Category: Maroc

  • Maroc : Lettre au prisonnier Ali Amar

    Salam Ali,

    Je regrette que tu aies choisi la voie de l’humiliation à celle de la dignité. Ton communiqué au sujet de l’affaire Radi-Stitou est le signe d’une capitulation. Cette affaire pouvait être l’occasion pour toi de se racheter. D’effacer un lourd passif. Tu as opté pour tes méthodes habituelles : la délation, le verbe empoisonné, les menaces et les tentatives de jouer dans les coulisses pour se tirer d’affaire. Hier, un livre à charge contre ta source princière, aujourd’hui un communiqué empoisonné contre Omar, sa famille et ses soutiens. Trop tard.

    Tu es déjà prisonnier. Prisonnier de tes bourreaux, prisonnier de tes concessions qui deviennent des compromissions. Omar Radi, dans sa cellule de prison, demeurera un homme libre et digne.

    Le makhzen t’a poussé à bout. Il t’a sali, il s’est permis de faire de ton domicile familiale une fausse « scène de crime ». Face à ces attaques tu as choisi la servitude volontaire. L’humiliation. Cette « Ombre-là » n’utilise ni téléphone ni messager pour menacer. Le makhzen a confiance dans la discipline des personnes humiliées qui elles-mêmes s’alignent sur les besoins souhaités. Tu crois pouvoir t’en tirer ? Le makhzen de 2020 ne négocie pas. Il te demandera toujours plus, juste pour t’humilier.

    Ton communiqué, par son niveau de violence et d’hypocrisie, révèle une deuxième chose : tu as peur. Peur de tout perdre, peur de la prison, peur de perdre ton confort de petit bourgeois. A la première audition chez le juge, tu as craqué. Tu paniques.

    A l’opposé, Omar Radi. Lui, il a passé 12 interrogatoires, plusieurs auditions et un harcèlement de tout l’appareil de l’Etat et il n’a pourtant pas cédé. Il est resté droit dans ses bottes.

    La famille Radi comme les Comités de soutien et les membres de la Défense ont choisi dès le départ de t’éviter toute gène dans cette affaire. Nous avons choisi, sans commun accord, de te laisser le droit de choisir ton positionnement dans la suite de cette sale affaire. En somme, tu avais trois options : 1. Tu pouvais garder le silence. 2. Prendre la défense d’Omar et d’Imad et par la même occasion défendre ta dignité face à cette machination visant ta vie professionnelle et privée et sortir par la grande porte. 3. Faire le choix de l’humiliation. Tu as opté pour cette troisième option. Tant pis pour toi.

    Le combat pour la liberté d’Omar et d’Imad continuera à se faire avec dignité et honnêteté.

    S. Lemaizi

    PS : Dans ton communiqué, tu te plains de n’avoir pas été invité aux réunions du Comité de solidarité. Sache qu’une réunion militante n’est pas un diner mondain. Les personnes sincères qui veulent contribuer à une cause juste n’ont pas être invitées, elles se manifestent et font preuve d’altruisme.

    Source : Journalismes in bled, 6 déc 2020

    Tags : Maroc, Ali Amar, Omar Radi, Imad Stitou, presse, Makhzen,



  • Algérie : Belhimer débusque le Makhzen

    CAMPAGNE D’ATTAQUES CONTRE L’ALGÉRIE, SON PRÉSIDENT ET SON ARMÉE : Belhimer débusque le Makhzen

    Dans un entretien accordé à nos confrères du site électronique Dzertic 24, Amar Belhimer, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a indiqué que la campagne de dénigrement qui vise l’Algérie est le fruit d’un complexe que cultive le Makhzen marocain à l’égard de notre pays et son Armée.

    Il soulignera dans ses propos que la campagne s’est exacerbée ces derniers jours pour masquer les échecs de la diplomatie marocaine, qui peine à gagner à sa cause des soutiens après l’agression d’El-Guerguerat et le viol du cessez-le-feu instauré au Sahara occidental occupé, sous l’égide de l’ONU. « L’éternel complexe du makhzen est l’Armée nationale populaire (ANP) pour un certain nombre de considérations. La plus importante d’entre elles est la cohésion innée entre le peuple et son armée », a indiqué le porte-parole du gouvernement qui n’a pas manqué de rappeler que les sacrifices de l’ANP avaient permis de protéger les frontières de l’Algérie en dépit des complots du makhzen et de ses lobbies.

    Concernant les lobbies qui soutiennent l’action hostile du makhzen marocain à l’égard de l’Algérie, il y a lieu de rappeler que l’État sioniste s’apprête à ouvrir une représentation diplomatique dans la capitale marocaine et que l’annonce d’une normalisation de ses relations avec ce pays n’est plus qu’une question de formalité. Le Maroc s’est adossé à la technologie militaire israélienne pour appuyer ses troupes d’occupation au Sahara occidental. La présence d’experts militaires israéliens aux côtés des forces armées royales est une évidence depuis quelques années déjà et ne date pas d’aujourd’hui. Amar Belhimer a indiqué que la position de l’Algérie, concernant le dossier du Sahara occidental, est immuable et se base sur le principe du droit des peuples à l’autodétermination. Il n’a pas manqué de rendre le Maroc responsable de la violation du cessez-le-feu dans la région d’El-Guerguerat. « Il est nécessaire, logique et naturel que la communauté internationale, à sa tête le Conseil de sécurité, assume son entière responsabilité en imposant le respect de la résolution de cessez-le-feu que le Maroc a violée, ainsi qu’en réglant la question du Sahara occidental en organisant un référendum d’autodétermination », a-t-il poursuivi.

    Dissimuler les échecs de la diplomatie marocaine

    Dans ce contexte, il faut rappeler la déclaration de l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Nations unies, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, M. Jerry Matjila, lors d’une conférence de presse animée le 1er décembre dernier à New York et dans laquelle il avait formulé le souhait de voir, « les parties cesser les combats et que l’ONU tienne sa promesse non tenue aux Sahraouis pour la tenue d’un référendum». Il y a lieu aussi de rappeler que l’Afrique est parmi les soutiens de poids pour la juste cause de la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance. M. Matjila a rappelé dans ce contexte que son pays espère que les parties, le Maroc et le Front Polisario saisiront cette opportunité pour aller vers une désescalade et retourner à un cessez-le-feu. Le Conseil de sécurité de l’ONU peut saisir l’occasion et avancer vers le référendum sur le Sahara occidental», a-t-il fait remarquer.

    Ces soutiens à la cause juste du peuple sahraoui dérange le makhzen marocain qui verse dans une campagne haineuse à l’égard de l’Algérie pour masquer ses échecs sur le plan diplomatique à faire adhérer la communauté internationale à sa thèse de marocanité du Sahara et à cacher les lourdes pertes que subissent ses troupes depuis la reprise des combats dans les territoires occupés. Également, le soutien du comité national palestinien du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), la plus grande coalition de la société palestinienne, sans réserve au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a indiqué le mouvement palestinien sur son site web.

    Ayant perdu la guerre sur le plan diplomatique et subissant de lourdes pertes depuis la reprise des combats, le makhzen marocain, fidèle à sa tradition, est en train de verser son fiel sur l’Algérie, son armée et son peuple. M. Belhimer n’a pas manqué de rappeler que l’Algérie soutient la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies 690 (1991) qui appelle à l’organisation et la supervision … d’un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Cet entretien intervient quelques jours après une déclaration à l’agence officielle Aps dans laquelle le porte-parole du gouvernement avait affirmé que des attaques contre l’Algérie sont menées depuis des capitales occidentales, dont Paris, et cité nommément l’agence israélienne LSO de contrôle et de cyber-sécurité, dont l’outil d’espionnage est le logiciel Pegasus utilisé dans plusieurs pays du monde arabe.
    Slimane Ben.

    Le Courrier d’Algérie, 7 déc 2020

    Tags : Algérie, Maroc, Makhzen, Abdelmajid Tebboune,

  • Sahara Occidental : Comment le Maroc a apprivoisé la MINURSO

    En 2015, le Parlement français a approuvé une loi qualifié de « protocole d’entraide franco-marocaine » qui a signé la fin de la brouille entre la France et le Maroc provoquée par la convocation d’Abdellatif El Hammouchi, ex-patron des services secrets marocains. Sa principale disposition ? En cas d’enquête ouverte en France sur des crimes commis au Maroc ; même si la victime est française, le procureur aura l’obligation de transmettre la procédure « en priorité » aux autorités marocaines. « A elle de décider de la suite. Autant dire qu’il sera impossible de poursuivre des dignitaires marocaine en France », soulignait le Canard Enchaîné à l’époque.

    Selon les politicards français, la signature de cette loi a été dictée par « l’alliance stratégique » qui caractérisent les relations entre la France et le Maroc. Un langage qui cache les raisons expliquant le fait que toutes les élites françaises soient à la merci du Makhzen.

    Politiciens, journalistes, artistes… ont été invités à séjourner au Maroc aux frais des autorités marocaines à La Mamounia et à d’autres hôtels de luxe où un agent de la DST est souvent affecté et des caméras installées pour filmer leurs moindres gestes. Rappelez-vous l’histoire de «l’ ancien ministre » qui s’était « fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons », d’après les propos de l’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry. C’est une pratique habituelle des services secrets marocains. Il semble que c’est la seule pratique qu’ils maîtrisent puisqu’elle est utilisée contre toutes les voix critiques. La dernière en date : l’avocat Mohamed Ziane, ancien ministre des droits de l’homme et fondateur du parti marocain libéral. Il a été filmé nu et à son insu dans une chambre d’un hôtel de Rabat. « Ce sont des méthodes choquantes de basse police un peu inhabituelles au Maroc », affirme maître Patrick Baudouin, l’un des avocats du boxeur Zakaria Moumni que les services de Sa Majesté ont voulu museler par la même méthode. Selon le journaliste marocain Ali Lmrabet, « le ministre de l’intérieur de l’époque Mohand Laenser a reconnu publiquement que les Renseignements généraux (RG) avaient filmé l’ancien champion du monde Zakaria Moumni avec son épouse légitime dans une chambre de l’hôtel Hassan de Rabat ».  

    Le chantage au vidéos sexuel, la DST en possède une solide expérience et au Sahara Occidental la MINURSO n’ a pas échappé. Depuis ses premiers moments , la mission est tombée dans le piège marocain. Si les murs de l’hôtel El Massira parlaient, ils auraient beaucoup à raconter des jeunes filles marocaines qui ont été invitées à « gâter » les officiers de la mission onusienne. La population locale en sait quelque chose. Non sans raison, le Conseil de Sécurité insiste dans toutes ses résolutions sur «  la politique de tolérance zéro de l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles et de le tenir pleinement informé des progrès faits par la Mission à cet égard dans ses rapports » .

    Ceci explique en partie les nombreux documents confidentiels de la MINURSO en possession des services secrets marocains et qui ont été révélés par le hacker Chris Coleman.

    A titre d’exemple, nous citons cette lettre du Chef de la mission Hany Abdelaziz dans laquelle il fait part de la nomination du français Hervé Ladsous (encore un français) au poste de vice-secrétaire général de l’ONU chargé des missions de paix (DPKO).

    Ou encore cette lettre reçu par le Chef de la MINURSO de la part d’une équipe de télévision japonaise demandant la permission de visiter le siège de la mission à Tifariti.

    Ou encore cette lettre d’Omar Manis dans laquelle il rapporte les mesures prises par l’Algérie et le Front Polisario suite à l’affaire de deux coopérants espagnols et une italienne, kidnappés à Rabouni en 2010.

    Même les bureaux du Chef de l’ONU étaient infiltrés par les marocains. Dans une lettre envoyée par Lotfi Boucharaa, ancien chef de section au ministère marocain des affaires et ambassadeur actuel du Maroc à Moscou, il faisait part d’une source qu’il appelait « nos sources au sein du Secrétariat » de l’ONU. Il s’agit des “éléments de langage sur la thématique des droits de l’homme préparés à l’attention du SG de l’ONU pour son entrevue avec Mohamed Abdelaziz”.

    Dans un email reçu par Nasser Bourita de la part d’Amine Chabi, ce dernier rapportait des confidences faites par Kishore Deraya, Directeur adjoint politique au Cabinet du SG :

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Polisario, ONU, MINURSO,

  • Maroc : Les geeks marocains affluent vers le “paradis des hackers”

    Avec ses rangées d’ordinateurs élégants et ses méthodes d’étude ultra-modernes, le campus 1337 du Maroc est un rêve devenu réalité pour les geeks en herbe, dans un pays où les compétences informatiques sont très demandées.

    Conçu comme un paradis pour les codeurs, le centre propose une formation par projet sur la programmation, l’innovation et la construction de systèmes informatiques.

    Les frais de scolarité sont gratuits et les étudiants créent en grande partie leurs propres programmes.

    Tout se passe sur un campus ouvert 24h / 24 rappelant la Silicon Valley, avec une cantine, des graffitis sur les murs et des salles de jeux proposant des balançoires et un baby-foot.

    “C’est trop beau pour être vrai”, a déclaré Ismail El Mheki, qui a d’abord eu du mal à se dégager de son écran pour répondre aux questions.

    En découvrant l’institut, qui a organisé ses premiers cours en 2018, il a pensé que c’était une astuce – sa réaction a donc été de pirater le système.

    Mais aujourd’hui, le jeune de 22 ans, légèrement voûté, est en train de jaillir.

    «Tout ici est incroyable, à commencer par l’enseignement», a-t-il déclaré.

    Un «hacker éthique» autoproclamé («chapeau blanc» en langage geek), Mheki s’est enseigné avec des ressources trouvées dans les coins sombres d’Internet.

    Il a abandonné l’école avant ses examens finaux, au grand désarroi de ses parents.

    «Tout m’ennuyait à l’école», dit-il.

    Mais après deux ans en Norvège à travailler pour une entreprise de cybersécurité, il a passé le test d’entrée pour 1337 et l’a réussi avec brio.

    Avant même d’avoir terminé son cours, on lui a proposé un poste au sein de l’équipe de sécurité informatique de l’école.

    “Il est très fort, bien plus fort qu’un vieil homme comme moi”, a déclaré Youssef Dahbi, le chef technique de l’école – qui a la trentaine.

    “La cybersécurité évolue constamment, les compétences deviennent donc rapidement obsolètes.”

    – ‘Jeunesse invisible’ –

    Le géant marocain du phosphate, OCP, a décidé de créer le campus 1337, convertissant une usine désaffectée dans la ville minière centrale de Khouribga dans le but de répondre au besoin urgent du pays en matière d’expertise technologique.

    Le nom du centre provient d’un système d’orthographe modifié connu sous le nom de Leet Speak ou «1337 5P34K», utilisé par les hackers et les joueurs pour montrer leur statut «d’élite» dans les communautés en ligne.

    L’institut travaille en étroite collaboration avec 42, une école de programmation française créée en 2013 par le milliardaire des télécoms Xavier Niel et très appréciée dans le monde de la technologie.

    L’idée est d’attirer “les jeunes invisibles, les geeks incompris qui ne rentrent pas dans le système et qui ont développé par eux-mêmes des compétences rares”, a déclaré le directeur Larbi El Hilali.

    Fatima Zahra Karouach, l’une des femmes qui ne représentent que 10% des élèves, a déclaré que l’école était comme “une grande famille”.

    “Nous avons le même état d’esprit, le même style de vie”, dit-elle.

    Karouach a quitté son premier emploi d’ingénieur industriel, et maintenant à 29 ans, elle profite de sa liberté.

    «Aucune heure de bureau, aucune contrainte, aucun jugement», a-t-elle déclaré. «En ville, tout le monde sait que 1337 personnes sont différentes».

    Le camarade marocain de Karouach, Mohamed Aymane Farmi, qui se qualifie lui-même de «mathématicien passionné d’algorithmes», a une histoire similaire.

    Le jeune homme de 24 ans a rejoint 1337 après avoir quitté les classes préparatoires à l’examen d’entrée dans une prestigieuse école d’ingénieurs «à l’ancienne». Il rêve désormais de créer une start-up d’intelligence artificielle.

    Il dit qu’il n’a aucun regret.

    – Répondre à la demande –

    Parmi les rares étrangers à l’école, il y a Robert Bright Foca, 23 ans.

    Le Camerounais a passé deux mois en tant que migrant clandestin, passant par le Niger, le Nigéria et l’Algérie avant de rejoindre le Maroc.

    Il a dit être arrivé “juste à temps pour passer l’examen d’entrée”.

    Ayant touché un ordinateur pour la première fois à l’âge de 11 ans, il rêve d’ouvrir sa propre école de programmation chez lui.

    Les élèves de 1337 sont sélectionnés sur la base de leurs performances aux tests de logique et de mémoire, de motivation et de progression. Aucune qualification formelle n’est requise.

    La région du Maghreb, qui comprend également l’Algérie et la Tunisie, est généralement considérée comme un incubateur pour les ingénieurs de formation traditionnelle.

    Quelque 8 000 ingénieurs informaticiens sont diplômés chaque année au Maroc, mais cela ne suffit pas pour répondre aux exigences de la transition numérique du pays, surtout lorsque beaucoup sont attirés par des salaires plus élevés en Europe et en Amérique du Nord.

    Alors que l’école 42 a fait marche arrière sur les plans de création d’un campus à Tunis, l’école Holberton de Californie a ouvert une succursale là-bas, offrant également une formation gratuite.

    D’autres instituts privés proposent des cours qui durent plusieurs mois, avec des emplois garantis à la fin.

    A 13 h 37, «l’idée est de cibler les personnes ayant le plus grand potentiel», précise un conseiller stratégique d’OCP, qui a demandé à ne pas être nommé.

    “Il est plus facile de créer de nouveaux cours que de réformer l’ensemble du système d’enseignement supérieur.”

    Source : RFI, 7 déc 2020 (traduction non officielle)

    Tags : Maroc, informatique, geeks, hackers, pirates, piratage, hacking,

  • Sahara Occidental : Le défi d’El Guerguerat

    L’Afrique unie et solidaire, rêvée par les pères fondateurs du panafricanisme triomphant de la barbarie coloniale, est aujourd’hui interpellée par l’urgence du parachèvement de la décolonisation dans la dernière colonie africaine et les enjeux de la paix dans un continent marqué par la prolifération des crises, notamment au Sahel, confronté à la montée de la menace terroriste et à l’ingérence étrangère aux relents néocoloniaux. Cette problématique, placée sous le sceau de «faire taire les armes en 2020», au cœur des travaux de la 21e session extraordinaire du comité exécutif de l’Union africaine, est tributaire de la capacité de l’Afrique à s’imposer en acteur incontournable dans la gestion et le règlement pacifique des conflits.

    L’Afrique du Sud, présidant le Conseil de sécurité le mois décembre, considère, par la voix de la ministre des Relations internationales et de la Coopération, Naledi Candor, qu’il s’agit d’une opportunité pour contribuer à la dynamique de la paix qui conditionne le développement durable. Ce défi majeur est fondamentalement lié à la nécessité de faire front pour combattre les tentatives d’ingérence étrangères, participant à la marginalisation de la nouvelle Afrique pour imposer, comme c’est le cas en Libye, des agendas au service d’intérêts commerciaux et géostratégiques.

    La situation suscite de légitimes appréhensions. Dans son intervention, le ministre des Affaires étrangères, Sabri boukadoum, prenant acte de la résurgence des conflits et l’occultation de la responsabilité africaine, a évoqué les derniers développements survenus au Sahara occidental source de «grandes inquiétudes» pour l’Algérie soucieuse de la stabilité et de la sécurité dans la région.

    La crise de Guerguerat est non seulement une violation des dispositions statutaires, mais constitue aussi un défi lancé à l’Union africaine, solidement ancrée dans le socle anti-colonial et tenue de traduire en actes concrets son engagement contracté par les accords de paix signés en septembre 1991 entre le Maroc et le Front Polisario. Car par-delà la politique du fait accompli, la violation du cessez-le-feu est une sérieuse menace contre la stabilité dans la région soumise au diktat de l’Etat narcotrafiquant rêvant, révèlent le magazine Strategika et le comité d’experts de l’ONU au Mali, d’une extension du commerce du hachich à travers les filières de l’immigration clandestine e long de la bande sahélienne.

    Ce redéploiement est motivé par la fermeture de la frontière algérienne et la lutte contre le trafic de drogue, menée avec professionnalisme par l’Armée nationale populaire, en rempart infranchissable, contre le terrorisme et le crime organisé sous toutes ses formes. Cette face cachée de la guerre d’El Guerguerat traduit la crise d’une monarchie aux abois secouée par une grave crise financière et économique.
    Horizons, 4 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Marruecos #WesternSahara #Algérie



  • Soupçons d’espionnage marocain à la Grande Mosquée de Bruxelles

    La Sûreté de l’Etat a remis des éléments au ministre de la Justice, qui a remis un avis négatif pour la reconnaissance de l’institution.

    a justice a rendu un avis négatif concernant la reprise des activités de la Grande Mosquée du Cinquantenaire, à Bruxelles. Certains de ses nouveaux dirigeants, qui avaient été désignés pour mettre fin à l’influence de l’Arabie Saoudite, sont soupçonnés d’espionnage pour le compte du Maroc, rapportent vendredi De Morgen et Het Laatste Nieuws.

    En avril dernier, la gestion du lieu de culte, financé depuis des décennies par l’Arabie Saoudite, avait été confiée à l’Exécutif des Musulmans. Ce dernier avait mis en place une direction provisoire, dans l’attente du dépôt d’un dossier de reconnaissance.

    Influence marocaine

    Cette demande a été soutenue par la plupart des autorités concernées, mais le ministre de la Justice Vincent Van Quickenborne (Open VLD) a néanmoins rendu un avis négatif, sur base d’éléments de la Sureté de l’Etat. Ces derniers font état d’une emprise marocaine qui aura pris la suite de l’influence saoudienne. De l’espionnage est même évoqué, la Sureté désignant trois collaborateurs de la mosquée, dont un dirigeant, comme membres des services de renseignement marocains.

    La procédure de reconnaissance est suspendue et le ministre exige de l’Exécutif des Musulmans qu’il fasse le ménage. L’un des espions présumés y siège également et fait partie de l’association censée mettre en place un trajet de formation pour les imams.

    Lesoir.be, 4 déc 2020

    Tags : Maroc, Belgique; Islam, Grande Mosquée du Cinquantenaire, Exécutif des Musulmans de Belgique,

    #Mosquée #Terrorisme #Maroc

  • Maroc : Le Rifain méprisé existe désormais vraiment

    La langue Rifaine, le berbère, langue maternelle de nombreux Néerlandais marocains, n’a jamais été prise au sérieux. Ce n’est que maintenant qu’une grammaire est apparue.

    Les premiers Marocains sont arrivés aux Pays-Bas à la fin des années 1960. Il a ensuite fallu soixante ans avant qu’un livre ne soit publié qui explique comment la langue que la plupart des Néerlandais marocains parlent à la maison, la variante rifaine du berbère, est structurée grammaticalement. Ce livre, Une introduction à Tarafiyt Berber, a été publié en Allemagne (Ugarit-Verlag) et a été compilé par deux Néerlandais: Khalid Mourigh et Maarten Kossmann.

    Un tel livre n’a jamais été publié au Maroc même. Jusqu’à récemment, le rifainétait considéré comme une langue insignifiante et hors de propos.

    Combien de locuteurs cette langue a-t-elle aux Pays-Bas? «Bonne question», dit Khalid Mourigh sur une terrasse à Leiden. “Personne ne sait. Des recherches ont déjà été menées à ce sujet au début des années quatre-vingt. Ensuite, il s’est avéré que 70 à 80% des Marocains aux Pays-Bas parlaient le rifaine. Depuis lors, ce pourcentage a toujours été maintenu. »

    Il y a maintenant 400 000 Néerlandais marocains. Alors, dont environ 300 000 parlent Riffis? Eh bien non, le nombre est bien sûr inférieur, car le néerlandais est souvent devenu la langue la plus importante pour la jeune génération. Cela ne change rien au fait qu’ils doivent encore faire face à Riffian dans leur environnement immédiat et donc le comprendre ou le maîtriser bien ou moins bien.

    A titre de comparaison: 450 000 Néerlandais parlent le frison, dont 350 000 comme langue maternelle. Les chiffres pour le Riffian sont un peu plus bas, mais pas beaucoup plus bas non plus. Le riffian n’est certainement pas une langue insignifiante aux Pays-Bas.

    Et Mourigh lui-même? Riffi est-il sa langue maternelle? «En tout cas, c’est la première langue que j’entendais enfant. Mais je pense que j’ai aussi beaucoup entendu le néerlandais quand j’étais enfant.

    Donc, fondamentalement, il a deux langues maternelles. «Vous pouvez le voir de cette façon. Nous parlions les deux langues à la maison. Cela allait et venait tout le temps. Ma mère est arrivée aux Pays-Bas très jeune. Elle est allée au lycée ici et a parlé néerlandais avec nous très souvent. Mon père était au début de la vingtaine lorsqu’il est venu aux Pays-Bas. Il parlait principalement berbère. Pour autant que je me souvienne, je parlais généralement le néerlandais moi-même, si je pouvais. Mais avec la famille, il est souvent devenu berbère.

    Au Maroc, on considère généralement que l’arabe et le français sont les «vraies» langues du pays. Berbère, eh bien, c’est parlé, mais pas écrit, et jusqu’à récemment pas du tout utilisé dans l’éducation.

    Dur et implacable

    Lorsque Mourigh a dit à d’autres Marocains aux Pays-Bas qu’il travaillait sur une grammaire du berbère riffien, la réaction a parfois été: le berbère n’a pas de grammaire. «Ma tante, qui parle généralement le néerlandais, mais aussi couramment le berbère, a même dit: le berbère n’existe pas vraiment. Je pense par là qu’elle voulait dire que ce n’est pas écrit.

    L’idée qu’une langue qui n’est pas écrite n’a pas de grammaire est bien sûr absurde. Chaque langue, écrite ou non, a une grammaire dure et implacable.

    L’un des problèmes lors de la rédaction de cette grammaire était que Mourigh et Kossmann devaient choisir l’un des dialectes riffiens. Il n’y a pas de langue standard, pas de riffian communément civilisé, il n’y a que des dialectes. Sans surprise, le choix s’est porté sur le dialecte le plus influent: celui de la ville de Nador – par coïncidence aussi la variante avec laquelle Mourigh lui-même a grandi.

    Vérifié avec les parents

    «Avec cela, vous pouvez vous faire comprendre n’importe où dans le Rif. Il existe toutes sortes d’autres dialectes, mais ils sont tous mutuellement intelligibles. Surtout si vous connaissez d’autres dialectes, si vous les avez déjà entendus. Voilà comment ça marche. Bien sûr, ces différences de dialectes existent toujours aux Pays-Bas. Après une ou deux phrases, vous savez déjà d’où vient quelqu’un, de quelle région. Certains mots, une certaine intonation.

    Mourigh a vérifié certains des exemples de phrases qu’il donne en grammaire avec des membres de sa famille. Pas au Maroc, mais juste ici, aux Pays-Bas. «Je les ai dérangés à ce sujet de temps en temps. Est-ce possible? Pouvez-vous dire ça? Ils ont aimé ça. Bien que cela ne devrait pas prendre trop de temps, bien sûr.

    Quand vous regardez votre langue maternelle en tant que linguiste, que découvrez-vous? «Beaucoup bien sûr. Certaines structures qui sont dans une telle langue, auxquelles vous ne pensez pas en tant que locuteur. Par exemple les pluriels des noms. Il y a tellement de modèles différents. »

    Alors que le néerlandais a deux modèles pluriels majeurs (pluriel op -en et op -s) et quelques modèles mineurs (tels que -eren et -ae), Riffian a des dizaines de modèles. Il utilise des fins, mais aussi des préfixes et des changements de voyelle.

    Changement de clinker élégant
    Le pluriel de papa (doigt) est idudan: il a la terminaison -an, et à côté un préfixe (i-) et aussi un élégant changement de voyelle: le a de papa devient u en idudan.

    D’autres noms font cela complètement différemment. La pierre est azru, la pierre izra. L’âne est agyur, l’âne est igyar. Ur est le cœur, les cœurs déchirés.

    «Intéressant, non? Et oui, alors vous comprenez soudainement pourquoi de nombreuses personnes aux Pays-Bas ont des difficultés avec cela. Vous devez connaître le pluriel de chaque mot, vous ne pouvez pas l’inventer vous-même.

    Une étude menée aux Pays-Bas il y a vingt ans a montré qu’à cette époque, de nombreux enfants maroco-néerlandais ne maîtrisaient pas bien ces formes plurielles. Ils utilisaient souvent le singulier comme pluriel. Ou ils ont utilisé la terminaison plurielle la plus courante pour tous les mots. «Le pluriel normal de aghyur (âne) est ighyar. Mais aux Pays-Bas, vous entendez aussi: ighyaren.

    Beaucoup de contrebande

    Il est également très spécial que les noms peuvent prendre deux formes, selon la façon dont ils sont utilisés dans la phrase. Le mot «homme» a ces deux formes: aayaz et waayaz. Si c’est le sujet avant le verbe c’est aayaz, après le verbe waayaz. Mais en tant qu’objet direct, c’est toujours aayaz. Et après les prépositions presque toujours waayaz. Tenez-vous juste dessus. Ici aussi, une grande partie de la contrebande est faite par les Néerlandais marocains. Il y a de jeunes Marocains qui n’utilisent que la forme aayaz.

    Mourigh a déjà écrit une grammaire. Mais alors d’une langue berbère qu’il ne parlait pas lui-même: Ghomara Berber. Auparavant, il a effectué des travaux de terrain dans une région très reculée du Maroc: une dizaine de villages, loin des routes commerciales, enfermés dans les montagnes. Une île linguistique qui ne cesse de rétrécir. Un seul article a été publié à ce sujet, en 1929.

    «Ils sont assez méfiants là-bas. La plupart des gens ont des problèmes avec le gouvernement parce qu’ils sont de petits producteurs de marijuana. Donc, quand vous arrivez là-bas en tant qu’étranger, ils doivent regarder le chat sortir de l’arbre.

    «J’ai d’abord dû me présenter au kaïd, le gouverneur local, le patron de ce quartier, pour demander la permission. Chaque village a un chef de village. Les chefs de village vont au marché toutes les semaines, puis ils vont toujours au kaïd pour dire comment les choses se passent dans le village. Eh bien, il a juste indiqué à quelqu’un de m’emmener. Je pouvais encore choisir: dans les montagnes ou à la plage. Ensuite, le choix a été fait rapidement, bien sûr.

    «Si alors, la première semaine où j’étais dans ce village, je disais: je suis venu étudier le berbère, j’ai vu comment les gens me regardaient, avec un regard de: non, le gouvernement vous a envoyé à espion.

    La confiance a gagné

    Dans ce domaine également, les gens ne pensaient pas beaucoup à la langue qu’ils parlaient entre eux. “Leur première réaction a été: nous détestons cette langue, que faites-vous avec?”

    Haine?! Oui, ils l’ont dit. Ou ils ont dit: c’est juste quelque chose que nous utilisons entre nous, ce n’est pas plus intéressant. Mais progressivement, Mourigh a réussi à gagner en confiance. «J’ai commencé à demander avec des mots. Après environ trois semaines, nous sommes arrivés au mot «confiance». Puis ils m’ont dit, oui, maintenant on vous fait confiance. Ensuite, ils étaient sûrs que je n’avais aucune autre intention.

    «J’étais dans ce village l’année dernière. Puis j’ai parfois rencontré des gens que je ne connaissais pas. Ensuite, quand j’ai parlé Ghomara Berber, ils m’ont regardé pendant une demi-minute. Vous les avez vus penser: qui est-ce, ça doit être quelqu’un du village, mais je ne le connais pas, comment est-ce possible? Ils ne peuvent pas imaginer un étranger parlant leur langue.

    Retour à la grammaire riffienne. Comment se fait-il qu’il ait été écrit par deux Néerlandais? Pourquoi ne font-ils pas cela au Maroc eux-mêmes? «Dans les années 1970 au Maroc, quelqu’un a obtenu son doctorat en grammaire riffienne, mais la thèse n’a jamais été publiée. Et Maarten Kossmann a déjà écrit un livre sur Eastern Riffi, en français. C’est une variante qui n’est parlée que par une petite minorité aux Pays-Bas, dont beaucoup vivent à Leiden.

    Au Maroc, le riffi est la langue maternelle d’un million et demi à deux millions de personnes. Tout comme aux Pays-Bas, le nombre exact de locuteurs n’est pas tout à fait clair. Au cours des vingt dernières années, une plus grande attention a été accordée aux berbères au Maroc. «Il existe désormais un Institut Royal de la Culture Amazighe: un Institut royal de la culture berbère. Cela fournit du matériel didactique qui peut être utilisé dans les écoles. Ils ont créé une sorte de berbère standard pour cela.

    Ce berbère standard est une langue inexistante. Au Maroc, deux autres langues berbères sont parlées en plus du riffian: le berbère du Moyen Atlas et le berbère du sud du Maroc. Ces langues ne sont pas mutuellement intelligibles. Un berbère du Rif et un berbère du sud ne peuvent pas se comprendre.

    Néanmoins, une langue standard a été créée à partir de ces trois langues. Une sorte de général berbère marocain, qui n’est parlé par personne. Mourigh: «Il y a une idéologie derrière cela: créer l’unité. Peut-être que l’idée est bonne. Mais sa mise en œuvre n’est pas professionnelle. Dans de nombreux endroits, l’enseignement à l’école se limite à chanter des chansons environ une demi-heure par semaine. Le matériel didactique n’est pas suffisant. Et il est souvent enseigné par des professeurs arabophones. C’est donc le chaos.

    Mots inventés

    Depuis quelque temps déjà, le berbère au Maroc est également présent dans la scène de rue, sous la forme de son propre scénario, qui s’appelle Tifinagh. «Lorsque vous vous promenez au Maroc, vous voyez ce script berbère sur tous les bâtiments gouvernementaux. Par exemple: l’Institut de santé publique. Il sera ensuite rédigé en trilingue. En arabe, français et berbère.

    Et souvent, quand vous pouvez lire les trois langues, vous comprenez l’arabe et vous comprenez le français, mais vous ne comprenez pas le berbère parce que ce sont des mots composés. Et parfois, ce berbère n’est que l’arabe, mais écrit en écriture berbère.

    Grâce aux médias sociaux, il y a maintenant un peu plus d’écriture informelle dans Riffian. «Habituellement dans une orthographe composée de la vôtre, qui diffère selon les pays: un Espagnol marocain s’écrit différemment d’un Néerlandais marocain. Pourtant, les gens peuvent se comprendre. »

    Il y a même une petite production littéraire à Riffi. Mourigh a mis en place une boutique en ligne où la plupart de la littérature auto-publiée peut être achetée: poésie, nouvelles, mémoires et même un seul roman. Tous ces livres et livres ensemble remplissent maintenant les trois quarts d’une étagère.

    Quand Mourigh donne une conférence sur Riffian, il dit parfois à propos de cette littérature: “Il y a maintenant plus de gens qui écrivent Riffian que de gens qui lisent Riffian.”

    Source : nrc.nl, 4 déc 2020 (traduction non officielle)

    Tags : Maroc, Rif, Hirak, amazigh; rifain,

  • Bruxelles, le ministre refuse la reconnaissance de la Grande Mosquée: également dirigée par des espions marocains

    Le ministre fédéral de la Justice, Vincent Van Quickenborne, a recommandé de ne pas reconnaître officiellement la Grande mosquée de Bruxelles, écrit la VRT . Van Quickenborne (libéral flamand) semble avoir pris la décision de ne pas offrir une grande reconnaissance à la mosquée car selon les rapports des services de renseignement, le Royaume du Maroc exerce une influence dans les activités quotidiennes.

    Après les attentats terroristes de 2016 à Bruxelles et à Zaventem, la Grande Mosquée de Bruxelles a fait l’objet de nombreuses critiques. L’organisation qui dirigeait alors la mosquée, le Centre culturel islamique belge ICCB, aurait reçu son financement de l’Arabie saoudite et aurait été un rempart du salafisme conservateur . Les autorités belges ont déclaré que la situation devait changer et qu’en avril 2019, l’ICCB a dû quitter la mosquée. Finalement, la mosquée a été placée sous la direction de l’Exécutif musulman, l’organe élu représentant les musulmans de Belgique.

    Cependant, il est maintenant apparu qu’il existe d’autres problèmes avec la gestion de la mosquée, cette fois par l’exécutif.

    “La nouvelle direction a déposé une demande de reconnaissance officielle et j’ai recommandé qu’elle ne soit pas accordée car les services de sécurité m’ont informé qu’il y avait une influence du gouvernement marocain”, a déclaré le ministre à la VRT.

    Selon les rapports des services de renseignement, certains membres du conseil musulman, d’origine marocaine, seraient des espions à la solde de Rabat.

    Cependant, la recommandation de M. Van Quickenborne ne signifie pas que la Grande Mosquée devra fermer. Le travail quotidien va continuer, explique la VRT: la procédure officielle sera simplement suspendue. Le refus d’accorder la reconnaissance n’est pas définitif et l’exécutif musulman peut apporter des modifications à sa candidature et proposer de nouveaux noms pour la gestion de la mosquée .

    +31mag.nl, 4 déc 2020

    Tags : Maroc, Belgique, mosquée,

  • Maroc : Des sénégalais accusent la police marocaine d’avoir saccagé leurs marchandises estimées à plus de cent millions

    Ils étaient bloqués dans le désert du grand Sahara occidental. Avec la perspicacité des autorités sénégalaises et malgré leur difficile séjour, ils ont pu rentrer au Sénégal. Mais ils avaient laissé certains de leurs bagages sur place faute de moyens. Tamsir est un de ces Sénégalais victimes de la « détention à ciel ouvert » dans le désert à cause des frontières fermées. Pis, depuis quelques jours, Tamsir et ses concitoyens ont vu leurs bagages être détruits par la police marocaine alors que les propriétaires les acculent et certain parmi eux ont maille avec la justice.

    « On n’avait pas assez de temps pour prendre toutes les marchandises que nous avions immobilisées dans le Sahara occidental vers la zone de Kandahar. Avec le blocus levé, nous sommes revenus au Sénégal. Mais ces marchandises étaient en partance pour Casablanca. Ce sont plusieurs véhicules que nous avons confiés à des gardiens », raconte ce chauffeur qui fait la navette Dakar-Casablanca.

    Poursuivant, il déballe : « À la mi-novembre, ces mêmes gardiens nous ont informé que les policiers marocains ont commencé à brûler nos marchandises prétextant qu’ils vont dégager la voie pour faire du bitumage. Ils ont saccagé tout, d’autres véhicules, et mis en fourrière nos véhicules sans nous avertir avant de chasser les gardiens. C’est plus de cent millions que nous avons perdus… »

    D’ailleurs, « nous sommes dans une situation inconfortable, parce que les propriétaires des bagages nous réclament leurs biens. Présentement, il y a plusieurs plaintes qui nous attendent dans les commissariats et les gendarmeries. Raison pour laquelle nous sollicitons la clémence de l’État afin que nous récupérions nos fourgonnettes et biens… »

    Source : Dakar actu, 4 déc 2020

    Tags : Sénégal, Maroc, Guerguerate, Kandahar,

  • Maroc-SaharaOccidental : La roublardise comme diplomatie

    «La situation au Sahara occidental, notamment les développements auxquels nous avons assisté récemment, est une source de grande inquiétude pour l’Algérie…outre les tentatives d’imposer la politique du fait accompli dans les territoires d’un membre fondateur de notre organisation, les violations enregistrées contre des civils dans la région d’El-Guerguerat ont posé de sérieux défis susceptibles de mettre en péril la paix et la sécurité dans toute la région». a averti Sabri Boukadoum dans son allocution à la session extraordinaire du Conseil exécutif de l’UA.

    Les mots utilisés par le chef de la diplomatie algérienne ont leur poids et ils pèsent lourd au sein de l’organisation africaine où elle joue et a toujours joué un rôle central. Il faut dire que le Maroc a encore une fois fait le choix délibéré de mettre en péril la stabilité de la région, en répondant à un agenda domestique dangereux, mais aussi en mettant en musique tout un agenda étranger qui n’a jamais désespéré de faire entrer notre région dans un perpétuel état de déstabilisation.

    Le Maroc devient ainsi le mauvais élève qui n’a rien appris de ses sorties de route depuis qu’il a quitté l’organisation africaine en jouant la politique de la chaise vide, avant d’y revenir en s’engageant à respecter toute sa charte y compris la reconnaissance de tous les membres de UA, dont fait partie la République sahraoui qui en est même un membre fondateur. Mais comme à son accoutumée le royaume chérifien a vite fait de faire volte face, et pire encore il s’adonne depuis un moment déjà à jouer la division au sein de l’organisation. Une roublardise qui fait office de diplomatie et qui commence à lasser sérieusement les grands pays africains qui tiennent au respect de leur organisation et à celui de ses membres.

    Il faut dire que les Africains avaient mis comme objectif majeur en cette année 2020, de faire taire les armes sur tout le continent, mais le Maroc se met au travers de ce chemin, comme l’a déclaré le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, en continuant à occuper le Sahara occidental et en tournant le dos aux résolutions Internationales qui appellent toutes à l’organisation d’un référendum d’autodétermination par lequel le peuple sahraoui se prononcera sur son indépendance.

    Une indépendance inéluctable quels que soient les coups fourrés de Rabat qui doit être rappelé à l’ordre par l’ONU qui doit assumer pleinement sa responsabilité avant de voir la situation, déjà compliquée, prendre des proportions encore plus dangereuses pour toute la région.
    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 5 déc 2020

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    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara #Morocco