Tag: Sahara Occidental

  • Pour qui roule l’OCI ?

    par Abdelkrim Zerzouri


    Au nom de qui parle l’Organisation de la coopération islamique (OCI) quand elle apporte son soutien à l’intervention militaire des forces armées marocaines dans la zone tampon d’El Guerguerat ? Le secrétariat général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a exprimé, avant-hier, son soutien aux mesures prises par le Maroc « pour garantir la liberté de circulation civile et commerciale dans la zone tampon d’El Guerguerat, au Sahara occidental ». Tout en condamnant toute menace de trafic dans cette région reliant le Maroc et la Mauritanie, et appelant à la désescalade et au respect des décisions de légitimité internationale. L’agression militaire du Maroc contre des civils qui manifestaient pacifiquement contre l’exploitation illégale de ce poste frontalier, situé dans une zone sous contrôle de l’ONU et non des Marocains, commence à donner lieu à la formation des blocs de soutien à l’une ou l’autre partie.

    C’est compréhensible que des pays, y compris parmi ceux qui appellent les deux antagonistes, le Maroc et le Front Polisario, au calme et à la retenue, se rangent derrière l’un ou l’autre, selon les tendances politico-militaires clairement exprimées ou cachées, mais quand l’OCI affiche une pareille position, franche et sans équivoque, épousant la cause des Marocains contre le Front Polisario, on ne peut qu’être époustouflé devant cet impair. De par la nature de cette organisation intergouvernementale, composée de 57 Etats membres, dont l’Algérie et d’autres pays, qui ont déploré, eux, clairement les «graves violations» du cessez-le-feu enregistrées vendredi dans la zone d’El Guerguerat au sud-ouest du Sahara occidental, appelant à la «cessation immédiate» de ces opérations militaires, ainsi que ses buts, parmi lesquels figurent l’élimination de la discrimination raciale et le colonialisme sous toutes ses formes, ce soutien n’a vraiment pas lieu d’être.

    On comprendrait pareille position qui émanerait d’Israël, des Emirats arabes unis, d’autres pays du Golfe, mais pas celle de l’OCI à laquelle sied la neutralité dans ce conflit entre musulmans, à défaut de défendre la légalité internationale et l’élimination du colonialisme, comme le définit sa charte. Et si ce soutien n’est qu’une orientation de l’Arabie Saoudite, pourquoi d’autres pays feraient-ils, alors, partie d’une organisation dont les intérêts et les principes sont à l’opposé de leur dogme ? A fortiori, l’OCI devait consulter les Etats membres à travers un sommet ou un Conseil des ministres des Affaires étrangères (CMAE), qui est le deuxième organe décisionnel après le sommet, avant de faire part de sa position à l’égard de ce problème qui se trouve sur la table de l’ONU depuis près d’un demi-siècle, sans avoir encore trouvé une solution. Quelles conséquences pourrait avoir ce comportement unilatéral et empressé de l’OCI, qui se met à la même longueur d’onde de pays qui ont déjà normalisé, ou favorable à une normalisation, de leur relation avec Israël ?

    Le Quotidien d’Oran, 16 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, OCI, Organisation de la coopération islamique, El Guerguerate,

  • Après l’agression marocaine: La guerre au Sahara

    Des bruits de bottes aux premières escarmouches, le Sahara occidental est depuis samedi en état de guerre. Après la violation de l’accord de cessez-le-feu de 1991, au niveau de la zone tampon de Guerguerat, et l’agression caractérisée de l’armée marocaine contre des civils sahraouis, la tension est montée de plusieurs crans.

    L’armée sahraouie a riposté avant hier à l’attaque. Des informations font état de pilonnage sur des positions marocaines tout au long du mur des sables, qui divise le territoire sahraoui en deux, l’un occupé par Rabat et l’autre libéré. Aucun bilan n’est disponible sur ces opérations de pilonnage. Les mêmes informations font état d’un vaste mouvement de troupes marocaines, sur certaines zones plus au sud. Même le gouvernement mauritanien semble nourrir des inquiétudes dans cette région proche du plus grand port du pays et son poumon économique, Nouadhibou. Des témoins auraient constaté la venue de renforts des unités militaires mauritaniennes, qui ont pris position sur certaines axes stratégiques. Des patrouilles ont été également observées et des mesures de protection ont été prises. Chez les marocains, c’est encore le blackout. Les médias locaux poursuivent leurs discours propagandistes, occultant sur ce qui s’est passé réellement dans cette région tampon et source de conflit depuis de longues années.

    Côté sahraoui, c’est l’alerte générale. Des centaines de jeunes sahraouis se sont rassemblées à l’entrée des bases militaires de l’armée sahraouie. Leur mot d’ordre est de s’enrôler rapidement dans ses rangs et répondre à l’appel de leur gouvernement pour défendre leurs terres et leurs droits. L’engouement de la jeunesse sahraouie est perceptible dans les territoires libérés. Une mobilisation à toute épreuve est constatée, même chez les associations féminines.

    Signe de la détermination, le Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), Ibrahim Ghali, à, officiellement, rompu l’accord de cessez-le-feu, entériné en 1991 entre le Maroc et la RASD, avant hier vendredi. C’est ce qu’a indiqué hier un communiqué de la présidence sahraouie.

    La même source a révélé que Ghali a instruit son état major militaire ainsi que le Conseil de sécurité de prendre toutes les dispositions subséquentes à ce décret présidentiel, entérinant de facto une situation de guerre. Pour rappel, l’Algérie a réagi, vendredi, à l’intervention marocaine dans la zone d’EL Guerguerat, au Sahara Occidental, appelant les deux parties à la retenue

    «L’Algérie déplore vivement les graves violations du cessez-le-feu enregistrées ce matin dans la zone d’El Guerguerat au Sahara occidental. Elle appelle à la cessation immédiate de ces opérations militaires, dont les conséquences sont de nature à affecter la stabilité de toute la région», écrit un communiqué du ministère des affaires étrangères (MAE).

    L’Algérie appelle les deux parties, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, «à faire preuve d’un sens de responsabilité et de retenue, et au respect, dans son intégralité, de l’Accord Militaire N°1, signé entre elles et l’ONU» est-il souligné.

    Affirmant, particulièrement, attendre du Secrétaire Général de l’ONU et de la MINURSO, l’accomplissement scrupuleux de leurs missions, sans restrictions ni entraves, et dans l’impartialité qu’exigent les développements actuels, l’Algérie réitère son appel à l’endroit du SG de l’ONU, en vue de la nomination, «dans les plus brefs délais, d’un Envoyé Personnel et la reprise effective des pourparlers politiques, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité, de l’Assemblée Générale de l’ONU et des Principes de la Charte», conclut le document du MAE.

    Le Jeune Indépendant, 15 nov 2020

  • Sahara Occidental : aide humanitaire algérienne aux réfugiés sahraouis

    L’aide humanitaire de l’Algérie au peuple sahraoui est arrivée lundi à l’aéroport de Tindouf

    L’aide humanitaire de l’Algérie au peuple sahraoui constituée de 60 tonnes est arrivée lundi matin à bord de deux avions militaires relevant des Forces Aériennes Algériennes, à l’aéroport Commandant Ferradj de Tindouf.
    Ces aides constituées de denrées alimentaires et de matériels pharmaceutiques ont été chargées, dimanche, depuis la Base Militaire de Boufarik (Blida) par les autorités civiles et militaires, à destination de la wilaya de Tindouf, en collaboration avec les cadres du Croissant rouge algérien (CRA).
    Lors de la supervision de l’opération de chargement de ces aides, en présence du Commandant de la Base aérienne de Boufarik, le général Djenadbia Faouzi, de l’Ambassadeur de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD) à Alger, Abdelkader Taleb Omar et du représentant du Haut Commissariat aux Réfugies en Algérie, Agostino Mulas, la présidente du CRA, Mme Saïda Benhabiles a affirmé que ces aides sont constituées de denrées alimentaires de première nécessité et de produits désinfectants.
    Cette initiative humanitaire s’inscrit dans le cadre du “soutien constant et indéfectible du peuple algérien au peuple sahraoui frère qui vit des conditions humanitaires difficiles”, a ajouté Mme Benhabiles, saluant le rôle de l’Armée nationale populaire (ANP) dans “le soutien des opérations humanitaires de manière générale, ainsi que celles menées par le CRA, le bras humanitaire des pouvoirs publics”.
    A cette occasion, l’ambassadeur sahraoui a présenté ses remerciements au peuple algérien pour son soutien au peuple sahraoui, saluant les efforts de l’ANP dans l’acheminement des aides humanitaires aux réfugiés sahraouis.
    Algérie1, 16 nov 2020
  • M. Guterres, la situation est-elle toujours "calme" au Sahara Occidental?

    Fin octobre 2020, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré au Conseil de sécurité que la situation dans le conflit du Sahra occidental était calme. Cependant, il semble que le chef de l’ONU et le peuple sahraoui diffèrent dans la définition du concept “calme”.

    Pour le portugais, la situation est calme au Sahara Occidental tant qu’il n’y a pas de conflit armé. Sans s’offusquer des arrestations arbitraires, des enlèvements, du viol, de la détention, des procès en imposture, des appauvrissements forcés, du vol de leurs richesses naturelles, la destruction des habitations, des abus et des tortures de leurs enfants dans les écoles, des négligences médicales intentionnelles, destruction de biens, extermination du bétail, mines antipersonnel, séparation des familles…

    Le calme dont parle Guterres n’a rien à voir avec le calme attendu par les sahraouis. C’est un calme défini par le parti pris d’un responsable onusien soumis aux ordres de la France colonialiste et aveuglé par les cadeaux du Maroc. Un homme qui n’a plus aucune crédibilité auprès d’un peuple dont le seul délit est de revendiquer le droit légitime de se prononcer sur son destin à travers un référendum juste et libre tel que préconisé par les différentes résolutions du Conseil de Sécurité et de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Un peuple trahi par la plus haute instance internationale et qui ne fait plus confiance à des négociations visant à imposer une solution aux ingrédients de Paris et Washington.

  • Sahara occidental : Enfin le réveil de l’ONU ?

    Sahara occidental / Attaque marocaine de Guerguerat : Enfin le réveil de l’ONU ?

    L’attaque marocaine dans la zone tampon de Guerguerat et la déclaration de «guerre» du Polisario rappellent l’existence du conflit du Sahara occidental et mettent les Nations unies devant leurs responsabilités à lui trouver une solution politique afin d’éviter un retour des belligérants aux hostilités interrompues par le cessez-le-feu en vigueur depuis septembre 1991. La réaction d’inquiétude du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et des capitales occidentales jugées influentes semble annoncer un réveil de la «communauté internationale» et l’inscription en priorité du dossier sahraoui à l’ordre du jour du Conseil de sécurité. Ce que veulent depuis des années les indépendantistes sahraouis…

    Le regain de tension entre le front Polisario et le Maroc à Guerguerat n’est pas une surprise pour les observateurs du dossier du conflit du Sahara occidental. Depuis 2016 au moins, cette zone tampon fait parler d’elle régulièrement en tant que terrain de confrontation permanent entre les indépendantistes sahraouis et l’armée marocaine. Signalés depuis ces quatre dernières années, et créant au passage, comme durant l’été 2016, une forte e crispation dans les relations entre Rabat et Nouakchott à qui il était reproché de fermer les yeux devant le trafic et la contrebande en tous genres profitable au Polisario, ces heures et échauffourées sporadiques dans ce périmètre frontalier démilitarisé et surveillé par la mission onusienne au Sahara occidental, la Minurso, révélaient la nouvelle bataille de positions que se mènent les belligérants depuis ce temps-là depuis le cessez-le-feu proclamé il y a près de 30 ans et surtout d’incapacité, voire de frilosité de l’ONU à trouver une solution au conflit.

    Cette bataille entre le Polisario et le Maroc s’est intensifiée au fur et à mesure que Guerguerat prenait de l’importance en tant que couloir d’échanges économiques et commerciaux entre le Sahara occidental sous contrôle de Rabat et la Mauritanie voisine et porte ouverte sur l’Afrique de l’Ouest, une destination de plus en plus prisée par les entreprises marocaines et internationales transitant par le Maroc ou ayant des intérêts économiques dans le royaume. Tous ceux qui ont voyagé dans cette région reviennent avec le souvenir d’une route aménagée par le Maroc traversant (en dépit de la légalité internationale) le mur militaire et la zone tampon, fréquentée par des norias de poids lourds qui passent quotidiennement de la partie sahraouie occupée par le Maroc vers la Mauritanie ; et par l’apparition au fil des ans d’une «zone franche» qui ne dit pas son nom et dont les profits reviennent à la partie marocaine qui accompagne ce «dynamisme» par un renforcement militaire d’abord discret puis de plus en plus visible. Ceci, au détriment du Polisario qui, conscient du danger du statu quo actuel sur le dossier du conflit du Sahara occidental et de la tournure prise par les flux commerciaux via Guerguerat, lesquels n’ont jamais été condamnés par les Nations unies en dépit de leurs conséquences sur le cessez-le-feu en vigueur depuis le 6 septembre 1991, multiplie les manifestations de présence dans ce périmètre devenu ultra stratégique.

    Quand ce ne sont pas des Sahraouis qui manifestent leur réprobation de cette drôle de situation par eux-mêmes, le Front n’hésite pas à harceler les forces marocaines postées illégalement sur place et à contrôler les poids lourds en circulation en réaction à l’inertie des éléments de la mission de la Minurso à ce poste frontière. Avant l’attaque marocaine de vendredi dernier suivie de combats qui n’ont pas cessé, hier, selon un communiqué du Polisario, des incidents ont été signalés depuis septembre dernier lorsque le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) a réaffirmé mardi 1er septembre 2020, son rejet «catégorique» de la persistance du passage illégal de Guerguerat, appelant le Conseil de sécurité «à contraindre d’urgence l’État d’occupation marocaine à la fermeture immédiate» de ce passage qui demeure «une source permanente de tension dans la région, ayant des conséquences désastreuses». «Il est inacceptable que la mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) continue de fermer les yeux sur la persistance de ce passage illégal et sur le transit quotidien de marchandises, y compris les énormes tonnes de drogue», avait déploré la RASD dans son communiqué, appelant à permettre à la Minurso «de mener à bien la mission pour laquelle elle a été mandaté par le Conseil de sécurité le 6 septembre 1991, afin de parachever le dernier cas de décolonisation en Afrique».

    Réveil de l’ONU

    La réaction du secrétariat général de l’ONU a été d’appeler «à la plus grande retenue», mais sans agir véritablement jusqu’à l’annonce vendredi par le Polisario de la fin du cessez-le-feu, une défaillance rappelée par l’Algérie qui a appelé l’organisation à assumer ses missions et imposer un retour au processus de négociations politiques. Ce qui, en attendant l’évolution sur le terrain des hostilités, semble se dessiner aujourd’hui avec la réaction observée à l’échelle internationale et conduire les indépendantistes sahraouis à un succès tactique au vu de l’inscription à nouveau annoncée du conflit sahraoui parmi les priorités du Conseil de sécurité de l’ONU, qui devrait se réunir durant cette semaine. D’ici-là, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit «préoccupé par les conséquences possibles» de l’attaque marocaine à Guerguerat. Selon son porte-parole, Stéphane Dujarric, le chef de l’ONU «reste déterminé à faire tout son possible pour éviter l’effondrement du cessez-le-feu» et à «à faire tout son possible pour éliminer tous les obstacles à la reprise du processus politique». Pour sa part, le chef de l’Union africaine (UA) s’est inquiété hier samedi des «menaces graves» sur le cessez-le-feu en vigueur depuis 1991 entre Maroc et Front Polisario au Sahara occidental et sur le statu quo dans la zone tampon. Dans un communiqué publié samedi, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, «exprime sa profonde préoccupation suite à la détérioration de la situation au Sahara occidental, notamment dans la zone des Guerguerat, et des menaces graves de rupture du cessez le feu en vigueur depuis 1991». M. Faki salue aussi «les efforts du secrétaire général des Nations unies et des pays de la région pour encourager vivement les parties à s’abstenir de tout changement du statu quo et à revenir dans les meilleurs délais à la table de

    L’Espagne, ancienne puissance coloniale au Sahara occidental, «exhorte les parties à reprendre le processus de négociation et à avancer vers une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable», a indiqué le ministère espagnol des Affaires étrangères dans un communiqué publié vendredi soir. «Le gouvernement espagnol soutient les efforts du Secrétaire général des Nations unies pour garantir le respect du cessez-le-feu au Sahara occidental», a ajouté le ministère. «Ces derniers jours, l’Espagne a fait des démarches en ce sens, en appelant à la responsabilité et à la retenue», a-t-il encore indiqué. Autre pays clé, la France a appelé vendredi à «tout faire pour éviter l’escalade et à revenir au plus vite à une solution politique», a déclaré le ministère français des Affaires étrangères. «Ces événements démontrent l’importance d’une relance rapide du processus politique, qui passe notamment par la nomination dans les meilleurs délais d’un nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies», a-t-il ajouté.

    Le chef de la Commission des Affaires étrangères du Parlement italien, Piero Fassino, s’est dit vendredi lui aussi préoccupé et a appelé à «ne pas alimenter la tension, éviter tout recours à la force et à reprendre le processus de paix sur la base des résolutions et des engagements du Conseil de sécurité». Le parlementaire italien a également exhorté les Nations unies à nommer un nouvel envoyé au Sahara occidental afin de «reprendre le processus de paix» à l’arrêt depuis la démission en mai 2019 de l’ancien président allemand Horst Kohler. 

    ReportersDZ, 15 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, El Guerguerate,

  • Sahara Occidental : Le Maroc tombe dans le piège du Polisario

    L’ojectif essentiel du Front Polisario n’était pas la fermeture de la brèche de Guerguerate, mais un piège savamment tendu dans lequel le Maroc est naïvement tombé. El Guerguerate a été le prétexte pour briser le joug représenté par cette mascarade de cessez-le-feu imposé au peuple sahraoui depuis 1991. La percée de l’armée marocaine dans la zone tampon était le moment tant attendu par le feu des combattants sahraouis pour ouvrir une nouvelle étape dans le conflit du Sahara Occidental qui dure depuis plus de 45 ans. Toute la ligne du front le long du mur de la honte a été la cible de l’artillerie de l’armée sahraouie. Du Mahbes, au nord, jusuqu’à El Guerguerate au sud.

    Aveuglé par le soutien inconditionnel de son allié français, le Makhzen a fini par se croire intouchable et pouvoir poursuivre son arrogance et ses défis à la légalité internationale donnant, ainsi, le tir de grâce aux années de bonheur dans lesquelles le Maroc agissait à sa guise.
    En raison du manque de lucidité de son roi et ses mauvais conseillers, le Maroc ne connaîtra plus de stabilité ni paix de la part d’un peuple qui en a assez de voir sa bonne volonté manipulée. Son état d’esprit a été manifesté par le geste du président sahraoui lorsqu’il a refusé de répondre à l’appel du secrétaire général de l’ONU. Ce dernier ne pourra plus écrire dans son rapport que la “situation est calme dans la région”. Guterres et ses commanditeurs du Conseil de Sécurité se sont retrouvés embarrassés par la courageuse décision du Front Polisario de mettre fin au cessez-le-feu définitivement pour la simple raison que “cessez-le-feu” et “référendum” sont deux faits indissociables dans le processus de paix initié en 1988 et qui vise à permettre au peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et à l’indèpendance via un référendum et ce dernier ne peut être organisé sans proclamer l’arrêt des hostilités et c’est la raison d’être de la MINURSO devenue un outil visant á réaffirmer la colonisation marocaine.
    La communauté internationale est unanime sur le fait que le Maroc a perdu une occasion d’or de retrouver la paix et la stabilité via un accord gagnant-gagnant avec les sahraouis. Maintenant, cette occasion appartient au passé et un nouveau cessez-le-feu ne sera plus possible si ce n’est sous les conditions du Front Polisario et dans le cadre des principes énoncés par la Charte des Nations Unies au sujet des territoires non autonomes dont le Sahara Occidental fait partie.
  • Reprise de la guerre au Sahara occidental: une ligne de fracture entre les anciens enjeux économiques et les nouveaux calculs géopolitiques

    Après le Nagorno Kara Bagh, les conflits reprennent en Afrique: en Éthiopie, la guerre du Tigré (Tigray) menace de déborder sur la province voisine de l’Amhara mais également sur l’Érythrée au risque de rallumer les feux d’une guerre régionale; au Sahara Occidental, le Maroc et le front Polisario reviennent à la case départ et reprennent le chemin de la guerre. L’Organisation de l’Union Africaine (UA) semble aux abonnés absents et son inertie totale au Sahel, en Afrique australe, dans la Corne de l’Afrique et en Libye met en doute non seulement sa crédibilité mais sa raison d’être.

    Au Sahara Occidental, le Polisario a toujours décrié les agissements de la Minurso, dont le staff a toujours été dominé par des officiers égyptiens jugés trop favorables aux thèses marocaines. Dans les faits, des membres de la Minurso sont impliqués dans la corruption, le pillage d’objets et de sites archéologiques non répertoriés et le trafic de drogues.

    Des éléments du Polisario et beaucoup de militaires marocains sont également impliqués dans divers circuits de corruption.

    La crise autour du point de contrôle de Guerguerat sis à l’extrême Sud du Sahara Occidental a d’ailleurs pour enjeux l’extension du trafic de stupéfiants jusqu’en Libye via le Sahel.

    La Libye est considérée comme un véritable eldorado pour le hashish marocain dont la diffusion se heurte à la fermeture des frontières avec l’Algérie. La Libye est également un point de redistribution de la drogue marocaine vers la Tunisie, l’Égypte et l’Europe via l’immigration clandestine en Méditerranée. Cet enjeu est vital au Maroc dont l’économie gonflée par les aides des pays du Golfe souffre de la crise du tourisme mondial et d’une dette avoisinant 91 % du P.I.B marocain. D’où l’importance vitale pour le Maroc d’ouvrir une route commerciale avec la Mauritanie à travers la zone démilitarisée (tampon). Ce que le Polisario considére comme une violation de l’accord de cessez-le-feu de 1991 et une première tentative d’occupation de ce que le Polisario considéré comme la « Zone Libre » ou « territoires libérés ». C’est donc le retour des hostilités.

    Cependant, mener une guerre ou une guérilla dans l’un des environnements les plus extrêmes de la planète n’est pas à la portée des belligérants qui souffrent de carences systémiques graves. Le Maroc ne peut que continuer à diffuser des communiqués de victoire destinés à une partie de l’opinion interne tout en incriminant l’Algérie tandis que le Polisario ne dispose d’aucune véritable force susceptible de changer le statu quo et surtout effectuer des brèches le long des 2700 kilomètres du mur de défense marocain, lui même défendu par des millions de mines antipersonnel. De son côté, l’Algérie ne répond jamais aux accusations marocaines et se contente de réitérer que la question du Sahara Occidental est un conflit de décolonisation opposant le Maroc au Polisario et dont la gestion incombe uniquement à l’Organisation des Nations Unies. En réalité, l’Algérie se soucie beaucoup moins du Maroc, pays avec lequel il existe des contacts et des réseaux souterrains que de de l’hostilité concertée des pays du Golfe et principalement le royaume d’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, le Koweït et le Bahreïn, en y voyant un prélude à un ciblage d’une amplitude dépassant de loin ce que Alger qualifie de « gamineries du Sahara Occidental ». D’un point de vue stratégique, les pays du Golfe financent déjà une sorte d’encerclement géopolitique de l’Algérie dans un contexte n’ayant rien à voir avec le Sahara Occidental ou les relations avec le Maroc et c’est cela qui inquiète le plus l’armée algérienne. Fait significatif, une des chaînes TV publiques algériennes a diffusé pour la première fois l’essai d’un missile balistique tactique Sol-Sol 9K720 Iskander E (SS-26 Stone) par l’armée algérienne. Un message clair aux forces soutenues et financées par les Émirats Arabes Unis et les autres pays du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) en Libye.

    Pour la première fois, une chaîne de la télévision publique algérienne a diffusé l’essai d’un tir de précision d’un missile balistique tactique Sol-Sol Iskander E. Un fait rarissime compte tenu que toute information sur d’eventuels vecteurs balistiques est un sujet totalement tabou en Algérie depuis 1989.

    Reste le principe de réalité. Le Maghreb n’est pas du préparé aux bouleversements qui s’annoncent et toute déstabilisation de cette région aura des conséquences apocalyptiques sur l’Europe occidentale. A titre de comparaison, la déstabilisation de la Libye, l’un des pays du Maghreb les moins peuplés (six millions d’habitants) et où il n’y avait aucune forme de flux migratoire vers l’Europe, a ouvert les vannes d’un véritable déluge migratoire sur l’Europe qui se poursuit jusqu’à cet instant. Qu’en sera t-il si les autres pays du Maghreb totalisant une population de 120 millions de personnes s’effondrent et qui sont traditionnellement connus pour être des réservoirs de migrants vers l’Europe ? Ce sera à coup sûr la fin definigive d’une Europe déjà très mal au point et en état de pourrissement avancé.

    Source : Strategika51, 15 nov 2020 (traduction non officielle)

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie, Polisario, Libye, trafic de drogue, cannabis, haschich, El Guerguerate,

  • Sahara Occidental: Le Maroc vise-t-il à replonger dans sa guerre contre les Sahraouis ?

    RABAT VIOLE LE CESSEZ-LE-FEU AVEC LE FRONT POLISARIO : Le Maroc vise-t-il à replonger dans sa guerre contre les Sahraouis ?

    La dégradation de la situation dans la région de Guerguerat au Sahara occidental s’accélère, avec la persistance des autorités marocaines à occuper des territoires sahraouis, à maintenir le cap de la violation de l’accord du cessez-le feu, conclu en 1991, avec le Front Polisario, sous l’égide des Nations unies, en vue de la tenue du référendum d’autodétermination, qui n’a pas vu le jour depuis.

    À Guerguerat, il n’y a pas eu uniquement un bruit de bottes, par l’entassement de soldat marocains, mais par des tirs militaires contre les civils sahraouis, que le Front Polisario, dont son Secrétaire général, président de la République sahraouie, Brahim Ghali, a alerté l’ONU et son Conseil de sécurité, sur ces risques, les semaines passées sans manquer de mettre en garde le Maroc, sur les conséquences de toute agression militaire contre les Sahraouis et les territoires du Sahara occidental, dont ceux libérés par l’Armée de libération du peuple sahraoui, avant l’entrée en vigueur, en 1991, du cessez-le-feu. Il est à rappeler que le royaume chérifien vient de récidiver, à Guerguerat, en violation des accords N°1, du cessez-le-feu, après avoir tenté, en 2017, cette manœuvre militaire, avant qu’il soit rappelé à l’ordre par l’ONU, et sous sa pression, il procède au retrait, en février 2017, des unités de la gendarmerie, pour demeurer derrière le mur de sable séparant les territoires libérés du Sahara occidental, de ceux encore sous occupation marocaine. À moins de quatre jours, des tirs de l’armée marocaine à Guerguerat, le responsable du secrétariat du Front Polisario, Khatri Adouh, a averti le Maroc et alerté la communauté internationale sur les conséquences des manœuvres militaires du royaume chérifien, pour forcer l’ouverture d’un passage à Guerguerat, en violation des accords du cessez-le feu. Affirmant que le peuple sahraoui répondra «fermement à toute manœuvre menée par l’occupation marocaine visant à ouvrir la brèche illégale d’El Guerguerat», Khatri Adouh a déclaré lundi dernier, à partir de Guerguerat, animant un meeting populaire de sahraouis, que «l’occupation marocaine se prépare à l’escalade et la confrontation », en faisant appel, précise-t-il « aux mercenaires, soldats et colons qui travaillent dans les territoires occupés afin de couvrir l’intervention militaire à la zone tampon», a relevé M. Adouh. Annonçant, hier, avoir lancé une opération militaire dans la zone de Guerguerat, région située dans les territoire libérés du Sahara occidental, que les autorités coloniales marocaines n’occupent pas, suite au tracé établi, dans les accords de cessez-le-feu avec le Front Polisario, sous l’égide des Nations unies (ONU), en 1991, Rabat replonge non seulement l’ensemble de la région nord-africaine, dans les conséquences du feu d’une guerre entre, le Maroc et le Front Polisario, mais aussi le continent africain, appelés, plus qu’avant à sortir du tourbillon des tensions et des guerres pour s’assurer un destin, selon les aspirations des peuples africains. Ayant failli, depuis la création de la mission onusienne pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (MINURSO), par la non application du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, et ne pas tourner, ainsi, la dernière page d’un système colonial sur notre continent, l’ONU et son Conseil de sécurité ont contribué gravement, non seulement aux souffrances des années durant du peuple sahraoui, mais au retour du bruit des armes, et non des bottes, entre un Maroc, s’obstinant à demeurer illégalement au Sahara occidental et un peuple déterminé à recouvrir son indépendance, par la volonté de générations de sahraouis et la force du droit international, relatif aux droit des peuples colonisés à l’autodétermination. Hier, le ministère des Affaires étrangères de la république sahraouie a annoncé que le Front Polisario « répliquait à l’opération que l’armée marocaine avait initiée ce vendredi (hier : NDLR) ». Le chef de la diplomatie sahraouie, Mohamed Salem ould Salek a déclaré, en effet, sur les agissements militaires du Maroc « c’est une agression et que les sahraouis se retrouvent en situation de légitime défense et répliquent aux troupes militaires marocaines » avant d’indiquer, dans ses déclarations à l’AFP, que «la guerre a commencé, du fait que le Maroc a liquidé le cessez-le feu » a-t-il précisé.

    Mohamed VI dans la peau de HASSAN II pour torpiller la légalité internationale

    Il est à se demander qu’elles sont les raisons réelles ayant amené Le roi du Maroc à reprendre la tenue militaire, abandonnée, par son père Hassan II, suite à la conclusion, en 1991, de l’Accord de cessez-le feu avec le Front Polisario, sous l’égide de l’ONU, en s’aventurant à lancer une opération militaire, en violation de l’accord-du cessez le feu et les résolutions du Conseil de Sécurité sur la dernière question de décolonisation, en Afrique, inscrite sur l’agenda de l’ONU et de l’Union africaine (UA). Par l’opération militaires des autorités coloniales marocaines à Guerguerat, contre les civils sahraouis, femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, mobilisés de l’autre côté du mur de la honte, pour bloquer l’ouverture de brêches à Guerguerat par le Maroc, pour accéder aux marchés de la Mauritanie et de l’Afrique de l’Ouest, le Roi Mohamed V revient ainsi, près de 44 années en arrière, pour tenter d’imposer, par le feu des armes, sa ré-occupation militaire, à travers ces manœuvres de son armée, de ces dernières années, à Guerguerat, mettant ainsi en branle ses engagements avec la communauté internationale, principalement le Conseil de sécurité. Mohamed VI se soucie-t-il vraiment simplement des 200 routiers, dont des français et des espagnols, bloqués côté forces marocaines derrière le mur de la honte, depuis le 28 octobre dernier, par la par la mobilisation pacifique de sahraouis, refusant de voir les instruments du système colonial marocaine frôler le sol de la partie libérée, de Guerguerat, en violation aussi de l’accord de cessez -le feu, face au mutisme du Conseil de sécurité face à l’escalade marocaine, dans cette région. Mohamed VI sera-t-il en mesure d’aller sur une guerre, avec le Front Polisario, que son père, le roi Hassan II , qui après avoir envahi militairement, en 1975, le Sahara Occidental et affronté avec des pertes considérables, la lutte armée du peuple sahraoui, a fini par mener des négociations avec le Front Polisario, sous l’égide de l’ONU, aboutissant à un cessez-le-feu en prévision de la tenue du référendum d’autodétermination ? Après une éclipse sur la scène marocaine, et les frasques et les scandales qui ont fait parler de lui, le roi marocain est revenu, pour s’afficher avec les responsables de la monarchie des Emirats arabes unis, appuyant sans surprise d’ailleurs leur soutien à la colonisation. Par ailleurs, avec la non prise en compte, par le Conseil de sécurité, des mises en garde du seul représentant légitime et unique du peuple sahraoui, le Front Polisario, a ouvert les appétits à l’occupant marocain, en décidant d’opérer militairement contre les civils, s’inspirant ainsi non seulement de son père, Hassan II, en 1975, mais aussi des expériences de l’armée de l’entité sioniste, dans ses agressions militaires répétitives, contre des civils palestiniens, à Ghaza comme en Cisjordanie, en violation des accords d’Oslo, pour Israël , et de ceux précités de 1991, par Maroc. Par la non nomination à ce jour, par le Conseil de sécurité, de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, ses membres, dont principalement ceux détenteurs du droit de veto ont leur part de responsabilité dans à la dégradation de la situation à Guerguerat et avec leur mutisme aux appels alertant des responsables sahraouis ont ouvert la brèche, au Maroc pour torpiller les Accord de cessez-le feu de l’ONU et la Légalité internationale. Comme le Conseil de sécurité a été responsable, par sa réaction inappropriée et inadéquate, suite à l’expulsion par le Maroc du personnel de la Minurso, en 2016 et plus encore, par la non-application du droit internationale au Sahara occidental.
    Karima Bennour

    Le Maroc viole l’accord du cessez-le-feu avec le Front Polisario

    Les forces armées marocaines ont « délibérément » violé l’accord de cessez-le-feu signé entre les deux parties au conflit au Sahara occidental, en dépêchant des forces militaires par trois voies à l’est de la brèche illégale à Guerguerat, non loin des civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement dans cette région depuis le 21 octobre dernier, réclamant la fermeture définitive de la brèche illégale. L’opération, considérée comme une « violation flagrante » de l’accord de cessez-le-feu de 1991, conclu entre le Maroc et le Front Polisario sous l’égide de l’ONU constitue, selon les responsables sahraouis, « une attaque directe contre le peuple sahraoui ». Celui-ci poursuit, le Front Polisario « est placé, ainsi, que son mouvement de libération nationale, le Front Polisario, en position de légitime défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RASD » . L’Armée de libération populaire sahraouie « a commencé à répondre avec la fermeté requise à cette agression et à la marche hostile du Maroc » qui inflige, est-il souligné « un sérieux revers à l’accord de cessez-le-feu ». Le Front Polisario et le gouvernement sahraoui tiennent, affirme la même source « le Royaume du Maroc pleinement responsable de toutes les conséquences dangereuses de cette attaque sur la sécurité et la stabilité de la région » , ainsi que sur l’avenir de l’Accord de paix qui est bloqué, poursuit-on « depuis des années en raison du non-respect de cet accord par le Maroc ». Le Maroc a mené vendredi une agression militaire dans la région d’El Guerguerat, au sud-ouest du Sahara occidental, où des Sahraouis civils manifestaient pacifiquement depuis le 21 octobre pour réclamer la fermeture définitive de la brèche illégale créée dans le mur de sable érigé par l’occupant marocain.
    K. B./SPS

    Ce que dit l’accord militaire n° 1, conclu en 1991 sous l’égide de l’ONU, entre le Front Polisario et le Maroc

    La brèche ouverte dans le mur de sable est une transgression de l’accord militaire n° 1, signé le 24 décembre 1997, entre le général Burand Lubenik pour la Minurso et Brahim Ghali, pour le Front Polisario, d’une part et entre la mission onusienne et le Maroc, le 22 janvier 1998, d’autre part. L’accord définit la zone située entre El Guerguerat en territoire du Sahara occidental occupé et la frontière mauritanienne comme une » buffer stripe » (bande tampon). Large de cinq km, elle sépare deux zones restreintes » restricted zone ». La première de 30 km sous occupation du Maroc et la deuxième de 25 km, sous contrôle du Front Polisario. Au-delà, il y a deux autres zones à restrictions limitées séparées par le mur l’une à l’ouest sous occupation marocaine et l’autre à l’est sous contrôle du Front Polisario . L’accord confine les Marocains à l’intérieur du mur de sable. En août 2016, le Maroc a décidé de bitumer les cinq km de la zone tampon d’El Guerguerat jusqu’à la frontière mauritanienne, en plein centre de la zone démilitarisée. L’accord militaire n°1 stipule que l’accès à la zone tampon qui commence d’El Guerguerat est interdit aux troupes et aux engins des forces armées royales marocaines et du Front Polisario. Or, lorsqu’il a entrepris les travaux du bitumage en 2016, le Maroc a utilisé les engins du génie militaire. La violation est flagrante: L’intervention énergique des forces sahraouies, rapidement déployées dans la région, met un terme à la duperie et rétabli le statu quo anterieur. En face, le Maroc avait déplacé des unités de la gendarmerie royale qu’il retirera en février 2017, sous la pression des Nations unies.
    K. B.


    Le Courrier d’Algérie, 15 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc, 

  • Sahara Occidental : La classe politique algérienne condamne l'agression marocaine

    AGRESSION MAROCAINE CONTRE LE SAHARA OCCIDENTAL : Vives condamnations de la classe politique nationale

    Les réactions de la classe politique nationale, condamnant l’agression marocaine contre la région sahraouie d’El Guerguerat, continuent à fuser de partout.
    Ainsi, après les partis El Islah et le FLN qui ont dénoncé la démarche belliqueuse marocaine c’est au tour de Talaâ El Hourriet, du RND, du parti Jabhat Elmoutasqbel, et du parti El bina de Bengrina de réagir contre l’escalade marocaine contre les civils désarmés d’El Guerguerat. Dans un communiqué publié, hier, le parti Talaia El Hourriet, a condamné avec force l’agression marocaine contre la région d’El Guerguerat. Il s’agit d’une « violation dangereuse du cessez-le-feu conclu en 1991 entre la partie marocaine et le Front Polisario sous l’égide de l’Onu et un désengagement de la partie marocaine de toutes ses obligations internationales ratifiées avec le Front polisario. Nous condamnons fermement cette agression» lit-on dans le texte diffusé, avant d’appeler les autorités marocaines à mettre fin immédiatement et sans condition à cette agression. Le parti a exhorté l’organisation onusienne et le Conseil de sécurité de l’Onu à faire le nécessaire pour une résolution de la question sahraouie, en organisant en urgence un référendum portant sur l’autodétermination du peuple sahraoui. Le Rassemblement national démocratique (RND) a, de son côté, dénoncé l’attitude belliqueuse marocaine contre les civils sahraouis dans une zone tampon. « L’agression marocaine constitue une violation flagrante du cessez-le-feu signé en 1991 entre la partie marocaine et le Front Polisario sous l’égide des Nations unies que nous condamnant fermement », lit-on dans le communiqué du parti, tout en appelant le Maroc à cesser ses provocations et attaques contre le Sahara Occidental. « Le Rassemblement national démocratique (RND) dénonce les provocations de l’occupant marocain dans la zone tampon d’El Ghuerguerat, terre sahraouie.
    Une agression militaire qui constitue une menace pour la stabilité régionale, une violation du cessez-le-feu conclu en 1991, et un coup dur pour tout le processus de résolution de la question sahraouie devant conduire à l’autodétermination du peuple sahraoui dans le cadre des résolutions onusiennes portant sur la question», a indiqué un communiqué du parti diffusé hier.
    L’ONU appelée à assumer ses responsabilités
    Le parti de Tayeb Zitouni a appelé en outre l’Onu, à assumer ses responsabilités pour imposer le respect du cessez-le-feu entre les parties en conflit, ainsi que la relance de la mission de la Minurso dont le rôle est justement l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui. « Nous appelons l’organisation onusienne à protéger le peuple sahraoui de la politique répressive marocaine et d’activer le principe du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination pour libérer la dernière colonie en Afrique », a conclu le texte. De son côté, l’Alliance nationale républicaine (ANR) a dénoncé avec force l’intervention militaire marocaine contre la région sahraouie d’El Guerguerat, en violation de cesser-le-feu de 1991. Une agression qui, ajoute le texte, mettra en difficulté « toute les chances et les efforts onusiens basés sur le principe de l’autodétermination du peuple sahraoui.
    Des efforts sapés par la partie marocaine qui fuit ainsi ses responsabilités et fait fi de toutes les résolutions onusiennes consacrant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination » Le parti a réitéré par ailleurs son soutien inconditionnel à la cause sahraouie et à son droit à l’autodétermination dans le cadre des résolutions des Nations unies. Abdelaziz Belaïd, président du Front El Moustaqbel a, de son côté, condamné fermement l’assaut militaire des forces marocaines contre des terres sahraouies et des civils sahraouis innocents et désarmés en violation du cessez-le-feu en vigueur depuis 1991, appelant la communauté internationale à prendre ses responsabilités notamment l’Onu qui doit, selon le communiqué du parti, prendre les dispositions nécessaires dans le cadre de la légalité internationale consacrant le droit du peuple sahraoui à son autodétermination. Le parti n’a pas omis par ailleurs de saluer les efforts de la diplomatie algérienne et son soutien indéfectible pour la cause sahraouie. Idem pour la formation de Bengrina, El Binaa El watani, qui a dénoncé énergiquement à son tour, l’agression marocaine, appelant l’Onu à agir et prendre les mesures qui s’imposent. « Nous suivons avec une grande inquiétude l’opération d’assaut militaire menée par des unités de l’armée marocaine contre le peuple sahraoui sans défense et pacifique dans la région de Guerguerat au Sahara occidental à la frontière avec la Mauritanie », a posté le mouvement sur sa page facebook. Et d’ajouter: «Nous exprimons notre ferme condamnation de cette attaque qui constitue une violation flagrante du droit international, et une menace pour la paix et la sécurité internationales, et un acte de provocation visant à saper le processus de règlement la cause du Sahara occidental, qui est supervisé par les Nations unies. Pour sa part, l’expert en droit international, Amar Tahar-Eddine, a affirmé, vendredi, que l’agression militaire marocaine dans la zone-tampon d’El Guerguerat constituait une violation des règles du droit international et de la Charte des Nations unies, d’où l’obligation pour le Conseil de sécurité d’intervenir pour mettre un terme à cette agression.
    « Le Front Polisario a droit à la légitime défense »
    Dans une déclaration à l’agence nationale de presse (APS), l’enseignant de droit international à l’Université de Tizi-Ouzou a indiqué que « l’agression marocaine sur les civils sahraouis dans la zone tampon d’El Guerguerat est une violation du cessez-le-feu, des règles du droit international et des résolutions onusiennes, notamment celles du Conseil de sécurité », affirmant que le Maroc est l’auteur de cette agression et par conséquent il doit en assumer les responsabilités.
    Il a estimé par ailleurs que le Polisario est en droit de répliquer à l’attaque marocaine « dans le cadre du droit de la légitime défense, conformément aux dispositions de l’article 51 de la Charte des Nations unies ». S’appuyant sur le chapitre VII de la Charte onusienne, l’intervenant a souligné que le Conseil de sécurité doit intervenir en cas d’acte d’agression et de rupture de la sécurité et de la paix internationales en vue de mettre un terme aux actes d’agression marocains et d’instaurer la paix dans la région. Le Dr Tahar-Eddine a fait état, dans ce sens, d’une éventuelle réunion d’urgence du Conseil de sécurité en vue d’examiner cette question et prendre les décisions adéquates, conformément à ses prérogatives.
    M.O.
  • Sahara occidental: Borrell s’entretient avec Bourita et Boukadoum

    Le Haut représentant Josep Borrell s’est entretenu ce dimanche 15 novembre avec les Ministres des Affaires étrangères du Royaume du Maroc Nasser Bourita et de l’Algérie Sabri Boukadoum, afin de s’informer des derniers développements dans la zone de El Guerguerat, suite aux derniers évènements qui s’y sont déroulés.

    Le Haut représentant a rappelé à cette occasion le plein soutien de l’UE aux efforts des Nations Unies et de son Secrétaire Général en vue de trouver un règlement pacifique à la question du Sahara occidental, dans le respect des résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité des Nations Unies et tout particulièrement de la dernière résolution (2548) adoptée le 30 octobre 2020. Dans ce contexte, il a souhaité une reprise rapide des discussions sous la conduite des Nations-Unies et d’un nouvel Envoyé personnel du Secrétaire Général des Nations Unies pour le Sahara occidental.

    Le Haut représentant a notamment souligné l’importance primordiale de veiller au respect des accords de cessez-le-feu en place depuis 1991 et réitéré le plein soutien de l’UE aux efforts de la MINURSO à cette fin. Dans ce cadre, le Ministre des Affaires étrangères marocain a assuré le Haut représentant de l’attachement de son pays au respect du cessez le feu.

    Le Haut représentant a aussi tout particulièrement insisté sur la préservation de la liberté de circulation et des échanges transfrontaliers dans la zone d’El Guerguerat, et son impact important sur toute la région du Maghreb et du Sahel, région d’importance stratégique. Une solution politique à la question du Sahara occidental est essentielle pour la coopération régionale entre les pays du Maghreb, la stabilité, la sécurité et la prospérité de la région, et ce encore plus au regard des difficultés économiques actuelles à la pandémie du Covid-19.

    EEAS, 15 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc, Union Européenne, Josep Borrell,