Category: Sahara Occidental

  • L’Espagne et l’UE ne doivent plus accepter accepter “le chantage continu du Maroc” en matière de migration

    Podemos insiste sur le fait que l’UE et l’État espagnol ne doivent pas accepter “le chantage continu du Maroc” en matière de migration

    Le Groupe parlementaire Yes We Can Canarias a exprimé ce mardi au président du gouvernement du Pacte, le socialiste Ángel Víctor Torres, “tout notre soutien” lorsqu’il s’agit de “demander que la crise migratoire soit résolue de toute urgence” que les îles connaissent et qu’il a dans le dock Arguineguín son exposant maximum.

    «Avec ce gouvernement de coalition entre le PSOE et United We Can, nous devons être encore plus exigeants sur les questions liées aux droits de l’homme. Nous, de Sí Podemos Canarias, nous le sommes, et nous savons que vous aussi », a déclaré le porte-parole, Manuel Marrero, lors de la session de contrôle tenue au Parlement.

    Selon les informations fournies à Chronicles, Marrero a insisté sur le fait que “personne ne peut cacher sa tête sous l’aile, et c’est à l’UE et au gouvernement de l’Etat de trouver une solution”.

    «Arguineguín est un symbole de l’arrivée de migrants du continent africain contraints de rechercher un monde meilleur face aux déséquilibres sociaux, économiques, démographiques, climatiques ou politiques dans les pays d’origine, et l’UE et l’État espagnol ont l’obligation légale et moralité de rendre le contrôle aux frontières compatible avec le respect des Droits de l’Homme et de ne pas accepter le chantage continu du Maroc », a-t-il insisté.

    Le porte-parole parlementaire a rappelé qu’en 2006 les renvois, les rapatriements et les asiles avaient été acceptés car “il y avait une politique de coopération globale, une réponse multilatérale” qui n’est plus en cours, la conclusion d’accords avec le Maroc, le Cap-Vert, la Mauritanie, le Sénégal, Mali, Gambie, Guinée Bisau, Guinée Conakry et Niger.

    “Nous devons assumer des responsabilités, négocier fermement des accords de coopération, financièrement dotés et maintenus au fil du temps, avec les pays d’origine des migrants et, bien sûr, disposer de centres d’accueil décents pour les immigrés”, a déclaré le président Torres .

    Pour conclure, il a exigé de l’État une “solidarité”, autorisant les renvois vers la péninsule à la fois d’adultes et de mineurs non accompagnés “, car ce n’est qu’ainsi que” les déclarations et manifestations qui encouragent les attitudes racistes, xénophobes et populistes seront réduites au silence “contre ceux-ci” ils risquent de mourir dans le voyage le plus dangereux qui existe juste pour le rêve de pouvoir avoir un projet de vie »loin de leur pays.

    Source: Crónicas de Lanzarote, 24 novembre 2020


     

    #SaharaOccidental #Marruecos #Polisario #WesternSahara

     

  • Sahara occidental: la guerre la plus ignorée du monde

    Le 13 novembre, après trente ans de cessez-le-feu, le Front Polisario (Front populaire de libération de la Saguía el Hamra et du Río de Oro) a annoncé par l’intermédiaire de son secrétaire général et président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), Bahim Ghali, qui considérait rompu l’accord signé avec le Maroc en 1991, après quinze ans de lutte, sous les auspices des Nations Unies, qui prévoyait un référendum sur l’autodétermination, qui n’a jamais eu lieu. Dans son message, Ghali a annoncé que “les forces armées sahraouies assument le contrôle total de la sécurité nationale et décrètent l’état de guerre”, étant donné que l’armée royale marocaine a pénétré dans la zone “tampon” de Guerguerat, à l’extrême sud du Sahara. Occidental, à côté de la frontière entre la RASD et la Mauritanie, avec l’excuse de rétablir le trafic après le blocus que les militants sahraouis ont instauré le 21 octobre dernier, commettant des actes de vandalisme et harcelant les observateurs militaires de la Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental (MINURSO), outre le fait que quelque 200 camions auraient été retenus, il faut donc “garantir la libre circulation des personnes et des marchandises”.

    Mohammed VI, roi du Maroc a déclaré lundi 16 son “respect du cessez-le-feu” et a averti qu’il restait déterminé à répondre durement, et dans le cadre de la légitime défense, contre toute menace “à la sécurité de son pays, qui qui comprend les secteurs sahariens contrôlés par Rabat.

    La nouvelle polémique s’installe après l’achèvement des murs de sable que le Maroc a construit unilatéralement, en marge d’une route vitale pour le trafic commercial entre Rabat, Nouakchott et le reste des pays d’Afrique de l’Ouest. Cette route est illégale, elle n’est donc pas reconnue comme telle par les sahraouis comme l’Algérie et pour ce que Mohamed Salem Ould Salek, le ministre des Affaires étrangères de la RASD, a déclaré, elle ne sert qu’au pillage permanent des richesse de sa patrie.

    L’état-major général des forces armées marocaines a annoncé qu’après le blocus effectué par une soixantaine de personnes et les restrictions qu’ils ont imposées aux déplacements, un «cordon de sécurité» a été mis en place. L’opération, qui, selon l’armée, “n’est pas offensive ou a une intention guerrière” et celle qui vise “à éviter tout contact avec des civils et à ne pas recourir aux armes sauf en cas de légitime défense”, a été résolue par l’invasion de plusieurs unités militaires. Les Marocains, qui voulaient briser le blocus et créer un passage de sécurité. L’action improvisée du Maroc a provoqué la réaction immédiate des miliciens du Polisario, qui ont répondu par des tirs et plus tard par plusieurs actions d’attaques à la roquette contre quatre bases militaires et deux checkpoints marocains, installés le long du mur de sécurité, qui ils se sont poursuivis au moins jusqu’à lundi 16 dernier, selon des sources sahraouies, ce qui aurait fait plusieurs morts. Étant donné que le territoire est difficile d’accès et que les autorités marocaines ont bloqué l’arrivée de journalistes, la confirmation ou non des actions de guerre des deux parties est compliquée.

    Comme les Palestiniens, les Kurdes, les Baloutches, les Touaregs, les Rohingyas et bien d’autres, le peuple sahraoui a été pillé, ses territoires volés et son destin enchaîné, les forçant à vivre dans un état de résistance permanente. Sans représentation dans les grandes organisations internationales, où faire entendre leur voix, ignorée depuis plus de cinq décennies, ils n’ont qu’une seule option: la lutte armée, contre l’usurpateur de leurs terres et de leurs destinées: le royaume autocratique du Maroc, qui, avec le clin d’œil des puissances occidentales, des monarchies du golfe Persique, et la complicité de l’Espagne, principal responsable de la situation actuelle de la RASD, qui doit à nouveau faire face à l’une des armées les mieux armées d’Afrique avec des ressources minimales, et que depuis 2018, subit un important processus de modernisation de toutes ses armes avec l’achat d’avions de combat parmi eux, 25 nouveaux chasseurs F-16 C / D, ainsi que des hélicoptères d’attaque, des systèmes de défense aérienne basés sur des radars 3D, des missiles courte, moyenne et longue portée ‒ sol-air, air-sol, air-air, contre les blindés et les navires, les chars de combat, les lance-roquettes, de grandes quantités de munitions et d’équipements radio et les systèmes de vision d’ul Cette dernière génération, un achat avec lequel elle atteint fondamentalement deux objectifs, se faire encore plus plaisir avec les puissances occidentales, les fournisseurs de tout est une panoplie, seuls les États-Unis ont vendu des armes pour 12 milliards de dollars à l’époque Trump, avec lesquels ils payent le escorte diplomatique avec laquelle le Maroc évolue dans les grands forums internationaux, mais parvient aussi à se muscler face à ses voisins algériens, hypothèse principale de conflit du royaume alaouite, avec ceux qui ont un conflit complexe, non seulement sur les revendications frontalières, mais aussi sur de vastes zones, riches en minerais, qui au moment du retrait français étaient en possession d’Alger, donc en 1963, un conflit armé a éclaté qui est devenu connu comme Guerre des sables.

    Quarante-cinq ans d’oubli

    Le projet du Grand Maroc, qui à partir des années 1940 a été soulevé par l’Istiqlal (Parti de l’indépendance) et relancé par Hasan II après son arrivée au trône en 1961, comprenait non seulement les territoires de l’ouest algérien, mais aussi des parties du Mali, de la Mauritanie et de l’ensemble de l’ancienne colonie espagnole du Sahara occidental, l’actuelle RASD.

    Bien que ni Hassan II, ni son fils Mohamed VI, n’aient pu faire valoir leurs revendications expansionnistes contre les trois premières nations, le Maroc et l’Espagne ont en permanence souillé les droits et libertés des Sahraouis. Malgré le fait que le génocidaire Francisco Franco ait décidé de quitter sa colonie pour 1975, un mandat dont son dauphin et le désormais fugitif Juan Carlos I ont assumé, et quoi dire, qu’il n’a jamais rempli.

    Ce lundi dernier, l’un des membres de l’équipe de négociation sahraouie a prévenu que la guerre se prolongerait si l’ONU n’assume pas sa responsabilité et oblige Rabat à accepter la légalité internationale qui émerge de l’accord de trêve.

    Alors que le royaume alaouite, qui contrôle illégalement environ les trois quarts du Sahara occidental, une vaste bande de désert sur la côte atlantique, comprenant ses gisements de phosphate et ses riches zones de pêche sur l’Atlantique, apparaît dans cette opportunité prête à exterminer la RSAD, cherchant à prolonger le conflit, car on sait qu’elle a secrètement infiltré de nombreuses troupes habillées en «civils» dans les zones du conflit actuel, pour générer des attaques sous faux drapeau. Déjà en 2019, Rabat a décidé unilatéralement de suspendre la table de négociations qu’elle avait établie avec le Polisario, l’Algérie et la Mauritanie.

    Dimanche 15, le Polisario a rapporté que des milliers de volontaires se mobilisaient pour rejoindre ses rangs et que “d’intenses combats se déroulaient le long du mur de défense marocain” (sur 2 700 kilomètres qui traverse le Sahara Occidental et où l’on estime que Rabat a posé entre sept et dix millions de mines antipersonnel, ce qui en fait le plus grand champ de mines du monde).

    Depuis la mise en scène de ce qui est devenu la Marche verte en novembre 1975, conçue par le gouvernement Hassan II, avec laquelle il a pu mobiliser près de 300 000 Marocains appauvris «escortés» par l’armée, et avec le clin d’œil de Washington, pour faire un territoire légèrement plus grand que la taille de l’Équateur. Parmi les grands avantages que les États-Unis ont obtenu s, ils ont cédé la base militaire de Tan-Tan, où en 2008, les Américains ont installé l’Africom (United States African Command) tout près d’El Aaiún, capitale de la RASD, des îles Canaries et de Tindouf. Des camps de réfugiés sahraouis en Algérie, tout près de la zone du conflit actuel, où une fois de plus le peuple sahraoui tente de changer son sort.
     
    Source : Tercerainformación.es, 23 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Sahara occidental: 45 ans d’infamie sans fin

    Pedro Luis Angosto *

    L’attitude de l’Espagne peut sembler folle si la nature de la dictature de Franco n’est pas connue, un régime soutenu et défendu par les États-Unis
    La littérature espagnole est venue très peu à ces années où le régime de Franco a décidé d’abandonner le peuple sahraoui et de laisser son sort entre les mains du dictateur médiéval Hassan II et des États-Unis. Cependant, il y a un roman de maître écrit par mon compatriote Luis Leante – Regarde si je t’aimerai, prix Alfaguara 2007 – qui nous rapproche de cette période honteuse et de la vie de ceux qui ont plus tard dû quitter leur pays pour vivre dans les camps de concentration de Tindouf, où ils vivent presque exclusivement des fournitures des Nations Unies. L’hospitalité des nomades, la générosité et l’attente infinie d’un peuple paisible et pauvre, le chaos de la déroute militaire espagnole, la désorganisation, le sentiment de vide battaient dans les pages d’un livre qu’il serait bon de relire.
    Après un siècle de colonisation espagnole d’un territoire que personne ne voulait occuper pendant longtemps, les Nations Unies ont publié en 1970 la Résolution 2711, qui ordonnait à l’Espagne d’organiser un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui. Au début, le gouvernement franquiste s’y est opposé, mais quatre ans plus tard, avec Arias Navarro comme président du gouvernement et la pression des États-Unis, la dictature a accepté les exigences de l’organisation née à la conférence de San Francisco.
    Le dictateur était mourant, le prince héritier de l’époque Juan Carlos de Borbón voulait mettre la couronne et pour cela le mieux était d’obéir à l’ami américain et d’éviter un nid de frelons. L’Espagne serait plus tard constituée en monarchie parlementaire et les États-Unis, qui n’ont jamais confié leurs intérêts aux pays démocratiques, choisiraient le Maroc pour cette tâche avec l’assurance que ce pays remplirait ses obligations avec la même soumission que la dictature de Franco a fait pendant des années.
    L’attitude de l’Espagne peut sembler farfelue si la nature de la dictature de Franco n’est pas connue, extrêmement cruelle envers les dissidents internes mais absolument docile et soumise aux puissants à l’étranger
    Compte tenu de l’imminence du référendum, Hassan II – le Maroc traversait une grave crise politique et économique – déterminée comme une tactique dilatoire pour demander au Tribunal international de La Haye si le Sahara occidental n’était le territoire de personne et sur les relations historiques de dépendance vis-à-vis du Maroc. La Haute Cour a décidé que ces terres appartenaient aux Sahraouis et que les liens avec la monarchie alaouite n’existaient pas sauf celui des chefs de certaines tribus à titre personnel.
    Face à une telle décision, le Maroc a annoncé en avril 1975 qu’une marche civile et militaire envahirait pacifiquement le Sahara Occidental pour embrasser leurs frères du sud. Avec Franco sur le point d’entrer en enfer, le 31 octobre, Juan Carlos de Borbón a accédé au chef de l’Etat et a présidé son premier Conseil des ministres. Dans l’intervalle, il avait demandé, ou s’était vu imposer, la médiation de Kissinger dans le procès, parvenant à un accord par lequel les États-Unis soutiendraient la restauration de la monarchie espagnole en échange de la cession du Sahara au Maroc, ce qui revenait à le donner aux États-Unis.
    Le 6 novembre – je m’en souviens parce qu’une personne étroitement liée à ma famille faisait son service militaire et ils l’ont embarqué pour Bojador – des milliers de Marocains ont envahi le Sahara sous la stricte surveillance de l’armée royale. Les Nations Unies ont ordonné à Hassan II d’arrêter la marche et de respecter ses résolutions, l’Espagne a prétendu que c’était une question qui ne la concernait pas et Kissinger a ri, une fois de plus, de son bureau à la Maison Blanche.
    Le 12 novembre, suivant le scénario établi par le secrétaire d’État américain et en violation de toutes les résolutions de l’ONU, la conférence de Madrid se tient entre l’Espagne, le Maroc et la Mauritanie, l’Espagne décidant de céder, ce qu’elle ne pouvait pas faire sous accords internationaux, deux cent mille kilomètres carrés au Maroc et soixante-dix mille à la Mauritanie. Le Front Polisario, qui avait été formé en 1973, a décidé que la lutte armée contre les intérêts marocains était la seule option qui lui restait.
    Le 26 février 1976, l’Espagne quitte le Sahara, laissant toutes les installations militaires et civiles et les zones de pêche au Maroc, les très riches réserves de phosphates, d’uranium, de zircone, de zinc, de gaz et de pétrole aux États-Unis et dans d’autres pays européens grâce aux permis. du monarque, et des autochtones, représentés par la République arabe sahraouie démocratique, la misère et l’oppression, le pillage de leurs richesses et un gigantesque mur de 2 700 kilomètres qui les sépare de leur terre.
    L’attitude de l’Espagne peut sembler farfelue si l’on ne connaît pas la nature de la dictature de Franco, un régime soutenu et défendu par les États-Unis, cruel à l’extrême avec des dissidents internes mais absolument docile et soumis aux puissants de l’étranger. Ce n’est qu’en connaissant ces deux caractéristiques essentielles de la tyrannie qu’il est possible de concevoir que l’Espagne a cédé au Maroc les plus grandes mines de phosphate du monde alors que ce minéral était déjà essentiel pour l’agriculture, l’un des plus grands lieux de pêche de la planète dans lequel nous pêchons aujourd’hui en payant énormément. d’argent à Mohamed V et des réserves non quantifiées de pétrole, de gaz naturel, de cuivre, de zinc et de fer.
    Mais néanmoins, ce qui est absolument répréhensible et honteux, c’est la situation dans laquelle l’Espagne a laissé le peuple sahraoui et l’attitude d’indifférence que les différents gouvernements démocratiques ont maintenue jusqu’à aujourd’hui, incapables même de reconnaître la RASD ou de dénoncer la violation constante de les droits des sahraouis, compte tenu notamment du fait que selon un rapport du Conseil de sécurité des Nations unies signé le 29 janvier 2002, l’Espagne continue d’être aujourd’hui la puissance administrante du Sahara occidental, puisqu’elle n’avait pas le pouvoir de céder cette concession aux pays tiers, comme cela a été fait dans les accords de Madrid de novembre 1975.
    L’Espagne craint qu’une position de soutien à la République sahraouie ne provoque une réaction excessive de la part du Maroc, réaction typique des régimes dictatoriaux si enclins à exciter leurs peuples avec l’ennemi étranger, mais malgré ce risque et les conséquences qu’il pourrait avoir sur la relations avec les États-Unis, quarante-cinq ans se sont écoulés depuis cet abandon inquiétant et il est temps de rectifier et de permettre aux exilés de retourner sur leur terre et de la diriger par leurs propres moyens et volonté.
    Lahaine,org, 24 nov 2020
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 
  • Intérêts économiques et géostratégiques empêchant la célébration du référendum au Sahara Occidental

    QUELS INTÉRÊTS ÉCONOMIQUES ET GÉOSTRATEGIQUES EMPÊCHENT LA CÉLÉBRATION DU RÉFÉRENDUM SAHARAUI?

    Les raisons pour lesquelles notre solidarité avec le peuple sahraoui est aussi un acte de légitime défense

    L’ancien lieutenant Luis Gonzalo Segura soutient que le Sahara occidental n’est pas seulement «appétissant» économiquement et géostratégiquement pour le Maroc. L’Europe partage également avec ce dernier pays l’exploitation des riches zones de pêche de la côte sahraouie et des précieux gisements de phosphates. Géostratégiquement, les États-Unis bénéficient, quant à eux, des bases offertes en compensation par le Maroc, sur le territoire duquel se situe le commandement militaire Africom, et de la base militaire de Tan Tan, à quelques kilomètres d’El Aaiún, des îles Canaries et de Tindouf (…).

    RÉDACTION HEBDOMADAIRE DES ÎLES CANARIES

    Il y a quelques jours, Luis Gonzalo Segura a publié un long article intitulé “Le Sahara, dernière injustice géopolitique du néocolonialisme européen et américain”. L’écriture de Canarias Semanal, afin de faciliter sa lecture, a procédé à sa synthèse et à sa présentation sous forme d’interview.

    Comme on le sait, Luis Gonzalo Segura est un ancien lieutenant de l’armée espagnole, qui a été expulsé de ce corps militaire pour avoir dénoncé dans plusieurs livres de son auteur – “Le livre noir de l’armée espagnole”, et les romans “Code rouge” et ” Un pas en avant “- la corruption et les privilèges qui existent parmi ses plus hautes hiérarchies.

    Dans tous les cas, en bas de cette page, il y a un lien qui permettra à tout lecteur d’accéder à l’original complet de l’article de Gonzalo Segura.

    – Pour une simple question de génération, pour de nombreux Espagnols aujourd’hui, l’histoire du Sahara Occidental et ses relations avec l’Espagne sont absolument inconnues. Beaucoup de jeunes Espagnols savent, en effet, que le Sahara était une colonie espagnole, mais ils ne savent pas comment il est passé de cette condition à celle d’un territoire occupé par la monarchie marocaine. Quelle était cette étrange «pirouette» qui faisait passer le Sahara d’une condition à une autre?

    Le Sahara occidental est passé le 6 novembre 1975 de la dictature espagnole à la dictature marocaine après la Marche verte promue par Hassan II, qui a réussi à mobiliser plusieurs centaines de milliers de personnes. Ou plus précisément, il faut dire qu’une partie du Sahara Occidental a effectué cette transition particulière, car si le centre et le nord de la région ont été cédés à la dictature marocaine, le sud s’est retrouvé entre les mains de la Mauritanie. Tout cela, bien sûr, avec l’acquiescement des États-Unis, sinon avec leurs chuchotements.

    Cette distribution du gâteau – 266000 kilomètres carrés, – pas moins que l’équivalent de la moitié de l’Espagne -, si typique des diners occidentaux, n’a pas tenu compte de l’opinion des sahraouis eux-mêmes, qui ont vu la couleur des drapeaux changer et la lignée de son dictateur sans son consentement. Car le Front Polisario, apparu peu de temps auparavant, en 1973, avait revendiqué l’indépendance du Sahara Occidental vis-à-vis de l’Espagne, dont il exerçait l’administration coloniale depuis la fin du XIXe siècle, mais pas pour devenir la colonie d’une autre dictature.

    – Les Sahraouis ont-ils résisté à l’occupation militaire par le Royaume du Maroc?

    Alors que le Front Polisario a réussi à conclure un accord avec la Mauritanie en 1979, trois ans après la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), le problème avec le Maroc a conduit à un conflit armé, jusqu’à la signature d’un accord de paix en 1991 définitif qui envisageait la réalisation d’un référendum libre afin que le peuple sahraoui puisse librement décider de son destin.

    – Et ce référendum a-t-il déjà eu lieu?

    Le référendum n’a jamais eu lieu, ce qui a rendu permanent l’exil sahraoui dans les camps situés près de Tindouf, en Algérie. Et avec une circonstance aggravante, puisque la mission des Nations Unies pour organiser le référendum au Sahara occidental (MINURSO), s’est non seulement avérée être un échec retentissant, mais a été enterrée aujourd’hui par les intérêts de chacun.

    -Dans le cas d’un territoire désertique comme le Sahara, qu’est-ce qui le rend si appétissant pour le Maroc?

    Le fait est que ce n’est pas seulement «appétissant» pour le Maroc. L’Europe bénéficie des zones de pêche existantes sur le vaste littoral sahraoui, plus de 1 100 kilomètres de côtes, dans les accords qu’elle conclut avec le Maroc. Ainsi, le Maroc et l’Europe, principalement l’Espagne, partagent sans vergogne cette importante ressource naturelle, tandis que les Sahraouis vivent dans des conditions désastreuses dans des camps de réfugiés installés à plus de 500 kilomètres à l’intérieur de leur capitale, El Aaiún. Le Maroc, en plus de partager les zones de pêche avec l’Europe, exploite les précieuses mines de phosphate, avec lesquelles les engrais sont fabriqués.

    Il était inutile qu’en 2018 la Cour de Luxembourg ait jugé que l’accord de pêche entre l’Union européenne et le Maroc n’avait aucun effet sur le Sahara occidental, car il ne faisait pas partie du Maroc, puisque le Parlement européen a approuvé l’accord en 2019 avec la dictature alaouite, y compris le Sahara occidental. L’Europe ignore ses propres tribunaux ou ses propres valeurs.

    – Quelles raisons géostratégiques ont poussé les Etats-Unis et les pays occidentaux à soutenir l’occupation marocaine?

    Les Etats-Unis étaient heureux que la dictature marocaine, l’un de ses «fils de pute» – selon les termes de Roosevelt et Kissinger – occupe le Sahara, car elle offre des bases militaires sur son territoire. En effet, en 2008, les Américains ont localisé l’Africom (United States African Command) à la base militaire de Tan Tan, à une courte distance d’El Aaiún, des îles Canaries et de Tindouf. Autrement dit, près de la zone de conflit actuelle. Sur cette base, les États-Unis ont non seulement renforcé la position de dictature de Mohamed VI tout en portant gravement atteinte aux possibilités des sahraouis d’organiser un référendum d’autodétermination, mais ils ont également servi à essayer d’arrêter – et de concurrencer – l’expansion chinoise en le continent. En effet, ces derniers mois, le Maroc a proposé aux Etats-Unis l’utilisation de la base Alcazarguir, dans le détroit de Gibraltar, en option à la base espagnole de Rota, dont l’accord doit être renouvelé en 2021.

    – Plus de 30 ans après cette occupation, la guerre est maintenant déclenchée. Quels facteurs expliquent cette confrontation militaire qui peut avoir de graves implications géopolitiques en Afrique du Nord?

    Près de trente ans se sont écoulés depuis l’accord sur la tenue d’un référendum. Devant l’impossibilité de le faire, comme établi dans le cessez-le-feu conclu par l’ONU en 1991, plusieurs dizaines de Sahraouis ont décidé de bloquer la route d’accès mauritanienne à Guerguerat en guise de mesure de protestation le 21 octobre.

    Derrière cet appel au réveil se cache la situation désespérée dans laquelle 250 000 Sahraouis vivent mal et l’espoir offert par le changement présidentiel aux États-Unis dans le contexte international. Un espoir naïf pour le moins si l’on tient compte du bilan géopolitique nord-américain.

    En représailles, il y a quelques jours à peine, le 13 novembre, l’armée marocaine est entrée dans Guerguerat, une zone démilitarisée située à la frontière avec la Mauritanie, au sud du Sahara occidental. L’incursion s’est terminée par un échange de tirs sans blessés et par une réponse ultérieure du Front Polisario aux sites militaires marocains situés derrière le mur, le plus long au monde avec plus de 2500 kilomètres, dans lesquels ils affirment avoi r fait des victimes.

    Les Sahraouis sont un peuple condamné à souffrir de la faim, de la misère et des violations constantes de ses droits humains, tandis qu’un régime autoritaire partage sa richesse avec l’Europe et les États-Unis. Une réalité qui montre, comme beaucoup d’autres, que les intérêts géopolitiques sont au-dessus de ce qui est juste et correct. Cette tragédie est un paradigme du néocolonialisme.

    Canariassemanal.org, 23 nov 2020
     
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 

  • Sahara Occidental : «Le Maroc doit tirer les leçons de son arrogance» (Diplomate)

    MOHAMED YESLAM BAISSAT, AMBASSADEUR DE LA RASD EN AFRIQUE DU SUD : «Le Maroc doit tirer les leçons de son arrogance»

    Entretien réalisé par Tarek Hafid

    Représentant en Afrique du Sud du Front Polisario de 1998 à 2003, Mohamed Yeslam Baissat est revenu à Pretoria en qualité d’ambassadeur de la République arabe sahraouie démocratique. Ce diplomate expérimenté, qui a notamment été en poste à Alger, Washington et Bruxelles, décrypte pour Le Soir d’Algérie les derniers événements au Sahara Occidental.

    Le Soir d’Algérie : Jeudi 19 novembre, vous avez pris officiellement vos fonctions d’ambassadeur de la RASD à Pretoria après avoir remis vos lettres de créances au Président Matamela Cyril. L’Afrique du Sud est-elle toujours aussi engagée auprès du peuple sahraoui ?

    Mohamed Yeslam Baissat : Nos deux pays entretiennent une relation très solide, qui s’est forgée durant de longues années de luttes communes contre le colonialisme et l’Apartheid. C’est une camaraderie d’armes que nous avons bâtie avec nos frères du Congrès national africain (ANC). Une relation de fraternité, d’amitié et de lutte.

    Durant les années 80, l’administration Reagan avait fait la bêtise d’inscrire l’OLP, l’ANC et l’Organisation du peuple du Sud-Ouest africain (Swapo) sur la liste des organisations terroristes. En réaction à cette décision, feu Mohamed Abdelaziz avait invité Oliver Tambo, le président de l’ANC, à effectuer une visite officielle au Sahara Occidental en 1987. Au dernier jour de sa visite, le Front Polisario lui a remis une quarantaine de blindés légers Panhard repris à l’armée marocaine. Ces blindés avaient été livrés par le régime de l’Apartheid à l’armée de Hassan II dans le cadre d’un accord secret. Nous avons fait de même avec nos camarades namibiens de la Swapo. C’était la contribution du Front Polisario à la lutte de libération des peuples d’Afrique du Sud et de Namibie.

    Actuellement, les relations entre la RASD et l’Afrique du Sud sont diversifiées: gouvernementales, diplomatiques, parlementaires et entre nos collectivités locales. Le Front Polisario et l’ANC entretiennent également des rapports des plus importants. Les groupes de solidarité, les organisations de la société civile sud-africains sont également très actifs. Le Forum de solidarité avec le Sahara, les Western Sahara Friends encore l’Action solidaire figurent parmi les organisations citoyennes les plus actives dans la cause sahraouie.

