Category: Maroc

  • Tunisie : Une vingtaine d’organisations tunisiennes «exigent» de Rabat de libérer l’historien Maâti Monjib

    Une vingtaine d’associations tunisiennes ont «exigé» des autorités marocaines de libérer immédiatement l’historien et défenseur des droits humains Maâti Monjib, dénonçant une arrestation «arbitraire et scandaleuse» et «un acte d’une extrême gravité».

    Dans un communiqué publié mercredi par des médias, 22 organisations, dont la Ligue tunisienne de défense des droits de l’Homme et l’Organisation contre la torture en Tunisie, «ont condamné l’utilisation de la justice pour persécuter cet éminent universitaire et écrivain marocain pour une affaire politique et injuste».

    «Nous dénonçons l’arrestation arbitraire et scandaleuse du professeur Maâti Monjib et clamons haut et fort son innocence. Nous exigeons la libération immédiate de Maâti Monjib et la fin de toutes les poursuites injustes à son encontre. Nous sommes déterminés dans notre combat en faveur de M. Monjib. Notre mobilisation se poursuit avec toujours plus de détermination», écrivent les signataires du communiqué.

    L’historien et militant des droits de l’Homme Maâti Monjib a été arrêté dans des conditions scandaleuses, alors qu’il s’apprêtait à déjeuner avec son ami Abdellatif El Hamamouchi dans un restaurant du quartier Hassan, à Rabat. Celui-ci a pu témoigner de la scène qui s’est déroulée très rapidement, rappelle-t-on.

    M. Monjib a été littéralement kidnappé par huit policiers en civil descendus de deux voitures. Cet enlèvement humiliant de M. Monjib sans la moindre convocation de la justice, ce qui est illégal, vise à le discréditer auprès de l’opinion publique alors que M. Monjib a toujours respecté la loi, indique-t-on de même source. «Cet acte d’une extrême gravité fait suite à un acharnement judiciaire, policier et médiatique qui dure depuis cinq ans et qui n’a fait qu’empirer au fil des ans. C’est à partir de novembre 2015 que Maâti Monjib a été pour la première fois convoqué par la justice. Il s’en est ensuivi une vingtaine de convocations qui avaient pour but de le harceler», déplorent les 22 associations tunisiennes.


    Ces convocations, poursuivent les signataires du communiqué, reposaient toutes sur des accusations mensongères fabriquées de toutes pièces et qui ont changé au fil du temps. Il a été accusé dans un premier temps d’«atteinte à la sécurité de l’Etat», mais cela n’a pas fonctionné faute de la moindre preuve. Il a alors été accusé sans preuve de «blanchiment d’argent».

    D’après la même source, le but étant de donner «à l’affaire Monjib» une apparence de droit commun pour mieux le décrédibiliser alors qu’il s’agissait de s’en prendre au militant des droits de l’Homme. Malgré ces attaques diffamatoires, M. Monjib, respectueux de la loi, s’est toujours rendu à toutes les convocations judiciaires.

    Parallèlement à ces accusations et à ces convocations judiciaires, M. Monjib s’est vu interdire de quitter le territoire marocain, interdire d’enseigner et de faire des conférences, interdire de se rendre à des rencontres universitaires internationales, rappellent en outre les associations tunisiennes.

    Elles soulignent également dans leur communiqué que l’arrestation de Maâti Monjib «est à situer dans un contexte de condamnations de plusieurs journalistes, de militants du Hirak du Rif, et de citoyens engagés, dont le seul crime est de lutter pour la démocratie et la justice sociale».
    Ainsi, le Maroc «démontre qu’il est en train de sombrer dans un système politique autoritaire et répressif», conclut le communiqué.

    Ali Y.

    Le Journ d’Algérie, 1 jan 2021

    Tags : Maroc, Tunisie, Maati Monjib,

  • La normalisation du Maroc avec l’entité sioniste s’inscrit dans le cadre de la servitude stratégique du Makhzen

    L’expert en questions stratégiques et sécuritaires, Pr Mhand Berkouk a affirmé que la normalisation des relations entre le Maroc et l’entité sioniste intervient dans le cadre de la servitude stratégique du régime du Makhzen, mais elle n’entamera en rien la volonté du peuple sahraoui à poursuivre sa lutte légitime, à parachever le processus de libération de son territoire et à exercer son droit à l’autodétermination.

    Dans une déclaration à l’APS, M. Berkouk a souligné que cette normalisation n’est pas chose nouvelle, en ce sens qu’elle constitue une confirmation, voire une trahison renouvelée et multidimensionnelle de la cause palestinienne, à travers laquelle le Maroc a bafoué l’unité de la Nation arabe et méprisé les sentiments du peuple marocain à l’égard de la cause palestinienne.

    Le Sahara occidental est une question de décolonisation, conformément aux décisions et résolutions onusiennes, un processus qu’il convient de relancer à travers l’activation du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et via la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (MINURSO), a-t-il soutenu, estimant que face à cette situation la communauté internationale doit prendre conscience de l’importance de se conformer au Droit international pour permettre aux parties au conflit de parvenir à un terrain d’entente, et partant concourir à la garantie de conditions objectives pour l’organisation de ce référendum.

    Cependant, la principale entrave qui se dresse devant ce processus demeure la politique du fait accompli adoptée par le Maroc avec la complaisance de certains pays, comme la France, en contrepartie de sa servitude stratégique qui vise à créer un climat d’instabilité dans la région Nord-ouest de l’Afrique pour empêcher l’émergence de l’Algérie, en tant que pays influent et une puissance économique.

    La servitude stratégique du Maroc est manifeste dans la participation des forces militaires marocaines aux campagnes menées contre la Libye, l’Irak et le Yémen, ainsi qu’en Angola et au Zaïre auparavant, aux côtés des pays auteurs de schémas de division ciblant certains pays, a-t-il observé.

    Tags : Maroc, France, servitude, protectorat,

  • Donner une voix aux jeunes: nouveau projet médiatique financé par l’UE au Maroc

    Le mois dernier, l’ONG marocaine «Les Citoyens» a lancé son projet intitulé «Parole aux Jeunes». Près de 100 jeunes hommes et femmes de différentes régions du Maroc ont participé à l’événement de lancement à Casablanca.

    L’objectif du projet est de former les jeunes à l’utilisation des nouveaux médias pour créer leur propre contenu et exprimer leurs préoccupations. «Nous ne sommes pas représentés dans les médias traditionnels et nous espérons que ce projet fournira une plate-forme pour exprimer ce que nous ressentons», déclare Rasheed, étudiant en médecine de 3e année à Rabat.

    Financé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères, ce projet sera réalisé dans les 12 prochains mois.

    Le jeudi 28 novembre 2019, près de 100 jeunes hommes et femmes de différentes régions du Maroc ont participé à l’événement de lancement du projet de l’ONG marocaine «Les Citoyens» à Casablanca. La jeune association dynamique a lancé son projet intitulé «Parole aux Jeunes» qui peut se traduire par «Donner une voix aux jeunes». Financé par l’Union européenne et le ministère fédéral allemand des Affaires étrangères et soutenu par la Deutsche Welle Akademie, Al Khatt et AL-JANA, ce projet sera réalisé dans les 12 prochains mois.

    Lors de l’événement de lancement, les participants ont découvert les détails du projet qui atteindra jouer à l’habillage vers plusieurs destinations au Maroc. L’objectif est de former les jeunes à l’utilisation des nouveaux médias pour créer leur propre contenu et exprimer leurs préoccupations. «Nous ne sommes pas représentés dans les médias traditionnels et nous espérons que ce projet fournira une plate-forme pour exprimer ce que nous ressentons», déclare Rasheed, étudiant en médecine de 3e année à Rabat.

    Le public a écouté avec passion les discours tenus par d’éminents journalistes invités à partager leurs expériences avec les jeunes. La journaliste Iman Agutan, qui travaille pour le radiodiffuseur public Medi-1 TV, a promis de se porter volontaire dans ce projet et de fournir son expérience en tant que formatrice sur les techniques de présentation. «Les médias ne sont pas un travail. c’est un devoir », dit-elle. Elle a également promis d’ouvrir son nouveau programme télévisé aux bénéficiaires du projet «Parole aux Jeunes».


    L’une des forces du projet est qu’il touche les zones rurales et inclut des jeunes qui souvent ne bénéficient pas de ces initiatives. Venu lui-même d’une petite ville, le journaliste Redouan Remadani a partagé son expérience personnelle marquée par des difficultés au début. «Mes rêves ne se sont pas étendus au-delà de la zone de la petite ville où je vivais», a-t-il déclaré.

    «Les Citoyens» lance un appel à candidatures pour former des jeunes talentueux à s’exprimer et à créer du contenu qui répondra aux besoins et aux ambitions des jeunes. Les jeunes sélectionnés seront soutenus par des subventions financières et des formations sur l’information et l’alphabétisation médiatiques, un sujet que la DW Akademie a développé avec différents partenaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

    EU neighbiours South, 28 déc 2020

    Tags : #Maroc #UE #Jeunesse #LesCitoyens

  • La France et le Maroc : Une alliance stratégique contre l’Algérie et la RASD

    Lors de l’indépendance de l’Algérie en 1962, le sentiment anti-algérien était limité aux membres de l’OAS et aux harkis. Aujourd’hui, ce sentiment semble avoir évolué, tel une tache d’huile, pour englober toute la société française. Certes, de nombreuses personnalités et journalistes se trouvent prisonniers du piège de la diplomatie de La Mamounia, mais il faut des raisons plus solides pour justifier l’amour débordé des français pour le Maroc et la haine viscérale qu’ils vouent à l’Algérie.

    Le pouvoir occulte de l’Etat français a joué un rôle fondamental via ses médias en vue de configurer l’opinion publique française et ses sentiments envers son ancienne colonie. L’Algérie a été diabolisée aux yeux des français en vue de créer le terrain propice aux plans stratégiques conçus conjointement avec le Makhzen dans le but de casser le sentiment nationaliste dans la région du Maghreb dont l’Algérie constitue la pointe de fer et qui constitue le seul obstacle devant les desseins colonialistes des alliés franco-marocains.

    Ce sentiment cultivé par l’Etat français a facilité la tâche aux services secrets marocains qui se trouvent à l’Hexagone comme un poisson dans l’eau, notamment s’il y a de l’argent au milieu. Les documents confidentiels de la diplomatie marocaine corroborent ce fait. Les agents de la DGED n’ont eu aucune difficulté à mobiliser la presse et les élites françaises contre l’Algérie et son allié le Front Polisario. Ce dernier sera présenté comme un mouvement identifiable aux mouvements terroristes qui agissent dans les déserts du Mali. Non sans raison, la chaîne France25 est truffée de journalistes marocains dont le seul plaisir est de régler leurs comptes avec Alger.

    Même la chaîne LCI n’a pas manqué à l’appel de guerre contre la Mecque des Révolutionnaires. Dans ses journaux télévisés et émissions animées par le journaliste Vincent Hervouet, LCI n’a pas hésité à inviter Ferhat Mehenni et ses acolytes du MAK en vue de sémer la zizanie entre les différentes composantes de l’Algérie. Hervouet ira jusqu’à attribuer à des membres du Front Polisario l’enlèvement des trois coopérants espagngols et italiens qui travaillaient à Rabouni pour des ONG internationales.

    Parmi les noms cités avec Hervouet se trouvent des journalistes de L’Express, Le Point et Libération. Tous ont accepté de viser l’Algérie avec leur plumes empoisonnées et déverser leur haine en échange d’alléchantes rémunérations qu’ils ont reçu de la main d’Ahmed Charaï, un haut responsable de la Direction générale des études et de la documentation (DGED), le service de renseignement marocain. Ce dernier a été condamné en 2011 par la justice américaine pour fausse déclaration douanière. En effet, le 14 septembre 2011, à son arrivée à l’aéroport international de Dulles (Washington DC), il avait déclaré 10.000 dollars en argent liquide. Aprèes con,trôle; il s’est avéré qu’il avait sur lui cinq fois plus dans des enveloppes fermées et libellées. L’argent était destiné au paiement des lobbystes pro-marocains dont une grande majorité est d’origine juive et sont mobilisés par le réseau pro-sioniste très actif aux Etats-Unis où le Makhzen a déboursé 20.000 dollars pour un simple article rédigé par le journaliste Richard Miniter et où il attaque violemment l’Algérie et le mouvement de libération sahraoui.

    Dans l’état actuel des choses, le lobbying marocain anti-algérien en France et aux Etats-Unis a de beaux jours devant lui en attendant que les algériens et les sahraouis acceptent de se soumettre au diktat d’un Elysée en perte de vitesse au continent africain en raison de sa politique colonialiste.

    Source : Maroc Leaks, 2 jan 2021

    Tags : Algérie, France, Maroc, Front Polisario, RASD, lobbying, colonialisme, Sahara Occidental,

  • Maroc : une normalisation pour rien ?

    par Rahim Ibn Ziane

    « Un nouveau progrès historique aujourd’hui ! Nos deux amis Israël et le Royaume du Maroc ont accepté d’établir des relations diplomatiques. » Voici comment le 10 décembre 2020 Donald Trump annonce sur Twitter[1] que le Maroc est devenu le quatrième pays musulman à normaliser ses relations avec Israël après les Emirats Arabes Unis, le Bahreïn et le Soudan. Nonobstant le tweet suivant du 45e Président des Etats-Unis d’Amérique qui annonce reconnaitre la marocanité du Sahara Occidental[2] « seule solution possible pour la paix et la prospérité » (après que le Maroc a violé le cessez-le-feu à Guerguerat[3]) il est fort probable de penser que le Maroc à négocié le rétablissement des relations diplomatiques avec Israël contre la reconnaissance par les Etats-Unis à minima de la marocanité du Sahara Occidental.

    Néanmoins les Etats-Unis n’ont pas été suivi, la Russie a condamné cette reconnaissance[4] tandis que l’Union Européenne et la Chine se murent dans le silence. L’ONU elle maintient la même position « Sur la question de la souveraineté (du Sahara occidental), la position du secrétaire général reste inchangée. Il demeure convaincu qu’une solution à la question du Sahara occidental est possible, et doit se conformer aux Résolutions 2440 et 2548 du Conseil de sécurité, pour n’en citer que deux »[5]. Israël aussi n’affiche pas une volonté de reconnaitre la marocanité du Sahara Occidental vu le dernier tweet de Benjamin Netanyahu comportant une vidéo ou il montre une carte de l’Afrique avec le Sahara Occidental bien distinct du Maroc[6].

    Cette normalisation des relations israélo-marocaine (des relations diplomatiques entre Israël et le Maroc ont déjà existé dans le passé en 1994 sous le règne de Hassan II[7] jusqu’en 2000) a été marchandée avec en contrepartie – en plus de la reconnaissance des Etats-Unis de la marocanité du Sahara Occidental par une presidential proclamation de Donald Trump – la vente de 4 drones MQ-9 Reaper au Maroc (sous condition de l’autorisation du Congrès), l’ouverture d’un Consulat des Etats-Unis dans la partie du Sahara Occidental contrôlé par le Maroc et la promesse d’un investissement de 3 milliards de dollar étasunien au Maroc par les Etats-Unis[8].

    Néanmoins cette normalisation perçue par la rue arabe et marocaine comme une trahison à la cause palestinienne va-t-elle être bénéfique au Maroc, en particulier pour le dossier saharaoui ?

    Le deal négocié par le Maroc et les Etats-Unis commence déjà à s’effriter, Biden peut très bien enterrer la reconnaissance et le futur du dossier peut très bien desservir le Maroc.

    Un deal qui s’effrite

    Lors de l’annonce du rétablissement des relations israélo-marocaine il a été annoncé en même temps l’investissement des Etats-Unis de 3 milliards de dollar au Maroc. Une excellente annonce pour le Royaume dans cette période de coronavirus qui lui a privé d’une grosse source de devises (le tourisme), un secteur agricole avec de massives pertes à cause de la sécheresse qu’a connu le Royaume cette année 2020 et avec une récession qui s’annonce très dur pour le royaume alaouite avec en prévision une contraction de 6,3%[9].

    Néanmoins le New York Times nous apprend que cette promesse de 3 milliards de dollar sera surtout destinée aux banques et hôtels du royaume et à la constitution d’une société d’énergie renouvelable appartenant à la holding royal Al Mada[10].

    Premier couac, en effet cette promesse d’investissement a été vendu au peuple marocain comme étant une chose qui allait leurs bénéficier directement. Sauf que le secteur bancaire et hôtelier marocain est détenu soit par les majors occidentaux soit par le Roi d’une manière ou d’une autre. De plus ce sont des secteurs qui sont peu pourvoyeurs d’emploi contrairement à l’industrie. En dehors du souverain marocain qui pourra développer ses affaires gratuitement le peuple risque de peu ou ne pas voir l’investissement promis par la superpuissance étasunienne.

    Le deuxième couac le 22 décembre 2020. Jared Kushner conseiller présidentiel étasunien et Meir Ben-Shabbat conseiller israélien à la défense nationale se rendent au Maroc pour rencontrer Mohammed VI, célébrer le rétablissement diplomatique israélo-marocain et signer certains accords prévus. Or dans le Memorandum of Understanding signé entre le Maroc et l’United States International Development Finance Corporation il est prévu que l’aide de 3 milliards de dollar étasunien concernera finalement le Maroc et pays d’Afrique subsaharienne[11]. Les Etats-Unis ont peu d’influence au sein de l’Afrique subsaharienne contrairement à la France ou la Chine. Trump cherche dans sa logique de conflit commercial contre la Chine à prendre une part du gâteau africain et le Maroc grâce à ses relations avec la France dispose d’un réseau au sein des pays de l’Afrique francophone qui peut lui permettre de s’implanter en Afrique (quitte en doublant son allié français). Néanmoins cette histoire de victoire des 3 milliards de dollar investi au Maroc voir directement dans la partie marocaine du Sahara Occidental a disparu pour se transformer en un investissement au profit d’entreprises du roi au Maroc et dans quelques pays d’Afrique subsaharienne.

    Autre grande victoire pour la diplomatie marocaine selon Bourita, l’ouverture par les Etats-Unis d’un consulat à Dakhla[12]. Le Maroc cherche depuis des années à faire installer des consulats soit à Laâyoune ou à Dakhla pour montrer au peuple marocain que personne ne reconnait pas le Sahara Occidental comme étant un Etat indépendant sauf le voisin de l’est. Cette démarche est similaire à Israël essayant de faire installer ses ambassades à Jérusalem au lieu de Tel-Aviv, les deux pays cherchent à passer outre les résolutions onusiennes pour imposer par le fait accompli leurs autorité au monde entier sur ces territoires litigieux (alors que le Sahara Occidental est sur la liste des territoires non-autonome de l’ONU et que la résolution 181 de l’Assemblée Générale des Nations Unies proclame Jérusalem comme corpus separatum sous contrôle international). Le Maroc par ailleurs s’est illustré cette année dans un scandale de corruption au Lesotho ou elle a payé le chef de la diplomatie lesothien pour qu’il abandonne sa reconnaissance du Sahara Occidental et reconnait le Sahara Occidental territoire marocain[13].

    Lorsque Bourita annonce que les Etats-Unis vont installer un consulat étasunien à Dakhla c’est la joie dans le Royaume. Des journalistes marocains prédisent déjà après l’ouverture imminente du consulat étasunien le reste des grandes nations occidentales et le nouvel allié israélien qui se dépêcheront aussi d’ouvrir un consulat au Sahara Occidental reconnaissant eux aussi de fait la souveraineté du Maroc sur ce territoire. Or, les jours suivant l’annonce de Donald Trump, le Secrétaire d’Etat Mike Pompeo annonce uniquement l’ouverture d’un « consulat virtuel » au lieu d’un consulat à Dakhla[14]. Pompeo annonce que « les procédures sont en cours » pour l’ouverture d’un consulat physique mais l’administration Biden aura le dernier mot sur l’ouverture ou non du consulat, administration Biden qui n’est pas du tout sur la ligne trumpienne concernant cette concession faite au Maroc.

    Le sort réservé aux concessions trumpiennes accordé au Maroc par Biden
    Le 20 janvier 2020 c’est Inauguration day, Biden et Haaris vont devenir Président et Vice-Présidente des Etats-Unis d’Amérique. Quel scénario Biden peut-il adopter face à la presidential proclamation de Trump reconnaissant le Sahara Occidental marocain ?

    Selon Robert Malley conseiller de Biden et proche du futur Secrétaire d’Etat Blinken, Biden va revenir sur les avantages octroyés par Trump aux pays musulmans ayant normalisé avec Israël notamment la vente de F-35 aux Emirats Arabes Unis mais aussi la presidential proclamation reconnaissant le Sahara Occidental marocain[15]. D’ailleurs la diplomatie marocaine au courant de ce risque s’en émeut et commence déjà le lobbying auprès de la futur administration Biden pour éviter que Biden retire la proclamation[16].

    Biden s’il ne souhaite pas lui-même retirer la presidential proclamation peut très bien adopter deux stratégies pour lui priver de son entrée en vigueur ou de la faire retirer. En effet pour qu’une presidential proclamation entre en vigueur aux Etats-Unis il faut l’accord du Congrès (qui est à majorité démocrate aujourd’hui), la proclamation seule n’a aucune valeur légale[17]. Biden peut très bien choisir soit de demander aux démocrates du Congrès de reporter aux calendes grecques la ratification de la presidential proclamation trumpienne ou avec le lobby présidentiel faire pression sur le Congrès pour que la presidential proclamation soit rejetée.

    Biden et ses conseillers sont en tout cas comme le révèle le New York Times pas du tout favorable aux concessions accordé par Trump aux pays musulmans contre la reconnaissance d’Israël et va progressivement démanteler les concessions octroyées aux pays arabes. Néanmoins quid de la position du nouvel allié israélien et du futur concernant le dossier saharaoui ?

    Le refus de reconnaitre le Sahara Occidental marocain par Israel et le retour de la médiatisation du conflit saharaoui devant les Nations Unies
    Lors de l’annonce du Président des Etats-Unis de la normalisation des rencontres israélo-marocaines et de la reconnaissance du Sahara Occidental marocain tous les analystes marocains prévoyait aussi qu’Israël allait reconnaitre le Sahara Occidental comme marocain et allait installer un consulat israélien au Sahara Occidental. On nous prédisait déjà la venue de touristes israéliens à Dakhla et Laâyoune venir découvrir les « Provinces du Sud ».

    Néanmoins un porte-parole du Ministère des Affaires Etrangères israélien le 10 décembre 2020 affirme que Israël ne compte pas reconnaitre la marocanité du Sahara Occidental[18]. D’ailleurs Benyamin Netanyahu dans une vidéo posté sur Twitter ou il se félicite du rétablissement des relations diplomatique entre Israël et le Maroc se filme avec derrière lui une carte ou le Sahara Occidental apparait clairement seul sans être rattaché au Maroc[19].

    Dans le concert des nations des voies s’élèvent contre la décision de Trump comme la Russie[20] ou la Chine[21] qui maintiennent la même ligne que celle adopté par l’ONU : le conflit saharaoui doit se régler par un référendum d’autodétermination. L’Allemagne elle a convoqué une réunion du Conseil de Sécurité de l’ONU après la reconnaissance étasunienne du Sahara Occidental marocain[22]. Par la même occasion António Guterres a réaffirmé l’attachement de l’institution onusienne au référendum d’autodétermination pour trancher le conflit. Des voies s’élèvent pour régler le conflit de la même manière que le Timor Oriental[23] (cas très similaire, l’Indonésie s’est emparée du Timor Oriental après le retrait des portugais en 1975. En 1999 un référendum organisé par l’ONU a conduit à l’indépendance du Timor Oriental). Aussi le Chef de la MINURSO va bientôt quitter son poste, un nouveau chef risque de donner une nouvelle impulsion diplomatique à ce conflit.

    Au final le deal entourant la normalisation des relations israélo-marocaine est une bonne chose pour les affaires privées du Roi, pour les Etats-Unis qui vont pouvoir faire du business en Afrique, pour Israël et dans l’immédiat pour le Makhzen et les affaires étrangères alaouite mais est-ce que c’est une bonne chose pour le peuple marocain foncièrement attaché à la cause palestinienne et pour le Makhzen au long terme avec une médiatisation de l’affaire saharaoui ?

    [1] Tweet de Donald J. Trump 10 décembre 2020 https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1337067073051238400

    [2] Tweet de Donald J. Trump 10 décembre 2020 https://twitter.com/realDonaldTrump/status/1337067019385057290

    [3] El-Guerguerat: la violation marocaine du cessez-le-feu largement condamnée Algérie Presse Service 3 décembre 2020 http://www.aps.dz/monde/113674-el-guerguerat-la-violation-marocaine-du-cessez-le-feu-largement-condamnee

    [4] La diplomatie russe condamne la nouvelle position américaine sur le Sahara occidental Russia Today 11 décembre 2020 https://francais.rt.com/international/81636-diplomatie-russe-condamne-nouvelle-position-americaine-sahara-occidental

    [5] La position du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental reste inchangée, selon son porte-parole Xinhua 11 décembre 2020 http://french.china.org.cn/foreign/txt/2020-12/11/content_77000513.htm

    [6] Tweet de Benjamin Netanyahu 26 décembre 2020 https://twitter.com/netanyahu/status/1342904087264845825

    [7] Maroc – Israël. Ouverture de « bureaux de liaison » dans les deux pays Encyclopædia Universalis 1er septembre 1994 http://www.universalis.fr/evenement/1er-septembre-1994-maroc-israel-ouverture-de-bureaux-de-liaison-dans-les-deux-pays/

    [8] Maroc – Etast-Unis : 3 milliards de dollars pour soutenir des projets d’investissement privés 23 décembre 2020 https://afrique.latribune.fr/afrique-du-nord/maroc/2020-12-23/maroc-etast-unis-3-milliards-de-dollars-pour-soutenir-des-projets-d-investissement-prives-868559.html

    [9] Covid-19 : le Maroc prévoit une récession plus brutale pour 2020 à cause de la crise sanitaire Le Monde 23 septembre 2020 https://www.lemonde.fr/afrique/article/2020/09/23/le-maroc-prevoit-une-recession-plus-brutale-pour-2020-a-cause-de-la-crise-sanitaire_6053262_3212.html

    [10] Les Etats-Unis envisagent 3 milliards de dollars d’investissements au Maroc après l’accord avec Israël i24news 11 décembre 2020 https://www.i24news.tv/fr/actu/international/1607709592-les-etats-unis-envisagent-3-milliards-de-dollars-d-investissements-au-maroc-apres-l-accord-avec-israel-rapport

    [11] 3 milliards de dollars d’aide américaine et 6 accords signés entre le Maroc, les États-Unis et Israël TelQuel 22 décembre 2020 https://telquel.ma/2020/12/22/3-milliards-de-dollars-daide-americaine-et-6-accords-signes-entre-le-maroc-les-etats-unis-et-israel_1705916

    [12] Bourita annonce l’ouverture imminente de quatre nouveaux consulats à Laâyoune et Dakhla le360.ma 12 décembre 2020 https://fr.le360.ma/politique/video-bourita-annonce-louverture-imminente-de-quatre-nouveaux-consulats-a-laayoune-et-dakhla-229221

    [13] Sahara occidental: le Maroc embourbé dans un scandale de corruption au Lesotho Algérie Presse Service 5 novembre 2020 http://www.aps.dz/monde/112356-sahara-occidental-le-maroc-embourbe-dans-un-scandale-de-corruption-au-lesotho

    [14] Tweet de Mike Pompeo 24 décembre 2020 https://twitter.com/secpompeo/status/1342172296975446022

    [15] Trump Incentives for Signing Peace Accords With Israel Could Be at Risk The New York Times 20 décembre 2020 https://www.nytimes.com/2020/12/20/us/politics/trump-israel-sudan-peace-accord.html

    [16] Pour Robert Malley proche de Binken, Biden pourrait revenir sur la proclamation présidentielle de Trump Ledesk.ma 24 décembre 2020 https://ledesk.ma/enoff/pour-robert-malley-proche-de-blinken-joe-biden-pourrait-revenir-sur-la-proclamation-presidentielle-de-trump/

    [17] Cooper, Phillip J. (1 August 1986). « By Order of the President: Administration by Executive Order and Proclamation« . Administration & Society.

    [18] Israel does not rule out recognizing Moroccan sovereignty over Western Sahara The Times of Israël 10 décembre 2020 https://www.timesofisrael.com/liveblog_entry/israel-does-not-rule-out-recognizing-moroccan-sovereignty-over-western-sahara/

    [19] Tweet de Benjamin Netanyahu 26 décembre 2020 https://twitter.com/netanyahu/status/1342904087264845825

    [20] La diplomatie russe condamne la nouvelle position américaine sur le Sahara occidental Russia Today 11 décembre 2020 https://francais.rt.com/international/81636-diplomatie-russe-condamne-nouvelle-position-americaine-sahara-occidental

    [21] La position du secrétaire général de l’ONU sur le Sahara occidental reste inchangée, selon son porte-parole Xinhua 11 décembre 2020 http://french.china.org.cn/foreign/txt/2020-12/11/content_77000513.htm

    [22] U.N. Security Council to talk Western Sahara after Trump policy switch Reuters 17 décembre 2020 https://www.reuters.com/article/israel-usa-morocco-un-idUSKBN28R0D1

    [23] The East Timor Model Offers a Way out for Western Sahara and Morocco Foreign Policy 9 décembre 2020 https://foreignpolicy.com/2020/12/09/east-timor-western-sahara-morocco/


    Kassaman Times, 31 décembre 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie, Front Polisario, Donald trump, Israël, Normalisation, Palestine, Joe Biden, Western Sahara,

  • Maroc Leaks : Conseils de C&I au sujet de l’expulsion d’Aminatou Haidar

    Aminatou Haidar, la militante sahraouie la plus récompensée à l’échelon international, a été arrêtée par des fonctionnaires de la sécurité marocains à son arrivée à l’aéroport de Laâyoune (la capitale du Sahara occidental) le 13 novembre 2009. Mme Haidar revenait d’un voyage aux États-Unis, où elle s’est vu remettre le Civil Courage Prize 2009. Elle a été interrogée et son passeport lui a été confisqué parce qu’elle n’aurait pas rempli les formalités administratives afin de pouvoir entrer dans le pays. Elle serait libérée si elle reconnaissait la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ce qu’elle a refusé de faire. Après quoi, elle a été mise contre son gré sur un avion à destination de Lanzarote (îles Canaries). Selon la version marocaine, elle aurait «nié sa nationalité marocaine et confirmé son appui aux idées séparatistes». À son arrivée à Lanzarote, elle a entamé une grève de la faim pour protester contre le traitement dont elle a fait l’objet et contre son expulsion.

    Pour la gestion de cette affaire, les autorités marocaines se sont payé les services du cabinet Communication&Institutions. Ci-après, les documents élaborés par ce cabinet à ce sujet :


    Lundi 14 décembre 2009

    ELEMENTS D’INFORMATION
    SUR L’ACTION ENGAGEE
    PAR MME AMINATOU HAIDAR


    I- MME AMINATOU HAIDAR, UNE MILITANTE AU SERVICE DE L’ALGERIE ET DU FRONT POLISARIO

    II- LES FONDEMENTS DE LA DECISION DES AUTORITES MAROCAINES

    A- Au regard du droit marocain

    B- Au regard du droit international

    Précisions sur l’action médiatique engagée par Aminatou Haidar
    à l’aéroport d’Arrecife (Canaries)

    Le vendredi 13 novembre 2009, lors de son arrivée à l’aéroport de Laâyoune au Maroc, Madame Aminatou Haidar, militante marocaine au service du Polisario, a refusé de remplir les formalités de police et de mentionner sa nationalité sur sa fiche de débarquement, comme l’exige pourtant la réglementation internationale en vigueur. Elle a également renié, par écrit, devant le Procureur du Roi et témoins, sa nationalité marocaine. Cet incident était prémédité : Mme Aminatou Haidar était accompagnée de deux journalistes espagnols appartenant à une compagnie de communication privée rémunérée.

    Son interpellation s’est effectuée dans le respect de la loi, en présence de membres de sa famille, sans préjudice moral ni physique, à l’heure où plusieurs médias, préparés à l’avance, annonçaient de prétendues « arrestation », « enlèvement » et « disparition ». En réalité, Mme Aminatou Haidar n’a pas été autorisée à entrer sur le territoire marocain, en application du règlement de l’Organisation de l’aviation civile internationale, puisqu’elle refusait de remplir les formalités d’usage.

    1. Aminatou Haidar : une militante au service de l’Algérie et du Front Polisario

    Mme Aminatou Haidar se présente volontiers comme une « militante des droits de l’Homme », contribuant à déplacer le débat sur un terrain inapproprié, compte-tenu des enjeux diplomatiques.

    Depuis quelques années, en effet, son activité se résume à troubler l’ordre public au service de la cause indépendantiste sahraouie ; en décembre 2005, elle a été condamnée à 7 mois de prison pour avoir encadré une manifestation violente à Laâyounne, avant de bénéficier d’une grâce royale en janvier 2006..

    Depuis, elle s’est mise au service d’une stratégie algérienne visant à torpiller, par tous les moyens, l’Initiative marocaine d’autonomie du Sahara, pourtant très favorablement accueillie par la Communauté internationale. Elle a utilisé ses fréquents déplacements à l’étranger pour servir de caisse de résonnance au discours du séparatisme et véhiculer toutes sortes d’allégations sur la situation des droits de l’Homme au sud du Royaume. Sous prétexte de défendre les droits de l’Homme, Mme Aminatou Haidar a toujours entretenu des contacts étroits et réguliers avec les services algériens, ses donneurs d’ordre et pourvoyeurs de fonds. Dans tous ses déplacements, elle a bénéficié de l’appui logistique, de l’encadrement diplomatique et du soutien politique des Ambassades d’Algérie. Elle s’est toujours identifiée au Polisario et s’est intégrée dans ses activités à l’étranger (cf. documents annexes joints).

    Durant ces années, Mme Aminatou Haidar, qui profitait de l’espace de liberté et d’ouverture démocratique du Royaume, n’a pas agi en tant que défenseur des droits de l’Homme, mais en tant qu’activiste politique qui travaille ouvertement pour les intérêts d’un gouvernement étranger. Sa grève de la faim doit être perçu comme un « coup » médiatique visant à répondre, par l’émotionnel, au désarroi d’une organisation militaire en plein déclin – le Polisario -, incapable de la moindre ouverture dans le cadre des négociations actuelles parrainées par l’ONU.

    . Les fondements de la décision des autorités marocaines : une réponse proportionnée

    Au regard du droit marocain, Mme Haidar n’a fait l’objet d’aucune mesure d’expulsion, ni de refoulement ou de bannissement. En affirmant aux services douaniers qu’elle renonçait à sa nationalité marocaine, elle s’est délibérément placée en dehors du code marocain de la nationalité et des protections qui en découlent. Ne souhaitant pas accomplir les formalités d’accès au territoire, pourtant reconnues et exigées dans tous les aéroports du monde, elle a choisi librement de ne pas y accéder. A noter à ce propos que la transgression de ces règles est passible de sanctions dans certaines législations, ou de mesures rigoureuses comme aux Etats-Unis.

    Au regard du droit international, le Maroc a refusé à Mme Aminatou Haidar d’accéder à son territoire en application du règlement de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

    Plus généralement, sa conduite est incompatible avec l’article 12 du Pacte des droits civils et politiques des Nations Unies, sur les obligations de préservation de l’ordre public. De même, elle est en contradiction avec les termes de la résolution de l’Assemblée générale 53/144 du 9 décembre 1998 sur les « droits et obligations des défenseurs des droits de l’Homme », qui impose le respect de la loi pour satisfaire aux exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique ; l’article 19 de cette même résolution énonce, par ailleurs, qu’aucune de ses dispositions ne peut être interprétée comme un droit de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à détruire les libertés visées dans la résolution. Enfin, la 4ème Convention de Genève de 1949 n’est pas applicable car, depuis le cessez-le-feu de 1991, la question du Sahara est entrée dans une phase de recherche d’une solution politique par la négociation.

    Le Maroc est donc légalement et légitimement fondé à prendre les mesures de maintien de l’ordre public, de la sécurité des biens et des personnes, et de la tranquillité des citoyens.

    La situation de Mme Aminatou Haidar a été immédiatement exploitée par l’Algérie et le Polisario comme élément de surenchère et de chantage pour reporter la reprise des négociations. Sa grève de la faim, entamée le 13 novembre 2009 à l’aéroport d’Arrecife de l’archipel espagnol des Canaries, si douloureuse qu’elle puisse être pour cette militante et sa famille, ne contribue aucunement à améliorer le processus de dialogue engagé avec le Polisario sous l’égide des Nations-Unies.

    * * *

    ANNEXE 1

    Encadrement de Mme AMINATOU HAIDAR par l’Algérie et les responsables du Polisario

    Encadrement par des responsables du Polisario

    Belgique :

    Le 2 juin 2006, entrevue d’Aminatou Haidar avec l’ambassadeur algérien dans la capitale belge, Halim Ben Attalah, en présence de Mohamed Sidati, « Ministre Conseiller, Délégué de la Rasd en Europe ».

    Le 13 octobre 2007, le prix « Silver Rose 2007 » lui est décerné à Bruxelles, en présence de Mahfoud Ali Beiba.

    Italie :

    Le 14 juin 2006, participation d’Aminatou Haidar à une conférence de presse à Rome, en présence de Omar Mih, représentant du Polisario en Europe, dans la capitale italienne.

    France :

    Visite, le 31 mai 2006, d’Aminatou haudar au Parlement Européen à Strasbourg en compagnie de Mohamed Sidati.
    Le 8 octobre suivant, elle est accueillie à Mantes-La-Jolie par le représentant du polisario à Paris, Sadafa Ahmed Bahia.

    USA :

    Le 2 janvier 2007, Aminatou Haidar est accueillie à New York par Ahmed Boukhari en vue de prendre part à des groupes de travaux sur la condition féminine.
    Le 1er février, elle participe, à Washington, en compagnie de Ahmed Boukhari et de Mouloud Said, représentant dans la capitale américaine, à l’évènement religieux « Breakfeast Prayers ».

    Royaume-Uni :

    Le 7 octobre 2007, Aminatou Haidar a été reçue, ainsi que Khadija Hamdi, par la section locale d’Amnesty International.

    Autriche :

    Aminatou Haidar assiste, le 18 octobre 2008, en compagnie de Mahfoud Ali Beiba, à une conférence-débat de l’Institut Renner.

    Nigeria :

    En octobre 2008, Aminatou Haidar a participé à Abuja, en compagnie de « l’Ambassadeur » Ubbi Bouchraya Bachir, à une semaine de solidarité avec le FP.

    A. Haidar avec Abdellah Baâli ambassadeur d’Algérie auprès des Etats-Unis d’Amérique à la résidence d’Algérie à Washington

    A. Haidar avec Halim Benatallah, ambassadeur d’Algérie en Belgique et Mohamed Sidati, représentant du polisario en Europe (à l’Ambassade d’Algérie à Bruxelles)
    A. Haidar avec Halim Benatallah, Ambassadeur d’Algérie en Belgique
    A. Haidar avec Mahfoud Ali Beiba, « président du parlement de la rasd » et chef de la délégation du polisario pour le processus de négociation et Khalil Sid Ahmed « ministre des territoires occupés » (chargé de la subversion)
    A. Haidar avec Mouloud Said représentant du polisario aux USA

    Mouloud Said représentant du polisario à Washington assurant la logistique pour les activités d’A. Haidar aux Etats-Unis

    Aminatou Haidar arborant le drapeau de la « rasd »

    ANNEXE 2

    Analyse détaillée des fondements de la décision marocaine

    ANALYSE DETAILLEE DES FONDEMENTS DE LA DECISION MAROCAINE

    A- Au regard du droit marocain :

    1- Passeport, une pièce d’identité marocaine :

    a. Au Maroc, comme dans le reste des pays du monde, la Carte d’identité nationale et le passeport sont délivrés à la demande, selon une procédure et sur la base d’un dossier comportant un certain nombre de pièces administratives ;
    b. Madame Haidar a fait le libre choix de demander, suivant la procédure en cours, un passeport marocain et l’a obtenu ;
    c. C’est en tant que Marocaine, détentrice d’un passeport marocain, qu’elle a pu obtenir des visas et se rendre dans de nombreux pays.

    2- Refus d’accomplir les formalités juridiquement exigées d’accès au territoire :

    a. Mme Haidar a refusé de remplir, comme il se doit, la fiche de déparquement.

    b. Les mesures appliquées au Maroc, notamment les formalités d’entrée au territoire, sont universellement établies et exigées. Leur transgression est même passible de sanctions dans certaines législations, ou de mesures rigoureuses, comme c’est le cas aux Etats-Unis d’Amérique notamment.

    3- Négation de la nationalité marocaine :

    a. Mme Haidar est née Marocaine, en 1966, à Akka, province de Tata (Anti-Atlas), en dehors de la zone connue sous le nom de « Sahara occidental » ;

    b. L’intéressée a affirmé aux services douaniers et au personnel de sécurité qu’elle n’est pas marocaine. Sur ce, elle a affirmé vouloir renoncer à sa nationalité, rendant ainsi caducs ses pièces d’identité nationale ;

    c. C’est donc délibérément que Mme Haidar s’est placée en dehors du code marocain de la nationalité, et partant des protections et garanties qui en découlent.

    d. Face à l’entêtement de Mme Haidar, les autorités marocaines se sont trouvées contraintes d’appliquer la loi. Préférant ne pas accomplir les formalités exigées, l’intéressée a, ainsi, choisi, elle-même, de ne pas accéder au territoire.

    e. La marge entre liberté d’expression et devoir de citoyenneté a été ostentatoirement violée.

    f. Au regard du droit marocain, Mme Haidar n’a fait l’objet d’aucune mesure d’expulsion, ni de refoulement ou de bannissement.

    B- Au regard du droit international :

    1- Que l’individu soit marocain ou étranger, il doit respecter les formalités exigées aux postes frontières. L’intéressée n’a qu’à respecter le droit. Elle ne l’a pas fait. Le Maroc lui a refusé l’accès à son territoire en application du règlement de l’OACI.

    2- La gestion de cette question ne comporte aucune violation du Pacte des droits civils et politiques à l’encontre de Mme Haidar en tant que citoyenne marocaine. Il est à souligner que le Pacte impose des obligations que Mme Haidar a sciemment refusé de respecter, notamment celles relatives à la préservation de l’ordre public (cf. article 12).

    3- Les actes, les déclarations, les objectifs poursuivis par A. Haidar sont en complète contradiction avec les termes de la résolution de l’Assemblée générale 53/144 du 9 décembre 1998, relative aux « droits et obligations des défenseurs des droits de l’Homme ». En effet, l’article 17 de cette résolution impose à chacun, agissant individuellement ou en association avec d’autres, l’obligation du respect de la loi afin de satisfaire aux exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique. L’article 19 de la même résolution énonce, par ailleurs, qu’aucune de ses dispositions ne peut être interprétées comme un droit de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à détruire les libertés visées dans la résolution.

    4- La 4ème Convention de Genève de 1949 n’est pas applicable dans le cas de Mme Haidar. Nous ne sommes ni dans une situation d’hostilités ouverte, ni dans une situation d’occupation ou de violence interne. En effet, depuis la proclamation du cessez-le-feu en 1991, la question du Sahara est entrée dans une phase de recherche d’une solution politique par la négociation.

    5- Le Maroc est légalement et légitimement fondé à prendre les mesures de maintien de l’ordre public, de la sécurité des biens et des personnes, et de la tranquillité des citoyens.

    Liste de diffusion pour la note de synthèse sur l’affaire Haidar.

    Journalistes

    Le Monde
    Jean-Jacques Bozonnet, correspondant à Madrid
    bozonnet@lemonde.fr
    Florence Beaugé
    beauge@lemonde.fr

    Libération / RFI ,…
    Léa-Lisa Westerhoff
    lea_westerhoff@yahoo.fr

    Le Figaro
    Thierry Oberlé
    toberle@lefigaro.fr
    Diane Cambon, correspondante à Madrid
    dianecambon@yahoo.fr

    La Tribune
    Thierry Maliniak, correspondant à Madrid
    maliniak@telefonica.net

    Les Echos
    Richard Hiault, chef du service International
    rhiault@lesechos.fr

    Le Point
    Mireille Duteil
    mduteil@lepoint.fr

    L’Express
    Dominique Lagarde
    dlagarde@lexpress.fr

    AFP Bureau de Madrid
    00 34 91 575 53 80 (fax)
    afp.madrid@afp.com

    Parlementaires

    Assemblée Nationale
    126, rue de l’Université
    75355 Paris 07 SP

    M. Axel Poniatowski
    Président de la Commission des affaires étrangères
    aponiatowski@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 42 94

    Mme Martine Aurillac
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    maurillac@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 51 29

    M. Michel Destot
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    mdestot@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 95 84

    M. Renaud Muselier
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    rmuselier@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 54 71

    M. François Rochebloine
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    frochebloine@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 33 89

    M. Guy Teissier
    Président de la commission de la défense nationale et des forces armées
    gteissier@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 41 92

    M. Jack Lang
    Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées
    jlang@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 03 85

    M. Hervé de Charette
    Membre de la commission des affaires étrangères
    Ancien ministre des Affaires étrangères
    hdecharette@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 78 78

    M. Jean Roatta
    Président du groupe d’amitié France-Maroc
    jroatta@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 79 29

    Sénat
    Palais du Luxembourg
    15 rue de Vaugirard
    75006 Paris

    M. Josselin de Rohan
    Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
    j.de-rohan@senat.fr
    (fax) 01 42 34 46 50

    M. Christian Cambon
    Président du groupe d’amitié France-Maroc
    Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
    c.cambon@senat.fr
    (fax) 01 42 34 47 03

    Conseillers de cabinet

    Présidence de la République
    Palais de l’Élysée
    55 rue du faubourg Saint-Honoré
    75008 Paris

    M. Jean-David Levitte
    Conseiller diplomatique et sherpa

    Matignon
    Hôtel Matignon
    57 rue de Varenne
    75007 Paris

    M. Charles Fries
    Conseiller diplomatique

    Ministère des Affaires étrangères
    37 quai d’Orsay
    75700 Paris

    M. Fabrice Mauries
    Conseiller Afrique du Nord, Proche et Moyen Orient, Union pour la Méditerranée

    Mme Hélène Dantoine
    Conseiller Nations unies, Affaires globales, Affaires économiques internationales, Droits de l’Homme et affaires humanitaires

    Proposition de courrier d’accompagnement

    « Civilité »,

    Depuis le 13 novembre 2009, Madame Aminatou Haidar, militante au service du Polisario, effectue une grève de la faim à l’aéroport d’Arrecife de l’archipel espagnol des Canaries.

    Elle conteste la décision des autorités marocaines de ne pas l’accepter sur le territoire marocain, après la provocation préparée à laquelle elle s’est livrée à son arrivée à l’aéroport de Laâyoune : refus de remplir les formalités de police et négation de sa nationalité marocaine.

    Compte-tenu des proportions médiatiques que prend cette affaire et des messages mensongers parfois véhiculés, je me permets de vous faire parvenir une courte note apportant des précisions essentielles à la bonne compréhension des enjeux diplomatiques.

    En effet et fort malheureusement, l’action engagée par Mme Aminatou Haidar ne contribue aucunement à améliorer le processus de dialogue engagé par le Royaume du Maroc avec le Polisario, sous l’égide des Nations-Unies.

    Me tenant à votre disposition pour tout éclairage complémentaire, je vous prie d’agréer, « Civilité », l’expression de ma considération distinguée.


    Objet : Première note de débriefing sur l’affaire Aminatou Haidar

    A : Faïçal Laraichi
    De : Olivier Le Picard / Gaëtan de Royer
    Le : 18 décembre 2009

    1. Couverture en France

    Genèse de l’affaire : 13 novembre 2009 (passeport confisqué)
    1.2. la couverture en France de l’affaire Haidar a connu trois phases bien distinctes :

    la première, du 13 novembre au 4 décembre est relativement calme, c’est-à-dire limitée aux médias français à vocation internationale, à faible impact en France ; elle est alimentée par la MAP et par les correspondants espagnols de l’AFP ;
    la deuxième commence le soir du 4 décembre, à la suite du retour avorté de Mme Haidar, qui souligne de manière « spectaculaire » le différent entre l’Espagne et le Maroc ; c’est à partir de cet instant que les premières retombées significatives sont enregistrées (presse écrite généraliste ; quelques télévisions nationales) ;
    la troisième est la plus courte mais la plus intense ; elle est engendrée par les complications médicales du 17 décembre puis le dénouement de l’affaire.
    1.3. Cette dernière phase devrait logiquement se prolonger ce week-end, avant de retomber à l’approche de Noël.

    Pour l’heure, on observe surtout des retombées sur les radios et télévisions françaises à vocation internationale : TV5 Monde, France 24, RFI, Euronews (faible impact). Les grandes radios et télévisions généralistes sont très discrètes. La presse qui a déjà évoqué le sujet (Figaro, Libération, La Croix,…) devrait y revenir demain, pour clore le sujet.

    Depuis la visite en France de M. Taïeb Fassi-Fihri, la position du Maroc est relayée de manière plutôt satisfaisante ; le message consistant à souligner que Mme Haidar n’est pas une militante des droits de l’homme mais une proche du Polisario est bien passé ; plusieurs commentateurs relèvent enfin que le Parlement européen s’est abstenu de condamner l’affaire.

    2. Enseignements

    Il nous semble nécessaire de travailler dès maintenant sur des scénarios de crise et sur les interactions entre les médias marocains, français et internationaux.

    Compte tenu du dénouement de cette affaire, il semble probable que les activistes vont essayer d’entretenir le niveau d’intérêt des médias et générer d’autres affaires semblables.

    Nous pensons que la cellule de crise communication peut parer ces coups médiatiques et les gérer au mieux, à condition :

    d’anticiper les scénarios prévisibles (nouvelles provocations impliquant d’instruire les fonctionnaires sur la manière d’agir,…) ;
    de créer les conditions d’une réactivité immédiate, proportionnée et efficace en termes de communication ;
    de réactiver le plan de contact institutionnel et médiatique en France, autour de M. Laraichi et de M. l’Ambassadeur, pour booster l’efficacité du système de communication en cas de crise.
    La visite en France de M. Taïeb Fassi-Fihri et le travail argumentaire qui a été mené en parallèle, par l’intermédiaire d’une note de synthèse notamment, a permis de mieux faire comprendre la position du Maroc. D’où l’intérêt, à l’avenir, d’anticiper ce type de réponse et d’intervenir, si besoin, très en amont.

    DRAFT

    En-tête Ambassade

    Paris, le 18 décembre 2009

    Dénouement de l’affaire Aminatou Haidar : la loi nationale s’applique sur tout le territoire marocain

    Le Maroc se félicite de l’écoute et de la compréhension manifestées par ses amis et partenaires sur la question du Sahara marocain. Tous ont reconnu que, dans l’attente d’une solution politique définitive, la législation nationale s’applique sur l’ensemble du territoire marocain.

    Le fait que les formalités d’usage aient été accomplies à l’entrée sur le territoire du Royaume est de nature à satisfaire l’ensemble des Marocains attachés au respect total de la loi nationale, par tous, sans exception et sur l’intégralité du territoire marocain. Dans ces conditions, conformément à la tradition de générosité et d’ouverture du Peuple Marocain, le passeport marocain qu’elle réclamait, a pu lui être rendu.

    Cette affaire a permis de démontrer que les agissements de cette activiste n’étaient pas liés à la promotion des droits de l’Homme mais qu’elle avait bel et bien agi pour le compte du Polisario, qui demeure un mouvement totalitaire, héritier de la Guerre froide. Ce mouvement est soutenu, abrité et financé par l’Algérie qui, par la rigidité de sa position, constitue le principal point de blocage à la résolution de ce conflit artificiel.

    Le Maroc, comme l’ensemble de ses partenaires, rappelle l’importance et la centralité du processus politique de négociation, sur la base du réalisme et de l’esprit de compromis, processus engagé à la faveur de l’initiative marocaine d’autonomie. La négociation est la seule stratégie raisonnable pour parvenir à une solution politique définitive au profit d’un Maghreb uni, stable et prospère.

    Contact : M. Redouane Adghoughi, Ministre Conseiller auprès de S.E. M. El Mostapha Sahel, Ambassadeur du Royaume du Maroc en France, 01.45.20.91.48.

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Communication&Institution #Lobbying #AminatouHaidar

  • Maroc Leaks : Conseils de C&I au sujet de l’expulsion d’Aminatou Haidar

    Aminatou Haidar, la militante sahraouie la plus récompensée à l’échelon international, a été arrêtée par des fonctionnaires de la sécurité marocains à son arrivée à l’aéroport de Laâyoune (la capitale du Sahara occidental) le 13 novembre 2009. Mme Haidar revenait d’un voyage aux États-Unis, où elle s’est vu remettre le Civil Courage Prize 2009. Elle a été interrogée et son passeport lui a été confisqué parce qu’elle n’aurait pas rempli les formalités administratives afin de pouvoir entrer dans le pays. Elle serait libérée si elle reconnaissait la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, ce qu’elle a refusé de faire. Après quoi, elle a été mise contre son gré sur un avion à destination de Lanzarote (îles Canaries). Selon la version marocaine, elle aurait «nié sa nationalité marocaine et confirmé son appui aux idées séparatistes». À son arrivée à Lanzarote, elle a entamé une grève de la faim pour protester contre le traitement dont elle a fait l’objet et contre son expulsion.

    Pour la gestion de cette affaire, les autorités marocaines se sont payé les services du cabinet Communication&Institutions. Ci-après, les documents élaborés par ce cabinet à ce sujet :


    Lundi 14 décembre 2009

    ELEMENTS D’INFORMATION
    SUR L’ACTION ENGAGEE
    PAR MME AMINATOU HAIDAR


    I- MME AMINATOU HAIDAR, UNE MILITANTE AU SERVICE DE L’ALGERIE ET DU FRONT POLISARIO

    II- LES FONDEMENTS DE LA DECISION DES AUTORITES MAROCAINES

    A- Au regard du droit marocain

    B- Au regard du droit international

    Précisions sur l’action médiatique engagée par Aminatou Haidar
    à l’aéroport d’Arrecife (Canaries)

    Le vendredi 13 novembre 2009, lors de son arrivée à l’aéroport de Laâyoune au Maroc, Madame Aminatou Haidar, militante marocaine au service du Polisario, a refusé de remplir les formalités de police et de mentionner sa nationalité sur sa fiche de débarquement, comme l’exige pourtant la réglementation internationale en vigueur. Elle a également renié, par écrit, devant le Procureur du Roi et témoins, sa nationalité marocaine. Cet incident était prémédité : Mme Aminatou Haidar était accompagnée de deux journalistes espagnols appartenant à une compagnie de communication privée rémunérée.

    Son interpellation s’est effectuée dans le respect de la loi, en présence de membres de sa famille, sans préjudice moral ni physique, à l’heure où plusieurs médias, préparés à l’avance, annonçaient de prétendues « arrestation », « enlèvement » et « disparition ». En réalité, Mme Aminatou Haidar n’a pas été autorisée à entrer sur le territoire marocain, en application du règlement de l’Organisation de l’aviation civile internationale, puisqu’elle refusait de remplir les formalités d’usage.

    1. Aminatou Haidar : une militante au service de l’Algérie et du Front Polisario

    Mme Aminatou Haidar se présente volontiers comme une « militante des droits de l’Homme », contribuant à déplacer le débat sur un terrain inapproprié, compte-tenu des enjeux diplomatiques.

    Depuis quelques années, en effet, son activité se résume à troubler l’ordre public au service de la cause indépendantiste sahraouie ; en décembre 2005, elle a été condamnée à 7 mois de prison pour avoir encadré une manifestation violente à Laâyounne, avant de bénéficier d’une grâce royale en janvier 2006..

    Depuis, elle s’est mise au service d’une stratégie algérienne visant à torpiller, par tous les moyens, l’Initiative marocaine d’autonomie du Sahara, pourtant très favorablement accueillie par la Communauté internationale. Elle a utilisé ses fréquents déplacements à l’étranger pour servir de caisse de résonnance au discours du séparatisme et véhiculer toutes sortes d’allégations sur la situation des droits de l’Homme au sud du Royaume. Sous prétexte de défendre les droits de l’Homme, Mme Aminatou Haidar a toujours entretenu des contacts étroits et réguliers avec les services algériens, ses donneurs d’ordre et pourvoyeurs de fonds. Dans tous ses déplacements, elle a bénéficié de l’appui logistique, de l’encadrement diplomatique et du soutien politique des Ambassades d’Algérie. Elle s’est toujours identifiée au Polisario et s’est intégrée dans ses activités à l’étranger (cf. documents annexes joints).

    Durant ces années, Mme Aminatou Haidar, qui profitait de l’espace de liberté et d’ouverture démocratique du Royaume, n’a pas agi en tant que défenseur des droits de l’Homme, mais en tant qu’activiste politique qui travaille ouvertement pour les intérêts d’un gouvernement étranger. Sa grève de la faim doit être perçu comme un « coup » médiatique visant à répondre, par l’émotionnel, au désarroi d’une organisation militaire en plein déclin – le Polisario -, incapable de la moindre ouverture dans le cadre des négociations actuelles parrainées par l’ONU.

    . Les fondements de la décision des autorités marocaines : une réponse proportionnée

    Au regard du droit marocain, Mme Haidar n’a fait l’objet d’aucune mesure d’expulsion, ni de refoulement ou de bannissement. En affirmant aux services douaniers qu’elle renonçait à sa nationalité marocaine, elle s’est délibérément placée en dehors du code marocain de la nationalité et des protections qui en découlent. Ne souhaitant pas accomplir les formalités d’accès au territoire, pourtant reconnues et exigées dans tous les aéroports du monde, elle a choisi librement de ne pas y accéder. A noter à ce propos que la transgression de ces règles est passible de sanctions dans certaines législations, ou de mesures rigoureuses comme aux Etats-Unis.

    Au regard du droit international, le Maroc a refusé à Mme Aminatou Haidar d’accéder à son territoire en application du règlement de l’Organisation de l’aviation civile internationale.

    Plus généralement, sa conduite est incompatible avec l’article 12 du Pacte des droits civils et politiques des Nations Unies, sur les obligations de préservation de l’ordre public. De même, elle est en contradiction avec les termes de la résolution de l’Assemblée générale 53/144 du 9 décembre 1998 sur les « droits et obligations des défenseurs des droits de l’Homme », qui impose le respect de la loi pour satisfaire aux exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique ; l’article 19 de cette même résolution énonce, par ailleurs, qu’aucune de ses dispositions ne peut être interprétée comme un droit de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à détruire les libertés visées dans la résolution. Enfin, la 4ème Convention de Genève de 1949 n’est pas applicable car, depuis le cessez-le-feu de 1991, la question du Sahara est entrée dans une phase de recherche d’une solution politique par la négociation.

    Le Maroc est donc légalement et légitimement fondé à prendre les mesures de maintien de l’ordre public, de la sécurité des biens et des personnes, et de la tranquillité des citoyens.

    La situation de Mme Aminatou Haidar a été immédiatement exploitée par l’Algérie et le Polisario comme élément de surenchère et de chantage pour reporter la reprise des négociations. Sa grève de la faim, entamée le 13 novembre 2009 à l’aéroport d’Arrecife de l’archipel espagnol des Canaries, si douloureuse qu’elle puisse être pour cette militante et sa famille, ne contribue aucunement à améliorer le processus de dialogue engagé avec le Polisario sous l’égide des Nations-Unies.

    * * *

    ANNEXE 1

    Encadrement de Mme AMINATOU HAIDAR par l’Algérie et les responsables du Polisario

    Encadrement par des responsables du Polisario

    Belgique :

    Le 2 juin 2006, entrevue d’Aminatou Haidar avec l’ambassadeur algérien dans la capitale belge, Halim Ben Attalah, en présence de Mohamed Sidati, « Ministre Conseiller, Délégué de la Rasd en Europe ».

    Le 13 octobre 2007, le prix « Silver Rose 2007 » lui est décerné à Bruxelles, en présence de Mahfoud Ali Beiba.

    Italie :

    Le 14 juin 2006, participation d’Aminatou Haidar à une conférence de presse à Rome, en présence de Omar Mih, représentant du Polisario en Europe, dans la capitale italienne.

    France :

    Visite, le 31 mai 2006, d’Aminatou haudar au Parlement Européen à Strasbourg en compagnie de Mohamed Sidati.
    Le 8 octobre suivant, elle est accueillie à Mantes-La-Jolie par le représentant du polisario à Paris, Sadafa Ahmed Bahia.

    USA :

    Le 2 janvier 2007, Aminatou Haidar est accueillie à New York par Ahmed Boukhari en vue de prendre part à des groupes de travaux sur la condition féminine.
    Le 1er février, elle participe, à Washington, en compagnie de Ahmed Boukhari et de Mouloud Said, représentant dans la capitale américaine, à l’évènement religieux « Breakfeast Prayers ».

    Royaume-Uni :

    Le 7 octobre 2007, Aminatou Haidar a été reçue, ainsi que Khadija Hamdi, par la section locale d’Amnesty International.

    Autriche :

    Aminatou Haidar assiste, le 18 octobre 2008, en compagnie de Mahfoud Ali Beiba, à une conférence-débat de l’Institut Renner.

    Nigeria :

    En octobre 2008, Aminatou Haidar a participé à Abuja, en compagnie de « l’Ambassadeur » Ubbi Bouchraya Bachir, à une semaine de solidarité avec le FP.

    A. Haidar avec Abdellah Baâli ambassadeur d’Algérie auprès des Etats-Unis d’Amérique à la résidence d’Algérie à Washington

    A. Haidar avec Halim Benatallah, ambassadeur d’Algérie en Belgique et Mohamed Sidati, représentant du polisario en Europe (à l’Ambassade d’Algérie à Bruxelles)
    A. Haidar avec Halim Benatallah, Ambassadeur d’Algérie en Belgique
    A. Haidar avec Mahfoud Ali Beiba, « président du parlement de la rasd » et chef de la délégation du polisario pour le processus de négociation et Khalil Sid Ahmed « ministre des territoires occupés » (chargé de la subversion)
    A. Haidar avec Mouloud Said représentant du polisario aux USA

    Mouloud Said représentant du polisario à Washington assurant la logistique pour les activités d’A. Haidar aux Etats-Unis

    Aminatou Haidar arborant le drapeau de la « rasd »

    ANNEXE 2

    Analyse détaillée des fondements de la décision marocaine

    ANALYSE DETAILLEE DES FONDEMENTS DE LA DECISION MAROCAINE

    A- Au regard du droit marocain :

    1- Passeport, une pièce d’identité marocaine :

    a. Au Maroc, comme dans le reste des pays du monde, la Carte d’identité nationale et le passeport sont délivrés à la demande, selon une procédure et sur la base d’un dossier comportant un certain nombre de pièces administratives ;
    b. Madame Haidar a fait le libre choix de demander, suivant la procédure en cours, un passeport marocain et l’a obtenu ;
    c. C’est en tant que Marocaine, détentrice d’un passeport marocain, qu’elle a pu obtenir des visas et se rendre dans de nombreux pays.

    2- Refus d’accomplir les formalités juridiquement exigées d’accès au territoire :

    a. Mme Haidar a refusé de remplir, comme il se doit, la fiche de déparquement.

    b. Les mesures appliquées au Maroc, notamment les formalités d’entrée au territoire, sont universellement établies et exigées. Leur transgression est même passible de sanctions dans certaines législations, ou de mesures rigoureuses, comme c’est le cas aux Etats-Unis d’Amérique notamment.

    3- Négation de la nationalité marocaine :

    a. Mme Haidar est née Marocaine, en 1966, à Akka, province de Tata (Anti-Atlas), en dehors de la zone connue sous le nom de « Sahara occidental » ;

    b. L’intéressée a affirmé aux services douaniers et au personnel de sécurité qu’elle n’est pas marocaine. Sur ce, elle a affirmé vouloir renoncer à sa nationalité, rendant ainsi caducs ses pièces d’identité nationale ;

    c. C’est donc délibérément que Mme Haidar s’est placée en dehors du code marocain de la nationalité, et partant des protections et garanties qui en découlent.

    d. Face à l’entêtement de Mme Haidar, les autorités marocaines se sont trouvées contraintes d’appliquer la loi. Préférant ne pas accomplir les formalités exigées, l’intéressée a, ainsi, choisi, elle-même, de ne pas accéder au territoire.

    e. La marge entre liberté d’expression et devoir de citoyenneté a été ostentatoirement violée.

    f. Au regard du droit marocain, Mme Haidar n’a fait l’objet d’aucune mesure d’expulsion, ni de refoulement ou de bannissement.

    B- Au regard du droit international :

    1- Que l’individu soit marocain ou étranger, il doit respecter les formalités exigées aux postes frontières. L’intéressée n’a qu’à respecter le droit. Elle ne l’a pas fait. Le Maroc lui a refusé l’accès à son territoire en application du règlement de l’OACI.

    2- La gestion de cette question ne comporte aucune violation du Pacte des droits civils et politiques à l’encontre de Mme Haidar en tant que citoyenne marocaine. Il est à souligner que le Pacte impose des obligations que Mme Haidar a sciemment refusé de respecter, notamment celles relatives à la préservation de l’ordre public (cf. article 12).

    3- Les actes, les déclarations, les objectifs poursuivis par A. Haidar sont en complète contradiction avec les termes de la résolution de l’Assemblée générale 53/144 du 9 décembre 1998, relative aux « droits et obligations des défenseurs des droits de l’Homme ». En effet, l’article 17 de cette résolution impose à chacun, agissant individuellement ou en association avec d’autres, l’obligation du respect de la loi afin de satisfaire aux exigences de la morale, de l’ordre public et du bien-être général dans une société démocratique. L’article 19 de la même résolution énonce, par ailleurs, qu’aucune de ses dispositions ne peut être interprétées comme un droit de se livrer à une activité ou d’accomplir un acte visant à détruire les libertés visées dans la résolution.

    4- La 4ème Convention de Genève de 1949 n’est pas applicable dans le cas de Mme Haidar. Nous ne sommes ni dans une situation d’hostilités ouverte, ni dans une situation d’occupation ou de violence interne. En effet, depuis la proclamation du cessez-le-feu en 1991, la question du Sahara est entrée dans une phase de recherche d’une solution politique par la négociation.

    5- Le Maroc est légalement et légitimement fondé à prendre les mesures de maintien de l’ordre public, de la sécurité des biens et des personnes, et de la tranquillité des citoyens.

    Liste de diffusion pour la note de synthèse sur l’affaire Haidar.

    Journalistes

    Le Monde
    Jean-Jacques Bozonnet, correspondant à Madrid
    bozonnet@lemonde.fr
    Florence Beaugé
    beauge@lemonde.fr

    Libération / RFI ,…
    Léa-Lisa Westerhoff
    lea_westerhoff@yahoo.fr

    Le Figaro
    Thierry Oberlé
    toberle@lefigaro.fr
    Diane Cambon, correspondante à Madrid
    dianecambon@yahoo.fr

    La Tribune
    Thierry Maliniak, correspondant à Madrid
    maliniak@telefonica.net

    Les Echos
    Richard Hiault, chef du service International
    rhiault@lesechos.fr

    Le Point
    Mireille Duteil
    mduteil@lepoint.fr

    L’Express
    Dominique Lagarde
    dlagarde@lexpress.fr

    AFP Bureau de Madrid
    00 34 91 575 53 80 (fax)
    afp.madrid@afp.com

    Parlementaires

    Assemblée Nationale
    126, rue de l’Université
    75355 Paris 07 SP

    M. Axel Poniatowski
    Président de la Commission des affaires étrangères
    aponiatowski@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 42 94

    Mme Martine Aurillac
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    maurillac@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 51 29

    M. Michel Destot
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    mdestot@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 95 84

    M. Renaud Muselier
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    rmuselier@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 54 71

    M. François Rochebloine
    Vice-président de la Commission des affaires étrangères
    frochebloine@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 33 89

    M. Guy Teissier
    Président de la commission de la défense nationale et des forces armées
    gteissier@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 41 92

    M. Jack Lang
    Membre de la commission de la défense nationale et des forces armées
    jlang@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 03 85

    M. Hervé de Charette
    Membre de la commission des affaires étrangères
    Ancien ministre des Affaires étrangères
    hdecharette@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 78 78

    M. Jean Roatta
    Président du groupe d’amitié France-Maroc
    jroatta@assemblee-nationale.fr
    (fax) 01 40 63 79 29

    Sénat
    Palais du Luxembourg
    15 rue de Vaugirard
    75006 Paris

    M. Josselin de Rohan
    Président de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
    j.de-rohan@senat.fr
    (fax) 01 42 34 46 50

    M. Christian Cambon
    Président du groupe d’amitié France-Maroc
    Membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées
    c.cambon@senat.fr
    (fax) 01 42 34 47 03

    Conseillers de cabinet

    Présidence de la République
    Palais de l’Élysée
    55 rue du faubourg Saint-Honoré
    75008 Paris

    M. Jean-David Levitte
    Conseiller diplomatique et sherpa

    Matignon
    Hôtel Matignon
    57 rue de Varenne
    75007 Paris

    M. Charles Fries
    Conseiller diplomatique

    Ministère des Affaires étrangères
    37 quai d’Orsay
    75700 Paris

    M. Fabrice Mauries
    Conseiller Afrique du Nord, Proche et Moyen Orient, Union pour la Méditerranée

    Mme Hélène Dantoine
    Conseiller Nations unies, Affaires globales, Affaires économiques internationales, Droits de l’Homme et affaires humanitaires

    Proposition de courrier d’accompagnement

    « Civilité »,

    Depuis le 13 novembre 2009, Madame Aminatou Haidar, militante au service du Polisario, effectue une grève de la faim à l’aéroport d’Arrecife de l’archipel espagnol des Canaries.

    Elle conteste la décision des autorités marocaines de ne pas l’accepter sur le territoire marocain, après la provocation préparée à laquelle elle s’est livrée à son arrivée à l’aéroport de Laâyoune : refus de remplir les formalités de police et négation de sa nationalité marocaine.

    Compte-tenu des proportions médiatiques que prend cette affaire et des messages mensongers parfois véhiculés, je me permets de vous faire parvenir une courte note apportant des précisions essentielles à la bonne compréhension des enjeux diplomatiques.

    En effet et fort malheureusement, l’action engagée par Mme Aminatou Haidar ne contribue aucunement à améliorer le processus de dialogue engagé par le Royaume du Maroc avec le Polisario, sous l’égide des Nations-Unies.

    Me tenant à votre disposition pour tout éclairage complémentaire, je vous prie d’agréer, « Civilité », l’expression de ma considération distinguée.


    Objet : Première note de débriefing sur l’affaire Aminatou Haidar

    A : Faïçal Laraichi
    De : Olivier Le Picard / Gaëtan de Royer
    Le : 18 décembre 2009

    1. Couverture en France

    Genèse de l’affaire : 13 novembre 2009 (passeport confisqué)
    1.2. la couverture en France de l’affaire Haidar a connu trois phases bien distinctes :

    la première, du 13 novembre au 4 décembre est relativement calme, c’est-à-dire limitée aux médias français à vocation internationale, à faible impact en France ; elle est alimentée par la MAP et par les correspondants espagnols de l’AFP ;
    la deuxième commence le soir du 4 décembre, à la suite du retour avorté de Mme Haidar, qui souligne de manière « spectaculaire » le différent entre l’Espagne et le Maroc ; c’est à partir de cet instant que les premières retombées significatives sont enregistrées (presse écrite généraliste ; quelques télévisions nationales) ;
    la troisième est la plus courte mais la plus intense ; elle est engendrée par les complications médicales du 17 décembre puis le dénouement de l’affaire.
    1.3. Cette dernière phase devrait logiquement se prolonger ce week-end, avant de retomber à l’approche de Noël.

    Pour l’heure, on observe surtout des retombées sur les radios et télévisions françaises à vocation internationale : TV5 Monde, France 24, RFI, Euronews (faible impact). Les grandes radios et télévisions généralistes sont très discrètes. La presse qui a déjà évoqué le sujet (Figaro, Libération, La Croix,…) devrait y revenir demain, pour clore le sujet.

    Depuis la visite en France de M. Taïeb Fassi-Fihri, la position du Maroc est relayée de manière plutôt satisfaisante ; le message consistant à souligner que Mme Haidar n’est pas une militante des droits de l’homme mais une proche du Polisario est bien passé ; plusieurs commentateurs relèvent enfin que le Parlement européen s’est abstenu de condamner l’affaire.

    2. Enseignements

    Il nous semble nécessaire de travailler dès maintenant sur des scénarios de crise et sur les interactions entre les médias marocains, français et internationaux.

    Compte tenu du dénouement de cette affaire, il semble probable que les activistes vont essayer d’entretenir le niveau d’intérêt des médias et générer d’autres affaires semblables.

    Nous pensons que la cellule de crise communication peut parer ces coups médiatiques et les gérer au mieux, à condition :

    d’anticiper les scénarios prévisibles (nouvelles provocations impliquant d’instruire les fonctionnaires sur la manière d’agir,…) ;
    de créer les conditions d’une réactivité immédiate, proportionnée et efficace en termes de communication ;
    de réactiver le plan de contact institutionnel et médiatique en France, autour de M. Laraichi et de M. l’Ambassadeur, pour booster l’efficacité du système de communication en cas de crise.
    La visite en France de M. Taïeb Fassi-Fihri et le travail argumentaire qui a été mené en parallèle, par l’intermédiaire d’une note de synthèse notamment, a permis de mieux faire comprendre la position du Maroc. D’où l’intérêt, à l’avenir, d’anticiper ce type de réponse et d’intervenir, si besoin, très en amont.

    DRAFT

    En-tête Ambassade

    Paris, le 18 décembre 2009

    Dénouement de l’affaire Aminatou Haidar : la loi nationale s’applique sur tout le territoire marocain

    Le Maroc se félicite de l’écoute et de la compréhension manifestées par ses amis et partenaires sur la question du Sahara marocain. Tous ont reconnu que, dans l’attente d’une solution politique définitive, la législation nationale s’applique sur l’ensemble du territoire marocain.

    Le fait que les formalités d’usage aient été accomplies à l’entrée sur le territoire du Royaume est de nature à satisfaire l’ensemble des Marocains attachés au respect total de la loi nationale, par tous, sans exception et sur l’intégralité du territoire marocain. Dans ces conditions, conformément à la tradition de générosité et d’ouverture du Peuple Marocain, le passeport marocain qu’elle réclamait, a pu lui être rendu.

    Cette affaire a permis de démontrer que les agissements de cette activiste n’étaient pas liés à la promotion des droits de l’Homme mais qu’elle avait bel et bien agi pour le compte du Polisario, qui demeure un mouvement totalitaire, héritier de la Guerre froide. Ce mouvement est soutenu, abrité et financé par l’Algérie qui, par la rigidité de sa position, constitue le principal point de blocage à la résolution de ce conflit artificiel.

    Le Maroc, comme l’ensemble de ses partenaires, rappelle l’importance et la centralité du processus politique de négociation, sur la base du réalisme et de l’esprit de compromis, processus engagé à la faveur de l’initiative marocaine d’autonomie. La négociation est la seule stratégie raisonnable pour parvenir à une solution politique définitive au profit d’un Maghreb uni, stable et prospère.

    Contact : M. Redouane Adghoughi, Ministre Conseiller auprès de S.E. M. El Mostapha Sahel, Ambassadeur du Royaume du Maroc en France, 01.45.20.91.48.

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Communication&Institution #Lobbying #AminatouHaidar

  • Sahara occidental : ce qui manque à l’Algérie pour remporter sa guerre contre l’Empire?

    Les propos du ministre algérien des A.E., Sabri Boukadem, qui, ayant rencontré l’ambassadeur de Damas à Alger, lui a présenté ses condoléances pour le décès de son homologue syrien, Walid al-Mouallem, méritent réflexion.

    A l’issue de cette rencontre, Boukadem a déclaré à Al-Mayadeen que la « perte d’un diplomate chevronné comme Walid al-Mouallem n’était pas propre à la Syrie », mais que « le monde arabe et la diplomatie arabe venaient de subir une grande perte » : ” L’Algérie apporte son soutien à la Syrie. Le peuple syrien devra décider de son propre destin et aucun pays étranger ne devra s’immiscer dans cette question. La position de l’Algérie est décisive et fondée sur des principes : l’Algérie avait été aux côtés de la Syrie dans les circonstances les plus difficiles et elle restera toujours à ses côtés, pas seulement en paroles, mais en pratique ».

    En effet, en mars 2020 et alors même que l’axe US/OTAN faisait une première percée au Maghreb par la Turquie et les Émirats interposés, via la pseudo guerre libyenne, Alger a rapidement compris que son soutien à la Syrie ne pouvait se réduire à des appels lancés aux pays arabes pour créer les conditions d’un retour de Damas au sein de la Ligue arabe. A l’époque et alors même que la Turquie continuait, à l’aide de l’OTAN à faire débarquer des terroristes takfiristes à bord de ses navires et puis après avoir pris le contrôle d’al-Watiya, à bord de ses avions, en Libye, non loin des portes de l’Algérie, une importante délégation algérienne s’est rendue à Damas pour faire part de la volonté algérienne de coopérer avec l’armée syrienne. Vint ensuite une nouvelle percée turque au Sahel avec en toile de fond le projet de déstabilisation des frontières algéro-maliennes et là encore, le besoin de davantage de coopération algéro-syrienne s’est fait sentir.

    La guéguerre inter OTAN autour du gaz méditerranéen n’étant qu’un prétexte, on a vu dans la foulée, l’armada otanienne occuper la Méditerranée occidentale, projetée même d’y ériger des bases navales, là encore pour imposer un blocus de facto à l’Algérie. Le parallèle avec la Syrie venait à tout esprit jusqu’à ce que n’éclate cette rupture de trêve au Sahara occidental. Le feu que l’axe US/OTAN vient d’allumer au Maghreb islamique rien que pour faciliter l’emprise israélienne dans la région pourrait-il s’éteindre sans une alliance effective avec la Syrie et autres États et groupes de Résistance?

    Inquiète du danger des terroristes en Afrique du Nord, l’Algérie continue non seulement la politique du soutien au gouvernement syrien qui lutte contre la propagation du terrorisme dans d’autres régions du monde, mais elle a autorisé le déploiement de l’armée algérienne à l’étranger selon sa nouvelle Constitution. Dans ce sens, il a décidé de lutter contre le terrorisme au Mali, mais aussi la possibilité d’une intervention militaire pour défendre l’allié stratégique de l’Algérie dans la région : La République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), membre à part entière de l’Union africaine.

    En effet, la rupture de la trêve Rabat/Polisario, décidé par l’axe US/Israël avec en toile de fond une intervention militaire éminemment dangereuse des forces marocaines dans la zone tampon de Guerguerat, ne ne pourrait avoir d’autre objectif que celui de porter atteinte à la profondeur sécuritaire et stratégique algérienne. C’est d’autant plus vrai que les Emirats et Israël ont décidé cette fois de ne plus jouer à visages masqués, mais direct et sur table. Le fait d’ouvrir des consulats au Sahara occidental, ce qu’ont fait les Émirats, cadre d’ailleurs parfaitement la volonté US/OTAN/Israël de voir cette région se transformer en une « nouvelle Syrie » ou un « nouveau Yémen », propre à justifier le déploiement des troupes étrangères occidentales, « mobilisées évidemment à l’effet de porter l’assistance à un Maroc qui vient de signer un accord militaire de dix ans avec les USA.

    D’ici peu, il faudrait d’ailleurs s’attendre à ce que le trône marocain soit soumis à de fortes pressions pour lancer des appels aux États Unis, à la France, à leurs satellites golfiens pour combattre les “terroristes et séparatistes sahraouis” et tout ceci, parallèlement à des opérations de déstabilisation internes qu’Abou Dhabi et Tel-Aviv mènent depuis deux ans en Algérie, sans succès, mais dont le rythme serait sans doute accéléré. L’histoire des incendies du Nord algérien n’y étant pas étranger. Il va sans dire que l’ANP s’y prépare, mais face à une “coalition”, il faut faire partie d’une coalition. L’allusion faite par le MAE algérien au soutien pratique à l’armée syrienne voudrait peut-être dire cela, note un analyste qui affirme :

    ” Près de dix jours après la reprise de la guerre au Sahara Occidental, le Conseil de sécurité brille par son silence, quitte à pousser à ce que la mèche de la guerre, une énième, soit allumée au Maghreb qui abrite les musulmans les plus anti-sionistes du monde. Etre Kidnappé par l’axe US/Israël rend possibles tous les comportements, y compris les crimes de guerre contre la population civile dans les territoires occupés, à un moment où la MINURSO n’a d’autre mandat que de surveiller un cessez-le-feu qui a volé en éclats en raison de l’action marocaine dans la zone tampon. En cherchant à imposer aux Sahraouis, et partant à l’Algérie une guerre, l’axe US/Israël impose aussi à l’allié marocain un fardeau au moment où l’économie du royaume tend à s’écrouler sous l’effet de la pandémie. Au lieu de lui livrer le riche territoire sahraoui, ils poussent le Maroc à l’effondrement. C’est ce qu’ils ont fait à l’Arabie saoudite, en l’entrainant dans la guerre au Yémen et à la Turquie, en la poussant à s’enliser en Syrie. Pour l’axe US/Israël, toute alliance signifie l’asservissement ».

    Pars Today, 23 nov 2020

    #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #WesternSahara #Normalisation #Israël #Palestine


  • L’Algérie zappe le message adressé par le roi du Maroc au Président Tebboune

    L’Algérie zappe le message adressé par le roi du Maroc au Président Tebboune – Mohammed VI,

    DIA-15 décembre 2020: L’Algérie a carrément zappé le massage adressé par le roi Mohammed VI au président de la République, Abdelmadjid Tebboune, dans lequel le souverain lui a souhaite un prompt rétablissement.

    Le message du souverain marocain n’a été diffusé par aucun média public algérien. Seuls certains sites privés ont repris l’information.

    « Votre allocution à l’adresse du peuple algérien frère dimanche a montré, Dieu soit loué, votre rétablissement », écrit le Roi dans son message, repris par la presse marocaine, mais ignoré par la presse algérienne.

    Le roi a exprimé à cette occasion sa « profonde satisfaction suite à l’amélioration de l’état de santé du Président Tebboune » et a « imploré Dieu de lui accorder un rétablissement rapide et complet, santé et longue vie ».

    le message du roi du Maroc est intervenu dans le sillage de l’annonce de ce même roi du rétablissement des relations diplomatiques entre le Maroc et l’entité sioniste. Son message coïncide aussi avec l’agression de l’armée de l’occupant marocain qui a transgressé le cessez-le-feu, alors que le président américain sortant, Donald Trump a violé toutes les résolutions de la légalité internationale concernant le Sahara Occidental.

    Ces résolutions stipulent l’illégalité de la présence marocaine sur le territoire sahraoui, notamment la résolution 34/37de l’Assemblée nationale de l’Onu promulguée en 1979 qui avait constitué une référence, voire la base des positions prises par l’ensemble des organisations et Cours internationales.

    Compte tenu de ce contexte, l’Algérie a ignoré le message du roi du Maroc qui aura trahi la Palestine et entend embraser la région de l’Afrique du Nord en créant des zones de tension et d’instabilité.

    Amir Hani

    DIA-Algérie, 15/12/2020

    #Algérie #Maroc #MohammedVI #Tebboune

  • Maroc : Merci Monsieur «Coleman» !

    Pendant des années, que dis-je ?, quasiment vingt ans pour l’auteur de ces lignes, nous avons été accusés, les deux pelés et trois tondus qui avons essayé de faire du journalisme indépendant dans ce pays, d’être des agents de l’étranger, d’être soudoyés par tel Etat, tels services secrets ou tel mouvement ou organisation.

    Nous sommes passés d’être des agents de la DST, la police politique marocaine, à travailler pour le CNI espagnol, en passant par la DRS, les services secrets algériens et le Mossad israélien. Accusation suprême : nous étions également des agents du Polisario.

    Sans la moindre preuve bien évidemment, sinon on n’en serait pas là.
    Franchement, et si je devais un jour travailler pour un « sévice secret » je travaillerais avec celui de mon pays. Il paye bien. Les journalistes étrangers touchent 6000 euros par mois, avec en prime quelques séjours tous frais payés à Marrakech. Quant aux Marocains ils ont droit à des pages de publicité à gogo, des prébendes faites de facilités pour l’obtention d’un appartement ou d’une imprimerie, d’un prêt bancaire (que certains oublient de payer) et de généreux cadeaux en sous-main.

    Je connais le directeur d’un hebdomadaire francophone casablancais qui a acheté à l’Etat une villa où il a installé son torchon pour quelques dirhams. Son confrère d’un autre hebdomadaire, tout aussi francophone et pourri, a obtenu le même cadeau, sauf qu’il utilise la villa pour y habiter.

    Le premier, une barbouze journalistique qui a travaillé pour Dlimi quand il sillonnait les pays arabes et africains pour le compte d’un autre hebdomadaire francophone, celui-là français, a depuis quelques années les pires difficultés du monde pour boucler les finances de son brinquebalant et boiteux canard. Sans ses « amis », cela fait longtemps qu’il aurait fermé boutique. Mais à titre personnel, il est très riche. Il y a peu il négociait la vente d’un terrain dans l’un des quartiers les plus huppés de Casablanca pour un prix millionnaire. Il avait obtenu ce terrain pour des bricoles de la main d’un organisme étatique.

    Enfin, tout cela pour dire que sans aucune preuve, certaines officines de l’Etat marocain, appuyées par la presse aux ordres, déversent sur nous un tombereau d’accusations et d’affirmations mensongères dans le seul dessein de salir notre réputation et de nous signaler à un quelconque fou pour qu’il nous trucide avec un couteau dans la rue, alors que les vrais corrompus sont ceux qui hurlent avec les loups.

    Mais voilà, un hacker, ou plusieurs, publie depuis des mois une impressionnante pile de documents, scannés pour la plupart, et de mails compromettants qui prouvent par A+B que nos diplomates, en plus de leur labeur ordinaire de lobbying et de défense des intérêts de l’Etat, soudoient des fonctionnaires internationaux, de prétendus experts et une kyrielle de profiteurs comme ce pauvre fonctionnaire international sénégalais qui a vendu sa conscience pour quelques dirhams et un séjour au Maroc où il a visité un marabout local.

    On me rétorquera que cette corruption se fait au nom de la défense de la cause du Sahara. Je réponds qu’il faudrait alors préparer un bon chéquier et se hâter de gagner cette bataille parce que celui qui a vendu son âme une première fois la vendra une deuxième fois, et pas forcément au même camp, sinon au plus offrant.

    On découvre aussi dans les papiers du hacker que sous couvert d’un empire médiatique, un ex-commercial en publicité est en fait un responsable de la DGED, les services de contre-espionnage marocains, qui se fait passer pour un journaliste et entretient de coupables relations avec les pires organisations d’extrême droite pro-israélienne. Il est aussi le grand corrupteur d’une demi douzaine de journalistes français dont certains travaillent sur le Maroc depuis très longtemps.

    Merci donc à ce « Chris Coleman », pas pour la guerre qu’il mène contre le Makhzen au nom de ses propres intérêts (soukou hadak !), mais pour nous avoir permis de voir plus clair dans cette grande grotte où se tapit l’ogre qui nous opprime.

    Ali Lmrabet

    Demain Online, 14/12/2014