Tag: corruption

  • Balkany brisé ! Balkany martyrisé ! Mais Balkany libéré !

    « Être libre, ce n’est pas seulement ne rien posséder, c’est n’être possédé par rien. » (Julien Green, 1980).

    Cinq mois en prison. Patrick Balkany est sorti de la prison de la Santé ce mercredi 12 février 2020 après y être entré le 13 septembre 2019 à l’issue de son procès en première instance. Son procès en appel vient de se terminer et le verdict sera prononcé en principe le 5 mars 2020.

    Patrick Balkany a 71 ans et qu’on l’aime ou qu’on le déteste, il a visiblement été lessivé par ce séjour en prison. Grosse perte de poids, le visage transformé. La chaîne d’information continue BFM-TV semblait très balkanienne en ce sens qu’elle considérait que c’était un événement capital alors que le lendemain, elle ne retransmettait même pas le discours écologique du Président Emmanuel Macron au pied du Mont-Blanc alors que sa concurrente LCI, si.

    On peut dire que ceux qui ont enfreint la loi doivent payer. Mais il se trouve que pour la (double) condamnation en première instance de fraude fiscale et de blanchiment de fraude fiscale (il n’y a pas de corruption), la peine de quatre ans de prison ferme reste très sévère. Il y a eu une part de provocation de part et d’autres : l’allure sûre de lui, volontiers insolent avec les juges, Patrick Balkany n’hésitait pas affirmer qu’il se représenterait à la mairie de Levallois-Perret en mars 2020 et qu’il serait réélu. On ne nargue pas impunément la justice. La prison dès la fin du procès était probablement un moyen de le rendre un peu plus humble, ce qui, avouons-le, n’est pas très judicieux pour une justice neutre et impartiale.

    Toujours est-il que Patrick Balkany a été libéré pour raison de santé car celle-ci déclinait à vive allure. Une libération conditionnelle à faible contrainte (se présenter à la police quelques fois par mois, je ne sais plus exactement, deux ou quatre fois), et surtout, aucune caution. De toute façon, caution comme prison provisoire (puisqu’il n’a pas été condamné définitivement) sont généralement utiles pour des prévenus qui risqueraient de fuir à l’étranger. Patrick Balkany a d’ailleurs remis son passeport. Le lendemain, Patrick Balkany avouait qu’il avait pris quinze ans en cinq mois.

    Cette après-midi du 12 février 2020, le couple Balkany est apparu soudain attachant. On sait qu’ils sont très liés l’un à l’autre. Avec même un zeste sinon une grande dose de népotisme. Depuis que son mari est à la Santé, Isabelle Balkany dirige les séances du conseil municipal comme maire par intérim, car …elle est la première adjointe. Et justement, il y a un conseil municipal (le dernier de la mandature) le 13 février 2020 au soir.

    Si Levallois-Perret était la Roumanie, on serait tenté de dire que les époux Balknay seraient alors les époux Ceausescu. C’est évidemment très exagéré, mais finalement, en politique, le fonctionnement complémentaire par couple est assez rare, jusqu’au couple qui s’étripe par ambitions présidentielles incompatibles (Ségolène Royal et François Hollande).

    C’était en préparant ce conseil municipal qu’elle a appris la libération future de son mari. Elle a tout laissé en plan pour aller devant la Santé. Face aux caméras, elle a attendu sagement que la porte s’ouvrît. Félicitations aux agents de la prison, c’est un métier difficile, ils ont toujours été corrects. Hop ! quelques électeurs en plus ! (ah non, ils ne se présentent pas à la prison).

    Et l’on a pu ainsi voir une femme septuagénaire assez fatiguée mais avec le sourire et la bonne humeur. On comprend vite comment ils peuvent être élus et réélus : ils peuvent être très sociables, très conviviaux, en revanche, ils peuvent vous faire très mal si vous êtes leur cible. On pouvait avoir l’impression d’un couple de retraités qui revenait de l’hôpital après une chimiothérapie et que le mari est maintenant (presque) guéri (je dis presque car on ne guérit jamais de cette saleté, mais en plus, l’analogie fonctionne puisqu’il y a encore un verdict en appel).

    Pour meubler, Isabelle Balkany (j’allais écrire Adajani !) a raconté ce qu’il resterait de sa journée : direction la maison de Giverny (je crois), et câlinothérapie pour le mari (c’était la semaine câlinothérapie, la veille, le Président chouchoutait ses trois cents poussins à l’Élysée). Et elle a raconté le détail qui tuait : elle allait devoir manier la serpillière ! (Sans le personnel de la mairie). Car les trois chiens vont être tellement heureux de retrouver leur papa qu’ils vont faire dans les couloirs. Les chats aussi seraient de la fête. Et les enfants ? Pas évoqués.

    Comme vous l’avez compris, ce n’est plus une rubrique politique mais une rubrique “people”. Ou presque : “Point de vue et Image du monde”. On parle du couple Balkany comme de la famille royale (le comte et la comtesse de Levallois-Perret). Et le pire, c’est que l’empathie peut jouer à plein. Après tout, personne ne lui souhaiterait la prison, elle est inutile et dangereuse si les conséquences peuvent ruiner le corps. Il faudrait alors se pencher sur les détenus “ordinaires”. A-t-on parlé, par exemple, de cette jeune détenue de 26 ans qui s’est suicidée le 5 février 2020 dans sa cellule de la prison de Caen ?

    On ne peut pas considérer la prison comme inhumaine uniquement pour les personnes du grand monde, il faut aussi la regarder pour les détenus ordinaires. Christine Boutin, animée d’une passion chrétienne qui ne me paraît pas pertinent d’afficher trop explicitement sur le plan politique (par respect aux croyances de chacun), avait eu le bon goût de bosser sur les prisons en France. Des constats toujours terrifiants au fil des rapports et des missions.

    L’interview de Patrick Balkany à une chaîne de télévision est-elle scandaleuse ? Oui, certainement. Au lieu de parader, même profil bas, il ferait mieux d’adopter réellement le profil bas, c’est-à-dire le silence médiatique. En clair, l’humilité. Sans gros cigare.

    C’est parce que les responsables politiques mettent trop souvent en scène leur vie personnelle qu’ils ont parfois des retours de bâton désastreux. L’accident industriel du retrait de Benjamin Griveaux le rappelle : on ne peut pas être parfait tout le temps et la vie privée doit faire partie d’une intimité qui ne regarde que les proches. Mais à force de violer eux-mêmes cet espace secret, ils se mettent en danger car ils sont à découvert vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Et quelle va être la réaction des juges en le voyant parader une nouvelle fois lorsqu’il s’agira de lui choisir une peine dans quelques semaines ? Il est des mauvais élèves qui n’arrivent toujours pas à retenir leurs leçons… Misérables.

    Sylvain Rakotoarison (14 février 2020)

    Tags : France, Balkany, fraude, impots, Levallois-Perret, corruption,

  • Analyse du Mouvement du 20 février au Maroc

    « Mouvement du 20 février » Premier essai pour un encadrement idéologique et politique
    L’apparition du mouvement du 20 février est le résultat objectif des développements de la lutte des classes dans notre pays. Ce mouvement est le produit des contradictions de classe qui régissent le développement de la société marocaine à l’instant présent, et ce sont deux principaux facteurs qui ont contribués de façon directe à l’émergence de cet instant historique :
    L’intensité des contradictions de classe entre le peuple et la coalition de classe dominante après l’offensive de celle-ci contre les classes laborieuses au niveau économique, politique, et idéologique, d’une part ; et la résistance populaire caractérisé par son amplitude de classe et géographique pendant cette dernière décennie d’autre part. Cette même attaque est le reflet de la crise des régimes néo colonialistes, et parmi eux le régime établi au Maroc. Cette même crise n’est que le résultat direct de la crise suffocante où s’embourbe l’impérialisme international.
    La forte influence des deux glorieux soulèvements du peuple tunisien et égyptien produite sur la conscience des militant(e)s et l’ensemble des masses, ce qui a aidé au développement d’une humeur (disposition) militante avancée a contribué de façon directe au lancement de cette dynamique combative au Maroc.
    Ce mouvement 20 février comme mouvement émergé du cœur des contradictions de classe dans notre pays et comme résultat d’un certain niveau d’aiguisement des contradictions de classe, ce mouvement est transpercé objectivement par les intérêts de toute les classes qui subissent la domination de la coalition de classe dominante formée essentiellement par la bourgeoisie bureaucratique et compradore et les propriétaires fonciers.
    Si nous nous basons sur la réalité concrète de ce jeune mouvement, nous pouvons montrer la forme et le contenu de la présence de ces classes au sein du mouvement à condition de se conformer à la méthode de l’analyse scientifique. D’ailleurs la tâche assumée par cet article est d’essayer de montrer les formes et le contenu de la présence de ces classes au sein du Mouvement 20 février.
    Vu les développements et les regroupements au sein du mouvement 20 février, nous pouvons observer la présence de la bourgeoisie « monopolistique », cette bourgeoisie qui s’est développée à la marge de la bourgeoisie compradore et bureaucratique, elle a une expansion économique dans divers domaines, tel que l’immobilier, la confection, l’industrie agro-alimentaire… Le développement économique de cette classe s’est heurté aux intérêts de la bourgeoisie compradore et bureaucratique puisque cette dernière domine l’appareil de l’Etat et le secteur « publique » qui l’exploite, non seulement pour l’accumulation de son capital, mais aussi pour affaiblir ses concurrents. Ce qui a crée de nombreuses difficultés pour cette classe qui scandent les slogans de la bourgeoisie libérale comme « la concurrence loyale », et « non au cumul de la richesse et du pouvoir », « laisser faire, laisser passer » dans une offensive directe contre tous ce que représente les institutions économiques de « la famille royale » et ses proches. Cette classe, qui représente la bourgeoisie libérale au sein du mouvement, est une classe présente et active dans le mouvement du 20 février, elle lutte pour ses intérêts et répandent son idéologie et sa culture. La revendication « d’une monarchie parlementaire » est son slogan politique officiel au sein du mouvement ; et c’est ce slogan qui représente pour elle l’horizon du mouvement et son but final.
    Quant aux porte paroles et représentants de cette classe au sein du mouvement du 20 février sont quelques groupes financés directement par quelques grands capitalistes comme Miloud Chaabi, Karim Tazi, Samir Abdelmoula, Ayouch…et aussi l’USFP et quelques courants au sein du PSU (Parti Socialiste Unifié) et le parti d’avant-garde.
    Tags : maroc, Mouvement 20 février, lutte, despotisme, corruption, nepotisme, Hirak, Rif,
  • Algérie : Enrichissement illicite

    par Abdelkrim Zerzouri

    Des morts demandeurs de logements ou des demandeurs de logements morts sans que leurs vœux ne soient exaucés ? Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud qui a fait état, dimanche dernier, d’un chiffre énorme de demandes de logement de souscripteurs décédés, atteignant «plus de 120.000 demandes à travers le territoire national», devrait suivre ses déclarations de plus d’éclaircissements. Parce qu’en l’état, les morts ayant leurs lopins de terre ne peuvent rien solliciter de plus, et on pourrait comprendre que d’autres personnes, bien vivantes, auraient introduit des demandes en leur nom dans un cadre de trafic pour décrocher indûment des clés d’appartements. Tout est possible, bien sûr, puisque des couples mariés ont divorcé à l’approche de l’éradication du bidonville où ils résidaient pour bénéficier chacun d’un logement propre, puis revenir vivre ensemble dans un logement et vendre le second. Car en réalité le couple, lui, reste soudé, il s’agit seulement d’un stratagème pour bénéficier de deux logements au lieu d’un. C’est du vécu palpable.

    Tous les trafics imaginables et invraisemblables ont été expérimentés pour bénéficier indûment d’un logement social. Pourquoi ne pas en faire bénéficier n mort ? Il y en a également, en sus du faux divorce, ceux qui se marient sans déclaration, en attendant d’entrer en possession de deux clés d’appartements, AADL, et régler ensuite leur situation sur les registres de l’état civil. D’autres ne se lassent pas d’introduire demande sur demande, peut-être par crainte qu’on oublie ou qu’on égare la première. Enfin, il y en a de toutes les histoires et toutes les ruses pour décrocher indûment logement social, souvent avec la complicité d’agents de l’administration proche ou en charge de ces dossiers.

    M. Beldjoud a dans ce sens demandé aux responsables et élus locaux «d’occuper le terrain» pour s’enquérir de près de la demande de logement et de la situation de vie des citoyens en général. Pour que le logement aille vraiment à ceux qui en ont besoin, il y a lieu de procéder impérativement à un assainissement du fichier des demandeurs de logements sociaux, voire procéder à une réactualisation de tous les dossiers avec cette précision en gros et gras que tout coupable d’un faux et usage de faux sera puni d’un emprisonnement de 5 à 10 ans. Et, pourquoi pas ne pas commencer par l’exploitation et l’approfondissement des enquêtes effectuées par les offices de promotion immobilière au sujet des véritables occupants des logements, ainsi que les logements sociaux attribués et qui restent inoccupés ?!

    L’Etat a consenti plus d’un million d’aides au logement rural et le problème reste presque entier, selon l’aveu du président Tebboune dans son discours à l’ouverture de la rencontre gouvernement-walis ! Le logement social, tout comme dans d’autres domaines s’inscrivant dans le capital des transferts sociaux, est devenu pour certains un moyen pour s’enrichir illicitement sur le dos du Trésor public et aux dépens des démunis qui vivent, eux, sans domicile fixe ou dans des conditions très précaires sans voir aboutir leurs demandes de logement. L’intégrité dans la gestion des affaires publiques, notamment de ce dossier sensible du logement, accouplée à de simples dispositions et une application rigoureuse de la loi peuvent rétablir la confiance perdue et avoir un impact positif sur la vie du citoyen, comme l’a souligné le ministre de l’Intérieur. Bien évidemment, la contribution d’une société civile forte dans ce dossier serait d’un apport capital.

    Le Quotidien d’Oran, 18 fév 2020

    Tags : Algérie, corruption, pillage, malversation, enrichissement illicite,

  • Sénégal : L’étrange relation de Moustapha Niasse avec Abdelmalek Alaoui

    Depuis le scandale de l’ancien ministre sénégalais des Affaires Etrangères, Mankeur Ndiaye, nous savons que l’élite sénégalaise est complètement assujettie par la « générosité » des autorités marocaines en vue de les manipuler dans le dossier du Sahara Occidental. Apparemment, les révélations du hacker Chris Coleman ont poussé le président sénégalais à l’éloigner de son équipe.

    Un courrier confidentiel des services secrets marocains, la DGED, révèle que Moustapha Niasse, le président de l’Assemblée Nationale interchangeait avec Abdelmalek Alaoui des informations sur le déroulement des élections au Sénégal.

    A l’époque, Abdelmalek Alaoui présidait une société de conseil qui assurait la veille médiatique à la DGED et il est le fils d’Assia Bensalah, ambassadrice itinérante proche du roi Mohammed VI.

    TEXTE DU COURRIER

    De : Moustapha Niasse <moustapha9966niasse@gmail.com>

    Date : Mon, 27 Feb 2012 11:39:59 +0000

    À : Abdelmalek Alaoui <a.alaoui@global-intel.com>

    Objet : point de la situation</a.alaoui@global-intel.com></moustapha9966niasse@gmail.com>

    Mon cher ami,

    Ce matin apparaissent les tendances issues du scrutin d’hier, 26 février 2012.

    Tu auras l’amabilité de faire connaître à notre Grand Ami que je suis 3 ème, après A W et M S, crédités de 30 et 25 pour cent et moi de 18 pour cent.

    Si cela se confirme, il sera évident qu’aucun des deux ne peur gagner au second tour sans mon soutien.

    C’est la coalition Bennoo qui décidera, mais il est exclu que nous soutenions A W, qui, du reste, le sait bien.

    S’il doit y avoir des négociations elles seront menées,sous mon égide,par les Jeunes cadres de notre coalition, D’autant que les élections législatives se tiendront le 17 juin 2012. Ce qui permet de continuer le travail politique à la base.

    Je ne serai pas parmi les candidats à la députation,ayant choisi de m’occuper de mes missions de consultant et de la compagnie qui exploite l’hélicoptère.

    Encore une fois grand merci à notre Ami et à toi.

    J’ai un moral d’acier, soutenu par ma foi. Dieu est grand.

    Moustapha Niasse.

    Tags : Maroc, Sénégal, Moustapha Niasse, corruption, Abdelmalek Alaoui,

  • « Biens mal acquis » : en appel, la justice alourdit la peine de Teodorin Obiang Et ça arrivait en Mauritanie ?

    La justice française vient de condamner en appel, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende, Teodorin Obiang, vice-président de Guinée équatoriale, pour s’être frauduleusement bâti un patrimoine considérable en France.

    Si cette affaire a tant intéressé les Mauritaniens, c’est bien parce que très nombreux sont ceux qui pensent que l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz – qui a récemment déclaré être assez riche au terme de ses dix ans de Pouvoir- peut bien être prédestiné à un tel traitement au vu du patrimoine dont il se serait fait sien et dont il pourrait être amené à expliquer l’origine face à la Commission d’enquête Parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des dossiers économiques et fonciers passés sous son régime.

    La justice française, saisie en appel il y a quelques jours, a été implacable face au vice président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang ! Pour s’être bâti frauduleusement un gigantesque patrimoine foncier en France, la deuxième personnalité de la Guinée équatoriale qui plus est le fils du président de la République, a écopé de trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende. Déjà, le 27 octobre dernier, à l’issue du premier procès dit des « biens mal acquis » devant cette même juridiction, cette peine avait été prononcée ! Teodorin Obiang dont tous les biens saisis ont été confisqués, a finalement été déclaré coupable de trois des quatre chefs d’accusations portées contre sa personne : blanchiment de biens sociaux, détournement de fonds publics, abus de confiance.

    Pour William Bourdon, de l’ONG Transparency International, « il s’agit d’un jugement historique qui envoie un signal fort aux dirigeants corrompus ». Même réaction auprès du président de cette association, Marc-André Feffer, qui a considéré que : « ce jugement valide les deux objectifs que s’étaient fixés l’ONG : faire en sorte que la France ne puisse plus être une terre du blanchiment d’argent et enclencher une procédure qui laisse espérer que l’argent pris aux populations puisse un jour leur être restitué ».

    Impact

    En Afrique, le temps semble bien être aux audits et aux op »rations de contrôles dans la gestion des biens publics. En effet, au moment où tombait le verdict dans l’affaire du vice président de la Guinée équatoriale, les « choses » bougeaient dans plusieurs pays du continent : c’est le cas au Soudan où le président déchu Omar el-Béchir, est mis en cause pour avoir détourné neuf milliards de dollars issus du pétrole vers des banques britanniques. C’est le cas au Congo Brazzaville avec les menaces de mises en examen pour détournement de fonds publics qui pèsent sur le fils du président de la République. C’est aussi le cas au Gabon avec les accusations de malversations financières portées sur plusieurs membres de la famille Bongo. C’est encore le cas en Angola avec la richissime fille de l’ex-président Dos Santos empêtrée dans des affaires de justice, et c’est encore le cas en Mauritanie où la Commission parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des dossiers économiques et fonciers du régime précédent a entamé ses travaux. Pour l’heure, sept dossiers sont ciblés dont entre autres ceux du fonds des recettes pétrolières, la vente du foncier, les infrastructures scolaires, l’attribution des marchés publics dans le secteur portuaire et dans celui de l’énergie solaire.

    Pour faire dans la transparence, les enquêteurs en appellent à ceux qui détiendraient des preuves de malversation, ou qui disposeraient d’informations pertinentes, documentées, relatives aux sujets ou qui souhaiteraient apporter leurs témoignages par rapport à ces mêmes questions, de bien vouloir collaborer avec elle.

    Repères

    Pour une très grande partie de l’opinion et pour nombre d’experts en gestion des finances, le régime de Ould Abdel Aziz a battu tous les records du pays en matière de corruption et de détournements de biens publics. Le dernier rapport de la cour des comptes en dit long sur les malversations commises ces dix dernières années, en pointant sur le seul secteur des infrastructures, plus de 7 milliards de dollars perdus par le pays, du fait de la corruption. Autres dossiers cibles qui seraient gangrenés par des malversations financières, ceux du secteur de l’extractif, de l’ENER, de l’ATTM, des BTP et de la SNAAT. Ceux portant sur la pêche -notamment auprès de la société chinoise Polyhondong-, l’achat des avions de la Mauritanian Airlines, le scandale de faux billets de la BCM, les droits des Douanes dont bénéficiaient certains privilégiés, les contrats de vente du minerai de la Snim via des courtiers installés en Europe, les marchés passés avec les sociétés européennes dans le domaine de l’énergie, notamment (warsila), le rétrocession du Port de Nouakchott et de l’aéroport Oumtounsi à des étrangers…

    Quasiment à la tête du pays ces douze dernières années, voire un peu plus, le président Ould Abdel Aziz et sa famille sont soupçonnés d’avoir abusivement utilisé leurs positions de pouvoir pour s’enrichir. L’opposant en exil Moustapha Limam Chavi est formel à propos, lui qui a répliqué à l’ex président qui se prévalait de sa fortune : « Mohamed Ould Abdel Aziz, a-t-il dit, est stupide et jouer à l’idiot en se déclarant riche sans avoir détourné une ouguiya de l’argent public… Il n’est pas un homme d’affaire et n’a pas hérité de fortune de ses parents ».

    Constat largement partagé par l’opinion d’autant qu’il y a moins de quinze ans, Ould Abdel Aziz vivait comme le commun des Mauritaniens, ou du moins à l’image de la quasi-totalité des officiers de l’armée mauritanienne, profitant d’un salaire mensuel et des « petits à-côtés » qui lui permettraient de réaliser de temps en temps, quelques économies.

    Entre temps, il a occupé le Palais présidentiel. Où est-il donc passé, et comment a-t-il fait pour se constituer en quelques années, la colossale fortune dont il se prévaut ? Nombreux sont en tout cas ceux qui sont persuadés que la Commission Parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des dossiers économiques et fonciers du régime précédent pourrait bien être amenée, via la justice mauritanienne, à réserver à l’ancien président, le sort des dirigeants africains actuellement poursuivis en justice pour leur gestion des affaires publiques.

    Wait and see.

    MOM

    Source : L’Authentique, 16 fev 2020

    Tags : Mauritanie, Guinée Equatoriale, Guinée, corruption, malversation, fortune, Mohamed Ould Abdelaziz,

  • L’Algérie fait du nettoyage, et le Maroc ?

    La corruption est phénomène endémique dont aucun pays du monde n’est à l’abri, Mais au dénommé Tiers Monde elle arrive à des niveaux scandaleux.

    C’est le cas des pays arabes où elle a été érigée en système de gouvernance dont elle est devenue l’un des outils du pouvoir pour assurer sa pérennité.

    C’est un phénomène qui a pris une telle ampleur qu’on dirait qu’il est impossible de mettre fin à ce fléau qui ronge l’état et la société de l’intérieur. Cependant, l’Algérie vient de prouver le contraire. Elle mène une véritable campagne contre tous ceux qui se sont enrichis au détriment de la nation et du peuple. Seul Abdelaziz Bouteflika a été épargné pour des raisons de santé. Pour le reste, ils ont fait connaissance avec les cellules des prisons du pays. Les arrestations des plus grands barons continuent, un véritable nettoyage de la scène politique sous le leadership d’un homme qui a été éloigné par l’équipe de Bouteflika en raison de sa volonté de combattre le fléau de la corruption.

    Le roi du Maroc, aurait-il le courage d’emboîter l’Algérie en vue de bâtir un nouveau lendemain dépourvu de voleurs, escrocs et avares ? Rien n’est moins sûr puisque la monarchie est bâtie sur ce système de clientélisme, opportunisme et spoliation des richesses du pays. Mohammed VI a pris le soin de monopoliser l’économie du pays en vue de l’utiliser pour renforcer son pouvoir et et distribuer les pourboires aux plus fidèles. tout un système qui s’est mis en place depuis des décennies et qui sclérose profondément le pays, sur tous les plans. De scandaleuses et nombreuses affaires, qui défraient les chroniques, rythment le quotidien des marocains. En dépit, ils ne peuvent s’empêcher de regarder au voisin de l’Est qu’il qualifie de tous les mots. Pourtant, la preuve est là que le voisin de l’Est est capable de prouesses dont les marocains n’osent même rêver et ce n’est sûrement pas leur haine qui va arrêter le processus d’assainissement de La Mecque des Révolutionnaires. Quelles que soient les conspirations de La Mecque des Pédophiles français. L’élite algérienne vient de prouver sa supériorité par rapport aux baise-main de l’Ouest.

    Tags : Maroc, Algérie, corruption,

  • Rapport fuité de la CAF souligne les irrégularités financières

    Un groupe de travail conjoint de la FIFA et de la Confédération africaine de football (CAF) souhaite enquêter sur un certain nombre de transactions financières effectuées par la CAF, après qu’un audit a mis en évidence des sujets de préoccupation, rapporte la BBC. Il est rapporté que le Groupe de travail envisage d’étendre la portée de l’audit pour inclure 2013/14, ainsi que le manque de documentation concernant les transactions financières avant 2015. Les domaines de préoccupation devraient comprendre:

    • Paiements financiers effectués entre la CAF et la société française de marketing Lagardère;

    • Paiements effectués par le fonds de développement FIFA Forward et la CAF aux 54 associations membres et six syndicats de zone d’Afrique;

    • Allégations de mauvaise gestion et de détournement de fonds liés au Centre d’excellence de la FAC à Mbankomo, Cameroun;

    • Transferts bancaires frauduleux présumés.

    Il est entendu que les conclusions de l’audit, contenues dans un rapport de 55 pages compilé par PricewaterhouseCoopers (PwC), mettent en évidence un certain nombre de paiements irréguliers, y compris les frais funéraires. Il est entendu qu’un autre sujet de préoccupation mis en évidence dans le rapport concerne les relations de la CAF avec la société française Tactical Steel.

    L’accord avec la société française n’est pas mentionné sur le site Internet de la CAF, mais aurait été conclu peu de temps après qu’Ahmad Ahmad est devenu président de la CAF en 2017. L’assistant personnel d’Ahmad, Loic Gerand, est un vieil ami de Romuald Seiller, le propriétaire de Tactical Steel, rapporte la BBC. Ahmad fait actuellement l’objet d’une enquête par les autorités françaises, qui est également suivie par la commission d’éthique de la FIFA.

    “Les changements structurels entrepris par la CAF ne seront pas déraillés par des reportages trompeurs dans certains médias”, lit-on dans une déclaration de la CAF. “Le Comité exécutif des FAC se réserve le droit de poursuivre tous les auteurs de réclamations fausses et non fondées dans les médias et les réseaux sociaux”.

    Le communiqué indiquait qu’une réunion était prévue le 14 février pour mettre en œuvre les changements structurels recommandés dans la feuille de route de la CAF 2020/2021. Le communiqué reconnaît que «30 ans de gestion désuète et patriarcale au sein de la CAF ont entraîné d’importantes lacunes à tous les niveaux des opérations […] Il ne serait pas réaliste de prétendre que ces changements structurels peuvent tous se produire en quelques semaines. Au contraire, le Comité exécutif est pleinement déterminé à réaliser cette ambition au cours de son mandat. »

    Tags : FIFA, CAF, Ahmad Ahmad, vol, détournement, corruption,

  • CAF : Ahmad Ahmad, l’ami du Maroc, dans la tourmente

    Il vient de toucher une belle somme d’argent pour avoir donné au Maroc le feu d’organiser le championnat de futsal dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Mais, apparemment, son esprit corrompu va au-delà de la simple complicité avec Rabat. Une enquête interne menée par le cabinet d’avocats PWC a révélé des malversations de plusieurs millions de dollars.

    Selon le site Inside World Football, « Les premiers rapports de l’audit indépendant des finances de la Confédération africaine de football (CAF) pour la période 2017 à 2019 semblent être la dynamite attendue depuis longtemps qui explose à la fois le mandat du président de la CAF, Ahmad Ahmad, ainsi que nombre de ses lieutenants les plus proches ».

    Ce rapport “ne peut être comparé qu’aux crimes contre l’humanité”, a déclaré l’ancien membre du comité exécutif de la CAF Musa Bility. Il parlait d’un « vol en plein jour de la CAF et de l’avenir du football des Africains » avec “des dizaines de millions » dépensés – en grande partie en espèces – sans aucune pièce justificative.

    Il pointe également du doigt d’autres fédérations nationales africaines qui n’ont pas utilisé toute l’étendue de leurs pouvoirs pour exiger des comptes complets à l’Assemblée générale de la CAF 2019 qui, selon lui, aurait montré qu’il était impossible de cacher les dépenses inexpliquées de millions de dollars. «Je suis fermement convaincu que l’Assemblée générale de la CAF peut avoir commis un crime et avoir manqué à ses devoirs en acceptant que de tels comptes lui soient présentés de manière aussi désinvolte.»

    Beaucoup de blâme est jeté à la porte de la FIFA, et son président Gianni Infantino, dont il dit que la crédibilité est maintenant remise en question pour avoir permis « à ses lieutenants de confiance et aux membres du Conseil de la FIFA de piller ouvertement l’organisation… L’histoire se rappellera comment Infantino s’est donné la peine d’utiliser la FIFA et ses organes pour protéger les mêmes personnes qui ont maintenant tordu les bras du jeu africain. »

    Plus en détail, Bility, qui a vu une copie du rapport, a déclaré: «Des dépenses ont été engagées pour payer les dépenses des épouses des responsables de la CAF, les funérailles des membres de la famille et même le mariage d’une fille d’un haut fonctionnaire de l’Exco de la CAF. Le rapport d’audit, brillant par sa clarté, montre un crime manifeste, le blanchiment d’argent, le vol, la destruction de pièces justificatives officielles pour couvrir leur piste d’audit et l’abus de pouvoir. »

    Le mandat d’Ahmad au sein des FAC a été controversé et parfois brutal – sur les plans politique, commercial et social. Il a politiquement renvoyé quiconque a contesté son autorité, a dépensé l’argent des CAF comme s’il s’agissait de son propre argent, a été accusé de multiples actes de corruption autour de l’attribution de contrats commerciaux, en plus d’être sous le feu de plusieurs chefs d’accusation de harcèlement sexuel contre des femmes au sein de l’organisation des CAF – des femmes qui se sont manifestées et ont porté plainte, mais sur lesquelles la FIFA d’Infantino a agi de façon honteuse. Les accusations de harcèlement sexuel à elles seules auraient dû suffire pour que la FIFA suspende immédiatement Ahmad en attendant l’enquête.

    Insideworldfootball a d’abord dévoilé les allégations de corruption et de harcèlement sexuel présumées d’Ahmad en mars et avril 2019. Les preuves étaient claires, les plaintes ont été déposées auprès des enquêteurs déontologiques de la FIFA, mais Ahmad et ses hommes de main n’ont pratiquement pas été obstrués.

    Avec Inside World Football 

    Tags : Maroc, FIFA, CAF, Ahmad Ahmad, corruption, détournement, malversation, PWC,

  • Guinée Bissau : Les raisons de l’ouverture d’un consulat au Sahara Occidental

    Le président de l’Assemblée Populaire de Guinée-Bissau avait sollicité, le 23 juillet 2014 à travers une lettre à son homologue marocain un soutien financier de la Chambre des Représentants, d’au moins 600 millions de FCFA (soit 916.000 euros).

    Selon le président, ce soutien a permis de couvrir une partie des besoins en budget de fonctionnement et de remise en marche des services de son institution, qui s’élèvent à 2 milliards 500 millions de FCFA (soit 3186793 euros).

    En 2018 le roi du Maroc avait acheté 90 véhicules « 4×4 » à l’assemblée Nationale de Guinée-Bissau. C’est ce soutien qui justifie l’ouverture d’un consulat Sahara Occidental dans un pays où laGuinée-Bissau n’a aucun résidant.

    Source : QNA, 3 fév 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Guinée-Bissau, corruption,

  • Tunisia: Post-Election Poll Shows Bump in Optimism but Continued Distrust of Government

    The International Republican Institute’s (IRI) Center for Insights in Survey Research (CISR) nationwide poll of Tunisia reveals a relative increase in optimism for the country’s future and improved faith in the democratic process. However, the survey also reveals persistent distrust of the government’s management of the economy and response to corruption. This is …

    Read more from the source : International Republican Institute

     

     

     

     

    Tags : Tunisia, democracy, economy, corruption,