Category: Sahara Occidental

  • Sahara Occidental : Rabat cherche l’escalade

    Agression marocaine à El-Guerguerat : Rabat cherche l’escalade

    L’action du Maroc a suscité une large désapprobation à l’échelle mondiale. De très nombreux pays et organisations ont dénoncé l’agression marocaine et appelé au retour du processus onusien, censé déboucher sur l’autodétermination du peuple saharaoui.

    Les conséquences directes de la violation par le Maroc du cessez-le-feu au Sahara occidental portent en elles les germes d’une résurgence du conflit et sont susceptibles de mettre la région sous une tension extrême.

    C’est la crainte exprimée par le secrétaire général de l’ONU. Antonio Guterres a, en effet, mis en garde contre les répercussions des derniers développements survenus dans la région d’El-Guerguerat.

    Rappelons que l’escalade a été provoquée par l’agression marocaine contre les manifestants pacifiques. Le chef de l’ONU, dont on reproche le long retard mis pour désigner un envoyé spécial, censé mettre en œuvre les résolutions de l’Onu sur le Sahara occidental, a réitéré la position de l’organisation onusienne et défendu le principe du cessez-le-feu signé en 1991 entre les deux parties belligérantes. M.Guterres a même clairement pris position contre l’agression du Maroc et ce, à travers une communication téléphonique qu’il a eu, à sa demande, avec un membre du Secrétariat du Front Polisario, Khatri Adouh.

    Lors de l’entretien, le SG de l’Onu a transmis à Brahim Ghali, président de la République arabe sahraouie démocratique «la profonde préoccupation de l’ONU suite aux derniers développements dans la région d’El-Guerguerat ainsi que les répercussions possibles sur l’avenir du processus de paix sous l’égide de l’ONU au Sahara Occidental». L’agence de presse sahraouie (SPS) qui rapporte cette information affirme que ledit entretien téléphonique, participe d’une démarche du SG de l’ONU qui entend maintenir un contact soutenu avec les parties du conflit, à savoir le Front Polisario et le Royaume du Maroc. L’objectif de cette action diplomatique de l’Onu est d’ «apaiser la situation due à l’escalade militaire menée par l’occupation marocaine à El Guerguerat et de ses agressions contre les civiles et le territoire sahraouis», note la même la source.

    On retiendra de cette première prise de contact depuis la violation du cessez-le-feu, une posture invariable de la RASD qui, à travers M. Adouh, «a réitéré la position de la partie sahraouie qui a été exprimée à maintes reprises à travers des messages adressés par le président de la RASD et le SG de l’ONU au Conseil de sécurité, dont le message adressé hier vendredi qui résume la position du Front Polisario vis-à-vis des sources de tension et les démarches devant être prises dans ce cadre par le secrétariat général de l’ONU et le Conseil de sécurité», souligne SPS.

    Il faut dire que l’action du Maroc a suscité une large désapprobation à l’échelle mondiale. De très nombreux pays et organisations ont dénoncé l’agression marocaine et appelé au retour du processus onusien, censé déboucher sur l’autodétermination du peuple sahraoui.
    Concernant les canaux diplomatiques officielles, on retiendra la lettre urgente adressée au secrétaire général de l’ONU et à la Représentante permanente de Saint-Vincent-et-les Grenadines auprès des Nations Unies, Rhonda King, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, où le Président sahraoui, Ibrahim Ghali, les a informés des répercussions de l’attaque agressive lancée par les forces militaires marocaines contre des civils sahraouis non armés manifestant pacifiquement à El Guerguerat.

    «Face à cet acte d’agression, les forces militaires du Front Polisario ont été contraintes d’intervenir face aux forces marocaines en état de légitime défense et de protéger les civils», souligne le président de la RASD.
    Anissa Mesdouf

    Source : Ouest Tribune, 17 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #ONU #MINURSO 

  • Maroc : Panique générale dans les rangs de l’armée

    ARMÉE ROYALE MAROCAINE : Panique générale dans les rangs

    L’ex-officier marocain de l’armée de l’air, Mostafa Adib, exilé en France a affirmé que « l’armée marocaine est prise de panique » suite à la décision du Front Polisario de se désengager de l’accord de cessez-le-feu.

    « Des informations provenant des forces armées marocaines font état de difficultés rencontrées par le souverain marocain à organiser le redéploiement des militaires au niveau des différents points du mur. Des soldats passent la nuit sur les routes et dans des moyens de transport sans nourritures ni couvertures », a-t-il fait savoir selon plusieurs sources médiatiques sahraouies. Diplômé de l’école royale de l’Air (ERA), Mostafa Adib a également indiqué que l’armée marocaine « est empêtrée dans la distribution des armes individuelles et des rations pour les soldats et craint de ne plus maîtriser la situation ». « Une solution consensuelle pour le redéploiement des armes lourdes et des unités d’intervention rapide tout au long du mur de la honte et même derrière n’a toujours pas été trouvée » a-t-il révélé.

    Et à l’ancien gradé de l’armée royale de détailler par ses propos que « chacun des responsables sur le terrain demande davantage de protection pour lui et son bataillon dans un climat tendu marqué par un déficit de moyens valables pour le déploiement et l’utilisation ». « Des désertions dans les rangs des soldats voire des cas de refus d’obtempérer au sein des casernes sises dans les territoires occupés ou même au Maroc ont été enregistrés », a témoigné l’ex-officier marocain, ajoutant que « les officiers supérieurs de l’armée marocaine sont placés sur écoute et sous surveillance des services royaux, car indignes de confiance, semble-t-il, et un remaniement est attendu dans les postes des hauts responsables militaires.

    Mustapha Adib s’est fait connaître par la publication d’un ouvrage retentissant décrivant dans le détail les échecs de l’Armée marocaine au Sahara occidental, lors des grandes offensives militaires sahraouies et qui ont poussé Hassan II à accepter le cessez le feu et le référendum d’autodétermination.

    D’autre part les unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) poursuivent, les attaques et bombardements contre les sites de retranchement des soldats de l’occupation marocaine le long de la ceinture de séparation, a annoncé le ministère sahraoui de la Défense dans un communiqué.

    »Les combattants de l’Armée de libération sahraouie ont poursuivi, au troisième jour consécutif, leurs attaques et leurs bombardements des lieux de retranchement des soldats de l’occupation marocaine le long de la ceinture, malgré des survols aériens de l’ennemi », indique le communiqué militaire (N 3) du ministère sahraoui.

    Les bombardements ont ciblé plusieurs centres, notamment les bases 17 et 18 à Farsia, la base 13 relevant du régiment 67 à Bekkari, la base 04 du régiment 64 dans la région de Diret, le point d’observation 71 de la base 07 entre Laariche et Fedret Laghrab à Haouza. Le communiqué a également fait état du bombardement de la base 25 relevant du régiment 40 dans la région Oum Lakta, la base 20 du bataillon d’infanterie 68 dans la région d’Adim Adjloud. Ce bombardement a fait « des morts et des blessés, alors que d’autres ont fui les champs de bataille », ajoute le communiqué.
    M. B.

    Le Courrier d’Algérie, 17 nov 2020

    Tags : #Sahara Occidental #Maroc #Polisario

  • Le silence de la communauté internationale sur le Sahara occidental

    Par Enguiya Mohamed Lahu *

    TINDOUF, Algérie, 16 novembre 2020 (IPS) – Toute ma vie, j’ai été oubliée. Je suis une réfugiée sahraouie, née et élevée dans le désert algérien, où mon peuple est resté déplacé pendant 45 ans, en attendant le moment où nous pourrons enfin retourner dans notre patrie, le Sahara occidental.

    En attendant, nous endurons des conditions de vie inimaginables pour la plupart – les températures montent ici au-dessus de 50 degrés Celsius en été et descendent en dessous de zéro en hiver. L’eau est rare et nous est livrée de manière irrégulière par des camions ou par des tuyaux d’arrosage détériorés.

    Nos familles dépendent des distributions de nourriture des agences humanitaires pour survivre, et beaucoup d’entre nous sont aux prises avec des problèmes de santé liés à des carences nutritionnelles, telles que la malnutrition, l’anémie et le retard de croissance. Et pourtant, une grande partie du monde ignore notre existence – en fait, l’Union européenne considère notre sort comme une «crise oubliée».

    Le Sahara occidental, la dernière colonie restante en Afrique, est sous occupation marocaine depuis la signature des accords de Madrid le 14 novembre 1975. En 1991, avec l’accord de cessez-le-feu et la création d’une force de maintien de la paix des Nations Unies, l’ONU promesse au peuple sahraoui qu’un référendum serait organisé, nous permettant de décider librement et équitablement de notre propre sort. Des décennies plus tard, cette promesse n’a pas été tenue et notre confiance dans la communauté internationale s’érode.

    Pendant ce temps, une autre génération de réfugiés est née et a grandi dans le déplacement, parfaitement consciente que la communauté internationale nous a abandonnés. Face à la perspective d’élever nos propres enfants à des centaines de kilomètres de notre patrie, la frustration des jeunes des camps de réfugiés est devenue palpable.

    Nova, une organisation de la société civile sahraouie dirigée par des jeunes que j’ai été élue pour diriger cette année, travaille dans les camps pour promouvoir la non-violence et canaliser la frustration des jeunes de manière constructive et pacifique. Mais sans mesures concrètes prises par la communauté internationale pour faciliter le processus de paix, notre espoir d’une résolution pacifique du conflit disparaît.

    Combien de décennies encore faudra-t-il pour éradiquer le colonialisme? Quand le peuple sahraoui aura-t-il enfin la possibilité de déterminer notre avenir? Notre seul rêve est de pouvoir retourner dans notre patrie librement et en paix.

    Bien que nous comprenions que les défis qui doivent être surmontés pour que ce rêve devienne réalité sont immenses, Nova pense qu’il existe un certain nombre de mesures que l’ONU et la communauté internationale peuvent prendre pour inspirer confiance au peuple sahraoui, et à la jeunesse sahraouie en particulier.

    Premièrement, le secrétaire général des Nations unies doit immédiatement nommer un envoyé personnel des Nations unies pour le Sahara occidental. Cela fait 18 mois – un laps de temps inexcusable – que l’ancien Envoyé personnel a démissionné en 2019. Il est de la responsabilité de l’Envoyé de diriger le processus politique, et au cours de la dernière année et demie, nous avons vu les négociations politiques s’interrompre complètement. .

    Nous ne pouvons nous permettre de perdre davantage d’élan vers la paix. Dès que le nouvel Envoyé est nommé, il ou elle devrait rencontrer des représentants de la jeunesse dans les camps de réfugiés sahraouis et dans le territoire du Sahara occidental sous occupation marocaine afin de mieux comprendre nos expériences de ce conflit en cours.

    Deuxièmement, l’ONU et la communauté internationale doivent veiller à ce que le processus de paix, une fois relancé, soit inclusif et représentatif. L’Envoyé personnel et le Conseil de sécurité des Nations Unies devraient soutenir et faciliter la participation des jeunes et des femmes au processus de négociation. C’est notre avenir qui sera le plus touché par les décisions prises au cours de ce processus, et donc nos voix méritent d’être représentées à la table des négociations.

    Enfin, l’ONU et les gouvernements du monde entier devraient exprimer leur soutien en faveur d’un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément au droit international. Lorsque le Maroc a accepté les termes du cessez-le-feu il y a des décennies, il s’est engagé à permettre au peuple du Sahara occidental d’exercer son droit à l’autodétermination sans contrainte. Beaucoup de membres de Nova – moi y compris – ne sont même pas nés lorsque ces conditions ont été convenues, et pourtant elles ne sont toujours pas remplies.

    Le silence de la communauté internationale sur le Sahara occidental et la situation de mon peuple équivaut à accepter des décennies de souffrance et d’injustice. Les réfugiés sahraouis ne pourront pas vivre véritablement dans la dignité tant qu’une solution politique juste et durable garantissant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental n’aura pas été trouvée. Après 45 ans, il est temps d’agir au niveau mondial pour la paix.

    Note de bas de page:
    Dans une déclaration du 13 novembre, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré aux journalistes: «Ces derniers jours, les Nations Unies, y compris le Secrétaire général, ont été impliqués dans de multiples initiatives pour éviter une escalade de la situation dans la bande mettre en garde contre les violations du cessez-le-feu et les graves conséquences de tout changement du statu quo. Le Secrétaire général regrette que ces efforts se soient avérés infructueux et se déclare profondément préoccupé par les conséquences possibles des derniers développements ».

    Il a également déclaré que le Secrétaire général restait résolu à faire tout son possible pour éviter l’effondrement du cessez-le-feu en place depuis le 6 septembre 1991 et qu’il était déterminé à faire tout son possible pour éliminer tous les obstacles à la reprise du processus politique.
    La Mission des Nations Unies, la MINURSO, est résolue à continuer de s’acquitter de son mandat et le Secrétaire général appelle les parties à assurer une totale liberté de mouvement à la MINURSO conformément à son mandat.

    * Enguiya Mohamed Lahu est président de Nova, une organisation de jeunesse sahraouie pour la promotion de la non-violence.

    IPS, 16 nov 2020

    Tags : #Sahara Occidental #Maroc #Polisario #ONU #MINURSO

  • La nouvelle guerre des États-Unis contre le Sahara occidental

    par David Swanson / 16 novembre 2020

    Le secrétaire à la Défense William S. Cohen (à gauche) et son épouse Janet Langhart Cohen (au centre) rencontrent le roi Mohammed VI, du Maroc, à son palais de Marrakech, le 11 février 2000. Cohen et le Roi ont convenu d’ouvrir un dialogue élargi sur la sécurité et la défense, et ont discuté des façons dont le Maroc pourrait élargir son rôle de leadership dans la promotion de la stabilité régionale en Méditerranée et sur le continent africain. Photo du DoD par R. D. Ward. (publiée)

    Je n’utilise pas à mauvais escient le mot « guerre » pour désigner quelque chose comme la guerre de Noël, la guerre contre la drogue ou un discours à la télévision que quelqu’un d’autre a insulté. Il y a une nouvelle guerre américaine au Sahara Occidental, menée par le Maroc avec le soutien de l’armée américaine. L’armée américaine, à l’insu de la plupart des gens aux États-Unis — c’est parfaitement connu, mais peu s’en soucient — entraîne et finance les forces armées du monde, encadrant presque tous les gouvernements les plus brutaux du monde. Je ne peux pas comparer cela à l’indignation des médias américains contre le fait que le gouvernement américain nourrisse quelques personnes affamées aux États-Unis, parce qu’il n’y a pas du tout d’indignation à ce sujet. L’une des personnes que l’armée américaine appuie est:

    Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Commandeur des Croyants, Que Dieu lui accorde la Victoire, du Maroc.

    Oui, c’est son nom. Le roi Mohammed VI est devenu roi en 1999, ce qui semble avoir été une année record pour les nouveaux dictateurs. Ce roi avait les qualités inhabituelles pour le travail de son père mourant et son propre cœur battant — oh, et étant un descendant de Mahomet. Le roi est divorcé. Il parcourt le monde en prenant plus de selfies qu’Elizabeth Warren, y compris avec les présidents des États-Unis et la royauté britannique.

    Que Dieu lui accorde la Victoire, l’éducation comprenait l’étude à Bruxelles avec le président de la Commission européenne de l’époque Jacques Delors, et l’étude à l’Université française de Nice Sophia Antipolis. En 1994, il devient commandant en chef de l’Armée royale marocaine.

    Le roi, sa famille et son gouvernement sont réputés corrompus, et une partie de cette corruption a été révélée par WikiLeaks et The Guardian. En 2015, Forbes avait inscrit le Commandeur des Croyants au cinquième rang des personnes les plus riches d’Afrique, avec 5,7 milliards de dollars.

    Le département d’État américain a noté en 2018 que « Les questions relatives aux droits de l’homme comprenaient des allégations de torture par certains membres des forces de sécurité, bien que le gouvernement ait condamné cette pratique et déployé des efforts considérables pour enquêter sur les rapports et y donner suite; des allégations selon lesquelles il y avait des prisonniers politiques; des limites indues à la liberté d’expression, y compris la criminalisation de la diffamation et de certains contenus critiquant l’islam, la monarchie et la position du gouvernement concernant l’intégrité territoriale, les limites à la liberté de réunion et d’association, la corruption et la criminalisation des lesbiennes, comportement gai, bisexuel, transgenre ou intersexuel (LGBTI). »

    Le département d’État a choisi de ne pas mentionner le soutien des États-Unis à l’armée marocaine, ou l’occupation militaire marocaine du territoire appartenant au peuple du Sahara Occidental. Peut-être que discuter de certains sujets ne serait tout simplement pas bon pour les affaires.

    Dissident Voice

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Etats-Unis, USA, Mohammed VI, 

  • Maroc : Gare aux voix soutenant l’autodétermination au Sahara Occidental

    LE MAKHZEN CIBLE LES VOIX LIBRES AU MAROC : Toute expression soutenant le droit international est à bannir

    Le parti d’opposition marocain « Annhj Addimocrati » a exprimé sa position de principe sur la cause juste du peuple sahraoui, réitérant sa posture en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, en réaction aux derniers évènements survenus à El-Guerguerat, suite à la violation par le Maroc de l’Accord du cessez-le feu de 1991, qu’il a signé sous l’égide des Nations unies avec le Front Polisario. Le secrétariat général du parti d’opposition marocain, Annahj Addimocrati, affirmant sa position en faveur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination à la suite de l’agression militaire marocaine à El-Guerguerat, a appelé, dimanche dernier « à éviter l’escalade » car, d’après ce parti, « le conflit comporte des dangers pour la région et ses peuples ». 
    La position de ce parti marocain progressiste a encore une fois, suscité le déchaînement non seulement de la presse aux ordres du Palais mais aussi des voix du Mahkzen, considérant la position du parti Annahj Adidimocraty comme « déclaration de trahison » selon leurs propos. Il est à rappeler que quelques années avant son décès, l’homme fort du Roi Hassan l’ex-ministre marocain de l’Intérieur, Driss Basri, alors en retraite, avait déclaré que « l’indépendance du Sahara occidental est une question de temps » et qu’il était en faveur « de la tenue du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui ».
    Les déclarations de l’ex-puissant ministre de l’Intérieur durant le règne du père du Roi Mohamed VI, avait affirmé, sa position précitée, sur le Sahara occidental, dans des médias étrangers, notamment au quotidien espagnol La Razon, au moment où le royaume chérifien, entamait sa campagne en faveur « de l’autonomie » dès 2004, laquelle proposition de Mohamed VI est en opposition de ce que dicte la légalité internationale concernant le Sahara occidental, question de décolonisation inscrite à l’Onu depuis 1966. La presse marocaine avait accusé Driss Basri de tous les maux, usant même «de félonie» dans bon nombre de ses titres. 
    La position exprimée par le parti progressiste marocain, lequel subit un blakout pesant des médias marocains, notamment sur ses analyses et positions sur les questions liées à la vie socio-économique et politique marocaine et également sur sa position sur la question du Sahara occidental, conforme aux principes et textes de la Charte de l’ONU et des résolutions dont la 1514, relative aux droits des peuples à disposer d’eux-mêmes. La presse marocaine qui s’est attaquée au parti progressiste, notamment sur le fait qu’il use du Sahara occidental et non de ce qui est sacré pour le Palais royal et le Makhzen, le Sahara «marocain», fait semblant d’ignorer que le Maroc siège à l’UA, Institution continentale comptant parmi ses membres fondateurs la République arabe sahraouie démocratique, et siège à l’ONU, où le Front Polisario a ses représentants, comme ceux aussi auprès de l’UE pour ne citer que ces cas de figure.
    Karima Bennour
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Annahj Addimocrati, La Voie Démocratique, 
  • Sahara Occidental : L’ONU confirme les accrochages entre le Maroc et le Polisario

    Dans le point de presse quotidien, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU a confirmé lundi l’existence d’affrontements armés entre le Front Polisario et le Maroc.

    A la question de “pouvez-vous confirmer, sur le Sahara occidental, un échange de tirs entre les deux parties?”, Stephane Dujarric a répondu que “la Mission, la MINURSO [Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental], a reçu des rapports des deux parties faisant état d’incidents de tirs de nuit dans le territoire à divers endroits le long de la berme. La Mission continue d’exhorter les parties à faire preuve de retenue et à prendre toutes les mesures nécessaires pour désamorcer les tensions, et nos collègues sur le terrain au Sahara occidental continuent de suivre la situation de très près. 
    Le même journaliste qui a posé cette question a indiqué que “que ce serait bien si nous pouvions également avoir un contact avec la MINURSO, je veux dire même pour les journalistes au Maroc, car il est très difficile d’avoir des informations de leur part”. 
    “D’accord. Bien reçu”, a répliqué le responsable onusien.
    Pour rappel, dans un quatrième communiqué de guerre, le Front Polisario a fait part de nombreux attaques de ses forces contre le mur de défense marocain à Mahbes, Farsia, Haouza, Oum Legta, Galb Diret, Amgala, Aousserd, Oum Dreiga El Guerguerate, etc…
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, ONU, MINURSO, 
  • Pour qui roule l’OCI ?

    par Abdelkrim Zerzouri


    Au nom de qui parle l’Organisation de la coopération islamique (OCI) quand elle apporte son soutien à l’intervention militaire des forces armées marocaines dans la zone tampon d’El Guerguerat ? Le secrétariat général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a exprimé, avant-hier, son soutien aux mesures prises par le Maroc « pour garantir la liberté de circulation civile et commerciale dans la zone tampon d’El Guerguerat, au Sahara occidental ». Tout en condamnant toute menace de trafic dans cette région reliant le Maroc et la Mauritanie, et appelant à la désescalade et au respect des décisions de légitimité internationale. L’agression militaire du Maroc contre des civils qui manifestaient pacifiquement contre l’exploitation illégale de ce poste frontalier, situé dans une zone sous contrôle de l’ONU et non des Marocains, commence à donner lieu à la formation des blocs de soutien à l’une ou l’autre partie.

    C’est compréhensible que des pays, y compris parmi ceux qui appellent les deux antagonistes, le Maroc et le Front Polisario, au calme et à la retenue, se rangent derrière l’un ou l’autre, selon les tendances politico-militaires clairement exprimées ou cachées, mais quand l’OCI affiche une pareille position, franche et sans équivoque, épousant la cause des Marocains contre le Front Polisario, on ne peut qu’être époustouflé devant cet impair. De par la nature de cette organisation intergouvernementale, composée de 57 Etats membres, dont l’Algérie et d’autres pays, qui ont déploré, eux, clairement les «graves violations» du cessez-le-feu enregistrées vendredi dans la zone d’El Guerguerat au sud-ouest du Sahara occidental, appelant à la «cessation immédiate» de ces opérations militaires, ainsi que ses buts, parmi lesquels figurent l’élimination de la discrimination raciale et le colonialisme sous toutes ses formes, ce soutien n’a vraiment pas lieu d’être.

    On comprendrait pareille position qui émanerait d’Israël, des Emirats arabes unis, d’autres pays du Golfe, mais pas celle de l’OCI à laquelle sied la neutralité dans ce conflit entre musulmans, à défaut de défendre la légalité internationale et l’élimination du colonialisme, comme le définit sa charte. Et si ce soutien n’est qu’une orientation de l’Arabie Saoudite, pourquoi d’autres pays feraient-ils, alors, partie d’une organisation dont les intérêts et les principes sont à l’opposé de leur dogme ? A fortiori, l’OCI devait consulter les Etats membres à travers un sommet ou un Conseil des ministres des Affaires étrangères (CMAE), qui est le deuxième organe décisionnel après le sommet, avant de faire part de sa position à l’égard de ce problème qui se trouve sur la table de l’ONU depuis près d’un demi-siècle, sans avoir encore trouvé une solution. Quelles conséquences pourrait avoir ce comportement unilatéral et empressé de l’OCI, qui se met à la même longueur d’onde de pays qui ont déjà normalisé, ou favorable à une normalisation, de leur relation avec Israël ?

    Le Quotidien d’Oran, 16 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, OCI, Organisation de la coopération islamique, El Guerguerate,

  • Sahara Occidental : aide humanitaire algérienne aux réfugiés sahraouis

    L’aide humanitaire de l’Algérie au peuple sahraoui est arrivée lundi à l’aéroport de Tindouf

    L’aide humanitaire de l’Algérie au peuple sahraoui constituée de 60 tonnes est arrivée lundi matin à bord de deux avions militaires relevant des Forces Aériennes Algériennes, à l’aéroport Commandant Ferradj de Tindouf.
    Ces aides constituées de denrées alimentaires et de matériels pharmaceutiques ont été chargées, dimanche, depuis la Base Militaire de Boufarik (Blida) par les autorités civiles et militaires, à destination de la wilaya de Tindouf, en collaboration avec les cadres du Croissant rouge algérien (CRA).
    Lors de la supervision de l’opération de chargement de ces aides, en présence du Commandant de la Base aérienne de Boufarik, le général Djenadbia Faouzi, de l’Ambassadeur de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) à Alger, Abdelkader Taleb Omar et du représentant du Haut Commissariat aux Réfugies en Algérie, Agostino Mulas, la présidente du CRA, Mme Saïda Benhabiles a affirmé que ces aides sont constituées de denrées alimentaires de première nécessité et de produits désinfectants.
    Cette initiative humanitaire s’inscrit dans le cadre du “soutien constant et indéfectible du peuple algérien au peuple sahraoui frère qui vit des conditions humanitaires difficiles”, a ajouté Mme Benhabiles, saluant le rôle de l’Armée nationale populaire (ANP) dans “le soutien des opérations humanitaires de manière générale, ainsi que celles menées par le CRA, le bras humanitaire des pouvoirs publics”.
    A cette occasion, l’ambassadeur sahraoui a présenté ses remerciements au peuple algérien pour son soutien au peuple sahraoui, saluant les efforts de l’ANP dans l’acheminement des aides humanitaires aux réfugiés sahraouis.
    Algérie1, 16 nov 2020
  • Après l’agression marocaine: La guerre au Sahara

    Des bruits de bottes aux premières escarmouches, le Sahara occidental est depuis samedi en état de guerre. Après la violation de l’accord de cessez-le-feu de 1991, au niveau de la zone tampon de Guerguerat, et l’agression caractérisée de l’armée marocaine contre des civils sahraouis, la tension est montée de plusieurs crans.

    L’armée sahraouie a riposté avant hier à l’attaque. Des informations font état de pilonnage sur des positions marocaines tout au long du mur des sables, qui divise le territoire sahraoui en deux, l’un occupé par Rabat et l’autre libéré. Aucun bilan n’est disponible sur ces opérations de pilonnage. Les mêmes informations font état d’un vaste mouvement de troupes marocaines, sur certaines zones plus au sud. Même le gouvernement mauritanien semble nourrir des inquiétudes dans cette région proche du plus grand port du pays et son poumon économique, Nouadhibou. Des témoins auraient constaté la venue de renforts des unités militaires mauritaniennes, qui ont pris position sur certaines axes stratégiques. Des patrouilles ont été également observées et des mesures de protection ont été prises. Chez les marocains, c’est encore le blackout. Les médias locaux poursuivent leurs discours propagandistes, occultant sur ce qui s’est passé réellement dans cette région tampon et source de conflit depuis de longues années.

    Côté sahraoui, c’est l’alerte générale. Des centaines de jeunes sahraouis se sont rassemblées à l’entrée des bases militaires de l’armée sahraouie. Leur mot d’ordre est de s’enrôler rapidement dans ses rangs et répondre à l’appel de leur gouvernement pour défendre leurs terres et leurs droits. L’engouement de la jeunesse sahraouie est perceptible dans les territoires libérés. Une mobilisation à toute épreuve est constatée, même chez les associations féminines.

    Signe de la détermination, le Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), Ibrahim Ghali, à, officiellement, rompu l’accord de cessez-le-feu, entériné en 1991 entre le Maroc et la RASD, avant hier vendredi. C’est ce qu’a indiqué hier un communiqué de la présidence sahraouie.

    La même source a révélé que Ghali a instruit son état major militaire ainsi que le Conseil de sécurité de prendre toutes les dispositions subséquentes à ce décret présidentiel, entérinant de facto une situation de guerre. Pour rappel, l’Algérie a réagi, vendredi, à l’intervention marocaine dans la zone d’EL Guerguerat, au Sahara Occidental, appelant les deux parties à la retenue

    «L’Algérie déplore vivement les graves violations du cessez-le-feu enregistrées ce matin dans la zone d’El Guerguerat au Sahara occidental. Elle appelle à la cessation immédiate de ces opérations militaires, dont les conséquences sont de nature à affecter la stabilité de toute la région», écrit un communiqué du ministère des affaires étrangères (MAE).

    L’Algérie appelle les deux parties, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, «à faire preuve d’un sens de responsabilité et de retenue, et au respect, dans son intégralité, de l’Accord Militaire N°1, signé entre elles et l’ONU» est-il souligné.

    Affirmant, particulièrement, attendre du Secrétaire Général de l’ONU et de la MINURSO, l’accomplissement scrupuleux de leurs missions, sans restrictions ni entraves, et dans l’impartialité qu’exigent les développements actuels, l’Algérie réitère son appel à l’endroit du SG de l’ONU, en vue de la nomination, «dans les plus brefs délais, d’un Envoyé Personnel et la reprise effective des pourparlers politiques, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité, de l’Assemblée Générale de l’ONU et des Principes de la Charte», conclut le document du MAE.

    Le Jeune Indépendant, 15 nov 2020

  • M. Guterres, la situation est-elle toujours “calme” au Sahara Occidental?

    Fin octobre 2020, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré au Conseil de sécurité que la situation dans le conflit du Sahra occidental était calme. Cependant, il semble que le chef de l’ONU et le peuple sahraoui diffèrent dans la définition du concept “calme”.

    Pour le portugais, la situation est calme au Sahara Occidental tant qu’il n’y a pas de conflit armé. Sans s’offusquer des arrestations arbitraires, des enlèvements, du viol, de la détention, des procès en imposture, des appauvrissements forcés, du vol de leurs richesses naturelles, la destruction des habitations, des abus et des tortures de leurs enfants dans les écoles, des négligences médicales intentionnelles, destruction de biens, extermination du bétail, mines antipersonnel, séparation des familles…

    Le calme dont parle Guterres n’a rien à voir avec le calme attendu par les sahraouis. C’est un calme défini par le parti pris d’un responsable onusien soumis aux ordres de la France colonialiste et aveuglé par les cadeaux du Maroc. Un homme qui n’a plus aucune crédibilité auprès d’un peuple dont le seul délit est de revendiquer le droit légitime de se prononcer sur son destin à travers un référendum juste et libre tel que préconisé par les différentes résolutions du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Un peuple trahi par la plus haute instance internationale et qui ne fait plus confiance à des négociations visant à imposer une solution aux ingrédients de Paris et Washington.