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  • Algérie : Abdallah Djaballah appelle au boycott des produits français

    par Ilhem Tir

    En réaction aux dernières déclarations provocatrices du président français, Emmanuel Macron, et aux atteintes au prophète Mohamed (QSSSL), le président du Front pour la justice et le développement (FJD), Abdallah Djaballah, en campagne contre le projet de la Constitution, appelle au boycott de tous les produits français.

    En meeting hier au Centre culturel Ibn Badis de Constantine dans le cadre de sa campagne contre le projet constitutionnel, Abdallah Djaballah a préféré endosser la abaya du cheikh que le costume du politique en prononçant un discours purement religieux profitant de la circonstance des événements islamophobes en France.

    Un pari gagnant puisqu’il a su capter l’attention de toute la salle acquise à sa cause lorsqu’il parla du prophète et de sa position dans le cœur de tous les Algériens. Tout en se référant au Coran et à quelques versets, le leader islamiste a appelé les citoyens à s’exprimer face à ces attaques provocatrices contre leur prophète avant de proposer une campagne de boycott de tous les produits français et en invitant l’État à prendre des mesures concrètes comme la convocation de l’ambassadeur de la France à Alger.

    Après une heure de prêche, le chef de file des islamistes a convergé vers la principale raison de la tenue de son meeting à savoir la Constitution et «le devoir d’aller voter et dire non à ce projet», dira-t-il. Sans verser dans les détails, il a accusé, lors de son intervention, la commission chargée de l’élaboration de ce projet d’être composée majoritairement de membres «laïques».

    «Cette Constitution sera une malédiction, pour le pouvoir et pour les Algériens qui voteront par oui, a-t-il affirmé.

    Affirmant avoir étudié le projet de manière explicite, le chef du FJD a considéré la nouvelle Constitution comme une «menace pour les constantes» avant d’énumérer les prérogatives élargies du président de la République dans cette nouvelle mouture de la loi fondamentale.

    Il a regretté que le chef de l’État se soit accaparé tous les pouvoirs contrairement à ses promesses.

    Ilhem Tir

    Le Soir d’Algérie, 25 oct 2020

    Tags : Algérie, France, Islam, Samuel Paty, islamophobie, boycott, Abdallah Djaballah,


  • Algérie : la bourse ou la vie ?

    La place boursière palestinienne est plus importante que celle de l’Algérie…a déclaré le président de la COSOB (Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse) dans une interview à « LSA direct ». Inimaginable ! Un pays, amputé des 3/4 de son territoire par l’occupation israélienne et en guerre permanente contre l’Etat hébreu, possède plus d’entreprises cotées en bourse que l’Algérie, supposée le plus riche pays d’Afrique !

    Mise en place dans les années 2000, dans le sillage des réformes structurelles édictées par le FMI, la cotation en bourse fut juste un bluff. Ajoutez à cela l’opacité qui entoure les financements bancaires et voilà une place boursière réduite à sa plus simple expression. Sur les milliers d’entreprises qui activent en Algérie, seules 4 sont cotées en bourse : il s’agit de Biopharm, Saidal, l’hôtel Aurassi et Alliance assurance !!!

    La Bourse d’Alger, lit-on sur le fronton d’un crasseux immeuble situé à l’angle du carrefour Amirouche – Maurétania. C’est ça la Bourse d’Alger sans point à la ligne !

    Amère réalité de 20 ans de pratiques économiques mafieuses et où l’opacité fut une règle d’airain. A quoi bon avoir recours à la cotation en bourse quand la vraie place boursière est le square Port Saïd ? Dinar réinjecté dans l’euro et anonymat garanti…Port Saïd et ses filiales à Eulma, Sétif, Oran, Annaba….Jamais en rupture de liquidité et toujours au service du ni vu ni connu. Truisme qui envoie gouvernants et trafiquants dans la même logique, le marché parallèle du fric sans investissements (véritable Bourse de fait), qui fut pendant ces 20 ans une sorte de Banque Mondiale locale avec ses mécanismes, ses commanditaires, ses entremetteurs, ses swifteurs et tutti quanti, fut aussi la véritable mécanique économique de l’Algérie rapineuse. C’est là que s’approvisionnaient les oligarques made in Algeria, avant de prendre leur « Jet privé » aux soutes gorgées d’euros et de dollars. Carnage de la morale, mise au piquet de la décence …La légalité sombra dans un contexte vainqueur par chaos. La suite, on la connaît. La Bourse d’Alger ? La bonne blague ! La Bourse ou la vie, lisait-on dans les romans de Dickens dans les bas-fonds de Soho. La Issaba aima pendant longtemps les deux. Même si au final, c’est une vie de cachot qui sonna la récré.

    La Nation, 19 oct 2020

    Tags : Algérie, bourse, finances, entreprises, économie,

  • France: l’expulsion d’étrangers en situation irrégulière est loin d’être acquise

    Après l’annonce des autorités françaises d’expulsion d’étrangers fichés pour radicalisation vers leurs pays d’origine, la décision semble d’ores et déjà se heurter à de multiples obstacles d’ordre juridique,politique et technique.

    Pour cause, il y a parmi les personnes concernées par cette décision celles qui présentent des motifs légitimes, entre autres les liens familiaux et la guerre qui ronge certains pays.

    « Sur les 231 personnes (dont 180 prisonniers qui doivent d’abord purger leur peine) pour lesquelles une mesure a été engagée mais qui ne s’est pas concrétisée par une expulsion, 50 personnes “présentent un motif légitime” qui justifie qu’elles restent à ce stade en France », a indiqué le ministre français de l’Intérieur.

    Selon celui-ci, il ne peut pas y avoir d’expulsion de personnes originaires de pays en situation de guerre en vertu des conventions internationales signées par la France, indiquant qu’« il est difficile d’expulser vers la Libye ».

    Parmi les étrangers susceptibles d’être expulsés, certains peuvent en effet faire valoir des liens familiaux en France, par exemple s’ils sont parents d’enfants français ou sont conjoints de Français.

    A cela s’ajoute, estime le site français Vie publique, le refus de certains pays de coopérer avec les autorités hexagonales.

    «Lorsque les personnes à renvoyer ne disposent pas d’un titre d’identité, l’État doit obtenir l’accord du pays d’origine, à travers l’émission d’un laissez-passer consulaire. Or, l’obtention de ce document, de surcroît dans des délais suffisants (c’est-à-dire avant la fin de la durée de rétention), n’est pas toujours évidente. D’autant plus que ces pays n’ont pas nécessairement intérêt à coopérer », a indiqué le site Vie publique.

    « Le ministère de l’Intérieur reconnaît que les autorités russes, dont sont originaires les Tchétchènes, ne « sont pas enthousiastes » à l’idée de « voir revenir chez eux des délinquants, voire des fondamentalistes », a rapporté la presse française.

    Le tueur du prof d’histoire-géographie le 16 octobre dernier est un jeune de 18 ans d’origine tchétchène.

    Selon Beauvau, Gérald Darmanin tenterait de convaincre les officiels algériens à l’occasion de sa visite de deux jours, le 25 octobre prochain, d’accueillir les ressortissants algériens en situation irrégulière en France.

    Rappelons que Gérald Darmanin avait annoncé l’expulsion de quelque 230 personnes fichées pour radicalisation à caractère terroriste vers l’Algérie, la Tunisie et le Maroc.

    Echourouk Online, 20 oct 2020

    Tags : France, migration, expulsion, rapatriement, Maroc, Algérie, Tunisie,

  • Algérie : Irresponsabilité

    Le président Tebboune se serait passé volontiers de cette double polémique provoquée par des déclarations pour le moins irresponsables du ministre de la Jeunesse et des Sports et du wali d’Oran. Et pour cause ! Alors que la campagne électorale, pour la promotion du référendum sur la révision de la constitution entame sa dernière ligne droite, ces deux responsables, ont, sans le vouloir, apporté de l’eau au moulin des pourfendeurs de la «nouvelle Algérie».

    Mercredi dernier, le wali d’Oran s’était distingué par une attitude aussi arrogante que désobligeante à l’égard d’une enseignante qui a eu le courage de lui rappeler sa mauvaise gestion en lui exhibant des tables d’école aussi vieilles que le système algérien. Il n’en fallait pas plus pour déclencher l’indignation au niveau de toute l’Algérie face à une posture aussi dédaigneuse d’un commis de l’Etat vis-à-vis d’une enseignante. Il faut saluer la réaction énergique du Premier ministre Abdelaziz Djerad qui a vite fait de désavouer le wali d’Oran en couvrant d’hommage la vaillante maitresse qu’il a citée nommément dans un Tweet posté jeudi soir.

    Malheureusement cet écart de conduite n’était pas un cas isolé puisque le ministre de la Jeunesse et des Sports a commis le pire en lançant un missile contre tous les Algériens qui ne seraient pas contents du projet de la révision de la constitution. «Li maâjbouche lhal i bedel leblad » (Que celui qui n’est pas content change de pays !) C’est à la fois osé et grave M. le ministre ! On ne s’adresse pas à ses compatriotes de la sorte. La volonté de plaire au Président n’autorise pas cet excès de zèle qui vous plonge dans l’irresponsabilité. En l’occurrence, les Algériens qui souffrent déjà des contrecoups du COVID-19 et qui n’ont plus la tête à la politique sont suffisamment atteints socialement pour leur servir des propos aussi révoltants, aussi insultants.

    Ce jeune ministre qui ne semble pas bien connaitre son pays, son peuple et ses conditions, a raté une belle occasion de se taire. Pour un responsable qui entendait rendre service au président Tebboune qui lui a donné la chance de sa vie de devenir ministre à 37 ans, il vient de commettre une faute politique monumentale.

    Tous les Algériens se souviennent encore d’une déclaration puisée du même « répertoire» d’Amara Benyounès qui maudissait ceux qui n’appréciaient pas le pouvoir de Bouteflika (Inaâl bou li ma Yehabnach !)

    Ces dérapages verbaux qui se font de plus en plus récurrents, posent un vrai problème sur la moralité des commis de l’Etat qui ne prennent pas conscience des implications de leurs sautes d’humeur. Il y a urgence de mettre fin à ce genre de comportements.

    Imane B.

    Tags : Algérie, Sid Ali Khaled, Constitution, référendum, 1er novembre,

  • Algérie : Le FMI inévitable?

    par Abdelkrim Zerzouri


    Assiste-t-on à une guerre d’usure ou de positions entre certains experts économistes ou autres avis d’analystes et le président Tebboune ? Malgré une orientation franche et sans équivoque, martelée publiquement à maintes reprises par le président Tebboune, soutenant que l’Algérie ne recourra ni à l’endettement extérieur ni au financement non conventionnel ou planche à billets, il se trouve que certains avis prédisent le contraire, estimant que l’Algérie ne pourrait éviter le spectre du Fonds monétaire international (FMI).

    Ainsi, dans un article publié par l’hebdomadaire ‘Jeune Afrique’, l’auteur commence même à percevoir des « signaux » qui laissent entrevoir une possible ouverture à l’endettement extérieur, considérant que la nomination du nouveau gouverneur de la Banque centrale d’Algérie, Rosthom Fadli, qui a passé 30 ans au sein de la direction générale des relations financières internationales, verse dans cette thèse. Non sans étayer ses propos par un grave ralentissement de l’économie algérienne, accentué par la chute du prix du baril de pétrole et la crise sanitaire, installant l’Algérie au bord de la crise financière plus que jamais, relèvera-t-il.

    Chacun est libre de ses opinions sur le sujet, mais de là à vouloir forcer le destin qui entraînerait l’Algérie vers l’endettement extérieur, tout en noircissant au passage son avenir économique, on serait tenté de lire une animosité pas aveugle du tout, voire même bien tendancieuse. La crise économique et financière ne touche pas seulement l’Algérie, mais pratiquement tous les pays, pourquoi alors focaliser sur l’Algérie ?

    Et puis, le pays paraît mieux loti que d’autres, pour ne pas citer ceux à qui plairait cet article. Avec des réserves de change qui continuent, certes, de s’amenuiser, mais qui atteignent quand même les 46,8 milliards de dollars, selon le dernier chiffre livré par le projet de loi de finances 2021, pourquoi irait-on vers un endettement extérieur ? Sans oublier dans ce contexte d’en adjoindre les revenus pétroliers de l’ordre de 23, 21 dollars. Ainsi que l’ambitieux plan de relance économique, qui ne souffre ni de la faiblesse des idées ni du manque de financement.

    Peut-être que, pour ne pas lui prêter qu’un avis malintentionné, l’auteur en est resté dans ses référents à l’ancien système, qui aurait, il est vrai, provoqué la ruine de l’Algérie dans ces circonstances de crise sanitaire doublée d’une détresse économique mondiale. Certainement que rien ne serait facile pour sortir indemne de ce périlleux chapitre, mais les atouts existent bel et bien.

    L’Algérie tient le coup bien des mois après l’apparition de la pandémie et la chute des prix du baril de pétrole. Certains, aux antipodes de cet article publié par ‘Jeune Afrique’, dont l’analyse américaine publiée le 12 mai dernier par «Washington Times», affirment même que les réformes économiques et constitutionnelles «courageuses» engagées par le président Abdelmadjid Tebboune devraient aider l’Algérie à surmonter la crise économique et à en sortir plus forte que jamais.

    En tout cas, il serait important de se rappeler la fermeté du ton employé par le président Tebboune quand il assure que l’Algérie ne recourrait ni à l’endettement extérieur ni à la planche à billets, pour comprendre que rien de tel ne serait envisageable dans le court et moyen terme.

    Pour le long terme, on pourrait toujours faire des prévisions, mais quel expert a inclus dans ses calculs l’apparition de la pandémie de ce nouveau coronavirus en 2020 ?

    Le Quotidien d’Oran, 24 oct 2020

    Tags : Algérie, dette, endettement, FMI, planche à billets,

  • Algérie : Le dérapage verbal de Khaldi

    IL A FAILLI À SON DEVOIR D’OFFICIEL DE DÉFENDRE UN PROJET RASSEMBLEUR : Le dérapage verbal de Khaldi

    On ne s’improvise pas tribun et cela, beaucoup d’hommes politiques devraient le comprendre une fois pour toutes. Ces derniers ne maitrisant pas l’art de l’improvisation dans le discours politique, se tirent une balle à la patte dès qu’ils sont titillés par le désir de titiller l’applaudimètre. La dernière bourde du ministre de la Jeunesse et des Sports est à inscrire d’ailleurs dans ce registre. Sinon comment expliquer qu’il verse dans la négation de l’autre et le discours d’exclusion pour faire la promotion d’un texte qui se veut rassembleur et surtout la pierre angulaire de l’Algérie nouvelle.

    Cette «méprise », devrait pousser le premier responsable de l’Exécutif à recadrer son jeune ministre, qui a suscité, par ses propos une vague d’indignation dans les réseaux sociaux et qui a apporté de l’eau au moulin de ceux que le changement dérange et qui se recrutent dans plusieurs courants de pensée et d’idées. Celui qui n’est pas d’accord avec cette Constitution doit changer de pays », c’est du déjà entendu. Ouyahia avait bien dit « affame ton chien et il te suivra » et Amara Benyounès traine toujours comme un boulet son fameux « Naal bou lima ihebneche (maudit soit le père de celui qui ne nous aime pas) ».

    Il y’a quelques années, un observateur de la scène politique algérienne, en analysant le discours des dirigeants politiques après l’ouverture démocratique d’après-octobre 1988, nous avait expliqué que les présidents de partis, face aux foules, perdent leur capacité d’analyse ce qui les pousse à user de mensonges, d’énormités et de propos qui se retournent contre eux. C’est le modèle du discours mensonger usité lors des campagnes électorales algériennes. Sellal, emporté par son élan avait bien promis de faire de la wilaya de Mascara la Californie d’Algérie et lors de la campagne pour le 4e mandat de Bouteflika, il avait même usé d’une allocution qui empruntait au vocabulaire populaire des mots qui n’avaient en aucun cas leur place dans un discours hautement politique.

    La sortie du ministre Sid Ali Khaldi nécessite forcément un recadrage de la part du Premier ministre. Cela est nécessaire surtout dans cette conjoncture pré-électorale. Cet écart trouverait peut être ses causes dans le peu d’intérêt accordé à la communication dans certaines institutions de l’État. Cette mission, confiée à un service souvent manquant de spécialistes et de moyens se limite à quelques communiqués laconiques au lieu de servir de système d’aiguillage à l’action des institutions.

    Un homme politique doit définir les contours, définir son champ lexical, les sujets à aborder et ceux à éviter, le ton à utiliser dans son allocution. Et tous ces réglages ne peuvent être apportés que par un service de communication efficace, réactif et surtout prompt à anticiper. Et cela, nos institutions ne semblent pas encore l’avoir compris. Khaldi aura beau à expliquer qu’il était loin de penser à blesser ou exclure une partie des Algériens, sa dernière sortie lui restera collée à la peau pour les années à venir.
    Slimane Ben

    Le Courrier d’Algérie, 24 oct 2020

    Tags : Algérie, Sid Ali Khaldi, dérapage, Constitution, référendum,


  • Fériel Bouakkaz, une hackeuse algérienne distinguée

    De la wilaya d’Annaba où elle avait vu le jour, en passant par l’université de Béjaïa jusqu’à avoir une bourse d’étude à l’université de Bretagne Occidentale, en France, Fériel Bouakkaz, cette hackeuse éthique attitrée entre dans le gotha de la cybersécurité. Ainsi, dans un portrait dressé par le site business.lesechos.fr, Fériel Bouakkaz est présentée comme pionnière dans la cybersécurité.

    La sortante de l’université algérienne est énseignante-chercheuse à Efrei Paris (École d’Ingénieurs généraliste du Numérique). Elle s’est distinguée par le fait qu’elle est la 1ère femme de France habilitée CEH (Certified Ethical Hacker). Un titre prestigieux dans le domaine du piratage éthique en information lui permettant de former des hackeurs éthique certifiés. « Se nourrir de l’énergie ambiante.

    Née à Annaba, dans le Nord-Est algérien, Fériel Bouakkaz n’est pas issue du sérail de la tech (son père est boulanger, tandis que sa mère gère le foyer), mais elle est adepte, depuis son plus jeune âge, de jeux vidéo », écrit la même source. Interrogée par l’interviewer, Fériel Bouakkaz, jeune de 30 ans, s’est confiée à cœur ouvert : « Curieuse de découvrir les arcanes du ‘gaming’ et consciente que l’informatique offre de nombreuses opportunités professionnelles, j’ai choisi cette voie sans trop me poser de questions. »

    À noter que notre ressortissante vit en France depuis sa soutenance de thèse et est enseignante-chercheuse en cybersécurité depuis trois ans.

    Le Courrier d’Algérie, 17 oct 2020

    Tags : Algérie, cybernétique, informatique, hacking, hacker, piratage,

  • Algérie : La « provocante » déclaration du Ministre de la jeunesse et des sports Sid Ali Khaldi (Video)

    En marge d’un meeting de la campagne électorale pour le référendum de la révision de la constitution du 1er novembre prochain , le Ministre de la jeunesse et des sports Sid Ali Khaldi a tenu des propos assez virulents à l’encontre des détracteurs de la prochaine échéance électorale les invitant à changer de pays dans la mesure ou ils ne seraient pas satisfaits de la dernière mouture de la Constitution qui sera soumise au référendum populaire le 1er novembre prochain.

    La Nation, 22 oct 2020

    Tags : Algérie, Constitution, 1er novembre, référendum,

  • La concurrence Algérie-Maroc expose le caractère fermé de l’influence au sein de l’UA


    Selon des rapports de presse spécialisés, l’Algérie n’a nommé aucun candidat à des postes clés au sein de l’Union africaine. Sept postes sont ouverts au changement, dont le plus important est celui de Commissaire du Département Paix et Sécurité (PSD), que l’Algérie occupe depuis 2008. Il a d’abord été occupé par Ramtane Lamamra puis Smail Chergui, l’ancien ambassadeur d’Algérie à Moscou .

    Le site d’information français Africa Intelligence suit de près cette question et a déclaré que l’Algérie avait apparemment tardé à désigner un candidat pour succéder à Chergui pour deux raisons: le mécontentement de nombreux États membres de l’Union africaine face à la domination algérienne sur le poste; et les divergences entre le Premier ministre Abdelaziz Djerad et le ministre des Affaires étrangères Sabri Boukadoum qui ont empêché tout accord sur un candidat spécifique. La situation a été exacerbée par l’incapacité du président algérien Abdelmajid Tebboune à intervenir.

    Bien que la première raison puisse être quelque peu acceptable, il est difficile de croire qu’une question d’une telle sensibilité et d’une telle importance ait été laissée entre les mains d’un premier ministre aux pouvoirs constitutionnels limités et d’un ministre des Affaires étrangères, indépendamment de sa compétence. De telles choses sont généralement gérées par le président de la République, et dans de nombreux cas, elles sont gérées par ce que feu Abdelhamid Mehri a appelé «l’autorité réelle».

    L’Algérie a non seulement renoncé au poste de commissaire du PSD, mais n’a pas non plus proposé de candidats à l’un des six autres postes. Dans ce vide algérien est entré le Maroc qui a présenté des candidats à tous les postes. Cependant, aucun des candidats marocains n’a aucune chance d’être nommé, à l’exception d’un seul; Mohamed Sadiki est candidat au poste de commissaire à l’agriculture et au développement rural.

    Il n’est pas certain que l’Algérie ait travaillé dans les coulisses pour bloquer les candidats marocains, mais Rabat estime que c’est le cas et en est bouleversé. Ce qui est certain, selon Africa Intelligence, c’est que l’Algérie a les yeux rivés sur le Secrétariat général du PDF, qui est un rôle puissant pour lequel Alger est susceptible de nommer Abdelkader Araoua.

    Il semble que l’une des raisons de l ’« échec »marocain soit le manque relatif d’expérience de Rabat dans les batailles diplomatiques en coulisses par rapport à l’Algérie. Cependant, Africa Intelligence estime que cela est dû au fait que «la campagne marocaine n’a pas été menée par le ministre des Affaires étrangères Nasser Bourita mais par Yassine Mansouri, chef du service de renseignement extérieur de la DGED». Ironiquement, les dossiers des candidats marocains ont été transférés au Bureau du conseiller juridique de l’Union africaine, dirigé par Lamine Baali, représentant de la République arabe sahraouie démocratique.

    Indépendamment des détails, remporter des postes clés offre aux pays et aux gouvernements le type d’influence et de pouvoir que la diplomatie traditionnelle ne peut pas. Avec les guerres et les crises qui dominent le continent africain, le commissaire PSD restera le rôle le plus fort et le plus important. La tourmente met les commissaires de l’UA, en particulier le chef du PSD, en contact avec les dirigeants mondiaux, et les impose comme négociateurs directs avec les pays et organisations intéressés par l’Afrique aux niveaux régional et international.

    L’Afrique n’est plus cet espace négligé sur les cartes des préoccupations internationales. Son énorme richesse naturelle; sa capacité de grand marché de consommation; sa prédisposition constante aux guerres et aux crises; et la croissance du terrorisme international sont autant de facteurs qui en font le centre de l’attention internationale des anciennes puissances coloniales, de l’Union européenne et des États-Unis. Dernièrement, il est également d’un grand intérêt pour les puissances montantes de la Chine, de la Russie, de la Turquie et de l’Inde.

    L’Union africaine fait entendre sa voix sur les questions qui la concernent. Par exemple, l’UA tente maintenant de présenter un candidat africain pour succéder à l’américaine Stephanie Williams au poste de chef adjoint de la Mission d’appui des Nations Unies en Libye lorsque ses fonctions prendront fin le mois prochain. Le seul candidat à ce jour est le bulgare Nikolay Mladenov, l’envoyé de l’ONU dans le conflit israélo-palestinien, mais l’UA le rejette malgré le soutien américain et l’absence d’objections européennes.

    À travers le continent, il y a au moins dix pays qui seront témoins d’élections présidentielles ou parlementaires, ou les deux, au cours des six prochains mois. Il s’agit de la Guinée, de la Tanzanie, de la Côte d’Ivoire, du Burkina Faso, du Niger, du Libéria, du Bénin, de l’Ouganda, des Seychelles et de la République centrafricaine. Beaucoup de ces élections se dérouleront dans une atmosphère de tension et de rejet populaire des candidats ou de la manière dont les scrutins sont organisés. Les résultats de certains sont déjà rejetés par la population et peuvent conduire à des troubles civils.

    L’Afrique, qui au cours des deux dernières décennies a fait des progrès démocratiques, entre dans une période de rechute, que les dictateurs arabes endurcis envient. Les mêmes dirigeants qui ont conduit les pays africains vers la démocratie se sont transformés en dictateurs qui refusent de quitter leurs positions. À l’exception du Niger, tous les chefs des pays qui doivent tenir des élections sont candidats au maintien en fonction, malgré le rejet populaire et ne remplissant pas les conditions légales et constitutionnelles. En Guinée et en Côte d’Ivoire, par exemple, les présidents démocratiquement élus Alpha Condé et Alassane Ouattara ont falsifié les constitutions pour rester au pouvoir. En Ouganda, le président Yoweri Museveni, 77 ans, s’emploie à remporter un nouveau mandat au poste qu’il occupe depuis 1986.

    Tout cela révèle qu’il est très tentant de concourir pour des postes de direction de l’UA. L’Union compte 55 États membres, mais l’influence et les rôles clés sont limités à une poignée, et il y a une tendance croissante à attirer de nouveaux membres dans le club d’influence et à persuader les autres de démissionner. Cependant, il semble que l’équilibre des pouvoirs entre les membres de ce club soit préservé car chacun a besoin des autres d’une manière ou d’une autre, ou sait que ce sera le cas à l’avenir. La concurrence entre l’Algérie et le Maroc a ainsi mis en évidence le caractère fermé de l’influence au sein de l’Union africaine.

    Traduit de Al Quds Al Arabi, octobre 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Union Africaine, Conseil de Paix et Sécurité, Lobbying,

  • Ephémérides : Le jour où le Maroc a livré á la France les leaders du FLN

    Quand les français signaient le premier acte de piratage aérien

    En 1965, le Maroc a livré au Mossad les enregistrements des débats de la Ligue Arabe sur la possibilité d’une attaque contre Israël. Ce n’était pas la première trahison du roi Hassan II aux arabes. Neuf ans auparavant, il livrait à la France l’avion qui transportait les principaux leaders du FLN.

    Cela est arrivé le 22 octobre 1956, à un moment où les pays maghrébins qui étaient indépendants se faisaient du souci en raison de la prolongation de la violence française contre le peuple algérien.

    Ce jour-là, un avion marocain a été mis à disposition de la délegation de responsables algériens pour regagner la Tunisie en vue de participer à une réunion maghrébine à Tunis. Il y avait à bord aussi deux journalistes françaises pour couvrir l’événement. Autour de l’avion rôdaient des éléments des services secrets français venus de l’ambassade de France à Rabat.

    L’équipage est français et le commandant Gaston Grellier reçoit ses instructions en vol. À bord, l’hôtesse Claudine Lambert tente de ne pas éveiller les soupçons des passagers qui sont armés, il s’agit de cinq chefs historiques du FLN, Ahmed Ben Bella, Mohamed Khider, Mostefa Lacheraf, Hocine Aït Ahmed et Mohamed Boudiaf. Une fois l’avion posé, les troupes françaises donnent l’assaut et interpellent Ben Bella et ses compagnons.
    Aprés un retard inexplicable, l’avion fait une escale inattendue aux Iles Baléares. La décision a été prise par le pilote français engagé par l’Etat marocain en vue de réfléchir sur les ordres qu’il vient de recevoir de Paris et qui lui pressaient de changer de cap vers Alger. Il a fini par obéïr en faisant attérrir l’avion à l’aéroport d’Alger. Une fois sur terre, l’équipage complice quitta l’appareil après avoir étteint les lumières intérieures. Aussitôt, un contingent équivalent à l’effectif d’un bataillon prend l’avion royal marocain en assault.

    Dans un ton triomphaliste, les militaires français criaient : « La guerre est finie ! », « Nous avons gagné ! ». L’évidente ambiance de lynchage visant à intimider les passagers algériens a été soudainement interrompue par Aït Ahmed : « Fusillez-nous et finissons-en ! », a-t-il dit.

    Plus tard dans la nuit, les ôtages sont conduits au siège de la DST à Alger où ont débuté les interrogatoires. La réaction des moudjahidines algériens était unanime : « Ce n’est pas l’arrestation de quelques dirigeants ou responsables qui mettra fin à un mouvement d’envergure issu des profondeurs du peuple ». Leurs interlocuteurs cachaient à peine leur arrogance et conviction que l’Algérie restera française jusqu’à la fin des temps.

    Dans les montagnes, villes et villages, le combat faisait rage. Rien nse semble arrêter la guerre de libération malgré les tonnes de tracts déversés par l’aviation militaire proclamant une victoire présumée suite au kidnapping des dirigeants du FLN dont l’arrestation a conduit à des violentes représailles contre les ressortissants français.

    En vue de les garder en vie, le gouvernement français décide de les faire transférer en France dans un avion menottés et interdits d’aller au toilettes si ce n’est accompagné d’un gendarme. Sur le sol parisien, des marchands les accueillaient dans la rue avec des slogans harneux. Ils étaient excités par les circonstances de l’opération de piratage.

    L’euphorie provoquée par cet acte a vite été déchantée par les protestations des militants anti-colonialistes des partis de gauche. Protestations qui étaient accompagnées par les nombreu succès de la résistance. La réponse coloniale était la répression, la torture, la liquidation physique des militants algériens.

    Entre le congrès de la Soummam en 1956 et la perspective très proche de la constitution du GPRA (gouvernement provisoire de la République algérienne) à Tunis, la lutte en Algérie avait beaucoup progressé malgré les massacres, les tortures, les emprisonnements en masse qui avaient marqué la criminelle répression de la Bataille d’Alger.

    Dans les derniers mois de l’année 1958, De Gaulle transféra ses prisonniers dans une sorte de lieu de résidence pénitentiaire hautement surveillée pour empêcher leur lynchage. C’est à Fort Liédot, à l’autre bout de la petite Ile-d’Aix (département de Charente-Maritime) en plein océan Atlantique, qu’ils ont été conduis.

    Pour Ben Bella, le fait que la présence de l’armée française dans au Maroc permettait de surveiller les faits et gestes des révolutionnaires algériens à la loupe constituait un acte de trahison de la part du roi Mohammed V. Selon Hassanine Haykel, journaliste et conseiller du président égyptien Nasser, Hassan II était derrière cette trahison

    Cet acte de la piraterie aérien relève surtout de la faiblesse de la IVème République (1946-1958). En effet, dès le début de l’année 1956, les militaires français deviennent les véritables décideurs. Ce sont ces mêmes militaires qui décideront, deux ans plus tard, d’achever cette République pour en faire une autre plus dure. Il faudra alors tout le génie du général de Gaulle pour que le pouvoir revienne aux civils.

    Tags : Algérie, Maroc, détournement avion FLN, piratage aérien, France, guerre de libération, colonisation, De Gaulle, OAS,