Tag: ONU

  • El fango en el que se ha metido el Gobierno en relación al conflicto del Sahara Occidental

    Efectivamente el gobierno al completo ha bajado al barro en el conflicto del Sáhara Occidental a instancias de la posición adoptada por su ministerio de Relaciones Exteriores en lo que se refiere a la ruptura del alto el fuego por parte de Marruecos. El citado ministerio pretende además revolcar en ese barro al principal partido que apoya la acción de gobierno, el PSOE. A estas alturas ya está clara la pretensión del gobierno de intentar transmitir a la sociedad española que está manteniendo una responsable posición política de equidistancia y neutralidad en relación al conflicto, posición, que como en este caso, cuando hay un agredido y un agresor, siempre benefician a este último. 

    Es verdad que este posicionamiento es el que ha venido siendo habitual en la alternancia de gobierno que han ejercido los principales partidos desde el inicio de la democracia convirtiendo estas cuestiones, que no tienen nada de jurídicas, sino políticas, en una política de Estado que sitúa los intereses con Marruecos y la aceptación de sus habituales chantajes en su relación con España por encima de los principios del respeto a la legalidad internacional y los DDHH que deben regir en cualquier país democrático. 
    En ese sentido, y en este caso concreto, el gobierno necesita la oportuna cobertura política para llevar a cabo este desatino con el fin de intentar en la medida de lo posible evitar que le pase por encima la locomotora de la sociedad española que se viene manifestando de manera mayoritaria muy sensible con la justa causa del Pueblo Saharaui. Esta irreflexiva e indecente huida hacia adelante necesita cómplices políticos y quien mejor en este caso que aquel que de forma mayoritaria apoya la acción del gobierno, aunque esto seguro vaya en contra de lo que piensa su propia militancia y votantes. 
    Voy a intentar definir la estrategia que para ello está empleando la cúpula directiva del PSOE a instancias de las recomendaciones que en ese sentido le ha trasladado el ministerio de Relaciones Exteriores para que a su vez haga lo propio a sus organizaciones territoriales y representantes instituciones: “No apoyar ningún tipo de declaración o moción que condene la ruptura del alto el fuego por parte de Marruecos, no apoyar cualquier mención a la condición de España como Potencia administradora del territorio que todavía sigue ostentando según la legalidad internacional, evitar cualquier mención al derecho a la autodeterminación e independencia del Pueblo Saharaui a través del referéndum”, es decir, posicionarse claramente al lado de Marruecos en su intención de anexionar por la fuerza el Sáhara Occidental, y para intentar disimular esta clara pretensión, sugieren que se haga referencia solo de manera general al apoyo a las vacías resoluciones del Consejo de Seguridad de NNUU que ha sido precisamente, con su inacción, cuando no complicidad manifiesta con el régimen marroquí, quien ha facilitado su envalontamiento e impunidad para romper el alto el fuego. 
    Esas precisas y bastardas instrucciones son aceptadas por disciplinados representantes instituciones, generalmente estómagos agradecidos que viven de la política, no todos por suerte, porque ya hay movimiento en algunas CCAA y sus agrupaciones en contra de esa errónea e incomprensible estrategia, por lo que muchos militantes de base, cuadros medios y representantes institucionales haciendo gala del respeto a su ideología, principios y dignidad, se han negado a vetar esos irrenunciables preceptos de apoyo al Pueblo Saharaui. 
    Decía Salvador Allende, un gran socialista, que “la historia es nuestra y la hacen los pueblos” y por ello es preciso recordar que el pueblo español hizo suya historia y justicia no hace tantos años cuando un gobierno apoyó una guerra y a sus patrocinadores en contra de la voluntad de la mayoría de la sociedad española y el partido que apoyaba su acción perdió las siguientes elecciones precisamente por ese motivo. Señores socialistas, aprendan de la historia porque aveces se repite.
    Alberto Suárez Montiel
    Fuente : Facebook, 29 nov 2020
  • Sahara Occidental : Comment le Maroc a apprivoisé la MINURSO

    En 2015, le Parlement français a approuvé une loi qualifié de « protocole d’entraide franco-marocaine » qui a signé la fin de la brouille entre la France et le Maroc provoquée par la convocation d’Abdellatif El Hammouchi, ex-patron des services secrets marocains. Sa principale disposition ? En cas d’enquête ouverte en France sur des crimes commis au Maroc ; même si la victime est française, le procureur aura l’obligation de transmettre la procédure « en priorité » aux autorités marocaines. « A elle de décider de la suite. Autant dire qu’il sera impossible de poursuivre des dignitaires marocaine en France », soulignait le Canard Enchaîné à l’époque.

    Selon les politicards français, la signature de cette loi a été dictée par « l’alliance stratégique » qui caractérisent les relations entre la France et le Maroc. Un langage qui cache les raisons expliquant le fait que toutes les élites françaises soient à la merci du Makhzen.

    Politiciens, journalistes, artistes… ont été invités à séjourner au Maroc aux frais des autorités marocaines à La Mamounia et à d’autres hôtels de luxe où un agent de la DST est souvent affecté et des caméras installées pour filmer leurs moindres gestes. Rappelez-vous l’histoire de «l’ ancien ministre » qui s’était « fait poisser à Marrakech dans une partouze avec des petits garçons », d’après les propos de l’ancien ministre de l’Éducation nationale Luc Ferry. C’est une pratique habituelle des services secrets marocains. Il semble que c’est la seule pratique qu’ils maîtrisent puisqu’elle est utilisée contre toutes les voix critiques. La dernière en date : l’avocat Mohamed Ziane, ancien ministre des droits de l’homme et fondateur du parti marocain libéral. Il a été filmé nu et à son insu dans une chambre d’un hôtel de Rabat. « Ce sont des méthodes choquantes de basse police un peu inhabituelles au Maroc », affirme maître Patrick Baudouin, l’un des avocats du boxeur Zakaria Moumni que les services de Sa Majesté ont voulu museler par la même méthode. Selon le journaliste marocain Ali Lmrabet, « le ministre de l’intérieur de l’époque Mohand Laenser a reconnu publiquement que les Renseignements généraux (RG) avaient filmé l’ancien champion du monde Zakaria Moumni avec son épouse légitime dans une chambre de l’hôtel Hassan de Rabat ».  

    Le chantage au vidéos sexuel, la DST en possède une solide expérience et au Sahara Occidental la MINURSO n’ a pas échappé. Depuis ses premiers moments , la mission est tombée dans le piège marocain. Si les murs de l’hôtel El Massira parlaient, ils auraient beaucoup à raconter des jeunes filles marocaines qui ont été invitées à « gâter » les officiers de la mission onusienne. La population locale en sait quelque chose. Non sans raison, le Conseil de Sécurité insiste dans toutes ses résolutions sur «  la politique de tolérance zéro de l’Organisation des Nations Unies à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles et de le tenir pleinement informé des progrès faits par la Mission à cet égard dans ses rapports » .

    Ceci explique en partie les nombreux documents confidentiels de la MINURSO en possession des services secrets marocains et qui ont été révélés par le hacker Chris Coleman.

    A titre d’exemple, nous citons cette lettre du Chef de la mission Hany Abdelaziz dans laquelle il fait part de la nomination du français Hervé Ladsous (encore un français) au poste de vice-secrétaire général de l’ONU chargé des missions de paix (DPKO).

    Ou encore cette lettre reçu par le Chef de la MINURSO de la part d’une équipe de télévision japonaise demandant la permission de visiter le siège de la mission à Tifariti.

    Ou encore cette lettre d’Omar Manis dans laquelle il rapporte les mesures prises par l’Algérie et le Front Polisario suite à l’affaire de deux coopérants espagnols et une italienne, kidnappés à Rabouni en 2010.

    Même les bureaux du Chef de l’ONU étaient infiltrés par les marocains. Dans une lettre envoyée par Lotfi Boucharaa, ancien chef de section au ministère marocain des affaires et ambassadeur actuel du Maroc à Moscou, il faisait part d’une source qu’il appelait « nos sources au sein du Secrétariat » de l’ONU. Il s’agit des “éléments de langage sur la thématique des droits de l’homme préparés à l’attention du SG de l’ONU pour son entrevue avec Mohamed Abdelaziz”.

    Dans un email reçu par Nasser Bourita de la part d’Amine Chabi, ce dernier rapportait des confidences faites par Kishore Deraya, Directeur adjoint politique au Cabinet du SG :

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Polisario, ONU, MINURSO,

  • L’ONU fait la promotion du cannabis !

    par Abdelkrim Zerzouri


    La Commission des stupéfiants des Nations unies (CND), organe chargé de la classification des substances considérées comme des drogues au vu du droit international, a-t-elle ouvert la voie à une dépénalisation mondiale du cannabis et ses dérivés en le reclassant hors de la catégorie des drogues les plus dangereuses ?

    Depuis quelques années, plusieurs pays ont dépénalisé ou ont permis la consommation du cannabis dans un cadre récréatif, mais cette substance et sa résine étaient toujours classées parmi la catégorie la plus prohibitive dans l’annexe IV de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961, où sont groupées les plus dangereuses qui favorisent fortement l’abus et dont l’intérêt médical est considéré comme très faible. Mais avec le vote du 2 décembre dernier, lors de la tenue de la 63e session de la CND, la situation bascule du tout au tout. Et, c’est sur recommandation de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) que les 53 Etats membres de la CND ont voté en faveur du retrait du cannabis du tableau IV de la Convention unique de 1961 et reconnaître de fait son utilité médicinale et thérapeutique.

    Ainsi, à l’égal de l’opium ou la morphine, l’utilisation du cannabis dans la fabrication de médicaments est autorisée par l’OMS et l’ONU. Cette décision a bénéficié de 27 voix favorables, 25 voix contre et une abstention, l’Ukraine. L’Algérie fait partie des pays qui ont voté contre, mais la balance a légèrement penché du côté des pays qui ont voté pour le retrait du cannabis et ses dérivés du tableau IV de la Convention unique sur les stupéfiants de 1961.

    Comment se fait-il qu’on soit arrivé à bousculer un vieux dogme qui soutient que le cannabis n’a aucun intérêt thérapeutique ? Il y a les scientifiques, bien sûr, qui aspirent à une reclassification du cannabis et ses dérivés, pour son utilité médicinale, mais il y a également d’autres pays qui n’y ont vu que le profit commercial pour soutenir cette décision. A l’enseigne du Maroc, qui a des champs immenses de cannabis à faire fructifier, et qui a voté pour son reclassement hors de la catégorie des drogues dangereuses et prohibées (le Maroc et l’Afrique du Sud sont les deux seuls pays à avoir voté pour).

    D’ailleurs, sitôt l’interdiction de l’ONU levée, le débat a été ouvert au sein de la classe politique marocaine pour replacer ce vote par un « oui » à l’ONU dans un contexte national et passer à l’utilisation industrielle du cannabis, prévoyant l’arrivée d’investisseurs étrangers qui n’attendaient pas moins que ce quitus onusien pour conclure des affaires dans ce créneau juteux de la culture du kif au Maroc.

    Il faut noter qu’à l’issue de ce vote, le cannabis et ses dérivés restent quand même considérés comme des stupéfiants, car ils passent de la classification dans l’annexe IV à l’annexe I de la convention de 1961, où se trouvent regroupés les substances autorisées pour une utilisation thérapeutique. Mais, en reconnaissant ses bienfaits thérapeutiques au cannabis, comment pourrait-on interdire sa consommation par petits joints, dans un cadre récréatif ? Une législation plus tolérante devrait logiquement suivre sur ce plan.

    Le Quotidien d’Oran, 6 déc 2020

    Tags : Maroc, cannabis, ONU, stupéfiants, drogues, haschich, kif,

  • Sahara Occidental : « La détermination des Sahraouis a mis en échec tous les rêves néocolonialistes du Maroc » (Expert).


    Selon le spécialiste des questions géopolitiques ; M’hand Berkouk, la détermination des Sahraouis a mis en échec tous les rêves néocolonialistes du Maroc.

    « Le Maroc fait de la servitude stratégique au profit de la France et des EtatsUnis en s’appuyant sur des lobbies israéliens sionistes, mais la détermination des Sahraouis a mis en échec tous ces rêves néocolonialistes » a-t-il déclaré dans une interview accordée au journal Sud Horizons

    Le géopolitologue algérien a rappelé que « le dossier du Sahara occidental est géré par l’ONU. Ses résolutions expriment une inquiétude par rapport aux agissements du Maroc qui essaye de pérenniser un statu quo qui n’est pas favorable à la résolution du conflit ».

    Il a indiqué que « la France a une responsabilité juridique et morale quant au blocage de ce processus de résolution en soutenant constamment l’approche marocaine s’agissant de la redéfinition du rôle de la Minurso créée pour l’organisation d’un référendum3.

    Pour lui, « l’affaire d’El Guerguerat a confirmé l’incapacité du Maroc à mobiliser l’opinion européenne ou à créer un consensus en sa faveur. Beaucoup de pays appellent à une mise en œuvre urgente du plan de règlement passant par une préparation objective du référendum d’autodétermination du peuple sahraoui ».

    Concernant les positions de l’Algérie, M. Berkouk a souligné qu’elles « sont claires. Elle a un statut d’observateur né du voisinage, mais n’a jamais eu, de par son histoire, des visées expansionnistes, contrairement au Maroc qui ne reconnaît pas de frontières définies ».

    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #WesternSahara #ONU #MINURSO

  • Sahara Occidental : Le Front Polisario reprend les armes. Cela aurait pu être évité

    Sahraouis. Après 45 ans d’occupation et 30 de promesses, le cri de désespoir d’un peuple

    Rossella Urru

    Il y a une semaine, un fil suspendu depuis près de 30 ans s’est finalement rompu. Le cessez-le-feu signé en 1991 sous l’égide des Nations Unies par le Front Polisario et le Royaume du Maroc, qui a mis un terme à un conflit qui a éclaté en 1975, a été rompu.

    Le 13 novembre 2020 , l’armée marocaine se préparait à évacuer militairement des civils sahraouis qui bloquaient le col de Guerguerat en signe de protestation, ouvert illégalement sur la zone démilitarisée à la frontière entre le Sahara et la Mauritanie: encore une autre violation de l’accord de cessez-le-feu par le Maroc qui a provoqué le mécontentement du Front Polisario.

    Le conflit en question est malheureusement une histoire qui enlève trop de squelettes, anciens et nouveaux, que la communauté internationale préférerait continuer à ignorer. Comme une vieille mauvaise histoire de famille dont nous préférons ne pas parler, que nous aimerions oublier, que nous laissons pourrir mais dont nous savons que nous devons nous occuper, tôt ou tard: de nous ou de nos enfants. C’est pourquoi le silence assourdissant des médias sur cette question importante d’outremer.

    Parlons-en plutôt. Commençons par le début, quelque chose qui n’est pas pris pour acquis dans notre monde, tout en direct. Le conflit en question est né du colonialisme, cette époque qui nous semble si lointaine où l’oppression d’un peuple sur un autre était légalisée et institutionnalisée.
    L’ONU et l’ordre juridique international actuel, nés dans l’immédiat de l’après-guerre, sont fondés sur le refus catégorique et sur le droit inviolable à l’autodétermination des peuples qui le subissent. Le droit d’un peuple d’exister et de faire ce qu’il n’a pas été capable de faire pendant une grande partie de l’ère contemporaine en raison du joug colonial: décider par lui-même et par son propre destin.

    En 1945, un tiers de la population mondiale vivait sous une forme ou une autre de colonialisme. Jusqu’à présent, 80 anciennes colonies ont pu décider de leur avenir, devenant dans la plupart des cas des États indépendants. Parmi eux, le Maroc, devenu indépendant de la France, puis de l’Espagne, en 1956.

    Malheureusement, aujourd’hui, selon le Comité spécial pour la décolonisation de l’ONU, 17 anciennes colonies attendent toujours que la cloche de l’histoire sonne pour elles . Parmi eux, le plus grand par extension est le Sahara occidental, ancienne colonie de l’Espagne franquiste.
    Suivant les schémas typiques du processus de décolonisation, les peuples autochtones, les Sahraouis en fait, restent sur la liste en tant que détenteur du droit à l’autodétermination d’un territoire qui maintient les frontières coloniales inchangées, et qui s’exprime à travers son Mouvement de Libération Nationale (dans ce cas le Front Polisario), reconnu comme son représentant légitime par les Nations Unies.

    Cependant, l’heure de l’autodétermination attendue depuis 1975 n’est pas encore arrivée. Ce qui a suivi a été une histoire d’attente, de reports, d’intervalles et d’étals. Beaucoup de patience, beaucoup de confiance dans le système international, serrer les dents et imaginez l’avenir avec optimisme, malgré tout. Sans entrer dans trop de détails, en passant en revue des faits extrêmement connus et repris ces derniers jours par des journalistes et analystes compétents, au cours des 45 dernières années, le peuple sahraoui a dû faire face à une panoplie de catastrophes: l’abandon unilatéral de l’Espagne dans les dernières années du franquisme et la cession honteuse d’un territoire qui ne lui appartenait pas aux Etats voisins du Maroc et de la Mauritanie qui, inconscients de leur passé colonial, se sont lancés dans une guerre de conquête.

    Algérie, Maroc et Sahara occidental : les rivalités des frères ennemis du  Maghreb - FMES

    Une guerre longue et dévastatrice qui a laissé des blessures encore ouvertes et saignantes, qui a contraint la majorité de la population indigène à l’exil forcé dans le désert voisin, qui se consumait dans l’indifférence coupable de la nouvelle Espagne démocratique avide de progrès. Une guerre qui a pris fin en 1979 avec la Mauritanie, et qui a été encadrée avec le Maroc en 1991, avec un cessez-le-feu signé avec la promesse que le processus de décolonisation auquel le peuple sahraoui a droit internationalement se terminerait en bref, par un référendum dans lequel ceux qui sont habilités à décider d’opter pour l’indépendance ou d’accepter l’intégration avec le Maroc auquel une grande partie de son territoire a été soumise par la force.
     
    Trois générations entières de Saaharawi ont attendu patiemment, éparpillées entre des lieux différents où les circonstances les ont obligés il y a maintenant 45 ans. Il y a une minorité qui vit encore au Sahara Occidental, sous le contrôle tout sauf bienveillant du Maroc occupant qui considère les Sahraouis autochtones comme de dangereux indépendantistes, Les violations des droits de l’homme sont systématiquement attestées par des organes indépendants tels qu’Amnesty International, Human Rights Watch et le Centre Robert Kennedy, pour ne citer que les plus connus.

    Une occupation illégale qui a commencé avec la Marche verte en 1975 par un Maroc qui, péniblement, dès le premier jour, a physiquement colonisé les espaces, favorisant les implantations de sa propre population, construisant, changeant les paysages, disposant des ressources naturelles comme si elles étaient les siennes .

    Jusqu’à présent, mais de moins en moins en toute impunité, comme en témoignent certains arrêts timides de la Cour européenne de justice. Une occupation coupable et loin d’être pacifique de plus des trois quarts du territoire d’origine du Sahara Occidental, retranchée derrière le plus long mur de guerre existant, 2700 km, et décorée d’une infinité de mines qui font de ce territoire l’un des plus contaminés et dangereux pour le monde.

    Le maigre vestige du Sahara historique, sous le contrôle du Front Polisario (les appelés territoires libérés), est une bande de sable peu peuplée, principalement utilisée à des fins de contrôle militaire du cessez-le-feu. Et puis il y a la majorité des sahraouis, contraints à l’exil par les événements de 1975: ceux qui vivent dans les camps de réfugiés de Tindouf, dans le sud-ouest de l’Algérie, et bien d’autres disséminés dans le reste du monde. Le tout suspendu par un fil, tous attendant de rentrer chez eux.

    Une maison qu’ils n’ont souvent jamais vue mais qu’ils connaissent et à laquelle ils appartiennent, une racine entrelacée d’histoires, de poèmes, de dialectes, de plats traditionnels, de noms et de prénoms. Les souvenirs, les descriptions, l’effort pour ne pas oublier sont si vifs que les camps de réfugiés reproduisent eux-mêmes l’espace tant attendu du Sahara Occidental: les villes de tentes prennent ainsi les noms des villes, villages, oasis, d’où ils ont dû fuir. Une géographie des souvenirs, un séjour obstiné ailleurs qui n’oublie pas et ne veut pas oublier d’où il vient et où il veut retourner. Parce que les camps, ainsi que l’exil ailleurs, sont vécus comme des situations temporaires, ce sont des parenthèses qui seront tôt ou tard fermées. Ce sont cependant des parenthèses dans lesquelles on naît, vit, vieillit et meurt. Vivant dans des camps de réfugiés pendant quelques années, j’ai pu toucher de première main ce que signifie cette vie en suspens, dans laquelle tout est fait pour exiger de la patience, tout rappelle cette dépendance forcée.

    L’aide humanitaire qui s’est prolongée pendant des décennies devient en elle-même un rappel insupportable, quoique indispensable. Les denrées alimentaires de quota, peu adaptées pour accompagner toute une vie et qui sont mal adaptées à la préparation de plats très appréciés. Les tentes, les bidons d’eau, les cuisinières à gaz, les kits d’hygiène, les médicaments, le minimum de subsistance comme si la crise avait éclaté hier, année après année.

    Les refugiés et aide humanitaire laissés seuls pour panser des plaies historiques. Mais je ne veux pas transmettre l’image monolithique de centaines de milliers de personnes assises au soleil en attendant que la légalité internationale suive son cours. Ce serait loin de la vérité. Les diverses réalités que les Sahraouis ont attendu, en exil comme sur leur propre terre, ne se sont pas laissées emporter par le temps, se sont mobilisées pour maintenir vivant leur désir et leur droit d’exister en tant que peuple indépendant, comme chaque individu a pensé, digéré et choisi sa propre identité.

    En fait, dans tout cela, la réalité historique et l’entité politique de la République arabe sahraouie démocratique, État arabe, africain et laïque, proclamée en 1976, reconnue par 80 États jusqu’aux années 1990 et membre de l’unité africaine , ne doivent pas être oubliées. Dans un exercice d’imagination et de volonté politique, cet État en exil, qui administre les camps de réfugiés, a créé une administration publique avec ses propres écoles et hôpitaux. Dans cette dimension étatique, elle a tissé des relations internationales et joué un rôle important au sein du mouvement des pays non alignés, avec d’importants programmes de formation pour ses jeunes qui ont pu bénéficier d’études supérieures à Cuba, en Algérie, en Espagne, dans l’ex-Yougoslavie et l’ancien bloc soviétique, devenant l’un des peuples les plus éduqués de toute l’Afrique.

    Sur le plan individuel , cette mosaïque d’expériences et de rencontres différentes a forgé une société intellectuellement riche et variée, difficile à classer dans un cadre unique. Des femmes et des hommes qui ont retissé leurs identités faisant de l’exil, du refuge, de l’occupation, une source de résilience et parfois d’inspiration. Des femmes et des hommes qui, consciemment et avec mille significations différentes, se définissent comme sahraouis et se sentent unis par un projet politique qui réclame le droit de demander le référendum tant attendu pour pouvoir enfin entreprendre une vie de société.

    Pour paraphraser ce qu’une fille des champs m’a dit, la vie n’a pas le même goût sachant que nous et nos enfants sommes obligés de vivre dans des conditions extrêmes au milieu d’un désert ingrat, dépendant de l’aide extérieure pour survivre, tandis que quelqu’un d’autre pêche dans la mer qui appartenait à nos parents. Mais l’amertume de savoir que la légalité internationale reconnaît au peuple sahraoui les droits qui continuent de lui être refusés ne se transforme pas en résignation, mais renforce ce trait d’identité.

    Malgré l’attente patiente, il y a déjà dix ans, il était évident que les nouvelles générations n’auraient pas attendu sous le soleil brûlant que la communauté internationale condamne par son inaction à élever leurs enfants et petits-enfants sous les mêmes tentes usées. Un sentiment de désenchantement et d’envie de vengeance commençait déjà à se faire sentir, surtout chez les plus jeunes.

    Il y a quelques semaines, ce fil de patience de trois générations s’est rompu. Il a éclaté pour les pères et les mères, les fils et les filles, les petits-enfants. Dans un cri de désespoir, après près de trente ans de ligne pacifique et de médiation qui ont été récompensés avec indifférence et ajournements, le Front Polisario a repris le chemin des armes pour reprendre le contrôle de son territoire. Quelque chose qui pourrait, devrait et doit être évité.

    Les Nations Unies ont raté un autre rendez-vous avec l’histoire: leur Mission pour le référendum au Sahara Occidental erre comme un personnage à la recherche d’un auteur devant un mur de sable qui témoigne de l’éruption du dernier conflit colonial en Afrique. Légitimer l’opinion selon laquelle la communauté internationale n’écoute qu’un discours composé de bombes et de morts, tout en ignorant ceux qui pendant des années ont pacifiquement revendiqué et négocié de bonne foi, est non seulement délétère et anachronique, mais alimente le discours et les rangs des extrémistes, des deux côtés de la Méditerranée. Écarter toute cette question coloniale avec une étiquette de terrorisme présumé, comme le font souvent le Maroc et ses partisans, est une insulte irresponsable à l’histoire, qui cache mal une obstruction illégitime au référendum convenu en 1991, plutôt le reflet d’une politique de faits accomplis.

    Malheureusement, aujourd’hui, l’étiquette terroriste semble être la clé pour verrouiller toute question épineuse derrière un mur de peurs et de tabous. Le terrorisme est un phénomène extrêmement complexe, entre l’individu et le collectif, qui se nourrit des fragments de notre modernité brisée, les transformant en schémas simples et faux. Quiconque stigmatise tout un peuple, une religion, un mouvement ou une cause comme terroriste, ouvre les portes de sa croissance, continue à alimenter le feu et la fumée face à l’opinion publique.

    C’est le moment de tester un exercice intellectuel et moral à la hauteur de l’histoire. Nous faisons nos choix en tant que membres individuels de la société civile et en tant qu’États membres de la communauté internationale. Du point de vue de la légalité internationale, la situation ne se prête pas à l’interprétation: nous sommes confrontés à la dernière décolonisation de l’Afrique à achever pour clore un chapitre honteux de l’histoire mondiale dont nous sommes encore aux prises. Nous sommes confrontés à l’occupation d’une terre sur laquelle le Royaume du Maroc n’a aucun titre de propriété, sinon la force de 45 ans de politique de faits accomplis.

    Sur le plan politique, de nombreuses autres considérations peuvent et ont pu entrer en jeu: les jeux de force entre les puissances régionales de l’Algérie et du Maroc, la françafrique, l’équilibre précaire entre l’Europe et l’Afrique du Nord, qui utilisent la guerre contre le terrorisme et les migrations comme monnaie, comme on le voit aussi en ces jours entre l’Espagne et le Maroc. Pris entre le droit et la politique, la question reste, en tout cas, simple: l’Italie, l’Europe, la communauté internationale avec l’ONU en tête, soutiendront-ils le droit international, suivront-ils d’autres calculs politiques, ou vont-ils simplement chercher ailleurs. ? Dans ce théâtre et dans d’autres théâtres récents, malheureusement, la réponse n’a pas été la première. Avec des conséquences tout simplement désastreuses. 

    Plusieurs États non européens et certains partis européens ont récemment exprimé leur soutien à une solution juste à ce cas de longue date d’échec de la décolonisation, qui passe par un référendum et non par des armes. Position également soutenue par une part toujours croissante de l’opinion publique en Italie, en Europe et dans de nombreux autres Etats sur tous les continents.

    Même au Maroc, il existe des partis politiques, comme la Voie Démocratique, qui soutiennent la légalité internationale et demandent la tenue du référendum, bien qu’ils  ne soutiennent pas le Front Polisario . Les enjeux sont clairs. Si nous ne voulons pas revenir à un ordre international où la violence et l’usage de la force dictent le droit, où la politique du fait accompli est souveraine, où tout est négociable et la sécurité juridique n’existe que pour ceux qui en ont les moyens pour l’affirmer, nous devons défendre le système international que nous avons érigé avec beaucoup d’efforts après deux guerres mondiales et la fin du colonialisme. Nous devons exiger que la légalité internationale établisse l’avenir d’une terre disputée depuis trop longtemps avec les processus qui lui sont propres et qui ont été appliqués dans 80 autres cas d’anciens peuples coloniaux, conduisant le Maroc lui-même à devenir indépendant et à siéger à l’ONU, mettant ainsi fin à une guerre qui ne peut et ne sera pas indolore, mais surtout en envoyant un message fort de rejet de l’usage de la force comme moyen de résolution des conflits et d’acquisition territoriale. Ou nous regardons encore un autre foyer d’instabilité exploser aux portes de l’Europe, en sécurité dans nos maisons chaleureuses, entouré de chaos et de violence, jusqu’à ce que le feu du désespoir touche notre jardin.

    Source : Il Manifesto, 5 déc 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc; Polisario, ONU, MINURSO,

  • Le Sahara, dernière injustice géopolitique du néocolonialisme européen et américain

    Les intérêts géopolitiques des puissants causent douleur, souffrance, famine, mortalité et oppression à des millions de personnes à travers la planète. Des millions de personnes piégées dans un réseau étouffant d’intérêts. Le Sahara en est peut-être le meilleur exemple.

    Luis Gonzalo Segura

    La “transition” sahraouie: de la dictature franquiste à la marocaine

    Le Sahara occidental est passé le 6 novembre 1975 de la dictature espagnole à la dictature marocaine après la Marche verte promue par Hassan II, qui a réussi à mobiliser plusieurs centaines de milliers de personnes. Ou plus précisément, il faut dire qu’une partie du Sahara Occidental a fait cette transition particulière, car si le centre et le nord de la région ont été cédés à la dictature marocaine, le sud s’est retrouvé entre les mains de la Mauritanie. Tout cela, bien sûr, avec l’accord des États-Unis, sinon avec leurs chuchotements.

    Cette distribution du gâteau – 266000 kilomètres carrés, la moitié de l’Espagne -, si typique des diners occidentaux, n’a pas pris en compte l’opinion des sahraouis eux-mêmes, qui ont vu la couleur des drapeaux changer et la lignée de leur dictateur sans leur consentement. Car le Front Polisario, né peu avant, en 1973, avait revendiqué l’indépendance du Sahara Occidental vis-à-vis de l’Espagne, dont il exerçait l’administration coloniale depuis la fin du XIXe siècle, mais pas pour devenir la colonie d’une autre dictature.

    Dans ce contexte, alors que le Front Polisario est parvenu à conclure un accord avec la Mauritanie en 1979, trois ans après la proclamation de la République arabe sahraouie démocratique (RASD), le problème avec le Maroc a conduit à un conflit armé jusqu’à ce qu’en 1991 il soit possible de signer un Accord de paix définitif qui envisageait de tenir un référendum libre pour que le peuple sahraoui décide librement de son sort.

    Un référendum qui n’a jamais eu lieu, qui a rendu permanent l’exil sahraoui dans les camps situés près de Tindouf, en Algérie. Et avec une circonstance aggravante, puisque la mission des Nations Unies pour organiser le référendum au Sahara occidental (MINURSO), s’est non seulement avérée être un échec retentissant, mais a été enterrée aujourd’hui par les intérêts de chacun.

    Le Front Polisario déclare la guerre

    Près de trente ans après l’accord de tenir un référendum et compte tenu de l’impossibilité de le tenir, tel qu’établi dans le cessez-le-feu conclu par l’ONU en 1991, plusieurs dizaines de Sahraouis ont décidé de bloquer la route d’accès mauritanienne à Guerguerat comme mesure de protestation le 21 octobre. Derrière cet appel au réveil se cache la situation désespérée dans laquelle 250 000 Sahraouis vivent mal et l’espoir offert par le changement présidentiel aux États-Unis dans le contexte international. Un espoir naïf pour le moins si l’on tient compte du bilan géopolitique nord-américain.

    En représailles, il y a quelques jours à peine, le 13 novembre, l’armée marocaine est entrée dans Guerguerat, une zone démilitarisée située à la frontière avec la Mauritanie, au sud du Sahara occidental. L’incursion s’est terminée par une fusillade sans blessés et par une réponse ultérieure du Front Polisario aux sites militaires marocains situés derrière le mur, le plus long au monde avec plus de 2500 kilomètres, dans lesquels ils prétendent avoir fait des victimes (le Maroc le nie).

    Le casting européen et nord-américain

    L’Europe bénéficie des zones de pêche existantes sur le vaste littoral sahraoui, plus de 1 100 kilomètres de côtes, dans les accords qu’elle conclut avec le Maroc. Ainsi, le Maroc et l’Europe, principalement l’Espagne, partagent sans vergogne cette importante ressource naturelle tandis que les Sahraouis vivent dans des conditions difficiles dans des camps de réfugiés installés à plus de 500 kilomètres à l’intérieur de leur capitale, El Aaiún. Le Maroc, en plus de partager les zones de pêche avec l’Europe, exploite les précieuses mines de phosphate, avec lesquelles les engrais sont fabriqués.

    Il était inutile qu’en 2018 la Cour de Luxembourg ait statué que l’accord de pêche entre l’Union européenne et le Maroc n’avait aucun effet sur le Sahara occidental, car il ne faisait pas partie du Maroc, puisque le Parlement européen a approuvé l’accord en 2019 pêcher avec la dictature alaouite, y compris le Sahara occidental. L’Europe ignore ses propres tribunaux ou ses propres valeurs.

    De leur côté, les Etats-Unis font le bonheur de la dictature marocaine, l’un de ses “fils de putes” – selon les termes de Roosevelt et Kissinger – lui offrant des bases militaires. En effet, en 2008, les Américains ont localisé l’Africom (United States African Command) sur la base militaire de Tan Tan, à une courte distance d’El Aaiún, des îles Canaries et de Tindouf. Autrement dit, près de la zone de conflit actuelle. Sur cette base, les États-Unis ont non seulement renforcé la position de dictature de Mohamed VI tout en portant gravement atteinte aux possibilités des sahraouis d’organiser un référendum d’autodétermination, mais ont également servi à essayer d’arrêter – et de concurrencer – l’expansion chinoise. le continent. En effet, au cours des derniers mois, le Maroc a proposé aux États-Unis l’utilisation de la base d’Alcazarguir, dans le détroit de Gibraltar, en option à la base espagnole de Rota, dont l’accord doit être renouvelé en 2021.

    La dictature marocaine achète des testaments

    Mais pas seulement les États-Unis vivent au Maroc. Le Maroc a manoeuvré avec une grande habileté au niveau international, s’assurant que depuis 2001 l’ONU a cessé de soutenir la tenue d’un “référendum libre, juste et impartial sur l’autodétermination du peuple du Sahara occidental” pour se contenter de l’offre de ” une plus grande autonomie »présentée en 2007 par la dictature de Mohamed VI. Mais de la souveraineté à l’autonomie, il y a un abîme, surtout lorsque les pouvoirs offerts sont, selon le Front Polisario, inférieurs à ceux présentés par l’Espagne en 1974. Cependant, rien de tout cela n’a d’importance pour l’ONU, qui considère les efforts crédibles et sérieux. d’un régime autoritaire qui viole à plusieurs reprises les droits de l’homme pour résoudre le problème.

    De plus, le Maroc a réussi à faire de la mission de l’ONU au Sahara occidental la seule des 16 missions de maintien de la paix de l’ONU à ne pas évaluer les droits de l’homme, ce qui lui aura sûrement coûté beaucoup de faveurs et d’avantages. Pour y parvenir, il a rejoint l’Union africaine en 2017, dans le seul objectif d’expulser la RASD et a réussi à installer des dizaines de consulats au Sahara occidental, notamment celui des Émirats arabes unis – qui a récemment établi des contacts diplomatiques avec Israël. -.

    Les Sahraouis sont un peuple condamné à souffrir de la faim, de la misère et des violations constantes de leurs droits humains alors qu’un régime autoritaire partage sa richesse avec l’Europe et les États-Unis. Une réalité qui montre, comme beaucoup d’autres, que les intérêts géopolitiques sont au-dessus de ce qui est juste et correct. Une tragédie paradigmatique du néocolonialisme.

    Russia Today, 18 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario

  • Sahara occidental : Bruit de batailles en attendant l’ONU

    Que se passe-t-il du côté de Guerguerat ? Les informations sont rares sur les échanges armés qui ont éclaté entre le Polisario et l’armée marocaine depuis que cette dernière a violé, vendredi dernier, le cessez-le-feu en vigueur depuis plus de 30 ans dans cette zone tampon ultra-sensible. Elles ont pour source les parties belligérantes et ne permettent pas d’avoir une idée claire de l’évolution des hostilités. La mission onusienne au Sahara occidental affirme qu’« il est extrêmement difficile de vérifier la réalité des informations diffusées de l’un ou de l’autre côté ». La Minurso se dit également confrontée à des problèmes d’accès sur le terrain et a limité ses déplacements ces derniers mois, basant désormais l’essentiel de ses observations sur des images satellites.

    L’agence officielle marocaine MAP, indique l’AFP, a repris dimanche soir les informations d’un site non officiel dédié aux Forces armées royales (FAR) pour annoncer des échanges de tirs le long du mur de défense, sans donner de localisation précise. Selon le forum « FAR-Maroc », le Polisario a effectué « des tirs de harcèlement le long de la ligne de défense sans causer de dégâts » et l’armée marocaine a « riposté », occasionnant « la destruction d’un engin porte-armes à l’est de la ligne de défense », au niveau de Mahbès, près de la frontière algérienne.

    La Mission de paix de l’ONU, la Minurso, « a reçu des informations des deux parties sur des tirs à différents endroits durant la nuit », a précisé, pour sa part, lundi, un porte-parole de l’ONU au cours d’un point de presse à New York. La Minurso « continue d’exhorter les parties à la retenue et à prendre toutes les mesures nécessaires pour faire diminuer la tension », a-t-il ajouté. De son côté, le ministère sahraoui de la Défense a affirmé que les forces du Polisario ont mené lundi des « attaques massives » contre le mur de défense marocain, le « mur de la honte » selon sa terminologie. Il fait état de « tirs et de pilonnage » visant les secteurs d’Amlaga, Haouza, Al Farcia, dans le nord du territoire, et les secteurs de Baggari et Oum Dreyga.

    Sur le plan diplomatique, on apprend que le roi du Maroc Mohamed VI dit qu’« il restait attaché au cessez-le-feu » lors d’un entretien téléphonique lundi avec le Secrétaire général des Nations unies Antonio Guterres. « La fin de la guerre est liée désormais à la fin de l’occupation illégale » de la partie sous contrôle marocain, a déclaré, de son côté, lundi le responsable sahraoui Mohamed Salem Ould Salek. Jusqu’à hier, on ne savait quand le Conseil de sécurité allait se réunir pour examiner les développements du conflit. Au Sahara occidental, l’absence d’un envoyé spécial des Nations unies au Sahara occidental, un poste vacant de la démission de l’Allemand Horst Köhler au printemps 2019, officiellement pour des raisons de santé, a aggravé un statu quo devenu intenable, selon les Sahraouis.

    ReportersDZ,18 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Marruecos #ONU #MINURSO

  • Echos de conflit : La guerre menace au Sahara (Frankfurter Allgemeine)

    LES CONFLITS ENTENDENT : La guerre menace au Sahara

    Après l’escalade militaire en Éthiopie, la guerre menace d’éclater au Sahara occidental. Après 29 ans, le Front de libération du Polisario a déclaré la fin du cessez-le-feu avec le Maroc. «Des milliers de volontaires» ont été mobilisés pour la lutte qui a déjà commencé. Selon le Polisario, les attaques contre les positions marocaines ont fait plusieurs morts. Cependant, aucune confirmation indépendante n’a encore été obtenue à ce sujet. Le gouvernement de Rabat n’a parlé que de «provocations» du Polisario. Néanmoins, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, s’est dit «profondément préoccupé par les conséquences possibles» des récents développements.

    Le Sahara occidental était une colonie espagnole jusqu’en 1975, date à laquelle il a été largement occupé et annexé par le Maroc. Plus récemment, l’ancien président fédéral Horst Köhler a tenté de servir de médiateur entre les parties en conflit en tant qu’envoyé spécial de l’ONU jusqu’en 2019. De plus en plus de bateaux avec des migrants du Maroc et d’Afrique de l’Ouest partent pour les îles Canaries espagnoles depuis la côte du Sahara Occidental.

    La nouvelle confrontation a été déclenchée par un barrage routier non loin de la frontière avec la Mauritanie. Les partisans du Polisario avaient coupé la liaison terrestre la plus importante du Maroc avec le pays voisin et le reste de l’Afrique depuis la fin octobre, non loin du poste frontière de Guerguerat. Ils voulaient protester contre l’inaction de la communauté internationale qui, il y a des décennies, avait promis un référendum sur l’avenir politique de l’ancienne colonie espagnole.

    Le 30 octobre, le Conseil de sécurité des Nations Unies a prolongé le mandat de la Mission Minurso au Sahara occidental. Pour la première fois, le texte ne mentionnait plus le référendum. Même alors, le Polisario a menacé «d’intensifier la lutte». Avec une action militaire dans la zone tampon entre les deux parties en conflit, le Maroc a dégagé la route vendredi et a déclaré qu’elle était à nouveau ouverte à la circulation. Le Polisario a alors appelé au cessez-le-feu qui était en vigueur depuis 1991.

    À l’origine, les habitants de la seule zone africaine qui, selon l’ONU, n’a pas encore été décolonisée, devraient voter en 1992. A cette fin, l’ONU a mis en place la mission Minurso pour surveiller le cessez-le-feu entre le Maroc et le Polisario et organiser un référendum sur le statut du Sahara Occidental. Depuis le retrait de l’Espagne, le Maroc contrôle environ 80% du Sahara occidental, qui abrite environ un demi-million de personnes. D’un point de vue marocain, cette zone de la côte atlantique riche en phosphates et poissons est les «provinces du sud» qui appartiennent au royaume et sont séparées du reste du Sahara Occidental par un mur de sable de 2700 kilomètres de long.

    Pas de propre territoire national

    L’aggravation du conflit pourrait également mettre à rude épreuve les relations difficiles du Maroc avec l’Algérie. Parce que le gouvernement de l’Algérie voisine soutient le Polisario. Dans le Sahara algérien, jusqu’à 170 000 réfugiés du Sahara occidental vivent dans des camps près de Tindouf depuis des décennies. À la fin de 1975, ils avaient fui les combats au Sahara occidental vers cette région désertique inhospitalière. La République du Sahara occidental, dirigée par le Polisario, y a son siège, mais elle n’a pas son propre territoire national.

    Après l’échec des négociations, le Polisario a continué de perdre le soutien international. Cela a également accru la pression politique sur les dirigeants au sein de leurs propres rangs pour qu’ils deviennent plus actifs. En octobre, les Émirats arabes unis ont ouvert un consulat dans la partie du Sahara occidental contrôlée par le Maroc, reconnaissant ainsi ses revendications politiques. Plus d’une douzaine d’Etats africains ont désormais des missions diplomatiques à Laâyoune.

    Frankfurter Allgemeine, 16 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #ONU #MINURSO

  • Orizzonti politici : “Sahara occidental: le conflit qui inquiète le Maroc”

    Le 8 octobre, le conflit a repris à El Guerguerat, un petit village à l’extrême sud-ouest du Sahara occidental et le long de la zone frontalière avec la Mauritanie, à l’extérieur de la “berme” (allumée le “mur”) , c’est le barrage construit par le Maroc à partir de 1980 qui sépare les habitants du Sahara des camps de réfugiés habités par les Sahraouis qui, avec le début de l’occupation marocaine en 1974, ont fui dans le désert.

    De nombreux militants sahraouis se sont infiltrés dans la zone frontalière d’El Guerguerat, empêchant la circulation des biens et des personnes, pour exprimer leur mécontentement face au report du référendum sur l’indépendance que le peuple sahraoui revendique depuis des années.

    Un mois après le début de la mobilisation sahraouie, le 13 novembre, les autorités marocaines ont décidé d’intervenir en mettant en place un cordon médical à El Guerguerat, pour répondre aux provocations du Front Polisario, le représentant légitime du peuple sahraoui. Le Maroc, selon des sources au sein du gouvernement, a donné au Front Polisario le temps nécessaire pour mettre fin à ses actions et quitter la zone d’El Guerguerat. Cependant, l’appel n’a reçu aucune réponse, ce qui a incité les Forces Armées Royales (FAR) du Maroc à intervenir militairement.

    Toute cette affaire menace la stabilité d’une zone déjà critique, affectée depuis plus de quarante ans par ce que l’on appelle communément “la question du Sahara occidental”. Ce «conflit gelé» oppose le gouvernement de Rabat qui revendique sa souveraineté sur le Sahara Occidental et le Front Polisario qui, en revanche, continue de lutter pour la tenue d’un référendum pour l’autodétermination de son territoire.

    Un conflit qui dure depuis plus de 40 ans

    Le Sahara occidental est une région d’Afrique du Nord, aujourd’hui majoritairement habitée par le peuple sahraoui, dont le territoire est actuellement disputé entre le Maroc et le Front Polisario. En 1958, la partie sud du Sahara occidental (Río de Oro) ainsi que la partie nord (Saguia el-Hamra) ont été formées en une province unitaire portant le nom de Sahara espagnol.

    Bien que dans les années 1960, les Nations Unies et la Cour internationale de Justice aient reconnu le droit à l’autodétermination du peuple sahraoui, en novembre 1975, l’Espagne a conclu un accord (pactes de Madrid) avec le Maroc et la Mauritanie pour la partition du Sahara occidental. entre les deux états.

    Le Front Polisario (de l’espagnol, Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro), mouvement de résistance anticolonialiste d’inspiration socialiste, déjà actif dans la région depuis le début des années 1970, s’est immédiatement opposé aux revendications du Maroc et de la Mauritanie. , quand il s’était distingué dans la résistance contre la présence coloniale espagnole.

    Malgré les efforts de la population sahraouie, en 1975 le roi marocain Hassan II annonça l’organisation d’une grande marche pacifique, la “Marche verte”, composée de trois cent cinquante mille personnes vers le Sahara occidental, pour en revendiquer la possession. La décision du Maroc d’annexer la majeure partie de l’ancien Sahara espagnol a été considérée comme une invasion et une nouvelle colonisation par la population sahraouie. Le 26 février 1976, l’Espagne s’est retirée du territoire et le 27, le Polisario a déclaré l’indépendance de la République démocratique du Sahara arabe (Rasd), qui restait de facto un gouvernement en exil.

    L’armée marocaine a poursuivi l’action d’invasion pendant des années, occupant les espaces abandonnés par l’armée espagnole et une grande partie de la population sahraouie a été contrainte de fuir en Algérie, qui a installé cinq camps de réfugiés à Tindouf, du nom des anciennes villes qui avaient été contraints de partir (Aousserd, El-Ayoun, Boujdour, Smara et Dakhla).

    L’un des moments les plus critiques du conflit entre le Maroc et le Front Polisario se situe en 1982, année où le Maroc, afin de consolider la possession des territoires conquis et d’exploiter les ressources minérales, commence la construction du soi-disant «mur marocain», un mur de près de 2700 km de long. La population sahraouie vit aujourd’hui dans une bande de désert entre l’oasis de Tindouf et le mur lui-même, appelé simplement «berme» dans les documents internationaux.

    La liberté de mouvement est profondément entravée par cette barrière qui sépare aujourd’hui les deux fronts, protégée par cinq millions de mines antipersonnel et contrôlée par 100 000 soldats marocains. Le mur est constitué de remblais de pierre, équipés de radar, de batteries d’artillerie, de systèmes de surveillance électronique et d’interception.

    L’objectif premier de sa construction réside dans la volonté de freiner l’invasion du Front Polisario sur le territoire marocain et d’empêcher l’acquisition du contrôle des ressources en minerais, même précieux, des champs pétrolifères et des zones de pêche de l’Atlantique considérés parmi les plus riche que toute la côte africaine. Les civils, qui représentent 80% des victimes, pour la plupart des mineurs, paient le prix du mur. Les données publiées par le Landmine Monitoring Report révèlent que, depuis 1975, plus de 2 500 personnes ont été blessées, mutilées ou tuées en territoire sahraoui.

    Les interventions de la communauté internationale

    Au fil des années, les interventions des Nations Unies ont principalement visé à garantir la paix dans les territoires et à favoriser la tenue d’un référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui. L’implication de l’ONU a commencé en 1965, lorsque l’Assemblée générale a adopté la première résolution sur le thème de la décolonisation du Sahara espagnol: depuis lors, les Nations Unies se sont toujours engagées à organiser un référendum et ont réitéré à plusieurs reprises la nécessité d’une loi d’autodétermination du peuple sahraoui, conformément à la Déclaration sur l’octroi de l’indépendance aux pays et aux peuples coloniaux (Résolution de l’Assemblée générale n ° 1514/1960).

    Dès l’origine inscrite sur la liste des territoires non autonomes, l’ONU a reconnu en 1972 au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination et à l’indépendance. Cependant, l’intervention la plus importante et la plus incisive n’a eu lieu qu’en 1991, lorsque la Mission des Nations Unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) a été créée avec la résolution n ° 690 du Conseil de sécurité, avec la la tâche de surveiller le respect du cessez-le-feu, de faciliter le retour des réfugiés et de superviser un référendum d’autodétermination, prévu pour 1992.

    Au fil des ans, l’ONU a mis en œuvre de nombreux plans pour tenter de débloquer la situation. James Baker (ancien secrétaire d’État américain et envoyé spécial des Nations Unies pour le Sahara occidental) a formulé, en fait, deux propositions pour tenter de parvenir au référendum: Baker Plan I et Baker Plan II, mais les deux ont été réutilisés par Rabat .
     
    Malgré les tentatives de médiation, les hostilités n’ont jamais cessé et aucune résolution effective n’a été trouvée, à tel point qu’entre 1999 et 2005, il y a eu deux intifades et de nombreuses manifestations pacifiques dans les territoires occupés pour protester contre la violation des les droits humains subis par la population sahraouie. L’activité de négociation des Nations Unies est restée quasiment bloquée de juin 2004, suite à la démission de Baker, jusqu’en novembre 2018, année au cours de laquelle la résolution n ° 2440 a finalement été présentée au Conseil de sécurité.

    Ce document autorisait, d’une part, une prolongation du Minurso pour 6 mois supplémentaires, jusqu’en avril 2019, et d’autre part, il faisait pression sur le Front Polisario et le Maroc pour qu’ils entament des négociations directes. Malgré les efforts de l’envoyé spécial des Nations Unies, Horst Kohler, il n’a pas été possible de mener les négociations vers le «tournant diplomatique» souhaité.

    Violations des droits de l’homme et migration forcée

    L’incertitude et la forte ambiguïté concernant l’application du droit à l’autodétermination des peuples sur le territoire du Sahara occidental et dans les camps de réfugiés se reflètent dans la protection plus générale des droits de l’homme. En effet, si formellement le gouvernement marocain semble avoir fait des progrès dans l’application des droits universels, des études récentes montrent que les arrestations arbitraires, la torture et les disparitions contre les opposants politiques sahraouis se sont poursuivies bien au-delà des années 1980.

    Dans le même temps, le statut ambigu du Rasd, considéré comme un État par certains, un non-étatique par d’autres, a conduit la Commission des droits de l’homme de l’ONU à ne pas la considérer comme liée au respect du droit international. Dans ce contexte, plusieurs rapports indiquent une condition répétée de violations des droits de l’homme au Sahara occidental, principalement au détriment des Sahraouis qui sont arrêtés arbitrairement et parfois torturés. Pas autrement, dans le camp de réfugiés, il y a des cas de répression politique et le phénomène de l’esclavage semble toujours présent.

    Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) estime que le nombre de réfugiés dans les camps varie de 90 000 à 125 000, alors que des flux migratoires constants hors de la région sont enregistrés depuis les années 80. Parmi les problèmes de migration, il y a principalement le problème environnemental, lié au changement climatique et aux problèmes d’hygiène et d’hygiène qui en découlent. À ce jour, la pandémie de Covid-19 a exacerbé les conditions dans lesquelles se trouve l’économie fragile de la région, basée sur l’agriculture, mais surtout sur la fourniture d’une aide humanitaire envoyée principalement par le HCR et de nombreuses organisations non gouvernementales, essentielles à la survie. dans un territoire aussi inhospitalier.

    Le conflit aujourd’hui

    2019 était censée être l’année de l’espoir pour le peuple sahraoui de résoudre le conflit. Après une médiation intense qui a ravivé l’espoir de paix au Sahara occidental, le processus de règlement de l’ONU a été interrompu en 2019 par la démission de Horst Koehler.

    Bien que le mandat de la mission Minurso ait été prolongé d’une année supplémentaire, selon la déclaration de l’ONU du 31 octobre, il n’y a pas encore eu de percée diplomatique substantielle et la situation d’instabilité persiste.

    En fait, au cours des trois dernières semaines, la région a connu de nouvelles tensions après que, le 21 octobre, des groupes armés fidèles au Front Polisario aient fermé le passage frontalier entre le Maroc et la Mauritanie et se soient infiltrés dans la région d’El Guerguerat, entravant la circulation des personnes et des marchandises. Pour Rabat, de telles actions constituent une menace pour la stabilité de la zone. Après des années de cessez-le-feu, l’armée marocaine a lancé le 13 novembre une opération militaire dans la région en pénétrant dans la zone tampon d’El Guerguerat, pour briser le blocus de la circulation imposé par les manifestants sahraouis pendant près de trois semaines.

    L’opinion publique qualifie souvent la question du peuple sahraoui de conflit «oublié», soulignant qu’il ne s’agit pas d’un sujet d’intérêt international particulier. En revanche, la question du Sahara occidental est restée une plaie ouverte pendant plus de quarante ans qui risque de plus en plus de démontrer l’incapacité du système international à trouver des solutions viables et ainsi désamorcer la crise. A court terme, les tensions récentes pourraient provoquer un nouveau mouvement de rébellion au sein du Front Polisario et du peuple sahraoui (un retour à la lutte armée n’est pas exclu), sapant les efforts consentis jusqu’à présent au niveau international.

    * Chars du Front Polisario utilisés dans le conflit du Sahara Occidental [crédits photo: SODiwane / CC BY-SA 4.0]

    Source: orizzintipolitici.it
     
    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #MINURSO #ONU 

  • Sahara Occidental : Rabat cherche l’escalade

    Agression marocaine à El-Guerguerat : Rabat cherche l’escalade

    L’action du Maroc a suscité une large désapprobation à l’échelle mondiale. De très nombreux pays et organisations ont dénoncé l’agression marocaine et appelé au retour du processus onusien, censé déboucher sur l’autodétermination du peuple saharaoui.

    Les conséquences directes de la violation par le Maroc du cessez-le-feu au Sahara occidental portent en elles les germes d’une résurgence du conflit et sont susceptibles de mettre la région sous une tension extrême.

    C’est la crainte exprimée par le secrétaire général de l’ONU. Antonio Guterres a, en effet, mis en garde contre les répercussions des derniers développements survenus dans la région d’El-Guerguerat.

    Rappelons que l’escalade a été provoquée par l’agression marocaine contre les manifestants pacifiques. Le chef de l’ONU, dont on reproche le long retard mis pour désigner un envoyé spécial, censé mettre en œuvre les résolutions de l’Onu sur le Sahara occidental, a réitéré la position de l’organisation onusienne et défendu le principe du cessez-le-feu signé en 1991 entre les deux parties belligérantes. M.Guterres a même clairement pris position contre l’agression du Maroc et ce, à travers une communication téléphonique qu’il a eu, à sa demande, avec un membre du Secrétariat du Front Polisario, Khatri Adouh.

    Lors de l’entretien, le SG de l’Onu a transmis à Brahim Ghali, président de la République arabe sahraouie démocratique «la profonde préoccupation de l’ONU suite aux derniers développements dans la région d’El-Guerguerat ainsi que les répercussions possibles sur l’avenir du processus de paix sous l’égide de l’ONU au Sahara Occidental». L’agence de presse sahraouie (SPS) qui rapporte cette information affirme que ledit entretien téléphonique, participe d’une démarche du SG de l’ONU qui entend maintenir un contact soutenu avec les parties du conflit, à savoir le Front Polisario et le Royaume du Maroc. L’objectif de cette action diplomatique de l’Onu est d’ «apaiser la situation due à l’escalade militaire menée par l’occupation marocaine à El Guerguerat et de ses agressions contre les civiles et le territoire sahraouis», note la même la source.

    On retiendra de cette première prise de contact depuis la violation du cessez-le-feu, une posture invariable de la RASD qui, à travers M. Adouh, «a réitéré la position de la partie sahraouie qui a été exprimée à maintes reprises à travers des messages adressés par le président de la RASD et le SG de l’ONU au Conseil de sécurité, dont le message adressé hier vendredi qui résume la position du Front Polisario vis-à-vis des sources de tension et les démarches devant être prises dans ce cadre par le secrétariat général de l’ONU et le Conseil de sécurité», souligne SPS.

    Il faut dire que l’action du Maroc a suscité une large désapprobation à l’échelle mondiale. De très nombreux pays et organisations ont dénoncé l’agression marocaine et appelé au retour du processus onusien, censé déboucher sur l’autodétermination du peuple sahraoui.
    Concernant les canaux diplomatiques officielles, on retiendra la lettre urgente adressée au secrétaire général de l’ONU et à la Représentante permanente de Saint-Vincent-et-les Grenadines auprès des Nations Unies, Rhonda King, qui assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, où le Président sahraoui, Ibrahim Ghali, les a informés des répercussions de l’attaque agressive lancée par les forces militaires marocaines contre des civils sahraouis non armés manifestant pacifiquement à El Guerguerat.

    «Face à cet acte d’agression, les forces militaires du Front Polisario ont été contraintes d’intervenir face aux forces marocaines en état de légitime défense et de protéger les civils», souligne le président de la RASD.
    Anissa Mesdouf

    Source : Ouest Tribune, 17 nov 2020

    Tags : #SaharaOccidental #Polisario #Maroc #ONU #MINURSO