticiper sur l’avenir, Il sera attendu sur les questions de paix dans la région du Maghreb et du Sahel en ce qui concerne notamment le droit des peuples à l’autodétermination notamment le dernier peuple à n’avoir pas été décolonisé celui du Sahara occidental. L’Algérie et les Etats-Unis connaissent entant que peuples le mouvement d’indépendance dans leur droit à l’autodétermination.

    Le partenariat stratégique entre les deux pays seront certainement abordés dans le futur proche en terme économique, culturel et géopolitique pour achever le processus de décolonisation au Sahara occidental et renforcer la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la partie du Sahel. L’Algérie mettra son expertise dans ce cadre. Elle reste convaincue de nouvelles perspectives s’ouvriront dans les relations internationales.

    Le terrorisme transnational se déploie dans toute la région. Dans un tel climat de méfiance réciproque où les bruits de bottes risquent de créer une menace réelle pouvant aboutir à une conflagration régionale. L’ONU doit précipiter le processus référendaire au Sahara occidental. Se pose alors la gestion du problème migratoire qui est symptomatique de l’antagonisme crée par le Maroc consciemment entretenu notamment au Sahara occidental.

    Le défi une fois la question sahraouie réglée, sera la construction du Maghreb des peuples pour en faire une zone de prospérité partagée et d’intégration économique en un groupement régionale voisin de la rive Nord. Le Maghreb et l’Union Européenne trouveront la solidarité dans un développement intégré nécessaire pour ne pas basculer ni dans la violence ni même dans l’émigration clandestine.

    Cette nouvelle agression marocaine à Guergurete est une provocation pour saper le processus référendaire décidé pourtant par l’ONU qui ne se donne pas les moyens de faire appliquer la légalité internationale qu’elle est supposée incarner. C’est sur fond de tension continue que la région doit faire face à de nombreux défis sécuritaires.

    Les impératifs de légitime défense sont posés par le Polisario qui accuse le Maroc de vouloir «marocaniser» son territoire. Encore une fois, l’affaire du Sahara occidental ne peut en aucun cas constituer un «casus belli» entre l’Algérie et le Maroc. Quel que soit l’équilibre stratégique dans la région, la France, l’Espagne et les Etats Unis peuvent ramener les belligérants à de bonnes intentions dans l’esprit des résolutions des Nations unies pour le règlement définitif à ce conflit. Situation qui tarde à trouver l’issue aux peuples du Maghreb à vivre en paix et en harmonie.

    Il faut que le pays frère du Maroc cesse de tourner le dos aux résolutions des Nations unies quant à l’autodétermination du peuple Sahraoui, légitime exigence imposée par la Communauté international.

    *Chercheur Universitaire-Ancien ministre – Ancien parlementaire aux affaires étrangères

    Le Quotidien d’Oran, 26 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara