Category: Algérie

  • Algérie : De l’ingérence étrangère

    L’adoption par le Parlement européen d’une résolution franchement critique à l’égard de la situation politique en Algérie a provoqué une vague de dénonciations et une grosse polémique, et a fait les choux gras dans les médias. Faut-il s’émouvoir de cette fameuse résolution ? Est-elle vraiment une ingérence étrangère dans nos affaires internes ? Par principe, il n’est jamais bon signe que la situation de notre pays soit le menu d’une quelconque instance ou institution étrangère fut-elle l’Union européenne ou même l’ONU. Ceci pour le principe.

    Dans le fond, et indépendamment de la teneur de la résolution du Parlement européen, il faut bien rappeler que l’Algérie est liée à l’UE via l’Accord d’association qui comporte une clause expresse sur le respect des droits de l’homme et les standards démocratiques conformément aux stipulations de l’Accord d’association signé par Bouteflika en 2005. Il faut également préciser que ce parlement représente les peuples d’Europe et non pas les États qui, eux, sont représentés par la Commission européenne, l’instance politique par excellence. Ce qui est moins grave tout de même.

    Il faut savoir que le Parlement européen produit régulièrement des résolutions de ce type sur la situation interne dans les pays membres (il l’a fait sur les gilets jaunes en France par exemple) mais aussi sur les pays liés à l’UE à travers les Accords d’association. Il est vrai cependant que la causticité des résolutions dépend de la puissance des lobbys pros ou anti un pays où un autre.

    Il est utile de rappeler que même le Maroc a fait l’objet plusieurs fois de résolutions critiques sur ses violations des droits de l’homme au Sahara Occidental. Faut-il alors crier au loup après cette résolution sur l’Algérie ? Il n’est pas vraiment utile et porteur d’autant qu’elle n’est pas contraignante. Mais si des acteurs politiques, des relais associatifs et des médias ont dénoncé le document du PE, on se demande où était tout ce beau monde quand le président français Emanuel Macron s’est permis de mettre carrément les pieds dans le plat en promettant de “faire tout mon possible pour aider le président Tebboune”. En termes d’ingérence, il n’y a pas mieux ou plutôt pire. On a affaire en effet au président de l’ancienne puissance coloniale qui ne veut pas reconnaître ses crimes coloniaux ni s’en excuser, et qui en plus, déclare qu’il va aider notre président.

    Là, il s’agit d’une intolérable et cynique ingérence de la part d’un pays avec lequel nous ne partageons aucune position et qui encourage les forces armées du Maroc à faire la guerre au Polisario à nos frontières. La logique et le bon sens auraient dicté que la déclaration de Macron soit dénoncée au moins de la même manière que l’est aujourd’hui celle du Parlement européen, dès lors qu’il est question d’ingérence.

    Imane B.

    L’Est Républicain, 29 nov 2020

    Tags : Algérie, Parlement européen, Macron, France, ingérence,

  • Algérie : Les politologues dénoncent des lobbies anti-algériens

    Le Parlement européen récidive. Après avoir adopté une résolution d’urgence le 28 novembre 2019 sur la situation des droits de l’homme en Algérie, l’institution parlementaire revient à la charge en votant une autre résolution, le 26 novembre dernier. Pourquoi cette résolution et pour quels desseins ? Qui sont derrière ces rapports ? Deux questions auxquelles nos interlocuteurs ont tenté d’expliquer. «En premier lieu, il est important de souligner que le Parlement européen est une matrice idéologique du sionisme.

    Ses résolutions à l’encontre de l’Algérie constituent une continuation des ambitions du président Macron qui se revendique «le patron de l’espace méditerranéen». Dans l’espoir d’atteindre cet objectif, «l’instance européenne est instrumentalisée à souhait par le gouvernement français pour taper sur tout ceux qui n’adhèrent pas à cette thèse», affirme, sans ambages, le professeur Mohamed Taïbi, sociologue et anthropologue. Il est à noter que le Parlement est une représentation des peuples européens et de la société civile des pays membres de l’Union. Le professeur Taïbi est loin d’être favorable à cette définition. «Dans la forme, c’est le cas. Toutefois, cette assemblée est le fief du lobby sioniste et n’œuvre pas pour soutenir les masses populaires en Europe qui a placé ses membres à ce poste. Pour exemple, durant la crise des gilets jaunes en France, à la fin 2018 jusqu’en 2019 et les exactions policières qui ont entaché ces manifestations, ledit Parlement n’a soufflé mot pour dénoncer la violation des droits de manifester, d’expression des Français», rappelle-t-il.

    D’autre part, le politologue Idriss Attia dénonce les cosignataires parmi nos compatriotes des résolutions du Parlement européen. «L’élément aggravant dans ces résolutions reste la participation d’organisations qui activent à l’intérieur comme à l’extérieur de notre pays. Des Algériens instrumentalisés par des forces étrangères pour des desseins bien connus, entre autres la déstabilisation du pays, surtout en s’attaquant à l’institution militaire», estime Attia. Evoquant les journalistes emprisonnés et cités dans le rapport européen, il soutient que «ces derniers sont condamnés pour des chefs d’accusation qui n’ont rien à voir avec l’exercice de leur fonction». «A ce titre, j’invite les parlementaires européens à bien lire la nouvelle Constitution qui offre aux journalistes une protection globale dans le cadre de leur mission d’information», fait-il savoir. Dans le même contexte, le professeur Taïbi met l’accent sur le recours systématique d’une certaine opposition en Algérie à l’institution européenne pour exercer une pression permanente sur les pouvoirs publics. «L’instance de l’UE devient de facto le porte-parole des opposants algériens. Elle leur offre cette tribune pour cracher leur venin. C’est là où réside la différence entre le militant engagé et sincère et les pseudo-opposants», soutient-il.

    «Le nouveau paradigme de l’indépendance»

    La France fait le constat amer de la régression de son influence en Afrique en se voyant bousculer par d’autres acteurs dans la région, surtout la Chine, la Turquie, la Russie… A ce propos, après le hirak et la présidentielle de décembre 2019 qui a vu l’élection à la fonction suprême d’Abdelmadjid Tebboune, l’Algérie a pris une voie pour se soustraire à l’hégémonie de l’ancien colonisateur dans tous les domaines, note Taïbi. «Un nouveau paradigme est en train de se construire pour une indépendance complète de notre pays. Peut-être que cela n’est pas perceptible actuellement, mais cela se fera par étape», rappelle le Pr Taïbi. «L’Algérie dans sa nouvelle conception ambitionne de devenir un pôle régional puissant en Afrique comme en Méditerranée. Mais cela ne va pas plaire à la France qui utilise tous les moyens possibles pour saper cette volonté. Ces attaques du Parlement européen en sont l’exemple parfait. Il faut s’attendre à d’autres manœuvres et s’y préparer», explique-t-il.

    Par ailleurs, Idriss Attia a rappelé que durant plus d’une année de manifestations qui a vu défiler des millions d’Algériens, aucune balle n’a été tirée ou une vitrine vandalisée. Manifestants et forces de l’ordre ne sont pas arrivés à l’affrontement, contrairement à d’autres pays. « Les Rifains au nord du Maroc croupissent toujours en prison sous des peines lourdes, mais le Parlement européen est resté sourd. Quelle déduction retenir de ces deux situations ?», s’interroge le politologue.
    Karima Dehiles

    Horizons, 28 nov 2020

    Tags : Algérie, Parlement européen,

  • L’Algérie unie à l’épreuve de l’ingérence

    Plus que jamais, un front uni d’un peuple épris de liberté et de paix, viscéralement opposé à toute forme d’ingérence inscrite dans les valeurs novembriennes et confortée par la dynamique de changement opérée par le hirak authentique, s’impose.

    Cette exigence, proclamée par le chef d’état-major de l’ANP, le général de corps d’armée, Saïd Chanegriha, lors de la cérémonie de conversion d’un hôtel militaire en structure sanitaire au profit des malades de la Covid-19, traduit la capacité intrinsèque du peuple algérien qui a su faire front contre toutes les épreuves pour arracher son indépendance, mettre en échec le néocolonialisme à visage religieux et répondre aux défis d’un nouveau monde en gestation.

    Dans cette conjoncture particulière, l’émergence d’une Algérie nouvelle, forte de la légitimité populaire et du socle constitutionnel garantissant une ère de liberté et des droits fondamentaux des citoyens, consacre une volonté inébranlable de consolider les bases de la souveraineté nationale compromise par le règne du despotisme, de la gabegie et de la dilapidation des ressources nationales.

    Cette dynamique salutaire, orientée vers la satisfaction des besoins des citoyens et la construction d’une économie performante et concurrentielle, a fait ressurgir les vieux démons d’un passé révolu, bouleversé par les retombées de la crise économique et sanitaire. Des campagnes mensongères et tendancieuses sont alimentées par des «cercles hostiles bien connus» relayés par des députés européens insensibles à la détresse de leurs concitoyens, soumis à une dure répression et néanmoins acquis à une inqualifiable ingérence dans les affaires intérieures de l’Algérie ciblée pour sa «ligne honnête et courageuse» adoptée par les plus hautes autorités du pays, comme a tenu à le souligner le chef d’état-major.

    Tout l’enjeu de cette énième tentative de déstabilisation, menée sous l’alibi des droits de l’homme, réside dans la résilience de l’Algérie des réformes démocratiques et du renouveau économique, redoutée par les nostalgiques de l’éden perdu.

    Au moment où un regain de tension, provoqué par l’occupant marocain, fort du soutien de certaines puissances européennes, pèse sur le destin de toute la région davantage enlisée dans des crises profondes, l’arme des droits de l’homme est brandie pour saborder le processus de renaissance et porter atteinte à la cohésion nationale. Cette vision à double vitesse, exonérant des crimes contre l’humanité commis en Palestine occupée par l’Etat hors-la-loi et garantissant l’impunité à l’occupation illégale du Sahara Occidental, a perdu toute crédibilité incompatible avec le déni des droits des peuples sacrifiés sur l’autel des considérations géostratégiques et des intérêts bassement commerciaux.

    Horizons, 28 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie,

  • Côte d’Ivoire : un pays pillé par le colonialisme français.

    Laurent Gbagbo, ancien président de la Côte d’Ivoire, est actuellement incarcéré auprès de la Cour pénale internationale de La Haye pour crimes contre l’humanité. Quatre chefs d’accusation ont été retenus à l’encontre de celui qui a été présenté comme le mauvais perdant des élections de 2010, en qualité de coauteur : meurtres, viols et violences sexuelles, actes de persécutions et autres actes inhumains. Non, bien entendu, que l’intéressé soit accusé d’avoir lui-même commis ces atrocités, mais au titre de responsable hiérarchique voire d’inspirateur.

    Cette histoire semble être le énième épisode de la vie des nombreux dictateurs qui ont ensanglanté l’Afrique. Laurent Gbagbo a été appelé à répondre de ses actes après que les forces spéciales de l’opération Licorne l’ont capturé dans son palais présidentiel où il s’était barricadé.

    L’ex-président ivoirien est né en 1945. Il a baigné très tôt dans la politique et ses opinions socialistes et panafricaines l’ont rapidement amené à s‘opposer au régime autoritaire d’Houphouët-Boigny qui régna sur la Côte d’Ivoire pendant presque trente ans. Emprisonné à plusieurs reprises, il a finalement été contraint à l’exil à Paris.

    Surviennent les élections présidentielles de 2000. Laurent Gbagbo a de véritables chances de remporter le scrutin. Le 23 octobre, les premiers résultats indiquent qu’il arrive en tête, suivi par Robert Guéï. Au soir du premier tour, cet adversaire de taille lui dispute la victoire et dissout le 23 octobre la commission électorale, avant que le ministère de l’intérieur n’annonce sa victoire le lendemain. Mais le 25 octobre, des dizaines de milliers de manifestants descendent dans les rues et, malgré les soldats qui leur tirent dessus, obligent le chef de la junte à quitter les lieux. Laurent Gbagbo est enfin investi comme président de la République le 26 octobre et entame son mandat dans un climat délétère.

    Le président sortant se représente en 2010 contre Alassane Ouattara, un ancien ministre d’Houphouët-Boigny. Le scrutin est marqué par des violences. À l’issue du second tour, Ouattara est proclamé le 2 décembre quatrième président de Côte d’Ivoire avec 54,10 % des voix. Mais le conseil constitutionnel invalide les résultats dans les régions du Nord et annonce la réélection de Laurent Gbagbo avec 51,45 % des voix.

    Alassane Ouattara a le soutien de la « communauté internationale ». Le 11 avril 2011, Laurent Gbagbo est arrêté avec l’appui de l’armée française par les forces de l’ordre de son rival. Ce dernier est proclamé président le 6 mai 2011 et son investiture se déroule à Yamoussoukro le 21 mai 2011 en présence de nombreux chefs d’État, dont Nicolas Sarkozy.

    Quelques jours avant l’enlèvement du pouvoir du gouvernement démocratiquement élu, l’Élysée avait entamé une négociation avec lui. Selon des sources concordantes, les discussions ont tourné autour des richesses du sous-sol ivoirien. L’ex président français demande à son homologue ivoirien L. Gbagbo de retenir pour la France 80 % du pétrole ou des revenus du bassin pétrolier du Golfe de Guinée. Sur les 20 % restants, une ponction de 10 % devrait être faire pour le compte du Burkina Faso et le reste à la Côte d’Ivoire. Sur la question, les sources proches des discussions téléphoniques tripartites (Élysée, ambassade de France en Côte d’Ivoire, ministère français des affaires étrangères) indiquent que le chef d’État ivoirien aurait opposé un refus plus que catégorique. La France n’a eu d’autre alternative que d’ordonner le pilonnage de la résidence de L. Gbagbo et d’y positionner des rebelles.

    Depuis l’éviction de l’ex président ivoirien, Total a raflé une bonne part des hydrocarbures après avoir obtenu l’acquisition d’un deuxième bloc pétrolier off-shore dans le golfe de Guinée. Les investisseurs français en général se frottèrent les mains. Paris maintient un contrôle de plus en plus étroit sur l’économie de la Côte d’Ivoire : la Banque de France dirige sa monnaie par le biais de l’Union monétaire d’Afrique occidentale (franc CFA) et de nombreux investissements rendent l’économie ivoirienne dépendante de la métropole. Des groupes comme Bouygues, Orange, BNP Paribas, Société générale, Bolloré et Total y font aujourd’hui de juteux bénéfices.

    En dépit des efforts prodigués par Fadi El Abdallah, porte-parole de la Cour pénale internationale, et par Fatou Bensouda, procureure adjointe, la procédure est parsemée de nombreuses zones d’ombre et montre que la manœuvre n’avait pour but que de se débarrasser d’un personnage gênant. Par un subtil tour de passe-passe démocratique, l’opération est jouée. Exit Gbagbo et vive Ouattara ! L’ex puissance coloniale est encore bien présente en Afrique…

    La France n’a eu de cesse depuis les présidents Chirac et Sarkozy de revenir au premier plan sur le continent noir. Les nombreuses interventions de ces dernières années (Mali, Côte d’Ivoire, République centrafricaine, etc.) sont là pour le prouver. Pour Paris, la vieille doctrine de la Françafrique est plus que jamais d’actualité, avec son colonialisme basé sur l’exploitation et la violence. Mais cette fois-ci avec l’appui de la « communauté internationale ».

    Source

     

    Tags : #Françafrique #Cotedivoire #France #AlassaneOuattara

  • Algérie – EAU : Délire

    par Abdelkrim Zerzouri

    Qui parlerait de voyages et de visas par ces temps de pandémie ? Avec des frontières aériennes, terrestres et maritimes fermées depuis le 17 mars 2020, les Algériens ont quasiment oublié les voyages à l’étranger et les demandes de visas font partie du cadet de leurs soucis quotidiens, mais il se trouve que certains médias étrangers, relayés par des sites électroniques et des réseaux sociaux, tentent de faire du bruit, ces derniers jours, en annonçant que les Emirats arabes unis (EAU) ont suspendu la délivrance des visas aux ressortissants algériens, au même titre que ceux de douze autres pays. Une annonce qui s’avère une vraie «fake news», car l’information a été catégoriquement démentie à travers un communiqué du ministère algérien des Affaires étrangères (MAE), confirmant que les hautes autorités émiraties avaient, également, certifié que «le document comprenant le nom de l’Algérie est faux et a été relayé par des parties aux intentions malsaines».

    Quand on se fatigue à falsifier la vérité, en traficotant un document émanant d’une institution officielle des Emirats arabes unis (EAU), juste pour le malin plaisir d’ajouter l’Algérie sur une liste de 12 pays, qui fait état d’une suspension de la délivrance de visas d’entrée aux EAU pour leurs ressortissants, alors que les Algériens sont loin de s’intéresser, pour le moment, à cette destination, on comprend mieux ce que visent les «intentions malsaines» de ceux qui ont relayé l’information. Il y en a, bien sûr, ceux qui sont tombés dans le panneau de cette «fake news», notamment certains sites électroniques locaux, mais pour les médias étrangers, il s’agit bel et bien d’une vile manœuvre qui chercherait à ternir l’image de l’Algérie sur le plan international.

    L’Etat des Emirats arabes unis, qui est sorti de son silence pour affirmer que le document comprenant le nom de l’Algérie est faux, selon le communiqué du MAE, ne s’est pas exprimé pour le cas des douze autres pays concernés. Est-ce à dire que les EAU ont effectivement suspendu le visa aux ressortissants de ces pays, parmi lesquels figureraient le Pakistan, l’Iran, la Libye, le Yémen, la Syrie, l’Irak, la Somalie, le Kenya et l’Afghanistan, ainsi que les Tunisiens célibataires ? Si l’Algérie a pu obtenir un démenti de la part des hautes autorités émiraties, au moins deux autres pays ont fait savoir, selon des officiels du ministère pakistanais des Affaires étrangères et de la Présidence tunisienne, qu’ils cherchent, sans y parvenir, à obtenir une confirmation officielle des autorités des Émirats arabes unis à cet égard.

    Et, ce flou qui entoure cette mesure déteint automatiquement sur ses causes profondes. Est-ce en raison de la «deuxième vague de Covid-19», comme le pense le ministère des Affaires étrangères pakistanais, ou par soucis sécuritaires, selon d’autres affirmations ? Certainement que le Covid-19 n’aurait rien à voir avec cette mesure, parce que cela aurait concerné de nombreux pays et conduirait ce pays fermer carrément ses frontières, puisque la circulation active du virus est planétaire, reste le souci sécuritaire, qui semble plausible. Ce dernier serait lié, selon des agences de renseignement, à la normalisation des relations entre les EAU et Israël, qui aurait augmenté la menace d’attentats terroristes contre les intérêts des deux pays. Ainsi, on comprendrait mieux pourquoi certains se délectaient, des sites marocains notamment, de voir l’Algérie sur cette liste, nourrissant le délire de provoquer son isolement sur le plan international.

    Le Quotidien d’Oran, 28 nov 2020

     

    #Algérie #EAU #EmiratsArabesUnis #Visa

  • Algérie : Les angles de l’ingérence

    par Abdelkrim Zerzouri


    Si vous êtes étranger, occupant un poste de responsabilité gouvernementale, parlementaire ou quelconque acteur politique, mieux vaut ne prononcer aucun mot d’appréciation de la situation en Algérie. Parce que, tout ce que vous direz sera retenu contre vous. Vous n’échapperiez pas à la levée de boucliers d’une partie des Algériens, ou de l’autre, qui criera à l’ingérence dans les affaires intérieures de leur pays, selon le positionnement de votre appréciation ou déclaration.

    Le Président français Emmanuel Macron a fait les frais de cette sensibilité des Algériens après ses déclarations lors d’un entretien accordé à l’hebdomadaire ‘Jeune Afrique’, où il affiche sa parfaite entente avec le Président Tebboune, saluant son « courage » et promettant de « faire tout son possible pour l’aider » dans la « période de transition » que traverse le pays. C’est quasiment toute l’opposition qui s’est levée en un concert de dénonciations, qualifiant cette sortie du président français d’ingérence dans les affaires intérieures du pays, d’une entrée par effraction dans le débat intérieur du pays, de distribution de certificat de légitimité et autre déni au peuple qui revendique ses droits. Certains jugent même que cette intervention du président français remue les douleurs d’un passé commun dont les plaies ne sont pas encore refermées.

    C’est ce qu’on retiendra de cet entretien, où des questions pas de moindre importance, pourtant, ont été abordées mais reléguées au second plans, dont la restitution du patrimoine africain, la fin du franc CFA, la lutte contre le terrorisme et les relations entre la France et l’Afrique décrite comme une relation d’amour. Une histoire d’amour, forcément, avec ses chagrins, ses instants de bonheur, ses jalousies, ses lunes de miel et ses divorces. Cela n’est pas sans rappeler le tollé général provoqué par la résolution du Parlement européen, voté au mois de novembre 2019, qui demandait aux autorités algériennes de mettre un terme à la répression du Hirak et d’avancer sur le chemin de la démocratie.

    La résolution en question, qui avait été introduite à l’initiative de l’eurodéputé français Raphael Glucksmann, avait suscité une cascade de critiques et de dénonciations en Algérie, des partis du pouvoir et des deux Chambres du Parlement, qui ont condamné une « ingérence flagrante dans les affaires internes du pays ». Une autre face du lynchage médiatique de celui qui oserait s’ingérer dans les affaires internes du pays. Est-ce qu’on ne fait pas trop en dépensant vainement plein d’énergie ? Le refus de l’ingérence étrangère serait une réaction, somme toute, logique si elle ne divisait pas tant le pays sur le plan interne. C’est une marque de grande faiblesse du front interne que de se taire devant une ingérence et dénoncer une autre, quand elle arrange ses petites affaires politiques. Et, il faudrait encore s’attendre, dans les prochains jours, à une autre avalanche de critiques à l’issue de l’organisation par le Parlement européen, ce jeudi 26 novembre, d’un débat en plénière portant sur « la détérioration de la situation des droits de l’Homme en Algérie », qui sera sanctionné par un vote en plénière.

    N’est-il pas temps de régler les violons sur une même note quand il s’agit de réagir aux ingérences étrangères ? Sinon, on ne serait pas plus avancé que des pays qui vivent de terribles épreuves en se blottissant sous les bras « protectrices » d’une ingérence ou d’une autre, selon les penchants des mains tendues. Ne sait-on pas que de la sorte, on ne changerait rien à l’estime réciproque entre les présidents algérien et français, on ne changerait pas sa volonté au président français de se rapprocher de l’Algérie dans ce qui porte intérêt à son pays, et qu’on ne ferait pas changer le vote du Parlement européen sur les libertés fondamentales, les droits de l’Homme en Algérie, sans nous changer nous-mêmes ?

    Le Quotidien d’Oran, 26 nov 2020

     

    Tags #Algérie #France #Ingérence #Macron 

  • Vidéo : En 1963, le roi du Maroc a demandé à l’Algérie de faire de Tindouf une base pour attaquer la Mauritanie

    A l’occasion de la décision de Hassan II et Mokhtar Ould Dadah d’envahir le territoire du Sahara Occidental, le défunt président Houari Boumediène est intervenu devant la Chambre de Députés algériens pour expliquer la position de son pays par rapport au conflit qui vient d’exploser à ses frontières avec l’ancienne colonie espagnole.

    Boumediène révéla que le roi Hassan II avait demandé à l’Algérie, en 1963, de lui permettre de faire de Tindouf une basse pour attaquer la Mauritanie. En échange, le Maroc proposait de reconnaître ses frontières avec l’Algérie.

    “J’étais parmi ceux qui se sont opposé à la proposition marocaine. Jamais je n’accepterai que cette trahison soit commise au nom de la Révolution algérienne”, a-t-il dit.

    “J’ai dit ces mots à Mokhtar dans la ville de Béchar. J’ai dit que la politique du trône vise à avaler toute la région. De même que nous avons refusé hier que Tindouf soit une base pour frapper la Mauritanie indépendante, aujourd’hui nous accepterons et ouvrirons nos bras aux femmes sahraouies, aux enfants sahraouis, aux vieillards sahraouis, qui sont massacrés et dont le sang a été versé au nom de la religion et au nom de la patrie”, a-t-il ajouté.
     
    “Il s’agit d’un peuple tout entier qui a échappé de l’enfer de la mort, du massacre, du bombardement avec des bombes de Napalm livrés par l’armée française à l’armée marocaine et qui ont été utilisées à Oum Dreiga”, précise-t-il.

    Tags : Mauritanie, Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Polisario, Mokhtar Ould Daddah, 

    #SaharaOccidental #Maroc #Mauritanie #Algérie

  • Algérie : Toufik, Tartag et Saïd Bouteflika seront rejugés

    Neuf mois après la condamnation en appel de Said Bouteflika, Atmane Tartag et le Général Toufik, ainsi que Louisa Hanoune, le procès va être refait. La décision a été prise hier par la Cour Suprême qui a renvoyé l’affaire à la Cour de justice militaire de Blida qui devra rejuger l’affaire avec un nouveau jury.

    Dans son verdict prononcé le 11 février dernier, le juge de la cour militaire de Blida avait prononcé une peine de 15 ans de prison ferme aussi bien à l’encontre de Saïd Bouteflika, conseiller et frère de l’ancien-président de la République, qu’à l’encontre de Mohamed Mediène, dit Toufik, et d’Athmane Tartag, dit Bachir, tous deux généraux à la retraite des services de renseignements et de sécurité et accusés de « complot contre l’Etat ». Louisa Hanoune, quant à elle, a été condamnée à trois ans de prison avec sursis, dont neuf mois de prison ferme qu’elle a purgés à la prison civile de Blida jusqu’à sa sortie le soir même du verdict.

    L’allègement de la peine de la secrétaire générale du PT est dû à la requalification des faits qui lui sont reprochés dans cette affaire de «faits commis dans une enceinte militaire et qualifiés par la loi de crimes de complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité militaire et de complot contre l’autorité de l’Etat», selon les termes du communiqué du tribunal militaire de Blida. En première instance, Louisa Hanoune a été condamnée, le 25 septembre 2019, à 15 ans de prison ferme. Mais après requalification des faits qui lui sont reprochés, passant de «crimes de complot (…)» à «non dénonciation d’une réunion suspecte» à laquelle elle était présente en compagnie de Saïd Bouteflika et du général Toufik, sa peine s’est vu allégée.

    «La majorité des membres de la chambre de conseil se sont prononcés contre les charges de «complot ayant pour but de porter atteinte à l’autorité militaire et de complot contre l’autorité de l’Etat». Ils se sont ensuite prononcés pour l’inculpation de Louisa Hanoune pour «non dénonciation d’une réunion suspecte», avait encore précisé la Cour militaire de Blida.

    En décidant de renvoyer l’affaire une seconde fois, la Cour Suprême reconnaît donc que les peines prononcées n’étaient pas à la hauteur des accusations. Cela peut s’expliquer également par des manquements à la procédure ou à l’apparition de nouveaux éléments dans l’enquête. Ce qui est certain, c’est que l’ensemble des prévenus ont fait appel du jugement de la Cour de justice militaire de Blida.

    Akli Ouali

    L’Est Républicain, 21 nov 2020

    Tags : Algérie, Toufik, Tartag, Saïd Bouteflika,

  • Maroc : Rabat à la portée des missiles algériens Iskander-E

    La possession par l’Algérie du missile russe Iskander-E n’est plus un secret depuis la publication par la télévision algérienne de son utilisation par l’ANP dans des manoeuvres militaires récentes.

    Selon la revue Military Watch Magazine, “le missile balistique Iskander possède une portée de 500 km, une grande précision, une grande maniabilité et sa trajectoire est difficile à prévoir pour les systèmes de défense”.

    Le magazine a rapporté que les forces armées algériennes possédaient le missile Iskander depuis plusieurs années.

    Selon plusieurs sources, L’Arménie et l’Algérie sont les seuls pays ayant, jusqu’à présent, acquis cette puissante arme caractérisée par l’efficacité et la grande précision de tir.

    En cas de conflagration régionale suite aux dernières provocations du Maroc, la capitale du royaume ne serait pas à l’abri de ces missiles et de ses capacités de destruction.

    Tags : #Maroc #Algérie #IskanderE #SaharaOccidental #Polisario

  • Algérie : La main pyromane débusquée

    19 PERSONNES ARRÊTÉES DANS UN RÉSEAU AUX RAMIFICATIONS INTERNATIONALES DERRIERE LES FEUX DE GOURAYA, À TIPASA : La main pyromane débusquée

    Les conclusions de l’enquête sur les incendies de forêt survenu durant la nuit du 6 au 7 novembre dernier, à Gouraya dans la wilaya de Tipasa en particulier, ont été rendues publiques hier par le procureur de la République près le tribunal de Cherchell, Kamel Chenoufi, à savoir :

    D’abord, ce qui était un doute dans la piste privilégiée par l’enquête s’est avéré être effectivement un acte criminel commis délibérément par un groupe d’action qui a mis le feu aux poudres et agissant à l’instigation d’individus résidents à l’étranger. Autrement, les incendies de Gouraya étaient prémédités par ce réseau criminel qui allait provoquer le chaos.

    Cette enquête a été confiée aux deux brigades de la Gendarmerie nationale de Gouraya et de Cherchell en coordonation avec la Police judiciaire et la Sûreté de la wilaya de Tipasa.
    Un total de 19 suspects ont été arrêtés et mis à la disposition de la justice pour la poursuite de l’enquête judiciaire. Après les premières investigations, le procureur de la République a ordonné les services de sécurité d’arrêter les personnes suspectées pour acte criminel délibéré. Au terme des conclusions des investigations, il a été constaté que les incendies, ont le propre d’un réseau national qui dispose de ramifications complices à l’étranger.

    Selon les explications données hier, en conférence de presse, par le Procureur, Kamel Chenoufi, ce réseau est scindé en quatre groupes. Le premier est composé de trois personnes, dont les motivations déterminées ont conclu qu’elles ont volontairement mis le feu dans la forêt de Gouraya dans le but de déstabiliser l’Algérie et l’ordre public. Ces personnes ont agis à l’instigation d’individus se trouvant à l’intérieur comme à l’extérieur du pays. Pour accomplir leur méfait, les pyromanes ont utilisé des bouteilles de gaz butane et dont les actes ont été pris en photo par les criminels eux-mêmes. Des téléphones portables ont été également saisis auprès des 19 suspects, dont un appareil a été débusqué grâce aux recherches de la police dans un lieu gardé secret par le suspect, comme expliqué par le Procureur. Dans les mêmes lieux, des documents de nature administrative ont été également récupérés. Les investigations ont permis aussi de découvrir des échanges de messages (sms) sur les téléphones portables des suspects. Ces derniers étaient en contact avec leur commanditaire à l’extérieur du pays comme l’a révélé la PJ dans la recherche des signes de traçabilité des échanges entre les deux parties.

    L’un des suspects en question a été identifié lui qui procédaient à un transfert illicite d’argent en devise via Western-union. Pour la deuxième catégorie, elle est composée de huit membres. Ce sont eux qui ont mis le feu pour provoquer les dégâts sur les biens publics et particuliers causant la mort de deux personnes et la blessure de plusieurs autres citoyens.

    Quant à la troisième, elle est composée de cinq membres, lesquels ont délibérément mis le feu à leurs maisons pour … aspirer à des aides de l’Éat. Autrement, des escrocs qui allaient passer pour des victimes des incendies.

    Le quatrième groupe était composé par des semeurs de troubles qui, profitant de la situation, ont agis sur les réseaux sociaux pour appeler les citoyens à la révolte et à l’attroupement dans le but de déstabiliser l’ordre public.

    Il va sans dire que ces instigateurs qui ont voulu mettre le feu aux poudres ont fait appel à une campagne d’intox sur internet à l’effet de provoquer le chao.

    Au titre des poursuites judiciaires engagées pour acte criminel, les trois premiers groupes sont accusés de « destruction de biens, atteinte à la sécurité publique et mise à feu provoquant destruction de biens publics et d’autrui et mort de personnes. Le quatrième groupe a été accusé d’incitation à attroupement à l’effet que les citoyens investissent les administrations publiques pour créer une situation d’anarchie. Toutes les personnes arrêtées sont déférées devant le juge enquêteur pour la poursuite des investigations liées à cette affaire criminelle. Elles sont mises sous mandat de dépôt alors que des complices sont en fuite à l’intérieur (2 personnes) comme à l’extérieur (4 personnes) du pays. Ces instigateurs sont accusés de complot contre l’État.
    Farid Guellil

    Le Courrier d’Algérie, 17 nov 2020

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