Tag: Maroc

  • Vidéo : En 1963, le roi du Maroc a demandé à l’Algérie de faire de Tindouf une base pour attaquer la Mauritanie

    A l’occasion de la décision de Hassan II et Mokhtar Ould Dadah d’envahir le territoire du Sahara Occidental, le défunt président Houari Boumediène est intervenu devant la Chambre de Députés algériens pour expliquer la position de son pays par rapport au conflit qui vient d’exploser à ses frontières avec l’ancienne colonie espagnole.

    Boumediène révéla que le roi Hassan II avait demandé à l’Algérie, en 1963, de lui permettre de faire de Tindouf une basse pour attaquer la Mauritanie. En échange, le Maroc proposait de reconnaître ses frontières avec l’Algérie.

    “J’étais parmi ceux qui se sont opposé à la proposition marocaine. Jamais je n’accepterai que cette trahison soit commise au nom de la Révolution algérienne”, a-t-il dit.

    “J’ai dit ces mots à Mokhtar dans la ville de Béchar. J’ai dit que la politique du trône vise à avaler toute la région. De même que nous avons refusé hier que Tindouf soit une base pour frapper la Mauritanie indépendante, aujourd’hui nous accepterons et ouvrirons nos bras aux femmes sahraouies, aux enfants sahraouis, aux vieillards sahraouis, qui sont massacrés et dont le sang a été versé au nom de la religion et au nom de la patrie”, a-t-il ajouté.
     
    “Il s’agit d’un peuple tout entier qui a échappé de l’enfer de la mort, du massacre, du bombardement avec des bombes de Napalm livrés par l’armée française à l’armée marocaine et qui ont été utilisées à Oum Dreiga”, précise-t-il.

    Tags : Mauritanie, Maroc, Algérie, Sahara Occidental, Polisario, Mokhtar Ould Daddah, 

    #SaharaOccidental #Maroc #Mauritanie #Algérie

  • Sahara Occidental, un conflit hybride

    OPÉRATIONS MILITAIRES, MÉDIATISATION, IMPACTS ÉCONOMIQUES
    Sahara Occidental, un conflit hybride

    par Tarek Hafid

    Le second conflit armé qui oppose le Front Polisario au Maroc se déroule dans des conditions exceptionnelles. Les opérations militaires, marquées par un bombardement quotidien du mur de séparation, ont lieu en l’absence totale des médias. Cette guerre hybride risque d’avoir des effets catastrophiques sur l’économie marocaine, déjà mise à mal par la pandémie de Covid-19.

    Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – La guerre a repris au Sahara Occidental depuis le vendredi 13 novembre. Ce second conflit entre le Front Polisario et le Maroc, qui intervient après une période de cessez-le-feu qui aura duré 29 ans, se concentre essentiellement sur le mur marocain. L’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) focalise ses frappes sur les positions des Forces armées royales (FAR) dans cette ligne de défense faite de remblais de sable et de pierres. À titre indicatif, jeudi et vendredi, l’artillerie sahraouie a ciblé plusieurs bases et cantonnements des FAR situés le long de ce mur de 2700 kilomètres : Oum Degan dans le secteur de Bagari, Al-Fayine dans le secteur de Farsia, Rous-Audei, Oum Roukba, Rous-Sabti, Chaidmia et Oum Lagta dans le secteur de Mahbas, Rous-Fadrat et Tamat dans le secteur de Hawza ainsi que Glaibat et El-Agaya dans le secteur d’Aousserd.

    «Non-communication»

    SPS, l’agence de presse officielle sahraouie qui rapporte quotidiennement ces informations sur la base de communiqués du ministère sahraoui de la Défense nationale, indique que «les attaques ont causé des pertes humaines et matérielles dans les rangs de l’armée d’occupation marocaine». Il faut dire que cette guerre se caractérise par un phénomène de «non-communication», les deux parties ayant choisi de ne pas présenter d’images des opérations militaires. Une situation rarissime dans l’histoire des conflits depuis la Seconde Guerre mondiale. Surtout à l’ère des smartphones et des réseaux sociaux. Le Maroc agit comme si cette guerre n’existait pas, ses médias ont reçu des instructions fermes de ne pas aborder les événements qui se produisent au Sahara Occidental. Dimanche 15 novembre, Maghreb Arabe Presse (MAP), l’agence officielle marocaine, avait publié une dépêche faisant état de tirs «des forces sahraouies le long du mur de sable marocain depuis le 13 novembre sans causer de dégâts humains ni matériels contre les Forces armées royales (FAR)». Mais cette dépêche a finalement été supprimée dès le lendemain. Une disparition constatée lundi 16 novembre par l’APS.

    De son côté, le Front Polisario semble avoir fait de la «non-communication» un axe de sa stratégie militaire. «Nous avons de nombreuses demandes de couverture des principaux médias internationaux, mais nous estimons que le moment n’est pas opportun. Nous préférons nous concentrer sur la destruction des objectifs militaires. Nous n’avons rien à prouver. C’est celui qui subit des pertes qui doit montrer au monde ce qu’il endure. Mais il est évident qu’il a des choses à cacher», souligne un haut responsable sahraoui joint hier au téléphone.

    Territoires inaccessibles

    En fait, il est très difficile ­— voire impossible — pour un média d’atteindre les zones de combats sans être accompagné par une des deux parties. Nous sommes loin des conflits du Moyen-Orient, de Libye ou encore d’Afghanistan où il est possible d’accéder au plus près de certaines zones en prenant les services d’un fixer. Au nord du mur de séparation, dans les territoires occupés, les journalistes doivent obtenir l’accord des FAR.

    Au sud du mur, les territoires sahraouis libérés sont inaccessibles sans l’aval du Front Polisario. Cette zone désertique est sous contrôle des combattants de l’APLS et il est donc impossible de s’y déplacer sans un sauf-conduit. Organiser une mission médiatique à partir de la Mauritanie serait également suicidaire. L’armée sahraouie détruirait, sans nul doute, tout véhicule non-identifié. Impossible également de travailler à partir de la zone de Guerguerat, longtemps unique passage commercial, qui permettait de se rendre des territoires occupés vers la Mauritanie via la zone-tampon et une zone placée sous autorité du Front Polisario.

    Guerguerat, lieu où l’armée marocaine est intervenue contre des manifestants pacifistes, a été fermée côté mauritanien, mercredi 18 novembre. Une décision prise par Nouakchott suite à la déclaration de «guerre ouverte» annoncée le jour même par les autorités sahraouies dont les forces avaient d’ailleurs bombardé, deux nuits de suite, le passage. En effet, le gouvernement sahraoui avait lancé «un message urgent à tous les pays du monde et aux autorités publiques et privées de s’abstenir de mener tous types d’activité sur le territoire sahraoui actuellement en situation de guerre ouverte».

    Contrecoups économiques

    La fermeture de Guerguerat, qui est pourtant démentie par Rabat, a plongé plusieurs secteurs économiques marocains dans une véritable crise. C’est le cas notamment du secteur de l’agroalimentaire qui exporte de grandes quantités de produits vers la Mauritanie et les pays d’Afrique de l’Ouest. Le Maroc, à l’instar de tous les pays de la planète, subit déjà les contrecoups d’une crise économique aiguë provoquée par le Covid-19. À l’avenir, il devra également puiser dans ses réserves pour financer l’effort de guerre. De plus, le royaume se verra privé des revenus du trafic de résine de cannabis, dont il est le premier producteur au monde.

    La production automnale de kif sera difficilement exportable vers le Moyen-Orient et l’Asie via les routes du Sahel. En effet, durant des années, et grâce aux militaires marocains stationnés dans les bases du mur de séparation, des tonnes de drogue étaient transportées par des passeurs subsahariens à travers les territoires sahraouis.

    Le Front Polisario a dédié des unités entières de son armée pour lutter contre ce trafic. Désormais, avec le début de la guerre, même les plus téméraires chauffeurs de «Station» n’oseront pas s’approcher des zones de combats du Sahara Occidental.

    Le Soir d’Algérie, 22 nov 2020

    #SaharaOccidental #Maroc #Polisario

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc,

  • Sahara Occidental : L’armée sahraouie poursuit son offensive

    par Abla Chérif

    La guerre se poursuit au Sahara Occidental où les forces sahraouies intensifient le pilonnage des positions marocaines le long du mur de séparation.

    Ce week-end, il y a eu d’ailleurs un septième communiqué émis par l’APLS (Armée populaire de libération sahraouie) indiquant que des «attaques intenses» ont été menées mercredi et jeudi au niveau de quatre points de défense marocaine différents. La même source fait état de «pertes matériels et humaines». Depuis la reprise des hostilités, près d’une dizaine de positions ont été la cible d’attaques du même genre. L’armée sahraouie communique régulièrement sur les événements qui se déroulent sur ses territoires et elle a fait particulièrement grand bruit des frappes menées contre le secteur 4 d’Amgala, une parcelle chargée d’histoire car symbolisant la défaite des FAR (Forces armées royales) durant une rude bataille qui les opposait en 1976 au Front Polisario.

    L’ONU a été informée de la situation qui se déroule sur place par les éléments de la Minurso qui ont affirmé avoir enregistré des échanges de tirs à plusieurs reprises au cours de la semaine qui vient de s’écouler. Le rôle de la Mission des Nations-Unies pour le référendum au Sahara Occidental semble se limiter à l’observation pour le moment, cette dernière a été de tout temps très contestée par les dirigeants de la RASD (République arabe sahraouie démocratique) qui évoquent sa passivité face à la politique du «fait accompli» du Maroc. Étrangement, le Maroc reste, en revanche, éloigné de la guerre de communication qui se mène en parallèle. Le 13 novembre dernier, Rabat avait annoncé avoir lancé une opération militaire à Guerguerat, une zone-tampon qui constitue son seul passage terrestre vers la Mauritanie. Ce passage est resté bloqué plus de deux semaines par des manifestants sahraouis pacifiques qui contestaient les violations quotidiennes, par les Marocains, des règles établies durant l’accord de cessez-le-feu. Ces dernières interdisent toute circulation aux civils et militaires. Depuis cette annonce, le Maroc s’est fait très peu entendre sur le sujet. Nacer Bourita, son ministre des Affaires étrangères, a limité ses propos à une explication évasive de l’attaque que l’armée de son pays avait menée, insistant sur le fait que «l’action n’était pas une provocation».

    Cette attitude qui demeure la même depuis une semaine tranche avec le ton offensif et les déclarations habituellement faites en temps de crise. Sur le terrain, les forces armées marocaines ne semblent pas avoir l’avantage non plus puisque leur action se limite à des actes de défense. Pour l’heure, l’occupant semble davantage miser sur d’autres méthodes. Plusieurs zones des territoires occupés ont été dernièrement le théâtre d’opérations visant à terroriser la population qui fait preuve d’un grand engouement pour une résolution par la force d’une situation interminable.
    Laâyoune, capitale occupée du Sahara Occidental, a été «militarisée, les maisons encerclées, perquisitionnées, les déplacements rendus impossibles du fait de la présence policière dans toutes les rues et quartiers», ont dénoncé les Sahraouis.

    Ces événements se déroulent dans un contexte régional déjà très tendu. L’Algérie s’en retrouve avec un conflit supplémentaire à ses frontières déjà soumises à haute tension au sud et au sud-ouest. Engagée depuis de longues années pour une résolution pacifique du conflit à travers l’application du plan de paix ONU-OUA qui prévoit l’organisation d’un référendum d’autodétermination, Alger considère la situation actuelle comme étant une question de sécurité nationale.

