Category: Maroc

  • Sahara Occidental : l’UE ignore sa propre cour sur le commerce de conflit

    Quatre ans se sont écoulés depuis que la Cour de justice de l’UE a décidé que les produits du Sahara Occidental occupé ne pouvaient pas être inclus dans les accords commerciaux UE-Maroc. Aujourd’hui, WSRW présente un rapport détaillant les efforts que l’UE déploie pour saper politiquement la décision.

    La plus haute Cour de l’Union Européenne a statué en décembre 2016 que le Sahara Occidental ne pouvait pas être inclus dans le champs d’application de l’accord commercial UE-Maroc. Pourtant, à ce jour, l’UE continue d’importer des produits de la pêche du Sahara Occidental, soutenant directement les revendications illégales du Maroc sur le territoire. Le seul ajustement que l’UE a fait à la suite de la décision historique a été d’admettre qu’ils font ce qu’ils ont toujours fait.

    Aujourd’hui, Western Sahara Resource Watch (WSRW) publie un rapport détaillé de la portée de la pratique illégale de l’UE :

    ● Elle accepte les déclarations d’origine erronées sur les documents douaniers et les certificats vétérinaires délivrés par les autorités marocaines sur les terres occupées,

    ● Elle accepte l’inclusion des entreprises situées au Sahara Occidental dans la liste des établissements agréés du gouvernement marocain,

    ● Elle renonce aux droits de douane sur ces marchandises,

    ● Elle entrave activement la collecte de données sur les flux commerciaux du territoire.

    Téléchargez le rapport en anglais (version en français à venir) : Au-dessus des lois – Comment l’UE importe ostensiblement des produits de la pêche du Sahara Occidental occupé, ignorant sa propre Cour de justice.

    Le soutien tacite de l’UE à l’exploitation du Sahara Occidental et la revendication intenable du Maroc sont une cause de profonde exaspération pour le peuple du territoire. La réponse militaire du Maroc à une récente manifestation des Sahraouis contre le pillage de leurs terres par le Maroc a conduit à une reprise du conflit armé, implosant une trêve de 29 ans négociée par l’ONU.

    La Cour de justice de l’UE a fixé en 2016 comme condition préalable que le peuple sahraoui doit consentir pour que le commerce de l’UE se déroule avec le territoire. Cela n’est jamais arrivé. Le rapport de WSRW documente qu’au lieu d’essayer d’obtenir un consentement pour poursuivre son commerce, la Commission a induit en erreur le Parlement et le Conseil en présentant de fausses déclarations sur les opinions du peuple sahraoui. Aucune association prônant l’autodétermination n’a jamais été en contact avec l’UE pour la renégociation d’un accord commercial renouvelé.

    Une partie lucrative du commerce consiste en l’importation de farine et d’huile de poisson. Dans peu d’autres endroits en Europe, cela est plus flagrant qu’un terminal du port de Brême : le centre des importations de farine de poisson vers l’Europe. Ce rapport suit les itinéraires de la farine de poisson des territoires occupés vers l’Allemagne et montre que la moitié des exportations de farine de poisson du Maroc vers l’Allemagne en 2019 provenaient en fait du Sahara Occidental. De même, WSRW a suivi les exportations d’huile de poisson du Sahara Occidental vers les Pays-Bas et la France. Les produits de la pêche proviennent d’activités de pêche non durables menées dans les eaux du Sahara Occidental.

    La controverse sur le commerce UE-Sahara Occidental est illustrée par une cargaison qui est en route cette semaine.

    Hier, 2 décembre 2020, le chimiquier, Oramalia, est arrivé au port de Tantan dans le sud du Maroc. À l’arrivée à Tantan, le navire est déjà à moitié plein d’huile de poisson chargée au Sahara Occidental occupé au cours de la semaine dernière. Dans quelques jours, il se dirigera très probablement vers un port de l’UE, comme il l’a fait auparavant.

    L’UE a veillé à ce que le commerce avec le territoire occupé se déroule sans heurts, tant pour l’exportateur au Sahara Occidental que pour l’importateur dans l’UE. Le gouvernement marocain est autorisé par l’UE à délivrer des permis à l’exportateur et à se définir comme pays d’origine. Entre-temps, l’UE accepte ouvertement que l’importateur achète des biens dans le cadre d’un accord UE-Maroc qui sont produits dans un endroit qui ne fait pas partie du Maroc.

    “Nous appelons les institutions de l’UE, les États membres de l’UE et les entreprises impliquées à honorer les arrêts de la Cour de justice et surtout la volonté du peuple du Sahara occidental. Actuellement l’UE sabote directement tout respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et au processus de paix de l’ONU. L’UE n’a pas le droit de conclure des accords commerciaux avec le Maroc couvrant le Sahara Occidental sans obtenir au préalable le consentement de son peuple. L’UE ne doit pas se placer au-dessus des lois “, a déclaré Sylvia Valentin, présidente de Western Sahara Resource Watch.

    Source : WSRW, 3 déc 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara #Morocco


  • Visas et immigration : la nouvelle proposition de l’UE au Maroc

    L’Europe, qui a besoin d’immigration, propose une nouvelle approche au Maroc. Une proposition qui rejoint celle faite récemment par l’Italie à la Tunisie.

    Par Camelia Amrani

    L’Europe veut accélérer les renvois d’immigrés clandestins au Maroc. Pour y parvenir, la commissaire aux Affaires intérieures à l’Union européenne (UE), Ylva Johansson, a entamé, mardi 1er décembre, une visite de deux jours à Rabat afin de discuter d’un partenariat « mutuellement bénéfique » entre les deux parties.

    L’objectif du partenariat consiste en l’augmentation du nombre d’expulsions de l’UE vers le Maroc, avec en échange une politique de facilitation de l’obtention des visas Schengen pour les citoyens marocains.

    « J’ai été mandatée pour négocier la réadmission et la facilitation des visas », a affirmé Mme Johansson en marge de sa rencontre avec les autorités marocaines.

    Facilitation des visas et des vois légales

    « L’UE a besoin de migration. Nous sommes une société vieillissante, nous avons besoin de migrants, mais… les citoyens européens ont un peu peur des arrivées irrégulières », a expliqué la commissaire européenne aux Affaires intérieures.

    « Avoir moins d’arrivées irrégulières et renvoyer ceux qui ne peuvent pas rester, c’est étroitement lié à la facilitation des visas et aux voies légales (de migration, NDLR) », a-t-elle souligné dans ce cadre. Une proposition qui rejoint celle faite récemment par l’Italie à la Tunisie.

    L’Union européenne a mobilisé 343 millions d’euros pour la gestion de la migration au Maroc depuis 2018, y compris des programmes d’éducation et de formation de la police, selon des données de l’UE publiées ce mardi.

    Ylva Johansson a également fait état de la « situation aigüe » relevée actuellement aux îles Canaries (Espagne), où les arrivées de migrants illégaux ont explosé ces derniers mois, dont la moitié serait en provenance du Maroc, selon elle.

    Un partenariat entre l’UE et le Maroc

    « Nous avons le défi de personnes arrivant actuellement aux îles Canaries. 90 000 personnes sont arrivées ces derniers mois, et il semble que la moitié d’entre eux sont des ressortissants marocains », a fait savoir la commissaire européenne.

    « Nous avons une bonne coopération (avec le Maroc) en matière de migration, à la fois sur la lutte contre les passeurs et sur les retours, mais il y a encore de la marge pour s’améliorer », a estimé Mme Johansson.

    « Je ne suis pas ici pour dire aux Marocains quel type d’aide ils pourraient avoir besoin. Je suis ici pour discuter du partenariat, de la manière dont nous pouvons avoir une relation mutuellement bénéfique », a-t-elle affirmé.

    Visa-Algérie, 2 déc 2020

    Tags : Maroc, visa,

  • Affaire Belliraj: décision de renvoi pour assises le 24 décembre


    Le 24 décembre, la chambre d’accusation bruxelloise se prononcera sur l’affaire d’Abdelkader Belliraj, le Belge d’origine marocaine soupçonné de six meurtres politiques dans les années 1980. Le procureur fédéral demande que l’homme soit acquité.

    Il y a cinq ans, Belliraj était déjà acquité par la salle d’audience. Il était soupçonné de faire partie d’une organisation terroriste dans les années 1980. Belliraj aurait été impliqué dans six meurtres dans les années 1980, dont celui du Dr Joseph Wybran, alors président du Comité de coordination des organisations juives en Belgique (CCOJB). Son implication présumée dans ces faits a été révélée lorsque Belliraj a été arrêté au Maroc il y a plusieurs années, soupçonné de terrorisme. Belliraj a avoué les meurtres aux enquêteurs marocains, mais ses avocats disent que ces aveux sont “inadmissibles” parce que Belliraj les aurait faits sous la torture. Il a été condamné au Maroc et purge actuellement une peine à perpétuité.

    Sécurité de l’Etat

    Selon la chambre du conseil, il ne pouvait pas être suffisamment inculpé pour le renvoyer devant la cour d’assises. Un appel a été interjeté, ce qui signifie que la chambre d’accusation doit maintenant décider si Belliraj et six autres suspects en Belgique doivent être jugés devant la cour d’assises pour ces faits. Le parquet fédéral demande le non-lieu. Selon La Dernière Heure, le parquet soutient que les faits sont prescrits et qu’il n’y a pas suffisamment d’indices de culpabilité. En revanche, les parties civiles, dont la veuve du Dr Wybran, insistent sur un procès d’assises. Le dossier traîne depuis plusieurs années. Par exemple, en 2016, l’IA a décidé d’autoriser des enquêtes supplémentaires, afin de pouvoir vérifier si Belliraj avait effectivement travaillé comme informateur à la Sûreté de l’État. Selon La Dernière Heure, la Sûreté de l’Etat aurait admis que c’était le cas, mais n’aurait soumis qu’un dossier incomplet. Le Ki. statuera sur l’affaire le 24 décembre.

    Source : hln.be, 4 déc 2020 (traduction non officielle)

    Tags : Maroc, Belgiaue, Belliraj, Dr Wybran, terrorisme,

  • Sahara Occidental : Quand le Maroc était contraint de reconnaître la RASD

    Fier de ses relations avec la France et l’Union Européenne, le Maroc a quitté l’OUA pour protester contre sa reconnaissance de la République Arabe Sahraouie Démocratique.

    Irrité par le soutien constant de l’Union Africaine au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, il demande à la France de mobiliser ses pays satellites en vue d’amener l’organisation panafricaine à expulser la RASD.

    Après avoir essuyé un échec retentissant dans leur entreprise, ses alliés de la Françafrique lui conseillent de s’adhérer à l’UA pour mieux mener leur plan depuis l’intérieur de l’organisation. Seul bémol, le Maroc doit reconnaître la Charte de l’Union Africaine dont la RASD est membre fondateur. C’est ainsi qu’il a été contraint de reconnaître l’Etat sahraoui. En témoigne le décret royal que Mohamed VI a personnellement signé, officialisé de son sceau, portant explicitement la mention République Srabe Sahraouie Démocratique.

    Donc, le Maroc reconnaît officiellement un Etat africain qui a droit a signer des traités de défense commune avec l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Nigeria, les trois puissances du continent africain. Le Makhzen n’a qu’à bien se tenir parce que la tournure des événements révèle la création de nouvelles alliances qui risquent de secouer le trône de Sa Majesté.

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc,

  • Maroc : A cause de sa santé, Mohammed VI refuse de confirmer la réception du chef du gouvernement espagnol

    En espagne, on dit déjà que le roi du Maroc cherche à esquiver la rencontre avec le chef du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, dont la visite au royaume est prévue pour le 17 décembre. La presse locale évoque un mécontement marocain à cause du soutien de Pablo Iglesias à l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental. La réalité est tout autre.

    La rupture du cessez-le-feu au Sahara Occidental a mis le Maroc dans une situation peu enviable. Le silence du Conseil de Sécurité et de ses alliés en dit long. Avec la Mauritanie, ça n’a jamais été le grand amour, notamment après l’invasion de la zone tampon d’El Guerguerat qui met en danger La Güera, une localité sahraouie administrée par Nouakchott. Par conséquent, Rabat a intérêt à présenter une image positive de ses relations avec l’Espagne.

    Craignant être trahi par sa santé, le roi du Maroc ne veut pas s’engager dès maintenant à recevoir Pedro Sanchez. C’est une décision qu’il prendra au dernier moment, c’est-à-dire, le 17 décembre.

    Le mystère qui entoure l’affaire est justifié par l’obsession des autorités marocaines à dissimuler la santé très dégradée du roi qui l’a contraint a repousser de 24 heures un discours aussi important que celui programmé lors de la commémoration du 45ème anniversaire de la dénommée marche verte. Pour expliquer ce retard, les autorités marocaines ont avancé un argument aussi inacceptable que ridicule: un membre de l’équipe technique a été testé positif. Le lendemain, Mohammed Vi est apparu dans un état pitoyable. Il pouvait à peine articuler les mots. Au Maroc, la santé du roi est un véritable tabou, notamment maintenant qu’il y a de nombreuses rumeurs sur un conflit de succession.

    La raison du déclin de la santé du roi est son infection au coronavirus lors d’un rencontre avec le Prince de Monaco. L’information a été révélée par CNN et démenti par le gouvernement marocain qui prétend que la chaîne de télévision américain confond “Monaco” et “Morocco”.

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc, Western Sahara, Mohammed VI, Pedro Sanchez,

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Maroc : Guerre de succession au palais royal

    Selon Ignacio Cembrero, qui cite des “sources proches du palais royal marocain”, le prince Hicham Alaoui, a écrit, le 23 novembre, un commentaire sur son compte Twitter avec lequel il “a voulu sceller la réconciliation” avec son cousin germain le roi du Maroc.

    Le journaliste espagnol affirme que “La longue guerre froide entre le monarque et son cousin, qui a grandi ensemble – Moulay Hicham a perdu son père à l’adolescence et Hassan II a supervisé son éducation – s’est terminée le 23 novembre. Ce jour-là, le «prince rouge» a écrit un fil sur Twitter en arabe et en anglais. Il y a rappelé que lorsqu’il a décidé de s’exiler aux États-Unis il y a près de 20 ans, il était “terrifié” que ses deux filles, Faizah et Haajar, puissent perdre leurs racines marocaines. “Heureusement, mes pires craintes ne se sont pas concrétisées”, a poursuivi Moulay Hicham. Le mérite de ce “résultat positif” revient à Mohamed VI, assure-t-il. “En tant que chef de famille, il n’a ménagé aucun effort pour que mes filles restent intégrées dans la maison [royale], malgré la relation difficile que lui et moi avons eue.” «Il a été un gars attentif avec Faizah et Haajar (…)». «A aucun moment il n’a laissé mes décisions personnelles interférer avec la trajectoire» des filles, a-t-il conclu. Pour illustrer ses propos, le prince a posté sur Twitter une photo de Mohamed VI souriant avec sa fille Faizah dans ses bras”.

    Dans un article paru sur les pages d’El Confidencial, Cembrero précise que “si le «prince rouge» a maintenant mis de côté sa «rougeur» pour exprimer sa reconnaissance au roi, ce n’est pas seulement parce qu’il lui en est reconnaissant. Il est à Rabat depuis plus de huit mois, où il est retourné auprès de sa mère âgée pendant la pandémie, et a observé de près la détérioration de la santé de Mohamed VI, avec qui il a finalement eu des contacts. Il suffit de vérifier qu’il est malade en regardant son apparence hagarde et ses difficultés respiratoires à la télévision lorsqu’il a prononcé ses derniers discours, notamment celui du Trône, en juillet. Dans ces circonstances, Moulay Hicham a voulu sceller la réconciliation, peut-être hors de l’humanité avec le monarque et aussi jouer un rôle dans une succession au trône qui, si elle survient, sera problématique en raison des tensions au sein de la famille royale alaouite, selon des sources proches du palais royal marocain. Moulay Hicham a toutefois annoncé son intention de retourner aux États-Unis, à l’université de Harvard, dont il est chercheur associé, alors que le Maroc est libre de covid-19”.

    Le conflit entre la princesse Lalla Salma et ses belles-coeurs hante la succession

    Le journaliste espagnol rapporte que”au sein de la famille royale, aucun débat n’a été ouvert sur une abdication du roi malade pour faire place à son fils Moulay Hassan. Maintenant, l’idée hante la tête de beaucoup de ceux qui fréquentent régulièrement la maison royale. Le problème d’une hypothétique succession au Maroc n’est pas la volonté de Mohamed VI de vivre sans avoir à s’occuper des affaires de l’Etat, ni que l’héritier est mineur, car une loi organique prévoit la constitution d’un conseil de régence pour conseiller au jeune roi. L’obstacle presque insurmontable est la confrontation entre l’ex-épouse du roi, la princesse Lalla Salma, et les trois sœurs du monarque, les princesses Lalla Meryem, Lalla Asma et Lalla Hasna. Cela s’est reflété dans certains articles publiés début mars 2018 par “Le Crapouillot Marocain”, un journal sans rédacteur inspiré des services secrets, pour préparer les élites du pays à l’annonce du divorce entre Mohamed VI et Lalla Salma. Le palais royal a finalement divulgué la nouvelle de la désunion au magazine espagnol «Hola!», qui l’a publié le 18 mars de la même année”.

    “Le Crapouillot Marocain» décrivait alors Lalla Salma comme une femme «dédaigneuse et méprisante», au caractère «colérique et agressif», qui persistait également à «affronter ses belles-soeurs de la famille royale», malgré «des appels récurrents à l’ordre» de son mari le souverain. Jamais auparavant un média marocain ne s’était exprimé en ces termes à propos d’un membre de la famille royale, et si ce média digital l’a fait, c’est parce qu’il a reçu le feu vert du monarque lui-même”, rapelle-t-il.

    Tags : #Maroc #MohammedVI #LallaSalma #MoulayHicham #MoulayHassan


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  • Maroc : Quand Hassan II évoquait ses relations avec Israël

    Si les dernières semaines l ‘établissement de relations diplomatiques officielles des monarchies du Golfe a été perçu comme une trahison, non seulement par les peuples et des responsables de la région, mais également des femmes et des hommes libres à travers le monde, le royaume chérifien a préféré, voyant cette vague d’indignation, temporiser l’officialisation de ses relations avec Israël, poursuivant à les entretenir, comme des décennies auparavant, à l’abris des projecteurs pour ne pas s’attirer les foudres du peuple marocain et des autres peuples, dont ceux de notre région.

    Bien avant l’annonce par le locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, en janvier 2020, du « deal du siècle», un plan en violation du droit international, mis en marche depuis, en s’appuyant, sans surprise, sur les monarchies arabes qui, moins d’une année après, forment la file d’attente pour la « normalisation », à tour de rôle, de leurs relations avec l’entité sioniste, après l’avoir entretenu des décennies durant, selon leurs déclarations, les rapports et les articles de presse, dont ceux israéliens. Des annonces d’officialisation des liens entretenus dans divers domaines, principalement sécuritaires et de renseignements, depuis des décennies, entre les Rois et princes arabes et les différents gouvernements israéliens qui se sont succédé à Tel-Aviv. Le royaume chérifien n’ayant pas fait l’exception, sur fond des similitudes entre sa doctrine et celle d’Israël, doctrine constituant le ciment sur lequel s’est appuyé le système monarchique au Maroc pour perdurer, à savoir la non-reconnaissance par celui-ci de ses frontière, exigée par la nature de la doctrine expansionniste de Rabat, bien avant son occupation en 1975 des territoires du Sahara Occidental. Bien avant cette date, le royaume marocain revendiquait, en effet, et continue d’ailleurs de le faire, par des déclarations de responsables politiques marocains, la Mauritanie, le Sénégal ainsi que des régions de l’Ouest de l’Algérie, pays ayant repoussé l’agression militaire marocaine en 1963, par la riposte armée du peuple algérien, alors qu’il soignait encore ses blessures de sa Guerre de libération contre la colonisation française, jusqu’à arracher son indépendance, en juillet 1962.

    Du roi Hassan II à Mohammed VI, des décennies de relations étroites avec l’entité sioniste
    Préférant maintenir ses relations avec Israël derrière les rideaux feutrés et les couloirs du Palais royale, Andrey Azoulay, la carte maitresse d’Israël au Palais durant des décennies, conseiller du Roi Hassen II, puis de son héritier Mohamed VI, a tissé les liens entre Rabat et Tel-Aviv, dans divers domaines, du sécuritaire, au renseignement, en passant par les secteurs de la culture, l’économie et autres. Le Maroc ayant entretenu des liens étroits avec l’Entité sioniste, depuis les années soixante, a tout au long de ces années rendu bien des services aux différents gouvernements qui se sont succédé en Israël, et l’entité sioniste le lui a bien rendu, pour ne citer que sa contribution et supervision dans la construction du mur de la honte au Sahara Occidental et son travail de lobbying à Washington, en faveur de la colonisation marocaine des territoires sahraouis. Alors qu’en 1992, le Roi Hassen II déclarait avec un air de fierté, que « peu de pays pouvaient se vanter d’avoir comme le Maroc 750 000 fils comme ambassadeurs en Israël », le royaume chérifien accueillait déjà, bien avant cette date, les dirigeants israéliens, traitait avec les responsables de l’entité sioniste depuis les années 60, comme le rappellent, ces dernières semaines, des médias étrangers et israéliens, pour évoquer la perspective de la « normalisation » des relations entre Israël et Rabat, « une suite logique » selon des médias israéliens. Plus récemment encore, lors d’une rencontre, en mai 2006, sur l’environnement organisée en France, à laquelle participaient des villes jumelées avec la ville française Nîmes, le maire de Meknès déclarait, qu’ « il aurait voulu être le premier maire islamiste à conclure un jumelage avec une ville israélienne ». Les médias, des rapports, des études de recherches israéliennes ont de tout temps eu à traiter, durant des décennies, les relations bilatérales entretenues officieusement entre le royaume chérifien et Israël. Qu’il s’agisse des questions politiques, de renseignements et de surcroît du rôle et de l’apport des israéliens d’origine marocaine, non seulement dans la consolidation des liens entre Rabat et Tel-Aviv, mais dans l’exercice de la politique coloniale israélienne en Palestine ou des agressions contre des pays arabes tels le Liban et la Syrie.
    L’actuel gouvernement de Netanyahu compte la présence de 10 ministres d’origine marocaine sur un total de 34, « un chiffre inédit », selon la presse de l’entité sioniste et même marocaine. Bien que ces deux systèmes politiques coloniaux, -le Maroc au Sahara occidental et l’entité sioniste en Palestine- n’affichent pas officiellement leurs relations bilatérales, préférant l’entretenir à l’abri des marocains et des peuples de la région nord-africaine et arabe, le Maroc accueille des dirigeants israéliens et des Israéliens sont autorisés à fouler le sol marocain, comme le rapportent des médias étrangers et israéliens, outre l’expression récurrente des citoyens marocains s’opposant à la présence israélienne, dès que l’information réussit à sortir des murs des palais et des résidences royales.

    Le Maroc entretient depuis longtemps des liens informels mais étroits avec Israël, notamment dans le domaine du renseignement

    Si Rabat n’ose pas franchir le pas d’annoncer officiellement ses relations avec Israël, pour les raisons dont celles évoquées plus haut, le timing de l’annonce par Rabat de l’ouverture du consulat d’une des monarchies du Golfe, les Emirats arabes unis dans la ville occupée du Sahara Occidental, Lâayoune, est loin d’être une coïncidence ou un fait de hasard. C’est au bout du quelques semaines de la normalisation des relations entre Abu-Dhabi et l’entité sioniste que Rabat fait l’annonce d’une présence consulaire d’Abu-Dhabi sur un espace géographique, Laâyoune, au Sahara Occidental, occupé, que nul pays à travers le monde ne lui reconnait la souveraineté, comme l’exige le droit international, pour une question de décolonisation inscrite à l’ONU. Les Emirats arabes unis ayant joué par le passé le rôle d’antenne d’Israël dans la région du Golfe, semblent avoir été sommés par sa présence dans la région nord-africaine, Mauritanie, Mali, Libye, et plus récemment au Sahara occidental de jouer ¨ce même rôle d’antenne pour Israël. Les traditions et les pratiques longtemps enracinées, entre Rabat et Tel-Aviv, du temps du règne de Hassen II, ne pouvaient que s’enraciner davantage et se perpétuer, depuis l’arrivée de Mohamed VI sur le trône à ce jour. Déjà, dans les années 80, parmi les conseillers du roi Hassen II, outre le plus puissant de ses conseillers, l’Israélien Andrey Azoulay, il y a avait le gendre d’un député israélien à la Knesset, David Amar, au poste de conseiller économique du roi Hassen II. En 1995, un journal israélien a publié dans sa Une une série d’articles sur les liens entre la monarchie marocaine et Israël et le travail accompli par le Roi Hassen II, dont son fils Mohamed VI en a hérité et continue à promouvoir. Dans un de ces articles, il a été indiqué que « la brèche que le roi Hassan II a ouverte aux Israéliens se creuse de jour en jour » avant d’indiquer que « le gouvernement « israélien (NDLR) s’essaie à contenir le déluge des dizaines d’hommes d’affaires et de représentants de commerce cherchant des relations au sommet du gouvernement marocain ». Et ces dernières années, la presse israélienne fait état « de la présence du Maroc officiel à l’intérieur de l’espace public israélien », outre les formations cycliques que dispensent des éléments des services de sécurité israéliens, dont certaines se sont déroulées sur le sol marocain.
    Karima Bennour

    Le Courrier d’Algérie, 25 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Vidéo : En 1963, le roi du Maroc a demandé à l’Algérie de faire de Tindouf une base pour attaquer la Mauritanie

    A l’occasion de la décision de Hassan II et Mokhtar Ould Dadah d’envahir le territoire du Sahara Occidental, le défunt président Houari Boumediène est intervenu devant la Chambre de Députés algériens pour expliquer la position de son pays par rapport au conflit qui vient d’exploser à ses frontières avec l’ancienne colonie espagnole.

    Boumediène révéla que le roi Hassan II avait demandé à l’Algérie, en 1963, de lui permettre de faire de Tindouf une basse pour attaquer la Mauritanie. En échange, le Maroc proposait de reconnaître ses frontières avec l’Algérie.

    “J’étais parmi ceux qui se sont opposé à la proposition marocaine. Jamais je n’accepterai que cette trahison soit commise au nom de la Révolution algérienne”, a-t-il dit.

    “J’ai dit ces mots à Mokhtar dans la ville de Béchar. J’ai dit que la politique du trône vise à avaler toute la région. De même que nous avons refusé hier que Tindouf soit une base pour frapper la Mauritanie indépendante, aujourd’hui nous accepterons et ouvrirons nos bras aux femmes sahraouies, aux enfants sahraouis, aux vieillards sahraouis, qui sont massacrés et dont le sang a été versé au nom de la religion et au nom de la patrie”, a-t-il ajouté.
     
    “Il s’agit d’un peuple tout entier qui a échappé de l’enfer de la mort, du massacre, du bombardement avec des bombes de Napalm livrés par l’armée française à l’armée marocaine et qui ont été utilisées à Oum Dreiga”, précise-t-il.

    Tags : Mauritanie, Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Polisario, Mokhtar Ould Daddah, 

    #SaharaOccidental #Maroc #Mauritanie #Algérie

  • L’AFP met à nu les fake news du Maroc sur la guerre au Sahara Occidental

    En quête d’éléments pour démentir les communiqués militaires du Front Polisario sur ses attaques contre le mur de la honte et de la lâcheté, les services secrets marocains ont diffusé une vidéo datant du mois de février 2020 dans laquelle on voit une groupe d’orpailleurs prendre la fuite pour échapper à l’armée algérienne. Les faits ont eu lieu à Tamanrasser, dans les frontières avec le Mali.

    Pour cacher la défaite de leur armée au Sahara Occidental, les services de désinformation du royaume du Maroc n’ont pas hésité à présenter les individus qui apparaissent sur la vidéo comme des combattants du Front Polisario en fuite face aux attaques de l’armée marocaine.

    Le fait n’a pas échappé aux reporters de l’agence de presse française. “Nous n’avons pas pu vérifier les circonstances exactes de ces images. Toutefois, leur présence en ligne depuis plusieurs mois écarte toute relation avec la reprise du conflit au Sahara occidental”, précise l’AFP dans une dépêche.

    Tags : Sahara Occidental #SaharaOccidental #FrontPolisario #Maroc Maroc

  • Maroc : Rabat à la portée des missiles algériens Iskander-E

    La possession par l’Algérie du missile russe Iskander-E n’est plus un secret depuis la publication par la télévision algérienne de son utilisation par l’ANP dans des manoeuvres militaires récentes.

    Selon la revue Military Watch Magazine, “le missile balistique Iskander possède une portée de 500 km, une grande précision, une grande maniabilité et sa trajectoire est difficile à prévoir pour les systèmes de défense”.

    Le magazine a rapporté que les forces armées algériennes possédaient le missile Iskander depuis plusieurs années.

    Selon plusieurs sources, L’Arménie et l’Algérie sont les seuls pays ayant, jusqu’à présent, acquis cette puissante arme caractérisée par l’efficacité et la grande précision de tir.

    En cas de conflagration régionale suite aux dernières provocations du Maroc, la capitale du royaume ne serait pas à l’abri de ces missiles et de ses capacités de destruction.

    Tags : #Maroc #Algérie #IskanderE #SaharaOccidental #Polisario