Tag: Sahara Occidental

  • Tunisie – Algérie : Le silence n’est pas toujours d’or

    par Abdelkrim Zerzouri

    L’ancien Président « provisoire » de la Tunisie, Moncef Marzouki, n’en finit pas de régler ses comptes avec l’Algérie. A croire que ses sorties incendiaires contre l’Algérie sont inspirées par une rancune exagérée et une tendance à l’acharnement et à la vengeance que rien ne pourrait assouvir. Depuis qu’il a quitté le palais présidentiel de Carthage un certain 31 décembre 2014, Moncef Marzouki ne rate pratiquement aucune occasion pour sortir la grosse artillerie contre le pays voisin. Sa dernière attaque après les récents évènements d’El Guerguerat, particulièrement haineuse à l’égard de l’Algérie, « en déclin », selon son estimation, et qui « fait miroiter des illusions aux Sahraouis, détenus comme otages au service d’un choix politique biaisé », ne laisse aucun doute sur ses fonctions de défenseur zélé du Makhzen.

    Le politicien qui a quitté la scène politique, comme il le prétendait au lendemain de sa défaite aux élections présidentielles tunisiennes, n’en continue pas moins de s’exhiber dès qu’il s’agit de tirer à boulets rouges sur l’Algérie, reste un défenseur très échauffé des thèses marocaines, la marocanité du Sahara Occidental notamment.

    Pourquoi se fait-il l’avocat du Makhzen ? Il y aurait des sous et des dessous, en sus du fait que, selon des observateurs, Moncef Marzouki n’a jamais été en odeur de sainteté avec Alger, qui lui reproche d’être au service du Makhzen au détriment des intérêts des peuples de toute la région. C’est dans cette perspective qu’Alger a porté son soutien sur son rival, Caïed Essebsi, aux élections présidentielles tunisienne de 2014. Il gardera de cet épisode une profonde amertume, qui ne guérira pas avec le temps, vu ses positions toujours calomnieuses à l’égard des dirigeants algériens, et qui froissent l’amour-propre de tout le peuple algérien.

    Les propos de Moncef Marzouki, qui était invité d’une émission de télévision française, lors d’une récente rencontre par visioconférence au sujet des libertés et de la démocratie en Algérie, ont certainement influencé le dernier vote de certains parlementaires européen sur les atteintes aux droits de l’homme en Algérie. Et, dans la foulée, il n’a pas omis de soulever le dossier du Sahara Occidental, encore et toujours, appelant carrément les Sahraouis réfugiés dans les camps de Tindouf à la rébellion, pour se libérer du joug du régime algérien, avait-il lancé. Généralement, les sorties de Marzouki laissent indifférents les Algériens, mais cette fois-ci, le militant des droits de l’Homme, Mahrez Lamari, lui a répondu, considérant ses positions sur le Sahara Occidental comme un aveuglement qui vise à ignorer une réalité historique établie et maintes fois confirmée par la légalité internationale.

    Non sans l’interpeller directement sur sa campagne haineuse contre l’Algérie. Est-ce un prélude à la fin des positions réservées de l’Algérie face à cette inlassable guerre médiatique menée par Marzouki contre l’Algérie ? A suivre ses interventions cycliques contre l’Algérie, on comprend également qu’il a une dent contre ce pays qui a refusé de cautionner l’initiative présentée, en 2012, soit dit pour redonner vie à l’union du Maghreb arabe, mais en réalité, il s’agissait d’une machination pour effacer de la carte le Sahara Occidental. Marzouki ne manque aucune occasion pour grincer des dents contre l’Algérie, seul pays qui a refusé, à l’époque où il était Président provisoire, ses propositions dans le cadre l’initiative en question, maugréait-il dans toutes ses interventions médiatiques. N’a-t-on pas assez tendu l’autre joue à cet ex-Président provisoire de la Tunisie ?

    Le Quotidien d’Oran, 7 déc 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Makhzen, Moncef Marzouki, Tunisie, Sahara Occidental,

  • Sahara occidental : Marzouki déverse sa haine sur l’Algérie

    Blocage du dossier du Sahara occidental : Marzouki déverse sa haine sur l’Algérie

    Le militant des droits de l’Homme, Mahrez Lamari, a interpellé l’ancien président tunisien Moncef Marzouki, sur la campagne «haineuse» qu’il mène contre l’Algérie, évoquant «une stratégie de confrontation» visant à «faire endosser à l’Algérie» le blocage du dossier du Sahara occidental. ‘‘Il est malheureux de constater que Mohamed Moncef Ben Mohamed Bedoui Marzouki, continue d’adopter une attitude négative, une stratégie de confrontation et une fuite en avant en poursuivant comme toujours sa campagne haineuse de dénigrement et d’atteinte à l’Algérie de novembre 1954, terre de liberté, de fierté, de dignité et de courage’’, écrit l’ex-président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Mahrez Lamari, dans une lettre ouverte à l’adresse de l’ancien dirigeant tunisien.

    Mahrez Lamari souligne que «l’’aveuglement de Moncef Marzouki vise à ignorer une réalité historique établie et maintes fois confirmée par la légalité internationale», rappelant que cette réalité repose sur un consensus international en tant que question de décolonisation et sur la responsabilité du Conseil de sécurité de l’ONU dans le processus de règlement devant conduire à l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental.

    Dans cette missive, l’ancien président du CNASPS, affirme que «ni l’échappatoire indigne et malhonnête de la diplomatie marocaine (…) ni aucune forme de pression ne pourrait influer sur la détermination de l’Algérie à soutenir le droit du peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et son représentant légitime, le Front Polisario, jusqu’à l’organisation d’un référendum libre régulier et sans contraintes de quelque nature que ce soit».

    Dans sa lettre, M. Lamari a réaffirmé, en outre, que la société civile algérienne dans toutes ses composantes et tendances reste attachée à la position de principe de l’Algérie qui est claire et sans ambiguïté.» Nous sommes fières et honorés d’être citoyen algériens, cette Algérie fidèle à l’esprit et au message de novembre 1954 qui apporte protection, secours et assistance aux réfugiés du Sahara occidental, ce territoire non autonome, qui ont trouvé asile en Algérie terre d’accueil et d’hospitalité bien ancré dans son africanité. Fière de la noblesse, l’engagement et la détermination de un million et demi de Chouhada morts pour la liberté, la dignité, l’honneur et l’indépendance nationale», a-t-il écrit.

    Dans cet esprit, il a renouvelé sa reconnaissance et respect au peuple tunisien qui a soutenu le combat et la Révolution nationale contre le colonialisme français et a accueilli et abriter les réfugiés algériens, rappelant que les événements de Sakiet sidi youcef (8 février 1958) est une page héroïque du sacrifice des deux peuples frères (tunisien et algérien) contre le colonialisme.

    A ce propos, M. Lamari invite Moncef Marzouki, à «faire preuve de sens de responsabilité et de suivre de la voie de la sagesse particulièrement quand on est en fin de parcours on ne doit pas nourrir l’injustice et l’impunité, avant que l’histoire n’enregistre définitivement que vous défendez le colonialisme». «J’interpelle votre conscience à revenir à la raison et à la légalité internationale autour de cette question de décolonisation et par la même contribuer à assurer paix, stabilité et développement à tous les peuples de la région, peuple du Sahara occidental y compris», a-t-il ajouté considérant que «les voix hurlantes contre l’Algérie, l’agressivité gratuite et les vociférations du makhzen, de ses relais et valets doivent raisonnablement se taire». Et d’enchaîner: « Notre forte conviction, est que, tôt ou tard, le droit imprescriptible à l’autodétermination triomphera au Sahara occidental», appelant l’ancien dirigeant tunisien à «agir main dans la main, Algérien, Tunisien, libyen, Marocain, Mauritanien, Sahraoui de la RASD, pour traduire en actes concrets les aspirations profondes et légitimes des peuples de la région à la liberté, au développement, à la paix, la stabilité, la dignité l’honneur, la paix et le bon voisinage».

    La lettre de l’ex président du CNASPS intervient en réaction aux propos tenus récemment par l’ex chef d’Etat tunisien au sujet de Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc soutenu par la France. En 1966, il a été inscrit sur la liste des territoires non autonomes donc, éligible à l’application de la résolution onusienne 1514 pour l’indépendance des pays et peuples colonisés.

    L’Est Républicain, 7 déc 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara



  • Sahara Occidental : El muro más largo del mundo

    Por Ricardo Sánchez Serra

    Algunos pueden pensar que es la Muralla China, pero no. Fue una fortificación -de más de 21 mil kilómetros de largo- para detener los ataques de los manchúes y mongoles. Hoy es un lugar turístico.
    Un muro del que nadie habla –incluso cuando los medios de comunicación hacen especiales de los muros en el mundo, ahora que han vuelto a la palestra con la decisión del presidente norteamericano, Donald Trump, de construir el muro fronterizo con México- es el que edificó el Reino feudal de Marruecos, en la década de los ´80 –con la ayuda de Arabia Saudita y Francia- en el territorio ocupado del Sahara Occidental.
    El silencio informativo que pretende imponer la cancillería marroquí a su invasión, ha tenido resultados parciales. Cada vez se difunde más la cuestión saharaui y las violaciones a los derechos humanos en el territorio ocupado.
    Sobre el muro marroquí expresaba el intelectual uruguayo Eduardo Galeano: “¿Por qué será que hay muros tan altisonantes y muros tan mudos? ¿Será por los muros de la incomunicación, que los grandes medios de comunicación construyen cada día?”.
    Las tropas del Frente Polisario -único representante del pueblo saharaui reconocido por las Naciones Unidas- tenían en jaque a las poderosas fuerzas militares invasoras marroquíes y construyeron un muro de 2,720 kilómetros cuadrados (una distancia mayor desde Tumbes hasta Tacna), convirtiéndose en la muralla militar más larga del mundo. Solo para una comparación: el otro muro de la vergüenza, el de Berlín, tenía solo 160 kilómetros.
    Cabe recordar que el Reino feudal de Marruecos invadió el territorio del Sáhara Occidental en 1975 –contra todas las resoluciones de la ONU y el dictamen de la Corte Internacional de Justicia de La Haya- bombardeando a la población civil con napalm y fósforo.
    Miles de saharauis huyeron de la matanza y se asentaron en los campamentos de refugiados de Tinduf, en Argelia, y en los territorios liberados del Sáhara Occidental, en donde fundaron la República Árabe Saharaui Democrática (RASD), el 27 de febrero de 1976.
    Como paréntesis debemos destacar que el Perú reconoció a la RASD en agosto de 1984, durante el régimen democrático de Fernando Belaunde Terry y el primer embajador saharaui presentó cartas credenciales ante el presidente Alan García y el canciller Allan Wagner, en 1986. Pero desgraciadamente y en forma sorpresiva el asesor presidencial Vladimiro Montesinos congeló las relaciones en 1996. Cuando este asesor estuvo escondido en Panamá quiso asilarse en Marruecos. ¿Una por otra?
    Esperemos que el mandatario Pedro Pablo Kuczynski y su canciller, Ricardo Luna, restablezcan las relaciones diplomáticas y subsane esta ignominia histórica. Además, impregnaría a la nueva política exterior peruana un sello distintivo de justicia, valores, de defensa de la legalidad internacional, de los derechos humanos y del derecho internacional, en especial de la libre autodeterminación de los pueblos y el derecho a la independencia de los países y pueblos coloniales.
    Volviendo al tema central de este artículo, el muro, está compuesto por una barrera de tierra y piedras de 2.5 metros de alto por 2 metros de ancho. Es custodiado por más de 130 mil soldados marroquíes. Cuesta un 25 por ciento del presupuesto anual marroquí para gastos de guerra, de acuerdo a estimaciones del Grupo de Estudios Estratégicos, unos 2 millones de euros diarios.
    El muro cuenta con vallas, alambres de púas, surcos antitanques y unos 10 millones de minas antipersona y antivehículos, bunkers, pertrechos antiaéreos y radares.
    Este muro simboliza un crimen contra la humanidad, al dividir a las familias saharauis y violar el principio de integridad territorial de los países pendientes de descolonización.
    Es una gigantesca cárcel al aire libre que va del muro al mar y en donde se encuentran medio millón de saharauis sin libertades, ni protección a sus derechos humanos.

    #SaharaOccidental «#Polisario #Marruecos #WesternSahara

  • Sahara Occidental : Le Maroc cache mal ses lourdes pertes militaires

    FACE AUX INTENSES ATTAQUES DE L’ARMÉE SAHRAOUIE : Le Maroc cache mal ses lourdes pertes militaires

    Les unités combattantes de l’Armée de libération populaire sahraouie (ALPS) continuent de lancer des attaques meurtrières, ciblant les sites où sont retranchées les forces marocaines d’occupation derrière le «mur de la honte», a indiqué le dernier communiqué militaire du ministère de la Défense sahraoui.
    Selon le communiqué les unités de l’ALPS ont lancé, « vendredi et samedi, des attaques ciblées contre les brèches des forces d’occupation marocaines derrière le mur de l’humiliation et de la honte, notamment à Gourara dans la ville d’Al Farsia, Rous Es-sebti et Cheidhmya à Mahbes ainsi que Galb Dhalem à Tichla ou encore à Aadim Oum Jloud à Aousserd », précise la même source. Les attaques des unités de l’armée sahraouie se sont poursuives « en infligeant à l’occupation marocaine plus de pertes matérielles et humaines le long du mur de la honte », a souligné la même source. L’Armée sahraouie lance quotidiennement d’intenses offensives le long des sites de retranchement des forces d’occupation marocaines, à la suite de la violation par le Maroc du cessez-le-feu et l’agression de civils sahraouis désarmés qui manifestaient pacifiquement devant la brèche illégale d’El Guerguerat.
    Le harcèlement et les attaques au quotidien des unites de l’APS portent de rudes coups au moral des FAR qui comptent beaucoup de pertes en leur sein.
    Selon le secrétaire général du ministère de la Sécurité sahraoui, Sidi Ould Oukal, le Maroc dissimule ses pertes face à L’APS depuis les attaques sahraouies en novembre dernier. Dans une déclaration aux médias sahraouis, M. Sidi Ould Oukal a fait savoir que « le Maroc dissimule ses pertes enregistrées depuis la reprise de la guerre. Selon le responsable, sahraoui cette manœuvre du Maroc est due à plusieurs facteurs, notamment le fait de reconnaître la réalité de la guerre et les attaques que son armée subit. L’une des preuves des grandes difficultés de l’armée marocaine, outre le moral au plus bas de ses troupes, est »la construction d’une muraille de défense autour de la ville occupée de Smara. » 
    Par ailleurs, la représentante du Front Polisario en Allemagne, Nadjet Hamdi, a affirmé que l’élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental et la surveillance des droits de l’Homme était désormais «un impératif», compte tenu des derniers développements de la situation des droits de l’Homme au Sahara occidental.Elle a souligné que le peuple sahraoui ne renoncera pas quel que soit le prix à son droit à l’autodétermination. «Un droit inaliénable et imprescriptible », a souligné Mme Hamdi, ajoutant : «Nous joignons notre voix à celle des organisations internationales, qui n’ont eu de cesse d’appeler, durant plus de 30 ans, à trouver un mécanisme international indépendant et neutre pour la surveillance des droits de l’Homme au Sahara occidental et le signalement des dépassements enregistrés dans ce domaine». Pour les sahraouis l’élargissement du mandat de la Minurso à la surveillance des droits de l’Homme dans les territoires sahraouis occupés «est désormais un impératif, notamment au vu des violations systématiques des droits de l’Homme dans ces territoires, exacerbées depuis l’agression militaire marocaine le 13 novembre dernier contre des manifestants pacifiques à El Guerguerat, en violation flagrante de l’accord de cessez-le feu». 
    Pour leur part, des députés suisses ont appelé le gouvernement de leur pays à prendre une initiative pour mettre fin à l’occupation marocaine des territoires du Sahara occidental. Le parlementaire du Parti socialiste suisse, Fabian Molina a demandé, dans une question écrite, au Conseil fédéral de fournir des éclaircissements sur l’initiative qu’entend prendre la Suisse afin de contribuer à l’instauration de la paix au Sahara occidental, après la violation par le Maroc de l’accord de cessez-le-feu.
    M. Bendib
  • Sahara Occidental : Comment le Maroc a apprivoisé la MINURSO

    En 2015, le Parlement français a approuvé une loi qualifié de « protocole d’entraide franco-marocaine » qui a signé la fin de la brouille entre la France et le Maroc provoquée par la convocation d’Abdellatif El Hammouchi, ex-patron des services secrets marocains. Sa principale disposition ? En cas d’enquête ouverte en France sur des crimes commis au Maroc ; même si la victime est française, le procureur aura l’obligation de transmettre la procédure « en priorité » aux autorités marocaines. « A elle de décider de la suite. Autant dire qu’il sera impossible de poursuivre des dignitaires marocaine en France », soulignait le Canard Enchaîné à l’époque.

    Selon les politicards français, la signature de cette loi a été dictée par « l’alliance stratégique » qui caractérisent les relations entre la France et le Maroc. Un langage qui cache les raisons expliquant le fait que toutes les élites françaises soient à la merci du Makhzen.

    Politiciens, journalistes, artistes… ont été invités à séjourner au Maroc aux frais des autorités marocaines à La Mamounia et à d’autres hôtels de luxe où un agent de la DST est souvent affecté et des caméras installées pour filmer leurs moindres gestes. Rappelez-vous l’histoire de «l’ ancien ministre » qui s’était « fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons », d’après les propos de l’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry. C’est une pratique habituelle des services secrets marocains. Il semble que c’est la seule pratique qu’ils maîtrisent puisqu’elle est utilisée contre toutes les voix critiques. La dernière en date : l’avocat Mohamed Ziane, ancien ministre des droits de l’homme et fondateur du parti marocain libéral. Il a été filmé nu et à son insu dans une chambre d’un hôtel de Rabat. « Ce sont des méthodes choquantes de basse police un peu inhabituelles au Maroc », affirme maître Patrick Baudouin, l’un des avocats du boxeur Zakaria Moumni que les services de Sa Majesté ont voulu museler par la même méthode. Selon le journaliste marocain Ali Lmrabet, « le ministre de l’intérieur de l’époque Mohand Laenser a reconnu publiquement que les Renseignements généraux (RG) avaient filmé l’ancien champion du monde Zakaria Moumni avec son épouse légitime dans une chambre de l’hôtel Hassan de Rabat ».  

    Le chantage au vidéos sexuel, la DST en possède une solide expérience et au Sahara Occidental la MINURSO n’ a pas échappé. Depuis ses premiers moments , la mission est tombée dans le piège marocain. Si les murs de l’hôtel El Massira parlaient, ils auraient beaucoup à raconter des jeunes filles marocaines qui ont été invitées à « gâter » les officiers de la mission onusienne. La population locale en sait quelque chose. Non sans raison, le Conseil de Sécurité insiste dans toutes ses résolutions sur «  la politique de tolérance zéro de l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles et de le tenir pleinement informé des progrès faits par la Mission à cet égard dans ses rapports » .

    Ceci explique en partie les nombreux documents confidentiels de la MINURSO en possession des services secrets marocains et qui ont été révélés par le hacker Chris Coleman.

    A titre d’exemple, nous citons cette lettre du Chef de la mission Hany Abdelaziz dans laquelle il fait part de la nomination du français Hervé Ladsous (encore un français) au poste de vice-secrétaire général de l’ONU chargé des missions de paix (DPKO).

    Ou encore cette lettre reçu par le Chef de la MINURSO de la part d’une équipe de télévision japonaise demandant la permission de visiter le siège de la mission à Tifariti.

    Ou encore cette lettre d’Omar Manis dans laquelle il rapporte les mesures prises par l’Algérie et le Front Polisario suite à l’affaire de deux coopérants espagnols et une italienne, kidnappés à Rabouni en 2010.

    Même les bureaux du Chef de l’ONU étaient infiltrés par les marocains. Dans une lettre envoyée par Lotfi Boucharaa, ancien chef de section au ministère marocain des affaires et ambassadeur actuel du Maroc à Moscou, il faisait part d’une source qu’il appelait « nos sources au sein du Secrétariat » de l’ONU. Il s’agit des “éléments de langage sur la thématique des droits de l’homme préparés à l’attention du SG de l’ONU pour son entrevue avec Mohamed Abdelaziz”.

    Dans un email reçu par Nasser Bourita de la part d’Amine Chabi, ce dernier rapportait des confidences faites par Kishore Deraya, Directeur adjoint politique au Cabinet du SG :

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Polisario, ONU, MINURSO,

  • Sahara Occidental : Les FAR en pleine déroute

    Les FAR (forces armées royales marocaines) sont en plein déroute face aux attaques quotidiennes menées par les combattants sahraouis dans plusieurs localités tout au long du mur de la honte.

    Les unités de l’ALPS ont lancé, “vendredi et samedi, des attaques ciblées contre les brèches des forces d’occupation marocaine derrière le mur de l’humiliation et de la honte, notamment à Gourara dans la ville d’Al Farsia, Rous Es-sebti et Cheidhmya à Mehbes ainsi que Galb Dhalem à Tichla ou encore à Aadim Oum Jloud à Aousserd”, précise un communiqué militaire sahraoui. Des sources sahraouies évoquent des pertes matérielles et humaines.
    Selon des témoignages, le moral des troupes d’occupation est au plus bas, notamment chez les unités qui stationnent dans des bases près du mur des sables.
    Le site électronique 12 octobre: la voix de la résistance” a affirmé posséder des informations parvenues de sources concordantes selon lesquelles l’armée marocaine serait “dans un état déplorable”, notamment dans la région qui connaît depuis trois semaines de violents combats, El Guerguerat.
    “Nous avons appris de l’une de nos sources fiables à Agadir (sous couvert d’anonymat) que l’hôpital central Hassan II avait reçu dimanche dernier un général de l’armée marocaine ayant perdu la mémoire suite à une dépression nerveuse au champs de bataille”, a poursuivi la même source.
    Et d’ajouter que la même structure hospitalière avait reçu mardi dernier un autre cas ayant les mêmes symptômes. Il s’agit d’un officier de l’armée d’occupation.
    Par ailleurs, des sources concordantes de la ville de Dekhla occupée ont relevé que l’hôpital militaire de la même ville est soumis depuis samedi dernier à un ferme dispositif de sécurité.
    Des témoins ont affirmé également avoir vu un trafic intense des ambulances de l’hôpital vers l’aéroport pour évacuer les blessés par voie aérienne.
    Les attaques de l’armée de libération populaire sahraouie se poursuivent causant des pertes humaines et matérielles tout au long du mur de la honte, a indiqué un communiqué du ministère de la défense sahraouie.
    Sur le plan diplomatique, l’Afrique du Sud a appelé le Conseil de sécurité à soutenir la Mission des Nations-Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), en vue de lui permettre d’honorer son mandat initial tel que défini par la résolution 690 de 1991.
    Selon un document publié par le Conseil de sécurité sur les positions des Etats membres concernant la question du Sahara occidental, rapporté par les médias sahraouis, l’Afrique du Sud a proposé au Conseil de sécurité d’”effectuer une visite dans les territoires occupés, comme ce fut le cas en 1995, à l’effet d’évaluer la situation sur le terrain, et mettre un terme à l’impasse politique actuelle entre les deux parties”, ajoutant que la question du Sahara occidental requiert l’attention du Conseil et ne doit pas être traitée différemment.
    A ce titre, l’Afrique du Sud préconise “davantage de coordination officielle entre le Conseil de sécurité et l’Union africaine (UA) en ce qui concerne le Sahara occidental”, au même titre que les autres questions traitées par ledit conseil.
    L’Afrique du Sud a également rappelé le “rôle pivot” dévolu au Conseil de sécurité pour ce qui est du règlement de la question sahraouie, selon la même source..
    L’Afrique du Sud a appelé le Conseil de sécurité à agir de manière à ne pas permettre de dissocier la réalité politique de la légalité internationale car, ajoute-t-elle, cela risque de porter atteinte à l’ordre sur lequel repose l’ONU.
  • Ya no importa. Del poeta saharaui Mohames salem abdelfatah (Ebnu)

    Via Emiliano Gómez López.

    El día 13 de noviembre de 2020 culminó una etapa de este proceso en el que los saharauis demostraron todas sus buenas intenciones. Se terminó un periodo yermo donde muchos saharauis dejaron su vida mientras esperaban que la confianza depositada en la comunidad internacional, las numerosas concesiones, sus silencios y su espera, sirvieran para ayudar a devolverles su patria, para vivir en paz y libertad.
    ¡Se acabó! ya no hay vuelta atrás, todo lo que se ha dicho y escrito, todas las propuestas, todas las resoluciones, todos los intentos, todo eso, hoy ya no importa, ni siquiera las buenas intenciones y los mejores deseos. ¡Se acabó!
    Hoy, muy a nuestro pesar, pero con una firme convicción, empuñamos las armas por nuestra libertad, por nuestros derechos legítimos, por la libre determinación de nuestro pueblo.
    El día 13 de noviembre de 2020 marcó el principio del irreversible camino hacia la dignidad.
    Sin embargo, hay algo, que, aunque ya no importa, sigue provocándome un disgusto tremendo. Seguramente habéis leído o escuchado, a propósito de la ilegal brecha de El Guerguerat, aquello de “la libre circulación de personas y mercancías”.
    Quien afirme eso es un cínico y un miserable porque es ridículo hablar de la libertad de circulación de personas en un territorio ocupado por un régimen represor.
    Cuando se apela a no interferir en la circulación de mercancías y personas, ¿de qué mercancías se habla; de qué personas se trata?
    ¿Acaso se habla del tránsito libre de la prensa internacional e independiente por el territorio? ¿Se habla de organismos de derechos humanos o de observadores internacionales, políticos, parlamentarios o de cualquiera que quiera conocer la realidad de lo que ocurre en las ciudades ocupadas del Sáhara Occidental? ¿Acaso se habla de la libre circulación de personas saharauis, o de las personas que en todo el mundo apoyan y se solidarizan con su justa causa?
    Evidentemente, no.
    ¡Qué vergüenza! Hablar de la libertad de movimiento, hablar de libertad de circulación, cuando en el Sáhara Occidental desde hace más de 45 años está prohibida la libertad.
    En el Sáhara el único que se mueve libremente es el régimen marroquí y sus aparatos de represión, que mantienen a los saharauis bajo su control y vigilancia todos los días, de todos los años durante cerca de medio siglo de ocupación.
    Aún, después de muertos, a los saharauis se les prohíbe volver a su tierra, se les impide regresar a su tierra para darle el ultimo adiós a un ser querido. A los saharauis les quitaron hasta el dolor de una despedida.
    Y nos hablan de libertad de movimiento…
    Son muchos los periodistas, juristas, parlamentarios, estudiantes, personas, en definitiva, de diferentes partes del mundo que han sido expulsadas del territorio saharaui ocupado por marruecos, y a muchas ni si quiera se les permitió descender del avión en el que viajaban al territorio, porque quien no apoya la ocupación no puede observar, ni moverse, ni conocer lo que ocurre.
    Y luego algunos hablan de libertad de circulación de personas y mercancías…
    ¿Qué mercancías?
    Se trata de normalizar el robo de los recursos naturales de un pueblo, de un territorio pendiente de descolonización. No les importa el pueblo saharaui, ni sus derechos, pero sí sus recursos naturales. No les preocupa la represión, la tortura, la cárcel, la muerte, la profanación de una cultura ¡no! solo les importa el dinero, las ganancias, los beneficios que les reporta mantener a este pueblo en la miseria engañándolo con afables promesas que jamás llevarán a cabo.
    Que el Secretario General de la ONU afirme, sin ningún rubor, que una brecha ilegal, hecha por un régimen de ocupación ilegal en un muro ilegal, es un paso para mercancías y personas es sencillamente vergonzoso. Es un lamentable atropello a la legalidad internacional, a los acuerdos firmados por las partes con las Naciones Unidas y a los legítimos derechos del pueblo saharaui, reconocidos por todos los organismos de la ONU y por los tribunales internacionales de justicia.
    Que el contrabando de drogas que el régimen marroquí realiza a la luz del día por la brecha de El Guerguerat y el expolio de los recursos saharauis se le denomine circulación normal de personas y mercancías es como mínimo una tomadura de pelo y un intento de maquillar una realidad que apesta y que salpica de lleno a la Misión de las Naciones Unidad para el Referéndum en el Sáhara Occidental, MINURSO.
    La MINURSO creada para llevar a cabo un referéndum de autodeterminación contemplado para menos de un año, lleva casi treinta años haciendo todo lo contrario al fin por el que había sido creada. Tantos años la han domesticado, la han absorbido, la han humillado, no es más que un mero instrumento en manos del reino feudal de marruecos. La MINURSO es cómplice de perpetuar la ocupación y son cómplices todos los que la sostienen y quieren mantenerla indefinidamente mientras el reino feudal hace y deshace a su antojo y sigue esparciendo sus venenos de drogas y armas por la región, alimentando y alentando al terrorismo internacional y al crimen organizado
    No sé cuán bajo puede caer la humanidad, el ser humano para no saber distinguir entre la razón y la miseria, entre el bien y el mal, entre la justicia y la impunidad, para no ver a este pueblo que lleva media vida esperando moverse en libertad y circular libremente en su tierra, libre y soberana.
    ¡Pero, ya no importa!
    Ebnu
    3 de diciembre de 2020
  • Marruecos – Sahara Occidental : El botón de emergencia

    El botón SOS, también llamado botón de emergencia o botón de pánico, es un dispositivo mediante el cual el portador puede avisar de un problema simplemente pulsando una tecla.

    Marruecos tiene uno, no para los casos de catástrofe natural, epidemia o erupción volcánica sino para reactivar la amenaza terrorista, único argumento que tiene para reivindicar el control del Sahara Occidental y sus inmensas riquezas naturales. Lo acciona cada vez que las circunstancias lo exigen : las reuniones periódicas del Consejo de Seguridad para renovar el mandato de la MINURSO, del Parlamento Europeo o para justificar la represión del pueblo marroquí.
    Desde el 14 de noviembre pasado intervino un nuevo elemento que le lleva a pulsar el botón : la nueva guerra en el Sahara Occidental.
    La decisión del Frente Polisario de acabar con la farsa del plan de paz onusino dió un vuelco definitivo a sus cálculos establecidos sobre la hipótesis del prevalecimiento del estatus quo. La vuelta a las armas no deja más que una alternativa : el referéndum tan repudiado por Marruecos.
    El pánico vivido en Rabat es tan grande que el botón de emergencia dió lugar a que en menos de 10 días, el Majzen ya ha anunciado el presunto desmantelamiento de dos células terroristas sacadas del fondo de un estado de desesperación causado por la idea de verse obligado a salir del territorio saharaui y sus nefastas consecuencias para la monarquía alauita y sus secuaces.
    Al mismo tiempo se activa también la página web atribuida al Estado Islámico del Sahel pero cuyo administrador es un funcionario de los servicios secretos. A la nebulosa terrorista se le atribuye un comunicado en el que se pretende que el Frente Polisario utiliza las plegarias de un imam de los campamentos para lanzar llamamientos a la yihad contra Marruecos. Para alejar toda sospecha, el falso comunicado del ISIS también critica a Marruecos.
    Pero eso no es todo. La gravedad del momento hace que se utilicen todas las armas. Así es como se recurre de nuevo a una vieja costumbre que es la de manipular a los mediocres servicios secretos españoles en una presunta operación en la que se detiene en Getafe a un « imán yihadista por radicalizar a alumnos en una escuela musulmana ». Ya solo falta rezar para que la comunidad internacional muerda el anzuelo y bendiga la ocupación marroquí ofreciendo el Sahara a Marruecos en una bandeja de plata.
  • Le Sahara occidental et le retour aux armes

    L’Union européenne négocie avec le Maroc l’exploitation des ressources naturelles du territoire

    Les Nations Unies ont jeté l’éponge en raison de l’impossibilité de résoudre le conflit au Sahara Occidental à cause de l’intransigeance du Maroc et de la France. Quelle issue reste-t-il au peuple sahraoui? Continuer d’attendre encore un demi-siècle alors que deux générations sont déjà nées dans les camps de réfugiés algériens?

    Cela fait 45 ans que l’Espagne a décidé d’abandonner le peuple sahraoui à son sort, cédant son ancienne possession coloniale à la Mauritanie (qui a quitté le territoire en 1979) et au Maroc, qui l’occupe militairement depuis. Après 15 ans de guerre (1975-1991), le Front Polisario a décidé d’échanger des armes contre les urnes, espérant que les temps nouveaux inaugurés avec la fin de la guerre froide rendraient possible la promesse des Nations Unies d’organiser un référendum d’autodétermination. dans laquelle les sahraouis décideraient de l’avenir du territoire.

    A cette époque, il y avait un débat âpre au sein du mouvement de libération nationale sahraoui parmi ceux qui défendaient la poursuite de la guerre, car la décision de Hassan II de négocier avec ce qu’il considérait jusque-là comme une simple organisation terroriste, était le signe d’un épuisement évident et sa capitulation était proche, et ceux qui considéraient que le moment de paix était venu; qu’il fallait se fier à la promesse de l’ONU de décoloniser le territoire, comme elle l’avait fait au cours des décennies précédentes sur pratiquement tout le continent africain. Finalement, l’option pacifique a été imposée, mais malheureusement, le temps s’est écoulé pour donner la raison à ceux qui ont pari sur la guerre.

    Le Plan de paix, librement négocié entre les deux parties et approuvé par le Conseil de sécurité (1991), prévoyait la tenue d’un référendum d’autodétermination dans un délai de six mois, au cours duquel la population pouvait choisir entre l’intégration du territoire dans le Maroc et l’indépendance. Il prévoyait également que le recensement pour le référendum serait basé sur celui établi par l’Espagne en 1974, qui serait mis à jour avec de petits changements, tirés des 15 années de guerre, y et à l’exclusion de ceux qui étaient décédés. Le fait qu’un délai aussi court ait été prévu pour la tenue du référendum donne une idée de la limitation des changements à apporter.

    Malheureusement pour le peuple sahraoui, parallèlement au début du processus d’identification des électeurs, la guerre civile qui a fait rage en Algérie pendant une décennie a éclaté. A cette époque, Hassan II a senti que si cet État retirait son soutien aux Sahraouis, il pourrait faire disparaître le conflit de l’agenda international. Heureusement, l’Algérie n’a jamais changé son engagement en faveur de l’application du droit international dans le conflit. Cependant, le monarque alaouite a utilisé le processus d’identification dans le but non déguisé de reporter indéfiniment la tenue du référendum, garantissant qu’un processus qui devait être achevé en moins de six mois durerait une décennie entière. Enfin, peu de temps après que la Minurso (Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental) a rendu public le recensement (2000), le Maroc a annoncé qu’il n’accepterait jamais un référendum sur l’autodétermination, après avoir accusé l’ONU de partialité.

    Les tentatives ultérieures pour résoudre le conflit par une «troisième voie» qui admettrait la tenue d’un référendum d’autodétermination, mais qui, à son tour, garantirait d’une manière ou d’une autre la victoire marocaine dans celui-ci, menée notamment par l’ancien secrétaire d’État américain, James Baker (Baker Plans I et II), et malgré une nette préférence pour les intérêts marocains, ont échoué en raison de l’intransigeance de cet État, qui ne voulait courir aucun «risque de perdre» le territoire. Baker lui-même l’a expressément déclaré lorsque, outré par l’obstructionnisme de cet État, a présenté sa démission.

    Depuis ce moment, les négociations sont au point mort. Les résolutions du Conseil de sécurité ont exhorté depuis lors « les parties à reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général sans conditions préalables et de bonne foi », faisant semblant d’ignorer que, à la suite de négociations menées dans ces mêmes locaux, elle avait déjà approuvé, depuis près de trois décennies, un plan de paix parfaitement applicable aujourd’hui; que la Minurso a déjà achevé une partie fondamentale de son mandat principal, la préparation du recensement; et que la seule raison pour laquelle le conflit n’est pas résolu définitivement par l’application du plan susmentionné est le rejet de l’une des parties, le Maroc, et le soutien inconditionnel du complice nécessaire, la France, qui s’oppose à la possibilité que le Conseil de sécurité force les parties à mettre en œuvre ledit plan.

    Il est évident que vous ne pouvez pas négocier avec ceux qui ne le veulent pas: parmi les «conditions préalables» auxquelles se réfèrent les résolutions susmentionnées, il y a le refus exprès du Maroc de tenir un référendum d’autodétermination. A partir de là, qu’est-ce que la partie sahraouie aurait à négocier?

    Les Nations Unies ont jeté l’éponge face à l’impossibilité de résoudre le conflit en raison de l’intransigeance du Maroc et de la France. Il est triste de devoir reconnaître que, comme le souligne la déclaration de guerre du Front Polisario, l’ONU est devenue un simple notaire de l’occupation. La dernière résolution du Conseil de sécurité laisse peu de place au doute: elle soutient “une solution politique réaliste, viable et durable à la question du Sahara occidental basée sur le compromis”. Que signifie «solution politique réaliste»? Il est évident que pour l’ONU l’indépendance n’est pas une «solution réaliste», donc ce qu’elle propose est quelque chose de très grave: abandonner le droit international pour aboutir à une solution politique qui ignore la volonté du peuple sahraoui.

    De son côté, l’Union européenne négocie avec le Maroc l’exploitation des ressources naturelles du territoire, violant ainsi l’exigence établie en février 2018 par la Cour de justice de l’Union européenne pour que cette exploitation soit conforme au droit international: que le peuple sahraoui donne son consentement à une telle exploitation. Le Front Polisario, à propos de l’Assemblée générale des Nations unies, le représentant «unique et légitime» du peuple sahraoui, a catégoriquement refusé de donner son consentement à de tels accords. En concluant ces accords, comme l’a souligné l’avocat général dans ses conclusions sur les accords de pêche, l’UE viole plusieurs des normes fondamentales du droit international: le droit à l’autodétermination des peuples, l’interdiction de reconnaître des situations dérivées de l’utilisation de force (occupation militaire), l’interdiction de contribuer par leur comportement à la consolidation d’une telle situation …

    Quant à notre pays qui, conformément au droit international et à notre propre système juridique (confirmé par deux ordonnances de la Cour nationale de 2014), continue d’être la puissance administrante du territoire, a changé sa position initiale de défense tacite du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui depuis le premier gouvernement démocratique, celui de l’UCD, jusqu’au soutien actuel à l’occupation et à l’annexion illégale du territoire par le Maroc. Les représentants des gouvernements espagnols successifs, socialistes et populaires, ont répété ad nauseam les phrases creuses des résolutions du Conseil de sécurité (“nous soutenons les efforts des parties pour parvenir à une solution mutuellement acceptable …”), tout en y participant activement dans la consolidation de l’occupation du territoire. Il faut rappeler que les projets de résolution qui parviennent au Conseil de sécurité émanent du dénommé «Groupe des amis du Sahara occidental» (Sahara occidental ou conflit?), une sorte de «Conseil de sécurité pour le conflit sahraoui» composé des Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni et Espagne, qui remplaceraient ainsi le cinquième membre permanent, la Chine.

    Parmi ceux d’entre nous qui maintiennent l’espoir que le conflit sera résolu par un référendum d’autodétermination, l’arrivée d’Unidas Podemos au gouvernement a été très bien accueillie, car depuis la fin de la dictature, le Parti communiste et la Gauche unie défendent fermement cette solution, et parce que Pablo Iglesias lui-même avait promis publiquement de le promouvoir, participant même à des actes de solidarité avec le peuple sahraoui. Mais il semble que les choses les choses sont vues différemment du gouvernement. Personne n’échappe à la gravité des problèmes avec lesquels le gouvernement marocain fait chanter et extorque l’Espagne et l’Europe. La coopération en matière de contrebande ou de terrorisme international, Ceuta et Melilla, mais surtout l’immigration, sont des arguments difficiles à gérer. Y a-t-il un doute sur les raisons pour lesquelles des milliers d’immigrants ont commencé à arriver aux îles Canaries, précisément à cette époque, en quelques semaines seulement? Le Maroc gère comme personne le robinet de l’immigration clandestine, qui s’ouvre à chaque fois que ses relations avec l’UE sont remises en question ou peuvent l’être. Mais le peuple sahraoui ne peut à nouveau être la monnaie d’échange pour résoudre les problèmes du royaume alaouite.

    Dans ces circonstances, quelle issue reste-t-il au peuple sahraoui? Continuer d’attendre encore un demi-siècle alors que deux générations sont déjà nées dans les camps de réfugiés algériens? Abandonner à leur triste sort ceux qui subissent la violente occupation marocaine sur leur propre terre? Je ne serai pas celui qui défendra la voie de la guerre pour résoudre le conflit. J’admire profondément ceux qui, après avoir subi des disparitions forcées pendant plus de seize ans, défendent encore la voie pacifique comme moyen de résoudre le conflit. Mais le Front Polisario est un mouvement de libération nationale auquel le droit international reconnaît le droit de recourir à la force face à l’occupation et à la domination coloniales, donc s’il décide de prendre les armes efficacement, il exercera son droit.

    La gravité plus ou moins grande de la violation du cessez-le-feu marocain qui a conduit à la déclaration de guerre sahraouie n’est pas particulièrement pertinente. C’est simplement la dernière goutte. La date de la proclamation de l’état de guerre n’est pas un pur hasard: il y a 45 ans, le 14 novembre 1975, l’Espagne a cédé le territoire au Maroc et à la Mauritanie par le biais des «Accords tripartites de Madrid».

    Pendant des décennies, le Front Polisario a fait preuve d’infinies preuves de patience, parfois difficiles à comprendre pour son propre peuple (rappelez-vous, par exemple, le courage du mouvement sahraoui après les événements de Gdeim Izik), en utilisant tous les canaux politiques, diplomatiques et juridiques imaginable. Ce que l’ONU, l’UE et l’Espagne lui demandent, c’est qu’il se rende, qu’il accepte de se rendre au Maroc. Et cela n’arrivera pas. Le peuple sahraoui est un peuple pacifique, il en a donné de nombreuses preuves, mais digne et fier. Si le retour à la guerre se confirme, personne ne peut lui reprocher de ne pas avoir exploité chacun des moyens possibles pour parvenir à quelque chose de fondamental qui lui correspond pour la justice: vivre en paix sur sa propre terre.

    Juan Soroeta. Professeur de droit international public à l’UPV / EHU, Président de l’AIODH (Association Internationale pour l’Observation des droits humains)

    Source : Kaos en la red, 6 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Les richesses du Sahara Occidental attisent les convoitises de l’impérialisme

    L’attaque du gouvernement marocain ravive la lutte pour l’indépendance du Polisario

    PAR BRIAN WILLIAMS

    Les forces gouvernementales marocaines ont attaqué des civils sahraouis au Sahara occidental qui protestaient pacifiquement contre le régime monarchique étendant son mur divisant leur pays. Cela a ravivé la lutte de libération nationale là-bas.

    Pendant des décennies, le peuple du Sahara occidental se bat pour l’indépendance et l’autodétermination contre l’occupation du gouvernement marocain, qui a été soutenue par les puissances impérialistes de Washington, Paris et Madrid.

    Les forces armées marocaines sont entrées dans une «zone tampon» démilitarisée patrouillée par les Nations Unies à Guerguerat, en violation d’un cessez-le-feu négocié par l’ONU qui a été mis en place il y a 29 ans. Guerguerat est situé dans le coin sud-ouest du Sahara Occidental près de sa frontière avec la Mauritanie.

    Les troupes marocaines ont ensuite franchi le mur de sable massif, connu sous le nom de «berme», qui a été construit par le régime marocain pour séparer les zones du Sahara occidental contrôlées par le Front Polisario indépendantiste de celles occupées par le régime marocain – environ 80% le pays. Le Polisario représente le Front populaire de libération de la Saguia el-Hamra et du Río de Oro, les deux principales régions peuplées qui composent le Sahara occidental.

    Les manifestations sahraouies dans la bande de Guerguerat sur lesquelles les troupes marocaines ont tiré ont été organisées en réponse à la construction par le gouvernement marocain d’une route à travers la zone tampon jusqu’à la frontière mauritanienne.

    En réponse, le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, a annoncé le 14 novembre que les attaques de l’Armée de libération du peuple sahraoui contre les forces de l’armée royale marocaine occupant le Sahara occidental reprendraient.

    Déclaration de solidarité

    La Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, qui comprend les jeunes socialistes aux États-Unis, a exprimé sa solidarité avec la lutte du peuple sahraoui dans un communiqué du 15 novembre: «Nous dénonçons les actions illégales de l’armée marocaine. Nous demandons instamment la résolution de ce conflit, qui ne peut aboutir d’aucune manière qu’à la fin de l’occupation et à l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, qui lui est refusé depuis tant d’années. »

    La déclaration appelle à des efforts pour faire passer le mot sur «l’occupation marocaine du Sahara occidental, la complicité des classes dirigeantes avec cette occupation et sur la nécessité de soutenir la cause et les luttes sahraouies».

    Le gouvernement américain est le plus grand fournisseur d’armes de la monarchie marocaine. Rabat accueille également l’exercice militaire américain annuel «African Lion» en Afrique du Nord. L’année dernière, Washington a approuvé jusqu’à 10 milliards de dollars de nouvelles ventes d’armes au gouvernement marocain, y compris des avions F-16 et des hélicoptères d’attaque Apache.

    Washington et d’autres puissances impérialistes ont les yeux rivés sur les vastes réserves de phosphate du Sahara occidental et les riches zones de pêche au large de ses côtes, désormais aux mains du régime marocain, ainsi que sur les gisements de pétrole offshore inexploités.

    Lutte sahraouie pour l’autodétermination

    Comme pour de nombreuses nations en Afrique, les frontières du Sahara occidental ont été imposées par les principales puissances impériales de l’Europe lors de la conférence de Berlin de 1885, une division du continent pour l’exploitation. La revendication de l’Espagne sur le Sahara occidental y a été codifiée.

    À la fin des années 1960, sous l’impact des luttes anticoloniales de l’après-Seconde Guerre mondiale qui ont balayé l’Afrique et l’Asie, les nationalistes sahraouis ont lancé une lutte pour l’indépendance de Madrid.

    Le Front Polisario, fondé en 1973, a lancé des batailles armées qui ont forcé Madrid à renoncer au contrôle du Sahara Occidental en 1975. Mais le régime marocain a alors annexé les deux tiers du pays et le gouvernement de la Mauritanie a pris le reste.

    Les combattants du Polisario ont poursuivi leur lutte et ont établi la République arabe saharienne démocratique avec un gouvernement en exil en Algérie. Il est actuellement reconnu par une quarantaine de pays, soit une baisse par rapport à 84.

    En 1979, le Polisario avait vaincu les forces mauritaniennes. Lors de leur retrait, les forces marocaines sont entrées pour occuper tout le Sahara occidental.

    La lutte de libération a continué. Quelque 9 000 personnes ont été tuées en 16 ans de guerre et de nombreux Sahraouis ont été contraints de fuir vers des camps de réfugiés dans le sud-ouest de l’Algérie. Actuellement, 180 000 personnes vivent dans ces camps.

    Malgré des armements beaucoup plus avancés fournis par les puissances impérialistes, les forces marocaines ont été incapables de vaincre militairement le Front Polisario. En 1991, les deux parties ont convenu d’un cessez-le-feu négocié par l’ONU. L’accord appelait à la tenue d’un référendum où les Sahraouis pourraient choisir l’indépendance.

    Mais le royaume a bloqué toutes les tentatives de tenir un tel vote. Rabat a transféré quelque 350 000 Marocains là-bas et a insisté pour qu’ils soient inclus dans tout référendum. Pour cette raison, et la fuite forcée des réfugiés, les Marocains représentent les deux tiers du demi-million d’habitants du pays.

    Après que Muhammad VI soit monté sur le trône en 2001, le régime a abandonné toute discussion sur un référendum, à moins qu’il ne garantisse le maintien de la souveraineté marocaine.

    Dans les années 80, les forces marocaines ont également construit plus de 1500 miles d’un mur de terre massif, la berme, pour maintenir le Front Polisario hors du territoire occupé par le Maroc.

    Le peuple sahraoui a poursuivi sa lutte pour gagner son indépendance, gagner la solidarité et le soutien international. Cela a inclus une participation active à la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique et aux Festivals mondiaux de la jeunesse et des étudiants qu’elle organise, en envoyant des représentants des zones occupées et des camps de réfugiés pour faire connaître la vérité sur les conditions difficiles auxquelles ils sont confrontés et leur combat pour. autodétermination.

    The Militant, 6 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara