Author: xnalgrtayache58

  • Sahara Occidental : Des pays amis de la RASD au Conseil de sécurité

    LA QUESTION DU SAHARA OCCIDENTAL AU CŒUR DE L’AGENDA 2021 : Des pays amis de la RASD au Conseil de sécurité 

    Au moins quatre pays amis du peuple sahraoui ont rejoint le Conseil de sécurité de l’ONU en tant que membres non permanents, à compter du 1er janvier 2021. Cette année, la question du Sahara occidental devrait être l’une des principales priorités du travail de ces pays au cours des deux prochaines années.
    D’autant que la décision du président sortant Trump de reconnaitre la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental contrairement aux principes de l’Onu, si elle n’est pas annulée par le président élu Joe Biden, va rendre très inconfortable la position des Etats-Unis au Conseil de sécurité et leur droit de veto et pas seulement sur la question sahraouie ou ils se sont complètement discrédités. Le Mexique qui reconnait la Rasd depuis 1979 et entretient des relations diplomatiques au niveau des ambassadeurs, le Kenya, qui a reconnu la RASD depuis 2005, et entretient également des relations diplomatiques avec la RASD au niveau des ambassadeurs, font leur entrée au conseil de sécurité et vont s’activer pour faire bouger le conseil dont les efforts ont été entravés pour faire appliquer ses propres résolutions par l’allié inconditionnel de Rabat, la France.
    La Norvège est un autre pays ami du Sahara occidental qui vient de rejoindre le Conseil de sécurité de l’ONU. Ce pays scandinave, bien qu’il ne reconnaisse pas la RASD, maintient une position ferme de soutien à la lutte du peuple sahraoui et se montre très solidaire avec son combat pour son indépendance. Ce pays européen contribue dans les instances internationales aux efforts pour une solution garantissant le droit des Sahraouis à l’autodétermination et à l’indépendance. Enfin, l’Irlande, quatrième pays ami du Sahara occidental qui fait également partie du Conseil de sécurité depuis le 1er janvier, s’est toujours montré d’une solidarité sans faille avec les sahraouis. Malgré le lobbying marocain Dublin est restée ferme dans sa position de soutien à la lutte du peuple sahraoui. Le Mexique, pays influent d’Amérique centrale a officiellement annoncé, dans une lettre adressée à l’ONU, sa position sur les questions de décolonisation dans le monde, soulignant la priorité de l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental par lequel le peuple sahraoui pourra exercer son droit inaliénable à l’autodétermination. Dans sa lettre le Mexique rappelle que l’ONU a un rôle fondamental dans les processus de décolonisation. Il appuie les efforts visant à parvenir à une solution juste et durable du conflit au Sahara occidental, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité et de l’Assemblée générale qui stipulent la garantie du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination par l’organisation d’un référendum pour déterminer l’avenir du territoire. Le Mexique appuie également les efforts visant à élargir la mission de la MINURSO pour y inclure la surveillance des droits de l’homme au Sahara occidental. De son côté, le Kenya, qui présidera le Conseil de sécurité de l’ONU en octobre prochain, et les débats annuels pour prolonger le mandat de la MINURSO, considère que le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination est inaliénable.
    Le président du Kenya, Uhuru Kenyatta, à l’occasion du 44ème anniversaire de la proclamation de la RASD, a renouvelé la position solide de son pays en faveur de la lutte du peuple sahraoui pour l’autodétermination. Dans un message à son homologue sahraoui Brahim Ghali, le président kényan a exprimé sa satisfaction quant au « niveau des relations fraternelles entre les deux pays, soulignant à cet égard son aspiration à renforcer davantage ces relations conformément aux principes de l’Union africaine.
    Pour ce qui est de la Norvège, la chef de la diplomatie norvégienne a clairement indiqué que la position de son pays sur la question du Sahara occidental ne sera pas affectée par l’annonce du président Trump de reconnaître la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental.
    «La position de la Norvège sur la question du Sahara occidental a été cohérente au fil des ans et n’a pas été affectée par les événements récents sur le terrain, ni par l’annonce récente de Trump selon laquelle il proposerait une solution politique conforme aux décisions pertinentes prises par le Conseil de sécurité des Nations unies. »
    Selon la chef de la diplomatie norvégienne, Oslo soutient le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui et les initiatives qui pourraient amener les deux parties, le Maroc et le Front Polisario, à la table des négociations, demandant en même temps au secrétaire général de l’ONU de désigner un nouvel envoyé dans les plus brefs délais. Ce que le SG, dont la position sur la question du Sahara occidental est de plus en plus critiquée, tarde à faire.
    La Norvège souligne la nécessité d’aller de l’avant en créant une nouvelle dynamique et en renforçant la confiance dans la voie des négociations menées par l’ONU au Sahara occidental.
    M. Bendib 
    #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #WesternSahara  #Maroc #Morocco #DonaldTrump #Israel
  • Tunisia Becomes First Foreign Customer For Turkish Anka UAV

    Tunisia is to be the first foreign customer for Turkish Aerospace’s (TAI) Anka medium-altitude, long-endurance unmanned air system. The North African state is buying a trio of Anka-S platforms as part of a $150 million package of arms from…

    Read more from the source : Aviation week network

     

     

     

     

    Tags : Tunisia, aviation, Turkey,

  • Sahara Occidental : la normalisation marocaine avec Israël contre le soutien américain (Mustafa Bakhouche)

    Mustafa Bakhouche, professeur en sciences politiques à l’Université Mohamed-Khider de Biskra, estime que la décision du Front Polisario de revenir à la lutte armée n’est pas une déclaration de guerre, mais plutôt une recherche de la paix à travers la relance du processus du règlement international bloquée. Dans cette interview, il souligne que les positions de certains États du Golfe d’ouvrir des« consulats vides »dans les terres désertiques occupées ne sont pas fondées sur des principes et n’ont pas une relation directe avec la question du Sahara occidental, mais plutôt un rôle joué par des États fonctionnels chargés de faire la promotion du projet américain appelé «la transaction du siècle» et la normalisation avec Israël.

    Il ne fait aucun doute que l’impasse dans laquelle se trouve la question du Sahara Occidental tient au fait qu’elle se limite à deux solutions contradictoires. Une logique fondée sur le principe du droit à l’autodétermination adopté par les Nations unies sans pouvoir l’imposer, et une approche marocaine basée sur le maintien du Sahara occidental sous sa souveraineté tout en proposant l’autonomie aux Sahraouis.
    L’ancien secrétaire d’État américain et envoyé onusien à la région, James Baker, a proposé de donner l’autonomie tout en organisant un référendum d’autodétermination, mais le Maroc a rejeté cette solution. Le royaume a œuvré, depuis, pour imposer sa logique sur un fait accompli, qui a abouti, après des années de tergiversations, à un retour au langage de la guerre.
    Le Front Polisario a décidé, en effet, de suspendre son engagement en faveur de l’accord de cessez-le-feu avec le Maroc. La guerre est-elle le début d’une solution à un conflit prolongé?
    Dans le passé, on disait : «Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre». En raison des tergiversations marocaines et d’une stratégie visant à gagner du temps pour imposer une nouvelle réalité sur le terrain qui change la situation socio-économique et démographique conformément à sa vision, il semble que le Front Polisario est aujourd’hui convaincu que parier sur la voie diplomatique chancelante ne suffit pas.
    C’est pourquoi, le choix sahraoui de reprendre le chemin de la lutte armée, ne signifie, en aucune façon un va-t-en guerre, mais une recherche vers la paix en relançant la voie du règlement international qui stagne depuis 1991. Depuis, le Maroc ne cesse de fabriquer de faux problèmes de procédure dans le but de perturber la tenue du référendum. Parmi ces faux problèmes, celui relatif, particulièrement, à la question de la détermination de l’identité des Sahraouis qui ont le droit de participer au référendum. Le Front Polisario veut, par sa décision de mettre fin à l’accord de cessez-le-feu, envoyer des signaux d’alerte à la communauté internationale sur le sort du processus référendaire et les conséquences qui menacent la sécurité et la stabilité non seulement de la région, mais pouvant aller au-delà pour s’étendre au nord de la Méditerranée, au Sahel et au sud du Sahara, des régions déjà fragilisées et vivant de nombreuses perturbations.
    Comment expliquez-vous la position de certains pays du Golfe, notamment les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn ?
    Votre question me conduit à faire référence à un certain nombre d’étranges paradoxes que la région connaît en raison de l’état de bouleversement du système international, ce que les spécialistes des relations internationales appellent le phénomène de transfert et de transformation du pouvoir. D’une force dominante en déclin, dont la force relative diminue progressivement et qui veut continuer à exercer une influence et une force révisionniste en quête de reconnaissance sur la scène internationale. Cette force cherche à dominer et à exercer une influence proportionnelle à sa puissance croissante. Au cours de cette période de transformation et de transition, un vide apparaît et toutes les puissances internationales et régionales essaient d’en profiter pour se repositionner dans la nouvelle phase, et au milieu de celle-ci, nous pouvons être témoins de situations étranges qui ne reflètent ni ne respectent les relations de pouvoir.
    C’est exactement ce que vit la région du Moyen-Orient et celle de l’Afrique du Nord. En raison du retrait des puissances régionales traditionnelles influentes et en raison de considérations liées à la tourmente du système international et aux conséquences du soi-disant «Printemps arabe» (Égypte, Iraq, Libye, Syrie), des pays ne possédant pas les éléments nécessaires de la puissance ont fait surface et essaient de jouer des rôles « fonctionnels » beaucoup plus grands que leur taille.
    Voici le paradoxe lorsque ces pays deviennent des décideurs du sort de la région à travers leurs interventions (financement) dans des pays (Libye, Syrie, Yémen, …) aux dépens des pays pivots de la région.
    En liant votre question à cette idée de bouleversement international et au vide de pouvoir qui en résulte dans la région, je fais référence aux mouvements de l’entité sioniste. Profitant des récentes percées qu’elle a réalisées dans la région du Golfe, à travers les portières des Emirats et de Bahreïn, cette entité parie sur le repositionnement en réorganisant ses relations avec les pays de la région, d’une manière qui réponde à ses aspirations pour les intégrer dans son environnement.
    L’Objectif, à travers ces manœuvres, est de se transformer en leader qui commande les efforts internationaux dans la lutte contre le terrorisme, selon sa vision, et, partant, contrecarrer la menace iranienne et l’expansion turque.
    C’est ce qu’il essaie d’accomplir pratiquement sur le terrain, après avoir réussi à persuader l’Administration américaine d’adopter l’Accord du siècle, qui à son tour a poussé certaines forces fonctionnelles de la région à le commercialiser et à le promouvoir. Le Maroc a trouvé dans cette atmosphère ce qui lui permet de pratiquer une sorte de troc et même de chantage sur la question du Sahara occidental, surtout après que l’Algérie ait déclaré explicitement par la voix du président Abdelmadjid Tebboune, lui-même, de rejeter ce qu’il a appelé la ruée vers la normalisation.
    En échange de son soutien à la position marocaine, qui a pris de nombreuses formes, dont l’ouverture de consulats dans la ville occupée d’El-Ayoun (qui, soit dit en passant, est un comportement illégal qui viole le droit international et les traditions diplomatiques), le Maroc est prêt à normaliser et à reconnaître Israël.
    Par conséquent, je pense que les positions de ces pays ne sont pas fondées sur des principes et n’ont rien à voir directement avec la question du Sahara occidental, mais plutôt des pays chargés de commercialiser le projet de l’Accord du siècle et la voie de la normalisation.
    Qu’est-ce qui a rendu la position américaine hésitante, contrairement à la position française?*
    La position officielle déclarée par les États-Unis est conforme à la légitimité internationale et au droit international et soutient le processus de règlement des Nations unies. Cela dit, la recherche d’une explication sur le manque de sérieux de la position américaine vis-à-vis de la question saharienne, nous mène à souligner :
    Que le Maroc est considéré comme un allié traditionnel des États-Unis depuis l’époque de la guerre froide. Les États-Unis considéraient le conflit du Sahara comme une forme de guerre par procuration.
    Que les États-Unis ont passé la main sur la question du Sahara au profit de leur allié de l’Atlantique Ouest, la France.
    Que le conflit du Sahara Occidental n’est pas une priorité pour le pouvoir américain, compte tenu de l’ampleur de ses intérêts, surtout après la fin de la guerre froide et le recul des considérations stratégiques.
    Que ce qui distingue la prise de décision américaine, c’est le rôle des lobbies et des groupes de pression capables de l’influencer.
    Par conséquent, les États-Unis s’appuient sur «la politique de l’ambiguïté» dans leur position pour s’assurer des bonnes relations avec toutes les parties impliquées dans le conflit, directement ou indirectement…
    L’un des pays touchés par le conflit est peut-être la Mauritanie, à laquelle l’option de la neutralité positive a été imposée. Ni pour ni contre ?
    La vérité est que la position mauritanienne reflète la complexité de la question sahraouie. Pour pouvoir la comprendre, il faut revenir un peu en arrière. Il faut souligner, d’emblée, que les revendications territoriales du Maroc reflètent sa tendance expansionniste car elles ne se limitent pas au territoire du Sahara occidental mais s’étendent à la Mauritanie et à une partie du territoire algérien, en plus de Ceuta et Melilla, qui sont toujours sous souveraineté espagnole.
    En raison de cette tendance expansionniste, la reconnaissance par le Maroc de l’indépendance de la Mauritanie a été retardée de neuf années entières (la Mauritanie a obtenu son indépendance en 1960 et la reconnaissance du Maroc a eu lieu en 1969).
    Pour la même raison, le Maroc a attaqué l’Algérie et une guerre a éclaté entre les deux pays en 1963 (la guerre des sables).
    Je note également que la position mauritanienne s’est développée positivement et est passée des revendications portant sur «la mauritanité» du Sahara, parallèlement aux revendications marocaines, au retrait du conflit, en déclarant la neutralité.
    La position mauritanienne peut être comprise et justifiée en regardant la fragilité de ce pays, sa rareté de ressources et ses faibles capacités, d’une part, et, d’autre part, son empressement à se prémunir des ambitions marocaines à son égard.
    Si l’accord tripartite de Madrid du 14 novembre 1975 entre la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne prévoyait le partage du Sahara entre le Maroc et la Mauritanie, selon lequel le Maroc acquerrait la région d’Oued Ed-Dahab et la Mauritanie acquerrait la région de Sakia El Hamra tout en assurant la protection des intérêts espagnols dans la région, la Mauritanie, sous la pression des coûts exorbitants du conflit, s’est retirée de la partie qui devait être occupée par les forces marocaines. Depuis, la Mauritanie a maintenu une position de neutralité pour assurer des relations acceptables avec toutes les parties en conflit.
    Envisagez-vous l’existence de solutions autres que celles présentées actuellement : le droit à l’autodétermination ou l’autonomie ?
    En ce qui concerne la solution du conflit, deux visions s’opposent. La première est celle de la légitimité internationale et du droit international qui a inclus la question du Sahara occidental depuis 1963 dans la liste des Nations unies des territoires non indépendants auxquels le droit à l’autodétermination n’a pas été accordé. Et elle ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. La solution, selon cette vision, passe par l’organisation d’un référendum d’autodétermination. C’est d’ailleurs, une démarche acceptée par le Maroc en 1991, avant de se rétracter en reniant ses engagements internationaux.
    La deuxième vision consiste à conférer aux Sahraouis une large autonomie. A travers cette idée, le Maroc cherche à contourner l’organisation du référendum et garantir «une intégrité territoriale non reconnue par la communauté internationale.
    La réalité a prouvé, au fil du temps, que les deux visions sont inconciliables. C’est pourquoi, il est urgent de réagir en dehors du discours dominant et loin des deux visions, d’une manière qui permette l’élaboration d’une feuille de route viable qui prenne en compte les droits du peuple sahraoui et réponde aux intérêts et aspirations de tous les peuples de la région dans un processus d’intégration vers la construction d’un Maghreb de sécurité et de prospérité. C’est dans ce sens que devraient intervenir les think tanks, les élites, les universitaires et les chercheurs de la région, notamment en Algérie, au Maroc et en Mauritanie. Mon souhait est qu’ils se libèrent de la dépendance liée aux natures clientélistes des régimes politiques, dans leur traitement de la question du Sahara occidental. Je pense, qu’aujourd’hui, nous devons jeter une pierre dans nos eaux stagnantes pour assurer son mouvement, en pensant aux relations entrelacées et au dépassement des calculs des régimes en faveur d’un espace maghrébin basé sur les valeurs de justice et de liberté et qui garantissent l’intégration et des efforts concertés pour que nous soyons tous libérés de la peur, du besoin et du sous-développement .
    Que représente le Sahara occidental pour l’Algérie du point de vue géostratégique ?
    Permettez-moi de préciser ici et d’une manière catégorique, que la position algérienne est dictée par des principes qui n’ont rien à voir avec les calculs de profits ou pertes, ou même par des considérations géostratégiques. L’Algérie, qui a obtenu son indépendance grâce à l’application du principe du droit à l’autodétermination après une lutte acharnée contre le colonialisme français, est très sensible aux questions de décolonisation qu’elle considère comme des questions justes. Par conséquent, l’Algérie a soutenu tous les mouvements de libération dans le monde indépendamment de leur appartenance religieuse ou ethnique ou de leur situation géographique avant même leur indépendance. Il suffit ici de signaler, par exemple, que le chef militant contre l’apartheid, le Sud-Africain Nelson Mandela a bénéficié d’un entraînement militaire en Algérie par les soins des révolutionnaires algériens de l’Armée de libération nationale. C’est pourquoi l’Algérie est connue sous le nom de la Mecque des révolutionnaires. L’enjeu n’est donc pas lié aux calculs stratégiques ou aux ambitions territoriales : l’Algérie, Dieu soit loué, a la taille d’un continent et dispose de suffisamment de ressources. Ce n’est qu’une question de principes.
    Comment voyez-vous ce que devrait être la position algérienne ?
    En fait, cette question m’a été posée à plusieurs reprises. Et parce que je suis convaincu du rôle pivot que peut jouer l’Algérie, compte tenu de la position qu’elle occupe (l’Algérie est le cœur du Maghreb arabe) et compte tenu de son équilibre révolutionnaire, ma réponse a donc toujours été la même, ce que je vais répéter ici. Mais avant cela, je dois d’abord souligner que l’Algérie n’a jamais été partie prenante au conflit et qu’elle l’a exprimé à maintes reprises. Sa position est fondée sur le respect des principes du droit international et de la légitimité internationale, qui affirme le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le principe de la préservation des frontières héritées de la colonisation. Deux principes les plus importants que l’Algérie a défendus pour instaurer la stabilité et la paix en Afrique et dans toutes les régions du monde qui ont connu le phénomène colonial, notamment en Asie et en Amérique latine.
    Je crois que l’Algérie a une responsabilité morale et historique à l’égard de la question saharienne en référence, d’abord, à l’héritage de la glorieuse révolution de novembre qui a permis aux Algériens de se libérer du colonialisme français. Le processus de libération a soumis à la volonté du peuple algérien d’organiser un référendum sur l’autodétermination qui a débouché sur l’indépendance de l’Algérie. Ensuite, en vertu des relations de proximité et de voisinage et de fraternité qui nous unissent avec les deux peuples frères, marocain et sahraoui, l’Algérie doit aller au-delà des approches traditionnelles qui prévalent aujourd’hui et penser à de nouvelles méthodes qui permettent de transformer la question du Sahara occidental en un processus d’intégration qui dépasse la logique des régimes en faveur de la logique aspirée des peuples. Cela se fait en réfléchissant à des solutions innovantes et originales pour relancer de nouvelles voies qui garantissent les droits de tous les peuples de la région et permettent à leurs intérêts d’être interconnectés de manière à créer une nouvelle construction basée sur un nouveau concept d’intérêts qui transcende les loyautés et affiliations étroites.
    L’Algérie, de par sa situation géographique et son poids, doit se présenter comme un facilitateur pour développer une nouvelle approche qui permette l’émergence d’un nouveau régime maghrébin qui contourne l’état d’obstruction, de blocage et de désaccords stériles, pour ouvrir la voie à celle d’une intégration dans laquelle tous les peuples de la région bénéficient de manière juste et équitable. La justesse de l’approche algérienne pour la résolution de ce conflit, qui n’a que trop duré, réside dans l’affirmation qu’une solution juste et acceptable au conflit passe inévitablement par le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
    Entretien réalisé par Fayçal Bakhouche et Mohamed Bouazdia
    *L’entretien a été réalisé avant la dernière déclaration du président américain, Donald Trump
    La Nation, 13 déc 2020
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, ONU, 
  • Sahara occidental : Appels à la levée des entraves

    Les appels à la reconnaissance de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), se font de plus en plus nombreux, mettant à nu les manœuvres qui entravent l’aboutissement de ce processus.

    Pour bon nombre de capitales, il est temps que la communauté internationale et les Nations unies interviennent pour permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et à l’indépendance dans un référendum. Le gouvernement sahraoui ne cesse de rappeler qu’il n’est guère contre les solutions pacifiques, mais conditionne son retour à la table des négociations avec le Maroc à la reconnaissance par ce dernier du Sahara occidental en tant qu’Etat souverain membre à part entière de l’Union africaine (UA).
    A l’échelle internationale les avis sont quasi unanimes. Le dernier appel en date est celui du parti des Verts en Suède qui estime que le gouvernement suédois doit reconnaître la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Il a, à l’occasion, critiqué la «position faible» de l’Union européenne à l’égard du conflit au Sahara occidental. «Le Parti Vert veut que la Suède reconnaisse le Sahara occidental en tant qu’Etat. La reconnaissance suédoise adressera un signal important et clair à la communauté internationale et aux mouvements de libération qui croient en la paix et le développement démocratique dans la région», souligne la porte-parole officielle du parti des Verts suédois pour les affaires de politique étrangère, Mme Janine Alm Eriksson, dans un article conjoint avec la porte-parole officielle de la jeunesse du parti Vert, Aida Badili.
    Les deux responsables ont vivement critiqué les obstacles dressés par le président américain sortant, Donald Trump, aux efforts de paix au Sahara occidental, à travers sa reconnaissance «irresponsable et illégitime» de la prétendue souveraineté du Maroc sur le territoire occupé, dans cet article relayé dimanche par l’agence de presse sahraouie (SPS). «Le fait que le Président américain sortant utilise maintenant ses derniers jours au pouvoir pour mettre fin à un processus de paix qui est déjà dans l’impasse, est extrêmement inacceptable et irresponsable, mais c’est aussi une position qui montre qu’il est du devoir de la communauté internationale d’agir pour résoudre le conflit», écrivent les deux responsables du parti écologiste dans leur article. Pour ces deux porte-parole, l’annonce de Trump, faite le 10 décembre, relative à la question sahraouie, «menace des vies humaines et constitue une position irresponsable du Président américain, car elle peut causer de graves dommages et prolonger des décennies de conflit et d’occupation…». Les deux responsables estiment, dans le même contexte, que la solution logique au conflit est «le retrait du Maroc du Sahara occidental et la fin du conflit par la reconnaissance internationale de la RASD». S’agissant des récents événements survenus dans la zone tampon à El Guerguerat, dans le sud-ouest du Sahara occidental, après l’agression marocaine le 13 novembre dernier contre des civils sahraouis, Mmes Badili et Eriksson ont déploré le fait que le cessez-le-feu de 30 ans entre le Maroc et le Front Polisario qui devait aboutir à l’indépendance du Sahara occidental «a été violé lorsque l’occupant a attaqué des manifestants (pacifiques)» dans la région. «Les actions du Maroc constituent une violation grave de l’accord de cessez-le-feu, par ce comportement, la sécurité et la stabilité de la région sont en danger et il devient nécessaire de faire la lumière sur une solution à long terme qui rétablirait le droit des Sahraouis à leur patrie». Les deux responsables ont critiqué la «position faible» de l’Union européenne à l’égard du conflit au Sahara occidental, occupé depuis 1975. «Il faut mettre fin à l’occupation, le peuple du Sahara occidental a le droit de jouir de la liberté et de l’autodétermination, et la communauté internationale a le devoir d’intervenir – et non d’entraver le processus», concluent-elles.
    Sud Horizons, 5 jan 2021
    #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #WesternSahara  #Maroc #Morocco #DonaldTrump #Israel
  • Tunisia supports sending monitors for Libya’s ceasefire

    Tunisia, the current president of the UN Security Council, called Monday for a resolution sending international monitors to support Libya’s brittle ceasefire to be adopted as soon as possible. “We hope that it will be adopted as soon as possible” because “there is a momentum, yet it’s a little bit…

    Read more from the source : ManilaStandard.net

     

     

     

     

    Tags : Tunisia, Libya, ceasefire,

  • The Libyan Conflict: Turkey Flexing its Muscles

    When the Libyan conflict started shortly after the assassination of former President of Libya Muammar Muhammad Abu Minyar al-Gaddafi, it was difficult to foresee this act of violence turning into…

    Read more from the source : Friedrich Naumann Foundation For Freedom

     

     

     

     

     

    Tags : Libya, Turkey,

  • Visite d’une délégation gouvernementale algérienne en Mauritanie

    Une délégation ministérielle algérienne arrive à Nouakchott pour soutenir les efforts de notre pays face à la pandémie du Covid-19

    Une délégation ministérielle algérienne, conduite par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière du gouvernement algérien, M. Abderrahmane Benbouzid, et le ministre délégué auprès du ministre de la Santé, en charge de la Réforme hospitalière, M. Ismail Mesbah, est arrivée aujourd’hui, lundi matin, à Nouakchott, comprenant une mission médicale du Haut Comité d’observation et de suivi du Covid-19 en Algérie, en plus de nombreux médecins et techniciens.

    En outre, d’importantes quantités d’assistance médicale, la délégation vise à soutenir le personnel médical national dans ses efforts visant à réduire les répercussions de la deuxième vague de la pandémie du Covid-19.

    La délégation a été reçue à l’aéroport international de Nouakchott Oumtounsy par le ministre de la Santé, M. Mohamed Nedhirou Ould Hamed, qui a exprimé où le gouvernement et le peuple mauritaniens ont remercié les dirigeants et le peuple algériens, le personnel de santé et les membres du Conseil scientifique pour le suivi et le suivi de la pandémie pour leur coopération constructive dans cette situation particulière.

    Le ministre a souligné que les relations entre les deux peuples frères sont profondes et multidimensionnelles, de sorte qu’elles servent de cadre à la coopération bilatérale en matière de santé, louant la remarquable présence algérienne pendant la pandémie, soulignant la qualité et la profondeur des échanges d’expériences et l’intensité de la coopération bilatérale pour lutter contre la pandémie.

    Le Ministre algérien de la Santé et de la Réforme hospitalière, M. Abderrahmane Benbouzid, a souligné que l’aide vient en réponse aux instructions directes du Président algérien, Son Excellence M. Abdelmadjid Tebboune, soulignant la nécessité de l’action bilatérale et des échanges de points de vue et d’expériences sur la pandémie.

    Le ministre de la Santé tient une session de travail avec la délégation ministérielle algérienne

    Le ministre mauritanien de la Santé, M. Nedhirou Ould Hamed, a tenu, lundi à Nouakchott, une session de travail avec le ministre algérien de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière M. Abderrahmane Benbouzid et le ministre délégué en charge de la Réforme hospitalière, M. Ismail Mesbah.

    La séance, à laquelle ont assisté des médecins, des spécialistes et des techniciens des deux côtés, a abordé divers sujets médicaux afin de contribuer à réduire la propagation de la pandémie de Corona dans les deux pays.

    Le Directeur de la santé publique, M. Sidi Ould Zahaf, a fait une présentation sur la situation épidémiologique en Mauritanie. Les interventions des participants se sont poursuivies, selon les domaines respectifs de chacun, de sorte que les deux parties ont échangé les points de vue afin de bénéficier des expériences mutuelles.

    Un groupe de médecins, de techniciens et de fonctionnaires des ministères de la Santé des deux pays ont participé à la réunion.

    Le Premier ministre reçoit une délégation du gouvernement algérien

    Le Premier Ministre, M. Mohamed Ould Bilal, a reçu, lundi soir, à Nouakchott, une délégation du gouvernement algérien, dirigée par le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, le Dr Abderrahmane Benbouzid.

    La réunion a examiné les relations de coopération entre les deux pays frères et les moyens de les renforcer et de les développer dans divers domaines.

    A l’issue de la réunion, le Ministre algérien de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière a déclaré à l’Agence Mauritanienne d’Information: « Nous avons été très honorés d’être reçus par Son Excellence le Premier ministre de la République Islamique de Mauritanie avec mon collègue et frère, le ministre délégué à la réforme hospitalière, et notre ambassadeur accrédité en Mauritanie. La réunion fut l’occasion de parler des questions de santé et Son Excellence le Premier ministre s’est félicité de cette réunion, et a souligné l’importance de la coopération entre les deux pays à l’avenir ».

    Il a ajouté que l’équipe médicale et les membres du comité scientifique algérien travailleront avec les équipes médicales mauritaniennes pour échanger leurs points de vue, en particulier dans le domaine de la lutte contre la pandémie du Covid 19.

    « L’avenir de la coopération entre les deux pays sera prometteur, ce sont les recommandations et les instructions du Président de la République et du Premier ministre avant notre arrivée dans notre pays frère », a-t-il dit.

    La réunion s’est déroulée en présence du Ministre de la Santé, M. Mohamed Nedhirou Ould Hamed, du directeur de cabinet du Premier ministre, M. Sidi Ould Moulay Zeine et du conseiller du Premier ministre en charge des affaires sociales, M. Ba Ampathé.

    La délégation du gouvernement algérien a achevé lundi soir la visite de travail d’une journée qu’elle effectuait dans notre pays.

    Au cours de cette visite, cette délégation a rencontré le Premier ministre, M. Mohamed Ould Bilal, et le ministre de la Santé, M. Mohamed Nedhirou Hamed, sur le renforcement de la coopération entre les deux pays frères, en particulier face à la propagation de la pandémie Covid-19.

    La délégation algérienne, qui comprenait le ministre de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Dr Abderrahmane Ben Bouzid, et le ministre délégué en charge de la Réforme hospitalière, M. Ismail Mesbah, a été saluée à son départ de l’aéroport international Oumtounsy de par le ministre de la Santé, Dr Mohamed Nadhirou Hamed, et l’Ambassadeur d’Algérie accrédité dans notre pays, S.E.M. Noureddine Khandoudi.

    Source : AMI, 4 jan 2021

    Tags : Mauritanie, Algérie, covid 19, coronavirus,

  • Dans l’ombre, Youssouf Ouedraogo, ancien MAE burkinabé, roulait pour le Maroc

    Certains anciens responsables burkinabés ne font pas honneur à leur pays. Loin des projecteurs, ils adoptent des comportements néfastes que la morale condamne. C’est le cas de Youssouf Ouedraogo, ancien ministre des affaires étrangères, puis premier conseiller du Président de la Banque Africaine de Développement. Grâce aux documents confidentiels de la DGED nous avons découvert comment, guidé par son avarice et son goût prononcé pour l’argent, est devenu un fidèle agent des services secrets marocains.

    En effet, des documents relevés dans le courrier de Mourad El Ghoul, directeur de cabinet de Yassine Mansouri, patron de la DGED, l’accusent de compromission avec les espions marocains.

    Ouedraogo s’est avéré être un habitué du Maroc, où il a effectué plusieurs séjours touristiques gracieusement payés par la DGED, le service de renseignement extérieur de Mohammed VI. Il recevait aussi des commissions.

    Le cas de Youssouf Ouedraogo est une raison plus que suffisante pour se poser la question : Combien sont-ils ces responsables et personnalités burkinabés qui, tapis dans l’ombre, s’adonnent à des activités d’espionnage pour le compte de la DGED? Malheureusement, ce genre de haute trahison a encore de beaux jours au Burkina Faso vu l’état de déliquescence des institutions de ce pays.

    Le Burkina Faso, terre des hommes libres ou terre des … ripoux?

    Tags : Maroc, DGED, Burkina Faso, Youssouf Ouedraogo, corruption, Banque Africaine de Développement,



  • Retour du Président Tebboune : La diplomatie algérienne fait son come-back

    GALVANISÉE PAR LE RETOUR AU PAYS DU PRÉSIDENT TEBBOUNE : La diplomatie algérienne fait son come-back

    La diplomatie algérienne va passer, dans les prochains jours, à la vitesse supérieure pour faire face aux défis qui se posent au pays et aux menaces potentielles qui pointent à ses frontières. La normalisation des relations diplomatiques du Maroc avec l’entité sioniste, la crise libyenne, la violation du cessez-le feu au Sahara occidental par l’armée marocaine ou encore la situation au Mali, seront autant de dossiers que devra traiter le ministre des affaires étrangères Sabri Boukadoum.

    Le retour du président de la République au pays devra en principe donner un coup de starter à un véritable plan de relance de la diplomatie algérienne, aussi bien à l’échelle régionale que mondiale. Le rôle de l’Algérie dans le concert mondial a reculé ces dernières années en raison de la situation que connaissait le pays et en raison d’une approche par l’ancien président, qualifiée de gauche par de nombreux observateurs. Il y a quelques années, le ministère des Affaires étrangères était flanqué de secrétariats d’État (aux affaires maghrébines entre autres), qui avaient créé une confusion dans son action.

    Le président de la République qui a exprimé sa volonté de redonner à la diplomatie toute son efficacité pour mieux défendre les intérêts du pays dans le concert mondial, semble avoir défini les priorités que devra prendre en charge, dans les prochains jours, M. Sabri Boukadoum. M. Tebboune avait indiqué, dans son dernier message vidéo, publié sur Twitter, que l’Algérie suivait de près l’évolution de la situation dans la région et qu’elle n’a pas été prise de court par la normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël, qu’elle considérait comme l’aboutissement d‘un processus engagé depuis longtemps. Il a également dénoncé le coup de force de l’armée marocaine dans la région d‘El-guerguerat et rappelé les positions de principe exprimées par l’Algérie.

    C’est un plan d’action qu’il a défini au ministre des affaires étrangères qui pourrait entamer, dans les prochains jours un périple pour regagner le terrain perdu depuis des années, par la faute d’une mauvaise approche développée par les anciens gouvernements. Le Maroc qui agissait en maitre des lieux sur la scène continentale en raison du retrait de l’Algérie, devra s’attendre, dans les prochains, à une véritable offensive diplomatique pour réduire son hégémonie au niveau de l’Union africaine et au niveau du Conseil de sécurité de l’ONU, où il profitait du soutien de la France pour casser tout le travail réalisé dans le cadre de la mise en œuvre d’un référendum d’autodétermination, au prix de négociations ardues avec le Polisario à Manhasset (USA).

    La Libye, devenue un champ où s’affrontent de nombreux intérêts des grandes puissances, devra également bénéficier de l’intérêt de M. Sabri Boukadoum. Les négociations pour un cesse-le feu durable dans ce pays sont souvent sabordées par ces puissances qui développent, au motif de la Realpolitik, un discours ambigu dans le traitement du dossier de la paix dans ce pays.

    L’autre dossier qui devra sûrement connaitre le retour tonitruant de la diplomatie algérienne est le Mali. La France qui tente d’utiliser les canaux officieux pour négocier le désengagement de sa force Barkhane dans le nord de ce pays, devra compter avec la diplomatie algérienne qui est décidée, cette fois, à peser de tout son poids pour assurer un retour au calme au niveau de ses frontières sud, dans le strict respect de sa souveraineté.
    Slimane Ben

    Le Courrier d’Algérie, 4 jan 2021

    Tags : #Algérie #Diplomatie, #Tebboune

  • Traitement des médias français d’un Président malade

    par Naoufel Brahimi El Mili

    La Covid-19, grand sujet des dix derniers mois, accapare l’essentiel des médias français. Presse écrite et chaînes d’information en continu. Dès le mois de mars dernier, date du premier confinement en France, dans un contexte morose, les matinales télévisions et radios s’ouvrent par l’affichage de chiffres macabres : nombre de décès et de contaminations. Désarmés, les politiques français commencent par évoquer l’inanité du port de masque, question de camoufler la rupture des stocks. Un mensonge ? Non, une simple méconnaissance d’un tout nouveau virus venu de la Chine lointaine à la politique opaque, marque de fabrique d’un des derniers régimes communistes, plaide l’exécutif parisien.

    Le gouvernement tâtonne, alors que s’entassent des cadavres dans des morgues vite saturées. La parole est donnée au personnel médical. Se bousculent devant caméras et micros des cardiologues, des cancérologues, patrons de CHU et autres mandarins de la médecine. Tous, conseillent-ils de se laver les mains et de tousser dans le coude. Le climat devient très vite anxiogène. Mort, maladie et une économie quasiment à l’arrêt.

    La peur s’installe mais elle devient pour les politiques un mode de gouvernance. Plus tard, les plus hauts responsables français réagissent en s’inspirant de la Marseillaise, hymne national : « Aux masques citoyens ! » Même pendant les vacances sacrées des Français depuis l’instauration des congés payés par le Front populaire en 1936, les médias continuent à véhiculer la sinistrose.

    Pour le Président français, le défi est double : rassurer les Français mais pas trop, le principe de précaution est inscrit dans la Constitution, et surtout se faire réélire en 2022 en dépit d’un bilan économique catastrophique. Soudain, fin octobre, une aubaine s’offre à de nombreux journalistes français : le Président algérien, Abdelmadjid Tebboune, contaminé par la Covid-19, est évacué d’urgence en Allemagne. S’ouvre une belle occasion pour noircir encore plus l’image de l’Algérie. Après quelques surprenantes incarcérations de journalistes dans des prisons algériennes, voilà le chef de l’État transporté par avion pour des soins à l’étranger.

    La facile comparaison avec les fréquents séjours hospitaliers d’Abdelaziz Bouteflika devient le fil rouge du traitement journalistique, tous médias confondus : l’Algérie est gouvernée par des malades, nous ressasse-t-on. La communication politique n’est pas le point fort de l’exécutif algérien.

    Cependant, malgré le silence radio, les erreurs du passé ont été évitées. Tout le monde se souvient du séjour médical du Président algérien déchu au Val-de-Grâce en 2005 où la première prise de parole officielle sur l’état de santé de Bouteflika était du fait du chanteur de raï, Cheb Mami, déconnecté du monde médical sauf pour faire plus tard des recherches approfondies en gynécologie. Activité sanctionnée par un séjour carcéral mais c’est un autre sujet.

    En ce qui concerne le Président Tebboune, tout y passe. Pourquoi le choix de l’Allemagne ? Alors que le Président Macron devant le débordement des CHU français avait fait évacuer certains de ses citoyens contaminés vers les hôpitaux germaniques. L’âge avancé d’Abdelmadjid Tebboune est mis en exergue, 74 ans, il est présenté comme un point faible, au moment où la première puissance mondiale fait installer démocratiquement à la Maison blanche, Joe Biden, un jeune de 78 ans.

    La première apparition télévisée du Président algérien est disséquée par les chaînes de télévision qui notent le décor sobre où seules les trois couleurs du drapeau national introduisent une variété chromatique. On est loin du salon somptueux des appartements privés des Invalides rehaussé par un triomphant portait officiel du Président du moment : François Hollande, où trônait Bouteflika autour de ses principaux ministres. Au moment où Tebboune s’adresse à ses concitoyens, certes d’Allemagne, la presse parle de vacance du pouvoir. Seulement le lendemain, Emmanuel Macron est aussi contaminé par le coronavirus mais il apparaît, les traits tirés, sur les écrans français par Skype. Pour lui, c’est la télé-présidence comme le télétravail d’une assistante de direction. Mauvaise foi quand tu nous tiens.
    Plus d’une fois, je suis interrogé par des télévisions françaises sur la maladie du Président, une équipe est même venue me filmer à mon domicile. Je tenais des propos loin de tout alarmisme et de toute polémique. Ces passages n’ont pas été diffusés. Je ne pouvais m’empêcher d’évoquer un ouvrage publié en 1976 intitulé : Ces malades qui nous gouvernent.
    Le livre détaille, entre autres, les santés compliquées pour ne pas dire déclinantes des Présidents de grandes démocraties occidentales : Winston Churchill, Premier ministre britannique malade pendant tout son dernier mandat de 1951 à 1955 ; John Kennedy qui soufrait d’une maladie neuromusculaire génétique alors âgé de 43 ans. Sans oublier Georges Pompidou, malade dès les débuts de son mandat (maladie de Waldenström), à l’époque on parlait de grippe à répétition car il y avait trop de courant d’air à l’Élysée. Sic.

    Comme si le palais présidentiel se trouvait dans les Hauts de Hurlevent. Il est vrai à l’époque il n’y avait ni internet et encore moins les chaînes d’information en continu. Contre-vérités et omissions étaient facilement gérables avec un mot d’ordre : « Circuler, il n’y a rien à voir .» Le 29 décembre, le Président est de retour en Algérie. Le lendemain un grand quotidien français s’interroge : « Dans quel état se trouve le chef de l’État ? Est-il en capacité physique de continuer à exercer ses prérogatives ? Bien sûr son pied emplâtré est commenté en long et en large comme s’il s’agissait de celui d’un grand joueur de football à la veille d’une finale de Coupe du monde. Alors que la loi de finances est dûment signée, les séances du travail présidentiel reprennent au rythme des vacances de fin d’année.

    La presse est libre, semble-t-il. Alors pourquoi le silence sur l’engagement du Président Macron de faire l’état des lieux mémoriels de la colonisation française et de la guerre d’Algérie avant la fin de l’année 2020 ? Le nouveau vaccin miraculeux fait la une, c’est l’avenir alors que « les événements d’Algérie » avec leurs lots de tortures, de déportations et autres joyeusetés, c’est le passé. Pour le traitement des questions mémorielles, il n’y a pas de remède prodige sauf la vérité, une denrée rare quand il s’agit des relations-franco-algériennes.
    N. B. E. M.

    Le Jour d’Algérie, 4 jan 2021

    Tags : Algérie, France, Abdelmajid Tebboune, coronavirus, covid 19, presse française,