Category: Sahara Occidental

  • Russie : La position américaine sur le Sahara Occidental pourrait déclencher une nouvelle spirale de violence dans la région

    Cette nouvelle position des États-Unis pourrait considérablement entraver les efforts de l’ONU pour promouvoir le Plan de règlement du Sahara occidental, a souligné le ministère des Affaires étrangères

    MOSCOU, 12 décembre. /TASS/. La reconnaissance par Washington de la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental pourrait entraver les efforts de l’ONU visant à résoudre le conflit et déclencher une nouvelle spirale de violence dans la région, a déclaré samedi le ministère russe des Affaires étrangères.
    « Par cette décision, l’administration Donald Trump vise à saper les fondements juridiques universellement reconnus du règlement du Sahara Occidental, qui stipule la détermination du statut final de cette région à travers un référendum. Cette nouvelle position des États-Unis pourrait considérablement entraver les efforts de l’ONU pour promouvoir le Plan de règlement du Sahara occidental et exacerber les relations entre les parties directement impliquées et provoquer une nouvelle spirale de confrontation armée dans la région du Sahara-Sahel,” a souligné le ministère des Affaires étrangères.
    #WesternSahara #SaharaOccidental #Polisario #Morocco #Maroc #Marruecos #DonaldTrump #Israel
  • John Bolton : « Trump abandonne la politique US sur le Sahara occidental »

    JOHN BOLTON, ANCIEN CONSEILLER À LA SÉCURITÉ : « Trump abandonne la politique US sur le Sahara occidental »

    L’accord annoncé par le président sortant à la Maison Blanche, Donald Trump, sur la normalisation des relations entre le Maroc et Israël, a eu l’effet d’une bombe dans les milieux politiques américains.
    Quoique l’on dise du parti-pris des États-Unis en faveur du Maroc dans la question du Sahara occidental, entre autres puissances derrière le blocage du processus d’autodétermination du peuple Sahraoui, Trump aura été le seul Président dans l’histoire US à avoir violé de manière abrupte les règles diplomatiques de son pays.
    Celui qui venait de perdre l’élection présidentielle pour le compte du démocrate Joe Biden, comme pour jouer le revanchard, est en train d’accélérer le processus de normalisation de pays arabes avec l’entité sioniste.
    Son parrainage de la démarche de ce qu’il suppose être le « deal du siècle » est dénoncé avec la plus grande vigueur, dans les milieux même des néo-conservateurs américains. Ancien proche collaborateur de l’inénarrable président US, John Bolton, qui était conseiller à la sécurité nationale entre 2018 et 2019, n’a pas été tendre avec une position qui tranche avec les traditions diplomatiques des États-Unis.
    Non seulement il qualifie l’alignement de Trump sur la position marocaine vis-à-vis du Sahara occidental en reconnaissant la « souveraineté » du Palais royal sur les territoires occupés d’avoir « tort », mais que celui-ci s’est rendu coupable d’une violation manifeste de l’ « engagement », long de plusieurs années, des États-Unis en faveur d’un référendum pour libérer la dernière colonie d’Afrique. « Trump a eu tort d’abandonner trente ans de politique américaine sur le Sahara occidental », écrit Bolton dans un tweet diffusé hier. Ceci, analyse-t-il c’est ce qu’il avait longtemps pratiqué dans les couloirs du Bureau ovale, « juste pour remporter une victoire rapide en politique étrangère. »
    Pour l’ancien collaborateur à la Maison Blanche, malgré le fait que lui aussi était en faveur d’un accord israélo-marocain, ceci ne s’’entendrait pas tourner le dos aux Sahraouis dans leur quête d’un référendum d’autodétermination.
    Autrement dit, « Un accord israélo-marocain était possible sans abandonner l’engagement des États-Unis en faveur d’un référendum sahraoui sur l’avenir de WS (Western Sahara, ndlr), comme l’a dit à juste titre le sénateur Jim Inhofe».
    Comme Bolton, en effet, ce sénateur républicain a, lui-aussi, été virulent à l’égard du président sortant. Réagissant jeudi, à l’annonce de Trump, Jim Inhofe s’en était pris à l’administration Trump d’avoir reconnu la position du Maroc sur le Sahara occidental, notamment à travers « un accord plus large visant à normaliser les relations entre Israël et le Maroc».
    Farid Guellil
    Tags : #WesternSahara #SaharaOccidental #Polisario #Morocco #Maroc #Marruecos #DonaldTrump #Israel
  • Communiqué de l’UFP à propos de l’accord de normalisation des relations Maroc-Israël

    UFP – Les médias internationaux ont largement relayé, ces dernières heures, un communiqué de l’administration Donald Trump qui proclame la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental.

    Cette décision incongrue traduit une volonté manifeste d’ offrir un succès diplomatique à l’entité sioniste usurpatrice aux dépens des peuples de notre région en attisant les tensions et les contradictions entre les peuples arabes en violation des résolutions et des usages internationaux.

    Cette décision est surtout en contradiction avec le rôle de la communauté internationale qui a vocation à rechercher la paix et une solution pacifique au conflit entre le Maroc et le front Polisario plutôt que de jeter de l’huile sur le feu comme le fait Donald Trump dans ses derniers jours à la maison blanche dans le but d’imposer le fait accompli et de raviver les tensions pour étendre l’influence d’Israël et cautionner ses crimes et exactions contre le peuple palestinien frère.

    Devant ces développements graves, l’Union des Forces de Progrès affirme :

    – Son soutien indéfectible au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination ;

    – Son appui à la position de neutralité constructive de la Mauritanie vis-à-vis des belligérants : le royaume du Maroc et la République arabe sahraouie démocratique ;

    – Son appui à tous les efforts visant à trouver une solution pacifique et négociée au conflit ;

    – Son appel à la communauté internationale afin qu’elle s’implique davantage pour faire taire les armes et instaurer une paix durable sur la base du droit du peuple Sahraoui à l’autodétermination ;

    – Sa condamnation ferme de la décision de Donald Trump et appel à la nouvelle administration démocrate pour qu’elle la désavoue et qu’elle s’insère dans la dynamique internationale de recherche d’une paix durable dans la région.

    Nouakchott, le 11 décembre 2020

    La présidence

    #SaharaOccidental #Maroc #Marruecos #Polisario #WesternSahara

  • Sahara Occidental : Les Africains doivent exiger que l’UA se réapproprie le dossier sahraoui

    Les pays africains, dont la politique étrangère est indépendante des influences externes, doivent exiger que l’Union africaine se réapproprie le dossier sahraoui, estime Yahia Zoubir, professeur de relations internationales, de management international, et directeur de recherche en géopolitique à KEDGE Business School. 

    “L’Afrique, du moins les pays dont la politique étrangère est indépendante des influences externes, doivent faire valoir leur voix non seulement au sein de l’UA mais au sein de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Dénoncer les violations du droit international par ceux-là mêmes qui donnent des leçons aux Africains est en soi une lutte pour l’UA de se réapproprier le dossier”, a indiqué Yahia Zoubir à l’APS.
    Selon lui, l’UA a été dépossédé du dossier sahraoui sous l’influence de puissances siégeant au Conseil de sécurité de l’ONU (Organisation des Nations unies). “L’Organisation de l’Unité Africaine était co-sponsor avec l’ONU du processus de résolution du conflit du Sahara Occidental. Mais une fois que le dossier est passé au Conseil de Sécurité, l’OUA et son successeur l’UA ont été écartées (…). Evidemment, les membres du Conseil (de sécurité) proches du Maroc ont permis l’irrésolution du conflit, une situation qui a bénéficié au Maroc. Le statut quo lui a permis de consolider son occupation sans qu’il ne paie le prix pour les violations commises”, a soutenu ce chercheur au Brooking institute de Doha. L’expert ira plus loin en imputant la responsabilité du retour aux armes à l’influence exercée par la France, principalement, mais aussi des Etats-Unis. D’après ses dires, les perspectives du plan de paix ONU/UA de 1991, ” ne sont pas prometteuses tant que la France et à un degré moindre les Etats-Unis bloquent le processus d’autodétermination. C’est ce blocage depuis 1991 qui est au centre de l’échec du processus de paix. Le retour à la guerre n’en est que la conséquence logique “. Pour le Professeur Zoubir, ” la résistance de la société civile sahraouie et internationale doit s’intensifier et mettre à nu la duplicité des ” démocraties ” dans ce conflit. Pour sa part, l’UA doit faire valoir sa propre charte concernant les frontières héritées de l’époque coloniale. ” L’UA qui soutient le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui (et dont la RASD est un membre fondateur) devrait être associée aux délibérations du Conseil de sécurité”, a-t-il ajouté.
    Risque de crise au sein de l’ONU
    Par ailleurs, le Professeur Zoubir a commenté les dernières déclarations du chef de la diplomatie algérienne, Sabri Boukadoum, au sujet de l’échec de la Troïka africaine chargée de régler le conflit du Sahara Occidental et sur la nécessaire reprise en main du dossier par le Conseil paix et sécurité de l’UA (CPS).
    Le directeur de recherche en géopolitique a estimé, à ce propos, que la création même de la troïka était une ” erreur “. Selon lui, ” le CPS devait rester saisi du dossier et l’inscrire dans son ordre du jour”. La création de la troïka africaine lors du sommet de Nouakchott de juillet 2018, avait permis au Maroc d’écarter le CPS du dossier alors que c’est au CPS que la tâche incombait pour traiter des questions de paix et de sécurité, dont la question du Sahara Occidental. Depuis son adhésion à l’UA en 2017, le Maroc a tout fait pour mettre en veilleuse la question du Sahara Occidental, a t-il indiqué. Yahia Zoubir a estimé, en outre, que ” la succession de Cyril Ramaphosa par Félix Antoine Tshisekedi, à la présidence de l’Union africaine, est synonyme d’alignement sur la position marocaine dans le conflit “. Une nouvelle donne qu’il est important de prendre en compte dans la mesure où elle pourrait avoir des répercussions négatives au sein même de l’ONU, note-t-il. “La position de Félix Antoine Tshisekedi sur le conflit est connue et risque de créer une crise au sein de l’organisation onusienne entre ceux qui soutiennent le processus de décolonisation du territoire occupé illégalement depuis 1975 et ceux qui sont alignés sur la position marocaine”, anticipe Yahia Zoubir. “L’ouverture de consulats par des pays africains sur le territoire occupé, illégal et sans fondement juridique n’a pas suscité de réaction forte de l’UA. Donc, il est naturel que le dossier soit remis entre les mains du Conseil de paix et de sécurité dont la mission est de traiter de ces questions “, a-t-il dit.
  • La homosexualidad del rey de Marruecos en el libro “Mohamed VI, el príncipe que no quería ser rey” de Ferran Sales Aige

    El periodista Ferran Sales Aige, que estuvo de corresponsal en Marruecos durante unos años, hace una biografía personal del actual rey de ese país y también un repaso histórico a los años de reinado de su abuelo Mohamed V y de su padre Hassan II, los tres reyes que han habido desde la independencia. Recomiendo la lectura del libro precisamente por ese fresco histórico y social que recorre el libro y por todos los detalles de la vida de palacio en una monarquia de ese tipo en un país musulmán. No es una simple biografía de Mohamed como parece prometer erroneamente la portada ya que de hecho el periodista apenas tuvo la oportunidad de hacerle unas breves y censuradas preguntas. 

    Ferran sabe sin embargo mucho del Magreb y de lo que se cuece en los palacios y ministerios y así queda reflejado en su libro. Como estamos en un blog de interés gay no podemos dejar de mencionar que se alude a los rumores de homosexualidad del rey y por eso hemos titulado así la entrada del blog pero hay que avisar que el periodista lo resuelve en pocas líneas y lo menciona muy tímidamente (ya hemos dicho que se trata de un recorrido histórico de Marruecos en los últimos 50 años). Por ello no busquéis este libro si lo que os interesa es solo eso. 
    Nosotros sí podemos decir que su homosexualidad era muy de dominio público en la época de estudiante en Bruselas, donde hay muchos testimonios que lo sitúan en bares de ambiente gay. En el propio libro sí se explica que su padre Hassan II contrató a un espía para que le siguiera sus pasos y que recibía muchos informes al respecto que obviamente ahora estarán destruídos. 
    Hassan empezó a mosquearse mucho cuando supo por el espía que su hijo recibía también muchas visitas masculinas en su palacio principesco de “Les sablons” en Salé, al lado de Rabat. No cuenta sin embargo que en la controversia sucesoria, el sector más conservador prefería a su hermano menor Mulay Rashid porque desconfiaba de un Mohamed muy liberal y moderno, entre otras cosas por esas sospechas de homosexualidad que por allí parecen muy graves para esos sectores. 
    Puede que no sea del todo casual, lo dejo apuntado sin más, que muchos de los consejeros y ministros actuales fueran compañeros de estudio y amigos habituales de esa época juvenil de juergas en el extranjero y de noches en la discoteca Amnesia de Rabat, donde tenía un espacio reservado. 
    Tampoco es necesariamente indicativo de nada pero hay que decir que ha acabado personalmente con el harén oficial de su padre Hassan, de más de 50 mujeres que pululaban por palacio aparte de las dos esposas “oficiales”, la primera que no le dio hijos y la segunda, su madre. No sé, es curioso que de repente a él le haga daño a la vista tener tantas mujeres por allí. 
    Como vemos también en las imágenes, le gusta mucho posar como una reinona para las portadas, algo que no hace ningún monarca del mundo, ??? 
    La homosexualidad no es algo occidental como decía el presidente iraní y para ello tendré que hablar próximamente de algún libro que incide en ello.
    Fuente : El celuloide rosa, 27 julio 2009
  • L’ONU et le Sahara Occidental : Lobbying et corruption

    Sahara occidental: la honte marocaine au Conseil des droits de l’homme de l’ONU

    Au cours des dernières décennies, l’ONU a semblé rechercher une solution juste à la crise au Sahara occidental, la dernière colonie d’Afrique encore occupée illégalement par le Maroc. Mais il apparaît maintenant que la diplomatie marocaine au sein de l’instance mondiale a utilisé la corruption pour pousser son agenda contre le Sahara occidental.

    Les machinations entreprises par la diplomatie marocaine continuent d’être dévoilées par le hacker marocain, qui utilise le pseudonyme «Chris Coleman24» sur son compte Twitter. Grâce à ce récit, des détails sur les stratégies honteuses et les complots des diplomates marocains à New York et à Genève ont été révélés. Les informations dévoilées par le mystérieux hacker sur les actions marocaines au sein du bureau de Navi Pillay, l’ex-haut-commissaire aux droits de l’homme, révèlent un scandale sans précédent. Navi a été chef du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme (HCDH) entre 2008 et 2014.

    Des documents récemment mis en ligne sur le compte Twitter du pirate informatique montrent que la Mission marocaine à Genève, dirigée par son ambassadeur M. Omar Hilale, utilise depuis longtemps des méthodes déshonorantes pour influencer certains hauts fonctionnaires du Conseil des droits de l’homme des Nations Unies contre les intérêts du Sahara occidental, l’Afrique. dernière colonie encore occupée par le Maroc.

    On apprend ainsi que l’ambassadeur du Maroc s’était infiltré dans l’entourage de l’ancienne Haut-Commissaire, Navi Pillay, et pouvait manipuler toutes ses actions et positions concernant le cas de violations des droits de l’homme au Sahara occidental.

    AIDE FINANCIÈRE

    L’ambassadrice du Maroc n’a pas hésité à soutenir financièrement Pillay et les membres de son bureau pour la dissuader d’adopter toute action qui pourrait aller à l’encontre de la volonté du Maroc. Par conséquent, Mme Pillay semblait être «très sensible» aux souhaits ou aux ordres de ses généreux amis marocains.

    << Je voudrais rappeler qu’il est impératif de virer le montant de 250 000 dollars au titre de la contribution du Maroc au budget du HCDH pour 2011, que le Haut Commissaire avait exprimé à deux reprises le souhait de recevoir (mes télécopies). Ce virement sera contribuer à rendre Pillay plus attentive à nos inquiétudes quant au contenu de la contribution de son bureau dans le prochain rapport du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara », écrivait Omar Hilale dans l’un des câbles diplomatiques envoyés à son ministre en janvier 2012.

    L’ambassadrice du Maroc n’a pas hésité à utiliser les moyens financiers pour empêcher Navi Pillay de prêter beaucoup d’attention aux demandes répétées de son représentant à New York, Evan Simonovic, et même de Christopher Ross. Les deux diplomates avaient tenté en vain de la convaincre de se rendre au Sahara occidental.

    LES PAWNS: KOMPASS ET NDIAYE

    La mission marocaine n’a pas seulement utilisé de l’argent, versé sous forme de dons au Conseil. L’ambassadeur du Maroc révèle dans ses messages à ses supérieurs qu’il a réussi à recruter de “très bons amis” au sein du personnel de Mme Pillay. Les deux principaux «amis» du Maroc sont le suédois Anders Kompass, directeur des opérations sur le terrain, et le sénégalais, Bacre Waly Ndiaye, directeur des procédures spéciales. Selon Omar Hilale, les deux hommes sont plus que de simples «amis». Ils ont fait preuve d’un zèle sans limite pour servir les plans marocains et les manipulations au sein du Conseil des droits de l’homme contre toute tentative ou opportunité d’améliorer les droits de l’homme au Sahara occidental.

    “Grâce à la stratégie suivie par cette Mission [marocaine”> pour enfermer l’entourage de Pillay, tous les hauts fonctionnaires du Haut Commissaire à Genève se conforment aux préoccupations marocaines. Cependant, la faiblesse de Mme Pillay face à Simonovic est la Talon d’Achille de notre stratégie », rapporte Hilale.

    Pire, dans d’autres câbles de l’ambassadeur du Maroc, on découvre comment il a réussi à obtenir des informations cruciales de ses informateurs, Kompass et Ndiaye, deux pions qui n’hésitent pas à apporter à leur ami marocain des informations secrètes à sa propre ambassade. Par exemple, ils lui ont fourni des informations cruciales sur une rencontre entre Christopher Ross et Navanethem Pillay, l’Envoyé personnel du Secrétaire général au Sahara occidental ayant apparemment tenté de convaincre le Haut Commissaire de se rendre dans le territoire occupé. Un autre exemple, révélé par les câbles, concerne la réunion des conspirateurs consacrée à discuter de la visite que le président sahraoui, Mohamed Abdelaziz, était sur le point d’entreprendre au Conseil des droits de l’homme en mai 2013 pour rencontrer Navanethem Pillay. Dans les deux cas, l’ambassadeur et ses deux amis ont manœuvré ensemble pour limiter l’impact de ces deux visites et ont influencé Pillay afin de ne pas réagir positivement aux demandes de ses deux invités. Les deux pions ont même suggéré à leurs amis marocains des idées et des arguments à utiliser pour convaincre Pillay.

    NEUTRALISER ET DISCRÉDITER

    Les documents révèlent également comment les «amis» du Maroc au Conseil des droits de l’homme ont réussi à neutraliser tous les fonctionnaires honnêtes, qui ont tenté de s’acquitter honorablement de leur devoir, comme le tunisien Frej Fennish, chef de la section Moyen-Orient et Afrique du Nord au HCDH. . Ce dernier était considéré par Omar Hilale comme un ennemi des intérêts du Maroc. Le Tunisien aurait souffert d’une campagne secrète menée par l’ambassade du Maroc et ses «amis» pour le discréditer devant Pillay et donc le neutraliser.

    Kompass et Ndiaye ont également utilisé leur autorité pour conseiller et agir au sein du Conseil pour discréditer le Polisario et empêcher toute possibilité de soutien à l’élargissement du mandat de la MINURSO – la mission de maintien de la paix des Nations Unies – pour contenir la protection des droits de l’homme.

    Par conséquent, les deux pions – et d’autres fonctionnaires qui n’ont pas été cités par Hilale dans ses messages – ont influencé Navanethem Pillay dans toutes ses décisions suivant les instructions directes de l’ambassade du Maroc.

    Ils ont agi, par exemple, pour dissuader Pillay d’entreprendre une visite au Sahara occidental en 2014. Ils ont veillé à ce que la contribution du HCDH au rapport du Secrétaire général des Nations Unies sur le Sahara occidental soit pleinement en faveur du Maroc. Ils ont fait pression pour empêcher Pilay de donner des “concessions” au président de la République sahraouie, Mohamed Abdelaziz, lors de leur réunion à Genève le 23 mai 2013. Kompass a en outre insisté pour que Pillay envoie une mission technique au Sahara occidental en mai 2014 sous sa direction pour ne pas permettre au Représentant du Bureau à New York, Evan Simonovic, de diriger cette mission qu’il appelait plusieurs fois auparavant, simplement parce que Simonovic est considéré par le Maroc comme hostile.

    MÉTHODES FELONIEUSES

    Ces révélations dangereuses et compromettantes qui portent atteinte à la réputation de l’ancien Haut Commissaire et des deux responsables mentionnés dans cet article corroborent, une fois de plus, les méthodes déshonorantes et mafieuses utilisées par les représentants de «Sa Majesté» dans le monde. Méthodes établies sur la corruption de certains fonctionnaires des organismes internationaux.

    Le cas du Sénégalais, Bacre Waly Ndiaye, directeur des procédures spéciales au HCDH, est révélateur. Il a avoué à son ami Hilale son allégeance résolue au Maroc, se considérant comme un fervent “croyant et adepte de la confrérie soufie de Tijania”. En fait, il a avoué à Hilale son “rêve” d’aller à Fès parce que: “il ne pouvait pèlerinage de 20 ans. “C’était une simple formalité pour l’ambassadeur du Maroc, qui a immédiatement demandé à son ministère des Affaires étrangères d’envoyer une invitation formelle à M. Bacre Waly Ndiaye pour réaliser le rêve du fervent croyant.

    Malgré les scandales financiers et la corruption mis au jour grâce à ces documents divulgués (le Maroc n’a pas nié leur authenticité), le peuple sahraoui continue de subir des violations systématiques de ses droits fondamentaux. Combien de victimes sahraouies continueront de subir les pires violations commises par le Maroc en raison de la corruption et du manque d’intégrité au sein des organes de l’ONU, censés garantir le respect des droits de l’homme dans le monde? Le pire, c’est que les responsables de ces complots honteux resteront impunis comme d’habitude.Malainin Mohamed Lakhal, journaliste et traducteur, est membre du Saharawi Natural Resource Watch (SNRW).

    LES OPINIONS DE L’ARTICLE CI-DESSUS SONT CELLES DE L’AUTEUR / S ET NE REFLÈTENT PAS NÉCESSAIREMENT LES OPINIONS DE L’ÉQUIPE DE RÉDACTION DE PAMBAZUKA NEWS

    PAMBAZUKA NEWS, 29 octobre 2014

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara #Marruecos


  • Tunisie – Algérie : Le silence n’est pas toujours d’or

    par Abdelkrim Zerzouri

    L’ancien Président « provisoire » de la Tunisie, Moncef Marzouki, n’en finit pas de régler ses comptes avec l’Algérie. A croire que ses sorties incendiaires contre l’Algérie sont inspirées par une rancune exagérée et une tendance à l’acharnement et à la vengeance que rien ne pourrait assouvir. Depuis qu’il a quitté le palais présidentiel de Carthage un certain 31 décembre 2014, Moncef Marzouki ne rate pratiquement aucune occasion pour sortir la grosse artillerie contre le pays voisin. Sa dernière attaque après les récents évènements d’El Guerguerat, particulièrement haineuse à l’égard de l’Algérie, « en déclin », selon son estimation, et qui « fait miroiter des illusions aux Sahraouis, détenus comme otages au service d’un choix politique biaisé », ne laisse aucun doute sur ses fonctions de défenseur zélé du Makhzen.

    Le politicien qui a quitté la scène politique, comme il le prétendait au lendemain de sa défaite aux élections présidentielles tunisiennes, n’en continue pas moins de s’exhiber dès qu’il s’agit de tirer à boulets rouges sur l’Algérie, reste un défenseur très échauffé des thèses marocaines, la marocanité du Sahara Occidental notamment.

    Pourquoi se fait-il l’avocat du Makhzen ? Il y aurait des sous et des dessous, en sus du fait que, selon des observateurs, Moncef Marzouki n’a jamais été en odeur de sainteté avec Alger, qui lui reproche d’être au service du Makhzen au détriment des intérêts des peuples de toute la région. C’est dans cette perspective qu’Alger a porté son soutien sur son rival, Caïed Essebsi, aux élections présidentielles tunisienne de 2014. Il gardera de cet épisode une profonde amertume, qui ne guérira pas avec le temps, vu ses positions toujours calomnieuses à l’égard des dirigeants algériens, et qui froissent l’amour-propre de tout le peuple algérien.

    Les propos de Moncef Marzouki, qui était invité d’une émission de télévision française, lors d’une récente rencontre par visioconférence au sujet des libertés et de la démocratie en Algérie, ont certainement influencé le dernier vote de certains parlementaires européen sur les atteintes aux droits de l’homme en Algérie. Et, dans la foulée, il n’a pas omis de soulever le dossier du Sahara Occidental, encore et toujours, appelant carrément les Sahraouis réfugiés dans les camps de Tindouf à la rébellion, pour se libérer du joug du régime algérien, avait-il lancé. Généralement, les sorties de Marzouki laissent indifférents les Algériens, mais cette fois-ci, le militant des droits de l’Homme, Mahrez Lamari, lui a répondu, considérant ses positions sur le Sahara Occidental comme un aveuglement qui vise à ignorer une réalité historique établie et maintes fois confirmée par la légalité internationale.

    Non sans l’interpeller directement sur sa campagne haineuse contre l’Algérie. Est-ce un prélude à la fin des positions réservées de l’Algérie face à cette inlassable guerre médiatique menée par Marzouki contre l’Algérie ? A suivre ses interventions cycliques contre l’Algérie, on comprend également qu’il a une dent contre ce pays qui a refusé de cautionner l’initiative présentée, en 2012, soit dit pour redonner vie à l’union du Maghreb arabe, mais en réalité, il s’agissait d’une machination pour effacer de la carte le Sahara Occidental. Marzouki ne manque aucune occasion pour grincer des dents contre l’Algérie, seul pays qui a refusé, à l’époque où il était Président provisoire, ses propositions dans le cadre l’initiative en question, maugréait-il dans toutes ses interventions médiatiques. N’a-t-on pas assez tendu l’autre joue à cet ex-Président provisoire de la Tunisie ?

    Le Quotidien d’Oran, 7 déc 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Makhzen, Moncef Marzouki, Tunisie, Sahara Occidental,

  • Sahara occidental : Marzouki déverse sa haine sur l’Algérie

    Blocage du dossier du Sahara occidental : Marzouki déverse sa haine sur l’Algérie

    Le militant des droits de l’Homme, Mahrez Lamari, a interpellé l’ancien président tunisien Moncef Marzouki, sur la campagne «haineuse» qu’il mène contre l’Algérie, évoquant «une stratégie de confrontation» visant à «faire endosser à l’Algérie» le blocage du dossier du Sahara occidental. ‘‘Il est malheureux de constater que Mohamed Moncef Ben Mohamed Bedoui Marzouki, continue d’adopter une attitude négative, une stratégie de confrontation et une fuite en avant en poursuivant comme toujours sa campagne haineuse de dénigrement et d’atteinte à l’Algérie de novembre 1954, terre de liberté, de fierté, de dignité et de courage’’, écrit l’ex-président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Mahrez Lamari, dans une lettre ouverte à l’adresse de l’ancien dirigeant tunisien.

    Mahrez Lamari souligne que «l’’aveuglement de Moncef Marzouki vise à ignorer une réalité historique établie et maintes fois confirmée par la légalité internationale», rappelant que cette réalité repose sur un consensus international en tant que question de décolonisation et sur la responsabilité du Conseil de sécurité de l’ONU dans le processus de règlement devant conduire à l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental.

    Dans cette missive, l’ancien président du CNASPS, affirme que «ni l’échappatoire indigne et malhonnête de la diplomatie marocaine (…) ni aucune forme de pression ne pourrait influer sur la détermination de l’Algérie à soutenir le droit du peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et son représentant légitime, le Front Polisario, jusqu’à l’organisation d’un référendum libre régulier et sans contraintes de quelque nature que ce soit».

    Dans sa lettre, M. Lamari a réaffirmé, en outre, que la société civile algérienne dans toutes ses composantes et tendances reste attachée à la position de principe de l’Algérie qui est claire et sans ambiguïté.» Nous sommes fières et honorés d’être citoyen algériens, cette Algérie fidèle à l’esprit et au message de novembre 1954 qui apporte protection, secours et assistance aux réfugiés du Sahara occidental, ce territoire non autonome, qui ont trouvé asile en Algérie terre d’accueil et d’hospitalité bien ancré dans son africanité. Fière de la noblesse, l’engagement et la détermination de un million et demi de Chouhada morts pour la liberté, la dignité, l’honneur et l’indépendance nationale», a-t-il écrit.

    Dans cet esprit, il a renouvelé sa reconnaissance et respect au peuple tunisien qui a soutenu le combat et la Révolution nationale contre le colonialisme français et a accueilli et abriter les réfugiés algériens, rappelant que les événements de Sakiet sidi youcef (8 février 1958) est une page héroïque du sacrifice des deux peuples frères (tunisien et algérien) contre le colonialisme.

    A ce propos, M. Lamari invite Moncef Marzouki, à «faire preuve de sens de responsabilité et de suivre de la voie de la sagesse particulièrement quand on est en fin de parcours on ne doit pas nourrir l’injustice et l’impunité, avant que l’histoire n’enregistre définitivement que vous défendez le colonialisme». «J’interpelle votre conscience à revenir à la raison et à la légalité internationale autour de cette question de décolonisation et par la même contribuer à assurer paix, stabilité et développement à tous les peuples de la région, peuple du Sahara occidental y compris», a-t-il ajouté considérant que «les voix hurlantes contre l’Algérie, l’agressivité gratuite et les vociférations du makhzen, de ses relais et valets doivent raisonnablement se taire». Et d’enchaîner: « Notre forte conviction, est que, tôt ou tard, le droit imprescriptible à l’autodétermination triomphera au Sahara occidental», appelant l’ancien dirigeant tunisien à «agir main dans la main, Algérien, Tunisien, libyen, Marocain, Mauritanien, Sahraoui de la RASD, pour traduire en actes concrets les aspirations profondes et légitimes des peuples de la région à la liberté, au développement, à la paix, la stabilité, la dignité l’honneur, la paix et le bon voisinage».

    La lettre de l’ex président du CNASPS intervient en réaction aux propos tenus récemment par l’ex chef d’Etat tunisien au sujet de Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc soutenu par la France. En 1966, il a été inscrit sur la liste des territoires non autonomes donc, éligible à l’application de la résolution onusienne 1514 pour l’indépendance des pays et peuples colonisés.

    L’Est Républicain, 7 déc 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara



  • Sahara Occidental : Comment le Maroc a apprivoisé la MINURSO

    En 2015, le Parlement français a approuvé une loi qualifié de « protocole d’entraide franco-marocaine » qui a signé la fin de la brouille entre la France et le Maroc provoquée par la convocation d’Abdellatif El Hammouchi, ex-patron des services secrets marocains. Sa principale disposition ? En cas d’enquête ouverte en France sur des crimes commis au Maroc ; même si la victime est française, le procureur aura l’obligation de transmettre la procédure « en priorité » aux autorités marocaines. « A elle de décider de la suite. Autant dire qu’il sera impossible de poursuivre des dignitaires marocaine en France », soulignait le Canard Enchaîné à l’époque.

    Selon les politicards français, la signature de cette loi a été dictée par « l’alliance stratégique » qui caractérisent les relations entre la France et le Maroc. Un langage qui cache les raisons expliquant le fait que toutes les élites françaises soient à la merci du Makhzen.

    Politiciens, journalistes, artistes… ont été invités à séjourner au Maroc aux frais des autorités marocaines à La Mamounia et à d’autres hôtels de luxe où un agent de la DST est souvent affecté et des caméras installées pour filmer leurs moindres gestes. Rappelez-vous l’histoire de «l’ ancien ministre » qui s’était « fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons », d’après les propos de l’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry. C’est une pratique habituelle des services secrets marocains. Il semble que c’est la seule pratique qu’ils maîtrisent puisqu’elle est utilisée contre toutes les voix critiques. La dernière en date : l’avocat Mohamed Ziane, ancien ministre des droits de l’homme et fondateur du parti marocain libéral. Il a été filmé nu et à son insu dans une chambre d’un hôtel de Rabat. « Ce sont des méthodes choquantes de basse police un peu inhabituelles au Maroc », affirme maître Patrick Baudouin, l’un des avocats du boxeur Zakaria Moumni que les services de Sa Majesté ont voulu museler par la même méthode. Selon le journaliste marocain Ali Lmrabet, « le ministre de l’intérieur de l’époque Mohand Laenser a reconnu publiquement que les Renseignements généraux (RG) avaient filmé l’ancien champion du monde Zakaria Moumni avec son épouse légitime dans une chambre de l’hôtel Hassan de Rabat ».  

    Le chantage au vidéos sexuel, la DST en possède une solide expérience et au Sahara Occidental la MINURSO n’ a pas échappé. Depuis ses premiers moments , la mission est tombée dans le piège marocain. Si les murs de l’hôtel El Massira parlaient, ils auraient beaucoup à raconter des jeunes filles marocaines qui ont été invitées à « gâter » les officiers de la mission onusienne. La population locale en sait quelque chose. Non sans raison, le Conseil de Sécurité insiste dans toutes ses résolutions sur «  la politique de tolérance zéro de l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles et de le tenir pleinement informé des progrès faits par la Mission à cet égard dans ses rapports » .

    Ceci explique en partie les nombreux documents confidentiels de la MINURSO en possession des services secrets marocains et qui ont été révélés par le hacker Chris Coleman.

    A titre d’exemple, nous citons cette lettre du Chef de la mission Hany Abdelaziz dans laquelle il fait part de la nomination du français Hervé Ladsous (encore un français) au poste de vice-secrétaire général de l’ONU chargé des missions de paix (DPKO).

    Ou encore cette lettre reçu par le Chef de la MINURSO de la part d’une équipe de télévision japonaise demandant la permission de visiter le siège de la mission à Tifariti.

    Ou encore cette lettre d’Omar Manis dans laquelle il rapporte les mesures prises par l’Algérie et le Front Polisario suite à l’affaire de deux coopérants espagnols et une italienne, kidnappés à Rabouni en 2010.

    Même les bureaux du Chef de l’ONU étaient infiltrés par les marocains. Dans une lettre envoyée par Lotfi Boucharaa, ancien chef de section au ministère marocain des affaires et ambassadeur actuel du Maroc à Moscou, il faisait part d’une source qu’il appelait « nos sources au sein du Secrétariat » de l’ONU. Il s’agit des “éléments de langage sur la thématique des droits de l’homme préparés à l’attention du SG de l’ONU pour son entrevue avec Mohamed Abdelaziz”.

    Dans un email reçu par Nasser Bourita de la part d’Amine Chabi, ce dernier rapportait des confidences faites par Kishore Deraya, Directeur adjoint politique au Cabinet du SG :

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  • Le Sahara occidental et le retour aux armes

    L’Union européenne négocie avec le Maroc l’exploitation des ressources naturelles du territoire

    Les Nations Unies ont jeté l’éponge en raison de l’impossibilité de résoudre le conflit au Sahara Occidental à cause de l’intransigeance du Maroc et de la France. Quelle issue reste-t-il au peuple sahraoui? Continuer d’attendre encore un demi-siècle alors que deux générations sont déjà nées dans les camps de réfugiés algériens?

    Cela fait 45 ans que l’Espagne a décidé d’abandonner le peuple sahraoui à son sort, cédant son ancienne possession coloniale à la Mauritanie (qui a quitté le territoire en 1979) et au Maroc, qui l’occupe militairement depuis. Après 15 ans de guerre (1975-1991), le Front Polisario a décidé d’échanger des armes contre les urnes, espérant que les temps nouveaux inaugurés avec la fin de la guerre froide rendraient possible la promesse des Nations Unies d’organiser un référendum d’autodétermination. dans laquelle les sahraouis décideraient de l’avenir du territoire.

    A cette époque, il y avait un débat âpre au sein du mouvement de libération nationale sahraoui parmi ceux qui défendaient la poursuite de la guerre, car la décision de Hassan II de négocier avec ce qu’il considérait jusque-là comme une simple organisation terroriste, était le signe d’un épuisement évident et sa capitulation était proche, et ceux qui considéraient que le moment de paix était venu; qu’il fallait se fier à la promesse de l’ONU de décoloniser le territoire, comme elle l’avait fait au cours des décennies précédentes sur pratiquement tout le continent africain. Finalement, l’option pacifique a été imposée, mais malheureusement, le temps s’est écoulé pour donner la raison à ceux qui ont pari sur la guerre.

    Le Plan de paix, librement négocié entre les deux parties et approuvé par le Conseil de sécurité (1991), prévoyait la tenue d’un référendum d’autodétermination dans un délai de six mois, au cours duquel la population pouvait choisir entre l’intégration du territoire dans le Maroc et l’indépendance. Il prévoyait également que le recensement pour le référendum serait basé sur celui établi par l’Espagne en 1974, qui serait mis à jour avec de petits changements, tirés des 15 années de guerre, y et à l’exclusion de ceux qui étaient décédés. Le fait qu’un délai aussi court ait été prévu pour la tenue du référendum donne une idée de la limitation des changements à apporter.

    Malheureusement pour le peuple sahraoui, parallèlement au début du processus d’identification des électeurs, la guerre civile qui a fait rage en Algérie pendant une décennie a éclaté. A cette époque, Hassan II a senti que si cet État retirait son soutien aux Sahraouis, il pourrait faire disparaître le conflit de l’agenda international. Heureusement, l’Algérie n’a jamais changé son engagement en faveur de l’application du droit international dans le conflit. Cependant, le monarque alaouite a utilisé le processus d’identification dans le but non déguisé de reporter indéfiniment la tenue du référendum, garantissant qu’un processus qui devait être achevé en moins de six mois durerait une décennie entière. Enfin, peu de temps après que la Minurso (Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental) a rendu public le recensement (2000), le Maroc a annoncé qu’il n’accepterait jamais un référendum sur l’autodétermination, après avoir accusé l’ONU de partialité.

    Les tentatives ultérieures pour résoudre le conflit par une «troisième voie» qui admettrait la tenue d’un référendum d’autodétermination, mais qui, à son tour, garantirait d’une manière ou d’une autre la victoire marocaine dans celui-ci, menée notamment par l’ancien secrétaire d’État américain, James Baker (Baker Plans I et II), et malgré une nette préférence pour les intérêts marocains, ont échoué en raison de l’intransigeance de cet État, qui ne voulait courir aucun «risque de perdre» le territoire. Baker lui-même l’a expressément déclaré lorsque, outré par l’obstructionnisme de cet État, a présenté sa démission.

    Depuis ce moment, les négociations sont au point mort. Les résolutions du Conseil de sécurité ont exhorté depuis lors « les parties à reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général sans conditions préalables et de bonne foi », faisant semblant d’ignorer que, à la suite de négociations menées dans ces mêmes locaux, elle avait déjà approuvé, depuis près de trois décennies, un plan de paix parfaitement applicable aujourd’hui; que la Minurso a déjà achevé une partie fondamentale de son mandat principal, la préparation du recensement; et que la seule raison pour laquelle le conflit n’est pas résolu définitivement par l’application du plan susmentionné est le rejet de l’une des parties, le Maroc, et le soutien inconditionnel du complice nécessaire, la France, qui s’oppose à la possibilité que le Conseil de sécurité force les parties à mettre en œuvre ledit plan.

    Il est évident que vous ne pouvez pas négocier avec ceux qui ne le veulent pas: parmi les «conditions préalables» auxquelles se réfèrent les résolutions susmentionnées, il y a le refus exprès du Maroc de tenir un référendum d’autodétermination. A partir de là, qu’est-ce que la partie sahraouie aurait à négocier?

    Les Nations Unies ont jeté l’éponge face à l’impossibilité de résoudre le conflit en raison de l’intransigeance du Maroc et de la France. Il est triste de devoir reconnaître que, comme le souligne la déclaration de guerre du Front Polisario, l’ONU est devenue un simple notaire de l’occupation. La dernière résolution du Conseil de sécurité laisse peu de place au doute: elle soutient “une solution politique réaliste, viable et durable à la question du Sahara occidental basée sur le compromis”. Que signifie «solution politique réaliste»? Il est évident que pour l’ONU l’indépendance n’est pas une «solution réaliste», donc ce qu’elle propose est quelque chose de très grave: abandonner le droit international pour aboutir à une solution politique qui ignore la volonté du peuple sahraoui.

    De son côté, l’Union européenne négocie avec le Maroc l’exploitation des ressources naturelles du territoire, violant ainsi l’exigence établie en février 2018 par la Cour de justice de l’Union européenne pour que cette exploitation soit conforme au droit international: que le peuple sahraoui donne son consentement à une telle exploitation. Le Front Polisario, à propos de l’Assemblée générale des Nations unies, le représentant «unique et légitime» du peuple sahraoui, a catégoriquement refusé de donner son consentement à de tels accords. En concluant ces accords, comme l’a souligné l’avocat général dans ses conclusions sur les accords de pêche, l’UE viole plusieurs des normes fondamentales du droit international: le droit à l’autodétermination des peuples, l’interdiction de reconnaître des situations dérivées de l’utilisation de force (occupation militaire), l’interdiction de contribuer par leur comportement à la consolidation d’une telle situation …

    Quant à notre pays qui, conformément au droit international et à notre propre système juridique (confirmé par deux ordonnances de la Cour nationale de 2014), continue d’être la puissance administrante du territoire, a changé sa position initiale de défense tacite du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui depuis le premier gouvernement démocratique, celui de l’UCD, jusqu’au soutien actuel à l’occupation et à l’annexion illégale du territoire par le Maroc. Les représentants des gouvernements espagnols successifs, socialistes et populaires, ont répété ad nauseam les phrases creuses des résolutions du Conseil de sécurité (“nous soutenons les efforts des parties pour parvenir à une solution mutuellement acceptable …”), tout en y participant activement dans la consolidation de l’occupation du territoire. Il faut rappeler que les projets de résolution qui parviennent au Conseil de sécurité émanent du dénommé «Groupe des amis du Sahara occidental» (Sahara occidental ou conflit?), une sorte de «Conseil de sécurité pour le conflit sahraoui» composé des Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni et Espagne, qui remplaceraient ainsi le cinquième membre permanent, la Chine.

    Parmi ceux d’entre nous qui maintiennent l’espoir que le conflit sera résolu par un référendum d’autodétermination, l’arrivée d’Unidas Podemos au gouvernement a été très bien accueillie, car depuis la fin de la dictature, le Parti communiste et la Gauche unie défendent fermement cette solution, et parce que Pablo Iglesias lui-même avait promis publiquement de le promouvoir, participant même à des actes de solidarité avec le peuple sahraoui. Mais il semble que les choses les choses sont vues différemment du gouvernement. Personne n’échappe à la gravité des problèmes avec lesquels le gouvernement marocain fait chanter et extorque l’Espagne et l’Europe. La coopération en matière de contrebande ou de terrorisme international, Ceuta et Melilla, mais surtout l’immigration, sont des arguments difficiles à gérer. Y a-t-il un doute sur les raisons pour lesquelles des milliers d’immigrants ont commencé à arriver aux îles Canaries, précisément à cette époque, en quelques semaines seulement? Le Maroc gère comme personne le robinet de l’immigration clandestine, qui s’ouvre à chaque fois que ses relations avec l’UE sont remises en question ou peuvent l’être. Mais le peuple sahraoui ne peut à nouveau être la monnaie d’échange pour résoudre les problèmes du royaume alaouite.

    Dans ces circonstances, quelle issue reste-t-il au peuple sahraoui? Continuer d’attendre encore un demi-siècle alors que deux générations sont déjà nées dans les camps de réfugiés algériens? Abandonner à leur triste sort ceux qui subissent la violente occupation marocaine sur leur propre terre? Je ne serai pas celui qui défendra la voie de la guerre pour résoudre le conflit. J’admire profondément ceux qui, après avoir subi des disparitions forcées pendant plus de seize ans, défendent encore la voie pacifique comme moyen de résoudre le conflit. Mais le Front Polisario est un mouvement de libération nationale auquel le droit international reconnaît le droit de recourir à la force face à l’occupation et à la domination coloniales, donc s’il décide de prendre les armes efficacement, il exercera son droit.

    La gravité plus ou moins grande de la violation du cessez-le-feu marocain qui a conduit à la déclaration de guerre sahraouie n’est pas particulièrement pertinente. C’est simplement la dernière goutte. La date de la proclamation de l’état de guerre n’est pas un pur hasard: il y a 45 ans, le 14 novembre 1975, l’Espagne a cédé le territoire au Maroc et à la Mauritanie par le biais des «Accords tripartites de Madrid».

    Pendant des décennies, le Front Polisario a fait preuve d’infinies preuves de patience, parfois difficiles à comprendre pour son propre peuple (rappelez-vous, par exemple, le courage du mouvement sahraoui après les événements de Gdeim Izik), en utilisant tous les canaux politiques, diplomatiques et juridiques imaginable. Ce que l’ONU, l’UE et l’Espagne lui demandent, c’est qu’il se rende, qu’il accepte de se rendre au Maroc. Et cela n’arrivera pas. Le peuple sahraoui est un peuple pacifique, il en a donné de nombreuses preuves, mais digne et fier. Si le retour à la guerre se confirme, personne ne peut lui reprocher de ne pas avoir exploité chacun des moyens possibles pour parvenir à quelque chose de fondamental qui lui correspond pour la justice: vivre en paix sur sa propre terre.

    Juan Soroeta. Professeur de droit international public à l’UPV / EHU, Président de l’AIODH (Association Internationale pour l’Observation des droits humains)

    Source : Kaos en la red, 6 déc 2020

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