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  • Algérie : Enrichissement illicite

    par Abdelkrim Zerzouri

    Des morts demandeurs de logements ou des demandeurs de logements morts sans que leurs vœux ne soient exaucés ? Le ministre de l’Intérieur, des Collectivités locales et de l’Aménagement du territoire, Kamel Beldjoud qui a fait état, dimanche dernier, d’un chiffre énorme de demandes de logement de souscripteurs décédés, atteignant «plus de 120.000 demandes à travers le territoire national», devrait suivre ses déclarations de plus d’éclaircissements. Parce qu’en l’état, les morts ayant leurs lopins de terre ne peuvent rien solliciter de plus, et on pourrait comprendre que d’autres personnes, bien vivantes, auraient introduit des demandes en leur nom dans un cadre de trafic pour décrocher indûment des clés d’appartements. Tout est possible, bien sûr, puisque des couples mariés ont divorcé à l’approche de l’éradication du bidonville où ils résidaient pour bénéficier chacun d’un logement propre, puis revenir vivre ensemble dans un logement et vendre le second. Car en réalité le couple, lui, reste soudé, il s’agit seulement d’un stratagème pour bénéficier de deux logements au lieu d’un. C’est du vécu palpable.

    Tous les trafics imaginables et invraisemblables ont été expérimentés pour bénéficier indûment d’un logement social. Pourquoi ne pas en faire bénéficier n mort ? Il y en a également, en sus du faux divorce, ceux qui se marient sans déclaration, en attendant d’entrer en possession de deux clés d’appartements, AADL, et régler ensuite leur situation sur les registres de l’état civil. D’autres ne se lassent pas d’introduire demande sur demande, peut-être par crainte qu’on oublie ou qu’on égare la première. Enfin, il y en a de toutes les histoires et toutes les ruses pour décrocher indûment logement social, souvent avec la complicité d’agents de l’administration proche ou en charge de ces dossiers.

    M. Beldjoud a dans ce sens demandé aux responsables et élus locaux «d’occuper le terrain» pour s’enquérir de près de la demande de logement et de la situation de vie des citoyens en général. Pour que le logement aille vraiment à ceux qui en ont besoin, il y a lieu de procéder impérativement à un assainissement du fichier des demandeurs de logements sociaux, voire procéder à une réactualisation de tous les dossiers avec cette précision en gros et gras que tout coupable d’un faux et usage de faux sera puni d’un emprisonnement de 5 à 10 ans. Et, pourquoi pas ne pas commencer par l’exploitation et l’approfondissement des enquêtes effectuées par les offices de promotion immobilière au sujet des véritables occupants des logements, ainsi que les logements sociaux attribués et qui restent inoccupés ?!

    L’Etat a consenti plus d’un million d’aides au logement rural et le problème reste presque entier, selon l’aveu du président Tebboune dans son discours à l’ouverture de la rencontre gouvernement-walis ! Le logement social, tout comme dans d’autres domaines s’inscrivant dans le capital des transferts sociaux, est devenu pour certains un moyen pour s’enrichir illicitement sur le dos du Trésor public et aux dépens des démunis qui vivent, eux, sans domicile fixe ou dans des conditions très précaires sans voir aboutir leurs demandes de logement. L’intégrité dans la gestion des affaires publiques, notamment de ce dossier sensible du logement, accouplée à de simples dispositions et une application rigoureuse de la loi peuvent rétablir la confiance perdue et avoir un impact positif sur la vie du citoyen, comme l’a souligné le ministre de l’Intérieur. Bien évidemment, la contribution d’une société civile forte dans ce dossier serait d’un apport capital.

    Le Quotidien d’Oran, 18 fév 2020

    Tags : Algérie, corruption, pillage, malversation, enrichissement illicite,

  • Maroc : Un journaliste américain traite le prince Hicham Alaoui de “stupide” et “maladroit”

    Ben Evansky est un journaliste américain de Fox News. Recruté par Ahmed Charaï, il a travaillé longtemps pour la DGED dans le but de vanter les prétendus bienfaits de la monarchie et marocaine et salir l’image de l’Algérie et du Front Polisario.

    Grâce à lui, Charaï a réussi que Joseph Braud soit engagé par Fox News comme chroniqueur spécialiste du monde arabe.

    —– Message transféré —-

    De: “Evansky, Ben” <ben.evansky@foxnews.com>

    À: “ahcharai2005@yahoo.fr” <ahcharai2005@yahoo.fr>

    Envoyé le: 22 mars 2011, 23h 59min 26s

    Objet: Re: Tr:</ahcharai2005@yahoo.fr></ben.evansky@foxnews.com>

    Ahmed- J’essaie peut-être d’aller en Libye. Connaissez-vous quelqu’un qui viendrait avec nous en tant que “réparateur” – nous avons évidemment besoin de quelqu’un qui parle arabe et anglais et qui soit familier avec la région. Pas sûr à 100% mais juste à vérifier.

    D’autre part, notre président Rupert Murdoch a reçu une lettre du prince Hicham. Le prince pense qu’il a été injustement attaqué par Fox News, il a demandé une interview … Il dit que vous êtes proche du palais et du gouvernement Netanyahou … Il est stupide et maladroit et c’est bien que vous soyez proche de la droite.

    À bientôt,

    Ben

    Tags : Maroc, Etats-Unis, Ben Evansky, Fox News, Joseph Braude, lobbying,

  • Moulay Hicham : « La solution au Maroc : une monarchie réformée »

    ENTRETIEN MOULAY HICHAM REALISE PAR DOMINIQUE LAGARDE DANS L’EXPRESS DE CE MERCREDI 11 MAI 2011. IL DONNE SON AVIS SUR LE PRINTEMPS ARABE ET PARLE DU MAROC.

    Interrogé par l’Express sur le fait que les manifestants au Maroc ne demandent pas au souverain de « dégager », mais de réformer le système et que les rois seraient donc plus légitimes que les dictateurs républicains, Moulay Hicham estime que « L’institution monarchique est à la fois une institution d’arbitrage et le symbole de l’identité de la nation. Les populations de ces pays adhèrent majoritairement à ce concept. Mais cela pourrait bien, à terme, ne plus être le cas si ces monarchies ne prennent pas en compte l’aspiration des peuples au changement. Or, elles peinent à faire face à cette urgence, notamment, lorsqu’il s’agit de monarchies de droit divin ».

    Interrogé sur les pouvoirs religieux du souverain qui sont « aujourd’hui largement débattus », notamment, par le mouvement du 20 février, ainsi que sur la notion du sacralité de la personne de Sa Majesté, Moulay Hicham déclare que « La +sacralité+ n’est pas compatible avec la démocratie. On peut concevoir que la personne du roi soit inviolable, parce qu’il est le représentant de la nation. On peut conserver une commanderie des croyants si celle-ci est dotée d’une dimension morale, un peu comme la reine du Royaume unie est chef de l’église d’Angleterre et Defender of the Earth. Mais il faut renoncer au caractère sacré de la personne du roi. Si on garde cette notion-là, copiée sur l’absolutisme français au milieu d’un dispositif institutionnel par ailleurs démocratique, tout sera biaisé. A terme, cela ne marchera pas ».
    Interrogé sur la Commission de la réforme de la constitution et si elle peut aller jusqu’à proposer la suppression de la sacralité de la personne du Roi, Moulay Hicham répond : « je crois que la monarchie marocaine a compris l’ampleur du défi, même si elle peine à y répondre. La commission est consultative, c’est le roi qui tranchera ».

    Sur la demande de l’ultragauche marocaine de l’élection d’une assemblée constituante, Moulay Hicham réponde : « C’est irréaliste. Cela signifierait la fin du régime. Historiquement, les assemblées constituantes servent à consommer la fin d’un régime ».

    Entre une monarchie à l’espagnole ou la conception d’une Constitution dans laquelle le Roi aurait peu ou prou les pouvoirs d’un président français, avec un exécutif bicéphale, Moulay Hicham souligne qu’ « En France, le chef de l’Etat et le Premier ministre sont l’un et l’autre issus de la souveraineté populaire. Au Maroc, il y a deux légitimités, celle des urnes et celle de la tradition. On ne peut pas transposer la logique et la philosophie de la cohabitation et du domaine réservé. Il faut tourner la page, et le faire sans ambiguïté. Le Maroc doit s’inspirer des expériences des monarchies européennes tout en préservant ses traditions et sa culture. »

    Interrogé sur son rôle d’avocat de l’ouverture démocratique des monarchies arabes tout en étant le neveu de Feu le roi Hassan II, Moulay Hicham répond : « Des études à l’étranger, l’ouverture au monde sans doute. Et un intérêt, très tôt stimulé, pour les problèmes sociaux… »

    « Mais vous restez monarchiste ? », interroge Dominique Lagarde de l’Express. « Oui je reste convaincu qu’un changement dans le cadre d’une monarchie réformée représente la solution la moins coûteuse pour le Maroc. Je mentirais si j’affirmais que la biologie est étrangère à cette conviction.»

    Interrogé sur ses prises de position et les ennuis qu’elles auraient générés avec Feu le roi Hassan II et S.M le roi Mohammed VI, Moulay Hicham répond : « Avec Mohammed VI surtout, d’autant que son entourage pèse davantage qu’autrefois celui de Hassan II. J’ai fait l’objet de campagnes, j’ai été en bute à des tracasseries… »

    Interrogé sur l’état de ses relations actuelles avec le souverain, Moulay Hicham dit : « Depuis dix ans, je ne me suis rendu qu’une seule fois au palais royal. Je n’ai vu le roi que deux ou trois fois, lors de réunions de famille. Restent les souvenirs d’une enfance et d’une jeunesse partagées. Le sentiment aussi d’appartenir à une même famille. C’est un élément constructif de mon identité. »

    Tags : Maroc, Hicham Alaoui, prince Moulay Hicham, Printemps Arabe, monarchie marocaine,

  • Maroc : Rapport d’Abdelmalek Alaoui sur une conférence de Hicham Alaoui donnée à Malaga

    Narratif

    Le Prince Moulay Hicham est arrivé sur les lieux de la conférence à 09 :12 heure espagnole, accompagné des journalistes Houssein Majdoubi et Abdellatif Housni. Le Prince arbore un costume bleu. La conférence est organisée au sein du siège du rectorat, un édifice qui se situe à proximité du siège de la mairie au centre ville de Malaga.

    L’assistance est évaluée à une centaine de personnes, dont une dizaine de journalistes.

    La conférence est ouverte à 09 : 38 heure espagnole par le modérateur qui présente Moulay Hicham comme étant le cousin de Sa Majesté le roi mais également comme un soutien du mouvement du 20 Février. Sa qualité de chercheur est également rappelée par le modérateur.

    Le Prince, qui a visiblement répété sa communication et l’a chronométrée, pose sa montre devant lui avant de démarrer sa présentation, qui s’inscrit dans le cadre de l’université d’été de Malaga. Le prince a choisi l’anglais comme langue de son intervention.

    Le Prince ne cite pas le Maroc durant toute la première partie de son intervention qui est axée sur les théories politiques et l’analyse des différentes étapes parcourues par les systèmes politiques arabes.

    Moulay Hicham a par la suite abordé le thème des « Monarchies Soft », pour lequel il estime que le Maroc est le meilleur exemple. A cet égard, le prince estime que deux facteurs fondamentaux limitent les risques de révolution au sein du royaume.

    Abordant la question du 20 Février, le prince Moulay Hicham a estimé que le mouvement doit se projeter à long terme et s’allier avec les partenaires sociaux.

    Le Prince a terminé son intervention à 10 : 32 heure espagnole.

    Tags : Maroc, monarchie marocaine, Prince Moulay Hicham, Hicham Alaoui, Abdelmalek Alaoui, Printemps arabes, Mouvement 20F,

  • Sénégal : L’étrange relation de Moustapha Niasse avec Abdelmalek Alaoui

    Depuis le scandale de l’ancien ministre sénégalais des Affaires Etrangères, Mankeur Ndiaye, nous savons que l’élite sénégalaise est complètement assujettie par la « générosité » des autorités marocaines en vue de les manipuler dans le dossier du Sahara Occidental. Apparemment, les révélations du hacker Chris Coleman ont poussé le président sénégalais à l’éloigner de son équipe.

    Un courrier confidentiel des services secrets marocains, la DGED, révèle que Moustapha Niasse, le président de l’Assemblée Nationale interchangeait avec Abdelmalek Alaoui des informations sur le déroulement des élections au Sénégal.

    A l’époque, Abdelmalek Alaoui présidait une société de conseil qui assurait la veille médiatique à la DGED et il est le fils d’Assia Bensalah, ambassadrice itinérante proche du roi Mohammed VI.

    TEXTE DU COURRIER

    De : Moustapha Niasse <moustapha9966niasse@gmail.com>

    Date : Mon, 27 Feb 2012 11:39:59 +0000

    À : Abdelmalek Alaoui <a.alaoui@global-intel.com>

    Objet : point de la situation</a.alaoui@global-intel.com></moustapha9966niasse@gmail.com>

    Mon cher ami,

    Ce matin apparaissent les tendances issues du scrutin d’hier, 26 février 2012.

    Tu auras l’amabilité de faire connaître à notre Grand Ami que je suis 3 ème, après A W et M S, crédités de 30 et 25 pour cent et moi de 18 pour cent.

    Si cela se confirme, il sera évident qu’aucun des deux ne peur gagner au second tour sans mon soutien.

    C’est la coalition Bennoo qui décidera, mais il est exclu que nous soutenions A W, qui, du reste, le sait bien.

    S’il doit y avoir des négociations elles seront menées,sous mon égide,par les Jeunes cadres de notre coalition, D’autant que les élections législatives se tiendront le 17 juin 2012. Ce qui permet de continuer le travail politique à la base.

    Je ne serai pas parmi les candidats à la députation,ayant choisi de m’occuper de mes missions de consultant et de la compagnie qui exploite l’hélicoptère.

    Encore une fois grand merci à notre Ami et à toi.

    J’ai un moral d’acier, soutenu par ma foi. Dieu est grand.

    Moustapha Niasse.

    Tags : Maroc, Sénégal, Moustapha Niasse, corruption, Abdelmalek Alaoui,

  • Maroc : Mohammed VI plus riche que les émirs du Qatar et du Koweït

    Il est le 7e roi le plus fortuné du monde

    Le Roi prédateur, main basse sur le Maroc, d´Eric Laurent et de Catherine Graciet, sera mis en vente à Paris le 1er mars prochain.

    Dans ce livre de 216 pages, très attendu du grand public à l´heure du «Printemps arabe», deux journalistes français parmi ceux qui connaissent le mieux les régimes corrompus de Ben Ali et de Hassan II, apportent cette fois un nouveau témoignage documenté et troublant sur l´ascension rapide de la fortune de Mohammed VI.

    Avec 2,5 milliards de dollars, le souverain alaouite est devenu, en 2008, le septième roi le plus riche du monde, surclassant les émirs du Qatar et du Koweït, deux monarchies pétrolières du Golfe. La fortune du souverain marocain, qui a quintuplé en cinq ans, est de six fois plus importante que celle de l´émir du Koweït.

    Pourtant, dans un classement effectué en 2009 par le Programme des Nations unies sur le développement humain dans le monde, le Maroc occupe la 126e place sur une liste de 177 pays.

    L´indice de pauvreté est de 18,1% dans ce pays où 5 millions de personnes vivent avec 10 dirhams par jour, soit moins d´un euro, alors que le salaire minimum légal dans ce pays ne dépasse pas les 55 dirhams (5 euros/jour). Pour seulement être roi tous frais payés pour lui et sa famille, Mohammed VI perçoit 40 000 dollars par mois. Ce «salaire», indemnités annexes non comprises, est deux fois plus élevé que celui du président des Etats-Unis.

    Les «sources de richesse» du palais royal

    Toutefois, ce n´est pas de cette rémunération que le roi tire sa principale richesse. Le monarque dispose d´un budget de plusieurs millions de dollars pour la gestion de ses 12 palais qui emploie 1200 personnes. Ses seuls déplacements, très fréquents tout au long de l´année, ou ceux de membres de sa famille avec leurs cours, au Maroc ou à l´étranger, coûtent 38 millions de dollars/an au contribuable marocain.

    D´où provient donc l´essentiel de la richesse de la monarchie marocaine dont le budget annuel dépasse de très loin celui du palais royal espagnol et de cinquante fois celui de l´Elysée ? Son origine est diverse. Depuis toujours, le palais royal marocain investit une part de la rente du contribuable dans les services, entre autres l´immobilier, les transports, les banques, l´agriculture ou l´exploitation des richesses du sous-sol. La rente royale devient de ce fait inestimable et incontrôlable.

    Les médias étrangers savent, cependant, que cette richesse provient pour une large part du phosphate dont le Maroc est devenu le plus important exportateur dans le monde depuis l´occupation du Sahara occidental en 1975, dont il exploite les riches réserves de Boucrâa.

    La famille royale prélève un impôt substantiel sur les exportations de cette matière dont le volume ne fait jamais l´objet d´une estimation réelle. En plus, le roi est propriétaire de vastes exploitations agricoles, notamment sur les terres les plus fertiles du Sahara occidental. Leurs produits sont écoulés sur le marché européen à la faveur de l´Accord agricole renouvelé, la semaine dernière, avec l´Union européenne, et sous forme de monopole sur le marché local.

    La corruption

    La corruption contribue beaucoup à l´enrichissement du palais. Beaucoup d´investisseurs espagnols se sont plaints à leur gouvernement, en 2011, des méthodes employées par l´administration royale pour leur prélever un pourcentage sur tout contrat passé avec des entreprises locales privées ou publiques, dans les secteurs de l´hôtellerie, du bâtiment ou des travaux publics.

    Le versement de pots-de-vin, une «monnaie courante» au Maroc devenue une obligation pour tout investisseur qui veut garder son projet au Maroc. Beaucoup d´hommes d´affaires récalcitrants ont vu leurs contrats résiliés pour un fallacieux prétexte, avant d´être déboutés par une justice aux ordres.

    Les proches de Mohammed VI, comme Mounir Majidi ou son ami du collège comme Fouad el Himma sont les principaux régisseurs de la fortune royale qui est au centre des protestations populaires du «Mouvement du 20 Février».

    Tags : Maroc, Mohammed VI, fortune, le roi prédateur, Catherine, Graciet, Eric Laurent,

  • Benjamin Griveaux : le retour à l’ordre moral ?

    « Avec l’aide de Dieu, le dévouement de notre armée, qui sera toujours l’esclave de la loi, avec l’appui de tous les honnêtes gens, nous continuerons l’œuvre de la libération de notre territoire et le rétablissement de l’ordre moral de notre pays. Nous maintiendrons la paix intérieure et les principes sur lesquels repose notre société. » (Maréchal de Mac-Mahon, le 28 avril 1873).

    Connaissez-vous Albert de Broglie ? Diplomate, patron de Saint-Gobain, grand-père du Prix Nobel de Physique Louis de Broglie (qui participa à l’architecture majestueuse de la physique quantique), député monarchiste à partir du 8 février 1871, il fut nommé Président du Conseil (en fait, précisément “Vice-Président du Conseil” mais avec le rôle de chef du gouvernement) le 24 mai 1874 par le nouveau Président Patrice de Mac-Mahon. Il fut connu pour appliquer la politique de l’ordre moral.

    De quoi s’agissait-il ? Après la défaite de Napoléon III à Sedan et la proclamation de la République par Gambetta, Thiers gagna les élections du 8 février 1871 avec une majorité conservatrice. Situation très étrange : nous étions alors en République, sans Constitution, et les députés démocratiquement élus (sur pression de Bismarck qui voulait négocier une paix avec des représentants français légitimes) étaient majoritairement monarchistes. En d’autres termes, Thiers, élu Président de la République (à partir du 31 août 1871) en même temps que chef du gouvernement (à partir du 17 février 1871 : “Chef du pouvoir exécutif”), s’est converti à la République mais à une République conservatrice. Cependant, son autoritarisme le fit renvoyer par les députés le 24 mai 1873, qui lui ont préféré le vieux maréchal napoléonien monarchiste Patrice de Mac-Mahon, dont l’esprit politique était loin d’être subtil (il fit d’ailleurs l’objet de plaisanteries sur certains de ses beaux mots, comme lors d’une inondation).

    L’armée d’occupation allemande quitta la France en septembre 1873 grâce aux négociations de Thiers, mais Mac-Mahon avait pour but d’attendre (d’où le septennat voté le 9 novembre 1873) que les légitimistes et les orléanistes pussent résoudre leurs problèmes afin de restaurer la monarchie (plus clairement, attendaient la mort du dernier descendant de Charles X, son petit-fils, sans descendance, afin de confier la totalité de l’héritage capétien au petit-fils de Louis-Philippe). Pour cela, Mac-Mahon constitua un gouvernement d’ordre moral dirigé par Albert de Broglie. Mais au fur et à mesure que des élections partielles ont eu lieu, puis générales, la Chambre des députés s’est progressivement républicanisée aux dépens des monarchistes jusqu’à la fameuse crise du 16 mai 1877. Entre-temps, les députés ont voté le 30 janvier 1875 “l’amendement Wallon” qui confirma la “République” seulement dans le titre du chef de l’État : “Président de la République”, c’est ainsi que la Troisième République a été instituée sans avoir rédigé de Constitution.

    L’entreprise de l’ordre moral n’a pas fait long feu. Après quelques gouvernements républicains (dirigés par Jules Dufaure ou Jules Simon), Mac-Mahon nomma à nouveau Albert de Broglie à la tête du gouvernement et prononça la dissolution de la Chambre des députés le 25 juin 1877. Ce fut une campagne électorale particulièrement agitée, avec la fameuse réplique de Gambetta le 15 août 1877 à Lille : « Quand la France aura fait entendre sa voix souveraine, croyez-le bien, Messieurs, il faudra se soumettre ou se démettre. ». Les élections législatives du 28 octobre 1877 confirmèrent la majorité républicaine (320 républicains contre 159 conservateurs) des élections précédentes du 5 mars 1876 (393 républicains contre 140 conservateurs). Mac-Mahon s’est alors soumis aux républicains, puis, pour protester contre le limogeage de certains généraux, a fini par démissionner le 30 janvier 1879, ouvrant l’ère de la République pleine et entière (appelée la République Grévy du nom du successeur qui inaugura les chrysanthèmes), République quasi-définitive en France (remise en cause temporairement pendant les quatre années de Pétain au pouvoir).

    Pourquoi évoquer l’ordre moral en 2020 ? À cause du retrait de Benjamin Griveaux de la campagne des élections municipales à Paris. J’ai l’impression que certains n’ont pas vraiment les mêmes priorités morales pour la société de liberté et de responsabilité.

    Il est évident qu’une vie en société, le vivre ensemble, a besoin de morale. Mais cette morale est forcément évolutive. Être en couple et ne pas être mariés était un scandale en 1970, mais est très commun en 2020, en tout cas, plus commun que se marier. Précisons néanmoins que jamais la “morale publique” ni la loi n’ont accepté, même dans les années 1970, la pédophilie, contrairement à ce qu’on peut lire ici ou là (seule, une infime minorité d’une élite qui se croyait progressiste croyait pouvoir la tolérer à cette époque).

    Dans les commentaires sur ce retrait de Benjamin Griveaux, il y a en gros deux “camps” (si “camp” veut dire quelque chose ici) : ceux qui considèrent Benjamin Griveaux comme coupable et ceux qui le considèrent comme victime.

    Évidemment, comme il est peu populaire, notamment parce qu’il a porté de manière trop arrogante une ambition qui, pourtant, n’était pas illégitime (heureusement que ceux qui s’engagent dans la vie politique portent des ambitions, pour eux-mêmes comme pour la collectivité qu’ils veulent ou prétendent vouloir servir !), certains préfèrent pilonner sur Benjamin Griveaux et sa morale personnelle qui serait “défaillante”.

    Mais qui sont-ils, ceux qui se permettent de juger de la morale d’un autre ? Eux-mêmes sont-ils aussi vertueux que les leçons qu’ils souhaitent donner le laissent penser ? Que celui qui n’a jamais péché jette la première pierre ! C’était cela qui était détestable dans l’esprit de l’ordre moral d’Albert de Broglie : pas la lutte contre l’immoralité (qui serait contre ?) mais cette extrême hypocrisie de laisser penser qu’on puisse être un protecteur de la vertu. Cette posture était hypocrite.

    Si la morale est nécessaire, elle ne peut pas être absolue. Chacun a sa morale et même évolue avec sa morale, parfois à cause de sa pratique ou celle de ses proches. Le seul moyen objectif et neutre de définir cette morale, c’est le droit. C’est pour cela que nous sommes dans un État de droit : notre limite à la morale, c’est la loi. C’était ce qui rendait nécessaire la religion pour Voltaire, l’intérêt que la foi était déterminée par et pour une morale publique. Le code civil, en quelques sortes, est une morale civile, mais une morale minimale (notons d’ailleurs que la faute d’adultère dans le mariage a été, il me semble, retirée du code civil, malgré l’engagement de fidélité).

    Tout homme est faillible et l’on peut évidemment parler, pour Benjamin Griveaux, qui (circonstance aggravante !) était membre du gouvernement à l’époque de la vidéo, d’une suprême imprudence et même, selon le mot de Serge July, d’une grande c*nnerie de s’être jeté dans la gueule du loup. À l’évidence, il est tombé stupidement dans un piège tendu par la campagne du pseudo-artiste russe et c’était pour le moins un peu naïf. Elle était peut-être irrésistible. Qu’importe, c’est un piège courant en Russie pour disqualifier un opposant ou un rival.

    On sait très bien que l’une des motivations de l’engagement (ce qui permet d’ailleurs au monde d’évoluer et de progresser), c’est la toute-puissance, celle du triangle classique : pouvoir/argent/sexe. Il fut d’ailleurs encore assez récent le temps où le fait d’avoir plusieurs maîtresses (ou plusieurs amants, mais la société était trop machiste encore pour imaginer l’autre sens) était une preuve de grande puissance et donc de grande réussite (politique, économique, artistique, etc.). Autant que le fait d’être riche (voiture, maison, vacances, etc.). Ce n’était pas ainsi que je concevais la réussite, mais d’autres la concevaient ainsi.

    L’affaire Dominique Strauss-Kahn (l’ancien mentor de Benjamin Griveaux) a mis sous la lumière des projecteurs médiatiques le fait que certains prédateurs politiques étaient également des prédateurs sexuels. Mais le scandale DSK avait quand même une autre dimension : une dimension judiciaire puisqu’il était accusé de viol, ce n’était pas rien (un crime !) et une dimension politique puisqu’il était le favori pour succéder à Nicolas Sarkozy à l’Élysée (un Président de la République en puissance !). À l’évidence, en mai 2011, Dominique Strauss-Kahn n’était pas une victime mais un prévenu.

    Pour la situation de Benjamin Griveaux, je considère qu’il est victime et pas coupable. A priori, il n’a commis aucune infraction à la loi. Je pense évidemment à sa famille, son épouse et ses trois enfants, dont j’imagine la surprise, la colère et la tristesse, mais qui serais-je pour vouloir donner des leçons de vertu à mes contemporains ?

    Or, certains préfèrent pointer du doigt cette morale douteuse de l’ancien candidat (morale douteuse dont on ne connaît d’ailleurs pas grand-chose sinon quelques bribes lâchées dans le domaine public), plutôt que l’immoralité réelle et confirmée du pseudo-artiste russe et de sa compagne.

    Car si la morale peut être relative ou évolutive, il y a un seuil minimal objectif et absolu facile à définir : le seuil minimal de la morale sociale, c’est tout simplement la loi, comme je l’ai écrit plus haut. C’est cela l’État de droit. La première immoralité, c’est de ne pas respecter la loi. Or, ici, il y a au moins un ou deux potentiels délits (j’écris “potentiels” car il faut qu’ils soient effectivement confirmés par un procès), le premier est de diffuser une vidéo à caractère pornographique susceptible d’être vue par des enfants (mais le délit n’est peut-être pas constitué à cause de l’origine de l’hébergement du site Internet), et le second est la violation de la vie privée et de données personnelles.

    Or, cette violation de données personnelles est un délit très grave aujourd’hui, avec l’Internet et les réseaux sociaux, et surtout, elle ne concerne pas seulement des personnages publics comme c’était le cas quand il n’y avait que la presse papier, la radio et la télévision comme moyen de diffusion en masse : elle concerne toutes les personnes, y compris les adolescents dont certains se sont suicidés par honte d’images les mettant en scène et diffusées contre leur accord.

    Ce n’est donc pas un risque pour la seule classe politique qui se réfugierait derrière le soutien de caste à Benjamin Griveaux de peur que chacun des responsables politiques subisse la même “mésaventure”, c’est un risque pour tout le monde.

    D’ailleurs, l’argument selon lequel Benjamin Griveaux l’a bien cherché, qu’il se serait filmé lui-même, qu’il mettait en scène publiquement sa vie de bon mari et bon père de famille, est complètement stupide. C’est le même sophisme qui pourrait justifier le viol de votre fille de 17 ans parce qu’elle aurait porté une minijupe et qu’elle aurait dit à son futur agresseur qu’elle était majeure. Votre fille aurait-elle été victime ou coupable ?

    Pire : le mensonge est rarement un délit dans le droit français (il n’y a que certains cas où c’est un délit, comme une fausse déclaration fiscale ou de patrimoine). C’est la différence entre la morale et le droit.

    Tous ces défenseurs de la morale, heureux du mauvais sort de Benjamin Griveaux, ont été les premiers à chercher à voir la vidéo en question. Personnellement, je ne l’ai pas regardée et surtout, je n’en éprouve aucune envie (pas plus que les vidéos gore de Daech). J’aimerais bien connaître ce qu’est la morale un tantinet voyeuriste du bon mari et bon père de famille qui a passé quelque temps à surfer sur Internet pour atteindre cette vidéo !

    Je reviens d’ailleurs à ce que j’ai écrit plus haut : indépendamment des conséquences politiques, la diffusion de cette vidéo en question a été une “bonne leçon” de morale à Benjamin Griveaux. Mais qui l’a enseignée ? Un pseudo-artiste russe dont la morale est particulièrement douteuse. Qui a été condamné par la justice russe et par la justice française.

    Par ailleurs, quelle devrait être la réaction de la France qui a accueilli un réfugié dont elle a accepté l’asile politique qui non seulement continue à faire de l’activisme politique, mais a été condamné à plusieurs années de prison pour avoir mis le feu à une succursale de la Banque de France ? On devrait dire bravo parce que la Banque de France, c’est caca, sale capitalisme, et gros sous ? Ou devrait-on plutôt l’expulser ?

    À cet égard, le Président Emmanuel Macron a manqué de pertinence ce samedi 15 février 2020 en évoquant une intervention de la Russie dans le processus électoral en France : je doute que le pseudo-artiste en question (dont je refuse de citer le nom) soit soutenu par Vladimir Poutine qui a dû être très heureux de l’avoir refilé à l’étranger. La France serait bien inspirée de le refiler à la Russie plutôt qu’il occupe de nouveau une place si rare dans une prison française.

    Benjamin Griveaux n’est d’ailleurs pas victime d’une première attaque personnelle : non seulement lui mais aussi sa famille avaient déjà reçu des lettres d’insultes voire des menaces de mort, et son ministère avait même été “forcé” (portail détruit) le 5 janvier 2019 par un transpalette électrique conduit par des gilets jaunes, ce qui fut sans précédent sous la Cinquième République. On peut lui reprocher son arrogance, on peut lui reprocher ses propositions municipales loufoques, on peut lui reprocher ce qu’il représentait, à savoir le pouvoir et son triomphalisme, rien ne justifie la violence contre lui, rien ne justifie de s’en prendre personnellement à lui. Comme le disait François Mitterrand à l’enterrement de Pierre Bérégovoy le 4 mai 1993 à Nevers : « Toutes les explications du monde ne justifieront pas que l’on ait pu livrer aux chiens l’honneur d’un homme (…) au prix d’un double manquement de ses accusateurs aux lois fondamentales de notre République, celles qui protègent la dignité et la liberté de chacun d’entre nous. ».

    Le retrait de Benjamin Griveaux après la diffusion d’une telle vidéo était inéluctable. Il aurait été inéluctable même sans les images, seulement si une trop grande différence entre l’affiché et le réel était établie d’une manière ou d’une autre, au même titre que François de Rugy devait partir pour des raisons qui n’ont rien à voir avec le droit mais qui ont à voir avec la morale, le train de vie un peu trop luxueux et dépensier avec l’argent du contribuable.

    Je maintiens que le problème de François de Rugy (comme celui de François Fillon en janvier-avril 2017), ce fut de ne pas s’être rendus compte que cela pouvait choquer les Français même si (selon eux) ils avaient respecté scrupuleusement la loi (ce qu’un procès déterminera prochainement pour François Fillon). Leur mépris affiché (je n’ai rien fait de mal, les autres font pareil, c’est dérisoire par rapport à ce que j’apporte à la terre entière, etc.) devait nécessairement entraîner leur démission ou retrait car ils ne pouvaient plus représenter les citoyens dont ils n’avaient plus aucune idée du train de vie. Il n’était pas question de train de vie pour Benjamin Griveaux mais de ridicule, ce qui a anéanti toutes ses années en politique.

    Dans une élection, le ridicule est peut-être plus grave qu’une infraction à la loi, puisque les rieurs resteront toujours du côté des adversaires, ce qui est terrible lors d’une élection. Mais aussi pour son ego. Je rappelle que plusieurs jeunes adolescentes ont mis fin à leurs jours à cause d’une photographie ou d’une vidéo diffusées sur Internet, encore une fois, l’avaient-elles vraiment méritées même si c’étaient bien elles et pas des images truquées ?

    Ceux qui, aujourd’hui, condamnent Benjamin Griveaux pourraient bien, un jour ou l’autre, être victimes de la même infamie (que je ne leur souhaite pas)…

    « En morale, l’intention peut justifier bien des choses ; en art, les meilleures intentions ne sont bonnes qu’à paver l’enfer. » …expliquait Camille Saint-Saëns.

    Source : Le Blog de Sylvain Rakotoarison

    Tags : France, Benjamin Griveaux, morale,

  • Le chantage du Maroc aux pays les plus pauvres d’Afrique

    Certains pays de la Françafrique ont accepté les investissements du Maroc dans leurs pays. C’est le cas, entre autres, du Sénégal, la Côte d’Ivoire, le Burkina Faso, le Mali, le Niger, la Guinée, la Gambie…

    Pour eux, il s’agit d’un fait qui rentre dans le cadre des pratiques de coopération habituelles. Rien de plus normal. Cependant, pour le Maroc, ce sont des investissements qui ont été faits pour réaliser des objectifs à long terme.

    Maintenant, Rabat veut récolter les fruits de ces investissements en guise de succès dans la question du Sahara Occidental que le Maroc considère « comme première cause nationale ».

    En effet, les pays dits « amis » ont été contraints de violer la légalité internationale et les principes de l’Union Africaine en ouvrant des consulats dans cette ancienne colonie espagnole envahie par le Maroc en 1975. Rabat ne les laisse pas le choix. Soit, ils acceptent de rendre ce service, soit il met en action sa menace de retirer ses investissements dans ces pays connus pour leur pauvreté. D’ailleurs, l’ONU vient de suspendre leur droit de vote en attendant qu’ils payent leurs contributions dues à l’institution internationale.

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Front Polisario, Afrique, Union Africaine, UA, Guinée, Sénégal, Niger, Mali, Burkina Faso, Gambie, Comores,

  • « Nos relations avec l’Espagne sont meilleures que celles avec la Mauritanie et l’Algérie » (MAE du Maroc)

    MINISTÈRE DES AFFAIRES ÉTRANGÈRES DU MAROC: «MALHEUREUSEMENT, NOS RELATIONS AVEC L’ESPAGNE SONT MEILLEURES QUE CELLES AVEC LA MAURITANIE ET L’ALGÉRIE.»

    Nasser Bourita, ministre des Affaires étrangères, de la Coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger, a affirmé qu’il n’y a pas de problème pour le Maroc avec son voisin européen, l’Espagne, ajoutant que les relations de voisinage avec l’Espagne sont meilleures que celles avec les deux voisins maghrébins (Mauritanie et Algérie).

    Bourita, qui s’exprimait mardi à Rabat, a déclaré, lors d’une séance consacrée à la ratification,au niveau de la deuxiéme chambre, des lois définissant les frontières maritimes du Royaume,que le Maroc et l’Espagne jouissent actuellement des meilleures relations de voisinage, «notamment en matière de sécurité , de lutte contre le terrorisme et l’immigration» et a ajouté: Malheureusement, ces relations sont meilleures que celles avec les voisins algériens et mauritaniens. »

    Le discours du ministre Bourita intervient en réponse à de récentes informations qui parlent d’un différend entre le Maroc et l’Espagne ,après la protestation de cette ,contre deux projets de loi par lesquels le Maroc étend sa pleine souveraineté sur les frontières maritimes.

    Source : https://www.anbaa.info/?p=54881

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    Tags : Maroc, Mauritanie, Algérie, Espagne, Libye,

  • « Biens mal acquis » : en appel, la justice alourdit la peine de Teodorin Obiang Et ça arrivait en Mauritanie ?

    La justice française vient de condamner en appel, à trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende, Teodorin Obiang, vice-président de Guinée équatoriale, pour s’être frauduleusement bâti un patrimoine considérable en France.

    Si cette affaire a tant intéressé les Mauritaniens, c’est bien parce que très nombreux sont ceux qui pensent que l’ancien président Mohamed Ould Abdel Aziz – qui a récemment déclaré être assez riche au terme de ses dix ans de Pouvoir- peut bien être prédestiné à un tel traitement au vu du patrimoine dont il se serait fait sien et dont il pourrait être amené à expliquer l’origine face à la Commission d’enquête Parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des dossiers économiques et fonciers passés sous son régime.

    La justice française, saisie en appel il y a quelques jours, a été implacable face au vice président de la Guinée équatoriale, Teodorin Obiang ! Pour s’être bâti frauduleusement un gigantesque patrimoine foncier en France, la deuxième personnalité de la Guinée équatoriale qui plus est le fils du président de la République, a écopé de trois ans de prison avec sursis et 30 millions d’euros d’amende. Déjà, le 27 octobre dernier, à l’issue du premier procès dit des « biens mal acquis » devant cette même juridiction, cette peine avait été prononcée ! Teodorin Obiang dont tous les biens saisis ont été confisqués, a finalement été déclaré coupable de trois des quatre chefs d’accusations portées contre sa personne : blanchiment de biens sociaux, détournement de fonds publics, abus de confiance.

    Pour William Bourdon, de l’ONG Transparency International, « il s’agit d’un jugement historique qui envoie un signal fort aux dirigeants corrompus ». Même réaction auprès du président de cette association, Marc-André Feffer, qui a considéré que : « ce jugement valide les deux objectifs que s’étaient fixés l’ONG : faire en sorte que la France ne puisse plus être une terre du blanchiment d’argent et enclencher une procédure qui laisse espérer que l’argent pris aux populations puisse un jour leur être restitué ».

    Impact

    En Afrique, le temps semble bien être aux audits et aux op »rations de contrôles dans la gestion des biens publics. En effet, au moment où tombait le verdict dans l’affaire du vice président de la Guinée équatoriale, les « choses » bougeaient dans plusieurs pays du continent : c’est le cas au Soudan où le président déchu Omar el-Béchir, est mis en cause pour avoir détourné neuf milliards de dollars issus du pétrole vers des banques britanniques. C’est le cas au Congo Brazzaville avec les menaces de mises en examen pour détournement de fonds publics qui pèsent sur le fils du président de la République. C’est aussi le cas au Gabon avec les accusations de malversations financières portées sur plusieurs membres de la famille Bongo. C’est encore le cas en Angola avec la richissime fille de l’ex-président Dos Santos empêtrée dans des affaires de justice, et c’est encore le cas en Mauritanie où la Commission parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des dossiers économiques et fonciers du régime précédent a entamé ses travaux. Pour l’heure, sept dossiers sont ciblés dont entre autres ceux du fonds des recettes pétrolières, la vente du foncier, les infrastructures scolaires, l’attribution des marchés publics dans le secteur portuaire et dans celui de l’énergie solaire.

    Pour faire dans la transparence, les enquêteurs en appellent à ceux qui détiendraient des preuves de malversation, ou qui disposeraient d’informations pertinentes, documentées, relatives aux sujets ou qui souhaiteraient apporter leurs témoignages par rapport à ces mêmes questions, de bien vouloir collaborer avec elle.

    Repères

    Pour une très grande partie de l’opinion et pour nombre d’experts en gestion des finances, le régime de Ould Abdel Aziz a battu tous les records du pays en matière de corruption et de détournements de biens publics. Le dernier rapport de la cour des comptes en dit long sur les malversations commises ces dix dernières années, en pointant sur le seul secteur des infrastructures, plus de 7 milliards de dollars perdus par le pays, du fait de la corruption. Autres dossiers cibles qui seraient gangrenés par des malversations financières, ceux du secteur de l’extractif, de l’ENER, de l’ATTM, des BTP et de la SNAAT. Ceux portant sur la pêche -notamment auprès de la société chinoise Polyhondong-, l’achat des avions de la Mauritanian Airlines, le scandale de faux billets de la BCM, les droits des Douanes dont bénéficiaient certains privilégiés, les contrats de vente du minerai de la Snim via des courtiers installés en Europe, les marchés passés avec les sociétés européennes dans le domaine de l’énergie, notamment (warsila), le rétrocession du Port de Nouakchott et de l’aéroport Oumtounsi à des étrangers…

    Quasiment à la tête du pays ces douze dernières années, voire un peu plus, le président Ould Abdel Aziz et sa famille sont soupçonnés d’avoir abusivement utilisé leurs positions de pouvoir pour s’enrichir. L’opposant en exil Moustapha Limam Chavi est formel à propos, lui qui a répliqué à l’ex président qui se prévalait de sa fortune : « Mohamed Ould Abdel Aziz, a-t-il dit, est stupide et jouer à l’idiot en se déclarant riche sans avoir détourné une ouguiya de l’argent public… Il n’est pas un homme d’affaire et n’a pas hérité de fortune de ses parents ».

    Constat largement partagé par l’opinion d’autant qu’il y a moins de quinze ans, Ould Abdel Aziz vivait comme le commun des Mauritaniens, ou du moins à l’image de la quasi-totalité des officiers de l’armée mauritanienne, profitant d’un salaire mensuel et des « petits à-côtés » qui lui permettraient de réaliser de temps en temps, quelques économies.

    Entre temps, il a occupé le Palais présidentiel. Où est-il donc passé, et comment a-t-il fait pour se constituer en quelques années, la colossale fortune dont il se prévaut ? Nombreux sont en tout cas ceux qui sont persuadés que la Commission Parlementaire chargée de faire la lumière sur la gestion des dossiers économiques et fonciers du régime précédent pourrait bien être amenée, via la justice mauritanienne, à réserver à l’ancien président, le sort des dirigeants africains actuellement poursuivis en justice pour leur gestion des affaires publiques.

    Wait and see.

    MOM

    Source : L’Authentique, 16 fev 2020

    Tags : Mauritanie, Guinée Equatoriale, Guinée, corruption, malversation, fortune, Mohamed Ould Abdelaziz,