Tag: Maroc

  • Maroc : Panique générale dans les rangs de l’armée

    ARMÉE ROYALE MAROCAINE : Panique générale dans les rangs

    L’ex-officier marocain de l’armée de l’air, Mostafa Adib, exilé en France a affirmé que « l’armée marocaine est prise de panique » suite à la décision du Front Polisario de se désengager de l’accord de cessez-le-feu.

    « Des informations provenant des forces armées marocaines font état de difficultés rencontrées par le souverain marocain à organiser le redéploiement des militaires au niveau des différents points du mur. Des soldats passent la nuit sur les routes et dans des moyens de transport sans nourritures ni couvertures », a-t-il fait savoir selon plusieurs sources médiatiques sahraouies. Diplômé de l’école royale de l’Air (ERA), Mostafa Adib a également indiqué que l’armée marocaine « est empêtrée dans la distribution des armes individuelles et des rations pour les soldats et craint de ne plus maîtriser la situation ». « Une solution consensuelle pour le redéploiement des armes lourdes et des unités d’intervention rapide tout au long du mur de la honte et même derrière n’a toujours pas été trouvée » a-t-il révélé.

    Et à l’ancien gradé de l’armée royale de détailler par ses propos que « chacun des responsables sur le terrain demande davantage de protection pour lui et son bataillon dans un climat tendu marqué par un déficit de moyens valables pour le déploiement et l’utilisation ». « Des désertions dans les rangs des soldats voire des cas de refus d’obtempérer au sein des casernes sises dans les territoires occupés ou même au Maroc ont été enregistrés », a témoigné l’ex-officier marocain, ajoutant que « les officiers supérieurs de l’armée marocaine sont placés sur écoute et sous surveillance des services royaux, car indignes de confiance, semble-t-il, et un remaniement est attendu dans les postes des hauts responsables militaires.

    Mustapha Adib s’est fait connaître par la publication d’un ouvrage retentissant décrivant dans le détail les échecs de l’Armée marocaine au Sahara occidental, lors des grandes offensives militaires sahraouies et qui ont poussé Hassan II à accepter le cessez le feu et le référendum d’autodétermination.

    D’autre part les unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) poursuivent, les attaques et bombardements contre les sites de retranchement des soldats de l’occupation marocaine le long de la ceinture de séparation, a annoncé le ministère sahraoui de la Défense dans un communiqué.

    »Les combattants de l’Armée de libération sahraouie ont poursuivi, au troisième jour consécutif, leurs attaques et leurs bombardements des lieux de retranchement des soldats de l’occupation marocaine le long de la ceinture, malgré des survols aériens de l’ennemi », indique le communiqué militaire (N 3) du ministère sahraoui.

    Les bombardements ont ciblé plusieurs centres, notamment les bases 17 et 18 à Farsia, la base 13 relevant du régiment 67 à Bekkari, la base 04 du régiment 64 dans la région de Diret, le point d’observation 71 de la base 07 entre Laariche et Fedret Laghrab à Haouza. Le communiqué a également fait état du bombardement de la base 25 relevant du régiment 40 dans la région Oum Lakta, la base 20 du bataillon d’infanterie 68 dans la région d’Adim Adjloud. Ce bombardement a fait « des morts et des blessés, alors que d’autres ont fui les champs de bataille », ajoute le communiqué.
    M. B.

    Le Courrier d’Algérie, 17 nov 2020

    Tags : #Sahara Occidental #Maroc #Polisario

  • Le silence de la communauté internationale sur le Sahara occidental

    Par Enguiya Mohamed Lahu *

    TINDOUF, Algérie, 16 novembre 2020 (IPS) – Toute ma vie, j’ai été oubliée. Je suis une réfugiée sahraouie, née et élevée dans le désert algérien, où mon peuple est resté déplacé pendant 45 ans, en attendant le moment où nous pourrons enfin retourner dans notre patrie, le Sahara occidental.

    En attendant, nous endurons des conditions de vie inimaginables pour la plupart – les températures montent ici au-dessus de 50 degrés Celsius en été et descendent en dessous de zéro en hiver. L’eau est rare et nous est livrée de manière irrégulière par des camions ou par des tuyaux d’arrosage détériorés.

    Nos familles dépendent des distributions de nourriture des agences humanitaires pour survivre, et beaucoup d’entre nous sont aux prises avec des problèmes de santé liés à des carences nutritionnelles, telles que la malnutrition, l’anémie et le retard de croissance. Et pourtant, une grande partie du monde ignore notre existence – en fait, l’Union européenne considère notre sort comme une «crise oubliée».

    Le Sahara occidental, la dernière colonie restante en Afrique, est sous occupation marocaine depuis la signature des accords de Madrid le 14 novembre 1975. En 1991, avec l’accord de cessez-le-feu et la création d’une force de maintien de la paix des Nations Unies, l’ONU promesse au peuple sahraoui qu’un référendum serait organisé, nous permettant de décider librement et équitablement de notre propre sort. Des décennies plus tard, cette promesse n’a pas été tenue et notre confiance dans la communauté internationale s’érode.

    Pendant ce temps, une autre génération de réfugiés est née et a grandi dans le déplacement, parfaitement consciente que la communauté internationale nous a abandonnés. Face à la perspective d’élever nos propres enfants à des centaines de kilomètres de notre patrie, la frustration des jeunes des camps de réfugiés est devenue palpable.

    Nova, une organisation de la société civile sahraouie dirigée par des jeunes que j’ai été élue pour diriger cette année, travaille dans les camps pour promouvoir la non-violence et canaliser la frustration des jeunes de manière constructive et pacifique. Mais sans mesures concrètes prises par la communauté internationale pour faciliter le processus de paix, notre espoir d’une résolution pacifique du conflit disparaît.

    Combien de décennies encore faudra-t-il pour éradiquer le colonialisme? Quand le peuple sahraoui aura-t-il enfin la possibilité de déterminer notre avenir? Notre seul rêve est de pouvoir retourner dans notre patrie librement et en paix.

    Bien que nous comprenions que les défis qui doivent être surmontés pour que ce rêve devienne réalité sont immenses, Nova pense qu’il existe un certain nombre de mesures que l’ONU et la communauté internationale peuvent prendre pour inspirer confiance au peuple sahraoui, et à la jeunesse sahraouie en particulier.

    Premièrement, le secrétaire général des Nations unies doit immédiatement nommer un envoyé personnel des Nations unies pour le Sahara occidental. Cela fait 18 mois – un laps de temps inexcusable – que l’ancien Envoyé personnel a démissionné en 2019. Il est de la responsabilité de l’Envoyé de diriger le processus politique, et au cours de la dernière année et demie, nous avons vu les négociations politiques s’interrompre complètement. .

    Nous ne pouvons nous permettre de perdre davantage d’élan vers la paix. Dès que le nouvel Envoyé est nommé, il ou elle devrait rencontrer des représentants de la jeunesse dans les camps de réfugiés sahraouis et dans le territoire du Sahara occidental sous occupation marocaine afin de mieux comprendre nos expériences de ce conflit en cours.

    Deuxièmement, l’ONU et la communauté internationale doivent veiller à ce que le processus de paix, une fois relancé, soit inclusif et représentatif. L’Envoyé personnel et le Conseil de sécurité des Nations Unies devraient soutenir et faciliter la participation des jeunes et des femmes au processus de négociation. C’est notre avenir qui sera le plus touché par les décisions prises au cours de ce processus, et donc nos voix méritent d’être représentées à la table des négociations.

    Enfin, l’ONU et les gouvernements du monde entier devraient exprimer leur soutien en faveur d’un référendum d’autodétermination du peuple du Sahara occidental, conformément au droit international. Lorsque le Maroc a accepté les termes du cessez-le-feu il y a des décennies, il s’est engagé à permettre au peuple du Sahara occidental d’exercer son droit à l’autodétermination sans contrainte. Beaucoup de membres de Nova – moi y compris – ne sont même pas nés lorsque ces conditions ont été convenues, et pourtant elles ne sont toujours pas remplies.

    Le silence de la communauté internationale sur le Sahara occidental et la situation de mon peuple équivaut à accepter des décennies de souffrance et d’injustice. Les réfugiés sahraouis ne pourront pas vivre véritablement dans la dignité tant qu’une solution politique juste et durable garantissant l’autodétermination du peuple du Sahara occidental n’aura pas été trouvée. Après 45 ans, il est temps d’agir au niveau mondial pour la paix.

    Note de bas de page:
    Dans une déclaration du 13 novembre, le porte-parole de l’ONU, Stéphane Dujarric, a déclaré aux journalistes: «Ces derniers jours, les Nations Unies, y compris le Secrétaire général, ont été impliqués dans de multiples initiatives pour éviter une escalade de la situation dans la bande mettre en garde contre les violations du cessez-le-feu et les graves conséquences de tout changement du statu quo. Le Secrétaire général regrette que ces efforts se soient avérés infructueux et se déclare profondément préoccupé par les conséquences possibles des derniers développements ».

    Il a également déclaré que le Secrétaire général restait résolu à faire tout son possible pour éviter l’effondrement du cessez-le-feu en place depuis le 6 septembre 1991 et qu’il était déterminé à faire tout son possible pour éliminer tous les obstacles à la reprise du processus politique.
    La Mission des Nations Unies, la MINURSO, est résolue à continuer de s’acquitter de son mandat et le Secrétaire général appelle les parties à assurer une totale liberté de mouvement à la MINURSO conformément à son mandat.

    * Enguiya Mohamed Lahu est président de Nova, une organisation de jeunesse sahraouie pour la promotion de la non-violence.

    IPS, 16 nov 2020

    Tags : #Sahara Occidental #Maroc #Polisario #ONU #MINURSO

  • La nouvelle guerre des États-Unis contre le Sahara occidental

    par David Swanson / 16 novembre 2020

    Le secrétaire à la Défense William S. Cohen (à gauche) et son épouse Janet Langhart Cohen (au centre) rencontrent le roi Mohammed VI, du Maroc, à son palais de Marrakech, le 11 février 2000. Cohen et le Roi ont convenu d’ouvrir un dialogue élargi sur la sécurité et la défense, et ont discuté des façons dont le Maroc pourrait élargir son rôle de leadership dans la promotion de la stabilité régionale en Méditerranée et sur le continent africain. Photo du DoD par R. D. Ward. (publiée)

    Je n’utilise pas à mauvais escient le mot « guerre » pour désigner quelque chose comme la guerre de Noël, la guerre contre la drogue ou un discours à la télévision que quelqu’un d’autre a insulté. Il y a une nouvelle guerre américaine au Sahara Occidental, menée par le Maroc avec le soutien de l’armée américaine. L’armée américaine, à l’insu de la plupart des gens aux États-Unis — c’est parfaitement connu, mais peu s’en soucient — entraîne et finance les forces armées du monde, encadrant presque tous les gouvernements les plus brutaux du monde. Je ne peux pas comparer cela à l’indignation des médias américains contre le fait que le gouvernement américain nourrisse quelques personnes affamées aux États-Unis, parce qu’il n’y a pas du tout d’indignation à ce sujet. L’une des personnes que l’armée américaine appuie est:

    Sa Majesté le Roi Mohammed VI, Commandeur des Croyants, Que Dieu lui accorde la Victoire, du Maroc.

    Oui, c’est son nom. Le roi Mohammed VI est devenu roi en 1999, ce qui semble avoir été une année record pour les nouveaux dictateurs. Ce roi avait les qualités inhabituelles pour le travail de son père mourant et son propre cœur battant — oh, et étant un descendant de Mahomet. Le roi est divorcé. Il parcourt le monde en prenant plus de selfies qu’Elizabeth Warren, y compris avec les présidents des États-Unis et la royauté britannique.

    Que Dieu lui accorde la Victoire, l’éducation comprenait l’étude à Bruxelles avec le président de la Commission européenne de l’époque Jacques Delors, et l’étude à l’Université française de Nice Sophia Antipolis. En 1994, il devient commandant en chef de l’Armée royale marocaine.

    Le roi, sa famille et son gouvernement sont réputés corrompus, et une partie de cette corruption a été révélée par WikiLeaks et The Guardian. En 2015, Forbes avait inscrit le Commandeur des Croyants au cinquième rang des personnes les plus riches d’Afrique, avec 5,7 milliards de dollars.

    Le département d’État américain a noté en 2018 que « Les questions relatives aux droits de l’homme comprenaient des allégations de torture par certains membres des forces de sécurité, bien que le gouvernement ait condamné cette pratique et déployé des efforts considérables pour enquêter sur les rapports et y donner suite; des allégations selon lesquelles il y avait des prisonniers politiques; des limites indues à la liberté d’expression, y compris la criminalisation de la diffamation et de certains contenus critiquant l’islam, la monarchie et la position du gouvernement concernant l’intégrité territoriale, les limites à la liberté de réunion et d’association, la corruption et la criminalisation des lesbiennes, comportement gai, bisexuel, transgenre ou intersexuel (LGBTI). »

    Le département d’État a choisi de ne pas mentionner le soutien des États-Unis à l’armée marocaine, ou l’occupation militaire marocaine du territoire appartenant au peuple du Sahara Occidental. Peut-être que discuter de certains sujets ne serait tout simplement pas bon pour les affaires.

    Dissident Voice

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Etats-Unis, USA, Mohammed VI, 

  • Pour qui roule l’OCI ?

    par Abdelkrim Zerzouri


    Au nom de qui parle l’Organisation de la coopération islamique (OCI) quand elle apporte son soutien à l’intervention militaire des forces armées marocaines dans la zone tampon d’El Guerguerat ? Le secrétariat général de l’Organisation de la coopération islamique (OCI) a exprimé, avant-hier, son soutien aux mesures prises par le Maroc « pour garantir la liberté de circulation civile et commerciale dans la zone tampon d’El Guerguerat, au Sahara occidental ». Tout en condamnant toute menace de trafic dans cette région reliant le Maroc et la Mauritanie, et appelant à la désescalade et au respect des décisions de légitimité internationale. L’agression militaire du Maroc contre des civils qui manifestaient pacifiquement contre l’exploitation illégale de ce poste frontalier, situé dans une zone sous contrôle de l’ONU et non des Marocains, commence à donner lieu à la formation des blocs de soutien à l’une ou l’autre partie.

    C’est compréhensible que des pays, y compris parmi ceux qui appellent les deux antagonistes, le Maroc et le Front Polisario, au calme et à la retenue, se rangent derrière l’un ou l’autre, selon les tendances politico-militaires clairement exprimées ou cachées, mais quand l’OCI affiche une pareille position, franche et sans équivoque, épousant la cause des Marocains contre le Front Polisario, on ne peut qu’être époustouflé devant cet impair. De par la nature de cette organisation intergouvernementale, composée de 57 Etats membres, dont l’Algérie et d’autres pays, qui ont déploré, eux, clairement les «graves violations» du cessez-le-feu enregistrées vendredi dans la zone d’El Guerguerat au sud-ouest du Sahara occidental, appelant à la «cessation immédiate» de ces opérations militaires, ainsi que ses buts, parmi lesquels figurent l’élimination de la discrimination raciale et le colonialisme sous toutes ses formes, ce soutien n’a vraiment pas lieu d’être.

    On comprendrait pareille position qui émanerait d’Israël, des Emirats arabes unis, d’autres pays du Golfe, mais pas celle de l’OCI à laquelle sied la neutralité dans ce conflit entre musulmans, à défaut de défendre la légalité internationale et l’élimination du colonialisme, comme le définit sa charte. Et si ce soutien n’est qu’une orientation de l’Arabie Saoudite, pourquoi d’autres pays feraient-ils, alors, partie d’une organisation dont les intérêts et les principes sont à l’opposé de leur dogme ? A fortiori, l’OCI devait consulter les Etats membres à travers un sommet ou un Conseil des ministres des Affaires étrangères (CMAE), qui est le deuxième organe décisionnel après le sommet, avant de faire part de sa position à l’égard de ce problème qui se trouve sur la table de l’ONU depuis près d’un demi-siècle, sans avoir encore trouvé une solution. Quelles conséquences pourrait avoir ce comportement unilatéral et empressé de l’OCI, qui se met à la même longueur d’onde de pays qui ont déjà normalisé, ou favorable à une normalisation, de leur relation avec Israël ?

    Le Quotidien d’Oran, 16 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, OCI, Organisation de la coopération islamique, El Guerguerate,

  • Maghreb : La région a besoin de paix

    La sortie de crise dans le dossier libyen semble enregistrer d’importantes avancées qui coulent dans le sens d’une sortie de crise négociée et loin de la tension qui a marquée ce pays il y a quelques mois. De plus en plus, l’ONU semble avoir bien repris les choses en main et mène une politique de rapprochement entre les différents acteurs libyens qui se plient au jeu de la négociation et des pourparlers.

    Comme préconisé par l’Algérie, la sortie de crise ne peut se faire que par les Libyens eux-mêmes, et loin des différentes ingérences de certains pays qui n’ont d’autres soucis, dans leur agenda, que de servir leurs intérêts, quitte à sacrifier ceux des Libyens. Mais la tendance a bien changé aujourd’hui, et les Libyens se parlent directement et semblent tous privilégier une sortie de crise venant de l’intérieur du pays.

    Et le dernier développement notable dans ce dossier a été l’annonce faite ce vendredi par l’ONU sur l’accord trouvé par les négociateurs libyens sur la date des élections qui a été fixée au 24 décembre 2021. Une avancée majeure quand on sait que jusque là, chacune des parties en conflit ne pensait régler la crise qu’à travers la supériorité militaire et l’appui des forces étrangères.

    Et il faut convenir que ce sont les meilleures nouvelles que l’on enregistre dans ce pays depuis un peu plus de neuf longues années. Une bonne nouvelle pour la Libye, mais aussi pour toute la région sahélo-maghrebine qui a été gravement impactée par ce conflit, qui a vu l’implantation de plusieurs groupes terroristes qui menaçaient sérieusement la paix dans la région.

    Mais en face de ces importantes évolutions dans le dossier libyen, il reste regrettable que dans la même région, des apprentis sorciers à l’image du Maroc font tout pour maintenir la région dans un état d’instabilité et de dangers permanents, avec leur politique aventurière et guerrière qui posent plusieurs questions, sur le jeu malsain que joue Rabat dans la région.

    Le Maroc se place clairement comme un acteur déstabilisateur du Maghreb et doit de ce fait être condamné avec la plus grande vigueur par la communauté internationale qui doit mettre fin à la politique guerrière et déstabilisatrice de ce pays qui veut détourner l’attention sur ses multiples problèmes internes, quitte à menacer sérieusement la paix dans la région.
    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 16 nov 2020

    Tags : Afrique du Nord, Algérie, Maroc, Libye,

  • L'Espagne donne au Maroc 130 véhiules pour le contrôle de l'immigration

    L’Espagne livrera 130 véhicules au Maroc pour le contrôle des frontières et de l’immigration

    La valeur de l’offre est de plus de 8 millions d’euros et a été publiée par le biais de la Fondation internationale et ibéro-américaine pour l’administration des politiques publiques
    par Alicia Martínez
    L’Espagne va livrer 130 véhicules de grille au ministère marocain de l’Intérieur pour renforcer le contrôle des frontières et de l’immigration à un moment où les îles Canaries connaissent leur pire crise migratoire depuis 2006. L’appel d’offres, qui a été publié par le biais de la Fondation Internationale et Ibéro-Américaine pour l’Administration des Politiques Publiques (FIIAPP), il a une valeur de 7150.000 euros hors TVA (soit 8651500) et comme on peut le lire sur la plateforme de contractualisation, cet achat est encadré dans le cadre du «Projet d’appui à la gestion intégrée des frontières et des migrations au Maroc». De même, les véhicules doivent avoir une garantie technique et seront livrés à Rabat. En outre, l’Espagne offrira un service de formation à l’entretien des véhicules et ouvrira la possibilité d’apporter des améliorations à ces derniers. Le contrat soumis a une durée de 12 mois et sa prolongation n’est pas prévue.
    Le programme «Appui à la gestion intégrée des frontières et des migrations au Maroc» a débuté le 17 avril 2019 et devrait se terminer le 17 avril 2022. Inclus dans le fonds fiduciaire de l’UE pour l’Afrique Au nord, l’objectif «est d’atténuer les vulnérabilités liées à la lutte contre la migration irrégulière». Les résultats qu’ils recherchent sont d’améliorer les compétences opérationnelles en matière de surveillance des frontières (terrestres et maritimes), de lutter contre le trafic de migrants et la traite des êtres humains, ainsi que d’améliorer la coopération interinstitutionnelle et transfrontalière dans le domaine de la migration irrégulière. La Commission européenne est celle qui finance ce projet avec un montant de 44 millions d’euros. 
    Dans le cahier des charges de ce projet de livraison de véhicules, il a été convenu avec le Maroc de livrer sept lots comprenant un premier de 230 véhicules 4 × 4 tropicalisés, un second de 10 véhicules 4 × 4 en configuration ambulance, un tiers de 100 Camionnettes 4 × 4, un quart de 10 camions-citernes à eau 4 × 4, un cinquième de 8 camions-citernes à essence, un sixième de 18 camions à plate-forme 4 × 4 et un septième de 8 camions frigorifiques. Le cahier des charges comprend également le transport de ceux-ci, le service de maintenance au Maroc et la formation pour la réparation de ceux-ci et leur utilisation.
    Source : El Faro de Melilla, 11 nov 2020
    Tags : Maroc, Espagne, migration,
  • Après l’agression marocaine: La guerre au Sahara

    Des bruits de bottes aux premières escarmouches, le Sahara occidental est depuis samedi en état de guerre. Après la violation de l’accord de cessez-le-feu de 1991, au niveau de la zone tampon de Guerguerat, et l’agression caractérisée de l’armée marocaine contre des civils sahraouis, la tension est montée de plusieurs crans.

    L’armée sahraouie a riposté avant hier à l’attaque. Des informations font état de pilonnage sur des positions marocaines tout au long du mur des sables, qui divise le territoire sahraoui en deux, l’un occupé par Rabat et l’autre libéré. Aucun bilan n’est disponible sur ces opérations de pilonnage. Les mêmes informations font état d’un vaste mouvement de troupes marocaines, sur certaines zones plus au sud. Même le gouvernement mauritanien semble nourrir des inquiétudes dans cette région proche du plus grand port du pays et son poumon économique, Nouadhibou. Des témoins auraient constaté la venue de renforts des unités militaires mauritaniennes, qui ont pris position sur certaines axes stratégiques. Des patrouilles ont été également observées et des mesures de protection ont été prises. Chez les marocains, c’est encore le blackout. Les médias locaux poursuivent leurs discours propagandistes, occultant sur ce qui s’est passé réellement dans cette région tampon et source de conflit depuis de longues années.

    Côté sahraoui, c’est l’alerte générale. Des centaines de jeunes sahraouis se sont rassemblées à l’entrée des bases militaires de l’armée sahraouie. Leur mot d’ordre est de s’enrôler rapidement dans ses rangs et répondre à l’appel de leur gouvernement pour défendre leurs terres et leurs droits. L’engouement de la jeunesse sahraouie est perceptible dans les territoires libérés. Une mobilisation à toute épreuve est constatée, même chez les associations féminines.

    Signe de la détermination, le Président de la République Arabe Sahraouie Démocratique (RASD), Ibrahim Ghali, à, officiellement, rompu l’accord de cessez-le-feu, entériné en 1991 entre le Maroc et la RASD, avant hier vendredi. C’est ce qu’a indiqué hier un communiqué de la présidence sahraouie.

    La même source a révélé que Ghali a instruit son état major militaire ainsi que le Conseil de sécurité de prendre toutes les dispositions subséquentes à ce décret présidentiel, entérinant de facto une situation de guerre. Pour rappel, l’Algérie a réagi, vendredi, à l’intervention marocaine dans la zone d’EL Guerguerat, au Sahara Occidental, appelant les deux parties à la retenue

    «L’Algérie déplore vivement les graves violations du cessez-le-feu enregistrées ce matin dans la zone d’El Guerguerat au Sahara occidental. Elle appelle à la cessation immédiate de ces opérations militaires, dont les conséquences sont de nature à affecter la stabilité de toute la région», écrit un communiqué du ministère des affaires étrangères (MAE).

    L’Algérie appelle les deux parties, le Royaume du Maroc et le Front Polisario, «à faire preuve d’un sens de responsabilité et de retenue, et au respect, dans son intégralité, de l’Accord Militaire N°1, signé entre elles et l’ONU» est-il souligné.

    Affirmant, particulièrement, attendre du Secrétaire Général de l’ONU et de la MINURSO, l’accomplissement scrupuleux de leurs missions, sans restrictions ni entraves, et dans l’impartialité qu’exigent les développements actuels, l’Algérie réitère son appel à l’endroit du SG de l’ONU, en vue de la nomination, «dans les plus brefs délais, d’un Envoyé Personnel et la reprise effective des pourparlers politiques, conformément aux résolutions pertinentes du Conseil de Sécurité, de l’Assemblée Générale de l’ONU et des Principes de la Charte», conclut le document du MAE.

    Le Jeune Indépendant, 15 nov 2020

  • Sahara occidental : Enfin le réveil de l’ONU ?

    Sahara occidental / Attaque marocaine de Guerguerat : Enfin le réveil de l’ONU ?

    L’attaque marocaine dans la zone tampon de Guerguerat et la déclaration de «guerre» du Polisario rappellent l’existence du conflit du Sahara occidental et mettent les Nations unies devant leurs responsabilités à lui trouver une solution politique afin d’éviter un retour des belligérants aux hostilités interrompues par le cessez-le-feu en vigueur depuis septembre 1991. La réaction d’inquiétude du secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, et des capitales occidentales jugées influentes semble annoncer un réveil de la «communauté internationale» et l’inscription en priorité du dossier sahraoui à l’ordre du jour du Conseil de sécurité. Ce que veulent depuis des années les indépendantistes sahraouis…

    Le regain de tension entre le front Polisario et le Maroc à Guerguerat n’est pas une surprise pour les observateurs du dossier du conflit du Sahara occidental. Depuis 2016 au moins, cette zone tampon fait parler d’elle régulièrement en tant que terrain de confrontation permanent entre les indépendantistes sahraouis et l’armée marocaine. Signalés depuis ces quatre dernières années, et créant au passage, comme durant l’été 2016, une forte e crispation dans les relations entre Rabat et Nouakchott à qui il était reproché de fermer les yeux devant le trafic et la contrebande en tous genres profitable au Polisario, ces heures et échauffourées sporadiques dans ce périmètre frontalier démilitarisé et surveillé par la mission onusienne au Sahara occidental, la Minurso, révélaient la nouvelle bataille de positions que se mènent les belligérants depuis ce temps-là depuis le cessez-le-feu proclamé il y a près de 30 ans et surtout d’incapacité, voire de frilosité de l’ONU à trouver une solution au conflit.

    Cette bataille entre le Polisario et le Maroc s’est intensifiée au fur et à mesure que Guerguerat prenait de l’importance en tant que couloir d’échanges économiques et commerciaux entre le Sahara occidental sous contrôle de Rabat et la Mauritanie voisine et porte ouverte sur l’Afrique de l’Ouest, une destination de plus en plus prisée par les entreprises marocaines et internationales transitant par le Maroc ou ayant des intérêts économiques dans le royaume. Tous ceux qui ont voyagé dans cette région reviennent avec le souvenir d’une route aménagée par le Maroc traversant (en dépit de la légalité internationale) le mur militaire et la zone tampon, fréquentée par des norias de poids lourds qui passent quotidiennement de la partie sahraouie occupée par le Maroc vers la Mauritanie ; et par l’apparition au fil des ans d’une «zone franche» qui ne dit pas son nom et dont les profits reviennent à la partie marocaine qui accompagne ce «dynamisme» par un renforcement militaire d’abord discret puis de plus en plus visible. Ceci, au détriment du Polisario qui, conscient du danger du statu quo actuel sur le dossier du conflit du Sahara occidental et de la tournure prise par les flux commerciaux via Guerguerat, lesquels n’ont jamais été condamnés par les Nations unies en dépit de leurs conséquences sur le cessez-le-feu en vigueur depuis le 6 septembre 1991, multiplie les manifestations de présence dans ce périmètre devenu ultra stratégique.

    Quand ce ne sont pas des Sahraouis qui manifestent leur réprobation de cette drôle de situation par eux-mêmes, le Front n’hésite pas à harceler les forces marocaines postées illégalement sur place et à contrôler les poids lourds en circulation en réaction à l’inertie des éléments de la mission de la Minurso à ce poste frontière. Avant l’attaque marocaine de vendredi dernier suivie de combats qui n’ont pas cessé, hier, selon un communiqué du Polisario, des incidents ont été signalés depuis septembre dernier lorsque le gouvernement de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) a réaffirmé mardi 1er septembre 2020, son rejet «catégorique» de la persistance du passage illégal de Guerguerat, appelant le Conseil de sécurité «à contraindre d’urgence l’État d’occupation marocaine à la fermeture immédiate» de ce passage qui demeure «une source permanente de tension dans la région, ayant des conséquences désastreuses». «Il est inacceptable que la mission des Nations unies pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (Minurso) continue de fermer les yeux sur la persistance de ce passage illégal et sur le transit quotidien de marchandises, y compris les énormes tonnes de drogue», avait déploré la RASD dans son communiqué, appelant à permettre à la Minurso «de mener à bien la mission pour laquelle elle a été mandaté par le Conseil de sécurité le 6 septembre 1991, afin de parachever le dernier cas de décolonisation en Afrique».

    Réveil de l’ONU

    La réaction du secrétariat général de l’ONU a été d’appeler «à la plus grande retenue», mais sans agir véritablement jusqu’à l’annonce vendredi par le Polisario de la fin du cessez-le-feu, une défaillance rappelée par l’Algérie qui a appelé l’organisation à assumer ses missions et imposer un retour au processus de négociations politiques. Ce qui, en attendant l’évolution sur le terrain des hostilités, semble se dessiner aujourd’hui avec la réaction observée à l’échelle internationale et conduire les indépendantistes sahraouis à un succès tactique au vu de l’inscription à nouveau annoncée du conflit sahraoui parmi les priorités du Conseil de sécurité de l’ONU, qui devrait se réunir durant cette semaine. D’ici-là, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit «préoccupé par les conséquences possibles» de l’attaque marocaine à Guerguerat. Selon son porte-parole, Stéphane Dujarric, le chef de l’ONU «reste déterminé à faire tout son possible pour éviter l’effondrement du cessez-le-feu» et à «à faire tout son possible pour éliminer tous les obstacles à la reprise du processus politique». Pour sa part, le chef de l’Union africaine (UA) s’est inquiété hier samedi des «menaces graves» sur le cessez-le-feu en vigueur depuis 1991 entre Maroc et Front Polisario au Sahara occidental et sur le statu quo dans la zone tampon. Dans un communiqué publié samedi, le président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, «exprime sa profonde préoccupation suite à la détérioration de la situation au Sahara occidental, notamment dans la zone des Guerguerat, et des menaces graves de rupture du cessez le feu en vigueur depuis 1991». M. Faki salue aussi «les efforts du secrétaire général des Nations unies et des pays de la région pour encourager vivement les parties à s’abstenir de tout changement du statu quo et à revenir dans les meilleurs délais à la table de

    L’Espagne, ancienne puissance coloniale au Sahara occidental, «exhorte les parties à reprendre le processus de négociation et à avancer vers une solution politique, juste, durable et mutuellement acceptable», a indiqué le ministère espagnol des Affaires étrangères dans un communiqué publié vendredi soir. «Le gouvernement espagnol soutient les efforts du Secrétaire général des Nations unies pour garantir le respect du cessez-le-feu au Sahara occidental», a ajouté le ministère. «Ces derniers jours, l’Espagne a fait des démarches en ce sens, en appelant à la responsabilité et à la retenue», a-t-il encore indiqué. Autre pays clé, la France a appelé vendredi à «tout faire pour éviter l’escalade et à revenir au plus vite à une solution politique», a déclaré le ministère français des Affaires étrangères. «Ces événements démontrent l’importance d’une relance rapide du processus politique, qui passe notamment par la nomination dans les meilleurs délais d’un nouvel Envoyé personnel du Secrétaire général des Nations unies», a-t-il ajouté.

    Le chef de la Commission des Affaires étrangères du Parlement italien, Piero Fassino, s’est dit vendredi lui aussi préoccupé et a appelé à «ne pas alimenter la tension, éviter tout recours à la force et à reprendre le processus de paix sur la base des résolutions et des engagements du Conseil de sécurité». Le parlementaire italien a également exhorté les Nations unies à nommer un nouvel envoyé au Sahara occidental afin de «reprendre le processus de paix» à l’arrêt depuis la démission en mai 2019 de l’ancien président allemand Horst Kohler. 

    ReportersDZ, 15 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, El Guerguerate,

  • Reprise de la guerre au Sahara occidental: une ligne de fracture entre les anciens enjeux économiques et les nouveaux calculs géopolitiques

    Après le Nagorno Kara Bagh, les conflits reprennent en Afrique: en Éthiopie, la guerre du Tigré (Tigray) menace de déborder sur la province voisine de l’Amhara mais également sur l’Érythrée au risque de rallumer les feux d’une guerre régionale; au Sahara Occidental, le Maroc et le front Polisario reviennent à la case départ et reprennent le chemin de la guerre. L’Organisation de l’Union Africaine (UA) semble aux abonnés absents et son inertie totale au Sahel, en Afrique australe, dans la Corne de l’Afrique et en Libye met en doute non seulement sa crédibilité mais sa raison d’être.

    Au Sahara Occidental, le Polisario a toujours décrié les agissements de la Minurso, dont le staff a toujours été dominé par des officiers égyptiens jugés trop favorables aux thèses marocaines. Dans les faits, des membres de la Minurso sont impliqués dans la corruption, le pillage d’objets et de sites archéologiques non répertoriés et le trafic de drogues.

    Des éléments du Polisario et beaucoup de militaires marocains sont également impliqués dans divers circuits de corruption.

    La crise autour du point de contrôle de Guerguerat sis à l’extrême Sud du Sahara Occidental a d’ailleurs pour enjeux l’extension du trafic de stupéfiants jusqu’en Libye via le Sahel.

    La Libye est considérée comme un véritable eldorado pour le hashish marocain dont la diffusion se heurte à la fermeture des frontières avec l’Algérie. La Libye est également un point de redistribution de la drogue marocaine vers la Tunisie, l’Égypte et l’Europe via l’immigration clandestine en Méditerranée. Cet enjeu est vital au Maroc dont l’économie gonflée par les aides des pays du Golfe souffre de la crise du tourisme mondial et d’une dette avoisinant 91 % du P.I.B marocain. D’où l’importance vitale pour le Maroc d’ouvrir une route commerciale avec la Mauritanie à travers la zone démilitarisée (tampon). Ce que le Polisario considére comme une violation de l’accord de cessez-le-feu de 1991 et une première tentative d’occupation de ce que le Polisario considéré comme la « Zone Libre » ou « territoires libérés ». C’est donc le retour des hostilités.

    Cependant, mener une guerre ou une guérilla dans l’un des environnements les plus extrêmes de la planète n’est pas à la portée des belligérants qui souffrent de carences systémiques graves. Le Maroc ne peut que continuer à diffuser des communiqués de victoire destinés à une partie de l’opinion interne tout en incriminant l’Algérie tandis que le Polisario ne dispose d’aucune véritable force susceptible de changer le statu quo et surtout effectuer des brèches le long des 2700 kilomètres du mur de défense marocain, lui même défendu par des millions de mines antipersonnel. De son côté, l’Algérie ne répond jamais aux accusations marocaines et se contente de réitérer que la question du Sahara Occidental est un conflit de décolonisation opposant le Maroc au Polisario et dont la gestion incombe uniquement à l’Organisation des Nations Unies. En réalité, l’Algérie se soucie beaucoup moins du Maroc, pays avec lequel il existe des contacts et des réseaux souterrains que de de l’hostilité concertée des pays du Golfe et principalement le royaume d’Arabie Saoudite, les Émirats Arabes Unis, le Qatar, le Koweït et le Bahreïn, en y voyant un prélude à un ciblage d’une amplitude dépassant de loin ce que Alger qualifie de « gamineries du Sahara Occidental ». D’un point de vue stratégique, les pays du Golfe financent déjà une sorte d’encerclement géopolitique de l’Algérie dans un contexte n’ayant rien à voir avec le Sahara Occidental ou les relations avec le Maroc et c’est cela qui inquiète le plus l’armée algérienne. Fait significatif, une des chaînes TV publiques algériennes a diffusé pour la première fois l’essai d’un missile balistique tactique Sol-Sol 9K720 Iskander E (SS-26 Stone) par l’armée algérienne. Un message clair aux forces soutenues et financées par les Émirats Arabes Unis et les autres pays du CCG (Conseil de Coopération du Golfe) en Libye.

    Pour la première fois, une chaîne de la télévision publique algérienne a diffusé l’essai d’un tir de précision d’un missile balistique tactique Sol-Sol Iskander E. Un fait rarissime compte tenu que toute information sur d’eventuels vecteurs balistiques est un sujet totalement tabou en Algérie depuis 1989.

    Reste le principe de réalité. Le Maghreb n’est pas du préparé aux bouleversements qui s’annoncent et toute déstabilisation de cette région aura des conséquences apocalyptiques sur l’Europe occidentale. A titre de comparaison, la déstabilisation de la Libye, l’un des pays du Maghreb les moins peuplés (six millions d’habitants) et où il n’y avait aucune forme de flux migratoire vers l’Europe, a ouvert les vannes d’un véritable déluge migratoire sur l’Europe qui se poursuit jusqu’à cet instant. Qu’en sera t-il si les autres pays du Maghreb totalisant une population de 120 millions de personnes s’effondrent et qui sont traditionnellement connus pour être des réservoirs de migrants vers l’Europe ? Ce sera à coup sûr la fin definigive d’une Europe déjà très mal au point et en état de pourrissement avancé.

    Source : Strategika51, 15 nov 2020 (traduction non officielle)

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie, Polisario, Libye, trafic de drogue, cannabis, haschich, El Guerguerate,

  • Sahara Occidental: Le Maroc vise-t-il à replonger dans sa guerre contre les Sahraouis ?

    RABAT VIOLE LE CESSEZ-LE-FEU AVEC LE FRONT POLISARIO : Le Maroc vise-t-il à replonger dans sa guerre contre les Sahraouis ?

    La dégradation de la situation dans la région de Guerguerat au Sahara occidental s’accélère, avec la persistance des autorités marocaines à occuper des territoires sahraouis, à maintenir le cap de la violation de l’accord du cessez-le feu, conclu en 1991, avec le Front Polisario, sous l’égide des Nations unies, en vue de la tenue du référendum d’autodétermination, qui n’a pas vu le jour depuis.

    À Guerguerat, il n’y a pas eu uniquement un bruit de bottes, par l’entassement de soldat marocains, mais par des tirs militaires contre les civils sahraouis, que le Front Polisario, dont son Secrétaire général, président de la République sahraouie, Brahim Ghali, a alerté l’ONU et son Conseil de sécurité, sur ces risques, les semaines passées sans manquer de mettre en garde le Maroc, sur les conséquences de toute agression militaire contre les Sahraouis et les territoires du Sahara occidental, dont ceux libérés par l’Armée de libération du peuple sahraoui, avant l’entrée en vigueur, en 1991, du cessez-le-feu. Il est à rappeler que le royaume chérifien vient de récidiver, à Guerguerat, en violation des accords N°1, du cessez-le-feu, après avoir tenté, en 2017, cette manœuvre militaire, avant qu’il soit rappelé à l’ordre par l’ONU, et sous sa pression, il procède au retrait, en février 2017, des unités de la gendarmerie, pour demeurer derrière le mur de sable séparant les territoires libérés du Sahara occidental, de ceux encore sous occupation marocaine. À moins de quatre jours, des tirs de l’armée marocaine à Guerguerat, le responsable du secrétariat du Front Polisario, Khatri Adouh, a averti le Maroc et alerté la communauté internationale sur les conséquences des manœuvres militaires du royaume chérifien, pour forcer l’ouverture d’un passage à Guerguerat, en violation des accords du cessez-le feu. Affirmant que le peuple sahraoui répondra «fermement à toute manœuvre menée par l’occupation marocaine visant à ouvrir la brèche illégale d’El Guerguerat», Khatri Adouh a déclaré lundi dernier, à partir de Guerguerat, animant un meeting populaire de sahraouis, que «l’occupation marocaine se prépare à l’escalade et la confrontation », en faisant appel, précise-t-il « aux mercenaires, soldats et colons qui travaillent dans les territoires occupés afin de couvrir l’intervention militaire à la zone tampon», a relevé M. Adouh. Annonçant, hier, avoir lancé une opération militaire dans la zone de Guerguerat, région située dans les territoire libérés du Sahara occidental, que les autorités coloniales marocaines n’occupent pas, suite au tracé établi, dans les accords de cessez-le-feu avec le Front Polisario, sous l’égide des Nations unies (ONU), en 1991, Rabat replonge non seulement l’ensemble de la région nord-africaine, dans les conséquences du feu d’une guerre entre, le Maroc et le Front Polisario, mais aussi le continent africain, appelés, plus qu’avant à sortir du tourbillon des tensions et des guerres pour s’assurer un destin, selon les aspirations des peuples africains. Ayant failli, depuis la création de la mission onusienne pour l’organisation du référendum au Sahara occidental (MINURSO), par la non application du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination, et ne pas tourner, ainsi, la dernière page d’un système colonial sur notre continent, l’ONU et son Conseil de sécurité ont contribué gravement, non seulement aux souffrances des années durant du peuple sahraoui, mais au retour du bruit des armes, et non des bottes, entre un Maroc, s’obstinant à demeurer illégalement au Sahara occidental et un peuple déterminé à recouvrir son indépendance, par la volonté de générations de sahraouis et la force du droit international, relatif aux droit des peuples colonisés à l’autodétermination. Hier, le ministère des Affaires étrangères de la république sahraouie a annoncé que le Front Polisario « répliquait à l’opération que l’armée marocaine avait initiée ce vendredi (hier : NDLR) ». Le chef de la diplomatie sahraouie, Mohamed Salem ould Salek a déclaré, en effet, sur les agissements militaires du Maroc « c’est une agression et que les sahraouis se retrouvent en situation de légitime défense et répliquent aux troupes militaires marocaines » avant d’indiquer, dans ses déclarations à l’AFP, que «la guerre a commencé, du fait que le Maroc a liquidé le cessez-le feu » a-t-il précisé.

    Mohamed VI dans la peau de HASSAN II pour torpiller la légalité internationale

    Il est à se demander qu’elles sont les raisons réelles ayant amené Le roi du Maroc à reprendre la tenue militaire, abandonnée, par son père Hassan II, suite à la conclusion, en 1991, de l’Accord de cessez-le feu avec le Front Polisario, sous l’égide de l’ONU, en s’aventurant à lancer une opération militaire, en violation de l’accord-du cessez le feu et les résolutions du Conseil de Sécurité sur la dernière question de décolonisation, en Afrique, inscrite sur l’agenda de l’ONU et de l’Union africaine (UA). Par l’opération militaires des autorités coloniales marocaines à Guerguerat, contre les civils sahraouis, femmes, hommes, jeunes et moins jeunes, mobilisés de l’autre côté du mur de la honte, pour bloquer l’ouverture de brêches à Guerguerat par le Maroc, pour accéder aux marchés de la Mauritanie et de l’Afrique de l’Ouest, le Roi Mohamed V revient ainsi, près de 44 années en arrière, pour tenter d’imposer, par le feu des armes, sa ré-occupation militaire, à travers ces manœuvres de son armée, de ces dernières années, à Guerguerat, mettant ainsi en branle ses engagements avec la communauté internationale, principalement le Conseil de sécurité. Mohamed VI se soucie-t-il vraiment simplement des 200 routiers, dont des français et des espagnols, bloqués côté forces marocaines derrière le mur de la honte, depuis le 28 octobre dernier, par la par la mobilisation pacifique de sahraouis, refusant de voir les instruments du système colonial marocaine frôler le sol de la partie libérée, de Guerguerat, en violation aussi de l’accord de cessez -le feu, face au mutisme du Conseil de sécurité face à l’escalade marocaine, dans cette région. Mohamed VI sera-t-il en mesure d’aller sur une guerre, avec le Front Polisario, que son père, le roi Hassan II , qui après avoir envahi militairement, en 1975, le Sahara Occidental et affronté avec des pertes considérables, la lutte armée du peuple sahraoui, a fini par mener des négociations avec le Front Polisario, sous l’égide de l’ONU, aboutissant à un cessez-le-feu en prévision de la tenue du référendum d’autodétermination ? Après une éclipse sur la scène marocaine, et les frasques et les scandales qui ont fait parler de lui, le roi marocain est revenu, pour s’afficher avec les responsables de la monarchie des Emirats arabes unis, appuyant sans surprise d’ailleurs leur soutien à la colonisation. Par ailleurs, avec la non prise en compte, par le Conseil de sécurité, des mises en garde du seul représentant légitime et unique du peuple sahraoui, le Front Polisario, a ouvert les appétits à l’occupant marocain, en décidant d’opérer militairement contre les civils, s’inspirant ainsi non seulement de son père, Hassan II, en 1975, mais aussi des expériences de l’armée de l’entité sioniste, dans ses agressions militaires répétitives, contre des civils palestiniens, à Ghaza comme en Cisjordanie, en violation des accords d’Oslo, pour Israël , et de ceux précités de 1991, par Maroc. Par la non nomination à ce jour, par le Conseil de sécurité, de l’envoyé personnel du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara occidental, ses membres, dont principalement ceux détenteurs du droit de veto ont leur part de responsabilité dans à la dégradation de la situation à Guerguerat et avec leur mutisme aux appels alertant des responsables sahraouis ont ouvert la brèche, au Maroc pour torpiller les Accord de cessez-le feu de l’ONU et la Légalité internationale. Comme le Conseil de sécurité a été responsable, par sa réaction inappropriée et inadéquate, suite à l’expulsion par le Maroc du personnel de la Minurso, en 2016 et plus encore, par la non-application du droit internationale au Sahara occidental.
    Karima Bennour

    Le Maroc viole l’accord du cessez-le-feu avec le Front Polisario

    Les forces armées marocaines ont « délibérément » violé l’accord de cessez-le-feu signé entre les deux parties au conflit au Sahara occidental, en dépêchant des forces militaires par trois voies à l’est de la brèche illégale à Guerguerat, non loin des civils sahraouis qui manifestaient pacifiquement dans cette région depuis le 21 octobre dernier, réclamant la fermeture définitive de la brèche illégale. L’opération, considérée comme une « violation flagrante » de l’accord de cessez-le-feu de 1991, conclu entre le Maroc et le Front Polisario sous l’égide de l’ONU constitue, selon les responsables sahraouis, « une attaque directe contre le peuple sahraoui ». Celui-ci poursuit, le Front Polisario « est placé, ainsi, que son mouvement de libération nationale, le Front Polisario, en position de légitime défense de la souveraineté et de l’intégrité territoriale de la RASD » . L’Armée de libération populaire sahraouie « a commencé à répondre avec la fermeté requise à cette agression et à la marche hostile du Maroc » qui inflige, est-il souligné « un sérieux revers à l’accord de cessez-le-feu ». Le Front Polisario et le gouvernement sahraoui tiennent, affirme la même source « le Royaume du Maroc pleinement responsable de toutes les conséquences dangereuses de cette attaque sur la sécurité et la stabilité de la région » , ainsi que sur l’avenir de l’Accord de paix qui est bloqué, poursuit-on « depuis des années en raison du non-respect de cet accord par le Maroc ». Le Maroc a mené vendredi une agression militaire dans la région d’El Guerguerat, au sud-ouest du Sahara occidental, où des Sahraouis civils manifestaient pacifiquement depuis le 21 octobre pour réclamer la fermeture définitive de la brèche illégale créée dans le mur de sable érigé par l’occupant marocain.
    K. B./SPS

    Ce que dit l’accord militaire n° 1, conclu en 1991 sous l’égide de l’ONU, entre le Front Polisario et le Maroc

    La brèche ouverte dans le mur de sable est une transgression de l’accord militaire n° 1, signé le 24 décembre 1997, entre le général Burand Lubenik pour la Minurso et Brahim Ghali, pour le Front Polisario, d’une part et entre la mission onusienne et le Maroc, le 22 janvier 1998, d’autre part. L’accord définit la zone située entre El Guerguerat en territoire du Sahara occidental occupé et la frontière mauritanienne comme une » buffer stripe » (bande tampon). Large de cinq km, elle sépare deux zones restreintes » restricted zone ». La première de 30 km sous occupation du Maroc et la deuxième de 25 km, sous contrôle du Front Polisario. Au-delà, il y a deux autres zones à restrictions limitées séparées par le mur l’une à l’ouest sous occupation marocaine et l’autre à l’est sous contrôle du Front Polisario . L’accord confine les Marocains à l’intérieur du mur de sable. En août 2016, le Maroc a décidé de bitumer les cinq km de la zone tampon d’El Guerguerat jusqu’à la frontière mauritanienne, en plein centre de la zone démilitarisée. L’accord militaire n°1 stipule que l’accès à la zone tampon qui commence d’El Guerguerat est interdit aux troupes et aux engins des forces armées royales marocaines et du Front Polisario. Or, lorsqu’il a entrepris les travaux du bitumage en 2016, le Maroc a utilisé les engins du génie militaire. La violation est flagrante: L’intervention énergique des forces sahraouies, rapidement déployées dans la région, met un terme à la duperie et rétabli le statu quo anterieur. En face, le Maroc avait déplacé des unités de la gendarmerie royale qu’il retirera en février 2017, sous la pression des Nations unies.
    K. B.


    Le Courrier d’Algérie, 15 nov 2020

    Tags : Sahara Occidental, Polisario, Maroc,