    Le Maroc et ses principaux alliés semblent avoir été surpris par la réaction du Front Polisario qui a décidé de reprendre la guerre suite à l’agression de Guerguerat. Finalement, la stratégie du statu quo entretenue par le Maroc était-elle basée sur la thèse que les Sahraouis ne reprendraient jamais les armes ?

    Le Maroc a toujours eu le même problème : créer des mensonges destinés à son opinion publique et se retrouver victime de ses propres mensonges.

    Le régime colonial a affirmé que le peuple sahraoui n’existe pas, que le Polisario est une organisation fantoche, que l’Afrique a changé d’opinion, que le Maroc a fait une réécriture du droit international… Nasser Bourita, le ministre marocain des Affaires étrangères, est un spécialiste en création de mensonges. Mais il a un gros souci, c’est qu’il finit par croire à ses propres mensonges. Lorsque le régime marocain a commis l’irréparable en intervenant militairement à Guerguerat contre les militants sahraouis pacifistes. C’est une violation majeure de l’accord de cessez-le-feu. Effectivement, les Marocains étaient persuadés que le Front Polisario n’allait pas riposter. Avant de réagir, nous avions pourtant averti le secrétaire général de l’ONU, les membres permanents du Conseil de sécurité et l’ensemble de la communauté internationale. D’ailleurs, le Maroc a été le premier à être prévenu.

    Le Maroc a été surpris par notre réaction. Aujourd’hui, il ne veut toujours pas croire que la situation idéale dont il a bénéficié durant 30 années est définitivement terminée. Ses dirigeants sont dans une situation de déni de la réalité. Cela relève d’un problème psychologique de ne pas reconnaître que des obus tombent au quotidien sur les têtes de ses soldats et de ses officiers. Mais cela ne peut pas durer, dans les prochaines semaines, ils finiront par croire en la réalité. Les Marocains comprendront alors qu’ils ont créé une situation dangereuse, pour leur pays, la région et pour la communauté internationale.

    Quelles sont les nouvelles du front militaire ? Nous assistons depuis le 13 novembre à un conflit qui se déroule presque à huis clos. Sur le plan de la communication, le Front Polisario se limite à donner des informations générales sur les opérations qu’il mène sur le terrain et de son côté le Maroc impose un véritable embargo médiatique sur ce conflit. C’est une situation très étrange à l’ère de l’hypermédiatisation.

    Effectivement, c’est une situation atypique. Mais il faut comprendre que ces opérations se déroulent dans une zone qui est très étendue car le mur de la honte (mur de séparation marocain) est long de 2 750 km. Les unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) bombardent jour et nuit les positions marocaines sur ce mur. Les forces armées de nos sept régions militaires sont engagées dans cette nouvelle phase de la guerre qui nous oppose au Maroc. Je pense que cette question de communication se réglera dans les prochains jours.

    Pour sa part, le Maroc ne dit absolument rien sur les pertes qu’il subit. Dans un monde marqué par la puissance des mass media et des réseaux sociaux, il ne pourra pas cacher longtemps ce qu’il se passe sur le terrain militaire. D’ailleurs, certaines familles marocaines bravent l’interdiction qui leur est imposée et commencent à publier des annonces de décès de leurs proches. Le Makhzen ne pourra pas cacher longtemps la réalité.

    Pour avoir été en poste à Washington et à Bruxelles, pensez-vous que la nouvelle administration américaine et l’Union européenne pourront jouer un rôle dans la situation actuelle ?

    En 1991, les États-Unis étaient les garants de l’application de l’accord que nous avions signé avec le Maroc. En 1997, ils étaient là encore les garants de l’accord de Houston qui a été signé entre les deux parties. Malheureusement, ils n’ont pas assumé leur responsabilité morale qu’imposait ce rôle de garant. Les Américains n’ont pas défendu ces accords. Nous avions constaté qu’il y avait une certaine volonté de régler la situation sous l’administration du Président Barack Obama, dont Joe Biden était vice-président. Donc, le retour aux affaires de Biden peut susciter des espoirs. La nouvelle administration américaine peut investir son poids, sa crédibilité morale et aussi son statut de garant pour appliquer ces accords historiques.

    L’Union européenne est la force mondiale la plus proche de notre région. Et c’est à cause d’un membre (la France) de cette Union que nous sommes face à la situation problématique actuelle. J’espère que l’UE tirera la conclusion de tout ce qui s’est produit. Il faut que l’Espagne et la France, les deux pays européens à l’origine de ce conflit, deviennent une partie de la solution et non une partie du problème.

    Pour l’heure, le Front Polisario se concentre sur la guerre ?

    Le Maroc doit revenir à la raison et à la légalité. Il doit tirer les leçons de son arrogance. La reprise de la guerre est notre façon d’attirer l’attention des Marocains et de l’opinion internationale pour dire que la situation ne peut pas continuer. Le Maroc ne peut pas signer un accord et renier tous ses engagements en répétant son stupide discours de souveraineté qui n’existe que dans la tête de ses dirigeants. La guerre, c’est aussi notre façon de dire aux États-Unis et à l’Union européenne que soutenir les thèses du Maroc va s’avérer contreproductif pour les intérêts de ce pays et les intérêts des Occidentaux.

    Depuis quelques mois, des pays africains et arabes ont ouvert des consulats dans la ville de Laâyoune occupée. Quelle est la valeur de ces décisions ?

    Les autorités sahraouies ne sont pas du tout gênées par l’ouverture de ces kiosques consulaires. Ce sont des actes de petite propagande. D’ailleurs, il n’y a aucun ressortissant de ces pays qui réside à Laâyoune occupée. Le Maroc doit comprendre que seuls les Sahraouis peuvent lui accorder la souveraineté du Sahara Occidental à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination. La République fédérale des Comores et les Émirats arabes unis ne lui donneront rien. Khalifa ben Zayed Al Nahyane peut donner les îles Tunb à l’Iran mais il ne pourra jamais donner le Sahara Occidental au Maroc. Le Sahara appartient aux Sahraouis. D’un autre côté, nous encourageons le Maroc à ouvrir plus de consulats à Laâyoune. Les 193 États du monde doivent tous avoir leurs représentations consulaires pour que tous les pays constatent qu’il existe un territoire occupé et un peuple opprimé.

    Depuis la reprise du conflit, l’ONU est pratiquement effacée. Et que fait la Mission des Nations-Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (Minurso) ?

    La Minurso a été transformée en annexe médiocre de l’administration coloniale, surtout à l’époque du Canadien Colin Stewart, qui était devenu l’adjoint-maire de Laâyoune occupée.
    Depuis son arrivée à la tête de l’ONU, Antonio Guterres s’est montré plus préoccupé par le passage des biens et de personnes vers la Mauritanie que par l’application du droit international. Pourtant, son bureau était inondé par nos correspondances au sujet des violations multiples du régime colonial marocain.
    Il n’a jamais réagi.

    Le Soir d’Algérie, 24 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 

  • Sahara Occidental : au 10ème jour de la reprise de la guerre, l’APLS inflige de lourdes pertes aux FAR

    L’armée sahraouie a infligé de lourdes pertes humaines et matérielles aux forces d’occupation marocaines, en riposte à l’agression militaire inique contre les civils sahraouis dans la brèche illégale d’El-Guerguerat, a affirmé le ministre sahraoui de la sécurité et de la documentation, Abdallah Lahbib Bilal.

    Dans une déclaration à l’APS, le responsable sahraoui a souligné que l’armée sahraouie « a réalisé de grandes victoires face aux forces d’occupation marocaine et causé des pertes matérielles et humaines en une semaine, en riposte à l’agression marocaine inique contre les civils désarmés dans la région d’El-Guerguerat », relevant que « le régime d’occupation marocain, qui est pris au dépourvu, fait un blackout sur les pertes ». Pour le haut responsable sahraoui, le Maroc a commis « l’irréparable en violant le cessez-le-feu pensant, à tort, que le Front Polisario n’allait pas réagir et qu’il allait se contenter de saisir le Conseil de sécurité ou le Secrétaire général des Nations unies ». « La riposte du Front Polisario à l’agression militaire marocaine a été rapide, ferme et courageuse, non seulement au niveau de la brèche d’El-Guerguerat, mais également tout au long du mur de la honte », a-t-il indiqué et assuré que « le retour à la lutte armée en riposte aux visées expansionnistes du Maroc répond à la volonté du peuple sahraoui de reprendre la lutte armée pour la libération et l’indépendance ».
    Affirmant que le champ de bataille couvrira l’ensemble des territoires sahraouis occupés, le responsable sahraoui a mis en exergue « l’afflux des jeunes sahraouis sur les écoles militaires dont la capacité d’accueil est saturée ». « Le peuple sahraoui a répondu présent à l’appel de reprise de l’action armée en vue de recouvrer son indépendance », a-t-il expliqué, ajoutant que « la diaspora sahraouie cherche des moyens permettant de rejoindre les rangs de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS), et manifeste quotidiennement devant les ambassades et consulats de l’occupant marocain en Europe ». Le ministre sahraoui a également rappelé que l’État sahraoui avait de tout temps œuvré pour un règlement pacifique de la question sahraouie, conformément aux exigences de la légitimité internationale, notant que « l’arme du peuple sahraoui face à l’occupation marocaine et ses alliés réside dans la volonté de fer, la justesse de la cause et la détermination des Sahraouis à recouvrer la souveraineté ».
    Par ailleurs, et selon le dernier communiqué militaire sahraoui, l’artillerie lourde de l’APLS a bombardé plusieurs bases militaires à Khcheibi et Cheidhmia, dans le nord du Sahara occidental, et plusieurs autres cibles militaires marocaines dans la région. Infligeant des pertes matérielles conséquentes aux troupes d’occupation marocaine terrées derrière le mur de défense dont plusieurs installations électroniques sont hors service.
    M. B.
    AGRESSION MAROCAINE : Cuba et Timor-Leste soutiennent le combat des Sahraouis 
    La Mission permanente de Timore-Leste auprès des Nations unies a adressé une lettre au président du Conseil de sécurité réaffirmant que le référendum d’autodétermination demeure crucial comme mécanisme devant garantir un processus juste, libre et démocratique pour l’autodétermination du peuple du Sahara occidental. »Le référendum demeure crucial comme mécanisme devant garantir un processus juste, libre et démocratique pour l’autodétermination du peuple sahraoui ‘’, a souligné la mission diplomatique Est-timoraise dans sa missive. La représentation a regretté profondément le contenu « inapproprié » et « inacceptable » d’une lettre de la Mission du Maroc à New York à son encontre, rejetant « la tentative du Maroc à saper (dénier) le droit souverain d’un État membre exercé conformément à la Charte des Nations unies et au règlement intérieur du Conseil de sécurité ». 
    La mission rappelle que le Timore-Leste a établi des relations diplomatiques avec la République arabe sahraouie démocratique (RASD) depuis 2002 et reconnaît le Front Polisario comme représentant légitime du peuple du Sahara occidental. Elle dénonce « les tentatives du Maroc à falsifier la réalité ». À cet effet, la mission du Timor-Leste appelle à la reprise des négociations entre le Maroc et le Front Polisario, « sans conditions préalables « , basées sur le droit inaliénable du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination conformément aux Résolutions pertinentes de l’Assemblée générale et du Conseil de sécurité. De son côté, Cuba a réaffirmé son soutien à la recherche d’une solution au Sahara occidental à même de garantir l’autodétermination du peuple sahraoui, a indiqué le ministère des Affaires étrangères cubain dans un communiqué publié hier samedi.
    Le communiqué exprime « la préoccupation » de Cuba face aux événements qui se sont déroulés au Sahara occidental ces derniers jours à la suite de l’agression militaire marocaine à El Guerguerat. Le texte souligne que « Cuba réaffirme son soutien constant pour trouver une solution à la question du Sahara occidental afin de garantir le droit légitime à l’autodétermination du peuple sahraoui ». Ce soutien, rappelle le ministère, est conforme aux buts et principes de la Charte des Nations unies en particulier la Résolution 1514 de l’Assemblée générale, intitulée « Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux ». 
    Pour sa part Le mouvement espagnol Anticapitalistas réitère son attachement au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et a appelé le gouvernement de l’Espagne à condamner la violation du cessez-le-feu par le Maroc en lançant une agression militaire il y a près de 10 jours contre des civils sahraouis à Guerguerat. »Nous exigeons du gouvernement espagnol de condamner la rupture du cessez-le-feu par le Maroc, d’assumer son rôle historique en tant que puissance coloniale et de garantir le respect des droits humains, sociaux et économiques du peuple sahraoui », indique le mouvement. Il considère cela comme une étape devant déboucher ‘’ nécessairement sur une solution juste, pacifique, démocratique et durable » du conflit au Sahara occidental, qui passe inévitablement par le respect du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui. L’Espagne est « politiquement responsable de la situation et est également la puissance administrante du Sahara occidental, comme l’ONU l’a reconnu. Par conséquent, le gouvernement espagnol ne peut pas continuer à maintenir une fausse position de neutralité face aux derniers développements au Sahara occidental », souligne Anticapitalistas.
    M. B.
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc  #WesternSahara    
  • Sahara Occidental : « On n’a pas laissé le choix aux Sahraouis » (diplomate)

    ABDELAZIZ RAHABI SUR LE RECOURS DU POLISARIO À LA RIPOSTE ARMÉE FACE À L’AGRESSION MAROCAINE : « On n’a pas laissé le choix aux Sahraouis »

    Dans un long entretien accordé au quotidien arabophone « El Khabar », consacré essentiellement à la cause sahraouie et ses ramifications sur le plan régional et international, l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi a estimé que l’escalade qu’a connue la région après l’agression marocaine à El-Guerguerat, qui a porté le coup de grâce au cessez-le-feu signé en 1991 entre le Front Polisario et le Maroc était prévisible. Pour le diplomate Rahabi, ceux qui suivent de près l’évolution de la cause sahraouie, savent pertinemment que ce qui s’est produit à présent était prévisible en raison du blocage du processus de paix constaté depuis 1991.

    L’ancien ministre de la Communication a tenu à rappeler dans ce sens, que de 1975 à 1991, le Sahara occidental a toujours vécu en conflit armé. Et c’est cet état des lieux qui a d’ailleurs ramené la communauté internationale à s’en convaincre de la nécessité d’un cessez-le-feu et aller vers des négociations directes pour un recensement de la population sahraouie, sachant que cette entreprise était facilement réalisable sur le terrain du fait que l’ancien colonisateur du Sahara occidental, l’Espagne, avait déjà opéré dans ce sens car la population locale portait déjà des documents espagnols, a expliqué M.Rahabi.

    En plus du recensement, a-t-il ajouté, il y a aussi la nécessité du maintien de la fin des hostilités et l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Quant aux origines de ce blocage, M.Rahabi a affirmé qu’il suffit de lire l’histoire de manière objective pour en situer les responsabilités, rappelant que tous les pays avaient exercé de fortes pressions sur le Sahara occidental afin de signer la fin des hostilités partant du fait que c’est les Nations unies qui sont garantes du respect du cessez-le-feu. Et c’est à partir de là que les Sahraouis avaient alors accepté de déposer les armes. Mais malheureusement l’ONU n’a pas tenu parole, et doit en assumer l’entière responsabilité, tout en endossant la responsabilité politique à la France et le coté historique à l’Espagne car cette dernière est toujours l’autorité administrative sur ce territoire du point de vue de la loi internationale.

    Et les conséquences du cessez-le- feu, selon Rahabi, sont bénéfiques pour le Maroc, lui permettant de gagner du temps, mais si dramatique pour le peuple sahraoui, réduit entre temps à vivre sous des tentes depuis 29 ans. En résumé on n’avait pas laissé d’autre choix pour le Sahara occidental que la lutte armée, a-t-il dit.

    Quand la France bloque la désignation d’un envoyé spécial

    Il a estimé par ailleurs que la responsabilité est collective à commencer par l’ONU qui n’avait pas dépêché un envoyé spécial au Sahara occidental 18 mois après la démission de l’ancien. Car, faut-il le savoir, a-t-il encore expliqué, l’envoi d’un émissaire dans la région ne relève pas des prérogatives du SG de l’organisation onusienne. Et à chaque fois qu’il tente de dégager un envoyé spécial pour la région il se retrouve heurté au blocage des Nations unies et de la France, et par conséquent il est aisé d’en déduire qu’il y a des pays qui cherchent à maintenir et préserver leurs intérêts au Sahara occidental et disposent de leur propre agenda pour cette région, a fait savoir le diplomate Rahabi.

    Sur une question de savoir est-ce réellement la question du Sahara occidental freine le projet mort-né de l’Union du Grand Maghreb, M.Rahabi en s’appuyant toujours sur des faits historiques, a souligné que lors de la rencontre des dirigeants des pays magrébins, tenue en 1988 à Zeralda à Alger, les participants étaient convaincus que l’idée de la création de ce bloc magrébin et la complémentarité économique et d’intérêts qui en découleront allaient inévitablement contribuer à la résolution du conflit sahraoui. Cette conviction a été d’ailleurs réaffirmée lors de la rencontre de Marrakech en 1989 et que la naissance de l’entité magrébine allait jeter les jalons d’une nouvelle dynamique d’intérêts communs pour les États et peuples de la région, à travers la libre circulation des personnes, et des marchandises en plus de pouvoir négocier en bloc avec les parties étrangères, sauf que le Maroc et la Tunisie avaient préféré de faire cavaliers seuls en négociant en solo en 1994 avec l’Union européenne, alors que l’Algérie était confrontée à cette époque au terrorisme.

    Plus précis il affirme qu’il était convenu lors des deux rencontres (Zeralda et Mérrakech) que la question sahraouie suit son parcours au sein de l’Union africaine et des Nations unies, et le bloc en chantier avait alors pris forme en dépit que la question sahraouie était déjà posée à cette époque.
    Une délégation sahraouie conduite par l’actuel président a été même reçue à Marrakech par le roi Hassan 2 en 1989 et une dynamique a été même créée pour la création de l’UMA. Mais la suite des évènements a bloqué tout le processus après que Rabat eut imposé le visa aux Algériens, et l’affaire de l’attentat terroriste perpétré au Maroc que ce dernier avait alors imputé injustement à l’Algérie.

    Rabat avait par la suite gelé sa participation aux travaux de l’organisation magrébine, a souligné, le diplomate Rahabi, affirmant que c’est le Maroc qui était à l’origine du blocage de la concrétisation du projet et non pas le Sahara occidental. S’agissant de l’éventualité que la reprise de la lutte armée par les Sahraouis pourrait contribuer à arracher un referendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui, le diplomate Rahabi, a indiqué que tout blocage politique génère en fin du compte la relance d’un processus de paix et ce n’est pas propre à la question sahraouie.

    Les Sahraouis cherchent à sortir du statu quo

    M. Rahabi dit avoir, par ailleurs, le sentiment que ce que redoutent les pays européens, dans cette reprise des hostilités c’est un probable flux migratoire envers ces pays, ce qu’ils voient d’ailleurs d’un mauvais œil et une menace pour leur stabilité.

    Concernant l’ouverture des consulats au Sahara occidental comme annoncé par le Royaume de Jordanie, l’ancien ministre estime que le Maroc n’a aucune emprise légale sur les territoires sahraouis et qu’aucun pays à travers le monde ne lui reconnait ce droit et l’ouverture d’un consulat est une formalité d’une forte portée symbolique politique parce que l’ouverture d’un consulat nécessite la présence d’une diaspora dans le pays ce qui n’est pas le cas pour les pays du Golfe. Il s’agit donc d’un soutien politique symbolique pour le Maroc.

    L’ancien diplomate a affirmé en conclusion que les Sahraouis ne cherchent pas à embraser la région bien au contraire, ils sont à la quête d’une relance effective et sérieuse du processus de paix et une nouvelle orientation politique pour sortir du blocage actuel et la tenue du référendum de l’autodétermination.
    Brahim Oubellil

    Le Courrier d’Algérie, 23 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #WesternSahara 

  • Isolé, le Maroc fait les yeux doux à la Mauritanie

    Au moment où le Maroc invite les lointains pays du Proche Orient et les monarchies chamelières du Golf à exprimer leur soutien à son occupation du Sahara Occidental, Rabat cherche un moyen de cacher son isolement au niveau régional où le Maroc est en conflit avec tous ses voisins, y compris le voisin du Nord, l’Espagne.

    Les tentatives mauritaniennes de normaliser les relations avec le Maroc se sont heurtées à la maladibe tendance du régime makhzénien d’entraîner Nouakchott dans des positions susceptibles de rompre avec sa politique de neutralité. Dans ce but, Rabat est allé jusqu’au chantage en hébergeant deux farouches opposants au président Mohamed Ould Abdelaziz.

    Depuis que le Maroc a annoncé la prolongation du mur jusqu’aux frontières mauritaniennes, Nouakchott a annoncé la fermeture de ses frontières avec le Sahara Occidental et le déploiement d’unités militaires en vue de les surveiller. Les autorités mauritaniennes soupçonnent Rabat de vouloir envahir de Lagüera, une ville sahraouie à laquelle les marocains n’ont jamais renoncé. L’appel du roi du Maroc vise à rassurer le président mauritanien et au même temps envoyer un message de bon entente avec un pays voisin qui est présent dans toutes les négociations sur le Sahara Occidental organisées sous les auspices des Nations Unies.

    Après avoir annoncé la conversation entre les deux Chefs d’Etats marocains et mauritanien, Ould Ghazouani a reçu le ministre sahraoui des affaires étrangères pour rappeler au roi Mohammed VI que son pays s’attache à sa politique de neutralité et de pays observateur participant au processus de paix.

    Tags :  #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos

  • Sahara Occidental : Deuxième rapport du CODESA sur la situation des droits de l’homme

    Le deuxième court rapport sur la situation des droits de l’homme au Sahara Occidental occupé après la reprise de la guerre entre la force d’occupation marocaine et le Front Polisario

    Le Comité pour la protection des civils sahraouis, mandaté par le Bureau exécutif du Collectif des défenseurs des droits humains sahraouis, a pu suivre les crimes contre l’humanité commis par la force d’occupation marocaine contre des civils sahraouis.
    1 / Faute médicale du défenseur sahraoui des droits humains “Bamba Sharif Lafkir”:
    Le 20 novembre 2020, à 12 heures, l’administration de l’hôpital militaire El-Aaiun occupé a refusé de recevoir le défenseur des droits humains “Bamba Sharif Lafkir”, 65 ans, et il convient de noter que “Bemba Al-Sharif Lafkir «Il a été battu à plusieurs reprises par la force de l’occupation marocaine en raison de sa participation aux manifestations pacifiques qui réclamaient les droits du peuple sahraoui.
    La déclaration de sa famille a confirmé qu’il existe des instructions supérieures à l’administration du troisième hôpital militaire pour refuser de le recevoir et garantir son droit humain à un traitement, conformément aux articles 13 et 16 de la quatrième Convention de Genève pour la protection des civils sahraouis. , et évoquant la situation juridique du Sahara Occidental occupé, inscrite dans le droit international humanitaire.
    2 / L’arrestation de la défenseuse sahraouie des droits humains “Sultana Khaya” et l’agression contre sa famille:
    Le 19 novembre 2020, des membres de la police des forces d’occupation marocaines ont arrêté la défenseuse sahraouie des droits humains “Sultana Khaya”, présidente de l’Association sahraouie pour les droits de l’homme et la protection des richesses, à Bojador / Sahara Occidental occupé, où il a fait l’objet d’une fouille approfondie de tous les bagages, après son arrivée le 18 novembre 2020 à l’aéroport d’El-Aaiún / Sahara occidental, sur l’île de Las Palmas.
    Les forces d’occupation l’ont poursuivie jusqu’à la maison de sa famille à Bojador et ont jeté les pierres sur la maison, ce qui a blessé sa mère; «Minatu Mbarek», ainsi que le lendemain 20 novembre 2020, ils ont poursuivi l’attaque et ont brutalement battu «El Waara Khaya, pour sa protestation contre l’interdiction de visiter la maison de sa famille, parmi ceux interdits à son frère» Abd El Aziz Khay “
    Avec ces pratiques violentes et injustifiées, la force d’occupation marocaine a violé les paragraphes A et C de l’article 03 de la Convention de Genève pour la protection des civils.
    03 / la police d’occupation a encerclé la maison de l’artiste sahraoui “Maalinin Sidi Ibrahim Haddi”
    Le 20 novembre 2020, l’artiste sahraoui “Maalainin Sidi Ibrahim Haddi” a été surpris par un groupe de voitures de police qui a entouré sa maison, l’artiste a affirmé qu’il lui était interdit d’assister à des événements festifs en raison de ce que propose son équipe de chansons musicales. qui chantent sur le Sahara occidental. Pour la même raison, il a été empêché d’entrer dans le Bojador bien entretenu le 9 juillet 2017.
    04 / Débarquement et siège policier dans le quartier Salam d’Agadir / Maroc:
    Le quartier de Salam, où résident la plupart des étudiants sahraouis, a été témoin d’un siège policier intense depuis le mercredi 18 novembre 2020, dans le même contexte, une faction étudiante qui a adopté une idéologie chauvine à l’Université Ibn Zohr a présenté une incitation explicite contre Des étudiants sahraouis à cause de la cause d’El Guargarat.
    Comité pour la protection des civils sahraouis
    Le Bureau Exécutif du Collectif des Défenseurs Sahraouis des Droits de l’Homme; CODESA
    Laâyoune / Sahara occidental le 21 novembre 2020
    #SaharaWestern #Polisario #Maroc
    Tags: Sahara occidental, Polisario, Maroc,
  • Sahara Occidental : L’as dans la manche du Front Polisario: les milliers de réfugiés dans les camps

    Les différences entre les forces de l’armée marocaine et du Front Polisario sont épouvantables. Si les premiers ont au total 195 000 soldats actifs et 150 000 de plus en réserve, les seconds n’ont au total qu’entre 6 000 et 7 000 combattants.

    Cependant, les forces armées sahraouies ont un atout dans leur manche, et le déclenchement du conflit en novembre les a amenées à commencer à l’utiliser: les centaines de milliers de réfugiés vivant dans les camps de Tindouf, en Algérie. La population totale de ces camps est de plus de 170 000 personnes.

    C’est ce qu’explique Fatimatu Bachir à ElNacional.cat, une femme sahraouie de 23 ans qui vit avec ses grands-parents dans le camp d’Auserd et qui pendant son temps libre se consacre à l’enseignement de l’espagnol aux personnes âgées. «Il y a des milliers de jeunes qui se sont inscrits au Front [Polisario]. Ils ont déjà ouvert plusieurs écoles militaires parce que de nombreux jeunes ont quitté leurs études et leur emploi. Pratiquement tous les plus de 18 ans sont ils ont fait remarquer. Il y a aussi des filles », explique-t-il.

    “Désormais, toutes les régions militaires sont mobilisées. Des écoles militaires ont été ouvertes, qui se remplissent de monde et où des formations express sont proposées pour qu’elles puissent rejoindre le champ de bataille au plus vite”. , a déclaré à EFE dans le même esprit un responsable militaire qui a préféré ne pas être identifié pour des raisons de sécurité.

    L’ONU, disparue au combat

    Bachir justifie la nécessité d’aggraver le conflit à la lumière de la passivité de la communauté internationale. “Il est triste qu’en 30 ans, l’Espagne, en tant que puissance administrative, et l’ONU n’aient pas été en mesure de remplir leur devoir”, a-t-il déclaré. “La soi-disant MINURSO [Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental] n’a rien fait pour empêcher la torture et l’emprisonnement quotidiens des Sahraouis par le Maroc dans les territoires occupés”, critique-t-il.

    En fait, la MINURSO est la seule des 16 missions de maintien de la paix de l’ONU qui n’a jamais pu entrer au Maroc, dans son cas, pour analyser et examiner les violations des droits de l’homme. “Nous avons été très patients et nous avons été trompés mille et une fois. Quant à l’Espagne, nous avons compris que ses politiciens travaillent pour Mohammed VI, mais cela n’explique pas la haine qu’ils ont pour nous. Surtout le PSOE”, a-t-il déclaré.

    «En 30 ans, c’est la première fois que vous remarquez et sentez que nous faisons quelque chose pour atteindre notre liberté. Le peuple sahraoui et le Front Polisario sont fatigués de cette situation et c’est pourquoi nous avons pris cette décision. Cette guerre personne n’en veut mais c’est la seule issue qu’ils nous ont laissée », dit-il. Pour les jeunes sahraouis, il n’y a qu’une seule option qui empêcherait la guerre: que l’Espagne décolonise le territoire «comme le Portugal l’a fait avec le Timor oriental». “Ou cette guerre continuera jusqu’à ce que nous voyions un Sahara occidental libre”, a-t-il dit.

    Elnacional.cat, 22 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc