Author: xnalgrtayache58

  • Algérie : “Effroyable pression sur les hôpitaux”

    Le docteur Lyes Akhamouk est membre du comité scientifique de suivi de l’évolution de l’épidémie du coronavirus en Algérie. Avant de se voir confier cette mission, il occupait le poste de chef de service des maladies infectieuses à l’hôpital de Tamanrasset. Il est de ce fait un des rares praticiens originaires de la région à avoir choisi volontairement d’exercer son métier dans la ville qui l’a vu naitre, malgré le manque de moyens et l’attrait des grandes villes du nord. Moins médiatisé que le docteur Mohamed Bekkat Berkani, il lui arrive cependant de monter au créneau pour dénoncer des comportements ou déplorer des situations, qui lui paraissent insoutenables.

    Il y’a deux ans, il a été révolté en constatant que l’Etat algérien fasse appel à des Cubains, en leur assurant tout : cités hyper protégées, logements suréquipés et une prise en charge particulière, « au détriment des médecins algériens qui ne se reconnaissent pas dans leur propre pays ». Ces interventions dans les médias sont rares, mais elles ont la particularité d’être précises et ciblées.

    Sollicité par la radio locale El Bahdja, dont le siège est à Alger, il ne s’est pas fait prier pour évoquer la situation épidémique critique, qui prévaut au niveau de plusieurs wilayas, où les structures sanitaires sont en train de subir une forte pression en raison de l’augmentation brusque du nombre des contaminations, les décès mais aussi la surcharge des services Covid-19.

    « Depuis 10 jours, une augmentation continue du nombre de contaminations au coronavirus est enregistrée au niveau d’un certain nombre de wilayas comme Alger, Oran, Bejaia, Bouira, M’sila, Jijel et Tipaza », a-t-il signalé. D’autres wilayas qu’il n’a pas citées ne sont guère mieux loties.

    Sans spéculer à propos d’une deuxième vague, devenue depuis quelques temps un thème outrageusement banalisé, que certains spécialistes abordent hélas d’une manière plus ou moins fantaisiste, dédiée à la consommation médiatique, il est resté concentré sur des problèmes cruciaux, tel que le calvaire des malades atteints de cancer sous traitement par chimiothérapie, qui, selon lui, sont plus exposés au coronavirus au même titre que certaines catégories de diabétiques, les patients qui souffrent d’asthme sévère, d’obésité ou de problèmes cardiaques.

    Dans le même contexte, il a tenu à souligner que des tests de détection rapide du coronavirus seront approuvés peu après vérification de leur efficacité et approbation par l’Institut Pasteur. Moins précis que le PCR, il s’agit cependant d’une alternative salutaire à un moment où l’épidémie connait une flambée sans précédent. Concernant l’augmentation du nombre de contaminations en Algérie ces derniers jours, le membre du comité scientifique a affirmé que les autorités sanitaires s’attendaient à un tel scénario. «Nous nous attendions à une augmentation du nombre de cas, mais pas si rapidement», a-t-il reconnu.

    Selon ses prévisions, le virus ne disparaîtra pas d’ici quelques jours ou semaines, et restera pendant plusieurs mois. « A mon avis, le virus ne disparaîtra pas avant l’été 2021 », a-t-il estimé, mettant l’accent sur le respect rigoureux des mesures préventives, notamment le port du masque, que les citoyens ne devraient pas négliger.

    Mohamed M.

    L’Est Républicain, 15 nov 2020

    Tags : Algérie, coronavirus, covid 19, pandémie,

  • Sahara Occidental : «Le Maroc avait l’aval de la France»

    Entretien réalisé par Karim Aimeur
    Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Yahia H. Zoubir, professeur en études internationales, analyse l’opération militaire marocaine menée dans la zone-tampon d’El Guerguerat et ses conséquences sur la région en général et l’Algérie en particulier. Selon lui, le royaume avait l’aval du gouvernement français avant de passer à l’acte. Il affirme que l’Algérie est concernée par cette situation du fait qu’elle héberge un grand nombre de réfugiés sahraouis sur son territoire depuis 45 ans. L’Algérie, qui fait déjà face à une instabilité à ses frontières avec le Mali et la Libye, doit faire face à une éventuelle nouvelle instabilité que créerait le conflit entre le Maroc et la République sahraouie, a-t-il soutenu.
    Le Soir d’Algérie : Le Maroc vient de mener une agression militaire dans la zone-tampon d’El Guerguerat en procédant à l’ouverture de trois nouvelles brèches en violation de l’accord de cessez-le-feu signé en 1991, sous l’égide de l’ONU. Comment expliquez-vous cette opération surprenante et cet acte inattendu du Maroc ?
    Ce n’est pas un acte inattendu mais un acte prémédité. Des violations avaient déjà eu lieu et elles sont dans le dernier rapport de l’ONU. Des sources avaient déjà signalé que le Maroc allait attaquer El Guerguerat et qu’il avait obtenu l’aval du gouvernement français. L’ouverture d’un consulat émirati dans le Sahara Occidental occupé était de mauvais augure. Là, ce sont les soutiens mais la question est de savoir pourquoi. La zone-tampon sur le territoire sahraoui est stratégique car elle donne accès à l’Afrique sub-saharienne pour le Maroc qui a développé une politique africaine depuis 2 décennies et ce, avant de devenir membre de l’Union africaine en 2017.
    Cet accès lui procurerait non seulement un écoulement de marchandises, dont le poisson pêché illégalement dans les eaux territoriales sahariennes destiné à la Mauritanie, mais aussi une occupation du territoire comme lors de la marche verte en 1975. Étant donné qu’il n’y a aucune résistance à sa politique, le Maroc en profite pour créer un autre fait accompli, c’est-à-dire une présence permanente. Les Sahraouis ont manifesté pacifiquement dans cette zone justement pour protester contre cette exploitation des ressources naturelles. Les Sahraouis ont réagi à l’impasse depuis 45 ans et à l’incapacité de l’ONU à organiser le référendum qui devait se tenir en 1992 sous son égide. Depuis de nombreuses années, le Polisario a réussi à contenir ce mécontentement et à éviter le conflit. Il semble que la dernière provocation du Maroc ait été trop flagrante pour que cette approche reste viable.
    Vous dites que l’ouverture d’un consulat émirati au Sahara Occidental occupé était de mauvais augure. Mais ce pays n’est pas le seul pays du Golfe à soutenir le Maroc. Comment analysez-vous justement les positions des monarchies du Golfe qui ont pris position pour le Maroc ?
    Rien de surprenant là-dessus. Le Maroc est une monarchie et les monarchies « sœurs » l’ont toujours soutenu dans son occupation du Sahara Occidental. Dans les années 1970 et 1980, l’Arabie Saoudite subventionnait sa guerre contre les Sahraouis. De nos jours, les Émirats sont à l’assaut de l’Afrique du Nord. Tout d’abord, pour des raisons idéologiques : lutte contre les Frères musulmans mais surtout pour empêcher toute démocratisation dans la région, c’est-à-dire renverser les acquis en Tunisie par exemple ou l’émergence d’un Etat démocratique ou sous influence des Frères musulmans en Libye. Étrangement, en cela, ils trouvent le soutien du gouvernement du Président français M. Macron qui a besoin de leur financement du G5 au Sahel et des achats d’armements français, tels que les avions Rafale.
    De plus, il y a concordance entre la France et les EAU pour combattre « l’islam politique » De plus, la normalisation de certains pays arabes avec Israël et la perception — je dis bien perception — que le Maroc pourrait en faire partie donnent aux EAU une sorte de légitimité et bénéficie de l’administration du Président Trump. Et, bien entendu, de nouvelles alliances sont en perspective. Le Maroc sait bien que le soutien des monarchies est aussi un piège car toute déviation pourrait entraîner un changement de position de leur part comme cela a été le cas lorsque le Maroc donna l’impression qu’il soutenait le Qatar dans son conflit avec l’Arabie Saoudite et ses alliés.
    L’agression marocaine suscite des inquiétudes sur la situation sécuritaire dans la région. Quelles sont, selon vous, les conséquences à prévoir suite à cette opération ?
    Les conséquences ne feront que rajouter à l’instabilité qui y règne déjà mais qui participe aussi du plan tendant à faire accepter un nouvel ordre dans la région.
    Et pour l’Algérie ?
    L’Algérie est, bien évidemment, concernée par cette situation. Elle héberge un grand nombre de réfugiés sahraouis sur son territoire depuis 45 ans. Elle s’en est tenue à la légalité internationale mais celle-ci est devenue un leurre et que les puissances violent sans état d’âme. L’Algérie fait déjà face à une instabilité à ses frontières avec le Mali, la Libye et, à présent, un conflit entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique, qui est, somme toute, inévitable.
    Il semble que la communauté internationale soit impuissante face à la situation. Comment expliquer l’incapacité de l’ONU à résoudre ce conflit ?
    L’ONU, c’est le Conseil de sécurité. Ce n’est pas un secret que la France n’ait jamais voulu d’un Etat sahraoui indépendant et qu’elle soutienne le Maroc vaille que vaille, droit international ou pas. Les États-Unis ont, eux aussi, favorisé « l’autonomie » offerte aux Sahraouis, une véritable tromperie. Et le secrétaire général de l’ONU n’est pas innocent non plus. Il n’y a qu’à lire sa déclaration où il annonce que la Minurso exécutera son mandat sans spécifier sa véritable mission qui est la tenue d’un référendum. L’objectif est de maintenir le statu quo éternellement qui favorise l’occupant.
    K. A.

  • Brèche de Guerguerate : Quand les alliés du Maroc soutiennent un acte illégal

    par Tarek Hafid

    Depuis plusieurs semaines, les alliés du Maroc appuient le droit de ce pays de jouir du «passage frontalier» de Guerguerat et de permettre le transit de marchandises marocaines des territoires sahraouis occupés vers la Mauritanie. Sauf que ce «passage» est une brèche illégale ouverte dans le mur de «défense» puisque, concrètement, il n’y a pas de contact frontalier entre les territoires sous occupation marocaine et la Mauritanie.

    Pour mieux comprendre cette situation, il est nécessaire de revenir à l’accord de cessez-le-feu signé entre les deux belligérants en 1991 et à l’accord militaire n°1 entériné conjointement avec la Mission des Nations-Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara Occidental (Minurso) en 1997. Ces textes ont institué deux zones d’accès restreint, respectivement de 25 km au sud et à l’est et à 30 km au nord et à l’ouest du mur marocain de 2 700 km, ainsi qu’une bande-tampon de 5 km de large au sud et à l’est de ce mur. Il est important de préciser que les tirs d’armes, le redéploiement ou le mouvement de troupes, l’entrée d’armes et de munitions et l’amélioration des infrastructures de défense ne sont pas autorisés dans ces espaces.

    Pour permettre le déplacement des éléments de la Minurso dans le cadre de leurs activités, les deux parties ont validé l’ouverture de cinq points de passage qui permettent de passer du territoire occupé au territoire libéré. Ces points se trouvent dans les zones d’El Farsia, Smara, Guelta-Zemour, Oum-Dreygua et Aousserd. Autre précision importante : les accords ne prévoient pas l’ouverture de brèches pour des activités «civiles», «commerciales» ou autre au long du mur marocain. La brèche de Guerguerat a été ouverte illégalement par les autorités militaires marocaines vers la fin des années 90 pour relier le territoire occupé à la Mauritanie. En mars 2001, la tentative du Maroc de construire une voie asphaltée a provoqué la ferme opposition des Nations-Unies. Mais l’administration coloniale a réussi à imposer le fait accompli malgré les multiples doléances du Front Polisario.

    Guerguerat est devenue le point de passage privilégié des marchandises du royaume du Maroc vers la Mauritanie et l’Afrique de l’Ouest. Mais il reste un passage illégal au vu du droit international. Une voie commerciale stratégique pour ce pays qui en est finalement devenu dépendant. Le blocage depuis le 21 octobre de centaines de semi-remorques par des citoyens sahraouis était devenu insupportable pour l’économie marocaine. C’est ce qui explique la réaction violente de l’armée marocaine qui est intervenue, vendredi 13, contre ces civils. Un acte qui a finalement provoqué la reprise de la guerre au Sahara Occidental.
    T. H.

    Le Soir d’Algérie, 15 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, El Guerguerate, Emirats Arabes Unis, Arabie Saoudite,

  • Sahara Occidental : «Le Maroc avait l’aval de la France»

    Entretien réalisé par Karim Aimeur
    Dans cet entretien qu’il nous a accordé, Yahia H. Zoubir, professeur en études internationales, analyse l’opération militaire marocaine menée dans la zone-tampon d’El Guerguerat et ses conséquences sur la région en général et l’Algérie en particulier. Selon lui, le royaume avait l’aval du gouvernement français avant de passer à l’acte. Il affirme que l’Algérie est concernée par cette situation du fait qu’elle héberge un grand nombre de réfugiés sahraouis sur son territoire depuis 45 ans. L’Algérie, qui fait déjà face à une instabilité à ses frontières avec le Mali et la Libye, doit faire face à une éventuelle nouvelle instabilité que créerait le conflit entre le Maroc et la République sahraouie, a-t-il soutenu.
    Le Soir d’Algérie : Le Maroc vient de mener une agression militaire dans la zone-tampon d’El Guerguerat en procédant à l’ouverture de trois nouvelles brèches en violation de l’accord de cessez-le-feu signé en 1991, sous l’égide de l’ONU. Comment expliquez-vous cette opération surprenante et cet acte inattendu du Maroc ?
    Ce n’est pas un acte inattendu mais un acte prémédité. Des violations avaient déjà eu lieu et elles sont dans le dernier rapport de l’ONU. Des sources avaient déjà signalé que le Maroc allait attaquer El Guerguerat et qu’il avait obtenu l’aval du gouvernement français. L’ouverture d’un consulat émirati dans le Sahara Occidental occupé était de mauvais augure. Là, ce sont les soutiens mais la question est de savoir pourquoi. La zone-tampon sur le territoire sahraoui est stratégique car elle donne accès à l’Afrique sub-saharienne pour le Maroc qui a développé une politique africaine depuis 2 décennies et ce, avant de devenir membre de l’Union africaine en 2017.
    Cet accès lui procurerait non seulement un écoulement de marchandises, dont le poisson pêché illégalement dans les eaux territoriales sahariennes destiné à la Mauritanie, mais aussi une occupation du territoire comme lors de la marche verte en 1975. Étant donné qu’il n’y a aucune résistance à sa politique, le Maroc en profite pour créer un autre fait accompli, c’est-à-dire une présence permanente. Les Sahraouis ont manifesté pacifiquement dans cette zone justement pour protester contre cette exploitation des ressources naturelles. Les Sahraouis ont réagi à l’impasse depuis 45 ans et à l’incapacité de l’ONU à organiser le référendum qui devait se tenir en 1992 sous son égide. Depuis de nombreuses années, le Polisario a réussi à contenir ce mécontentement et à éviter le conflit. Il semble que la dernière provocation du Maroc ait été trop flagrante pour que cette approche reste viable.
    Vous dites que l’ouverture d’un consulat émirati au Sahara Occidental occupé était de mauvais augure. Mais ce pays n’est pas le seul pays du Golfe à soutenir le Maroc. Comment analysez-vous justement les positions des monarchies du Golfe qui ont pris position pour le Maroc ?
    Rien de surprenant là-dessus. Le Maroc est une monarchie et les monarchies « sœurs » l’ont toujours soutenu dans son occupation du Sahara Occidental. Dans les années 1970 et 1980, l’Arabie Saoudite subventionnait sa guerre contre les Sahraouis. De nos jours, les Émirats sont à l’assaut de l’Afrique du Nord. Tout d’abord, pour des raisons idéologiques : lutte contre les Frères musulmans mais surtout pour empêcher toute démocratisation dans la région, c’est-à-dire renverser les acquis en Tunisie par exemple ou l’émergence d’un Etat démocratique ou sous influence des Frères musulmans en Libye. Étrangement, en cela, ils trouvent le soutien du gouvernement du Président français M. Macron qui a besoin de leur financement du G5 au Sahel et des achats d’armements français, tels que les avions Rafale.
    De plus, il y a concordance entre la France et les EAU pour combattre « l’islam politique » De plus, la normalisation de certains pays arabes avec Israël et la perception — je dis bien perception — que le Maroc pourrait en faire partie donnent aux EAU une sorte de légitimité et bénéficie de l’administration du Président Trump. Et, bien entendu, de nouvelles alliances sont en perspective. Le Maroc sait bien que le soutien des monarchies est aussi un piège car toute déviation pourrait entraîner un changement de position de leur part comme cela a été le cas lorsque le Maroc donna l’impression qu’il soutenait le Qatar dans son conflit avec l’Arabie Saoudite et ses alliés.
    L’agression marocaine suscite des inquiétudes sur la situation sécuritaire dans la région. Quelles sont, selon vous, les conséquences à prévoir suite à cette opération ?
    Les conséquences ne feront que rajouter à l’instabilité qui y règne déjà mais qui participe aussi du plan tendant à faire accepter un nouvel ordre dans la région.
    Et pour l’Algérie ?
    L’Algérie est, bien évidemment, concernée par cette situation. Elle héberge un grand nombre de réfugiés sahraouis sur son territoire depuis 45 ans. Elle s’en est tenue à la légalité internationale mais celle-ci est devenue un leurre et que les puissances violent sans état d’âme. L’Algérie fait déjà face à une instabilité à ses frontières avec le Mali, la Libye et, à présent, un conflit entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique, qui est, somme toute, inévitable.
    Il semble que la communauté internationale soit impuissante face à la situation. Comment expliquer l’incapacité de l’ONU à résoudre ce conflit ?
    L’ONU, c’est le Conseil de sécurité. Ce n’est pas un secret que la France n’ait jamais voulu d’un Etat sahraoui indépendant et qu’elle soutienne le Maroc vaille que vaille, droit international ou pas. Les États-Unis ont, eux aussi, favorisé « l’autonomie » offerte aux Sahraouis, une véritable tromperie. Et le secrétaire général de l’ONU n’est pas innocent non plus. Il n’y a qu’à lire sa déclaration où il annonce que la Minurso exécutera son mandat sans spécifier sa véritable mission qui est la tenue d’un référendum. L’objectif est de maintenir le statu quo éternellement qui favorise l’occupant.
    K. A.

  • Sahara Occidental : “A Guerguerat, il y avait un avant, et il va y avoir un après” (diplomate sahraoui)

    « A Guerguerat, il y avait un avant, et il va y avoir un après », a déclaré samedi Mohamed Yeslem Beyssat.

    Dans une déclaration accordée au journal La Patrie News, l’ambassadeur de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) a indiqué que « ceux qui se disent que notre combat est conjoncturel, juste le temps que les choses reprennent leur cours normal à Guerguerat, se font des illusions ». « Bien au contraire : Nous ne reculerons devant rien, et ce jusqu’au recouvrement de la souveraineté sur l’ensemble des territoires sahraouis », a-t-il souligné.

    Le diplomate sahraoui a affirmé que désormais « Rien ne sera plus comme avant ! » suite à cette flagrante provocation du Maroc, encouragé par ses soutiens traditionnels et la passivité du Conseil de Sécurité. C’est la conséquence de cette agression dans la région d’El Guerguerate. Rabat doit assumer la responsabilité de la violation du droit international », a-t-il ajouté, relevant que cette attaque intervient juste après la visite du ministre français des affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, dont le pays ne cesse de bloquer les résolutions onusiennes en utilisant son droit au véto au Conseil de Sécurité. « La position honteuse de la France vis-à-vis de la question sahraouie n’est une secret pour personne », a regretté M. Beyssat.

    Selon le diplomate sahraoui, la France a été avertie des intentions du Roi quelques heures avant les faits. Des intentions largement relayées par la presse marocaine et étrangère sans susciter la moindre réaction de la part de l’ONU et encore moins de la MINURSO, sa mission au Sahara Occidental “qui n’existe que de son nom”, a-t-il soutenu. A cet égarde, le responsable sahraoui a été plus explicite, rappellant que le Maroc avait fait part de ses intentions dans deux communiqués distincts, l’un de l’état-major de son armée, l’autre du Ministère des Affaires Etrangères.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario,


  • Western Sahara independence leader declares the end of a 29-year-old ceasefire with Morocco

    (CNN)The leader of the Western Sahara’s independence movement has vowed to end a 29-year-old ceasefire with Morocco, citing recent Moroccan border operations as a provocation. Brahim Ghali…

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    Tags : Western Sahara, Morocco, Polisario,

  • Sahara Occidental : Bruit de bottes

    S’achemine-t-on vers une confrontation armée entre les forces d’occupation marocaines et l’armée de libération du peuple sahraoui ? Il y a tout l’air de craindre le pire quand on observe l’évolution de la situation au niveau de la localité d’El Guerguerat, qui servait de zone tampon avant que les FAR ne fassent éruption à la fin de la semaine dernière dans un geste qui s’apparente à une odieuse provocation. 

    Et comme il fallait s’y attendre, le Front Polisario, représentant légitime du peuple Sahraoui ne pouvait rester les bras croisés face à cette incursion marocaine qui viole clairement l’accord de cessez-le feu signé en 1991. Hier, la direction du Polisario a décidé elle aussi de ne plus tenir compte de cet accord du fait que le colonisateur- marocain l’a violé de manière unilatérale et au nez et à la barbe de la communauté internationale. 
    De fait, on est quasiment, à un fil du déclenchement des hostilités et la reprise des armes entre les deux belligérants. Sauf qu’il ne faut pas mettre le bourreau et la victime sur un pied d’égalité. En l’occurrence, c’est le m royaume de M6 qui ouvre les hostilités en décidant de percer cette zone tampon censée être là frontière entre les deux territoires, au prétexte de sécuriser un passage commercial vers la Mauritanie. Un argument somme toute irrecevable en ce sens que l’accord de 1991 interdit expressément toute violation de cette frontière de sable, conformément aux stipulations de l’accord que les deux parties ont signé sous les auspices de l’ONU. 
    Sans doute que cette invasion irresponsable de l’armée de Mohamed 6 réponde à d’autres considérations d’ordre interne surtout. A commencer par la volonté du roi de détourner l’attention de ses sujets de sa gestion catastrophique de la pandémie du Covid-19 dont les victimes de comptent en dizaines quotidiennement. Aussi, la situation économique désastreuse de son royaume a dû pousser Mohamed 6 à chercher une victime ailleurs pour faire oublier à son peuple les dures conditions de vie. 
    Il va sans dire que l’ouverture récemment d’un consulat des Emirats dans les territoires sahraouis occupés, s’inscrit dans l’agenda de ces Emirats de la haine et de la déstabilisation qui consiste à jouer les rabatteurs pour Israël en contrepartie d’un soutien à la colonisation du Sahara par le Maroc. 
    Il ne serait surprenant de voir prochainement le “Commandeur des croyants” assumer publiquement la normalisation des relations avec l’entité sioniste comme l’ont fait avant lui, ses alter egos des Emirats, du Bahreïn et du Soudan. Les Sahraouis ont donc bon dos pour servir de boucs émissaires à une alliance triangulaire entre Israël, les Emirats et le Maroc.
    Imane B.
  • Libyan elections to take place in December 2021: senior UN official

    The announcement came a week after talks began in the Tunisian capital, Tunis, aimed at creating an executive authority capable of organizing elections and implementing political, economic and military reforms. The new executive, said Ms. Williams, will involve a separation of powers…

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  • Sahara Occidental : Bruit de bottes

    S’achemine-t-on vers une confrontation armée entre les forces d’occupation marocaines et l’armée de libération du peuple sahraoui ? Il y a tout l’air de craindre le pire quand on observe l’évolution de la situation au niveau de la localité d’El Guerguerat, qui servait de zone tampon avant que les FAR ne fassent éruption à la fin de la semaine dernière dans un geste qui s’apparente à une odieuse provocation. 

    Et comme il fallait s’y attendre, le Front Polisario, représentant légitime du peuple Sahraoui ne pouvait rester les bras croisés face à cette incursion marocaine qui viole clairement l’accord de cessez-le feu signé en 1991. Hier, la direction du Polisario a décidé elle aussi de ne plus tenir compte de cet accord du fait que le colonisateur- marocain l’a violé de manière unilatérale et au nez et à la barbe de la communauté internationale. 
    De fait, on est quasiment, à un fil du déclenchement des hostilités et la reprise des armes entre les deux belligérants. Sauf qu’il ne faut pas mettre le bourreau et la victime sur un pied d’égalité. En l’occurrence, c’est le m royaume de M6 qui ouvre les hostilités en décidant de percer cette zone tampon censée être là frontière entre les deux territoires, au prétexte de sécuriser un passage commercial vers la Mauritanie. Un argument somme toute irrecevable en ce sens que l’accord de 1991 interdit expressément toute violation de cette frontière de sable, conformément aux stipulations de l’accord que les deux parties ont signé sous les auspices de l’ONU. 
    Sans doute que cette invasion irresponsable de l’armée de Mohamed 6 réponde à d’autres considérations d’ordre interne surtout. A commencer par la volonté du roi de détourner l’attention de ses sujets de sa gestion catastrophique de la pandémie du Covid-19 dont les victimes de comptent en dizaines quotidiennement. Aussi, la situation économique désastreuse de son royaume a dû pousser Mohamed 6 à chercher une victime ailleurs pour faire oublier à son peuple les dures conditions de vie. 
    Il va sans dire que l’ouverture récemment d’un consulat des Emirats dans les territoires sahraouis occupés, s’inscrit dans l’agenda de ces Emirats de la haine et de la déstabilisation qui consiste à jouer les rabatteurs pour Israël en contrepartie d’un soutien à la colonisation du Sahara par le Maroc. 
    Il ne serait surprenant de voir prochainement le “Commandeur des croyants” assumer publiquement la normalisation des relations avec l’entité sioniste comme l’ont fait avant lui, ses alter egos des Emirats, du Bahreïn et du Soudan. Les Sahraouis ont donc bon dos pour servir de boucs émissaires à une alliance triangulaire entre Israël, les Emirats et le Maroc.
    Imane B.
  • Sahara Occidental : A quoi joue le Maroc ?

    Avec un bilan quotidien de plusieurs milliers d’hospitalisation de malades atteints de la Covid-19 et des dizaines de morts comptabilisés chaque jour, le Maroc n’a pas trouvé meilleure stratégie pour détourner l’attention de la population que de briser l’accord de cessez-le-feu avec le Sahara Occidental. Pareille démarche en ces temps de double crise sanitaire et économique frise l’indécence et constitue une insulte à l’humanisme. Et pour cause, en espérant créer une situation d’escalade à sa frontière, Rabat n’est certainement pas sans savoir que cela implique des dépenses en centaines de millions de dollars pour l’effort militaire. Il doit savoir que les Sahraouis ne se laisseront pas faire. Ils défendront leur territoire avec une grande détermination. La question qui se pose est de savoir ce qu’en tirera un Maroc exsangue financièrement, totalement sous le contrôle de narcotrafiquants et dépassé sur le plan sanitaire. Les «esprits malins» au sein du Palais royal diraient que les centaines de millions de dollars de dépenses militaires cimenteront la société. Il ne sera plus question au Maroc de pandémie ou d’endettement extérieur, mais d’union sacré pour la patrie. C’est peut-être ce qu’espère Mohamed VI pour passer la phase plus que difficile que traverse son pays.

    Il y a cette explication, mais il y a également une autre, à savoir que l’effort de guerre sera supporté par des puissances étrangères, dont l’intérêt est justement d’ouvrir un front dans cette région du Maghreb. Les bénéfices qu’en tire le roi sont évidents. Il est des alliances «mortifères» pour les peuples, mais qui protègent les monarques.
    Ainsi, à l’effervescence que vit la région de l’Afrique du nord et du Sahel, le Maroc et ses alliés en ajoutent un autre motif pour l’explosion d’une région, actuellement au bord du précipice. Même si l’évolution positive dans le dossier libyen apporte quelques satisfactions, la résurgence de la violence entre le Maroc et le Sahara occidental replongera la région dans l’incertitude totale, avec son lot de morts et d’instabilité. Face à cette agression caractérisée, les amis de la République arabe sahraouie démocratique tentent d’attirer l’attention des instances internationales sur ce très grave et nième manquement aux règles internationales par le Maroc.
    Voilà donc un peuple qui est dans son droit, mais dont on a ravi la liberté et l’indépendance et qui tente pacifiquement de reprendre ce qui lui appartient de droit, ignoré par les grands de ce monde. Il aurait fallu peut être que les jeunes Sahraouis reprennent les armes tuent des Marocains pour que la communauté internationale se penche sérieusement sur leur problème. Ce serait le pire des scénarios et c’est ce dont rêvent le Maroc et ses alliés.
    Par Nabil.G
    Ouest Tribune, 15 nov 2020