    Le Soir d’Algérie, 21 nov 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Sahara Occidental : Les réactions internationales se poursuivent suite à l’agression du Maroc

    UNE SEMAINE APRÈS L’AGRESSION MAROCAINE À EL GUERGUERAT : Les réactions internationales se poursuivent

    Le ministre délégué chargé du Moyen-Orient et de l’Afrique du nord auprès du ministre des Affaires étrangères britannique, James Cleverly, a exhorté toutes les parties « à éviter une nouvelle escalade » suite à l’agression militaire marocaine contre des civils sahraouis à El-Guerguerat , appelant « au retour, le plus tôt possible, au processus politique mené sous l’égide de l’ONU ».

    «Nous suivons de près la situation à El Guerguerat au Sahara occidental, j’exhorte toutes les parties à éviter une nouvelle escalade et à retourner, le plus tôt possible, au processus politique mené sous l’égide des Nations unies afin de parvenir à une solution politique à long terme pour le peuple du Sahara occidental », a-t-il souligné. De son côté le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a réaffirmé la position de principe de la Russie en faveur du règlement du conflit au Sahara occidental sur la base des principes universellement reconnus du droit international. M. Lavrov a appelé »à renforcer » l’accord du cessez-le-feu signé en 1991 entre le Front Polisario et le Maroc et « à désamorcer la tension qui s’est développée ces derniers jours dans la zone tampon de Guerguerat. Au cours de l’entretien, Sergueï Lavrov a réaffirmé la position de principe de la Russie en faveur du règlement de la question du Sahara occidental « exclusivement par des méthodes politiques et diplomatiques fondées sur les principes universellement reconnus du droit international ». À savoir le droit à l’autodétermination comme l’a rappelé la Russie lors de la résolution du Conseil de sécurité renouvelant le mandat de la Minurso.

    Par ailleurs des ONG britanniques ont fermement condamné l’agression militaire contre les sahraouis. Pour sa part l’’ONG britannique de solidarité avec le peuple sahraoui (Western Sahara campaign UK), a mis en garde contre les « visées expansionnistes » du Maroc sur Nouadhibou, si Rabat parvient à annexer Guerguerat. »En plus d’être une nouvelle confiscation illégale du territoire sahraoui (…) une telle mesure mettrait fin à l’indépendance de la Mauritanie car elle donnerait (au Maroc) le contrôle de la deuxième ville du pays Nouadhibou et ses exportations de minerai de fer, permettant à Rabat de dicter la politique de la Mauritanie envers la population sahraouie » ainsi que le transit vers et depuis les camps de réfugiés », a souligné l’ONG, dans un briefing sur l’agression militaire marocaine à El Guerguerat au Sahara occidental, intitulé « pourquoi le Polisario a repris les opérations armées ? « .

    L’ONG a rappelé que cela faisait presque 30 ans que le Front Polisario a fait preuve de bonne foi et accepté un cessez-le-feu sous réserve de la tenue du référendum d’autodétermination .Western Sahara Campaign , souligne que le Maroc, a complètement enfreint les termes du cessez-le-feu » qui interdit la présence de forces armées dans la zones tampon. Elle est revenue sur les causes à l’origine du conflit au Sahara occidental et souligné l’incapacité de l’ONU à régler la crise à El Guerguerat, ce qui illustre, selon elle, « l’échec plus large du Conseil de Sécurité à organiser un referendum, permettant aux Sahraouis de déterminer l’avenir de leur patrie, base même de l’accord de cessez-le-feu de 1991″. Elle a évoqué également l’’intensification par le Maroc du trafic à travers la brèche illégale de Guerguerat pour « exporter des ressources pillées au Sahara occidental », la vacance du poste de l’envoyé personnel du SG de l’ONU, et l’incapacité de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) de surveiller les droits de l’Homme », et la « manipulation du Conseil de sécurité par le Maroc et son « parrain » la France ».

    Western Sahara Campaign UK alerte aussi contre les conséquences de la crise actuelle et, en particulier, contre ce qu’elle qualifie de risque de « reprise des hostilités à grande échelle entre les deux parties et en conséquence la détérioration de la situation géopolitique dans l’ensemble du Maghreb ».

    Basée au Royaume Uni, Western Sahara Campaign soutient, depuis plusieurs années, la cause sahraouie. Elle était à l’origine de l’action judiciaire contre l’accord de pêche entre le Maroc et l’Union européenne devant les juridictions britanniques et la Cour de justice de l’UE.
    M. Bendib

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Trafic de drogue, milices et résilience: El Guerguerat, la frontière du Sahara Occidental envahie par le Maroc

    Depuis deux décennies, le Maroc a utilisé ce passage frontalier entre le Sahara occidental et la Mauritanie pour aggraver les tensions avec le Front Polisario.

    David Bollero

    Depuis le 21 octobre dernier, un grand groupe de civils sahraouis a bloqué le poste-frontière d’El Guerguerat qui relie le Sahara occidental à la Mauritanie. L’objectif du blocus est double, d’une part, attirer à nouveau l’attention internationale sur la situation dramatique que traverse le peuple sahraoui depuis 45 ans et, d’autre part, arrêter le trafic illicite de marchandises – y compris le trafic de drogue – qui a lieu en ce passage frontalier qui, selon le Front Polisario, viole les accords conclus dans le cadre de l’ONU.

    Le Guerguerat, comme le reste du Sahara occidental, n’appartient pas légalement au Maroc. La différence, en outre, réside dans le fait que même le royaume alaouite ne l’assume pas, puisque selon les accords militaires conclus par les deux parties, la région se trouve dans la soi-disant zone de séparation. En fait, ces accords n’établissent que quatre points sur lesquels on peut passer d’un côté du soi-disant «mur de la honte» à l’autre et El Guerguerat n’en fait pas partie, comme l’a rappelé le Front Polisario MINURSO (Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara occidental, Colin Stewart.

    Malgré cela, ce passage frontalier est devenu une route courante utilisée même par les pêcheurs espagnols qui déchargent leurs prises dans la ville mauritanienne de Nouadhibou et de là les transportent en camions à travers le Sahara occidental et le Maroc jusqu’à la péninsule. . Selon les autorités sahraouies, le trafic de marchandises, dont beaucoup résultent de pillages illégaux auxquels le Sahara occidental est soumis, ne passe aucun contrôle ou inspection douanière en raison de la passivité internationale et de l’intérêt du gouvernement marocain.

    Le 6 septembre dernier a marqué le 29e anniversaire de la signature du cessez-le-feu qui a mis fin à 16 ans de guerre entre le Front Polisario et le Maroc. Bien qu’en 1991, le “Mur de la honte”, long de 2 700 kilomètres, avait déjà divisé le Sahara occidental en deux, avec plus de sept millions de mines antipersonnel à proximité, lorsque le cessez-le-feu est entré en vigueur, cette région était légalement un territoire unifié. Le maintien du mur a été adopté comme une simple mesure de séparation entre les deux armées en attendant la célébration du référendum d’autodétermination. Près de trois décennies et 45 ans se sont écoulés depuis que le peuple sahraoui a été dépouillé de ses terres.

    Un extrême qui a été ratifié lors de réunions ultérieures, comme c’est le cas du troisième cycle de pourparlers directs qui s’est tenu à Lisbonne, au Portugal, le 29 août 1997, dans lequel il est souligné que «cet accord ne changera en rien, il n’affectera ni ne modifiera en aucun cas les frontières internationalement reconnues du Sahara occidental et ne servira pas de précédent pour affirmer qu’il y a eu des changements ou des altérations à leur sujet. ” Malgré cela, le Maroc essaie périodiquement d’étendre ses dominions vers le sud.

    Deux décennies de provocation

    La controverse avec cette étape n’est pas nouvelle. Dans le souvenir le plus récent, il y a les mobilisations qui ont eu lieu en 2016, lorsque le Maroc a tenté d’asphalter à cet endroit la piste de terre qui se dirige vers la Mauritanie. Le Front Polisario a ensuite dénoncé la violation du cessez-le-feu, une circonstance initialement niée par le Maroc et la MINURSO, jusqu’à ce que l’agence de presse Associated Press divulgue un document confidentiel de l’ONU dans lequel il a été révélé qu’en effet, le Maroc commis une telle infraction.

    Cependant, ce n’est qu’en février 2017 que le Maroc a décidé de retirer ses troupes, éteignant ainsi les tambours de guerre. Deux mois plus tard, dans la résolution 2351 du 28 avril, le Conseil de sécurité a déclaré que «la récente crise dans la zone de séparation de Guerguerat soulève des questions fondamentales liées à l’accord de cessez-le-feu».

    Cependant, l’intention du Maroc de construire une autoroute n’a pas commencé en 2016. Il est nécessaire de remonter près de deux décennies, jusqu’en 2001, lorsque, comme détaillé dans le rapport du Secrétaire général Kofi Annan S / 2001/398, ” Le 15 mars 2001, les autorités militaires marocaines ont informé la MINURSO de leur intention de commencer à construire une route goudronnée dans le coin sud-ouest du Sahara occidental, à travers la zone de séparation de 5 kilomètres, jusqu’à atteindre la Mauritanie près de Nouadhibou “.

    Violation de l’accord militaire

    Selon ce rapport, le représentant spécial de l’époque, William Eagleton, ainsi que le chef de la MINURSO, le général Claude Buze, “ont averti leurs contacts civils et militaires marocains que le projet de construction de la route soulevait des questions difficiles et impliquait des activités. cela pourrait constituer des violations de l’accord de cessez-le-feu. “

    Depuis lors, le Front Polisario a dénoncé non seulement l’accord de cessez-le-feu qui est entré en vigueur le 6 septembre 1991 (il y a 29 ans) et qui a mis fin à 16 ans de guerre, mais également violé Aussi accord militaire numéro 1. Ce dernier document, signé entre le Front Polisario et la MINURSO en décembre 1997 et entre le Maroc et la MINURSO en janvier 1998, complète celui du cessez-le-feu.

    Les accords militaires divisent le Sahara occidental en cinq zones: deux zones réglementées (à 25 kilomètres à l’est du mur de la honte et à 30 kilomètres à l’ouest de celui-ci), deux autres zones de restriction partielle couvrant le reste du Sahara occidental et une zone de Séparation de 5 kilomètres de large à l’est du mur, où se trouve El Guerguerat, où l’entrée de personnel ou d’équipement de l’armée royale marocaine est considérée comme une violation des accords.

    Le Front Polisario dénonce désormais le déploiement d’un contingent de la Gendarmerie royale marocaine déguisé en civils, ainsi que la présence dans la zone de hauts commandants militaires du royaume alaouite, ce qui représente une autre violation grave du cessez-le-feu et ouvre encore plus la possibilité d’une “nouvelle guerre totale dans la région”, selon le représentant légitime du peuple sahraoui.

    Les événements rappellent dramatiquement un autre événement tragique qui a lieu en novembre: les dix ans du massacre de Gdeim Izik, le démantèlement du camp de protestation pacifique installé à l’extérieur d’El Aaiún, qui a laissé derrière lui la mort des Sahraouis. Nayem Elgarhi, 14 ans, en plus d’une longue liste de prisonniers politiques qui risquent 20 et 30 ans de prison et la réclusion à perpétuité, et la torture aux mains du Maroc.

    De contraction à contraction

    Les affrontements majeurs d’El Guerguerat ont toujours été associés à des polémiques parallèles au conflit central, à savoir la violation du droit international par le Maroc, qui continue d’occuper illégalement un territoire qui ne lui appartient pas.

    En 2016, le climat était déjà tendu à l’époque, non seulement parce qu’en début d’année les soldats marocains avaient abattu Ashmad Djuli, un berger sahraoui qui gardait son bétail à proximité du «Mur de la honte», mais aussi parce que le Ensuite, le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a décidé de se rendre au Sahara occidental avant la fin de son mandat. Cette visite et ayant qualifié la présence du Maroc dans cette région d ‘”occupation” a conduit le Maroc à expulser 73 membres de la MINURSO.

    Le terme «occupation» a irrité Mohamed VI alors que, en pleine guerre et toujours avec son père Hassan II à la tête du royaume, l’Assemblée des Nations Unies se prononçait dans ces mêmes termes. Dans sa résolution 34/37 du 21 novembre 1979 et “après avoir examiné en profondeur la question du Sahara occidental”, l’ONU a réaffirmé “le droit inaliénable du peuple du Sahara occidental à l’autodétermination”, reconnaissant la “légitimité de la lutte qu’il libère d’exercer ce droit conformément aux dispositions des résolutions pertinentes de l’Organisation des Nations Unies et de l’Organisation de l’unité africaine >>. En outre, la résolution a également profondément déploré «l’aggravation de la situation, conséquence de l’occupation persistante du Sahara occidental par le Maroc et l’extension de cette occupation au territoire récemment évacué par la Mauritanie».

    Une MINURSO inefficace

    En revanche, ce climat de tension n’a en rien été atténué par le dernier renouvellement du mandat de la MINURSO, le 30 octobre. Dans ce renouveau, aucune mention n’est même faite du référendum d’autodétermination qui, comme son nom l’indique, est le but de cette mission de paix. De plus, elle reste la seule mission de maintien de la paix des Nations Unies qui, malgré les demandes répétées du Front Polisario, n’envisage pas de garantir le respect des droits de l’homme.

    Au fil des années, la passivité des Nations Unies face à cette question a provoqué le découragement du peuple sahraoui, qui n’est plus satisfait que l’instance internationale exprime sa << profonde inquiétude face aux épreuves constantes subies par les réfugiés sahraouis et sa dépendance à l’aide humanitaire extérieure. ” Des faits dénoncés à plusieurs reprises, comme le fait que les mêmes véhicules de la MINURSO portent des plaques d’immatriculation marocaines, ne suggèrent pas l’impartialité, comme en témoigne le rapport du Secrétaire général Ban Ki-moon sur la situation concernant le Sahara occidental S / 2015/246, dans lequel il est indiqué que «la perception de l’impartialité de la MINURSO et des Nations Unies continue d’être affectée par le fait que les véhicules de la MINURSO circulent avec des plaques d’immatriculation marocaines à l’ouest de la berme [le mur]». Un fait qu’on a même vu ces jours-ci à El Guerguerat, malgré le fait que l’engagement du Maroc auprès de la MINURSO d’échanger toutes ces plaques contre celles de l’ONU date de 2014.

    Des rapports, même antérieurs à la résolution 690 du Conseil de sécurité établissant définitivement la MINURSO, comme ceux du Secrétaire général Javier Pérez de Cuéllar, S / 22464 et S / 21360, tous deux datant de 1990, dans lesquels Il a défini le rôle de cette mission de maintien de la paix et les phases du référendum avec lesquelles “le peuple du Sahara occidental choisira librement et démocratiquement entre l’indépendance et l’intégration avec le Maroc” ou même détaillé la manière dont le recensement devait être effectué. , ayant “le droit de vote à tous les indigènes du Sahara occidental, âgés de 18 ans ou plus, qui sont inscrits au recensement effectué par les autorités espagnoles en 1974 et qui se trouvent actuellement sur le territoire ou sur 61 en tant que réfugiés ou pour une autre raison, “accorder aux prisonniers” une amnistie générale et complète “.

    À l’heure actuelle, et malgré les dénonciations continues d’organisations internationales telles qu’Amnesty International ou Democracy Now!, Le Maroc viole les droits humains au Sahara Occidental et expulse les militants et les journalistes qui tentent de documenter de telles exactions. 

    Source : Publico.es, 14 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • L’AFP met à nu les fake news du Maroc sur la guerre au Sahara Occidental

    En quête d’éléments pour démentir les communiqués militaires du Front Polisario sur ses attaques contre le mur de la honte et de la lâcheté, les services secrets marocains ont diffusé une vidéo datant du mois de février 2020 dans laquelle on voit une groupe d’orpailleurs prendre la fuite pour échapper à l’armée algérienne. Les faits ont eu lieu à Tamanrasser, dans les frontières avec le Mali.

    Pour cacher la défaite de leur armée au Sahara Occidental, les services de désinformation du royaume du Maroc n’ont pas hésité à présenter les individus qui apparaissent sur la vidéo comme des combattants du Front Polisario en fuite face aux attaques de l’armée marocaine.

    Le fait n’a pas échappé aux reporters de l’agence de presse française. “Nous n’avons pas pu vérifier les circonstances exactes de ces images. Toutefois, leur présence en ligne depuis plusieurs mois écarte toute relation avec la reprise du conflit au Sahara occidental”, précise l’AFP dans une dépêche.

    Tags : Sahara Occidental #SaharaOccidental #FrontPolisario #Maroc Maroc

  • Pravda : Le retour à la guerre au Sahara Occidental est le résultat de la trahison de la communauté internationale

    Le 13 novembre, l’armée marocaine a violé le cessez-le-feu ratifié entre le Front Polisario et le Royaume du Maroc, pénétrant dans la zone tampon du Guergarat et attaquant des civils sahraouis, hommes, femmes et enfants, qui s’y trouvaient depuis le 21 octobre. dans une manifestation pacifique contre l’occupation marocaine.

    Cette agression qui, selon le gouvernement marocain, visait à débloquer le trafic des camions est une violation flagrante de l’accord militaire nr. 1 et la route à laquelle ils se réfèrent est une route illégale construite en violation de l’accord susmentionné, qui a fait l’objet de multiples avertissements de la part des secrétaires généraux de l’ONU et du Conseil de sécurité.

    Cependant, António Guterres a commencé à changer la terminologie et à parler de la circulation des marchandises et des personnes faisant référence à la route illégale. Dans son dernier rapport d’octobre, il qualifiait également la situation au Sahara occidental de calme, le rapport du Conseil de sécurité reprenant cette terminologie. La Fédération de Russie en tant que membre permanent du Conseil de sécurité et l’Afrique du Sud en tant que membre du CS se sont abstenues de voter et ont publié des déclarations de vote dénonçant les échecs dans le processus de discussion et d’approbation des rapports sur le Sahara occidental.

    Lorsque le SG Guterres s’inquiète de la normalisation du trafic de biens et de personnes, la question suivante se pose: Le mur militaire marocain de 2720 km de long qui transforme les territoires occupés du Sahara Occidental en la plus grande prison à ciel ouvert du monde et sans la liberté de mouvement inquiète Monsieur le Secrétaire Général?

    La situation dans les territoires occupés est marquée par des violations quotidiennes du droit international, du droit international humanitaire et de la Convention de Genève depuis la première minute de l’invasion en 1975 jusqu’à aujourd’hui. Enlèvements, détentions arbitraires, violations, appauvrissement forcé, disparitions forcées, destruction de maisons et de biens, invasions de maisons, négligence médicale intentionnelle et torture ne sont que quelques-uns des aspects du visage de l’occupation marocaine. Mais la situation dans les territoires occupés n’est pas seulement une situation de répression, c’est aussi une résistance active non violente de la part des Sahraouis qui, malgré tous les risques, continuent de descendre chaque jour dans les rues de toutes les villes pour réclamer la fin de l’occupation.

    Le changement démographique avec l’introduction de colons marocains qui reçoivent des salaires plus élevés que ceux qu’ils recevraient au Maroc, ainsi que des avantages fiscaux et des biens subventionnés est une violation de la Convention de Genève – encore une autre que le Maroc commet en toute impunité.

    Aujourd’hui, nous sommes confrontés à un retour à la guerre, non pas parce que les Sahraouis le souhaitaient, mais parce que l’action du Maroc, la violation du cessez-le-feu et l’inaction conséquente des Nations Unies ont obligé les Sahraouis à défendre leurs civils et leur terre.

    Les forces armées sahraouies ont pu, avec beaucoup moins de conditions qu’actuellement, gagner la guerre qui a conduit le Maroc à l’acceptation de la signature de l’accord de cessez-le-feu et du référendum en 1991, qui n’a malheureusement pas encore été mis en œuvre. Aujourd’hui, nous sommes confrontés à une situation différente, mais sans que le peuple sahraoui change son désir de voir son droit à la souveraineté et à l’autodétermination définitivement mis en œuvre et avec la détermination de suivre les affrontements jusqu’à ce que l’autodétermination ait lieu. Aujourd’hui ils ont le soutien de plus de pays et dans un contexte totalement différent de 1975 où une grande partie de l’Afrique était en voie de décolonisation, les médias et surtout les réseaux sociaux ne permettent pas aujourd’hui au gouvernement marocain de faire taire les atrocités. La situation interne du Maroc, tant politique qu’économique, affaiblit le Royaume. Conflits internes, sécheresse, Covid, rupture des revenus du tourisme, et maintenant la fermeture de la brèche illégale au Guergarat est l’une des portes pour l’exportation de drogues du Maroc et des ressources naturelles sahraouies illégalement pillées.

    Jusqu’à présent, les opérations militaires favorisent clairement le Front Polisario et nous ne savons pas comment la situation va évoluer dans les prochaines semaines, mois. Néanmoins, il appartient au Conseil de sécurité de changer la situation actuelle en se conformant aux résolutions des Nations Unies qui ont été publiées au cours de 45 ans de conflit, dont 29 avec un cessez-le-feu et une patience illimitée de la part des Sahraouis qui, malgré trahis par la communauté internationale, ils ont toujours travaillé pour parvenir à une solution politique. La guerre au Sahara occidental aura des conséquences désastreuses sur la paix et la sécurité dans la région.

    Cette attente et cette patience des Sahraouis ont peut-être été mal interprétées par beaucoup, comme un signe de faiblesse et de fragilité, bien au contraire, les Sahraouis ont renforcé leur présence dans la sphère diplomatique et préparé les jeunes générations aux nouveaux défis.

    L’Algérie, pays voisin à la fois du Maroc et du Sahara occidental, a connu ce mois-ci un changement important de sa constitution qui permet désormais, si nécessaire, de participer à des missions de paix et de sécurité à l’étranger avec une intervention militaire.

    Le ministre namibien des relations internationales et de la coopération, Netumbo Nandi-Ndaitwah, a déclaré cette semaine que l’action du Maroc est une violation de décennies d’un accord de cessez-le-feu qui a le potentiel de nuire à la paix et à la prospérité du continent et condamné l’attaque.

    L’Afrique du Sud s’est également exprimée dans une lettre au Conseil de sécurité dans laquelle elle met en garde contre la situation et rappelle que la question du Sahara occidental relève du respect du droit international et des résolutions des Nations Unies précisant qu’elle soutient la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum en Le Sahara occidental, dont le mandat principal, établi par la résolution 690 (1991) du Conseil de sécurité et toutes les résolutions ultérieures, est d’organiser un référendum libre et équitable sur l’autodétermination du peuple du Sahara occidental.

    Ces dernières semaines, le Front Polisario, le mouvement de solidarité internationale, des ONG, des universitaires et des personnalités du monde entier ont alerté le Secrétaire général et le Conseil de sécurité non seulement sur la situation explosive au Guergarat mais aussi sur la situation dans les territoires occupés, sans paraître s’être produite. tout effet.

    La diaspora sahraouie est également mobilisée et active.

    La position des Sahraouis est claire: ils ne donneront pas de répit tant qu’ils n’auront pas libéré leur pays et, comme le Dr Sidi Omar, représentant du Front Polisario aux Nations Unies, a déclaré que le retour à la guerre était imposé aux Sahraouis, mais tout ce que le peuple sahraoui ce que vous voulez, c’est avoir la possibilité de vivre librement sur vos terres en paix avec tous vos voisins y compris le Maroc.

    Source : Pravda, 19 nov 2020


  • Sahara occidental: tensions après 29 ans de trêve

    par Anna Lucia Angelillo

    29 ans après le cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario au Sahara Occidental, les tensions refont surface. Chacun défend ses raisons, mais est-il possible qu’après 30 ans, il n’y ait pas eu de progrès?

    Au matin du 13 novembre, le cessez-le-feu conclu avec l’accord de paix entre le Maroc et le Front Polisario (Front de libération du Sahara occidental), en vigueur depuis 1991, a été violé: les troupes marocaines sont intervenues militairement contre Des manifestants sahraouis dans une zone du sud du pays qui, selon les accords, devait rester démilitarisée, ce qui a conduit à une réaction du Front Polisario dans les jours suivants.

    Le Sahara occidental , situé au nord-ouest du continent africain, est toujours considéré par les Nations unies aujourd’hui comme un territoire non autonome, c’est-à-dire une colonie, largement occupée (75%) par le Maroc voisin . Un mur de plus de 2700 km de long, érigé par le Maroc dans les années 1980, sépare encore les zones côtières de pêche et les zones intérieures riches en phosphates, occupées par le Maroc, du reste du Sahara occidental, essentiellement désertique.

    Le conflit remonte aux années 1970, lorsque lors du processus de décolonisation du continent africain, les Nations Unies ont invité l’Espagne, puissance coloniale du pays depuis 1884, à quitter le territoire et à négocier l’indépendance avec les sahraouis, habitants du pays. Cependant, avec le départ des Espagnols en 1975, le roi du Maroc de l’époque, Hassan II, a revendiqué le territoire comme marocain (comme avant la période coloniale espagnole) et a occupé le pays, malgré une décision de la Cour internationale de Justice qui a nié cette affirmation.

    Des milliers de Sahraouis ont fui vers l’Algérie où ils ont établi un État en exil et le Front Polisario a commencé à se battre contre les occupants.

    En 1991, le Conseil de sécurité des Nations Unies a réussi à négocier un cessez-le-feu entre le Maroc et le Front Polisario . L’une des conditions était la promesse d’un référendum dans lequel les sahraouis pourraient décider entre l’indépendance, l’intégration au Maroc ou une condition intermédiaire, et à cet effet une Mission de maintien de la paix des Nations Unies (Minurso) a été créée, qui avait également pour mandat de appliquer le cessez-le-feu.

    Cependant, 29 ans après la signature de l’accord, les Sahraouis n’ont pas encore été en mesure de décider de leur sort et le cas du Sahara occidental est devenu au fil du temps un conflit oublié.

    Un ensemble de sentiments de frustration et de colère, dus à l’échec des Nations Unies à intervenir depuis 30 ans pour le début du référendum et pour le blocage du pillage des ressources naturelles, a conduit la société civile sahraouie à donner vie à des manifestations. , qui a débuté le 21 octobre à El Guerguerat, dans le sud du pays, non loin de la frontière avec la Mauritanie, dans l’une des zones démilitarisées, utilisée, selon les autorités sahraouies, pour l’exportation de ressources naturelles et de drogue par le Maroc .

    Ainsi, aux premières heures du 13 novembre, l’armée marocaine est intervenue contre les manifestants sahraouis pour reprendre le contrôle d’El Guerguerat , violant ainsi le cessez-le-feu en vigueur depuis 1991. Naturellement, pour les militaires marocains, les violateurs sont les Sahraouis.

    Après l’intervention militaire du 13 novembre, Brahim Ghali, président en exil de la République sahraouie , basé dans le camp de réfugiés de Tindouf, en Algérie, et secrétaire général du Front Polisario, a décrété la fin de l’engagement de cessez-le-feu et la reprise de la lutte armée, tenant le Maroc pour responsable de l’attaque d’El Guerguerat.

    Entre le 14 et le 15 novembre, l’armée populaire sahraouie a lancé des attaques synchronisées contre diverses bases et positions marocaines, principalement le long du mur qui borde la partie occupée. Les attaques se sont poursuivies les 18 et 19 novembre, ce qui a gravement endommagé les défenses marocaines.

    La question ne sera pas simple , mais trois décennies sans même un pas en avant semble trop.

    Source : Citta Nuova

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc

  • Quand le Maroc appelle au secours… la Russie

    Alors qu’il pensait réaliser « une simple opération de police » et rouvrir une brèche dans le « mur de la honte » pour écouler les produits du pillage des ressources sahraouies et des quantités considérables de drogues, le Maroc, quoiqu’en dise sa propagande est au bord de la panique, multipliant les appels au secours à ses protecteurs traditionnels, mais aussi et surtout à des pays opposés fermement à son occupation coloniale du Sahara occidental.

    Ainsi le ministère russe des Affaires étrangères a révélé le contenu d’un appel téléphonique entre le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov et le ministre marocain des Affaires étrangères à la demande de ce dernier. La discussion a porté sur la situation actuelle au Sahara occidental, où la partie russe a affirmé sa position de principe, à savoir la nécessité de résoudre le problème du Sahara occidental conformément au droit international et par des négociations diplomatiques.

    Le ministère russe des Affaires étrangères a appelé le Maroc et le Front Polisario au « calme » et à « éviter l’escalade ». D’autre part les combattants sahraouis poursuivent le bombardement des sites de l’armée royale le long du mur de défense marocain, faisant des dégâts humains et matériels indique le communiqué militaire numéro 5 de ALPS, en attendant le bilan des opérations des dernières 24 heures. Il faut relever que les combattants de ALPS intensifient leurs attaques « jour après jour », suite à la violation par le Maroc de l’accord de cessez-le-feu signé entre le Front Polisario et le royaume du Maroc en 1991 sous l’égide des Nations unies.

    « Les frappes ont ciblé le point d’alerte 51 du bataillon n 29 dans le secteur d’Amgala, en sus du bombardement de la base n 19 au secteur d’El Mahbes et la base 08 du bataillon 70. D’autre part, les forces militaires marocaines ont échoué à ériger une barrière de sable en dehors de la zone d’El-Guerguerat, quatre jours après la fin de la circulation dans cette région, du fait des frappes de l’Armée de libération populaire sahraouie (ALPS) et la mise en garde contre tout transit par la brèche illégale.

    Selon des médias sahraouis, les autorités marocaines ont utilisé six (6) engins pour ériger une barrière de sable à l’est de la brèche, quelques jours après l’échec de la mission pour laquelle le roi marocain avait donné à ses forces le feu vert.
    M. B.

    Le Courrier d’Algérie, 19 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental, #Maroc, Sahara Occidental #Polisario #Russie

  • Sahara Occidental : Le soutien de l’Algérie, peuple et gouvernement, réaffirmé

    RENCONTRE DE SOLIDARITé ET D’APPUI AUX SAHRAOUIS : Le soutien de l’Algérie, peuple et gouvernement, réaffirmé

    Lors de son intervention à l’ouverture de la rencontre de solidarité et de soutien au peuple sahraoui, organisée par le Rassemblement national démocratique (RND) à son siège à Alger, le secrétaire général du parti, Tayeb Zitouni, a réitéré le soutien de son parti et de tout le peuple algérien au peuple sahraoui qui lutte pour son indépendance contre un occupant qui fait fi de toutes les résolutions onusiennes portant le droit du peuple sahraoui à son autodétermination. M. Zitouni a appelé, en outre, l’Onu à assumer ses responsabilités pour imposer le respect du cessez-le-feu entre les parties en conflit, ainsi que la relance de la mission de la Minurso dont le rôle est justement l’organisation d’un référendum sur l’autodétermination du Sahara occidental pour libérer la dernière colonie en Afrique.

    Prenant la parole, l’ambassadeur sahraoui, Abdelkader Taleb Omar, a, après avoir salué le soutien indéfectible de l’Algérie pour la cause sahraouie, rappelé que le peuple sahraoui est un peuple pacifique, qui a à plusieurs reprises soulevé pacifiquement les violations marocaines contre ses citoyens, terres et ressources, mais aucune partie n’a fait quoi que ce soit pour stopper les agressions marocaines.

    « La récente offensive marocaine est la goutte qui a fait déborder le vase. Le peuple sahraoui a réagi violemment pour défendre ses terres et son peuple. Une réaction qui a surpris l’occupant qui cherche à présent une sortie, du moins, honorable, en affirmant qu’il est pour le cessez-le-feu et l’arrêt des hostilités. Mais nous avons été trahis par le passé, lors de la signature du premier cessez-le-feu en 1991 alors que tous les pronostics militaires plaidaient en notre faveur à cette époque. Maintenant que ce cessez-le-feu est rompu, après l’agression marocaine, les choses vont sûrement bouger et ça va déboucher inévitablement sur la tenue du référendum », a-t-il déclaré lors de son intervention. De son côté, le président du comité algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, Saîd Ayachi, a rappelé que l’Algérie est également visée du fait que l’agression marocaine est à un jet de pierre de nos frontières, et que ce pays occupe illégalement un territoire qui ne relève pourtant pas de sa souveraineté. Et les nombreuses résolutions internationales reconnaissant le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination en est la parfaite illustration sur le caractère illégal de cette occupation.

    L’intervenant tient le Maroc pour responsable du blocage du processus de paix dans la région, affirmant que c’est Rabat qui sape la Minurso qui est chargée d’organiser le référendum. Et la nomination d’un nouvel envoyé spécial de l’Onu tarde à venir, alors que sans cet émissaire onusien les négociations entre les deux parties ne peuvent pas reprendre car c’est lui qui a la charge de redynamiser ce processus.

    « Depuis 29 ans, les Sahraouis ne cessent d’alerter l’opinion internationale sur les fulgurantes violations marocaines dans les territoires occupés mais aucune partie n’a réagi pour les condamner.

    Et après la récente agression à Guerguerat, le peuple s’est révolté pour défendre son intégrité territoriale », a-t-il affirmé, tout en endossant l’entière responsabilité de cette escalade à l’Onu, et au Conseil de sécurité qui n’ont pas assumé leurs responsabilités dans ce conflit.

    La représentante du Réseau des journalistes algériens de soutien au peuple sahraoui (CJASPS), Karima Bennour, a, pour sa part, souligné le rôle prépondérant de la corporation dans la défense des droits des Sahraouis, et de tous les peuples opprimés de par le monde à travers les révélations au grand jour de toutes les souffrances infligées à ce peuple frère qui, pourtant, ne revendique d’un droit international qui est le droit à l’autodétermination pour le peuple sahraoui. Un droit, a-t-elle ajouté, que les journalistes doivent défendre et adopter pour soutenir toutes les causes justes comme celle du peuple sahraouie.
    B. O.

    Le Courrier d’Algérie, 19 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Algérie #Polisario #Maroc