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  • Algérie – France : Consultations politiques entre les Secrétaires Généraux des Ministères des Affaires Etrangères

    Consultations politiques entre les Secrétaires Généraux des Ministères des Affaires Etrangères algérien et français

    La sixième session des Consultations politiques algéro-françaises au niveau des Secrétaires Généraux des Ministères des Affaires Etrangères s’est tenue, ce jour 5 mars 2020 à Alger, sous la co-présidence de Monsieur Chakib Rachid KAID, Secrétaire Général du Ministère des Affaires Etrangères, et de Monsieur François DELATTRE, Secrétaire Général du Ministère de l’Europe et des Affaires Etrangères.

    Cette échéance, qui s’inscrit dans le cadre de la concertation régulière entre l’Algérie et la France, a donné lieu à un examen d’ensemble des relations et de la coopération liant les deux pays ainsi qu’à la mise en perspective des moyens à même de les renforcer, conformément à l’agenda politique convenu pour le premier semestre de l’année en cours.

    Ces Consultations ont également été l’occasion de faire le point sur les préparatifs de la tenue à Alger, le 12 mars prochain, des travaux de la sixième session du Comité Mixte algéro-français de coopération économique (COMEFA) et d’échanger sur les questions régionales et internationales d’intérêt commun, particulièrement le dossier libyen, la question du Sahara Occidental, la situation au Sahel et au Mali ainsi que d’autres questions globales liées à la lutte anti- terroriste et les changements climatiques.

    A l’occasion de son séjour à Alger, Monsieur François DELATTRE a été reçu par le Ministre des Affaires Etrangères, Monsieur Sabri BOUKADOUM.

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    Tags : Algérie, France, consultations, MAE,

  • Le Maroc un ami du Mali?

    En ce moment le Maroc est au cœur de l’actualité malienne et met en place une stratégie pour se rapprocher du Mali. En effet on se souvient qu’il était présent lors de l’investiture du Président Ibrahim Boubacar Keita dit « IBK ». C’était la première fois qu’il participait à l’investiture d’un chef d’état africain.

    Cette semaine le roi du Maroc Mohamed VI accompagné de sa délégation c’était rendu à Bamako dans le cadre d’une coopération maroco-malienne. Au Mali on a tendance à analyser les relations inter États de manières très manichéens. Dans un premier cas on aura tendance à voir l’état avec qui l’on traite comme un « ami », un sauveur , un frère un allié. Dans le second cas ça sera le constat inverse, ce pays est un ennemi, un colonisateur etc…

    Ces analyses ont une part de vérité, mais le côté émotionnel ou passionnel que l’on ajoute dans ces analyses inter États nous éloignent de la réalité.

    Pour éviter cela, pour me rapprocher le plus de la réalité, je veux enlever tout aspect passionnel ou émotionnel lors de mon analyse et me baser principalement sur les faits plutôt que sur des suppositions.

    Ce qui m’intéresse est de savoir de quelle relation le Mali a vraiment besoin avec le Maroc ?

    Est ce que l’on peut considérer le Maroc comme un allié ou plutôt est ce que les intérêts du Maroc convergent avec ceux du Mali ?

    La politique étrangère que tous les états appliquent est une politique machiavélique, c’est à dire la protection et uniquement la protection de ses propres intérêts. Si un état doit collaborer avec le diable pour ses propres intérêts, Il ira le suivre en enfer si le chef d’état estime que c’est dans son intérêt. De Gaulle disait « la France n’a pas d’ami seulement des intérêts ». Je vais ajouter autre chose « un état n’a ni d’amis ou d’ennemis seulement des intérêts convergeant ou divergeant ». Je m’explique lorsque deux états ont des intérêts communs pour défendre leurs biens, ils vont s’allier mais dans le cas contraire, ils vont au contraire s’affronter. Ce n’est pas la politique que je voudrais voir mais c’est la réalité.

    Le Maroc ou d’autre états musulmans se présentent comme des pays frères ou amis envers le Mali.

    Mais où étaient ces états quand le Mali était en crise ? Que faisaient-ils ?

    C’est vrai que l’on peut noter que le Maroc fut le seul pays du Maghreb à clairement exprimer son indignation lorsque les terroristes au Nord du Mali ont détruit les mausolées de Tombouctou et à les qualifier clairement de terroristes, et à soutenir le Mali pour la conservation de l’intégralité total de son territoire mais ce dernier aspect me chiffonne. Le Mali a émit des mandats d’arrêts internationaux envers les membres du MLNA. Le MLNA a menacé l’intégrité territoriale du Mali, attaqué la population et les institutions maliennes. En collaborant avec des groupes terroristes telle que le MUJAO il s’est aussi attaqué à la souveraineté de l’Etat du Mali. Mais dans ce cas pourquoi le roi du Maroc a t-il accueillis le Bilal Ag Cherif un des leader du MLNA s’il est un « ami » du Mali ? Pourquoi le Maroc a attendu que les mausolées de Tombouctou soient détruits pour manifester son indignation ? Pourquoi ne l’a-t-il pas manifesté lors du coup d’état ou encore lorsque le MLNA a envahi le Nord du Mali ?

    Ce ne sont pas des reproches, mais lorsque qu’on analyse ces faits on voit bien que les intérêts du Maroc ne convergent pas avec ceux du Mali.

    Il y’a un autre aspect qu’il ne faut pas oublier, les échanges commerciaux ou diplomatiques entre le Mali et le Maroc sont faibles par rapport à d’autre acteurs comme la Chine ou l’Union européenne. On peut même dire que les échanges entre l’Afrique subsaharienne et le Maroc sont minimes.

    Il y’a deux principales raisons. La première est l’influence de son voisin l’Algérie. Le Maroc entretient une rivalité tendue avec l’Algérie au niveau économique et miliaire pour avoir le leadership régional. L’Algérie a une grande influence dans la région. Le Maroc même s’il le voulait n’aurait pas pu intervenir dans la crise malienne sans l’autorisation de l’Algérie. Et l’Algérie ne voulait pas la présence d’une nation comme le Maroc ou la France dans le nord du Mali.

    La deuxième raison, le Maroc a découvert le potentiel de croissance et d’opportunité de l’Afrique tard. Pendant longtemps et en France c’est encore le cas on considère l’Afrique en particulier l’Afrique subsaharienne comme un continent de misère.

    Mais certaines nations ont vu plus rapidement le potentiel qu’a ce continent. C’est le cas de la Chine, de l’Inde ou encore le Brésil et maintenant les états unis.

    Bien sûr, il est inutile de préciser que la France aussi se prépare à récupérer sa part du gâteau africain.

    Le Maroc prenant conscience de l’importance qu’aura l’Afrique subsaharienne, veut lui aussi avoir sa part du gâteau dans le continent africain. C’est pour cela que depuis quelques années le Maroc a accéléré ses relations avec les pays d’Afrique noirs en particuliers ceux d’Afrique francophone. Dans le but de pouvoir devenir une nation émergente et d’avoir le leadership régional il est nécessaire pour le Maroc qu’il puisse s’approvisionner en ressource énergétique ou minières que ses voisins africains possèdent. Le Maroc a augmenté les domaines de coopération avec les états sahéliens, supprimé les dettes des pays les plus pauvres.

    Le Maroc ne coopère pas avec le Mali par solidarité ou pour l’aider à se reconstruire, mais il est là, pour gagner les marchés maliens et rentabiliser les investissements qu’il fera au Mali. Les intérêts sont avant tout financiers, c’est aux maliens de rester vigilants s’ils ne veulent pas que leurs intérêts soient lésés.

    Il faut aussi avoir en tête que le partenariat que le Mali établit avec le Maroc aura des répercussions avec la relation que ces deux états ont avec l’Algérie. Le Mali pourrait subir d’avantages de menaces issues du MLNA ou d’AQMI. En tout cas cela ne va pas améliorer ses relations. Le Mali doit faire attention de ne pas être le terrain de jeux de la rivalité Algero-Marocaine à son détriment. Mais il ne peut pas non plus ignorer l’appel du pied du Maroc. Le Mali n’a pas beaucoup de partenaires, il est aussi important que le Mali, s’il veut se reconstruire diversifie ses partenaires économiques ou diplomatique.

    Il est important que le Mali face du business ou des relations avec des partenaires qui ne vont pas le coloniser à nouveau comme la France ou la Chine.

    Il est vrai que l’on peut craindre une dégradation au niveau des relations Algero-Maliennes. Et cette dégradation est justifiée par les derniers évŕnements.

    Les rebelles du MLNA qui venaient de Lybie sont venus avec leurs armes jusqu’au Mali. Le Mali n’a pas de frontière avec la Lybie donc les rebelles sont forcements passés par les états voisins c’est à dire l’Algérie et le Niger. Et le chemin le plus rapide de la Lybie au Nord du Mali en tout cas vers Kidal, c’est de passer par l’Algérie. Donc comment des individus armés jusqu’au dents ont pu traverser des kilomètres de frontière sans que les Algériens ne les arrêtent ? Pourquoi la plupart des terroristes qui se sont repliés sont aujourd’hui en Algérie et ne sont pas inquiétés.

    Si avoir un allié, c’est avoir un allié qui laisse mes ennemis se préparer à m’attaquer et qui les laisse replier tranquillement dans son territoire je préfère qu’il devienne mon ennemi. Car qu’il soit mon allié ou mon ennemi j’aurais des problèmes.

    Que ce soit le Maroc ou l’Algérie les deux états peuvent nuire ou déstabiliser le Mali.

    D’où l’importance pour le Mali de ne pas jouer avec le feu avec à travers cette rivalité.

    Le Maroc n’est pas un ami mais il n’est pas non plus un colonisateur ou une menace directe. Le Maroc n’a pas le hard power de l’Algérie ou encore de la France ou de la Chine. Par rapport au retard qu’il a sur ses rivaux, il doit faire plus de concession. Et il faut aussi noter qu’à ce jour le Maroc n’est pas un grand partenaire diplomatique ou économique. Il faudra voir si le Maroc sur le long terme aura les moyens de mener de telle politique de coopération. Et surtout s’il a les moyens de concurrencer les autres investisseurs comme la France, la Chine, les USA ou l’Inde voir l’Afrique du Sud.

    En conclusion le Maroc est juste un investisseur qui défendra uniquement ses intérêts. La vrai question n’est pas de savoir si les marocains vont aller dans l’intérêt des maliens. Mais si les maliens vont profiter de cette coopération pour aller dans leurs intérêts, il ne faudra pas compter sur le Maroc pour défendre nos intérêts.

    MOUSSA MANSA

    http://rebellespacifiques.unblog.fr/2014/02/26/le-maroc-un-du-mali/

    LE MAROC D’ABORD

    Le roi est est arrivé, il y avait à boire et à manger pour tous, du moins pour une partie du peuple. Ne comptez pas sur moi pour contribuer au mythe du roi qui aime si bien le Mali et son peuple qu’il se rangera du côté du pouvoir central de Koulouba. Dans cette méga, giga et téra crise que nous connaissons, l’art du cache misère est le sport favori de tous ceux qui ont eu la destinée du Mali entre les mains. Après avoir accordé tous les honneurs à l’adultérin Hollande, toutes les vénérations au Boucher de Ouagadougou Compaoré, le Mali à travers son imposant et encombrant président Keita est en train de faire du lèche cul au roi du Maroc. Si demain IBK a une haleine de chacal, vous comprendrez d’où  provient l’odeur. Le résultat sera identique aux précédentes mises en scène. Seul un projet digne de ce nom avec la collaboration des maliens car il s’agit de l’avenir des maliens pourra trouver un destin plus heureux. Pour l’instant le pouvoir joue à cache cache avec le peuple, des milliers d’heures de vol du souverain, des incantations, des menaces, des pseudos justices et quelques larmes sont le lots des maigres propositions de solutions. Les maliens attendent mais finalement qu’est ce qu’ils savent faire d’autres que d’attendre? Vous remarquerez d’ailleurs que la plupart des chiens du Mali sont baptisés « patience », c’est dire combien ils sont attentistes. Revenons au roi du Maroc, l’hôte qui cristallise l’espérance des maliens en ce moment. Que peut-il apporter au Mali? Que peut-il apporter dans la recherche de solution de la crise territoriale malienne? Quel est le poids du Maroc et de son souverain dans la Galaxie des états qui décident? Prenons le Maghreb, la zone géographique à laquelle appartient le Maroc, il n’est pas la première puissance, il ne joue pas les premiers rôles. Le Maroc n’a toujours pas réussi à solutionner son propre problème territorial Sahraouis.Le Maroc visant son intérêt et son seul intérêt va entraîner le Mali dans un jeu malsain au cours duquel le Mali ne gagnera rien et se mettra à se prostituer comme il le fait déjà avec le célibataire de l’Élysée. Le Mali aime tendre la main, peut être qu’il faut lui couper les mains pour qu’il se mette à voler tout seul. La présidence malienne et certains maliens sont fier de nous annoncer que le « MAROC » va construire une cimenterie au Mali…Qu’est ce que cela signifie? le « Maroc » n’étant  pas une entreprise mais un Etat, alors qu’est ce qui pousse un Etat à investir dans un pays qui ne présente aucun avantage absolu en matière de production de ciment( à part la matière première les coût de transaction et les économies d’échelle réalisables et réalisées par les concurrents sont tels que le ciment malien ne sera compétitif pour personne, même pas pour les maliens eux mêmes). Alors on est tenté de dire que cette cimenterie présente toutes les caractéristiques d’un produit politique qui répond plus à un soucis de rachat de la paix comme dans le passé et de démonstration d’influence dans la zone nord du Mali. Il existe des forces plus coriaces que celle politique et diplomatique du roi du Maroc. L’implication de sa majesté Mohamed six dans la résolution de la crise malienne n’est en rien un tournant majeur, la France tutrice légale du Maroc y est déjà et ce bien avant le déclenchement de la mission Serval. Tout ce temps utilisé pour faire de la littérature de la paix et non l’édification de la paix elle même est du temps qu’on fait gagner au terrorisme version MNLA et installer dans l’inconscient collectif la partition de Mali. On ne peut pas affirmer que l’incursion du Maroc dans le ring malien est une bonne ou mauvaise chose, il est pervers de voir les choses ainsi, cependant la situation n’a rien à voir avec l’espérance béatifiée que la classe dirigeante voudrait faire croire aux maliens. Marocain ou malien, sur le sentier du roi, tu n’es qu’une proie. Un homme averti en vaut seize millions.

    ELIJAH DE BLA

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    Tags : Maroc, Algérie, Mali, MUJAO, MNLA, touaregs, Azawad, France, Barkhane, Chine,

  • Les nouvelles orientations de l’impérialisme français en Afrique

    Par Saïd Bouamama

    L’annonce, par simple communiqué, daté du 2 février 2020 de l’envoi de 600 militaires français supplémentaires (portant ainsi les forces de l’opération « Barkhane » à 5100 soldats) au Sahel a soulevé peu de débats contradictoires et encore moins d’oppositions. Aucune initiative militante n’a accompagné cette annonce. Pourtant la question de la clarification des buts de guerre de la France dans la région est posée explicitement par la France Insoumise depuis 2013[i] ou par le PCF depuis la même période. Le communiqué du Collectif Afrique du PCF daté du 28 novembre 2019 affirme par exemple : « la réponse militaire est un échec[ii].» Les différentes organisations dites « d’extrême-gauche » ont également dénoncées la présence française en Afrique de l’Ouest. Nous sommes donc dans une situation de « dénonciation sans action » au même moment où dans plusieurs pays de la région des manifestations populaires exigent le départ des troupes françaises de la région.

    La présence militaire occidentale en Afrique

    L’opération « Barkhane » n’est qu’un des aspects de la présence militaire française sur le continent africain. Elle se greffe et renforce le dispositif des bases militaires permanentes françaises qui sont officiellement au nombre de quatre pour un effectif de 3000 soldats (Djibouti, Abidjan, Libreville et Dakar). Il convient cependant d’ajouter à ces bases, les « Forces armées de la zone sud de l’océan indien » (FAZSOI) stationnées à la Réunion et à Mayotte avec un effectif de 1900 hommes. Les bases permanentes et les « bases temporaires » (un temporaire de plus en plus durable dans le cas de « Barkhane) des « Opérations extérieures » (OPEX) permettent un quadrillage du continent du Sahel à la Corne de l’Afrique. Ce sont ainsi près de 10 000 soldats français qui sont durablement présent sur le continent, faisant de la France le pays maintenant en permanence le plus grand nombre de militaire en Afrique. Désormais seules l’Afrique australe et l’Afrique du nord échappent à ce quadrillage.

    A ces chiffres, il convient également d’ajouter la présence militaire des autres pays de l’Union Européenne qui pour être « ponctuelle » n’en est pas moins régulière. Le plus souvent l’intervention militaire européenne prend la forme d’une aide au financement des opérations militaires menées par la France. Elle peut cependant aussi se traduire par une intervention militaire directe comme dans le cas de l’opération « ARTEMIS » en République Démocratique du Congo en 2003 dans laquelle sont présent des militaires venant de « l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, Chypre, l’Espagne, la Grèce, la Hollande, la Hongrie, l’Irlande, l’Italie, le Portugal, le Royaume-Uni et la Suède[iii] ». Ces interventions militaires européennes se déploient sous coordination française : « La France, la plus engagée, prend la fonction de « nation cadre[iv] » explique l’historienne Martine Cuttier. Paris devient ainsi un sous-traitant de l’intervention militaire européenne et l’armée française une armée mercenaire.

    La présence militaire états-unienne sur le continent n’est pas en reste. Au cœur du dispositif états-unien se trouve la base de Djibouti avec un effectif de 4000 hommes destinés à couvrir des opérations aussi bien en Afrique qu’au Moyen-Orient. Elle n’est pas la seule. « Les Etats-Unis détiennent au total 34 sites militaires entre les 14 bases principales et les 20 camps, avant-postes[v] » résume le magazine Tribune Afrique du 3 décembre 2018. Dirigé par l’AFRICOM (Commandements des Etats-Unis pour l’Afrique) installé à Stuttgart en Allemagne ce maillage militaire «permet aux forces déployées vers l’avant de fournir une flexibilité opérationnelle et une réponse rapide aux crises impliquant du personnel ou des intérêts américains[vi] » résume Thomas Waldhauser commandant de l’AFRICOM.

    Cette importance de la présence militaire occidentale sur le continent est incomparable avec celle des autres grandes puissances. La Russie ne dispose ainsi d’aucune base militaire en Afrique et la Chine d’une seule à Djibouti ouverte en 2017 et comptant 400 soldats. Comparant la présence états-unienne, russe et chinoise, une étude de l’IFRI (Institut Français des Relations Internationales) synthétise comme suit ses conclusions :

    Enjeu géopolitique durant la guerre froide, l’Afrique émerge aujourd’hui à nouveau comme un espace majeur de compétition stratégique, attirant des grandes puissances non européennes comme les États-Unis, la Chine et la Russie. Ces derniers cherchent sécuriser leur accès au théâtre africain par le biais de financements et d’accords diplomatiques, la construction de bases logistiques et l’exercice de leur soft power. Ils y conduisent également des opérations militaires. Celles-ci sont significatives et coercitives pour ce qui est des États-Unis, avant tout engagés en Afrique au titre du contre-terrorisme. La Chine se concentre pour sa part sur les opérations de maintien de la paix et l’évacuation de ses ressortissants en cas de crise. La Russie se limite encore à des actions de conseil[vii].

    Il faut bien entendu ajouter l’Union Européenne (et la place de « nation cadre » qu’y occupe la France) à cette « compétition Stratégique » en Afrique. La disproportion des présences militaires entre les différentes puissances, souligne que la stratégie militaire occidentale n’est pas une réponse à une stratégie militaire russe ou chinoise comme à l’époque de la dite « guerre froide ». La stratégie militaire apparaît dès lors comme une réponse au développement des présences économiques russe et chinoise. Voici en effet comment le conseiller à la sécurité nationale de Trump, John Bolton, explique les motivations de la stratégie états-unienne en Afrique : « Les pratiques prédatrices de la Chine et de la Russie freinent la croissance économique en Afrique, menacent l’indépendance financière des pays africains, inhibent les investissements américains et interfèrent avec les opérations militaires des États-Unis. Elles font peser une menace réelle sur nos intérêts de sécurité nationale[viii]. »

    Comme le disait déjà le théoricien militaire prussien Carl von Clausewitz : « la guerre n’est rien d’autre que la continuation des relations politiques avec l’appoint d’autres moyens[ix]. »

    Les intérêts économiques des multinationales française en Afrique

    La formule célèbre de Clausewitz souligne l’erreur consistant à ne définir l’impérialisme que sous un angle militaire. L’impérialisme est d’abord une réalité économique avant que d’être une pratique militaire. La première est la base matérielle et la véritable causalité de la seconde. La stratégie militaire française en Afrique fait l’objet d’un discours de justification et de légitimation qui aborde explicitement l’objectif de défense des intérêts économiques français. Cette stratégie est définie dans deux « livres blancs pour la défense et la sécurité nationale » respectivement datés de 2008 et 2013. Le livre blanc de 2008 insiste sur les tensions internationales liées aux « approvisionnements stratégiques » et à la « montée en concurrence avec les pays émergents » sur un continent richement pourvu en « matières premières stratégiques et en ressources énergétiques » qui constituent des « richesses vitales pour l’économie mondiale[x] ». Ce document annonce sans fard l’intensification immédiate et durable de l’interventionnisme militaire en Afrique : « l’Afrique viendra au premier rang de notre stratégie de prévention pour les quinze ans à venir[xi]. » Depuis nous avons eu la Libye, la Côte d’Ivoire, le Mali, la Centre-Afrique et maintenant l’ensemble des pays du Sahel.

    Le second livre blanc, celui de 2013 dresse un premier bilan « positif » de cette stratégie offensive qui est actualisé en 2017 dans un document intitulé « Revue stratégique de défense et de sécurité nationale ». Outre l’objectif de porter l’effort de défense à 2 % du PIB à l’horizon 2025, ce dernier document insiste sur la production d’une « cohésion nationale » (en particulier dans la jeunesse) et sur la nécessité de soutenir l’industrie d’armement. Le premier point est directement relié à la mise en place d’un « service national universel obligatoire », lui-même connecté à la production d’une « cohésion nationale » permettant de mener les guerres en prévision : « La cohésion nationale conditionne la légitimité de l’action des armées par le soutien de la Nation aux décisions de recours à la force. Cette cohésion est aujourd’hui confrontée à la diffusion d’idéologies remettant en cause les valeurs et les principes de la République. […] Dans ce domaine, les armées jouent un rôle de socialisation, par leur recrutement mais aussi par les dispositifs auxquels elles participent (Garde Nationale, Service Militaire Volontaire, Service Militaire Adapté…)[xii]. » Le second prévoit le renforcement de la « Base Industrielle et Technologique de Défense » (BITD) argumenté comme suit :

    La Base Industrielle et Technologique de Défense (BITD) française est constituée d’une dizaine de grands groupes de taille mondiale et de près de 4 000 PME, représentant en 2017 plus de 200 000 emplois en France, pour la plupart de haute technicité et difficilement délocalisables, avec un impact positif majeur sur la balance commerciale (supérieur à 6 Md€ en 2016). Elle est complétée par un ensemble de moyens et compétences étatiques (organismes de recherche, centres d’expertise et d’essais, agences…). […] la BITD doit être soutenue et entretenue à tous les niveaux (start-up, PME, ETI, grands groupes). Ce soutien s’exerce par des politiques de long terme en matière de recherche et d’investissement, de coopération, de soutien à l’export, d’acquisition et de protection vis-à-vis d’investissements étrangers[xiii].

    Il s’agit donc bien de préparer de nouvelles interventions militaires en réunissant les conditions matérielles (renforcement du complexe militaro-industriel) et idéologique (« Service National Universel » et plus largement discours et propagande de « cohésion nationale » et de défense des « valeurs de la République »). Cette préparation militaire et les futures guerres qu’elle annonce sont au service de la défense des intérêts des multinationales françaises dont les positions de monopoles héritées de l’histoire sont d’ores et déjà entamées par l’émergence de nouveaux acteurs internationaux (pays dit « émergents » et en particulier la Chine). Sans être exhaustif, il n’est pas inutile de rappeler quelques-uns de ces grands groupes que nos armées défendent en Afrique :

    Bon nombre des poids lourds du CAC 40 ou des plus grandes fortunes de France ont développé des activités florissantes (et parfois quasi monopolistiques) en Afrique : Bernard Arnaut (LVMH), Bouygues, Bolloré, Pinault (CFAO jusqu’à sa récente cession en juillet au groupe japonais Toyota Tsusho Corporation, TTC, filiale diversifiée du groupe Toyota), Seillière (Bureau Veritas), Jacques Saadé (CMA-CGM), Romain Zaleski (Eramet), Lafarge, Total, Technip, Vinci, Véolia, BNP Paribas, Natixis, Crédit Agricole, Alcatel, Accor, Gaz de France, Michelin, Alstom, Air France, KLM… Liste non exhaustive à laquelle il faudrait ajouter les marchands d’armes et quelques autres groupes, dans l’agro-alimentaire notamment avec par exemple les groupes Castel et Compagnie Fruitière. Et de manière générale, les rapports du CIAN (Conseil français des investisseurs en Afrique) le confirment chaque année : en dépit de la concurrence internationale accrue, entre les patrons français et l’Afrique, c’est toujours « je t’aime plus qu’hier et bien moins que demain[xiv].

    Ces grands groupes ont été les grands bénéficiaires des privatisations des services publics imposées par les Plan d’Ajustement Structurel du FMI et de la Banque mondiale à partir de la décennie 90. C’est ainsi par exemple la Lyonnaise des eaux qui bénéficie de la privatisation de la Compagnie Nationale des Eaux et de l’Electricité du Togo ou le groupe Bolloré qui hérite de la gestion du terminal de conteneur du port de Lomé. Au Cameroun le même Bolloré hérite du trafic portuaire de Douala et de l’exploitation du chemin de fer. Bouygues est présent désormais dans la production et la distribution de l’eau en Côte d’Ivoire et au Sénégal et dans la construction et l’entretien des infrastructures de transport. Orange domine la téléphonie mobile de la plupart des pays de l’Afrique de l’Ouest. Eau, électricité, chemin de fer, gestion des ports, téléphonie, etc. : la purge de l’ajustement structurel et de ses privatisations des services publics s’est traduite pour les multinationales françaises par l’accès à de nouvelles rentes particulièrement lucratives.

    Les ressources minières et énergétiques sont la seconde « rente » de nos multinationales protégée par l’armée française. Toutes les multinationales des industries pétro-gazières et minières françaises développent leur présence dans l’exploitation des ressources du continent. Le pétrolier Total réalise par exemple un tiers de sa production d’hydrocarbure sur le continent. Technip, un autre pétrolier est fortement présent dans la pétro-chimie nigériane. Dans la sidérurgie, Eramet domine au Gabon pour la production des alliages de manganèse. Orano (ex-Areva) exploite les mines d’uranium du Niger mais aussi en Afrique du Sud. La destruction systématique des compagnies étatiques mises en place au moment des indépendances se traduit partout par l’implantation directe des multinationales dans ces secteurs stratégiques.

    L’agro-industrie qui pendant l’époque coloniale et les premières décennies des indépendances a été une source de profit immense, demeure la troisième « rente » des multinationales françaises en Afrique. L’entreprise Géocoton est fortement implantée dans la production du coton pour l’ensemble des pays du Sahel. Bolloré exploite les palmeraies au Cameroun. Rougier exploite deux millions d’hectares de forêts au Cameroun, au Congo et au Gabon pour la production de contreplaqués.

    La place des multinationales françaises est résumée comme suit par l’économiste Jean Roch : « La part de marché de la France au Sud du Sahara s’élève à 8 % (contre 4 % au plan mondial) et dépasse les 15 % dans la zone CFA, ce qui n’est pas rien. Ainsi, malgré les difficultés de la reconversion, les entreprises françaises occupent bel et bien certains des secteurs les plus profitables des économies d’Afrique noire[xv]. » Les trois « rentes » évoquées ci-dessus expliquent la forte présence militaire française et la multiplication de ses interventions militaires. En Afrique aussi la guerre est bien la poursuite de la politique par d’autres moyens. Cela d’autant plus que la Chine offre des conditions contractuelles plus avantageuses et concurrence ainsi le « pré-carré » français. Maintenir par la force, la déstabilisation et la mise en dépendance sécuritaire ce qui ne s’obtient plus par la « concurrence libre et non faussée », telle est une des logiques de la politique africaine de l’impérialisme français sur le continent.

    La stratégie du choc

    S’interrogeant sur l’inscription dans la durée de la « crise malienne » et de l’intervention militaire française qu’elle a suscitée, l’historien malien Doulaye Konaté précise que « qui contrôle le Mali contrôle l’Afrique, si ce n’est toute l’Afrique[xvi] ». Huit ans après l’éclatement de la Libye grâce notamment à l’intervention militaire française, l’ensemble du Sahel est désormais déstabilisé. La présence militaire de Barkhane n’a pas amélioré la situation sécuritaire. Cette « insécurité » est à son tour avancée comme justification de la prolongation de « Barkhane » sur le long terme. Il n’est dès lors pas étonnant que de plus en plus de voix s’élèvent en Afrique pour interroger les véritables « buts de guerre » de Barkhane : sauver le Sahel de la menace « djihadiste » ou défendre les intérêts économiques et géopolitiques de l’impérialisme français ?

    Ces deux buts de guerres peuvent en apparence apparaître comme convergents mais sont en réalité structurellement divergents. Le premier passe en effet par un renforcement des Etats africains et le second par leur affaiblissement et leur maintien dans une dépendance économique et militaire avec l’ancienne puissance coloniale. L’affaiblissement des Etats africains est la base matérielle sur laquelle se développent les conditions de possibilité de la déstabilisation « djihadiste ». Il est le résultat de l’ensemble des politiques économiques néocoloniales. Des plans d’ajustement structurel (PAS) aux Accords de Partenariat Economique (APE) en passant par le Franc CFA, ces politiques convergent vers une destruction des capacités étatiques à assurer un minimum de présence scolaire, routière, économique, etc., dans des régions entières de chaque pays. Elles forgent dans chacune de ces nations une bipolarisation entre un « pays utile » et un « pays inutile » délaissé.

    Le maintien d’un degré d’instabilité permanent mais « contrôlable » permet à la fois de maintenir l’exploitation économique des « zones utiles » et de justifier la présence militaire étrangère durable. L’économiste et journaliste altermondialiste Naomie Klein[xvii] a largement documenté il y a plus d’une décennie cette « stratégie du choc » consistant à s’appuyer sur les « chocs psychologiques » qu’entraînent les désastres (naturels ou suscités) pour justifier des politiques qui auraient été rejetées autrement. La critique de cette stratégie est de plus en plus fréquente dans les opinions publiques africaines. Elle est cependant quasi-inexistante en France par peur d’être stigmatisé politiquement comme « complotiste » ou « conspirationniste ». Cette peur à conduit dans le passé récent à cautionner pour le pire la guerre en Libye et pour le mieux au mutisme face à celle-ci. Elle mène aujourd’hui à l’absence de mouvements et de protestations anti-impérialistes au moment même où l’Etat français renoue avec une stratégie agressive pour préserver ses intérêts en Afrique. Cette peur fait en conséquence partie du vaste processus idéologique visant à produire la « cohésion » dont a besoin l’Etat français pour mener ses ingérences militaires c’est-à-dire pour produire un consentement à la guerre. La mise en place du Service National Universel vient renforcer cette fabrique idéologique du consentement.

    Saïd Bouamama

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    Notes:

    [i] Jean-Luc Mélenchon, De nouveau, à propos du Mali, https://melenchon.fr/2019/11/29/de-nouveau-a-propos-du-mali/, consulté le 18 février 2020 à 8 h 45.

    [ii] « Mali : Un drame qui souligne combien la réponse militaire est lourde de dangers », http://international.pcf.fr/113560, consulté le 18 février 2020 à 8 h 55.

    [iii] Martine Cuttier, Bilan de la présence militaire européenne en Afrique subsaharienne, 2000-2010, Res Militaris, volume 2, n° 2, Printemps-Hivers 2012, p. 17.

    [iv] Ibid., p. 17.

    [v] Ibrahima Bayo, La carte militaire africaine des Etats-Unis dévoilées, Tribune Afrique du 3 décembre 2018.

    [vi] Ibid.

    [vii] Aline Leboeuf, La compétition stratégique en Afrique. Approches militaires américaines, chinoises et russe, Focus Stratégique, n° 91, IFRI, août 2019, p. 5.

    [viii] John R. Bolton, «Remarks by National Security Advisor Ambassador John R. Bolton on The Trump Administration’s New Africa Strategy», Maison Blanche, 13 décembre 2018, https://www.whitehouse.gov/briefings-statements/remarks-national-security-advisor-ambassador-john-r-bolton-trump-administrations-new-africa-strategy/, consulté le 18 février 2020 à 11 h 55.

    [ix] Carl von Clausewitz, De la guerre, livre 1, Minuit, Paris, 1955, p. 703.

    [x] Défense et sécurité nationale : Le livre blanc, Paris, La Documentation française/Odile Jacob, 2008, chapitre 1, pp. 19-42.

    [xi] Ibid., chapitre 2, pp. 43-61.

    [xii] Revue stratégique de défense et de sécurité nationale 2017, Bureau des éditions, Paris, Octobre 2017, p. 57.

    [xiii] Ibid., p. 66.

    [xiv] Thomas Noirot, Les entreprises françaises en Afrique. Pillage contre transparence, Outre-Terre, n° 33-34, 2012, p. 540.

    [xv] Jean Roch, La place des entreprises françaises en Afrique subsaharienne, https://www.afrique-demain.org/economie-140-place-des-entreprises-francaises-en-afrique-subsaharienne, consulté le 25 février 2020 à 12 h 00.

    [xvi] Doulaye Kounaté, dans le documentaire de Bob Coen et Éric Nadler : « guerre de l’ombre au Sahara », Arte France/Crescendo Films, 2014.

    [xvii] Naomi Klein, La stratégie du choc. La montée d’un capitalisme du désastre, Actes Sud, Paris, 2008.La source originale de cet article est Le Blog de Saïd BouamamaCopyright © Saïd Bouamama, Le Blog de Saïd Bouamama, 2020

    Source : Tribune diplomatique internationale, 5 mars 2020

    Tags : France, impérialisme, Afrique, françafrique,

  • Le Cabinet Communication&Institutions a trompé les journalistes français sur les élections marocaines

    Note préparatoire complémentaire / Communication / Elections législatives

    Les élections législatives au Maroc se rappochent et pour l’heure, la couverture de ces élections en France n’est ni trop faible ni trop importante. Son intensité comme son contenu crédibilisent l’échéance électorale, en l’ancrant dans un processus démocratique suivant son cours, dont les racines sont d’ailleurs antérieures au « printemps arabe ». Les médias ont intégré l’idée qu’il ne serait pas remis en cause, quoi qu’il advienne.

    Dans ce contexte, l’organisation d’un « voyage de presse » pour les journalistes français, par vous même, quelques jours avant le scrutin, risquerait d’être contreproductif : il vous placerait en situation de demandeur et pourrait donner l’impression d’une trop grande importance donnée à la communication au détriment de l’information brute et transparente. De plus, il risquerait d’être lourd à gérer au moment même où toutes les énergies se concentreront sur l’organisation et le suivi du scrutin. (hors les contacts déjà organisés aves les radios , tvs bien entendu)

    En revanche, nous avons conduit un premier sondage informel auprès des média français ces derniers jours et il nous apparait que vous pouvez « agir » à plusieurs niveaux  :

    • Les contacts que nous venons d’avoir avec les rédactions nous confirment que l’évènement va être suivi ici et nombre de journalistes vont se rendre sur place par eux même : certains d’entre eux nous ont demandé de les aider dans l’organisation de contacts et dans la mise à disposition de notes d’informations (cf nos mails) : ce travail doit être poursuivi « délicatement » et en étroite coordination avec vous.

    • La diffusion de l’information « brute » aux journalistes susceptibles de couvrir l’événement pourrait leur permettre de constituer leur « fonds de dossier » : à titre d’exemple, on pourrait imaginer la diffusion d’une note de cadrage, émise par l’actuel Président du Parlement, ou tout autre émetteur institutionnel, soulignant les enjeux du scrutin, décrivant succinctement les grands partis et coalitions en présence, donnant la carte des circonscriptions, le mode de scrutin,… (uniquement de l’information brute, la moins commentée possible).

    Mais ce travail préalable devra être complété par la communication du jour du scrutin, (ou la veille) car les premières dépêches seront reprises en boucle par les radios et télévisions d’information qui, elles-mêmes, alimenteront les commentaires et contribueront à donner la tonalité générale de la couverture.

    Le jour du vote : des dépêches régulières, courtes et factuelles doivent être diffusées

    Dans la perspective de cette échéance, nous nous permettons d’insister sur l’importance de la communication du Ministère de l’Intérieur tout au long de la journée du 25 novembre autour des points d’actualité et de ses dépêches : 12h « participation à mi-journée », 16h « évolution de la participation », 19h « participation, voire premières tendances si possible après dépouillement des premières centaines ».

    Plus la communication sera courte et factuelle, plus elle contribuera à normaliser l’événement : une élection est un événement courant au Maroc. Toute communication prolixe, voire hésitante (chiffres non encore validés, résultats incertains), donnera prise à la critique et alimentera les polémiques.

    Au Maroc, des commentateurs neutres mais bien briefés pourraient également « occuper les antennes » afin d’expliquer les résultats et notamment banaliser le « non succès » des islamistes (si tel est le cas).

    De même, il nous semblerait intéressant de réfléchir à l’émission de dépêches d’un pôle d’observateurs, sur la régularité du scrutin. L’important restant, là encore, de multiplier les centres d’informations pour répondre aux attentes des médias de l’Union et de la diffuser dans les meilleurs délais, pour être les premiers à les émettre.

    L’expérience des évènements marocains très médiatisés en France ces dernières années, nous a montré que le processus est récurrent, à savoir selon l’importance de l’évènement : une dépêche de l’AFP et/ou un sujet des correspondants incontournables (exemple : Léa-Lisa Westerhoff) reprise en boucle par les radios et tv tous les quart d’heure puis par la presse écrite dans les mêmes termes, à savoir la teneur de l’info originelle ! D’où l’importance d’aiguiller les premières dépêches et d’avoir toujours une longueur d’avance sur l’info, ce qui est possible pour le Ministère de l’Intérieur qui est le seul légitime à livrer des chiffres vérifiés et objectifs.

    La communication du Ministre en charge des élections donnant les premiers résultats à la clôture (*) des bureaux de vote, est importante et l’information factuelle, mesurée, rassurante, contribuera à renforcer l’image du Maroc démocratique et, partant, la crédibilité du nouveau Gouvernement.

    (*) : le décalage horaire d’une heure en ce moment avec la France permettra au Ministre de « faire » les JT de 20h en France.

    *
    * *

    15 novembre 2011

  • Jack Lang accusé publiquement de pédophilie

    Roger Holeindre, journaliste et politique français, accuse ouvertement Jack Lang d’être un pédophile, il donne des détails sordides. Et il le défie publiquement de l’attaquer en justice s’il ment.

    Jack Lang a déjà menacé plusieurs fois de poursuivre en diffamation ceux qui l’accuseraient de pédophilie. On attend toujours sa réaction (pour attaquer en diffamation, il faut établir que les faits allégués sont mensongers!!)

    Malgrè les casseroles accumulées (voir aussi la plainte d’Emmanuel Verdun pour viol en réunion de sa fille), la presse ne bronche pas, et continue à clamer que Jack Lang est “le politique préféré des français”. Omerta? Mais non…

    Tags : France, Jack Lang, Roger Holeindre, pédophilie

    [youtube https://www.youtube.com/watch?v=OFFiqCrUHJo&w=560&h=315]
  • Révélations sur les politiques français achetés par le Qatar… le livre qui fait trembler la classe politique

    C’est un véritable brûlot, paru jeudi 20 octobre. Qui va, là encore, mettre le Parti Socialiste en ébullition. Mais pas que lui: la droite et le Front national aussi. Rachida Dati, Ségolène Royal, Jean-Marie Le Guen, le député Nicolas Bays, la sénatrice Nathalie Goulet, Dominique de Villepin, Jack Lang….

    Tous sont mentionnés dans Nos très chers émirs, le dernier essai des deux journalistes spécialistes du monde arabe, Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Un ouvrage fouillé, précis, qui raconte les liaisons dangereuses entre certains politiques français de premier plan et les monarchies du Golfe. Le tout sur fond d’attentats terroristes et de gros contrats difficiles à décrocher…

    Parmi les déclencheurs de cette enquête explosive: le changement d’ambassadeur du Qatar en France. Le nouveau représentant de Doha, Meshaal al-Thani refuse d’être aussi généreux que son prédécesseur. Les auteurs racontent « trois ans après son arrivée à Paris, il semble las de toutes ces pratiques ». Un de ses amis témoigne:

    Meshaal, qui a été en poste en Belgique et aux Etats-Unis, me dit souvent: « Je n’ai jamais vu cela, auparavant! J’ai fréquenté des politiques partout ; mais aucun ne s’est comporté comme certains Français, aucun ne m’a demandé de l’argent aussi abruptement, comme si c’était naturel, comme si on leur devait quelque chose! On n’est pas une banque ».

    Le livre fourmille de détails et d’anecdotes récentes souvent ravageuses. Challenges en publie quelques extraits.

    «L’ambassade du Qatar : la boutique du Père Noël»

    «A Noël, Mohammed al-Kuwari offrait aux membres du groupe d’amitié France-Qatar à l’Assemblée nationale des montres Rolex ou des bons d’achat dans des grands magasins», selon ces extraits.

    «Pour certains hommes politiques, pour certains élus, pas tous, l’ambassade du Qatar, c’était tout à la fois un distributeur de billets de 500 euros, une agence de voyages, et la boutique du Père Noël», a affirmé Christian Chesnot sur France Inter «C’est à dire que, pendant plusieurs années, jusqu’à aujourd’hui, le Qatar reçoit des sollicitations (…) des demandes de subventions pour financer une mosquée, une école, une association. Et puis il y a des hommes politiques qui sont vraiment à l’offensive, qui vraiment demandent de l’argent.»

    Jean-Marie Le Guen, sans vergogne

    Comme l’explique un officiel à Doha, Jean-Marie Le Guen annonçait clairement la couleur. « Il disait à nos diplomates à Paris: « En tant que ministre en charge des Relations avec le Parlement, je tiens tous les députés et sénateurs de mon camp, via les questions au gouvernement. Je peux bloquer des questions hostiles au Qatar, ou au contraire les alimenter. Mais je n’ai pas à le faire gratuitement ». Bref, « il nous faisait littéralement du chantage ».

    La duplicité de Rachida Dati

    Ah, le luxueux 7ème arrondissement! Là où résident tant d’ambassadeurs en poste à Paris. Comme l’émir père, Rachida a le sens de l’opportunité, ne craignant pas d’user et d’abuser de son carnet d’adresses. Elle a donc eu l’idée de lancer un Club des ambassadeurs, qui se réunirait périodiquement dans son arrondissement. Belle idée! Mais il fallait un peu d’argent pour faire tourner la danseuse de Mme Dati. Qu’à cela ne tienne! Rachida est allée frapper à la porte de… l’ambassadeur du Qatar.

    « Elle ne demandait pas moins de 400.000 euros pour son association », s’étonne encore un membre de l’ambassade. Une somme extravagante! Rachida Dati présente sa requête lors d’un dîner avec Meshaal al-Thani, un dimanche soir, le 22 novembre 2015 exactement. Mais le diplomate lui fait comprendre qu’il sera difficile d’y répondre positivement. Elle semble choquée par ce refus, qui lui sera notifié par une lettre officielle signée du représentant du Qatar en France.

    Le lendemain matin, Rachida Dati est l’invitée du talk show de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Nous sommes dix jours après les attentats du Bataclan et du Stade de France. L’ancienne ministre change de pied et charge le Qatar: « L’Arabie Saoudite ou même le Qatar ont une volonté de développer leur idéologie, notamment pour contrer l’islam chiite, affirme-t-elle. On a des pays du Golfe qui financent des mosquées, des associations, des imams […], des structures qu’on ne contrôle pas », regrette-t-elle. Quand il entend cela, l’ambassadeur n’en revient pas. « Elle dîne avec moi en me demandant de l’aider, et le lendemain elle nous traîne dans la boue ».

    Jack Lang, profiteur

    À la tête de l’Institut du monde arabe (IMA), Jack Lang est cité non seulement par l’ambassade du Qatar, mais aussi par celles d’Arabie et des Emirats arabes unis comme un interlocuteur sans scrupules. « Il vient réclamer trois places en Business pour sa femme et son ami, lorsqu’on l’invite à Abou Dhabi, fulmine un membre de l’ambassade des Emirats. Et si jamais on refuse, on court le risque qu’il critique publiquement les Emirats ».

    Dominique de Villepin « la first », sinon rien

    Villepin, lui, exige d’être en First class, sinon il boude les invitations à Doha, renchérit un autre diplomate de l’ambassade du Qatar. Une fois, Villepin a annulé sa participation à un colloque parce qu’il était en Business et pas en First class. L’ambassadeur en est resté abasourdi. Autre certitude: l’ancien Premier ministre, devenu avocat d’affaires, ne dit pas du bien du Qatar pour rien, comme tous ceux dont nous avons rapporté le comportement. « La France n’a aucune preuve de l’implication du Qatar dans le financement du terrorisme », affirmait Villepin le 4 novembre 2015 sur Europe 1″.

    La sénatrice Nathalie Goulet réclame son cadeau de Noël

    La sénatrice de l’Orne, Nathalie Goulet, essuya elle aussi chaque fois un refus clair et net du représentant du Qatar à Paris. Elle a pourtant multiplié les demandes. Fin 2015, elle appela d’abord le bureau de l’ambassadeur pour se plaindre de n’avoir pas reçu son cadeau de Noël. « Comment se fait-il que je n’aie pas reçu mon cadeau de fin d’année, d’autres sénateurs en ont eu un et pas moi? », protesta-t-elle. « Qu’elle aille au diable! », maugréa Meshaal lorsque son collaborateur lui rendit compte de l’appel de Mme Goulet.

    Quand le Qatar fut attaqué par des politiques ou dans la presse après les attentats, la sénatrice n’hésita pas à proposer à l’ambassade d’organiser un colloque, contre rétribution bien sûr. La représentation diplomatique dit niet. Depuis, Mme Goulet l’avoue sans ambages: « Je n’aime pas beaucoup le Qatar ».

    Le culot du député Nicolas Bays

    S’il y a un député dont l’ambassadeur du Qatar se montre particulièrement lassé, c’est Nicolas Bays, élu socialiste du Nord–Pas-de-Calais. Membre du groupe d’amitié France- Qatar, il était proche de l’ancien ambassadeur Mohammed al-Kuwari. Avec son successeur, Bays ne fait pas dans la dentelle. Il a personnellement envoyé un SMS à Meshaal al-Thani, dont un témoin nous a rapporté le contenu: « J’ai des problèmes financiers actuellement. La mère de notre jeune enfant est fatiguée. Je voudrais l’emmener à l’étranger. Mais mon budget est un peu serré. Peux-tu me faire inviter dans un hôtel de Doha et nous payer un billet d’avion sur Qatar Airways? Cela m’aiderait, s’il te plaît ».

    Loin d’être découragé par un premier refus, le député Bays a sollicité à deux reprises encore, par SMS, l’ambassadeur du Qatar. Une première fois, pour lui demander de l’argent afin de payer des travaux dans sa maison. Le diplomate n’a pas répondu. Enfin, il n’a pas hésité à lui réclamer des chaussures de marque.

    Le dépit de Jean Vincent Placé

    Autre victime de la nouvelle donne, le ministre vert Jean-Vincent Placé, qui se plaint dans le carré VIP du PSG que l’ambassadeur actuel ne l’invite plus à des week-ends. « Placé ne recevait pas que des cadeaux de son prédécesseur », souligne un proche de l’ambassade qui refuse d’en dire plus.

    Les ambigüités de la mairie de Cannes

    La mosquée Al-Medina Al-Mounawara de Cannes est financée à 100% par Saleh Kamel, le PDG de la chaîne de télévision coranique Iqraa, qui habite la ville. Il voulait créer un lieu de culte près de sa villa pour aller prier. L’homme d’affaires saoudien a joué la transparence en associant Bernard Brochand, le maire de la ville de 2001 à 2014, à son projet, sans que celui-ci ne s’y oppose le moins du monde. À tel point, raconte Bernard Godart, qu’à l’époque « le cabinet du maire m’a appelé au ministère de l’Intérieur pour me demander si je connaissais un imam susceptible d’officier dans la mosquée! J’ai répondu que non, car évidemment ce n’était pas de mon ressort ».

    Un magnat saoudien de la presse, Hicham Hafez, s’est lui aussi fait construire une petite mosquée près de la Croisette, à Cannes où il passe ses vacances. Là encore, avec l’aval de la municipalité! Il l’a financée sur ses deniers personnels – 250.000 euros. La mairie de Cannes a donc accordé à deux riches Saoudiens le droit de bâtir chacun sa mosquée dans la ville, alors qu’aujourd’hui les autorités locales interdisent aux Françaises de porter le burkini à la plage. Certains ne manqueront pas de relever une certaine incohérence entre ces deux décisions… »

    Bruno Le Maire n’a pas gardé la montre, mais d’autres ministres oui!

    « Je vais vous raconter une anecdote, confie le candidat à la primaire à droite, depuis la terrasse de son QG de campagne dans le 6e arrondissement de Paris. En 2009, quand j’étais ministre de l’Agriculture, j’avais été chargé d’accompagner cheikh Hamad, l’émir du Qatar pendant quatre heures dans Paris. À la fin, il m’a fait cadeau d’une montre Patek Philip cerclée de diamants, d’une valeur de 85.000 euros. Vous imaginez, cela représente une année de mon traitement de député! Je l’ai mise dans le coffre du ministère. Je pense qu’elle doit y être encore! »

    L’ancien diplomate et directeur de cabinet de Dominique de Villepin au ministère des Affaires étrangères connaît les arcanes de nos relations avec les monarchies du Golfe. « Leurs dirigeants fonctionnent avec de la flatterie. Ils sont d’une grande amabilité. Ils vous proposent des cadeaux. Regardez les poignets de bon nombre de ministres! », sourit Bruno Le Maire.

    S’agissant de Ségolène Royal, les auteurs notent que « l’ambassade se montre aujourd’hui beaucoup moins généreuse avec la ministre socialiste de l’Environnement. La relation s’est nouée lorsqu’elle était candidate du parti socialiste à l’élection présidentielle, en 2007 ». Elliptique… Juste avant sa mort, Christophe de Margerie, le défunt patron de Total, confiait à Christian Chesnot et George Malbrunot: « Tout s’achète, y compris les hommes, ce n’est qu’une question de prix ». Apparemment, dans la classe politique française, le shopping se fait parfois à grande échelle.

    Tags : France, Qatar, corruption, Christian Chesnot, George Malbrunot, Rachida Dati, Jack Lang, François Fillon, Jean-Marie Le Guen, Dominique de Villepin, Nathalie Goulet, Nicolas Bays, Cannes, Bruno Lemaire,

  • La principale tache des lobbistes marocains est salir l’image de l’Algérie et du Front Polisario

    Des journalistes et personnalités étrangères achetées par le Maroc dans le but de déstabiliser l’Algérie

    Déterminé à poursuivre son occupation du territoire du Sahara occidental, le Maroc ne lésine pas sur les moyens et fait une entorse aux principes pour organiser des complots contre l’Algérie qu’il considère comme seul obstacle devant la réalisation de ses rêves expansionnistes.

    Cette machination marocaine passe par l’organisation également de propagandes médiatiques ayant pour but de dénigrer une Algérie dont le seul crime est défendre la légalité internationale notamment le principe sacré du droit des peuples à l’autodétermination. Une machination qui passe par «l’achat» de consciences de certains, prêts à sacrifier tout un peuple pour gagner des dizaines de milliers d’euros offerts gracieusement par le Makhzen.

    Un «Snowden» marocain dévoile une partie des complots ourdis par le régime voisin. Agissant sous le pseudo de Chris Coleman, le mystérieux hacker a révélé en 2014 et 2017 des documents confidentiels mettant à nu les activités anti-Algérie menées par la Direction générale des études et de la documentation (DGED) qui est le service de renseignements extérieur marocain et dont le directeur, Yassine Mansouri, s’est avéré le véritable chef de la diplomatie marocaine.

    Des journalistes américains et français sont cités ; les documents révélés par «Chris Coleman» mettent en cause les journalistes Richard Miniter et Joseph Braud qui, essayaient de transmettre à l’opinion publique américaine l’idée que le Front Polisario avait des connexions avec le «terrorisme djihadiste soutenu par l’Algérie», ajoute la même source.

    Ces deux journalistes qui sont recrutés en tant qu’«analystes» par Ahmed Charaï, directeur du site l’observateur.ma, pour travailler avec les services secrets du Makhzen, font tout pour calomnier l’Algérie. Selon «Chris Coleman», les services de Richard Miniter ont été payés 60 000 dollars. Cela sans compter les nombreuses invitations à faire des voyages de luxe au Maroc. Idem pour Joseph Braud qui a également publié des articles diffamatoires à l’encontre du peuple sahraoui et de l’Algérie.

    Chris Coleman a dévoilé plusieurs informations sensibles sur le royaume chérifien, mails, ordres de virement, diverses correspondances concernant en particulier les activités de la DGED.

    Ce service est rattaché directement au Palais royal, est-il mentionné. Les documents dévoilées par ce «Snowden» marocain portent sur des virements de grosses sommes d’argent en dollars au profit d’un patron de presse, au Think Tank Républicain Center for the National Interest. 10 000 dollars pour une insertion publicitaire au profit d’une ONG spécialisée dans la résolution pacifique des conflits, 25 000 pour le think tank FPRI et des sommes aussi importantes au profit de titres de presse américains et britanniques.

    Le pirate marocaine a en outre posté un avis de virement de 60 000 dollars au profit du journaliste Richard Miniter du New York Post, un blogueur qu’Ahmed Charaï a fait passer pour un « grand journaliste d’investigation ». Sa tache était celle de salir la réputation de l’Algérie et accuser le Front Polisario d’accointance avec Al Qaïda. accusé d’écrire des articles anti-algériens et de faire un supposé lien entre le Front Polisario et Al Qaïda. (http://nypost.com/2010/11/02/letting-another-qaeda-bastion-grow/). Il a mis à nu toutes les pratiques de la DGED visant à corrompre des journalistes internationaux en vue de les engager pour la mission de dénigrer l’Algérie, de l’accuser de tous les torts en contrepartie de fortes sommes d’argent en devises.

    La campagne médiatique contre l’Algérie et le Front Polisario était l’axe principal du travail de lobbying des services de Mansouri, ami intime du roi du Maroc et l’un des hommes les plus influents du Maroc. Dans ce but, Rabat n’a pas hésité à espionner le secrétariat général ainsi que plusieurs personnalités de l’ONU.

    Dans un document attribué à la mission permanente du Maroc à Genève, daté du 18 octobre 2012 et portant la référence HB 2626, et adressé au ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération, il a révélé, également, un plan ourdi visant à pousser l’envoyé personne du Secrétaire général de l’ONU au Sahara occidental, Christopher Ross, à la démission, en raison de son attachement à une solution juste pour le contentieux sahraoui.

    Dans ce document, l’ambassadeur marocain à Genève révèle les ambitions derrière la relation qui le lie au chef de de cabinet du Haut-Commissariat pour les réfugiés, M. Athar Sultan Khan.Il prétend que ce dernier mène une campagne discrète pour promouvoir sa candidature potentielle pour succéder à M. Ross». Le palais royal marocain a tout fait pour se débarrasser de Christopher Ross à cause de son refus à adopter l’autonomie comme seule solution au conflit sahraoui.

    Dans le même document, l’ambassadeur marocain à Genève ajoute que «la candidature de M. Khan, au cas où elle se formaliserait, serait importante pour notre pays».

    Christopher Ross a fini par jeter l’éponge face à la partialité de certaines puissances occidentales qui encouragent le Maroc à durcir sa position. Il a été succédé par l’ancien président allemand qui, pour les mêmes raisons, a fini par démissionner. Guterres vient de proposer au ministre slovaque des affaires étrangères, Miroslav Lajcak, le poste d’envoyé pour le Sahara Occidental mais il a opté pour travailler pour l’Union Européenne dans le dossier des balkans.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, Algérie, USA, France, Lobbying, marocleaks,

  • Les martyrs de la liberté d’expression algériens ont été tués d’abord par le GIA et ensuite par ses soutiens parisiens

    L’hommage rendu cette année aux 123 journalistes et intellectuels algériens massacrés par l’hydre terroriste dans la décennie noire revêt une signification particulière.

    Car cette série d’assassinats annoncés, revendiqués et perpétrés par des groupes de psychopathes qui tournaient dans le giron du GIA, n’avait pas suscité à l’époque la moindre compassion et indignation de la part de ceux qui s’érigent aujourd’hui comme les gardiens autoproclamés de la liberté d’expression après l’ignoble carnage du 7 janvier dernier au cœur de Paris contre la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo.

    Pourtant l’idéologie qui a armé les bras des assassins de Paris était la même que celle qui avait armé les bras des assassins des 123 journalistes, intellectuels et employés de presse algériens entre 1993 et 1997.

    Comble de l’ignominie : il s’est trouvé à l’époque dans les rédactions parisiennes des plumitifs et des mercenaires acquis aux thèses des assassins pour semer la suspicion et véhiculer l’abjecte thèse de «qui tue qui».

    Ainsi les martyrs de la liberté de l’expression algériens ont été tués doublement : d’abord par les assassins du GIA et ensuite par leurs soutiens parisiens dont on apprend aujourd’hui avec stupéfaction, à la lumière des révélations de Chris Coleman, que ces plumitifs français étaient payés pour véhiculer de tels mensonges.

    Pourtant les assassins avançaient hier à visage découvert, exactement comme les assassins des journalistes parisiens aujourd’hui.

    Comme l’a souligné le journal l’Humanité, l’un des rares médias français à ne pas se laisser entraîner dans cette désinformation obscène, Reporters sans frontières, alors dirigé par le triste Robert Ménard, mais aussi certains journaux (ils se reconnaîtront) mettaient insidieusement les assassinats des journalistes au compte des services algériens qui manipulaient les groupes islamistes !

    Pire, pour se donner bonne conscience, ils parlaient de «sale guerre» et insinuaient que derrière chaque journaliste algérien se tenait un «flic», justifiant par anticipation les assassinats à venir.

    Pourtant, ces meurtres avaient été revendiqués par les islamistes à travers leurs organes (Minbar al-Djoumou’â, Feth el Moubine, al-Ansar, Etbcira) mais aussi par leurs dirigeants comme Anouar Haddam, Omar Chikhi (aujourd’hui amnistié par le régime) et par le Fida (Front islamique du djihad armé), une organisation agissant sous le contrôle du GIA, spécialisée dans les assassinats de journalistes, de militants progressistes et d’intellectuels. «Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.

    Si nombreux sont aujourd’hui ceux qui commencent à ouvrir les yeux, force est de constater que l’aveuglement volontaire, car idéologique, de certaines de nos élites politiques et intellectuelles, a encore de beaux jours devant lui.
    Certes, Bernard Emié, l’ambassadeur de France en Algérie, a eu le courage, la lucidité et l’honnêteté, dans son hommage aux victimes de l’attentat à Paris contre Charlie Hebdo, de ne pas oublier les victimes algériennes : «Mais je veux dire aussi que nous n’oublions pas non plus le très lourd tribut qu’ont payé les journalistes algériens dont près de 120 ont été tués pendant la décennie noire. Nous saluons aussi leur mémoire aujourd’hui.»

    Force cependant de constater que jusqu’ici cette position n’était pas celle, dominante à Paris, où, au nom de la défense de la démocratie en Libye et maintenant en Syrie, on continue de soutenir une pseudo opposition «modérée» qui n’existe que dans leur imagination, une opposition qui non seulement tue entre autres des intellectuels, mais aussi détruit des monuments érigés à la mémoire des grands symboles de l’Islam des lumières.

    Je veux parler de la décapitation en février 2013 par les terroristes de Jabhat al-Nosra (branche officielle d’al-Qaïda en Syrie) de la statue du poète-philosophe Abou al-Ala’ al-Maari, dans son mausolée érigé à sa mémoire par l’Etat syrien dans sa ville natale Maarrat al-Nou’man.

    Or, trois mois avant cette «décapitation», Laurent Fabius louait, avec son homologue saoudien Saoud al-Fayçal, depuis Marrakech où se tenait la conférences des mal nommés «amis du peuple syrien», en ces termes l’action de cette organisation terroriste : «al-Nosra fait du bon boulot.»
    Il y a quelques jours encore, on apprend par l’agence de presse tunisienne TAP (gouvernementale) que des intégristes «ont décapité la statue érigée à la mémoire du leader et réformateur fervent défenseur des droits de la femme, Tahar Haddad, auteur du livre-manifeste «Notre femme dans la loi et dans la société» dans sa ville d’El Hamma à Gabès.

    «C’est pour que ces psychopathes surgis des profondeurs du Moyen-Âge, que les journalistes et intellectuels algériens ont payé de leur vie. Pour une certaine idée de la liberté, du progrès, de la modernité et surtout pour l’avènement d’un Islam des lumières. Un Islam que ces assassins et leurs mentors voulaient justement empêcher. J’ai toujours présent à l’esprit, au moment où l’Algérie et derrière elles tous les libres penseurs du monde, rend hommage aux martyrs de la liberté de l’expression, cette leçon de courage administrée par Tahar Djaout, journaliste et écrivain algérien assassiné par le Front islamique du salut en 1993 : «Le silence, c’est la mort, et toi, si tu te tais, tu meurs. Et si tu parles, tu meurs. Alors dis et meurs.»
    Madjed Nehmé (Directeur du magazine français Afrique Asie)

    Source

    Tags : France, Algérie, Maroc, Lobby, décennie noire, journalistes, presse, GIA, terrorisme,

  • Macron attise la xénophobie contre les musulmans et les immigrants

    Par Jacques Valentin

    WSWS, 2 mars 2020

    L’attentat d’extrême-droite du 20 février à Hanau près de Francfort qui a fait 9 morts démasque les dangers soulevés par la décision de Macron et de la classe dirigeante française d’attiser les sentiments xénophobes.

    Ébranlé par le mouvement des «gilets jaunes», Macron affiche de plus en plus ouvertement sa proximité idéologique avec l’extrême droite. Alors que les travailleurs et les jeunes se préoccupent en France et à l’international des inégalités sociales, de la défense de l’environnement et du pouvoir d’achat, Macron, qui mène une politique de casse sociale généralisée, fait appel à la xénophobie. Il donne la priorité à l’immigration, au soi-disant communautarisme musulman et à l’insécurité.

    Attiser l’hostilité envers les étrangers et les musulmans est devenu la principale activité des collaborateurs politiques de Macron depuis plusieurs mois.

    En septembre dernier Macron donnait des discours qui présentaient l’immigration – et non pas l’exploitation capitaliste et les politiques de son propre gouvernement – comme cause de la pauvreté et des inégalités sociales: «Les bourgeois ne croisent pas l’immigration», a-t-il dit. «Ce sont les territoires les plus pauvres qui sont le réceptacle. Les classes populaires, elles, subissent le chômage, la pauvreté, mais elles subissent aussi ce sujet.»

    Fin octobre, Macron a accordé la plus longue interview écrite de son quinquennat à l’hebdomadaire ultraconservateur Valeurs Actuelles. C’était la première fois qu’un président français accorde une interview à un média d’extrême droite depuis la chute du régime de Vichy. Faisant référence aux musulmans, il déclarait lors : « Je lutte de toutes mes forces contre le communautarisme », et condamné la « sécession » communautariste.

    Lors de son voyage à Mulhouse en Alsace le 18 février, Macron a testé des nouveaux slogans. C’était un choix politique calculé. L’Alsace traditionnellement de centre droit a été une des premières régions à accorder des scores élevés au Front National il y a 30 ans. Marine Le Pen est arrivée en tête du premier tour de l’élection présidentielle en Alsace, mais seulement troisième à Mulhouse, derrière Macron et Mélenchon. Mulhouse est le deuxième pôle économique d’Alsace après Strasbourg. L’usine PSA Peugeot-Citroën y est le premier employeur de la région. La population ouvrière d’origine étrangère y est importante.

    La visite de Macron à Mulhouse et dans le quartier populaire de Bourtzwiller, a surtout été consacrée à des rencontres avec les élus, les administrations et les services de police et à des rencontres soigneusement préparées et encadrées avec des représentants d’associations. Les habitants inquiets d’être à nouveau stigmatisés pour leurs origines sociales et religieuses étaient tenus la plupart du temps à distance par des cordons de police, par crainte des protestations qui accompagnent maintenant la plupart des déplacements de Macron.

    Macron a lancé une série d’insultes contre les musulmans, reprenant les thèmes néofascistes. Il a attaqué le prétendu «séparatisme islamiste», thématique lancée par une centaine d’intellectuels de droite en 2018 dans Le Figaro et reprise depuis parl’extrême droite.

    Ce «séparatisme» caractériserait toute forme d’expression politique lié àl’Islam et mettrait en danger «l’unité de la République». Macron a déclaré à Bourtzwiller que «Dans la République, l’islam politique n’a pas sa place». Alors que des partis démocrates-chrétiens existent partout en Europe et que de nombreux politiciens français se revendiquent de leur identité religieuse chrétienne sur des sujets de société, il a déclaré que la religion musulmane serait séditieuse dans son expression politique.

    C’est dans ce contexte que le parti de droite Les Républicains (LR) agite depuis plusieurs mois sur la présentation de listes «communautaires» aux prochaines élections municipales, qui traduiraient une dangereuse montée de l’«islam politique». Des personnalités de droite exigent l’interdiction pure et simple de telles listes et appellent au vote d’une loi d’exception interdisant la représentation politique de l’Islam.

    A part la condamnation de l’Islam politique, Macron s’en est pris aux supposées «interventions étrangères», en déclarant: «Je ne laisserai aucun pays étranger nourrir, sur le sol de la République, un séparatisme, qu’il soit religieux, politique ou identitaire».

    Ainsi Macron a refusé de visiter le chantier de la mosquée Annour de Mulhouse, en fin de construction après 10 ans de travaux. La France compte 2.500 lieux de cultes musulmans (le plus souvent de simples salles aménagées pour la prière) pour environ 3 millions de pratiquants. La loi de séparation de l’Église et de l’État interdit le financement public des lieux de culte, et la construction de nouvelles mosquées est donc un problème récurrent.

    Les musulmans ne disposent évidemment pas de la mise à disposition gratuite des lieux de culte des religions existant de longue date en France. Reprenant les accusations de l’extrême droite, Macron reproche au projet Annour d’avoir été financé par une ONG du Qatar. Il a annoncé un contrôle renforcé des financements étrangers, pour pouvoir bloquer la construction des mosquées. «Nous devons savoir d’où vient l’argent, qui le touche et pour quoi faire», a-t-il lancé.

    La transparence demandée par Macron est pourtant à géométrie variable. La France entretient les meilleures relations politiques et économiques avec les régimes féodaux réactionnaires du Golfe. Elle fournit par exemple à l’Arabie Saoudite des armes pour mener sa guerre quasi génocidaire au Yémen. Le gouvernement a menacé d’arrestations et de procès les journalistes qui ont révélé ces livraisons d’armes.

    Pour les mêmes motifs d’ingérence supposée, la France va cesser d’accueillir les «imams détachés» envoyés par d’autres pays, comme la Turquie et l’Algérie, alors que ces contrats ne concernent que 300 imams. De même les 250 à 300 psalmodieurs-récitateurs du Coran venant d’Algérie et du Maroc ne seraient plus autorisés à venir en France à l’occasion du Ramadan.

    Macron a aussi annoncé la suppression des Enseignements de langue et de culture d’origine (Elco) dès septembre 2020. Ceux-ci permettent, via des accords entre Etats, à des enseignants étrangers de donner à environ 80.000 élèves issus de familles migrantes des cours dans la langue d’origine de leurs parents. Dans la paranoïa ambiante, complaisamment cultivée par Macron, ces enseignants sont soupçonnés d’endoctriner les enfants.

    Pourtant, la possibilité pour les enfants de migrants d’apprendre leur langue d’origine pendant leur scolarité est considéré par tous les pédagogues sérieux comme un enjeu important en terme psychologique, d’intégration sociale et de succès dans les apprentissages. Or le système d’enseignement français a toujours gravement négligé l’apprentissage des langues des minorités sociales d’origines étrangères. L’éducation nationale est dramatiquement sous dotée en enseignants qualifiés dans les langues concernées. Macron prône ainsi un conservatisme social éducatif qui renforce les inégalités sociales.

    La même semaine, le vendredi 21 février, la candidate de droite LR à la Mairie de Paris, Rachida Dati, ancienne ministre de la Justice du président Sarkozy, a expliqué à propos de la tuerie de Hanau que ce n’est pas le terroriste mais la politique d’ouverture des frontières qui était à mettre en accusation. Elle a déclaré sur la radio FranceInfo: «Merkel n’a pas mesuré les conséquences de l’ouverture massive des frontières [en 2015]; Quand elle le fait, elle le fait sans anticipation, sans cadre, sans même le gérer. Elle n’écoute pas son opinion publique, elle ne la prépare pas. Elle paie au prix fort cette ouverture massive des frontières».

    Dati a accusé la maire sortante de Paris, Anne Hidalgo, de «laxisme» et d’avoir fait les mêmes erreurs en encourageant l’arrivée des migrants à Paris. Elle a dit vouloir «faire le ménage» dans les «millions d’euros de subventions qui sont donnés à des associations qui, sous couvert de soutien scolaire, d’insertion, d’aide sociale, s’attaquent aux valeurs républicaines». Ainsi Dati reprend pour l’accentuer la poussée vers l’extrême droite initiée par Macron.

    Alors que la classe dirigeante allemande réhabilite l’extrême-droite, la classe dirigeante française renoue avec l’idéologie fasciste d’avant-guerre et le pétainisme dans sa volonté d’éradiquer tous les acquis sociaux d’après guerre. Mais ces évolutions traduisent la même crise profonde du capitalisme européen et mondial. Seule la classe ouvrière européenne, armée d’une perspective socialiste et internationaliste, est en mesure de défendre les droits démocratiques de la classe ouvrière et de lutter efficacement contre le retour des idéologies et des gouvernements fascisantes en Europe et ailleurs dans le monde.

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    Tags : France, Macron, racisme, xénophobie, islamophobie, discrimination,

  • Le COVID-2019, l’invité surprise : Le monde aux aguets

    Il est devenu un incontournable de la vie quotidienne dans la planète entière. Même les scientifiques s’entremêlent leur écheveau, s’en remettant aux opérateurs de la virologie, et vice-versa. Toute la chaîne de recherches et d’échanges d’informations semble rompue, tellement ce virus qui nargue le monde, reste indentifiable, introuvable. Même son nom de code – Covid-2019 – renvoie les spécialistes de la virologie à leurs études, tellement ils piétinent en conjectures.

    La guerre au Coronavirus s’est installée dans le globe terrestre et ses environs, les grenadiers voltigeurs de l’épidémiologie savent seulement que ce Covid-2019 est le résultat d’une mutation génétique». Entre temps, si cet invité jaillit de Chine n’est ni quadrillé, ni sous contrôle, il se transformera en bombe à fragmentation planétaire.

    A l’origine de son «spectaculaire rayonnement», l’absence jusque-là de tout traitement et pire encore, de vaccin. Avec 78.000 contaminations et 2.700 morts dans notre univers déjà malade par le réchauffement climatique, les crises politiques, les atteintes aux droits de l’homme et de vie comme en Palestine, le Coronavirus s’ajoute aux épreuves du 21ème siècle.

    Depuis l’épicentre de Wuhan où la mortalité oscille aujourd’hui entre 2 et 4%, le Covid-2019 jette l’effroi. La chine, l’Iran, l’Arménie, la Turquie, la Jordanie, le Pakistan, l’Irak et l’Afghanistan, ont déjà bouclé leurs frontières avec tout pays potentiellement porteur du virus le plus dangereux en ces temps, les dernières technologies de l’information.

    La Chine a annoncé mercredi, un bilan de 52 morts du Coronavirus au cours des dernières 24 heures, portant à 2.715 le total cumulé depuis l’apparition de la pneumonie virale en décembre dans le Hubei, au centre du pays. Une consolation dans la gestion de ce drame, ces 52 nouveaux décès, chiffre le plus bas depuis 3 semaines dans cette province.

    Le Hubei compte également 401 des 406 nouveaux cas de contamination répertoriés hier. La situation semble s’améliorer en Chine, laquelle compte désormais plus de 78.000 cas de contamination, suivie dans ce lugubre bréviaire par la Corée du Sud, deuxième foyer mondial derrière la Chine.

    Séoul qui semblait contenir l’épidémie, a enregistré lundi dernier, 231 nouvelles contaminations, avec soudainement un pic de 7 décès et un autre de 833 contaminés, des chiffres qui ont explosé lors des dernières 48 heures.

    A l’évidence, le monde dans sa totalité, n’est pas prêt à contenir l’avance, particulièrement l’éparpillement de la contagion. L’Iran, l’Europe, notamment l’Italie et la France, sont confrontés à la même progression de la maladie, impuissants à juguler son avancée rampante. 324 nationaux contaminés, 12 morts, le pays de la majestueuse Rome et de son rayonnant Colisée vidé de ses traditionnels touristes, vit aux bruits de la peur. Cette destination vit sous la psychose, puisqu’en 4 jours, de 6 personnes infectées, ce nombre a flambé, atteignant le seuil dangereux de 229 cas ! Un cordon sanitaire a été dressé autour de 11 villes du Nord, le fameux festival de Venise annulé et les marchés boursiers en Europe, aux Etats-Unis et au Japon volant en éclats.

    La France n’échappe pas à cette série et à la règle de la proximité: 17 cas notifiés depuis l’apparition de Covid-2019 dont 3 confirmés positifs hier et surtout, une première victime de 62 ans. Elle venait de Chine, un cas qui a jeté le froid ce mercredi 26 février dans les pouvoirs publics et la société civile. Et même si 11 personnes contaminées ont été guéries, le nouveau ministre français de la Santé, a confirmé «le risque d’épidémie existe».

    L’Italie et sa voisine ont déclenché le branle-bas de la mobilisation, interpellés par le déficit d’un guide de méthodologie pour enrayer la propagation du fléau. On retiendra enfin, que le Covid-2019 voyage apparemment vite et bien, y compris dans les décors développés, puisque le Canada a identifié un autre cas présumé de Coronavirus en Ontario, une femme d’une soixantaine d’années ayant séjourné en Iran. Ce qui porte à cinq le nombre de cas présumés ou confirmés dans la province et à 12, le nombre total de cas au pays.

    Et quid de l’Algérie ? Le premier cas avéré reconnu et pris en charge par les autorités sanitaires, prend déjà la dimension d’un test concluant de la part des opérateurs concernés. Les mesures de contrôle et de vigilance établies depuis le rapatriement des Algériens se trouvant à Wuhan, ont été renforcées. Les jours et l’actualité à venir, nous édifierons sur la qualité et la fiabilité de cette mobilisation.

    En attendant, nous n’avons pas vu dans les structures hospitalières du pays, toutes envergures comprises, le personnel médical et paramédical exercer avec les masques et les gants de protection. Est-ce qu’aucune instruction n’a encore été diligentée ?

    Par Fayçal Haffaf

    Ouest Tribune, 26 fév 2020

    Tags : coronavirus, pandémie, Chine, Algérie, Italie, France, contagion,