Author: xnalgrtayache58

  • Sáhara Occidental: ¿A qué juega Marruecos?

    Con un balance diario de varios miles de hospitalizaciones de pacientes con Covid-19 y decenas de muertes contabilizadas todos los días, Marruecos no ha encontrado mejor estrategia para desviar la atención de la población que romper el acuerdo de alto el fuego con el Sáhara Occidental. 

    Este enfoque en estos tiempos de doble crisis económica y sanitaria roza con la indecencia y constituye un insulto al humanismo. Y por una buena razón, con la esperanza de crear una situación de escalada en su frontera, Rabat, con certeza, no ignora que esto implica gastar cientos de millones de dólares en el esfuerzo militar. Debe saber que los saharauis no lo dejarán pasar. Defenderán su territorio con gran determinación. La cuestión es saber qué ganará un Marruecos agotado económicamente, totalmente controlado por los narcotraficantes y abrumado en términos de salud. Los “espíritus malignos” dentro del Palacio Real dirían que los cientos de millones de dólares en gastos militares cimentarán la sociedad. En Marruecos ya no se tratará de una pandemia o de un endeudamiento externo, sino de una unión sagrada por la patria. Esto es quizás lo que Mohamed VI espera superar en la etapa más que difícil por la que atraviesa su país.
    Existe esta explicación, pero también hay otra, a saber, que el esfuerzo bélico será apoyado por potencias extranjeras, cuyo interés es precisamente abrir un frente en esta región del Magreb. Los beneficios para el rey son obvios. Hay alianzas “mortales” para los pueblos, pero que protegen a los monarcas.
    Así, a la agitación en la región del norte de África y el Sahel, Marruecos y sus aliados añaden otra razón para la explosión de una región, actualmente al borde del precipicio. Incluso si los acontecimientos positivos en el expediente libio brindan cierta satisfacción, el resurgimiento de la violencia entre Marruecos y el Sáhara Occidental hundirá a la región en una incertidumbre total, con su cuota de muertes e inestabilidad. 
    Frente a esta acusada agresión, los amigos de la República Árabe Saharaui Democrática intentan llamar la atención de los organismos internacionales sobre esta gravísima y enésima violación de las normas internacionales por parte de Marruecos.
    He aquí, entonces, un pueblo que está en el marco de sus derechos, pero cuya libertad e independencia han sido secuestradas y que está tratando pacíficamente de recuperar lo que es legítimamente suyo, ignorado por los grandes de este mundo. Quizás los jóvenes saharauis deberían haber vuelto a tomar las armas y matar a los marroquíes para que la comunidad internacional examinara seriamente su problema. Sería el peor de los es cenarios y eso es con lo que sueñan Marruecos y sus aliados.
    Por Nabil.G
    Ouest Tribune, 15 de noviembre de 2020
  • Opération militaire à El Guerguarat: Le Maroc déclare la guerre au Polisario

    par Ghania Oukazi

    Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario a saisi, hier, le secrétaire général de l’ONU et le Conseil de sécurité pour attirer leur attention sur « les répercussions de l’attaque agressive lancée par les forces armées marocaines contre des civils sahraouis non armés qui manifestaient pacifiquement près de la brèche illégale d’El Guerguarat, au sud-ouest du Sahara occidental ».
    La lettre de Ibrahim Ghali est frappée du sceau de l’urgence après que « des agents marocains armés » eurent tiré sur des manifestants pacifiques violant ainsi un accord de cessez-le-feu datant de 1991. Par son agression armée à El Guerguarat, le Maroc vient de faire voler en éclats l’ensemble des règlements et accords politiques onusiens et internationaux qui codifient les usages entre deux pays en conflit et en situation de cessez-le-feu. Le royaume justifie son intervention militaire en affirmant par la voix de son ministre des Affaires étrangères qu’il fallait « mettre un terme à la situation de blocage au poste frontière d’El Guerguarat ». Poste bloqué par les Sahraouis depuis le 21 octobre parce qu’ils refusent que le Maroc l’emprunte pour faire passer ses marchandises et celles d’autres pays vers la Mauritanie et l’Afrique subsaharienne. Nasser Bourita a déclaré à ce propos à l’AFP que «ce n’est pas une action offensive mais c’est une action de fermeté par rapport à cette situation qui est inacceptable». Le MAE sahraoui a répondu que « c’est une agression ». Le gouvernement de la RASD a rendu public hier un communiqué dans lequel il affirme que »Vendredi, le 13 novembre 2020, aux premières heures de l’aube, l’Etat d’occupation marocain a fait une annonce de violation du cessez-le-feu à travers l’intrusion d’un groupe d’agents en civil pour attaquer les civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement devant la brèche illégale d’El Guerguarat», Il a en outre déclaré que « le Maroc a procédé, en même temps, à un acte plus dangereux en laissant ses forces armées s’introduire dans l’autre côté du mur de l’humiliation et de la honte près de la brèche pour encercler la zone ». En réaction à cet acte «méprisable et désespéré», les forces de l’Armée populaire de libération sahraouie ont riposté aux troupes marocaines, tandis que les militants sahraouis ont affronté courageusement les «Baltaguia» (voyous) auxquels l’occupant marocain a fait appel», est-il noté.
    « C’est la guerre ! »
    «En fin de compte, les batailles ont commencé et la guerre imposée à notre peuple a éclaté, et avec elle nous sommes entrés dans une nouvelle étape décisive dans la lutte de notre peuple fier, défendant son droit légitime à la liberté, à la dignité et à la souveraineté», est-il ajouté. « Le Front Polisario appelle l’ensemble du peuple sahraoui à se dresser comme un seul homme avec fermeté et courage pour riposter à une éventuelle agression brutale et à achever la libération de la partie occupée avec tout ce que cela implique comme sacrifices », conclut le communiqué du gouvernement de la RASD. L’agence française de presse a souligné que « Nouakchott a annoncé mercredi que l’armée mauritanienne avait renforcé ses positions à la frontière avec le Sahara occidental «pour parer à toute éventualité». Elle a repris un haut responsable du MAE marocain qui lui a affirmé que « l’ONU, la Mauritanie et d’autres pays impliqués dans le dossier ont été prévenus de l’opération destinée à mettre un terme à la situation de blocage et restaurer la libre circulation civile et commerciale sur cet axe routier ». 
    Selon cette même source, l’AFP indique qu’ « il y a 108 routiers bloqués côté mauritanien et 78 de l’autre côté de la frontière, avec des véhicules de différentes origines, Maroc, Mauritanie ou France ». Forte du soutien de puissants pays occidentaux et arabes à son plan d’autonomie pour le Sahara Occidental, le Maroc s’est toujours accaparé les territoires, ressources et richesses de cette région au vu (en présence des observateurs de la MINURSO) et au su des institutions internationales censées défendre les droits des peuples opprimés. La communauté occidentale ferme les yeux et reste sourde depuis longtemps aux appels du Front Polisario pour la consécration de l’indépendance du Sahara Occidental, dernière colonie dans le Continent africain. Il semble que depuis que des Etats arabes du Golfe ont ouvert des représentations diplomatiques à Dakhla, la demande d’un référendum d’autodétermination par la RASD est définitivement enterrée. 
    Le Royaume marocain vient d’amorcer ainsi un dangereux virage dans le conflit qui l’oppose depuis une cinquantaine d’années au Front Polisario. Tous les indices montraient que les tensions entre les deux parties, notamment après l’ouverture illégale par le Maroc de trois nouvelles brèches dans le mur de sable en violation du cessez-le-feu décrété en 91 sous l’égide des Nations unies, allaient pousser à l’affrontement armé. Il n’est pas attendu du SG de l’ONU, Antonio Guterres, ni de la Représentante permanente auprès des Nations unies, Rhonda King, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, une réaction urgente et appropriée à la mesure de la missive urgente du président sahraoui faisant état de l’attaque militaire marocaine contre des manifestants pacifiques au niveau d’El Guerguarat. La Communauté internationale a toujours traîné le pas pour éviter de condamner officiellement les exactions marocaines contre le peuple sahraoui. Il faut avouer que le veto américain et français a toujours été brandi pour protéger le royaume. Bien que les forces militaires soient totalement déséquilibrées entre le Maroc et le Front Polisario, ce dernier jure par la voix de ses dirigeants politiques et militaires qu’il est prêt à reprendre les armes pour sauvegarder sa dignité. «La guerre a commencé. Le Maroc a liquidé le cessez-le feu», a déclaré hier à l’AFP le chef de la diplomatie de la République sahraouie, Mohamed Salem Ould Salek, après l’attaque de l’armée marocaine à El Guerguarat.
    La légitime défense
    « Les troupes sahraouies se retrouvent en situation de légitime défense et répliquent aux troupes marocaines qui essaient de continuer leur marche en dehors du mur de défense qui constitue la ligne de démarcation », a déclaré à l’agence le MAE sahraoui, interrogé par téléphone depuis Alger.
    Le mur de défense construit par le Maroc, qui sert de ligne de démarcation, écrit-elle, sépare les belligérants sahraouis et marocains depuis l’accord de paix de 1991.
    Ce mur est bordé de chaque côté par une zone tampon de cinq kilomètres de large sous la responsabilité de l’ONU ». Elle rapporte que «le Polisario avait averti dès lundi «que l’entrée de tout élément militaire, sécuritaire ou civil marocain à Guerguarat, qui borde une zone tampon contrôlée par les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso), serait considérée comme une agression flagrante, à laquelle la partie sahraouie répliquera énergiquement, en légitime défense et en défendant sa souveraineté nationale».
    L’agence sahraouie SPS a affirmé que « depuis plus de trois semaines, des Sahraouis civils (hommes et femmes) représentant notamment des associations de jeunesse, des femmes, des travailleurs, d’organisations de défense des droits de l’homme et plusieurs ONG opérant dans le domaine socioculturel, observent des sit-in à différents endroits le long du mur de sable érigé par l’occupant marocain. Ils manifestent pour exiger notamment la fermeture définitive de la brèche illégale d’El-Guerguarat dans l’extrême sud-ouest du Sahara occidental. Les manifestations se veulent, selon les organisateurs, un moyen de faire face aux manœuvres et provocations marocaines et réclamer l’organisation du référendum d’autodétermination, l’objectif pour lequel a été créée la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso).
    Aussi, les manifestants appellent à mettre un terme à la souffrance inacceptable du peuple sahraoui face au silence de l’ONU notamment dans les territoires occupés. Ils exigent également le retrait immédiat des troupes marocaines des territoires sahraouis occupés et de dévoiler le sort des disparus ainsi que la libération de tous les prisonniers civils sahraouis détenus dans les geôles marocaines ».
    Source : Le Quotidien d’Oran, 14 nov 2020
  • Sahara Occidental : A quoi joue le Maroc ?

    Avec un bilan quotidien de plusieurs milliers d’hospitalisation de malades atteints de la Covid-19 et des dizaines de morts comptabilisés chaque jour, le Maroc n’a pas trouvé meilleure stratégie pour détourner l’attention de la population que de briser l’accord de cessez-le-feu avec le Sahara Occidental. Pareille démarche en ces temps de double crise sanitaire et économique frise l’indécence et constitue une insulte à l’humanisme. Et pour cause, en espérant créer une situation d’escalade à sa frontière, Rabat n’est certainement pas sans savoir que cela implique des dépenses en centaines de millions de dollars pour l’effort militaire. Il doit savoir que les Sahraouis ne se laisseront pas faire. Ils défendront leur territoire avec une grande détermination. La question qui se pose est de savoir ce qu’en tirera un Maroc exsangue financièrement, totalement sous le contrôle de narcotrafiquants et dépassé sur le plan sanitaire. Les «esprits malins» au sein du Palais royal diraient que les centaines de millions de dollars de dépenses militaires cimenteront la société. Il ne sera plus question au Maroc de pandémie ou d’endettement extérieur, mais d’union sacré pour la patrie. C’est peut-être ce qu’espère Mohamed VI pour passer la phase plus que difficile que traverse son pays.

    Il y a cette explication, mais il y a également une autre, à savoir que l’effort de guerre sera supporté par des puissances étrangères, dont l’intérêt est justement d’ouvrir un front dans cette région du Maghreb. Les bénéfices qu’en tire le roi sont évidents. Il est des alliances «mortifères» pour les peuples, mais qui protègent les monarques.
    Ainsi, à l’effervescence que vit la région de l’Afrique du nord et du Sahel, le Maroc et ses alliés en ajoutent un autre motif pour l’explosion d’une région, actuellement au bord du précipice. Même si l’évolution positive dans le dossier libyen apporte quelques satisfactions, la résurgence de la violence entre le Maroc et le Sahara occidental replongera la région dans l’incertitude totale, avec son lot de morts et d’instabilité. Face à cette agression caractérisée, les amis de la République arabe sahraouie démocratique tentent d’attirer l’attention des instances internationales sur ce très grave et nième manquement aux règles internationales par le Maroc.
    Voilà donc un peuple qui est dans son droit, mais dont on a ravi la liberté et l’indépendance et qui tente pacifiquement de reprendre ce qui lui appartient de droit, ignoré par les grands de ce monde. Il aurait fallu peut être que les jeunes Sahraouis reprennent les armes tuent des Marocains pour que la communauté internationale se penche sérieusement sur leur problème. Ce serait le pire des scénarios et c’est ce dont rêvent le Maroc et ses alliés.
    Par Nabil.G
    Ouest Tribune, 15 nov 2020
  • Opération militaire à El Guerguarat: Le Maroc déclare la guerre au Polisario

