Tag: Polisario

  • Sahara Occidental : « On n’a pas laissé le choix aux Sahraouis » (diplomate)

    ABDELAZIZ RAHABI SUR LE RECOURS DU POLISARIO À LA RIPOSTE ARMÉE FACE À L’AGRESSION MAROCAINE : « On n’a pas laissé le choix aux Sahraouis »

    Dans un long entretien accordé au quotidien arabophone « El Khabar », consacré essentiellement à la cause sahraouie et ses ramifications sur le plan régional et international, l’ancien diplomate Abdelaziz Rahabi a estimé que l’escalade qu’a connue la région après l’agression marocaine à El-Guerguerat, qui a porté le coup de grâce au cessez-le-feu signé en 1991 entre le Front Polisario et le Maroc était prévisible. Pour le diplomate Rahabi, ceux qui suivent de près l’évolution de la cause sahraouie, savent pertinemment que ce qui s’est produit à présent était prévisible en raison du blocage du processus de paix constaté depuis 1991.

    L’ancien ministre de la Communication a tenu à rappeler dans ce sens, que de 1975 à 1991, le Sahara occidental a toujours vécu en conflit armé. Et c’est cet état des lieux qui a d’ailleurs ramené la communauté internationale à s’en convaincre de la nécessité d’un cessez-le-feu et aller vers des négociations directes pour un recensement de la population sahraouie, sachant que cette entreprise était facilement réalisable sur le terrain du fait que l’ancien colonisateur du Sahara occidental, l’Espagne, avait déjà opéré dans ce sens car la population locale portait déjà des documents espagnols, a expliqué M.Rahabi.

    En plus du recensement, a-t-il ajouté, il y a aussi la nécessité du maintien de la fin des hostilités et l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui.

    Quant aux origines de ce blocage, M.Rahabi a affirmé qu’il suffit de lire l’histoire de manière objective pour en situer les responsabilités, rappelant que tous les pays avaient exercé de fortes pressions sur le Sahara occidental afin de signer la fin des hostilités partant du fait que c’est les Nations unies qui sont garantes du respect du cessez-le-feu. Et c’est à partir de là que les Sahraouis avaient alors accepté de déposer les armes. Mais malheureusement l’ONU n’a pas tenu parole, et doit en assumer l’entière responsabilité, tout en endossant la responsabilité politique à la France et le coté historique à l’Espagne car cette dernière est toujours l’autorité administrative sur ce territoire du point de vue de la loi internationale.

    Et les conséquences du cessez-le- feu, selon Rahabi, sont bénéfiques pour le Maroc, lui permettant de gagner du temps, mais si dramatique pour le peuple sahraoui, réduit entre temps à vivre sous des tentes depuis 29 ans. En résumé on n’avait pas laissé d’autre choix pour le Sahara occidental que la lutte armée, a-t-il dit.

    Quand la France bloque la désignation d’un envoyé spécial

    Il a estimé par ailleurs que la responsabilité est collective à commencer par l’ONU qui n’avait pas dépêché un envoyé spécial au Sahara occidental 18 mois après la démission de l’ancien. Car, faut-il le savoir, a-t-il encore expliqué, l’envoi d’un émissaire dans la région ne relève pas des prérogatives du SG de l’organisation onusienne. Et à chaque fois qu’il tente de dégager un envoyé spécial pour la région il se retrouve heurté au blocage des Nations unies et de la France, et par conséquent il est aisé d’en déduire qu’il y a des pays qui cherchent à maintenir et préserver leurs intérêts au Sahara occidental et disposent de leur propre agenda pour cette région, a fait savoir le diplomate Rahabi.

    Sur une question de savoir est-ce réellement la question du Sahara occidental freine le projet mort-né de l’Union du Grand Maghreb, M.Rahabi en s’appuyant toujours sur des faits historiques, a souligné que lors de la rencontre des dirigeants des pays magrébins, tenue en 1988 à Zeralda à Alger, les participants étaient convaincus que l’idée de la création de ce bloc magrébin et la complémentarité économique et d’intérêts qui en découleront allaient inévitablement contribuer à la résolution du conflit sahraoui. Cette conviction a été d’ailleurs réaffirmée lors de la rencontre de Marrakech en 1989 et que la naissance de l’entité magrébine allait jeter les jalons d’une nouvelle dynamique d’intérêts communs pour les États et peuples de la région, à travers la libre circulation des personnes, et des marchandises en plus de pouvoir négocier en bloc avec les parties étrangères, sauf que le Maroc et la Tunisie avaient préféré de faire cavaliers seuls en négociant en solo en 1994 avec l’Union européenne, alors que l’Algérie était confrontée à cette époque au terrorisme.

    Plus précis il affirme qu’il était convenu lors des deux rencontres (Zeralda et Mérrakech) que la question sahraouie suit son parcours au sein de l’Union africaine et des Nations unies, et le bloc en chantier avait alors pris forme en dépit que la question sahraouie était déjà posée à cette époque.
    Une délégation sahraouie conduite par l’actuel président a été même reçue à Marrakech par le roi Hassan 2 en 1989 et une dynamique a été même créée pour la création de l’UMA. Mais la suite des évènements a bloqué tout le processus après que Rabat eut imposé le visa aux Algériens, et l’affaire de l’attentat terroriste perpétré au Maroc que ce dernier avait alors imputé injustement à l’Algérie.

    Rabat avait par la suite gelé sa participation aux travaux de l’organisation magrébine, a souligné, le diplomate Rahabi, affirmant que c’est le Maroc qui était à l’origine du blocage de la concrétisation du projet et non pas le Sahara occidental. S’agissant de l’éventualité que la reprise de la lutte armée par les Sahraouis pourrait contribuer à arracher un referendum sur l’autodétermination du peuple sahraoui, le diplomate Rahabi, a indiqué que tout blocage politique génère en fin du compte la relance d’un processus de paix et ce n’est pas propre à la question sahraouie.

    Les Sahraouis cherchent à sortir du statu quo

    M. Rahabi dit avoir, par ailleurs, le sentiment que ce que redoutent les pays européens, dans cette reprise des hostilités c’est un probable flux migratoire envers ces pays, ce qu’ils voient d’ailleurs d’un mauvais œil et une menace pour leur stabilité.

    Concernant l’ouverture des consulats au Sahara occidental comme annoncé par le Royaume de Jordanie, l’ancien ministre estime que le Maroc n’a aucune emprise légale sur les territoires sahraouis et qu’aucun pays à travers le monde ne lui reconnait ce droit et l’ouverture d’un consulat est une formalité d’une forte portée symbolique politique parce que l’ouverture d’un consulat nécessite la présence d’une diaspora dans le pays ce qui n’est pas le cas pour les pays du Golfe. Il s’agit donc d’un soutien politique symbolique pour le Maroc.

    L’ancien diplomate a affirmé en conclusion que les Sahraouis ne cherchent pas à embraser la région bien au contraire, ils sont à la quête d’une relance effective et sérieuse du processus de paix et une nouvelle orientation politique pour sortir du blocage actuel et la tenue du référendum de l’autodétermination.
    Brahim Oubellil

    Le Courrier d’Algérie, 23 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #WesternSahara 

  • Isolé, le Maroc fait les yeux doux à la Mauritanie

    Au moment où le Maroc invite les lointains pays du Proche Orient et les monarchies chamelières du Golf à exprimer leur soutien à son occupation du Sahara Occidental, Rabat cherche un moyen de cacher son isolement au niveau régional où le Maroc est en conflit avec tous ses voisins, y compris le voisin du Nord, l’Espagne.

    Les tentatives mauritaniennes de normaliser les relations avec le Maroc se sont heurtées à la maladibe tendance du régime makhzénien d’entraîner Nouakchott dans des positions susceptibles de rompre avec sa politique de neutralité. Dans ce but, Rabat est allé jusqu’au chantage en hébergeant deux farouches opposants au président Mohamed Ould Abdelaziz.

    Depuis que le Maroc a annoncé la prolongation du mur jusqu’aux frontières mauritaniennes, Nouakchott a annoncé la fermeture de ses frontières avec le Sahara Occidental et le déploiement d’unités militaires en vue de les surveiller. Les autorités mauritaniennes soupçonnent Rabat de vouloir envahir de Lagüera, une ville sahraouie à laquelle les marocains n’ont jamais renoncé. L’appel du roi du Maroc vise à rassurer le président mauritanien et au même temps envoyer un message de bon entente avec un pays voisin qui est présent dans toutes les négociations sur le Sahara Occidental organisées sous les auspices des Nations Unies.

    Après avoir annoncé la conversation entre les deux Chefs d’Etats marocains et mauritanien, Ould Ghazouani a reçu le ministre sahraoui des affaires étrangères pour rappeler au roi Mohammed VI que son pays s’attache à sa politique de neutralité et de pays observateur participant au processus de paix.

    Tags :  #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos

  • Sahara Occidental : L’as dans la manche du Front Polisario: les milliers de réfugiés dans les camps

    Les différences entre les forces de l’armée marocaine et du Front Polisario sont épouvantables. Si les premiers ont au total 195 000 soldats actifs et 150 000 de plus en réserve, les seconds n’ont au total qu’entre 6 000 et 7 000 combattants.

    Cependant, les forces armées sahraouies ont un atout dans leur manche, et le déclenchement du conflit en novembre les a amenées à commencer à l’utiliser: les centaines de milliers de réfugiés vivant dans les camps de Tindouf, en Algérie. La population totale de ces camps est de plus de 170 000 personnes.

    C’est ce qu’explique Fatimatu Bachir à ElNacional.cat, une femme sahraouie de 23 ans qui vit avec ses grands-parents dans le camp d’Auserd et qui pendant son temps libre se consacre à l’enseignement de l’espagnol aux personnes âgées. «Il y a des milliers de jeunes qui se sont inscrits au Front [Polisario]. Ils ont déjà ouvert plusieurs écoles militaires parce que de nombreux jeunes ont quitté leurs études et leur emploi. Pratiquement tous les plus de 18 ans sont ils ont fait remarquer. Il y a aussi des filles », explique-t-il.

    “Désormais, toutes les régions militaires sont mobilisées. Des écoles militaires ont été ouvertes, qui se remplissent de monde et où des formations express sont proposées pour qu’elles puissent rejoindre le champ de bataille au plus vite”. , a déclaré à EFE dans le même esprit un responsable militaire qui a préféré ne pas être identifié pour des raisons de sécurité.

    L’ONU, disparue au combat

    Bachir justifie la nécessité d’aggraver le conflit à la lumière de la passivité de la communauté internationale. “Il est triste qu’en 30 ans, l’Espagne, en tant que puissance administrative, et l’ONU n’aient pas été en mesure de remplir leur devoir”, a-t-il déclaré. “La soi-disant MINURSO [Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental] n’a rien fait pour empêcher la torture et l’emprisonnement quotidiens des Sahraouis par le Maroc dans les territoires occupés”, critique-t-il.

    En fait, la MINURSO est la seule des 16 missions de maintien de la paix de l’ONU qui n’a jamais pu entrer au Maroc, dans son cas, pour analyser et examiner les violations des droits de l’homme. “Nous avons été très patients et nous avons été trompés mille et une fois. Quant à l’Espagne, nous avons compris que ses politiciens travaillent pour Mohammed VI, mais cela n’explique pas la haine qu’ils ont pour nous. Surtout le PSOE”, a-t-il déclaré.

    «En 30 ans, c’est la première fois que vous remarquez et sentez que nous faisons quelque chose pour atteindre notre liberté. Le peuple sahraoui et le Front Polisario sont fatigués de cette situation et c’est pourquoi nous avons pris cette décision. Cette guerre personne n’en veut mais c’est la seule issue qu’ils nous ont laissée », dit-il. Pour les jeunes sahraouis, il n’y a qu’une seule option qui empêcherait la guerre: que l’Espagne décolonise le territoire «comme le Portugal l’a fait avec le Timor oriental». “Ou cette guerre continuera jusqu’à ce que nous voyions un Sahara occidental libre”, a-t-il dit.

    Elnacional.cat, 22 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc


     

  • Western Sahara Clashes Fuelled by ‘Frustration’ Over Status Quo

    Armed clashes between Morocco and the Polisario Front reflect the movement’s frustration with a three-decade status quo that has frozen its dreams of independence in the Western Sahara, analysts say…

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    Tags : Western Sahara, Morocco, Polisario, 

  • Le Polisario exige une date pour le référendum au Sahara Occidental pour arrêter la guerre

    «Nous avons toujours voulu être indépendants pour les bons mais nous n’avons rien reçu en retour», explique un jeune activiste

    Le Front Polisario demande aussitôt “une date” pour le référendum au Sahara Occidental comme condition indispensable pour arrêter la guerre avec le Maroc, une semaine après trente ans de cessez-le-feu. Le délégué en Catalogne du Front populaire de libération de Sakia-el-Hamra et du Río de Oro, Abidin Bucharaya, a appelé à une “action sérieuse” de la communauté internationale pour les aider à voter pour décider de leur avenir. «Nous avons toujours voulu être indépendants, protestant pacifiquement, mais nous n’avons rien obtenu», déplore Nora Mulay, une jeune sahraouie vivant en Catalogne. Depuis les territoires occupés, le journaliste Ahmed Ettanji met en garde contre les violations des droits de l’homme commises par l’armée de Mohamed VI depuis la rupture du cessez-le-feu, et l’ONU garde le silence.

    Les deux parties s’accusent mutuellement de reprendre les hostilités et se lancent depuis une semaine dans une confrontation dont on dispose de peu d’informations en raison des difficultés d’accès à la zone et de la fermeture médiatique de l’Etat marocain. «Nous sommes inquiets car nous ne savons pas ce qui va se passer», dit Nora, arrivée en Catalogne grâce à plusieurs projets de coopération mais qui continue d’être en contact avec sa famille, divisée: la plus proche est les camps de réfugiés de Tindouf l’autre, dans les territoires occupés par le Maroc depuis que l’Etat espagnol a quitté sa colonie et son peuple face à l’avancée des troupes marocaines. Son père et son frère se trouvent dans la zone libérée, la petite bande de terre près de l’Algérie qui contrôle le Polisario. Ils lui assurent qu’ils ne font que protester et qu’elle ne devrait pas s’inquiéter, mais Nora a peur pour eux et pour sa mère et ses frères et sœurs, dans le camp de réfugiés. La jeune femme accuse Rabat d’avoir rompu le cessez-le-feu, bien qu’elle admette que c’était ce que les Sahraouis «recherchaient». «Nous sommes heureux mais tristes, car nous avons des parents, des frères et sœurs, des cousins ​​et des voisins qui sont là», reconnaît-il. De parents vivant dans les territoires occupés, ils ont le sentiment qu’ils y vont aussi tous les soirs pour manifester et que la police marocaine entre dans les maisons des gens.

    Le journaliste Ahmed Ettanji, d’Al-Aaiun, l’ancienne capitale du Sahara Occidental espagnol, affirme qu’il y a un “puissant déploiement” de l’armée et de la police marocaines à la suite des incidents au poste frontière de Guerguerat. Les manifestations dans les rues ont repris ces derniers jours pour célébrer la “réactivation de la guerre”, a déclaré le journaliste sahraoui, qui a dénoncé les violations des droits de l’homme par les autorités marocaines. «Ils sont entrés dans des maisons à la recherche de jeunes pour leur participation présumée aux manifestations», dit Ahmed qui y voit une tentative de générer la «peur» parmi la population. Il dit même que la police fouille les téléphones portables des gens. “Ils arrêtent quiconque marche dans la rue qui est sahraoui.”


    Du Polisario, ils disent que depuis près de 30 ans, ils tentent de “contenir” la population mais que “l’immobilité” de l’ONU les a conduits à se méfier d’une solution. Selon Bucharaya, les jeunes ont grandi dans un contexte de «désespoir» et de «déception»: «ils ne croient plus aux instances internationales et pensent que la seule solution est la guerre». «Les Sahraouis en ont assez que nous prenions nos ressources», dit Nora. Selon elle, depuis des années, les jeunes ont voulu une guerre et maintenant ils ont vu l’opportunité de se battre pour leur cause. “C’est maintenant ou jamais”. Le Polisario prévient qu’il sera “difficile” de l’arrêter et que cela aura “des conséquences pour toute la région”. «Nous sommes prêts à mourir pour le Sahara», déclare son représentant en Catalogne. Interrogé sur la capacité sahraouie donnée à l’armée marocaine, Bucharaya esquive la question et dit que les guerres sont «gagnées avec le moral» et qu’ils connaissent mieux le territoire. “Les Sahraouis n’ont rien à perdre, mais le Maroc le fait parce qu’il a du tourisme et des investissements”, souligne également Ettanji.
     
    De son côté, le roi du Maroc, Mohammed VI, s’est engagé lundi à l’ONU à maintenir un cessez-le-feu tout en admettant qu’il réagirait “avec une grande sévérité” et “légitime défense” en cas de menaces contre la sécurité. pays et la stabilité des citoyens. Au milieu de la réactivation du conflit, la Jordanie ouvrira un consulat au Sahara occidental en signe de soutien à Rabat. Au total, 17 États africains ont déjà ouvert des représentations diplomatiques depuis fin 2019 sur le territoire contesté. Le Polisario, qui a l’Algérie comme principal et presque unique allié, le considère comme “une violation du droit international” et une “attaque contre le statut juridique du Sahara occidental en tant que territoire non autonome”, car cela signifie la reconnaissance de légitimité de la présence marocaine dans la zone. L’ONU a une Mission pour le référendum sur le Sahara (MINURSO) depuis 1991 mais n’a jamais rien fait. En fait, il n’a même pas eu de manager à la barre depuis près d’un an.

    Une porte-parole du secrétaire général de l’ONU a publié vendredi dernier une brève déclaration déplorant l’échec des efforts visant à empêcher une violation du cessez-le-feu. “La vie des civils sahraouis est en danger, donc l’application du droit international est urgente”, prévient Ettanji. Guterres s’est engagé à faire “tout son possible” pour réactiver le “processus politique” et veiller à ce que la MINURSO s’acquitte de son mandat. Pour l’instant, leurs efforts se concentrent sur la nomination d’un nouveau chef de mission. “La nomination de cet envoyé spécial ne suffit pas, une date doit déjà être fixée pour le référendum”, a déclaré Bucharaya, qui a appelé à une “solution démocratique” du conflit. “L’Espagne peut prendre des mesures qui permettent la décolonisation”, déclare Bucharaya.

    Bien que le Front Polisario soit conscient des liens forts hispano-marocains, ils accusent le gouvernement espagnol d’agir contre les résolutions de l’ONU. Bien que Podemos ait toujours montré sa solidarité avec la cause sahraouie, sa présence au sein du gouvernement espagnol n’a pas changé la position historique de l’Etat envers cette ancienne colonie. En fait, ces derniers jours, la ministre des Affaires étrangères, Arancha González Laya, a évité de soutenir le référendum malgré plusieurs résolutions de l’ONU. «Nous ne comprenons pas la myopie politique de ces partis lorsqu’ils arrivent au gouvernement», déplore Bucharaya, qui remercie plutôt le soutien du «mouvement catalan» au peuple sahraoui. Bucharaya dit que la résolution de ce conflit aurait un énorme “avantage” pour les Espagnols. “L’Espagne s’intéresse à une Afrique du Nord stable et ce n’est pas possible si le conflit n’est pas résolu”, prévient le Polisario, conscient des préoccupations de l’exécutif face à l’augmentation des arrivées en provenance du continent africain

    Pour le moment, l’Union européenne est restée à l’écart. Des sources diplomatiques européennes ont déclaré cette semaine qu’elles ne considéraient pas la situation comme “suffisamment grave”. C’est pourquoi il n’a même pas été débattu lors de la réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE jeudi. “C’est une erreur de penser que ce qui se passe au Sahara occidental n’est pas si grave”, a déclaré le délégué en Catalogne du Front Polisario.
    Pour le moment, l’Union européenne est restée sur la touche. Des sources diplomatiques européennes ont déclaré cette semaine qu’elles ne considéraient pas la situation comme “suffisamment grave”. C’est pourquoi il n’a même pas ét é débattu lors de la réunion des ministres des affaires étrangères de l’UE jeudi. “C’est une erreur de penser que ce qui se passe au Sahara occidental n’est pas si grave”, a déclaré le délégué en Catalogne du Front Polisario.

    Source : elmon.cat

     #SaharaOccidental #Polisario #Maroc

  • Sahara Occidental : le Sénateur américain, James Inhofe, met à nu les visées marocaines à Guerguerat (Vidéo)

    Le Sénateur James Inhofe (Ph- DR), Président de la Commission sénatoriale des forces armées, fervent défenseur de la cause sahraouie, a présenté, le 10 novembre 2020, dans un exercice inédit, un plaidoyer percutant sur l’évolution de la situation dans les territoires sahraouis occupés et particulièrement dans la zone tampon de Guergarat, devant les membres de la Chambre haute américaine.

    En dépit d’un agenda particulièrement chargé au niveau du Sénat en cette période post-électorale, le sénateur Inhofe n’a pas hésité à exprimer en des termes forts sa préoccupation quant à l’exacerbation des tensions au niveau de Guergarat à la suite de l’envoi des troupes de l’armée marocaine dans cette zone tampon, où des manifestants sahraouis pacifiques observaient un sit-in pendant plusieurs semaines.

    Ainsi, le Sénateur d’abord tenu à rappeler à ses pairs la genèse d’un conflit qui n’a que trop duré en dépit des multiples promesses de longues dates des Nations Unies et de la communauté internationale à l’endroit du peuple sahraoui à l’effet de lui permettre de s’exprimer sur son destin.

    La persistance de ce conflit et l’absence de résultats tangibles quant à sa résolution a laissé croire qu’il s’agit là d’un conflit gelé, donnant ainsi un alibi à la communauté internationale pour en détourner l’attention, avait-il martelé.

    Abondant dans ce sens, le Président de la Commission des forces armées a affirmé que qualifier ce conflit de question gelée, contraste avec la réalité des souffrances endurées par des centaines de milliers de sahraouis vivant dans les camps des réfugiés, après avoir été forcés de quitter leurs maisons en attendant le règlement de ce conflit. Il a regretté que la population sahraouie soit abandonnée par la communauté internationale, qui a laissé le processus de règlement s’enliser, leur coûtant ainsi des générations de liberté. Un constat qu’il a eu à faire lui-même, a-t-il affirmé, à l’occasion de ses multiples visites dans les camps des réfugiés, dont la dernière remonte à février 2019

    Priver le peuple sahraoui de sa liberté et lui refuser son droit à l’autodétermination ne sont pas les seuls malheurs de ce peuple, a-t-il indiqué, puisque le Maroc exploite illégalement les richesses naturelles (produits miniers et de la pêche) des territoires qu’il occupe illégalement.

    Il a précisé, à cet égard, que les recettes amassées par le Maroc de cette exploitation illégale servent à financer annuellement, des contrats de lobbying à Washington, en citant nommément JPC Strategies, Thirdcircle, Neale Creek, qui se chiffrent à des millions de dollars, dans l’objectif de s’ériger comme la partie innocente et faire porter l’habit du diable au peuple sahraoui.

    Ce faisant le Maroc entend ultimement faire oublier à la communauté internationale les droits du peuple sahraoui, en profitant du statu quo, qui bénéficie à la partie marocaine au détriment de l’aspiration légitime à l’indépendance du peuple sahraoui.

    Venant à la situation qui prévaut à Guergarat, le Sénateur Inhofe, cartographie du Sahara Occidental et photos des manifestants sahraouis pacifiques à l’appui, a expliqué que les autorités marocaines exploitent une route dans le Sahara Occidental menant vers la Mauritanie en violation de l’accord de cessez-le-feu des Nations Unies, ce qui a poussé la population sahraouie à manifester pacifiquement contre cette énième violation.

    Le Sénateur a regretté l’attitude du Maroc qui, au lieu de reconnaitre le droit des sahraouis à manifester, a, encore une fois, fait appel aux armes pour menacer d’anéantir le droit légitime des sahraouis à protester.

    Il a, à ce titre, fait état d’informations inquiétantes au sujet de l’envoi par le Roi du Maroc des forces militaires dans la région, un pas qu’il a qualifié d’escalade manifeste, au lendemain du discours que le monarque a prononcé pour affirmer que son pays ne compte pas renoncer à sa position.

    Il a précisé que ces agissements préoccupants ne sont pas un fait nouveau, puisque le Maroc a longtemps tenté d’exploiter la question de Guergarat pour revendiquer illégalement de nouvelles terres et ressources dans le Sahara Occidental.

    Le Sénateur américain a exprimé, également, son inquiétude face à l’immobilisme de la communauté internationale et son silence devant les abus du Maroc, en mettant en garde contre l’impact de cette nouvelle escalade qui risque de déboucher, selon lui, sur un conflit ouvert. A ce titre, il a exhorté, l’ONU à assumer pleinement et immédiatement ses responsabilités, comme il a insisté sur l’urgence de sortir le processus de règlement de ce conflit de sa léthargie pour l’organisation du référendum d’autodétermination.

    Il a rappelé, dans ce cadre, comme pour réconforter la communauté internationale dans la concrétisation de cet objectif, que la cause sahraouie jouit du soutien de l’Union africaine, forte de ses 55 Etats membres, mais également de celui de la plupart des membres l’Union Européenne et de ses institutions judiciaires.

    Il a proposé d’engager deux actions dans l’immédiat pendant que l’on travaille sur la planification du référendum. D’abord, il a demandé à l’ONU de dépêcher une équipe d’experts pour confirmer que le Maroc viole l’accord de cessez-le-feu à Guergarat. Ça ne serait pas la première fois où les Etats-Unis exigeraient une telle mission, puisque a-t-il rappelé, son pays avait plaidé en 2017 en faveur du déploiement d’une équipe technique des Nations-Unies à Guergarat, une demande restée sans suite à cause du refus de la partie marocaine.

    Ensuite, il a appelé les Nations unies à ne pas s’en tenir au constat et faire respecter l’accord de cessez-le-feu de 1991. Ceci restaurera la bonne foi entre toutes les parties et créera les conditions nécessaires pour réaliser des progrès tangibles pour l’organisation du référendum d’autodétermination, a-t-il conclu.

    Ce message est adressé aussi au Congrès, mais surtout à l’exécutif américain à l’effet d’interpeller les Nations unies sur les développements inquiétants dans la zone de Guergarat et de prendre les mesures urgentes avant que la situation ne prenne une autre tournure.

    Algérie1, 22 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc,

  • Vidéo : En 1963, le roi du Maroc a demandé à l’Algérie de faire de Tindouf une base pour attaquer la Mauritanie

    A l’occasion de la décision de Hassan II et Mokhtar Ould Dadah d’envahir le territoire du Sahara Occidental, le défunt président Houari Boumediène est intervenu devant la Chambre de Députés algériens pour expliquer la position de son pays par rapport au conflit qui vient d’exploser à ses frontières avec l’ancienne colonie espagnole.

    Boumediène révéla que le roi Hassan II avait demandé à l’Algérie, en 1963, de lui permettre de faire de Tindouf une basse pour attaquer la Mauritanie. En échange, le Maroc proposait de reconnaître ses frontières avec l’Algérie.

    “J’étais parmi ceux qui se sont opposé à la proposition marocaine. Jamais je n’accepterai que cette trahison soit commise au nom de la Révolution algérienne”, a-t-il dit.

    “J’ai dit ces mots à Mokhtar dans la ville de Béchar. J’ai dit que la politique du trône vise à avaler toute la région. De même que nous avons refusé hier que Tindouf soit une base pour frapper la Mauritanie indépendante, aujourd’hui nous accepterons et ouvrirons nos bras aux femmes sahraouies, aux enfants sahraouis, aux vieillards sahraouis, qui sont massacrés et dont le sang a été versé au nom de la religion et au nom de la patrie”, a-t-il ajouté.
     
    “Il s’agit d’un peuple tout entier qui a échappé de l’enfer de la mort, du massacre, du bombardement avec des bombes de Napalm livrés par l’armée française à l’armée marocaine et qui ont été utilisées à Oum Dreiga”, précise-t-il.

    Tags : Mauritanie, Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Polisario, Mokhtar Ould Daddah, 

    #SaharaOccidental #Maroc #Mauritanie #Algérie

  • Sahara Occidental, un conflit hybride

    OPÉRATIONS MILITAIRES, MÉDIATISATION, IMPACTS ÉCONOMIQUES
    Sahara Occidental, un conflit hybride

    par Tarek Hafid

    Le second conflit armé qui oppose le Front Polisario au Maroc se déroule dans des conditions exceptionnelles. Les opérations militaires, marquées par un bombardement quotidien du mur de séparation, ont lieu en l’absence totale des médias. Cette guerre hybride risque d’avoir des effets catastrophiques sur l’économie marocaine, déjà mise à mal par la pandémie de Covid-19.

    Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – La guerre a repris au Sahara Occidental depuis le vendredi 13 novembre. Ce second conflit entre le Front Polisario et le Maroc, qui intervient après une période de cessez-le-feu qui aura duré 29 ans, se concentre essentiellement sur le mur marocain. L’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) focalise ses frappes sur les positions des Forces armées royales (FAR) dans cette ligne de défense faite de remblais de sable et de pierres. À titre indicatif, jeudi et vendredi, l’artillerie sahraouie a ciblé plusieurs bases et cantonnements des FAR situés le long de ce mur de 2700 kilomètres : Oum Degan dans le secteur de Bagari, Al-Fayine dans le secteur de Farsia, Rous-Audei, Oum Roukba, Rous-Sabti, Chaidmia et Oum Lagta dans le secteur de Mahbas, Rous-Fadrat et Tamat dans le secteur de Hawza ainsi que Glaibat et El-Agaya dans le secteur d’Aousserd.

    «Non-communication»

    SPS, l’agence de presse officielle sahraouie qui rapporte quotidiennement ces informations sur la base de communiqués du ministère sahraoui de la Défense nationale, indique que «les attaques ont causé des pertes humaines et matérielles dans les rangs de l’armée d’occupation marocaine». Il faut dire que cette guerre se caractérise par un phénomène de «non-communication», les deux parties ayant choisi de ne pas présenter d’images des opérations militaires. Une situation rarissime dans l’histoire des conflits depuis la Seconde Guerre mondiale. Surtout à l’ère des smartphones et des réseaux sociaux. Le Maroc agit comme si cette guerre n’existait pas, ses médias ont reçu des instructions fermes de ne pas aborder les événements qui se produisent au Sahara Occidental. Dimanche 15 novembre, Maghreb Arabe Presse (MAP), l’agence officielle marocaine, avait publié une dépêche faisant état de tirs «des forces sahraouies le long du mur de sable marocain depuis le 13 novembre sans causer de dégâts humains ni matériels contre les Forces armées royales (FAR)». Mais cette dépêche a finalement été supprimée dès le lendemain. Une disparition constatée lundi 16 novembre par l’APS.

    De son côté, le Front Polisario semble avoir fait de la «non-communication» un axe de sa stratégie militaire. «Nous avons de nombreuses demandes de couverture des principaux médias internationaux, mais nous estimons que le moment n’est pas opportun. Nous préférons nous concentrer sur la destruction des objectifs militaires. Nous n’avons rien à prouver. C’est celui qui subit des pertes qui doit montrer au monde ce qu’il endure. Mais il est évident qu’il a des choses à cacher», souligne un haut responsable sahraoui joint hier au téléphone.

    Territoires inaccessibles

    En fait, il est très difficile ­— voire impossible — pour un média d’atteindre les zones de combats sans être accompagné par une des deux parties. Nous sommes loin des conflits du Moyen-Orient, de Libye ou encore d’Afghanistan où il est possible d’accéder au plus près de certaines zones en prenant les services d’un fixer. Au nord du mur de séparation, dans les territoires occupés, les journalistes doivent obtenir l’accord des FAR.

    Au sud du mur, les territoires sahraouis libérés sont inaccessibles sans l’aval du Front Polisario. Cette zone désertique est sous contrôle des combattants de l’APLS et il est donc impossible de s’y déplacer sans un sauf-conduit. Organiser une mission médiatique à partir de la Mauritanie serait également suicidaire. L’armée sahraouie détruirait, sans nul doute, tout véhicule non-identifié. Impossible également de travailler à partir de la zone de Guerguerat, longtemps unique passage commercial, qui permettait de se rendre des territoires occupés vers la Mauritanie via la zone-tampon et une zone placée sous autorité du Front Polisario.

    Guerguerat, lieu où l’armée marocaine est intervenue contre des manifestants pacifistes, a été fermée côté mauritanien, mercredi 18 novembre. Une décision prise par Nouakchott suite à la déclaration de «guerre ouverte» annoncée le jour même par les autorités sahraouies dont les forces avaient d’ailleurs bombardé, deux nuits de suite, le passage. En effet, le gouvernement sahraoui avait lancé «un message urgent à tous les pays du monde et aux autorités publiques et privées de s’abstenir de mener tous types d’activité sur le territoire sahraoui actuellement en situation de guerre ouverte».

    Contrecoups économiques

    La fermeture de Guerguerat, qui est pourtant démentie par Rabat, a plongé plusieurs secteurs économiques marocains dans une véritable crise. C’est le cas notamment du secteur de l’agroalimentaire qui exporte de grandes quantités de produits vers la Mauritanie et les pays d’Afrique de l’Ouest. Le Maroc, à l’instar de tous les pays de la planète, subit déjà les contrecoups d’une crise économique aiguë provoquée par le Covid-19. À l’avenir, il devra également puiser dans ses réserves pour financer l’effort de guerre. De plus, le royaume se verra privé des revenus du trafic de résine de cannabis, dont il est le premier producteur au monde.

    La production automnale de kif sera difficilement exportable vers le Moyen-Orient et l’Asie via les routes du Sahel. En effet, durant des années, et grâce aux militaires marocains stationnés dans les bases du mur de séparation, des tonnes de drogue étaient transportées par des passeurs subsahariens à travers les territoires sahraouis.

    Le Front Polisario a dédié des unités entières de son armée pour lutter contre ce trafic. Désormais, avec le début de la guerre, même les plus téméraires chauffeurs de «Station» n’oseront pas s’approcher des zones de combats du Sahara Occidental.

    Le Soir d’Algérie, 22 nov 2020

    #SaharaOccidental #Maroc #Polisario

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc,

  • Sahara Occidental : L’armée sahraouie poursuit son offensive

    par Abla Chérif

    La guerre se poursuit au Sahara Occidental où les forces sahraouies intensifient le pilonnage des positions marocaines le long du mur de séparation.

    Ce week-end, il y a eu d’ailleurs un septième communiqué émis par l’APLS (Armée populaire de libération sahraouie) indiquant que des «attaques intenses» ont été menées mercredi et jeudi au niveau de quatre points de défense marocaine différents. La même source fait état de «pertes matériels et humaines». Depuis la reprise des hostilités, près d’une dizaine de positions ont été la cible d’attaques du même genre. L’armée sahraouie communique régulièrement sur les événements qui se déroulent sur ses territoires et elle a fait particulièrement grand bruit des frappes menées contre le secteur 4 d’Amgala, une parcelle chargée d’histoire car symbolisant la défaite des FAR (Forces armées royales) durant une rude bataille qui les opposait en 1976 au Front Polisario.

    L’ONU a été informée de la situation qui se déroule sur place par les éléments de la Minurso qui ont affirmé avoir enregistré des échanges de tirs à plusieurs reprises au cours de la semaine qui vient de s’écouler. Le rôle de la Mission des Nations-Unies pour le référendum au Sahara Occidental semble se limiter à l’observation pour le moment, cette dernière a été de tout temps très contestée par les dirigeants de la RASD (République arabe sahraouie démocratique) qui évoquent sa passivité face à la politique du «fait accompli» du Maroc. Étrangement, le Maroc reste, en revanche, éloigné de la guerre de communication qui se mène en parallèle. Le 13 novembre dernier, Rabat avait annoncé avoir lancé une opération militaire à Guerguerat, une zone-tampon qui constitue son seul passage terrestre vers la Mauritanie. Ce passage est resté bloqué plus de deux semaines par des manifestants sahraouis pacifiques qui contestaient les violations quotidiennes, par les Marocains, des règles établies durant l’accord de cessez-le-feu. Ces dernières interdisent toute circulation aux civils et militaires. Depuis cette annonce, le Maroc s’est fait très peu entendre sur le sujet. Nacer Bourita, son ministre des Affaires étrangères, a limité ses propos à une explication évasive de l’attaque que l’armée de son pays avait menée, insistant sur le fait que «l’action n’était pas une provocation».

    Cette attitude qui demeure la même depuis une semaine tranche avec le ton offensif et les déclarations habituellement faites en temps de crise. Sur le terrain, les forces armées marocaines ne semblent pas avoir l’avantage non plus puisque leur action se limite à des actes de défense. Pour l’heure, l’occupant semble davantage miser sur d’autres méthodes. Plusieurs zones des territoires occupés ont été dernièrement le théâtre d’opérations visant à terroriser la population qui fait preuve d’un grand engouement pour une résolution par la force d’une situation interminable.
    Laâyoune, capitale occupée du Sahara Occidental, a été «militarisée, les maisons encerclées, perquisitionnées, les déplacements rendus impossibles du fait de la présence policière dans toutes les rues et quartiers», ont dénoncé les Sahraouis.

    Ces événements se déroulent dans un contexte régional déjà très tendu. L’Algérie s’en retrouve avec un conflit supplémentaire à ses frontières déjà soumises à haute tension au sud et au sud-ouest. Engagée depuis de longues années pour une résolution pacifique du conflit à travers l’application du plan de paix ONU-OUA qui prévoit l’organisation d’un référendum d’autodétermination, Alger considère la situation actuelle comme étant une question de sécurité nationale.

    Le Soir d’Algérie, 21 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Sahara Occidental : Les réactions internationales se poursuivent suite à l’agression du Maroc

    UNE SEMAINE APRÈS L’AGRESSION MAROCAINE À EL GUERGUERAT : Les réactions internationales se poursuivent

    Le ministre délégué chargé du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord auprès du ministre des Affaires étrangères britannique, James Cleverly, a exhorté toutes les parties « à éviter une nouvelle escalade » suite à l’agression militaire marocaine contre des civils sahraouis à El-Guerguerat , appelant « au retour, le plus tôt possible, au processus politique mené sous l’égide de l’ONU ».

    «Nous suivons de près la situation à El Guerguerat au Sahara occidental, j’exhorte toutes les parties à éviter une nouvelle escalade et à retourner, le plus tôt possible, au processus politique mené sous l’égide des Nations unies afin de parvenir à une solution politique à long terme pour le peuple du Sahara occidental », a-t-il souligné. De son côté le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réaffirmé la position de principe de la Russie en faveur du règlement du conflit au Sahara occidental sur la base des principes universellement reconnus du droit international. M. Lavrov a appelé »à renforcer » l’accord du cessez-le-feu signé en 1991 entre le Front Polisario et le Maroc et « à désamorcer la tension qui s’est développée ces derniers jours dans la zone tampon de Guerguerat. Au cours de l’entretien, Sergueï Lavrov a réaffirmé la position de principe de la Russie en faveur du règlement de la question du Sahara occidental « exclusivement par des méthodes politiques et diplomatiques fondées sur les principes universellement reconnus du droit international ». À savoir le droit à l’autodétermination comme l’a rappelé la Russie lors de la résolution du Conseil de sécurité renouvelant le mandat de la Minurso.

    Par ailleurs des ONG britanniques ont fermement condamné l’agression militaire contre les sahraouis. Pour sa part l’’ONG britannique de solidarité avec le peuple sahraoui (Western Sahara campaign UK), a mis en garde contre les « visées expansionnistes » du Maroc sur Nouadhibou, si Rabat parvient à annexer Guerguerat. »En plus d’être une nouvelle confiscation illégale du territoire sahraoui (…) une telle mesure mettrait fin à l’indépendance de la Mauritanie car elle donnerait (au Maroc) le contrôle de la deuxième ville du pays Nouadhibou et ses exportations de minerai de fer, permettant à Rabat de dicter la politique de la Mauritanie envers la population sahraouie » ainsi que le transit vers et depuis les camps de réfugiés », a souligné l’ONG, dans un briefing sur l’agression militaire marocaine à El Guerguerat au Sahara occidental, intitulé « pourquoi le Polisario a repris les opérations armées ? « .

    L’ONG a rappelé que cela faisait presque 30 ans que le Front Polisario a fait preuve de bonne foi et accepté un cessez-le-feu sous réserve de la tenue du référendum d’autodétermination .Western Sahara Campaign , souligne que le Maroc, a complètement enfreint les termes du cessez-le-feu » qui interdit la présence de forces armées dans la zones tampon. Elle est revenue sur les causes à l’origine du conflit au Sahara occidental et souligné l’incapacité de l’ONU à régler la crise à El Guerguerat, ce qui illustre, selon elle, « l’échec plus large du Conseil de Sécurité à organiser un referendum, permettant aux Sahraouis de déterminer l’avenir de leur patrie, base même de l’accord de cessez-le-feu de 1991″. Elle a évoqué également l’’intensification par le Maroc du trafic à travers la brèche illégale de Guerguerat pour « exporter des ressources pillées au Sahara occidental », la vacance du poste de l’envoyé personnel du SG de l’ONU, et l’incapacité de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) de surveiller les droits de l’Homme », et la « manipulation du Conseil de sécurité par le Maroc et son « parrain » la France ».

    Western Sahara Campaign UK alerte aussi contre les conséquences de la crise actuelle et, en particulier, contre ce qu’elle qualifie de risque de « reprise des hostilités à grande échelle entre les deux parties et en conséquence la détérioration de la situation géopolitique dans l’ensemble du Maghreb ».

    Basée au Royaume Uni, Western Sahara Campaign soutient, depuis plusieurs années, la cause sahraouie. Elle était à l’origine de l’action judiciaire contre l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne devant les juridictions britanniques et la Cour de justice de l’UE.
    M. Bendib

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara