Tag: Polisario

  • Sahara occidental : Marzouki déverse sa haine sur l’Algérie

    Blocage du dossier du Sahara occidental : Marzouki déverse sa haine sur l’Algérie

    Le militant des droits de l’Homme, Mahrez Lamari, a interpellé l’ancien président tunisien Moncef Marzouki, sur la campagne «haineuse» qu’il mène contre l’Algérie, évoquant «une stratégie de confrontation» visant à «faire endosser à l’Algérie» le blocage du dossier du Sahara occidental. ‘‘Il est malheureux de constater que Mohamed Moncef Ben Mohamed Bedoui Marzouki, continue d’adopter une attitude négative, une stratégie de confrontation et une fuite en avant en poursuivant comme toujours sa campagne haineuse de dénigrement et d’atteinte à l’Algérie de novembre 1954, terre de liberté, de fierté, de dignité et de courage’’, écrit l’ex-président du Comité national algérien de solidarité avec le peuple sahraoui (CNASPS), Mahrez Lamari, dans une lettre ouverte à l’adresse de l’ancien dirigeant tunisien.

    Mahrez Lamari souligne que «l’’aveuglement de Moncef Marzouki vise à ignorer une réalité historique établie et maintes fois confirmée par la légalité internationale», rappelant que cette réalité repose sur un consensus international en tant que question de décolonisation et sur la responsabilité du Conseil de sécurité de l’ONU dans le processus de règlement devant conduire à l’organisation d’un référendum d’autodétermination au Sahara occidental.

    Dans cette missive, l’ancien président du CNASPS, affirme que «ni l’échappatoire indigne et malhonnête de la diplomatie marocaine (…) ni aucune forme de pression ne pourrait influer sur la détermination de l’Algérie à soutenir le droit du peuple sahraoui d’exercer son droit à l’autodétermination et son représentant légitime, le Front Polisario, jusqu’à l’organisation d’un référendum libre régulier et sans contraintes de quelque nature que ce soit».

    Dans sa lettre, M. Lamari a réaffirmé, en outre, que la société civile algérienne dans toutes ses composantes et tendances reste attachée à la position de principe de l’Algérie qui est claire et sans ambiguïté.» Nous sommes fières et honorés d’être citoyen algériens, cette Algérie fidèle à l’esprit et au message de novembre 1954 qui apporte protection, secours et assistance aux réfugiés du Sahara occidental, ce territoire non autonome, qui ont trouvé asile en Algérie terre d’accueil et d’hospitalité bien ancré dans son africanité. Fière de la noblesse, l’engagement et la détermination de un million et demi de Chouhada morts pour la liberté, la dignité, l’honneur et l’indépendance nationale», a-t-il écrit.

    Dans cet esprit, il a renouvelé sa reconnaissance et respect au peuple tunisien qui a soutenu le combat et la Révolution nationale contre le colonialisme français et a accueilli et abriter les réfugiés algériens, rappelant que les événements de Sakiet sidi youcef (8 février 1958) est une page héroïque du sacrifice des deux peuples frères (tunisien et algérien) contre le colonialisme.

    A ce propos, M. Lamari invite Moncef Marzouki, à «faire preuve de sens de responsabilité et de suivre de la voie de la sagesse particulièrement quand on est en fin de parcours on ne doit pas nourrir l’injustice et l’impunité, avant que l’histoire n’enregistre définitivement que vous défendez le colonialisme». «J’interpelle votre conscience à revenir à la raison et à la légalité internationale autour de cette question de décolonisation et par la même contribuer à assurer paix, stabilité et développement à tous les peuples de la région, peuple du Sahara occidental y compris», a-t-il ajouté considérant que «les voix hurlantes contre l’Algérie, l’agressivité gratuite et les vociférations du makhzen, de ses relais et valets doivent raisonnablement se taire». Et d’enchaîner: « Notre forte conviction, est que, tôt ou tard, le droit imprescriptible à l’autodétermination triomphera au Sahara occidental», appelant l’ancien dirigeant tunisien à «agir main dans la main, Algérien, Tunisien, libyen, Marocain, Mauritanien, Sahraoui de la RASD, pour traduire en actes concrets les aspirations profondes et légitimes des peuples de la région à la liberté, au développement, à la paix, la stabilité, la dignité l’honneur, la paix et le bon voisinage».

    La lettre de l’ex président du CNASPS intervient en réaction aux propos tenus récemment par l’ex chef d’Etat tunisien au sujet de Sahara occidental, dernière colonie en Afrique, occupé depuis 1975 par le Maroc soutenu par la France. En 1966, il a été inscrit sur la liste des territoires non autonomes donc, éligible à l’application de la résolution onusienne 1514 pour l’indépendance des pays et peuples colonisés.

    L’Est Républicain, 7 déc 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara



  • Sahara Occidental : Comment le Maroc a apprivoisé la MINURSO

    En 2015, le Parlement français a approuvé une loi qualifié de « protocole d’entraide franco-marocaine » qui a signé la fin de la brouille entre la France et le Maroc provoquée par la convocation d’Abdellatif El Hammouchi, ex-patron des services secrets marocains. Sa principale disposition ? En cas d’enquête ouverte en France sur des crimes commis au Maroc ; même si la victime est française, le procureur aura l’obligation de transmettre la procédure « en priorité » aux autorités marocaines. « A elle de décider de la suite. Autant dire qu’il sera impossible de poursuivre des dignitaires marocaine en France », soulignait le Canard Enchaîné à l’époque.

    Selon les politicards français, la signature de cette loi a été dictée par « l’alliance stratégique » qui caractérisent les relations entre la France et le Maroc. Un langage qui cache les raisons expliquant le fait que toutes les élites françaises soient à la merci du Makhzen.

    Politiciens, journalistes, artistes… ont été invités à séjourner au Maroc aux frais des autorités marocaines à La Mamounia et à d’autres hôtels de luxe où un agent de la DST est souvent affecté et des caméras installées pour filmer leurs moindres gestes. Rappelez-vous l’histoire de «l’ ancien ministre » qui s’était « fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons », d’après les propos de l’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry. C’est une pratique habituelle des services secrets marocains. Il semble que c’est la seule pratique qu’ils maîtrisent puisqu’elle est utilisée contre toutes les voix critiques. La dernière en date : l’avocat Mohamed Ziane, ancien ministre des droits de l’homme et fondateur du parti marocain libéral. Il a été filmé nu et à son insu dans une chambre d’un hôtel de Rabat. « Ce sont des méthodes choquantes de basse police un peu inhabituelles au Maroc », affirme maître Patrick Baudouin, l’un des avocats du boxeur Zakaria Moumni que les services de Sa Majesté ont voulu museler par la même méthode. Selon le journaliste marocain Ali Lmrabet, « le ministre de l’intérieur de l’époque Mohand Laenser a reconnu publiquement que les Renseignements généraux (RG) avaient filmé l’ancien champion du monde Zakaria Moumni avec son épouse légitime dans une chambre de l’hôtel Hassan de Rabat ».  

    Le chantage au vidéos sexuel, la DST en possède une solide expérience et au Sahara Occidental la MINURSO n’ a pas échappé. Depuis ses premiers moments , la mission est tombée dans le piège marocain. Si les murs de l’hôtel El Massira parlaient, ils auraient beaucoup à raconter des jeunes filles marocaines qui ont été invitées à « gâter » les officiers de la mission onusienne. La population locale en sait quelque chose. Non sans raison, le Conseil de Sécurité insiste dans toutes ses résolutions sur «  la politique de tolérance zéro de l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles et de le tenir pleinement informé des progrès faits par la Mission à cet égard dans ses rapports » .

    Ceci explique en partie les nombreux documents confidentiels de la MINURSO en possession des services secrets marocains et qui ont été révélés par le hacker Chris Coleman.

    A titre d’exemple, nous citons cette lettre du Chef de la mission Hany Abdelaziz dans laquelle il fait part de la nomination du français Hervé Ladsous (encore un français) au poste de vice-secrétaire général de l’ONU chargé des missions de paix (DPKO).

    Ou encore cette lettre reçu par le Chef de la MINURSO de la part d’une équipe de télévision japonaise demandant la permission de visiter le siège de la mission à Tifariti.

    Ou encore cette lettre d’Omar Manis dans laquelle il rapporte les mesures prises par l’Algérie et le Front Polisario suite à l’affaire de deux coopérants espagnols et une italienne, kidnappés à Rabouni en 2010.

    Même les bureaux du Chef de l’ONU étaient infiltrés par les marocains. Dans une lettre envoyée par Lotfi Boucharaa, ancien chef de section au ministère marocain des affaires et ambassadeur actuel du Maroc à Moscou, il faisait part d’une source qu’il appelait « nos sources au sein du Secrétariat » de l’ONU. Il s’agit des “éléments de langage sur la thématique des droits de l’homme préparés à l’attention du SG de l’ONU pour son entrevue avec Mohamed Abdelaziz”.

    Dans un email reçu par Nasser Bourita de la part d’Amine Chabi, ce dernier rapportait des confidences faites par Kishore Deraya, Directeur adjoint politique au Cabinet du SG :

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Polisario, ONU, MINURSO,

  • Le Sahara occidental et le retour aux armes

    L’Union européenne négocie avec le Maroc l’exploitation des ressources naturelles du territoire

    Les Nations Unies ont jeté l’éponge en raison de l’impossibilité de résoudre le conflit au Sahara Occidental à cause de l’intransigeance du Maroc et de la France. Quelle issue reste-t-il au peuple sahraoui? Continuer d’attendre encore un demi-siècle alors que deux générations sont déjà nées dans les camps de réfugiés algériens?

    Cela fait 45 ans que l’Espagne a décidé d’abandonner le peuple sahraoui à son sort, cédant son ancienne possession coloniale à la Mauritanie (qui a quitté le territoire en 1979) et au Maroc, qui l’occupe militairement depuis. Après 15 ans de guerre (1975-1991), le Front Polisario a décidé d’échanger des armes contre les urnes, espérant que les temps nouveaux inaugurés avec la fin de la guerre froide rendraient possible la promesse des Nations Unies d’organiser un référendum d’autodétermination. dans laquelle les sahraouis décideraient de l’avenir du territoire.

    A cette époque, il y avait un débat âpre au sein du mouvement de libération nationale sahraoui parmi ceux qui défendaient la poursuite de la guerre, car la décision de Hassan II de négocier avec ce qu’il considérait jusque-là comme une simple organisation terroriste, était le signe d’un épuisement évident et sa capitulation était proche, et ceux qui considéraient que le moment de paix était venu; qu’il fallait se fier à la promesse de l’ONU de décoloniser le territoire, comme elle l’avait fait au cours des décennies précédentes sur pratiquement tout le continent africain. Finalement, l’option pacifique a été imposée, mais malheureusement, le temps s’est écoulé pour donner la raison à ceux qui ont pari sur la guerre.

    Le Plan de paix, librement négocié entre les deux parties et approuvé par le Conseil de sécurité (1991), prévoyait la tenue d’un référendum d’autodétermination dans un délai de six mois, au cours duquel la population pouvait choisir entre l’intégration du territoire dans le Maroc et l’indépendance. Il prévoyait également que le recensement pour le référendum serait basé sur celui établi par l’Espagne en 1974, qui serait mis à jour avec de petits changements, tirés des 15 années de guerre, y et à l’exclusion de ceux qui étaient décédés. Le fait qu’un délai aussi court ait été prévu pour la tenue du référendum donne une idée de la limitation des changements à apporter.

    Malheureusement pour le peuple sahraoui, parallèlement au début du processus d’identification des électeurs, la guerre civile qui a fait rage en Algérie pendant une décennie a éclaté. A cette époque, Hassan II a senti que si cet État retirait son soutien aux Sahraouis, il pourrait faire disparaître le conflit de l’agenda international. Heureusement, l’Algérie n’a jamais changé son engagement en faveur de l’application du droit international dans le conflit. Cependant, le monarque alaouite a utilisé le processus d’identification dans le but non déguisé de reporter indéfiniment la tenue du référendum, garantissant qu’un processus qui devait être achevé en moins de six mois durerait une décennie entière. Enfin, peu de temps après que la Minurso (Mission des Nations Unies pour le référendum au Sahara Occidental) a rendu public le recensement (2000), le Maroc a annoncé qu’il n’accepterait jamais un référendum sur l’autodétermination, après avoir accusé l’ONU de partialité.

    Les tentatives ultérieures pour résoudre le conflit par une «troisième voie» qui admettrait la tenue d’un référendum d’autodétermination, mais qui, à son tour, garantirait d’une manière ou d’une autre la victoire marocaine dans celui-ci, menée notamment par l’ancien secrétaire d’État américain, James Baker (Baker Plans I et II), et malgré une nette préférence pour les intérêts marocains, ont échoué en raison de l’intransigeance de cet État, qui ne voulait courir aucun «risque de perdre» le territoire. Baker lui-même l’a expressément déclaré lorsque, outré par l’obstructionnisme de cet État, a présenté sa démission.

    Depuis ce moment, les négociations sont au point mort. Les résolutions du Conseil de sécurité ont exhorté depuis lors « les parties à reprendre les négociations sous les auspices du Secrétaire général sans conditions préalables et de bonne foi », faisant semblant d’ignorer que, à la suite de négociations menées dans ces mêmes locaux, elle avait déjà approuvé, depuis près de trois décennies, un plan de paix parfaitement applicable aujourd’hui; que la Minurso a déjà achevé une partie fondamentale de son mandat principal, la préparation du recensement; et que la seule raison pour laquelle le conflit n’est pas résolu définitivement par l’application du plan susmentionné est le rejet de l’une des parties, le Maroc, et le soutien inconditionnel du complice nécessaire, la France, qui s’oppose à la possibilité que le Conseil de sécurité force les parties à mettre en œuvre ledit plan.

    Il est évident que vous ne pouvez pas négocier avec ceux qui ne le veulent pas: parmi les «conditions préalables» auxquelles se réfèrent les résolutions susmentionnées, il y a le refus exprès du Maroc de tenir un référendum d’autodétermination. A partir de là, qu’est-ce que la partie sahraouie aurait à négocier?

    Les Nations Unies ont jeté l’éponge face à l’impossibilité de résoudre le conflit en raison de l’intransigeance du Maroc et de la France. Il est triste de devoir reconnaître que, comme le souligne la déclaration de guerre du Front Polisario, l’ONU est devenue un simple notaire de l’occupation. La dernière résolution du Conseil de sécurité laisse peu de place au doute: elle soutient “une solution politique réaliste, viable et durable à la question du Sahara occidental basée sur le compromis”. Que signifie «solution politique réaliste»? Il est évident que pour l’ONU l’indépendance n’est pas une «solution réaliste», donc ce qu’elle propose est quelque chose de très grave: abandonner le droit international pour aboutir à une solution politique qui ignore la volonté du peuple sahraoui.

    De son côté, l’Union européenne négocie avec le Maroc l’exploitation des ressources naturelles du territoire, violant ainsi l’exigence établie en février 2018 par la Cour de justice de l’Union européenne pour que cette exploitation soit conforme au droit international: que le peuple sahraoui donne son consentement à une telle exploitation. Le Front Polisario, à propos de l’Assemblée générale des Nations unies, le représentant «unique et légitime» du peuple sahraoui, a catégoriquement refusé de donner son consentement à de tels accords. En concluant ces accords, comme l’a souligné l’avocat général dans ses conclusions sur les accords de pêche, l’UE viole plusieurs des normes fondamentales du droit international: le droit à l’autodétermination des peuples, l’interdiction de reconnaître des situations dérivées de l’utilisation de force (occupation militaire), l’interdiction de contribuer par leur comportement à la consolidation d’une telle situation …

    Quant à notre pays qui, conformément au droit international et à notre propre système juridique (confirmé par deux ordonnances de la Cour nationale de 2014), continue d’être la puissance administrante du territoire, a changé sa position initiale de défense tacite du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui depuis le premier gouvernement démocratique, celui de l’UCD, jusqu’au soutien actuel à l’occupation et à l’annexion illégale du territoire par le Maroc. Les représentants des gouvernements espagnols successifs, socialistes et populaires, ont répété ad nauseam les phrases creuses des résolutions du Conseil de sécurité (“nous soutenons les efforts des parties pour parvenir à une solution mutuellement acceptable …”), tout en y participant activement dans la consolidation de l’occupation du territoire. Il faut rappeler que les projets de résolution qui parviennent au Conseil de sécurité émanent du dénommé «Groupe des amis du Sahara occidental» (Sahara occidental ou conflit?), une sorte de «Conseil de sécurité pour le conflit sahraoui» composé des Etats-Unis, Russie, France, Royaume-Uni et Espagne, qui remplaceraient ainsi le cinquième membre permanent, la Chine.

    Parmi ceux d’entre nous qui maintiennent l’espoir que le conflit sera résolu par un référendum d’autodétermination, l’arrivée d’Unidas Podemos au gouvernement a été très bien accueillie, car depuis la fin de la dictature, le Parti communiste et la Gauche unie défendent fermement cette solution, et parce que Pablo Iglesias lui-même avait promis publiquement de le promouvoir, participant même à des actes de solidarité avec le peuple sahraoui. Mais il semble que les choses les choses sont vues différemment du gouvernement. Personne n’échappe à la gravité des problèmes avec lesquels le gouvernement marocain fait chanter et extorque l’Espagne et l’Europe. La coopération en matière de contrebande ou de terrorisme international, Ceuta et Melilla, mais surtout l’immigration, sont des arguments difficiles à gérer. Y a-t-il un doute sur les raisons pour lesquelles des milliers d’immigrants ont commencé à arriver aux îles Canaries, précisément à cette époque, en quelques semaines seulement? Le Maroc gère comme personne le robinet de l’immigration clandestine, qui s’ouvre à chaque fois que ses relations avec l’UE sont remises en question ou peuvent l’être. Mais le peuple sahraoui ne peut à nouveau être la monnaie d’échange pour résoudre les problèmes du royaume alaouite.

    Dans ces circonstances, quelle issue reste-t-il au peuple sahraoui? Continuer d’attendre encore un demi-siècle alors que deux générations sont déjà nées dans les camps de réfugiés algériens? Abandonner à leur triste sort ceux qui subissent la violente occupation marocaine sur leur propre terre? Je ne serai pas celui qui défendra la voie de la guerre pour résoudre le conflit. J’admire profondément ceux qui, après avoir subi des disparitions forcées pendant plus de seize ans, défendent encore la voie pacifique comme moyen de résoudre le conflit. Mais le Front Polisario est un mouvement de libération nationale auquel le droit international reconnaît le droit de recourir à la force face à l’occupation et à la domination coloniales, donc s’il décide de prendre les armes efficacement, il exercera son droit.

    La gravité plus ou moins grande de la violation du cessez-le-feu marocain qui a conduit à la déclaration de guerre sahraouie n’est pas particulièrement pertinente. C’est simplement la dernière goutte. La date de la proclamation de l’état de guerre n’est pas un pur hasard: il y a 45 ans, le 14 novembre 1975, l’Espagne a cédé le territoire au Maroc et à la Mauritanie par le biais des «Accords tripartites de Madrid».

    Pendant des décennies, le Front Polisario a fait preuve d’infinies preuves de patience, parfois difficiles à comprendre pour son propre peuple (rappelez-vous, par exemple, le courage du mouvement sahraoui après les événements de Gdeim Izik), en utilisant tous les canaux politiques, diplomatiques et juridiques imaginable. Ce que l’ONU, l’UE et l’Espagne lui demandent, c’est qu’il se rende, qu’il accepte de se rendre au Maroc. Et cela n’arrivera pas. Le peuple sahraoui est un peuple pacifique, il en a donné de nombreuses preuves, mais digne et fier. Si le retour à la guerre se confirme, personne ne peut lui reprocher de ne pas avoir exploité chacun des moyens possibles pour parvenir à quelque chose de fondamental qui lui correspond pour la justice: vivre en paix sur sa propre terre.

    Juan Soroeta. Professeur de droit international public à l’UPV / EHU, Président de l’AIODH (Association Internationale pour l’Observation des droits humains)

    Source : Kaos en la red, 6 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara

  • Les richesses du Sahara Occidental attisent les convoitises de l’impérialisme

    L’attaque du gouvernement marocain ravive la lutte pour l’indépendance du Polisario

    PAR BRIAN WILLIAMS

    Les forces gouvernementales marocaines ont attaqué des civils sahraouis au Sahara occidental qui protestaient pacifiquement contre le régime monarchique étendant son mur divisant leur pays. Cela a ravivé la lutte de libération nationale là-bas.

    Pendant des décennies, le peuple du Sahara occidental se bat pour l’indépendance et l’autodétermination contre l’occupation du gouvernement marocain, qui a été soutenue par les puissances impérialistes de Washington, Paris et Madrid.

    Les forces armées marocaines sont entrées dans une «zone tampon» démilitarisée patrouillée par les Nations Unies à Guerguerat, en violation d’un cessez-le-feu négocié par l’ONU qui a été mis en place il y a 29 ans. Guerguerat est situé dans le coin sud-ouest du Sahara Occidental près de sa frontière avec la Mauritanie.

    Les troupes marocaines ont ensuite franchi le mur de sable massif, connu sous le nom de «berme», qui a été construit par le régime marocain pour séparer les zones du Sahara occidental contrôlées par le Front Polisario indépendantiste de celles occupées par le régime marocain – environ 80% le pays. Le Polisario représente le Front populaire de libération de la Saguia el-Hamra et du Río de Oro, les deux principales régions peuplées qui composent le Sahara occidental.

    Les manifestations sahraouies dans la bande de Guerguerat sur lesquelles les troupes marocaines ont tiré ont été organisées en réponse à la construction par le gouvernement marocain d’une route à travers la zone tampon jusqu’à la frontière mauritanienne.

    En réponse, le chef du Front Polisario, Brahim Ghali, a annoncé le 14 novembre que les attaques de l’Armée de libération du peuple sahraoui contre les forces de l’armée royale marocaine occupant le Sahara occidental reprendraient.

    Déclaration de solidarité

    La Fédération mondiale de la jeunesse démocratique, qui comprend les jeunes socialistes aux États-Unis, a exprimé sa solidarité avec la lutte du peuple sahraoui dans un communiqué du 15 novembre: «Nous dénonçons les actions illégales de l’armée marocaine. Nous demandons instamment la résolution de ce conflit, qui ne peut aboutir d’aucune manière qu’à la fin de l’occupation et à l’exercice du droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, qui lui est refusé depuis tant d’années. »

    La déclaration appelle à des efforts pour faire passer le mot sur «l’occupation marocaine du Sahara occidental, la complicité des classes dirigeantes avec cette occupation et sur la nécessité de soutenir la cause et les luttes sahraouies».

    Le gouvernement américain est le plus grand fournisseur d’armes de la monarchie marocaine. Rabat accueille également l’exercice militaire américain annuel «African Lion» en Afrique du Nord. L’année dernière, Washington a approuvé jusqu’à 10 milliards de dollars de nouvelles ventes d’armes au gouvernement marocain, y compris des avions F-16 et des hélicoptères d’attaque Apache.

    Washington et d’autres puissances impérialistes ont les yeux rivés sur les vastes réserves de phosphate du Sahara occidental et les riches zones de pêche au large de ses côtes, désormais aux mains du régime marocain, ainsi que sur les gisements de pétrole offshore inexploités.

    Lutte sahraouie pour l’autodétermination

    Comme pour de nombreuses nations en Afrique, les frontières du Sahara occidental ont été imposées par les principales puissances impériales de l’Europe lors de la conférence de Berlin de 1885, une division du continent pour l’exploitation. La revendication de l’Espagne sur le Sahara occidental y a été codifiée.

    À la fin des années 1960, sous l’impact des luttes anticoloniales de l’après-Seconde Guerre mondiale qui ont balayé l’Afrique et l’Asie, les nationalistes sahraouis ont lancé une lutte pour l’indépendance de Madrid.

    Le Front Polisario, fondé en 1973, a lancé des batailles armées qui ont forcé Madrid à renoncer au contrôle du Sahara Occidental en 1975. Mais le régime marocain a alors annexé les deux tiers du pays et le gouvernement de la Mauritanie a pris le reste.

    Les combattants du Polisario ont poursuivi leur lutte et ont établi la République arabe saharienne démocratique avec un gouvernement en exil en Algérie. Il est actuellement reconnu par une quarantaine de pays, soit une baisse par rapport à 84.

    En 1979, le Polisario avait vaincu les forces mauritaniennes. Lors de leur retrait, les forces marocaines sont entrées pour occuper tout le Sahara occidental.

    La lutte de libération a continué. Quelque 9 000 personnes ont été tuées en 16 ans de guerre et de nombreux Sahraouis ont été contraints de fuir vers des camps de réfugiés dans le sud-ouest de l’Algérie. Actuellement, 180 000 personnes vivent dans ces camps.

    Malgré des armements beaucoup plus avancés fournis par les puissances impérialistes, les forces marocaines ont été incapables de vaincre militairement le Front Polisario. En 1991, les deux parties ont convenu d’un cessez-le-feu négocié par l’ONU. L’accord appelait à la tenue d’un référendum où les Sahraouis pourraient choisir l’indépendance.

    Mais le royaume a bloqué toutes les tentatives de tenir un tel vote. Rabat a transféré quelque 350 000 Marocains là-bas et a insisté pour qu’ils soient inclus dans tout référendum. Pour cette raison, et la fuite forcée des réfugiés, les Marocains représentent les deux tiers du demi-million d’habitants du pays.

    Après que Muhammad VI soit monté sur le trône en 2001, le régime a abandonné toute discussion sur un référendum, à moins qu’il ne garantisse le maintien de la souveraineté marocaine.

    Dans les années 80, les forces marocaines ont également construit plus de 1500 miles d’un mur de terre massif, la berme, pour maintenir le Front Polisario hors du territoire occupé par le Maroc.

    Le peuple sahraoui a poursuivi sa lutte pour gagner son indépendance, gagner la solidarité et le soutien international. Cela a inclus une participation active à la Fédération mondiale de la jeunesse démocratique et aux Festivals mondiaux de la jeunesse et des étudiants qu’elle organise, en envoyant des représentants des zones occupées et des camps de réfugiés pour faire connaître la vérité sur les conditions difficiles auxquelles ils sont confrontés et leur combat pour. autodétermination.

    The Militant, 6 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #WesternSahara



  • Sahara Occidental : « La détermination des Sahraouis a mis en échec tous les rêves néocolonialistes du Maroc » (Expert).


    Selon le spécialiste des questions géopolitiques ; M’hand Berkouk, la détermination des Sahraouis a mis en échec tous les rêves néocolonialistes du Maroc.

    « Le Maroc fait de la servitude stratégique au profit de la France et des EtatsUnis en s’appuyant sur des lobbies israéliens sionistes, mais la détermination des Sahraouis a mis en échec tous ces rêves néocolonialistes » a-t-il déclaré dans une interview accordée au journal Sud Horizons

    Le géopolitologue algérien a rappelé que « le dossier du Sahara occidental est géré par l’ONU. Ses résolutions expriment une inquiétude par rapport aux agissements du Maroc qui essaye de pérenniser un statu quo qui n’est pas favorable à la résolution du conflit ».

    Il a indiqué que « la France a une responsabilité juridique et morale quant au blocage de ce processus de résolution en soutenant constamment l’approche marocaine s’agissant de la redéfinition du rôle de la Minurso créée pour l’organisation d’un référendum3.

    Pour lui, « l’affaire d’El Guerguerat a confirmé l’incapacité du Maroc à mobiliser l’opinion européenne ou à créer un consensus en sa faveur. Beaucoup de pays appellent à une mise en œuvre urgente du plan de règlement passant par une préparation objective du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui ».

    Concernant les positions de l’Algérie, M. Berkouk a souligné qu’elles « sont claires. Elle a un statut d’observateur né du voisinage, mais n’a jamais eu, de par son histoire, des visées expansionnistes, contrairement au Maroc qui ne reconnaît pas de frontières définies ».

    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #WesternSahara #ONU #MINURSO

  • Sahara Occidental : Le défi d’El Guerguerat

    L’Afrique unie et solidaire, rêvée par les pères fondateurs du panafricanisme triomphant de la barbarie coloniale, est aujourd’hui interpellée par l’urgence du parachèvement de la décolonisation dans la dernière colonie africaine et les enjeux de la paix dans un continent marqué par la prolifération des crises, notamment au Sahel, confronté à la montée de la menace terroriste et à l’ingérence étrangère aux relents néocoloniaux. Cette problématique, placée sous le sceau de «faire taire les armes en 2020», au cœur des travaux de la 21e session extraordinaire du comité exécutif de l’Union africaine, est tributaire de la capacité de l’Afrique à s’imposer en acteur incontournable dans la gestion et le règlement pacifique des conflits.

    L’Afrique du Sud, présidant le Conseil de sécurité le mois décembre, considère, par la voix de la ministre des Relations internationales et de la Coopération, Naledi Candor, qu’il s’agit d’une opportunité pour contribuer à la dynamique de la paix qui conditionne le développement durable. Ce défi majeur est fondamentalement lié à la nécessité de faire front pour combattre les tentatives d’ingérence étrangères, participant à la marginalisation de la nouvelle Afrique pour imposer, comme c’est le cas en Libye, des agendas au service d’intérêts commerciaux et géostratégiques.

    La situation suscite de légitimes appréhensions. Dans son intervention, le ministre des Affaires étrangères, Sabri boukadoum, prenant acte de la résurgence des conflits et l’occultation de la responsabilité africaine, a évoqué les derniers développements survenus au Sahara occidental source de «grandes inquiétudes» pour l’Algérie soucieuse de la stabilité et de la sécurité dans la région.

    La crise de Guerguerat est non seulement une violation des dispositions statutaires, mais constitue aussi un défi lancé à l’Union africaine, solidement ancrée dans le socle anti-colonial et tenue de traduire en actes concrets son engagement contracté par les accords de paix signés en septembre 1991 entre le Maroc et le Front Polisario. Car par-delà la politique du fait accompli, la violation du cessez-le-feu est une sérieuse menace contre la stabilité dans la région soumise au diktat de l’Etat narcotrafiquant rêvant, révèlent le magazine Strategika et le comité d’experts de l’ONU au Mali, d’une extension du commerce du hachich à travers les filières de l’immigration clandestine e long de la bande sahélienne.

    Ce redéploiement est motivé par la fermeture de la frontière algérienne et la lutte contre le trafic de drogue, menée avec professionnalisme par l’Armée nationale populaire, en rempart infranchissable, contre le terrorisme et le crime organisé sous toutes ses formes. Cette face cachée de la guerre d’El Guerguerat traduit la crise d’une monarchie aux abois secouée par une grave crise financière et économique.
    Horizons, 4 déc 2020

    #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #Marruecos #WesternSahara #Algérie



  • L’ONU doit enfin agir au Sahara Occidental


    Alors qu’un conflit gelé depuis longtemps dégèle, il est temps pour l’ONU d’agir avant qu’il ne soit trop tard.

    Alexander Bertschi Wrigley

    L’effondrement récent d’un cessez-le-feu de près de trente ans dans le Sahara occidental disputé risque de se transformer en crise humanitaire et de saper la stabilité régionale. Les hostilités entre le Maroc et le Front Polisario – un mouvement indépendantiste sahraoui – ont repris le mois dernier après la rupture d’un cessez-le-feu en 1991 entre les deux parties. Les tensions qui ont conduit à cette flambée de violence la plus récente ont cependant été maintes fois confrontées au silence du Conseil de sécurité de l’ONU. Les États membres ont toujours choisi de préserver un statu quo intenable. Pendant ce temps, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, n’a pas nommé d’envoyé personnel au Sahara occidental depuis la démission de l’envoyé précédent il y a plus de 18 mois. Les États-Unis et d’autres dirigeants de l’ONU doivent enfin intervenir et agir pour veiller à ce qu’une solution politique mutuellement acceptable au conflit soit trouvée avant qu’il ne soit trop tard.

    Au Sahara occidental, ancienne colonie espagnole, le conflit entre le Maroc et le Front Polisario a véritablement commencé après le retrait de l’Espagne de la région en 1975. Au cours de la guerre qui a suivi, le Maroc a pris le contrôle d’environ 80% du territoire contesté et des dizaines de milliers des Sahraouis ont fui vers des camps de réfugiés de fortune dans le sud-ouest du désert algérien, où ils sont restés ces 45 dernières années. Aceasefire a été signé en 1991 et l’ONU a créé la MINURSO, une mission de maintien de la paix dont le mandat central reste «d’organiser et d’assurer un référendum libre et équitable» sur l’indépendance du territoire.

    Cette dernière série de combats, la plus grave depuis le cessez-le-feu, a commencé à un petit poste frontière dans la zone démilitarisée entre le Sahara occidental et la Mauritanie, où des manifestants sahraouis se sont rassemblés fin octobre pour dénoncer les violations des droits de l’homme largement présumées dans le Sahara occidental sous contrôle marocain. et l’inaction de l’ONU dans l’organisation d’un référendum sur l’indépendance de la région. Le 13 novembre, l’armée marocaine a lancé une opération militaire pour briser ces manifestations par la force. Ces actions ont conduit à un conflit plus large entre le Maroc et le Polisario, qui a déclaré le cessez-le-feu de 1991 «terminé» plus tard dans la journée.

    La situation actuelle au Sahara occidental met en relief les échecs de la diplomatie internationale du Conseil de sécurité de l’ONU et de l’ensemble du système onusien. Près de 30 ans se sont écoulés depuis la création de la MINURSO, mais peu de choses ont changé pour le peuple sahraoui. Le référendum sur l’indépendance promis depuis longtemps ne s’est pas encore concrétisé, et le peuple sahraoui n’est pas plus près de la fin de son exil en Algérie qu’il ne l’était en 1991. Alors qu’un porte-parole du Secrétaire général Guterres a déclaré: «La MINURSO s’est engagée à continuer de s’acquitter de son mandat», il est clair que l’échec abject de la MINURSO dans l’exécution de son mandat est l’une des principales causes de ce redémarrage des hostilités.

    Malgré son échec global, l’ONU a fait des progrès récents vers une solution politique. Le dernier envoyé de l’ONU au Sahara occidental, Horst Köhler, a pu réunir le Maroc et le Front Polisario pour un dialogue constructif à Genève en 2018. Pourtant, depuis la démission de Köhler en mai 2019, le secrétaire général Guterres n’a pas d’envoyé, sabordant ainsi toute dynamique positive potentielle.

    Le Sahara occidental a été victime de la diplomatie intermitente et du statu quo depuis trop longtemps. Les Sahraouis des camps de réfugiés, abandonnés par les diplomates internationaux et les décideurs politiques, ont décidé de prendre leur situation en main dans un ultime effort pour attirer l’attention du monde entier sur leur sort. Ça ne doit pas forcément être comme ça.

    La résurgence des combats au Sahara occidental doit inciter les dirigeants de l’ONU à agir d’urgence. Pour résoudre ce conflit sans perte significative de vies des deux côtés, le Secrétaire général Guterres doit immédiatement nommer un nouvel Envoyé personnel qui pourra convoquer à la fois le Maroc et le Front Polisario pour des pourparlers constructifs. Le Conseil de sécurité de l’ONU doit enfin lancer un processus politique légitime conduisant à un référendum et à une solution mutuellement acceptable. Le moment est venu pour l’ONU d’honorer enfin ses engagements envers le Sahara occidental.

    Alexander Bertschi Wrigley (@BertschiWrigley) est un expert émergent sur l’assistance au secteur de la sécurité au Maghreb avec le Forum on the Arms Trade et est titulaire d’une maîtrise en sécurité internationale avec un accent sur l’Afrique du Nord de Sciences Po Paris.

    Source : Instick Media, 4 décembre 2020

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  • Maroc-SaharaOccidental : La roublardise comme diplomatie

    «La situation au Sahara occidental, notamment les développements auxquels nous avons assisté récemment, est une source de grande inquiétude pour l’Algérie…outre les tentatives d’imposer la politique du fait accompli dans les territoires d’un membre fondateur de notre organisation, les violations enregistrées contre des civils dans la région d’El-Guerguerat ont posé de sérieux défis susceptibles de mettre en péril la paix et la sécurité dans toute la région». a averti Sabri Boukadoum dans son allocution à la session extraordinaire du Conseil exécutif de l’UA.

    Les mots utilisés par le chef de la diplomatie algérienne ont leur poids et ils pèsent lourd au sein de l’organisation africaine où elle joue et a toujours joué un rôle central. Il faut dire que le Maroc a encore une fois fait le choix délibéré de mettre en péril la stabilité de la région, en répondant à un agenda domestique dangereux, mais aussi en mettant en musique tout un agenda étranger qui n’a jamais désespéré de faire entrer notre région dans un perpétuel état de déstabilisation.

    Le Maroc devient ainsi le mauvais élève qui n’a rien appris de ses sorties de route depuis qu’il a quitté l’organisation africaine en jouant la politique de la chaise vide, avant d’y revenir en s’engageant à respecter toute sa charte y compris la reconnaissance de tous les membres de UA, dont fait partie la République sahraoui qui en est même un membre fondateur. Mais comme à son accoutumée le royaume chérifien a vite fait de faire volte face, et pire encore il s’adonne depuis un moment déjà à jouer la division au sein de l’organisation. Une roublardise qui fait office de diplomatie et qui commence à lasser sérieusement les grands pays africains qui tiennent au respect de leur organisation et à celui de ses membres.

    Il faut dire que les Africains avaient mis comme objectif majeur en cette année 2020, de faire taire les armes sur tout le continent, mais le Maroc se met au travers de ce chemin, comme l’a déclaré le ministre sahraoui des Affaires étrangères, Mohamed Salem Ould Salek, en continuant à occuper le Sahara occidental et en tournant le dos aux résolutions Internationales qui appellent toutes à l’organisation d’un référendum d’autodétermination par lequel le peuple sahraoui se prononcera sur son indépendance.

    Une indépendance inéluctable quels que soient les coups fourrés de Rabat qui doit être rappelé à l’ordre par l’ONU qui doit assumer pleinement sa responsabilité avant de voir la situation, déjà compliquée, prendre des proportions encore plus dangereuses pour toute la région.
    Par Abdelmadjid Blidi

    Ouest Tribune, 5 déc 2020

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  • Sahara Occidental : l’UE ignore sa propre cour sur le commerce de conflit

    Quatre ans se sont écoulés depuis que la Cour de justice de l’UE a décidé que les produits du Sahara Occidental occupé ne pouvaient pas être inclus dans les accords commerciaux UE-Maroc. Aujourd’hui, WSRW présente un rapport détaillant les efforts que l’UE déploie pour saper politiquement la décision.

    La plus haute Cour de l’Union Européenne a statué en décembre 2016 que le Sahara Occidental ne pouvait pas être inclus dans le champs d’application de l’accord commercial UE-Maroc. Pourtant, à ce jour, l’UE continue d’importer des produits de la pêche du Sahara Occidental, soutenant directement les revendications illégales du Maroc sur le territoire. Le seul ajustement que l’UE a fait à la suite de la décision historique a été d’admettre qu’ils font ce qu’ils ont toujours fait.

    Aujourd’hui, Western Sahara Resource Watch (WSRW) publie un rapport détaillé de la portée de la pratique illégale de l’UE :

    ● Elle accepte les déclarations d’origine erronées sur les documents douaniers et les certificats vétérinaires délivrés par les autorités marocaines sur les terres occupées,

    ● Elle accepte l’inclusion des entreprises situées au Sahara Occidental dans la liste des établissements agréés du gouvernement marocain,

    ● Elle renonce aux droits de douane sur ces marchandises,

    ● Elle entrave activement la collecte de données sur les flux commerciaux du territoire.

    Téléchargez le rapport en anglais (version en français à venir) : Au-dessus des lois – Comment l’UE importe ostensiblement des produits de la pêche du Sahara Occidental occupé, ignorant sa propre Cour de justice.

    Le soutien tacite de l’UE à l’exploitation du Sahara Occidental et la revendication intenable du Maroc sont une cause de profonde exaspération pour le peuple du territoire. La réponse militaire du Maroc à une récente manifestation des Sahraouis contre le pillage de leurs terres par le Maroc a conduit à une reprise du conflit armé, implosant une trêve de 29 ans négociée par l’ONU.

    La Cour de justice de l’UE a fixé en 2016 comme condition préalable que le peuple sahraoui doit consentir pour que le commerce de l’UE se déroule avec le territoire. Cela n’est jamais arrivé. Le rapport de WSRW documente qu’au lieu d’essayer d’obtenir un consentement pour poursuivre son commerce, la Commission a induit en erreur le Parlement et le Conseil en présentant de fausses déclarations sur les opinions du peuple sahraoui. Aucune association prônant l’autodétermination n’a jamais été en contact avec l’UE pour la renégociation d’un accord commercial renouvelé.

    Une partie lucrative du commerce consiste en l’importation de farine et d’huile de poisson. Dans peu d’autres endroits en Europe, cela est plus flagrant qu’un terminal du port de Brême : le centre des importations de farine de poisson vers l’Europe. Ce rapport suit les itinéraires de la farine de poisson des territoires occupés vers l’Allemagne et montre que la moitié des exportations de farine de poisson du Maroc vers l’Allemagne en 2019 provenaient en fait du Sahara Occidental. De même, WSRW a suivi les exportations d’huile de poisson du Sahara Occidental vers les Pays-Bas et la France. Les produits de la pêche proviennent d’activités de pêche non durables menées dans les eaux du Sahara Occidental.

    La controverse sur le commerce UE-Sahara Occidental est illustrée par une cargaison qui est en route cette semaine.

    Hier, 2 décembre 2020, le chimiquier, Oramalia, est arrivé au port de Tantan dans le sud du Maroc. À l’arrivée à Tantan, le navire est déjà à moitié plein d’huile de poisson chargée au Sahara Occidental occupé au cours de la semaine dernière. Dans quelques jours, il se dirigera très probablement vers un port de l’UE, comme il l’a fait auparavant.

    L’UE a veillé à ce que le commerce avec le territoire occupé se déroule sans heurts, tant pour l’exportateur au Sahara Occidental que pour l’importateur dans l’UE. Le gouvernement marocain est autorisé par l’UE à délivrer des permis à l’exportateur et à se définir comme pays d’origine. Entre-temps, l’UE accepte ouvertement que l’importateur achète des biens dans le cadre d’un accord UE-Maroc qui sont produits dans un endroit qui ne fait pas partie du Maroc.

    “Nous appelons les institutions de l’UE, les États membres de l’UE et les entreprises impliquées à honorer les arrêts de la Cour de justice et surtout la volonté du peuple du Sahara occidental. Actuellement l’UE sabote directement tout respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et au processus de paix de l’ONU. L’UE n’a pas le droit de conclure des accords commerciaux avec le Maroc couvrant le Sahara Occidental sans obtenir au préalable le consentement de son peuple. L’UE ne doit pas se placer au-dessus des lois “, a déclaré Sylvia Valentin, présidente de Western Sahara Resource Watch.

    Source : WSRW, 3 déc 2020

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  • Sahara Occidental : Le Maroc choisit les armes en réponse à la colère du peuple colonisé

    L’armée marocaine est entrée le 13 novembre 2020 dans la zone démilitarisée à Guerguerat au sud du Sahara occidental. Elle a attaqué le campement des civils sahraouis qui bloquaient depuis le 20 octobre, la brèche ouverte par le Maroc dans cette zone-tampon pour y faire transiter les ressources halieutiques et agricoles qu’il exploite illégalement.

    C’est la quatrième fois depuis septembre 1991, que le Maroc rompt les conditions de l’accord de cessez-le-feu signé après seize années de guerre avec le Front Polisario. Le Front Polisario avait apposé sa signature contre la promesse de l’organisation d’un référendum fixé à l’époque en janvier 1992.

    Les rois Hassan 2 puis Mohamed 6 n’ont eu de cesse de faire repousser l’échéance redoutée pour profiter d’une situation « ni guerre, ni paix ». Elle a permis d’installer une colonie de peuplement de centaines de milliers de Marocains et de développer, en toute illégalité, le pillage des ressources naturelles de ce territoire non autonome : phosphate, sable, produits de la mer et agricoles.

    Cette fois l’armée de libération nationale sahraouie a répliqué aux graves provocations du colonisateur, qui refuse d’entendre la colère d’un peuple qui s’est exprimée pacifiquement à Gdeim Izik comme à Guerguerat. Un peuple qui attend depuis vingt neuf ans la réalisation de la promesse onusienne d’accéder à l’autodétermination, alors que sous ses yeux, ses ressources naturelles sont exportées malgré les arrêts de la Cour européenne de justice en application du droit international.

    Le Conseil de sécurité porte une lourde responsabilité dans cette situation. Il est en défaut d’appliquer la résolution de l’Assemblée générale de l’ONU du 14 décembre 1960 sur « l’octroi à l’indépendance des pays et peuples coloniaux » qui « proclame solennellement la nécessité de mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations ».

    Le Conseil de sécurité a cautionné les entraves du Maroc au travail de la MINURSO, la brèche en est un exemple : les quatre envoyés spéciaux de l’ONU qui se sont succédés, ont demandé en vain qu’elle soit refermée. Leurs démissions expriment d’ailleurs cette paralysie organisée. En 2016 le roi Mohamed 6 a expulsé la composante politique et administrative de la MINURSO chargée de préparer le référendum. Le Secrétaire général de l’ONU a demandé son retour, elle n’est toujours pas complète à ce jour. Malgré ces atermoiements la liste électorale a été arrêtée et ne nécessite qu’une mise à jour. Mais le Maroc n’admet qu’une alternative dans ce référendum : l’autonomie au sein du royaume, option soutenue par la France qui pèse de tout son poids pour empêcher que la MINURSO soit dotée d’un volet de surveillance des droits de l’homme comme le recommandaient les ONG internationales, en particulier dans les zones de conflits armés. Depuis sept années aucun observateur ou professionnel de l’information ne peut séjourner au Sahara occidental occupé : 283 personnes venues de 20 pays et de 4 continents ont été expulsés par le régime colonial. Le correspondant de l’agence espagnole EFE en poste au Maroc n’a pas été autorisé à se rendre à Guerguerat.



    L’AFASPA, solidaire du peuple sahraoui, demande solennellement

    – Au Conseil de Sécurité de l’ONU d’organiser dans les plus brefs délais un référendum qui applique l’expression libre et authentique de la volonté des populations du Sahara occidental.

    – A l’Union Africaine de jouer pleinement son rôle pour le droit à l’autodétermination du seul peuple du continent qui n’a pas encore pu se prononcer sur son destin.

    – Au gouvernement français d’adopter une attitude constructive dans ce processus de décolonisation dans le plein respect de l’esprit de la résolution 1514 de l’Assemblée générale des Nations Unies.

    – Au royaume du Maroc de respecter les droits de l’homme dans la partie qu’il occupe du Sahara occidental et de se soumettre à la volonté de des Nations Unies de « mettre rapidement et inconditionnellement fin au colonialisme sous toutes ses formes et dans toutes ses manifestations » en s’asseyant à la table des négociations.

    Bagnolet le 15 novembre 2020

    Source : Entre les lignes entre les mots, 18 nov 2020