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  • Espagne : Podemos insiste sur la nécessité de s’impliquer pour parvenir à l’autodétermination du Sahara Occidental

    Goméz-Reino a appelé à collaborer entre tous pour “parvenir à la meilleure solution possible, qui passe par le respect dles droits de l’homme”.

    Le député de Unidas Podemos et porte-parole de la Galicia en Común, Antón Gómez Reino, a insisté sur la nécessité de s’impliquer pour que le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui puisse être respecté, comme mandaté par l’ONU.

    Cela a été indiqué dans des déclarations adressées aux médias, une fois l’Intergroupe d’amitié avec le peuple sahraoui créé, auquel il participe.

    C’est un groupe de travail qui rassemble 13 députés de huit formations politiques et dont le but est de rechercher des solutions pacifiques à la cause sahraouie, conformément aux résolutions des Nations Unies sur ce sujet.

    Goméz-Reino a appelé à collaborer entre tous pour “arriver à la meilleure solution possible, qui passe par le respect des droits de l’homme du peuple sahraoui et le mandat, qui émane du droit international et des résolutions des Nations Unies, du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui “.

    Dans le même temps, le parlementaire Unidas Podemos a souligné que “réussir la paix à Guerguerat est également positive pour la situation géopolitique au Maghreb”.

    Ce même mercredi, Podemos a publié un communiqué dans lequel il dit que le Gouvernement doit demander aux Nations Unies d’organiser un référendum sur l’autodétermination du Sahara occidental, avec un “calendrier”, un recensement équitable “et des” garanties “du respect du résultat de la consultation, et qu’il ne suffit pas de «demander la cessation des hostilités» dans la région.

    A partir de la formation, ils ont insisté sur la nécessité d’avancer dans cette concertation après les tensions dans la région de Guerguerat, soutenant que le Maroc a rompu le cessez-le-feu avec le Front Polisario en envoyant des troupes militaires.

    Source : cope.es, 19 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Espagne

  • Le Sahara, dernière injustice géopolitique du néocolonialisme européen et américain

    Les intérêts géopolitiques des puissants causent douleur, souffrance, famine, mortalité et oppression à des millions de personnes à travers la planète. Des millions de personnes piégées dans un réseau étouffant d’intérêts. Le Sahara en est peut-être le meilleur exemple.

    Luis Gonzalo Segura

    La “transition” sahraouie: de la dictature franquiste à la marocaine

    Le Sahara occidental est passé le 6 novembre 1975 de la dictature espagnole à la dictature marocaine après la Marche verte promue par Hassan II, qui a réussi à mobiliser plusieurs centaines de milliers de personnes. Ou plus précisément, il faut dire qu’une partie du Sahara Occidental a fait cette transition particulière, car si le centre et le nord de la région ont été cédés à la dictature marocaine, le sud s’est retrouvé entre les mains de la Mauritanie. Tout cela, bien sûr, avec l’accord des États-Unis, sinon avec leurs chuchotements.

    Cette distribution du gâteau – 266000 kilomètres carrés, la moitié de l’Espagne -, si typique des diners occidentaux, n’a pas pris en compte l’opinion des sahraouis eux-mêmes, qui ont vu la couleur des drapeaux changer et la lignée de leur dictateur sans leur consentement. Car le Front Polisario, né peu avant, en 1973, avait revendiqué l’indépendance du Sahara Occidental vis-à-vis de l’Espagne, dont il exerçait l’administration coloniale depuis la fin du XIXe siècle, mais pas pour devenir la colonie d’une autre dictature.

    Dans ce contexte, alors que le Front Polisario est parvenu à conclure un accord avec la Mauritanie en 1979, trois ans après la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), le problème avec le Maroc a conduit à un conflit armé jusqu’à ce qu’en 1991 il soit possible de signer un Accord de paix définitif qui envisageait de tenir un référendum libre pour que le peuple sahraoui décide librement de son sort.

    Un référendum qui n’a jamais eu lieu, qui a rendu permanent l’exil sahraoui dans les camps situés près de Tindouf, en Algérie. Et avec une circonstance aggravante, puisque la mission des Nations Unies pour organiser le référendum au Sahara occidental (MINURSO), s’est non seulement avérée être un échec retentissant, mais a été enterrée aujourd’hui par les intérêts de chacun.

    Le Front Polisario déclare la guerre

    Près de trente ans après l’accord de tenir un référendum et compte tenu de l’impossibilité de le tenir, tel qu’établi dans le cessez-le-feu conclu par l’ONU en 1991, plusieurs dizaines de Sahraouis ont décidé de bloquer la route d’accès mauritanienne à Guerguerat comme mesure de protestation le 21 octobre. Derrière cet appel au réveil se cache la situation désespérée dans laquelle 250 000 Sahraouis vivent mal et l’espoir offert par le changement présidentiel aux États-Unis dans le contexte international. Un espoir naïf pour le moins si l’on tient compte du bilan géopolitique nord-américain.

    En représailles, il y a quelques jours à peine, le 13 novembre, l’armée marocaine est entrée dans Guerguerat, une zone démilitarisée située à la frontière avec la Mauritanie, au sud du Sahara occidental. L’incursion s’est terminée par une fusillade sans blessés et par une réponse ultérieure du Front Polisario aux sites militaires marocains situés derrière le mur, le plus long au monde avec plus de 2500 kilomètres, dans lesquels ils prétendent avoir fait des victimes (le Maroc le nie).

    Le casting européen et nord-américain

    L’Europe bénéficie des zones de pêche existantes sur le vaste littoral sahraoui, plus de 1 100 kilomètres de côtes, dans les accords qu’elle conclut avec le Maroc. Ainsi, le Maroc et l’Europe, principalement l’Espagne, partagent sans vergogne cette importante ressource naturelle tandis que les Sahraouis vivent dans des conditions difficiles dans des camps de réfugiés installés à plus de 500 kilomètres à l’intérieur de leur capitale, El Aaiún. Le Maroc, en plus de partager les zones de pêche avec l’Europe, exploite les précieuses mines de phosphate, avec lesquelles les engrais sont fabriqués.

    Il était inutile qu’en 2018 la Cour de Luxembourg ait statué que l’accord de pêche entre l’Union européenne et le Maroc n’avait aucun effet sur le Sahara occidental, car il ne faisait pas partie du Maroc, puisque le Parlement européen a approuvé l’accord en 2019 pêcher avec la dictature alaouite, y compris le Sahara occidental. L’Europe ignore ses propres tribunaux ou ses propres valeurs.

    De leur côté, les Etats-Unis font le bonheur de la dictature marocaine, l’un de ses “fils de putes” – selon les termes de Roosevelt et Kissinger – lui offrant des bases militaires. En effet, en 2008, les Américains ont localisé l’Africom (United States African Command) sur la base militaire de Tan Tan, à une courte distance d’El Aaiún, des îles Canaries et de Tindouf. Autrement dit, près de la zone de conflit actuelle. Sur cette base, les États-Unis ont non seulement renforcé la position de dictature de Mohamed VI tout en portant gravement atteinte aux possibilités des sahraouis d’organiser un référendum d’autodétermination, mais ont également servi à essayer d’arrêter – et de concurrencer – l’expansion chinoise. le continent. En effet, au cours des derniers mois, le Maroc a proposé aux États-Unis l’utilisation de la base d’Alcazarguir, dans le détroit de Gibraltar, en option à la base espagnole de Rota, dont l’accord doit être renouvelé en 2021.

    La dictature marocaine achète des testaments

    Mais pas seulement les États-Unis vivent au Maroc. Le Maroc a manoeuvré avec une grande habileté au niveau international, s’assurant que depuis 2001 l’ONU a cessé de soutenir la tenue d’un “référendum libre, juste et impartial sur l’autodétermination du peuple du Sahara occidental” pour se contenter de l’offre de ” une plus grande autonomie »présentée en 2007 par la dictature de Mohamed VI. Mais de la souveraineté à l’autonomie, il y a un abîme, surtout lorsque les pouvoirs offerts sont, selon le Front Polisario, inférieurs à ceux présentés par l’Espagne en 1974. Cependant, rien de tout cela n’a d’importance pour l’ONU, qui considère les efforts crédibles et sérieux. d’un régime autoritaire qui viole à plusieurs reprises les droits de l’homme pour résoudre le problème.

    De plus, le Maroc a réussi à faire de la mission de l’ONU au Sahara occidental la seule des 16 missions de maintien de la paix de l’ONU à ne pas évaluer les droits de l’homme, ce qui lui aura sûrement coûté beaucoup de faveurs et d’avantages. Pour y parvenir, il a rejoint l’Union africaine en 2017, dans le seul objectif d’expulser la RASD et a réussi à installer des dizaines de consulats au Sahara occidental, notamment celui des Émirats arabes unis – qui a récemment établi des contacts diplomatiques avec Israël. -.

    Les Sahraouis sont un peuple condamné à souffrir de la faim, de la misère et des violations constantes de leurs droits humains alors qu’un régime autoritaire partage sa richesse avec l’Europe et les États-Unis. Une réalité qui montre, comme beaucoup d’autres, que les intérêts géopolitiques sont au-dessus de ce qui est juste et correct. Une tragédie paradigmatique du néocolonialisme.

    Russia Today, 18 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario

  • Sahara occidental : Bruit de batailles en attendant l’ONU

    Que se passe-t-il du côté de Guerguerat ? Les informations sont rares sur les échanges armés qui ont éclaté entre le Polisario et l’armée marocaine depuis que cette dernière a violé, vendredi dernier, le cessez-le-feu en vigueur depuis plus de 30 ans dans cette zone tampon ultra-sensible. Elles ont pour source les parties belligérantes et ne permettent pas d’avoir une idée claire de l’évolution des hostilités. La mission onusienne au Sahara occidental affirme qu’« il est extrêmement difficile de vérifier la réalité des informations diffusées de l’un ou de l’autre côté ». La Minurso se dit également confrontée à des problèmes d’accès sur le terrain et a limité ses déplacements ces derniers mois, basant désormais l’essentiel de ses observations sur des images satellites.

    L’agence officielle marocaine MAP, indique l’AFP, a repris dimanche soir les informations d’un site non officiel dédié aux Forces armées royales (FAR) pour annoncer des échanges de tirs le long du mur de défense, sans donner de localisation précise. Selon le forum « FAR-Maroc », le Polisario a effectué « des tirs de harcèlement le long de la ligne de défense sans causer de dégâts » et l’armée marocaine a « riposté », occasionnant « la destruction d’un engin porte-armes à l’est de la ligne de défense », au niveau de Mahbès, près de la frontière algérienne.

    La Mission de paix de l’ONU, la Minurso, « a reçu des informations des deux parties sur des tirs à différents endroits durant la nuit », a précisé, pour sa part, lundi, un porte-parole de l’ONU au cours d’un point de presse à New York. La Minurso « continue d’exhorter les parties à la retenue et à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire diminuer la tension », a-t-il ajouté. De son côté, le ministère sahraoui de la Défense a affirmé que les forces du Polisario ont mené lundi des « attaques massives » contre le mur de défense marocain, le « mur de la honte » selon sa terminologie. Il fait état de « tirs et de pilonnage » visant les secteurs d’Amlaga, Haouza, Al Farcia, dans le nord du territoire, et les secteurs de Baggari et Oum Dreyga.

    Sur le plan diplomatique, on apprend que le roi du Maroc Mohamed VI dit qu’« il restait attaché au cessez-le-feu » lors d’un entretien téléphonique lundi avec le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. « La fin de la guerre est liée désormais à la fin de l’occupation illégale » de la partie sous contrôle marocain, a déclaré, de son côté, lundi le responsable sahraoui Mohamed Salem Ould Salek. Jusqu’à hier, on ne savait quand le Conseil de sécurité allait se réunir pour examiner les développements du conflit. Au Sahara occidental, l’absence d’un envoyé spécial des Nations unies au Sahara occidental, un poste vacant de la démission de l’Allemand Horst Köhler au printemps 2019, officiellement pour des raisons de santé, a aggravé un statu quo devenu intenable, selon les Sahraouis.

    ReportersDZ,18 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #ONU #MINURSO

  • Sahara Occidental : Le Front Polisario poursuit le pilonnage du mur marocain

    CONFLIT AU SAHARA OCCIDENTAL : Les unités du Front Polisario poursuivent le pilonnage du mur marocain

    Les forces armées sahraouies poursuivent le bombardement des bases de l’armée marocaine située sur le mur de séparation. Pour le Front Polisario, la guerre qui a été déclenchée par le Maroc suite à l’agression de Guerguerat ne s’arrêtera qu’après « la cessation de l’occupation marocaine illégale».

    Tarek Hafid – Alger (Le Soir) – L’armée populaire de libération sahraouie (APLS) poursuit le bombardement intense des positions des forces armées royales (FAR) sur le mur de séparation marocain. Lundi 16 novembre, le communiqué militaire numéro 4 du ministère sahraoui de la Défense a indiqué que l’artillerie a ciblé six bases et cantonnements.

    «Les frappes ont ciblé le point d’alerte 71 dans le secteur de Haouza, la base numéro 4 du secteur Amgala, ainsi que la base numéro 20 près d’El-Rous-Essebti et du point d’alerte 191 du secteur de Farsia, déjà visé à deux reprises.

    La base numéro 12 du bataillon 47 dans le secteur Oum Dreyga et la base n°04 du bataillon 63 dans le secteur Bakari ont également été ciblées», ajoute le communiqué. Notons que ces bombardements ciblent les positions des FAR sur toute la longueur du mur marocain qui s’étend du nord-est au sud-ouest sur une distance de 2 700 km. Durant les trois premiers jours de ce nouveau conflit, l’APLS avait lancé des opérations nocturnes. Mais la journée de lundi s’est caractérisée par des bombardements en plein jour. Le commandement militaire sahraoui semble avoir opté pour une phase «d’usure» avant de passer à d’autres types d’opérations. Car, pour le Front Polisario, ce nouveau conflit ne s’arrêtera qu’après récupération de l’ensemble des terres colonisées par le Maroc. C’est ce qu’a affirmé Mohamed Salem Ould Salek, le ministre des Affaires étrangères.
    «La fin de la guerre est désormais tributaire de la cessation de l’occupation marocaine illégale de la partie occupée des territoires de la République sahraouie», a souligné Mohamed Salem Ould Salek qui est également membre du secrétariat national du Front Polisario. Pour sa part, Abdelkader Taleb Omar, ambassadeur de la RASD à Alger, a estimé que l’agression de Guerguerat «a été l’élément déclencheur qui a provoqué une transition dans le conflit sahraoui».

    «Aujourd’hui, ce n’est plus l’affaire de la brèche illégale de Guerguerat qui est exposée, mais le plan de paix au Sahara Occidental dans sa globalité. Maintenant, après une longue phase de statu quo et l’absence de perspective, le peuple ne pouvait rester patient indéfiniment, surtout que le poste d’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU est vacant depuis plus d’une année.
    Guerguerat aurait pu représenter une réelle occasion pour le Maroc afin d’aller vers une transition qui permettrait un règlement politique et pacifique du différend sur la base du droit international et des résolutions des Nations-Unies. Mais le régime marocain a refusé et il a souhaité entrer dans la guerre.

    Le Maroc a, une nouvelle fois, démontré qu’il n’a aucune volonté de faire la paix et aucune volonté de respecter la légalité internationale», a déclaré l’ambassadeur sahraoui lors d’une rencontre organisée à Alger par le Réseau des journalistes algériens de soutien au peuple sahraoui.

    Le Soir d’Algérie, 18 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Gurguerat #ONU #MINURSO

  • Orizzonti politici : “Sahara occidental: le conflit qui inquiète le Maroc”

    Le 8 octobre, le conflit a repris à El Guerguerat, un petit village à l’extrême sud-ouest du Sahara occidental et le long de la zone frontalière avec la Mauritanie, à l’extérieur de la “berme” (allumée le “mur”) , c’est le barrage construit par le Maroc à partir de 1980 qui sépare les habitants du Sahara des camps de réfugiés habités par les Sahraouis qui, avec le début de l’occupation marocaine en 1974, ont fui dans le désert.

    De nombreux militants sahraouis se sont infiltrés dans la zone frontalière d’El Guerguerat, empêchant la circulation des biens et des personnes, pour exprimer leur mécontentement face au report du référendum sur l’indépendance que le peuple sahraoui revendique depuis des années.

    Un mois après le début de la mobilisation sahraouie, le 13 novembre, les autorités marocaines ont décidé d’intervenir en mettant en place un cordon médical à El Guerguerat, pour répondre aux provocations du Front Polisario, le représentant légitime du peuple sahraoui. Le Maroc, selon des sources au sein du gouvernement, a donné au Front Polisario le temps nécessaire pour mettre fin à ses actions et quitter la zone d’El Guerguerat. Cependant, l’appel n’a reçu aucune réponse, ce qui a incité les Forces Armées Royales (FAR) du Maroc à intervenir militairement.

    Toute cette affaire menace la stabilité d’une zone déjà critique, affectée depuis plus de quarante ans par ce que l’on appelle communément “la question du Sahara occidental”. Ce «conflit gelé» oppose le gouvernement de Rabat qui revendique sa souveraineté sur le Sahara Occidental et le Front Polisario qui, en revanche, continue de lutter pour la tenue d’un référendum pour l’autodétermination de son territoire.

    Un conflit qui dure depuis plus de 40 ans

    Le Sahara occidental est une région d’Afrique du Nord, aujourd’hui majoritairement habitée par le peuple sahraoui, dont le territoire est actuellement disputé entre le Maroc et le Front Polisario. En 1958, la partie sud du Sahara occidental (Río de Oro) ainsi que la partie nord (Saguia el-Hamra) ont été formées en une province unitaire portant le nom de Sahara espagnol.

    Bien que dans les années 1960, les Nations Unies et la Cour internationale de Justice aient reconnu le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, en novembre 1975, l’Espagne a conclu un accord (pactes de Madrid) avec le Maroc et la Mauritanie pour la partition du Sahara occidental. entre les deux états.

    Le Front Polisario (de l’espagnol, Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro), mouvement de résistance anticolonialiste d’inspiration socialiste, déjà actif dans la région depuis le début des années 1970, s’est immédiatement opposé aux revendications du Maroc et de la Mauritanie. , quand il s’était distingué dans la résistance contre la présence coloniale espagnole.

    Malgré les efforts de la population sahraouie, en 1975 le roi marocain Hassan II annonça l’organisation d’une grande marche pacifique, la “Marche verte”, composée de trois cent cinquante mille personnes vers le Sahara occidental, pour en revendiquer la possession. La décision du Maroc d’annexer la majeure partie de l’ancien Sahara espagnol a été considérée comme une invasion et une nouvelle colonisation par la population sahraouie. Le 26 février 1976, l’Espagne s’est retirée du territoire et le 27, le Polisario a déclaré l’indépendance de la République démocratique du Sahara arabe (Rasd), qui restait de facto un gouvernement en exil.

    L’armée marocaine a poursuivi l’action d’invasion pendant des années, occupant les espaces abandonnés par l’armée espagnole et une grande partie de la population sahraouie a été contrainte de fuir en Algérie, qui a installé cinq camps de réfugiés à Tindouf, du nom des anciennes villes qui avaient été contraints de partir (Aousserd, El-Ayoun, Boujdour, Smara et Dakhla).

    L’un des moments les plus critiques du conflit entre le Maroc et le Front Polisario se situe en 1982, année où le Maroc, afin de consolider la possession des territoires conquis et d’exploiter les ressources minérales, commence la construction du soi-disant «mur marocain», un mur de près de 2700 km de long. La population sahraouie vit aujourd’hui dans une bande de désert entre l’oasis de Tindouf et le mur lui-même, appelé simplement «berme» dans les documents internationaux.

    La liberté de mouvement est profondément entravée par cette barrière qui sépare aujourd’hui les deux fronts, protégée par cinq millions de mines antipersonnel et contrôlée par 100 000 soldats marocains. Le mur est constitué de remblais de pierre, équipés de radar, de batteries d’artillerie, de systèmes de surveillance électronique et d’interception.

    L’objectif premier de sa construction réside dans la volonté de freiner l’invasion du Front Polisario sur le territoire marocain et d’empêcher l’acquisition du contrôle des ressources en minerais, même précieux, des champs pétrolifères et des zones de pêche de l’Atlantique considérés parmi les plus riche que toute la côte africaine. Les civils, qui représentent 80% des victimes, pour la plupart des mineurs, paient le prix du mur. Les données publiées par le Landmine Monitoring Report révèlent que, depuis 1975, plus de 2 500 personnes ont été blessées, mutilées ou tuées en territoire sahraoui.

    Les interventions de la communauté internationale

    Au fil des années, les interventions des Nations Unies ont principalement visé à garantir la paix dans les territoires et à favoriser la tenue d’un référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui. L’implication de l’ONU a commencé en 1965, lorsque l’Assemblée générale a adopté la première résolution sur le thème de la décolonisation du Sahara espagnol: depuis lors, les Nations Unies se sont toujours engagées à organiser un référendum et ont réitéré à plusieurs reprises la nécessité d’une loi d’autodétermination du peuple sahraoui, conformément à la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux (Résolution de l’Assemblée générale n ° 1514/1960).

    Dès l’origine inscrite sur la liste des territoires non autonomes, l’ONU a reconnu en 1972 au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination et à l’indépendance. Cependant, l’intervention la plus importante et la plus incisive n’a eu lieu qu’en 1991, lorsque la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) a été créée avec la résolution n ° 690 du Conseil de sécurité, avec la la tâche de surveiller le respect du cessez-le-feu, de faciliter le retour des réfugiés et de superviser un référendum d’autodétermination, prévu pour 1992.

    Au fil des ans, l’ONU a mis en œuvre de nombreux plans pour tenter de débloquer la situation. James Baker (ancien secrétaire d’État américain et envoyé spécial des Nations Unies pour le Sahara occidental) a formulé, en fait, deux propositions pour tenter de parvenir au référendum: Baker Plan I et Baker Plan II, mais les deux ont été réutilisés par Rabat .
     
    Malgré les tentatives de médiation, les hostilités n’ont jamais cessé et aucune résolution effective n’a été trouvée, à tel point qu’entre 1999 et 2005, il y a eu deux intifades et de nombreuses manifestations pacifiques dans les territoires occupés pour protester contre la violation des les droits humains subis par la population sahraouie. L’activité de négociation des Nations Unies est restée quasiment bloquée de juin 2004, suite à la démission de Baker, jusqu’en novembre 2018, année au cours de laquelle la résolution n ° 2440 a finalement été présentée au Conseil de sécurité.

    Ce document autorisait, d’une part, une prolongation du Minurso pour 6 mois supplémentaires, jusqu’en avril 2019, et d’autre part, il faisait pression sur le Front Polisario et le Maroc pour qu’ils entament des négociations directes. Malgré les efforts de l’envoyé spécial des Nations Unies, Horst Kohler, il n’a pas été possible de mener les négociations vers le «tournant diplomatique» souhaité.

    Violations des droits de l’homme et migration forcée

    L’incertitude et la forte ambiguïté concernant l’application du droit à l’autodétermination des peuples sur le territoire du Sahara occidental et dans les camps de réfugiés se reflètent dans la protection plus générale des droits de l’homme. En effet, si formellement le gouvernement marocain semble avoir fait des progrès dans l’application des droits universels, des études récentes montrent que les arrestations arbitraires, la torture et les disparitions contre les opposants politiques sahraouis se sont poursuivies bien au-delà des années 1980.

    Dans le même temps, le statut ambigu du Rasd, considéré comme un État par certains, un non-étatique par d’autres, a conduit la Commission des droits de l’homme de l’ONU à ne pas la considérer comme liée au respect du droit international. Dans ce contexte, plusieurs rapports indiquent une condition répétée de violations des droits de l’homme au Sahara occidental, principalement au détriment des Sahraouis qui sont arrêtés arbitrairement et parfois torturés. Pas autrement, dans le camp de réfugiés, il y a des cas de répression politique et le phénomène de l’esclavage semble toujours présent.

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que le nombre de réfugiés dans les camps varie de 90 000 à 125 000, alors que des flux migratoires constants hors de la région sont enregistrés depuis les années 80. Parmi les problèmes de migration, il y a principalement le problème environnemental, lié au changement climatique et aux problèmes d’hygiène et d’hygiène qui en découlent. À ce jour, la pandémie de Covid-19 a exacerbé les conditions dans lesquelles se trouve l’économie fragile de la région, basée sur l’agriculture, mais surtout sur la fourniture d’une aide humanitaire envoyée principalement par le HCR et de nombreuses organisations non gouvernementales, essentielles à la survie. dans un territoire aussi inhospitalier.

    Le conflit aujourd’hui

    2019 était censée être l’année de l’espoir pour le peuple sahraoui de résoudre le conflit. Après une médiation intense qui a ravivé l’espoir de paix au Sahara occidental, le processus de règlement de l’ONU a été interrompu en 2019 par la démission de Horst Koehler.

    Bien que le mandat de la mission Minurso ait été prolongé d’une année supplémentaire, selon la déclaration de l’ONU du 31 octobre, il n’y a pas encore eu de percée diplomatique substantielle et la situation d’instabilité persiste.

    En fait, au cours des trois dernières semaines, la région a connu de nouvelles tensions après que, le 21 octobre, des groupes armés fidèles au Front Polisario aient fermé le passage frontalier entre le Maroc et la Mauritanie et se soient infiltrés dans la région d’El Guerguerat, entravant la circulation des personnes et des marchandises. Pour Rabat, de telles actions constituent une menace pour la stabilité de la zone. Après des années de cessez-le-feu, l’armée marocaine a lancé le 13 novembre une opération militaire dans la région en pénétrant dans la zone tampon d’El Guerguerat, pour briser le blocus de la circulation imposé par les manifestants sahraouis pendant près de trois semaines.

    L’opinion publique qualifie souvent la question du peuple sahraoui de conflit «oublié», soulignant qu’il ne s’agit pas d’un sujet d’intérêt international particulier. En revanche, la question du Sahara occidental est restée une plaie ouverte pendant plus de quarante ans qui risque de plus en plus de démontrer l’incapacité du système international à trouver des solutions viables et ainsi désamorcer la crise. A court terme, les tensions récentes pourraient provoquer un nouveau mouvement de rébellion au sein du Front Polisario et du peuple sahraoui (un retour à la lutte armée n’est pas exclu), sapant les efforts consentis jusqu’à présent au niveau international.

    * Chars du Front Polisario utilisés dans le conflit du Sahara Occidental [crédits photo: SODiwane / CC BY-SA 4.0]

    Source: orizzintipolitici.it
     
    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #MINURSO #ONU 

  • Sahara occidental «La violation des territoires était préméditée»

    par Abdelhalim Benyellès

    Le Maroc viole l’accord de cessez-le-feu du Conseil de sécurité de septembre 1991 par une attaque militaire à Guerguerat contre les Sahraouis. Ibrahim Ghali, le chef du Front Polisario, déclare officiellement l’arrêt du cessez-le-feu : c’est la guerre. Les hostilités sont ouvertes. Cela s’est déroulé vendredi 13 novembre. Le scénario de la violation des accords de cessez-le-feu était-il prévisible et prémédité ?

    Abdelhalim Benyellès – Alger (Le Soir) – Le président du Comité algérien de solidarité avec le peuple sahraoui, Saïd Ayachi, qui intervenait hier sur les ondes de la Chaîne 3, est formel.
    «L’attaque militaire était planifiée et l’Algérie, dans ce cadre, n’a eu de cesse d’alerter le secrétaire général des Nations-Unies et le Conseil de sécurité sur les dangers de violation du cessez-le-feu », a-t-il fait savoir. Et d’ajouter également que dans son dernier discours, le roi Mohammed VI avait signifié clairement cette menace d’intervention militaire.

    Revenant aux faits, les autorités marocaines ont « lâché » au préalable des militaires en civil pour agresser les populations, avant l’intervention militaire pour l’ouverture de brèches. Le Front Polisario, qui était en état de légitime défense pour protéger les populations civiles, a répliqué et cela a généré une situation de guerre.

    La violation des droits de l’Homme ne fait plus de doute, assure l’intervenant, citant les rapports de rappel à l’ordre de différentes ONG, du département d’État américain, du Parlement européen et du rapporteur spécial des Nations-Unies. Et de revenir à la première violation qui date de 2001 et au rappel à l’ordre de la Cour de justice du Parlement européen en 2018 déclarant illégale la commercialisation des produits agricoles du Sahara Occidental.

    Il déplore, par ailleurs, que le Conseil de sécurité soit resté inactif face aux missions de la Minurso pour assurer une atmosphère sécuritaire conduisant à l’organisation d’un référendum en terres occupées.

    Mais pourquoi, depuis la signature de l’accord de cessez-le-feu en septembre 1994, le référendum n’a pas eu lieu malgré les appels à l’autodétermination des populations sahraouies qui revendiquent leur droit ? « Justement, c’est un droit puisque le Sahara Occidental est considéré comme un pays non autonome par les Nations-Unies depuis 1963 », répond le président du Comité algérien de solidarité avec le peuple sahraoui. Poursuivant que la Minurso a été chargée de préparer un référendum d’autodétermination, mais la démarche a été enfreinte au départ par le roi Hassan II qui avait interrompu la phase d’identification des populations puis, par la suite, par les entraves qu’a subies la délégation de la Minurso dans sa mission.

    Pour ce qui est de l’ouverture du consulat général des Émirats arabes unis dans les territoires occupés, Saïd Ayachi est catégorique en précisant que le Maroc cherche, avant tout, une légitimité internationale pour sa présence sur les territoires du Sahara Occidental, dira-t-il. Citant la participation du Maroc avec le lobbying des pays du Golfe dans le monde, il révèle également que les Émirats voudraient entraîner un pays d’Afrique du Nord dans la normalisation avec Israël.
    Toutefois, l’intervenant doute que ce scénario de normalisation avec l’entité sioniste puisse réussir car il pourrait bien soulever la réaction de la rue, ce que craint le Palais royal, assure-t-il.

    Enfin, parlant de l’influence de la France sur l’aboutissement du processus d’autodétermination du peuple sahraoui, il dira que le Maroc sert d’abord les intérêts économiques français au niveau de l’Afrique de l’Ouest et au Maroc, au même titre d’ailleurs que l’Espagne qui détient, selon lui, 200 entreprises au Maroc ainsi qu’une flotte de pêche estimée à 600 unités sur les eaux de la région.
    Le port de Guerguerat étant le point d’accès des exportations vers le marché de l’Afrique de l’Ouest, conclut-il.
    A. B.

    Le Soir d’Algérie, 16 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc 

  • La Repubblica : le Maroc viole la trêve et lance une offensive contre les Sahraouis (Sahara Occidental)

    Sahara occidental, le Maroc viole la trêve et lance une offensive contre les Sahraouis

    par Antonella Napoli

    Les forces armées de Rabat ont lancé hier une opération militaire dans la zone tampon de Gargarat en réponse à la “provocation du Front Polisario”. L’ONU: “Nous ferons tout notre possible pour un cessez-le-feu”

    29 ans après le cessez-le-feu conclu avec l’accord de paix de 1991 entre le Maroc et le Front Polisario, la trêve armée au Sahara Occidental est rompue. Aux premières lueurs de l’aube, les forces armées marocaines ont forcé le blocus dans la zone tampon du Guerguarat, au Sahara occidental à la frontière avec la Mauritanie, déclenchant la réaction des militants sahraouis qui avaient formé un cordon de véhicules et de personnes pour bloquer la circulation des marchandises comme une forme de protestation contre la violation des accords sur les territoires contestés.

    Les militants, représentant les instances autonomistes de la République arabe sahraouie démocratique, ont manifesté pour dénoncer l’occupation militaire de leurs terres par le Royaume de Mohamed VI, la violation des droits de l’homme et l’exploitation de leurs ressources économiques.

    Depuis trois semaines, ils bloquent le passage par le sentier désertique qui relie le Maroc à la Mauritanie, une route fondamentale pour le trafic des véhicules qui traversent les pays de la région.

    Pour débloquer la situation, qui impliquait au moins 200 transporteurs arrêtés à la frontière mauritanienne, Rabat a décidé de rétablir la libre circulation civile et commerciale par la force. La présence des soldats de la paix de l’ONU pour le référendum au Sahara Occidental, déployés en 1991 après avoir conclu un accord entre les parties, n’a été d’aucune utilité. La tension dans les territoires désertiques est inévitablement transcendée dans une confrontation armée.

    Le secrétaire général Antonio Guterres a pris la parole depuis le Glass Palace à New York et, en plus d’exprimer ses regrets pour l’escalade militaire, il a assuré son engagement personnel à faire tout son possible pour rétablir le cessez-le-feu.

    Le président du Rasd et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, s’est adressé à Guterres dans l’immédiateté des affrontements, avec une lettre urgente également adressée à la présidence tournante du Conseil de sécurité de l’ONU pour “informer les implications de l’attaque de Les forces marocaines contre les civils sahraouis non armés qui manifestaient pacifiquement.

    Selon le porte-parole de l’ONU, ces derniers jours, les initiatives ne manquent pas pour prévenir les affrontements dans la zone tampon du Guerguarat et «pour mettre en garde contre les violations du cessez-le-feu et les graves conséquences de tout changement du statu quo». Efforts totalement infructueux.

    LaRepubblica.it, 14 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Guerguerat

  • Agression du Maroc contre le Sahara occidental

    Giulio Chinappi 15/11/20 200 commentaires

    À la suite d’une opération militaire lancée par le Maroc au Sahara occidental, le Front Polisario a déclaré la guerre et repris la lutte pour sa propre autodétermination.

    Le 13 novembre, une nouvelle phase du conflit a commencé entre le Maroc et la République arabe sahraouie démocratique (RASD), 29 ans après le cessez-le-feu conclu entre les parties au conflit. Le Front Polisario (Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro) a en effet déclaré la guerre au Maroc en réponse à une incursion de l’armée marocaine qui a attaqué des manifestants civils sahraouis à Guerguerat.

    L’agence de presse marocaine MAP a quant à elle confirmé que le Maroc a lancé une offensive militaire dans la zone de Guerguerat pour mettre fin à la manifestation des civils sahraouis qui bloquent pacifiquement le passage de la frontière depuis le 21 octobre. Le Front Polisario accuse plutôt le Maroc d’avoir violé “de manière flagrante” le cessez-le-feu en pénétrant sur le territoire sahraoui et en attaquant des civils.

    Suite à ces événements, le secrétariat national du Front Polisario a tenu une réunion d’urgence, au cours de laquelle il a été déclaré que «l’armée marocaine a rompu le cessez-le-feu à Guerguerat» et a déclaré la guerre au Maroc: «Le Front répondra de manière adéquate et conformément à ce qui avait été promis précédemment », lit-on dans le document officiel. Les dirigeants sahraouis ont alors annoncé à la population que “la grande bataille a commencé et avec elle la Grande Guerre pour la libération de tout le peuple”. Le Front Polisario a appelé “tout le peuple à se préparer à répondre à l’agression brutale et à l’étape nouvelle et décisive de la lutte pour la liberté, la dignité et la souveraineté”.

    Le président de la République sahraouie et secrétaire général du Front Polisario, Brahim Ghali, a adressé le même jour une lettre au secrétaire général des Nations unies, le portugais António Guterres, et à la présidente du Conseil de sécurité des Nations unies, Inga Ronda King (représentante de Saint-Vincent-et-les Grenadines), dénonçant l’agression marocaine: “C’est avec une grande urgence et préoccupation que je vous écris pour vous informer que les forces militaires marocaines ont lancé une attaque brutale contre des civils sahraouis non armés qui ont manifesté pacifiquement à Guerguerat, dans le sud-ouest du Sahara occidental », lit-on dans la lettre.

    Le secrétaire général du Front Polisario a alors dénoncé que “l’opération des forces marocaines contre les civils sahraouis est un acte d’agression et une violation flagrante du cessez-le-feu que les Nations unies et le Conseil de sécurité doivent condamner”. «Face à cet acte d’agression, les forces militaires du Front Polisario ont été contraintes d’affronter les forces marocaines en légitime défense et protection de la population civile. Nous tenons (…) l’Etat occupant marocain responsable des conséquences de son opération militaire », a-t-il ajouté. “En lançant cette opération militaire (…) l’Etat marocain occupant a sérieusement sapé non seulement le cessez-le-feu et les accords militaires y afférents, mais aussi toute possibilité de parvenir à une solution pacifique et durable”, a conclu Ghali.

    En effet, selon l’accord militaire n ° 1, signé par l’ONU séparément avec le Maroc et le Front Polisario, dans la bande de Guerguerat, à la frontière entre les territoires contrôlés par les deux parties, il ne peut y avoir la présence d’hommes armés ou du Maroc ni du Polisario. L’opération lancée par les forces militaires marocaines représenterait donc une violation flagrante de cet accord. Le cessez-le-feu, signé entre Marocains et Sahraouis sous les auspices des Nations Unies en 1991, “appartient au passé”, a déclaré Ould Salek, ministre sahraoui des Affaires étrangères. En effet, le Front Polisario estime que l’attaque lancée vendredi par le Maroc représente la rupture de cet accord.

    En réponse, le porte-parole du secrétaire général de l’ONU, le français Stéphane Dujarric, a exprimé l’inquiétude de l’ONU face aux récents événements au Sahara occidental, et a transmis aux parties impliquées dans le conflit l’exhortation du secrétaire général de l’ONU à offrir une totale liberté de mouvement à la mission des Nations Unies dans ce territoire pour remplir son mandat.

    Le gouvernement algérien est également intervenu dans cette affaire, qui soutient historiquement les revendications du peuple sahraoui contre le Maroc. A travers un communiqué du ministère des Affaires étrangères, le pays voisin a profondément regretté les «graves violations» perpétrées par Rabat. Le gouvernement algérien a appelé à l’arrêt immédiat de ces opérations militaires, “dont les conséquences sont susceptibles d’affecter la stabilité dans toute la région”. Des inquiétudes ont également été exprimées par le gouvernement mauritanien.

    Le samedi 14 novembre, des sources du Front Polisario ont déclaré que les affrontements étaient toujours en cours. Les forces armées du Front ont en effet révélé que les attaques contre les postes de l’armée marocaine ont commencé vendredi soir et se sont poursuivies jusqu’aux petites heures de ce samedi. Les Sahraouis ont affirmé avoir lancé plusieurs raids contre le mur de défense marocain et des bombardements d’artillerie dans la région occupée d’Auserd et de Mahbes. Selon le ministère de la Défense de l’ADRD, les forces sahraouies ont mené des “attaques massives” le long du mur de défense marocain dans les zones de Mahbes, Hauza, Auserd et Farsia, causant “des dégâts humains et matériels à l’ennemi”.

    Giulio Chinappi, 15 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Guerguerat



  • Sahara Occidental : Rabat cherche l’escalade

    Agression marocaine à El-Guerguerat : Rabat cherche l’escalade

    L’action du Maroc a suscité une large désapprobation à l’échelle mondiale. De très nombreux pays et organisations ont dénoncé l’agression marocaine et appelé au retour du processus onusien, censé déboucher sur l’autodétermination du peuple saharaoui.

    Les conséquences directes de la violation par le Maroc du cessez-le-feu au Sahara occidental portent en elles les germes d’une résurgence du conflit et sont susceptibles de mettre la région sous une tension extrême.

    C’est la crainte exprimée par le secrétaire général de l’ONU. Antonio Guterres a, en effet, mis en garde contre les répercussions des derniers développements survenus dans la région d’El-Guerguerat.

    Rappelons que l’escalade a été provoquée par l’agression marocaine contre les manifestants pacifiques. Le chef de l’ONU, dont on reproche le long retard mis pour désigner un envoyé spécial, censé mettre en œuvre les résolutions de l’Onu sur le Sahara occidental, a réitéré la position de l’organisation onusienne et défendu le principe du cessez-le-feu signé en 1991 entre les deux parties belligérantes. M.Guterres a même clairement pris position contre l’agression du Maroc et ce, à travers une communication téléphonique qu’il a eu, à sa demande, avec un membre du Secrétariat du Front Polisario, Khatri Adouh.

    Lors de l’entretien, le SG de l’Onu a transmis à Brahim Ghali, président de la République arabe sahraouie démocratique «la profonde préoccupation de l’ONU suite aux derniers développements dans la région d’El-Guerguerat ainsi que les répercussions possibles sur l’avenir du processus de paix sous l’égide de l’ONU au Sahara Occidental». L’agence de presse sahraouie (SPS) qui rapporte cette information affirme que ledit entretien téléphonique, participe d’une démarche du SG de l’ONU qui entend maintenir un contact soutenu avec les parties du conflit, à savoir le Front Polisario et le Royaume du Maroc. L’objectif de cette action diplomatique de l’Onu est d’ «apaiser la situation due à l’escalade militaire menée par l’occupation marocaine à El Guerguerat et de ses agressions contre les civiles et le territoire sahraouis», note la même la source.

    On retiendra de cette première prise de contact depuis la violation du cessez-le-feu, une posture invariable de la RASD qui, à travers M. Adouh, «a réitéré la position de la partie sahraouie qui a été exprimée à maintes reprises à travers des messages adressés par le président de la RASD et le SG de l’ONU au Conseil de sécurité, dont le message adressé hier vendredi qui résume la position du Front Polisario vis-à-vis des sources de tension et les démarches devant être prises dans ce cadre par le secrétariat général de l’ONU et le Conseil de sécurité», souligne SPS.

    Il faut dire que l’action du Maroc a suscité une large désapprobation à l’échelle mondiale. De très nombreux pays et organisations ont dénoncé l’agression marocaine et appelé au retour du processus onusien, censé déboucher sur l’autodétermination du peuple sahraoui.
    Concernant les canaux diplomatiques officielles, on retiendra la lettre urgente adressée au secrétaire général de l’ONU et à la Représentante permanente de Saint-Vincent-et-les Grenadines auprès des Nations Unies, Rhonda King, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, où le Président sahraoui, Ibrahim Ghali, les a informés des répercussions de l’attaque agressive lancée par les forces militaires marocaines contre des civils sahraouis non armés manifestant pacifiquement à El Guerguerat.

    «Face à cet acte d’agression, les forces militaires du Front Polisario ont été contraintes d’intervenir face aux forces marocaines en état de légitime défense et de protéger les civils», souligne le président de la RASD.
    Anissa Mesdouf

    Source : Ouest Tribune, 17 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #ONU #MINURSO 

  • Maroc : l'AMDH dénonce un retour à l'autoritarisme avec la pandémie

    Une ONG marocaine signale un “retour à l’autoritarisme” après l’urgence

    L’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) a regretté aujourd’hui que «l’état d’urgence sanitaire», proclamé depuis mars pour lutter contre le covid-19, ait marqué «un retour ouvert à l’autoritarisme et aux abus d’autorité».
    Cette organisation non gouvernementale (ONG), la plus importante du pays du Maghreb avec 91 délégations sur tout le territoire, a dénoncé une «inflation» de l’appareil du pouvoir, dans la présentation de son rapport annuel sur la situation des droits de l’homme en 2019 et lors de la pandémie.
    “La détérioration de la situation des droits de l’homme pendant la pandémie a été la plus grave et a eu un impact considérable sur une grande partie des couches sociales.”
    L’ONG a déploré «l’improvisation» face à une série de mesures lors de la détention, donnant à titre d’exemple l’obligation de porter un masque sans nombre suffisant sur le marché et «l’envoi massif» des forces de sécurité dans les rues.
    L’AMDH a également dénoncé «la vaste campagne d’arrestations» contre les personnes accusées de violation de l’état d’urgence sanitaire (près de 800 sont toujours en prison et plus de 126 000 sont persécutées), et de publication de fausses informations.
    En revanche, l’association a critiqué la gestion sanitaire par le gouvernement de la pandémie, qui a eu un impact sur d’autres types de maladies chroniques «obligées de recourir au secteur privé», a déploré Aziz Ghali, président de l’ONG.
    Dans le même temps, il a estimé que les prix des traitements liés au covid-19 sont très chers.
    «Le test PCR coûte 700 dirhams (64 euros) et quand dans des pays comme le Maroc il devrait coûter 200 dirhams (18 euros), et le traitement en clinique pendant une semaine peut atteindre jusqu’à 60 000 dirhams (5 500 euros). Le secteur privé fait quoi ou sans aucun contrôle », a-t-il dénoncé.
    Lors de sa dernière comparution au parlement le 2 novembre, le ministre des Droits de l’Homme Mustafa Ramid a estimé que la gestion des libertés par les pouvoirs publics pendant la pandémie était “généralement acceptable”.
    Le ministre a défendu le droit de certains pays de restreindre certaines libertés “pour préserver le droit à la vie”, et a souligné que les restrictions doivent “se limiter à ce qui est nécessaire”.
    Le Maroc a jusqu’à présent enregistré 265 165 cas de contagion, avec 216 851 personnes récupérées et un total de 4 425 morts.
    La pandémie de covid-19 a causé au moins 1 275 113 décès dans plus de 51,5 millions de cas d’infection dans le monde, selon un rapport de l’agence française AFP.
    Au Portugal, 3 103 personnes sont décédées des suites de 192 172 cas d’infection confirmés, selon le dernier bulletin de la direction générale de la santé.
    La maladie est transmise par un nouveau coronavirus détecté fin décembre 2019 à Wuhan, une ville du centre de la Chine.
    Noticias O minuto, 11 nov 2020