Tag: Sahara Occidental

  • Sahara Occidental : La dignité retrouvée avec la guerre

    La reprise de la lutte armée au Sahara Occidental a eu comme effet un sentiment de dignité retouvée auprès de la population sahraouie. Le soutien à la décision du Front Polisario de mettre fin au cessez-le-feu est unanime. On dirait que leur but n’est pas l’indépendance, mais la guerre. Pourquoi?

    Parce que le cessez-le-feu et le plan de paix onusien étaient conçus comme des chaînes qui imposaient la soumission aux caprices colonialistes du Maroc et de la France. Le premier tir lancé contre les positions marocaines a été comme un cri de libération d’une domination qui dure depuis le 6 septembre 1991.

    Depuis le 14 novembre, les camps des réfugiés sahraouis se sont vidés de leurs hommes. Aux écoles de formation militaire il n’y a plus de place pour tous les volontaires qui veulent s’engager dans l’Armée de Libération Populaire Sahraouie. L’envie d’en découdre avec l’armée marocaine est indescriptible.

    Selon le blogueur sahraoui Essid Hamdi Yahdih, l’impact de la guerre, même si elle n’est qu’à ses débuts, a eu plus d’effet que 30 ans de processus de paix sous les auspices des Nations Unies.

    Dans un article initulé “une salve vaut mieux que 30 ans de négociations stériles”, Essid a indiqué que la simple annonce de la fin du cessez-le-feu poussera le monde à se précipiter en vue de retourner la situation à l’apaisement parce que la reprise des hostilités pourrait enflammer toute la région, y compris le Sahel.

    Essid Hamdi affirme que la déclaration de guerre est comme une médaille d’honneur du fait qu’elle a permis aux sahraouis de démontrer l’inefficacité de l’ONU sur une question qui relève d’une simple décolonisation.

     

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Les États-Unis vont appliquer des droits sur les importations d’engrais phosphatés du Maroc et de la Russie

    (Reuters) – Le département américain du Commerce a déclaré mardi qu’il fixerait des droits préliminaires sur les importations d’engrais phosphatés en provenance de Russie et du Maroc, après avoir ouvert une enquête pour déterminer si les producteurs de ces pays recevaient des subventions injustes.

    Le département a fixé bit.ly/363xEOO des droits préliminaires de 23,46% sur les importations en provenance du groupe marocain OCP et d’autres producteurs du pays, de 20,94% sur celles du russe Phosagro, de 72,50% sur EuroChem et de 32,92% sur tous les autres producteurs russes.

    La décision fait suite à une enquête ouverte en juillet sur des pétitions déposées par la société américaine d’engrais Mosaic Co.

    Les actions de Mosaic ont augmenté d’environ 10% à 22,57 $, leur plus haut niveau en plus d’un an, tandis que les actions cotées aux États-Unis et au Canada du rival Nutrien ont augmenté de plus de 3%.

    L’année dernière, les importations d’engrais phosphatés du Maroc étaient évaluées à environ 729 millions de dollars et de la Russie à environ 299 millions de dollars, selon les données du département.

    Une offre excédentaire sur le marché du phosphate a nui aux prix de l’engrais l’année dernière et au début de cette année. Si la forte demande de l’Inde et du Brésil a contribué à augmenter les prix plus récemment, les gains ont été limités en raison des stocks excédentaires.

    La société canadienne Nutrien, le plus grand fabricant d’engrais au monde en termes de capacité, a pris une charge pour dépréciation au troisième trimestre, invoquant des perspectives à long terme «moins favorables» pour les prix du phosphate et l’offre excédentaire.

    Une décision finale du département du commerce est attendue le 8 février, suivie de la décision finale de la Commission du commerce international le 25 mars, avec l’émission d’une ordonnance le 1er avril.

    L’analyste de BMO Marchés des capitaux, Joel Jackson, a déclaré qu’il s’attend à ce que les primes de prix des phosphates aux États-Unis continuent de se maintenir à court terme.

    Il a ajouté qu’historiquement, les droits, s’ils sont imposés, n’ont pas changé sensiblement entre les déterminations préliminaires et finales.

    Source : Reuters, 24 nov 2020

     

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Sahara Occidental : L’Armée sahraouie poursuit son offensive

    Les forces de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) ont poursuivi, hier mercredi, au 13eme jour consécutif, leurs attaques intenses le long du mur de la honte. Ils ont ciblé plusieurs sites de retranchement des forces d’occupation marocaines, a indiqué le ministère sahraoui de la Défense.

    Il est précisé que les bombardements des sites ciblés ont touché les forces d’occupation marocaines notamment dans le secteur de Haouza. Les unités de l’APLS ont ciblé à plusieurs reprises des concentrations de l’armée d’occupation marocaine dans le secteur de Haouza et ont aussi visé les positions marocaines dans le secteur d’Amgala et celui d’El Beggari. « Les vaillantes unités de l’APLS sont déterminées à poursuivre la destruction des bastions des envahisseurs le long du mur de l’humiliation et de la honte », a poursuivi le ministère de la Défense sahraoui. L’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) avait lancé des attaques intenses le long du mur de la honte, ayant ciblé plusieurs sites de retranchement des forces d’occupation marocaines, après la violation marocaine de l’accord de cessez-le-feu en ciblant les civils sahraouis sans défense qui manifestaient pacifiquement devant la brèche illégale d’El-Guerguerat. 
    Dans sa lâcheté, le Maroc a relancé sa machine de répression militaire et continue de cibler les populations sahraouies dans les territoires occupés, alliant intimidation, embargo et harcèlement, comme en témoigne l’enfant Hayat Moulay Ahmed Cidia, victime de ces pratiques exercées par les responsables de son école et du centre de police à Laâyoune occupée, indiquent des rapports sahraouis sur les droits de l’Homme.À Boujdour occupée, la répression de l’occupant marocain bat son plein et cible même les foyers des Sahraouis, en limitant leur déplacement et en interdisant à la population solidaire de leur rendre visite, dans une image très expressive des hostilités manifestent du régime marocain contre des civils désarmés sur leurs territoires occupés, rapportes des médias sahraouis. Les domiciles des activistes pour les droits des Sahraouis, pour ne citer que Fatma Mohamed El-Hafedh, Sultana Sid Ibrahim Khaya, et Hamdi Mohamed Habadi, sont à présents placés sous surveillance et encerclés depuis plusieurs jours déjà par des éléments de l’armée marocaine en tenue militaire et en civil. Une panoplie de photos et de vidéos a été relayée par les citoyens sahraouis sur les réseaux sociaux pour mettre au grand jour l’hystérie de la répression des forces d’occupation marocaines qui s’emploient à encercler les domiciles des militants et interdire tout contact avec les citoyens sahraouis solidaires. 
    À noter que de nombreux citoyens ont été interdits de rendre visite à la militante Sultana Khaya, dont les membres de la famille continuent à souffrir des blessures qu’ils ont subies suite à une attaque brutale par les forces ennemies, et interdits de se rapprocher de Fatma Mohamed El-Hafedh, traitée par la police marocaine avec provocation et humiliation. Les Sahraouis soulignent que face au bafouement des droits de l’Homme dans les territoires occupés et la politique de vengeance adoptée par l’occupation marocaine, les Sahraouis montrent encore une fois leur détermination et insistance à poursuivre la lutte armée pour recouvrer la souveraineté de la République sahraouie. Le cas de l’enfant Hayat Moulay Ahmed Cidia, ciblée par la machine d’intimidation marocaine, qui singe la répression sioniste en Palestine est un exemple on ne peut plus édifiant de l’acharnement de l’occupant marocain à se venger sur les populations sahraouies vulnérables mais qui demeurent déterminées dans leur résistance et défient quotidiennement les forces de réprésion marocaine déployées dans les principales villes occupées du Sahara occidental. 
    Les actes d’harcèlement des populations sahraouies interviennent concomitamment avec le retour à l’affrontement militaire au Sahara occidental. Tout en condamnant ces actes criminels et contraires à la loi, les organisateurs de la campagne de dénonciation de cet harcèlement de la population inspirée des méthodes d’Israël ont rappelé le Maroc aux exigences des conventions internationales pertinentes, notamment l’article 13 de la Convention relative aux droits de l’Enfant (HCDH) de 1989 et la Convention de Genève IV sur la situation des enfants lors des conflits armés.
    M. Bendib
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara
  • La ONU confirma la prosecución de los enfrentamientos militares en el Sáhara Occidental

    NUEVA YORK (Naciones Unidas) – Stephane Dujarric, portavoz del Secretario General de las Naciones Unidas, confirmó el martes la prosecución de las hostilidades en el Sáhara Occidental, y pidió que se ponga fin a todos los obstáculos para la reanudación del proceso político.

    “También seguimos recibiendo informes de disparos esporádicos, y esto a lo largo de las partes norte y este del muro de arena marroquí”, dijo durante una rueda de prensa, en un momento en que Marruecos sigue minimizando la magnitud de los enfrentamientos en El Guerguarat, en el suroeste del Sahara Occidental.
    Dujarric indicó que los ataques tienen lugar sobre todo de noche al mismo tiempo que afirma que la Misión de Naciones Unidas para la organización de un referéndum de autodeterminación en el Sahara Occidental (Minurso), sigue presente en todo el territorio saharaui, inclusive la zona de El Guerguerat.
    El portavoz de la ONU señaló que los elementos de la misión onusiense tan criticada por los saharauis “continuan obviamente siguiendo la situación” y que se mantienen los contacto “con todas las partes interesadas relevantes, y nuestro mensaje continúa dejando en claro que las partes deben tomar todas las medidas necesarias para aliviar las tensiones, eliminar todas las obstáculos a la reanudación del proceso político “.
    Según los partes militares del Frente Polisario, el ejército saharaui mantiene un fustigamiento continuo a las posiciones marroquíes a lo largo del muro, en especial en las regiones de Hausa, Amgala, Mahbes, Um Dreiga y Auserd.
    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #WesternSahara
  • Catalogne : Le Parlement considère les actions militaires du Front Polisario comme “légitimes”

    Marc González

    Le Bureau des porte-parole du Parlement a voulu exprimer son soutien à la cause sahraouie à travers une déclaration qui a obtenu le soutien des groupes JxCat, ERC, Catalunya En Comú Podem et la CUP. Convenu mardi, le communiqué a exprimé au nom de la chambre “son soutien aux actions de légitime défense de la République arabe sahraouie démocratique et du Front Polisario face à cette violation des accords conclus avec les Nations unies”.

    Il évoque ainsi l’offensive militaire que les milices sahraouies mènent depuis des semaines contre les bases marocaines gardant le mur qui sépare les territoires occupés des territoires libérés. Tout a commencé lorsque l’armée marocaine a dissous un blocus mené par des civils sahraouis dans la ville frontalière de Guerguerat (à la frontière avec la Mauritanie) qui visait à empêcher le pillage des ressources sahraouies que le royaume alaouite pratique depuis des décennies.

    Ainsi, le Bureau des porte-parole a condamné “l’occupation illégale du Sahara occidental par le Royaume du Maroc et ses actions qui ont conduit à la rupture du cessez-le-feu” et a exigé que le gouvernement espagnol “assume ses responsabilités en tant que puissance administrante du territoire “afin de” résoudre pacifiquement le conflit dans le cadre d’un processus d’autodétermination sous les auspices des Nations Unies “.

    Dans cette ligne, le Bureau des porte-parole a demandé au gouvernement du PSOE et à Unidas Podemos de suspendre temporairement les contrats avec le Maroc “qui ont pour objet la fourniture de véhicules ou d’armes”.

    Les groupes signataires ont également critiqué la communauté internationale pour avoir détourné le regard et ont critiqué le fait que “comme on l’a vu dans d’autres conflits et dans d’autres pays, tout n’est que lamentation”, probablement en référence à la défaite militaire. de l’Arménie devant l’armée azerbaïdjanaise et turque qui a fini par amener Erevan à céder les deux tiers de la République d’Artsakh (reconnue comme faisant partie de l’Azerbaïdjan mais à majorité arménienne). Alors qu’Ankara a donné son plein soutien à son partenaire islamique, aucun acteur occidental n’a déplacé un doigt à travers l’Arménie.

    Le rejet du PSC

    La déclaration n’a pas reçu le soutien de la CFP. Le Sahara est un problème inconfortable pour la formation, tout comme pour le PSOE. Et c’est que le fait d’être dans le gouvernement espagnol leur fait prendre conscience de l’instabilité que provoquerait dans les relations entre Madrid et Rabat un petit geste en faveur du Sahara occidental. Ce sont des questions d’une importance capitale que l’Espagne traite avec le royaume alaouite et qui pourraient être source de problèmes si l’amitié n’était pas ce qui marquait la relation entre les deux pays.

    Source : Elnacional.cat, 25 nov 2020
    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Catalogne

  • Le Sahara occidental et le prétexte de l’Union du Maghreb arabe

    Ceux qui veulent que l’Union du Maghreb arabe renforce le Maroc doivent remettre en question le calendrier de leur campagne militaire et réaliser deux choses: annexer le Sahara occidental au Makhzen ne garantit pas l’unité du Maghreb, tout comme la reconnaissance de l’autodétermination du peuple sahraoui ne rompt pas cet espoir.

    Le Sahara occidental n’a jamais fait partie du Maroc. Après la Seconde Guerre mondiale, une vague de mouvements de libération a balayé les colonies européennes en Afrique. Alors que le Maroc a obtenu son indépendance des Français en 1956, le Sahara occidental est resté sous contrôle espagnol. En 1958, l’administration coloniale a annoncé que le Sahara occidental était une province espagnole.

    En 1963, chaque État africain qui avait signé la Charte des Nations Unies a revendiqué le Sahara occidental comme indépendant, à l’exception du Maroc, ce qu’il a fait quatre mois plus tard. En 1967, l’Assemblée générale des Nations Unies a publié la résolution 2354 qui obligeait l’Espagne à appliquer le principe d’autodétermination du peuple sahraoui.

    En 1975, le départ espagnol a ouvert la porte au Maroc pour annexer le Sahara occidental à son territoire. Malgré les résolutions successives de l’ONU en faveur des affaires sahraouies à la suite de la liquidation coloniale, le Maroc a toujours revendiqué le droit d’annexer le territoire.

    Le conflit entre le Maroc et les Sahraouis, qui est dirigé par le Front Polisario, n’est pas nouveau. Hormis les combats de 1975, les allers-retours entre le Maroc et le Front Polisario ont toujours été un conflit stable qui n’a jamais dégénéré en guerre ouverte. Ce qui a changé au Sahara occidental, c’est le moment et les acteurs, associés à une campagne militaire ouverte.

    Le déclin politique et géopolitique des États-Unis suivi de l’impact intense de la pandémie de COVID-19 a marqué un tournant vers les calculs stratégiques. La descente américaine après le 11 septembre et sa récession géopolitique après 2011 ont opposé les États-Unis à la Chine dans la région via le Sahara occidental.

    Le Maroc a toujours été dans le camp américain, tandis que l’Algérie a rejoint les Soviétiques dans la période post-indépendance. Par cela, il semble que la stratégie de Washington pour étouffer l’Initiative chinoise de la ceinture et de la route (BRI) est de jouer les États les uns contre les autres. Cela signifie que l’instabilité de la sécurité joue en faveur des États-Unis, sapant le projet économique chinois.

    La campagne militaire marocaine a coïncidé avec la normalisation des relations entre l’Égypte, les Émirats arabes unis (EAU) et Bahreïn avec Israël, jetant le doute sur le moment des violences. La guerre est néanmoins intervenue quelques semaines à peine après l’ouverture d’un consulat à Laâyoune, la plus grande ville du Sahara occidental.

    L’Algérie a toujours été considérée comme un État voyou par Israël tout en agissant également comme un obstacle aux États-Unis.

    Il est clair que Tel Aviv est l’agent actif au Moyen-Orient, tandis que les EAU sont devenus le nouveau jumeau d’Israël en Afrique du Nord. Ainsi, la question demeure: les EAU ont-ils convaincu le Maroc de normaliser ses relations avec Israël et d’être récompensé par le Sahara occidental?

    Compte tenu de cela, de nombreux Arabes soutiennent l’agression militaire du Maroc sous prétexte de l’unité du Maghreb. Sur le plan géopolitique, la reconnaissance de l’indépendance d’une nation ne remet pas en cause la notion de création d’union.

    Par exemple, la reconnaissance de l’indépendance de l’Érythrée en 1993 et ​​de la Namibie en 1990 n’a pas sapé l’Union africaine fondée en 2002. De même, la réalisation d’unions comme la Ligue arabe, le Conseil de coopération du Golfe (CCG) et l’Organisation de la coopération islamique (OCI) ont n’a jamais réussi à rassembler les membres.

    En revanche, outre l’échec de nombreuses affaires décisives dans les mondes arabe et islamique – en Libye, en Syrie, au Yémen, en Palestine, au Cachemire et au Myanmar – les membres d’un même syndicat sont plus hostiles les uns envers les autres que contre leur prétendu ennemi, Israël.

    Ce sont des frères dans une Ligue, mais des ennemis sur le terrain. Prenant la ligue arabe et l’OCI comme exemples, leurs membres utilisent des slogans de fraternité dans leurs réunions et leur rhétorique politique, mais derrière cette façade se trouve le véritable caractère des États. Plusieurs exemples incluent le soutien du Qatar et des EAU à l’intervention de l’OTAN en Libye; Les relations de l’Arabie saoudite, des Émirats arabes unis et de l’Égypte avec le Qatar; L’Arabie saoudite et les Émirats arabes unis travaillent contre l’Iran et bien sûr la guerre au Yémen. Beaucoup sont même contre l’indépendance palestinienne.

    À cet égard, la reconnaissance du droit du Sahara occidental à l’autodétermination ne ferait qu’éliminer le colonialisme et laisser espérer une Union du Maghreb arabe. Si la question du Sahara Occidental concerne les frères ennemis sur l’unité maghrébine et musulmane, il vaut mieux reconnaître les sahraouis et pousser l’ONU à accélérer le processus référendaire à travers sa Mission pour le référendum au Sahara Occidental (MINURSO). Au lieu de forcer une nation à se soumettre avec des armes à feu, il est préférable de soutenir la liberté sahraouie et d’attendre avec impatience de les inclure dans l’union.

    Enfin, les changements géopolitiques résultant du coronavirus, poussant le monde vers les conflits armés et les guerres doivent être pris en compte. La stratégie américaine envers l’Afrique du Nord avec le déplacement des EAU dans la région en dit long sur l’agression marocaine.

    Pourtant, la question de savoir si les partisans du Maghreb revendiqueraient l’indépendance des Sahraouis si la normalisation avec Israël ou une stratégie américaine était derrière l’agression militaire actuelle reste une question à résoudre.

    * Chercheur associé au Center for Islam and Global Affairs (CIGA) de l’Université Sabahattin Zaim d’Istanbul

    Daily Sabah, 25 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Maroc-Sahara Occidental: «Une reprise des hostilités préméditée»

    par Ghania Oukazi

    «Il est évident que la CIA n’est pas un militant de la paix en général, spécialement la paix entre les pays arabes(…). Ceci est encore plus vrai lorsqu’il s’agit de pays entre lesquels il y a un conflit latent, ce qui est le cas entre le Maroc et l’Algérie».

    Les propos sont de Michel Raimbaud, écrivain, ancien ambassadeur de France, analyste de renom du Moyen-Orient et du monde arabe en général. Raimbaud répondait ici à une question que nous lui avons posée hier à propos de ces «fuites» médiatiques qui sont organisées depuis quelques jours mettant en exergue les rapports conflictuels entre l’Algérie et le Maroc. Il s’agit de la regrettable «affaire Amgala» de 1976 suite à laquelle les armées des deux pays sont entrées en confrontation directe. Et aussi la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo qui affirme que le roi Hassan II a remis au Mossad un enregistrement sur les travaux du sommet arabe qui s’est tenu à Casablanca pour préparer en 1967 une intervention militaire arabe commune contre l’entité sioniste. (Voir l’édition du Quotidien d’Oran du lundi 24 novembre 2020). Ces «dossiers» historiques sont mis en ligne et même remis à des médias précisément depuis que le Front Polisario a repris les armes suite à l’intervention armée des forces marocaines contre les contestataires sahraouis qui observaient un sit-in au niveau de la frontière d’El Guerguerat. L’objectif est -sans conteste- d’envenimer les relations entre l’Algérie et le Maroc dans une conjoncture où les puissants se cherchent des alibis fallacieux pour briser des Etats et des Nations. Les «fuites» médiatiques visent-elles à pousser l’Algérie à déclarer la guerre au Maroc?, avons-nous enchaîné avec le diplomate français. « Il est évident que la CIA n’est pas un militant de la paix en général, spécialement la paix entre les pays arabes, pour lesquels l’Amérique officielle, tous partis confondus, a certainement peu de sympathie. Ceci est encore plus vrai (sans vouloir faire de peine à personne) lorsqu’il s’agit de pays entre lesquels il y a un conflit latent : ce qui est le cas entre le Maroc et l’Algérie, depuis le départ des Espagnols du Sahara occidental. La circulation du rapport de la CIA au sujet des deux batailles de Amgala début 1976 n’est certainement pas innocente, si l’on se réfère au contexte.

    Une guerre « préméditée par les services israéliens et les Américains»

    Le déclenchement de la guerre entre le Polisario et le Maroc le 13 novembre dernier ou «l’affaire El Guerguerat» a-t-elle été préméditée? Si oui par qui? Et pour quels objectifs? Que risque l’Algérie en l’absence de son président de la République hospitalisé en Allemagne depuis près d’un mois? Crise politique interne ou tentative externe de déstabilisation?, lui avons-nous encore demandé. « Plusieurs facteurs peuvent être mentionnés : la reprise des hostilités entre le Polisario et le Maroc, qui a certainement été préméditée par les services israéliens et les Américains…. », commence par noter l’auteur de « Les guerres de Syrie » et «Tempête sur le Grand Moyen-Orient ». Pour les objectifs, affirme-t-il, « l’absence prolongée du Président algérien, hospitalisé pour raison de santé depuis un mois est sûrement une aubaine pour les fomenteurs de l’affaire ». Michel Raimbaud explique que «la situation générale du monde arabe est caractérisée par la généralisation des situations de déstabilisation qui se sont étendues depuis dix ans de pays en pays, dans une sorte de contagion et de banalisation du chaos de pays en pays, du Maghreb au Mashreq et du Mashreq au Maghreb.

    L’objectif est bien sûr la désorganisation et la déstructuration du monde arabe dans son ensemble : Israël y est sûrement pour quelque chose, surfant sur la vague des normalisations déjà accomplies ou escomptées : Emirats, Bahreïn, Soudan, etc. »

    L’ancien ambassadeur de France affirme alors que « la remise en circulation de la vidéo au sujet du Roi Hassan II et de ses contacts avec le Mossad « sur les réseaux sociaux » n’est pas innocente. C’est une vieille histoire déjà connue qui est de nature à rallumer les animosités et les soupçons dans une atmosphère « arabe » de suspicion généralisée et de confusion assez inquiétante pour l’avenir. Le fait que « les réseaux sociaux » soient derrière cette rediffusion signifie en clair et sans ambiguïté que l’Occident, Amérique en tête, dont les ONG sont des relais privilégiés, est à la manœuvre ».

    L’absence du Président crée peut-être des tentations ?

    Le complot contre l’Algérie existe-t-il ? Y aurait-il un scénario clair pour la déstabiliser ?, lui avons-nous en outre demandé. « Je pense que l’idée (appelons cela comme on voudra) de déstabiliser l’Algérie existe bel et bien. L’Algérie a vécu des épisodes mouvementés et c’est en bonne partie à son armée qu’elle doit, à mon avis, d’avoir pu préserver un certain ordre et garder le contrôle de la situation, malgré toutes les pressions démagogiques d’origines diverses. Quant à un scénario précis ou clair, c’est autre chose. L’absence du Président crée peut-être des tentations ? Entraîner l’Algérie dans une guerre contre le Maroc, qui serait sans fin (à l’américaine) ou sans conclusion prévisible est l’une de ces tentations, l’objectif étant de rendre impossible tout rapprochement entre deux pays qui restent voisins et frères, quoi que l’on dise et quoi que l’on pense, et de semer une zizanie de plus dans le monde arabe, qui se débat déjà dans une situation générale inquiétante ».

    Tout en lui rappelant que la Constitution a été «votée» par référendum le 1er novembre dernier mais non encore promulguée parce que le président de la République est absent, nous l’avons interrogé en dernier : que pensez-vous de la disposition de la nouvelle Constitution qui stipule que l’armée algérienne peut désormais intervenir en dehors de ses frontières? Est-elle réfléchie et nécessaire ou est-elle une exigence des puissances étrangères pour que l’Algérie nettoie la Libye et le Mali? « Il me semble que l’idée n’est pas déraisonnable en soi, l’armée algérienne étant de l’avis le plus répandu la seule ayant les moyens et le savoir-faire requis pour neutraliser les groupes armés dans le Sahara et le Sahel, nous savons que ces interventions extérieures n’étaient pas prévues auparavant par la Constitution…», a-t-il dit répondu.

    L’ex-diplomate souligne toutefois que «si maintenant elles le sont, c’est que l’Algérie en a décidé ainsi », pense-t-il. Cependant «s’il apparaissait que c’est une exigence venant de puissances étrangères, c’est autre chose, si vous sous-entendez que l’exigence pourrait être assortie de menaces ?»

    Le Quotidien d’Oran, 25 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Maroc : Quand Hassan II évoquait ses relations avec Israël

    Si les dernières semaines l ‘établissement de relations diplomatiques officielles des monarchies du Golfe a été perçu comme une trahison, non seulement par les peuples et des responsables de la région, mais également des femmes et des hommes libres à travers le monde, le royaume chérifien a préféré, voyant cette vague d’indignation, temporiser l’officialisation de ses relations avec Israël, poursuivant à les entretenir, comme des décennies auparavant, à l’abris des projecteurs pour ne pas s’attirer les foudres du peuple marocain et des autres peuples, dont ceux de notre région.

    Bien avant l’annonce par le locataire de la Maison Blanche, Donald Trump, en janvier 2020, du « deal du siècle», un plan en violation du droit international, mis en marche depuis, en s’appuyant, sans surprise, sur les monarchies arabes qui, moins d’une année après, forment la file d’attente pour la « normalisation », à tour de rôle, de leurs relations avec l’entité sioniste, après l’avoir entretenu des décennies durant, selon leurs déclarations, les rapports et les articles de presse, dont ceux israéliens. Des annonces d’officialisation des liens entretenus dans divers domaines, principalement sécuritaires et de renseignements, depuis des décennies, entre les Rois et princes arabes et les différents gouvernements israéliens qui se sont succédé à Tel-Aviv. Le royaume chérifien n’ayant pas fait l’exception, sur fond des similitudes entre sa doctrine et celle d’Israël, doctrine constituant le ciment sur lequel s’est appuyé le système monarchique au Maroc pour perdurer, à savoir la non-reconnaissance par celui-ci de ses frontière, exigée par la nature de la doctrine expansionniste de Rabat, bien avant son occupation en 1975 des territoires du Sahara Occidental. Bien avant cette date, le royaume marocain revendiquait, en effet, et continue d’ailleurs de le faire, par des déclarations de responsables politiques marocains, la Mauritanie, le Sénégal ainsi que des régions de l’Ouest de l’Algérie, pays ayant repoussé l’agression militaire marocaine en 1963, par la riposte armée du peuple algérien, alors qu’il soignait encore ses blessures de sa Guerre de libération contre la colonisation française, jusqu’à arracher son indépendance, en juillet 1962.

    Du roi Hassan II à Mohammed VI, des décennies de relations étroites avec l’entité sioniste
    Préférant maintenir ses relations avec Israël derrière les rideaux feutrés et les couloirs du Palais royale, Andrey Azoulay, la carte maitresse d’Israël au Palais durant des décennies, conseiller du Roi Hassen II, puis de son héritier Mohamed VI, a tissé les liens entre Rabat et Tel-Aviv, dans divers domaines, du sécuritaire, au renseignement, en passant par les secteurs de la culture, l’économie et autres. Le Maroc ayant entretenu des liens étroits avec l’Entité sioniste, depuis les années soixante, a tout au long de ces années rendu bien des services aux différents gouvernements qui se sont succédé en Israël, et l’entité sioniste le lui a bien rendu, pour ne citer que sa contribution et supervision dans la construction du mur de la honte au Sahara Occidental et son travail de lobbying à Washington, en faveur de la colonisation marocaine des territoires sahraouis. Alors qu’en 1992, le Roi Hassen II déclarait avec un air de fierté, que « peu de pays pouvaient se vanter d’avoir comme le Maroc 750 000 fils comme ambassadeurs en Israël », le royaume chérifien accueillait déjà, bien avant cette date, les dirigeants israéliens, traitait avec les responsables de l’entité sioniste depuis les années 60, comme le rappellent, ces dernières semaines, des médias étrangers et israéliens, pour évoquer la perspective de la « normalisation » des relations entre Israël et Rabat, « une suite logique » selon des médias israéliens. Plus récemment encore, lors d’une rencontre, en mai 2006, sur l’environnement organisée en France, à laquelle participaient des villes jumelées avec la ville française Nîmes, le maire de Meknès déclarait, qu’ « il aurait voulu être le premier maire islamiste à conclure un jumelage avec une ville israélienne ». Les médias, des rapports, des études de recherches israéliennes ont de tout temps eu à traiter, durant des décennies, les relations bilatérales entretenues officieusement entre le royaume chérifien et Israël. Qu’il s’agisse des questions politiques, de renseignements et de surcroît du rôle et de l’apport des israéliens d’origine marocaine, non seulement dans la consolidation des liens entre Rabat et Tel-Aviv, mais dans l’exercice de la politique coloniale israélienne en Palestine ou des agressions contre des pays arabes tels le Liban et la Syrie.
    L’actuel gouvernement de Netanyahu compte la présence de 10 ministres d’origine marocaine sur un total de 34, « un chiffre inédit », selon la presse de l’entité sioniste et même marocaine. Bien que ces deux systèmes politiques coloniaux, -le Maroc au Sahara occidental et l’entité sioniste en Palestine- n’affichent pas officiellement leurs relations bilatérales, préférant l’entretenir à l’abri des marocains et des peuples de la région nord-africaine et arabe, le Maroc accueille des dirigeants israéliens et des Israéliens sont autorisés à fouler le sol marocain, comme le rapportent des médias étrangers et israéliens, outre l’expression récurrente des citoyens marocains s’opposant à la présence israélienne, dès que l’information réussit à sortir des murs des palais et des résidences royales.

    Le Maroc entretient depuis longtemps des liens informels mais étroits avec Israël, notamment dans le domaine du renseignement

    Si Rabat n’ose pas franchir le pas d’annoncer officiellement ses relations avec Israël, pour les raisons dont celles évoquées plus haut, le timing de l’annonce par Rabat de l’ouverture du consulat d’une des monarchies du Golfe, les Emirats arabes unis dans la ville occupée du Sahara Occidental, Lâayoune, est loin d’être une coïncidence ou un fait de hasard. C’est au bout du quelques semaines de la normalisation des relations entre Abu-Dhabi et l’entité sioniste que Rabat fait l’annonce d’une présence consulaire d’Abu-Dhabi sur un espace géographique, Laâyoune, au Sahara Occidental, occupé, que nul pays à travers le monde ne lui reconnait la souveraineté, comme l’exige le droit international, pour une question de décolonisation inscrite à l’ONU. Les Emirats arabes unis ayant joué par le passé le rôle d’antenne d’Israël dans la région du Golfe, semblent avoir été sommés par sa présence dans la région nord-africaine, Mauritanie, Mali, Libye, et plus récemment au Sahara occidental de jouer ¨ce même rôle d’antenne pour Israël. Les traditions et les pratiques longtemps enracinées, entre Rabat et Tel-Aviv, du temps du règne de Hassen II, ne pouvaient que s’enraciner davantage et se perpétuer, depuis l’arrivée de Mohamed VI sur le trône à ce jour. Déjà, dans les années 80, parmi les conseillers du roi Hassen II, outre le plus puissant de ses conseillers, l’Israélien Andrey Azoulay, il y a avait le gendre d’un député israélien à la Knesset, David Amar, au poste de conseiller économique du roi Hassen II. En 1995, un journal israélien a publié dans sa Une une série d’articles sur les liens entre la monarchie marocaine et Israël et le travail accompli par le Roi Hassen II, dont son fils Mohamed VI en a hérité et continue à promouvoir. Dans un de ces articles, il a été indiqué que « la brèche que le roi Hassan II a ouverte aux Israéliens se creuse de jour en jour » avant d’indiquer que « le gouvernement « israélien (NDLR) s’essaie à contenir le déluge des dizaines d’hommes d’affaires et de représentants de commerce cherchant des relations au sommet du gouvernement marocain ». Et ces dernières années, la presse israélienne fait état « de la présence du Maroc officiel à l’intérieur de l’espace public israélien », outre les formations cycliques que dispensent des éléments des services de sécurité israéliens, dont certaines se sont déroulées sur le sol marocain.
    Karima Bennour

    Le Courrier d’Algérie, 25 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • La prise de contrôle de Guerguerat face à la géopolitique des corridors en Afrique du Nord

    Par Dr. Lagha Chegrouche (*)

    La reprise des hostilités au Sahara occidental après la violation du cessez-le-feu de 1991 par le Maroc, à Guerguerat singulièrement, met en exergue une nouvelle géopolitique régionale de convoitise d’inspiration impériale et califale, à haut risque pour tous les peuples d’Afrique du Nord. Un risque géopolitique d’intensité élevée qui s’ajoute à celui de la déflagration de la Libye et de la diffusion du terrorisme dans le Sahel (1).
    Le passage de Guerguerat est un check-point stratégique dans le contrôle des corridors de transport d’Afrique transsaharienne (2).
    Une nouvelle configuration géopolitique générée par le nouvel ordre impérial, dont l’ultime objectif est la remise en cause des acquis de la libération politique et économique des années 60, c’est-à-dire une nouvelle tentative de mise sous tutelle des États de la région comme c’est le cas de la Libye post-Kadhafi (3).
    La prise de contrôle de Guerguerat procède de cette géopolitique de convoitise dictée par des puissances impériales d’Europe, avec un misérable habillage arabique du Golfe. Il ne manquait à cette mise en jeu géopolitique que des chameaux pour conduire une nouvelle razzia. La manœuvre géopolitique du Maroc autour de Guerguerat prolonge l’initiative d’ouverture du consulat d’Abu-Dhabi dans la ville de Laâyoune et les safaris à la gazelle sahraouie, avec une bénédiction néo-califale chérifienne.
    L’analyse des enjeux de cette «nouvelle géopolitique nord-africaine»(4) met en évidence une stratégie économique mûrement réfléchie, qui vise le contrôle global des ressources de la région nord-africaine et de ses voies d’accès, à l’instar de celle de la Caspienne (Cf. Géopolitique caspienne – Rivalité et contrôle global de l’énergie(5)) :
    • Pour les ressources nord-africaines, le potentiel prouvé et probable en matières premières comme le pétrole, le gaz, le gaz de schiste, le schiste bitumineux, les phosphates, le fer, le manganèse, le quartz cristallin, les minéraux de terres rares, le tungstène, l’uranium, le diamant, l’or est considérable. En particulier, le potentiel du Sahara occidental, les réserves de l’erg occidental d’Algérie, l’uranium dans le pays peul au Mali, en Mauritanie et au Sénégal, la richesse poissonnière des côtes atlantiques. Ces ressources naturelles suscitent convoitises et rivalités, au détriment des intérêts des peuples et pays de la région. La «rivalité est toujours autour d’un puits», disait l’adage touareg !
    • Pour les voies d’accès, les corridors nord-africains sont parmi les plus compétitifs en raison de la proximité de la façade atlantique et méditerranéenne des deux principaux marchés internationaux des biens et des services : les États-Unis et l’Europe. Une combinaison des voies terrestre et maritime offre à l’Afrique du Nord un avantage stratégique à la condition que la paix soit durablement préservée. Ce n’est pas un hasard si les États-Unis ont créé l’Africom, un commandement militaire spécifique pour cette région, avec un budget de fonctionnement de 5 milliards US $ (2019). La France renforce aussi sa présence militaire dans le cadre de son opération Barkhane, en plus de ses accords techniques militaires. 
    La Turquie néo-ottomane s’appuie sur des affinités confréristes pour pénétrer la région, militairement en Libye, au détriment d’une action unitaire nord-africaine. Les confréristes musulmans fidèles à Istanbul sont au pouvoir au Maroc, influents en Algérie et en Tunisie. Le jeu de ces deux puissances rappelle l’ancienne alliance franco-ottomane établie en 1536 entre le roi de France François 1er et le souverain turc Soliman «le Magnifique», selon Paris, «La terreur», selon Damas. Son représentant a été chassé d’Alger en 1710.
    La reprise des hostilités militaires autour de Guerguerat exige méthode et analyse critique, afin de bien comprendre cette nouvelle géopolitique de convoitise impériale et califale en Afrique du Nord. Une géopolitique motivée par une inquiétante nostalgie de tutelle néocoloniale pour la France et néo-ottomane pour la Turquie, sous-couvert de défense des «droits humains» pour la première et des «droits musulmans» pour la seconde. Chaque puissance qui s’ingère dans la région joue sa propre partition géopolitique, militaire et économique au détriment des peuples et des pays nord-africains comme en Libye : les États-Unis, la France, la Russie, la Chine, la Turquie et, en supplétifs Qatar et Abu-Dhabi. Aucun de ces pays outsiders ne cherche l’intérêt nord-africain. «L’Afrique aux Africains de Massinissa» est toujours fustigé par les Nord-Africains par « syndrome de régence ou allégeance impériale ou califale(6)».
    Le corridor terrestre atlantique «Tanger-Guerguerat-Lagos» traduit singulièrement cette nouvelle configuration néocoloniale, qui vise un contrôle global de la façade atlantique de l’Afrique du Nord et des voies d’accès à cette région riche en matières premières et disposant d’un fort pouvoir d’achat. Sans règlement juste et durable de la question sahraouie, la rivalité nord-africaine pénalise d’abord l’Algérie et uniquement ce pays dans une perspective d’exportation de ses ressources naturelles par l’Atlantique. Dans le cas de Guerguerat, le corridor terrestre atlantique est une exigence économique européenne, des opérateurs résidents et non résidents au Maroc. Le seul check-post hors contrôle était celui de Guerguerat. Le corridor maritime atlantique est plutôt plus coûteux et suppose des ports performants. Par contre, les investisseurs arabiques disposent d’une alternative de transport par camionnage utile, fluide et avec des salaires de misère.
    Le corridor terrestre atlantique permet donc la circulation des biens et services de Tanger à Lagos, via Guerguerat. D’abord vers Dakar, puis Abidjan pour arriver enfin à Lagos. Les biens et services sont fabriqués au Maroc ou en Europe.
    • Le flux atlantique «Nord-Sud» est celui des biens manufacturés des opérateurs marocains et européens destinés à l’Afrique de l’Ouest.
    • Par contre, le flux atlantique «Sud-Nord» cible les marchés des matières premières de l’Afrique de l’Ouest destinées aux marchés européens.
    Le financement de ces flux physiques étant assuré par des capitaux des pays arabes du golfe Persique. En particulier, par Abu Dhabi et Qatar, deux supplétifs des puissances impériales et califales comme à l’époque byzantine et ottomane. Le Maroc agit suivant cette stratégie économique aux apparences néocoloniales. Son adhésion comme «membre» à la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) au détriment de l’Union des pays nord-africains (UMA) rend «irréversible(7)» cette stratégie. Des puissances impériales comme la France avec les capitaux des émirats d’Orient soutiennent activement cette stratégie de contrôle global des marchés de l’Afrique de l’Ouest et de ses voies d’accès.
    La participation du Maroc aux différentes institutions de la Cedeao incite même certains opérateurs européens à envisager un nouveau tracé pour le gazoduc transsaharien (appelé Nigal par NNPC et Sonatrach). Le projet Nigal(8) est un système de transport algéro-nigérian prévu initialement pour acheminer 30 milliards de m3/an, entre Warri (Nigeria) et Hassi R’mel (Algérie), puis vers l’Europe, via Medgaz ou Galsi.
    Tous les scénarios indiquent que le corridor atlantique terrestre «Tanger-Lagos» avec son projet de gazoduc «Afrique atlantique» défendu par le Maroc et la France vient en compétition avec celui de l’Unité africaine «Alger-Lagos» et le projet du transsaharien de Sonatrach. D’autres corridors de transport sont également en développement dans une perspective de relier l’Afrique des matières premières aux marchés européens via des ports nord-africains : le corridor «Le Caire-Addis-Abeba», le corridor «Tripoli-Ndjamena». Quand un tracé ne progresse pas, il y a nécessairement un foyer de tension ou de rivalité le long de son itinéraire. C’est bien le cas des corridors suivants :
    • Le corridor libyque avec son système de Green-Stream. Il cible l’Italie via la Libye et en partance de l’Afrique centrale. Son lancement d’une manière autonome a scellé l’acte d’assassinat de l’historique dirigeant libyen, pendant la funeste «tempête arabe» sponsorisée par le Qatar et sa chaîne d’agit-prop confrériste.
    • Le corridor du Nil entre Le Caire et Addis-Abeba via Khartoum, destiné à acheminer une partie du pétrole soudanais vers l’Europe. La rivalité le long de ce corridor risque de faire exploser l’Afrique de l’Est et ses barrages d’eau en Égypte et en Ethiopie. Le Tigré est déjà mis à feu et à sang !
    • Le corridor atlantique : la prise de contrôle de Guerguerat s’inscrit dans cette logique néocoloniale de pacification des routes de transport en Afrique de l’Ouest. La France semble soutenir ce corridor stratégique.
    En effet, le Maroc est fortement engagé dans cette stratégie de contrôle des ressources et des marchés de l’Afrique de l’Ouest, en optant pour «un renforcement de sa diplomatie bilatérale et régionale. Les missions économiques de ses ambassades au nombre de 29, dont 26 en Afrique de l’Ouest, sont très actives et efficaces(9)» pour mettre en valeur l’attractivité de ses produits fabriqués par des opérateurs européens ou marocains, en mettant en avant les facilités fiscales, financières, douanières.
    La géopolitique nord-africaine exige, donc, une nouvelle lecture du jeu et des enjeux au-delà de la stricte question coloniale du Sahara occidental et celle du respect du droit des peuples à l’autodétermination. Le peuple sahraoui sait se défendre et dispose de la légitimité des moyens de sa libération.
    Cependant, la nouvelle géopolitique régionale induit un jeu d’une complexité sans précédent, avec un risque de déflagration possible. Le risque géopolitique vise, au-delà de la question sahraouie, à nuire aux capacités de l’Algérie, à son autonomie, à son peuple, à son armée. C’est la seule centralité en Afrique du Nord disposant, en effet, de moyens économiques et militaires autonomes.
    Son autonomie géopolitique en devenir gêne les puissances impériales et califales. Elle rappelle celle de l’État d’Alger en 1710. La Turquie néo-ottomane garde le souvenir nostalgique âcre et revanchard de l’expulsion du pacha de la Sublime Porte d’Alger par le valeureux Sultan Ahmed Chaouche, premier souverain autonome de l’État d’Alger (Lagha Chegrouche, Géopolitique d’Algérie : Syndrome de la régence, édition Laurent Sydney 2020).
    Si le Sahara occidental passe sous contrôle global du Maroc, au mépris du droit international, cela renforcera plutôt la suspicion, puis la division, la loi du talion en Afrique du Nord et mettra la paix régionale en péril. Le Maroc, depuis deux mille ans, «n’a jamais fait partie politiquement de l’Afrique du Nord(10)», c’est-à-dire que ses «intérêts économiques et stratégiques sont plutôt tournés vers l’Afrique de l’Ouest(11)». Son adhésion à la Cedeao l’illustre. En effet, il n’y a qu’à consulter l’Histoire de la région nord-africaine depuis Jugurtha à l’État d’Alger. Si l’on relit cette Histoire jusqu’à la guerre de Libération en Algérie, avec l’épisode de l’arrestation des cinq dirigeants du FLN et la guerre des Sables, on conclut que le Maroc n’inscrit pas sa stratégie économique dans le cadre de l’unité nord-africaine. L’ambition géopolitique et économique de ce pays est toujours atlantique, qu’elle soit africaine ou occidentale. C’est un fait historique indéniable qui fonde la diplomatie économique du Maroc. La prise de contrôle de Guerguerat vient de le confirmer.
    Les motifs de l’intervention militaire du Maroc à l’époque du roi Hassan II étaient davantage liés à «la recherche d’un mythique empire médiéval à ressusciter et d’un désir califal à réaliser(12)». La Marche verte était considérée par le Maroc comme le «symbole d’un souverain à la rencontre de son peuple(13)» sur le chemin des Almoravides (1040-1147).
    La mythologie a toujours ses limites quand elle est confrontée au droit des peuples à l’autodétermination.
    La géopolitique des Almoravides (Al-Mourabitoune) évoquée masque des intérêts économiques des puissances étrangères non nord-africaines, elle devrait surtout intégrer, voire inciter à libérer la riche Andalousie ou Ceuta et Melilla.
    En conclusion, la prise de contrôle de Guerguerat est plutôt dictée par des puissances impériales et califales, agissant en union néocoloniale. Une meute de loups blancs, voire des loups gris confréristes, contre les intérêts économiques et stratégiques de la région.
    La paix régionale, l’autodétermination du peuple sahraoui et le bien-être des peuples de la région sont le dernier de leurs soucis.
    De nombreuses questions restent sans réponses dans ce jeu géopolitique en rapport avec la prise de Guerguerat :
    • Comment un territoire soumis au droit international avec une mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), créée par la Résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité en date du 29 avril 1991, est-il envahi sans que cette instance riposte ?
    • Pourquoi l’Union africaine et sa commission de la paix gardent-elles le silence sachant que le Polisario est membre de cette organisation ?
    • De quel droit des pays arabes du golfe Persique postulent-ils pour des accréditations consulaires dans un territoire occupé ?
    • Le «Deal du siècle» ne vise-t-il pas également l’Afrique du Nord ?
    Enfin, les pays nord-africains, Etats et peules, doivent se ressaisir pour éviter de nouvelles razzias.
    L. C.
    * Chercheur en économie & stratégie, Université Paris I.
    Directeur du Centre d’études nord-africaines (Paris).
    Ses travaux de recherche portent sur l’économie et la géopolitique comparée. Il enseigne à l’Université Paris I. Il collabore, par ailleurs, avec des institutions internationales. Auteur de nombreux ouvrages et publications relatifs à l’économie et à la géopolitique. Chroniqueur sur de nombreuses chaînes de télévision internationales.
    1) Lagha Chegrouche (2010), Géopolitique transsaharienne, Revue Géopolitique n°108, Paris.
    2) Lagha Chegrouche (2010), Géopolitique transsaharienne : le jeu et l’enjeu, Revue de l’énergie N°593.
    3) Lagha Chegrouche (2020), Chroniques nordafricaines, éditions Sydney Laurent, 500 pp. Paris.
    4) Lagha Chegrouche (2014), Nouvelle géopolitique nord-africaine, in El Watan, 12 mai 2014.
    5) Lagha Chegrouche (2001), Géopolitique caspienne – Rivalité et contrôle global de l’énergie, in La Nouvelle revue Géopolitique, n°76, Paris.
    6) Lagha Chegrouche (2020), Géopolitique d’Algérie : Syndrome de la régence, éditions Sydney Laurent, 300 pp.
    7) Lagha Chegrouche, Guesmia Elhadi, Abrika Belaid (2018), In Ouvrage collectif Diplomaties plurielles, Champs et perspective, sous la direction de Mourad Attarca & Peter Terem, éditions L’Harmattan (2018).
    8) Lagha Chegrouche (2010), Géopolitique transsaharienne de l’énergie, in Revue Géopolitique n°108.
    9) Lagha Chegrouche, Guesmia Elhadi, Abrika Belaid (2019), Economic Diplomacy and Positioning of Algeria, in Al Bashaer Economic Journal (Vol.5).
    10) Lagha Chegrouche (2014), Nouvelle géopolitique nord-africaine, in El Watan, 12 mai 2014.
    11) Lagha Chegrouche, Guesmia Elhadi, Abrika Belaid (2019), Economic Diplomacy and Positioning of Algeria, in Al Bashaer Economic Journal (Vol.5)
    12) Lagha Chegrouche (2020), Géopolitique d’Algérie : Syndrome de la régence, op. cit.
    13) Lagha Chegrouche (2020), op. cit.
    SOURCE : Le Soir d’Algérie, 23 nov 2020
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara 
  • Agression marocaine contre les sahraouis : Indignation et cascade de condamnations

    L’agression militaire marocaine contre des civils sahraouis dans la zone tampon d’El-Guerguerat, continue de susciter indignation et condamnation de différents horizons entre politiques, organismes de défense des droits de l’Homme, et autres parties à travers le monde outre la diplomatie sahraouie qui s’est mise également en branle depuis le viol du cessez-le-feu par la partie marocaine pour défendre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.

    C’est dans le feu de ces évènements d’ailleurs que le représentant du Front Polisario en Russie, Ali Salem Mohammed Fadel, a animé une conférence, tenue à l’Université des relations internationales affiliée au ministère russe des Affaires étrangères, où il est revenu sur la « lutte quotidienne » du peuple sahraoui réuni autour de son seul, unique et légitime représentant ; le Front Polisario, contre l’occupation marocaine.
    La lutte : l’unique chemin menant à la liberté
    Dans une allocution axée essentiellement sur la manipulation et la négligence de l’occupant marocain des résolutions des Nations unies et du Conseil de sécurité, M. Ali Salem Mohammed Fadel a réitéré, à l’occasion, le droit du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination et à l’indépendance.
    Lors de cette conférence, tenue en visioconférence et placée sous le titre : « Le Sahara occidental: les origines du conflit armé et les moyens de le résoudre », le diplomate sahraoui a assuré que la lutte contre le colonialisme est une conviction au sein du peuple sahraoui et constitue, aux yeux des Sahraouis, la seule voie à même de permettre d’accéder à la liberté. L’intervenant n’a pas omis pour la circonstance de tirer des flèches contre la France qui ne cesse de mettre les bâtons dans les roues du Conseil de sécurité, et qui joue un rôle négatif au sein du Conseil de sécurité. Un rôle qui fait obstacle à « toute résolution » et « qui sert la politique expansionniste du Maroc, entravant le processus de règlement du conflit ».
    La conférence a suscité une large interaction des participants qui avaient abordé les derniers développements au Sahara occidental occupé et les capacités du peuple sahraoui à lutter, les États qui soutiennent cette lutte et la position de la Russie. C’était également une occasion pour les participants pour exprimer leur soutien au peuple sahraoui dans sa lutte pour son droit à la liberté et à l’indépendance et leur volonté de sensibiliser à la question sahraouie en leurs cercles, notamment sur les réseaux sociaux.
    Pour sa part, le ministre des Affaires étrangères sahraoui, Mohamed Salem Ould Salek a été reçu lundi à Nouakchott par son homologue mauritanien, Ismaïl Ould Echeïkh , a rapporté l’Agence de presse mauritanienne (AMI). Les discussions entre les deux parties avaient tourné, au cours de cet entretien, autour des questions d’intérêt commun et les derniers développements à El-Guerguerat (sud-ouest du Sahara occidental). Outre les deux ministres cités en haut, étaient également présents à cet entretien, le secrétaire général de la Présidence sahraouie, Ibrahim Mohamed Mahmoud et le directeur général de la direction de coopération au ministère des Affaires étrangères mauritanien, de la Coopération et la Diaspora, Mohamed El-Hanchi. Avant sa rencontre avec le chef de la diplomatie mauritanienne, le ministre sahraoui a été reçu par le président mauritanien, Mohamed Ould Cheikh El Ghazouani, à qui il a remis un message du président sahraoui, Brahim Ghali, portant sur les derniers développements de la situation au Sahara occidental et sur les relations bilatérales.
    « La République arabe sahraouie démocratique (RASD) qui estime que la stabilité et la sécurité dans la région sont liées au respect des frontières, de la justice et des droits, œuvrera dans ce sens en tant que membre de l’Union africaine et sur la base de relations fondées sur le respect mutuel et les intérêts communs », a souligné le diplomate sahraoui lors de cette entrevue.
    L’Onu et l’Espagne appelés à assumer leur rôle
    De leurs côtés, des Associations internationales, qui prennent à bras le corps, la défense de la cause sahraouie, des partis et des personnalités politiques et autres organismes de la défense des droits de l’homme ont demandé à l’ONU d’agir rapidement en vue d’un règlement du conflit du Sahara occidental, conformément à la légalité internationale.
    Ils ont tous imputé la dégradation de la situation dans la zone d’El-Guerguerat, aux atermoiements de l’ONU dans la mise en œuvre du plan de paix dans la région, notamment sur l’organisation d’un référendum d’autodétermination, seule solution pour un règlement juste et équitable de la question sahraouie.
    C’est dans ce sens que l’Association internationale des juristes pour le Sahara occidental (IAJUWS) a appelé la communauté internationale et les différents États, en particulier le Royaume d’Espagne, en tant que puissance administrative du territoire non autonome du Sahara occidental, à relancer immédiatement l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental. Pour cette association, la situation actuelle prévalant à El Guerguerat est le résultat de « la paralysie » du processus de paix, alors que la fin des hostilités a été signée il y a 29 ans déjà. Dans son communiqué l’IAJUWS a rappelé que le cessez-le-feu proclamé le 6 septembre 1991, « n’était pas un but en soi, mais la condition préalable à la mise en place d’autres mesures fondamentales ».
    Il s’agit plutôt, mentionne le texte, du déploiement d’une Mission de l’ONU dans le territoire (MINURSO), la réduction progressive, et par étapes, de la présence de forces marocaines stationnées au Sahara occidental, et, surtout, l’organisation du référendum par l’ONU en coordination avec l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), remplacée par la suite par l’Union africaine (UA), auquel devaient participer les Sahraouis enregistrés.
    La date du vote était prévue pour la fin janvier 1992, a tenu à rappeler la même source.
    Brahim Oubellil
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara