Tag: corruption

  • L’Ambassade du Maroc au Canada dans le collimateur

    Fatima Maarouf ne mâche pas se mots. Elle promet de les faire payer leurs menaces et l’argent qu’ils lui doivent. Eux, c’est le personnel diplomatique en service au Canada. En particulier, l’ambassadrice du Maroc, Soraya Othmani.

    Fatima Maarouf, citoyenne maroco-canadienne, travaille pour le gouvernement d’Ottawa dans le domaine de l’analyse économique et le marketing. Après plus de 20 ans, elle a tissé des amples relations au Canada, notamment avec les cercles associatifs et le Parti Libéral canadien. Elle jure d’utiliser ces relations pour traîner les diplomatiques marocains dans la boue et qu’elle possède assez de documents pour prouver l’existence de sociétés fantômes créés dans le but d’échapper au fisc canadien.

    Acculé, le ministère de Nasser Bourita promet de porter plainte contre Mme Maarouf, après avoir épuise tous les moyens pour la museler. Selon elle, elle a été victime de menaces de mort et un responsable de l’administration marocaine lui a annoncé qu’elle était poursuivie en justice et interdite d’entrée au Maroc, ce qui lui a empêché d’assister aux obsèques de ses parents.

    Dans une longue vidéo posté sur Youtube, Mme Maarouf raconte toute son histoire et son amour pour le Maroc, notamment pour le défunt roi Hassan II, qui, selon ses mots “malgré son despotisme et les années de plomb, il n’y avait pas ce niveau de corruption dans le corps diplomatique et les diplomates se distinguaient pour leur niveau intellectuel”.

    Les diplomates marocains, non seulement, refusent de lui rembourser leur part du financement de Festival marocain de Laval, ils ont aussi tenté de saboter ce festival en faisant pression sur les chanteurs invités et en semant des troubles et en provoquant des heurts entre jeunes festivaliers. La raison? Ils veulent diriger et contrôler toutes les activités de la communauté marocaine “dans le but de se remplir les poches”.

    En vue de calmer son esprit, les autorités marocaines lui ont organisé une invitation au nom du roi du Maroc et une rencontre avec lui. Elle garde l’espoir de voir Mohammed VI agir contre la corruption qui sévit dans ses institutions. Dans le cas contraire, elle promet de déstabiliser le corps diplomatique marocain du Canada.

    Fatima Maarouf a aussi lancé une pétition destinée aux marocains du monde entier y compris ceux vivant au Maroc demandant l’expulsion de l’ambassadeur du Maroc Soraya Otmani ainsi que de ses collaborateurs, la mise du centre culturel marocain de Montréal sous la tutelle des autorités canadiennes et une enquête sur les activités de Soraya Otmani.

    Tags : Maroc, Canada, Soraya Otmani, diplomatie, Nasser Bourita, Festival marocain de Laval, sociétés écrans, corruption, corps diplomatique, Fatima Maarouf,

  • La françafrique : le nouveau visage de l’impérialisme et ses conséquences sur les rapports nord/sud.

    Afrique, (Etudiantcongolais.com)- Bon nombre d’africains avaient cru en Nicolas Sarkozy, sur la rupture des relations franco-africaines, héritées de Jacques Chirac. Aujourd’hui, de la Françafrique à la Mafiafrique, les soutiens apportés aux dictateurs africains deviennent de plus en plus clairs, réels et indiscutables. Les enjeux de ces soutiens sont connus : des intérêts financiers des entreprises multinationales en collision avec la protection ou le soutien international des dictatures du sud, par les Etats occidentaux, au détriment des peuples. Une nouvelle forme d’impérialisme, de mode opératoire, parfois, déstabilisant et déstructurant dans les pays du sud, Nous allons voir ensemble, le fonctionnement de l’impérialisme dans sa sociologie politique actuelle et les dangers que présentent ses soutiens.

    1) L’IMPERIALISME DANS SES NOUVELLES FORMES :

    Pendant la période de la guerre froide, 2 blocs s’affrontaient, les Etats occidentaux soutenaient officiellement, les dictatures du sud, sous les excuses qu’elles ne basculent pas dans l’autre bloc, en même temps, l’impérialisme d’Etat (ou néo-colonisation), imposait les rapports interétatiques à sa guise pour l’accumulation des capitaux, par le capitalisme des Etats. La chute du mur de Berlin consacre la victoire du capitalisme et du monde démocratique, la démocratie devient, dès lors, la bonne gouvernance et le capitalisme associé à la mondialisation comme déréglementation que doit respecter les Etats. Le capitalisme échappe aux Etats et l’impérialisme subit de mutation et d’adaptation, il devient, dès lors, la pratiques des firmes transnationales.

    L’impérialisme actuel conserve son identité d’antan, celle de dominer et d’opprimer les peuples et les nations, par sa structure, il continue à respecter la tradition sur l’accumulation mondiale des capitaux. Les marchés globaux ont rendu la concurrence plus gigantesque dans l’économie mondiale, les entreprises se regroupent pour constituer de grandes firmes multinationales, mais ces firmes transnationales, malgré leurs portés et le niveau international de leurs opérations, voire de leurs activités, gardent, néanmoins, une sorte de base nationale ou d’un label national d’un pays. Dans ces conditions par exemple, on peut constater que l’ancien groupe pétrolier ELF ACQUITAINE portait, majoritairement des capitaux américains, mais le label reste français et la politique économique de la multinationale par l’Elysée était conservée.

    Afin de conduire une concurrence plus agressive, il est naturel que les multinationales appèlent au soutien de leurs gouvernements, soit des Etats où l’entreprise représente le label. Ce label, dans le cas de multinationale superpuissante, contribue à l’image de son pays. C’est pourquoi, conscient de la globalisation et ses conséquences, les Etats n’hésitent pas à participer à aider leurs multinationales, qui, par ailleurs, contribuent, directement, aux entrées fiscales importantes des Etats.

    Ces aides offrent un choix de plusieurs possibilités : Subvention, politique fiscale, politique d’ajustement structurel, politique de protection, politique d’expansion. Ces aides peuvent avoir des conséquences redoutables, surtout lorsque la politique s’y mêle, en occident, des expressions couramment utilisées, précisent : « Nous avons des intérêts, nous protégeons nos intérêts, nous défendons nos intérêts ».

    Depuis les années 80, les américains ont réussit à imposer dans le monde, la mondialisation : la dérégulation des marchés et des finances, dans ces conditions, les Etats doivent être, normalement, éloignés des initiatives des entreprises tant qu’elles ne sont pas illicites. La réalité étant différente, les Etats ont un grand intérêt économique et financier de s’en approcher, sans les déstructurer.

    Cette approche de l’Etat et des entreprises, est fortement liée, par les intérêts croisés entre le capitalisme et la politique, d’où la naissance de cette nouvelle forme de l’impérialisme. Cette approche présente de conséquences dans certains pays du sud, en effet, l’effet ricoché de l’approche est le développement de la puissance du capitalisme, qui contrôle , non seulement la vie économique, mais également, la vie politique de certains Etats crapuleux, les conséquences induites par l’impérialisme sont : les guerres civiles, les coup d’état, les pillages économiques, l’enrichissement des multinationales aux dépends des locaux et soutiens des dictateurs par les attitudes croisées entre les Etats et les multinationales. En conséquence, les firmes transnationales deviennent les services secrets de leurs pays d’origine, dans ces cas, le groupe pétrolier TOTAL FINA ELF est l’œil des services secrets français et de l’Elysée dans les pays du sud.

    Cette constante des paramètres fondamentaux de l’impérialisme est vue de manière différente, selon qu’on soit du sud ou du nord. Dans nos Etats du sud, cette pratique impérialiste est vécue comme du racisme, du fascisme par exemple, alors que dans le nord, elle est vécue comme émanation de la démocratie et de la globalisation, pour lesquelles c’est un luxe pour les africains.

    2) L’IMPERIALISME DANS SES SOUTIENS CRAPULEUX :

    Comme nous l’avons signalé plus haut, l’approche entre les Etats et leurs multinationales renferme des intérêts croisés et a produit une nouvelle forme de l’impérialisme, d’où des stratégies parfois communes ou parfois complémentaires.

    Les états des Nations riches mènent des campagnes, particulièrement, manipulatrices, par des représentations des pouvoirs africains, avec des qualificatifs nobles, comme manière de créer ou de renforcer de légendes, on peut tour à tour retenir des titres ronflants, répétés en occident, destinés aux Chef d’état crapuleux [1] :

    • Père des indépendances
    • Dirigeant populaire
    • Doyen des Chefs d’état
    • Sage dirigeant
    • Homme de Progrès
    • Homme des masses
    • Le père de la Nation etc.……

    Ces représentations de formes variées, sont des pratiques codifiées, du système de communication, destinées à être adresser aux populations africaines, de telle manière à susciter un renforcement de légitimité locale. Pendant ce temps, les dictateurs africains en quête de légitimation populaire, sont fiers de ces étiquettes qui sont conforme à leurs culte de personnalité et qui renforcent leurs images.

    Il faut, évidemment, rappeler les soutiens militaires qu’apportent l’armée française en Afrique. Officiellement, les base militaires françaises ont été installées dans certains pays, pour respecter les accords de défense, mais de quels accords de défense s’agit-il ? Ceux d’intervenir manu militari, lorsqu’une dictature se trouve en état de soubresaut ou lorsqu’un pays est agresser de l’extérieur ? Ainsi la France était venue aux secours des régimes anti-démocratiques. Dans leurs conditionnements, les occidentaux sont convaincus, que la démocratie est un luxe pour l’Afrique et que c’est un dictature conduite par un homme fort produit la paix. Une image erronée qui profite bien aux mafieux de l’Elysée et aux Mafieux africains.

    Au moment des indépendances, la France avait installé au pouvoirs en Afrique, des dirigeants à sa convenance politique, les intérêts du capitalisme d’état sont conservés, sous l’œil veillant de l’impérialisme. Après la chute du mur de Berlin, Monsieur François Mitterrand, Président de la France accepte le principe populaire des peuples africains sur la démocratie, les présidents élus, démocratiquement, en Afrique vont être défaits avec la complicité des transnationales et de la France, de manière à ce que soient installés les potentats pour la France, ainsi au Congo-Brazzaville : le dictateur Sassou N’Guesso, au Tchad : le dictateur Idriss Deby, au Centrafrique : le dictateur Bozizé vont revenir au pouvoir au moyen de coup d’état sanglant, ayant occasionné de guerres civiles.

    En règle générale, ces dictateurs ne parviennent pas à obtenir, dans les consciences populaires, la légitimité locale, on assistera, surtout, aux interactions transnationales pour les enjeux, agissant pour le profit et pour le pouvoir, ceci, bien évidemment, aux dépends des peuples :

    • Au blocage des processus démocratiques
    • Aux violence comme moyen d’intimidation et de soumission
    • A la criminalité économique organisée autour d’un Clan

    Avec l’absence de l’illégitimité locale, voire internationale selon les cas de figure, la Communauté internationale assiste dans un premier temps à l’isolement des Chefs d’état qui violent les principes de la civilisation des droits de l’homme, mais plus tard, sur le principe des intérêts financiers transnationaux, en occident, on brise l’isolement politique et on construit la légitimité des pouvoirs crapuleux, c’est ainsi que le dictateur congolais Sassou N’Guesso serait invité au 5ème forum mondial du développement durable au sénat français, alors qu’il est sous le collimateur des juridiction à compétence universelle sur les crimes contre humanitaires et l’instigateur du pillage du pétrole et de la destruction de la biodiversité dans son pays.

    Comme dans ces types d’alliance, les Chef d’états amis sont toujours bien protégés contre la grogne populaire, La France prête l’argent pour subvenir aux salaires, la grogne se calme, les affaires peuvent se poursuivre avec quiétude. Les multinationales ne dérogent pas à cette règle, elles portent assistance financière par prêt aux Etats amis, qui hypothèquent les futurs exploitations minières ou pétrolières. Le transfert de l’argent illicite est assuré par la banque FIBA, tandis que la banque BNP assure son blanchissement.

    Le danger d’un tel soutient, est la négation à l’alternance, l’encouragement aux fraudes électorales, l’incitation à une démocratie d’imposture, à l’installation durable de la dictature au détriment des droits de l’homme, chers à la communauté internationale.

    En revanche, lorsqu’un Chef d’état africain n’intègre pas ce processus, la France adopte de stratégies économiques et sociales différentes, l’aide financière est plus réduite (c’était le cas de la Guinée Konakry de la période du Président Sékou Touré), on opte pour le chantage, les intimidations profitants des divisions ethniques internes, pour soutenir un groupe ethnique pour le pouvoir. Aussi, une déstabilisation médiatique respecte le rituel, dont les qualificatifs sont le plus souvent :

    • homme dangereux
    • Le dictateur
    • L’homme fort etc.……

    3) REFLEXION ET ANALYSE SUR LES DANGERS DE L’IMPERIALISME, DANS SES RAPPORTS NORD/SUD :

    Les relations internationales et commerciales renvoient, aux interactions entre Etats, qui définissent leurs rapport bilatéraux ou multilatéraux. Ensuite, viennent se greffer aux Etats, de relations transnationales, dont les individus et les sociétés deviennent des sujets de la politique de la cité. Face au progrès et à la révolution de l’Internet, le monde devient de plus en plus étroit et il se constitue un autre type de relations transnationales, cette fois-ci, par des interactions entre les individus et les sociétés du monde. Cette démultiplication des relations transnationales, qui se construit sur l’espace mondiale peut constituer de groupes transnationaux, qui échapperont au contrôle des Etats, en exemple le terrorisme islamique.

    C’est pourquoi, si l’on ne prend garde, les rapports Nord/Sud actuels, seront de nouvelles menaces contre la paix, tant que les pays riches du nord continueront à soutenir les dictatures africaines et la persistance du déséquilibre Nord/Sud. En effet, ces rapports qui n’échappent pas aux relations transnationales entre Etats, n’échapperont pas non plus aux relations transnationales entre les individus et les sociétés. Ces menaces sont de deux visages : Pression de flux d’immigration économique spontanée, massive avec son cortège de mafia multiforme d’une part & d’autre part, Affrontement de guérilléros ou de terroristes du sud, crises sociales dans certaines agglomérations des pays riches et vengeance contre les résidents et touristes occidentaux dans le sud.

    Et pourtant, le candidat Nicolas Sarkozy, lors de la campagne présidentielle de 1997, nous avais promis « la rupture de la politique de la France ». Nicolas Sarkozy, le jour de sa victoire présidentielle avait prononcée : « Je serai aux côtés des femmes bulgares emprisonnées en Libye, je serai au côté de toutes les femmes du monde maltraitées, je serai au côté de tous les peuples opprimés ».

    Lorsqu’il était encore Ministre de l’Intérieur, Nicolas Sarkozy, affirmait au sujet de l’Afrique : « qu’il voulait la débarrasser des réseaux d’un autre temps, des émissaires officieux qui n’ont d’autres mandats que celui qu’ils s’inventent. » et il continu : « le fonctionnement normal des institutions politiques et diplomatiques doit prévaloir sur des circuits officieux, qui ont fait tant de mal par le passé. Il faut définitivement tourner la page des complaisances, des secrets et des ambiguïtés. » et promettait en cas d’arriver à l’Elysée : « de cesser de traiter indistinctement avec des démocraties et des dictatures. »

    Le constat que nous pouvons faire aujourd’hui, le « real politik » l’a remporté sur « la démocratie », sur « les droits de l’homme », sur « les femmes maltraitées dans le monde (en pays du golfe par exemple) » et sur « les peuples opprimés dans le monde (le Cabinda et la Casamance par exemple) », les Nations riches comme la France, sont plus soucieuses de conserver les intérêts économiques, que leurs apportent leurs firmes transnationales : Le discours du candidat Nicolas Sarkozy n’était qu’un leurre.

    Pour apporter des propositions sur la problématique de la nouvelle forme de l’impérialisme, seule une politique volontariste de la Communauté internationale, en liaison avec les juridictions de compétence universelle, d’engager : La lutte internationale contre la criminalité économique internationale [2], contre la corruption internationale et contre les blanchissements de l’argent par les Etats voyous et les firmes transnationales dans les paradis fiscaux.

    4) CONCLUSION

    Ainsi développer, de façon simple et synthétique, la nouvelle forme de l’impérialisme adaptée à la mondialisation. La démocratie est une notion universelle, la mondialisation est une notion universelle, les Etats africains devraient pouvoir les intégrer sans problème, pour refuser les images, que la démocratie est un luxe, que la mondialisation est un luxe.

    Je n’exclue pas les catastrophes qu’entraîne la mondialisation, la question centrale est de savoir, si l’ordre ancien qui était plein de réglementations différentes selon les Etats, où le protectionnisme et les surtout les énormes subventions des activités de pays riches, qui faussaient, largement, la concurrence des Etats faibles, étaient plus bénéfiques pour l’Afrique ?
    La mondialisation est une réalité transnationale, le nouvel impérialisme trouve son passage en Afrique, non pas à cause de la mondialisation, mais, en réalité, à cause des faiblesses, à l’intérieur des Etats africains, telle : la division, le tribalisme les frustrations entre communautés ethniques, le manque de démocratie véritable etc.… font que nos Etats peuvent être, facilement, manipulés et désintégrés par l’impérialisme [3]. Le fédéralisme est le système qui répond mieux à ce genre des situations.

    Depuis le 07 décembre 2007, se déroule à Lisbonne (Portugal) la 2ème rencontre Europe-Afrique, qui jettera de nouvelles bases de coopération et de développement, au moment où, la Chine semble s’installer durablement en Afrique, ce futur partenariat ne servira qu’à l’Europe, de combattre l’influence de la Chine sur le sol africain, ce futur partenariat ne pèsera pas contre la dictature, contre la mauvaise gouvernance, contre les peuples et les communautés opprimés. L’avenir du Continent africain reste entre les mains des combattants africains qui luttent, pour les libertés, pour le droit, pour les respect des communautés, enfin, pour les jeux équitables de la démocratie.

    Auteur : Appolinaire Noël KOULAMA
    Publication : 14 novembre 2007
    Source : http://africdossier.oldiblog.com

    Note :

    [1] Vous pouvez lire Gervais M’Boumba dans : http://congobrazzavilleregimedictatorial.blogspot.com rubrique : « Politique » et le Titre : « Est ce la fin des titres de doyen des Chefs d’états africains ? ».

    [2] Vous pouvez me lire dans : http://africdossier.oldiblog.com rubrique : « Politique » et le Titre : « L’Union Africaine (UA) devrait exiger des Nations Unies, la déclaration de crimes économiques et de délit de pillage ».

    [3] Vous pouvez visualiser le reportage sur l’ancien Président centrafricain, Jean-Bedel Bokassa, concernant les relations transnationales entre la France et la Centrafrique, sur : http://video.google.fr/videoplay?docid=-9118969407996865861

    Source : Alliance pour la démocratie et le progrès

    Tags : Afrique, France, françafrique, dictature, dictateurs, despotisme, pillage, corruption,

  • Algérie : Quand Haddad régnait sur les ports d’Algérie 0

    par Abla Chérif

    L’audition d’anciens directeurs de ports a révélé l’ampleur des privilèges accordés à Ali Haddad qui, affirment ces derniers, bénéficiait de ces avantages grâce au ministère des Transports.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – L’ex-directeur du port d’Alger est le premier a être appelé à la barre ce mercredi, troisième jour du procès de Haddad. Il est poursuivi pour mauvaise utilisation de fonction, utilisation de deniers publics de manière contraire à la loi et octroi d’indus avantages. Mohamed Kerrah nie d’emblée tous les faits qui lui sont reprochés et insiste sur le fait que tous les avantages ont été octroyés à l’homme d’affaires durant une période où il n’était pas en fonction.

    « J’étais en poste de 2011 à 2017, dit-il. Les premiers accords conclus avec Haddad au port d’Alger ont eu lieu en 2002, soit neuf ans avant mon arrivée. Quand je suis arrivé, un contrat se trouvait donc déjà en cours. Dans le document en question, il y avait des clauses qui permettaient un renouvellement de tous les accords passés, le ministère des Transports est seul responsable de ces accords. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, il fallait son accord, je n’ai signé aucun contrat, les seuls documents que j’ai signés portaient sur le renouvellement du bail. Même après mon départ à la retraite, tout a été renouvelé avec l’accord du ministère concerné .» Il ajoute : « Le terrain a été acquis par Haddad en 2006, je n’étais pas en poste à cette époque.

    Le droit de jouissance lui a été accordé par le ministère des Transports. En 2012, Haddad a changé l’appellation d’une de ses sociétés, un document nous a été adressé pour nous en informer et j’ai signé une nouvelle fois .»
    L’enquête menée sur les faits qui se sont déroulés a établi qu’en janvier 2018, l’ex-ministre des Transports, Abdelghani Zaâlane, lui avait accordé un renouvellement pour une durée de vingt ans de concessions de trois structures portuaires au port d’Alger, 64 447 m2, au quai 36, 3 735 m2 au môle et 5 860 m2 au quai 26, servant à la construction d’une unité de bitume.

    L’ancien directeur du port de Mostaganem est appelé à son tour à la barre. Poursuivi pour mauvaise utilisation de fonction, conflit d’intérêts et octroi d’indus avantages, il nie à son tour tous les faits qui lui sont reprochés et affirme que rien ne pouvait être entrepris sans l’accord du ministère des Transports.

    « En 2016, déclare ce dernier, de nombreuses entreprises privées et publiques ont présenté des demandes pour des concessions portuaires, la décision était du ressort du ministère du Transports (…) les demandes de Haddad ont été acceptées ».

    L’enquête menée a établi là, également, que Ali Haddad avait pu bénéficier d’un espace de stockage de bitume de 2 600 mètres carrés pour une durée de quinze années.

    Les mêmes avantages lui ont été accordés au port de Annaba où il a pu bénéficier de deux espaces d’une superficie de 3 500 mètres carrés et de 4 230 mètres carrés. La première assiette lui a été octroyée en 2014. Une année après, le ministère des Transports l’autorise à acquérir la seconde unité de stockage de bitume.
    A. C.

    LE PATRON DE L’ETRHB AU JUGE :

    «J’ai été jugé avant de comparaître devant un tribunal»
    Le juge entame l’audition de Ali Haddad en lui rappelant qu’il est poursuivi pour blanchiment d’argent.

    Le prévenu, jugé à partir du pénitencier de Tazoult, exige que le droit de présomption d’innocence lui soit appliqué. «C’est de votre droit», répond le magistrat. Haddad poursuit : «C’est un droit dont je n’ai jamais bénéficié (…)
    On m’accuse d’avoir accaparé tous les marchés du pays, On impute à Haddad tout ce qu’il y a de plus mauvais, tout ce qu’il y a de mal dans le pays. L’entreprise que je gère a été mise sur pied en 1988 avec mes frères.»
    L’ex-patron de l’ETRHB est interrogé sur les nombreux crédits bancaires qui lui ont été octroyés. «Douze crédits ont été accordés à mon entreprise, soutient le prévenu. Neuf d’entre eux ont été totalement remboursés, et les trois autres crédits ont été remboursés à hauteur de 25%.»

    Le rapport de l’enquête menée autour de l’ETRHB a démontré que l’entreprise avait pu bénéficier de 452 crédits auprès des banques, pour un montant de 211 000 milliards de centimes. Sur la somme globale, 167 000 milliards de centimes ont été accordés par des banques publiques, à leur tête le CPA (Crédit populaire d’Algérie) qui, à lui seul, a accordé 73 000 milliards de centimes.

    Le juge interroge ensuite Haddad au sujet de l’affaire du tramways. Réponse : «Mon entreprise, l’ETRHB, participait à hauteur de 5%, le reste était détenu par Alstor France. La société mère et une entreprise italienne. Je ne peux pas me défendre comme les autres. Je ne peux pas me défendre correctement puisque le juge d’instruction ne m’a remis aucun document et que je me trouve en prison. Ils ont voulu ternir mon image, me salir. J’ai été jugé avant de comparaître devant la justice.

    La presse m’a sali dès mon arrestation.» Le magistrat demande ensuite à Ali Haddad se s’exprimer au sujet des 124 marchés publics dont a bénéficié le groupe ETRHB pour un montant de 78 410 milliards de centimes. Réponse : «J’ai obtenu 124 marchés sur les 5 000 autres existants.

    En 2015, j’ai perdu deux milliards de DA, entre 2017 et 2018, les gains de l’entreprise ont chuté de 4 milliards de DA.» Haddad se plaint : «À chaque comparution, on m’accuse d’une nouvelle chose. La première fois, on a dit que j’allais prendre la fuite et que j’étais britannique.

    La seconde fois, on m’a dit que j’avais une casemate pleine d’armes, et à présent, que je suis l’ami de Trump.»

    Haddad tente de s’exprimer au sujet de l’affaire, qui l’a conduit à Tazoult, du contrat de lobbying passé avec un cabinet américain pour un montant de dix millions de dollars.

    Mais le juge lui demande de mettre fin à son discours car n’étant pas concerné par ce dossier. Il est 18h30. Le tribunal lève la séance. L’audition de Haddad se poursuivra aujourd’hui.
    A. C.

    Rebbouh Haddad : «Je n’avais pas de salaire au groupe»

    Rebbouh Haddad, frère du principal inculpé dans l’affaire de l’ETRHB, a été, à son tour, auditionné hier au niveau de la cour d’Alger.

    Face au juge, ce dernier a affirmé qu’il ne possédait aucun bien immobilier en son nom tant en Algérie qu’à l’étranger, mais qu’il détenait, en revanche, un compte bancaire commun, avec son épouse et ses enfants, qui contient 70 000 euros. «Je ne suis pas concerné par la gestion de l’ETRHB», soutient encore ce dernier en expliquant que son rôle au sein de cette entreprise se limitait à assurer la coordination entre les différentes commissions et que celles-ci étaient dotées chacune de son propre responsable. À une question du juge sur le montant qu’il percevait au niveau de l’entreprise de son frère, Rebbouh répond qu’il n’était pas payé : «Je n’avais pas besoin de salaire, je prenais de l’argent lorsque j’en avais besoin.»

    À une autre question relative au rôle qu’il jouait au sein du club sportif de Haddad, il répond encore : «J’étais bénévole, j’étais là pour aider, c’est d’ailleurs moi qui ai amené Djamel Belmadi.»

    Rebbouh Haddad a été placé sous mandat de dépôt le 1er mars dernier après avoir été auditionné dans le cadre de l’enquête qui a touché l’ETRHB. Il avait été écouté par un juge d’instruction du tribunal de Bir-Mourad-Raïs qui avait conclu à sa culpabilité dans l’affaire Ali Haddad.

    Mardi, second jour du procès, Amer, un autre des frères Haddad, avait comparu devant le juge, affirmant, à son tour, qu’il n’était nullement concerné par la gestion de l’ETRHB : «J’ai une part dans l’héritage qu’a laissé mon défunt père. J’ai une société versée dans les travaux publics mais elle est gérée par un spécialiste, quant à moi, je perçois un salaire mensuel de 200 000 DA.»

    Lors du procès en première instance qui s’était déroulé au tribunal de Sidi-M’hamed, Ali Haddad avait paru très contrarié par la présence de ses frères, affirmant au juge qu’il était le seul responsable de l’ETRHB et qu’aucun des membres de sa fratrie n’avait de responsabilité dans cette affaire.
    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 15 oct 2020

    Tags : Algérie, Ali Haddad, corruption, procès, Bouteflika, frères Haddad, ETRHB,


  • Algérie : Bedoui rattrapé par les affaires

    L’audition de Nouredine Bedoui par les services économiques et financiers de la police judiciaire de Constantine démontre, si besoin est, que nul n’est désormais hors d’atteinte de la justice. L’ancien Premier ministre, que certains cercles considéraient comme une personnalité intouchable, a été entendu lundi par la PJ dans le cadre d’une enquête sur des affaires de corruption liées à la période où il occupait le poste de wali de Constantine, suite à un mandat judiciaire émis par le procureur de la Cour suprême.

    L’enquête préliminaire concerne notamment l’octroi d’assiettes foncières à des promoteurs immobiliers « privilégiés » pour la réalisation de logements promotionnels. Nouredine Bedoui, qui avait été précédé d’une réputation surfaite d’homme sans histoires, compréhensif et proche du peuple, après avoir été servi par une formidable campagne médiatique suite à son passage par Sétif et la valorisation de son image à travers les succès sportifs de l’Entente, est accusé d’avoir facilité l’accès à la propriété foncière à des députés et des sénateurs ?

    De septembre 2010 à septembre 2013, il aurait cédé des milliers de mètres carrés à des proches de hauts responsables de l’époque. Situées pour la plupart à la nouvelle ville Ali Mendjeli, à El Khroub et surtout à Zouaghi, un des quartiers les plus convoités, vu son emplacement sur les hauteurs d’une Constantine sinistrée, ces parcelles de terrain ont fait par la suite l’objet de transactions en 2ème et en 3ème main par leurs acquéreurs. Selon des sources concordantes, il aurait avantagé des oligarques et des hommes d’affaires en violation flagrante des procédures légales. Ainsi, de faux investisseurs auraient bénéficié de ses largesses d’une manière illégale.

    Les mêmes sources citent par ailleurs l’affaire des 1 000 logements sociaux attribués par anticipation ; une véritable bombe à retardement qui n’a pas encore été désamorcée. Cité déjà dans deux (2) affaires, celle de l’ancien DGSN, Abdelghani Hamel, et celle liée à la collecte de 5 millions de signatures au profit de Bouteflika, lors de la campagne pour le 5ème mandat, un dossier où il est question de fausses signatures et d’usurpation d’identité, Nouredine Bedoui se trouve aujourd’hui dans une situation peu enviable.

    Les parties qui l’avaient porté au sommet, en lui assurant promotion sur promotion pour services rendus ont perdu une grande partie de leur puissance et ne sont plus en mesure de l’extraire de toutes ces affaires. Certes, la justice ne l’a pas encore condamné, puisqu’il bénéficie de la présomption d’innocence, mais sa proximité avec la Issaba, qui ne fait plus de doute, va le marquer à jamais.

    A Constantine où il n’a fait qu’assurer le suivi des projets lancés par son prédécesseur, Abdelmalek Boudiaf en l’occurrence, aujourd’hui incarcéré dans le cadre de la lutte contre la corruption, rien ne porte son empreinte dans le domaine du développement local. Les trois années qu’il a passées dans la capitale de l’Est, sont loin d’être impérissables. En un mot, son ascension éclair demeure symptomatique des mœurs politiques en vigueur sous l’ère de Bouteflika et sa « bande ».

    Mohamed Mebarki

    L’Est Républicain, 14 oct 2020

    Tags : Algérie, corruption, Nouredine Bedoui,

  • Maroc : La corruption gangrène la santé – Des cliniques pourries par les pots-de-vin

    Dans la plupart des établissements publics, la corruption dépasse les limites imaginables. Les clients ne cessent de dénoncer les comportement des infirmières et infirmiers. Ils sont quotidiennement malmenés.

    Ils pointent du doigt ces employés qui, à défaut de payer un bakchich, ils seront privés du droit de soin. Personne n’est épargné parmile personnel des institutions sanitaires. «Ce qui se passe dans le milieu hospitalier est dramatique. Si un citoyen veut consulter un médecin, il doit payer rubis sur l’ongle son droit de passage à différents niveaux. S’il ne le fait pas, il sera abandonné, voire même injurié à l’occasion.

    Ainsi, phénomène généralisé, toute personne désirant avoir accès aux soins ests victime de l’extorsion de fonds. C’est la raison qui se trouve derrière le scénario largement répandu de voir des femmes accoucher devant les portes des hôpitaux sans aucune pitié.

    La sage-femme, le portier, le gardien de sécurité, l’infirmière, l’infirmier, bref chacun des membres du personnel actif dans l’établissement se voit dans le droit de toucher sa part du magot.

    Gare à ceux qui se présentent avec les mains vides! Ils se verront traiter de la pire des manières. Même les cliniques privées ne sont pas épargnées où les infirmières sont comparées à des tortionnaires en raison de leur cruauté. Soit tu payes, soit tu es laissé pour compte. Le “droit” de graissage est devenu une loi non écrite, mais appliquée à la lettre.

    “Dès que tu traverses l’entrée de l’établissement, la corruption est la règle prédominante dans le secteur de la santé au Maroc”, confie une patiente qui vient d’offrir un panier de fruits à une infirmière pour ne pas être abandonnée à son sort.

    Tags : Maroc, santé, établissements sanitaires, hôpitaux, soins, corruption, infirmiers, infirmières, personnel, graissage, bakchich, 

  • Algérie – Touche pas à ma rémunération !

    Il ne se passe pas un jour, sans que des échos, nous parvenant de l’hémicycle Zighout Youcef, ne nous confirment pas de façon criarde la mauvaise réputation, qui colle désormais à l’Assemblée populaire nationale. C’est à croire que toutes les tares ont été réunies par cette assemblée, montée de toutes pièces durant le règne de la Issaba. Une assemblée éclaboussée par les scandales en tous genres, dont certains membres ont une bien curieuse conception de la mission qu’ils sont supposés mener et de l’éthique que leur impose leur statut. Mais de quoi s’agit-il au juste ?

    Selon le journal El Hayat, ce sont 31 députés, issus du FFS, MSP, MPA, FLN et RND, qui continuent à percevoir leurs salaires, alors qu’ils ne se présentent plus aux travaux de l’APN. Un comportement intolérable de ceux, qui sont présumés illustrer la droiture. Une attitude de profiteurs irresponsables de la part de députés censés donner l’exemple, qui nous confirme de manière incontestable, que les couleurs partisanes au sein de cette assemblée sont factices et ne veulent absolument rien dire.

    Qu’ils soient démocrates, islamistes ou nationalistes, ce ne sont en vérité qu’une contrefaçon ridicule et absurde des véritables démarcations politiques et idéologiques, basées sur des convictions ancrées. Pour moins que ça, de simples agents et fonctionnaires ont été sanctionnés par des retenues sur salaires, si ce n’est pas le licenciement tout court ! Il est tout simplement déplorable, pour ne pas utiliser un autre terme, de savoir que des représentants du peuple s’autorisent à profiter de l’argent du peuple, sans aucune contrepartie.

    En toute impunité, ils continuent à puiser dans les caisses de l’Etat, sans se poser de questions et sans se demander si l’argent qu’ils sont en train de percevoir est mérité. Rien à dire. L’esprit rentier est dépassé, et de loin. Car, aujourd’hui, il est carrément question d’esprit prébendier dans toute son acceptation.

    Au moment où le pays risque la faillite, des députés persistent à empocher de confortables rémunérations, tout en vaquant à leurs affaires personnelles, loin du lieu de leur travail. Les faits sont là. Ils traduisent parfaitement les vices d’une catégorie de députés, dont la gloutonnerie se passe de tout commentaire.

    Des députés, qui ont fini par trainer dans la boue toute une institution, sans se soucier du reste. Pourvu que les virements soient effectués régulièrement à leurs comptes bancaires. C’est l’essentiel.

    Pour les considérations d’ordre moral, ça ne leur pose aucun problème de conscience. A propos, ont-ils une conscience ? Si certains l’ont égarée le jour où ils avaient monnayé leurs sièges, d’autres l’ont perdue en s’habituant aux privilèges que leur offre le statut de député. La vie est agréable à Sidi Yahia !

    Mohamed M. 

    L’Est Républicain, 5 oct 2020

    Tags : Algérie, Assemblée Populaire Nationale, Parlement, députés, corruption,

  • Algérie : Les normes inversées

    par Abdou BENABBOU

    On aurait un grand tort à se focaliser sur les manigances de la prétendue fille de Bouteflika car avec du recul, on devra se rendre compte que des milliers d’Algériens auraient les apparences et le profil de celle que l’on appelle madame Maya. Jugée en toute logique aujourd’hui, cette dame reprochable n’a finalement que profité d’une large resquille nationale, instaurée en règle immuable pour que chaque bras bénéficiant d’accointances avec des connaissances fortes et rentables serait idiot de ne pas se tendre. Cette culture répréhensible, dépourvue de toute conscience n’est pas particulière à l’Algérie et il arrive même de constater partout dans le monde des hauts responsables, y compris des présidents et des rois, épinglés, le doigt, sinon toute la main trempée dans le pot de miel.

    Ce phénomène dépasse ce que l’on accorde communément au sens de la corruption parce qu’il revêt celui d’un passe-droit dont les effets négatifs ternissent l’ensemble de l’articulation de la société. Le passe-droit ne se résume pas seulement à piétiner la loi. Il place le responsable qui l’effectue dans le déni des sujets qu’il est censé servir et fait de lui un obstacle à la marche du pays. La responsabilité ne devient plus qu’une arme pour épater et un outil de gloriole pour un égo circonscrit.

    C’est certainement cet égo simplet et gauche qui a fait que tous les responsables aujourd’hui jugés se disent innocents et victimes d’une recette politique qu’ils disent avoir suivie contre leur gré.

    Dans l’esprit d’une madame Maya et de celui de nombreux Algériens, il serait anormal de ne pas emprunter une voie courante et usuelle pour s’enrichir car l’air du temps est à celui qui excelle à se servir et non à servir.

    La fatidique philosophie nationale a fini malheureusement par inverser l’objectivité des normes pour qu’elles deviennent aux limites des règles de la piraterie. Aucune nuance n’est cédée entre le droit et le devoir. La confusion et la mêlée des convictions ont transformé la malfaisance en droit et il est devenu normal et légitime que les exigences populaires se multiplient.

    Le Quotidien d’Oran, 10 oct 2020

    Tags : Algérie, Mme Maya, Nachinache Zoulikha-Chafika, corruption, Bouteflika,

  • Algérie : De l’engeance des «homo-bouftanticus» !

    par El-Houari Dilmi

    «Quand la corruption s’érige en norme, l’honnête homme est ridiculisé, exilé ou tué », disait, je ne sais quel bel esprit éclairé. Question à un douro dévalué : quelle différence y a-t-il entre un pot-de-vin, une kahwa, un pourboire, un bakchich, un dessous-de-table, un sous-le-manteau, ou encore un « graissage de patte » en version soft ? Parce que certains ont pris le vilain pli de picorer dans la main des autres, l’on comprend peut-être mieux pourquoi on accélère la construction de nouvelles prisons, avec cette peur au ventre de les voir très vite « bondées », tant la corruption est omniprésente dans un pays où la race des « homo-bouftanticus » est en voie de prolifération constante. Maladie « honteuse » des temps opulents, la corruption serait comme ce médecin véreux qui administre des médicaments contrefaits à des patients qui font semblant de tomber malade. A l’ère menaçante de l’«homo-bouftanticus », le pain ou la kahwa, en tant que « leviers » naturels de graissage des mécanismes enrayés, sont-ils devenus le chemin le plus court vers la bourse, pour délier ses cordons mal serrés et s’en servir à volonté, sans se sentir forcé de laisser traîner ses mains baladeuses parmi la faune léonine des chipeurs par vocation ?

    Preuve affligeante de l’intrusion de l’argent sale jusqu’au dernier interstice de l’édifice de l’Etat, le scandale retentissant de l’affaire Tliba-Ould Abbes, et ces sièges qui se monnayent au « marché des dupes mal élus» contre la modique somme de sept milliards de centimes, et plus encore pour les grandes villes du pays. Rien que ça !

    Poussant le bouchon jusqu’à faire… imploser la bouteille, d’aucuns n’ont pas hésité à parler de plusieurs « députés affairistes » qui siègent dans l’actuelle APN. Premier casus belli du bipède face à son congénère : le loup de haute montagne, le pain, par une curieuse mutation stomacale, est devenu, à l’ère du tout-mangeable, la destination « naturelle » de l’homme-tombereau. Jusqu’au jour où naquit l’homme-quignon qui, par le miracle de la rétro-révolution des « khobzistes », fera, du vaccin sous-lingual, son miroir de poche grossissant.

    Présent contre son gré à tous les râteliers et premier argument-massue pour réduire au silence les bouches… trop pleines, il est l’invité désobligé de tous les festivals des croquemitaines costumés. Première raison de vivre du bipède « panifié », l’ancêtre du flouze n’a pas le même arrière-goût pour toutes les bedaines brettelées.

    Selon qu’on soit un « œnologue » de pain blanc ou un goûteur de pain perdu, tout le monde ne mange pas le même pain… par le même bout. Selon qu’on émarge au budget (à fonds perdus !) de l’Etat-mamelle ou dans la gamelle sans fonds de l’infra-peuple, le pain n’a pas la même saveur pour celui qui le mange sous la lumière crue du jour, et celui qui le picore dans les nids douillets, à la nuit tombée.

    Qu’il soit «imbibé» de sueur trop chaude ou «relevé» à l’huile de coude, le pain n’a pas la même couleur pour celui qui le mange en roupillant, en «fourrageant» dans l’arrière-cuisine des repus, en essuyant les auges des rassasiés à vie, ou même en ouvrant simplement sa bouche béante, pointée vers le ciel, en ramassant les miettes tombées du haut du bec acéré des rapaces. Aussi vrai que se désengluer du pétrin gigantesque de toutes nos incuries n’est pour demain la veille, Judas existerait qu’il serait aujourd’hui ministre d’Etat !

    Le Quotidien d’Oran, 8 oct 2020

    Tags : Algérie, corruption, bakchich, gabégie, 

  • Algérie : Disette et recommandation

    par Abdou BENABBOU

    La période de disette que traverse le pays a imposé la nécessité de lever le voile sur les profondes anomalies qui n’ont cessé de couver dans le bercail des grandes entreprises publiques nationales. Au moment où d’ex-hauts responsables politiques sont sonnés par de lourdes condamnations pour de graves nonchalances dans leurs gestions, il était inconséquent de garder les yeux fermés sur une configuration économique pétrifiée sinon permissive qui caractérisait l’administration et l’ensemble des biens de la communauté.

    Sœurs jumelles et complices, la corruption et la bureaucratie aux noms outrageusement vagues, par délibération morbide, ont été le frein au développement et les nourrices de l’ensemble des injustices que le peuple a dû consommer en silence. Ce sont aussi elles les principales résultantes de la perte de la stature de l’Etat et du ternissement de la confiance des Algériens en leurs dirigeants.

    Il est su par tout le monde que la chansonnette de l’homme qu’il faut à la place qu’il faut n’a été qu’un trompe-l’œil et un slogan pour faire bonne figure face à une masse populaire sachant à quoi s’en tenir. Qu’un diplomate algérien en fonction dans une importante capitale européenne avoue qu’il n’avait pour mission que celle de porter les valises familiales suffit à indiquer la nature et l’esprit de la marche débridée du pays. Il suffit de scanner la composante humaine de l’administration et des entreprises pour dévoiler la nature des recrutements et découvrir les truchements familiaux et amicaux qui ont dénaturé le cours normal de l’évolution du pays. Celle des antennes algériennes et des représentations à l’étranger suggère colère et désolation.

    Il est presque prêté à rire quand on découvre qu’un simple appariteur d’une représentation ne doit son nid douillet et fructueux qu’à une très forte et haute recommandation.

    On comprend alors pourquoi le chef de l’Etat fait d’un lever du voile son premier cheval de bataille et pourquoi sa première visée concerne les mastodontes de l’économie algérienne.

    Le Quotidien d’Oran, 7 oct 2020

    Tags : Algérie, corruption, institutions, réformes, anomalies, système, Bouteflika, malversation, vol,

  • Algérie : Retour aux sources

    Dans un message prononcé en son nom par un de ses conseillers à l’ouverture d’un séminaire organisé hier sous le thème « la constitution au service du citoyen », Abdelmadjid Tebboune a réitéré sa volonté d’expurger le processus électoral, notamment en ce qui concerne les scrutins législatif et local, de l’un de ses vices les plus pernicieux, qui a fini par éroder la crédibilité du suffrage : le système des quotas. Le président de la République s’est engagé personnellement à tout mettre en œuvre pour démanteler ce stratagème, instauré en 1997 par ceux que feu Mohamed Boudiaf appelait les décideurs, dans l’intention apparente d’éviter le scénario des élections législatives du 26 décembre 1991.

    Erigé en règle tacite, mais appliqué à la lettre par un régime clientéliste, ce système n’a pas seulement montré ses limites, il a surtout dénaturé l’évolution démocratique au profit d’une classe politique, dominée par les opportunistes de tous bords et les carriéristes invétérés. Les dégâts causés par cette pratique totalitaire que l’on s’évertuait à dissoudre dans un multipartisme factice, sont parmi les premières raisons, qui ont fait sortir les Algériens dans la rue, un certain 22 février 2019.

    Conscient de la gravité de la situation, le chef de l’Etat a marqué sa détermination à en finir une bonne fois pour toutes avec ce genre de méthode, qui a transformé l’exercice démocratique en une opération formatée et accessoirisée avec la complicité de partis politiques servant d’alibi. Pour réussir, il est appelé à aller au fond du problème.

    L’émergence d’une nouvelle classe de jeunes élus doit se faire en dehors des réseaux encore actifs, dont les leviers de commande sont toujours entre les mains des résidus de la Issaba. En revenant sur la récente installation de la commission chargée de revoir le régime électoral, et en tenant à assurer qu’elle « est composée d’experts en droit et de représentants du ministère de l’intérieur, Abdelmadjid Tebboune a certainement voulu se limiter à l’aspect légal, pour ne pas donner l’occasion aux spéculateurs de monter au créneau et l’accuser de pratiquer le même « jeu » que son prédécesseur déchu. Il sait pertinemment qu’un projet destiné à garantir la transparence et la régularité des futures élections, restera toujours un projet, s’il n’est pas accompagné d’un profond assainissement de la scène politique en général.

    « Encadrer le financement des élections pour faire respecter la volonté populaire et en finir définitivement avec les quotas afin de donner les mêmes chances à tous les candidats engagés dans la compétition électorale », constitue certes une barrière de protection, qui pourrait contribuer largement à la protection des voix des citoyens, comme l’entend le président de la République, mais sa résistance sera tributaire des mécanismes mis en œuvre pour éradiquer et à jamais l’intrusion de l’argent sale dans la politique.

    « Dans l’Algérie nouvelle, personne ne sera protégé, personne ne bénéficiera de l’impunité, de l’immunité, l’argent proviendra uniquement du travail, de la création de richesse pour que le citoyens puisse constater un changement réel », a souligné le conseiller à la Présidence dans sa lecture du message transmis par le chef de l’Etat. Effacer le préjudice matériel et moral porté à l’Etat par les pratiques mafieuses cautionnées par la Issaba, et réinstaurer la confiance entre le peuple et ses institutions ; une œuvre immense qui attend Abdelmadjid Tebboune, et un retour aux sources imposé par la conjoncture.

    Mohamed Mebarki

    L’Est Républicain, 6 oct 2020

    Tags : Algérie, Abdelmajid Tebboune, Consitution, corruption, gabégie, malversation, institutions, Etat de droit, élections, référendum,