Category: Algérie

  • 2020, l’année virale

    par El Yazid Dib


    On aura tout vu. Des sombres cieux, des cimetières, des scandales et aussi des incompétences et du populisme. Une année à multiples virus. Peu de joies masquées et beaucoup de chagrin, de mal et d’illusions à proche distance.

    Je ne saurais dire, si au moment où on lira ces lignes, le président serait là ou non, parmi nous pour signer la loi de finances en ce 31 décembre, délai exigé par l’orthodoxie budgétaire de par son principe d’annualité. Je ne saurais dire si en ce jour, des changements ont eu lieu la veille ou bien la vie allait continuer son cours malgré l’anormalité des choses. L’essentiel en toute évidence est que les choses vont bouger un jour ou l’autre, que le décor politique connaitra des nuances, que des noms vont apparaitre, d’autres disparaitre. Un jour ou l’autre de l’année qui commence et s’annonce en vaccin hypothétique, en défis continuels, en danger permanent, en clans résistants, en anémie économique et pénurie financière et en angoisse sociale.

    Tous les espoirs que l’on aurait récoltés au cours d’une année passée, semée de hirak, de nouvelle version de vie, de nouveaux réflexes, de nouvelles têtes, de nouvel air politique, de volonté à ne plus rêver, de et de… se sont tous échoués à la naissance de cette fatidique année. 2020, commençait déjà par l’odeur funéraire, les emprisonnements téméraires, les fermetures libertaires. Que de membres de famille, d amis, de voisins, de personnalités sont partis par cette démente saloperie. Que d’autres sont encore sous ses affres. Il n’y a pas, diront certains que ce virus qui tue. Il y a l’autre ; la frustration, le déni de droit et se justice, la faillite du pays qui, certes n’ôtent pas la vie mais font suffoquer les poitrines et rétrécissent l’expression.

    Nous aurions vu en cette année là, encore ces visages dégarnis de toute conscience, imparfaits à la tache qui de surcroit ont fait les annales de la décennie révolue. Ces mêmes gueules recrutées sur le bûcher d’un Hirak mutilé à bon escient. Des conseillers, des médiateurs et communicants installés impoliment sur les devant d’une précarité présidentielle. Les mêmes gens détenteurs de portefeuille publics sont toujours en service. Ils sillonnent le pays, crèvent les écrans sans rougir aucunement. Qu’a-t-il à faire à Sétif ou à Batna le médiateur de la république ? Il n’a en tant que tel nulle attribution pour résoudre le moindre problème d’un tracé routier, d’une cantine scolaire ou d’un déblocage communal. Voilà une façon de pérenniser l’ancienne Algérie qui demeure encore debout. Cette année là, aurait été bénéfique pour garder les contestations au stade d’un confinement que ce maudit virus en amplement favorisé. C’est en son nom que tout avait été bouclé, cadenassé, sauf sa propagation et ses atteintes mortelles. Un malheur annihile le bonheur des uns et s’accroit chez les autres et semble parfois faire un bonheur chez certains.

    Le hic, c’est que ceux qui dirigent le pays ou disent agir pour son compte n’arrivent pas à évaluer le temps. Âgés et conséquemment malades, parfois impotents, ils ne peuvent penser à partir. Seule la biologie saura faire son œuvre. Ni l’usure des os, ni la fébrilité des sens n’ont pu leur exprimer que tout doit avoir une fin, que le pays a grandement besoin d’un sang neuf, qu’il est plein d’une jeunesse qui vieillit à mesure que grandissent ses problèmes et qu’il est largement temps de reprendre enfin ce « flambeau » éteint, déteint et mal remis. Ils sauront lui insuffler la flamme qui lui manque, l’étincelle qui fera briller l’avenir. Toute une gérontocratie est toujours aux manettes du pouvoir. Tout un arsenal obsolète d’arguments et de communication est toujours mis à l’avant sans toutefois ne convaincre aucun. Du spectre complotiste étranger à la suspicion malveillante des forces néfastes intérieures, le rituel ne s’arrête pas. Un président de sénat illégal, tant l’intérim assuré l’est aussi, avance en guise d’acte de présence que des slogans qu’il ressort des fonds du grenier poussiéreux qu’il veut remettre au goût du jour. Personne ne croit à vos élucubrations. Vous avez donné certes soi-disant, plus de 60 ans de vos vies à l’Algérie, mais cette même Algérie vous a suffisamment honoré, glorifié, chouchouté. Elle a fait de vous ce que vous ne pensiez jamais l’être. Les martyrs sont partis, vous êtes toujours là. Le pays tout au plus aurait besoin de vos mémoires et non vos déboires.

    Le pays est en proie à un désespoir, qui venu tôt remplir les cœurs encore attachés aux lueurs à venir, avait vite fait mourir les jours et leur joie de les vivre. Le brouillard à envahi tout le paysage. On ne distingue rien, ni du mal ni du bien. Un président absent, des institutions figées, un gouvernement à l’arrêt, des assemblées pourries, des geôles investies, des libertés retenues, que dire de plus ?

    Une année pleine de crocs et de non-dits. Le retour controversé de Nezzar et des rumeurs l’entourant, la suspension de promulguer une constitution mal votée en suspension de promulgation, la normalisation à nos flancs, le danger y est plus qu’en autres temps. Une année qui a vu d’innombrables soubresauts, des sautes d’humeur et des fâcheries va encore partir pour garnir l’histoire contemporaine d’un pays toujours en quête de son projet, pire encore de sa survie. La caractéristique la plus expresse de l’année a été cette passion dévorante d’exercer le pouvoir et l’ardeur d’y mettre le peuple à ses tendances. Le vœu qu’enfin, l’on pourrait voir de bons présages et de surpasser de sulfureux passages a été rapidement éclipsé. Bien avant la survenance de cette fatidique année, l’espoir de tous de la voir arriver en bonne année, était enveloppé dans les vœux. Mon ami, Belaidi Abdelmadjid internaute prolifique, affichant alors toute la béatitude de son béat optimisme postait ce 28 décembre 2019 : «Nous sommes le vingt-huit. Plus que quelques jours et l’année 2019 sera du domaine des souvenirs et l’année 2020 sera le grand espoir pour nous. L’espoir de voir les voix sages se faire entendre. L’espoir de la prise de conscience de ce qui se trame à nos frontières. L’espoir d’une unification fusionnelle de toutes et de tous, rien que pour la paix intérieure. L’espoir de la réalisation du grand rêve des géants de novembre 1954 » rien de tout cela ne fut.

    Des structures de santé débordées mises a pires épreuves, la rupture d’oxygène, des guichets postaux en manque de liquidités, des primes non mandatées, des confinements zélés, des complots dénoncés, des coupures d’eau, d’électricité, d’Internet, des ministres et walis encore en prison, d’autres aussi et tout un chapelet de faits et d’événements ont émaillé cette année virale. L’on n’est pas encore sorti de ses ténèbres malgré sa finition calendaire. Les mesures drastiques prises dans l’objectif d’endiguer la propagation du virus ne se sont pas passées sans faire des dégâts sur la situation économique notamment celle des ménages. La pauvreté s’est accrue d’un cran. Les petits commerces, les taxieurs, les coiffeurs, les journaliers occasionnels ont tous subit la faillite engendrée par ces mesures. La compensation de l’Etat n’était pas au rendez-vous voulu et espéré. Ainsi en plus qu’il est une principale cause de grande mortalité, ce virus est devenu un grand facteur d’appauvrissement des populations déjà pauvres et appauvries. En face, rien n’est garanti pour freiner cette récession économique brutale.

    Les jeunes de moins de 30 ans viennent de découvrir les conditions du couvre-feu. Le premier des années 90 était une barrière contre un virus criminel et anonyme, le second un geste barrière contre un virus tout aussi criminel et anonyme. A la différence que le premier était bien de chez nous, plus meurtrier et atroce. 2021, ne sera une bonne année que si tous les virus s’évacueront. Une pandémie peut à la longue, recherche scientifique aidant être vaincue. L’épidémie qui se greffe dans les méninges du système demeure pénible et réticente à vouloir se dissiper de sitôt. Le mal est génétique, il se niche dans les parois infranchissables que contiennent les têtes au pouvoir.

    On ne peut oublier cette année qui s’achève tant elle avait pris des êtres chers, causé des destructions familiales en emportant dans son linceul la joie, les doux moments et les radieuses espérances. Elle avait pris toute une année de notre temps et l’avait rétrécit à des masques et des gestes de distanciation. Elle nous avait interdit de s’embrasser, de se serrer ou de faire des câlins à nos p’tits enfants. On était privés de cette liesse dans le partage des gâteaux fait maison lors des deux aids, on ne pouvait s’asseoir au chevet d’un frère malade ou présenter par présence nos condoléances étouffées.

    Malgré toutes ces anicroches, l’on reste toujours en quête de ce bonheur né le 22 février et mis en sourdine un temps après. L’on reste accroché à voir une Algérie nouvelle pas au sens de ceux qui la prônent en générique populiste tout en étant bien assis sur le socle inébranlable de l’ancienne, mais une Algérie d’égalité, de droit et de justice. Un pays qui cessera d’être la propriété des uns et une prison pour les autres. Un territoire indivisible, uni qui s’espacera à tout un chacun et où ce tout un chacun aura une part du soleil qui brille, où le mérite l’emportera sur le copinage et surtout où la compétence suppléera l’inertie des vieux et itératifs responsables. Aussi m’abstiendrais-je à tout souhait, que la santé, laissant la providence faire ce qui se susurre dans le cœur de quiconque.

    Le Quotidien d’Oran, 2 jan 2021

    Tags : #Algérie #2020 #Hirak #Coronavirus #Covid19

  • Algérie : La chute «incontrôlée» du dinar

    Déjà sans la brutale incursion de la pandémie de coronavirus, l’économie algérienne filait un très mauvais coton qu’illustrent tous les indicateurs généralement admis pour juger l’état de santé économique d’un pays.

    Il en est un parmi ces indicateurs qui, particulièrement depuis quelques mois, inspire toutes les appréhensions, notamment chez les producteurs de valeur ajoutée, ces entrepreneurs qui, malgré tout, se déployaient pour se frayer une place dans une économie qui n’a d’yeux que pour ce dont regorge son sous-sol en richesses, le pétrole et le gaz.

    En effet, la chute effrénée de la valeur du dinar par rapport à la monnaie européenne et au dollar est en train de prendre des proportions telles que l’impact sur les entreprises risque de s’avérer fatal pour leur équilibre financier, du fait que ces entreprises ne peuvent tourner sans la matière première importée, au fil des mois beaucoup plus chère à cause d’un taux de change qui n’en finit pas de prendre de la hauteur. Idem pour l’impact sur les ménages qui se retrouvent contraints de subir l’augmentation des prix des biens, aussi bien produits localement que ceux importés.

    Selon une évaluation toute récente du Cercle d’action et de réflexion pour l’entreprise (Care), le dinar a perdu 37% de sa valeur vis-à-vis de l’euro et plus de 77% vis-à-vis du dollar américain sur les dix dernières années.

    La chute du dinar algérien est le résultat de la dépréciation volontaire du dinar, entreprise par les gouvernements qui se sont succédé ces toutes dernières années, notamment afin de résorber autant que faire se peut les déficits budgétaires en grande partie dus à la chute de la fiscalité pétrolière induite par la crise pétrolière de 2014 puis cette année en raison de la crise sanitaire qui, en fin de compte, a mis à nu toutes les tares dont souffre l’économie nationale en attente de réformes effectives, et en finir avec un état des lieux de la maison Algérie, sur le plan économique, des plus angoissants.

    De quoi, en tous les cas, susciter des incursions des économistes de divers horizons, à l’instar de celle de l’expert financier Souhil Meddah à travers l’entretien qu’il a bien voulu accorder au Soir d’Algérie.
    Azedine Maktour

    Le Soir d’Algérie, 2 jan 2021

    Tags : Algérie, dinar, change, économie,

  • Algérie – France: Une relance des relations en demi-teinte

    Le moins que l’on puisse dire est que les relations entre l’Algérie et la France pour l’année 2020, qui s’achève, ont connu des hauts et des bas et n’ont pas été à la hauteur de la relance voulue par le chef de la diplomatie française – qui a effectué pas moins de trois visites à Alger au cours de cette année. Alors que les échanges téléphoniques ont été nombreux entre les deux chefs d’État, Abdelmadjid Tebboune et Emanuel Macron. Les deux présidents ont eu à se rencontrer lors de la conférence de Berlin sur la Libye.

    Après l’élection de Tebboune à la magistrature suprême, Paris s’est contenté de prendre acte de son élection. Mais dès le mois de janvier, la France décide de la relance de ses relations bilatérales à la faveur d’une visite de travail du chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian, à Alger, qui est reçu par le président Tebboune et par le Premier ministre, Djerad et a eu des entretiens avec son homologue Sabri Boukadoum. Le chef de la diplomatie française déclare que « le président Tebboune a manifesté une ambition pour l’Algérie, celle de la réformer en profondeur pour renforcer la gouvernance, l’État de droit et les libertés, également pour relancer et diversifier l’économie conformément aux aspirations exprimées par les Algériens depuis un an, a-t-il dit .Il ajoute que le chef de l’État « s’est engagé à conduire l’Algérie dans un esprit de dialogue, afin que tous les Algériens puissent s’exprimer sur ces réformes. Nous souhaitons qu’il réussisse dans cette mission. » M. Le Drian se félicite en outre du rôle joué par notre pays dans l’apaisement des conflits dans la région, notamment en Libye. Les visites du chef de la diplomatie française point culminant des relations Alger-Paris , avant la pause forcée due à la pandémie du covid-19 , est intervenue au milieu d’un véritable ballet diplomatique à Alger de chefs de diplomatie européens et de chefs d’État, sera suivie par plusieurs entretiens téléphonique, entre les présidents Tebboune et Macron qui, aux yeux des observateurs, semblaient marquer un rapprochement entre les deux pays.

    Les restes de 24 résistants à la colonisation française rapatriés

    L’accent est mis sur la priorité à donner à la question mémorielle, après la remise par la France des restes de 24 résistants à la colonisation française.
    À Paris, on estimait que la restitution des crânes des résistants algériens se voulait un signal « fort du dégel » des relations bilatérales. Dans un entretien à la chaîne de télévision France 24, le Président Tebboune rappelait une exigence nationale, « les excuses de la France pour la colonisation de l’Algérie afin de rendre le climat plus serein entre les deux pays ».

    Le chef de l’État a révélé qu’il a décidé avec son homologue, pour porter et approfondir le chantier mémoriel , de confier à l’historien Benjamin Stora, côté français, et Abdelmadjid Chikhi, côté algérien, de travailler chacun sur le dossier de la mémoire . « Nous souhaitons que les deux historiens accomplissent leur travail dans la sérénité et l’apaisement pour régler ces problèmes qui enveniment nos relations politiques, le climat des affaires et la bonne entente », avait déclaré le président algérien le 5 juillet dernier, lors de son interview à la chaîne TV France 24 . Il a rappelé que « le président Macron a eu le courage de dire que la colonisation était presque un crime contre l’humanité, ce que d’autres n’ont pas dit », estimant à ce propos que « l’Algérie a déjà reçu des demi-excuses » de la part d’Emanuel Macron.

    Au plan économique plusieurs dossiers sont en instance et ont été actualisés lors de la 6e session du Comité mixte économique algéro-français, tenue à Alger le 12 mars 2020.

    Mais désormais, les relations économiques obéissent à de nouveaux paramètres et les partenaires français ne seront pas systématiquement privilégiés, comme ce fut souvent le cas durant l’ère Bouteflika. Sur les grands dossiers diplomatiques, à Alger on ne cesse de stigmatiser la position partisane et le parti-pris de la France pour le Maroc, même si le nouvel ambassadeur de France à Alger, François Gouyette, affirme au lendemain de la reprise des hostilités entre le Maroc et la RASD qu’il faut « un retour à l’ONU » pour le règlement de la question du Sahara occidental.
    De son côté, le Front Polisario ne cesse de dénoncer la position de la France et son soutien au Maroc qui pousse ce pays à l’intransigeance et au blocage du processus onusien. Sur la situation au Mali où la force Barkhane se heurte de plus en plus aux attaques mortelles des groupes terroristes, la convergence des points de vue a été fortement endommagée par les dernières évolutions au Mali avec la libération d’otages contre le paiement de rançons et la libération de centaines de terroristes islamistes, dont certains ont été arrêtés en Algérie.

    M. Bendib

    Source : Le Courrier d’Algérie, 2 jan 2021

    Tags : Algérie, France, mémoire, archives, colonisation,

  • Algérie : Le retour d’une diplomatie efficace

    L’ALGÉRIE FACE AUX QUESTIONS RÉGIONALES ET INTERNATIONALES

    Le retour d’une diplomatie efficace

    L’année 2021 confirmera le grand retour de la diplomatie algérienne sur la scène internationale, prévoient des politologues. Longtemps paralysée par une conception autocratique du pouvoir, elle retrouve peu à peu ce qui a fait sa singularité : efficacité, discrétion et respect du droit international. Conflits militaires, changement climatique, nouveaux rapports de force entre puissances, mais surtout la situation au Mali, le conflit libyen et face à un monde en proie à de nombreux changements qui risquent et menacent de redessiner le monde et ses frontières, notre pays s’engage avec prudence, pragmatisme pour tenter de régler ces questions pacifiquement.

    Dans son édition d’octobre dernier, le mensuel Afrique-Asie a parlé du «grand retour de l’Algérie sur la scène internationale». «Ceux qui avaient parié sur le repli de l’Algérie sur elle-même suite à une année de hirak, une crise économique générée par la chute des prix des hydrocarbures et la pandémie de la Covid-19 auront été pour leurs frais», indique le mensuel dans un dossier consacré à l’Algérie.

    La visite, en octobre dernier, du secrétaire à la Défense américain, Mark Esper, «la première d’un aussi haut responsable américain depuis 2006 (visite de Donald Rumsfeld)», a été considérée par le mensuel comme une preuve du retour de l’Algérie sur la scène internationale. Et la diplomatie algérienne n’a pas l’intention de s’arrêter en si bon chemin.

    2021, L’ANNÉE DE LA CONFIRMATION

    Maître de conférences à la faculté des sciences politiques et des relations internationales à l’université d’Alger, Idriss Attia note que l’année 2021 confirmera le grand retour de la diplomatie algérienne, notamment sur le plan régional où il est attendu à ce qu’elle joue un grand rôle dans la résolution du conflit libyen. Selon lui, les derniers appels téléphoniques respectivement des ministres des Affaires étrangères libyen et tunisien à leur homologue algérien est la preuve de l’efficacité de l’approche algérienne qui se veut la principale référence pour le règlement de la crise libyenne, notamment en ce qui concerne le dialogue politique inter-libyen sous l’égide de l’ONU.

    Concernant l’axe Alger-Tunis, le politologue relève qu’il s’agit surtout, au delà de la consolidation des relations bilatérales entre les deux pays, de l’établissement d’une coopération contenue en matière de la lutte contre le terrorisme. Il a ajouté que le rôle de notre pays sera aussi important au Sahel, notamment dans la lutte contre le terrorisme. Dans ce sillage, Attia n’écarte pas l’éventualité de voir le chef de l’Etat entamer des visites dans des pays africains et européens pour créer une nouvelle dynamique de coopération à tous les niveaux.

    Concernant le Sahara occidental, Idriss Attia a souligné qu’après le retour en force de ce dossier au devant de la scène internationale, l’Algérie continuera de réaffirmer sa position indéfectible en faveur de la cause sahraouie. Selon lui, il est fort probable que le nouveau président des Etats-Unis aura une autre approche que celle du président sortant. «2021 sera incontestablement l’année du grand défi pour notre diplomatie pour faire entendre sa voix et reprendre sa place dans le concert des nations», soutient-il.

    Abondant dans le même sens, le politologue Ismaïl Debèche soutient que la diplomatie algérienne aura son mot à dire sur la scène internationale. «Elle marquera sa présence dans les efforts de règlement de nombreux conflits en Afrique, notamment en Libye, au Mali et au Sahara occidental», prévoit-il. Et d’ajouter : «Notre pays est et sera présent sur plusieurs fronts diplomatiques et retrouvera sa position de pays incontournable sur le plan régional et une voix écoutée à l’échelle internationale après le retour du Président de la République qui saura comment lui donner du punch».

    A l’en croire, l’Algérie ne sera jamais un observateur froid face aux changements géopolitiques.

    Amokrane H.

    Horizons, 2 déc 2020

    Tags : #Algérie #Diplomatie #Géopolitique #SaharaOccidental

  • La Tunisie veut renouer avec l’Algérie

    Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a fait part de la pleine disposition de son pays à renforcer les relations bilatérales avec la Tunisie pour atteindre un partenariat stratégique global et durable, et ce lors de son entrevue, à Alger, avec le ministre des Affaires étrangères, de la migration et des Tunisiens à l’étranger, Othmane Jerandi.

    Ainsi, le président algérien a insisté sur la nécessité de coordonner les actions en prévision des prochaines échéances bilatérales dont en premier lieu, la réunion de la 22e session de la grande commission mixte. Abdelmadjid Tebboune a également appelé à l’activation des différentes commissions sectorielles, selon le communiqué publié par le ministère des Affaires étrangères publié.

    De plus, le président algérien s’est félicité des relations personnelles qu’il entretient avec son homologue tunisien, Kais Saied, tout en soulignant la volonté commune de privilégier la concertation et la coordination sur des questions régionales et internationales d’intérêt commun. De son côté, Othmane Jerandi a fait part au président algérien de la profondeur des relations tuniso-algériennes, soulignant que la Journée de la Révolution algérienne est symbolique non seulement pour le peuple algérien mais également pour le peuple tunisien, compte tenu de l’histoire commune de la lutte pour libération nationale.

  • Tunisie – Algérie : Le silence n’est pas toujours d’or

    par Abdelkrim Zerzouri

    L’ancien Président « provisoire » de la Tunisie, Moncef Marzouki, n’en finit pas de régler ses comptes avec l’Algérie. A croire que ses sorties incendiaires contre l’Algérie sont inspirées par une rancune exagérée et une tendance à l’acharnement et à la vengeance que rien ne pourrait assouvir. Depuis qu’il a quitté le palais présidentiel de Carthage un certain 31 décembre 2014, Moncef Marzouki ne rate pratiquement aucune occasion pour sortir la grosse artillerie contre le pays voisin. Sa dernière attaque après les récents évènements d’El Guerguerat, particulièrement haineuse à l’égard de l’Algérie, « en déclin », selon son estimation, et qui « fait miroiter des illusions aux Sahraouis, détenus comme otages au service d’un choix politique biaisé », ne laisse aucun doute sur ses fonctions de défenseur zélé du Makhzen.

    Le politicien qui a quitté la scène politique, comme il le prétendait au lendemain de sa défaite aux élections présidentielles tunisiennes, n’en continue pas moins de s’exhiber dès qu’il s’agit de tirer à boulets rouges sur l’Algérie, reste un défenseur très échauffé des thèses marocaines, la marocanité du Sahara Occidental notamment.

    Pourquoi se fait-il l’avocat du Makhzen ? Il y aurait des sous et des dessous, en sus du fait que, selon des observateurs, Moncef Marzouki n’a jamais été en odeur de sainteté avec Alger, qui lui reproche d’être au service du Makhzen au détriment des intérêts des peuples de toute la région. C’est dans cette perspective qu’Alger a porté son soutien sur son rival, Caïed Essebsi, aux élections présidentielles tunisienne de 2014. Il gardera de cet épisode une profonde amertume, qui ne guérira pas avec le temps, vu ses positions toujours calomnieuses à l’égard des dirigeants algériens, et qui froissent l’amour-propre de tout le peuple algérien.

    Les propos de Moncef Marzouki, qui était invité d’une émission de télévision française, lors d’une récente rencontre par visioconférence au sujet des libertés et de la démocratie en Algérie, ont certainement influencé le dernier vote de certains parlementaires européen sur les atteintes aux droits de l’homme en Algérie. Et, dans la foulée, il n’a pas omis de soulever le dossier du Sahara Occidental, encore et toujours, appelant carrément les Sahraouis réfugiés dans les camps de Tindouf à la rébellion, pour se libérer du joug du régime algérien, avait-il lancé. Généralement, les sorties de Marzouki laissent indifférents les Algériens, mais cette fois-ci, le militant des droits de l’Homme, Mahrez Lamari, lui a répondu, considérant ses positions sur le Sahara Occidental comme un aveuglement qui vise à ignorer une réalité historique établie et maintes fois confirmée par la légalité internationale.

    Non sans l’interpeller directement sur sa campagne haineuse contre l’Algérie. Est-ce un prélude à la fin des positions réservées de l’Algérie face à cette inlassable guerre médiatique menée par Marzouki contre l’Algérie ? A suivre ses interventions cycliques contre l’Algérie, on comprend également qu’il a une dent contre ce pays qui a refusé de cautionner l’initiative présentée, en 2012, soit dit pour redonner vie à l’union du Maghreb arabe, mais en réalité, il s’agissait d’une machination pour effacer de la carte le Sahara Occidental. Marzouki ne manque aucune occasion pour grincer des dents contre l’Algérie, seul pays qui a refusé, à l’époque où il était Président provisoire, ses propositions dans le cadre l’initiative en question, maugréait-il dans toutes ses interventions médiatiques. N’a-t-on pas assez tendu l’autre joue à cet ex-Président provisoire de la Tunisie ?

    Le Quotidien d’Oran, 7 déc 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Makhzen, Moncef Marzouki, Tunisie, Sahara Occidental,

  • Algérie : Belhimer débusque le Makhzen

    CAMPAGNE D’ATTAQUES CONTRE L’ALGÉRIE, SON PRÉSIDENT ET SON ARMÉE : Belhimer débusque le Makhzen

    Dans un entretien accordé à nos confrères du site électronique Dzertic 24, Amar Belhimer, ministre de la Communication, porte-parole du gouvernement, a indiqué que la campagne de dénigrement qui vise l’Algérie est le fruit d’un complexe que cultive le Makhzen marocain à l’égard de notre pays et son Armée.

    Il soulignera dans ses propos que la campagne s’est exacerbée ces derniers jours pour masquer les échecs de la diplomatie marocaine, qui peine à gagner à sa cause des soutiens après l’agression d’El-Guerguerat et le viol du cessez-le-feu instauré au Sahara occidental occupé, sous l’égide de l’ONU. « L’éternel complexe du makhzen est l’Armée nationale populaire (ANP) pour un certain nombre de considérations. La plus importante d’entre elles est la cohésion innée entre le peuple et son armée », a indiqué le porte-parole du gouvernement qui n’a pas manqué de rappeler que les sacrifices de l’ANP avaient permis de protéger les frontières de l’Algérie en dépit des complots du makhzen et de ses lobbies.

    Concernant les lobbies qui soutiennent l’action hostile du makhzen marocain à l’égard de l’Algérie, il y a lieu de rappeler que l’État sioniste s’apprête à ouvrir une représentation diplomatique dans la capitale marocaine et que l’annonce d’une normalisation de ses relations avec ce pays n’est plus qu’une question de formalité. Le Maroc s’est adossé à la technologie militaire israélienne pour appuyer ses troupes d’occupation au Sahara occidental. La présence d’experts militaires israéliens aux côtés des forces armées royales est une évidence depuis quelques années déjà et ne date pas d’aujourd’hui. Amar Belhimer a indiqué que la position de l’Algérie, concernant le dossier du Sahara occidental, est immuable et se base sur le principe du droit des peuples à l’autodétermination. Il n’a pas manqué de rendre le Maroc responsable de la violation du cessez-le-feu dans la région d’El-Guerguerat. « Il est nécessaire, logique et naturel que la communauté internationale, à sa tête le Conseil de sécurité, assume son entière responsabilité en imposant le respect de la résolution de cessez-le-feu que le Maroc a violée, ainsi qu’en réglant la question du Sahara occidental en organisant un référendum d’autodétermination », a-t-il poursuivi.

    Dissimuler les échecs de la diplomatie marocaine

    Dans ce contexte, il faut rappeler la déclaration de l’ambassadeur d’Afrique du Sud aux Nations unies, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, M. Jerry Matjila, lors d’une conférence de presse animée le 1er décembre dernier à New York et dans laquelle il avait formulé le souhait de voir, « les parties cesser les combats et que l’ONU tienne sa promesse non tenue aux Sahraouis pour la tenue d’un référendum». Il y a lieu aussi de rappeler que l’Afrique est parmi les soutiens de poids pour la juste cause de la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance. M. Matjila a rappelé dans ce contexte que son pays espère que les parties, le Maroc et le Front Polisario saisiront cette opportunité pour aller vers une désescalade et retourner à un cessez-le-feu. Le Conseil de sécurité de l’ONU peut saisir l’occasion et avancer vers le référendum sur le Sahara occidental», a-t-il fait remarquer.

    Ces soutiens à la cause juste du peuple sahraoui dérange le makhzen marocain qui verse dans une campagne haineuse à l’égard de l’Algérie pour masquer ses échecs sur le plan diplomatique à faire adhérer la communauté internationale à sa thèse de marocanité du Sahara et à cacher les lourdes pertes que subissent ses troupes depuis la reprise des combats dans les territoires occupés. Également, le soutien du comité national palestinien du mouvement Boycott, Désinvestissement, Sanctions (BDS), la plus grande coalition de la société palestinienne, sans réserve au droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, a indiqué le mouvement palestinien sur son site web.

    Ayant perdu la guerre sur le plan diplomatique et subissant de lourdes pertes depuis la reprise des combats, le makhzen marocain, fidèle à sa tradition, est en train de verser son fiel sur l’Algérie, son armée et son peuple. M. Belhimer n’a pas manqué de rappeler que l’Algérie soutient la résolution du Conseil de sécurité des Nations unies 690 (1991) qui appelle à l’organisation et la supervision … d’un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental. Cet entretien intervient quelques jours après une déclaration à l’agence officielle Aps dans laquelle le porte-parole du gouvernement avait affirmé que des attaques contre l’Algérie sont menées depuis des capitales occidentales, dont Paris, et cité nommément l’agence israélienne LSO de contrôle et de cyber-sécurité, dont l’outil d’espionnage est le logiciel Pegasus utilisé dans plusieurs pays du monde arabe.
    Slimane Ben.

    Le Courrier d’Algérie, 7 déc 2020

    Tags : Algérie, Maroc, Makhzen, Abdelmajid Tebboune,

  • ZLECAF: Le choix stratégique de l’Algérie

    DJERAD A DÉFENDU LA VISION ALGÉRIENNE DE LA ZLECAF:
    Le choix stratégique de l’Algérie

    La vision algérienne s’appuie sur «des projets qui profiteront, inéluctablement, à la Zlecaf, en ce sens qu’ils garantiront le soutien logistique indispensable, notamment à travers la Transsaharienne Alger – Lagos (Nigéria), le Gazoduc entre l’Algérie et le Nigéria, la liaison fibre optique Alger-Abuja et le port de Cherchell, en tant que hub de fret maritime».

    La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) sera opérationnelle dans les toutes prochaines semaines. En effet, dès janvier prochain, les barrières douanières interafricaines vont tomber, favorisant de fait des échanges commerciaux plus intenses que ce qui est enregistré à ce jour. La 13e Session extraordinaire de la Conférence des chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union africaine (UA) tenus en visioconférence a planché sur le thème et le représentant de l’Algérie, le Premier ministre Abdelaziz Djerad, a mis en exergue le caractère stratégique de la Zlecaf pour l’Algérie.
    «Pour l’Algérie, la Zlecaf est un choix stratégique, exigeant une conjugaison des efforts pour aller de l’avant dans la concrétisation des objectifs de développement de notre continent et de nos pays, et la consolidation de la paix et de la sécurité, étroitement liée aux progrès du développement économique», a-t-il souligné dans son allocution.

    Enumérant quelques difficultés de terrain et appelant à faire l’effort de les dépasser, M.Djerad a souligné «l’adhésion de l’Algérie au consensus enregistré au niveau des instances de négociation, concernant les questions en suspens en lien avec les règles d’origine». Pour le Premier ministre, qui révèle la finalisation «des offres tarifaires du commerce des biens et des services et des offres préliminaires des secteurs prioritaires pour le commerce de services algérien», l’important pour l’heure tient dans la conviction qu’affiche l’Etat algérien quant à «la complémentarité économique africaine». Et de rappeler que «l’Algérie a été parmi les premiers pays à ratifier l’accord de création de la Zlecaf, lors de la 10e session extraordinaire du Sommet des chefs d’Etat et de Gouvernement en mars 2018, et a pris part, régulièrement et efficacement, depuis le lancement des négociations en 2016, à toutes les réunions des instances de négociation et à tous les niveaux». Cela étant et tenant compte de l’engagement sans faille de l’Algérie dans l’effort d’intégration économique africaine, M Djerad a mis en exergue «la vision de l’Algérie tendant à conférer aux infrastructures nationales et projets structurants régionaux, un caractère complémentaire et intégré». L’on aura déduit de son propos que ladite vision s’appuie sur «des projets qui profiteront, inéluctablement, à la Zlecaf, en ce sens qu’ils garantiront le soutien logistique indispensable, notamment à travers la Transsaharienne Alger – Lagos (Nigéria), le Gazoduc entre l’Algérie et le Nigéria, la liaison fibre optique Alger-Abuja et le port de Cherchell, en tant que hub de fret maritime».

    Les atouts de l’Algérie sont ceux de l’Afrique et ils sont immenses. Outre l’infrastructure et la logistique qu’apporte l’Algérie pour connecter l’Afrique au monde occidentale, la Zlecaf est «une opportunité cruciale pour intensifier et développer le commerce interafricain», a affirmé le ministre, notant au passage «une hausse significative, en sus de la consolidation des objectifs de complémentarité et d’intégration continentales à travers le commerce et l’investissement, deux éléments clé pour le soutien de la croissance et du développement économique durable».

    Le Premier ministre sait parfaitement la portée de son propos et avance, pour ce faire, des chiffres édifiants : «Avec un marché de 1,2 milliard de personnes, d’une valeur de 3000 milliards USD et un Produit intérieur de 2,5 milliards USD, les potentialités et les capacités économiques de l’Afrique connaîtront une exploitation optimale grâce aux flux commerciaux intracontinentaux qui devront avoisiner les 52% au lieu du taux actuel, qui ne dépasse pas 16%». M. Djerad a relevé, également, que «le développement du commerce interafricain contribuera au développement des chaînes de valeurs régionales, de l’industrialisation et de la création des opportunités d’emploi », ajoutant que «le démantèlement tarifaire progressif entre les Etats africains, à hauteur de 90% de positions tarifaires sur 5 ans, donnera la priorité aux entreprises africaines afin de répondre aux besoins croissants du marché africain et de profiter de ses avantages». Le projet est gigantesque, mais réalisable.
    Anissa Mesdouf

    Ouest Tribune, 6 déc 2020

    Tags : Afrique, ZLECAF, libre échange, marché africain, commerce,

  • Le droit à la vie

    Les pseudos réprimandes mal placées du Parlement européen à l’endroit de l’Algérie cachent très mal les véritables intentions de l’Occident. Qu’on retienne donc qu’en plus de l’Algérie, la Chine, la Russie et d’autres pays «triés sur le volet» sont régulièrement l’objet de résolutions pondues par des instances à l’image du PE, sur un soit disant manquement aux droits humains. Les parlementaires européens et les lobbies qui les actionnent font mine d’oublier que le droit à la vie est, de loin, le premier droit humain. Or, si l’on établit un bilan de la défense de ce droit entre l’occident, la Chine, la Russie et l’Algérie, il ressort que le même occident a foulé du pied le droit à la vie de ses propres citoyens.

    Et pour cause, plus de 50 % des décès provoqués par le Covid-19 l’on été chez eux, en Amérique et en Europe. Les pays victimes de l’acharnement droit-de-l’hommiste ont très largement défendu le droit à la vie de la population. Il est clair que si les chiffres étaient inversés, le Parlement européen et autres instances occidentales auraient brandi le droit à la vie et pondu une série de résolutions accusant la Chine, la Russie et l’Algérie de décimer leur peuples respectifs.

    Mais la réalité quotidienne démontre que les dizaines de milliers de morts au quotidien sont comptabilisés chez-eux. On pourrait se satisfaire de l’actualité sanitaire pour démasquer les viles intentions des occidentaux. Mais leur responsabilité dans la transgression du droit à la vie sont bien plus ancienne que l’épisode de la Covid-19.

    En effet, en analysant tous les massacres d’hommes, de femmes et d’enfants perpétrés depuis la fin de la guerre froide et même avant, on est amené à dire que le doute n’est plus permis sur les intentions des occidentaux quant à la guerre qu’ils disent mener contre le terrorisme international. Principaux bénéficiaires du marché mondial de l’armement, ce sont eux qui arment les belligérants.

    L’Irangate illustre parfaitement cet état de fait. Mais l’interventionnisme de l’Europe et des USA ne s’arrête pas à la fourniture des armes. Ils imposent des embargos qui affament et tuent des milliers d’enfants innocents. Ils se sont amusés à créer El Qaïda, puis Daesh, pour détruire des pays entiers au Moyen Orient.

    Sachant cela, il est illogique de croire à la thèse d’un Occident épris de paix et de droits de l’homme. Il est clair que dans la stratégie des puissances occidentales, tous les artifices qu’inventent leurs parlements ne sont que des outils qui leur serviront à créer un monde à leur image. On en a une petite idée : exit le droit à la vie.
    Par Nabil G.

    Ouest Tribune, 6 déc 2020

    Tags : Parlement Européen, Algérie, PE, UE, droits de l’homme, Russie, Chine, Etats-Unis, France,

  • Sahara Occidental : Le défi d’El Guerguerat

    L’Afrique unie et solidaire, rêvée par les pères fondateurs du panafricanisme triomphant de la barbarie coloniale, est aujourd’hui interpellée par l’urgence du parachèvement de la décolonisation dans la dernière colonie africaine et les enjeux de la paix dans un continent marqué par la prolifération des crises, notamment au Sahel, confronté à la montée de la menace terroriste et à l’ingérence étrangère aux relents néocoloniaux. Cette problématique, placée sous le sceau de «faire taire les armes en 2020», au cœur des travaux de la 21e session extraordinaire du comité exécutif de l’Union africaine, est tributaire de la capacité de l’Afrique à s’imposer en acteur incontournable dans la gestion et le règlement pacifique des conflits.

    L’Afrique du Sud, présidant le Conseil de sécurité le mois décembre, considère, par la voix de la ministre des Relations internationales et de la Coopération, Naledi Candor, qu’il s’agit d’une opportunité pour contribuer à la dynamique de la paix qui conditionne le développement durable. Ce défi majeur est fondamentalement lié à la nécessité de faire front pour combattre les tentatives d’ingérence étrangères, participant à la marginalisation de la nouvelle Afrique pour imposer, comme c’est le cas en Libye, des agendas au service d’intérêts commerciaux et géostratégiques.

    La situation suscite de légitimes appréhensions. Dans son intervention, le ministre des Affaires étrangères, Sabri boukadoum, prenant acte de la résurgence des conflits et l’occultation de la responsabilité africaine, a évoqué les derniers développements survenus au Sahara occidental source de «grandes inquiétudes» pour l’Algérie soucieuse de la stabilité et de la sécurité dans la région.

    La crise de Guerguerat est non seulement une violation des dispositions statutaires, mais constitue aussi un défi lancé à l’Union africaine, solidement ancrée dans le socle anti-colonial et tenue de traduire en actes concrets son engagement contracté par les accords de paix signés en septembre 1991 entre le Maroc et le Front Polisario. Car par-delà la politique du fait accompli, la violation du cessez-le-feu est une sérieuse menace contre la stabilité dans la région soumise au diktat de l’Etat narcotrafiquant rêvant, révèlent le magazine Strategika et le comité d’experts de l’ONU au Mali, d’une extension du commerce du hachich à travers les filières de l’immigration clandestine e long de la bande sahélienne.

    Ce redéploiement est motivé par la fermeture de la frontière algérienne et la lutte contre le trafic de drogue, menée avec professionnalisme par l’Armée nationale populaire, en rempart infranchissable, contre le terrorisme et le crime organisé sous toutes ses formes. Cette face cachée de la guerre d’El Guerguerat traduit la crise d’une monarchie aux abois secouée par une grave crise financière et économique.
    Horizons, 4 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Marruecos #WesternSahara #Algérie