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  • Algérie : Du pain sur la planche

    par Abdelkrim Zerzouri


    C’est le must de la révolution économique en Algérie. Le géant Sonatrach, depuis toujours situé hors champs d’aptitude des entreprises locales, affiche sa disponibilité à changer de mode d’emploi ou de stratégie en matière d’intégration nationale.

    Désormais, l’accès aux entreprises algériennes à des contrats de projets d’ingénierie, d’approvisionnement et de construction (EPC) est du domaine du possible, avec des objectifs fixés par le groupe Sonatrach en matière d’intégration des entreprises locales dont la réalisation des projets EPC est celle d’atteindre un taux de 60% dans le court terme et de 80 % à long terme, selon des déclarations du PDG de Sonatrach, Toufik Hekkar.

    Et, pas que, puisque la propension de cette ouverture s’étend en direction des PME et PMI, qui devraient bénéficier d’office de 10 % des marchés, selon des instructions adressées aux filiales par M. Toufik Hekkar, ainsi que la création d’une nouvelle direction au sein du groupe pour accompagner et orienter les startups en cerise sur le gâteau. Est-ce à dire que la Sonatrach se chargera du financement des startups, du moins une partie d’entre ces entreprises sur lesquelles mise le gouvernement, autant que les PME et PMI, dans sa stratégie de relance économique ?

    Le gouvernement a vraisemblablement trouvé un solide actionnaire, en l’occurrence la Sonatrach, qui viendrait soutenir la création par le gouvernement du fonds d’investissement pour financer en phase d’amorçage ou en capital-risque des startups ou entreprises innovantes, d’un montant estimé à 120 milliards de centimes, selon des déclarations du ministre des Finances au mois de mai dernier. Il faudrait inévitablement compter dans ce domaine sur les investisseurs privés, mais en l’absence de culture d’investissement dans le capital-risque d’entreprises qui n’ont que leurs idées à vendre, l’arrivée à la rescousse de la Sonatrach constitue un véritable gage de succès pour la startup Act, ou cadre visant à faciliter le lancement et le développement de Startups.

    Reste à savoir si les entreprises locales pourront relever le défi et investir dans des projets de réalisation d’infrastructures, développements des champs gaziers, d’ouvrages industriels et d’installations d’équipements industriels (instrumentation, turbocompresseur, système de refroidissement), lequel créneau bénéficiait exclusivement aux entreprises étrangères ?

    L’ambition de l’accroissement de la valeur ajoutée locale et des richesses nationales à travers l’implication des entreprises algériennes dans les domaines des EPC n’est pas une sinécure en soi, et l’on souhaite que les PME et PMI, au profit desquelles on a décidé d’octroyer 10% des marchés ne subissent pas les mésaventures des micros-entreprises créées dans le cadre de l’Ansej, dont l’avantage du bénéfice de 20% des marchés publiques est tombé dans les oubliettes et dans l’indifférence quasi générale. M. Hekkar a dans ce contexte mis l’accent sur l’objectif de Sonatrach, qui est de disposer de partenaires industriels locaux performants et respectant les principes du code de conduite de la compagnie. Du pain sur la planche devant les PME et PMI, mais il faut suer pour le manger.

    Le Quotidien d’Oran, 14 oct 2020

    Tags : Algérie, EPC, PME, PMI, économie,

  • Algérie : Une date qui dérange encore

    Le rendez-vous du 1er novembre approche à grands pas. Synonyme pour l’ensemble de la société du premier acte de la délivrance du pays de la barbarie colonialiste, le déclenchement de la guerre de libération nationale, est de loin, la date la plus consensuelle qu’ait partagé les Algériens, avec celle du 5 juillet, jour d’indépendance. Il va sans dire que la seconde date n’aurait jamais existé sans la première. C’est dire que le 1er novembre 1954 et le 5 juillet 1962 sont intimement liés et sont l’œuvre d’une même génération de combattants et de militants émérites.

    On pourrait s’arrêter là, mais il faut aussi dire à quoi ont servi le combat et la libération du pays. A ce propos, il ne faut pas s’attendre à de la tendresse de la part qui ont perdu l’Algérie de Papa. Ils sont médiatiquement bien armés et ils le font savoir. En effet, à Alger ou à Paris, sur les réseaux sociaux, dans la presse écrite ou dans des livres, les bilans négatifs pleuvent.

    Dans la santé, l’économie, l’éducation, la culture, la politique… où que l’on se tourne, on trouvera toujours un «analyste», «expert», «docteur d’Etat hautement spécialisé», pour nous dresser un tableau noir de ce qu’est devenu l’Algérie, après 7 années de guerre glorieuse et 58 ans de gouvernance d’un pays-continent.

    Dans leurs commentaires « avisés », personne ou presque n’évoque les conditions dans lesquels vivaient les Algériens à l’aube de l’indépendance. Personne ne relève le fait qu’édifier une nation avec plus de 95% d’analphabètes, quelques centaines d’universitaires, des caisses vides, des millions de citoyens vivant en dessous du seuil de la pauvreté, avec une espérance de vie de 46 ans et éparpillés sur deux millions de kilomètres carrés, n’était pas une mince affaire.

    Personne parmi les analystes ne semble capable d’imaginer l’effort colossal fourni par les Algériens et les Algériennes pour aboutir à un taux de scolarisation de plus de 98%, un taux de vaccination des enfants dépassant les 97%, l’électricité fournie à l’écrasante majorité des citoyens. Tout cela est royalement ignoré par les «experts».

    Personne parmi ces «bien pensants» ne charge le système colonial qui avait tous les moyens de réaliser ces performances, mais qui a laissé le peuple algérien mourir dans sa misère. Les «analystes» devraient méditer l’exploit algérien au lieu de considérer le sauvetage de tout un peuple comme une entreprise ratée.

    Ce qu’il faut peut être retenir enfin, c’est qu’au nez et à la barbe des éternels insatisfaits, l’Algérie n’est plus un département français, mais un Etat souverain, une nation forte et une société solidaire. Le 1er novembre 2020 le rappellera sans doute.

    Par Nabil. G.

    Ouest Tribune, 13 oct 2020

    Tags : Algérie, 1er novembre, guerre de libération, alphabétisation, développement,

  • Algérie : L’ancien modèle économique ne “devrait plus continuer à exister”

    Mahmoud Kouabi, analyste en économie ;

    L’ancien modèle économique ne “devrait plus continuer à exister”

    Compte tenu de ses nombreuses défaillances, dont celle de son incapacité à générer de la richesse et à en assurer une juste répartition, le modèle d’administration qui s’est imposé au cours des décennies passées, ne devrait plus continuer à exister.

    Pour l’analyste en économie, Mahmoud Kouabi, cette situation a fait que l’Algérie est “restée trop longtemps en marge des transformations dans le domaine de la chose publique et du management”. S’exprimant, hier, à l’émission l’Invité de la rédaction de la chaîne 3 de la Radio algérienne,celui-ci appelle à “l’institution de nouvelles procédures mettant en avant les principes d’efficacité et d’efficience qui, dit-il, n’ont pu être appliqués, des suites de résistances et de rigidités, faisant échouer toutes les réformes”. L’intervenant est catégorique : il “faut tout changer, notamment le modèle économique antérieur, basé principalement sur la rente pétrolière, amenant l’économie à fonctionner en vase clos, en dehors des principes de compétitivité et de concurrence établie sur le marché mondial”. Il rappelle, à ce propos, qu’une “large partie des investissements publics étaient détournée au profit d’individus ou d’entreprises douteuses, par le biais de la commande publique ou sous forme de subventions”, qu’il évalue à quelque 17 milliards de dollars.

    À ces “facilités”, il ajoute celles des exonérations fiscales, lesquelles, indique-t-il, ont “énormément coûté au budget de l’État et qui, en définitive, n’afourni aucune contrepartie de la part de ceux qui en ont bénéficié”. Mais pour autant, observe M. Kouabi, il faut que “l’État, dans cette période transitoire, continue à consentir des aides au profit de certains secteurs, à l’exemple decelui du BTPH, pour sauver l’emploi, mais également maintenir en activité l’ensemble des outils de production”. Cet ensemble de moyens, souligne-t-il, ne “devrait pas être la finalité”. Pour lui, c’est une “solution provisoire destinée à accompagner les entreprises viables à passer un cap pour leur permettre d’aller à la conquête de marchés en faisant notamment jouant la compétitivité et les prix”. Il estime que l’Algérie doit, désormais, s’en “tenir aux fondamentaux régissant l’activité économique mondiale. On ne peut opérer autrement”, conclut-il..

    Par : CHAHINE ASTOUATI

    Le Midi Libre, 14 Octobre 2020

    Tags : Algérie, modèle économique, économie,

  • Acculé au Sahara Occidental, le Maroc s’en prend à l’Algérie

    Le Maroc déploie ses roquets contre l’Algérie
    Par Hocine Adryen

    Il fallait s’y attendre le Maroc n’est pas resté les bras croisés après la dernière sortie du chef de l’Etat sur la question sahraouie. Le makhzen marocain a rameuté ses relais médiatiques qui ont tout de suite réagi en débitant de grossiers mensonges contre l’Algérie.

    Ainsi un media marocain apparemment en manque d’inspiration écrit que «ces derniers auraient dépensé des fortunes, juste pour mettre en difficulté leur jeune frère, le roi Mohammed VI». Selon ce journal «l’Algérie, cette nation dite sœur, aurait dépensé 375 milliards de dollars dans son farouche combat mené contre le Maroc. 375 milliards de dollars, c’est le montant déboursé par l’Algérie dans la guerre contre le Maroc depuis 1975» ajoute ce média en l’absence totale de toute preuve étayant ces assertions farfelues. D’où a-t-il puisé ces informations sachant que les comptes de l’Etat sont annuellement épluchés par les parlementaires ?

    Selon le journal, il a été établi que durant 45 longues années, le Trésor public algérien «a été délesté de 8,5 milliards de dollars par an, soit 23 millions de dollars au quotidien. Ce qui représente une fortune. Beaucoup de milliards de dollars du peuple algérien puisés dans la trésorerie de l’Etat». Et au journal de détailler que cette fortune aura servi à «armer le Polisario, financer des organisations des droits de l’Homme et des lobbies hostiles au Maroc, donnant, à titre d’exemple, le budget de l’équipement en Algérie qui n’a pas dépassé 23 millions de dollars en 2019». Alors doit-on parler des sommes astronomiques que le souverain marocain empoche annuellement sans compter le volume de sa fortune érigée en vingt ans de règne monarchique de divers business y compris celui de la drogue ?

    Avant l’invasion des territoires sahraoui en 1975, le Maroc était considéré alors comme un pays pouvant rivaliser avec l’Espagne en terme de croissance économique, l’occupation du Sahara occidental a fait perdre au Trésor marocain une moyenne de 50 milliards de dollars par an de 1975 à 1991 lorsque le Polisario et le Maroc ont conclu un cessez-le-feu. Le budget de l’administration coloniale et le déploiement des FAR (forces armées royales), continuent de saigner les coffres du Makhzen. La fermeture des frontières avec l’Algérie a aggravée la situation économique du pays. Les pertes annuelles du commerce avec l’Algérie sont estimées à 4 milliards de dollars par an selon des sources officielles.

    Selon des comptes rendus de la presse internationale, le roi du Maroc, Mohammed VI, se serait «offert un pied-à-terre pour la somme de 80 millions d’euros (environ 50 milliards FCFA) ». Une information qu’aurait rapportée le journal en ligne «Africa Intelligence», le 1er octobre dernier. La bâtisse, un «hôtel particulier de 1080 mètres carrés, construite en 1912 par le promoteur George Hersent, se situe à quelques encablures de la Tour Eiffel dans le 7ème arrondissement de Paris ». Le roi aurait « racheté ce palace, situé au 20 avenue Emile-Deschanel précisément, au prince Khaled ben Sultan ben Abdelaziz al-Saoud, membre de la famille royale d’Arabie Saoudite.

    C’est la société DSCI Deschanel qui a fait l’acquisition du bien, dont le cadastre mentionne une superficie de terrain de 1080 mètres carrés » ajoute le journal: «Or, DSCI Deschanel est une société dont l’actionnaire à 99,9% n’est autre que le souverain marocain. Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi et Hicham Naciri ont été chargés de s’occuper des négociations pour l’achat de ce luxueux hôtel particulier», a précisé 20 Minutes. Le journal poursuit, précisant que «le monarque avait déjà fait l’acquisition d’un hôtel particulier aux Invalides, et du château de Betz (Oise) situé à 75 kilomètres de la capitale», et que «cet investissement fait du bruit de l’autre côté de la Méditerranée», d’autant que «l’acte de vente indique cette dernière a eu lieu le 28 juillet, la veille de son discours du Trône».

    Dans son denier discours du Trône, Mohammed VI invitait les Marocains à «consentir à des efforts pour sortir de cette situation de crise économique accentuée par la crise sanitaire de ces derniers mois». Or ce qui n’est pas le cas pour lui qui accumule des milliards de dollars en comptes en banque. Selon le magazine Forbes, Mohamed VI figure parmi les personnalités les plus riches du monde, avec une fortune estimée alors à plus de 2,5 milliards de dollars. Agé de 56 ans, le roi possèderait une grande collection de voitures de luxe, des toiles de grande valeur, des yachts. Il lui est attribué deux avions privés et un yacht de 60 mètres de long sur 13 de large.

    En septembre 2018, un compte Instagram dédié aux montres haut de gamme avait analysé une photo du roi: la légende décrit la montre à son poignet comme une Patek Philippe en or blanc le bijou montée en or blanc incrustée de 1 075 diamants, d’une valeur de 1,2 million de dollars.

    Le Jeune Indépendant, 12 oct 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Algérie,

  • Le Maroc agacé par les efforts diplomatiques de l’Algérie au Mali et en Libye

    Dans une interview accordée par le ministre marocain des Affaires étrangères et de la Coopération africaine, Nasser Bourita, au journal italien «La Republica», il a déclaré que lors des consultations qui ont eu lieu dans la ville de Bouznika, il a appelé les Libyens à «ne pas gaspiller leur énergie à trouver d’autres médiateurs »pour poursuivre le dialogue de réconciliation.

    La déclaration du responsable marocain semble normale sans la coïncidence et les reportages des médias marocains proches du palais royal, à travers lequel ils ont attaqué l’Algérie, sur la base de certaines positions exprimées par de hauts responsables de l’Etat concernant la situation au Mali, et la volonté de l’Algérie de recevoir les parties libyennes en cause à rechercher des solutions à la crise dans le pays voisin oriental.

    Bien que le ministre des Affaires étrangères du Makhzen n’ait pas nommé à qui était destiné cette déclaration, de nombreux observateurs et ce que la presse marocaine a écrit il y a quelques jours et jusqu’à lundi, ont lu les propos de Bourita qu’il s’adressait à l’Algérie, compte tenu de ses appels répétés pour les parties à la crise en Libye à une réunion autour de la table de dialogue en Algérie.

    Les médias marocains ont considéré la récente déclaration du président Abdelmadjid Tebboune, dans laquelle il disait que «la seule solution à la crise libyenne réside dans les élections législatives auxquelles tout le peuple libyen doit participer», comme une critique des résultats des séances de dialogue entre Les Libyens de la ville marocaine de Bouznika, malgré cette position algérienne, comme cela a été annoncé au début de cette année, immédiatement après la conférence de Berlin, et avant que les Libyens ne se réunissent à Bouznika, au Maroc.

    Parmi les problèmes qui ont également dérangé le système makhzen, il y avait la déclaration du président Tebboune dans laquelle il a déclaré: «Il n’y a aucun pays au monde qui connaisse le Mali comme l’Algérie, en raison du voisinage que nous avons, et parce que l’Algérie a toujours été présente au Mali avant que quiconque n’ait entendu parler de l’existence de l’Etat malien ».

    Mais ces cercles mal avisés ont affirmé que cette déclaration était dirigée contre le voisin occidental de l’Algérie.

    Le président Tebboune a fustigé les parties non identifiées lorsqu’il a déclaré qu ‘«un pays qui ne partage pas de frontières avec le Mali a éclipsé le rôle de l’Algérie après l’accord qui a été signé à Alger dans le passé concernant la réintégration du nord du Mali avec son sud», un accord qui était parrainé et béni par les Nations Unies.

    Tout le monde se souvient que le Makhzen marocain n’a pas digéré l’invitation de l’Algérie à participer à la conférence de Berlin sur la crise libyenne au début de cette année, et son exclusion de ce sommet, où le Makhzen s’est empressé de faire circuler une déclaration dans laquelle il a attaqué la chancelière allemande Angela Merkel, et a défendu sa présence à cette réunion, sous prétexte qu’elle avait accueilli la conférence de Skhirat.

    L’agacement marocain cache un complexe appelé Sahara occidental, et pour cette raison, le Makhzen tente de perturber les efforts diplomatiques entrepris par l’Algérie, en particulier dans les deux pays voisins, le Mali et la Libye surtout après la visite qui a conduit le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum au Mali après la dernière Le coup d’État militaire d’août qui a évincé l’ancien président Ibrahim Abubakar Keita, et le ministre des Affaires étrangères du Makhzen se sont également rendus à Bamako, dans une course diplomatique, même si le Maroc n’a pas de frontières avec le Mali.

    Echourouk ONline, 13 oct 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Mali, Libye, diplomatie,

  • La Belgique vue par les algériens

    L’inconsistante Belgique ou l’héroïsme ordinaire

    Par Amine Bouali

    La Belgique est un pays plutôt ennuyeux, elle n’a ni le soleil de l’Italie ni le panache de l’Espagne. Mais c’est aussi un véritable cas d’école : depuis décembre 2018, elle n’a pas de vrai gouvernement mais dans la vie quotidienne, tout fonctionne apparemment normalement, et à côté de sa capitale, la cosmopolite Bruxelles, ses deux régions si dissemblables, la Wallonie et la Flandre, se détestent cordialement, sans se résoudre encore à se déclarer la guerre.

    Le plat pays, à l’inverse de sa voisine du sud, la grandiloquente France, ne se prend pas au sérieux et n’arrête pas de se moquer de lui-même. Ce bout de terre de rien du tout, d’à peine 11 millions d’habitants, est pourtant la patrie de Tintin, du coureur cycliste Eddy Merckx, du peintre René Magritte et de l’immense Jacques Brel.

    Malgré son inconsistance apparente, il est le 24ème plus riche pays de la planète et son PIB a atteint 533 milliards de dollars en 2019. Avec beaucoup moins de ressources naturelles que d’autres pays mais surtout avec beaucoup moins d’esbroufe et de paresse. Le lecteur peut se demander quelle mouche nous a piqués pour faire ce petit éloge insolite de la lointaine Belgique ? D’abord, bien sûr, pour une raison surréaliste, et ensuite parce que ce pays approximatif nous a semblé être l’exemple instructif de l’héroïsme ordinaire et le contraire… de la fanfaronnade !

    Algérie1, 11 oct 2020

    Tags : Belgique, Algérie, Wallonie, Frandre, Tintin, Eddy Merckx, Magritte, Jacques Brel,


  • Algérie : Plaidoyer pour la formation d’une armée africaine

    Toutes les interférences et interventions militaires étrangères en Libye et au Mali « ont été des problèmes plus que des solutions » ce qui augure mal de l’avenir de la région, a fait observé l’ancien diplomate algérien, Hocine Meghlaoui, se prononçant ainsi en faveur de la « formation d’une armée africaine » pour parvenir à préserver la paix dans le continent et mieux lutter contre le terrorisme.

    « Au Mali, au Niger et en Libye, il y a beaucoup d’intervenants mais peu de résultats, malheureusement. Alors, est-ce que ce n’est pas le moment d’indigéniser la lutte contre le terrorisme ? Pourquoi ne pas former une armée totalement africaine, bien équipée et bien entrainée ? », a plaidé hier ce chercheur, auteurs de plusieurs ouvrages, sur les ondes de la Chaine 3 de la Radio nationale. « Est-ce que les Maliens ou les Nigériens ne sont pas capables de lutter par eux-mêmes contre le terrorisme ? », s’interroge également Meghlaoui, dont la conviction est fondée sur l’expérience algérienne.

    « L’Algérie a vaincu le terrorisme toute seule. Nous avons été mis pratiquement sous embargo et nous avons réussi à vaincre le terrorisme. C’est aussi la même chose pour la Libye », a-t-il soutenu.

    L’ancien diplomate a plaidé également pour « l’implication » de l’Algérie dans la résolution des conflits des pays de voisinage, dont le rôle recherché n’est pas d’interférer dans les affaires internes de ces pays, mais pour préserver la stabilité de ces pays frontaliers, qui sont sans un impact sur sa stabilité intérieure, estimant aussi que la situation sécuritaire dans ces pays représente une menace pour l’Algérie « dans la mesure où le terrorisme risque de s’étendre au voisinage ».

    « Il s’agit d’enjeux vitaux même pour la sécurité de l’Algérie. L’Algérie doit être impliquée dans ce qui se passe dans la région, pas uniquement en Libye, mais aussi dans tout le Sahel car n’oublions pas le Mali, le Niger, la Mauritanie et le Tchad qui sont aussi des pays frontaliers à nous », a-t-il indiqué. Il juge ainsi que l’Algérie, qui partage plus de 6 000 KM avec ces pays, « ne peut pas rester indifférente ». « Il faut stabiliser ces pays. Mais malheureusement ce qui a été fait jusqu’à présent n’a pas permis de les stabiliser. Il y a trop d’interférences étrangères et aussi trop d’inté- rêts. L’Algérie doit aussi défendre ses intérêts. Et ces derniers priment sur tous autres intérêts car il y a d’abord l’intérêt sécuritaire. Nous devons défendre notre sécurité », a estimé Hocine Meghlaoui.

    « L’Algérie doit jouer un rôle important en Libye »

    Cela explique aussi pourquoi l’Algérie doit jouer un rôle important dans la résolution de la crise libyenne, dont la multiplication des interventions des pays occidentaux de la Turquie a transformé le pays en poudrière. « La Libye est un pays voisin. Nous partageons près d’un millier de kilomètres de frontières. Nous avons des tribus issues de mêmes familles qui sont installées dans les deux côtés des frontières. Nous ne pouvons pas tourner le dos à cette question.

    Il s’agit de questions très compliquées et très délicates, nous devons y aller franchement parce que nous avons le droit en tant que pays voisin d’être impliqués, voire même plus que les autres », a-t-il souligné. Évoquant les échecs des opérations militaires étrangères au Mali dans la préservation de la paix et la stabilité dans ce pays, comme Serval, Barkhane (initiées par l’armée française), Minusma (par les Nations unies) et Takuba (une task force européenne ; française et Estonienne), l’ancien diplomate estime que cela démontre l’ampleur des intérêts économiques et géopolitiques dans la région.

    « Prenons l’exemple de la Turquie. Ça a surpris tout le monde que la Turquie soit en Libye, dernier pays africain de l’empire ottoman. La Turquie a quitté la Libye en 1912. Et la Turquie maintenant confirme cette tendance que les anciens colonisateurs reprennent un peu le pied dans leurs anciennes colonies. Ça on le constate très clairement lorsque on est dans les conférences internationales », a-t-il décortiqué.

    Il a cité aussi que la Turquie a trouvé en la Lybie une extension stratégique, économique, militaire, et maritime, soulignant que les entreprises turques dans ce pays ont un portefeuille de 16 milliards de dollars. « Mieux encore, le gouverneur de la Banque centrale libyenne – celle de Tripoli – est allé à Istanbul et même rencontré le président Erdoğan (…) et fait un dépôt de 8 milliards de dollars à la Banque centrale turc pour 4 ans, sans intérêts et sans frais. Cela a permis d’ailleurs de soulager la livre turc qui est en baisse », a-t-il ajouté.

    Meghlaoui arrive ainsi à la conclusion : « les pays ne bougent pas sans qu’il y ait des intérêts ». Estimant que la diplomatie algérienne est « une diplomatie de paix » dont les principes « sont contenues dans la charte de l’ONU », l’ancien diplomate remarque qu’« il y a très peu d’États qui respectent encore les principes de la diplomatie comme c’est le cas actuellement pour l’Algérie. Je pense qu’il est temps de revoir un petit peu notre diplomatie et faire un bilan sérieux pour voir où nous en sommes et définir les objectifs et les moyens ».
    Hamid Mecheri

    Le Courrier d’Algérie, 12 oct 2020

    Tags : Algérie, Libye, Mali, Turquie, colonisation, colonialisme, exploitation, spoliation, pillage, pétrole, richesses, ressources naturelles, Afrique, Union Africaine,

  • Algérie : Hommage au militant mauritanien Moustapha Ould Badreddine

    IL ÉTAIT DE TOUS LES COMBATS JUSTES : Hommage au militant mauritanien Moustapha Ould Badreddine

    Le secrétaire général du parti de l’Union des forces de progrès en Mauritanie, Mohamed El Moustapha Ould Badreddine décédé vendredi dernier des suites d’une longue maladie à l’hôpital de Tizi-Ouzou, où il a été admis il y a trois mois, a été transféré samedi, en Mauritanie, au terme d’une cérémonie de recueillement, au Salon d’honneur de l’Aéroport international d’Alger, Houari-Boumedienne, à la mémoire de ce grand militant maghrébin et africain.

    Engagé depuis son jeune âge pour la justice sociale et le respect des droits des peuples, le défunt Mohamed El Moustapha Ould Badreddine a été dans tous les combats, pour la liberté, la dignité, le progrès, contre le racisme; ce qu’il lui a valu d’être un acteur incontournable sur la scène politique mauritanienne.

    Apprécié et écouté dans les espaces et les réseaux de soutien, aux niveaux régional, africain et international, aux causes justes des peuples en lutte, il a été une voix pour les peuples palestinien et sahraoui opprimés respectivement par le systèmes politique colonial, israélien et marocain. Il était connu sur la scène mauritanienne et ailleurs pour ses positions tranchées et sans ambigüité en faveur de la justice sociale, la démocratie et les droits de l’Homme dès le début de son engagement politique. Il a été un militant déterminé dans son engagement et son soutien politique à la cause du peuple sahraoui.

    Âgé de 82 ans, le défunt Ould Bedreddine faisait partie des personnalités politiques de l’opposition mauritanienne depuis l’indépendance de ce pays, et est considéré comme une figure centrale de la gauche mauritanienne et du mouvement démocratique national. Le militant vient de tirer sa révérence sur une terre qu’il aimait, car étant « la citadelle des révolutionnaires et des militants engagés pour les causes justes, » comme il aimait le dire souvent. Moustapha Ould Badreddine était parmi les hauts cadres du parti de l’Union des Forces de Progrès (UFP), au sein duquel il avait occupé plusieurs fonctions, vice-président et secrétaire général outre que député, en 2006, dans l’institution parlementaire de Mauritanie.

    Dans son parcours de militant, dès sa jeunesse, il a été un acteur clé dans la création du Syndicat des enseignants arabes en 1960 et a été élu à son bureau exécutif avant de d’occuper le poste de président des enseignants de cette organisation syndicale de 1966 à 1969. Après avoir été des années durant un acteur et un soutien indéfectible à la cause palestinienne, il l’a été aussi pour le peuple sahraoui en lutte contre la colonisation espagnole puis l’occupation illégale marocaine des territoires du Sahara occidental, en 1975.

    Convaincu que les justes combats des peuples aboutissent à embrasser le soleil de la liberté et de l’indépendance, lui et tant d’autres Mauritaniens n’ont et ne cessent de faire preuve de solidarité et de soutien à un peuple africain, voisin de surcroît, le peuple sahraoui déterminé à exercer son droit incontournable à l’autodétermination, et à son indépendance, la dernière question de décolonisation en Afrique, ne serait plus une question inscrite sur l’agenda onusien.

    Et pour rendre hommage à la mémoire de ce militant mauritanien, africain et internationaliste, qu’est Mohamed El Moustapha Ould Badreddine, nombreux étaient, samedi dernier, au Salon d’honneur pour le saluer et lui réaffirmer l’engagement renouvelé, à la solidarité agissante et la fraternité en faveur des peuples encore sous l’oppression du pire système politique pour l’homme, le colonialisme, contre lequel l’une des figures du combat africain, maghrébin et de la scène arabe, Moustapha Ould Bedrdine a combattu, à travers notamment son soutien indéfectible à la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance.
    Karima Bennour

    Le Courrier d’Algérie, 12 oct 2020

    Tags : Algérie, Mauritanie, Sahara Occidental, militant,


  • Algérie : Et donc, Moretti avait une «princesse» !

    Malika Boussouf

    J’adore le Mme Maya ! Il fait très Mme Claude ! La célèbre tenancière de maison close qui avait la mainmise sur des réputations insoupçonnables. Juste que la Française était une proxénète qui, durant de longues années, avait veillé sur l’équilibre sexuel de hauts fonctionnaires de son pays et que la Mme Maya, bien de chez nous, aura, elle, entre autres préoccupations liées à la corruption, servi de banquière à quelques membres de la 3issaba.

    Pour bien faire le job, il lui fallait une villa et des policiers pour la protéger d’hypothétiques agressions ou pour éviter que le pouvoir dont elle se prévalait ne soit trop sollicité. La Madame Maya monnayait ses services auprès de clients friqués d’une partie de la nomenklatura, pas auprès du tout-venant.

    Une ascension vertigineuse assurée par un parrain et pas des moindres. On ne les compte plus celles et ceux dont Bouteflika, l’ex- homme, le plus fort, du régime, aura assuré une promotion sociale aussi rapide. Lorsqu’une progression est éclatante, elle gagne vite en crédibilité, aux yeux de tout ambitieux qui, dès sa prise de fonction, offrira ses services à qui l’aidera à avancer rapidement. Il fallait, absolument, que les comparutions ne soient pas seulement déclinées au masculin pluriel ! Pour veiller sur la fortune de son camp, il fallait une femme. Faire fructifier son bas de laine et celui des siens, c’est dans ce domaine que Mme Maya et ses assistantes de filles, qui auront montré le plus de prédispositions, se seront le mieux illustrées !

    Trois femmes peu scrupuleuses et étonnantes dans leur détermination à enfoncer leurs bienfaiteurs. Quand on pense que les liens étaient devenus quasi familiaux, on ne doute plus de la capacité de nuisance des uns et des autres. Le moindre privilège se protège et, là, il n’y en avait pas qu’un seul. Pour les préserver, ceux qui les alimentent et ceux qui en bénéficient se fabriquent des liens qui ne s’envolent que si l’urgence de sauver sa peau se manifeste. J’ai adoré découvrir qu’on appelait, aussi, la mère Maya, «la princesse de Moretti» ! Comment croire qu’un nom de guerre aussi flatteur puisse, un jour, jouer contre soi ? Jamais !
    M. B.

    Le Soir d’Algérie, 11 oct 2020

    Tags : Algérie, Mme Maya, princesse de Moretti, Bouteflika, 

  • L’évolution de la Révolution algérienne

    Par Ali Chérif Deroua

    Cher lecteur, chose promise, chose due. J’ai choisi pour vous 3 sujets que vous n’allez pas oublier de sitôt, je l’espère. Ils vous aideront à percevoir mieux l’évolution de la Révolution algérienne, son histoire authentique et surtout vous permettront d’avoir une opinion saine sur notre glorieux passé.

    1 – commentaire sur les livres d’Yves Courrière

    Un ami, lecteur de mes contributions, m’a reproché de ne pas avoir écrit sur les rencontres de Aït Ahmed et Yazid avec les leaders de la Conférence de Bandung en les citant et, en incluant Ho Chi Minh. Je lui promis une réponse à ce sujet, à lui de se faire sa propre opinion après la lecture de cette contribution.

    Yves Courrière est considéré par la majorité des Français, et surtout des Algériens, comme l’une des références de l’écriture de l’Histoire de la Révolution algérienne. En ce qui me concerne, je n’ai aucun a-priori, j’ai lu ses 4 tomes à 3 reprises. La première fois, au fur et mesure de la sortie de ses livres aux éditions Fayard, en soulignant à même les livres, ce qui me paraissait bizarre, anormal.

    La seconde fois, en tirage éditions livres de poche. La troisième lecture dans Casbah Éditions, en vérifiant si certaines corrections avaient été apportées sur les nouvelles éditions.
    Dois-je taire ce qu’il a écrit de négatif parce qu’il est décédé ? Relever une erreur sur ce qu’il a écrit est-il condamnable ? Je pense que non.

    Les livres ont été vendus à plus d’un million d’exemplaires. Personne n’a relevé ou osé les signaler, est-ce ma faute ? Donc les donneurs de leçons de morale doivent voir ailleurs.
    À chaque lecture, je relevais quelques erreurs ou abus d’appréciation, quelques excès et quelques «perles».

    Grand historien, ayant reçu le Prix de Albert Londres et le Prix de l’Académie française est un qualificatif qui l’honore et dont je ne peux discuter.

    Il a été un grand reporter de Radio Luxembourg et de journaux de renom durant la Guerre d’Algérie. À ce titre, il a rencontré et côtoyé la crème des officiers supérieurs de l’armée française de l’époque. A ce titre, il a dû avoir accès à de nombreux documents et archives de très grande importance.

    Mais pour ma part, je me contente de mettre à la disposition du lecteur qui m’a interpellé, et à tous les lecteurs, un paragraphe d’un de ses livres. Je les laisse libres de leur jugement, cela permettra peut-être à certains de revoir leur opinion actuelle.

    Dans le tome 2, Le temps des léopards, La Guerre d’Algérie, éditions Casbah, pages 64 et 65, il écrit textuellement :

    «Yazid et Aït Ahmed avaient à peine la trentaine ! Leur jeunesse et leur fougue firent grande impression. Ho Chi Minh qui connaissait Messali et Ferhat Abbas fit contacter les deux jeunes Algériens. Il discuta longuement avec eux. Les Français… oh les Français, leur dit-il, c’est un problème que nous connaissons bien.»

    Que Yazid et Aït Ahmed aient rencontré Ho Chi Minh, pourquoi pas ? Mais pas à la Conférence de Bandung. Pour la simple et unique raison que ni le Vietminh (Vietnam du Nord) ni Ho Chi Minh n’étaient présents à Bandung. La délégation de l’État du Vietnam avec comme capitale Saigon faisait partie des 29 délégations officielles invitées et présentes. La délégation de ce pays était dirigée par Ngo Dinh Diem, président du Conseil des ministres de ce pays. Ce qui est beaucoup plus grave pour le lecteur algérien, c’est que plusieurs historiens ont repris ce passage et l’ont répercuté sur plusieurs médias.

    Autant dire bonjour les dégâts. Me concernant, je reste confiant. Il y aura toujours un Algérien qui rappellera cette «perle».

    Cher lecteur, il est beaucoup plus facile de le vérifier : si Yazid et Aït Ahmed avaient rencontré Ho Chi Minh, ils en auraient fait une référence et ce, à juste titre, dans leurs écrits. Or, aucun des deux ne l’a fait. Peut-être que certains vont le faire à leur place.

    2- Comité permanent de la Révolution

    Un fait historique majeur, que tous ceux, à de rares exceptions, qui ont écrit sur la Révolution algérienne, ont oublié, ignoré, escamoté, évacué, enterré pour des raisons faciles à comprendre, est : le Comité permanent de la Révolution. Oui, à part Ferhat Abbas et Benyoussef Benkhedda, parmi les responsables de la Révolution et quelques auteurs qui ont signalé son existence.

    Lorsque l’on sait que ce CPR a été pendant plus de deux ans l’autorité suprême de la Révolution, au-dessus du Comité de coordination et d’exécution (CCE), on doit se poser des questions et surtout les poser à d’autres : auteurs, historiens, analystes et chroniqueurs politiques et surtout les acteurs potentiels ou se présentant comme tels, de la Révolution algérienne.

    Ce comité a été désigné lors du deuxième congrès du CNRA qui a eu lieu au Caire en août 1957. Il était composé de Abane Ramdane, Bentobal Lakhdar, Boussouf Abdelhafid, Chérif Mahmoud, Krim Belkacem et Ouamrane Amar (citation par ordre alphabétique).

    Tous ses membres faisaient partie du Comité de coordination et d’exécution, dont les autres membres actifs étaient Abbas Ferhat, Lamine Debaghine, Abdelhamid Mehri et les membres à titre honorifique, Hocine Aït Ahmed, Ahmed Ben Bella, Rabah Bitat, Mohamed Boudiaf, Mohamed Khider.

    Il a disparu du lexique mais n’a jamais été officiellement dissous jusqu’à l’indépendance.
    Quel a été son rôle, quels ont été ses responsabilités, ses problèmes, les solutions et leurs conséquences?

    J’en connais un bout dont j’en parlerai plus tard. C’est aux historiens de s’y intéresser et de jouer leur rôle.

    Ce comité avait son siège à Tunis. Abbas et Debaghine étaient au Caire et Mehri à Damas.
    Pour ne pas être traité de fabulateur, voici des extraits des écrits de Ferhat Abbas et Benkhadda à ce sujet, qui, je l’espère, sont considérés comme des témoins crédibles.

    «Le GPRA réunit le comité permanent de la Révolution, compléta le CNRA et nomma les membres de l’Assemblée consultative maghrébine.» (Ferhat Abbas, Autopsie d’une guerre, Alger Livres Éditions, page 239).

    «N’ayant pu faire appel à l’arbitrage du Comité permanent de la Révolution et du CNRA dont la composition est contestée par certains, le gouvernement s’est trouvé paralysé.»

    Benyoucef Benkhedda, l’Algérie à l’indépendance, La crise de 1962 éditions Dahleb page 137.
    Voici un fait historique majeur sur lequel les historiens doivent se pencher et nous faire bénéficier de leur savoir-faire et de leur compétence.

    3- Affaire Jean-Yves Goeau Brissonnière

    Témoignage de Ahmed Boumendjel(1) sur l’affaire Goeau-Brissonnière, avocat, chargé de cours à la Faculté de droit de Paris et attaché simultanément aux cabinets de Pineau, ministre des Affaires étrangères, et Lejeune, ministre de la Défense nationale avec Bissonet, directeur d’école, attaché au cabinet de Lacoste, ministre et gouverneur général en Algérie.

    Après que les autorités françaises eurent contacté maître Ahmed Boumendjel pour arranger un contact entre des délégués officiels français et des représentants du FLN à Tunis au cours d’un congrès de la Confédération internationale des syndicats libres (CISL) dont l’une des personnalités les plus influentes à cette période était Irving Brown, président de American Federation of Labor (AFL) syndicat américain. Il était proche du FLN.

    Ils ont eu des contacts et discussions avec Mouloud Gaïd (connu sous le nom de Rachid Gaïd), secrétaire général de l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), Aït Ahcene, M’hamed Yazid et Lamine Debbaghine.

    Au retour de la délégation française, les inspecteurs de l’aéroport d’Orly reçurent des instructions du commissaire de l’aéroport et de Abel Thomas, conseiller et homme de confiance de Bourges-Maunoury, chef du gouvernement de la République française, pour fouiller Maître Abdelmadjid Chaker, avocat tunisien des chefs du FLN incarcérés à la prison de la Santé à Paris, arrivé dans le même vol que la délégation française.

    Ils le fouillent et trouvent dans ses documents une lettre fermée portant comme adresse deux consonnes : B. B.

    Devant le refus de Chaker d’ouvrir la lettre, l’un des inspecteurs prend la responsabilité de le faire. À l’intérieur, il y avait le compte-rendu des discussions qui ont eu lieu à Tunis entre les deux délégués français et les responsables du FLN.

    C’est ainsi que le commissaire décréta Chaker coupable de complicité d’atteinte à la sûreté extérieure de l’État et l’inculpa en présence de Mohamed Masmoudi, ambassadeur de Tunisie à Paris qui attendait Chaker. Cet événement a fait la Une des journaux et le journal le Monde(2) lui a consacré 2 articles. Cet événement a jeté un froid dans les relations entre les deux pays avec la convocation de Gorce, ambassadeur de France à Tunis et protestations et déclaration du Président Bourguiba.

    Ironie de l’histoire, Chaker «inculpé en flagrant délit» d’après la loi fut autorisé à quitter Paris et rejoindre Tunis, après avoir passé la nuit à l’aéroport en attendant l’avion en partance sur Tunis. Quelle belle interprétation de la justice !!!

    Cet incident, de loin le plus médiatisé en ce temps de toutes les rencontres secrètes ou officieuses entre les deux belligérants, a été complètement occulté, effacé de l’Histoire de la Révolution algérienne.

    Pourquoi ? Chacun avait et a encore ses raisons de le faire oublier. J’en connais quelques-unes que je m’interdis d’émettre afin de ne pas influencer le lecteur.

    Mais quelques questions se posent :
    – le but de cette initiative ?
    – le contenu de la lettre ?
    – qui est le destinataire avec B. B. comme adresse ?
    – pourquoi avoir «grillé» côté français cette initiative ? Et surtout pourquoi ce silence sur un pareil événement ?

    Cet événement est très important. Il a permis au FLN de décider que tous les contacts entre les deux parties seront dorénavant officiels. Depuis cette date jusqu’aux entretiens de Melun en juin 1960, il n’y a jamais eu de contacts secrets ou officieux entre la France et le FLN.

    À ceux qui s’intéressent de façon spécifique à cet événement, je leur suggère de lire le livre écrit par le principal acteur et dont le titre est : Mission secrète. Pour la paix en Algérie par Jean-Yves Goeau Brissonnière.1957. Editions Lieu Commun.

    Cher lecteur, j’espère, encore une fois, être à la hauteur de vos attentes.
    A. C. D.

    (1) La Révolution algérienne par Charles Henri Favrod, pages 386, 387 et 388. Editions Dahleb.
    (2) Le Monde du 19 juillet 1957.

    La prochaine contribution portera sur l’Italie et la Révolution algérienne.

    Le Soir d’Algérie, 11 oct 2020

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