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  • Sahara Occidental : la normalisation marocaine avec Israël contre le soutien américain (Mustafa Bakhouche)

    Mustafa Bakhouche, professeur en sciences politiques à l’Université Mohamed-Khider de Biskra, estime que la décision du Front Polisario de revenir à la lutte armée n’est pas une déclaration de guerre, mais plutôt une recherche de la paix à travers la relance du processus du règlement international bloquée. Dans cette interview, il souligne que les positions de certains États du Golfe d’ouvrir des« consulats vides »dans les terres désertiques occupées ne sont pas fondées sur des principes et n’ont pas une relation directe avec la question du Sahara occidental, mais plutôt un rôle joué par des États fonctionnels chargés de faire la promotion du projet américain appelé «la transaction du siècle» et la normalisation avec Israël.

    Il ne fait aucun doute que l’impasse dans laquelle se trouve la question du Sahara Occidental tient au fait qu’elle se limite à deux solutions contradictoires. Une logique fondée sur le principe du droit à l’autodétermination adopté par les Nations unies sans pouvoir l’imposer, et une approche marocaine basée sur le maintien du Sahara occidental sous sa souveraineté tout en proposant l’autonomie aux Sahraouis.
    L’ancien secrétaire d’État américain et envoyé onusien à la région, James Baker, a proposé de donner l’autonomie tout en organisant un référendum d’autodétermination, mais le Maroc a rejeté cette solution. Le royaume a œuvré, depuis, pour imposer sa logique sur un fait accompli, qui a abouti, après des années de tergiversations, à un retour au langage de la guerre.
    Le Front Polisario a décidé, en effet, de suspendre son engagement en faveur de l’accord de cessez-le-feu avec le Maroc. La guerre est-elle le début d’une solution à un conflit prolongé?
    Dans le passé, on disait : «Si vous voulez la paix, préparez-vous à la guerre». En raison des tergiversations marocaines et d’une stratégie visant à gagner du temps pour imposer une nouvelle réalité sur le terrain qui change la situation socio-économique et démographique conformément à sa vision, il semble que le Front Polisario est aujourd’hui convaincu que parier sur la voie diplomatique chancelante ne suffit pas.
    C’est pourquoi, le choix sahraoui de reprendre le chemin de la lutte armée, ne signifie, en aucune façon un va-t-en guerre, mais une recherche vers la paix en relançant la voie du règlement international qui stagne depuis 1991. Depuis, le Maroc ne cesse de fabriquer de faux problèmes de procédure dans le but de perturber la tenue du référendum. Parmi ces faux problèmes, celui relatif, particulièrement, à la question de la détermination de l’identité des Sahraouis qui ont le droit de participer au référendum. Le Front Polisario veut, par sa décision de mettre fin à l’accord de cessez-le-feu, envoyer des signaux d’alerte à la communauté internationale sur le sort du processus référendaire et les conséquences qui menacent la sécurité et la stabilité non seulement de la région, mais pouvant aller au-delà pour s’étendre au nord de la Méditerranée, au Sahel et au sud du Sahara, des régions déjà fragilisées et vivant de nombreuses perturbations.
    Comment expliquez-vous la position de certains pays du Golfe, notamment les Emirats Arabes Unis et le Bahreïn ?
    Votre question me conduit à faire référence à un certain nombre d’étranges paradoxes que la région connaît en raison de l’état de bouleversement du système international, ce que les spécialistes des relations internationales appellent le phénomène de transfert et de transformation du pouvoir. D’une force dominante en déclin, dont la force relative diminue progressivement et qui veut continuer à exercer une influence et une force révisionniste en quête de reconnaissance sur la scène internationale. Cette force cherche à dominer et à exercer une influence proportionnelle à sa puissance croissante. Au cours de cette période de transformation et de transition, un vide apparaît et toutes les puissances internationales et régionales essaient d’en profiter pour se repositionner dans la nouvelle phase, et au milieu de celle-ci, nous pouvons être témoins de situations étranges qui ne reflètent ni ne respectent les relations de pouvoir.
    C’est exactement ce que vit la région du Moyen-Orient et celle de l’Afrique du Nord. En raison du retrait des puissances régionales traditionnelles influentes et en raison de considérations liées à la tourmente du système international et aux conséquences du soi-disant «Printemps arabe» (Égypte, Iraq, Libye, Syrie), des pays ne possédant pas les éléments nécessaires de la puissance ont fait surface et essaient de jouer des rôles « fonctionnels » beaucoup plus grands que leur taille.
    Voici le paradoxe lorsque ces pays deviennent des décideurs du sort de la région à travers leurs interventions (financement) dans des pays (Libye, Syrie, Yémen, …) aux dépens des pays pivots de la région.
    En liant votre question à cette idée de bouleversement international et au vide de pouvoir qui en résulte dans la région, je fais référence aux mouvements de l’entité sioniste. Profitant des récentes percées qu’elle a réalisées dans la région du Golfe, à travers les portières des Emirats et de Bahreïn, cette entité parie sur le repositionnement en réorganisant ses relations avec les pays de la région, d’une manière qui réponde à ses aspirations pour les intégrer dans son environnement.
    L’Objectif, à travers ces manœuvres, est de se transformer en leader qui commande les efforts internationaux dans la lutte contre le terrorisme, selon sa vision, et, partant, contrecarrer la menace iranienne et l’expansion turque.
    C’est ce qu’il essaie d’accomplir pratiquement sur le terrain, après avoir réussi à persuader l’Administration américaine d’adopter l’Accord du siècle, qui à son tour a poussé certaines forces fonctionnelles de la région à le commercialiser et à le promouvoir. Le Maroc a trouvé dans cette atmosphère ce qui lui permet de pratiquer une sorte de troc et même de chantage sur la question du Sahara occidental, surtout après que l’Algérie ait déclaré explicitement par la voix du président Abdelmadjid Tebboune, lui-même, de rejeter ce qu’il a appelé la ruée vers la normalisation.
    En échange de son soutien à la position marocaine, qui a pris de nombreuses formes, dont l’ouverture de consulats dans la ville occupée d’El-Ayoun (qui, soit dit en passant, est un comportement illégal qui viole le droit international et les traditions diplomatiques), le Maroc est prêt à normaliser et à reconnaître Israël.
    Par conséquent, je pense que les positions de ces pays ne sont pas fondées sur des principes et n’ont rien à voir directement avec la question du Sahara occidental, mais plutôt des pays chargés de commercialiser le projet de l’Accord du siècle et la voie de la normalisation.
    Qu’est-ce qui a rendu la position américaine hésitante, contrairement à la position française?*
    La position officielle déclarée par les États-Unis est conforme à la légitimité internationale et au droit international et soutient le processus de règlement des Nations unies. Cela dit, la recherche d’une explication sur le manque de sérieux de la position américaine vis-à-vis de la question saharienne, nous mène à souligner :
    Que le Maroc est considéré comme un allié traditionnel des États-Unis depuis l’époque de la guerre froide. Les États-Unis considéraient le conflit du Sahara comme une forme de guerre par procuration.
    Que les États-Unis ont passé la main sur la question du Sahara au profit de leur allié de l’Atlantique Ouest, la France.
    Que le conflit du Sahara Occidental n’est pas une priorité pour le pouvoir américain, compte tenu de l’ampleur de ses intérêts, surtout après la fin de la guerre froide et le recul des considérations stratégiques.
    Que ce qui distingue la prise de décision américaine, c’est le rôle des lobbies et des groupes de pression capables de l’influencer.
    Par conséquent, les États-Unis s’appuient sur «la politique de l’ambiguïté» dans leur position pour s’assurer des bonnes relations avec toutes les parties impliquées dans le conflit, directement ou indirectement…
    L’un des pays touchés par le conflit est peut-être la Mauritanie, à laquelle l’option de la neutralité positive a été imposée. Ni pour ni contre ?
    La vérité est que la position mauritanienne reflète la complexité de la question sahraouie. Pour pouvoir la comprendre, il faut revenir un peu en arrière. Il faut souligner, d’emblée, que les revendications territoriales du Maroc reflètent sa tendance expansionniste car elles ne se limitent pas au territoire du Sahara occidental mais s’étendent à la Mauritanie et à une partie du territoire algérien, en plus de Ceuta et Melilla, qui sont toujours sous souveraineté espagnole.
    En raison de cette tendance expansionniste, la reconnaissance par le Maroc de l’indépendance de la Mauritanie a été retardée de neuf années entières (la Mauritanie a obtenu son indépendance en 1960 et la reconnaissance du Maroc a eu lieu en 1969).
    Pour la même raison, le Maroc a attaqué l’Algérie et une guerre a éclaté entre les deux pays en 1963 (la guerre des sables).
    Je note également que la position mauritanienne s’est développée positivement et est passée des revendications portant sur «la mauritanité» du Sahara, parallèlement aux revendications marocaines, au retrait du conflit, en déclarant la neutralité.
    La position mauritanienne peut être comprise et justifiée en regardant la fragilité de ce pays, sa rareté de ressources et ses faibles capacités, d’une part, et, d’autre part, son empressement à se prémunir des ambitions marocaines à son égard.
    Si l’accord tripartite de Madrid du 14 novembre 1975 entre la Mauritanie, le Maroc et l’Espagne prévoyait le partage du Sahara entre le Maroc et la Mauritanie, selon lequel le Maroc acquerrait la région d’Oued Ed-Dahab et la Mauritanie acquerrait la région de Sakia El Hamra tout en assurant la protection des intérêts espagnols dans la région, la Mauritanie, sous la pression des coûts exorbitants du conflit, s’est retirée de la partie qui devait être occupée par les forces marocaines. Depuis, la Mauritanie a maintenu une position de neutralité pour assurer des relations acceptables avec toutes les parties en conflit.
    Envisagez-vous l’existence de solutions autres que celles présentées actuellement : le droit à l’autodétermination ou l’autonomie ?
    En ce qui concerne la solution du conflit, deux visions s’opposent. La première est celle de la légitimité internationale et du droit international qui a inclus la question du Sahara occidental depuis 1963 dans la liste des Nations unies des territoires non indépendants auxquels le droit à l’autodétermination n’a pas été accordé. Et elle ne reconnaît pas la souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental. La solution, selon cette vision, passe par l’organisation d’un référendum d’autodétermination. C’est d’ailleurs, une démarche acceptée par le Maroc en 1991, avant de se rétracter en reniant ses engagements internationaux.
    La deuxième vision consiste à conférer aux Sahraouis une large autonomie. A travers cette idée, le Maroc cherche à contourner l’organisation du référendum et garantir «une intégrité territoriale non reconnue par la communauté internationale.
    La réalité a prouvé, au fil du temps, que les deux visions sont inconciliables. C’est pourquoi, il est urgent de réagir en dehors du discours dominant et loin des deux visions, d’une manière qui permette l’élaboration d’une feuille de route viable qui prenne en compte les droits du peuple sahraoui et réponde aux intérêts et aspirations de tous les peuples de la région dans un processus d’intégration vers la construction d’un Maghreb de sécurité et de prospérité. C’est dans ce sens que devraient intervenir les think tanks, les élites, les universitaires et les chercheurs de la région, notamment en Algérie, au Maroc et en Mauritanie. Mon souhait est qu’ils se libèrent de la dépendance liée aux natures clientélistes des régimes politiques, dans leur traitement de la question du Sahara occidental. Je pense, qu’aujourd’hui, nous devons jeter une pierre dans nos eaux stagnantes pour assurer son mouvement, en pensant aux relations entrelacées et au dépassement des calculs des régimes en faveur d’un espace maghrébin basé sur les valeurs de justice et de liberté et qui garantissent l’intégration et des efforts concertés pour que nous soyons tous libérés de la peur, du besoin et du sous-développement .
    Que représente le Sahara occidental pour l’Algérie du point de vue géostratégique ?
    Permettez-moi de préciser ici et d’une manière catégorique, que la position algérienne est dictée par des principes qui n’ont rien à voir avec les calculs de profits ou pertes, ou même par des considérations géostratégiques. L’Algérie, qui a obtenu son indépendance grâce à l’application du principe du droit à l’autodétermination après une lutte acharnée contre le colonialisme français, est très sensible aux questions de décolonisation qu’elle considère comme des questions justes. Par conséquent, l’Algérie a soutenu tous les mouvements de libération dans le monde indépendamment de leur appartenance religieuse ou ethnique ou de leur situation géographique avant même leur indépendance. Il suffit ici de signaler, par exemple, que le chef militant contre l’apartheid, le Sud-Africain Nelson Mandela a bénéficié d’un entraînement militaire en Algérie par les soins des révolutionnaires algériens de l’Armée de libération nationale. C’est pourquoi l’Algérie est connue sous le nom de la Mecque des révolutionnaires. L’enjeu n’est donc pas lié aux calculs stratégiques ou aux ambitions territoriales : l’Algérie, Dieu soit loué, a la taille d’un continent et dispose de suffisamment de ressources. Ce n’est qu’une question de principes.
    Comment voyez-vous ce que devrait être la position algérienne ?
    En fait, cette question m’a été posée à plusieurs reprises. Et parce que je suis convaincu du rôle pivot que peut jouer l’Algérie, compte tenu de la position qu’elle occupe (l’Algérie est le cœur du Maghreb arabe) et compte tenu de son équilibre révolutionnaire, ma réponse a donc toujours été la même, ce que je vais répéter ici. Mais avant cela, je dois d’abord souligner que l’Algérie n’a jamais été partie prenante au conflit et qu’elle l’a exprimé à maintes reprises. Sa position est fondée sur le respect des principes du droit international et de la légitimité internationale, qui affirme le principe du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes et le principe de la préservation des frontières héritées de la colonisation. Deux principes les plus importants que l’Algérie a défendus pour instaurer la stabilité et la paix en Afrique et dans toutes les régions du monde qui ont connu le phénomène colonial, notamment en Asie et en Amérique latine.
    Je crois que l’Algérie a une responsabilité morale et historique à l’égard de la question saharienne en référence, d’abord, à l’héritage de la glorieuse révolution de novembre qui a permis aux Algériens de se libérer du colonialisme français. Le processus de libération a soumis à la volonté du peuple algérien d’organiser un référendum sur l’autodétermination qui a débouché sur l’indépendance de l’Algérie. Ensuite, en vertu des relations de proximité et de voisinage et de fraternité qui nous unissent avec les deux peuples frères, marocain et sahraoui, l’Algérie doit aller au-delà des approches traditionnelles qui prévalent aujourd’hui et penser à de nouvelles méthodes qui permettent de transformer la question du Sahara occidental en un processus d’intégration qui dépasse la logique des régimes en faveur de la logique aspirée des peuples. Cela se fait en réfléchissant à des solutions innovantes et originales pour relancer de nouvelles voies qui garantissent les droits de tous les peuples de la région et permettent à leurs intérêts d’être interconnectés de manière à créer une nouvelle construction basée sur un nouveau concept d’intérêts qui transcende les loyautés et affiliations étroites.
    L’Algérie, de par sa situation géographique et son poids, doit se présenter comme un facilitateur pour développer une nouvelle approche qui permette l’émergence d’un nouveau régime maghrébin qui contourne l’état d’obstruction, de blocage et de désaccords stériles, pour ouvrir la voie à celle d’une intégration dans laquelle tous les peuples de la région bénéficient de manière juste et équitable. La justesse de l’approche algérienne pour la résolution de ce conflit, qui n’a que trop duré, réside dans l’affirmation qu’une solution juste et acceptable au conflit passe inévitablement par le respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination.
    Entretien réalisé par Fayçal Bakhouche et Mohamed Bouazdia
    *L’entretien a été réalisé avant la dernière déclaration du président américain, Donald Trump
    La Nation, 13 déc 2020
    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Polisario, ONU, 
  • Sahara Occidental : La récente résolution de l’UA adoptée en tant que document officiel de l’ONU

    Le président du Conseil de sécurité des Nations unies, le représentant de l’Afrique du Sud auprès des Nations unies, a rendu publique une lettre officielle de son pays en sa qualité de président actuel de l’Union africaine (UA), qui comprend la liste des résolutions adoptées par le 14e Sommet extraordinaire de l’Union africaine (UA), et la nouvelle décision sur le conflit du Sahara occidental.

    La lettre, qui est devenue un document officiel du Conseil de sécurité, indiquait que l’Afrique du Sud « a l’honneur de publier le document actuel, qui comprend les décisions de la 14e session extraordinaire du sommet de l’UA, y compris une résolution sur la question du Sahara occidental, en tant que document officiel du Conseil de sécurité », rapporte l’agence de presse sahraouie (SPS).

    Dans sa décision adoptée lors de son récent sommet du 6 décembre 2020, l’UA a exprimé sa profonde préoccupation face à l’escalade des tensions militaires entre le Maroc et la République sahraouie dans la zone tampon d’El-Guerguerat au Sahara occidental, ayant conduit à la violation par le Maroc de l’accord de cessez-lefeu de 1991.

    Dans sa résolution, l’UA a également appelé le Conseil de paix et de sécurité de l’UA (CPS) « à travailler avec les deux parties (Maroc/RASD), deux Etats membres de l’UA, afin de créer les conditions propices à la conclusion d’un nouveau cessez-le-feu et à la recherche d’une solution juste et durable au conflit qui garantit le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental conformément aux décisions et résolutions pertinentes des Nations Unies et aux objectifs et principes de l’Acte constitutif de l’Union africaine ».

    D’autre part, la résolution appelait le « Secrétaire général des Nations unies à nommer un envoyé personnel du secrétaire général pour le Sahara occidental ». Sur le terrain, les unités de l’Armée populaire de libération sahraouie (APLS) «ont mené mercredi et jeudi derniers de nouvelles attaques contre des positions de l’armée de l’occupation marocaine le long du mur de la honte», indique un communiqué du ministère de la Défense sahraouie.

    Le ministère a précisé dans son communiqué militaire n° 49, que «des unités avancées de l’Armée populaire de libération sahraouie ont concentré, mardi 29 décembre, leurs attaques contre les tranchées de l’armée d’occupation marocaine dans la zone de Gleib Ans dans le secteur d’Aousserd».

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, ONU, UA, Union Africaine, Connseil de Sécurité,

  • El derecho internacional y el reconocimiento de la soberanía marroquí sobre el Sahara Occidental por parte de Trump

    María López Belloso, Universidad de Deusto
    En el día internacional de los derechos humanos, el presidente estadounidense Donald Trump ha sacudido el panorama internacional con el anuncio del reconocimiento de la soberanía marroquí sobre el territorio del Sahara Occidental, en clara violación del derecho de autodeterminación saharaui.
    Este anuncio llega después de que hace casi un mes Marruecos rompiera el alto el fuego que imperaba en la zona desde 1991 con su incursión militar en la franja de El Guerguerat, incumpliendo las disposiciones del Acuerdo militar nº1 firmado entre ambas partes y la Misión de las Naciones Unidas para el Referéndum del Sáhara Occidental (MINURSO) en 1997.
    Desde ese momento, Marruecos ha hecho serios esfuerzos por tratar de silenciar los enfrentamientos militares en el muro, y las olas de arrestos, detenciones y hostigamientos que se han venido produciendo en los territorios ocupados por parte de las fuerzas armadas marroquíes. Este anuncio por parte de un presidente, Trump, saliente constituye un golpe de efecto en esta guerra mediática que sin duda supone un duro golpe a la parte saharaui, pero sobre todo, al Derecho Internacional y a la tradición iusinternacionalista de EE.UU.
    Los Altos del Golán y el Sahara Occidental
    Sin embargo, no es la primera vez que el presidente Donald Trump sorprende con un anuncio como este en un contexto similar. En marzo de 2019, Trump anunció el reconocimiento de la soberanía israelí sobre los Altos del Golan, que el Estado israelí se anexionó en 1981, y que tampoco está amparada por el derecho internacional, ni el resto de países de la comunidad internacional. En palabras de Stefan Talmon, este anuncio del presidente estadounidense supuso no sólo el “rechazo de más de 100 años de trayectoria del derecho internacional” sino también la contribución histórica de EE.UU. y de sus presidentes a la legalidad internacional. Efectivamente, desde 1978 Marruecos mantenía una postura constante que defendía la ilegalidad de la ocupación israelí del Golan, y de los asentamientos en Cisjordania.
    Más allá de las repercusiones geopolíticas de este anuncio, y de la consolidación de la alianza de Netanyahu y Trump, este reconocimiento fue rechazado por la comunidad internacional y por el propio Consejo de Seguridad de Naciones Unidas.
    Efectivamente, el anuncio de Trump fue duramente criticado, no sólo por Siria, cuya integridad territorial se veía afectada por este anuncio, sino que también grandes potencias como China, Rusia o los países árabes manifestaron su disconformidad con el anuncio del presidente estadounidense. Este rechazo se trasladó también al Consejo de Seguridad, donde todos sus miembros, excepto EEUU, condenaron “duramente la acción y advirtieron que pone en riesgo la estabilidad regional y socava el orden internacional basado en normas”.
    Con el reconocimiento de la anexión israelí del territorio, el presidente norteamericano contravenía lo establecido en el derecho internacional y en las resoluciones del Consejo de Seguridad de Naciones Unidas (Res 242 de 1967, Res 338 de 1973 y Res 497 de 1981) pero, sin embargo, de acuerdo con las declaraciones del Secretario General Antonio Guterres, no consiguió que el status del territorio variara ante los ojos del derecho internacional.
    Al igual que el anuncio sobre los Altos del Golán buscaba un impacto global sobre el conflicto Israel-palestino, el anuncio de Trump reconociendo la soberanía marroquí sobre el Sahara Occidental, más allá del efecto real de un presidente saliente en menos de tres semanas, busca desnivelar la balanza política en el conflicto saharaui.
    Como describe la propia Biblioteca del Congreso, este tipo de declaraciones tienen un “carácter ceremonial” y carecen de efecto legal inmediato.
    De manera similar al anuncio de 2019, las declaraciones de Trump de 2020 no se sostienen desde el punto de vista de la legalidad internacional, a la luz de la cual el estatus del territorio como no autónomo pendiente de descolonización es claro.
    Del mismo modo, también estas declaraciones han supuesto una oleada de reacciones por parte de distintos actores internacionales, recordando la naturaleza internacional del conflicto, e incluso en el seno del propio partido republicano.
    Concretamente, la Ministra de Asuntos Exteriores española, Arancha González Laya, a quien casualmente este anuncio le ha coincidido con su visita a Israel y Palestina, ha llamado al “respeto de las resoluciones de Naciones Unidas” en la resolución del conflicto saharaui.
    Sin embargo, al igual que en el caso de la soberanía israelí sobre el Golán, está por ver que este anuncio tenga un impacto sobre el conflicto, y sobre el estatus del territorio, como afirma Rana Jawad.
    Además, no cabe duda de que este acuerdo tendrá consecuencias para Marruecos. En un artículo sobre esta cuestión a principios de año, cuando ya se rumoreaba esta posibilidad, algunos medios marroquíes cuestionaban su veracidad por las innegables consecuencias que acarrearía para el estado alauí. Así, Samir Benis, en su artículo para Morocco World News afirmaba que Marruecos se “pondría al nivel de Israel” y daría argumentos al Frente Polisario para asimilar ambos conflictos. Por tanto, lo que evidencia este anuncio es que la presión que la vuelta a la guerra supone para Marruecos no es tan insignificante como quiere hacer parecer, cuando está dispuesto a asumir consecuencias tan relevantes en el ámbito regional e internacional.
    Palestina y el Sahara Occidental, diferencias y similitudes
    Lo que pone de manifiesto este anuncio, no cabe duda, es la estrecha relación entre los conflictos palestino e israelí, a pesar de que tradicionalmente los palestinos no se han solidarizado con la población saharaui. Sin duda, esta falta de colaboración entre dos actores que comparten tantos elementos (ocupación del territorio, población refugiada, conflicto prolongado y ambigüedad de la comunidad internacional) ha estado marcada por el estatus de Marruecos entre los países árabes.
    En el conflicto saharaui los países árabes han mantenido una postura alineada con el respaldo a las tesis marroquíes que ha sido seguida también por los actores palestinos, ignorando las similitudes entre ambos casos.
    Sin embargo, como señalaba Rana B. Khoury ya en 2011, “a pesar de las diferencias contextuales e históricas”, la historia reciente de ambos territorios ha estado “llena de conflictos y derramamiento de sangre”, y en ambos casos “los saharauis y los palestinos continúan viéndose disuadidos de lograr la autodeterminación, una realidad que continúa problematizando la base del orden actual”.
    Del mismo modo, en los dos conflictos, la claridad del derecho internacional se ve afectada por los intereses políticos y económicos que subyacen a declaraciones como las realizadas por Donald Trump en ambos casos. Estos intereses han llevado a pensar que las injerencias externas podrían “palestinizar” el conflicto saharaui, tratando de dividir a la población y de mermar el apoyo de ésta al Frente Polisario.
    No obstante, el escaso respaldo de movimientos como Khat Chahid o “Iniciativa Saharaui por el Cambio”, y la reciente creación de ISACOM con fundamentos alineados con la postura defendida por el Frente Polisario, han puesto de manifiesto que hasta la fecha, esta estrategia no ha surtido efecto.

    Por otro lado, como señalaba Randa Farah, la estrategia de prolongación del conflicto en aras de la desmotivación y hastío de la población no ha resultado exitosa en ninguno de los dos casos, y en ambos contextos la identidad de las generaciones en el exilio o en el refugio con la causa, sigue siendo generalizada.

    Igualmente, tanto el Frente Polisario como la ANP son conscientes de que tienen que seguir buscando vías para mantener el conflicto activo en el derecho internacional, y ambas partes han conseguido éxitos muy importantes, como las sentencias de tribunales europeos respecto a los recursos naturales saharauis, la aceptación de Palestina en organizaciones internacionales como la UNESCO o el TPI, y, retrotrayéndonos un poco más, las dos opiniones consultivas del Tribunal Internacional de Justicia sobre el Sahara Occidental en 1975 y sobre Palestina en 2004.
    Este nuevo movimiento de la presidencia norteamericana, y esta nueva analogía entre ambos casos, debería traducirse en una mayor alineación de las estrategias políticas y legales de ambas poblaciones de forma que ambos puedan conseguir la aplicación del derecho internacional en ambos contextos.
    Un movimiento más en la partida
    Por tanto, para entender las implicaciones globales del anuncio realizado por Trump, es necesario analizar la situación desde una perspectiva más amplia y tratar de dilucidar la situación real de los actores en “la partida”.
    En la semana previa a esta declaración, la batalla se ha jugado en el tablero africano, donde la UA ha apostado por respaldar los esfuerzos de la ONU para solucionar el conflicto saharaui.
    Está por determinar aún, cuál va a ser la postura de otros actores relevantes, como la UE, y si, tal y como hicieron con el anuncio de Trump en 2019 los países europeos se mantienen fieles a la legalidad internacional, o si, por el contrario, los intereses del principal aliado marroquí, Francia, inclinarán la balanza del lado de la ilegalidad internacional.
    María López Belloso, Investigadora asociada del proyecto GEARING ROLES (H2020), Universidad de Deusto
    This article is republished from The Conversation under a Creative Commons license. Read the original article.
    Tags : #SaharaOccidental #Marruecos #Palestina #Normalización #Israel #Polisario
  • Sahara Occidental : La primauté du droit

    La solution légale et pacifique s’est naturellement imposée pour stopper la dérive guerrière et aventureuse de la monarchie marocaine, laminée par une crise économique et sanitaire désastreuse, et du président américain en fin de mandat totalement discrédité par le désaveu massif de ses fidèles les plus acharnés, des personnalités influentes du camp républicain, des anciens émissaires onusiens pour la Sahara occidental et de l’opposition démocrate.

    Le verdict sans appel de l’Amérique, unie contre la violation de ses principes fondateurs, a trouvé un large écho dans le Conseil de sécurité consacrant, à l’appel de l’Allemagne, une réunion à huis clos pour examiner les récents développements induits par la violation du cessez-le-feu par l’occupant marocain et la reconnaissance de la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara occidental. 
    Face à la logique du marchandage, la majorité s’est dégagée au sein du Conseil de sécurité pour favoriser le retour à la table des négociations tributaire de la nomination rapide d’un nouvel envoyé spécial du secrétaire général de l’Onu interpellé, par ailleurs, par le commissaire à la paix et à la sécurité de l’Union africaine, Mokhtar Chergui, sur la nécessité de «saisir le conseiller juridique pour rendre un avis sur l’ouverture des représentations diplomatiques» de surcroît dans un territoire non autonome. 
    Le retour au Conseil de sécurité est, en soi, une victoire importante confortée par l’émergence d’un consensus fort acquis à la relance du processus politique sans conditions préalables. Un appel au respect du droit à l’autodétermination a été lancé par l’Allemagne, la Russie et le Royaume-Uni, totalement opposés à la décision unilatérale de Trump. L’urgence de la reprise du processus politique a été également soutenue par la Chine, la Tunisie, le Niger, la Belgique, l’Estonie et la République dominicaine. 
    La voix de l’Afrique, exprimée par l’Afrique du Sud assurant la présidence de l’Union africaine, s’est faite entendre pour marquer «l’impatience» de l’Afrique quant à la nomination d’un nouvel Envoyé spécial et revendiquer, en étroite collaboration avec le Conseil de la sécurité et de la paix de l’UA, la nécessité d’un nouveau cessez-le-feu entre les deux parties pour favoriser une «solution durable qui assure au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination». 
    A l’exception de l’Amérique de Trump et d’un allié intéressé, le Conseil de sécurité a unanimement réclamé la primauté du droit sur la force pour préserver les fondements d’un système miné par le recours à l’unilatéralisme et le mépris de la légalité. A l’épreuve d’un coup de force sans précédent, l’Onu se doit de mesurer à sa juste valeur la position dominante de la communauté internationale. 
    «Notre position sur les déclarations concernant le Sahara occidental n’a pas changé et nous continuons de croire qu’une solution peut être trouvée par un dialogue fondé sur les bases des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité», a affirmé le porte-parole du secrétaire général de l’Onu, Stéphane Dujaric. Les Sahraouis ne demandent pas mieux : le respect des résolutions de l’Onu, violées par l’occupant, encouragé par des puissances participant au pillage des richesses du peuple sahraoui ou, à l’image du deal de la honte, en quête de dividendes politiques.
    El Moudjahid, 23 déc 2020
    #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #ONU #Décolonisation #Palestine #Israël #Normalisation
  • Conflit du Sahara Occidental : A quoi joue Antonio Guterres ?

    Zine Cherfaoui, El Watan, 24 décembre 2020

    Il se susurre à New York que le secrétaire général de l’Organisation des Nations unies (ONU), Antonio Guterres, aurait à l’intention de désigner l’ancien Premier ministre roumain Petre Roman en qualité d’envoyé spécial de l’ONU pour le Sahara occidental, en remplacement de l’ancien président allemand Horst Köhler, qui a démissionné de son poste en mai 2019.
    Le choix d’Antonio Guterres de confier à Petre Roman la difficile mission de trouver une issue pacifique au conflit du Sahara occidental, respectueuse des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité, dont celle reconnaissant notamment au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination, a surpris plus d’un diplomate. Pourquoi ? L’ancien responsable roumain est connu pour être un partisan de la colonisation du Sahara occidental par le Maroc.
    Il a d’ailleurs participé à de nombreuses reprises au Forum de Crans Montana, qui s’est tenu ces dernières années dans la ville sahraouie occupée de Dakhla. Ses prises de parole publiques témoignent clairement de son alignement en faveur des thèses coloniales marocaines.
    Autant dire qu’en souhaitant désigner Petre Roman comme envoyé spécial pour le Sahara occidental, le secrétaire général de l’ONU ne veut faire rien d’autre que de confier la gestion du dossier du conflit Sahara occidental à un allié de Rabat. Ce qui serait extrêmement grave. C’est ce que les économistes pourraient appeler un conflit d’intérêts.
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    Se peut-il qu’Antonio Guterres ait été mal informé sur le profil de Petre Roman ? L’hypothèse n’est pas à exclure. Il est toutefois rare que les services de l’ONU se trompent aussi gravement de casting, surtout qu’il s’agit là d’un dossier extrêmement sensible. Le secrétaire général de l’ONU a-t-il choisi volontairement de fermer les yeux sur le tropisme marocain de l’ancien Premier ministre roumain ? Autrement dit, il chercherait à donner un coup de pouce au Maroc… Des spécialistes du dossier du conflit du Sahara occidental le pensent.
    Aucune initiative d’importance
    En guise d’arguments, ils rappellent que depuis son élection au poste de secrétaire général de l’ONU, il ne s’est distingué par aucune initiative d’importance destinée à régler définitivement le conflit du Sahara occidental. Au contraire, ajoutent les mêmes sources, M. Guterres s’est employé à y maintenir le statu quo. C’est également durant son règne, note-t-on, que des tentatives sournoises de changer les paramètres du conflit ont été enregistrées.
    Il est étonnant d’ailleurs, signale-t-on, qu’il ne se soit jusque-là pas exprimé personnellement sur la reprise le 13 novembre dernier des hostilités entre le Front Polisario et le Maroc, après la violation par Rabat de l’accord de cessez-le-feu de 1991.
    C’est son porte-parole, Stéphane Dujarric, qui s’est contenté, après avoir été questionné par un journaliste, de réaffirmer lundi que la position des Nations unies n’«a pas changé» quant aux récentes déclarations sur le Sahara occidental, et que l’ONU «continue de croire qu’une solution peut être trouvée à travers un dialogue conformément aux résolutions du Conseil de sécurité».
  • L’Allemagne met en garde contre la partialité de Washington au conflit du Sahara occidental | Sahara Press Service

    NEW YORK, 24 Déc 2020 (SPS) La délégation allemande à l’ONU a mis en garde contre la partialité des Etats-Unis, porte-plume des résolutions sur le Sahara occidental, après la décision du président sortant, Donald Trump de reconnaitre la prétendue souveraineté du Maroc sur ce territoire.

    «Être porte-plume vient avec de la responsabilité. Cela s’accompagne d’un engagement fort pour résoudre un problème, il faut être juste, il faut être impartial, il faut avoir à l’esprit l’intérêt légitime de toutes les parties et il faut agir dans le cadre du droit international», a déclaré l’ambassadeur allemand à l’ONU, Christoph Heusgen.
    Il a révélé que son pays «reste profondément attaché à une solution politique qui soit réellement dans l’intérêt de tous. Toute la région en profiterait».
    Le 10 décembre courant, le président américain sortant, Donald Trump a annoncé sa reconnaissance de la prétendue «souveraineté marocaine» sur le Sahara occidental en contrepartie de la normalisation des relations des relations entre le Maroc et Israël. Une déclaration qui a suscité des réactions négatives à travers le monde mais aussi au sein même du parti auquel appartient Donald Trump.
    L’annonce faite par Trump a été essentiellement critiquée parce qu’elle va à contresens avec le Droit international, les Nations unies mais également d’autres organisations internationales considérant le Sahara occidental comme un territoire occupé illégalement par le régime marocain.
    Cette prise de position contredit aussi la politique adoptée par les Etats-Unis en ce qui concerne le Sahara occidental et qui consiste à soutenir l’organisation d’un référendum pour l’autodétermination du peuple sahraoui.
    Dans son édition de mardi, le New York Times, se basant, sur des sources diplomatiques a expliqué que la décision de Trump pourrait être annulée par l’administration Biden qui prendra les commandes de la Maison-Blanche à partir du 20 janvier prochain.
    Une annulation qui pourrait être expliquée par le fait que la reconnaissance de la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental soit contraire à l’un des principes fondateurs des Etats-Unis à savoir le soutien du droit à l’autodétermination.
    D’autre part, les Etats-Unis en tant que porte-plume des résolutions sur le Sahara occidental au Conseil de sécurité ne peuvent prendre parti en faveur d’une partie du conflit d’où le rappel à l’ordre, diplomatique, émis par Christoph Heusgen.
    Par ailleurs, le diplomate allemand a insisté sur l’importance d’accélérer la nomination d’un envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara occidental, afin de contribuer à la reprise du processus politique, à l’arrêt depuis la démission de l’ancien émissaire, Horst Kohler, en mai 2019.
    «Nous assistons donc à une stagnation du processus politique et nous avons besoin, en urgence, d’un nouvel envoyé personnel. Nous savons à quel point cette personne est difficile à trouver, car une telle personne doit être acceptable pour les deux parties. Si nous n’y parvenons pas, le processus politique s’effondrera», a-t-il soutenu.
    L’ambassadeur a affirmé que le conflit au Sahara occidental avait besoin «d’une revitalisation du processus politique» et «d’un règlement négocié réaliste, pratique et durable». (SPS)
    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #ONU #Décolonisation #Allemagne #DonaldTrump #EtatsUnis #USA
  • L’attachement du Conseil de sécurité aux résolutions internationales, "une condamnation" de la politique d’occupation marocaine

    Le gouvernement sahraoui a estimé, mardi, que l’attachement du Conseil de sécurité aux résolutions internationales sur le règlement de la question du Sahara occidental était “une condamnation” de la politique d’occupation marocaine, visant à confisquer aux Sahraouis le droit inaliénable à l’autodétermination. 

    “L’attachement du Conseil de sécurité à la nature juridique de la question sahraouie et au règlement pacifique basé sur les résolutions de la légalité internationale constitue une condamnation de la politique de l’occupant et de ses complices visant à confisquer au peuple sahraoui le droit inaliénable à l’autodétermination et à l’indépendance”, a indiqué le gouvernement sahraoui dans un communiqué au lendemain de la séance à huis-clos tenue par le Conseil de sécurité sur le Sahara occidental. 
    Cette position est “un revers” à l’annonce du président sortant américain Donald Trump de la reconnaissance de “la souveraineté” présumée du Maroc sur le Sahara occidental, ajoute le communiqué. Des pays membres du conseil ont vivement critiqué la décision du président américain “qui fait perdre à son administration le droit de formuler les décisions relatives au Sahara occidental, dont elle jouissait auparavant, a fait savoir la même source. 
    Le Conseil de sécurité a tenu lundi une séance huis-clos sur les derniers développements de la situation au Sahara occidental, plus d’un mois après la violation par le Maroc du cessez-le-feu dans la zone tampon d’El Guerguerat et quelques jours après l’annonce faite par le président américain. 
    Citant des sources onusiennes, le gouvernement sahraoui a souligné que “l’Etat d’occupation marocain, avec la complicité de la France, a tenté comme à l’accoutumée d’entraver la tenue de cette séance “si son objet n’était pas un appel au cessez-le-feu”, souligne le gouvernement sahraoui, citant des sources onusiennes, ajoutant que “la déception a été grande pour l’occupant”, conclut la même source.
    Le Maghreb, 24 déc 2020
    Tags : #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #ONU
  • Réunion du Conseil de Sécurité : Une gifle pour le Maroc

    LE CONSEIL DE SÉCURITÉ A EXAMINÉ LES DERNIERS DÉVELOPPEMENTS AU SAHARA OCCIDENTAL, SYNONYME D’UN RAPPEL À LA LÉGALITÉ INTERNATIONALE : Une gifle pour le Maroc

    Croyant avoir achevé la question Sahraouie en criant victoire au lendemain de sa reconnaissance, par le président Trump, de sa supposée souveraineté sur les territoires occupés, le Maroc a essayé un échec diplomatique cuisant, encore un autre, émanant de surcroît du Conseil de sécurité de l’ONU. En effet, en réunion lundi soir, le Conseil de sécurité a examiné les derniers développements survenus, depuis le 13 novembre dernier, à El Guerguerat, après la violation marocaine du cessez-le-feu de 1991 signé avec le Front Polisario sous l’égide des Nations unies. Ainsi, les participants ont souligné « l’urgence de reprendre le processus politique au Sahara occidental », à l’arrêt depuis 2019, appelant le Front Polisario et le Maroc, les rivaux en conflit, « à revenir à la table des négociations sans préconditions. » À l’issue de cette réunion, l’Afrique du Sud a, par la voix de son ambassadeur à l’ONU, Jerry Matjila, exprimé son « impatience » quant à la nomination d’un nouvel envoyé du secrétaire général onusien, pour « soutenir les négociations et la reprise du processus politique ». « L’Afrique du Sud attend avec intérêt la nomination d’un nouvel envoyé personnel du secrétaire général » pour le Sahara occidental, poste vacant depuis plus d’un an, « pour appuyer les négociations et relancer le processus politique », a déclaré M. Matjila à l’issue de ces consultations tenues à huis clos. Les deux parties en tant qu’États membres de l’UA, a-t-il poursuivi, « doivent préparer les conditions pour un nouveau cessez-le-feu, en étroite coordination avec le Conseil de paix et de sécurité de l’UA, conformément à toutes les dispositions pertinentes de son protocole, pour parvenir à une solution juste et durable du conflit » qui assure au peuple sahraoui le droit à l’autodétermination. Déplorant l’absence d’un nouvel émissaire onusien, l’ambassadeur Matjila, dont le pays assure la présidence tournante du Conseil de sécurité, a indiqué que le Conseil et la communauté internationale devraient » envisager toutes les méthodes alternatives et pacifiques pour faire avancer la voie politique ». Après une intense médiation qui a ravivé l’espoir de paix au Sahara occidental, le processus onusien se trouve depuis mai 2019 dans l’impasse depuis le départ de l’envoyé personnel, Horst Köhler, à qui l’ONU tarde à nommer un successeur.
    Appel au respect du droit à l’autodétermination
    L’appel au respect du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination a été fortement réaffirmé par l’Allemagne, la Russie et le Royaume Uni qui ont exprimé leur opposition à la décision unilatérale du président américain sortant, Donald Trump, de reconnaitre la prétendue souveraineté du Maroc sur ce territoire. L’Allemagne qui a demandé la tenue de cette réunion a fait part de la frustration des sahraouis face au gel du processus de paix, appelant à cette occasion à concrétiser leurs aspirations. Son ambassadeur à l’ONU, Christoph Heusgen, a déclaré dans ce sens: « Pour nous, résoudre les conflits pacifiquement, c’est suivre les règles, mettre en œuvre les résolutions de l’ONU et appliquer le droit international ». L’ambassadeur d’Allemagne a exprimé en outre la préoccupation de son pays face au blocage du processus politique et à la dangereuse escalade du conflit. « Soutenir la Minurso est essentiel », a-t-il encore dit dans un tweet. Le Royaume Uni, a de son côté, réitéré son appel à des négociations constructives permettant au peuple sahraoui de déterminer son avenir. La délégation belge auprès de l’ONU a souligné, pour sa part, que « le statut final du Sahara occidental sera déterminé par un processus conduit par l’ONU, conformément au droit international, à la Charte des Nations unies et aux résolutions du Conseil de sécurité onusien. « Nous appelons les deux parties à revenir à la table des négociations », a-t-elle insisté. Et la mission de la République d’Estonie a, elle aussi, également indiqué dans un tweet que l’Estonie « soutient les efforts du Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, pour trouver une solution politique acceptable pour les deux parties au conflit (Maroc/Front Polisario) sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations unies ». La Mission estonienne a réaffirmé également la position de l’Estonie qui « respecte une solution basée sur les normes internationales, les résolutions des Nations unies et le droit international ». Au cours de cette réunion, la Chine, le Niger, la République dominicaine et la Tunisie, ont renouvelé leur soutien à la reprise du processus onusien sous les auspices d’un nouvel émissaire que l’ONU doit désigner rapidement. Peu avant ces consultations, le porte-parole du SG de l’ONU, Stéphane Dujarric, a affirmé que la position des Nations unies demeurait inchangée sur cette question.
    « Notre position sur les déclarations concernant le Sahara occidental n’a pas changé et nous continuons de croire qu’une solution peut être trouvée par un dialogue fondé sur la base des résolutions pertinentes du Conseil de sécurité », de l’ONU, a déclaré M. Dujarric avant le briefing du Conseil de sécurité.
    La réunion du Conseil de sécurité est intervenue au moment où les affrontements entre les deux parties au conflit ont repris, après que les forces militaires marocaines ont rompu le cessez-le-feu le 13 novembre dernier en agressant des manifestants sahraouis dans la zone tampon d’El-Guerguerat, au sud-ouest du Sahara occidental.
    Elle est survenue également dans le sillage de la reconnaissance le 10 décembre par l’administration Trump de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, moyennant la normalisation des relations maroco-israéliennes, une démarche vivement dénoncée à travers le monde sur fond d’appels au président élu Joe Biden de l’ »annuler ».
    R. N.
    #SaharaOccidental #Maroc #Polisario #ONU #Marruecos #Morocco #WesternSahara
  • Sahara occidental: L’ONU face à ses responsabilités

    Le Conseil de sécurité de l’ONU devait débattre hier du Sahara occidental, pour la première fois depuis la rupture il y a plus d’un mois du cessez-le-feu et la reconnaissance américaine le 11 décembre de la souveraineté du Maroc sur ce territoire disputé. 

    Demandée par l’Allemagne et ayant pour thème «La situation au Sahara occidental» ces consultations devaient se tenir dans l’après-midi et à huis-clos. Les consultations s’annoncent ardues. Pour les responsables sahraouis, les atermoiements persistent, en dépit des appels incessants de la communauté pour la mise en œuvre des résolutions de l’Assemblée générale de l’ONU et du Conseil de sécurité.
    Le représentant du Front Polisario en Australie et en Nouvelle-Zélande, Kamel Fadel, a appelé, le président américain élu, Joe Biden, à annuler la décision unilatérale de Donald Trump de reconnaître la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, écartant la possibilité de voir d’autres pays ou organisations emboiter le pas au président américain sortant. «Le Front Polisario veut que le président américain élu, Joe Biden, annule la décision du président sortant, Donald Trump, de reconnaître la revendication de souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental», a-t-il déclaré. «Nous espérons que le président américain élu, Joe Biden, que je considère comme un homme intègre (…) aura une influence positive sur l’autodétermination au Sahara occidental et qu’il remettra en cause cette décision», a ajouté le diplomate sahraoui, assurant que «le Sahara occidental ne fait pas partie de l’immobilier de Trump à donner au Maroc» et «qu’il aurait pu leur donner l’une de ses propriétés du Golfe, mais pas le Sahara occidental». Le diplomate sahraoui a écarté la possibilité de voir d’autres pays ou organisations emboîter le pas au président américain sortant, Donald Trump.
    L’ancien responsable des affaires politiques aux Nations unies, Moncef Khan, a affirmé que l’annonce du président américain sortant, Donald Trump, sur la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental «ne changera pas la nature juridique de ce conflit, car il s’agit d’une question de décolonisation inscrite sur les listes de l’ONU». Khan a assuré, dans une déclaration aux médias, que le conflit du Sahara occidental est considéré comme «une question de décolonisation qui est à l’ordre du jour de l’Assemblée générale des Nations unies depuis 1960 et du Conseil de sécurité depuis 1975 après l’invasion militaire marocaine qui continue d’occuper certaines parties du Sahara occidental, dernière colonie en Afrique». L’ex- responsable onusien a rappelé, en outre, que le SG de l’ONU, Antonio Guterres, a déclaré le 12 décembre dernier, que la position de l’ONU concernant la question sahraouie «demeure inchangée» et ne dépend pas de la reconnaissance individuelle des pays, mais de la mise en œuvre des résolutions pertinentes de l’Assemblée générale de l’ONU et du Conseil de sécurité. Tout en condamnant les déclarations du président sortant, des experts du droit international et des affaires stratégiques, estiment qu’il s’agit d’«une violation flagrante du droit international» et une «consécration d’une occupation illégale».
    L’expert en droit international, Stephen Zunes, a souligné, lors d’une conférence numérique organisée par le Centre arabe à Washington, que «la déclaration de Trump sur le Sahara occidental est une violation claire du droit et des normes internationales et affectera d’autres questions telles que l’occupation israélienne des territoires palestiniens». Il a relevé «la similitude entre les territoires sahraouis occupés et le plateau du Golan», rappelant que «la République arabe sahraouie démocratique (RASD) est membre de l’Union africaine et reconnue par plus de 80 Etats» expliquant que «le peuple sahraoui n’est pas marocain et a sa propre culture, langue, dialecte, conditions sociales et identité nationale qui le distinguent du Maroc», notant que «la question du Sahara occidental est une question d’autodétermination et les Sahraouis devraient pouvoir décider de leur propre avenir».
    Sud Horizons, 21 déc 2020
    Tags : #SaharaOccidental #WesternSahara #Polisario #Marruecos #Maroc #Morocco #ConsejoDeSeguridad #ONU #UN #DonaldTrump #Israel
  • L’ONU se penche sur le Sahara occidental

    L’événement est très attendu par les milieux diplomatiques, notamment ceux qui s’intéressent de près au dossier sahraoui.

    Il s’agit de la réunion du Conseil de sécurité de l’ONU, tenue dans un contexte marqué par la reprise des affrontements entre les unités du Front Polisario et les forces armées royales marocaines. Un regain de tension exacerbé par la décision du président américain sortant, Donald Trump, de reconnaître une prétendue souveraineté marocaine sur cette ancienne colonie espagnole.
    Au cours de cette réunion, convoquée à la demande de l’Allemagne, Bintou Keita, la sous-secrétaire générale pour l’Afrique, et Colin Stewart, le représentant spécial et chef de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso), feront un briefing sur les récents développements survenues au Sahara Occidental.
    Il est question pour les membres du Conseil de sécurité de réitérer l’importance d’accélérer la nomination d’un envoyé personnel du SG de l’ONU pour le Sahara Occidental, devant contribuer à la reprise du processus politique, à l’arrêt depuis la démission de l’ancien émissaire, Horst Kohler, en mai 2019.
    Le Conseil de sécurité avait insisté dans sa résolution 2548 renouvelant le mandat de la Minurso en octobre, sur la nomination “dans les plus brefs délais” d’un nouvel envoyé personnel du SG de l’ONU au Sahara occidental.
    La réunion, prévue par visioconférence, intervient sur fond d’affrontements entre les deux partis au conflit, le Front Polisario et le Maroc, après que les forces militaires marocaines ont rompu le cessez-le-feu le 13 novembre dernier en agressant des manifestants sahraouis dans la zone tampon d’El-Guerguerat, au sud-ouest du Sahara Occidental.
    Elle survient également dans le sillage de la reconnaissance le 10 décembre par l’administration Trump de la prétendue souveraineté du Maroc sur le Sahara occidental, moyennant la normalisation des relations maroco-israéliennes.
    Cette démarche qualifiée de “violation flagrante de la Charte des Nations unies et de ses résolutions”, par le Front Polisario, a été dénoncée à travers le monde sur fond d’appels au président élu Joe Biden d’”annuler” cette décision.
    Mardi dernier, l’ambassadrice américaine à l’ONU, Kelly Craft, a transmis une copie de la proclamation de Trump sur le Sahara occidental au SG de l’ONU et au Conseil de sécurité.
    Le représentant du Front Polisario à l’ONU, Sidi Mohamed Omar, a regretté ” une proclamation qui va à l’encontre de la politique américaine à l’égard du Sahara occidental”, rappelant que l’ONU, l’Union africaine et l’Union européenne n’ont jamais reconnu l’annexion forcée et illégale par le Maroc de ce territoire.
    Et dans sa réaction aux récents évènements dans la région, le secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres, a réaffirmé que “la position des Nations unies restait inchangée”, et s’est dit convaincu qu’une solution à la question du Sahara occidental “est possible, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies”.
    Le Jeune Indépendant, 21 déc 2020