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  • Algérie : Les exigences d’un avenir apaisé

    Le partenariat algéro-français, aux perspectives prometteuses, a encore du chemin à faire pour se défaire de l’ombre pesante des nostalgiques de l’Eden perdu et du courant extrémiste à l’affût de la moindre opportunité pour tenter de saborder le processus de rapprochement entamé par les présidents Abdelmadjid Tebboune et Emmanuel Macron. A chaque geste significatif et, plus encore, à chaque avancée démocratique de l’Algérie nouvelle, les prêcheurs du chaos véhiculent le discours de la haine et du racisme à travers une campagne mensongère planifiée et relayée par des relais locaux au service des chancelleries et des agendas étrangers.

    L’Algérie du changement démocratique, enracinée dans le choix populaire souverain, croit aux chances d’une véritable réconciliation portée courageusement par le président Macron, dénonçant le colonialisme qualifié de «crime contre l’humanité» et appelant à la reconnaissance de l’Etat français des massacres du 17 octobre 1961.

    Au moment où l’Algérie nouvelle, engagée dans le choix référendaire, se prépare à célébrer le 59e anniversaire des massacres du 17 octobre, la visite du ministre de l’Europe et des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian, constitue une autre opportunité pour conforter la quête d’un «avenir apaisé», revendiqué par le président Macron et concrètement traduit par la restitution des crânes des 24 résistants algériens qui en appelle, évidemment, d’autres pas pour le rapatriement de la totalité des restes mortuaires de chouhada et la restitution des archives.

    Au cœur du partenariat, la question mémorielle est incontournable pour répondre aux exigences du nouveau monde en pleine mutation, porteur de défis sécuritaires et économiques colossaux. Il est attendu que cette visite participe au renforcement des mécanismes de coopération, particulièrement le Comité intergouvernemental de haut niveau alégro-français, dans un marché compétitif.

    L’Algérie des réformes intéresse de nombreux partenaires internationaux séduits par les opportunités offertes par la nouvelle économie. Et, il est question également de consolider le processus de consultation sur les questions régionales et internationales, imposé par les bouleversements, constatés notamment au Mali et en Libye.

    La multiplication des échanges téléphoniques entre Tebboune et Macron attestent du niveau de concertation qui existe entre les deux pays «Nos deux pays ont besoin l’un de l’autre», a affirmé Le Drian à l’issue de l’audience accordée par le président de la République.

    Sud-Horizons, 16 oct 2020

    Tags : Algérie, constitution, référendum, France, Mali, Libye,

  • La guerre au Mali: Un remake de la conquête de l’Algérie

    Belhaouari BENKHEDDA

    Comme dit l’adage, il faut connaître le passé pour comprendre le présent et deviner l’avenir. Lors de l’intervention militaire française au Mali, le président français a déclaré : «La France ne restera pas plus longtemps que nécessaire au Mali.»
    Cette déclaration ressemble à celle qui a été faite par Charles X à la veille de la conquête de l’Algérie. En fait, il y a beaucoup de points communs entre la guerre menée au Mali en 2013 et la guerre menée contre l’Algérie en 1830.

    La conquête de l’Algérie

    Ce n’est pas pour un coup d’éventail qu’on mobilise 104 navires de guerre et 535 navires de commerce.

    Balzac disait :

    «Il y a deux histoires : l’histoire officielle, menteuse, puis l’histoire secrète, où sont les véritables causes des événements? »

    L’une des principales causes de la prise d’Alger est l’existence du trésor du dey, un trésor évalué entre 200 et 500 millions de francs. Suite au coup d’éventail en 1827, Alger a été soumise à un blocus maritime imposé par la France. Ce blocus a duré trois ans.

    Avant le lancement de l’assaut, les envahisseurs ont adressé cette proclamation aux Algériens :

    «Nous, les Français, vos amis, partons pour Alger. Nous allons en chasser les Turcs, vos tyrans… Nous ne conquérons pas la ville pour en devenir les maîtres. Nous le jurons par notre sang… Soyez unis à nous, soyez dignes de notre protection et vous régnerez comme autrefois dans votre pays, maîtres indépendants de votre patrie… Les Français agiront avec vous comme ils agissaient, il y a trente ans, avec vos frères bien aimés les Egyptiens. Nous nous engageons à respecter vos trésors, vos propriétés et votre sainte religion… Venez à nous, vous nous ferez plaisir et votre amitié sera avantageuse… Nous vivrons en paix pour votre bonheur et pour le nôtre.» (voir le livre de Michel Habar Histoire d’un parjure-paru aux Editions Anep en 2007).

    Pour faire main basse sur le trésor de la Régence d’Alger, l’armée française a utilisé le rapport d’espionnage établi en 1808 par le colonel Boutin à la demande de Napoléon. Préoccupé par les Russes, Napoléon a alors remis son projet de guerre en Algérie.

    En examinant de plus près les circonstances de la conquête française de l’Algérie, il s’avère que les principaux acteurs responsables du plus grand hold-up du XIXe siècle sont :

    1) Les Bacri, riches commerçants, chefs de la communauté juive d’Algérie et banquiers des deys qui ont gouverné Alger. Les Bacri ont appauvri la population pendant le blocus maritime, entre 1827 et 1830, afin de susciter le mécontentement et des émeutes, ils ont également collaboré avec les Français après le débarquement.

    2) Les Rothschild, chefs de la communauté juive de France et banquiers des rois de France. Ils ont financé l’expédition militaire et mobilisé les lobbies européens sous leur influence pour réussir le crime parfait.

    3) Talleyrand, un politicien hors norme. Il a été ministre français des Affaires étrangères entre 1814 et 1815. Appuyé par les Rothschild, il a organisé l’entente entre la France et l’Angleterre.

    4) Duval, consul de France. Il a été nommé par Talleyrand auquel il n’osait jamais dire non.

    5) Bourmont, général de l’armée française. Il a mené l’opération militaire à la demande de Charles X. (voir le livre de Mahrez Afroun Les Rothschild, Bacri et Talleyrand paru aux Editions Houma en 2011). Après la prise d’Alger, les commissions ont été prélevées, la majeure partie du trésor s’est volatilisée. Officiellement, une enquête a été ouverte. Mais elle n’a débouché sur rien. Dans cette affaire criminelle, les lobbies ont joué un rôle très important. Le roi voulait renflouer les caisses de l’Etat, assouvir l’avidité de la bourgeoisie, avoir les moyens de corrompre ses opposants et manipuler l’opinion publique en faisant de la gestion de la guerre menée contre l’Algérie la principale préoccupation de l’Etat. Rien ne pouvait être fait sans l’entente avec l’Angleterre qui contrôlait le détroit de Gibraltar. Les Anglais ont exigé une alliance contre la barbarie au nom de la suprématie des valeurs occidentales et l’instauration d’un commerce libre. La propagande a joué un rôle déterminant dans la conquête de l’Algérie. Talleyrand a financé le journal de d’opposition Le National fondé en 1830.

    Cette affaire criminelle laisse perplexes les historiens les plus perspicaces. Beaucoup d’éléments ont disparu. Le consul Duval, protagoniste de l’incident de l’éventail, est mort dans des circonstances troubles peu après son retour en France en 1827.

    Le bilan de la conquête de l’Algérie a été très lourd. Les Algériens ont subi l’un des génocides les plus horribles de l’histoire. La population algérienne est passée de 10 millions d’habitants en 1830, selon Hamdane Khodja cité par Michel Habar dans son livre, à moins de 2 millions 500 000 habitants en 1871.

    La guerre au Mali

    La France débourse-t-elle au Mali 400 000 euros par jour pour empêcher l’islamisation de la région ? L’intervention française, baptisée «Opération Serval», du nom d’un félin africain, a-t-elle été lancée pour défendre la démocratie au Mali, ou s’agit-il de relancer une politique coloniale française dans la région ? Les enjeux économiques au Mali sont très importants. Le potentiel de ce pays africain en hydrocarbures est énorme. En 2012, un gigantesque gisement de gaz a été découvert à Bourakèbougou, une localité située à 60 km de Bamako.

    Le Mali possède aussi des bassins de schiste riches en matières organiques et des gisements d’uranium. Les richesses du sous-sol malien sont encore inexplorées. Ce n’est pas étonnant que les groupes énergétiques convoitent les richesses de ce pays, l’avenir de l’économie malienne appartient à ceux qui ont un calcul économique et politique précis. Il est désormais difficile de faire croire aux gens que les compagnies françaises d’hydrocarbures et les groupes industriels français spécialisés dans les métiers du nucléaire ne convoitent pas le marché malien, d’autant que le Qatar, qui finance les intégristes au Mali, est l’associé du groupe nucléaire français AREVA.

    Pour Alain Chouet, ancien chef du service de renseignement de sécurité à la DGSE française, «le Qatar finance partout et généreusement tous les acteurs politico-militaires salafistes, c’est le cas du groupe Ansar Dine». Concernant AREVA, ce groupe industriel est déjà implanté au Niger, son chiffre d’affaires est plus important que le PIB de l’économie nigérienne. Selon le site d’information mecanopolis.org, «il y a quelques mois, l’ambassadeur de France au Mali, Christian Rouyer, a déclaré qu’AREVA sera le futur exploitant de la mine d’uranium à Faléa».

    Il faut reconnaître que le peuple français ne tirera aucun profit de la guerre au Mali, cette guerre va bénéficier exclusivement aux multinationales. Nous avons vu ce qui s’était passé dans d’autres pays. Suite à l’intervention militaire des Etats-Unis en Irak, les multinationales ont fait fortune, alors que la dette publique américaine a explosé. Un confrère a fait remarquer que François Hollande s’est imposé comme un leader parce qu’il a déclenché une guerre. Effectivement, François Hollande avait besoin de cette guerre pour faire respecter ses décisions. Il avait surtout besoin de cette guerre pour appliquer sa réforme économique.

    Rappelons le principe de la stratégie du choc : il faut créer une situation choquante et chaotique afin de dévoiler les réformes économiques qu’on veut imposer. Actuellement, le gouvernement français est dans l’incapacité de régler les problèmes économiques de la France. Le terrorisme au Mali ne représente pas de danger réel pour la société française, le vrai problème des Français est le chômage. Récemment, le journal Le Parisien a mené une enquête sur les chômeurs invisibles dans les statistiques officielles. Le journal parle de 9 millions de chômeurs, ce qui correspond à 30% de la population active. François Hollande avait besoin de cette guerre pour annoncer aux Français la fin du CDI (contrat de travail à durée indéterminée). En effet, le gouvernement français doit flexibiliser le marché du travail. La pression des multinationales et des lobbies à Bruxelles est grandissante, ils exigent la libéralisation du travail, une libéralisation qui ne peut se faire sans la fin du CDI.

    Le gouvernement français s’apprête à annoncer cette nouvelle aux citoyens français avant le printemps. Pendant ce temps, les Etats-Unis veulent absolument empêcher que l’Afrique devienne un partenaire de la Chine, raison pour laquelle ils soutiennent la France dans sa démarche au Mali. Les Etats-Unis ont toujours laissé l’Afrique à leurs alliés européens, leurs investissements au continent noir ne sont pas vraiment importants. Mais face au recul de l’influence de leurs alliés et la progression de nouveaux acteurs, les Américains ont créé Africom, un système miliaire prêt à intervenir n’importe où en Afrique pour contrer les ressources stratégiques et stopper la progression de la Chine. L’Algérie partage 1 376 km de frontières avec le Mali. L’évolution de la situation au Mali est inquiétante. Les parties en conflit, obsédées par leurs objectifs, risquent de commettre des erreurs. De plus, les multinationales rêvent de relier les mines et les bassins pétroliers maliens au marché européen en passant par l’Algérie. Craindre le pire n’est donc pas une exagération. Face au danger qui nous menace aujourd’hui, nous devons absolument être unis. Soyons unis pour que vive l’Algérie.

    Belhaouari BENKHEDDA, universitaire

    Source : Le souffle c’est ma vie

    Tags : Algérie, Mali, France, Barkhane, françafrique, colonisation, colonialisme, Franc CFA, FCFA,

  • Algérie : Quand Haddad régnait sur les ports d’Algérie 0

    par Abla Chérif

    L’audition d’anciens directeurs de ports a révélé l’ampleur des privilèges accordés à Ali Haddad qui, affirment ces derniers, bénéficiait de ces avantages grâce au ministère des Transports.

    Abla Chérif – Alger (Le Soir) – L’ex-directeur du port d’Alger est le premier a être appelé à la barre ce mercredi, troisième jour du procès de Haddad. Il est poursuivi pour mauvaise utilisation de fonction, utilisation de deniers publics de manière contraire à la loi et octroi d’indus avantages. Mohamed Kerrah nie d’emblée tous les faits qui lui sont reprochés et insiste sur le fait que tous les avantages ont été octroyés à l’homme d’affaires durant une période où il n’était pas en fonction.

    « J’étais en poste de 2011 à 2017, dit-il. Les premiers accords conclus avec Haddad au port d’Alger ont eu lieu en 2002, soit neuf ans avant mon arrivée. Quand je suis arrivé, un contrat se trouvait donc déjà en cours. Dans le document en question, il y avait des clauses qui permettaient un renouvellement de tous les accords passés, le ministère des Transports est seul responsable de ces accords. Avant d’entreprendre quoi que ce soit, il fallait son accord, je n’ai signé aucun contrat, les seuls documents que j’ai signés portaient sur le renouvellement du bail. Même après mon départ à la retraite, tout a été renouvelé avec l’accord du ministère concerné .» Il ajoute : « Le terrain a été acquis par Haddad en 2006, je n’étais pas en poste à cette époque.

    Le droit de jouissance lui a été accordé par le ministère des Transports. En 2012, Haddad a changé l’appellation d’une de ses sociétés, un document nous a été adressé pour nous en informer et j’ai signé une nouvelle fois .»
    L’enquête menée sur les faits qui se sont déroulés a établi qu’en janvier 2018, l’ex-ministre des Transports, Abdelghani Zaâlane, lui avait accordé un renouvellement pour une durée de vingt ans de concessions de trois structures portuaires au port d’Alger, 64 447 m2, au quai 36, 3 735 m2 au môle et 5 860 m2 au quai 26, servant à la construction d’une unité de bitume.

    L’ancien directeur du port de Mostaganem est appelé à son tour à la barre. Poursuivi pour mauvaise utilisation de fonction, conflit d’intérêts et octroi d’indus avantages, il nie à son tour tous les faits qui lui sont reprochés et affirme que rien ne pouvait être entrepris sans l’accord du ministère des Transports.

    « En 2016, déclare ce dernier, de nombreuses entreprises privées et publiques ont présenté des demandes pour des concessions portuaires, la décision était du ressort du ministère du Transports (…) les demandes de Haddad ont été acceptées ».

    L’enquête menée a établi là, également, que Ali Haddad avait pu bénéficier d’un espace de stockage de bitume de 2 600 mètres carrés pour une durée de quinze années.

    Les mêmes avantages lui ont été accordés au port de Annaba où il a pu bénéficier de deux espaces d’une superficie de 3 500 mètres carrés et de 4 230 mètres carrés. La première assiette lui a été octroyée en 2014. Une année après, le ministère des Transports l’autorise à acquérir la seconde unité de stockage de bitume.
    A. C.

    LE PATRON DE L’ETRHB AU JUGE :

    «J’ai été jugé avant de comparaître devant un tribunal»
    Le juge entame l’audition de Ali Haddad en lui rappelant qu’il est poursuivi pour blanchiment d’argent.

    Le prévenu, jugé à partir du pénitencier de Tazoult, exige que le droit de présomption d’innocence lui soit appliqué. «C’est de votre droit», répond le magistrat. Haddad poursuit : «C’est un droit dont je n’ai jamais bénéficié (…)
    On m’accuse d’avoir accaparé tous les marchés du pays, On impute à Haddad tout ce qu’il y a de plus mauvais, tout ce qu’il y a de mal dans le pays. L’entreprise que je gère a été mise sur pied en 1988 avec mes frères.»
    L’ex-patron de l’ETRHB est interrogé sur les nombreux crédits bancaires qui lui ont été octroyés. «Douze crédits ont été accordés à mon entreprise, soutient le prévenu. Neuf d’entre eux ont été totalement remboursés, et les trois autres crédits ont été remboursés à hauteur de 25%.»

    Le rapport de l’enquête menée autour de l’ETRHB a démontré que l’entreprise avait pu bénéficier de 452 crédits auprès des banques, pour un montant de 211 000 milliards de centimes. Sur la somme globale, 167 000 milliards de centimes ont été accordés par des banques publiques, à leur tête le CPA (Crédit populaire d’Algérie) qui, à lui seul, a accordé 73 000 milliards de centimes.

    Le juge interroge ensuite Haddad au sujet de l’affaire du tramways. Réponse : «Mon entreprise, l’ETRHB, participait à hauteur de 5%, le reste était détenu par Alstor France. La société mère et une entreprise italienne. Je ne peux pas me défendre comme les autres. Je ne peux pas me défendre correctement puisque le juge d’instruction ne m’a remis aucun document et que je me trouve en prison. Ils ont voulu ternir mon image, me salir. J’ai été jugé avant de comparaître devant la justice.

    La presse m’a sali dès mon arrestation.» Le magistrat demande ensuite à Ali Haddad se s’exprimer au sujet des 124 marchés publics dont a bénéficié le groupe ETRHB pour un montant de 78 410 milliards de centimes. Réponse : «J’ai obtenu 124 marchés sur les 5 000 autres existants.

    En 2015, j’ai perdu deux milliards de DA, entre 2017 et 2018, les gains de l’entreprise ont chuté de 4 milliards de DA.» Haddad se plaint : «À chaque comparution, on m’accuse d’une nouvelle chose. La première fois, on a dit que j’allais prendre la fuite et que j’étais britannique.

    La seconde fois, on m’a dit que j’avais une casemate pleine d’armes, et à présent, que je suis l’ami de Trump.»

    Haddad tente de s’exprimer au sujet de l’affaire, qui l’a conduit à Tazoult, du contrat de lobbying passé avec un cabinet américain pour un montant de dix millions de dollars.

    Mais le juge lui demande de mettre fin à son discours car n’étant pas concerné par ce dossier. Il est 18h30. Le tribunal lève la séance. L’audition de Haddad se poursuivra aujourd’hui.
    A. C.

    Rebbouh Haddad : «Je n’avais pas de salaire au groupe»

    Rebbouh Haddad, frère du principal inculpé dans l’affaire de l’ETRHB, a été, à son tour, auditionné hier au niveau de la cour d’Alger.

    Face au juge, ce dernier a affirmé qu’il ne possédait aucun bien immobilier en son nom tant en Algérie qu’à l’étranger, mais qu’il détenait, en revanche, un compte bancaire commun, avec son épouse et ses enfants, qui contient 70 000 euros. «Je ne suis pas concerné par la gestion de l’ETRHB», soutient encore ce dernier en expliquant que son rôle au sein de cette entreprise se limitait à assurer la coordination entre les différentes commissions et que celles-ci étaient dotées chacune de son propre responsable. À une question du juge sur le montant qu’il percevait au niveau de l’entreprise de son frère, Rebbouh répond qu’il n’était pas payé : «Je n’avais pas besoin de salaire, je prenais de l’argent lorsque j’en avais besoin.»

    À une autre question relative au rôle qu’il jouait au sein du club sportif de Haddad, il répond encore : «J’étais bénévole, j’étais là pour aider, c’est d’ailleurs moi qui ai amené Djamel Belmadi.»

    Rebbouh Haddad a été placé sous mandat de dépôt le 1er mars dernier après avoir été auditionné dans le cadre de l’enquête qui a touché l’ETRHB. Il avait été écouté par un juge d’instruction du tribunal de Bir-Mourad-Raïs qui avait conclu à sa culpabilité dans l’affaire Ali Haddad.

    Mardi, second jour du procès, Amer, un autre des frères Haddad, avait comparu devant le juge, affirmant, à son tour, qu’il n’était nullement concerné par la gestion de l’ETRHB : «J’ai une part dans l’héritage qu’a laissé mon défunt père. J’ai une société versée dans les travaux publics mais elle est gérée par un spécialiste, quant à moi, je perçois un salaire mensuel de 200 000 DA.»

    Lors du procès en première instance qui s’était déroulé au tribunal de Sidi-M’hamed, Ali Haddad avait paru très contrarié par la présence de ses frères, affirmant au juge qu’il était le seul responsable de l’ETRHB et qu’aucun des membres de sa fratrie n’avait de responsabilité dans cette affaire.
    A. C.

    Le Soir d’Algérie, 15 oct 2020

    Tags : Algérie, Ali Haddad, corruption, procès, Bouteflika, frères Haddad, ETRHB,


  • Algérie : La Campagne référendaire prend des couleurs

    Le président du mouvement El Islah, Filali Ghouini, a déclaré, pour sa part, que le projet d’amendement de la Constitution «ouvre de nouvelles perspectives pour les compétences nationales, notamment les jeunes, qui aspirent au changement».

    La campagne référendaire pour la révision de la Constitution a atteint sa vitesse de croisière et il arrive désormais que certaines wilayas aient reçu la visite de plusieurs partis et organisations de la société civile. Les animateurs de la campagne, entre chef de partis, responsables d’associations nationales ou encore des responsables dans les institutions de la République, en sont à expliquer dans les détails certains aspects des amendements constitutionnels. D’autres, à l’image du président de l’APN, appellent les représentants du peuple à s’impliquer directement dans la campagne référendaire pour sensibiliser les citoyens sur l’utilité historique d’un vote positif.

    Ainsi, M.Chenine a exhorté les députés à s’investir «dans la campagne référendaire pour sensibiliser les électeurs sur ses objectifs, à savoir l’avènement d’une Algérie nouvelle garantissant les droits et les libertés individuelles et collectives». Le président de l’APN a mis en avant le fait que le projet qui sera soumis au vote des Algériens n’est autre qu’«une passerelle solide vers une nouvelle ère en rupture avec la corruption et la bureaucratie» dans le cadre d’une nouvelle gouvernance soumettant les deniers publics à un strict contrôle.

    Animant un meeting à Mascara, le secrétaire général du parti du Front de libération nationale (FLN), Baadji Abou El Fadl, a abordé le volet relatif au pouvoir exécutif, estimant que l’adoption du principe du gouvernement issu de la majorité aux élections «rectifie la situation politique précédente qui était anormale». Il a relevé que les amendements soumis au référendum populaire «consacre le principe de l’alternance au pouvoir à travers la limitation des mandats et ferme définitivement la porte au despotisme».

    De son côté, le président du mouvement El Islah, Filali Ghouini, a déclaré, pour sa part, que le projet d’amendement de la Constitution «ouvre de nouvelles perspectives pour les compétences nationales, notamment les jeunes, qui aspirent au changement». Pour M.Ghouini, «le projet d’amendement de la Constitution intervient pour mettre un terme aux anciennes pratiques, notamment l’argent sale, pour laisser place à l’honnêteté et la crédibilité», a fait valoir M. Ghouini.

    Pour ce qui le concerne, le Mouvement de l’Entente nationale (MEN) s’est exprimé par voie de communiqué. Son secrétaire général Ali Boukhezna, y interpelle les Algériens à «contribuer collectivement au succès du référendum sur l’amendement constitutionnel pour jeter les bases de la construction de l’Algérie nouvelle». Cette formation politique a assuré que son positionnement est mu par «son adhésion constante à l’œuvre d’édification nationale et sa conviction que l’étape actuelle exige la mobilisation de l’ensemble des forces politiques et des acteurs de la société qui aspirent à participer à la construction de l’Algérie nouvelle».

    Du côté des organisations socioprofessionnelles, on retiendra la sortie du SG de l’Union nationale des paysans algériens (UNPA), Mohamed Alioui. L’homme qui ne cache pas son enthousiasme pour les amendements a évoqué le Président Tebboune, comme «le garant de l’unité nationale et de l’avenir du pays et ouvre la voie à une participation effective du peuple à l’édification de l’Algérie nouvelle».

    Du côté de la société civile, les participants à une conférence de sensibilisation dans le cadre de la campagne référendaire à Adrar, ont mis en évidence qu’au 1er novembre, les Algériens auront à voter pour «un document important», dont l’un des point forts est «le renforcement du rôle de la société civile, la promotion de l’action participative et le respect des droits et libertés.»

    Une posture prise par la très connue association d’alphabétisation «Iqra», dont le président de la wilaya d’Adrar, Hamdaoui Hacène, a salué, lui, «la mise en place par les pouvoirs publics de différentes instances consultatives pour la consécration du rôle de la société civile et sa participation à la gestion des affaires publiques, à l’instar de l’Observatoire national de la société civile, en plus des articles prévus dans le projet de la Constitution accordant une protection réglementaire aux associations».

    Nadera Belkacemi

    Ouest Tribune, 15 oct 2020

    Tags : Algérie, référendum, Constitution, campagne,

  • Le bac, les Algériens et la Covid-19

    Des centaines de milliers d’Algériens, entre lycéens et candidats libres, sont fixés sur leur sort. Plus de la moitié voient les portes de l’université s’ouvrir devant eux. Les autres devront prendre leur mal en patience. Il y en aura, parmi ces derniers, qui retenteront leur chance l’année prochaine, alors que d’autres s’orienteront vers la formation professionnelle. En tout état de cause, cette année scolaire qui se termine sur une note plutôt positive, comparativement à bien d’autre pays, reste très spéciale. Elle l’est, en raison de la situation sanitaire exceptionnelle, mais également en raison de la note plancher, fixé à 9/20. Ce bac restera dans les annales de l’Education nationale, comme celui de la Covid-19.

    On retiendra, malgré tout que la reine des épreuves, celles du baccalauréat, est bel et bien passée et sera marquée comme une réussite sur le tableau d’un gouvernement qui a su réussir un défi, dans un contexte épidémique problématique. Il suffit de rappeler que la France, pays de naissance du baccalauréat, a préféré s’en passer, pour mesurer l’importance du défi relevé par l’Algérie et les Algériens. Cette institution que tout le monde respecte et veut garder, en ce sens qu’elle constitue une étape cruciale dans la vie de chaque jeune homme et jeune fille, ainsi que pour leur famille, a résisté à l’épreuve de la Covid-19. Bravo donc à tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette entreprise qui ne semblait pas si évidente que cela en mars dernier.

    Ce succès permet aux Algériens de continuer à croire à l’utilité de l’effort individuel des jeunes et à l’extrême importance de la recherche du savoir, comme moyen privilégié d’ascension sociale. Même si l’actualité a tendance à nous faire croire que la course à l’argent facile est en train de devenir un sport national, il n’en reste pas moins qu’à l’occasion d’un examen, comme celui du baccalauréat, on se rend compte que la société tient toujours au savoir.

    Ce qu’en reteindront les candidats, c’est la fin d’une angoisse de l’attente des résultats. Ils retiendront également, comme l’une des spécificités de leur bac, l’absence de vacances dignes de ce nom. Ils partiront dès aujourd’hui à la course aux inscriptions universitaires pour ceux qui ont réussi l’examen. En attendant, on aura constaté que la cuvée 2019/2020 n’a pas dérogé à la tradition. L’année prochaine sera peut être différente, mais l’institution du Bac restera toujours très respectée par la société. Et c’est cela l’essentiel.

    Par Nabil. G.

    Ouest Tribune, 15 oct 2020

    Tags : Algérie, BAC, covid 19, corinavirus,

  • Algérie : « En FRAC» dans le texte

    L’imprévisible ministre du commerce, Kamel Rezig, continue d’alimenter la chronique du temps qui…décoiffe !

    S’offusquant que la datte algérienne, soit exportée en vrac vers l’étranger, pour être ensuite détournée de son origine( algérienne,) et estampillée » made in » le pays qui la met en boite.

    Fini le « FRAC », a dit le ministre du commerce ,qui promet de fermer Eddoumine sur cette pratique .

    La séquence fait un buzz retentissant. On se serait presque cru revenir au temps de Kaid Ahmed , responsable du parti FLN du temps du président Boumedienne.

    À la différence que Kaid Ahmed , faisait le pitre exprès, et Kamel Rezig ,sans le vouloir.

    Après la mafia du lait , nous voici dans le FRAC d’une datte malmenée.

    Et l’extravagant ministre du commerce entend bien réparer cette ignominie, faite dans le dos de notre « or sucré » : la datte algérienne et son nec plus ultra, la « Deglet Nour ».

    Frac ,dit le dictionnaire, est un habit de cérémonie noir et à basque ou en queue de pie.

    Il est aussi l’ habit des prestidigitateurs et des illusionnistes. Là ,on n’est pas loin, car il s’agit d’habit, de packaging. Ce qui nous rapproche du frac de la datte et de son illusionniste , qui lui, tient à habiller la datte algérienne avant qu’elle ne quitte le sol algérien. La reine des dattes, ne s’offrira plus nue, aux faussaires.

    Aujourd’hui Rezig s’en prenant au vrac , hier le défunt El Hadi Khediri parlant à l’avion , avant lui , Kaid Ahmed nous racontait qu’on était au bord du précipice et qu’heureusement nous avons fait un pas en avant…Les ministres de l’Algérie indépendante, ont toujours versé dans la pitrerie, des fois, à dessein, d’autres fois, malgré eux.

    A qui la faute ? La faute à cette langue de Molière , qui, mélangée au zèle que donne le koursi , fait virevolter la bourde dans la bouche de nos hommes politiques .

    C’est quoi un ministre chez nous ? C’est quelqu’un qui un jour s’est trompé d’accent, en confondant phonétique et orthographe ? ? Un hédoniste répétant son discours devant sa psyché, pour ensuite s’embrouiller jusqu’au charabia ? Un distrait, se fichant du verbe juste, et se prenant le micro dans la tronche ?

    Un ministre, chez nous, c’est tout simplement quelqu’un, qui un jour, s’est trompé de job. Et qui, dans le cas du ministre du commerce, endosse un frac qui éclate aux coutures.

    La Nation, 13 oct 2020

    Tags : Algérie,Kamel Rezig, FLN, FRAC,

  • Algérie : Le nid des excroissances

    par Abdou BENABBOU


    Pour se défendre face à la justice, l’ancien ministre des Transports Amar Ghoul n’en démord pas et reste figé dans une logique dont malheureusement il n’a pas le monopole. Droit dans ses bottes, il soutient qu’il se devait de suivre les instructions verbales de l’ex-président de la République. Il confirme sans se rendre compte de l’énormité d’un axe immuable d’une gouvernance rendant le verbe présidentiel un axiome rigide au-dessus de n’importe laquelle des considérations légales. Il ne pouvait mieux démontrer comment était compris le sens d’une charge ministérielle et ce pourquoi un ministre était désigné.

    C’est lui qui a ordonné le maquillage d’un tronçon d’autoroute non encore totalement réalisé, parce qu’il redoutait qu’il ne soit pas à l’heure de l’inauguration présidentielle pour laquelle il s’était engagé. On sait que la formule avait des petits et peinturlurer les façades des immeubles en ruine avant le passage des limousines était un sport incontournable pour ceux qui ménageaient leurs carrières. Tout était su mais on laissait faire, l’essentiel était que les égos soient saufs.

    Tous les hauts responsables aujourd’hui jugés ne sont pas en reste et tous ont pour se défiler étalé ce moyen de défense pour tenter de faire comprendre aux juges que l’institution judiciaire subitement en effervescence se trompait de pays et que les lois algériennes avaient été promulguées pour servir d’ornement factice et valoir bonne mine face à tout le monde.

    Cette gouvernance informelle et permissive appliquée au grand jour a fait le nid de multiples excroissances qui en s’amplifiant se sont transformées en immense gangrène qui a déboussolé l’ensemble du pays.

    Philosophie d’une gestion, le passe-droit devenait droit et sacerdoce auxquels les hauts commis se prêtaient avec allégresse sans lesquels une grande responsabilité n’avait aucun sens. Pourquoi dès lors s’en priver lorsqu’un président de la République lui-même, pour le peu qu’on sache, s’arroge l’infantile privilège d’intervenir au bénéfice d’une connaissance pour l’octroi d’un terrain ou d’un appartement et va jusqu’à distribuer des billets d’avion.

    Le Quotidien d’Oran, 15 oct 2020

    Tags : Algérie, Amar Ghoul, cirruption, procès,

  • Algérie : Le FFS, le squat de son siège et l’ambassadeur du Portugal !

    Qu’est-ce qui pourrait bien avoir un haut représentant diplomatique étranger en Algérie avec une affaire interne à un parti politique national ? D’aucuns penseront que rien, et pourtant … Si en effet les usages diplomatiques s’y interdisent toute immixtion, l’ambassadeur du Portugal à Alger, se retrouve, sans le vouloir, au centre d’une affaire propre à un parti algérien. Il s’agit de son excellence Luiz de Albuquerque Veloso semble être pris en sandwich, entre deux parties belligérantes au sein du Front des forces socialistes.

    C’est ce que le parti a révélé, hier, dans un communiqué diffusé sur son site web. Tout a commencé lundi dernier, lorsque – comme il est courant chez des ambassadeurs de se rendre chez des partis pour échanger autour des relations bilatérales- le représentant diplomatique du Portugal s’est rendu au siège national du FFS.

    Sans le savoir, il a été reçu par les responsables de l’un des belligérants (Belkacem Benameur, qui se réclame toujours de la direction du parti) accusé par son rival, Youcef Aouchiche (Premier secrétaire du parti) d’avoir squatté les locaux du parti à Alger. Et comme pour tenir informé l’ambassadeur de ce différent, une délégation du FFS a été reçue, hier, par l’ambassadeur du Portugal en Algérie.

    Selon un communiqué, «Cette rencontre, à la demande de l’Ambassadeur, faisait suite à sa visite le 12/10/2020 au siège du FFS, illégalement occupé. Les deux parties, ont évoqué la situation politique en Algérie, les sujets liés aux relations bilatérales ainsi que la situation régionale et internationale. »

    Le Courrier d’Algérie, 15 oct 2020

    Tags : Algérie, FFS, Belkacem Benameur. Youcef Aouchiche,

  • Algérie : Tamanrasset, terre de transit ou d’exil.

    Aux portes de l’Afrique sub-saharienne, à 2 000 km de l’Europe, la ville algérienne de Tamanrasset vit au rythme des candidats à l’émigration qui s’y côtoient et partagent les mêmes rêves, parfois les mêmes désespoirs

    C’est le printemps à Tamanrasset, ville du sud de l’Algérie, proche du Niger et du Mali. Les touristes européens quittent la ville à l’approche des chaleurs. Les camions dont descendent chaque jour des immigrés venus de toute l’Afrique sub-saharienne, eux, ne connaissent pas de saison.

    Tamanrasset est une porte d’entrée pour des milliers de candidats africains à la migration vers l’Europe. “Je me sens chez moi ici à Tam. Mes compatriotes et tous les autres Africains me font oublier l’exil, explique Oulatara, un jeune ivoirien. Je préfère patienter ici que d’aller errer au nord de l’Algérie où je risque le refoulement à tout moment.”

    Tam, comme l’appellent ses habitants de passage, abrite des immigrés africains légaux et illégaux. Les clandestins ont plus de chance de s’y fondre dans la masse, mais aussi d’y trouver un logement moins cher que dans les villes du nord du pays, où la législation oblige le propriétaire à déclarer à la police l’identité des locataires. Ce n’est pas le cas à Tam où les “villages africains” se sont formés et continuent à être rythmés par la clandestinité. Ce sont des ghettos où même les forces de sécurité n’osent pas pénétrer.

    Proche d’une bande frontalière de 1 550 km, la région de Tamanrasset reste le passage privilégié des candidats à l’exil. 2 000 à 3 000 personnes franchissent illégalement les frontières sud de l’Algérie chaque année, selon la Gendarmerie nationale. Mais beaucoup d’autres entrent sur le sol algérien munis de visas de trois mois. À leur expiration, la plupart d’entre eux n’ont pas encore réussi à quitter Tam. Parmi ces clandestins, les Maliens et les Nigériens sont de loin les plus nombreux, mais il y a aussi d’autres Africains et – phénomène apparu ces deux dernières années – des Asiatiques (d’Inde et du Bangladesh) qui tentent de s’introduire par là en Europe.

    La vie en transit

    À Guetâa El Oued, Tahaggart, Imechouane, “villages africains” édifiés dans Tamanrasset, la cohabitation entre immigrés n’est pas idéale. Dans ces ghettos, les rapports de force s’établissent en fonction des nationalités, de l’ancienneté, de l’importance de la communauté. Les Maliens et les Nigériens ne se plaignent pas de leur vie ici. Les liens historiques, la proximité géographique de leur pays d’origine et le fait qu’ils soient les seuls à disposer de consulats en Algérie facilitent leur vie quotidienne. L’intégration est plus difficile pour les immigrés issus de pays anglophones. Souvent organisés en clans, ils sont vite pointés du doigt dans des affaires liées à des vols et des agressions. Ces villages dans la ville sont au fil des années devenus des lieux où tout se négocie : passeports, argent, travail au noir, femmes pour des travaux de ménage ou pour la prostitution, enfants à adopter, etc.

    Aux premières lueurs de l’aube, des centaines de clandestins se postent aux carrefours, à la sortie de la ville. Ils guettent camions et camionnettes pour dénicher un travail occasionnel qui leur permette de survivre. Des entrepreneurs, mais aussi des particuliers, y passent prendre de la main-d’œuvre bon marché et corvéable à souhait, en raison de sa précarité. Le transit par Tam peut durer des semaines, des mois voire des années.

    Certains se résolvent à demander des papiers d’identité algériens ou des titres de séjour leur permettant de travailler en toute légalité, alors que la grande majorité végète dans la clandestinité et la précarité. Les ateliers de confection sont devenus le monopole des Nigériens et des Maliens. Les autres ont le choix entre les ateliers de mécanique, de soudure ou les chantiers de construction.

    Refoulement, pas rapatriement

    Alhassane, la vingtaine à peine entamée, arrive du nord du Cameroun. Il jure qu’il n’y retournera pas, même si on le refoule cent fois : “Tout le village a cotisé pour me payer le voyage. Ils attendent que je m’établisse en Europe et que je commence à leur envoyer de l’argent. Je préfère mourir qu’y retourner les mains vides.”

    En Algérie, les refoulements sont fréquents tout autant que les possibilités de retraverser la frontière dans l’autre sens. En 2005, les services de la gendarmerie locale ont eu à traiter 1 603 affaires liées à l’immigration clandestine, impliquant 2 229 personnes sans compter celles qui passent à travers les mailles du filet et continuent leur traversée du désert pour gagner le Nord. La tendance n’a pas fléchi en 2006. La majorité des gens interpellés sont refoulés à la frontière, mais pas rapatriés. Les opérations de refoulement sont coûteuses et supportées pour le moment par le Trésor public algérien.

    L’Union européenne avait pourtant promis, à Oran, l’an dernier, d’aider les pays nord-africains dans la lutte contre l’immigration clandestine. Mais les fonds tardent à être débloqués. En raison des coûts, le choix de la destination du refoulé s’impose : 398 km séparent Tamanrasset du poste d’Ain-Guezzam (frontalier avec le Niger) et 508 km de celui de Tin-Zaouatine (avec le Mali). Selon la prépondérance des Maliens ou des Nigériens dans le lot des personnes, les clandestins seront refoulés à l’un ou l’autre endroit. À contresens de leur rêve…

    Source : Blog de Said Bouamama, 2006

    Tags : Algérie, Tamanrasset, Migration, subsahariens,


  • Algérie : Bedoui rattrapé par les affaires

    L’audition de Nouredine Bedoui par les services économiques et financiers de la police judiciaire de Constantine démontre, si besoin est, que nul n’est désormais hors d’atteinte de la justice. L’ancien Premier ministre, que certains cercles considéraient comme une personnalité intouchable, a été entendu lundi par la PJ dans le cadre d’une enquête sur des affaires de corruption liées à la période où il occupait le poste de wali de Constantine, suite à un mandat judiciaire émis par le procureur de la Cour suprême.

    L’enquête préliminaire concerne notamment l’octroi d’assiettes foncières à des promoteurs immobiliers « privilégiés » pour la réalisation de logements promotionnels. Nouredine Bedoui, qui avait été précédé d’une réputation surfaite d’homme sans histoires, compréhensif et proche du peuple, après avoir été servi par une formidable campagne médiatique suite à son passage par Sétif et la valorisation de son image à travers les succès sportifs de l’Entente, est accusé d’avoir facilité l’accès à la propriété foncière à des députés et des sénateurs ?

    De septembre 2010 à septembre 2013, il aurait cédé des milliers de mètres carrés à des proches de hauts responsables de l’époque. Situées pour la plupart à la nouvelle ville Ali Mendjeli, à El Khroub et surtout à Zouaghi, un des quartiers les plus convoités, vu son emplacement sur les hauteurs d’une Constantine sinistrée, ces parcelles de terrain ont fait par la suite l’objet de transactions en 2ème et en 3ème main par leurs acquéreurs. Selon des sources concordantes, il aurait avantagé des oligarques et des hommes d’affaires en violation flagrante des procédures légales. Ainsi, de faux investisseurs auraient bénéficié de ses largesses d’une manière illégale.

    Les mêmes sources citent par ailleurs l’affaire des 1 000 logements sociaux attribués par anticipation ; une véritable bombe à retardement qui n’a pas encore été désamorcée. Cité déjà dans deux (2) affaires, celle de l’ancien DGSN, Abdelghani Hamel, et celle liée à la collecte de 5 millions de signatures au profit de Bouteflika, lors de la campagne pour le 5ème mandat, un dossier où il est question de fausses signatures et d’usurpation d’identité, Nouredine Bedoui se trouve aujourd’hui dans une situation peu enviable.

    Les parties qui l’avaient porté au sommet, en lui assurant promotion sur promotion pour services rendus ont perdu une grande partie de leur puissance et ne sont plus en mesure de l’extraire de toutes ces affaires. Certes, la justice ne l’a pas encore condamné, puisqu’il bénéficie de la présomption d’innocence, mais sa proximité avec la Issaba, qui ne fait plus de doute, va le marquer à jamais.

    A Constantine où il n’a fait qu’assurer le suivi des projets lancés par son prédécesseur, Abdelmalek Boudiaf en l’occurrence, aujourd’hui incarcéré dans le cadre de la lutte contre la corruption, rien ne porte son empreinte dans le domaine du développement local. Les trois années qu’il a passées dans la capitale de l’Est, sont loin d’être impérissables. En un mot, son ascension éclair demeure symptomatique des mœurs politiques en vigueur sous l’ère de Bouteflika et sa « bande ».

    Mohamed Mebarki

    L’Est Républicain, 14 oct 2020

    Tags : Algérie, corruption, Nouredine Bedoui,