Category: Sahara Occidental

  • Sahara Occidental : Malgré la guerre, les exportations de farine et huile de poissons continuent

    Alors que la guerre d’indépendance a repris le 13 novembre au Sahara Occidental entre le Maroc et l’Armée de libération sahraouie, deux navires quittaient le port de El Aaiun après avoir chargé des produits transformés de poissons pêchés dans les eaux sahraouies sans le consentement du peuple sahraoui.

    Le bateau Oramalia, (IMO 9392640, pavillon Gibraltar) qui peut transporter 6 863 tonnes de marchandises, a chargé 3.000 tonnes d’huile de poisson. Il est parti ce 1er décembre pour Tan-Tan au Maroc où il va charger aussi.

    Ces huiles sont probablement à destination de la Hollande ou d’un autre port d’Europe.

    Le bateau Ekmen Trans (IMO 9204348, pavillon Panama), qui peut transporter 6 687 tonnes de marchandises, a chargé de la farine de poissons.

    La cargaison est probablement à destination de Gulluk en Turquie, comme celle de près de 5.500 tonnes, chargée à bord du bateau Tango Sol (IMO 915901, pavillon Iles Cook), qui est parti de El Aaiun le 26 novembre pour la même destination.

    Les cargaisons sont chargées depuis des camions arrivant au moins depuis les usines de transformation de El Marsa, zone industrielle située juste à côté du port de El Aaiun.

    Équipe Média a fait une évaluation prudente de la valeur des marchandises potentiellement chargées, sur la base des prix mondiaux.

    La valeur de la farine de poisson des deux navires impliqués dans le pillage depuis la reprise de la guerre, Ekmen Trans et Tango Sol, est d’environ 12 millions d’euros.

    Le prix de la tonne est actuellement estimé à 1 200 euros, selon Indexmundi.

    Le précédent navire parti avec une cargaison illégale de farine de poisson, le Princess Nabiha  (IMO 9144457, pavillon Panama) avait quitté le port d’El Aaiun 3 jours avant la reprise de la guerre, le 10 novembre, avec environ 5.000 tonnes de farine de poisson, également en destination de la Turquie.

    La valeur de la cargaison d’huile de poisson partie à bord de l’Oramalia est de 3,6 millions d’euros (3.600.000), si la quantité chargée est de 3 000 tonnes, et le prix de la tonne à 1 200 euros (données Statista 2019).

    Une grande quantité de poissons est nécessaire à la transformation en farines et huiles, qui sont toutes exportées du Sahara Occidental vers l’Europe ou la Turquie. Les prises sont sans commune mesure avec les besoins de la population vivant sur le territoire occupé, les Sahraouis, les colons marocains et les immigrants africains.

    La pêche industrielle et intensive pratiquée abusivement par le Maroc et ses partenaires dans les eaux sahraouies ne respecte absolument pas le cycle vital des poissons, ni l’écosystème marin.

    Cette pêche est d’autre part totalement illégale, de même que la vente des produits transformés, puisqu’il est interdit d’acheter les produits sahraouis obtenus sans le consentement du Polisario, représentant légitime du peuple du Sahara Occidental.

    Équipe Média, El Aaiun, le 2 décembre 2020

    Sahara Occidental occupé

    #Maroc #SaharaOccidental #Polisario

  • Maroc : Protectorat et indépendance

    Le royaume du Maroc est encore sous protectorat de la France. Sa dépendance s’est même étendue depuis quelques décennies à l’aide israélienne, notamment militaire et à l’aide des pays du golfe, notamment financière. Trahison puis allégeance n’étant pas incompatibles aux demandeurs d’une protection !* 

    Les anciennes colonies françaises ont combattu pour acquérir leur indépendance dans des guerres meurtrières. Les anciens protectorats n’ont pas été aussi loin dans leur lutte et sont restés plus ou moins attaché à leurs « protecteurs ». Ce protectorat de fait, mais jamais nommément cité, permet à la France de poursuivre sa politique « France-Afrique ». 
    Le pouvoir marocain se satisfait de cet état au point de proposer depuis des années aux « territoires du Sud » un plan d’autonomie sous autorité chérifienne, là encore une forme de protectorat, déclinaison du principe des poupées russes, qui a bien sûr l’aval de la France. Demeurer protecteur d’un protecteur permet de garder dans l’ombre une main paternaliste et dirigeante sur la situation. 
    C’est pourquoi les Sahraouis souhaitent un référendum d’autodétermination dont le résultat permettrait une réelle indépendance. Une indépendance proposée par l’ONU dans le cadre de la décolonisation. Il ne faut donc pas confondre plan d’autonomie marocain et référendum d’autodétermination proposé par l’ONU. En tant que membre permanent du conseil de sécurité la France devrait logiquement soutenir cette option onusienne. Elle tient en fait un double discours de confusion : Celui de soutenir le plan d’autonomie marocain et d’autre part de s’en remettre aux décisions de l’ONU, décisions qu’elle sape à la fois par un lobbying diplomatique et en s’opposant par veto ou abstention aux décisions du conseil de sécurité qui ne peuvent s’appliquer qu’à la majorité absolue. 
    L’interdépendance de tous les pays est aujourd’hui plus que jamais une réalité, la mondialisation l’atteste. L’absence de ressources ou le sacrifice de certaines d’entre elles dans le deal des accords internationaux met en place une dépendance économique dont les crises environnementales et sanitaires montrent les limites. Et la frontière reste ténue entre dépendance économique et dépendance géostratégique, voire politique. 
    Le royaume du Maroc est encore sous protectorat de la France. Sa dépendance s’est même étendue depuis quelques décennies à l’aide israélienne, notamment militaire et à l’aide des pays du golfe, notamment financière. Trahison puis allégeance n’étant pas incompatibles aux demandeurs d’une protection !* 
    Les anciennes colonies françaises ont combattu pour acquérir leur indépendance dans des guerres meurtrières. Les anciens protectorats n’ont pas été aussi loin dans leur lutte et sont restés plus ou moins attaché à leurs « protecteurs ». Ce protectorat de fait, mais jamais nommément cité, permet à la France de poursuivre sa politique « France-Afrique ». 
    Le pouvoir marocain se satisfait de cet état au point de proposer depuis des années aux « territoires du Sud » un plan d’autonomie sous autorité chérifienne, là encore une forme de protectorat, déclinaison du principe des poupées russes, qui a bien sûr l’aval de la France. Demeurer protecteur d’un protecteur permet de garder dans l’ombre une main paternaliste et dirigeante sur la situation. 
    C’est pourquoi les Sahraouis souhaitent un référendum d’autodétermination dont le résultat permettrait une réelle indépendance. Une indépendance proposée par l’ONU dans le cadre de la décolonisation. Il ne faut donc pas confondre plan d’autonomie marocain et référendum d’autodétermination proposé par l’ONU. En tant que membre permanent du conseil de sécurité la France devrait logiquement soutenir cette option onusienne. Elle tient en fait un double discours de confusion : Celui de soutenir le plan d’autonomie marocain et d’autre part de s’en remettre aux décisions de l’ONU, décisions qu’elle sape à la fois par un lobbying diplomatique et en s’opposant par veto ou abstention aux décisions du conseil de sécurité qui ne peuvent s’appliquer qu’à la majorité absolue. 
    L’interdépendance de tous les pays est aujourd’hui plus que jamais une réalité, la mondialisation l’atteste. L’absence de ressources ou le sacrifice de certaines d’entre elles dans le deal des accords internationaux met en place une dépendance économique dont les crises environnementales et sanitaires montrent les limites. Et la frontière reste ténue entre dépendance économique et dépendance géostratégique, voire politique. 
    Les ressources en matières premières du Sahara Occidental (Phosphate et pétrole off-shore), ses ressources halieutiques et agricoles, – dont le pillage condamné par la justice internationale continue malgré tout -, limite la dépendance marocaine en cas de plan d’autonomisation, pas en cas de référendum d’autodétermination favorable au peuple sahraoui. Le makhzen est tiraillé entre deux contradictions qui lui permettraient de demeurer une puissance, son expansionnisme délirant (l’ayant conduit à revendiquer la Mauritanie, une partie du Sénégal et de l’Algérie, le Sahara Occidental) et sa dépendance d’ancien protectorat. 
    L’objectif du pouvoir marocain était de passer d’un état de colonialisme occupant le territoire du Sahara Occidental condamné mais hypocritement admis par les instances internationales à un état de protectorat lui garantissant « le timbre et le drapeau » (dixit Hassan II), c’est-à-dire excluant toute réelle autonomie interne. 
    L’époque où le Maroc, comme le disait Hassan II, était dans une position confortable et n’était pas pressé : « Le Maroc n’est pas assis sur une baïonnette mais sur un rocking chair » (Hassan II) semble révolue. 
    Depuis des années le Maroc, soutenu par la France, fait obstruction au calendrier international du processus de décolonisation et « grignote » jusqu’aux accords qu’il a signés. La brèche de Guerguerat aura été, dix années après Gdeim Izik, l’ultime provocation d’une politique coloniale actuelle ou d’un protectorat souhaité de la part du Maroc.
    La France ne retrouvera pas sa dignité, depuis longtemps perdue avec son image effacée de nation défendant les Droits Humains. On peut juste espérer qu’elle puisse enfin respecter le Droit. 
    En reprenant les armes, le peuple sahraoui continue d’affirmer son désir d’indépendance, sachant pour l’avoir déjà vécu dans sa chair à quels sacrifices il lui faudra consentir. 
    Jean-François Debargue
    Le 18 novembre 2020
    * Trahison d’Hassan II envers la ligue arabe permettant à Israël d’être prévenu de la guerre des 6 jours. 
    Source : Entre les lignes entre les mots, 2 déc 2020
    #Maroc #France #Protectorat
  • Sahara Occidental : «Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui»

    LA RASD-L’ONU ET SES RESPONSABILITÉS à L’AUBE DE LA NOUVELLE ADMINISTRATION AMÉRICAINE
    «Le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui»

    Les troupes marocaines viennent de lancer sous les yeux de la Minurso considérée comme force d’interposition de l’ONU une opération militaire dans la zone tampon de Guerguerat.

    Le cessez-feu qui a été signé en septembre 1991 après seize ans de guerre, sous l’égide de l’ONU, n’a pas été respecté par la partie marocaine par l’entrée des forces militaires marocaines contrôlée par les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Sahara occidental.

    Ce en quoi le Polisario considère que cette situation est «une agression flagrante, à laquelle la partie sahraoui répliquera énergiquement, en légitime défense, en défendant sa souveraineté nationale et par voie de conséquence signifierait également la fin de l’accord de cessez-le-feu et enclenchera une nouvelle guerre dans toute la région». C’est pourquoi, «la RASD tient également les Nations unies et le Conseil de sécurité en particulier, pour responsables de la sûreté et la sécurité des civils sahraouis ».

    Le référendum prévu qui a été sans cesse repoussé par Rabat en raison d’un différend avec le Polisario sur la composition du corps électoral et le statut du territoire a retardé le processus onusien du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination par l’entêtement du Makhzen à vouloir garder dans l’instabilité et la sécurité du vivre-ensemble des peuples de la région.

    L’Algérie et la Mauritanie ont appelé les deux parties et exhorté les deux camps à faire preuve de retenue en appelant à l’arrêt immédiat des opérations militaires en attendant la réunion du conseil de sécurité pour mettre fin à la dilapidation des richesses du peuple sahraoui (exploitation du minerai du phosphate et des eaux poissonneuses sahraouies de l’Atlantique) par les contrats que signe le Maroc avec des sociétés étrangères sur une terre qui n’est pas la sienne.

    Dans ce contexte de la pandémie où l’humanité souffre, les peuples les plus affectés par le coronavirus n’arrivent pas à se prendre en charge et vivent des aides humanitaires tel le peuple sahraoui. A l’aube de la nouvelle administration américaine où Joe Biden se prépare, on apprend la nomination le 23 novembre 2020 du futur Secrétaire d’Etat en la personne de d’Anthony Blinken par le président élu Joe Biden.

    Il est le bras droit pendant vingt ans et membre de sa campagne électorale en 2008 et conseiller en politique étrangère durant celle de 2020. Diplômé de Harvard et de la Colombia Law School, Antony Blinken est un francophone pur avoir passé son bac en France alors qu’il habitait avec sa famille avant de retourner aux Etats-Unis. Il a occupé le poste de conseiller à la sécurité nationale de vice- président Joe Biden durant la présidence de Barack Obama entre 2009 et 2013 avant de rejoindre le poste de Secrétaire d’Etat-adjoint entre 2015 et 2017.

    GUTERRES-BLINKEN OU LA FIN DU CONFLIT MAROCO-SAHRAOUI ?

    C’est dans cette période que Blinken avait visité en juillet 2016 l’Algérie. Il fut reçu par de nombreux ministres et des membres de la société civile. Il a évoqué plusieurs sujets dont on a retenu le rôle de leadership de l’Algérie dans la région. Sensible aux questions d’indépendance, il sera à l’écoute pour activer une solution pacifique, négociée dont l’enjeu principal est la décolonisation.

    Sans anticiper sur l’avenir, il sera attendu sur les questions de paix dans la région du Maghreb et du Sahel en ce qui concerne le droit des peuples à l’autodétermination, notamment le dernier peuple à n’avoir pas été décolonisé, celui du Sahara occidental. L’Algérie et les Etats-Unis connaissent en tant que peuples le mouvement d’indépendance dans leur droit à l’autodétermination.

    Le partenariat stratégique entre les deux pays sera certainement abordé dans le futur proche en termes économiques, culturels et géopolitiques pour achever le processus de décolonisation au Sahara occidental et renforcer la lutte contre le terrorisme et le crime organisé dans la partie du Sahel. L’Algérie mettra son expertise dans ce cadre. Elle reste convaincue que de nouvelles perspectives s’ouvriront dans les relations internationales.
    Le terrorisme transnational se déploie dans toute la région. Dans un tel climat de méfiance réciproque, où les bruits de bottes risquent de créer une menace réelle pouvant aboutir à une conflagration régionale, l’ONU doit précipiter le processus référendaire au Sahara occidental.

    Se pose alors la gestion du problème migratoire qui est symptomatique de l’antagonisme créé par le Maroc consciemment entretenu notamment au Sahara occidental.

    Le défi, une fois la question sahraouie réglée, sera la construction du Maghreb des peuples pour en faire une zone de prospérité partagée et d’intégration économique en un groupement régional voisin de la rive nord. Le Maghreb et l’Union européenne trouveront la solidarité dans un développement intégré nécessaire pour ne pas basculer ni dans la violence ni même dans l’émigration clandestine.

    Cette nouvelle agression marocaine à Guerguerat est une provocation pour saper le processus référendaire décidé pourtant par l’ONU qui ne se donne pas les moyens de faire appliquer la légalité internationale qu’elle est supposée incarner. C’est sur fond de tension continue que la région doit faire face à de nombreux défis sécuritaires.
    Les impératifs de légitime défense sont posés par le Polisario qui accuse le Maroc de vouloir «marocaniser» son territoire. Encore une fois, l’affaire du Sahara occidental ne peut en aucun cas constituer un «casus belli» entre l’Algérie et le Maroc.

    Quel que soit l’équilibre stratégique dans la région, la France, l’Espagne et les Etats-Unis peuvent ramener les belligérants à de bonnes intentions dans l’esprit des résolutions des Nations unies pour le règlement définitif à ce conflit. Situation qui tarde à trouver l’issue aux peuples du Maghreb à vivre en paix et en harmonie.

    Il faut que le pays frère du Maroc cesse de tourner le dos aux résolutions des Nations unies quant à l’autodétermination du peuple sahraoui, légitime exigence imposée par la communauté internationale.

    Par le Dr Boudjemaâ Haïchour
    Chercheur universitaire. Ancien ministre. Ancien parlementaire
    aux Affaires étrangères

    Source : El Watan, 2 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc



  • Tension au Sahara occidental : Question écrite au ministre de l’Europe et des affaires étrangères

    Par Eric Bocquet

    Question publiée au Journal Officiel le 3 décembre 2020

    M. Éric Bocquet attire l’attention de M. le ministre de l’Europe et des affaires étrangères sur le regain de tension au Sahara occidental entre le Maroc et le Front Polisario.

    Des échanges de tirs ont eu lieu dans la nuit du 16 au 17 novembre 2020 dans la zone tampon de Guerguerat entre les indépendantistes du Front Polisario et l’armée marocaine, mettant ainsi un terme au cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide de l’organisation des Nations unies (ONU), après 15 ans de combat sur ce territoire qui était une ancienne colonie espagnole.

    Le Maroc, dépassant la ligne de démarcation liée au cessez-le-feu, a déclenché une opération militaire pour expulser les Sahraouis qui bloquaient une route stratégique avec la Mauritanie. Retour ligne automatique
    Ce blocage visait avant tout à remettre la question du Sahara occidental dans les priorités de la communauté internationale, car le conflit n’est malheureusement plus à l’agenda depuis de très nombreuses années.

    Surtout, la République arabe sahraouie démocratique (RASD) sollicite l’organisation d’un référendum d’autodétermination qui était une des résolutions de l’ONU et à laquelle le Maroc s’oppose, lui préférant la notion d’autonomie.

    Aujourd’hui, malgré la mission de maintien de la paix de l’ONU (Minurso), la tension et l’escalade de la violence sont réelles. Un nouveau conflit armé peut rapidement apparaître.

    C’est pourquoi, face à cette situation très préoccupante dans le Sahara occidental, il lui demande ce que compte faire le Gouvernement pour aider au rétablissement rapide du cessez-le-feu entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique.

    Source : Eric Bocquet, 3 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc



  • Sahara occidental : une parlementaire européenne n’exclut pas “une guerre sanglante” face à la passivité de l’UE

    STOKHOLM – Le membre du Parlement européenne (PE), du parti social démocrate suédois, Mme. Jytte Guteland a affirmé que “l’inertie et la passivité de l’Union européenne (UE) devant la décolonisation du Sahara occidental ouvrirait le champ à une autre guerre sanglante”.

    “Au lieu de s’employer au soutien des efforts visant la décolonisation pacifique tant attendue de la dernière colonie en Afrique, l’UE a tenu à conclure un accord commercial au-dessus de la tête des Sahraouis et contre leur volonté, afin de continuer à exploiter les ressources sahraouies et préserver les intérêts économiques du Maroc dans les territoires occupés”, a écrit Mme. Guteland dans une analyse rapportée par l’Agence SPS.
    Pour la député européenne, il est impératif pour l’UE de se prononcer et de défendre le Sahara occidental où le Maroc occupe illégalement de grands territoires depuis 1975, sous les yeux de la Minurso créée en 1991 et qui a échoué durant 29 ans dans sa principale mission, à savoir l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination au profit du peuple sahraoui.
    Exaspéré contre la violation par le Maroc du cessez-le-feu à El-Guerguerat, Mme. Guteland a avoué avoir transmis, conjointement avec des députés membres du Groupe des amis du Sahara occidental, une correspondance au haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Josep Borrell, dans laquelle le groupe a invité l’UE à condamner l’attitude du Maroc et à parvenir à une solution pacifique au conflit, en faisant respecter le droit international et le droit des Sahraouis à l’autodétermination.
    Le statu quo au Sahara occidental, précise l’article de la députée socio-démocrate, a nourri davantage la désespérance chez les réfugiés sahraouis qui assistent, depuis 45 ans de conflit, à l’échec du processus politique onusien, 29 ans après son lancement, censé garantir au peuple sahraoui son droit à l’indépendance.
    “L’occupation marocaine du Sahara occidental est inadmissible, de même que la blackout sur la violation flagrante du droit international est intolérable, c’est pourquoi, la Commission européenne est appelée à faire respecter les chartes internationales et les droits de l’Homme même avec les pays étroitement liés au plan économique”, a-t-elle écrit.
    Et d’appeler la Commission à “mettre un terme à la passivité afin d’éviter le danger d’une autre guerre de sang aux abords de l’UE”.
    APS

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc

  • Le Groupe de Soutien de Genève pour le Sahara occidental appelle à la protection de la population sahraouie et à la résolution du conflit

    PUSL.- Le Groupe de Soutien de Genève pour le Sahara occidental , composé de 13 États (Algérie – Angola – Botswana – Cuba – Mozambique – Namibie – Nicaragua – Afrique du Sud – Tanzanie – Timor Leste – Ouganda – Venezuela – Zimbabwe) a publié un communiqué de presse à la suite de la reprise du conflit au Sahara occidental appelant à la protection de la population sahraouie et à la résolution du conflit adressé au Comité international de la Croix-Rouge; Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Conseil des droits de l’homme, toutes les procédures spéciales pertinentes des Nations Unies, le Secrétaire général des Nations Unies et le Conseil de Sécurité des Nations Unies.

    Communiqué de presse:

    Groupe de Soutien de Genève pour le Sahara occidental(*)

    www.genevaforwesternsahara.org

    Genève, 1er décembre 2020

    Les violations graves et systématiques des droits de l’homme et du droit international humanitaire au Sahara occidental occupé doivent faire l’objet d’une enquête et être documentées

    Le Groupe de Soutien de Genève pour le Sahara occidental exprime sa profonde préoccupation face à la rupture du cessez-le-feu en vigueur depuis 1991 dans le Territoire non autonome du Sahara occidental, qui a suivi l’intervention de l’armée d’occupation marocaine dans la zone démilitarisée près de Guerguerat (sud-est du territoire), le 13 novembre 2020.

    Le Groupe de Soutien de Genève pour le Sahara occidental exprime sa compréhension du sort du peuple sahraoui qui attend l’organisation d’un référendum d’autodétermination depuis 1966, lorsque l’ancienne puissance coloniale – le Royaume d’Espagne – a reçu un mandat de l’Assemblée générale des Nations Unies (rés. 2229 – XXI) pour déterminer les modalités d’organisation d’un tel référendum.

    En acceptant le plan de règlement présenté conjointement par le président de l’Organisation de l’Unité Africaine et le Secrétaire général des Nations Unies à la fin des années ‘80, le peuple sahraoui a véritablement cru que la communauté internationale lui donnerait la possibilité d’exercer librement son droit à l’autodétermination et à l’indépendance conformément aux principes de la Charte des Nations Unies et aux termes de la résolution 1514 (XV) de l’Assemblée générale.

    Trente ans plus tard, la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO) n’ayant pas réussi à organiser le référendum d’autodétermination, la Puissance occupante a illégalement annexé la plus grande partie du territoire non autonome qu’elle occupe depuis les années ‘70.

    Au cours des 16 années de conflit et des 45 années d’occupation militaire illégale, la Puissance occupante a commis un large éventail de violations graves du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire, qui ont un caractère systématique, inhérent à l’occupation illégale du territoire.

    Le Groupe de Soutien de Genève pour le Sahara occidental, notant que ces violations graves et systématiques du droit international des droits de l’homme et du droit international humanitaire n’ont que trop insuffisamment documentées et exposées par les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies, et à la lumière de la reprise du conflit dans le Territoire non autonome,

    demande au Comité international de la Croix-Rouge de surveiller les violations persistantes des Conventions de Genève au Sahara occidental occupé ; de surveiller la situation des “prisonniers de guerre” ou “prisonniers de conscience” sahraouis, y compris ceux qui ont été arrêtés dans le territoire occupé après la rupture du cessez-le-feu ; et de prendre dûment en considération la mise en place de zones et de couloirs humanitaires en tant que de besoin ;

    demande au Haut Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme d’envoyer une mission d’observation dans le territoire occupé et de présenter un rapport lors de la 46ème session du Conseil des droits de l’homme ; et de recommander au Conseil de sécurité d’élargir le mandat de la MINURSO pour y inclure la surveillance des droits de l’homme dans le territoire occupé ;

    Demande au Conseil des droits de l’homme d’accorder une attention particulière aux violations des droits de l’homme, en particulier du droit à l’autodétermination, résultant de l’occupation militaire marocaine du Sahara occidental, conformément au paragraphe opérationnel 5 de la résolution 74/140 de l’Assemblée générale des Nations unies ;

    Demande à toutes les procédures spéciales pertinentes d’accorder une attention particulière aux graves violations des droits de l’homme au Sahara occidental occupé qui pourraient se produire dans le contexte de la reprise du conflit au Sahara

    Le Groupe de soutien de Genève pour le Sahara occidental, notant les échecs successifs des Envoyés personnels du Secrétaire général pour permettre à la MINURSO de remplir son mandat, et soulignant que la perpétuation du statu quo ne fait que renforcer la position de la Puissance occupante,

    demande instamment au Secrétaire général des Nations Unies de s’impliquer davantage dans la situation qui se déroule au Sahara occidental et de nommer au plus tôt un nouvel Envoyé Personnel pour relancer le processus politique qui doit conduire à l’organisation et à la tenue d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui, conformément à la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux ;

    demande instamment au Conseil de sécurité des Nations unies d’attirer son attention sur la situation qui résulte de la reprise du conflit au Sahara occidental, en particulier en ce qui concerne la situation qui prévaut dans la région du Sahel.
    *******

    (*) Afrique du Sud – Algérie – Angola – Botswana – Cuba – Mozambique – Namibie –Nicaragua –Ouganda – Tanzanie – Timor Leste –Venezuela – Zimbabwe

    Source : PUSL, 2 déc 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Police,

  • Décès de Giscard d’Estaing, le président qui a attaqué les sahraouis avec ses Jaguars

    L’ancien président de la République Valéry Giscard d’Estaing est décédé  mercredi  soir. Il était âgé de 94 ans.

    L’ancien chef de l’État français de 1974 à 1981 était hospitalisé à Tours depuis la mi-novembre après une précédente  hospitalisation le 14 septembre  à l’hôpital Georges Pompidou ( Paris) pour “une légère infection aux poumons”.

    Selon Jeune Afrique, feu président Houari Boumediène a déclaré que Giscard «cache un poignard marocain dans sa gandoura et sa djellaba ».

    En effet , son inimitié a été sortie au grand jour lorsqu’il a donné l’ordre à son armée d’attaquer les colonnes de combattants sahraouis en 1977. La raison ? Forcer le Front Polisario à libérer les coopérants français capturés par l’armée sahraouie lors d’un attaque contre la ville mauritanienne de Zouérate.

    Les Jaguars français installés à Dakar ont causé d’énormes dégâts à un moment où les combattants sahraouis n’avait pas d’armes pour se défendre contre les attaques de l’aviation.

    La France continue son soutien à l’occupation du Sahara Occidental par le Maroc. Au Conseil de Sécurité, Paris utilise son veto pour défendre l’intérêt de son protectorat.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, France, Giscard d’Estaing,

  • Voici le but de l’agression militaire marocaine contre El Guergarate

    Le Maroc a pris le risque de violer l’accord de cessez-le-feu de 1991 signé avec le Front Polisario, pour amplifier son exploitation économique des territoires sahraouis qu’il occupe illégalement, déplore la journaliste Gabrielle Lefèvre, spécialiste de la question sahraouie.

    La journaliste a expliqué, dans un article intitulé “Sahara Occidental : les armes ou la diplomatie “, publié dans le site d’information, “Entre Les Lignes”, que la route ainsi créée permet de faire passer vers la Mauritanie et le reste de l’Afrique les camions chargés des ressources pillées en territoires occupés.

    Le 13 novembre, l’armée marocaine a tiré sur des civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement devant une brèche illégale dans le “mur” érigé par le Maroc pour enclaver les territoires sahraouis. “Cette brèche permet la circulation de camions à El-Guerguerat au Sud-Ouest du Sahara occidental, dans la zone tampon prévue par l’accord de cessez-le-feu de 1991 entre le Maroc et le Front Polisario sous l’égide de l’ONU”, a rappelé la journaliste basée à Bruxelles.

    Déjà lorsqu’en mars 2001 l’armée marocaine a tenté de construire une route goudronnée à travers la zone tampon d’El-Guerguerat vers la frontière entre le Sahara occidental et la Mauritanie, l’ONU avertit le Maroc que “la construction envisagée posait des problèmes délicats et que certaines des activités entreprises pourraient contrevenir l’accord de cessez-le-feu”, rappelle la journaliste. L’ONU n’a alors soulevé aucune question concernant le “trafic commercial ou civil” dans la région.

    Gabrielle Lefèvre a également déploré dans son article, le fait que “le Maroc a tout fait pour empêcher ce processus d’autodétermination, annexant par la force la plus grande partie du territoire sahraoui, érigeant un mur totalement miné, réduisant la population sahraouie à un statut de réfugiée dans son propre territoire et en Algérie qui accueille et soutient depuis des décennies des milliers de Sahraouis.

    Pendant ces années, le commerce des ressources ainsi spoliées “a contribué à l’économie marocaine exclusivement (et notamment à la fortune personnelle du roi)”, à la grande satisfaction de pays européens, a-t-elle poursuivi.

    Citant la France, -qui, en premier sert ses intérêts économiques et militaires au Maroc-, Mme Lefèvre a également évoqué l’Espagne. Ce pays qui était la puissance colonisatrice du Sahara occidental, “a laissé le Maroc s’en emparer illégalement mais il reste légalement la puissance responsable du sort de son ancienne colonie”.

    Elle a rappelé à cet effet, que les intérêts économiques espagnols “priment là aussi sur le droit”, et les intérêts politiques aussi “car l’Espagne entend bien garder sa souveraineté en territoire marocain, de Ceuta et Melilla, vestiges de l’empire colonial et points de passage terrestre entre le Maroc et l’Europe”, et que ceci constituait un autre point de discorde entre les deux pays, “et peut-être un élément du chantage exercé par le Maroc sur l’Espagne”.

    La journaliste a appelé dans son article, l’Union européenne (UE) “qui prétend sans cesse défendre les valeurs onusiennes et le droit international’’, d’”exercer une pression décisive” sur le Maroc, afin de rétablir la légalité internationale. “Elle en a le pouvoir”, estime-elle, “encore faut-il qu’elle en ait la volonté politique”, évoquant “son immense faiblesse” face aux violations meurtrières du droit international par Israël à l’encontre du peuple palestinien, “lui aussi occupé illégalement, lui aussi exploité et brimé, bombardé, séquestré”.(SPS)

    H.R

    Source : Echourouk, 2 déc 2020

  • La guerre est ouverte au Sahara occidental

    Par Mohamed K.

    La guerre au Sahara occidental semble s’inscrire dans la durée. Déclarée zone de guerre et l’annonce de la fin du cessez-le-feu, le territoire sahraoui et toute les régions limitrophes vivent dans une tension extrême. Les combats font rage sur au moins trois positions le long du mur des sables, qui sépare le territoire sahraoui occupé par le Maroc et les zones contrôlées par l’armée sahraouie.

    Dans la région de Guerguerat, à l’extrême sud, non loin de la ville La Guerra, on a observé une forte concentration de troupes royales. En face, les unités avancées du Polisario se tiennent sur le qui-vive. Cette région est considérée comme l’une des plus dangereuses, en raison d’une forte densité de mines implantées par les marocains durant les années quatre-vingts, bien avant l’accord du cessez-le-feu et juste après le retrait des forces mauritaniennes des zones qu’elles occupaient en vertu de l’accord de partage de Madrid en 1975. Depuis le début de l’agression marocaine sur des populations civiles sahraouies qui campaient dans cette zone tampon, Nouakchott a décidé de renforcer le contrôle à ses frontières.

    Des troupes ont été envoyées sur place, des barrages et des check points ont été dressés sur les voies qui mènent vers Nouadhibou, principal port et poumon économique de la Mauritanie. Selon des informations relayées par des sites spécialisés, l’espace aérien du Sahara occidental sera certainement fermé au trafic, en raison d’une forte menace. Des compagnies aériennes sont résolues à changer de couloirs dans leurs dessertes entre des aéroports européens et ceux de l’Afrique de l’ouest, notamment sénégalais, gambiens, guinéens et cap-verdiens.

    Alors que Rabat a imposé le black-out total sur les informations militaires et notamment les annonces sur des décès de militaires, voire de blessés évacués vers des hôpitaux au nord, le Front Polisario continue de diffuser des communiqués sur l’évolution de la guerre. Ainsi, pour le dix-huitième jour consécutif, les cantonnements de l’armée marocaine sont régulièrement ciblés par des tirs intenses. Les forces d’occupation, acculées et sur la défensive, maintiennent difficilement leurs positions.

    La défense sahraouie a souligné, dans son communiqué n18 que “les unités avancées de l’Armée de libération ont bombardé à deux reprises ce lundi des sites dans le secteur de Smara, et ont visé la zone de Ross Sbti dans la région de Mahbes”. Des unités de l’armée de libération sahraouie ont mené des bombardements contre la zone de Kalb Enous dans le secteur de Awsard.

    Sur le plan politique, des observateurs s’étonnent du silence alarmant des Nations-Unies, qui continuent de refuser de prendre des résolutions claires et nettes sur la question et prendre des sanctions après les récentes violations marocaines de l’accord de cessez-le-feu de 1991.

    La journaliste Gabrielle Lefèvre, spécialiste de la question sahraouie a expliqué, dans un article intitulé “Sahara Occidental : les armes ou la diplomatie ?”, publié dans le site d’information, “Entre Les Lignes”, que la route de Guerguerat ainsi créée permet de faire passer vers la Mauritanie et le reste de l’Afrique les camions chargés des ressources pillées en territoires occupés. Déjà lorsqu’en mars 2001 l’armée marocaine a tenté de construire une route goudronnée à travers la zone tampon d’El-Guerguerat vers la frontière entre le Sahara occidental et la Mauritanie, l’ONU avertit le Maroc que “la construction envisagée posait des problèmes délicats et que certaines des activités entreprises pourraient contrevenir l’accord de cessez-le-feu”, rappelle la journaliste. L’ONU n’a alors soulevé aucune question concernant le “trafic commercial ou civil” dans la région. Gabrielle Lefèvre a également déploré dans son article, le fait que “le Maroc a tout fait pour empêcher ce processus d’autodétermination, annexant par la force la plus grande partie du territoire sahraoui, érigeant un mur totalement miné, réduisant la population sahraouie à un statut de réfugiée dans son propre territoire et en Algérie qui accueille et soutient depuis des décennies des milliers de Sahraouis aidés par l’assistance internationale”. Pendant ces années, le commerce des ressources ainsi spoliées “a contribué à l’économie marocaine exclusivement (et notamment à la fortune personnelle du roi)”, à la grande satisfaction de pays européens, a-t-elle poursuivi.

    Le Jeune Indépendant, 1 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Sahara Occidental : La société civile norvégienne demande au gouvernement de soutenir les Sahraouis au Conseil de sécurité de l’ONU


    53 organisations de la société civile norvégienne ont envoyé aujourd’hui une lettre conjointe au ministre norvégien des Affaires étrangères demandant au gouvernement norvégien de soutenir les droits du peuple sahraoui alors que la Norvège doit siéger au Conseil de sécurité de l’ONU à partir du 1er janvier.

    En Norvège, la guerre a de nouveau éclaté au Sahara occidental, un territoire traité par l’ONU comme la dernière question de décolonistion en Afrique. Le peuple du Sahara occidental s’est vu promettre un référencum, qui n’a pas encore été mis en œuvre. Le 1er janvier 2021, la Norvège occupera l’un des sièges à la table du Conseil de sécurité de l’ONU, et une large coalition dans une lettre a demandé aujourd’hui au ministre norvégien des affaires étrangères, Ine Marie Eriksen Søriede, d’utiliser les deux années à venir pour défendre les droits du peuple sahraoui.

    Amog les 53 signataires sont les dirigeants des neuf partis politiques de la jeunesse, ainsi que des groupes de défense des droits de l’homme, des syndicats et des groupes religieux.

    La lettre demande au gouvernement de défendre activement le droit à l’autodétermination et les droits humains du peuple sahraoui.

    «Il existe un consensus multipartite en Norvège sur le fait que le droit incontestable du peuple sahraoui à l’autodétermination doit être respecté et que la Norvège ne reconnaît pas l’annexion du territoire par le Maroc. Maintenant que la Norvège revient au Conseil de sécurité de l’ONU, les organisations soussignées appellent le gouvernement norvégien à adopter une position tout aussi affirmée et claire basée sur le droit international, comme ce fut le cas lorsque la Norvège a siégé la dernière fois au conseil », écrivent les organisations .

    Voir la lettre entière ci-dessous.

    Les organisations demandent également l’arrêt des exportations de gaz de Norvège vers le territoire occupé, une pratique à laquelle le ministère lui-même exhorte. La semaine dernière, un autre navire de transport de gaz est arrivé au Sahara Occidental occupé avec du gaz de Kårstø, en Norvège. C’est la troisième fois qu’un navire quitte la Norvège avec du gaz pour les intérêts marocains dans le territoire.

    Au Ministre des affaires étrangères, Mme Ine Marie Eriksen Søreide
    ministère des Affaires étrangères

    Oslo, le 1er décembre 2020

    Lettre ouverte: Soutenez le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination

    Les organisations soussignées sont profondément préoccupées par la situation non résolue et aggravée au Sahara occidental. Compte tenu de l’entrée de la Norvège au Conseil de sécurité des Nations Unies, nous souhaitons par cette lettre appeler le Gouvernement à défendre activement le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

    Le peuple sahraoui a le droit de décider du statut futur de son pays. Le Sahara occidental est considéré par l’ONU comme la dernière question coloniale non résolue en Afrique, et les revendications du Maroc sur le territoire ont été rejetées par la Cour internationale de justice de La Haye. Pendant trois décennies, l’opération de l’ONU pour un référendum a été stationnée sur le territoire, sans mener à bien le référendum promis.

    Le Maroc n’a jusqu’à présent pas contribué de manière constructive au processus de paix de l’ONU. Il n’y a pas aujourd’hui de pourparlers de paix, après que les envoyés spéciaux proposés ont été rejetés par le Maroc. Au cours des dernières années, Rabat a refusé d’entamer des pourparlers bilatéraux avec l’autre partie au conflit, a expulsé le personnel de l’ONU et a rejeté la possibilité pour la mission de maintien de la paix de l’ONU de rendre compte de la situation des droits de l’homme. Dans le même temps, le Maroc refuse toute solution conforme au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

    L’allié le plus proche du Maroc au Conseil de sécurité des Nations Unies, la France, a en pratique paralysé le Conseil de sécurité des Nations Unies pour faire progresser la résolution pacifique des conflits au Sahara occidental. Le peuple sahraoui est déplacé ou réprimé dans son propre pays.

    Le secrétaire général de l’ONU avait déjà exprimé en 2001 son inquiétude à l’égard du Maroc, qui était sur le point de rompre le cessez-le-feu par la construction d’un poste frontalier sud du Sahara occidental à la Mauritanie. L’exportation de ressources naturelles par le Maroc via le passage frontalier sud a été un élément clé de la tension croissante entre les parties, qui a finalement abouti à une reprise du conflit armé en novembre 2020. Parallèlement, une escalade des arrestations et du harcèlement a lieu contre Des Sahraouis dans le territoire occupé, sans que l’opération onusienne puisse faire rapport, et sans que les rapporteurs spéciaux des Nations Unies aient accès. Le Maroc continue de garder des prisonniers politiques sahraouis.

    Le Maroc est un partenaire important de la Norvège et de l’Europe. Cependant, cela ne doit pas se faire aux dépens du peuple du Sahara occidental et des principes importants du droit international. Il est positif que la Norvège partage l’avis de la Cour de justice de l’UE selon lequel le consentement exprimé du peuple sahraoui est une condition préalable au commerce avec le territoire et que le gouvernement norvégien Pension Fund Global a exclu les entreprises qui exercent des activités sur le territoire en violation des la loi internationale. En 2020, cependant, il est arrivé à trois reprises que du gaz de la mer du Nord ait été exporté de Kårstø pour être utilisé au Sahara occidental, contrairement aux conseils commerciaux du ministère. Nous recommandons au gouvernement de veiller à ce que les exportations de Kårstø vers le Sahara occidental n’aient pas lieu.

    La dernière fois que la Norvège a siégé au Conseil de sécurité de l’ONU, le ministre norvégien des Affaires étrangères de l’époque, Jan Petersen, s’est assuré qu’une lettre était envoyée aux entreprises norvégiennes ayant des intérêts sur le territoire. «La Norvège soutient pleinement le processus de négociation en cours sous les auspices du Conseil de sécurité de l’ONU en vue de trouver une solution politique à la question de la souveraineté, et évitera d’agir publiquement d’une manière qui peut être considérée comme préjugeant d’un résultat particulier du processus de négociation de l’ONU. ou une reconnaissance de l’occupation », a souligné le ministère aux entreprises de l’époque.

    Il existe un consensus multipartite en Norvège sur le fait que le droit incontestable du peuple sahraoui à l’autodétermination doit être respecté et que la Norvège ne reconnaît pas l’annexion du territoire par le Maroc. Maintenant que la Norvège revient au Conseil de sécurité de l’ONU, les organisations soussignées demandent au gouvernement norvégien d’adopter une position tout aussi affirmée et claire, basée sur le droit international, comme ce fut le cas lorsque la Norvège a siégé la dernière fois au conseil.

    La Norvège doit défendre un ordre mondial fondé sur l’état de droit. Même notre propre sécurité en dépend.

    Les organisations soussignées demandent au gouvernement:

    – Assumer un rôle de premier plan dans la défense des droits de l’homme au Sahara occidental en demandant au Maroc de libérer les prisonniers des droits de l’homme actuellement incarcérés à tort;
    -Prendre des initiatives au Conseil de sécurité de l’ONU pour une surveillance permanente des droits de l’homme au Sahara Occidental et que le territoire soit ouvert aux rapporteurs spéciaux de l’ONU;

    – Rejeter les efforts des alliés du Maroc au Conseil de sécurité de l’ONU pour imposer une solution au conflit qui ne soit pas fondée sur le droit à l’autodétermination;
    -De suivre le bon exemple de l’ancien ministre des Affaires étrangères, Jan Petersen, en informant activeme nt les entreprises norvégiennes ayant des intérêts au Sahara Occidental sur les conseils commerciaux norvégiens, et demander à tous les exportateurs de gaz norvégien de s’abstenir de vendre à des intérêts marocains dans le territoire occupé;
    – Maintenir la position claire selon laquelle la Norvège ne reconnaît pas l’occupation du territoire par le Maroc.

    Nos associations demandent au Gouvernement d’expliquer quelles initiatives seront prises pour défendre les droits de l’homme et le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Nous serons heureux de vous fournir de plus amples informations si nécessaire. Une réponse peut être transmise aux 53 associations soussignées via le Comité norvégien de soutien pour le Sahara occidental, à info@vest-sahara.no.

    Une copie de cette lettre a été envoyée au Comité permanent des affaires étrangères du Parlement norvégien.

    Cordialement,

    Centre jeunesse, chef, Torleik Svelle
    Jeunesse démocrate chrétienne, leader, Edel-Marie Haukland
    Jeunes conservateurs norvégiens, chef, Ola Svenneby
    Red Youth, leader, Alberta Tennøe Bekkhus
    Jeunesse socialiste, leader, Synnøve Kronen Snyen
    La jeunesse du Parti du progrès, président, Andreas Simon Brännström
    La Ligue de la jeunesse ouvrière, dirigeante, Astrid Willa Eide Hoem
    Jeunes Verts de Norvège, porte-parole, Hulda Holtvedt
    Jeunes libéraux de Norvège, chef, Sondre Hansmark

    Changemaker, leader, Embla Regine Mathisen
    Conseil des relations œcuméniques et internationales de l’Église de Norvège, directeur international, Berit Hagen Agøy
    Étudiants conservateurs, chef, Andreas Oftedal
    Jeunesse européenne, président, Knut André Sande
    Forum pour l’environnement et le développement, directrice, Kathrine Sund-Henriksen
    Étudiants FO, animatrice, Iris Jansdottir Nordberg
    Industry Energy Youth, responsable, Charlotte Sæbjørnsen
    Industry Energy, leader, Frode Alfheim
    Commission internationale de juristes – Norvège, directrice, June Solbrække
    Legal Advice For Women (JURK), directeur, Bjørk Gudmundsdottir Jonassen
    Mental Health and Human Rights Info, directrice exécutive, Elisabeth Ng Langdal

    Union nationale des étudiants de Norvège, leader, Andreas Trohjell
    Fédération des étudiants chrétiens de Norvège, secrétaire générale, Aurora Marie Nome

    Norwegian Church Aid, secrétaire général, Dagfinn Høybråten
    Conseil norvégien pour l’Afrique, directeur, Aurora Nereid
    Association humaniste norvégienne, secrétaire général, Trond Enger
    Norwegian Humanist Youth, leader, Øistein Sommerfeldt Lysne
    Association norvégienne pour la paix, présidente, Irene Elise Hamborg
    Norwegian People’s Aid, secrétaire générale, Henriette Killi Westhrin
    Jeunesse rurale norvégienne, responsable, Inger Johanne Brandsrud
    Union norvégienne des gens de mer, chef, Johnny Hansen
    Forum social norvégien, présidente, Oda Sofie Heien Larsen
    Fonds d’assistance internationale pour les étudiants et universitaires norvégiens, dirigeante, Sunniva Folgen Høiskar
    Syndicat norvégien des travailleurs généraux, dirigeante, Anita Johansen
    Syndicat norvégien des employés municipaux et généraux – Jeunesse, leader, Mats Monsen

    Syndicat norvégien des employés municipaux et généraux, président, Mette Nord

    Syndicat norvégien des éducateurs sociaux et des travailleurs sociaux (FO), leader, Mimmi Kvisvik

    Operation Day’s Work, responsable, Sunniva Maria Roligheten
    Presse, leader, Lea Mariero
    Re: Act, chef, Sofie Patzke

    Solidarity Youth of Norwegian People’s Aid, responsable, Thea Tveter Lysvik
    Stephen Alliance International, secrétaire général, Edward Charles Brown
    Le syndicat des électriciens et des informaticiens, dirigeant, Jan Olav Andersen

    Association norvégienne des jeunes aveugles et malvoyants, président, Kristoffer Lium

    Le Syndicat norvégien de la fonction publique (NTL), président, Kjersti Barsok

    Le Syndicat norvégien des travailleurs de l’alimentation et des secteurs connexes Jeunesse, dirigeante, Masja Krogh

    Le Comité norvégien de soutien pour le Sahara occidental, directeur, Erik Hagen

    La Fondation Rafto, directeur exécutif, Jostein Hole Kobbeltvedt
    La Fédération unie des syndicats, président, Jørn Eggum
    Le YWCA-YMCA, directeur, Fredrik Glad-Gjernes
    Syndicat des employés du commerce et des bureaux, leader, Christopher Beckham

    Association des Nations Unies de Norvège, Secrétaire générale, Anne Cathrine da Silva

    Ligue internationale des femmes pour la paix et la liberté, dirigeante, Liss Schanke
    Jeunes contre l’UE, Leader, Frankie Solberg Rød

    Source : Comité de soutien au Sahara Occidental, 1 déc 2020

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc, Western Sahara,