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  • Algérie : Tebboune relance le débat sur la mémoire

    À L’OCCASION DE LA JOURNÉE NATIONALE DU CHAHID

    Dans une lettre adressée à l’occasion de la Journée nationale du Chahid, lue hier par le ministre des Moudjahidine, le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, est revenu sur un sujet sensible: la mémoire.

    “Je ne renoncerai pas à demander des comptes à l’ancien colonisateur, afin de récupérer notre mémoire et les restes de nos martyrs”, a-t-il d’ailleurs déclaré, affirmant que la “jeunesse a grandement besoin d’apprendre les leçons de nos martyrs, qui conforte la doctrine novembriste”.

    Abordant le thème de l’identité, le président de la République a rappelé sur “la défense de nos martyrs contre les politiques d’évangélisation et de francisation de la langue et de la place”.

    “Notre identité a été la cible de tentative répétée d’atteinte par des manœuvres venant de l’intérieur et de l’extérieur”, a-t-il affirmé. Et d’ajouter: “Nous nous dresserons contre toute tentative d’atteinte à l’identité nationale”.

    Se penchant sur l’avenir, Abdelmadjid Tebboune a estimé que “la révision constitutionnelle constitue le fondement de la nouvelle Algérie”. “Notre rêve consiste en la construction d’un Etat national fort, prospère, juste et respecté”, a ainsi conclu le président de la République.

    La Journée nationale du Chahid a été une occasion pour le président de la République, de réaffirmer certaines positions relatives à la mémoire.

    Le Midi Libre, 19 fév 2020

    Tags : Algérie, Abdelamjid Tebboune, mémoire, France, colonisation,

  • L’élitisme “à la française” a bien protégé la pédophilie

    Selon un témoignage réel que je recueillis de vive voix il y a une vingtaine d’année d’une estimable personne, en lien avec la Direction d la Protection de la Jeunesse, Ministère de la Justice, la pédophilie était…fort bien vue dans le microcosme local. “On ne peut pas faire grand chose côté Justice, me disait ce professionnel découragé, les protections de la pédophilie sont très puissantes à Paris. C’est difficile”

    La personne était écoeurée des affaires judiciaires étouffées tel le scandale public de Jack Lang au Maroc, entre beaucoup d’autres dossiers dont ce pro avait connaissance et bien évidemment ne partageait pas, secret professionnel oblige.

    La pédophilie touche traditionnellement des milieux liés à l’enfance tels l’Education Nationale, l’Eglise. Les délinquants “puisent ” dans le vivier mais en cachette.

    Ce qui choque ici et ce que démontre l’affaire Matzneff est cette accointance, tolérance pour l’intolérable. On cite donc les nombreuses affaires françaises dans des milieux qui valorisaient cette “utilisation” (illégale) de mineurs: Hamilton, le couple Bergé-Yves Saint-Laurent et leur Villa Majorelle, les années Mitterrand, les soixante huitards type Cohen-Bendit, l’affaire étouffée du Coral et des pontes de la mitterrandie, Jack Lang cité ici aussi pour Coral. Idem Matzneff !!

    DERIVE SOIXANTE HUITARDE et LES PSYCHANALYSTES

    Des lieux de vie animés par les mouvements d’antipsychiatrie des années 70 sont concernés (Affaire Père Jaouen) . Dolto, Foucault pris dans le même panier. La psychanalyste Dolto avait signé une pétition pour libérer des pédophiles notoires et racontait souvent n’importe quoi (dont les propos de 1979). Elisabeth Roudinesco analyse aujourd’hui ici les accointances théoriques des praticiens avec la pédophilie, une véritable dérive idéologique: Comment réagissez-vous à la polémique autour de certains textes de Françoise Dolto publiés dans le Canard enchaîné en janvier ?Françoise Dolto tenait souvent des propos insensés, notamment quand elle a commencé à être célèbre et qu’elle répondait n’importe quoi à n’importe qui. Dans toutes les citations bien connues, recueillies depuis des lustres sur Internet, c’est toujours la même litanie : elle prend les enfants pour des adultes parce qu’elle leur reconnaît, à juste tire, un statut de sujet, confond l’inconscient avec le conscient et accumule des cas particuliers tirés de sa clinique, comme si elle s’adressait à un cercle d’initiés : les femmes battues désirent «inconsciemment» être battues, les enfants aiment séduire «inconsciemment» les adultes, notamment leurs pères, etc.

    L’enfant version Dolto serait une personne et donc maître de son corps? Belle aubaine pour les pédophiles ! “L’enfant qui chercherait à le séduire Lui le bel adulte “est effectivement un leitmotiv du discours de justification chez Matzneff. Voici le parfait signe de la perversion. Le délinquant se dit tellement séduisant que même un enfant le désire !

    Matzneff – mêlé depuis longtemps à de véritables affaires judiciaires de pédophilie- qui “consomme” de jeunes garçons en Asie et s’en vante dans ses écrits passe pourtant sa vie sans être inquiété par la Justice. Un peu questionné mais protégé. Il continue à publier ses livres chez Gallimard, (éditeur de pédophilie dans le texte) émaillant même ô perversion, ses écrits de messages codés à ses victimes !

    Denise Bombardier avait dit elle clairement son fait à G. pédophile de salon sur le plateau d’Apostrophes il y a plusieurs années sans trouver le soutien de Bernard Pivot. La québécoise se prit même une bordée d’injures du microcosme parisien (Philippe Sollers etc.)

    Jusqu’au livre d’une femme courageuse paru en janvier : Vanessa Springora.

    VANESSA SPINGORA EMPLOIE LA METHODE DU “PREDATEUR G”: PAR UN LIVRE, …COMME FLAVIE FLAMENT!

    La France est incroyable de “détours”. Deux femmes victimes vont faire bouger les lignes. Comment ?? En employant la méthode des pédophiles artistiques soutenus par le microcosme parisien: écrire des livres ! Et c’est seulement à ce moment là que leurs “fictions” ramènent au réel du scandale.

    Juste parce que des….livres sont écrits, la “France qui décide”commence enfin à se regarder dans le miroir !!! Par le miroir de la littérature, ô France des Lumières, ô miroir de la Galerie des Glaces…

    TROIS FEMMES ECRIVENT

    Vanessa Springora prend donc le chasseur à son propre piège : elle couche M. G (pas l’ange Gabriel..) par écrit, dans un roman autobiographique. Le scandale éclate.

    La parole se libère jusque dans le sport avec le livre de Sarah Abitbol contre Monsieur O (Monsieur Ordure!) On se souvient de celle qui a courageusement ouvert le ban Flavie Flament qui dénonca David Hamilton le photographe britannique délétère post 68 des jeunes filles en fleurs.

    Il fallait une sacrée dose de courage de la part de ces femmes marquées à vie. Au risque de leurs relations familiales. Flavie Flament s’est fâchée avec sa mère postérieurement au livre (accusée d’avoir laissé une jeune ado dans les mains du prédateur juste parce qu’il était connu) Idem Vanessa Springora vient de perdre son père suite à la publication du livre.

    NEW-YORK TIMES

    La société française de 2020 (celle des Gilets Jaunes anti-élite et …pas seulement !) n’est plus prête à accepter les dérives dites “parisianistes” (de parisiens souvent montés de leur province. L’un n’empêche pas l’autre!) qui s’accaparant le pouvoir économique, politique, éditorial, médiatique, journaliste, culturel, décidant de leurs propres normes d’acceptabilité en dépit des Lois.

    Quel média a soutenu Denise Bombardier en son temps ? Le traitement médiatique des infos sur les affaires pédophiles tenait du caricatural : depuis les années 70 la presse de gauche soutenait le plus souvent pédophilie. Souvent celle d’extrême-droite dénonçait. Et globalement rien

    En France, certains membres de la “soit-disant” élite se devaient de “consommer” des enfants mineurs filles ou garçons tels des ogres voraces. Ou de dire par la médiation d’un livre ou d’un art combien la pédophilie est sublime (Dolto, Cohen-Bendit et les autres..)

    Ils avaient la capacité d’étouffer les dossiers de pédophilie.OUI L’élite française est au bien banc des accusés ! On apprécie infiniment le titre de l’article de Norimitsu Onishi du New-york Times publié le 11 février 2020 : “Un écrivain pédophile — et l’élite française — sur le banc des accusés”

    Grâce aux victimes courageuses, la parole a enfin trouvé son chemin.

    Sylvie Neidinger

    Source

    Tags : France, Maroc, pédophilie, Matzneff, Jack Lang, Bergé, Yves Saint-Laurent, Villa Majorelle, Coral,

  • Méfiant du «séparatisme», Macron dévoile des restrictions sur les imams étrangers et les enseignants

    PARIS (Reuters) – Le président français Emmanuel Macron a déclaré mardi qu’il mettrait fin à la pratique des pays étrangers d’envoyer des imams et des enseignants en France pour réprimer ce qu’il a appelé le risque de «séparatisme».

    Macron est jusqu’à présent resté à l’écart des questions liées à la communauté musulmane de France, la plus grande d’Europe, se concentrant plutôt sur les réformes économiques.

    Dans une intervention très attendue moins d’un mois avant les élections municipales, Macron a déclaré qu’il mettrait progressivement un terme au système dans lequel l’Algérie, le Maroc et la Turquie envoient des imams en France pour prêcher dans les mosquées.

    “Cette fin du système de l’Islam consulaire est extrêmement importante pour limiter l’influence étrangère et s’assurer que tout le monde respecte les lois de la république”, a-t-il déclaré lors d’une conférence de presse dans la ville orientale de Mulhouse.

    Macron a déclaré que 300 imams étaient envoyés en France chaque année par ces pays, et que ceux qui sont arrivés en 2020 seraient les derniers à arriver en si grand nombre.

    Il a déclaré que son gouvernement avait demandé à l’organisme représentant l’Islam en France de trouver des solutions pour former des imams sur le sol français à la place, assurez-vous qu’ils parlent français et ne diffusent pas les opinions islamistes.

    Macron, qui est constamment attaqué par la leader d’extrême droite Marine Le Pen sur la question de l’intégration des musulmans français, a également déclaré qu’il mettrait fin à la pratique des étudiants français enseignés par des enseignants payés par des gouvernements étrangers.

    La France a des accords avec neuf pays, dont l’Algérie, le Maroc, la Tunisie et la Turquie, par lesquels leurs gouvernements peuvent envoyer des enseignants dans des écoles françaises pour enseigner les langues à des élèves originaires de ces pays.

    Macron a déclaré qu’il avait trouvé un accord pour mettre fin à cette pratique avec tous ces pays sauf la Turquie.

    “Je ne laisserai aucun pays, quel qu’il soit, alimenter le séparatisme”, a déclaré Macron. “Vous ne pouvez pas avoir de loi turque sur le sol français. Ça ne peut pas être le cas. “

    La France a subi de graves attaques de militants islamistes ces dernières années. Des attentats à la bombe et des tirs coordonnés en novembre 2015 au théâtre Bataclan et dans d’autres sites autour de Paris ont fait 130 morts – les attaques les plus meurtrières en France depuis la Seconde Guerre mondiale.

    Tags : France, Islam, Maroc, Algérie, Turquie, radicalisation,

  • Benjamin Griveaux : le retour à l’ordre moral ?

    « Avec l’aide de Dieu, le dévouement de notre armée, qui sera toujours l’esclave de la loi, avec l’appui de tous les honnêtes gens, nous continuerons l’œuvre de la libération de notre territoire et le rétablissement de l’ordre moral de notre pays. Nous maintiendrons la paix intérieure et les principes sur lesquels repose notre société. » (Maréchal de Mac-Mahon, le 28 avril 1873).

    Connaissez-vous Albert de Broglie ? Diplomate, patron de Saint-Gobain, grand-père du Prix Nobel de Physique Louis de Broglie (qui participa à l’architecture majestueuse de la physique quantique), député monarchiste à partir du 8 février 1871, il fut nommé Président du Conseil (en fait, précisément “Vice-Président du Conseil” mais avec le rôle de chef du gouvernement) le 24 mai 1874 par le nouveau Président Patrice de Mac-Mahon. Il fut connu pour appliquer la politique de l’ordre moral.

    De quoi s’agissait-il ? Après la défaite de Napoléon III à Sedan et la proclamation de la République par Gambetta, Thiers gagna les élections du 8 février 1871 avec une majorité conservatrice. Situation très étrange : nous étions alors en République, sans Constitution, et les députés démocratiquement élus (sur pression de Bismarck qui voulait négocier une paix avec des représentants français légitimes) étaient majoritairement monarchistes. En d’autres termes, Thiers, élu Président de la République (à partir du 31 août 1871) en même temps que chef du gouvernement (à partir du 17 février 1871 : “Chef du pouvoir exécutif”), s’est converti à la République mais à une République conservatrice. Cependant, son autoritarisme le fit renvoyer par les députés le 24 mai 1873, qui lui ont préféré le vieux maréchal napoléonien monarchiste Patrice de Mac-Mahon, dont l’esprit politique était loin d’être subtil (il fit d’ailleurs l’objet de plaisanteries sur certains de ses beaux mots, comme lors d’une inondation).

    L’armée d’occupation allemande quitta la France en septembre 1873 grâce aux négociations de Thiers, mais Mac-Mahon avait pour but d’attendre (d’où le septennat voté le 9 novembre 1873) que les légitimistes et les orléanistes pussent résoudre leurs problèmes afin de restaurer la monarchie (plus clairement, attendaient la mort du dernier descendant de Charles X, son petit-fils, sans descendance, afin de confier la totalité de l’héritage capétien au petit-fils de Louis-Philippe). Pour cela, Mac-Mahon constitua un gouvernement d’ordre moral dirigé par Albert de Broglie. Mais au fur et à mesure que des élections partielles ont eu lieu, puis générales, la Chambre des députés s’est progressivement républicanisée aux dépens des monarchistes jusqu’à la fameuse crise du 16 mai 1877. Entre-temps, les députés ont voté le 30 janvier 1875 “l’amendement Wallon” qui confirma la “République” seulement dans le titre du chef de l’État : “Président de la République”, c’est ainsi que la Troisième République a été instituée sans avoir rédigé de Constitution.

    L’entreprise de l’ordre moral n’a pas fait long feu. Après quelques gouvernements républicains (dirigés par Jules Dufaure ou Jules Simon), Mac-Mahon nomma à nouveau Albert de Broglie à la tête du gouvernement et prononça la dissolution de la Chambre des députés le 25 juin 1877. Ce fut une campagne électorale particulièrement agitée, avec la fameuse réplique de Gambetta le 15 août 1877 à Lille : « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre. ». Les élections législatives du 28 octobre 1877 confirmèrent la majorité républicaine (320 républicains contre 159 conservateurs) des élections précédentes du 5 mars 1876 (393 républicains contre 140 conservateurs). Mac-Mahon s’est alors soumis aux républicains, puis, pour protester contre le limogeage de certains généraux, a fini par démissionner le 30 janvier 1879, ouvrant l’ère de la République pleine et entière (appelée la République Grévy du nom du successeur qui inaugura les chrysanthèmes), République quasi-définitive en France (remise en cause temporairement pendant les quatre années de Pétain au pouvoir).

    Pourquoi évoquer l’ordre moral en 2020 ? À cause du retrait de Benjamin Griveaux de la campagne des élections municipales à Paris. J’ai l’impression que certains n’ont pas vraiment les mêmes priorités morales pour la société de liberté et de responsabilité.

    Il est évident qu’une vie en société, le vivre ensemble, a besoin de morale. Mais cette morale est forcément évolutive. Être en couple et ne pas être mariés était un scandale en 1970, mais est très commun en 2020, en tout cas, plus commun que se marier. Précisons néanmoins que jamais la “morale publique” ni la loi n’ont accepté, même dans les années 1970, la pédophilie, contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là (seule, une infime minorité d’une élite qui se croyait progressiste croyait pouvoir la tolérer à cette époque).

    Dans les commentaires sur ce retrait de Benjamin Griveaux, il y a en gros deux “camps” (si “camp” veut dire quelque chose ici) : ceux qui considèrent Benjamin Griveaux comme coupable et ceux qui le considèrent comme victime.

    Évidemment, comme il est peu populaire, notamment parce qu’il a porté de manière trop arrogante une ambition qui, pourtant, n’était pas illégitime (heureusement que ceux qui s’engagent dans la vie politique portent des ambitions, pour eux-mêmes comme pour la collectivité qu’ils veulent ou prétendent vouloir servir !), certains préfèrent pilonner sur Benjamin Griveaux et sa morale personnelle qui serait “défaillante”.

    Mais qui sont-ils, ceux qui se permettent de juger de la morale d’un autre ? Eux-mêmes sont-ils aussi vertueux que les leçons qu’ils souhaitent donner le laissent penser ? Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ! C’était cela qui était détestable dans l’esprit de l’ordre moral d’Albert de Broglie : pas la lutte contre l’immoralité (qui serait contre ?) mais cette extrême hypocrisie de laisser penser qu’on puisse être un protecteur de la vertu. Cette posture était hypocrite.

    Si la morale est nécessaire, elle ne peut pas être absolue. Chacun a sa morale et même évolue avec sa morale, parfois à cause de sa pratique ou celle de ses proches. Le seul moyen objectif et neutre de définir cette morale, c’est le droit. C’est pour cela que nous sommes dans un État de droit : notre limite à la morale, c’est la loi. C’était ce qui rendait nécessaire la religion pour Voltaire, l’intérêt que la foi était déterminée par et pour une morale publique. Le code civil, en quelques sortes, est une morale civile, mais une morale minimale (notons d’ailleurs que la faute d’adultère dans le mariage a été, il me semble, retirée du code civil, malgré l’engagement de fidélité).

    Tout homme est faillible et l’on peut évidemment parler, pour Benjamin Griveaux, qui (circonstance aggravante !) était membre du gouvernement à l’époque de la vidéo, d’une suprême imprudence et même, selon le mot de Serge July, d’une grande c*nnerie de s’être jeté dans la gueule du loup. À l’évidence, il est tombé stupidement dans un piège tendu par la campagne du pseudo-artiste russe et c’était pour le moins un peu naïf. Elle était peut-être irrésistible. Qu’importe, c’est un piège courant en Russie pour disqualifier un opposant ou un rival.

    On sait très bien que l’une des motivations de l’engagement (ce qui permet d’ailleurs au monde d’évoluer et de progresser), c’est la toute-puissance, celle du triangle classique : pouvoir/argent/sexe. Il fut d’ailleurs encore assez récent le temps où le fait d’avoir plusieurs maîtresses (ou plusieurs amants, mais la société était trop machiste encore pour imaginer l’autre sens) était une preuve de grande puissance et donc de grande réussite (politique, économique, artistique, etc.). Autant que le fait d’être riche (voiture, maison, vacances, etc.). Ce n’était pas ainsi que je concevais la réussite, mais d’autres la concevaient ainsi.

    L’affaire Dominique Strauss-Kahn (l’ancien mentor de Benjamin Griveaux) a mis sous la lumière des projecteurs médiatiques le fait que certains prédateurs politiques étaient également des prédateurs sexuels. Mais le scandale DSK avait quand même une autre dimension : une dimension judiciaire puisqu’il était accusé de viol, ce n’était pas rien (un crime !) et une dimension politique puisqu’il était le favori pour succéder à Nicolas Sarkozy à l’Élysée (un Président de la République en puissance !). À l’évidence, en mai 2011, Dominique Strauss-Kahn n’était pas une victime mais un prévenu.

    Pour la situation de Benjamin Griveaux, je considère qu’il est victime et pas coupable. A priori, il n’a commis aucune infraction à la loi. Je pense évidemment à sa famille, son épouse et ses trois enfants, dont j’imagine la surprise, la colère et la tristesse, mais qui serais-je pour vouloir donner des leçons de vertu à mes contemporains ?

    Or, certains préfèrent pointer du doigt cette morale douteuse de l’ancien candidat (morale douteuse dont on ne connaît d’ailleurs pas grand-chose sinon quelques bribes lâchées dans le domaine public), plutôt que l’immoralité réelle et confirmée du pseudo-artiste russe et de sa compagne.

    Car si la morale peut être relative ou évolutive, il y a un seuil minimal objectif et absolu facile à définir : le seuil minimal de la morale sociale, c’est tout simplement la loi, comme je l’ai écrit plus haut. C’est cela l’État de droit. La première immoralité, c’est de ne pas respecter la loi. Or, ici, il y a au moins un ou deux potentiels délits (j’écris “potentiels” car il faut qu’ils soient effectivement confirmés par un procès), le premier est de diffuser une vidéo à caractère pornographique susceptible d’être vue par des enfants (mais le délit n’est peut-être pas constitué à cause de l’origine de l’hébergement du site Internet), et le second est la violation de la vie privée et de données personnelles.

    Or, cette violation de données personnelles est un délit très grave aujourd’hui, avec l’Internet et les réseaux sociaux, et surtout, elle ne concerne pas seulement des personnages publics comme c’était le cas quand il n’y avait que la presse papier, la radio et la télévision comme moyen de diffusion en masse : elle concerne toutes les personnes, y compris les adolescents dont certains se sont suicidés par honte d’images les mettant en scène et diffusées contre leur accord.

    Ce n’est donc pas un risque pour la seule classe politique qui se réfugierait derrière le soutien de caste à Benjamin Griveaux de peur que chacun des responsables politiques subisse la même “mésaventure”, c’est un risque pour tout le monde.

    D’ailleurs, l’argument selon lequel Benjamin Griveaux l’a bien cherché, qu’il se serait filmé lui-même, qu’il mettait en scène publiquement sa vie de bon mari et bon père de famille, est complètement stupide. C’est le même sophisme qui pourrait justifier le viol de votre fille de 17 ans parce qu’elle aurait porté une minijupe et qu’elle aurait dit à son futur agresseur qu’elle était majeure. Votre fille aurait-elle été victime ou coupable ?

    Pire : le mensonge est rarement un délit dans le droit français (il n’y a que certains cas où c’est un délit, comme une fausse déclaration fiscale ou de patrimoine). C’est la différence entre la morale et le droit.

    Tous ces défenseurs de la morale, heureux du mauvais sort de Benjamin Griveaux, ont été les premiers à chercher à voir la vidéo en question. Personnellement, je ne l’ai pas regardée et surtout, je n’en éprouve aucune envie (pas plus que les vidéos gore de Daech). J’aimerais bien connaître ce qu’est la morale un tantinet voyeuriste du bon mari et bon père de famille qui a passé quelque temps à surfer sur Internet pour atteindre cette vidéo !

    Je reviens d’ailleurs à ce que j’ai écrit plus haut : indépendamment des conséquences politiques, la diffusion de cette vidéo en question a été une “bonne leçon” de morale à Benjamin Griveaux. Mais qui l’a enseignée ? Un pseudo-artiste russe dont la morale est particulièrement douteuse. Qui a été condamné par la justice russe et par la justice française.

    Par ailleurs, quelle devrait être la réaction de la France qui a accueilli un réfugié dont elle a accepté l’asile politique qui non seulement continue à faire de l’activisme politique, mais a été condamné à plusieurs années de prison pour avoir mis le feu à une succursale de la Banque de France ? On devrait dire bravo parce que la Banque de France, c’est caca, sale capitalisme, et gros sous ? Ou devrait-on plutôt l’expulser ?

    À cet égard, le Président Emmanuel Macron a manqué de pertinence ce samedi 15 février 2020 en évoquant une intervention de la Russie dans le processus électoral en France : je doute que le pseudo-artiste en question (dont je refuse de citer le nom) soit soutenu par Vladimir Poutine qui a dû être très heureux de l’avoir refilé à l’étranger. La France serait bien inspirée de le refiler à la Russie plutôt qu’il occupe de nouveau une place si rare dans une prison française.

    Benjamin Griveaux n’est d’ailleurs pas victime d’une première attaque personnelle : non seulement lui mais aussi sa famille avaient déjà reçu des lettres d’insultes voire des menaces de mort, et son ministère avait même été “forcé” (portail détruit) le 5 janvier 2019 par un transpalette électrique conduit par des gilets jaunes, ce qui fut sans précédent sous la Cinquième République. On peut lui reprocher son arrogance, on peut lui reprocher ses propositions municipales loufoques, on peut lui reprocher ce qu’il représentait, à savoir le pouvoir et son triomphalisme, rien ne justifie la violence contre lui, rien ne justifie de s’en prendre personnellement à lui. Comme le disait François Mitterrand à l’enterrement de Pierre Bérégovoy le 4 mai 1993 à Nevers : « Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme (…) au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous. ».

    Le retrait de Benjamin Griveaux après la diffusion d’une telle vidéo était inéluctable. Il aurait été inéluctable même sans les images, seulement si une trop grande différence entre l’affiché et le réel était établie d’une manière ou d’une autre, au même titre que François de Rugy devait partir pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le droit mais qui ont à voir avec la morale, le train de vie un peu trop luxueux et dépensier avec l’argent du contribuable.

    Je maintiens que le problème de François de Rugy (comme celui de François Fillon en janvier-avril 2017), ce fut de ne pas s’être rendus compte que cela pouvait choquer les Français même si (selon eux) ils avaient respecté scrupuleusement la loi (ce qu’un procès déterminera prochainement pour François Fillon). Leur mépris affiché (je n’ai rien fait de mal, les autres font pareil, c’est dérisoire par rapport à ce que j’apporte à la terre entière, etc.) devait nécessairement entraîner leur démission ou retrait car ils ne pouvaient plus représenter les citoyens dont ils n’avaient plus aucune idée du train de vie. Il n’était pas question de train de vie pour Benjamin Griveaux mais de ridicule, ce qui a anéanti toutes ses années en politique.

    Dans une élection, le ridicule est peut-être plus grave qu’une infraction à la loi, puisque les rieurs resteront toujours du côté des adversaires, ce qui est terrible lors d’une élection. Mais aussi pour son ego. Je rappelle que plusieurs jeunes adolescentes ont mis fin à leurs jours à cause d’une photographie ou d’une vidéo diffusées sur Internet, encore une fois, l’avaient-elles vraiment méritées même si c’étaient bien elles et pas des images truquées ?

    Ceux qui, aujourd’hui, condamnent Benjamin Griveaux pourraient bien, un jour ou l’autre, être victimes de la même infamie (que je ne leur souhaite pas)…

    « En morale, l’intention peut justifier bien des choses ; en art, les meilleures intentions ne sont bonnes qu’à paver l’enfer. » …expliquait Camille Saint-Saëns.

    Source : Le Blog de Sylvain Rakotoarison

    Tags : France, Benjamin Griveaux, morale,

  • L’Afrique découvre le vrai visage de la France

    Si la France misait sur l’ignorance des peuples africains, elle vient d’en avoir pour ses frais. Le temps est un sale traître qui permet toujours de découvrir, tôt ou tard, la vérité.

    Avec le temps, les africains découvrent le mensonge des beaux discours sur la France éternelle, patrie des droits de l’Homme et amie des peuples africains. Une escroquerie qui a eu la vie dure mais qui a été enfin dévoilée. Une escroquerie dont les recettes sonnantes et trébuchantes a permis à la classe politique française un unanimisme basé sur l’hypocrisie et le pillage des ressources africaines sans s’offusquer de la précarité engendrée par ces pratiques de la diplomatie délinquante.

    Aujourd’hui, les africains ont dit « ça suffit ! ». Ils ne veulent plus de cette protection sanglante et improductive d’une France qui leur ferme les portes en interdisant le visa et en encourageant les expulsions massives des sans-papiers africains. Il veulent dessiner les contours d’une nouvelle relation avec la France basée sur l’égalité et l’équité et sans complots, ni conspirations ni coups d’État.

    Guerres civiles, dictatures, pauvreté, analphabétisme, malnutrition… La situation précaire de l’Afrique francophone soulève de nombreuses questions. Pourquoi tant de misère dans des pays si riches en matières premières ? À qui profite l’argent du pétrole, de l’uranium, du diamant, du bois, des minerais ? Comment expliquer la présence permanente de l’armée française dans ses anciennes colonies ? Pour quelles raisons le gouvernement français reçoit-il régulièrement, avec tous les honneurs, des dirigeants africains parvenus au pouvoir par des coups d’Etat ou des élections truquées ? Autant de questions posées par une population meurtrie par « les blancs » comme on dit en Afrique. Ces blancs qui se sont avérés des vrais bouchers.

    Acculée aujourd’hui, la France tente de garder s mainmise sur l’Afrique à travers, entre autres, des pays pions tel que le Maroc et le Sénégal qui jouent le rôle de Cheval de Troye pour leur maître de l’Elysée.

    Tags : France, françafrique, spoliation, pillage, Maroc, Sénégal, ressources naturelles,

  • La France découvre la réalité derrière les imams qui arrivent du Maroc

    A l’instar de ceux ommis à Paris et Bruxelles, l’attentat de Barcelone a été exécuté par des marocains recrutés, manipulés et dirigés par un imam de la localité de Ripoll et jouait l’agent double. Il était un agent des services secrets marocains et faisait semblant de collaborer avec ceux de l’Espagne.

    Depuis, l’accointance des imams marocains avec les renseignements de leur pays d’origine n’est plus à prouver. Pour éviter tout risque, le président Emmanuel Macron a formé le Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation (CIPDR) qui s’est penché sur la question de la lutte contre toute forme de radicalisation, prévention de la délinquance;  prévention de la radicalisation et la lutte contre l’islamisme et le repli communautaire;  lutte contre les dérives sectaires. Il veut mettre fin au « système des imams détachés », en provenance du Maroc, de la Turquie, de l’Algérie, pour en former des imams français, en développant des « cursus d’islamologie » dans les universités, les projets d’écoles d’aumôneries (militaires et hospitalières).

    L’Europe découvre que le vrai danger vient du Maroc, le pays qu’elle considérait comme allié et à qui elle a octroyé un «statu avancé» en dépit de son obstination pour le despotisme et les violations des règles les plus élémentaires des droits de l’homme.

    Tags : Maroc, France, Islam, radicalisation, Comité interministériel de prévention de la délinquance et de la radicalisation, CIPDR,

  • Dans un magasin de chaussures … et Benjamin Griveaux

    En préambule et pour s’en débarrasser une fois pour toutes, le patronyme “ Griveaux ” n’a malheureusement rien à voir avec “ grivois ”. Un griveau est un homme dont les cheveux et les poils de barbe étaient mêlés de noir et de blanc.

    Ainsi donc, je me trouvais récemment dans un magasin de chaussures pour (re)chausser mes filles. Il y avait dans les lieux quatre autres clientes : une jeune acheteuse et trois copines. La vendeuse apporta quatre ou cinq paires à essayer. Ça n’a pas raté : à chaque essai, les trois copines prirent des photos. Barthes a écrit des choses très sensibles sur la photo qui nous permet de repousser la mort. L’acheteuse finit par marquer une préférence. L’une des copines tiqua et dit qu’on devrait en référer à Kevinette (un pseudo) qui était, elle, une vraie spécialiste. Par la grâce du téléphone et de l’internet, un cliché fut envoyé à Kevinette qui, comme la plupart des ados de nos jours, avait les yeux et les bouts de doigt rivés sur son portable. Moins d’une minute plus tard, le jugement tomba : « C’est bon ». Une bonne vingtaine de photos et deux connections internet avaient permis cet achat.

    Dans “ Benjamin Griveaux ” il y a “ Benjamin ”. Le jeune bras droit et homme de confiance du banquier éborgneur est, comme toutes ces ados acheteuses, bien de et dans son temps. Mais il en est aussi la victime.

    Soit, donc, un type de 40 ans qui a une épouse, trois enfants, une maîtresse (comme on disait à l’époque de Labiche). En public, il propose un discours traditionnaliste, nourri de valeurs ancestrales sur la Famille. En privé, il n’écoute que ses pulsions et s’envoie en l’air. Un beau matin, il a une érection. Il ne peut ou ne veut en faire profiter sa légitime. Il se prend en photo et expédie l’objet de toutes les convoitises à son illégitime. La suite est connue.

    Il n’a rien fait d’autre que nos ados à la fièvre acheteuse. En prenant un cliché, il a produit de la photo tout en étant produit par elle. Telle est la logique du selfie par qui je suis à la fois l’agent et l’objet. En prenant une photo sans intérêt artistique et en la propulsant, sans trop réfléchir, jusqu’à sa “ maîtresse ”, le jeune Benjamin a vérifié le principe bien connu démontré par Marshall McLuhan dans les années soixante : le médium est le message. Un selfie que je fais connaître par internet n’a rien à voir, ni dans la forme ni dans le fond, avec une photo posée chez un professionnel. Dans ce dernier cas, il y a trois facteurs qui contribuent au résultat final : le professionnel, le modèle et la prise du cliché. Dans le magasin de chaussures, comme dans le cabinet de Benjamin (j’appelle cette excellence « Benjamin » parce que j’en sais tellement sur lui désormais !), les trois facteurs – au sens premier du terme – ne font qu’un. Il n’y a plus de frontière entre l’intime et l’extime, entre celui qui pose et celui qui est posé, entre celui qui prend et celui qui est pris. La qualité artistique n’importe plus. Seul compte un résultat final qui existe avant même le début de l’entreprise.

    Dans la basse politique qui est désormais la norme, on appelle cela un effet d’annonce.

    “ Ceci n’est pas la verge de Benjamin Griveaux ”. (René Magritte).

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    Tags : France, Benjamin, Griveaux, pudeur, perversion, vidéo, Alexandra Taddeo, Piotr Pavlenski,

  • France-Mali-Sahel: Ingérence

    » Personne ne viendra rappeler que le Mali, et tout le Sahel, ont basculé dans le chaos, et sont devenus la proie des terroristes et des trafiquants d’armes et de drogue, parce que la France de Sarkozy avait décidé un jour qu’il fallait éliminer Kadhafi, ouvrant au passage la boite de Pandore « .

    Par Mohamed Abdoun 

    Alire certains médias hexagonaux, on se surprend à » confirmer » que l’Afrique, une bonne partie du berceau du monde du moins, est toujours sous domination française. Que l’on en juge plutôt. Lundi passé, le président Ibrahim Boubacar Keita annonçait l’existence d’un dialogue avec Amadou Koufa le chef de la katiba Macina, et Iyad Ag Ghali, qui dirige le GSIM. Ces deux milices armées sont classées dans la case des islamistes, pour ne pas dire des terroristes.

    Mieux, ces derniers sont même qualifiés de » mauvais « . Car, ne l’oublions pas, il existe aussi de » bons terroristes » aux yeux de Paris. Paris a en effet soutenu, armé et financé de sanguinaires criminels, oeuvrant à massacrer le peuple syrien, pour la simple et crinelle raison que ces derniers sont également en guerre contre le président Bashar al-Assad. Ainsi, depuis l’annonce par IBK de ces contacts, les médias spéculaient ferme sur la réaction des » patrons français « .

    Macron laissera-t-il faire, ou bien rappellera- t-il à l’ordre son homologue malien, quitte à le » congédier » si le besoin s’en faisant sentir » impérieusement « . Mais, finalement, la peur-panique aura été de courte durée. Paris ne » sévira » pas. Pas de manière officielle du moins.

    Dans un communiqué, le Quai d’Orsay estime en effet que les » initiatives » prises par le président malien le sont dans le cadre » des recommandations du dialogue national inclusif « . Sic ! Et le ministère français des Affaires étrangères de juger que » l’action collective au Sahel est multidimensionnelle » et qu’ » au-delà de l’aspect sécuritaire, l’accent doit être mis sur les questions de stabilisation, de développement et de réconciliation « .

    Mine de rien, une pareille déclaration, n’était son hypocrisie manifeste, nous ramènerait directement l’accord d’Alger, celui-là même Bamako n’a jamais réussi à mettre en application à cause des multiples entraves » déployées » par la France. Celle-ci, dans sa bien curieuse réaction, ne laisse pas de rappeler, hypocritement aussi, » que la France combat les groupes armés terroristes au Sahel à la demande des États de la région et notamment du Mali « . Sous-entendu : si Bamako négocie avec ces deux chefs jihadistes, ce n’est pas le cas de Paris. Cette manière de couper la poire en deux, de botter en touche en quelque sorte, place IBK dos au mur.

    En cas d’échec de cette initiative, il en assumera seul les conséquences. Personne ne viendra rappeler que le Mali, et tout le Sahel, ont basculé dans le chaos, et sont devenus la proie des terroristes et des trafiquants d’armes et de drogue, parce que la France de Sarkozy avait décidé un jour qu’il fallait éliminer Kadhafi, ouvrant au passage la boite de Pandore. Le sort en est jeté à présent. Les terroristes, très à leur aise dans cette région, jusqu’à tenter des incursions sur notre territoire à nous, font face à des régimes affaiblis et incapables de faire face avec la fermeté et l’efficacité voulues.

    En résumé, la lutte contre le terrorisme, si elle veut se rendre efficace, dont être accompagnée par un développement harmonieux de cette région et, partant, une émancipation totale vis-à-vis de la France. Les chefs d’Etats de la bande sahélo-saharienne auront-ils le courage de franchir ce pas salvateur ?

    M. A.

    La Tribune des Lecteurs, 16 fév 2020

    Tags : Mali, France, françafrique, colonisation, Libye, Kadhafi,

  • Amateurisme

    François Hollande, à deux ans des prochaines élections présidentielles françaises, continue sa bataille médiatique contre son ancien ministre de l’Économie, devenu depuis président de la République française, Emmanuel Macron.

    Le succès totalement imprévisible du jeune novice en politique a en effet pris de court celui qui malgré des sondages très pessimistes sur ses chances de réélection, envisageait de se présenter une fois encore au suffrage universel en 2017. Depuis une année, après avoir resurgi dans les médias à la faveur de la mobilisation des «gilets jaunes», l’ancien président ne manque jamais une occasion de critiquer l’action du gouvernement et implicitement son ex-ministre.

    Cette semaine, Hollande a profité d’une déclaration de Macron sur l’«ancien monde» et le renouvellement historique de l’échiquier politique français pour appuyer avec insistance sur l’inexpérience du gouvernement en place ainsi que des différents élus de La République En Marche.

    Si François Hollande «ne sait pas» si c’était sa «personne qui était visée», l’ancien président socialiste a tenu à répondre à Emmanuel Macron. «L’amateurisme, cela peut-être une qualité : le sport, le fait de se donner aux autres, de faire en sorte que nous puissions tous être unis…

    D’une certaine façon, c’est bien, a d’abord souligné François Hollande. Mais il y a quand même un certain nombre de domaines où on veut des professionnels, où c’est quand même mieux de savoir qu’il y a des garanties».

    François Hollande a poursuivi, rappelant les fondamentaux : «C’est quand même préférable de savoir de quoi on parle, de savoir ce que représentent les Français et savoir qui ils sont». Avant de conclure, lapidaire : «Ça s’appelle le respect».

    Il a aussi estimé que le régime actuel pouvait «quelques fois être loin des Français» avec des décisions prises «sans les avoir consultés, sans les avoir écoutés». «On ne peut pas non plus accepter que notre démocratie se réduise à des images qu’on a vues depuis deux ans : des violences dans la rue, contre les personnes, contre les biens, a-t-il déploré. Ça, c’est un échec grave de la démocratie quand la colère ne peut pas trouver son expression autrement que par la violence».

    Ainsi, François Hollande intensifie sa campagne contre le président en fonction et semble se positionner pour une possible candidature en 2022. Néanmoins, pour qu’une candidature de sa part fasse sens, il devra non seulement se munir d’un programme attractif pour les Français mais surtout réussir à les convaincre qu’un éventuel nouveau mandat à l’Élysée serait effectivement dans leur intérêt.

    Or, aujourd’hui, comme durant la majorité de son quinquennat, Hollande ne brille pas par sa popularité et seulement 3 % des Français le considèrent comme un présidentiable crédible. Un chiffre qui ne semble toutefois pas atteindre le moral de l’ex-chef d’État qui continue tranquillement sa guéguerre avec le clan Macron, en attendant le moment, s’il se présente, de se lancer dans la course à la présidentielle.

    Le Jour d’Algérie, 16 fév 2020

    Tags : France, Emmanuel Macron, François Hollande, gilets jaunes,

  • Algérie – Essais nucléaires français au Sahara : Le visage de la barbarie coloniale

    En 1960, l’Algérie, malgré les épreuves, n’était pas loin de l’indépendance dont les lueurs clignotaient dans un tunnel dont on entrevoyait le bout.

    Après les manifestations du 11 décembre, peu en doutaient, sinon ceux qui allaient, pour reprendre la bonne formule d’Yves Courrière, allumer «les feux du désespoir». Le général de Gaulle, revenu aux affaires deux années auparavant, cherchait à sortir du bourbier algérien. Il organise en janvier 1961 un référendum sur l’autodétermination pour recueillir l’assentiment du peuple pour sa politique.

    Les résultats confortèrent sa démarche sans se résigner encore à prononcer le mot indépendance. Mais des négociations vont bientôt s’amorcer, d’abord à Melun puis à Evian 1 où la question du Sahara se révélera vite un point d’achoppement entre les délégations du gouvernement français et du FLN.

    L’enjeu était double. Il s’agissait d’abord d’exploitation du pétrole découvert en 1956 et qui assurait déjà 40% des besoins de l’économie française. Pouvoir poursuivre les essais nucléaires était l’autre souci des Français. Sans la possession de l’arme nucléaire alors détenue par trois pays (USA, Urss et Grande-Bretagne), la France ne pouvait prétendre au rôle de puissance que lui assignait son «chef» si attaché à la souveraineté au point de répudier, un peu plus tard, l’Otan.

    C’est le 13 février 1960, à 7h04, qu’explose Gerboise bleue au sud de Reggane. C’est sur le même site d’expérimentation que se produiront trois autres essais en surface. Gerboise sera successivement, bleue blanche, rouge puis verte le 27 décembre 1960. Le choix des couleurs n’était pas fortuit mais renvoie à celles du drapeau tricolore. Jusqu’à 1966, l’armée française va changer de site. Treize autres bombes vont exploser à In Ekker, au nord de Tamanrasset.

    En vertu des accords d’Evian signés le 18 mars 1962, l’article 5 de la déclaration de principe relative aux questions militaires stipule que la France utilisera pour une durée de cinq ans les sites comprenant les installations d’In Ekker, de Reggane et de l’ensemble de Colomb-Béchar Hamma Guir. Longtemps, les officiels et les médias évitaient soigneusement le sujet qui, comme toutes les questions militaires, relevait quelque peu du tabou. La première fissure se produit en 1985 avec le très beau documentaire d’Azzedine Meddour.

    A partir d’un montage ingénieux d’archives, «Combien je vous aime» évoque cet épisode de la barbarie coloniale. Tout au long des années 1990 du siècle dernier et 2000, les langues vont se délier, tant en France qu’en Algérie, pour relater les effets de ces essais.

    Les circonstances du déroulement des effets et les accidents longtemps occultés sont mieux connus. Des associations, les médias ne cesseront pas de mettre en valeur cet épisode.

    A une demande de repentance est associée une exigence de réparation et d’indemnisation des victimes. Mais le dossier paraît conditionné par l’issue du traitement du contentieux de la mémoire qui relève des relations entre les Etats.

    R. Hammoudi

    Sud Horizons, 12 fév 2020

    Tags : Algérie, France, bombe atomique, essais nucléaires, repentance,