Tag: Sahara Occidental

  • Sahara Occidental : Détention de Youssef Bougharioune

    Youssef Bougharioune, éminent étudiant et militant sahraoui, a été arrêté par la police marocaine le mardi 15 décembre 2020 à 19 heures, à El Aaiun. Il a été libéré le samedi 19, à Agadir.

    La détention a été faite sans respecter les droits humains les plus élémentaires. Les charges ne lui ont pas été lues, et sa famille n’a pas été informée de sa localisation. En détention à El Aaiun, il a été battu, insulté et menacé.
    Le lendemain, à 7 h 30, il a été mis dans une voiture et emmené à Agadir à une vitesse de 180 km / h, ce qui impliquait un gros risque pour sa vie. Le comportement de la police était inacceptable. Lors d’une pause entre les villes d’El Aaiun et de Tan Tan, l’agent de police lui a dit: «vous êtes Polisario, vous n’avez pas le droit de vivre, vous êtes une mouche».
    À Agadir, il a été interrogé mais il n’a pas reçu de mauvais traitements. Quoi qu’il en soit, ni sa famille ni son avocat n’ont pu lui rendre visite en détention. Enfin, il a été libéré à Agadir même. Le procès aura lieu le 21 janvier 2021.
    Les chefs d’accusation sont les suivants:
    – Appartenir à une bande criminelle
    – Enlever une femme
    – Battre et blesser une personne non identifiée.
    La police a amené un témoin qui, curieusement, a nié toute relation avec Youssef.
    Youssef est étudiant à l’Université Mohamed V de Rabat. Très impliqué dans l’activisme étudiant contre l’occupation illégale marocaine du Sahara Occidental, il collabore avec des organisations de défense des droits de l’homme.
    Son frère Saleh, militant politique et demandeur du statut de réfugié en France, a déclaré à Équipe Média que «l’arrestation était une nouvelle tentative d’isoler les étudiants militants sahraouis et de faire taire les voix de militants individuels dénonçant les violations des droits humains commises par le Maroc».
    Tone Sørfonn Moe, chercheuse en droits de l’homme et juriste, a exprimé sa vive inquiétude face à la récente arrestation de Youssef qu’elle a décrit comme très actif dans le mouvement étudiant à Rabat et connu pour son plaidoyer en faveur du droit à l’autodétermination et de la libération des prisonniers politiques sahraouis – y compris le cas du Groupe des Étudiants.
    Au Sahara Occidental occupé, mais aussi au Maroc proprement dit, plaider en faveur du droit à l’autodétermination ou même mentionner le Sahara Occidental ou dire que vous êtes sahraoui (et non marocain) est criminalisé par la loi et peut vous conduire en prison.
    Équipe Média, le 19 décembre 2020
    El Aaiun, Sahara Occidental occupé
    Tags : #Sahara Occidental #Maroc #Polisario #Marruecos #Morocco #WesternSahara
  • Sahara occidental : Le Maroc réprime des indépendantistes

    La reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc ne change rien au statut du territoire

    (New York) – Le Maroc a réprimé des activistes indépendantistes au Sahara occidental suite à un incident à un poste frontière survenu le 13 novembre 2020, a déclaré Human Rights Watch aujourd’hui. L’incident a ravivé le conflit, depuis longtemps paralysé, entre le Maroc et le Front Polisario, mouvement basé en Algérie et réclamant l’indépendance de ce territoire. Les forces de sécurité ont brutalement dispersé des manifestations en faveur de l’indépendance. Elles ont aussi harcelé, frappé ou arrêté plusieurs activistes, ou encore attaqué leurs domiciles.
    Le fait que l’administration américaine ait reconnu, le 10 décembre, la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental ne change en rien à son statut de territoire non autonome, tel que déterminé par les Nations Unies.
    « Le Maroc et le Polisario s’affrontent sur les plans frontalier et diplomatique, mais cela n’autorise en rien le Maroc à réprimer des civils sahraouis qui s’opposent pacifiquement à son administration du territoire », a déclaré Eric Goldstein, directeur par intérim de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord de Human Rights Watch.
    Fin octobre, des civils sahraouis ont bloqué une route reliant le Sahara occidental à la Mauritanie à travers une zone tampon de 5 kilomètres. Côté Sahara occidental, le Maroc maintient depuis longtemps le poste frontalier de Guerguerat, dont l’existence même est considérée, par le Polisario, comme une violation de l’accord de cessez-le-feu signé entre les deux parties en 1991. Le 13 novembre, l’armée marocaine a expulsé les civils de la zone tampon sans faire de victimes ni d’arrestations. Soutenant que cette opération mettait fin, de fait, au cessez-le-feu, le Polisario a fait voeu de « reprendre la guerre ». Aucune confrontation armée significative n’a eu lieu depuis.
    Les autorités marocaines contiennent fortement, depuis longtemps, toutes les manifestations d’opposition à leur administration du Sahara occidental. Elles empêchent les rassemblements de soutien à l’autodétermination sahraouie, soumettent les activistes indépendantistes à des violences, dans la rue ou en garde à vue, les emprisonnent, les condamnent au terme de procès entachés d’irrégularités ou d’actes de torture, entravent leur liberté de déplacement, et les font suivre ouvertement. De telles violations ont de nouveau été rapportées suite à l’incident de Guerguerat.
    À Laâyoune, après des manifestations majoritairement pacifiques en soutien au Polisario le soir du 13 novembre, des membres armés des forces de sécurité marocaines et des véhicules blindés de transport de troupes ont été déployés dans plusieurs quartiers, dressant des barrages routiers et empêchant les piétons de circuler. La branche de Laayoune de l’Association marocaine des droits humains a rapporté que pendant les quelques jours qui ont suivi le 13 novembre, les forces de sécurité marocaines ont matraqué des passants pacifiques, des policiers masqués ont attaqué ou fait irruption dans sept maisons de partisans présumés du Polisario, et des hommes, femmes et enfants ont été arrêtés avec un usage disproportionné de violence.
    À la même période, des groupes d’activistes sahraouis ont rapporté des événements similaires dans les villes de Smara, Dakhla et Boujdour. Les manifestations indépendantistes brutalement réprimées étaient en grande majorité pacifiques, même si quelques cas limités de jets de pierre sur la police ont été enregistrés, notamment à Laâyoune. Les autorités, en revanche, ont autorisé de larges manifestations dans le Sahara occidental, le 12 décembre, pour célébrer la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le territoire.
    Le 16 novembre, des policiers sont allés chercher Hayat Diyya, 12 ans, dans son collège de Laâyoune, et l’ont emmenée dans un poste de police, après qu’un membre du personnel de l’école a signalé qu’elle portait une veste de type militaire et qu’elle avait cousu, sur son uniforme scolaire, un écusson représentant le drapeau sahraoui. « Les policiers l’ont retenue pendant cinq heures, l’ont giflée, lui ont tiré les cheveux, et l’ont frappée brutalement sur plusieurs parties de son corps », a déclaré Lahbiba Diyya, la mère de Hayat, à Human Rights Watch. « Ils l’ont aussi forcée à s’agenouiller et à chanter l’hymne national du Maroc face à un portrait du roi. Depuis, elle fait régulièrement des cauchemars. »
    Sultana Khayya, une activiste connue de la ville de Boujdour, a déclaré à Human Rights Watch que des agents de police avaient pénétré en son absence dans son domicile familial le 19 novembre, et frappé sa mère de 84 ans à la tête. Ayant perdu connaissance, cette dernière a été évacuée en ambulance vers un hôpital. Khayya a ajouté que les policiers sont revenus le lendemain soir, ont encerclé la maison, martelé la porte avec leurs gourdins, puis frappé à la tête avec une matraque en métal sa sœur Waara, 47 ans, lui causant des saignements. Depuis lors et au moins jusqu’au 3 décembre, jour où Human Rights Watch a interrogé Sultana Khayya, la police est restée devant la maison, empêchant les membres de la famille de sortir et les visiteurs, y compris les proches, d’entrer.
    Le 15 novembre vers 5 heures du matin, une vingtaine de policiers en civil ont pénétré dans une maison de Laâyoune, ont sorti de son lit Ahmed El Karkar, un homme de 19 ans atteint d’un handicap mental, et l’ont arrêté. Il a ensuite été accusé d’avoir dressé des obstacles routiers ainsi que d’avoir insulté et agressé un agent de police lors d’une confrontation entre manifestants et policiers à Laâyoune, deux jours plus tôt.
    La mère d’El Karkar a déclaré à Human Rights Watch qu’Ahmed était à la maison pendant cette confrontation. Le 12 décembre, un tribunal l’a condamné à dix mois de prison. Son avocat a informé Human Rights Watch que le tribunal avait rejeté sa requête d’examen médical pour prouver le handicap mental de son client. El Karkar est aujourd’hui à la prison Lakhal de Laayoune, en attendant son procès en appel.
    Une activiste sahraouie, Nezha Khalidi, a déclaré à Human Rights Watch que l’après-midi du 21 novembre, quelques heures avant la cérémonie prévue pour célébrer son mariage avec Ahmed Ettanji, activiste sahraoui lui aussi, la police a encerclé et bloqué trois maisons appartenant à des parents des deux fiancés, coupé l’électricité dans l’une d’elles, et interdit à tous les occupants de quitter ces maisons, empêchant de fait la famille de se rassembler pour célébrer le mariage. 
    Le mariage a été annulé, et les maisons sont restées sous surveillance policière depuis, a déclaré Khalidi à Human Rights Watch le 10 décembre. Elle a précisé que cet assaut de la police ne répondait à aucune provocation, et que le mariage devait être un événement familial privé. Khalidi comme Ettanji font partie d’Équipe Média, un collectif d’activistes Sahraouis qui se sert des médias sociaux pour contourner la censure du Maroc et documenter la répression. Ses membres sont régulièrement harcelés par les autorités.
    Les autorités marocaines font systématiquement obstruction au travail des associations qui plaident pour l’autodétermination au Sahara occidental. Le 29 septembre, en réponse à la création de l’Instance sahraouie contre l’occupation marocaine, un nouveau groupe indépendantiste fondé entre autres par une activiste célèbre, Aminatou Haidar, un procureur de Laayoune a annoncé l’ouverture d’une enquête judiciaire pour « activités [visant à] port[er] atteinte à l’intégrité territoriale du Royaume ». Le même jour, la police a encerclé le domicile de six membres de ce nouveau groupe, dont Haidar. L’un d’eux a déclaré à Human Rights Watch le 5 octobre que des véhicules de police les suivaient dès qu’ils quittaient leurs maisons, quel qu’en soit le motif, et les empêchaient de recevoir des visites.
    La plus grande partie du Sahara occidental est sous occupation du Maroc depuis que l’Espagne, l’ancien administrateur colonial du territoire, s’en est retirée en 1975. Le gouvernement considère qu’il s’agit d’un territoire marocain et refuse tout référendum d’autodétermination dont l’un des choix serait l’indépendance. Cette option était pourtant incluse dans le référendum sur lequel le Maroc et le Front Polisario s’étaient accordés, dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide de l’ONU – mais ce référendum ne s’est jamais tenu. Les Nations Unies ne reconnaissent pas l’annexion du Sahara occidental par le Maroc, et ont fait savoir que leur position demeurait « inchangée » malgré la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté marocaine sur le territoire.
    Le Maroc a toujours refusé que le mandat de la mission des Nations Unies pour le maintien de la paix au Sahara occidental (MINURSO) soit élargie afin d’englober le suivi des droits humains. Human Rights Watch a appelé à un tel élargissement à plusieurs reprises, afin d’aligner cette mission sur la quasi-totalité des opérations modernes de maintien de la paix de l’ONU.
    « Ni la reconnaissance américaine de la souveraineté marocaine, ni la répression du Maroc, ne peuvent ôter aux Sahraouis leur droit fondamental de s’opposer pacifiquement à l’administration du territoire par le Maroc », a conclu Eric Goldstein.
    HRW, 18 déc 2020
  • ESPAÑA, MARRUECOS Y EL SAHARA

     

    Por Jesús Argumosa Pila

    Las relaciones entre España y Marruecos, desde la independencia del reino alauita, han estado marcadas por periodos alternos de hostilidad mutua y de reconciliación, de tal forma que a periodos de bonanza siguen ineludiblemente otros de crisis. (…)
    … Estamos a cerca de una treintena de años desde que se firmó el Tratado de amistad, buena vecindad y cooperación entre el Reino de España y el Reino de Marruecos, hecho en Rabat, el 4 de julio de 1991, entrando en vigor el 28 de enero de 1993, y a casi dos décadas del incidente de la isla de Perejil del 11 al 20 de julio de 2002, en el que España actuó de una forma firme y acertada.
    Desde entonces, y especialmente desde la moción de censura de Rajoy de hace dos años y medio, la política exterior marroquí ha tomado otros derroteros mucho más sutiles, más propios de una estrategia de aproximación indirecta liddelhartiana, acompañada de agresiones, subterfugios o provocaciones realizados en una amplia zona gris sin llegar al umbral de confrontación directa junto a una ambigüedad calculada. Utiliza intermediarios como narcotraficantes u organizaciones criminales con diferentes capacidades simultaneando y coordinando medidas de coerción política, diplomática, social y económica. Es decir, está aplicando una estrategia indirecta de tipo híbrido.
    Hay que partir de la base de que los objetivos estratégicos más importantes de Marruecos son, fundamentalmente, dos. El primero, persigue construir el Gran Marruecos lo que lleva implícito la anexión del Sahara Occidental, antigua provincia española. El segundo, consiste en anexionarse de los territorios españoles del Norte de África, desde Ceuta a Melilla, pasando por el Peñón de Vélez de la Gomera, las Islas Chafarinas, el Peñón de Alhucemas y el islote de Perejil.
    Para ello, está empleando cuatro ejes de actuación: 1) Ejercer presión política y diplomática en el entorno fronterizo de Ceuta y Melilla; 2) Ampliar las aguas territoriales en el Atlántico, utilizando al territorio saharaui como si ya fuera de soberanía marroquí; 3) Operar activa, agresiva y diplomáticamente en el intento de conseguir la soberanía sobre el Sahara Occidental; y 4) Impulsar la inmigración ilegal hacia Canarias provocando graves dificultades sociales y económicas al gobierno español.
    En relación con el primer eje, aunque ya había habido incidentes de cierre de fronteras a lo largo de 2019 en ambas ciudades, el pasado 13 de marzo el gobierno marroquí puso las verjas definitivas. A partir de dicha fecha, se ha asfixiado el comercio tradicional, la principal fuente de empleo y de actividad productiva, de las ciudades de Ceuta y Melilla. La economía se ha destruido, el paro crece en tanto que muchas empresas han quebrado. Esta actitud agresiva marroquí pretende aislar y asfixiar económicamente a las dos ciudades españolas del Norte de África.
    El segundo eje, el de la ampliación de aguas territoriales, arranca una quincena de días más tarde, el 30 de marzo – en plena crisis del Coronavirus y con el estado de alarma decretado en España-, cuando se publicaron en el Boletín Oficial marroquí dos leyes, previamente aprobadas por el Parlamento, mediante las cuales Rabat oficializaba la ampliación a 200 millas de su zona económica exclusiva mientras que la plataforma continental la extiende hasta las 350 millas. Esta decisión está en contra del derecho internacional en cuanto que Marruecos no tiene soberanía sobre dichas aguas por ser solo potencia administradora. Por otra parte, dicha ampliación se solapa con las aguas territoriales españolas.
    El tercer eje de actuación marroquí – aparte de la operación militar lanzada por Marruecos en Guerguerat, el pasado 13 de noviembre, que provocó la rotura del alto el fuego de 1991, por parte del Frente Polisario, al día siguiente 14 de noviembre – ha gravitado sobre su activa actuación política, diplomática y comercial no solo con los países africanos, algunos de los cuales ya han establecido consulado en el territorio, sino también, y particularmente, con Estados Unidos.
    Fruto de las especiales relaciones con Estados Unidos ha sido el reconocimiento, por parte de Donald Trump, el pasado jueves día 10, de la soberanía de Marruecos sobre el Sahara Occidental, a cambio de que Marruecos establezca relaciones con Israel.
    Nadie duda de que este hecho supone un atentado contra la legalidad internacional reconocida por la ONU y constituye un obstáculo importante que complica las posibilidades de negociación para solucionar este conflicto después 45 años.
    Desde el punto de vista de los intereses geopolíticos estadounidenses de cara a la estabilidad en los escenarios del Mediterráneo, de África del Norte y de Oriente Medio, la situación política, económica y social de los dos estados que tienen control sobre el estrecho de Gibraltar, puerta de acceso occidental a los tres escenarios citados, es completamente distinta para la realpolitik de Estados Unidos.
    De un lado, España, que se encuentra inmersa en una situación altamente vulnerable como consecuencia de la crisis económica y social a la que nos está conduciendo la COVID-19, del conflicto institucional que sufrimos, de la alta tasa de paro, del desafío soberanista catalán y vasco, de la corrupción interminable, de las discrepancias en la educación o de la crispación política existente entre los diferentes partidos políticos que se refleja en un país altamente polarizado que acentúa la debilidad del Estado.
    De otro, Marruecos, un país que proyecta al mundo una imagen de estabilidad con instituciones sólidas y fiables, con prácticas de la tolerancia que avalan el respeto de otras religiones y una cultura política de consenso. Y lo más importante, con una monarquía que es la garante de la estabilidad y de la identidad religiosa del pueblo marroquí que tiene como referente al Rey Mohammed VI como Comendador de los Creyentes.
    A todo esto, hay que añadir la diferente actitud tomada por los dos países ante el futuro del Sahara Occidental, cuya administración ha estado en manos de España hasta el año 1976, año en que se marchó de dicho territorio. Mientras que Marruecos ha estado llevando a cabo una activa política exterior en el campo internacional, buscando apoyos a su postura sobre dicho territorio, España ha tenido una actitud totalmente pasiva e inactiva abandonando incluso sus responsabilidades históricas.
    Por último, el cuarto eje de la estrategia del reino alauita es el impulso y apoyo a la inmigración ilegal a Canarias con el objetivo de utilizar al archipiélago como moneda de cambio para presionar al Estado español y que éste no se interponga en sus planes expansionistas sobre nuestras aguas y sobre el Sáhara Occidental, así como para evitar que asuma un papel más activo como antigua potencia administradora del Sáhara y exija la celebración de un referéndum y la culminación del proceso de descolonización de este territorio.
    Lo cierto es que Marruecos está llevando a cabo una estrategia activa y hostil contra nuestros intereses estratégicos, económicos y de seguridad, al amparo de una supuesta cooperación en la lucha contra el salafismo yihadista y la inmigración ilegal – que utiliza como distracción -, con el claro propósito de conseguir los dos principales objetivos estratégicos que se han mencionado más arriba.
    Si bien es cierto que el reconocimiento estadounidense de la soberanía marroquí sobre el territorio del Sahara Occidental, ha sido un gran éxito internacional para Marruecos, también es verdad que en la Unión Europea existe una negativa general a reconocer la soberanía marroquí debido al apoyo del bloque al referéndum de la ONU sobre el Sahara Occidental.
    Teniendo en cuenta que, para nuestros intereses geoestratégicos, lo ideal es que el Sahara Occidental sea un país democrático e independiente, a España no le queda otra opción, que tomar las medidas adecuadas con firmeza, credibilidad y contundencia para garantizar la estabilidad estratégica de nuestro entorno geopolítico más cercano, en estrecha colaboración con Naciones Unidas, la Unión Europea y la Unión Africana, entre otros actores.
    Todo ello demanda activar nuestra política exterior – durante muchos años pasiva o desaparecida en cuanto se relaciona con el Sahara Occidental – con un conjunto de medidas impregnadas de una sólida y vigorosa voluntad política, al objeto de frenar o neutralizar las acciones hostiles mencionadas del país magrebí al mismo tiempo que se le exige cumplir con la legalidad internacional. Y debiera llevarse a cabo más pronto que tarde.
    Madrid, 15 de diciembre de 2020
    Fuente : La crítica
    Tags : Sahara Occidental #Polisario #Marruecos #Maroc #Western Sahara #Morocco

  • Sahara Occidental – Maroc : Tel est pris qui croyait prendre

    En décidant, le 13 novembre dernier, d’une agression militaire caractérisée contre des manifestants civils sahraouis qui protestaient pacifiquement contre l’ouverture de la brèche d’El Guergarat, à l’extrême-sud du territoire du Sahara occidental occupé, le Makhzen ne s’attendait pas, à l’évidence, à un rapide retour de manivelle. Que l’annonce, le 10 du mois en cours, par le président américain sortant, Donald Trump, de la reconnaissance par les Etats-Unis de la souveraineté du Maroc sur le territoire du Sahara Occidental, n’a pu occulté. Surtout que cette annonce a coïncidé avec celle de la normalisation du royaume du Maroc avec l’entité sioniste et que cette coïncidence ne doit rien au hasard. 

    Deux faits qui révèlent, de la manière la plus éclatante qui soit, la totale soumission du Palais royal et de son Makhzen aux intérêts et aux agendas étasuniens et sionistes. De là à dire que ladite reconnaissance de la marocanité du Sahara Occidental – qui, pour la petite histoire, a été annoncée par un simple tweet -, n’est, dans les faits, qu’une vile et gratuite contrepartie à la normalisation, par notre “voisin de l’Ouest”, de ses relations avec l’entité sioniste, il y a un tout petit pas que, à l’instar de beaucoup à travers le monde, nous franchissons allègrement. Une évidence que refuse d’admettre le Makhzen. 
    Avec l’aide de tous ceux qui l’encouragent, depuis de longues années, dans son intransigeance à ne pas vouloir se conformer à la légalité internationale dans la résolution du problème, pendant depuis plus de quatre décades maintenant, du Sahara occidental, ce dernier s’échine plutôt à édulcorer la situation. En clair, à nier que l’évolution de la situation ne va aucunement dans le sens qu’il avait prévu. Agissant de concert, le Makhzen et ses soutiens occidentalo-sionistes appuyés par leurs sous-fifres de la région arabe – tout ce que celle-ci compte de monarchies et certaines républiques aux ordres, en fait – imposent, en effet, un black-out total et sur la reprise, à l’initiative du Front Polisario, des hostilités au Sahara Occidental, et sur les réactions en chaîne, qui vont grandissant à travers le monde, de rejet, tout à la fois, de la reconnaissance, par le président américain sortant, de la marocanité de ce territoire, et de la normalisation, par le royaume de M6, de ses relations avec l’entité sioniste. 
    Concernant le premier point, le Makhzen fait comme si rien ne se passe le long “du mur de la honte et de l’humiliation” et que la situation à El-Guergarat est des plus normales. Un silence démenti toutefois aussi bien par l’ONU qui, à maintes reprises depuis le 13 novembre dernier, a fait état d’accrochages le long de ce mur entre les unités de l’APLS (Armée populaire de libération sahraouie) et la soldatesque marocaine qui y est terrée, que par les communiqués quotidiens du ministère de la Défense nationale sahraoui en faisant état. La teneur de ces derniers, parce que des plus précis sur le déroulement des opérations menées par l’ALPS, ne laisse aucun doute sur la réalité que le Makhzen s’évertue à nier. Mais qu’il a de plus en plus de mal à occulter surtout que ces derniers jours la situation sur le terrain a connu une évolution notable marquée par l’aggravation des pertes, notamment humaines, subies par l’armée royale et l’intervention de son aviation. Jusqu’où ira l’entêtement du Makhzen à nier la réalité des faits, lui, qui s’échine, contre le bon sens, à présenter comme une “victoire diplomatique historique” une reconnaissance twettée, par Donald Trump, de l’illusoire marocanité du Sahara occidental?
     Selon tous les observateurs impartiaux de la scène maghrébine, pas très loin. Et pour cause. Claironnée à longueur de journée par tous les médias, locaux et internationaux, qui lui sont acquis, cette “victoire” a toutes les chances d’être des plus éphémères. Et c’est là, le second fait qui atteste de l’évolution précitée de la situation dans un sens non prévu par le Makhzen. Outre son rejet de l’intérieur même des Etats-Unis et des rangs même du parti républicain, son propre parti, l’initiative de Donald Trump à reconnaître la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental l’est également à l’échelle internationale. 
    Depuis son annonce, concomitamment avec celle de la normalisation des relations entre le Maroc et l’entité sioniste, celle-ci fait, en effet, l’objet d’un fort rejet de la part, à la fois, de l’ONU, de nombre pays, de personnalités, politiques et autres, de renom et d’organisations internationales activant dans le domaine des droits de l’Homme. Dans les deux cas, les réactions de rejet ont été motivées par l’attachement de ceux qui les ont exprimées à la légalité internationale que l’initiative en question a, selon eux, clairement et honteusement violée. Des motifs auxquels les nombreuses personnalités américaines – parmi lesquelles, les anciens émissaires onusiens pour le Sahara Occidental, James Baker et Christopher Ross, et l’éminent linguiste, Noam Chomsky – qui n’ont pas apprécié – et c’est peu dire – la décision de leur président sortant, ont ajouté, rejoignant en cela la position exprimée par Stephen Zunes, un universitaire de San Francisco, “l’atteinte à la réputation des Etats-Unis”. Une atteinte que les “opposants de l’intérieur” et ceux de “l’extérieur” – et ils sont chaque jour plus nombreux – souhaitent voir effacée par le 46ème président américain, Joe Biden, et ce, dès sa prise de fonctions officielle, le 20 janvier 2021…
    Mourad Bendris
    Dzair-tube, 19 déc 2020
  • Sahara Occidental : Los marroquíes se vengan hackeando webs argelinas

    Hackers marroquíes piratean varias webs argelinas

    Varias webs argelinas, oficiales y gubernamentales, han sido víctimas de piratería informática en las últimas 72 horas.
    Según información proporcionada por varios medios, entre ellos el medio de comunicación de habla árabe Echourouk, varios sitios web oficiales y gubernamentales de Argelia han sido pirateados en las últimas 72 horas entre estos sitios está el de la agencia nacional para el desarrollo de los recursos de hidrocarburos de Argelia “Alnaft”.
    Este ataque fue reivindicado por los piratas informáticos marroquíes, que se muestran bajo el nombre de “morocco hack team snow ma” en la página del sitio pirateado de Alnaft, el acceso está bloqueado, dice: “pirateado por el equipo de piratería de Marruecos snow ma. viva el imperio marroquí: nuestra historia habla de nosotros. Mauritania y Argelia son parte de nosotros “.
    Se desconocen los motivos de este atentado y sus autores, pero varias voces afirman que este atentado se produce por la posición de Argelia sobre la normalización de las relaciones diplomáticas entre Marruecos e Israel, así como por el reconocimiento americano de la pretendida marroquinidad del Sahara Occidental. 
    Los servicios de seguridad marroquíes han negado la piratería de su sitio web por parte de un hacker argelino
    Al mismo tiempo, un hacker argelino llamado “ismail man54” afirmó haber pirateado el sitio web de la dirección general de seguridad nacional (dgsn) de Marruecos.
    Sin embargo, los servicios de seguridad marroquíes han negado esta información y han asegurado que su sitio web funciona con normalidad y que está bien protegido por sistemas de seguridad de alta tecnología.
    Fuente : Algérie360, 19 déc 2020
  • Normalisation Maroc-Israël: implications pour le droit international, la paix régionale et la politique américaine

    Intervenants : 

    Intissar Fakir : Fellow et rédacteur en chef de Sada, programme Moyen-Orient, Carnegie Endowment for International Peace
    Allison L. Mc Manus : Directrice de recherche, The Freedom Initiative
    Yousef Munayyer : Senior non-résident Fellow, Arab Center Washington DC
    Stephen Zunes : Professeur de politique et d’études internationales, Université de San Francisco
    Tamara Kharroub – Modératrice : Directrice exécutive adjointe et Senior Fellow, Arab Center Washington DC
    À propos du webinaire
    Le 17 décembre 2020, le Centre arabe de Washington DC (ACW) a organisé un webinaire intitulé «Normalisation Maroc-Israël: Implications sur le droit international, la paix régionale et la politique américaine». Les panélistes étaient Intissar Fakir, membre du Carnegie Endowment for International Peace et rédacteur en chef de Sada, Allison McManus, chercheur auprès de la Freedom Initiative, Stephen Zunes, professeur de politique et d’études internationales à l’Université de San Francisco, et Yousef Munayyer, chercheur principal non-résident de l’ACW. Tamara Kharroub, directrice exécutive adjointe de l’ACW et chargée de recherche principale a animé la session.
    Fakir a commencé sa présentation en soulignant le point de vue du Maroc sur la question du Sahara occidental, affirmant qu’il s’agit d’une considération cruciale pour l’État marocain et la population du pays. Elle a déclaré que la reconnaissance américaine de la souveraineté du Maroc sur la région a fourni au royaume une victoire importante en politique étrangère qui lui a été refusée pendant des décennies. Elle a déclaré que le Maroc n’avait jusqu’à présent pas réussi à obtenir le soutien des pays européens et que la décision du président américain Donald Trump était une «reconnaissance très appréciée». Fakir a déclaré que les Marocains considèrent que le Sahara occidental est un territoire national non occupé. Elle a également déclaré que l’ancien conseiller à la sécurité nationale John Bolton avait contribué à retarder la dernière étape de la Maison Blanche parce qu’il voulait que le Maroc organise le référendum soutenu par les Nations Unies sur le sort du territoire. Elle a déclaré que la décision de Trump mettait le monde occidental tout entier dans une position difficile. La nouvelle administration Biden se trouvera dans une situation très difficile à l’avenir car elle doit équilibrer ses relations avec un allié traditionnel, le Maroc, avec son accent déclaré sur les droits de l’homme et l’autodétermination. Commentant la position de l’Algérie, Fakir a douté qu’elle agisse rapidement ou de manière irrationnelle, préférant voir comment la question évoluera à l’avenir. 
    McManusa abordé la question des droits de l’homme dans la région du Sahara occidental ainsi qu’au Maroc lui-même, affirmant qu’il y avait eu de graves violations des libertés de parole, d’expression et de réunion. Elle a déclaré que le récit sur la région était étroitement contrôlé, à la fois sur le territoire et au Maroc lui-même. McManus a déclaré qu’en plus d’obtenir la promesse d’un accord d’armement d’un milliard de dollars de la part des États-Unis, la reconnaissance par l’administration Trump de la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental encourage l’appareil de sécurité du royaume à augmenter ces violations. Une chose est sûre, cependant, on ne sait pas grand-chose sur les sentiments du public sahraoui sur l’avenir et sur la manière dont il se tient réellement sur le référendum que l’ONU est censée y organiser. McManus a déclaré que la pandémie de coronavirus fait des ravages au Sahara occidental et que le peuple ne reçoit pas beaucoup d’aide du Maroc. Au lieu de cela, ils comptent autant que possible sur l’aide que l’Algérie peut leur apporter. Elle a convenu avec Fakir que l’administration Biden sera dans une position très difficile lorsqu’elle entrera en fonction, car l’accent mis sur le respect des droits de l’homme et le respect du droit international se heurtera à la reconnaissance par l’administration actuelle de la souveraineté du Maroc sur la région.
    Zunes a souligné les questions du droit et de l’ordre internationaux dans ses remarques. Il a déclaré que la proclamation de Trump sur le Sahara occidental était en violation évidente du droit international et des normes internationales et affecterait d’autres problèmes comme l’occupation israélienne des territoires palestiniens. Zunes a comparé la décision sur le Sahara occidental à celle sur les hauteurs du Golan syrien occupé. Ce qui inquiète également Zunes, c’est le fait que le Sahara occidental, représenté par le Front Polisario, soit membre de l’Union africaine et reconnu par quelque 80 pays à travers le monde. Cette reconnaissance est inscrite, a-t-il dit, dans la charte des Nations Unies que les États-Unis eux-mêmes ont maintes fois utilisé pour justifier leurs propres politiques, comme la guerre contre l’Irak. Zunes a déclaré que le peuple sahraoui n’est pas marocain; ils ont leur propre culture, langue et dialecte, conditions sociales, et l’identité nationale. En fait, les conditions des femmes sahraouies sont meilleures que celles du Maroc. Il a dit que la question du Sahara occidental est une question d’autodétermination et que les Sahraouis doivent être autorisés à décider de leur propre avenir. D’autre part, Zunes a écarté l’efficacité de la lutte armée pour la libération. Au lieu de cela, comme ce fut le cas avec l’indépendance du Timor oriental et de l’Indonésie, la participation de la société civile internationale est le seul moyen d’aider les Sahraouis à atteindre leur indépendance nationale.
    Munayyer a également lié la question de la normalisation Maroc-Israël à l’occupation par Israël des terres palestiniennes et à sa position au Moyen-Orient. Il a déclaré que l’accord de normalisation avec le Maroc indique que les États arabes voient une petite fenêtre d’opportunité avec Donald Trump à la Maison Blanche et qu’ils veulent l’exploiter. Ils pensent qu’ils peuvent obtenir tout ce qu’ils veulent de Trump avant que Biden n’entre et impose un processus institutionnel pour les relations avec les États. Munayyer a également déclaré que certains États arabes assistent à la fin de tout processus de paix avec Israël et pensent qu’il serait bon d’être en bons termes avec les acteurs puissants de la région, dans ce cas Israël. Dans cette veine, Munayyer estime qu’il y a de bonnes chances qu’il y ait d’autres normalisateurs arabes. Cependant, il a souligné l’importance de la normalisation du Maroc et a déclaré que c’était probablement la plus logique car environ un million de juifs en Israël ont un héritage marocain et les liens entre les deux pays sont réels, contrairement à ceux avec les EAU et Bahreïn. Certes, a-t-il déclaré, cet accord de normalisation fait plus de mal aux Palestiniens que tout autre accord. Mais il l’a quand même critiqué parce qu’il consacre l’occupation israélienne des terres palestiniennes et légalise le principe de «la justice de la force». 
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara #Isral #USA #DonaldTrump #JoeBiden
  • Le « non-Maghreb » : tout le monde y perd !

    De nouvelles alliances se font et défont les anciennes avec le concours de nouveaux acteurs régionaux et internationaux dont la mission est justement de précipiter la fin du Maghreb, rappelait bien à propos un éditorialiste. Un pas est franchi et le retour en arrière est presque impossible ! Contrairement au couple franco-allemand, le couple algéro-marocain, qui n’a jamais fait bon ménage, semble être définitivement condamné. Les implications géopolitiques de l’épisode de Guerguerat ont scellé la rupture. Les équilibres précaires qui, jusqu’ici, ont pu permettre au Maghreb de maintenir la tête hors de l’eau sont rompus (1) !

    Lire la suite depuis la source : Le Quotidien d’Oran

     

     

     

     

    Tags : Maghreb, UMA, Sahara Occidental,

  • A l'approche de la réunion du Conseil de Sécurité sur le Sahara Occidental : Baker et Bolton reviennent à la charge

    À L’APPROCHE DE LA TENUE D’UNE RÉUNION DU CONSEIL DE SÉCURITÉ

    James Baker et John Bolton reviennent à la charge sur le Sahara Occidental
    par Tarek Hafid
    James Baker et John Bolton ont une nouvelle fois critiqué la décision du Président Donald Trump de reconnaître la «marocanité» du Sahara Occidental. Des sorties publiques qui interviennent à quelques jours d’une réunion du Conseil de sécurité consacrée au dossier sahraoui. 
    Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – Dans une tribune publiée jeudi dans le Washington Post, James Baker a une nouvelle fois condamné la signature par le Président américain sortant d’une proclamation reconnaissant la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental.
    « La reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental par l’administration Trump est un revirement majeur et regrettable dans une politique américaine au long cours défendue aussi bien par les démocrates que par les républicains. Les États-Unis ont abandonné de manière imprudente leurs principes pour quelque chose qui ne changera rien à la position de la communauté internationale en ce qui concerne la résolution du conflit», a écrit l’ancien secrétaire d’État américain et ancien envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara Occidental. Selon lui, cette reconnaissante risque de provoquer une situation chaotique au Maghreb et au Sahel avec «la possibilité d’une montée des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario redoutant qu’Al-Qaïda au Maghreb islamique et d’autres groupes terroristes puissent exploiter la situation». 
    James Baker a appelé le Président élu Joe Biden à «annuler cette décision téméraire et cynique». Auparavant, Baker n’avait pas hésité à qualifier de «chantage absurde sur le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination». 
    Selon lui, «l’administration américaine aurait pu se passer d’un tel marchandage et promouvoir un accord de normalisation entre Israël et le Maroc, similaire à celui signé avec les Émirats arabes et Bahreïn». 
    «Minimiser les dommages»
    C’est également à travers une tribune que John Bolton, ancien conseiller à la Sécurité nationale du Président Donald Trump, a choisi de s’exprimer sur la question du dossier sahraoui. Dans ce long texte publié par Foreign Policy, il appelle lui aussi Joe Biden à ne pas prendre en considération la décision de son prédécesseur. «Du point de vue de la politique américaine, le meilleur résultat serait pour Biden, une fois inauguré, d’annuler l’acquiescement de Trump à la souveraineté marocaine. Ce ne sera pas facile, étant donné les attentes — si erronées soient-elles — déjà construites à Rabat et à Jérusalem. Si Biden veut faire un virage à 180 degrés, il doit le faire immédiatement lors de sa prise de fonction, ce qui minimiserait les dommages.» Il estime que la décision que prendra Biden n’aura pas de conséquences sur les intérêts des États de la région, y compris pour Israël. 
    «Pour l’Algérie, la Mauritanie, Israël et les dirigeants européens, il n’y a pas grand-chose à perdre si Biden annule la décision malavisée de Trump. Ce sera un soulagement bienvenu que la perspective d’un conflit avec le Maroc ait au moins été reportée. Ces États devraient tous insister sur le fait que l’avenir du Sahara Occidental ne doit pas être mis de côté, un développement qui ne profite qu’au Maroc, étant donné son contrôle de facto sur la majeure partie du territoire. Bahreïn et les Émirats arabes unis ont déjà libéré Israël de l’isolement diplomatique formel auquel il était confronté depuis de nombreuses années. Tout ce que le Maroc fait en réponse à une nouvelle politique Biden qui réaffirme le statu quo du Sahara Occidental n’affectera que légèrement Israël», précise Bolton dans cette tribune.
    Forcing US
    Ces sorties médiatiques interviennent quelques jours avant la tenue d’une réunion du Conseil de sécurité de l’ONU durant laquelle la question du Sahara Occidental sera débattue. Programmée lundi 21 décembre, cette réunion à huis clos a été convoquée à la demande de l’Allemagne, membre non-permanent du Conseil de sécurité. 
    Cette rencontre sera importante dans le sens qu’elle permettra de confirmer la position des États-Unis, membre permanent de ce conseil, vis-à-vis du dossier du Sahara Occidental. Il est peu probable que l’administration Trump change de position puisque sa représentante à l’ONU, Kelly Craft, a soumis la proclamation de reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental au secrétaire général des Nations-Unies, Antonio Guterres, et aux membres du Conseil de sécurité. 
    Un acte perçu comme un forcing de la part de l’équipe du Président sortant, surtout que cette proclamation n’a pas de valeur juridique aux États-Unis puisqu’elle n’a pas été adoptée par les membres du Congrès.
    T. H.
    Le Soir d’Algérie, 19 déc 2020

  • Sahara Occidental : La décision de Trump « n’y changera rien » (James Baker)

    POSITION DE LA COMMUNAUTÉ INTERNATIONALE SUR LA RÉSOLUTION DU CONFLIT AU SAHARA OCCIDENTAL : La décision de Trump « n’y changera rien », selon James Baker

    La reconnaissance, par le président sortant Donald Trump, de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental risque de créer un climat d’instabilité en Afrique du Nord, a indiqué, l’ancien secrétaire d’État américain, James Baker. Dans une tribune publiée dans le Washington Post, M. Baker n’a pas écarté « la possibilité d’une montée des hostilités entre le Maroc et le Front Polisario », estimant que la décision « téméraire » du président américain sortant pourrait ainsi avoir de « sérieuses répercussions ». 
    Trump avait annoncé, le 10 décembre courant, reconnaître le Sahara occidental comme faisant partie du territoire marocain en contrepartie de la normalisation par le Maroc de ses relations avec l’entité sionsite. D’autre part, cette décision, selon Baker pourrait « compliquer » les relations entre les États-Unis et l’Algérie « un important partenaire stratégique ». « La détérioration de nos relations avec l’Algérie, principal défenseur du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination pourrait affecter l’avenir de nos relations commerciales ainsi que notre coopération militaire et en matière de lutte anti-terroriste », a-t-il soutenu. 
    James Baker a considéré la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental comme « un étonnant abandon des principes du Droit international par les États-Unis ainsi que ses propres principes diplomatiques « . Il a déclaré, que « Les États-Unis ont abandonné de manière imprudente leurs principes pour quelque chose qui ne changera rien à la position de la communauté internationale en ce qui concerne la résolution du conflit », a-t-il assuré, appelant le président Biden à annuler cette décision téméraire et cynique ». « L’action téméraire (de Trump) présentée comme une (démarche) diplomatique aggravera une situation déjà dans l’impasse, celle du règlement du long conflit opposant le Maroc au peuple sahraoui autour du territoire (sahraoui) », a déploré l’ancien émissaire de l’ONU. 
    Qualifiant la décision prise par Trump de « cynique », Baker a insisté sur le fait que les Etats-Unis « ne devaient pas tourner le dos au peuple sahraoui » en tentant, a-t-il ajouté « de rendre meilleures les relations entre Israël et ses voisins ». « Dès 1975, lorsque le Maroc a pris le contrôle du Sahara occidental par la force après le retrait de l’Espagne, les États-Unis et la plupart des membres de la communauté internationale ont refusé de reconnaître la légitimité de cette revendication ( la souveraineté sur le Sahara occidental) », a rappelé l’ancien secrétaire d’État. 
    « La reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental par l’administration Trump est un revirement majeur et regrettable dans une politique américaine au long cours défendue aussi bien par les Démocrates que par les Républicains », a-t-il signalé notant que l’annonce faite par Trump pourrait affecter l’image des États-Unis et mettre en doute ses engagements sur le plan international. 
    Le président Joe Biden occupera ses fonctions de président des États-Unis à partir du 20 janvier prochain.
    M. B.
    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara
  • En dépit de l'obstruction du Maroc : Le Conseil de sécurité va examiner la situation au Sahara occidental

    EN DÉPIT DE L’OBSTRUCTION DU MAROC : Le Conseil de sécurité va examiner la situation au Sahara occidental 

    Le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira, ce lundi, à la demande de l’Allemagne, pour discuter du conflit au Sahara occidental, a-t-on indiqué de source diplomatique aux Nations unies.
    Cette réunion, qui est un sérieux revers pour le Maroc, intervient au lendemain de la grave décision de Trump et de son vil marchandage engageant les États-Unis dans une impasse diplomatique sur la question du Sahara occidental.
    Prévue à huis clos, cette réunion se tiendra en effet après la décision du président américain sortant Donald Trump de reconnaitre la prétendue « souveraineté » du Maroc sur le Sahara occidental en contrepartie de la normalisation des relations entre le Maroc et l’entité sioniste. Mardi, en violation du droit international, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Kelly Craft, a transmis une copie de la proclamation de Trump sur le Sahara occidental au SG de l’ONU, Antonio Guterres et au Conseil de sécurité. L’annonce unilatérale par Trump a suscité une véritable levée de boucliers aux États-Unis, où plusieurs sénateurs démocrates et républicains et d’anciens hauts responsables dont James Baker , architecte du plan de paix et John Bolton, président du Conseil national de sécurité (avril 2018 – septembre 2019) de Donald Trump, sont montés au créneau pour dénoncer une décision irréfléchie, remettant en cause l’engagement des États-Unis à l’égard des principes de l’annexion de territoires par la force et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, tous deux inscrits dans la Charte des Nations unies.
    Tant James Baker que Christopher Ross, tous deux anciens émissaires de l’ONU pour le Sahara occidental, ont évoqué une « décision insensée et irréfléchie ». La réunion du Conseil de sécurité devrait donner une indication sur la démarche US- du moins jusqu’à la fin du mandat de Trump – à l’ONU qui a réaffirmé que le statut du territoire non autonome reste inchangé et alors que l’Assemblée générale des Nations unies a adopté une résolution appelant a des négociations directes entre le Maroc et le Front Polisario en vue du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui.
    Joe Biden pourrait annuler la décision de son prédécesseur
    Pour nombre d’observateurs, le président élu américain Joe Biden, qui succédera à Trump le 20 janvier, devra trancher sur la décision de Trump, qui met en porte à faux son pays membre permanent du Conseil de sécurité et qui plus est, rédacteur des avant projets du conseil de sécurité. Il n’en demeure pas moins que pour l’ONU, « la position reste inchangée » vis-à-vis de la question sahraouie. « Le SG de l’ONU reste convaincu qu’une solution à la question du Sahara occidental est possible, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité », avait déclaré le porte-parole de l’ONU Stéphane Dujaric en réaction à la décision de Trump.
    Pour rappel, le Conseil de sécurité composé de 15 membres a prolongé d’un an la mission onusienne pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso). Pour Stephen Zunes, professeur de politique à l’Université de San Francisco, l’annonce du président sortant américain, Donald Trump, sur une reconnaissance de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental « porte préjudice à la réputation des États-Unis » et placerait le président élu Joe Biden « dans un dilemme ». Il souligne à cet égard que si le prochain président US pourrait annuler la reconnaissance par les États-Unis de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental « d’un trait de plume », le régime marocain pourrait en réaction renoncer à la normalisation des relations avec Israël. Donc, poursuit l’analyste américain, le président Biden se trouverait « sous une pression considérable pour ne pas saper ce que beaucoup considèrent comme une avancée importante ».
    Inquiétudes au Congrès chez même des « pro-israéliens »
    Évoquant la position de certains membres influents de la classe politique américaine, le journaliste du Washington Post indique que de puissants membres « pro-israéliens » du Congrès ont exprimé des inquiétudes quant à la déclaration de Trump, à l’instar du président de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, Eliot L. Engel, qui a noté que la décision de Trump « bouleverse un processus onusien crédible et international ».
    De même que le sénateur Jim Inhofe, président de la commission sénatoriale des services armés, qui a déclaré qu’il était « attristé par le fait que les droits du peuple sahraoui aient été troquées », considérant la déclaration de Trump comme « choquante et profondément décevante ».
    Abordant le statut juridique du Sahara occidental en tant que territoire non autonome, Stephen Zunes a souligné l’impératif d’un référendum d’autodétermination supervisé par la communauté internationale à « condition de proposer dans ce référendum l’indépendance comme option au peuple sahraoui ». Toutefois, « le Maroc et maintenant les Etats-Unis ont catégoriquement exclu cette option », considère-il.
    L’auteur rappelle ensuite que depuis la proclamation par le Front Polisario de la création de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) en 1976, un nombre de 84 pays ont reconnu le Sahara occidental comme un État indépendant, en précisant que la RASD « demeure un État membre à part entière de l’Union africaine », dont la Charte interdit les changements de manière unilatérale des frontières héritées de la période coloniale.
    M. Bendib 
    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara