Category: Sahara Occidental

  • Maroc Leaks : Conseils de C&I au sujet de l’expulsion d’Aminatou Haidar

    Aminatou Haidar, la militante sahraouie la plus récompensée à l’échelon international, a été arrêtée par des fonctionnaires de la sécurité marocains à son arrivée à l’aéroport de Laâyoune (la capitale du Sahara occidental) le 13 novembre 2009. Mme Haidar revenait d’un voyage aux États-Unis, où elle s’est vu remettre le Civil Courage Prize 2009. Elle a été interrogée et son passeport lui a été confisqué parce qu’elle n’aurait pas rempli les formalités administratives afin de pouvoir entrer dans le pays. Elle serait libérée si elle reconnaissait la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ce qu’elle a refusé de faire. Après quoi, elle a été mise contre son gré sur un avion à destination de Lanzarote (îles Canaries). Selon la version marocaine, elle aurait «nié sa nationalité marocaine et confirmé son appui aux idées séparatistes». À son arrivée à Lanzarote, elle a entamé une grève de la faim pour protester contre le traitement dont elle a fait l’objet et contre son expulsion.

    Pour la gestion de cette affaire, les autorités marocaines se sont payé les services du cabinet Communication&Institutions. Ci-après, les documents élaborés par ce cabinet à ce sujet :


    Lundi 14 décembre 2009

    ELEMENTS D’INFORMATION
    SUR L’ACTION ENGAGEE
    PAR MME AMINATOU HAIDAR


    I- MME AMINATOU HAIDAR, UNE MILITANTE AU SERVICE DE L’ALGERIE ET DU FRONT POLISARIO

    II- LES FONDEMENTS DE LA DECISION DES AUTORITES MAROCAINES

    A- Au regard du droit marocain

    B- Au regard du droit international

    Précisions sur l’action médiatique engagée par Aminatou Haidar
    à l’aéroport d’Arrecife (Canaries)

    Le vendredi 13 novembre 2009, lors de son arrivée à l’aéroport de Laâyoune au Maroc, Madame Aminatou Haidar, militante marocaine au service du Polisario, a refusé de remplir les formalités de police et de mentionner sa nationalité sur sa fiche de débarquement, comme l’exige pourtant la réglementation internationale en vigueur. Elle a également renié, par écrit, devant le Procureur du Roi et témoins, sa nationalité marocaine. Cet incident était prémédité : Mme Aminatou Haidar était accompagnée de deux journalistes espagnols appartenant à une compagnie de communication privée rémunérée.

    Son interpellation s’est effectuée dans le respect de la loi, en présence de membres de sa famille, sans préjudice moral ni physique, à l’heure où plusieurs médias, préparés à l’avance, annonçaient de prétendues « arrestation », « enlèvement » et « disparition ». En réalité, Mme Aminatou Haidar n’a pas été autorisée à entrer sur le territoire marocain, en application du règlement de l’Organisation de l’aviation civile internationale, puisqu’elle refusait de remplir les formalités d’usage.

    1. Aminatou Haidar : une militante au service de l’Algérie et du Front Polisario

    Mme Aminatou Haidar se présente volontiers comme une « militante des droits de l’Homme », contribuant à déplacer le débat sur un terrain inapproprié, compte-tenu des enjeux diplomatiques.

    Depuis quelques années, en effet, son activité se résume à troubler l’ordre public au service de la cause indépendantiste sahraouie ; en décembre 2005, elle a été condamnée à 7 mois de prison pour avoir encadré une manifestation violente à Laâyounne, avant de bénéficier d’une grâce royale en janvier 2006..

    Depuis, elle s’est mise au service d’une stratégie algérienne visant à torpiller, par tous les moyens, l’Initiative marocaine d’autonomie du Sahara, pourtant très favorablement accueillie par la Communauté internationale. Elle a utilisé ses fréquents déplacements à l’étranger pour servir de caisse de résonnance au discours du séparatisme et véhiculer toutes sortes d’allégations sur la situation des droits de l’Homme au sud du Royaume. Sous prétexte de défendre les droits de l’Homme, Mme Aminatou Haidar a toujours entretenu des contacts étroits et réguliers avec les services algériens, ses donneurs d’ordre et pourvoyeurs de fonds. Dans tous ses déplacements, elle a bénéficié de l’appui logistique, de l’encadrement diplomatique et du soutien politique des Ambassades d’Algérie. Elle s’est toujours identifiée au Polisario et s’est intégrée dans ses activités à l’étranger (cf. documents annexes joints).

    Durant ces années, Mme Aminatou Haidar, qui profitait de l’espace de liberté et d’ouverture démocratique du Royaume, n’a pas agi en tant que défenseur des droits de l’Homme, mais en tant qu’activiste politique qui travaille ouvertement pour les intérêts d’un gouvernement étranger. Sa grève de la faim doit être perçu comme un « coup » médiatique visant à répondre, par l’émotionnel, au désarroi d’une organisation militaire en plein déclin – le Polisario -, incapable de la moindre ouverture dans le cadre des négociations actuelles parrainées par l’ONU.

    . Les fondements de la décision des autorités marocaines : une réponse proportionnée

    Au regard du droit marocain, Mme Haidar n’a fait l’objet d’aucune mesure d’expulsion, ni de refoulement ou de bannissement. En affirmant aux services douaniers qu’elle renonçait à sa nationalité marocaine, elle s’est délibérément placée en dehors du code marocain de la nationalité et des protections qui en découlent. Ne souhaitant pas accomplir les formalités d’accès au territoire, pourtant reconnues et exigées dans tous les aéroports du monde, elle a choisi librement de ne pas y accéder. A noter à ce propos que la transgression de ces règles est passible de sanctions dans certaines législations, ou de mesures rigoureuses comme aux Etats-Unis.

    Au regard du droit international, le Maroc a refusé à Mme Aminatou Haidar d’accéder à son territoire en application du règlement de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

    Plus généralement, sa conduite est incompatible avec l’article 12 du Pacte des droits civils et politiques des Nations Unies, sur les obligations de préservation de l’ordre public. De même, elle est en contradiction avec les termes de la résolution de l’Assemblée générale 53/144 du 9 décembre 1998 sur les « droits et obligations des défenseurs des droits de l’Homme », qui impose le respect de la loi pour satisfaire aux exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique ; l’article 19 de cette même résolution énonce, par ailleurs, qu’aucune de ses dispositions ne peut être interprétée comme un droit de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à détruire les libertés visées dans la résolution. Enfin, la 4ème Convention de Genève de 1949 n’est pas applicable car, depuis le cessez-le-feu de 1991, la question du Sahara est entrée dans une phase de recherche d’une solution politique par la négociation.

    Le Maroc est donc légalement et légitimement fondé à prendre les mesures de maintien de l’ordre public, de la sécurité des biens et des personnes, et de la tranquillité des citoyens.

    La situation de Mme Aminatou Haidar a été immédiatement exploitée par l’Algérie et le Polisario comme élément de surenchère et de chantage pour reporter la reprise des négociations. Sa grève de la faim, entamée le 13 novembre 2009 à l’aéroport d’Arrecife de l’archipel espagnol des Canaries, si douloureuse qu’elle puisse être pour cette militante et sa famille, ne contribue aucunement à améliorer le processus de dialogue engagé avec le Polisario sous l’égide des Nations-Unies.

    * * *

    ANNEXE 1

    Encadrement de Mme AMINATOU HAIDAR par l’Algérie et les responsables du Polisario

    Encadrement par des responsables du Polisario

    Belgique :

    Le 2 juin 2006, entrevue d’Aminatou Haidar avec l’ambassadeur algérien dans la capitale belge, Halim Ben Attalah, en présence de Mohamed Sidati, « Ministre Conseiller, Délégué de la Rasd en Europe ».

    Le 13 octobre 2007, le prix « Silver Rose 2007 » lui est décerné à Bruxelles, en présence de Mahfoud Ali Beiba.

    Italie :

    Le 14 juin 2006, participation d’Aminatou Haidar à une conférence de presse à Rome, en présence de Omar Mih, représentant du Polisario en Europe, dans la capitale italienne.

    France :

    Visite, le 31 mai 2006, d’Aminatou haudar au Parlement Européen à Strasbourg en compagnie de Mohamed Sidati.
    Le 8 octobre suivant, elle est accueillie à Mantes-La-Jolie par le représentant du polisario à Paris, Sadafa Ahmed Bahia.

    USA :

    Le 2 janvier 2007, Aminatou Haidar est accueillie à New York par Ahmed Boukhari en vue de prendre part à des groupes de travaux sur la condition féminine.
    Le 1er février, elle participe, à Washington, en compagnie de Ahmed Boukhari et de Mouloud Said, représentant dans la capitale américaine, à l’évènement religieux « Breakfeast Prayers ».

    Royaume-Uni :

    Le 7 octobre 2007, Aminatou Haidar a été reçue, ainsi que Khadija Hamdi, par la section locale d’Amnesty International.

    Autriche :

    Aminatou Haidar assiste, le 18 octobre 2008, en compagnie de Mahfoud Ali Beiba, à une conférence-débat de l’Institut Renner.

    Nigeria :

    En octobre 2008, Aminatou Haidar a participé à Abuja, en compagnie de « l’Ambassadeur » Ubbi Bouchraya Bachir, à une semaine de solidarité avec le FP.

    A. Haidar avec Abdellah Baâli ambassadeur d’Algérie auprès des Etats-Unis d’Amérique à la résidence d’Algérie à Washington

    A. Haidar avec Halim Benatallah, ambassadeur d’Algérie en Belgique et Mohamed Sidati, représentant du polisario en Europe (à l’Ambassade d’Algérie à Bruxelles)
    A. Haidar avec Halim Benatallah, Ambassadeur d’Algérie en Belgique
    A. Haidar avec Mahfoud Ali Beiba, « président du parlement de la rasd » et chef de la délégation du polisario pour le processus de négociation et Khalil Sid Ahmed « ministre des territoires occupés » (chargé de la subversion)
    A. Haidar avec Mouloud Said représentant du polisario aux USA

    Mouloud Said représentant du polisario à Washington assurant la logistique pour les activités d’A. Haidar aux Etats-Unis

    Aminatou Haidar arborant le drapeau de la « rasd »

    ANNEXE 2

    Analyse détaillée des fondements de la décision marocaine

    ANALYSE DETAILLEE DES FONDEMENTS DE LA DECISION MAROCAINE

    A- Au regard du droit marocain :

    1- Passeport, une pièce d’identité marocaine :

    a. Au Maroc, comme dans le reste des pays du monde, la Carte d’identité nationale et le passeport sont délivrés à la demande, selon une procédure et sur la base d’un dossier comportant un certain nombre de pièces administratives ;
    b. Madame Haidar a fait le libre choix de demander, suivant la procédure en cours, un passeport marocain et l’a obtenu ;
    c. C’est en tant que Marocaine, détentrice d’un passeport marocain, qu’elle a pu obtenir des visas et se rendre dans de nombreux pays.

    2- Refus d’accomplir les formalités juridiquement exigées d’accès au territoire :

    a. Mme Haidar a refusé de remplir, comme il se doit, la fiche de déparquement.

    b. Les mesures appliquées au Maroc, notamment les formalités d’entrée au territoire, sont universellement établies et exigées. Leur transgression est même passible de sanctions dans certaines législations, ou de mesures rigoureuses, comme c’est le cas aux Etats-Unis d’Amérique notamment.

    3- Négation de la nationalité marocaine :

    a. Mme Haidar est née Marocaine, en 1966, à Akka, province de Tata (Anti-Atlas), en dehors de la zone connue sous le nom de « Sahara occidental » ;

    b. L’intéressée a affirmé aux services douaniers et au personnel de sécurité qu’elle n’est pas marocaine. Sur ce, elle a affirmé vouloir renoncer à sa nationalité, rendant ainsi caducs ses pièces d’identité nationale ;

    c. C’est donc délibérément que Mme Haidar s’est placée en dehors du code marocain de la nationalité, et partant des protections et garanties qui en découlent.

    d. Face à l’entêtement de Mme Haidar, les autorités marocaines se sont trouvées contraintes d’appliquer la loi. Préférant ne pas accomplir les formalités exigées, l’intéressée a, ainsi, choisi, elle-même, de ne pas accéder au territoire.

    e. La marge entre liberté d’expression et devoir de citoyenneté a été ostentatoirement violée.

    f. Au regard du droit marocain, Mme Haidar n’a fait l’objet d’aucune mesure d’expulsion, ni de refoulement ou de bannissement.

    B- Au regard du droit international :

    1- Que l’individu soit marocain ou étranger, il doit respecter les formalités exigées aux postes frontières. L’intéressée n’a qu’à respecter le droit. Elle ne l’a pas fait. Le Maroc lui a refusé l’accès à son territoire en application du règlement de l’OACI.

    2- La gestion de cette question ne comporte aucune violation du Pacte des droits civils et politiques à l’encontre de Mme Haidar en tant que citoyenne marocaine. Il est à souligner que le Pacte impose des obligations que Mme Haidar a sciemment refusé de respecter, notamment celles relatives à la préservation de l’ordre public (cf. article 12).

    3- Les actes, les déclarations, les objectifs poursuivis par A. Haidar sont en complète contradiction avec les termes de la résolution de l’Assemblée générale 53/144 du 9 décembre 1998, relative aux « droits et obligations des défenseurs des droits de l’Homme ». En effet, l’article 17 de cette résolution impose à chacun, agissant individuellement ou en association avec d’autres, l’obligation du respect de la loi afin de satisfaire aux exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique. L’article 19 de la même résolution énonce, par ailleurs, qu’aucune de ses dispositions ne peut être interprétées comme un droit de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à détruire les libertés visées dans la résolution.

    4- La 4ème Convention de Genève de 1949 n’est pas applicable dans le cas de Mme Haidar. Nous ne sommes ni dans une situation d’hostilités ouverte, ni dans une situation d’occupation ou de violence interne. En effet, depuis la proclamation du cessez-le-feu en 1991, la question du Sahara est entrée dans une phase de recherche d’une solution politique par la négociation.

    5- Le Maroc est légalement et légitimement fondé à prendre les mesures de maintien de l’ordre public, de la sécurité des biens et des personnes, et de la tranquillité des citoyens.

    Liste de diffusion pour la note de synthèse sur l’affaire Haidar.

    Journalistes

    Le Monde
    Jean-Jacques Bozonnet, correspondant à Madrid
    bozonnet@lemonde.fr
    Florence Beaugé
    beauge@lemonde.fr

    Libération / RFI ,…
    Léa-Lisa Westerhoff
    lea_westerhoff@yahoo.fr

    Le Figaro
    Thierry Oberlé
    toberle@lefigaro.fr
    Diane Cambon, correspondante à Madrid
    dianecambon@yahoo.fr

    La Tribune
    Thierry Maliniak, correspondant à Madrid
    maliniak@telefonica.net

    Les Echos
    Richard Hiault, chef du service International
    rhiault@lesechos.fr

    Le Point
    Mireille Duteil
    mduteil@lepoint.fr

    L’Express
    Dominique Lagarde
    dlagarde@lexpress.fr

    AFP Bureau de Madrid
    00 34 91 575 53 80 (fax)
    afp.madrid@afp.com

    Parlementaires

    Assemblée Nationale
    126, rue de l’Université
    75355 Paris 07 SP

    M. Axel Poniatowski
    Président de la Commission des affaires étrangères
    aponiatowski@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 42 94

    Mme Martine Aurillac
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    maurillac@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 51 29

    M. Michel Destot
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    mdestot@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 95 84

    M. Renaud Muselier
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    rmuselier@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 54 71

    M. François Rochebloine
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    frochebloine@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 33 89

    M. Guy Teissier
    Président de la commission de la défense nationale et des forces armées
    gteissier@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 41 92

    M. Jack Lang
    Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées
    jlang@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 03 85

    M. Hervé de Charette
    Membre de la commission des affaires étrangères
    Ancien ministre des Affaires étrangères
    hdecharette@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 78 78

    M. Jean Roatta
    Président du groupe d’amitié France-Maroc
    jroatta@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 79 29

    Sénat
    Palais du Luxembourg
    15 rue de Vaugirard
    75006 Paris

    M. Josselin de Rohan
    Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
    j.de-rohan@senat.fr
    (fax) 01 42 34 46 50

    M. Christian Cambon
    Président du groupe d’amitié France-Maroc
    Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
    c.cambon@senat.fr
    (fax) 01 42 34 47 03

    Conseillers de cabinet

    Présidence de la République
    Palais de l’Élysée
    55 rue du faubourg Saint-Honoré
    75008 Paris

    M. Jean-David Levitte
    Conseiller diplomatique et sherpa

    Matignon
    Hôtel Matignon
    57 rue de Varenne
    75007 Paris

    M. Charles Fries
    Conseiller diplomatique

    Ministère des Affaires étrangères
    37 quai d’Orsay
    75700 Paris

    M. Fabrice Mauries
    Conseiller Afrique du Nord, Proche et Moyen Orient, Union pour la Méditerranée

    Mme Hélène Dantoine
    Conseiller Nations unies, Affaires globales, Affaires économiques internationales, Droits de l’Homme et affaires humanitaires

    Proposition de courrier d’accompagnement

    « Civilité »,

    Depuis le 13 novembre 2009, Madame Aminatou Haidar, militante au service du Polisario, effectue une grève de la faim à l’aéroport d’Arrecife de l’archipel espagnol des Canaries.

    Elle conteste la décision des autorités marocaines de ne pas l’accepter sur le territoire marocain, après la provocation préparée à laquelle elle s’est livrée à son arrivée à l’aéroport de Laâyoune : refus de remplir les formalités de police et négation de sa nationalité marocaine.

    Compte-tenu des proportions médiatiques que prend cette affaire et des messages mensongers parfois véhiculés, je me permets de vous faire parvenir une courte note apportant des précisions essentielles à la bonne compréhension des enjeux diplomatiques.

    En effet et fort malheureusement, l’action engagée par Mme Aminatou Haidar ne contribue aucunement à améliorer le processus de dialogue engagé par le Royaume du Maroc avec le Polisario, sous l’égide des Nations-Unies.

    Me tenant à votre disposition pour tout éclairage complémentaire, je vous prie d’agréer, « Civilité », l’expression de ma considération distinguée.


    Objet : Première note de débriefing sur l’affaire Aminatou Haidar

    A : Faïçal Laraichi
    De : Olivier Le Picard / Gaëtan de Royer
    Le : 18 décembre 2009

    1. Couverture en France

    Genèse de l’affaire : 13 novembre 2009 (passeport confisqué)
    1.2. la couverture en France de l’affaire Haidar a connu trois phases bien distinctes :

    la première, du 13 novembre au 4 décembre est relativement calme, c’est-à-dire limitée aux médias français à vocation internationale, à faible impact en France ; elle est alimentée par la MAP et par les correspondants espagnols de l’AFP ;
    la deuxième commence le soir du 4 décembre, à la suite du retour avorté de Mme Haidar, qui souligne de manière « spectaculaire » le différent entre l’Espagne et le Maroc ; c’est à partir de cet instant que les premières retombées significatives sont enregistrées (presse écrite généraliste ; quelques télévisions nationales) ;
    la troisième est la plus courte mais la plus intense ; elle est engendrée par les complications médicales du 17 décembre puis le dénouement de l’affaire.
    1.3. Cette dernière phase devrait logiquement se prolonger ce week-end, avant de retomber à l’approche de Noël.

    Pour l’heure, on observe surtout des retombées sur les radios et télévisions françaises à vocation internationale : TV5 Monde, France 24, RFI, Euronews (faible impact). Les grandes radios et télévisions généralistes sont très discrètes. La presse qui a déjà évoqué le sujet (Figaro, Libération, La Croix,…) devrait y revenir demain, pour clore le sujet.

    Depuis la visite en France de M. Taïeb Fassi-Fihri, la position du Maroc est relayée de manière plutôt satisfaisante ; le message consistant à souligner que Mme Haidar n’est pas une militante des droits de l’homme mais une proche du Polisario est bien passé ; plusieurs commentateurs relèvent enfin que le Parlement européen s’est abstenu de condamner l’affaire.

    2. Enseignements

    Il nous semble nécessaire de travailler dès maintenant sur des scénarios de crise et sur les interactions entre les médias marocains, français et internationaux.

    Compte tenu du dénouement de cette affaire, il semble probable que les activistes vont essayer d’entretenir le niveau d’intérêt des médias et générer d’autres affaires semblables.

    Nous pensons que la cellule de crise communication peut parer ces coups médiatiques et les gérer au mieux, à condition :

    d’anticiper les scénarios prévisibles (nouvelles provocations impliquant d’instruire les fonctionnaires sur la manière d’agir,…) ;
    de créer les conditions d’une réactivité immédiate, proportionnée et efficace en termes de communication ;
    de réactiver le plan de contact institutionnel et médiatique en France, autour de M. Laraichi et de M. l’Ambassadeur, pour booster l’efficacité du système de communication en cas de crise.
    La visite en France de M. Taïeb Fassi-Fihri et le travail argumentaire qui a été mené en parallèle, par l’intermédiaire d’une note de synthèse notamment, a permis de mieux faire comprendre la position du Maroc. D’où l’intérêt, à l’avenir, d’anticiper ce type de réponse et d’intervenir, si besoin, très en amont.

    DRAFT

    En-tête Ambassade

    Paris, le 18 décembre 2009

    Dénouement de l’affaire Aminatou Haidar : la loi nationale s’applique sur tout le territoire marocain

    Le Maroc se félicite de l’écoute et de la compréhension manifestées par ses amis et partenaires sur la question du Sahara marocain. Tous ont reconnu que, dans l’attente d’une solution politique définitive, la législation nationale s’applique sur l’ensemble du territoire marocain.

    Le fait que les formalités d’usage aient été accomplies à l’entrée sur le territoire du Royaume est de nature à satisfaire l’ensemble des Marocains attachés au respect total de la loi nationale, par tous, sans exception et sur l’intégralité du territoire marocain. Dans ces conditions, conformément à la tradition de générosité et d’ouverture du Peuple Marocain, le passeport marocain qu’elle réclamait, a pu lui être rendu.

    Cette affaire a permis de démontrer que les agissements de cette activiste n’étaient pas liés à la promotion des droits de l’Homme mais qu’elle avait bel et bien agi pour le compte du Polisario, qui demeure un mouvement totalitaire, héritier de la Guerre froide. Ce mouvement est soutenu, abrité et financé par l’Algérie qui, par la rigidité de sa position, constitue le principal point de blocage à la résolution de ce conflit artificiel.

    Le Maroc, comme l’ensemble de ses partenaires, rappelle l’importance et la centralité du processus politique de négociation, sur la base du réalisme et de l’esprit de compromis, processus engagé à la faveur de l’initiative marocaine d’autonomie. La négociation est la seule stratégie raisonnable pour parvenir à une solution politique définitive au profit d’un Maghreb uni, stable et prospère.

    Contact : M. Redouane Adghoughi, Ministre Conseiller auprès de S.E. M. El Mostapha Sahel, Ambassadeur du Royaume du Maroc en France, 01.45.20.91.48.

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Communication&Institution #Lobbying #AminatouHaidar

  • Maroc Leaks : Conseils de C&I au sujet de l’expulsion d’Aminatou Haidar

    Aminatou Haidar, la militante sahraouie la plus récompensée à l’échelon international, a été arrêtée par des fonctionnaires de la sécurité marocains à son arrivée à l’aéroport de Laâyoune (la capitale du Sahara occidental) le 13 novembre 2009. Mme Haidar revenait d’un voyage aux États-Unis, où elle s’est vu remettre le Civil Courage Prize 2009. Elle a été interrogée et son passeport lui a été confisqué parce qu’elle n’aurait pas rempli les formalités administratives afin de pouvoir entrer dans le pays. Elle serait libérée si elle reconnaissait la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ce qu’elle a refusé de faire. Après quoi, elle a été mise contre son gré sur un avion à destination de Lanzarote (îles Canaries). Selon la version marocaine, elle aurait «nié sa nationalité marocaine et confirmé son appui aux idées séparatistes». À son arrivée à Lanzarote, elle a entamé une grève de la faim pour protester contre le traitement dont elle a fait l’objet et contre son expulsion.

    Pour la gestion de cette affaire, les autorités marocaines se sont payé les services du cabinet Communication&Institutions. Ci-après, les documents élaborés par ce cabinet à ce sujet :


    Lundi 14 décembre 2009

    ELEMENTS D’INFORMATION
    SUR L’ACTION ENGAGEE
    PAR MME AMINATOU HAIDAR


    I- MME AMINATOU HAIDAR, UNE MILITANTE AU SERVICE DE L’ALGERIE ET DU FRONT POLISARIO

    II- LES FONDEMENTS DE LA DECISION DES AUTORITES MAROCAINES

    A- Au regard du droit marocain

    B- Au regard du droit international

    Précisions sur l’action médiatique engagée par Aminatou Haidar
    à l’aéroport d’Arrecife (Canaries)

    Le vendredi 13 novembre 2009, lors de son arrivée à l’aéroport de Laâyoune au Maroc, Madame Aminatou Haidar, militante marocaine au service du Polisario, a refusé de remplir les formalités de police et de mentionner sa nationalité sur sa fiche de débarquement, comme l’exige pourtant la réglementation internationale en vigueur. Elle a également renié, par écrit, devant le Procureur du Roi et témoins, sa nationalité marocaine. Cet incident était prémédité : Mme Aminatou Haidar était accompagnée de deux journalistes espagnols appartenant à une compagnie de communication privée rémunérée.

    Son interpellation s’est effectuée dans le respect de la loi, en présence de membres de sa famille, sans préjudice moral ni physique, à l’heure où plusieurs médias, préparés à l’avance, annonçaient de prétendues « arrestation », « enlèvement » et « disparition ». En réalité, Mme Aminatou Haidar n’a pas été autorisée à entrer sur le territoire marocain, en application du règlement de l’Organisation de l’aviation civile internationale, puisqu’elle refusait de remplir les formalités d’usage.

    1. Aminatou Haidar : une militante au service de l’Algérie et du Front Polisario

    Mme Aminatou Haidar se présente volontiers comme une « militante des droits de l’Homme », contribuant à déplacer le débat sur un terrain inapproprié, compte-tenu des enjeux diplomatiques.

    Depuis quelques années, en effet, son activité se résume à troubler l’ordre public au service de la cause indépendantiste sahraouie ; en décembre 2005, elle a été condamnée à 7 mois de prison pour avoir encadré une manifestation violente à Laâyounne, avant de bénéficier d’une grâce royale en janvier 2006..

    Depuis, elle s’est mise au service d’une stratégie algérienne visant à torpiller, par tous les moyens, l’Initiative marocaine d’autonomie du Sahara, pourtant très favorablement accueillie par la Communauté internationale. Elle a utilisé ses fréquents déplacements à l’étranger pour servir de caisse de résonnance au discours du séparatisme et véhiculer toutes sortes d’allégations sur la situation des droits de l’Homme au sud du Royaume. Sous prétexte de défendre les droits de l’Homme, Mme Aminatou Haidar a toujours entretenu des contacts étroits et réguliers avec les services algériens, ses donneurs d’ordre et pourvoyeurs de fonds. Dans tous ses déplacements, elle a bénéficié de l’appui logistique, de l’encadrement diplomatique et du soutien politique des Ambassades d’Algérie. Elle s’est toujours identifiée au Polisario et s’est intégrée dans ses activités à l’étranger (cf. documents annexes joints).

    Durant ces années, Mme Aminatou Haidar, qui profitait de l’espace de liberté et d’ouverture démocratique du Royaume, n’a pas agi en tant que défenseur des droits de l’Homme, mais en tant qu’activiste politique qui travaille ouvertement pour les intérêts d’un gouvernement étranger. Sa grève de la faim doit être perçu comme un « coup » médiatique visant à répondre, par l’émotionnel, au désarroi d’une organisation militaire en plein déclin – le Polisario -, incapable de la moindre ouverture dans le cadre des négociations actuelles parrainées par l’ONU.

    . Les fondements de la décision des autorités marocaines : une réponse proportionnée

    Au regard du droit marocain, Mme Haidar n’a fait l’objet d’aucune mesure d’expulsion, ni de refoulement ou de bannissement. En affirmant aux services douaniers qu’elle renonçait à sa nationalité marocaine, elle s’est délibérément placée en dehors du code marocain de la nationalité et des protections qui en découlent. Ne souhaitant pas accomplir les formalités d’accès au territoire, pourtant reconnues et exigées dans tous les aéroports du monde, elle a choisi librement de ne pas y accéder. A noter à ce propos que la transgression de ces règles est passible de sanctions dans certaines législations, ou de mesures rigoureuses comme aux Etats-Unis.

    Au regard du droit international, le Maroc a refusé à Mme Aminatou Haidar d’accéder à son territoire en application du règlement de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

    Plus généralement, sa conduite est incompatible avec l’article 12 du Pacte des droits civils et politiques des Nations Unies, sur les obligations de préservation de l’ordre public. De même, elle est en contradiction avec les termes de la résolution de l’Assemblée générale 53/144 du 9 décembre 1998 sur les « droits et obligations des défenseurs des droits de l’Homme », qui impose le respect de la loi pour satisfaire aux exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique ; l’article 19 de cette même résolution énonce, par ailleurs, qu’aucune de ses dispositions ne peut être interprétée comme un droit de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à détruire les libertés visées dans la résolution. Enfin, la 4ème Convention de Genève de 1949 n’est pas applicable car, depuis le cessez-le-feu de 1991, la question du Sahara est entrée dans une phase de recherche d’une solution politique par la négociation.

    Le Maroc est donc légalement et légitimement fondé à prendre les mesures de maintien de l’ordre public, de la sécurité des biens et des personnes, et de la tranquillité des citoyens.

    La situation de Mme Aminatou Haidar a été immédiatement exploitée par l’Algérie et le Polisario comme élément de surenchère et de chantage pour reporter la reprise des négociations. Sa grève de la faim, entamée le 13 novembre 2009 à l’aéroport d’Arrecife de l’archipel espagnol des Canaries, si douloureuse qu’elle puisse être pour cette militante et sa famille, ne contribue aucunement à améliorer le processus de dialogue engagé avec le Polisario sous l’égide des Nations-Unies.

    * * *

    ANNEXE 1

    Encadrement de Mme AMINATOU HAIDAR par l’Algérie et les responsables du Polisario

    Encadrement par des responsables du Polisario

    Belgique :

    Le 2 juin 2006, entrevue d’Aminatou Haidar avec l’ambassadeur algérien dans la capitale belge, Halim Ben Attalah, en présence de Mohamed Sidati, « Ministre Conseiller, Délégué de la Rasd en Europe ».

    Le 13 octobre 2007, le prix « Silver Rose 2007 » lui est décerné à Bruxelles, en présence de Mahfoud Ali Beiba.

    Italie :

    Le 14 juin 2006, participation d’Aminatou Haidar à une conférence de presse à Rome, en présence de Omar Mih, représentant du Polisario en Europe, dans la capitale italienne.

    France :

    Visite, le 31 mai 2006, d’Aminatou haudar au Parlement Européen à Strasbourg en compagnie de Mohamed Sidati.
    Le 8 octobre suivant, elle est accueillie à Mantes-La-Jolie par le représentant du polisario à Paris, Sadafa Ahmed Bahia.

    USA :

    Le 2 janvier 2007, Aminatou Haidar est accueillie à New York par Ahmed Boukhari en vue de prendre part à des groupes de travaux sur la condition féminine.
    Le 1er février, elle participe, à Washington, en compagnie de Ahmed Boukhari et de Mouloud Said, représentant dans la capitale américaine, à l’évènement religieux « Breakfeast Prayers ».

    Royaume-Uni :

    Le 7 octobre 2007, Aminatou Haidar a été reçue, ainsi que Khadija Hamdi, par la section locale d’Amnesty International.

    Autriche :

    Aminatou Haidar assiste, le 18 octobre 2008, en compagnie de Mahfoud Ali Beiba, à une conférence-débat de l’Institut Renner.

    Nigeria :

    En octobre 2008, Aminatou Haidar a participé à Abuja, en compagnie de « l’Ambassadeur » Ubbi Bouchraya Bachir, à une semaine de solidarité avec le FP.

    A. Haidar avec Abdellah Baâli ambassadeur d’Algérie auprès des Etats-Unis d’Amérique à la résidence d’Algérie à Washington

    A. Haidar avec Halim Benatallah, ambassadeur d’Algérie en Belgique et Mohamed Sidati, représentant du polisario en Europe (à l’Ambassade d’Algérie à Bruxelles)
    A. Haidar avec Halim Benatallah, Ambassadeur d’Algérie en Belgique
    A. Haidar avec Mahfoud Ali Beiba, « président du parlement de la rasd » et chef de la délégation du polisario pour le processus de négociation et Khalil Sid Ahmed « ministre des territoires occupés » (chargé de la subversion)
    A. Haidar avec Mouloud Said représentant du polisario aux USA

    Mouloud Said représentant du polisario à Washington assurant la logistique pour les activités d’A. Haidar aux Etats-Unis

    Aminatou Haidar arborant le drapeau de la « rasd »

    ANNEXE 2

    Analyse détaillée des fondements de la décision marocaine

    ANALYSE DETAILLEE DES FONDEMENTS DE LA DECISION MAROCAINE

    A- Au regard du droit marocain :

    1- Passeport, une pièce d’identité marocaine :

    a. Au Maroc, comme dans le reste des pays du monde, la Carte d’identité nationale et le passeport sont délivrés à la demande, selon une procédure et sur la base d’un dossier comportant un certain nombre de pièces administratives ;
    b. Madame Haidar a fait le libre choix de demander, suivant la procédure en cours, un passeport marocain et l’a obtenu ;
    c. C’est en tant que Marocaine, détentrice d’un passeport marocain, qu’elle a pu obtenir des visas et se rendre dans de nombreux pays.

    2- Refus d’accomplir les formalités juridiquement exigées d’accès au territoire :

    a. Mme Haidar a refusé de remplir, comme il se doit, la fiche de déparquement.

    b. Les mesures appliquées au Maroc, notamment les formalités d’entrée au territoire, sont universellement établies et exigées. Leur transgression est même passible de sanctions dans certaines législations, ou de mesures rigoureuses, comme c’est le cas aux Etats-Unis d’Amérique notamment.

    3- Négation de la nationalité marocaine :

    a. Mme Haidar est née Marocaine, en 1966, à Akka, province de Tata (Anti-Atlas), en dehors de la zone connue sous le nom de « Sahara occidental » ;

    b. L’intéressée a affirmé aux services douaniers et au personnel de sécurité qu’elle n’est pas marocaine. Sur ce, elle a affirmé vouloir renoncer à sa nationalité, rendant ainsi caducs ses pièces d’identité nationale ;

    c. C’est donc délibérément que Mme Haidar s’est placée en dehors du code marocain de la nationalité, et partant des protections et garanties qui en découlent.

    d. Face à l’entêtement de Mme Haidar, les autorités marocaines se sont trouvées contraintes d’appliquer la loi. Préférant ne pas accomplir les formalités exigées, l’intéressée a, ainsi, choisi, elle-même, de ne pas accéder au territoire.

    e. La marge entre liberté d’expression et devoir de citoyenneté a été ostentatoirement violée.

    f. Au regard du droit marocain, Mme Haidar n’a fait l’objet d’aucune mesure d’expulsion, ni de refoulement ou de bannissement.

    B- Au regard du droit international :

    1- Que l’individu soit marocain ou étranger, il doit respecter les formalités exigées aux postes frontières. L’intéressée n’a qu’à respecter le droit. Elle ne l’a pas fait. Le Maroc lui a refusé l’accès à son territoire en application du règlement de l’OACI.

    2- La gestion de cette question ne comporte aucune violation du Pacte des droits civils et politiques à l’encontre de Mme Haidar en tant que citoyenne marocaine. Il est à souligner que le Pacte impose des obligations que Mme Haidar a sciemment refusé de respecter, notamment celles relatives à la préservation de l’ordre public (cf. article 12).

    3- Les actes, les déclarations, les objectifs poursuivis par A. Haidar sont en complète contradiction avec les termes de la résolution de l’Assemblée générale 53/144 du 9 décembre 1998, relative aux « droits et obligations des défenseurs des droits de l’Homme ». En effet, l’article 17 de cette résolution impose à chacun, agissant individuellement ou en association avec d’autres, l’obligation du respect de la loi afin de satisfaire aux exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique. L’article 19 de la même résolution énonce, par ailleurs, qu’aucune de ses dispositions ne peut être interprétées comme un droit de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à détruire les libertés visées dans la résolution.

    4- La 4ème Convention de Genève de 1949 n’est pas applicable dans le cas de Mme Haidar. Nous ne sommes ni dans une situation d’hostilités ouverte, ni dans une situation d’occupation ou de violence interne. En effet, depuis la proclamation du cessez-le-feu en 1991, la question du Sahara est entrée dans une phase de recherche d’une solution politique par la négociation.

    5- Le Maroc est légalement et légitimement fondé à prendre les mesures de maintien de l’ordre public, de la sécurité des biens et des personnes, et de la tranquillité des citoyens.

    Liste de diffusion pour la note de synthèse sur l’affaire Haidar.

    Journalistes

    Le Monde
    Jean-Jacques Bozonnet, correspondant à Madrid
    bozonnet@lemonde.fr
    Florence Beaugé
    beauge@lemonde.fr

    Libération / RFI ,…
    Léa-Lisa Westerhoff
    lea_westerhoff@yahoo.fr

    Le Figaro
    Thierry Oberlé
    toberle@lefigaro.fr
    Diane Cambon, correspondante à Madrid
    dianecambon@yahoo.fr

    La Tribune
    Thierry Maliniak, correspondant à Madrid
    maliniak@telefonica.net

    Les Echos
    Richard Hiault, chef du service International
    rhiault@lesechos.fr

    Le Point
    Mireille Duteil
    mduteil@lepoint.fr

    L’Express
    Dominique Lagarde
    dlagarde@lexpress.fr

    AFP Bureau de Madrid
    00 34 91 575 53 80 (fax)
    afp.madrid@afp.com

    Parlementaires

    Assemblée Nationale
    126, rue de l’Université
    75355 Paris 07 SP

    M. Axel Poniatowski
    Président de la Commission des affaires étrangères
    aponiatowski@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 42 94

    Mme Martine Aurillac
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    maurillac@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 51 29

    M. Michel Destot
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    mdestot@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 95 84

    M. Renaud Muselier
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    rmuselier@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 54 71

    M. François Rochebloine
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    frochebloine@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 33 89

    M. Guy Teissier
    Président de la commission de la défense nationale et des forces armées
    gteissier@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 41 92

    M. Jack Lang
    Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées
    jlang@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 03 85

    M. Hervé de Charette
    Membre de la commission des affaires étrangères
    Ancien ministre des Affaires étrangères
    hdecharette@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 78 78

    M. Jean Roatta
    Président du groupe d’amitié France-Maroc
    jroatta@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 79 29

    Sénat
    Palais du Luxembourg
    15 rue de Vaugirard
    75006 Paris

    M. Josselin de Rohan
    Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
    j.de-rohan@senat.fr
    (fax) 01 42 34 46 50

    M. Christian Cambon
    Président du groupe d’amitié France-Maroc
    Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
    c.cambon@senat.fr
    (fax) 01 42 34 47 03

    Conseillers de cabinet

    Présidence de la République
    Palais de l’Élysée
    55 rue du faubourg Saint-Honoré
    75008 Paris

    M. Jean-David Levitte
    Conseiller diplomatique et sherpa

    Matignon
    Hôtel Matignon
    57 rue de Varenne
    75007 Paris

    M. Charles Fries
    Conseiller diplomatique

    Ministère des Affaires étrangères
    37 quai d’Orsay
    75700 Paris

    M. Fabrice Mauries
    Conseiller Afrique du Nord, Proche et Moyen Orient, Union pour la Méditerranée

    Mme Hélène Dantoine
    Conseiller Nations unies, Affaires globales, Affaires économiques internationales, Droits de l’Homme et affaires humanitaires

    Proposition de courrier d’accompagnement

    « Civilité »,

    Depuis le 13 novembre 2009, Madame Aminatou Haidar, militante au service du Polisario, effectue une grève de la faim à l’aéroport d’Arrecife de l’archipel espagnol des Canaries.

    Elle conteste la décision des autorités marocaines de ne pas l’accepter sur le territoire marocain, après la provocation préparée à laquelle elle s’est livrée à son arrivée à l’aéroport de Laâyoune : refus de remplir les formalités de police et négation de sa nationalité marocaine.

    Compte-tenu des proportions médiatiques que prend cette affaire et des messages mensongers parfois véhiculés, je me permets de vous faire parvenir une courte note apportant des précisions essentielles à la bonne compréhension des enjeux diplomatiques.

    En effet et fort malheureusement, l’action engagée par Mme Aminatou Haidar ne contribue aucunement à améliorer le processus de dialogue engagé par le Royaume du Maroc avec le Polisario, sous l’égide des Nations-Unies.

    Me tenant à votre disposition pour tout éclairage complémentaire, je vous prie d’agréer, « Civilité », l’expression de ma considération distinguée.


    Objet : Première note de débriefing sur l’affaire Aminatou Haidar

    A : Faïçal Laraichi
    De : Olivier Le Picard / Gaëtan de Royer
    Le : 18 décembre 2009

    1. Couverture en France

    Genèse de l’affaire : 13 novembre 2009 (passeport confisqué)
    1.2. la couverture en France de l’affaire Haidar a connu trois phases bien distinctes :

    la première, du 13 novembre au 4 décembre est relativement calme, c’est-à-dire limitée aux médias français à vocation internationale, à faible impact en France ; elle est alimentée par la MAP et par les correspondants espagnols de l’AFP ;
    la deuxième commence le soir du 4 décembre, à la suite du retour avorté de Mme Haidar, qui souligne de manière « spectaculaire » le différent entre l’Espagne et le Maroc ; c’est à partir de cet instant que les premières retombées significatives sont enregistrées (presse écrite généraliste ; quelques télévisions nationales) ;
    la troisième est la plus courte mais la plus intense ; elle est engendrée par les complications médicales du 17 décembre puis le dénouement de l’affaire.
    1.3. Cette dernière phase devrait logiquement se prolonger ce week-end, avant de retomber à l’approche de Noël.

    Pour l’heure, on observe surtout des retombées sur les radios et télévisions françaises à vocation internationale : TV5 Monde, France 24, RFI, Euronews (faible impact). Les grandes radios et télévisions généralistes sont très discrètes. La presse qui a déjà évoqué le sujet (Figaro, Libération, La Croix,…) devrait y revenir demain, pour clore le sujet.

    Depuis la visite en France de M. Taïeb Fassi-Fihri, la position du Maroc est relayée de manière plutôt satisfaisante ; le message consistant à souligner que Mme Haidar n’est pas une militante des droits de l’homme mais une proche du Polisario est bien passé ; plusieurs commentateurs relèvent enfin que le Parlement européen s’est abstenu de condamner l’affaire.

    2. Enseignements

    Il nous semble nécessaire de travailler dès maintenant sur des scénarios de crise et sur les interactions entre les médias marocains, français et internationaux.

    Compte tenu du dénouement de cette affaire, il semble probable que les activistes vont essayer d’entretenir le niveau d’intérêt des médias et générer d’autres affaires semblables.

    Nous pensons que la cellule de crise communication peut parer ces coups médiatiques et les gérer au mieux, à condition :

    d’anticiper les scénarios prévisibles (nouvelles provocations impliquant d’instruire les fonctionnaires sur la manière d’agir,…) ;
    de créer les conditions d’une réactivité immédiate, proportionnée et efficace en termes de communication ;
    de réactiver le plan de contact institutionnel et médiatique en France, autour de M. Laraichi et de M. l’Ambassadeur, pour booster l’efficacité du système de communication en cas de crise.
    La visite en France de M. Taïeb Fassi-Fihri et le travail argumentaire qui a été mené en parallèle, par l’intermédiaire d’une note de synthèse notamment, a permis de mieux faire comprendre la position du Maroc. D’où l’intérêt, à l’avenir, d’anticiper ce type de réponse et d’intervenir, si besoin, très en amont.

    DRAFT

    En-tête Ambassade

    Paris, le 18 décembre 2009

    Dénouement de l’affaire Aminatou Haidar : la loi nationale s’applique sur tout le territoire marocain

    Le Maroc se félicite de l’écoute et de la compréhension manifestées par ses amis et partenaires sur la question du Sahara marocain. Tous ont reconnu que, dans l’attente d’une solution politique définitive, la législation nationale s’applique sur l’ensemble du territoire marocain.

    Le fait que les formalités d’usage aient été accomplies à l’entrée sur le territoire du Royaume est de nature à satisfaire l’ensemble des Marocains attachés au respect total de la loi nationale, par tous, sans exception et sur l’intégralité du territoire marocain. Dans ces conditions, conformément à la tradition de générosité et d’ouverture du Peuple Marocain, le passeport marocain qu’elle réclamait, a pu lui être rendu.

    Cette affaire a permis de démontrer que les agissements de cette activiste n’étaient pas liés à la promotion des droits de l’Homme mais qu’elle avait bel et bien agi pour le compte du Polisario, qui demeure un mouvement totalitaire, héritier de la Guerre froide. Ce mouvement est soutenu, abrité et financé par l’Algérie qui, par la rigidité de sa position, constitue le principal point de blocage à la résolution de ce conflit artificiel.

    Le Maroc, comme l’ensemble de ses partenaires, rappelle l’importance et la centralité du processus politique de négociation, sur la base du réalisme et de l’esprit de compromis, processus engagé à la faveur de l’initiative marocaine d’autonomie. La négociation est la seule stratégie raisonnable pour parvenir à une solution politique définitive au profit d’un Maghreb uni, stable et prospère.

    Contact : M. Redouane Adghoughi, Ministre Conseiller auprès de S.E. M. El Mostapha Sahel, Ambassadeur du Royaume du Maroc en France, 01.45.20.91.48.

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Communication&Institution #Lobbying #AminatouHaidar

  • Sahara occidental : ce qui manque à l’Algérie pour remporter sa guerre contre l’Empire?

    Les propos du ministre algérien des A.E., Sabri Boukadem, qui, ayant rencontré l’ambassadeur de Damas à Alger, lui a présenté ses condoléances pour le décès de son homologue syrien, Walid al-Mouallem, méritent réflexion.

    A l’issue de cette rencontre, Boukadem a déclaré à Al-Mayadeen que la « perte d’un diplomate chevronné comme Walid al-Mouallem n’était pas propre à la Syrie », mais que « le monde arabe et la diplomatie arabe venaient de subir une grande perte » : ” L’Algérie apporte son soutien à la Syrie. Le peuple syrien devra décider de son propre destin et aucun pays étranger ne devra s’immiscer dans cette question. La position de l’Algérie est décisive et fondée sur des principes : l’Algérie avait été aux côtés de la Syrie dans les circonstances les plus difficiles et elle restera toujours à ses côtés, pas seulement en paroles, mais en pratique ».

    En effet, en mars 2020 et alors même que l’axe US/OTAN faisait une première percée au Maghreb par la Turquie et les Émirats interposés, via la pseudo guerre libyenne, Alger a rapidement compris que son soutien à la Syrie ne pouvait se réduire à des appels lancés aux pays arabes pour créer les conditions d’un retour de Damas au sein de la Ligue arabe. A l’époque et alors même que la Turquie continuait, à l’aide de l’OTAN à faire débarquer des terroristes takfiristes à bord de ses navires et puis après avoir pris le contrôle d’al-Watiya, à bord de ses avions, en Libye, non loin des portes de l’Algérie, une importante délégation algérienne s’est rendue à Damas pour faire part de la volonté algérienne de coopérer avec l’armée syrienne. Vint ensuite une nouvelle percée turque au Sahel avec en toile de fond le projet de déstabilisation des frontières algéro-maliennes et là encore, le besoin de davantage de coopération algéro-syrienne s’est fait sentir.

    La guéguerre inter OTAN autour du gaz méditerranéen n’étant qu’un prétexte, on a vu dans la foulée, l’armada otanienne occuper la Méditerranée occidentale, projetée même d’y ériger des bases navales, là encore pour imposer un blocus de facto à l’Algérie. Le parallèle avec la Syrie venait à tout esprit jusqu’à ce que n’éclate cette rupture de trêve au Sahara occidental. Le feu que l’axe US/OTAN vient d’allumer au Maghreb islamique rien que pour faciliter l’emprise israélienne dans la région pourrait-il s’éteindre sans une alliance effective avec la Syrie et autres États et groupes de Résistance?

    Inquiète du danger des terroristes en Afrique du Nord, l’Algérie continue non seulement la politique du soutien au gouvernement syrien qui lutte contre la propagation du terrorisme dans d’autres régions du monde, mais elle a autorisé le déploiement de l’armée algérienne à l’étranger selon sa nouvelle Constitution. Dans ce sens, il a décidé de lutter contre le terrorisme au Mali, mais aussi la possibilité d’une intervention militaire pour défendre l’allié stratégique de l’Algérie dans la région : La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), membre à part entière de l’Union africaine.

    En effet, la rupture de la trêve Rabat/Polisario, décidé par l’axe US/Israël avec en toile de fond une intervention militaire éminemment dangereuse des forces marocaines dans la zone tampon de Guerguerat, ne ne pourrait avoir d’autre objectif que celui de porter atteinte à la profondeur sécuritaire et stratégique algérienne. C’est d’autant plus vrai que les Emirats et Israël ont décidé cette fois de ne plus jouer à visages masqués, mais direct et sur table. Le fait d’ouvrir des consulats au Sahara occidental, ce qu’ont fait les Émirats, cadre d’ailleurs parfaitement la volonté US/OTAN/Israël de voir cette région se transformer en une « nouvelle Syrie » ou un « nouveau Yémen », propre à justifier le déploiement des troupes étrangères occidentales, « mobilisées évidemment à l’effet de porter l’assistance à un Maroc qui vient de signer un accord militaire de dix ans avec les USA.

    D’ici peu, il faudrait d’ailleurs s’attendre à ce que le trône marocain soit soumis à de fortes pressions pour lancer des appels aux États Unis, à la France, à leurs satellites golfiens pour combattre les “terroristes et séparatistes sahraouis” et tout ceci, parallèlement à des opérations de déstabilisation internes qu’Abou Dhabi et Tel-Aviv mènent depuis deux ans en Algérie, sans succès, mais dont le rythme serait sans doute accéléré. L’histoire des incendies du Nord algérien n’y étant pas étranger. Il va sans dire que l’ANP s’y prépare, mais face à une “coalition”, il faut faire partie d’une coalition. L’allusion faite par le MAE algérien au soutien pratique à l’armée syrienne voudrait peut-être dire cela, note un analyste qui affirme :

    ” Près de dix jours après la reprise de la guerre au Sahara Occidental, le Conseil de sécurité brille par son silence, quitte à pousser à ce que la mèche de la guerre, une énième, soit allumée au Maghreb qui abrite les musulmans les plus anti-sionistes du monde. Etre Kidnappé par l’axe US/Israël rend possibles tous les comportements, y compris les crimes de guerre contre la population civile dans les territoires occupés, à un moment où la MINURSO n’a d’autre mandat que de surveiller un cessez-le-feu qui a volé en éclats en raison de l’action marocaine dans la zone tampon. En cherchant à imposer aux Sahraouis, et partant à l’Algérie une guerre, l’axe US/Israël impose aussi à l’allié marocain un fardeau au moment où l’économie du royaume tend à s’écrouler sous l’effet de la pandémie. Au lieu de lui livrer le riche territoire sahraoui, ils poussent le Maroc à l’effondrement. C’est ce qu’ils ont fait à l’Arabie saoudite, en l’entrainant dans la guerre au Yémen et à la Turquie, en la poussant à s’enliser en Syrie. Pour l’axe US/Israël, toute alliance signifie l’asservissement ».

    Pars Today, 23 nov 2020

    #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #WesternSahara #Normalisation #Israël #Palestine


  • Sahara Occidental-Palestine: Le pacte scellé de deux colonisateurs

    FACE AUX RÉSISTANCES DES PEUPLES PALESTINIEN ET SAHRAOUI : Le pacte scellé de deux colonisateurs

    En acceptant de sortir les relations, entre le royaume chérifien et l’entité sioniste, de l’ombre, le roi Mohammed VI n’a fait qu’échanger l’acceptation par les États-Unis de l’occupation du Sahara occidental par le Maroc, contre l’acceptation du souverain marocain de l’occupation israélienne de la Palestine, posture toutes les deux contraires et en violation du droit international.
    Si du côté d’une large opinion marocaine, les condamnations et les dénonciations de ce qu’il est qualifié, non seulement, au Maroc, de « une trahison » du royaume chérifien de la cause du peuple palestinien et de posture de Rabat en violation marocaine, les capitales, les ONG ainsi que les Institutions internationales et continentales affirment que les positions de Rabat comme de l’Administration américaine « n’ont aucune valeur juridique ». Tout comme l’annonce en grande pompe par le président américain sortant, Donald Trump, « El-Qods capitale d’Israël » n’a pas été pour faire renoncer les palestiniens à leur combat libérateur, à Ghaza, Cisjordanie, et dans les territoires occupés en 1948, par divers moyens, la reconnaissance par Trump de la « marocanité » du Sahara occidental n’ayant non seulement « aucune valeur juridique», comme l’a affirmé le professeur Jacob Mundy, agrégé d’études sur la paix et les conflits à l’université de Colgate (États-Unis), dans une tribune publiée dans le Washington Post, mais sans impact sur le traitement de la question sahraouie, au Conseil de sécurité. 
    Par les déclarations successives en réaction à l’annonce en question de Trump, de Moscou à Berlin, de Londres à Oslo, d’ Addis-abbeba à Pretoriat, d’Alger à Sidney, et de l’Asie à l’Amérique Latine, l’annonce de Trump au profit de la colonisation marocaine au Sahara occidental « est une violation du droit international ». Plus récemment encore, la délégation diplomatique allemande aux Nations unies (ONU) a mis en garde contre l’annonce des États-Unis. Déclarant qu’ « être porte-plume vient avec de la responsabilité » l’ambassadeur allemand Christoph Heusgen souligne que « cela s’accompagne d’un engagement fort pour résoudre un problème » insistant qu’ « il faut être juste, il faut être impartial, il faut avoir à l’esprit l’intérêt légitime de toutes les parties » et d’affirmer « il faut agir dans le cadre du droit international ».
    « Les États-Unis dépassent le cadre du droit international »
    Un droit international sur la base duquel les États Unis, comme le royaume marocain n’ignorent pas qu’il consacre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, lequel est incontournable au Sahara occidental, question de décolonisation inscrite à l’ONU. Le représentant spécial du président russe pour le Proche-Orient et l’Afrique, Mikhaïl Bogdanov, a de son côté, réaffirmé la position de Moscou sur le Sahara occidental, exprimée, le 11 décembre dernier, en réaction de l’annonce, la veille, du président américain, Donald Trump, sur le conflit opposant le Front Polisario au Maroc. Mikhaïl Bogdanov affirme que «les États-Unis avaient dépassé le cadre du droit international en reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental » et de souligner que «tout ce que les Américains viennent de faire est une décision unilatérale » qui dépasse absolument, poursuit-il, « le cadre du droit international et des résolutions du conseil de sécurité de l’Onu que les États-Unis ont eux-mêmes appuyées», a-t-il souligné. Si pour Israël la sortie de la clandestinité de ses relations avec le royaume chérifien lui a été bénéfique, sur fond des dessous du « deal du siècle », de son plan d’extension de ses colonies, rendant impossible l’édification d’un État palestinien ayant pour capitale El-Qods, le Maroc espère faire perdurer sa présence illégale au Sahara occidental à travers un rôle plus pesant des lobbies sionistes et par un éventuel rôle américain au Conseil de sécurité, en violation du droit international, suite à l’annonce de Trump, en phase de quitter le 20 janvier prochain la Maison Blanche. 
    Dans sa tribune, parue à Washington Post, «Les Etats-Unis ont reconnu la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, voici ce que cela signifie», le Professeur Mundy estime que « tout comme pour la reconnaissance de l’administration Trump du contrôle d’Israël sur le Golan et sur El-Qods occupé, la proclamation de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental n’aura aucune valeur juridique et ne changera en rien le statut de ce territoire que la Cour internationale de justice ainsi que la Cour européenne, l’Union africaine et l’ensemble des résolutions pertinentes de l’ONU considèrent occupé ». Une occupation qui a perduré dans le temps, mettant l’ensemble de la région dans des risques d’instabilité, en raison de la persistance du Maroc à refuser d’y renoncer, par l’acceptation du référendum, comme le stipule la légalité internationale, pour une question de décolonisation. Il est à rappeler que l’annonce de Trump a été faite, moins d’un mois après la reprise, le 13 novembre dernier, de la guerre entre le Maroc et l’armée de libération du peuple sahraoui (ALPS), suite à la violation par l’armée marocain de l’Accord de cessez-le-feu de l’ONU, signé en 1991 entre les deux parties précitées.
    Karima Bennour
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara
  • Sahara Occidental, L’ambassadeur sahraoui au Nigeria : «L’Union africaine doit imposer des sanctions contre l’occupant»

    L’ambassadeur sahraoui au Nigeria, Brahim Slem Buseif, a affirmé que l’Union Africaine (UA) devrait imposer des sanctions contre le Maroc pour l’amener à respecter l’Acte constitutif de l’UA qui insiste sur le strict respect du principe d’intangibilité des frontières héritées à la colonisation et le non recours à l’usage de la force entre les Etats membres.

    «L’Union africaine devrait exercer plus de pression sur le Maroc pour le forcer à respecter la Charte de l’Union africaine, ou à imposer des sanctions», a indiqué le diplomate sahraoui dans un entretien au journal nigérian «Vanguard».
    M. Brahim Salem Buseif a, en outre, rappelé que le dernier Sommet extraordinaire de l’Union africaine «a demandé au Conseil de paix et de sécurité (CPS) d’amener les deux Etats membres de l’organisation, à savoir le Sahara occidental et le Royaume du Maroc, à la table des négociations, pour remédier à la situation et créer les conditions d’un nouveau cessez-le-feu afin de parvenir à une solution juste et durable au conflit».
    L’ambassadeur sahraoui à Abuja a, dans ce cadre, condamné l’occupation marocaine du Sahara occidental ainsi que la récente agression militaire contre des civils sahraouis dans la zone tampon d’El-Guerguerat, au sud-ouest du Sahara occidental, suite à la violation de l’accord de cessez-le-feu par le Maroc, estimant que «la situation actuelle est le résultat de la négligence des Nations unies et de l’aventurisme du régime marocain».
    Par ailleurs, l’ambassadeur sahraoui a exprimé «la gratitude du peuple sahraoui envers l’Afrique et ses peuples qui ont compris la quête du peuple sahraoui pour la liberté et soutenu ses droits à l’autodétermination et à l’indépendance, eux qui ont également subi le joug du colonialisme».
    Dans son intervention lors du 14e Sommet extraordinaire de l’UA, le président sahraoui Brahim Ghali avait insisté sur l’impératif de «faire taire les armes au Sahara occidental, à la faveur d’un effort exceptionnel et résolu pour rétablir la sécurité dans la région».
    Le Président Ghali avait assuré que «la responsabilité est grande, elle exige une position ferme pour faire face à l’agression et à l’expansion marocaine qui menace la paix, la sécurité et la stabilité en Afrique», invitant l’UA à faire pression sur le Maroc afin de mettre un terme à «l’occupation militaire illégale de pans entiers des territoires sahraouis».
    «Membre fondateur de l’UA, et compte tenu de l’extrême gravité de cette nouvelle agression marocaine, la République sahraouie revendique, en urgence, l’obligation pour notre voisin le Royaume du Maroc, d’adhérer pleinement aux objectifs et principes de l’acte constitutif qu’il a signé et ratifié», a-t-il plaidé.
    Cette adhésion, «sans réserve aucune, induit la cessation de l’occupation militaire illégale de toutes les parties du territoire sahraoui», a-t-il martelé.
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara
  • L’Allemagne met en garde contre la partialité de Washington au conflit du Sahara occidental | Sahara Press Service

    NEW YORK, 24 Déc 2020 (SPS) La délégation allemande à l’ONU a mis en garde contre la partialité des Etats-Unis, porte-plume des résolutions sur le Sahara occidental, après la décision du président sortant, Donald Trump de reconnaitre la prétendue souveraineté du Maroc sur ce territoire.

    «Être porte-plume vient avec de la responsabilité. Cela s’accompagne d’un engagement fort pour résoudre un problème, il faut être juste, il faut être impartial, il faut avoir à l’esprit l’intérêt légitime de toutes les parties et il faut agir dans le cadre du droit international», a déclaré l’ambassadeur allemand à l’ONU, Christoph Heusgen.
    Il a révélé que son pays «reste profondément attaché à une solution politique qui soit réellement dans l’intérêt de tous. Toute la région en profiterait».
    Le 10 décembre courant, le président américain sortant, Donald Trump a annoncé sa reconnaissance de la prétendue «souveraineté marocaine» sur le Sahara occidental en contrepartie de la normalisation des relations des relations entre le Maroc et Israël. Une déclaration qui a suscité des réactions négatives à travers le monde mais aussi au sein même du parti auquel appartient Donald Trump.
    L’annonce faite par Trump a été essentiellement critiquée parce qu’elle va à contresens avec le Droit international, les Nations unies mais également d’autres organisations internationales considérant le Sahara occidental comme un territoire occupé illégalement par le régime marocain.
    Cette prise de position contredit aussi la politique adoptée par les Etats-Unis en ce qui concerne le Sahara occidental et qui consiste à soutenir l’organisation d’un référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui.
    Dans son édition de mardi, le New York Times, se basant, sur des sources diplomatiques a expliqué que la décision de Trump pourrait être annulée par l’administration Biden qui prendra les commandes de la Maison-Blanche à partir du 20 janvier prochain.
    Une annulation qui pourrait être expliquée par le fait que la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental soit contraire à l’un des principes fondateurs des Etats-Unis à savoir le soutien du droit à l’autodétermination.
    D’autre part, les Etats-Unis en tant que porte-plume des résolutions sur le Sahara occidental au Conseil de sécurité ne peuvent prendre parti en faveur d’une partie du conflit d’où le rappel à l’ordre, diplomatique, émis par Christoph Heusgen.
    Par ailleurs, le diplomate allemand a insisté sur l’importance d’accélérer la nomination d’un envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, afin de contribuer à la reprise du processus politique, à l’arrêt depuis la démission de l’ancien émissaire, Horst Kohler, en mai 2019.
    «Nous assistons donc à une stagnation du processus politique et nous avons besoin, en urgence, d’un nouvel envoyé personnel. Nous savons à quel point cette personne est difficile à trouver, car une telle personne doit être acceptable pour les deux parties. Si nous n’y parvenons pas, le processus politique s’effondrera», a-t-il soutenu.
    L’ambassadeur a affirmé que le conflit au Sahara occidental avait besoin «d’une revitalisation du processus politique» et «d’un règlement négocié réaliste, pratique et durable». (SPS)
    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #ONU #Décolonisation #Allemagne #DonaldTrump #EtatsUnis #USA
  • L’attachement du Conseil de sécurité aux résolutions internationales, “une condamnation” de la politique d’occupation marocaine

    Le gouvernement sahraoui a estimé, mardi, que l’attachement du Conseil de sécurité aux résolutions internationales sur le règlement de la question du Sahara occidental était “une condamnation” de la politique d’occupation marocaine, visant à confisquer aux Sahraouis le droit inaliénable à l’autodétermination. 

    “L’attachement du Conseil de sécurité à la nature juridique de la question sahraouie et au règlement pacifique basé sur les résolutions de la légalité internationale constitue une condamnation de la politique de l’occupant et de ses complices visant à confisquer au peuple sahraoui le droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance”, a indiqué le gouvernement sahraoui dans un communiqué au lendemain de la séance à huis-clos tenue par le Conseil de sécurité sur le Sahara occidental. 
    Cette position est “un revers” à l’annonce du président sortant américain Donald Trump de la reconnaissance de “la souveraineté” présumée du Maroc sur le Sahara occidental, ajoute le communiqué. Des pays membres du conseil ont vivement critiqué la décision du président américain “qui fait perdre à son administration le droit de formuler les décisions relatives au Sahara occidental, dont elle jouissait auparavant, a fait savoir la même source. 
    Le Conseil de sécurité a tenu lundi une séance huis-clos sur les derniers développements de la situation au Sahara occidental, plus d’un mois après la violation par le Maroc du cessez-le-feu dans la zone tampon d’El Guerguerat et quelques jours après l’annonce faite par le président américain. 
    Citant des sources onusiennes, le gouvernement sahraoui a souligné que “l’Etat d’occupation marocain, avec la complicité de la France, a tenté comme à l’accoutumée d’entraver la tenue de cette séance “si son objet n’était pas un appel au cessez-le-feu”, souligne le gouvernement sahraoui, citant des sources onusiennes, ajoutant que “la déception a été grande pour l’occupant”, conclut la même source.
    Le Maghreb, 24 déc 2020
    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #ONU
  • Sahara occidental : l’ONU doit assumer ses responsabilités (président de l’APN)

    par R. N.

    Le président de l’Assemblée populaire nationale (APN), Slimane Chenine a réaffirmé, hier, le soutien des députés de la chambre basse du Parlement, au combat du peuple sahraoui pour son indépendance et a dénoncé par la même occasion la normalisation du Maroc avec l’entité sioniste.
    «La déclaration du président américain sortant au sujet du Sahara occidental ne pourra, en aucun cas, modifier la nature juridique et historique du Sahara occidental», a déclaré M. Chenine, lors des travaux d’une journée parlementaire, placée sous le thème : «Pour l’application du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination».
    La rencontre, organisée par la Commission des Affaires étrangères, de la Coopération et de l’Emigration à l’APN, s’est déroulée en présence du corps diplomatique accrédité en Algérie et nombre de personnalités nationales et d’experts. Le président de l’APN estime que le peuple sahraoui est attaché à ses «droits légitimes intransgressibles, irréductibles et inaliénables» à «poursuivre la résistance, sous toutes ses formes, dans le but de défendre son droit à l’autodétermination et à l’exercice de sa souveraineté sur son territoire».
    Pour M. Chenine, les événements survenus à El-Guerguerat «ont clairement influencé le processus de résistance du peuple sahraoui, en mettant en échec les stratégies de blackout médiatique, de contrevérités politiques et de la tergiversation de la diplomatie marocaine au Conseil de sécurité».
    La cause sahraouie plus visible médiatiquement
    Le président de l’APN enchaîne : «la cause sahraouie est désormais plus visible médiatiquement, au sein de l’ONU, de l’Union africaine (UA) et de toutes les instances internationales qui soutiennent la Cause sahraouie et appellent à la nécessité pour le Conseil de sécurité d’assumer ses responsabilités, dans la prise des décisions indispensables à la relance du processus de règlement» qui «doit passer par la nomination de l’envoyé spécial du Secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental» et doit obliger le Maroc à «respecter le cessez-le-feu, conclu en septembre 1991, la protection des civils sahraouis des politiques de répression marocaines, ainsi que par l’interdiction du pillage des richesses minières et halieutiques sahraouies».
    Pour Slimane Chenine, le Secrétaire général de l’ONU «doit consulter son conseiller juridique sur le caractère illégal de l’ouverture de représentations diplomatiques étrangères dans les territoires occupés du Sahara occidental». Il a également rappelé que «l’autodétermination est un droit garanti dans le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), la résolution onusienne 1514 et dans les différents pactes régionaux relatifs aux droits de l’Homme, dont la Charte africaine des droits de l’Homme et des Peuples».
    Le président de l’APN a rappelé, par la même occasion, les positions de l’Algérie à l’égard du droit des peuples à l’autodétermination, «fondées sur des principes inébranlables, loin de tous calculs géopolitiques», soulignant la disponibilité de la première chambre pour «accompagner l’Assemblée nationale sahraouie, dans le renforcement de ses capacités parlementaires, en matière de formation, de partage des meilleures pratiques parlementaires, notamment au niveau de la diplomatie parlementaire, et de coordination de nos positions dans les cadres parlementaires multilatéraux dans lesquels nous sommes membres, au service de la cause de nos frères sahraouis».
    Le Quotidien d’Oran, 24 déc 2020
  • A l’approche de la réunion du Conseil de Sécurité sur le Sahara Occidental : Baker et Bolton reviennent à la charge

    À L’APPROCHE DE LA TENUE D’UNE RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

    James Baker et John Bolton reviennent à la charge sur le Sahara Occidental
    par Tarek Hafid
    James Baker et John Bolton ont une nouvelle fois critiqué la décision du Président Donald Trump de reconnaître la «marocanité» du Sahara Occidental. Des sorties publiques qui interviennent à quelques jours d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée au dossier sahraoui. 
    Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – Dans une tribune publiée jeudi dans le Washington Post, James Baker a une nouvelle fois condamné la signature par le Président américain sortant d’une proclamation reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental.
    « La reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental par l’administration Trump est un revirement majeur et regrettable dans une politique américaine au long cours défendue aussi bien par les démocrates que par les républicains. Les États-Unis ont abandonné de manière imprudente leurs principes pour quelque chose qui ne changera rien à la position de la communauté internationale en ce qui concerne la résolution du conflit», a écrit l’ancien secrétaire d’État américain et ancien envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara Occidental. Selon lui, cette reconnaissante risque de provoquer une situation chaotique au Maghreb et au Sahel avec «la possibilité d’une montée des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario redoutant qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique et d’autres groupes terroristes puissent exploiter la situation». 
    James Baker a appelé le Président élu Joe Biden à «annuler cette décision téméraire et cynique». Auparavant, Baker n’avait pas hésité à qualifier de «chantage absurde sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». 
    Selon lui, «l’administration américaine aurait pu se passer d’un tel marchandage et promouvoir un accord de normalisation entre Israël et le Maroc, similaire à celui signé avec les Émirats arabes et Bahreïn». 
    «Minimiser les dommages»
    C’est également à travers une tribune que John Bolton, ancien conseiller à la Sécurité nationale du Président Donald Trump, a choisi de s’exprimer sur la question du dossier sahraoui. Dans ce long texte publié par Foreign Policy, il appelle lui aussi Joe Biden à ne pas prendre en considération la décision de son prédécesseur. «Du point de vue de la politique américaine, le meilleur résultat serait pour Biden, une fois inauguré, d’annuler l’acquiescement de Trump à la souveraineté marocaine. Ce ne sera pas facile, étant donné les attentes — si erronées soient-elles — déjà construites à Rabat et à Jérusalem. Si Biden veut faire un virage à 180 degrés, il doit le faire immédiatement lors de sa prise de fonction, ce qui minimiserait les dommages.» Il estime que la décision que prendra Biden n’aura pas de conséquences sur les intérêts des États de la région, y compris pour Israël. 
    «Pour l’Algérie, la Mauritanie, Israël et les dirigeants européens, il n’y a pas grand-chose à perdre si Biden annule la décision malavisée de Trump. Ce sera un soulagement bienvenu que la perspective d’un conflit avec le Maroc ait au moins été reportée. Ces États devraient tous insister sur le fait que l’avenir du Sahara Occidental ne doit pas être mis de côté, un développement qui ne profite qu’au Maroc, étant donné son contrôle de facto sur la majeure partie du territoire. Bahreïn et les Émirats arabes unis ont déjà libéré Israël de l’isolement diplomatique formel auquel il était confronté depuis de nombreuses années. Tout ce que le Maroc fait en réponse à une nouvelle politique Biden qui réaffirme le statu quo du Sahara Occidental n’affectera que légèrement Israël», précise Bolton dans cette tribune.
    Forcing US
    Ces sorties médiatiques interviennent quelques jours avant la tenue d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU durant laquelle la question du Sahara Occidental sera débattue. Programmée lundi 21 décembre, cette réunion à huis clos a été convoquée à la demande de l’Allemagne, membre non-permanent du Conseil de sécurité. 
    Cette rencontre sera importante dans le sens qu’elle permettra de confirmer la position des États-Unis, membre permanent de ce conseil, vis-à-vis du dossier du Sahara Occidental. Il est peu probable que l’administration Trump change de position puisque sa représentante à l’ONU, Kelly Craft, a soumis la proclamation de reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental au secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, et aux membres du Conseil de sécurité. 
    Un acte perçu comme un forcing de la part de l’équipe du Président sortant, surtout que cette proclamation n’a pas de valeur juridique aux États-Unis puisqu’elle n’a pas été adoptée par les membres du Congrès.
    T. H.
    Le Soir d’Algérie, 19 déc 2020

  • Sahara Occidental : La décision de Trump « n’y changera rien » (James Baker)

    POSITION DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE SUR LA RÉSOLUTION DU CONFLIT AU SAHARA OCCIDENTAL : La décision de Trump « n’y changera rien », selon James Baker

    La reconnaissance, par le président sortant Donald Trump, de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental risque de créer un climat d’instabilité en Afrique du Nord, a indiqué, l’ancien secrétaire d’État américain, James Baker. Dans une tribune publiée dans le Washington Post, M. Baker n’a pas écarté « la possibilité d’une montée des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario », estimant que la décision « téméraire » du président américain sortant pourrait ainsi avoir de « sérieuses répercussions ». 
    Trump avait annoncé, le 10 décembre courant, reconnaître le Sahara occidental comme faisant partie du territoire marocain en contrepartie de la normalisation par le Maroc de ses relations avec l’entité sionsite. D’autre part, cette décision, selon Baker pourrait « compliquer » les relations entre les États-Unis et l’Algérie « un important partenaire stratégique ». « La détérioration de nos relations avec l’Algérie, principal défenseur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination pourrait affecter l’avenir de nos relations commerciales ainsi que notre coopération militaire et en matière de lutte anti-terroriste », a-t-il soutenu. 
    James Baker a considéré la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental comme « un étonnant abandon des principes du Droit international par les États-Unis ainsi que ses propres principes diplomatiques « . Il a déclaré, que « Les États-Unis ont abandonné de manière imprudente leurs principes pour quelque chose qui ne changera rien à la position de la communauté internationale en ce qui concerne la résolution du conflit », a-t-il assuré, appelant le président Biden à annuler cette décision téméraire et cynique ». « L’action téméraire (de Trump) présentée comme une (démarche) diplomatique aggravera une situation déjà dans l’impasse, celle du règlement du long conflit opposant le Maroc au peuple sahraoui autour du territoire (sahraoui) », a déploré l’ancien émissaire de l’ONU. 
    Qualifiant la décision prise par Trump de « cynique », Baker a insisté sur le fait que les Etats-Unis « ne devaient pas tourner le dos au peuple sahraoui » en tentant, a-t-il ajouté « de rendre meilleures les relations entre Israël et ses voisins ». « Dès 1975, lorsque le Maroc a pris le contrôle du Sahara occidental par la force après le retrait de l’Espagne, les États-Unis et la plupart des membres de la communauté internationale ont refusé de reconnaître la légitimité de cette revendication ( la souveraineté sur le Sahara occidental) », a rappelé l’ancien secrétaire d’État. 
    « La reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental par l’administration Trump est un revirement majeur et regrettable dans une politique américaine au long cours défendue aussi bien par les Démocrates que par les Républicains », a-t-il signalé notant que l’annonce faite par Trump pourrait affecter l’image des États-Unis et mettre en doute ses engagements sur le plan international. 
    Le président Joe Biden occupera ses fonctions de président des États-Unis à partir du 20 janvier prochain.
    M. B.
    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara