Tag: corruption

  • Ces chefs d’Etat africains qui président avant tout à leur propre intérêt

    Guinée équatoriale, Congo-Brazzaville, Gabon : ces chefs d’Etat africains qui président avant tout à leur propre intérêt

    Corruption

    Gilles Gaetner a mené une enquête de plusieurs années sur de nombreux dirigeants africains au Congo Brazzaville, en Guinée Equatoriale ou bien encore au Gabon. Il dévoile l’étendue des scandales dans l’entourage des présidents et révèle l’injustice organisée dans les plus hautes sphères du pouvoir. “Pilleurs d’Afrique” est publié aux éditions du Cerf. Entretien.

    Atlantico : Dans votre livre “Pilleurs d’Afrique” publié aux éditions du Cerf, vous vous êtes attardé sur les pratiques des chefs d’Etat de trois pays africains (la Guinée équatoriale, le Congo-Brazzaville et le Gabon) en soulignant leur train de vie démesuré rendu possible grâce aux caisses de ces Etats et aussi, vous le soulignez, avec la complaisance d’institutions bancaires et étatiques françaises. Peut-on parler d’un retour de la françafrique ?

    Gilles Gaetner : Je reste prudent, cela n’a rien à voir avec la françafrique de Foccard. Pour moi l’on peut parler de restes de la françafrique dans la mesure où il y a un certain nombre d’intervenants français proches de ces chefs d’Etat africain (en particulier de Sassou-Nguesso) et qui font une interaction entre ces Etats et certains industriels français qui bénéficient de contrats. C’est un français qui gère la fortune de Nguesso par exemple via des sociétés offshore (il aurait géré à un moment près de 60 millions d’euros).

    Pour autant on ne peut pas parler d’un retour de la françafrique, il n’y a pas exemple plus de cellule Afrique à l’Elysée par exemple. On peut aussi noter que les relations ont été très froides avec le président François Hollande. Nguesso pendant la présidentielle était un partisan de François Fillon et, lorsque Macron a été élu, s’est contenté d’un message très diplomatique pour féliciter le nouveau chef de l’Etat.

    Les choses ont changé et à mon avis il y a un phénomène assez important qui prouve que la françafrique est beaucoup moins importante qu’avant c’est l’initiative qu’a prise le président quand il est allé au Burkina Faso quand et qu’il a dit qu’il déclassifierait des documents secret-défense pour connaître la vérité sur la mort de Thomas Sankara.

    A force de vous voir énumérer les cas de corruption on en vient à se poser la question de l’inefficacité des mécanismes de contrôle internationaux ? Comment l’explique-t-on ?

    D’abord il faut souligner la complexité des montages financiers qui sont réalisés à travers des paradis fiscaux (comme Hong-Kong par exemple) et des sociétés écran. Dans la mesure où tout cet argent provient du trésor public de chaque pays il est compliqué pour les instances internationales d’intervenir.

    Maintenant la France est compétente pour instruire les trois cas des chefs d’État africain. La Cour de cassation a estimé que le produit de l’infraction avait eu lieu en France à travers les achats de voiture, de biens immobiliers…

    Les trois États mis en cause considèrent qu’instruire ces cas relève de l’atteinte à la souveraineté des pays acquéreurs de ces biens et cela entraîne non seulement un débat juridique mais aussi des tensions diplomatiques. Il n’empêche que dans le cas de l’affaire Obiang, le fils du président déclare 8000 euros par mois de revenus. Avec ces indemnités il semble difficile de pouvoir acheter un hôtel particulier de 100 millions d’euros ou une maison à Malibu de 28 millions d’euros. L’attitude de la société générale dans le cas d’Obiang est d’une bienveillance absolue. Ce qui interroge.

    Comment explique-t-on cette bienveillance générale ?

    Ce sont les vestiges de la françafrique. On fait très attention à ces chefs d’Etat africains. Nous sommes prudents. Il y a des relations commerciales et économiques fortes avec les Etats en question et d’importants intérêts français dans ces pays. Maintenant il est intéressant aussi de souligner que les intérêts français dans cette région du monde s’estompent et que les Chinois prennent une place de plus en plus importante.

    Enfin, il est évident que lorsque l’on voit cette nomenklatura composée de même pas une cinquantaine de personnes qui accaparent les richesses et vivent sur un train de vie phénoménal alors que la population de ces pays vit souvent dans une situation d’extrême pauvreté cela laisse pantois.

    Il est bien difficile de prédire la suite mais cette situation ne peut pas bien se terminer.

    Gilles Gaetner est journaliste d’investigation chez Atlantico. Il a été journaliste aux Echos, à la Vie française, au Point et de 1986 à 2009, rédacteur en chef adjoint à L’Express, chargé de l’investigation.

    Il est l’auteur de La République des copains (Flammarion, 2005), Règlements de comptes pour l’Elysée – La Manipulation Clearstream dévoilée (Oh! Editions, 2006, avec Jean-Marie Pontaut), La République des imposteurs (L’Archipel Editions, 2014) et Les journalistes ne devraient pas dire ça (L’Artileur, 2017).
     

     
    Tags : Afrique, françafrique, corruption, 
  • Sénégal : les mercenaires du Maroc s’entredéchirent

    Tags : Maroc, Sénégal, Mankeur Ndiaye, Cheikh Tidiane Gadio, corruption,

    Dans le bras de fer opposant Mankeur Ndiaye et Cheikh Tidiane Gadio, il semble que le premier a gagné la partie puisqu’il a obtenu le limogeage de Gadio du Forum international de Dakar sur la paix et la sécurité en Afrique. Selon la presse sénégalaise, Gadio paye son “NON” au référendum. En réalité, les rivalités entre les deux hommes datent d’avant le référendum. Cette rivalité a été dévoilée par les documents du Moroccoleaks publiés par le mystérieux cyber-activiste Chris_Coleman24.

    Dans une lettre envoyée, le 10 septembre 2014, par l’ambassadeur du Maroc au Sénégal, Taleb Barrada, celui-ci fait part d’une audience que Mankeur Ndiaye lui a accordé. “Le Ministre sénégalais a soulevé un point qui semblait lui tenir à cœur, à savoir : la visite au Maroc, en août dernier de l’ancien MAE sénégalais Monsieur Cheikh Tidiane GADIO, Envoyé Spçecial de l’OCI pour la Centrafrique”, a écrit Barrada. 

    Ndiaye, après avoir reçu le cadeau marocain de 8.224.754 francs CFA pour le prétendu pèlerinage de ses parents, s’en est pris déloyalement à celui qui était son patron à la tête du ministère des Affaires Etrangères, Cheikh Tidiane Gadio en utilisant des propos qui dévoilent sa nature de mercenaire qui ne pense qu’à se remplir les poches avec l’argent récolté au nom du Sénégal. “Le Ministre sénégalais a avancé également que s’il y a aide du Maroc, il devrait être accordé à l’Etat du Sénégal et non à Monsieur Gadio”. Tout est dit. Entre les autorités marocaines et sénégalaises c’est la “transparence”. Ceux qui croient que les relations entre le Maroc et le Sénégal sont basées sur des intérêts des deux pays et des deux peuples n’ont qu’à lire les documents qui apparaissent sur les photos.

    #Maroc #Sénégal #Corruption

  • Mme Pillay remercie le Maroc pour ses “aimables cadeaux”

    Tags : Maroc, HCDH, Navi Pillay, droits de l’homme, corruption,

    Suite à sa visite au Maroc, Mme Navy Pillay, Haut Commissaire aux Droits de l’homme à l’époque a envoyé une lettre de remerciement au Maroc datée du 04 juillet 2014.

    Dans cette lettre, Mme Pillay remerci “la chaleureuse hospitalité et les aimables cadeaux” offerts par le ministre des affaires étrangères marocain.

    “J’ai apprécié votre franchise en discutant la position du Maroc sur le Sahara Occidental. J’ai apprécié que Sa Majesté et tous les niveaux du Governement m’ont réitéré l’importance donnée à la protection et la promotion des droits de l’homme est la même au Maroc et au Sahara occidental”, a-t-elle ajouté.

    “Dans ma déclaration de presse et mes rencontres avec votre gouvernement, j’ai apprécié les efforts considérables que le Maroc a fait en entreprenant des projets d’investissement et de développement au Sahara occidental. J’ai aussi pris note du rôle positif joué par les commissions régionales du Conseil des Droits de l’Homme (CNDH) à Laayoune et à Dakhla. Cependant, je constate que les défis demeurent en termes de leur capacité et de leur habilité à remplir pleinement leur mandat”, signale Mme Pillay.

  • Algérie : La gestion démocratique des…fourbes

    En vrac par Madjid Khelassi

    Corona ou pas corona…Le passage devant la justice des ex-membres du système Boutef ne connaît ni pause ni ajournement. Et depuis quelques jours, c’est une grosse pointure de l’ancien régime qui défraie la chronique.

    Abdelghani Hamel, ex-premier flic du pays, ou plus prosaïquement Directeur général de la sûreté nationale- DGSN, comme on dit dans les commissariats.

    Il est poursuivi avec l’ensemble de sa famille dans plusieurs affaires dont entre autres, enrichissement illicite, blanchiment d’argent, trafic d’influence, abus de fonction, obtention de foncier par des moyens illégaux.

    Ce n’est pas un procès mais une saga judiciaire digne d’un époustouflant thriller. Cela pourrait s’intituler : gestion démocratique des fourbes…tant les protagonistes de cette affaire se sont alignés comme des oignons pour « rendre service » à Si El Hamel et sa famille.

    Terrains agricoles et assiettes touristiques en milliers d’hectares, appartements, villas, locaux commerciaux, ports secs.

    Walis serviles, chefs de sûreté de wilaya religieusement obéissants, ministres indignes, directeurs des domaines marrons, banquiers-entremetteurs peu regardant sur le fric du peuple.

    Des entreprises labyrinthiques, des comptes bancaires à foison, milliards sur milliards à donner le tournis au plus matheux des juges.

    Un des rejetons qui gagne 130 milliards en 3 ans, la fille qui s’égare jusqu’à ignorer où commencent et où finissent ses affaires, la mère perdue dans ce magma de monstruosités. L’inventaire ne rechignerait Prévert himself !

    L’affaire El Hamel ou la face trompeuse des mondes gigognes de l’exercice du pouvoir, qui mêlent mission de service public et rapine. Éthique et malversations, abus de fonction et enrichissement sans gène.

    L’affaire El Hamel, qui loin d’être sans pareille est la chronique d’un pillage programmé.

    Les poursuivis dans cette affaire nient en bloc, affirment que les Hamel ont obtenu ces avantages comme le reste des citoyens !!! Argent et bakchich, prévarication et fourberie…gigantesques entrelacs du crime en col blanc. Et galerie de personnages qui ne sont pas moins que les enfants dégénérés d’un système qui ne l’est pas moins.

    Zoukh a donné instruction pour ne pas inquiéter Chahinez Hamel, dit l’un des prévenus…La consanguinité du poste et des méfaits fut un mariage programmé dans la gestion démocratique des…fourbes.

    La Nation, 16 mars 2020

    Tags : Algérie, justice, corruption, Hamel, tribunal,

  • «MARIANNE» : «Une explosion sociale est imminente au Maroc»

    SELON LE MAGAZINE FRANÇAIS «MARIANNE» : «Une explosion sociale est imminente au Maroc»

    Alors que ses appareils de propagande et ses relais s’en prennent à l’Algérie, qui s’en est sortie admirablement de la crise, le Maroc serait à la veille d’une « explosion sociale imminente », selon l’hebdomadaire français, Marianne.

    Dans un article consacré à ce pays , « havre de stabilité » selon ses nombreux thuriféraires payés à prix d’or et des médias étrangers dont occidentaux, l’hebdomadaire français Marianne , s’appuyant sur les témoignages de militants associatifs marocains qui mettent en avant une «situation difficile», résultat d’«énormes inégalités favorisées par le pouvoir en place», le Maroc est au bord d’une explosion sociale.

    Dans une tribune signée par l’artiste marocaine Rabia Franoux Moukhlesse, cette dernière pointe les «promesses non tenues» par le régime marocain après la première révolution du 20 février qui avait éclaté dans le sillage des soulèvements populaires dans plusieurs pays du Maghreb et du Moyen-Orient en 2011.

    «Les Marocains espéraient un renouveau total. Le changement étant toujours pour demain, le Maroc a vécu les révolutions arabes à travers ce que l’on a appelé le mouvement du 20 Février. Le trône a semblé vaciller et des changements constitutionnels ont été opérés pour calmer les esprits. Et voilà que dix ans de plus ont passé et où en sommes-nous ?» s’interroge cette militante féministe. Et d’apporter la réponse : «Les riches sont plus riches et les pauvres sont plus pauvres», en regrettant que «le Maroc assume pleinement ces écarts humainement monstrueux» et en relevant que «Casablanca recense plus de 8 000 millionnaires en dollars, ce qui est plus que Londres, New York ou Hong-Kong» et que «des fortunes personnelles ont été multipliées par 3 ou 4 en moins de 5 ans», tandis qu’une «masse de jeunes sans travail rêve de l’Europe et risque sa vie pour accéder à une vie sans faim».

    «Tout ceci côtoie une classe moyenne qui se paupérise face au coût de la vie après avoir récemment émergé et, surtout, une cohorte de pauvres faisant l’immense majorité du Maroc», note encore Rabia Franoux Moukhlesse, qui explique que la jeunesse marocaine «veut vivre décemment», «souhaite un peu de liberté» et «attend une meilleure répartition de toutes ces richesses qui s’étalent avec indécence devant ses yeux». D’où une «situation explosive où les citoyens sont à bout de nerfs et n’ont plus rien à perdre», écrit-elle, en mettant en garde contre les tentations des milieux extrémistes religieux qui recrutent à tour de bras.

    «Ils ne leur reste plus au pire qu’à se laisser embrigader dans un islam radicalisé qui leur promet un monde meilleur dans l’au-delà, un peu de considération ici-bas, mais à condition d’essaimer leur vision délétère et la violence qui va avec», avertit-elle. «On assiste aussi à une radicalisation de la répression», note Rabia Franoux Moukhlesse, selon laquelle «toute personne ayant l’audace de dire tout haut ce que tout le monde pense tout bas doit faire face au système judiciaire».

    «La parole n’est pas libre, l’information n’est pas libre, la société n’est pas libre», observe-t-elle, en expliquant qu’un «simple tweet, un blog, une chanson, une enquête d’investigation, une attitude postée sur Facebook, une morale non conforme aux mœurs d’un autre temps et vous pouvez goûter à l’hospitalité des prisons marocaines pour 4, 5 ou 25 ans». Cette tribune tranche avec l’unanimisme bon teint qui règne en France sur la situation réelle au Maroc.

    Mokhtar Bendib

    Le Courrier d’Algérie, 16 jan 2020

    Tags : Maroc, printemps arabe, répression, despotisme, corruption, népotisme, clientélisme,

  • Révélations sur les politiques français achetés par le Qatar… le livre qui fait trembler la classe politique

    C’est un véritable brûlot, paru jeudi 20 octobre. Qui va, là encore, mettre le Parti Socialiste en ébullition. Mais pas que lui: la droite et le Front national aussi. Rachida Dati, Ségolène Royal, Jean-Marie Le Guen, le député Nicolas Bays, la sénatrice Nathalie Goulet, Dominique de Villepin, Jack Lang….

    Tous sont mentionnés dans Nos très chers émirs, le dernier essai des deux journalistes spécialistes du monde arabe, Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Un ouvrage fouillé, précis, qui raconte les liaisons dangereuses entre certains politiques français de premier plan et les monarchies du Golfe. Le tout sur fond d’attentats terroristes et de gros contrats difficiles à décrocher…

    Parmi les déclencheurs de cette enquête explosive: le changement d’ambassadeur du Qatar en France. Le nouveau représentant de Doha, Meshaal al-Thani refuse d’être aussi généreux que son prédécesseur. Les auteurs racontent « trois ans après son arrivée à Paris, il semble las de toutes ces pratiques ». Un de ses amis témoigne:

    Meshaal, qui a été en poste en Belgique et aux Etats-Unis, me dit souvent: « Je n’ai jamais vu cela, auparavant! J’ai fréquenté des politiques partout ; mais aucun ne s’est comporté comme certains Français, aucun ne m’a demandé de l’argent aussi abruptement, comme si c’était naturel, comme si on leur devait quelque chose! On n’est pas une banque ».

    Le livre fourmille de détails et d’anecdotes récentes souvent ravageuses. Challenges en publie quelques extraits.

    «L’ambassade du Qatar : la boutique du Père Noël»

    «A Noël, Mohammed al-Kuwari offrait aux membres du groupe d’amitié France-Qatar à l’Assemblée nationale des montres Rolex ou des bons d’achat dans des grands magasins», selon ces extraits.

    «Pour certains hommes politiques, pour certains élus, pas tous, l’ambassade du Qatar, c’était tout à la fois un distributeur de billets de 500 euros, une agence de voyages, et la boutique du Père Noël», a affirmé Christian Chesnot sur France Inter «C’est à dire que, pendant plusieurs années, jusqu’à aujourd’hui, le Qatar reçoit des sollicitations (…) des demandes de subventions pour financer une mosquée, une école, une association. Et puis il y a des hommes politiques qui sont vraiment à l’offensive, qui vraiment demandent de l’argent.»

    Jean-Marie Le Guen, sans vergogne

    Comme l’explique un officiel à Doha, Jean-Marie Le Guen annonçait clairement la couleur. « Il disait à nos diplomates à Paris: « En tant que ministre en charge des Relations avec le Parlement, je tiens tous les députés et sénateurs de mon camp, via les questions au gouvernement. Je peux bloquer des questions hostiles au Qatar, ou au contraire les alimenter. Mais je n’ai pas à le faire gratuitement ». Bref, « il nous faisait littéralement du chantage ».

    La duplicité de Rachida Dati

    Ah, le luxueux 7ème arrondissement! Là où résident tant d’ambassadeurs en poste à Paris. Comme l’émir père, Rachida a le sens de l’opportunité, ne craignant pas d’user et d’abuser de son carnet d’adresses. Elle a donc eu l’idée de lancer un Club des ambassadeurs, qui se réunirait périodiquement dans son arrondissement. Belle idée! Mais il fallait un peu d’argent pour faire tourner la danseuse de Mme Dati. Qu’à cela ne tienne! Rachida est allée frapper à la porte de… l’ambassadeur du Qatar.

    « Elle ne demandait pas moins de 400.000 euros pour son association », s’étonne encore un membre de l’ambassade. Une somme extravagante! Rachida Dati présente sa requête lors d’un dîner avec Meshaal al-Thani, un dimanche soir, le 22 novembre 2015 exactement. Mais le diplomate lui fait comprendre qu’il sera difficile d’y répondre positivement. Elle semble choquée par ce refus, qui lui sera notifié par une lettre officielle signée du représentant du Qatar en France.

    Le lendemain matin, Rachida Dati est l’invitée du talk show de Jean-Jacques Bourdin sur RMC. Nous sommes dix jours après les attentats du Bataclan et du Stade de France. L’ancienne ministre change de pied et charge le Qatar: « L’Arabie Saoudite ou même le Qatar ont une volonté de développer leur idéologie, notamment pour contrer l’islam chiite, affirme-t-elle. On a des pays du Golfe qui financent des mosquées, des associations, des imams […], des structures qu’on ne contrôle pas », regrette-t-elle. Quand il entend cela, l’ambassadeur n’en revient pas. « Elle dîne avec moi en me demandant de l’aider, et le lendemain elle nous traîne dans la boue ».

    Jack Lang, profiteur

    À la tête de l’Institut du monde arabe (IMA), Jack Lang est cité non seulement par l’ambassade du Qatar, mais aussi par celles d’Arabie et des Emirats arabes unis comme un interlocuteur sans scrupules. « Il vient réclamer trois places en Business pour sa femme et son ami, lorsqu’on l’invite à Abou Dhabi, fulmine un membre de l’ambassade des Emirats. Et si jamais on refuse, on court le risque qu’il critique publiquement les Emirats ».

    Dominique de Villepin « la first », sinon rien

    Villepin, lui, exige d’être en First class, sinon il boude les invitations à Doha, renchérit un autre diplomate de l’ambassade du Qatar. Une fois, Villepin a annulé sa participation à un colloque parce qu’il était en Business et pas en First class. L’ambassadeur en est resté abasourdi. Autre certitude: l’ancien Premier ministre, devenu avocat d’affaires, ne dit pas du bien du Qatar pour rien, comme tous ceux dont nous avons rapporté le comportement. « La France n’a aucune preuve de l’implication du Qatar dans le financement du terrorisme », affirmait Villepin le 4 novembre 2015 sur Europe 1″.

    La sénatrice Nathalie Goulet réclame son cadeau de Noël

    La sénatrice de l’Orne, Nathalie Goulet, essuya elle aussi chaque fois un refus clair et net du représentant du Qatar à Paris. Elle a pourtant multiplié les demandes. Fin 2015, elle appela d’abord le bureau de l’ambassadeur pour se plaindre de n’avoir pas reçu son cadeau de Noël. « Comment se fait-il que je n’aie pas reçu mon cadeau de fin d’année, d’autres sénateurs en ont eu un et pas moi? », protesta-t-elle. « Qu’elle aille au diable! », maugréa Meshaal lorsque son collaborateur lui rendit compte de l’appel de Mme Goulet.

    Quand le Qatar fut attaqué par des politiques ou dans la presse après les attentats, la sénatrice n’hésita pas à proposer à l’ambassade d’organiser un colloque, contre rétribution bien sûr. La représentation diplomatique dit niet. Depuis, Mme Goulet l’avoue sans ambages: « Je n’aime pas beaucoup le Qatar ».

    Le culot du député Nicolas Bays

    S’il y a un député dont l’ambassadeur du Qatar se montre particulièrement lassé, c’est Nicolas Bays, élu socialiste du Nord–Pas-de-Calais. Membre du groupe d’amitié France- Qatar, il était proche de l’ancien ambassadeur Mohammed al-Kuwari. Avec son successeur, Bays ne fait pas dans la dentelle. Il a personnellement envoyé un SMS à Meshaal al-Thani, dont un témoin nous a rapporté le contenu: « J’ai des problèmes financiers actuellement. La mère de notre jeune enfant est fatiguée. Je voudrais l’emmener à l’étranger. Mais mon budget est un peu serré. Peux-tu me faire inviter dans un hôtel de Doha et nous payer un billet d’avion sur Qatar Airways? Cela m’aiderait, s’il te plaît ».

    Loin d’être découragé par un premier refus, le député Bays a sollicité à deux reprises encore, par SMS, l’ambassadeur du Qatar. Une première fois, pour lui demander de l’argent afin de payer des travaux dans sa maison. Le diplomate n’a pas répondu. Enfin, il n’a pas hésité à lui réclamer des chaussures de marque.

    Le dépit de Jean Vincent Placé

    Autre victime de la nouvelle donne, le ministre vert Jean-Vincent Placé, qui se plaint dans le carré VIP du PSG que l’ambassadeur actuel ne l’invite plus à des week-ends. « Placé ne recevait pas que des cadeaux de son prédécesseur », souligne un proche de l’ambassade qui refuse d’en dire plus.

    Les ambigüités de la mairie de Cannes

    La mosquée Al-Medina Al-Mounawara de Cannes est financée à 100% par Saleh Kamel, le PDG de la chaîne de télévision coranique Iqraa, qui habite la ville. Il voulait créer un lieu de culte près de sa villa pour aller prier. L’homme d’affaires saoudien a joué la transparence en associant Bernard Brochand, le maire de la ville de 2001 à 2014, à son projet, sans que celui-ci ne s’y oppose le moins du monde. À tel point, raconte Bernard Godart, qu’à l’époque « le cabinet du maire m’a appelé au ministère de l’Intérieur pour me demander si je connaissais un imam susceptible d’officier dans la mosquée! J’ai répondu que non, car évidemment ce n’était pas de mon ressort ».

    Un magnat saoudien de la presse, Hicham Hafez, s’est lui aussi fait construire une petite mosquée près de la Croisette, à Cannes où il passe ses vacances. Là encore, avec l’aval de la municipalité! Il l’a financée sur ses deniers personnels – 250.000 euros. La mairie de Cannes a donc accordé à deux riches Saoudiens le droit de bâtir chacun sa mosquée dans la ville, alors qu’aujourd’hui les autorités locales interdisent aux Françaises de porter le burkini à la plage. Certains ne manqueront pas de relever une certaine incohérence entre ces deux décisions… »

    Bruno Le Maire n’a pas gardé la montre, mais d’autres ministres oui!

    « Je vais vous raconter une anecdote, confie le candidat à la primaire à droite, depuis la terrasse de son QG de campagne dans le 6e arrondissement de Paris. En 2009, quand j’étais ministre de l’Agriculture, j’avais été chargé d’accompagner cheikh Hamad, l’émir du Qatar pendant quatre heures dans Paris. À la fin, il m’a fait cadeau d’une montre Patek Philip cerclée de diamants, d’une valeur de 85.000 euros. Vous imaginez, cela représente une année de mon traitement de député! Je l’ai mise dans le coffre du ministère. Je pense qu’elle doit y être encore! »

    L’ancien diplomate et directeur de cabinet de Dominique de Villepin au ministère des Affaires étrangères connaît les arcanes de nos relations avec les monarchies du Golfe. « Leurs dirigeants fonctionnent avec de la flatterie. Ils sont d’une grande amabilité. Ils vous proposent des cadeaux. Regardez les poignets de bon nombre de ministres! », sourit Bruno Le Maire.

    S’agissant de Ségolène Royal, les auteurs notent que « l’ambassade se montre aujourd’hui beaucoup moins généreuse avec la ministre socialiste de l’Environnement. La relation s’est nouée lorsqu’elle était candidate du parti socialiste à l’élection présidentielle, en 2007 ». Elliptique… Juste avant sa mort, Christophe de Margerie, le défunt patron de Total, confiait à Christian Chesnot et George Malbrunot: « Tout s’achète, y compris les hommes, ce n’est qu’une question de prix ». Apparemment, dans la classe politique française, le shopping se fait parfois à grande échelle.

    Tags : France, Qatar, corruption, Christian Chesnot, George Malbrunot, Rachida Dati, Jack Lang, François Fillon, Jean-Marie Le Guen, Dominique de Villepin, Nathalie Goulet, Nicolas Bays, Cannes, Bruno Lemaire,

  • Makneur Ndiaye ou l’empreinte de la France aux Nations Unies

    Le 6 février 2020, le Secrétaire général de l’ONU, M. António Guterres, a nommé M. Mankeur Ndiaye, du Sénégal, au poste de Représentant spécial du Secrétaire général pour la République centrafricaine (RCA) et Chef de la Mission multidimensionnelle intégrée des Nations Unies pour la stabilisation en République centrafricaine (MINUSCA).

    Une nomination qui est une aberration et dit long sur l’influence de la France colonialiste sur le Secrétaire Général de l’ONU.

    Mankeur Ndiaye a été limogé par le président sénégalais suite à un scandale dont il a été l’objet lorsqu’il détenait le poste de ministre des affaires etrangères du Sénégal jusqu’au jour où le peuple sénégalais a découvert qu’il se rendait régulièrement à l’ambassade du Maroc à Dakar pour recevoir un cadeau de plus de 8 millions der francs CFA. Le prétexte évoque pour justifier cette livraison « de la main à la main » selon une lettre de l’ambassadeur marocain, est qu’il veut aider trois membres de sa famille à accomplir le devoir de pèlerinage  à La Mecque ».

    C’est ainsi que le Maroc s’assure les services des sénégalais en vue de les stimuler à défendre ses thèses expansionnistes sur le Sahara Occidental.

    Mankeur Ndiaye est la honte des dirigeants africains qui encouragent la corruption, la gabegie et la soumission aux Etats étrangers pour des buts purement égoïstes et destructeurs du rêve africain de bâtir un continent libre, démocratique et prospère.

    Cette nomination est une gratification de la part de la France à un fidèle serviteur de la françafrique dont le premier membre est le président sénégalais Macky Sall dont ont dit qu’il a reçu 50 millions d’euros de la part de Mohammed VI. Non sans raison, Macky Sall se trouve à la tête des dirigeants africains qui menacent l’Union Africaine d’implosion pour payer la générosité des autorités de Rabat.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Sénégal, corruption, Mankeur Ndiaye,

  • La Banque Mondiale au coeur d’une arnaque africaine ?

    Une partie de l’aide aux pays pauvres est détournée par les élites africaines qui placent l’argent dévoyé dans les paradis fiscaux, accuse une étude. Papa Demba Thiam, un ancien fonctionnaire de la Banque mondiale, appelle à des réformes en profondeur et suggère que l’institution aiderait davantage l’Afrique en y menant une politique active d’industrialisation.

    Dévoilé il y a une dizaine de jours, le scandale de détournement de l’aide au développement versée par la Banque mondiale à des pays pauvres défraie la chronique, particulièrement en Afrique. Selon l’étude «Elite Capture of Foreign Aid» réalisée par l’un de ses cadres et deux collaborateurs extérieurs, une partie des financements serait dévoyée par les élites des pays assistés et placée dans des comptes offshore en Suisse, au Luxembourg et dans d’autres paradis fiscaux. Pour Papa Demba Thiam, un économiste sénégalo-suisse qui a travaillé pendant quatorze ans à la Banque mondiale, le rapport qui incrimine les dirigeants africains corrompus reflète la réalité. Mais ce n’est que le côté pile de la pièce.

    Côté face, selon Papa Demba Thiam, «la corruption est à la Banque mondiale. Ses cadres sont présents à chaque étape – de la conception à l’évaluation finale, en passant par le financement par tranches – de tout projet, détaille-t-il. Le décaissement ne se fait pas sans avoir obtenu le satisfecit de la mise en œuvre. Il y a forcément des complicités à l’intérieur.»

    Ce n’est pas la première fois que la Banque mondiale est confrontée à de telles accusations. Pour ne pas rester les bras croisés, elle a mis en place une unité spécialisée dans la lutte contre la corruption. Une unité qui traque les pots-de-vin dans l’exercice d’appel d’offres pour des projets financés par elle. Mais pour Papa Demba Thiam qui dit connaître le mal de l’intérieur, la bureaucratie étouffe les initiatives. «Des lanceurs d’alerte sont censurés et dans certains cas, ils sont licenciés sous des prétextes divers», accuse-t-il. Mais plus généralement, selon lui, des collaborateurs ne daignent pas dénoncer leurs collègues ou leurs supérieurs.

    L’économiste sénégalais tient à signaler que des centaines de collaborateurs de la Banque mondiale, originaires d’Afrique et d’Asie, se complaisent dans leurs rôles respectifs par peur d’être licenciés. «Ils préfèrent garder leur emploi de fonctionnaire international avec les privilèges (le salaire moyen est de 15 000 dollars, sans taxe) qui vont avec, y compris le permis de séjour aux Etats-Unis, raconte-t-il. Pour certains, il est impensable de sacrifier leur emploi dans la mesure où leurs enfants sont scolarisés aux Etats-Unis ou ont des prêts à rembourser.» Et d’ajouter: «Le système se nourrit de lui-même et tous les maillons sont solidaires.»

    La Banque Mondiale au coeur d’une arnaque africaine ?
    La Banque mondiale est mise dans une position inconfortable par l’étude. Cette dernière était prête déjà en novembre 2019 mais, pour la direction, les conclusions étaient trop à charge. C’est seulement après que l’un des auteurs l’a publiée sur son propre site internet, faisant éclater le scandale au grand jour, que la Banque mondiale l’a adoptée et finalement fait paraître le 18 février, non sans avoir nuancé certains propos. C’est dans le sillage de cette affaire que sa cheffe économiste Pinelopi Goldberg a démissionné de son poste.

    Dans une note laconique postée sur son site internet le même jour, l’institution reconnaît que l’étude commençait à attirer beaucoup l’attention. «La direction prend au sérieux la corruption et les risques de fiduciaire, peut-on lire. L’étude «Elite Capture of Foreign Aid» a été revue plusieurs fois et a, par conséquent, été améliorée.»

    Selon Papa Demba Thiam, cette étude serait restée dans les tiroirs sans le courage de ses auteurs. Le fait qu’elle a été réalisée par trois économistes ressortissants de pays nordiques a joué un rôle décisif. «Ils ont une culture de bonne gouvernance et du respect de la loi, commente-t-il. Ils ont bravé le système d’autant plus que leurs pays sont les premiers pourvoyeurs d’aide.»

    La Banque mondiale reste-t-elle tout de même pertinente? Papa Demba Thiam, qui la qualifie de «gestionnaire de la pauvreté», affirme que David Malpass, son président depuis avril 2019, est partisan des réformes. «Il faut aller revoir la mission de cette institution de sorte qu’elle fonctionne comme une banque commerciale. Elle ne doit prêter que pour financer des projets solides et avérés. Mais surtout, elle doit promouvoir en Afrique une politique d’industrialisation fondée sur les matières premières locales, avec des partenaires qui acceptent qu’une partie de la valeur ajoutée revienne au continent.»

    Source : decryptnewsonline.com, 28 fév 2020

    #Afrique, #Corruption, #Crime, #Education, #Emploi, #Environnement, #Économie, #sécurité, #pauvreté, #sahel, #mali, #négociations

  • Sahara occidental: Comment le Maroc achète des ONG africaines

    Un document officiel du gouvernement marocain datant de 2014 met en relief la probité pour le moins douteuse de certaines ONG africaines dans le dossier du Sahara occidental.

    Adressé par l’ambassadeur du royaume chérifien auprès du conseil onusien des droits de l’homme au ministère des Affaires étrangères, le document indique que les ONG africaines, notamment l’Action internationale pour la paix et le développement dans la région des grands lacs (AIPD-GL), le Comité international pour le respect et l’application de la charte africaine des droits de l’homme et des peuples (CIRAC) et l’Organisation pour la communication en Afrique et de promotion de la coopération économique internationale (Ocaproce International), ont refusé de répondre positivement à la demande marocaine qui consiste à critiquer l’Algérie parce que les fonds qui leur ont été destinés n’ont pas été versés. «J’ai le regret de vous informer que les ONG africaines, traditionnellement amies du Maroc, ont décliné poliment notre demande de soulever la question de l’assassinat par des éléments de l’armée algérienne de deux Sahraouis habitants des camps et d’envoyer des lettres au secrétaire général de l’ONU, le Haut commissaire aux droits de l’homme et le Haut commissaire pour les réfugiés conformément à votre note du 4 février 2014», rapporte Ennahar sur son site Internet.

    L’auteur de la missive signale aux autorités marocaines que le refus de ces trois ONG est motivé, entre autres, par «la non satisfaction de leurs besoins financiers», mais aussi par le fait qu’elles sont ciblées par les critiques des ONG pro-Polisario. L’ambassadeur marocain recommande en outre le déblocage en urgence de l’enveloppe financière promise à ces ONG «amies».

    Mais, l’infiltration du lobbying marocain en Afrique ne se limite pas aux ONG. Avant de rejoindre l’Union Africaine, le Maroc a mené une intense activité de corruption et d’achat de consciences auprès des pays et des personnalités africaines. Tout cela accompagné d’un plan d’action résumé par l’ambassadeur Moha Ouali Tagma dans la note suivante :

    PROPOSITION DE PLAN D’ACTION SUR LE PLAN BILATERAL :

    Pays du 1er cercle : Sénégal, Guinée, RCI, Gabon plus Mali

    *Réunions conjointes au niveau des Hauts Fonctionnaires des différents Départements

    *Réunions conjointes des Hauts responsables des Départements des Affaires Etrangères

    *Réunions conjointes des Organismes chargés des affaires économiques : Patronats, Chambres de Commerce, Organismes de promotion du commerce, Banques

    Pays du 2e Cercle : Benin, Burkina, Cameroun, Cap Vert, RCA, Comores, Congo, RDC, Djibouti, Gambie, Guinée Bissau, RGE, Niger, Tchad, Togo.

    • Forums Economiques : Burkina, Niger, Tchad, Cameroun, RDC, Congo

    • Commissions Mixtes : RGE, Djibouti, Niger,

    • Table Ronde des bailleurs de fonds : Guinée Bissau

    • Consultations Politiques : Visites de M. le MAEC : Tchad, Cameroun, RDC, Congo, Djibouti, Comores

    PAYS DU 3e Cercle : Burundi, Erythrée, Ghana, Kenya, Liberia, Madagascar, Maurice, Sao Tome et Principe, Seychelles, Sierra Leone,

    • Commissions Mixtes : Liberia, Sierra Leone, Sao Tome et Principe, Madagascar, Erythrée, Burundi

    • Réunions sectorielles :

    Maurice : Tourisme/Pêches/

    Kenya : Tourisme/Transport aérien,

    Seychelles : Tourisme

    PAYS DU 4e Cercle : Angola, Ethiopie, Rwanda, Tanzanie

    • Forums Economiques : Angola, Ethiopie, Tanzanie

    • Visites de M. le MAEC : Rwanda

                                    SUR LE PLAN SOUS REGIONAL

    • UEMOA / CEDEAO : Visites combinées MAEC/MCE à Dakar, Abidjan et Ouagadougou.

    • CEEAC : Visites combinées MAEC/MCE à Ndjamena, Libreville, Yaoundé, Brazzaville, Kinshasa et Malabo

    • CEN-SAD :

    -Réunion à Rabat : Atelier sur Immigration et Développement

    Dans cette offensive diplomatique, le Maroc compte sur 5 pays qu’il appelle, dans ses notes diplomatiques confidentielles, le “noyau central” ou “axe stratégique marocain en Afrique” (voir image). Dans un courrier, Tagma met l’accent sur le rôle de ce noyau :

    Honneur porter votre connaissance qu’un dîner en l’honneur des Ambassadeurs des pays africains représentant le noyau central des amis du Maroc a été organisé ce jour dans un restaurant de la ville. Étaient présents outre l’Ambassadeur Abdeljabar Brahim et les membres de la délégation marocaine , les ambassadeurs du Sénégal,de Cote d’Ivoire, du Burkina Faso, du Bénin et du Gabon , et les charges d’affaires du Niger, de la Guinée et de la Gambie. Les Ambassadeurs de ces derniers pays se trouvent a New York dans le cadre de la mission du CPS dont ils sont membres aux Nations Unies .
    L’Ambassadeur Abdeljabar Brahim a été désigné pour présider le diner dans le but renforcer sa position auprès de ces collègues . Mission dont il s’est acquittée avec beaucoup de talent.

    L’atmosphère était très cordiale et l’ambiance très détendue . Après avoir remercie les Ambassadeurs et Charges d’Affaires d’avoir répondu a l’invitation , notre délégation a souligné que notre pays les considère comme ses représentants et qu’il compte sur leur engagement pour la défense de sa juste cause et pour faire entendre la voix de la raison et de la justice et faire contrepoids aux manœuvres de ceux qui tendent a diviser les rangs de l’Afrique et a l’embarquer dans des querelles d’un autre temps.
    Tous ont été anonymes pour remercier notre pays et Sa Majesté le Roi pour son engagement pour la prospérité et la paix en Afrique et ont fait part de leur détermination sans faille a contrer toutes les tentatives visant a réintroduire la question du Sahara dans l’agenda de l’organisation panafricaine. Ils ont souligné toute leur détermination a rester vigilants face aux manœuvres occultes des adversaires dont ils ont saisi les motivations .

    Ils ont fait part de leur assurance et optimisme du fait que la question n’est pas inscrite a l’ordre du jour du Sommet et qu’il n’a pas encore été fait mention de la présentation du Rapport sur le Sahara pour le Sommet de Malabo. Ils n’ont cependant pas exclu que la question soit a nouveau évoquée au sein du CPS comme cela a été tenté l’année passée mais ils vont rester vigilants et prêts a rejeter toute tentative allant dans ce sens.

    Tous ont apprécié que notre pays ait délégué une délégation de haut niveau pour maintenir le contact avec eux et ont été très reconnaissants pour cette marque d’estime et de confiance .

    Demain un déjeuner plus élargi aura lieu a la résidence du Senegal qui a de sa propre initiative décidé d’y inviter le Kenya et le Ghana car a t il estime pour montrer que le Maroc n’exclut personne .

    Certains ambassadeurs en aparté ont estimé qu’il est nécessaire que le Maroc soit représente a Malabo par une forte délégation pour continuer a marquer notre intérêt pour l’Afrique et aussi pour être en mesure de contrer toute tentative d’introduction de la question a la dernière minute devant les Chefs d’Etat. Le Senegal a cependant ajouté qu’étant membre du Comité de rédaction il sera aux aguets pour donner l’alerte a tout moment.

    En conclusion nous proposons que MMS Taleb chef de division et ancien d´Addis ainsi que Farahat chef de division se rendent a Addis des Mardi prochain pour assister l’Ambassadeur dans le suivi des travaux du COREP qui débutent des le Lundi.

    Il serait également souhaitable de prévoir qu’un émissaire se rende en Guinee Équatoriale pour rencontrer le Président Obiang et s’assurer de sa coopération pendant le Sommet.

    L’optimisme reste de mise mais la vigilance est nécessaire pour faire face aux manœuvres adverses dans un terrain ou ils conservent l’initiative.

    Haute considération

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Afrique, Union Africaine, lobbying, corruption,

  • Wikileaks : Le Palais Royal au sommet de la corruption au Maroc, d’après les États-Unis

    Marruecos, la corrupción y el rey

    Le Palais Royal au sommet de la corruption au Maroc, d’après les États-Unis

    Les diplomates américains décrivent des cas concrets ou les conseillers de Mohamed VI demandent des commissions pour autoriser des projets immobiliers

    EL PAÍS – Madrid – 02/12/2010

    “L’influence et les intérêts commerciaux du roi [Mohamed VI] et de certains de ses conseillers” sont perceptibles “dans chaque grand projet immobilier au Maroc”. Le conseiller commercial des Etats Unis, rattaché au Consulat américain à Casablanca, est arrivé à cette conclusion, en décembre de l’année dernière, après s’être réuni séparément avec des représentants du secteur ayant eu affaire, de près ou de loin, au palais royal.

    Dans une note secrète du 11 décembre de l’année dernière le conseiller commercial signale le nom de ses sources et raconte avec toutes sortes de détails l’histoire d’un homme d’affaires qui, pour le compte d’un consortium international, souhaitait invertir 220 millions de dollars (162 millions d’euros) dans un projet immobilier. Pour ne pas porter préjudice aux sources du conseiller, EL PAÍS omet de donner les noms de ses interlocuteurs et des sociétés mentionnées dans la note américaine.

    L’homme d’affaires obtint un permis de construire du gouverneur de la région où il voulait invertir, mais peu après le palais “l’encouragea vivement” à s’associer avec lui à travers une société appartenant à la famille royale. L’investisseur rejeta la proposition et dut supporter trois mois de paralysie du projet”.

    Au bout d’un moment la société appartenant au palais proposa alors à l’homme d’affaires de lui organiser une visite dans un pays du Golfe Persique ou il avait de nombreux contacts pour essayer d’encourager l’investissement étranger au Maroc. En échange de ce service il serait “le seul propriétaire” de son projet immobilier au Maroc. Il accepta la proposition.

    Corruption

    La délégation marocaine qui voyagea à ce riche pays du Golfe était dirigée par l’un des plus hauts cadres d’une des sociétés appartenant à la famille royale. Lors d’une réunion avec les investisseurs de la place le cadre marocain leur expliqua que seules trois personnes au Maroc étaient habilitées à prendre les décisions sur les grands investissements immobiliers: Fouad Ali el Himma, grand ami du souverain et leader du Parti Authenticité et Modernité (PAM) ; Mounir Majidi, secrétaire particulier de Mohamed VI, et le roi lui-même. “Parler avec quelqu’un d’autre est une perte de temps”, leur dit-il. La PAM est le parti qui gagne les dernières élections municipales en juin 2009.

    Après le retour de la délégation au Maroc, la société appartenant au palais reçu des instructions de ses propriétaires de mettre presque complètement en oeuvre l’accord conclu avec l’homme d’affaires qui souhaitait investir au Maroc. Elle ne lui demanda qu’une participation de 5% dans son projet. “Les principales institutions et les procédures de l’Etat marocain sont utilisées par le palais pour faire pression et demander des pots de vin dans le secteur immobilier”, déclare un célèbre homme d’affaires au conseiller commercial. “Même si la corruption était pratiquée du temps du roi Hassan II, ces habitudes ont acquis un caractère plus institutionnel avec le roi Mohamed VI”.

    Le conseiller prend ces commentaires pour de l’argent contant dans son rapport. Ils sont étayés par les observations que lui fait un ancien ambassadeur des États-Unis au Maroc “qui continue à avoir des relations étroites avec le palais”. Ce dernier confie au conseiller que certains proches de Mohamed VI font preuve “d’une honteuse gloutonnerie”. “Ce phénomène sape sérieusement la bonne gouvernance que les autorités du Maroc s’efforcent de promouvoir”, ajoute-il.

    Entreprises espagnoles

    Même Luís Planas, l’ambassadeur d’Espagne à Rabat pendant les six dernières années (2004-2006), reconnut les difficultés pour investir au Maroc lors d’un déjeuner, en mars 2006, avec Thomas Riley, son homologue américain. Après avoir évoqué le lancement d’un plan espagnol de 200 millions d’euros pour encourager les petites et les moyennes entreprises espagnoles à traverser le Détroit de Gibraltar, Planas expliqua qu’il serait sans doute utile mais il lança aussi un avertissement : A cause de son manque de transparence, le Maroc est un pays qui donne à réfléchir quand il s’agit de faire des affaires.

    La Consulat des États-Unis à Casablanca fut lui aussi victime de la corruption quand il voulut acheter un terrain pour disposer de plus de place, d’après la note qu’il envoya au Département d’État en mars 2008. “Plus de 30 endroits ont été identifiés, mais une vingtaine ont du être enlevés de la liste parce que les vendeurs ne voulaient pas signer un contra légal”. “D’autres ont refusé de vendre car ils attendaient que les prix montent”. “Parmi ceux qui étaient disposés à vendre nombreux étaient ceux qui voulaient de l’argent sous la table (…)”.

    El País, 12 fév 2010

    Tags : Maroc, Wikileaks, palais royal, corruption, immobilier,