    par Ghania Oukazi

    Le président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et secrétaire général du Front Polisario a saisi, hier, le secrétaire général de l’ONU et le Conseil de sécurité pour attirer leur attention sur « les répercussions de l’attaque agressive lancée par les forces armées marocaines contre des civils sahraouis non armés qui manifestaient pacifiquement près de la brèche illégale d’El Guerguarat, au sud-ouest du Sahara occidental ».
    La lettre de Ibrahim Ghali est frappée du sceau de l’urgence après que « des agents marocains armés » eurent tiré sur des manifestants pacifiques violant ainsi un accord de cessez-le-feu datant de 1991. Par son agression armée à El Guerguarat, le Maroc vient de faire voler en éclats l’ensemble des règlements et accords politiques onusiens et internationaux qui codifient les usages entre deux pays en conflit et en situation de cessez-le-feu. Le royaume justifie son intervention militaire en affirmant par la voix de son ministre des Affaires étrangères qu’il fallait « mettre un terme à la situation de blocage au poste frontière d’El Guerguarat ». Poste bloqué par les Sahraouis depuis le 21 octobre parce qu’ils refusent que le Maroc l’emprunte pour faire passer ses marchandises et celles d’autres pays vers la Mauritanie et l’Afrique subsaharienne. Nasser Bourita a déclaré à ce propos à l’AFP que «ce n’est pas une action offensive mais c’est une action de fermeté par rapport à cette situation qui est inacceptable». Le MAE sahraoui a répondu que « c’est une agression ». Le gouvernement de la RASD a rendu public hier un communiqué dans lequel il affirme que »Vendredi, le 13 novembre 2020, aux premières heures de l’aube, l’Etat d’occupation marocain a fait une annonce de violation du cessez-le-feu à travers l’intrusion d’un groupe d’agents en civil pour attaquer les civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement devant la brèche illégale d’El Guerguarat», Il a en outre déclaré que « le Maroc a procédé, en même temps, à un acte plus dangereux en laissant ses forces armées s’introduire dans l’autre côté du mur de l’humiliation et de la honte près de la brèche pour encercler la zone ». En réaction à cet acte «méprisable et désespéré», les forces de l’Armée populaire de libération sahraouie ont riposté aux troupes marocaines, tandis que les militants sahraouis ont affronté courageusement les «Baltaguia» (voyous) auxquels l’occupant marocain a fait appel», est-il noté.
    « C’est la guerre ! »
    «En fin de compte, les batailles ont commencé et la guerre imposée à notre peuple a éclaté, et avec elle nous sommes entrés dans une nouvelle étape décisive dans la lutte de notre peuple fier, défendant son droit légitime à la liberté, à la dignité et à la souveraineté», est-il ajouté. « Le Front Polisario appelle l’ensemble du peuple sahraoui à se dresser comme un seul homme avec fermeté et courage pour riposter à une éventuelle agression brutale et à achever la libération de la partie occupée avec tout ce que cela implique comme sacrifices », conclut le communiqué du gouvernement de la RASD. L’agence française de presse a souligné que « Nouakchott a annoncé mercredi que l’armée mauritanienne avait renforcé ses positions à la frontière avec le Sahara occidental «pour parer à toute éventualité». Elle a repris un haut responsable du MAE marocain qui lui a affirmé que « l’ONU, la Mauritanie et d’autres pays impliqués dans le dossier ont été prévenus de l’opération destinée à mettre un terme à la situation de blocage et restaurer la libre circulation civile et commerciale sur cet axe routier ». 
    Selon cette même source, l’AFP indique qu’ « il y a 108 routiers bloqués côté mauritanien et 78 de l’autre côté de la frontière, avec des véhicules de différentes origines, Maroc, Mauritanie ou France ». Forte du soutien de puissants pays occidentaux et arabes à son plan d’autonomie pour le Sahara Occidental, le Maroc s’est toujours accaparé les territoires, ressources et richesses de cette région au vu (en présence des observateurs de la MINURSO) et au su des institutions internationales censées défendre les droits des peuples opprimés. La communauté occidentale ferme les yeux et reste sourde depuis longtemps aux appels du Front Polisario pour la consécration de l’indépendance du Sahara Occidental, dernière colonie dans le Continent africain. Il semble que depuis que des Etats arabes du Golfe ont ouvert des représentations diplomatiques à Dakhla, la demande d’un référendum d’autodétermination par la RASD est définitivement enterrée. 
    Le Royaume marocain vient d’amorcer ainsi un dangereux virage dans le conflit qui l’oppose depuis une cinquantaine d’années au Front Polisario. Tous les indices montraient que les tensions entre les deux parties, notamment après l’ouverture illégale par le Maroc de trois nouvelles brèches dans le mur de sable en violation du cessez-le-feu décrété en 91 sous l’égide des Nations unies, allaient pousser à l’affrontement armé. Il n’est pas attendu du SG de l’ONU, Antonio Guterres, ni de la Représentante permanente auprès des Nations unies, Rhonda King, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, une réaction urgente et appropriée à la mesure de la missive urgente du président sahraoui faisant état de l’attaque militaire marocaine contre des manifestants pacifiques au niveau d’El Guerguarat. La Communauté internationale a toujours traîné le pas pour éviter de condamner officiellement les exactions marocaines contre le peuple sahraoui. Il faut avouer que le veto américain et français a toujours été brandi pour protéger le royaume. Bien que les forces militaires soient totalement déséquilibrées entre le Maroc et le Front Polisario, ce dernier jure par la voix de ses dirigeants politiques et militaires qu’il est prêt à reprendre les armes pour sauvegarder sa dignité. «La guerre a commencé. Le Maroc a liquidé le cessez-le feu», a déclaré hier à l’AFP le chef de la diplomatie de la République sahraouie, Mohamed Salem Ould Salek, après l’attaque de l’armée marocaine à El Guerguarat.
    La légitime défense
    « Les troupes sahraouies se retrouvent en situation de légitime défense et répliquent aux troupes marocaines qui essaient de continuer leur marche en dehors du mur de défense qui constitue la ligne de démarcation », a déclaré à l’agence le MAE sahraoui, interrogé par téléphone depuis Alger.
    Le mur de défense construit par le Maroc, qui sert de ligne de démarcation, écrit-elle, sépare les belligérants sahraouis et marocains depuis l’accord de paix de 1991.
    Ce mur est bordé de chaque côté par une zone tampon de cinq kilomètres de large sous la responsabilité de l’ONU ». Elle rapporte que «le Polisario avait averti dès lundi «que l’entrée de tout élément militaire, sécuritaire ou civil marocain à Guerguarat, qui borde une zone tampon contrôlée par les Casques bleus de la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso), serait considérée comme une agression flagrante, à laquelle la partie sahraouie répliquera énergiquement, en légitime défense et en défendant sa souveraineté nationale».
    L’agence sahraouie SPS a affirmé que « depuis plus de trois semaines, des Sahraouis civils (hommes et femmes) représentant notamment des associations de jeunesse, des femmes, des travailleurs, d’organisations de défense des droits de l’homme et plusieurs ONG opérant dans le domaine socioculturel, observent des sit-in à différents endroits le long du mur de sable érigé par l’occupant marocain. Ils manifestent pour exiger notamment la fermeture définitive de la brèche illégale d’El-Guerguarat dans l’extrême sud-ouest du Sahara occidental. Les manifestations se veulent, selon les organisateurs, un moyen de faire face aux manœuvres et provocations marocaines et réclamer l’organisation du référendum d’autodétermination, l’objectif pour lequel a été créée la Mission des Nations unies au Sahara occidental (Minurso).
    Aussi, les manifestants appellent à mettre un terme à la souffrance inacceptable du peuple sahraoui face au silence de l’ONU notamment dans les territoires occupés. Ils exigent également le retrait immédiat des troupes marocaines des territoires sahraouis occupés et de dévoiler le sort des disparus ainsi que la libération de tous les prisonniers civils sahraouis détenus dans les geôles marocaines ».
    Source : Le Quotidien d’Oran, 14 nov 2020
  • Sahara Occidental : Le soutien français au Maroc pointé du doigt

    De son côté, le député français de Seine maritime, Jean-Paul Lecoq, a averti que l’immobilisme diplomatique à l’encontre du Sahara occidental « risque d’avoir du sang sur les mains », relevant que le soutien français au Maroc est « la clef de voûte de cet immobilisme ». Dans une lettre adressée au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le membre de la commission des Affaires étrangères et président du groupe d’étude sur le Sahara occidental, M. Lecoq a soutenu que « la France doit enfin prendre son indépendance sur cette question et mesurer que la situation est explosive » au Sahara occidental occupé, notamment dans la région d’El-Guerguerat. « Faites en sorte que le Conseil de sécurité fasse pression sur le Maroc et sur la Minurso pour organiser un référendum d’autodétermination au plus vite. Ainsi, la Paix pourra être envisagée, et restaurée », a lancé M. Lecoq. 

    « Si la France n’agit pas, votre gouvernement se rendra coupable de la guerre qui pourrait advenir », a-t-il mis en garde. « Si cette possible guerre n’est souhaitée par personne au Sahara occidental, tout porte à croire que l’on s’en rapproche », a-t-il appelé. « Les Sahraouis avaient tenté d’attirer l’attention de la diplomatie internationale il y a dix ans en installant un campement pacifique à Gdeim Izik pour demander de meilleures conditions de vie et pour que le référendum d’autodétermination soit enfin mis en place », a-t-il rappelé dans sa lettre. « La police et l’armée marocaines ont démantelé ce campement par la force, et ont emprisonné des dizaines de personnes », a-t-il encore rappelé. 
    Le député européen n’a pas manqué de rappeler que le président de la République arabe sahraouie démocratique, Brahim Ghali, n’a pas exclu une réédition du mouvement de Gdeim Izik à Guerguerat en précisant que si les forces militaires et policières marocaines agissent comme à Gdelim izik », ce sera « un retour à la guerre », a soutenu le parlementaire français. « Le Front Polisario avait pourtant demandé à l’ONU de refermer cette brèche illégale ouverte par le Maroc », a soutenu le député français avant de rappeler avec regret que « cela avait été validé par le Secrétaire général de l’époque, mais n’avait pas été suivi d’effet sur le terrain ». « Encore une preuve de l’immobilisme de la diplomatie onusienne à l’encontre du Sahara occidental. 
    Cet immobilisme qui favorise le statu quo et donc le Maroc puisque, utilisant la politique du fait accompli, le Maroc a fini par élargir cette brèche et en a fait au fil des années une route commerciale entre la Mauritanie et le Maroc, passant par le Sahara occidental occupé », a-t-il encore dénoncé. Ainsi, souligne M. Lecoq, depuis une semaine, « des Sahraouis continuent leurs manifestations pacifiques devant cette brèche pour rappeler qu’il n’y a toujours pas d’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies depuis la démission de Horst Kohler en début d’année, pour dire que personne n’a fait fermer la brèche de Guerguerat ouverte pourtant en 1997, et que la Minurso n’organise toujours pas le référendum d’autodétermination prévu, lui, en 1991″. « Deux choses sont réclamées depuis trente ans sans que rien ne se passe : l’observation du respect des droits de l’Homme au sein des statuts de la Minurso, et surtout, l’absence d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui comme promis dans le cessez-le-feu de 1991, et raison d’être de la Minurso », a conclu M. Lecoq.
    L’EUCOCO condamne « une violation flagrante » du plan de règlement du conflit
    Pour sa part, le président du comité belge de soutien au peuple sahraoui, Pierre Galand, a condamné, hier, l’agression militaire marocaine à El Guerguerat, soulignant que l’acte du Maroc était « une violation flagrante » du plan de règlement du conflit du Sahara occidental parrainé par l’ONU. « Nous suivons de très près ce qui vient de se produire dans la zone tampon d’El Guerguerat, car, c’est une violation flagrante du plan de paix et de tout ce que la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental (Minurso) avait tenté de faire, bien que cela soit, pour l’instant, très limité », a déclaré Pierre Galand, également président de la Conférence européenne de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui (EUCOCO) à Canal Algérie. 
    Pour M. Galand, il s’agit d’ »une violation caractérisée de l’ensemble des conventions internationales. Le Maroc se comporte comme un colonisateur et les colonisateur sont toujours violents », affirmant que le Maroc a réagi de manière violente comme il l’a déjà fait lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik. « Dix ans plus tard voilà que le Maroc recourt, de nouveau, à la force contre une manifestation populaire non-violente d’un peuple qui exprime sa volonté d’aboutir à son indépendance par les voies légales et moyens pacifiques », a-t-il fustigé, en qualifiant la démarche marocaine de « crime extrêmement grave », qui pourrait être assimilé, d’après lui, à « un crime de guerre ». 
    Et de réaffirmer que le comité apporte son plein soutien à la résistance sahraouie et au Front Polisario qui a voulu mener une campagne pacifique pour rappeler à la communauté internationale ses obligations quant à l’organisation du référendum d’autodétermination au Sahara occidental ». À cet égard, il a invité la communauté internationale à » réagir d’urgence » et appelé le Conseil de sécurité à » mesurer les conséquences de son inaction », car, dit-il, « s’il y avait eu mise en œuvre du plan de règlement, nous n’en serions pas là ».
    B. Oubellil
  • Sahara Occidental : Le Rubicon a-t-il été franchi ?

    par Abdelkrim Zerzouri

    Et maintenant ? En intervenant militairement à Guerguerat, zone tampon au sud-ouest du Sahara Occidental, l’armée royale marocaine a-t-elle franchi le Rubicon sans se soucier des graves conséquences sur la sécurité dans la région ? Revigoré par la résolution 2548 (2020) du Conseil de sécurité de l’ONU, qui ne pouvait qu’attiser les tensions dans la région, comme on le soulignait sur ces colonnes le 3 novembre dernier, invitant en cela le Maroc et le Front Polisario, ainsi que l’Algérie et la Mauritanie de progresser sur la voie d’une solution politique, non sans tarir d’éloges à l’égard du Maroc, se félicitant même de ses efforts pour aller de l’avant vers un règlement du conflit, le Maroc a repris pied militairement dans une zone normalement sous contrôle de l’ONU. L’argument de ce qui est dénoncé par les Sahraouis comme une agression militaire odieuse et désespérée contre des civils isolés relève, selon un communiqué de l’armée marocaine, d’une intervention qui consiste en la mise en place d’un cordon de sécurité en vue de sécuriser le flux des biens et des personnes, et ce, suite au blocage du passage par des civils sahraouis qui manifestaient sur les lieux depuis le 20 octobre dernier contre l’exploitation de ce passage par les Marocains. 
    Selon le même communiqué de l’armée marocaine, il s’agit d’une opération « non offensive et sans aucune intention belliqueuse », qui se déroule « selon des règles d’engagement claires, prescrivant d’éviter tout contact avec des personnes civiles et ne recourir à l’usage des armes qu’en cas de légitime défense ». Côté sahraoui, on parle d’une « riposte défensive » des forces armées du Front Polisario, qui se sont accrochées avec les militaires marocains. Sommes-nous, déjà, en plein dans l’escalade militaire ? Rappelons qu’une situation similaire a été vécue en 2017, au même endroit, mais le Maroc a dû retirer ses troupes militaires après une conversation téléphonique entre le roi du Maroc Mohammed VI et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, fraîchement installé dans ses fonctions en ces moments-là. Le même scénario se répétera-t-il en 2020 ? Pas évident si l’on tient compte de l’évolution des rapports géostratégiques et l’entêtement du Makhzen à lier, plus que jamais, le destin du Maroc à la « marocanité » du Sahara Occidental. 
    En décidant d’intervenir militairement dans une zone tampon, le Maroc bafoue la légalité internationale et porte le risque d’embrasement dans la région à son summum. Des appels à la retenue et à la sagesse sont lancés d’un peu partout à travers le monde, notamment le président sud-africain et président en exercice de l’Union africaine (UA), Cyril Ramaphosa, qui a appelé à l’apaisement des tensions dans la région d’El Guerguerat, prônant le respect du plan de règlement du conflit au Sahara Occidental qui prévoit un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum autodétermination. Mais la reprise des hostilités militaires entre le Front Polisario et l’armée marocaine n’a jamais été si pesante. Pour le gouvernement sahraoui, qui a saisi le Conseil de sécurité à la suite de l’agression militaire en question, nous y sommes déjà de plain-pied dans la guerre. Considérant qu’ « en fin de compte, les batailles ont commencé », et appelant l’ensemble du peuple sahraoui à se « dresser comme un seul homme avec fermeté et courage pour riposter à une éventuelle agression brutale et achever la libération de la partie occupée avec tout ce que cela implique comme sacrifices ».
    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario 
  • Sahara Occidental : Le soutien français au Maroc pointé du doigt

    De son côté, le député français de Seine maritime, Jean-Paul Lecoq, a averti que l’immobilisme diplomatique à l’encontre du Sahara occidental « risque d’avoir du sang sur les mains », relevant que le soutien français au Maroc est « la clef de voûte de cet immobilisme ». Dans une lettre adressée au ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, le membre de la commission des Affaires étrangères et président du groupe d’étude sur le Sahara occidental, M. Lecoq a soutenu que « la France doit enfin prendre son indépendance sur cette question et mesurer que la situation est explosive » au Sahara occidental occupé, notamment dans la région d’El-Guerguerat. « Faites en sorte que le Conseil de sécurité fasse pression sur le Maroc et sur la Minurso pour organiser un référendum d’autodétermination au plus vite. Ainsi, la Paix pourra être envisagée, et restaurée », a lancé M. Lecoq. 

    « Si la France n’agit pas, votre gouvernement se rendra coupable de la guerre qui pourrait advenir », a-t-il mis en garde. « Si cette possible guerre n’est souhaitée par personne au Sahara occidental, tout porte à croire que l’on s’en rapproche », a-t-il appelé. « Les Sahraouis avaient tenté d’attirer l’attention de la diplomatie internationale il y a dix ans en installant un campement pacifique à Gdeim Izik pour demander de meilleures conditions de vie et pour que le référendum d’autodétermination soit enfin mis en place », a-t-il rappelé dans sa lettre. « La police et l’armée marocaines ont démantelé ce campement par la force, et ont emprisonné des dizaines de personnes », a-t-il encore rappelé. 
    Le député européen n’a pas manqué de rappeler que le président de la République arabe sahraouie démocratique, Brahim Ghali, n’a pas exclu une réédition du mouvement de Gdeim Izik à Guerguerat en précisant que si les forces militaires et policières marocaines agissent comme à Gdelim izik », ce sera « un retour à la guerre », a soutenu le parlementaire français. « Le Front Polisario avait pourtant demandé à l’ONU de refermer cette brèche illégale ouverte par le Maroc », a soutenu le député français avant de rappeler avec regret que « cela avait été validé par le Secrétaire général de l’époque, mais n’avait pas été suivi d’effet sur le terrain ». « Encore une preuve de l’immobilisme de la diplomatie onusienne à l’encontre du Sahara occidental. 
    Cet immobilisme qui favorise le statu quo et donc le Maroc puisque, utilisant la politique du fait accompli, le Maroc a fini par élargir cette brèche et en a fait au fil des années une route commerciale entre la Mauritanie et le Maroc, passant par le Sahara occidental occupé », a-t-il encore dénoncé. Ainsi, souligne M. Lecoq, depuis une semaine, « des Sahraouis continuent leurs manifestations pacifiques devant cette brèche pour rappeler qu’il n’y a toujours pas d’envoyé spécial du Secrétaire général des Nations unies depuis la démission de Horst Kohler en début d’année, pour dire que personne n’a fait fermer la brèche de Guerguerat ouverte pourtant en 1997, et que la Minurso n’organise toujours pas le référendum d’autodétermination prévu, lui, en 1991″. « Deux choses sont réclamées depuis trente ans sans que rien ne se passe : l’observation du respect des droits de l’Homme au sein des statuts de la Minurso, et surtout, l’absence d’un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui comme promis dans le cessez-le-feu de 1991, et raison d’être de la Minurso », a conclu M. Lecoq.
    L’EUCOCO condamne « une violation flagrante » du plan de règlement du conflit
    Pour sa part, le président du comité belge de soutien au peuple sahraoui, Pierre Galand, a condamné, hier, l’agression militaire marocaine à El Guerguerat, soulignant que l’acte du Maroc était « une violation flagrante » du plan de règlement du conflit du Sahara occidental parrainé par l’ONU. « Nous suivons de très près ce qui vient de se produire dans la zone tampon d’El Guerguerat, car, c’est une violation flagrante du plan de paix et de tout ce que la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental (Minurso) avait tenté de faire, bien que cela soit, pour l’instant, très limité », a déclaré Pierre Galand, également président de la Conférence européenne de soutien et de solidarité avec le peuple sahraoui (EUCOCO) à Canal Algérie. 
    Pour M. Galand, il s’agit d’ »une violation caractérisée de l’ensemble des conventions internationales. Le Maroc se comporte comme un colonisateur et les colonisateur sont toujours violents », affirmant que le Maroc a réagi de manière violente comme il l’a déjà fait lors du démantèlement du camp de Gdeim Izik. « Dix ans plus tard voilà que le Maroc recourt, de nouveau, à la force contre une manifestation populaire non-violente d’un peuple qui exprime sa volonté d’aboutir à son indépendance par les voies légales et moyens pacifiques », a-t-il fustigé, en qualifiant la démarche marocaine de « crime extrêmement grave », qui pourrait être assimilé, d’après lui, à « un crime de guerre ». 
    Et de réaffirmer que le comité apporte son plein soutien à la résistance sahraouie et au Front Polisario qui a voulu mener une campagne pacifique pour rappeler à la communauté internationale ses obligations quant à l’organisation du référendum d’autodétermination au Sahara occidental ». À cet égard, il a invité la communauté internationale à » réagir d’urgence » et appelé le Conseil de sécurité à » mesurer les conséquences de son inaction », car, dit-il, « s’il y avait eu mise en œuvre du plan de règlement, nous n’en serions pas là ».
    B. Oubellil
  • Sahara Occidental : Le Rubicon a-t-il été franchi ?

    par Abdelkrim Zerzouri

    Et maintenant ? En intervenant militairement à Guerguerat, zone tampon au sud-ouest du Sahara Occidental, l’armée royale marocaine a-t-elle franchi le Rubicon sans se soucier des graves conséquences sur la sécurité dans la région ? Revigoré par la résolution 2548 (2020) du Conseil de sécurité de l’ONU, qui ne pouvait qu’attiser les tensions dans la région, comme on le soulignait sur ces colonnes le 3 novembre dernier, invitant en cela le Maroc et le Front Polisario, ainsi que l’Algérie et la Mauritanie de progresser sur la voie d’une solution politique, non sans tarir d’éloges à l’égard du Maroc, se félicitant même de ses efforts pour aller de l’avant vers un règlement du conflit, le Maroc a repris pied militairement dans une zone normalement sous contrôle de l’ONU. L’argument de ce qui est dénoncé par les Sahraouis comme une agression militaire odieuse et désespérée contre des civils isolés relève, selon un communiqué de l’armée marocaine, d’une intervention qui consiste en la mise en place d’un cordon de sécurité en vue de sécuriser le flux des biens et des personnes, et ce, suite au blocage du passage par des civils sahraouis qui manifestaient sur les lieux depuis le 20 octobre dernier contre l’exploitation de ce passage par les Marocains. 
    Selon le même communiqué de l’armée marocaine, il s’agit d’une opération « non offensive et sans aucune intention belliqueuse », qui se déroule « selon des règles d’engagement claires, prescrivant d’éviter tout contact avec des personnes civiles et ne recourir à l’usage des armes qu’en cas de légitime défense ». Côté sahraoui, on parle d’une « riposte défensive » des forces armées du Front Polisario, qui se sont accrochées avec les militaires marocains. Sommes-nous, déjà, en plein dans l’escalade militaire ? Rappelons qu’une situation similaire a été vécue en 2017, au même endroit, mais le Maroc a dû retirer ses troupes militaires après une conversation téléphonique entre le roi du Maroc Mohammed VI et le secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres, fraîchement installé dans ses fonctions en ces moments-là. Le même scénario se répétera-t-il en 2020 ? Pas évident si l’on tient compte de l’évolution des rapports géostratégiques et l’entêtement du Makhzen à lier, plus que jamais, le destin du Maroc à la « marocanité » du Sahara Occidental. 
    En décidant d’intervenir militairement dans une zone tampon, le Maroc bafoue la légalité internationale et porte le risque d’embrasement dans la région à son summum. Des appels à la retenue et à la sagesse sont lancés d’un peu partout à travers le monde, notamment le président sud-africain et président en exercice de l’Union africaine (UA), Cyril Ramaphosa, qui a appelé à l’apaisement des tensions dans la région d’El Guerguerat, prônant le respect du plan de règlement du conflit au Sahara Occidental qui prévoit un cessez-le-feu et la tenue d’un référendum autodétermination. Mais la reprise des hostilités militaires entre le Front Polisario et l’armée marocaine n’a jamais été si pesante. Pour le gouvernement sahraoui, qui a saisi le Conseil de sécurité à la suite de l’agression militaire en question, nous y sommes déjà de plain-pied dans la guerre. Considérant qu’ « en fin de compte, les batailles ont commencé », et appelant l’ensemble du peuple sahraoui à se « dresser comme un seul homme avec fermeté et courage pour riposter à une éventuelle agression brutale et achever la libération de la partie occupée avec tout ce que cela implique comme sacrifices ».
    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario 
  • Sahara Occidental : Le Maroc mise sur l’escalade

    L’armée marocaine a mené, hier, une agression militaire à Guerguerat, dans l’extrême sud-ouest du Sahara Occidental. Par cette offensive, le roi Mohammed VI met un terme définitif au cessez-le-feu signé entre le Maroc et le Front Polisario en septembre 1991.
    Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – Mohammed VI a choisi d’engager son pays dans une nouvelle guerre contre le Front Polisario un vendredi 13, mettant ainsi fin au cessez-le-feu qui dure depuis 31 ans.
    Hier matin, des unités de l’armée marocaine ont mené une opération militaire en ouvrant trois brèches dans la zone de Guerguerat. Selon une source diplomatique sahraouie, l’attaque s’est produite dans la zone où des civils sahraouis manifestent depuis le 21 octobre pour exiger la fermeture d’une brèche illégale ouverte dans le mur de défense marocain. «Nos militaires ont réussi à mettre à l’abri tous les civils avant de riposter par des tirs aux agresseurs», assure notre source.
    De son côté, le Maroc a tenté de justifier cette attaque comme «opération du génie militaire visant à colmater une brèche», rapporte l’AFP en citant un responsable du ministère marocain des Affaires étrangères.
    Rabat profite depuis de nombreuses années de ce passage ouvert illégalement pour faire transiter des marchandises vers la Mauritanie et les pays d’Afrique de l’Ouest.
    Une situation que la République arabe sahraouie démocratique (RASD) dénonce officiellement auprès de l’ONU depuis 2001. Mais la communauté internationale s’est montrée incapable d’imposer au Maroc la fermeture de cette brèche.
    Lundi 9 novembre, le gouvernement sahraoui avait averti, dans un communiqué officiel, que l’entrée du Maroc sur le territoire libéré sera considérée comme une «agression flagrante» et enclenchera «une nouvelle guerre dans la région».
    «De nouveau encore, le gouvernement sahraoui avertit et réitère fermement que l’entrée de tout élément militaire, sécuritaire ou civil marocain, dans cette partie des zones libérées de la République sahraouie, ou la soi-disant bande de séparation, sera considérée comme une agression flagrante, à laquelle la partie sahraouie répliquera énergiquement, en légitime défense et en défendant sa souveraineté nationale. Ce qui signifiera, également, la fin de l’accord de cessez-le-feu et enclenchera une nouvelle guerre dans toute la région», précise ce communiqué.
    À ce titre, notre source indique que toutes les unités combattantes des 7 régions militaires se trouvent «en état d’alerte rouge» depuis plusieurs jours. «Il est évident que l’attaque marocaine donnera lieu à une riposte armée sur toute la ligne de front.
    Le statu quo imposé par Rabat avec la complicité de ses alliés fait que le peuple sahraoui n’a absolument rien à perdre. Mohammed VI vient de déclencher une guerre qui aura des conséquences désastreuses sur le Maroc», indique notre interlocuteur.
    Brahim Ghali, le Président sahraoui, a saisi officiellement le secrétaire général des Nations-Unies Antonio Guterres ainsi que Rhonda King la représentante permanente de Saint-Vincent-et-les Grenadines auprès des Nations-Unies, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, pour dénoncer l’agression marocaine.
    Pour le gouvernement sahraoui, la communauté internationale porte l’entière responsabilité de la situation qui prévaut depuis une trentaine d’années au Sahara Occidental.
    L’ONU a montré son incapacité à organiser un référendum d’autodétermination, seul objectif de l’accord de cessez-le-feu signé le 6 septembre 1991 entre le Front Polisario et le Maroc.
    T. H.
    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, 
  • Algérie : Retour imminent du Président Tebboune ?

    En tous les cas, c’est ce qui est annoncé par le quotidien Le Soir D’Algérie qui vient de publier sur sa page Facebook une information selon laquelle le Chef de l’Etat Abdelmadjid Tebboune serait sur le point de rentrer en Algérie.

    Pour rappel, le Président Tebboune est hospitalisé en Allemagne depuis le 28 octobre dernier ou il est soumis à un protocole médical suite à sa contamination par le Covid-19.

    Dans un précédent communiqué, la Présidence de la République avait indiqué que Abdelmadjid Tebboune réagissait favorablement au traitement et que son état évoluait favorablement.

    La Rédaction

    Source : La Nation, 12 nov 2020

    Tags : Algérie, Abdelmajid Tebboune,