Tag: Union Africaine

  • Maroc : Courriers confidentiels sur la Guinée-Bissau

    Tags : Guinée-Bissau, Maroc, Marocleaks, Sahara Occidental, RASD, Union Africaine,

    Septembre 2012 – Le Ministère marocaines des affaires étrangères a élaboré une fiche sur la Guinée-Bissau où il détaille les relations bilatérales entre les deux pays. Il y a lieu de relever le manque de véritables échanges économiques et de projets de coopération. On y trouve la signature d’accords et de conventions purement symboliques. Ce qui laisse présager que le secret du ralliement des responsables guinéens aux positions marocaines est à chercher dans le traitement qu’ils ont reçu lors de leurs visites au Maroc.

    Le 21 mai 2013, la Guinée rejoint la dénommée “déclaration du Sénégal” visant à empêcher l’Union Africaine de débattre sur le Sahara Occidental

    23 mai 2013 : La Guinée rejoint la dénommée “déclaration du Sénégal” visant à empêcher l’Union Africaine de débattre sur le Sahara Occidental

    8 juillet 2014 : A l’occasion de l’investiture du président José Mario Vaz, le roi du Maroc a ordonné la prise en charge de l’édification d’un grand Chapiteau pour assurer le déjeuner officiel et le cocktail de la soirée offerts aux invités de marque. L’exécution fut assurée par le traiteur Rahhal. « J’ai appris également, rapporte l’ambassadeur Taleb Barrada dans cette note, que le Royaume a fait un don de 15 véhicules qui sont en cours d’être acheminés ». « Auparavant, ajoute-t-il, j’ai été longuement reçu la veille, en sa résidence, par le Président José Mario Vaz, à qui j’ai remis la lettre de réponse de Sa Majesté le Roi assurant le Président de la volonté royale d’accéder à la requête d’inclure la Guinée-Bissau, tout en mettant en exergue lors du Sommet de l’Union Africaine dans un prochain périple de Sa Majesté le Roi ».

    Dans une autre notre datée du 18 juillet 2014, Barrada informe d’une “lettre de remerciements adressée au Ministre par l’ancien MAE de la Guinée-Bissau suite à l’appui accordé par Sa Majesté le Roi lors de la cérémonie d’investiture du nouveau président. Il a indiqué que « l’appui de votre pays a été la base de la réussite de cet événement historique”.

    Note du 16 juillet 2014 : Envoyée par l’Ambassade du Maroc à Dakar informant que « Cipriamo Cassama a adressé en juillet 2014 une lettre à Rachid Talbi Alami, président de la Chambre des Représentants du Maroc dans laquelle il sollicite un soutien financier de la Chambre « d’au moins 600 millions de Francs CFA (soit 916.000 euros) et ce pour couvrir une partie des besoins en budget de fonctionnement et de remise en marche des services de son Institution, qui s’élèvent à 2 Milliard 500 millions de Francs CFA (soit 3816793 Euros) ».

    Le 11 août 2014, le Dr Bacio DJA, Ministre de la Présidence, du Conseil des Ministres et des Affaires Parlementaires (Porte-parole du Gouvernement), Commissaire National Chargé des Affaires du Pèlerinage, de la République de Guinée Bissau a adressé une lettre demandant près d’un million d’euros pour payer les frais de pèlerinage pour 1000 personnes.

    Traduction de la lettre :

    Objet : Demande de bourses d’études pour les migrants

    Bissau, 11 août 2014

    Excellence,

    Tout d’abord, je veux implorer notre Tout-Puissant de nous aider et de nous pardonner, je voudrais Vous remercier pour tout ce qui est fait par Vous au service de l’Islam.

    Tout d’abord, je voudrais souligner ici, le sens et la valeur du Pèlerinage que le peuple de Guinée-Bissau réserve, comme un moyen de consolider les liens avec le monde islamique. Ceci en tenant compte du fait que le pourcentage des musulmans guinéens a augmenté considérablement, de 12% à 60% dans les années soixante, malgré cette augmentation, au fil du temps ils n’ont jamais réussi à organiser le déplacement d’une caravane de musulmans de Bissau directement vers la Terre Sainte (Djedda), tout cela par manque de moyens financiers et de faibles revenus de mes compatriotes.

    Selon les données mondiales, c’est l’un des pays les plus pauvres de la planète, c’est très triste à dire mais c’est en fait une réalité que l’on ne peut même pas imaginer. De plus, ils n’ont jamais réussi à atteindre le nombre de personnes nécessaires pour justifier le vol, et cette pratique s’est répétée à plusieurs reprises, ce qui a provoqué le découragement des organisateurs, qui ont abandonné l’ornithologie, et de leur propre initiative, ils préfèrent se rendre en République du Sénégal et en Gambie pour rejoindre les pérégrins de ces pays.

    Compte tenu de ce qui précède, c’est dans cette perspective que j’adresse à Votre Excellence, au nom du peuple de Guinée-Bissau et de la communauté musulmane en particulier, des demandes de bourses de pèlerinage pour 100 personnes à raison de 5000 dollars (cinq mille dollars) pour chacune d’entre elles.

    Dans l’attente d’une réponse favorable, je vous prie d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de ma haute considération.

    Le 1er Septembre 2014, dans une lettre adressée à son homologue marocain, le ministre guinéen des affaires étrangères “exprime le souhait de voir le Maroc prendre en charge, à l’instar des années précédentes, la participation de la délégation de la Guinée-Bissau à la 69ème Assemblée Générale de l’ONU, composée de cinq responsables, dont le coût est estimé à 46964 USD, et ce, compte tenu des difficultés budgétaires que rencontrent les nouvelles autorités de Bissau.

    Source : Maroc-leaks, 12/12/2022

    #Maroc #Guinée_Bissau #Union_Africaine #RASD #Sahara_Occidental #Marocleaks

  • Sénégal : Teranga, gifles au Parlement et Françafrique

    Tags : Sénégal, corruption, Françafrique, Maroc, Mankeur Ndiaye, Macky Sall, Sahara Occidental, Union Africaine,

    La tension était vive le jeudi 1er décembre à l’Assemblée nationale du Sénégal entre les députés de la majorité et ceux de l’opposition, au cours de la séance plénière consacrée au budget du ministère de la Justice.

    Dans une video qui a fait la une des reseaux sociaux, la députée nationale, Amy Ndiaye, de la majorité, a reçu une gifle d’un élu de l’opposition. Et s’en est suivi d’une bagarre entre les élus de deux camps. En effet, en pleine séance de l’assemblée nationale du Sénégal, le député, Massata Samb a foncé sur la dame pour la gifler.

    L’Assemblée nationale du Sénégal est devenue coutumière de ces scènes de pugilat entre députés, représentants du peuple qui se battent. Un scénario qui illustre le niveau médiocre des politiciens sénégalais. Non sans raison, ils sont les plus corrompues du continent africain. Le hacker français qui sévissait sous le pseudonyme de Chris Coleman a dévoilé comment l’ancien ministre sénégalais des affaires étrangères, Mankeur Ndiaye, se rendait chaque année à l’Ambassade du Maroc à Dakar pour quémander de l’argent sous prétexte de vouloir offrir le pèlerinage à des membres de sa famille.

    Pire encore, il s’en prenait à celui qui a été son ami, mais surtout son patron à la tête du ministère des Affaires Etrangères, Monsieur Cheikh Tidiane Gadio. Un épisode qui révèle les coups tordus qui caractérisent la mission de Monsieur Ndiaye á la tête de la diplomatie sénégalaise.

    Lorsque Ndiaye accepte de l’argent du Maroc, il n’est pas guidé par des convictions de nature politique. Il s’agit de pure mercenariat. En échange, Ndiaye doit défendre les intérêts du royaume chérifien auprès de l’Union Africaine. Notamment s’en prendre aux sahraouis et au membership de la RASD (République Arabe Sahraouie Démocratique) dans l’organisation panafricaine. Même après avoir été limogé de son poste de ministre des affaires étrangères, il poursuit l’agenda tracée à Rabat. Le 7 novembre dernier, il faisait partie d’un “groupe d’anciens responsables africains” qui, depuis le Maroc, ont lancé ce qu’ils ont dénommé “l’Appel de Tanger” dans lequel ils appellent à l’expulsion de la RASD de l’UA.

    Dans son offensive contre les sahraouis, Ndiaye est soutenu par le président Macky Sall dans le cadre de leurs efforts de maintenir en vie la Françafrique dont le Maroc, le Sénégal et le Côte d’Ivoire constituent les derniers vestiges.

    #Sénégal #Maroc

  • Maroc-Burundi: Compte rendu de la rencontre Bouaida-Kavakure

    Maroc, Mbarka Bouaida, Burundi, Laurent KAVAKURE, Sahara Occidental, RASD, Union Africaine,

    Compte rendu de la rencontre de Madame la Ministre Déléguée avec le Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale du Burundi -Lundi, 02 juin 2014-

    Madame Mbarka BOUAIDA, Ministre Déléguée auprès du Ministre des Affaires Etrangères et de la Coopération du Royaume du Maroc a reçu, le lundi 2 juin 2014, Monsieur Laurent KAVAKURE, Ministre des Relations Extérieures et de la Coopération Internationale de la République du Burundi, qui effectue une visite de travail au Maroc, du 31 mai au 3 juin 2014.

    M. KAVAKURE était accompagné de MM. Cherif. B. AIDARA, Ambassadeur du Burundi en Côte d’Ivoire et Conseiller Spécial du Président de la République Burundaise, et de Abdellatif STAMBOULI, Consul Honoraire du Burundi au Maroc.

    Monsieurle Ministre a axé son intervention, en substance, sur les points, ci-après :

    – Mise en exergue de l’importance des relations bilatérales de coopération et examen des moyens de les renforcer;

    – Rappel des péripéties de retrait par le Burundi de sa reconnaissance de la pseudo « rasd » en 2010, ainsi que les difficultés et les pressions subies par ce pays de la part des adversaires de l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc ;

    – Le soutien apporté par le Burundi à la marocanité du Sahara procède de sa conviction de la justesse de cette cause sacrée pour tous les marocains ;

    Lire la suite depuis la source (Maroc-leaks)

  • Comment le plan d’engrais de Ruto l’oblige à calmer le Maroc

    Maroc, Kenya, Engrais, phosphates, Sahara Occidental, RASD, Union Africaine,

    Le Maroc est le plus grand producteur d’engrais du continent.
    -Ce n’est un secret pour personne que les premiers 1,4 millions de sacs d’engrais proviendront du Maroc, le nouveau régime cherchant à conclure des accords à plus long terme dans ce domaine.
    -En coulisses, des discussions sur le commerce, le coût, l’importation et l’investissement des engrais sont en cours entre les deux nations.

    Lors de son premier jour complet de mandat, le président William Ruto a déclaré que les relations du Kenya avec le Royaume du Maroc seraient “accélérées dans les domaines du commerce, de l’agriculture, de la santé, du tourisme, de l’énergie, entre autres, pour le bénéfice mutuel de nos pays”.

    Un jour plus tôt, dans son discours d’investiture, le président s’était engagé publiquement à réduire le prix des engrais, qui passerait de 6 500 shillings à 3 500 shillings par sac de 50 kilogrammes.

    Lors d’une réunion commerciale tenue mercredi avec Nasser Bourita, le ministre des affaires étrangères du Royaume du Maroc, le président Ruto a cherché à établir de nouvelles relations commerciales mutuellement bénéfiques avec le géant économique nord-africain.

    Le Maroc est le plus grand producteur d’engrais du continent.

    En ce qui concerne la petite affaire de la gaffe diplomatique sahraouie, le Kenya a adopté la position selon laquelle le cadre des Nations unies est le mécanisme exclusif de résolution des différends sur toute question territoriale, comme ceux auxquels le Maroc est confronté dans sa province sahraouie du sud.

    Ce n’est un secret pour personne que les premiers 1,4 million de sacs d’engrais proviendront du Maroc, le nouveau régime cherchant à conclure des accords à plus long terme dans cette région dans l’espoir de voir les prix des engrais rester bas ou stables.

    “Les prix élevés des engrais sont l’une des principales raisons pour lesquelles le coût des denrées alimentaires est devenu inabordable”, a déclaré M. Ruto à plusieurs reprises au cours de sa campagne pour la présidence, “et nous les ferons baisser une fois élus.”

    L’entreprise marocaine OCP (Office Chérifien des Phosphates) est le premier fabricant mondial d’engrais à base de phosphate, avec un tiers du marché mondial et plus de 6 milliards de dollars de revenus en 2021.

    “À long terme, pour utiliser un exemple pratique, si le nouveau président souhaite établir des prix d’engrais plus bas pour les agriculteurs sans subventions et d’autres mesures non durables à moyen et long terme, comme cela a été fait précédemment avec le pétrole sous le régime précédent, il peut souhaiter faire entrer le Kenya dans le commerce intracommunautaire avec une entreprise comme l’OCP, ce qui signifie que les politiques étrangères des deux pays doivent être alignées dans un axe amical pour le bénéfice mutuel du Kenya et du Maroc”, a déclaré au Sunday Nation un conseiller délégué au Bureau des Nations unies, qui est au courant de ces discussions commerciales.

    Il n’y a aucun avantage pratique pour le Kenya à s’engager sur les questions sahraouies en dehors du cadre de l’ONU, dit-il.

    La semaine dernière, lors d’un service d’action de grâces à Maua, dans le comté de Meru, le président élu de l’époque, M. Ruto, a promis qu’il annoncerait les nouveaux prix des engrais dans la semaine, une promesse qu’il a rapidement tenue en prenant le pouvoir.

    “J’ai parlé aux représentants du ministère de l’Agriculture pour annoncer les nouveaux prix des engrais”, a déclaré le président Ruto. “Nous commençons le voyage de la réforme du secteur agricole la semaine prochaine (cette semaine), afin que nous puissions changer le coût de la vie au Kenya.”

    En coulisses, des discussions sur le commerce, le coût, l’importation et l’investissement des engrais sont en cours entre les deux nations.

    Cartels

    Le président Ruto semble impatient de s’attaquer aux questions agricoles et a également promis de s’attaquer aux cartels qui contrôlent la circulation du miraa (khat) à Meru. Il a également promis de supprimer les subventions aux denrées alimentaires et aux carburants qui pèsent lourdement sur les caisses.

    En 2017, après que la République du Nigeria et le Royaume du Maroc ont conclu un accord commercial à long terme sur le commerce des engrais, le prix du sac est passé de l’équivalent de 5 000 Sh à 1 700 Sh.

    “Le Kenya se place stratégiquement, surtout dans ce régime, pour les affaires à travers l’Afrique”, déclare le Dr Hawa Z Noor, analyste de la paix et de la sécurité pour la Corne de l’Afrique. “C’est la voie à suivre”.

    Une vingtaine de chefs d’État africains ont assisté à l’inauguration du président Ruto à Kasarani mardi.

    Au cours des 20 dernières années, le Maroc est devenu le premier investisseur africain direct en Afrique de l’Ouest, contribuant à 4 % du PIB du Cameroun et à 9 % du PIB de son voisin, le Sénégal.

    Grâce à sa politique “Sud-Sud”, le Royaume considère désormais le Kenya comme un excellent “pays de coopération commerciale mutuelle, notamment dans les domaines de l’agriculture, de la santé et du tourisme”.

    Dans les prochaines années, le royaume buveur de thé aimerait “engloutir le thé kenyan”, selon un représentant diplomatique.

    Le Maroc est le huitième importateur de thé au monde, avec 200 millions de dollars, tandis que le Kenya est le troisième exportateur, avec 1,2 milliard de dollars, ce qui signifie qu’un sixième du thé kenyan pourrait aller au seul Maroc.

    African-markets.com, une plateforme de suivi numérique, a classé huit entreprises marocaines parmi les plus précieuses des 20 entreprises étudiées dans les 52 pays du continent africain.

    Dans un avenir pas trop lointain, il est également prévu de coopérer avec le Royaume sur le front du tourisme.

    Alors que le Maroc, avec ses panoramas diversifiés de montagne et de mer, a accueilli plus de 13 millions de visiteurs avant le 19 décembre, le Kenya n’en a reçu qu’un peu plus de deux millions malgré ses paysages de côte et de safari.

    Il est prévu de revoir le marketing du Kenya, en utilisant l’exemple du Maroc.

    Mombasa est déjà la ville jumelle de Tanger, selon un accord conclu en juin 2021 par le gouverneur de l’époque, Hassan Joho. Le gouverneur de Kisumu, Anyang Nyong, a signé un protocole d’accord de coopération bilatérale avec le président de Rabat, Rachid El Abdi, en mars 2022.

    En 2016, la Société financière internationale, SFI, membre du Groupe de la Banque mondiale, et Attijariwafa Bank (AWB), un groupe bancaire panafricain de renom, ont signé un accord visant à soutenir les entreprises et à stimuler les investissements et le commerce transfrontalier en Afrique. Attijariwafa est la quatrième entreprise la plus valorisée du continent.

    Nation, 18/09/2022

  • Akhannouch: on n’oubliera pas ceux qui jouent sur les deux cordes

    Maroc, Tunisie, Sahara Occidental, Union Africaine, TICAD 8,

    Le chef du gouvernement marocain, Aziz Akhannouch a fortement critiqué, lors d’une allocution donnée vendredi 9 septembre 2022, l’accueil fait par le président de la République, Kaïs Saïed au leader du Front Polisario, Brahim Ghali au cours de la Ticad 8.

    Un vif échange par communiqués a eu lieu les 26 et 27 août 2022 entre les Affaires étrangères marocaines et tunisiennes après la publication de photos mettant en scène l’accueil, par le président de la République de Brahim Ghali, chef du mouvement indépendantiste sahraoui.

    Voyant d’un mauvais œil ce geste, le Maroc n’a pas hésité à manifester son mécontentement. En plus de la publication de communiqués incendiaires, le Royaume a rappelé son ambassadeur à Tunis. La diplomatie tunisienne a, elle, réagi, de même. Une crise diplomatique sans précédent entre les deux pays.

    Le responsable marocain a appelé la Tunisie à préserver l’indépendance de ses décisions, soulignant que son pays n’accepte pas la duplicité de positions. Par ailleurs, il a expliqué le royaume « n’oubliera pas ceux qui soutiennent sa cause nationale, mais également ceux qui jouent sur les deux tableaux ».

    Aziz Akhannouch a affirmé que cette cause nationale est une ligne rouge et que « ce qui s’est passé quant à l’accueil du chef du Front Polisario et les interférences dans le dossier de l’intégrité territoriale du Maroc, ne fait qu’accroitre la détermination du royaume à défendre la marocanité du Sahara occidental ». Le chef du gouvernement marocain a aussi dit espérer que la Tunisie préserve sa souveraineté, assurant que le pays a commis une grave erreur diplomatique.

    Business News, 10/09/2022

    #Maroc #Tunisie #Sahara_Occidental #Union_Africaine

  • Média: La réadmission du Maroc à l’UA était-elle une erreur?

    Maroc, Sahara Occidental, Union Africaine, Tunisie, RASD, Japon, TICAD 8, Mohammed VI,

    Correspondant Gibson Nyikadzino

    Le 8e sommet de la Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (TICAD) qui vient de s’achever en Tunisie la semaine dernière présente des opportunités fondées sur la valeur pour les pays animés par l’éthos panafricain pour mesurer la sincérité du Maroc en tant qu’Union africaine (UA) membre.

    Les développements qui se sont produits, comme ayant été déclenchés par le Maroc, sont un scénario éhonté que le Maroc expose au monde sur sa position contre la présence du chef du Front Polisario qui fait pression pour l’autonomie de la République arabe sahraouie démocratique (RASD ).

    La présence de la RASD au sommet de la TICAD a exaspéré le Maroc qui a dû rappeler son ambassadeur à Tunis pour « consultation », car il a par la suite annulé sa participation à la conférence sur l’investissement.

    Pour comprendre les actions du Maroc, il faut comprendre les événements qui se sont produits une semaine avant le sommet lorsque le dirigeant du pays, le roi Mohammed VI, a été filmé trébuchant ivre dans les rues de Paris, en France.

    Il possède un palais près de la Tour Eiffel.

    Le maître s’est saoulé

    Une vidéo tendance montre le roi Mohammed VI ivre et titubant à Paris. On voit également des membres de sa sécurité essayer d’empêcher les gens de filmer le moment décevant du monarque marocain.
    Alors qu’il titubait, le roi tenait toujours sa bouteille de boisson alcoolisée.

    Il y a aussi une opinion que depuis son divorce avec la princesse Lalla Salma, le roi Mohammed VI n’est plus lui-même car la structure familiale qui le soutenait depuis 2002 s’est effondrée.

    Plus d’informations qui ont été laissées dans le domaine public indiquent que la vidéo du monarque ivre a été divulguée par des membres d’un service secret d’un pays européen, qui tiennent à montrer au monde que le roi Mohammed VI n’est pas ce qu’il semble être.

    Ligne scénarisée pour influencer l’opinion

    Avant la TICAD des 27 et 28 août, le Maroc a déclenché une querelle diplomatique avec la Tunisie sur la participation de la RASD.

    En principe, la RASD avait le droit d’assister au sommet de la TICAD comme n’importe quel autre membre de l’UA, car il en est un depuis 1984, lorsque le Maroc s’est retiré en signe de protestation et a tenté de rejoindre la Communauté économique (CEC) avanr d’être rejeté.

    Le sommet de la TICAD est l’un des forums internationaux les plus importants pour la coopération au développement entre les pays africains, le Japon et les instances internationales.

    Les représentants marocains ont tenté en vain de convaincre toutes les délégations africaines de la nécessité d’exclure la RASD en avançant de vains arguments selon lesquels “le partenariat liant les pays africains au Japon ne rentre pas dans le cadre de l’UA”.

    Sur le plan institutionnel, lors d’une réunion de l’UA qui a eu lieu en juillet à Lusaka, en Zambie, les États membres avaient une résolution contraignante selon laquelle la RASD devait participer à la TICAD.

    L’UA, en plus de partager la solidarité et le panafricanisme, est également régie par des valeurs de coopération entre les États membres pour faire avancer les intérêts de l’organisme. Ce qui est lié au niveau institutionnel devrait être reflété par les États membres.

    Comme ce que l’UA a fait dans le cas du dialogue UE-Afrique concernant ses États membres, ils devraient tous être présents. Cela explique pourquoi le président Mnangagwa s’est rendu à Bruxelles.

    Pour le Maroc, il voulait politiser un sommet multilatéral et le présenter comme une question bilatérale à l’UA.

    Cela convient donc à la raison pour laquelle le Maroc a rappelé son ambassadeur.

    Premièrement, le rappel, qui a suivi la vidéo d’un roi Mohammed VI ivre à Paris, était un récit national préparé dans lequel le gouvernement monarchiste de Rabat s’est délibérément déployé pour détourner l’attention régionale afin de couvrir le comportement de son roi.

    En plus d’essayer de déstabiliser l’Afrique du Nord, le Maroc l’a fait pour essayer d’influencer l’opinion publique au niveau national et spécifiquement dans le monde arabe que la position de l’UA de soutenir la RASD ne correspondait pas à sa politique étrangère qui, selon lui, est ancrée sur le maintien de la domination sur la RASD.

    Deuxièmement, tout en influençant l’opinion publique, le roi Mohammed VI a également compris que sa position de chef du comité judéo-arabe serait entachée par la vidéo divulguée, il devait donc trouver un moyen d’expier ses actions depuis son train de normalisation de 2020 avec Israël.

    Provocation et représentation trompeuse

    L’année dernière, la responsable de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), Laura Palatini, a déclaré que “le Maroc est l’un des rares pays qui se présente comme un modèle pour la gestion des problèmes d’immigration et le traitement civilisé des étrangers, tout en offrant une vie digne”.

    Palatini a présenté le Maroc comme un réformateur. Mais cette représentation idéaliste s’est avérée trompeuse.
    La mort de 37 migrants africains à Melilla, en Espagne, le 24 juin par collusion hispano-marocaine souligne la politique de sécurité autoritaire du Maroc contre les migrants africains.
    Une telle tragédie n’a reçu que peu ou pas de condamnation de la part de l’UE car, aidé par des fonds européens, le Maroc est à son tour récompensé par le silence face à des catastrophes comme à Melilla.

    Depuis sa réadmission à l’UA en 2017 après que 39 membres de l’UA ont voté pour en faire le 55e membre de l’instance, le Maroc, par son comportement, fait avancer un agenda anti-africain et préserve les intérêts de l’Occident en jouant une carte alliée des États-Unis et l’UE; maltraitant et dans d’autres cas tuant des immigrants africains pour protéger les intérêts de l’UE en servant de tampon pour limiter l’afflux d’Africains en Europe.

    Cela se produit en raison du rôle de longue date du Maroc en tant que partenaire de l’UE dans la politique migratoire de la région de la Méditerranée occidentale, qui vise à empêcher les migrants sans papiers de quitter le territoire marocain pour l’Espagne, une ligne de conduite souvent condamnée pour non-conformité avec le droit international.

    Cela se produit parce que le Maroc a toujours agi en tant que partenaire de l’UE dans sa politique migratoire en Méditerranée occidentale, dans le but d’empêcher les migrants irréguliers de quitter le territoire du pays pour l’Espagne.

    Une politique maintes fois critiquée comme peu compatible avec le droit international.

    Africains à cause des valeurs

    Alors que le continent cherche la bonne voie vers l’Agenda 2063, il est impératif de souligner que ce qui fait de l’UA un organe continental est davantage lié aux valeurs et à l’architecture pan-ubuntuistes de l’Afrique qu’à la géographie.

    La géographie seule ne doit pas être utilisée pour embrasser un pays comme africain car le Maroc a toujours, pendant longtemps, pensé à remplir l’agenda européen et américain plutôt qu’à défendre les valeurs de l’Afrique.

    Dans tous les domaines, l’Afrique a besoin d’une voix unitaire qui ait son mot à dire dans ce monde en mutation, tant pour les membres que pour les étrangers.

    Démolir l’unité qui a été formulée dans la lutte contre le colonialisme en ce moment est une initiative qui ne profitera qu’à ceux qui complotent contre le continent.

    The Herald, 05/09/2022

    #Maroc #Union_Africaine #RASD #Sahara_Occidental #Tunisie #TICAD8

  • Libye: Pourquoi le Maroc se réjouit de la nomination de Bathily

    Libye, Maroc, Union Africaine, Abdoulaye Bathily, Commission Africaine, CEDEAO, Dlamini Zuma,

    Dans un communiqué publié dimanche par le ministère des Affaires étrangères, de la coopération Africaine et des Marocains résidant à l’étranger, le Maroc se félicite de la nomination par le secrétaire général de l’ONU, de sénégalais Abdoulaye Bathily, un diplomate chévronné, au poste de Représentant spécial pour la Libye et chef de la MANUL, la mission onusienne dans ce pays ravagé par la guerre civile depuis l’assassinat de Kadhafi.

    Le 27 août 2016, Bathily a été désigné par la CEDEAO, dont les pays membres sont très proches du Maroc, notamment le Sénégal, chef de file du lobbying marocain à l’Union Africaine, candidat unique au poste de Président de la Commission de l’Union africaine (Ua) lors des élections qui auront lieu au prochain sommet de l’UA prévu les 30 et 31 janvier 2017 à Addis Abeba.

    Selon un expert de l’Institut des Etudes Sécurité (ISS), “le Maroc espérait voir le Sénégalais Abdoulaye Bathily, élu à la présidence de l’UA. Allié historique et fervent défenseur de l’intégration du Maroc, le Sénégal, à travers Abdoulaye Bathily, aurait poursuivi son lobbying auprès de l’UA et des Nations Unies, pour une solution durable en faveur de Rabat sur le conflit du Sahara Occidental. Mais au lieu de cela, c’est le Tchadien Moussa Faki Mahamat qui a été élu, un candidat plus consensuel et favorable à l’autodétermination des Sahraouis”.

    Bathily à la tête de la Commission Africaine aurait permit à Rabat de se débarrasser de la sudafricaine Dlamini Zuma dont le mandat a été caractérisé par de nombreuses initiatives visant une solution du conflit du Sahara Occidental favorable au peuple sahraoui. Il aurait aussi facilité l’adhésion du Maroc à l’organisation panafricaine et les plans concoctés par Rabat en vue d’expulser la RASD de l’UA.

    #Maroc #Abdoulaye_Bathily #Sénégal #CEDEAO #Union_Africaine #Libye #Commission_africaine

  • UA: Le Maroc renouera-t-il avec la politique de la chaise vide?

    Union Africaine, Maroc, Tunisie, TICAD 8, Sahara Occidental,

    Le Maroc a brillé une nouvelle fois à Tunis par la politique de la chaise vide en refusant d’assister à la 8e Conférence internationale de Tokyo pour le développement de l’Afrique (TICAD-8) en réaction à la participation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD).

    Le siège du Maroc est resté vide samedi et dimanche aux travaux de la TICAD-8 pour protester contre l’accueil par le président tunisien Kaïs Saïed, du président sahraoui, Brahim Ghali qui s’est déplacé à Tunis à la tête d’une importante délégation pour représenter son pays – membre fondateur de l’Union africaine (UA) – lors de cet événement.

    L’attitude des autorités marocaines trahit le sentiment d’un échec cinglant dans la réalisation des objectifs de son adhésion en 2017 à l’Union Africaine. Selon Boubker Jamaï, Bourita et son équipe étaient persuadés que l’UA allait chasser la RASD immédiatemet après leur adhésion à l’organisation panafricaine.

    #Maroc #Union_Africaine #Tunisie #TICAD8 #Sahara_Occidental

  • Diplomatie : à quoi joue le Maroc ?

    Maroc, Tunisie, TICAD 8, Union Africaine, Sahara Occidental, Brahim Ghali,

    Depuis vendredi, le Maroc et la Tunisie sont brouillés. Le royaume reproche la présence du président de la RASD à Tunis, pour le sommet Japon-Afrique. Une invitation pourtant prévue de longue date et légitime…

    Août 2017, à Yokohama, au Japon. Alors que la septième Conférence internationale de Tokyo sur le développement de l’Afrique (Ticad) se termine, les chefs d’Etat et ministres des Affaires étrangères invités au sommet Japon-Afrique posent ensemble, unis. Sur la photo souvenir, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita, souriant, pose aux côtés de ses homologues. A seulement quelques rangs de lui sur la gauche, on aperçoit Brahim Ghali, président de la République arabe sahraouie démocratique (RASD). Le Japon a toujours pris soin d’inviter ce dernier, sur recommandation de l’Union africaine (UA), depuis le lancement de la Conférence de Tokyo.

    Mais cette année, le Maroc a joué des coudes pour que Brahim Ghali ne soit pas présent, à Tunis. Mais ce vendredi, le président de la RASD était bien sur le tarmac de l’aéroport Tunis-Carthage. Le patron du Polisario y a été accueilli dès la descente de son avion par le président tunisien Kaïs Saïed, comme ce dernier l’a fait avec tous les présidents invités au sommet Japon-Afrique. Saïed et Ghali ont ensuite discuté dans le salon présidentiel de l’aéroport. De quoi provoquer l’ire du Maroc, qui a immédiatement annoncé sa non-participation après l’événement après cet « acte grave et inédit ».

    La RASD invités aux précédentes éditions

    Inédit ? Pas tant que cela. En 2017, au Mozambique, en pleine Ticad, une bagarre avait éclaté entre représentants marocains et sahraouis. La cérémonie d’ouverture avait d’ailleurs dû être retardée de trois heures après ces heurts. Le ministre des affaires étrangères sahraoui Mohamed Salem Ould Salek avait finalement pu s’asseoir, malgré les pressions marocaines… au sein de la délégation mozambicaine.

    Si le Maroc feint aujourd’hui la surprise de découvrir la présence de Brahim Ghali à Tunis, on est loin d’un événement inédit. Selon plusieurs sources proches de l’Union africaine, en juillet dernier, le Maroc avait tenté de convaincre l’UA de faire exclure la RASD de la liste des invités de la Ticad 2022. Mais le Conseil exécutif de l’UA avait appelé à la participation du Sahara occidental au sommet de Tunis. Après les déclarations marocaines de ce week-end, le ministère tunisien des Affaires étrangères a rappelé que « la Tunisie respecte les résolutions des Nations unies et celle de l’Union africaine » et indique que l’invitation de la RASD provenait de la diplomatie japonaise, là où le Maroc assurait que la Tunisie avait invité « unilatéralement » Brahim Ghali, « contre l’avis du Japon et en violation du processus de préparation ».

    Dans les coulisses du palais de Carthage, l’agacement est de mise. Une source proche du président tunisien estime que « le Maroc a manqué de respect aux hôtes du sommet, la Tunisie et le Japon ». Une « indélicatesse diplomatique » de la part du royaume, qui appelait ses partenaires, il y a quelques jours encore, via le roi Mohammed VI, à se prononcer en faveur du plan marocain au Sahara occidental. Ce sont surtout les propos marocains qui ont choqué Tunis : l’acte dénoncé par Rabat, selon les mots de la diplomatie marocaine, « heurte profondément les sentiments du peuple marocain ». « Les autorités marocaines tentent de dire qu’ils sont soutenus par leur peuple, mais c’est faux. Les Marocains sont majoritairement contre la normalisation des relations marocaines avec Israël », précise un ancien ministre tunisien des Affaires étrangères qui voit là une « israélisation de la diplomatie marocaine ». Autrement dit, une diplomatie de plus en plus agressive.

    Un simple prétexte de la part du Maroc ?

    D’autant que la brouille entre les deux pays au sujet de la RASD est tout de même étonnante lorsque l’on sait à quel point la Tunisie a toujours affirmé sa volonté de neutralité vis-à-vis de ce dossier. Cet accrochage avec la Tunisie ne serait-il pas un prétexte, pour le royaume, de créer un rapport de force avec la Tunisie ? Quitte à réécrire les événements. Car comme le précise le ministère tunisien des Affaires étrangères, la Tunisie est étonnée de « la désinformation pratiquée par le Maroc ». Selon le politologue tunisien Khelil Rekik, « le Maroc n’a jamais pardonné à la Tunisie le fait qu’elle soit parvenue à obtenir l’organisation de la Ticad et du sommet de la francophonie, prévu en novembre, auxquels les Marocains aspiraient ».

    Il y a en effet peu de raisons pour le Maroc d’être étonné de la présence sahraouie à Tunis. « Pourquoi est-ce que Mohammed VI et Nasser Bourita avaient alors accepté d’être sur la même photo que le président Ghali lors des trois dernières éditions de la Ticad », demande un journaliste tunisien.

    Reste désormais à savoir quelle sera la suite, après les rappels des ambassadeurs respectifs de deux pays. Du côté de l’Union africaine, Macky Sall tentera certainement d’entamer des discussions entre les deux parties. De son côté, le président de la Cedeao et président de la Guinée-Bissau, Umaro Sissoco Embaló, aurait lui aussi quitté la Tunisie et refusé de participer à la Ticad pour protester contre la présence de la RASD. Là aussi, la réaction du patron de la Cedeao étonne à Tunis.

    Mongi Khadraoui est journaliste, ancien secrétaire général du Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT).

    Le journal de l’Afrique, 29/08/2022

    #Maroc #Tunisie #TICAD8 #Sahara_Occidental #Union_Africaine

  • Isolé, le Maroc gagné par l’hystérie

    Maroc, Tunisie, Sahara Occidental, TICAD 8, Union Européenne, Josep Borrell, Union Africaine, Japon,

    Le qualificatif qui sied le plus au comportement du Makhzen est incontestablement «hystérique». Oui, le Maroc de Mohammed VI est gagné par l’hystérie. Ce sentiment qui révèle un état d’extrême panique s’explique notamment par le fait que ses innombrables tentatives pour faire main basse sur le Sahara Occidental se sont toutes soldées par des échecs patents. Cela vaut autant pour le plan juridique que pour le domaine diplomatique.

    Au niveau juridique, le Makhzen a perdu toutes batailles. Et cela depuis longtemps. Aucune institution internationale et aucun ensemble géopolitique ne reconnaît la prétendue « marocanité » du Sahara Occidental. Malgré les sommes colossales investies dans le lobbying et l’achat de personnalités politiques notamment en Europe, Rabat ne compte, à ce jour, aucun allié de poids sur la scène internationale capable de faire pencher la balance en sa faveur au Conseil de sécurité de l’ONU. Même les Etats-Unis qui ont souvent affiché une certaine complaisance à l’égard du Makhzen reviennent doucement mais sûrement sur la décision de Trump.

    L’Union européenne qui semblait acquise à Mohammed VI s’en tient aussi aux résolutions de l’ONU sur le conflit du Sahara Occidental. Le Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la politique de sécurité, Joseph Borrell, a d’ailleurs fait la semaine dernière une déclaration à la chaîne publique espagnole TVE 1, dans laquelle il a souligné la nécessité de consulter le peuple sahraoui qui est le seul à même de décider de son avenir. La sortie du chef de la diplomatie européenne a fait beaucoup de mal aux autorités marocaines qui se gargarisaient il y a peu d’avoir mis les Européens dans leur poche. Cela à tel point que le MAE marocain a annulé une rencontre avec Joseph Borrell.

    L’autre balle assassine est venue des Allemands qui, malgré qu’ils ont accepté de jeter un coup d’œil à l’arnaque politique appelée « plan d’autonomie marocain » restent respectueux des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité de l’ONU se rapportant au conflit du Sahara Occidental. La ministre fédérale allemande des Affaires étrangères, Annalena Baerbock, a réitéré à ce propos jeudi le soutien de son pays au processus mené par les Nations unies pour une solution politique « réaliste » et « durable » au dossier du Sahara occidental. Dans le document, tous les observateurs auront noté qu’il est question du « Sahara occidental », appellation que Rabat a acceptée pour désigner les territoires occupés. Les deux parties ont convenu, en outre, de « l’exclusivité de l’ONU dans le processus politique » et « réaffirment également leur soutien à la MINURSO » (Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental), un aveu implicite du Maroc que la solution à ce dossier passe par la tenue d’un référendum d’autodétermination pour le peuple sahraoui.

    Et enfin, le coup de grâce a été porté jeudi au Maroc par le président tunisien Kaïs Saied qui a refusé d’obéir aux injonctions du Makhzen et d’interdire au président de la République arabe Sahraouie démocratique (RASD), Brahim Ghali, de participer aux travaux de la TICAD 8 (Sommet Afrique-Japon) qui se tiennent actuellement à Tunis. L’exigence du Makhzen est surréaliste du moment que la RASD est membre fondateur de l’Union africaine (UA). Rien qu’à ce titre, les Sahraouis ont le droit le plus absolu de participer à tous les rendez-vous de UA. Même Kaïs Saied n’aurait pas eu le droit de tenir à l’écart le président de la RASD. La réaction hystérique du MAE marocain Nacer Bourita à l’égard de la Tunisie a étonné les observateurs surtout que Mohammed VI a fini par prendre l’habitude de croiser Brahim Ghali dans le sommet de l’Union africaine et surtout de se faire à l’idée que la RASD est une réalité incontournable. La décision de Bourita de rappeler l’ambassadeur du Maroc à Tunis traduit en réalité le profond désarroi du Makhzen sur la question du Sahara Occidental.

    Nullement impressionné par les gesticulations du Maroc, la Tunisie a elle aussi rappelé son ambassadeur à Rabat pour consultations suite à la réaction marocaine « inacceptable ». Dans un communiqué publié, hier, le ministère tunisien des Affaires étrangères a exprimé ainsi son « profond étonnement face à ce qui a été déclaré dans un communiqué du Royaume du Maroc ». Insistant sur « sa neutralité et son respect pour la légalité internationale », la Tunisie s’est dite engagée « à respecter les résolutions onusiennes au même titre que celles de l’Union africaine (UA) dont le pays est l’un des membres fondateurs ». « Il convient de préciser dans ce cadre que l’Union africaine, en tant que principal participant à cette conférence, avait appelé tous ses membres, y compris la RASD, à y prendre part », ajoute la même source.

    Balayant d’un revers de la main les allégations mensongères de la diplomatie marocaine, le ministère tunisien des Affaires étrangères n’a pas manqué également de préciser que l’UA avait ensuite adressé une invitation individuelle, à la RASD, en application des décisions de son Conseil exécutif lors de la réunion les 14 et 15 juillet à Lusaka, en présence d’une délégation marocaine. Il n’y a pas à dire, le Maroc est isolé et dos au mur. De plus, il a été pris en flagrant délit de mensonge. Au-delà, le Makhzen confirme qu’il est un danger pour toute la région.

    La Sentinelle, 28/08/2022

    #Maroc #Tunisie #Sahara_Occidental #TICAD