Tag: corruption

  • Algérie : Le mélange des genres

    par Abdou BENABBOU


    Le frère cadet du président déchu a été transféré dans une prison civile. De lourds griefs pèsent toujours sur lui et ses allers-retours entre les maisons d’arrêt et les tribunaux ne sont pas près de finir loin s’en faut. Voilà un homme empêtré au cœur de circonvolutions plus que regrettables pour lequel la déroute de sa destinée l’a vêtu d’habits inadaptés à sa taille. On ne s’habille pas au pied levé et sans coup férir d’un costume d’homme d’Etat et le profil et la consistance de l’ex-conseiller spécial sérieusement incriminé à juste raison laissent cependant dégager une odeur de damnation que le mauvais sort lui a attribuée.

    La politique a quelque chose de satanique quand des hommes imbus d’une immense autosatisfaction se laissent entraîner par les chants des sirènes et pensent se découvrir par une ivresse inouïe des gabarits de prophètes.

    Ce n’est pas tant les amitiés intéressées et les recommandations suspectes dont il doit être question, mais c’est l’élaboration d’une tragédie nationale qui doit être l’objet quand un supposé homme d’Etat manipule à sa guise le destin d’un peuple. Saïd Bouteflika a eu la malchance d’être le frère du président de la République et le chef de l’Etat déchu a eu le dramatique génie de régir le pays comme s’il s’agissait de gérer une cuisine familiale. Le mélange des genres est source des plus grandes des catastrophes. On avait vu en d’autres lieux ce qu’a produit ce fatidique mélange jusqu’à pousser aux méfaits extrêmes.

    On n’en a pas été jusque-là. Mais on a du mal à écarter la similitude d’esprits quand les maléfiques irresponsabilités des leaders déroutent la bonne marche des peuples. Les faux dieux finissent toujours au fond des puits. Leur fausse conviction a été d’avoir cru que la vie était un fleuve tranquille et qu’ils pouvaient disposer du présent et du futur comme bon leur semble.

    Pourtant la grande histoire n’a jamais cessé de démontrer que la paranoïa et l’arrivisme ont toujours des itinéraires courts.

    Tags : Algérie, Saïd Bouteflika, Abdelaziz Bouteflika, corruption,

  • Dans l’ombre, Youssouf Ouedraogo, ancien MAE burkinabé, roulait pour le Maroc

    Certains anciens responsables burkinabés ne font pas honneur à leur pays. Loin des projecteurs, ils adoptent des comportements néfastes que la morale condamne. C’est le cas de Youssouf Ouedraogo, ancien ministre des affaires étrangères, puis premier conseiller du Président de la Banque Africaine de Développement. Grâce aux documents confidentiels de la DGED nous avons découvert comment, guidé par son avarice et son goût prononcé pour l’argent, est devenu un fidèle agent des services secrets marocains.

    En effet, des documents relevés dans le courrier de Mourad El Ghoul, directeur de cabinet de Yassine Mansouri, patron de la DGED, l’accusent de compromission avec les espions marocains.

    Ouedraogo s’est avéré être un habitué du Maroc, où il a effectué plusieurs séjours touristiques gracieusement payés par la DGED, le service de renseignement extérieur de Mohammed VI. Il recevait aussi des commissions.

    Le cas de Youssouf Ouedraogo est une raison plus que suffisante pour se poser la question : Combien sont-ils ces responsables et personnalités burkinabés qui, tapis dans l’ombre, s’adonnent à des activités d’espionnage pour le compte de la DGED? Malheureusement, ce genre de haute trahison a encore de beaux jours au Burkina Faso vu l’état de déliquescence des institutions de ce pays.

    Le Burkina Faso, terre des hommes libres ou terre des … ripoux?

    Tags : Maroc, DGED, Burkina Faso, Youssouf Ouedraogo, corruption, Banque Africaine de Développement,



  • Tunisie / Taoufik Habaieb: Ce qui nous divise, ce qui nous rassemble

    C’est une bonne année 2021 qui commence! L’espoir que fait naître le vaccin contre le Covid-19 est à lui seul motif d’optimisme. Après une folle année faucheuse et un train ininterrompu de mauvaises surprises, tous aspirent à rompre avec ce cycle infernal du mal ravageur, de confinements en série, de pertes d’emplois et de revenus. Outre son cortège de morts.

    Vieux démons et doutes ancestraux ont soudainement ressurgi. Ils n’ont fait qu’exacerber les paradoxes d’un peuple déjà en errance. Les facteurs de dislocation sont multiples.

    Ce qui nous divise devient encore plus profond, encore plus clivant.

    Les inégalités ne sont plus acceptées. Dix ans après janvier 2011, l’aspiration à la dignité est encore plus forte. Cette pressante revendication couvre plus largement l’accès à l’emploi, aux soins de santé et à des services publics de qualité. Sans exclusion, ni favoritisme.

    La malversation généralisée est vigoureusement dénoncée. Elle gangrène le pays, corrompt la société, intoxique l’économie et fausse toutes les règles. La puissance acquise par les barons de l’illicite vampirise l’appareil de l’État et attente à ses institutions.

    L’Islam politique, affiché modéré, cède le pas à l’extrémisme religieux. L’appel à la peine de mort, la dégradation du statut de la femme, ou encore le rejet de l’égalité successorale, revendiqués sous la coupole du Parlement, annoncent l’avancée d’une pensée des ténèbres qui entend s’exercer aujourd’hui. Le comble, c’est que ce discours misanthrope trouve écho auprès de larges franges de Tunisiens qui se complaisent dans un conservatisme à contre-courant du progrès.

    Le populisme vient tout achever. Au risque de tout déconstruire, il attise les passions, défend le sectarisme, cultive les ferments de l’insurrection, face à l’autorité de l’État. C’est l’unité de la nation qui est alors mise en danger.

    Les risques sont multiples et graves. Personne ne les pointe fermement du doigt, n’agit suffisamment fort pour en prémunir la nation. Dans ce chacun-pour-soi, l’ego politique l’emporte sur l’intérêt général, et le court terme sur le devenir commun.

    Pourtant le lien fondamental salutaire existe. Il n’attend qu’à être déterré, renforcé, redéployé, pour nous en sortir.

    Ce qui nous rassemble sera alors plus fort. Que manque-t-il à la Tunisie pour surmonter ces moments difficiles ? Mise sur les rails de la démocratie dans la promesse de sa plénitude, elle dispose d’atouts majeurs qu’il suffit d’activer.

    La crise économique, aussi catastrophique soit-elle, n’est pas irrémédiable. Le pays peut s’en sortir, moyennant une vision claire, des priorités bien hiérarchisées, un programme d’austérité généralisé et une gestion rationalisée. La relance sera au bout.

    La précarité n’est pas impossible à vaincre. En érigeant la solidarité, en favorisant une meilleure redistribution des ressources et en gommant les inégalités, les résultats seront rapides à produire leurs effets bénéfiques.

    Les tiraillements politiques violents restent à désamorcer. C’est la classe dirigeante qui en est responsable et c’est elle qui doit être mise en demeure pour en venir à bout. Dans une folle course au pouvoir, tous cherchent à renforcer leurs positions, préserver leurs acquis, défendre leurs intérêts. Peu importe, à leurs yeux, le quotidien du Tunisien, sa souffrance et son désespoir. Ce qui les effraye, cependant, c’est le déballage public des affaires, l’emballement de la justice pour leur demander des comptes. Point de trêve, la meilleure défense, croient-ils, c’est l’attaque, les réseaux sociaux sont inondés de vraies et de fausses dénonciations.

    N’est-il pas grand temps que cesse toute cette hystérie collective? Le pays ne se gouverne pas par une fuite en avant, ni une soumission aveugle à la vox populi. Il exige sérénité, clairvoyance, courage et leadership. Lassés par tant d’épreuves, traumatisés par tant de brutalités, les Tunisiens aspirent légitimement à retrouver le bien-être qu’ils appellent de tous leurs vœux. Est-ce impossible ?

    Meilleurs vœux de bonne et heureuse année 2021.

    Taoufik Habaieb

    Source : Leaders, 1 jan 2021

    Tags : Tunisie, politique, corruption, malversation,

  • A case of corruption at the highest level in Tunisia

    The scandal was denounced as early as November 2020 by a private Tunisian television channel. According to the investigation of investigative journalists, the Tunisian company Soreplast imports 120,000 tons of waste each year…

    Read more from the source : Econostrum

     

     

     

     

     

    Tags : Tunisia, corruption,

  • Algérie : Le procès de «Mme Maya» reporté

    par R.N.


    L’a Cour de justice de Tipasa a décidé hier du report au 7 décembre du procès de Nachinache Zoulikha-Chafika dite «Mme Maya» condamnée en première instance par le tribunal de Cheraga à 12 ans de prison ferme dans une affaire de corruption.

    Cette décision de la chambre correctionnelle fait suite à une requête de la défense des accusés, motivée par l’absence de deux accusés principaux, Abdelghani Zaâlane et Mohamed Ghazi, respectivement ex walis d’Oran et de Chlef.

    Nachinache Zoulikha-Chafika, dite «Mme Maya», a été condamnée le 14 octobre dernier par le tribunal de Chéraga à 12 ans de prison ferme assortie d’une amende de 6 millions de DA et la saisie de ses biens. Ses deux filles, Imène et Farah, ont été condamnées chacune à une peine de 5 ans de prison ferme assortie d’une amende de 3 millions de DA et la saisie de leurs biens.

    Impliqués dans cette affaire, l’ancien wali de Chlef, Mohamed Ghazi, a été condamné à une peine de 10 ans de prison ferme, assortie d’une amende d’un million de DA, tandis que son fils a été condamné à 2 ans de prison ferme et une amende de 500.000 DA.

    Tags : Bouteflika, Mme Maya, corruption,

  • Mauritanie : Quand la HAPA siffle la fin de la récréation!

    Depuis la fermeture d’El Guerguerate, le Maroc semble avoir laissé tomber la discrétion dans ses activités de lobbying en Mauritanie. Ses nervis aussi! C’est ainsi que l’ampleur de ses liens avec les médias mauritaniens a été étalée au grand jour. A voir leurs déchaînements contre les sahraouis, on dirait qu’ils ne sont pas au courant que le Maroc impose un visa à leurs concitoyens pour leur entrée au Maroc alors que ce n’est pas le cas avec l’Algérie, son ennemi juré depuis la nuit des temps.

    L’attitude de ces pseudo-médias rappellent tristement celle des républiques bananières de l’Afrique de l’Ouest qui ont ouvert des prétendus consulats dans les villes martyres du Sahara Occidental. Leur point commun? Les pots-de-vin, le soudoiement et la corruption dont les marocains sont maîtres.

    C’est ainsi que ces pseudo-journalistes, au nom de quelques misérables ouguiyas, ont fait de la sphère médiatique virtuelle un terrain de compétition dont le gagnant remportera une médaille en méchanceté envers le peuple sahraoui et en allégeance à la monarchie médiévale du Maroc. L’esprit rêveur de certains les a poussé à faire recours à des vieux épisodes de la guerre imposée par Mokhtar Ould Daddah sous les directives de la France. Mais, ils sont allés si loin qu’ils ont provoqué l’indignation de la Haute Autorité mauritanienne pour la Presse et l’Audiovisuel (HAPA).

    Dans un communiqué on ne peut plus claire, la HAPA leur a signalé son désaccord avec leur traitement du dossier d’El Guerguerate soulignant leur manque de professionnalisme et d’objectivité et leur tendance à attiser les feux de la discorde et la haine dans une affaire dont la Mauritanie n’est pas concernée et ne cesse d’exprimer sa neutralité à ce sujet. Etonnamment, aucun média francophone n’a daigné relayer le communiqué de la HAPA.

    Dans le passé, le hacker Chris Coleman a révélé la collusion du président de Sahara Médias avec les services secrets marocains. L’affaire El Guerguerate a révélé qu’il n’est pas le seul. Seul bémol, maintenant que l’affaire Guerguerate est finie, ils seront contraints de se dêmeler pour trouver un sujet susceptible de leur apporter l’occasion de s’en prendre au peuple sahraoui.

    S’il y a quelques jours, la HAPA a organisé un séminaire pour lutter contre les “fake news”, elle se retrouve, désormais, dans le besoin d’un autre séminaire pour lutter contre l’argent marocain qui fait des ravages dans la presse mauritanienne.

    Tags : Mauritanie, médias, Maroc, corruption, soudoiement, pots-de-vin, El Guerguerate,

  • Algérie : Maya, la fausse Mazarine de Boutef

    Une femme, se prévalant être la fille cachée de Bouteflika, se voit ouvrir toutes les portes de la république…Ministres, walis, hauts fonctionnaires de l’Etat : tout ce « beau linge » se mettait en quatre pour faire plaisir et exaucer les moindres vœux et desiderata de cette Mazarine, version algérienne, de Boutef.

    Acrobate de haute voltige, Maya se fit passer pour la fille naturelle de Boutef. Cette filiation fabriquée lui permit d’amasser une fortune en tant qu’affairiste et surtout en tant qu’entremetteuse. Sa villa, numéro 143, fut l’endroit le plus couru d’Alger.

    Dès potron-minet, hauts fonctionnaires, hommes d’affaires cherchant l’extrême-onction pour avoir le beurre et l’argent du beurre, oligarques de renom cherchant toujours plus d’avantages.

    Et patatras : Surnommée la princesse de Moretti, cette belle mystificatrice bénéficia d’une garde policière, digne d’un chef d’Etat offerte par son ami, le DGSN, El Hamel.

    Au moment de son arrestation, on trouva dans les murs de sa villa 12 milliards de centimes, 270 000 euros, 30 000 dollars, 17 kilos d’or et une panoplie de passeports .Décidément, on aura tout vu sous Boutef. Mais il manquait cette histoire gangstero- glamour pour orner davantage la curée.
    Maya la Mazarine de Bouteflika ! a titré un célèbre hebdomadaire français. Oh que non ! L’allusion ou la comparaison ne tiennent pas la route.

    Mazarine Pingeot, fille cachée du président Mitterrand, ne versa jamais dans la forfaiture et encore moins dans le fait-divers. Professeur d’université, écrivaine, essayiste et conférencière de niveau mondial, Mazarine multiplia plus le savoir que la magouille. Donc rendons à Juliette…

    Maya, la fausse Mazarine de Boutef, est d’un autre acabit. D’une autre trempe. Grandie dans un terreau du tout sauf…légal, elle déplaça, pendant un certain temps, El Mouradia à Moretti dans sa villa où elle exerça, in situ, presque le rôle du chef de l’Etat.

    Quelle splendeur que les 20 ans de règne de Bouteflika ! Prévarications, prébendes, pots de vins, bakchich, fuite de capitaux…Quelle folle et collective danse du ventre pour l’oseille sous label sérail. Et qui rajoute au simulacre de l’exercice du pouvoir sous Fakhamatouhou.

    Elle avait fière allure la république sous Boutef…avec ces « mignons » et ces « mignonnes » à qui on ne refuse rien ! Et qui pillèrent l’Algérie dans un règne de farces et attrapes.

    La Nation, 11 oct 2020

    Tags : Bouteflika, Mazarine, Mme Maya, corruption, malversation, détournement, bakchich, prévarication, prébendes, El Mouradia,

  • Algérie : Des peines allégées pour Ouyahia et Youcef Yousfi

    par Abla Chérif

    L’affaire Sovac a connu hier son épilogue. La cour d’Alger a confirmé la première sentence prononcée à l’encontre du principal inculpé et revu à la baisse la peine du frère de Mourad Eulmi, Ouyahia, Youcef Yousfi et de l’ex-Pdg du CPA.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – La cour d’Alger a confirmé la première peine qui avait été prononcée à l’encontre de Mourad Eulmi. Ce dernier écope de dix ans de prison, une sentence à laquelle s’ajoute la confiscation de tous ses biens ainsi que le gel des activités de toutes ses entreprises également sommées de payer une amende de 32 millions de DA chacune.

    Ahmed Ouyahia a vu sa peine prononcée en première instance réduite de deux ans, il a en effet été condamné à dix ans de prison au lieu de douze. L’ancien Premier ministre en est à sa quatrième lourde condamnation prononcée dans les procès liés à la corruption. La peine la plus lourde, quinze ans de prison, avait été prononcée à l’issue du jugement en appel de l’affaire de l’automobile, en décembre dernier. Ouyahia a été également condamné, en première instance à douze années de prison dans l’affaire Haddad et 10 ans dans le dossier de Tahkout.

    La cour d’Alger a également revu à la baisse les premières peines prononcées à l’encontre de trois autres prévenus : Khider Eulmi, frère du principal accusé, Omar Boudiab, ex-P-dg du CPA, et l’ancien ministre de l’Industrie Youcef Yousfi. Le premier a été condamné à cinq années de prison au lieu de sept, et les deux autres prévenus à deux années de prison, dont une avec sursis au lieu de trois.

    Il faut rappeler que la prononciation du verdict a été reportée à trois reprises en raison de l’incident qui avait marqué ce procès. Un vif échange verbal entre le bâtonnier d’Alger et le président du tribunal avait dégénéré et ouvert la porte à un grand conflit entre la défense de Mourad Eulmi et la cour.

    Au nom de tous les avocats, Me Sellini avait demandé un report du procès en raison de la grande fatigue de ces derniers, cette requête avait été rejetée par le président du tribunal qui a réagi à l’insistance du bâtonnier en faisant appel à la force publique. Victime d’un malaise qui s’est produit à ce moment, Me Sellini a été évacué.

    Les avocats ont décidé de boycotter les séances suivantes avant même d’avoir pu plaider, mais le président du tribunal, qui venait d’achever les auditions, a mis l’affaire en délibéré. La grogne s’est étendue à l’ensemble des avocats d’Alger qui ont déclenché une grève d’une semaine.
    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 22 oct 2020

    Tags : Algérie, Ahmed Ouyahia, Mourad Eulmi, Youcef Yousfi, procès, corruption,

  • Qu’est-ce qui fait la différence entre pays francophones et anglophones en Afrique?

    Etant donné que le putsch militaire visant à prendre le pouvoir semble être décrié en Afrique, la Françafrique continuera d’user de la fraude électorale en vue d’installer ou maintenir ses marionnettes sur le trône. C’est pourquoi l’inestimable et génial Coluche indiqua pour l’éternité : “Si votait changeait quelque chose, il y a longtemps que à serait interdit”. Qui a la capacité d’affirmer le contraire?

    L’inconscience étendue, la lâcheté active, l’antipatriotisme et l’adiaphorie sont les fondements permettant à la France de ne jamais permettre à ses sous-états bananiers d’Afrique à jouir véritablement de la liberté, de la justice ainsi que de la prospérité.

    Il est illusoire de de percevoir un autre horizons que celui bâti sur la terreur d’Etat, le mensonge et les crimes sans punition. Pour l’immense majorité des naïfs, le bilan global plus que catastrophique depuis 1960 suffirait-il à les faire prendre conscience du moins?

    Durant cette intemporalité, la question majeure subsistera : Pour quelle raison précise aucun protectorat françafricain sombrant sous la régence de l’hideux colonialisme français n’ait avancé à l’instar des nations anglophones et autres de la planète?

    Le jour lointain où nous arriverons à connaître la réponse exacte, un autre chemin sera possible

    Ali Muhammad Diallo, Tchad
    Twitter

    Tags : Afrique, Françafrique, France, colonialisme, colonisation, spoliation, pillage, corruption,

  • Algérie : Sombres perspectives

    On savait que la pandémie du Coronavirus au-delà de ses dégâts humains allait également provoquer des dommages collatéraux extrêmement préjudiciables à l’économie nationale. Huit mois après son apparition, les effets du terrible virus se déclinent en chiffres monstrueux de pertes. Ce sont en effet des milliards de dollars qui partent en fumée dans le sillage de la paralysie de l’appareil de production national lourdement impacté par la fermeture des frontières mais aussi par le fonctionnement au ralenti des entreprises.

    Et comme il fallait s’y attendre, le poumon de l’économie nationale, la Sonatrach qui dépend exclusivement du marché international a subi de plein fouet la crise. Son manque à gagner s’élève en effet à environ 10 milliards de dollars à fin du mois de septembre dernier selon le bilan établi lors d’une réunion entre le ministre de l’Energie Abdelmadjid Attar et les directeurs des wilayas de son secteur.

    En clair, le chiffre d’affaires de la compagnie nationale a connu une chute de l’ordre de 41% par rapport à l’année 2019 ! Et pour ne rien arranger, le tableau de bord du secteur de l’énergie s’en trouve obscurci par les résultats du groupe Sonelgaz qui vient lui aussi d’enregistrer des pertes estimées à 18,7 milliards de DA dûes à la baisse de la consommation en raison de la réduction de l’activité économique et l’augmentation des créances de la société de distribution.

    Ces résultats financiers de deux «majors» de l’économie nationale sur lesquels repose le budget de l’Etat, ont de quoi inquiéter et le gouvernement et le peuple. L’Algérie vit une crise financière aigue du fait de la conjonction d’une double crise sanitaire et pétrolière.

    Tout compte fait, notre pays ne dispose que d’un répit de 16 mois d’importation avant que le matelas des réserves de change qui fondent chaque mois un peu plus, ne tarisse. Le projet de loi de finances 2021 prévoit ainsi la chute de notre bas de laine à hauteur de 47 milliards de dollars à la fin de l’année 2021. C’est le stock en devises le plus bas depuis plus de vingt ans.

    Une année et demi après la chute de Bouteflika et sa meute de corrompus ayant saigné les caisses de l’Etat, l’Algérie se voit rattrapée par les politiques suicidaires de ses responsables qui, plutôt que de diversifier pour de vrai l’économie et la sortir de la rente pétrolière, ont profité pour gonfler leurs comptes en devises et s’offrir des acquisitions royales sous d’autres latitudes. C’est dire, une fois de plus, que c’est au bon peuple de payer la facture salée des errements politiques et la folie des grandeurs de Bouteflika que le FLN et le RND nous présentaient quasiment comme un «messie».

    Imane B.

    L’Est Républicain, 22 oct 2020

    Tags : Algérie, économie, Sonatrach, Sonelgaz, budget, importations, devises, stock, corruption, Bouteflika, coronavirus, covid 19,