Tag: Israël

  • El Guergarate, a-t-elle poussé le Maroc dans les bras d’Israël?

    Le Maroc entretient des relations informelles avec Israël depuis les années 1960. Notamment avec le Mossad que le roi Hassan II a utilisé pour éliminer l’un de ses opposants les plus féroces, Mehdi Ben Barka. En échange, Hassan II a livré à Tel Aviv les enregistrements des débats d’un sommet arabe célébré à Rabat sur les capacités militaires arabes.

    Depuis 1975, le Maroc profite du soutien militaire israélien dans la guerre du Sahara Occidental, notamment dans la construction du mur de défense d’une longueur de plus de 2000 km pour repousser les attaques des combattants sahraouis.

    Au niveau diplomatique, les lobbys sionistes sont très actifs en France et aux Etats-Unis pour défendre les thèses marocaines et faire pression sur leurs gouvernements respectifs en vue de les amener à imposer la pseudo-solution d’autonomie que Rabat a proposée aux sahraouis. André Azoulay, le doyen des conseillers des rois Hassan II et Mohammed VI assure la coordination entre Rabat, Tel Aviv et les lobbys sionistes à Paris et Washington.

    Par conséquent, la reconnaissance officielle de l’Etat hébreu par le Maroc n’est qu’une question de temps. Rabat tente d’exploiter l’alignement aveugle de Donald Trump avec Israël en vue de l’amener à changer sa position sur le conflit du Sahara Occidental.

    Selon le président américain Donald Trump, une dizaine de pays arabes sont prêts à emboîter les pas du Bahreïn et du Soudan. Le Maroc pourrait bien être le suivant. Seul bémol, l’opinion publique marocaine est unanime dans son soutien aux droits légitimes du peuple palestinien.

    Selon une information filtrée par la presse émiratie, Dubaï a décidé d’ouvrir un consulat à El Aaiun, capitale occupée du Sahara Occidental, un territoire non autonome quadrillé par une mission onusienne chargée d’organiser un référendum d’autodétermination tel que préconisé par les différentes résolutions du Conseil de Sécurité des Nations Unies. La dernière en date sera votée demain à un moment où la société civile sahraouie a verrouillé le passage illégal d’El Guergarate pour protester contre la spoliation des ressources naturelles sahraouies. Une fermeture qui risque de porter un coup dur à une économie marocaine déjà meurtrie par la pandémie et la fermeture des frontières terrestres et aériennes.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, Israël, lobby sioniste, normalisation, Palestine, Emirats Arabes Unis, consulat,

  • Maroc : La nouvelle gifle de Donald Trump

    Après chaque élection présidentielle, il est devenu coutume que le roi du Maroc sollicite l’audience du nouveau locataire de l’Ellysée et la Maison Blanche. Pour deux raisons: d’un côté sonder la position du nouveau président par rapport au conflit du Sahara Occidental et de l’autre, présenter son allégeance et réaffirmer sa fidélité à son allié.

    Cependant, Mohammed VI n’a pas réussi à se faire accueillir par Donald Trump en raison de son soutien financier à la campagne électorale de Hillary Clinton. Dans ce but, le roi du Maroc a passé une semaine à La Havane pendant que ses contacts américains essayaient de lui décrocher une rencontre avec le président américain.

    Le deuxième camouffler de Trump est liée à la rumeur répandue par les services secrets maroco-israéliens invitant le président américain à reconnaître la prétendue souveraineté marocaine sur le Sahara Occidental en échange de l’établissement de relations officielles entre Rabat et Tel Aviv.

    Après sa tournée au Moyen Orient, le sous-secrétaire américain aux Affaires du Proche-Orient, David Schenker a organisé une conférence de presse où il a déclaré avoir rencontré, au Maroc, le ministre des Affaires étrangères Bourita “pour discuter des possibilités d’accroître la coopération en matière d’économie et de sécurité et de promouvoir davantage le partenariat stratégique entre les États-Unis et le Maroc”. Parmi les questions posées par les journalistes présents, une tournait autour de la “la possibilité que les États-Unis reconnaissent la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental si le Maroc décidait de normaliser les relations avec Israël. Est-ce quelque chose qui est sur la table actuellement?”.

    Schenker a déclaré qu’il ne va “parler du genre de discussions diplomatiques avec ces pays, mais ce n’est pas une question qui est sur la table en ce moment. Je sais donc qu’il y a eu, à ce sujet, plusieurs rapports plus tôt cette année, l’an dernier, mais ce n’est pas quelque chose qui est actuellement sur la table”.

    Ainsi, le diplomate américain a pulvérisé le rêve marocain de voir Donald Trump reconnaître la prétendue souveraineté du Maroc sur le territoire du Sahara Occidental en échange des relations officielles avec l’Etat hébreu.

    Tags : Sahara Occidental, Front Polisario, Maroc, Etats-Unis, Israël, normalisation,

  • Nelson Mandela et le Mossad

    La presse a largement répercuté une information récemment publiée par le journal sioniste Haaretz qui, citant des archives de l’Etat sioniste,affirme que le leader sud-africain Nelson Mandela aurait été entraîné au maniement des armes et aux techniques de guérilla en Ethiopie par le Mossad, les tristement célèbres services secrets franco-anglo-américano-sionistes,

    Une « information » qui tombait à pic pour conforter la thèse selon laquelle la fine équipe au pouvoir à Tel Aviv ne se serait pas rendue aux obsèques de Mandela pour des raisons pécuniaires, Et pour laver des années de coopération soutenue avec le régime d’apartheid.

    Ce genre de photo est supposé étayer la thèse d’une collaboration de Mandela avec le Mossad

    Mandela n’a jamais été formé par des agents israéliens, affirme la Fondation Nelson Mandela

    La Fondation Nelson Mandela a rejeté des informations selon lesquelles l’ancien président a reçu un entraînement par des agents israéliens en 1962.

    Sapa, The Mail & Guardian (Afrique du Sud) 21 décembre 2013 traduit de l’anglais par Djazaïri

    «Les médias se sont fait l’écho d’une histoire selon laquelle en 1962 Nelson Mandala avait été en relation avec un agent israélien en Ethiopie, » déclare la Fondation dans un communiqué. «La Fondation Nelson Mandela peut confirmer qu’elle n’a trouvé aucune indication dans les archives privées de Nelson Mandela… qu’il aurait été en relation avec un agent israélien pendant sa tournée dans des pays africains cette année là.»

    Le site web du journal britannique The Guardian a rapporté vendredi que Mandela avait apparemment reçu une formation au maniement des armes par des agents du Mossad en Ethiopie en 1962 sans que les services secrets israéliens aient connaissance de sa véritable identité. The Guardian basait son article sur «un courrier secret intrigant déposé dans les archives de l’Etat israélien.»

    Le site rapportait que la missive, révélée par le journal israélien Haaretz – deux semaines après le décès de Madiba – indiqauit qu’il avait été formé à l’utilisation des armes et aux techniques de sabotage et avait été encouragé à développer des sympathies sionistes. La Fondation a cependant démenti qu’une telle chose se soit produite.

    «En 1962, Mandela a suivi une formation militaire au Maroc avec les combattants algériens de la liberté et avec l’Ethiopian Riot Battalion à Kolfe près d’Addis Abeba, avant de rentrer en Afrique du Sud en juillet 1962.

    « En 2009, un maître de recherche de la Fondation Nelson Mandela avait séjourné en Ethiopie et s’était entretenu avec les survivants parmi les hommes qui avaient contribué à la formation [militaire] de Mandela et aucun indice d’une connexion israélienne n’était apparu » lit-on dans la déclaration.

    Source : Mounadil djazairi

    Tags : Afrique du Sud, Nelson Mandela, Israël, Aparheid, racisme,

  • Maroc : Isarël demande l’extradition de deux criminels israéliens

    Les services de sécurité du Maroc et d’Israël sont arrivés à un accord en vue d’extraditer deux criminels recherchés par Tel Aviv.

    Etant donné qu’il n’y a pas de relations officielles entre les deux pays, Golan Avitan y Chiko (Moshe) Beit Adah seront livrés à travers l’Espagne.

    Selon des déclarations accordés au site Mako par un officiel de la police israëlienne, “il s’agit de deux criminels dangereux qui ont fui Israël pour échapper à la justice”. “Nous avons de bonnes relations avec de nombreux policiers du monde entier, en plus de diverses agences de sécurité qui nous aident à mettre la main tous les criminels israéliens en fuite – où qu’ils soient. Ils pensent que nous les laisserons profiter de la vie en toute impunité, mais ils se trompent “, affirme-t-il.

    Un envoyé de responsables de la police marocaine s’est rendu en Israël pendant environ une semaine et a organisé une série de réunions avec des responsables de la police israélienne pour organiser l’extradition, rapporte Mako.

    L’arrestation d’Avitan il y a environ un an et demi a été effectuée à la lumière d’informations fournies à la police marocaine par la police israélienne. Avitan était l’un des principaux criminels de l’organisation criminelle d’Yitzhak Abergil et était un suspect dans l’affaire 512.

    Beit Adah, qui dirige un réseau de falsification de documents, était également un suspect dans l’affaire 512 pour violence et accusations de drogue. Les responsables marocains ont récemment réussi à trouver des preuves supplémentaires contre Beit Adah et les membres du réseau de falsification de documents.

    Une cinquantaine de suspects appartenant à des familles du crime organisé israélien ont été arrêtés en 2015 dans le cadre de l’affaire 512, qui couvrait un réseau mondial de trafic de drogue, de blanchiment d’argent et d’évasion fiscale géré par la famille Abergil alors qu’elle se trouvait au sommet de la pègre israélienne, principalement entre 2002 et 2006.

    Avitan a fourni les télécommandes pour activer les charges explosives utilisées dans une attaque contre un bâtiment utilisé pour échanger de l’argent en 2003 à Tel Aviv. La cible de l’attaque était Zev Rozenstein, un ennemi d’Abergil. Trois personnes ont été tuées dans l’attaque et une vingtaine de personnes ont été blessées, selon Mako.

    Le criminel avait initialement été inculpé de trois chefs d’accusation de meurtre, mais son avocat a réussi à réduire les accusations à des accusations beaucoup plus légères, ramenant sa peine à neuf ans de prison et par la suite à le faire remettre en résidence surveillée avec un bracelet de suivi et une caution. de 11 millions de shekels dans un fonds de logement pour garantir qu’il ne fuirait pas le pays.

    Il y a environ deux ans, Avitan a affirmé qu’il avait besoin d’aller chez un dentiste et a réussi à s’échapper sur un yacht d’Ashkelon à Chypre, puis en Espagne et au Maroc. Le dépôt a été remis à l’État après avoir violé l’accord d’assignation à résidence.

    Avitan a réussi à obtenir la citoyenneté marocaine et sa femme l’a rejoint plus tard et a également obtenu la citoyenneté. La police marocaine a découvert plus tard que les deux hommes avaient obtenu la citoyenneté après avoir payé des milliers d’euros au réseau israélien de falsificateurs de documents géré par Beit Adah.

    Un responsable de l’application de la loi a déclaré à Mako que l’accusation exigera qu’Avitan reçoive trois peines à perpétuité et n’acceptera aucun accord de plaidoyer.

    La citoyenneté marocaine de Beit Adah et d’Avitan sera révoquée.

    “Naturellement, nous n’avons pas l’intention de faire référence à des actions menées en Israël ou à l’étranger, et ces déclarations ne confirment ni ne nient le contenu de la question”, a déclaré la police israélienne dans une réponse à Mako.

    Source : Jerusalem Post, 11 oct 2020

    Tags : Maroc, Israël, mafia, crime organisé, extradition, Golan Avitan, Chiko (Moshe) Beit Adah,

  • La Ligue arabe en quête de président de session

    Par Mohamed Habili

    En septembre dernier, après la Palestine, qui avait renoncé à son tour de présider l’actuelle session de la Ligue arabe, la 154e du nom, en raison de la non-adoption de sa résolution condamnant la normalisation avec Israël par les Emirats et le Bahreïn, cinq autres membres se sont à leur tour excusés de ne pouvoir assumer ce rôle. Ce sont, par ordre d’intervention si l’on peut dire : le Qatar, les Comores, le Koweït, le Liban et la Libye.

    Si cette liste n’a pas été plus longue, c’est sans doute parce que l’offre d’occuper le siège laissé vacant par le ministre palestinien des Affaires étrangères ne s’est pas poursuivie. On ne sait trop d’ailleurs comment s’expliquer cette cascade de refus, probablement sans précédent dans l’histoire de l’organisation. Est-ce par répugnance à accepter ce à quoi un autre membre a renoncé de son propre chef, ou par solidarité avec lui ?

    Et à ce dernier titre, par conséquent, en manière de condamnation des initiatives des Emirats et du Bahreïn, prises d’ailleurs en contradiction flagrante avec le plan arabe conditionnant la paix avec Israël à l’établissement d’un Etat palestinien. Cela dit, il est bien possible que ce soit pour les deux motifs à la fois : d’une part, pour ne pas avoir à présider une session comportant bien des désagréments, et de l’autre, pour ne pas donner le sentiment d’accabler davantage les Palestiniens.

    Ces derniers ne pouvaient décemment pas continuer à présider la session après que leur motion condamnant les initiatives émiratie et bahreïnie n’a pas été adoptée par la Ligue, n’ayant obtenu sur elle qu’une minorité de voix. Toutefois, même attitude abstentionniste lorsque les Emiratis ont proposé une motion contraire, dans laquelle ils demandaient l’approbation de leurs pairs pour leur initiative.

    En toute logique, on ne peut s’abstenir et dans le premier cas et dans le second. Si on se refuse à condamner une résolution, c’est qu’on est pour elle, sinon totalement du moins dans une bonne mesure. Et si on est contre elle, c’est qu’à l’inverse, on est pour la condamner. Mais ce n’est pas ainsi que l’entend la plupart des membres de la Ligue, qui veulent conserver leurs bonnes relations à la fois avec les Palestiniens et avec les Emirats et le Bahreïn.

    La même incohérence ne peut évidemment pas être imputée à ceux des membres ayant déjà établi des relations avec Israël, c’est-à-dire l’Egypte et la Jordanie. On le peut encore moins s’agissant de la première qui elle s’est empressée de se féliciter de la normalisation en question, à la différence de la Jordanie qui a réservé son opinion.

    L’Egypte pourtant n’est pas sans savoir que ce ne sont pas exactement pour les mêmes raisons que les Emirats et le Bahreïn ont normalisé avec Israël. La géographie lui avait fait obligation, comme d’ailleurs à la Jordanie, d’établir des relations diplomatiques avec Israël. Or, ce n’est pas la recherche de la paix qui justifie l’initiative des Emirats et du Bahreïn. C’est même l’inverse, l’idée que la guerre avec l’Iran est quelque chose d’inévitable à terme, et que dans cette perspective l’alliance avec Israël est la meilleure des garanties de ne pas en faire les frais le moment venu.

    On peut donc facilement imaginer l’Egypte et la Jordanie se démarquant de l’initiative des Emirats et du Bahreïn, ce que bien sûr elles n’ont fait ni l’une ni l’autre.

    Le Jour d’Algérie, 11 oct 2020

    Tags : Ligue Arabe, Palestine, Israël, Proche Orient,

  • Liban : Quelle mouche a piqué Macron?

    « Profiteurs », « rente », « système crapuleux », « jeu mortifère de la corruption », « trahison collective »… « J’ai honte pour vos dirigeants, j’ai honte » a martelé le président français Emmanuel Macron, dimanche dernier depuis l’Élysée. Si, sur le fonds, il n’a pas tout à fait tort, la forme est particulièrement inappropriée, déplorable, sinon catastrophique dans un contexte où les Libanais et leur classe politique ont besoin d’autres choses que ces admonestations paternalistes et coups de menton !

    Richard Labévière*

    – Macron au Liban après la double explosion du port de Beyrouth. Et il est particulièrement sidérant que le président français ne se souvienne pas de la guerre de l’été 2006 (12 juillet/11 août) durant laquelle le régime de Tel-Aviv a détruit quasiment toutes les infrastructures libanaises (routes, autoroutes, ponts et viaducs, ports et entrepôts, etc.).On le sait, le Liban c’est comme la Samaritaine : il s’y passe toujours quelque chose… mais l’analyse, sinon le décryptage de cette agitation perpétuelle nécessite un peu de rigueur…

    De fait, la démission – samedi dernier – du Premier ministre Mustapha Adib chargé de former un nouveau gouvernement, en remplacement de celui de Hassan Diab – victime collatérale de la gigantesque explosion du 4 août -, ouvre une nouvelle phase d’incertitudes politiques. La question récurrente concerne – toujours et encore – la recherche d’un État stable, durable et capable de résoudre l’organisation des secteurs de l’eau, de l’électricité, des marchés publics, du port de Beyrouth et de toutes les autres priorités identifiées depuis des années. Il est quand même incroyable qu’un pays comme le Liban ne dispose toujours pas d’une ou deux centrales thermiques ou nucléaires capables de répondre aux besoins énergétiques du pays !

    Mais, ce qui est encore plus incroyable est de voir que les cibles principales de l’ire élyséenne soient le Hezbollah et Amal, le parti chi’ite du président du Parlement Nabih Berri, le premier (également chi’ite) étant accusé d’avoir imposé « un système de terreur » !

    « Le Hezbollah ne doit pas se croire plus fort qu’il ne l’est », a mis en garde le président Macron, ajoutant avec beaucoup de solennité : « j’ai réengagé le Hezbollah comme force politique pour la première fois. Je ne veux pas aujourd’hui dire qu’il n’y a plus aucun espoir d’avoir des débouchés politiques. Ces derniers mois, ces dernières années, le Hezbollah a maximisé son pouvoir en jouant sur son ambiguïté, que beaucoup d’autres dirigeants dénoncent : une ambiguïté où il est à la fois milice, groupement terroriste et force politique ».

    « Groupement terroriste » ??? La notion de « terrorisme » requiert toujours certaines précisions et rappels historiques. Oui, le Hezbollah est une organisation politico-militaire… créée en 1982 pour répondre à une invasion israélienne ! « Organisation militaire » parce que le Liban demeure au cœur d’une région toujours en guerre, notamment à cause du conflit israélo-palestinien qui perdure depuis la création de l’État hébreu (1948). Depuis la fin des années 1940, Israël est en guerre avec la plupart de ses voisins arabes.

    Et il est particulièrement sidérant que le président français ne se souvienne pas de la guerre de l’été 2006 (12 juillet/11 août) durant laquelle le régime de Tel-Aviv a détruit quasiment toutes les infrastructures libanaises (routes, autoroutes, ponts et viaducs, ports et entrepôts, etc.). Emmanuel Macron n’a pas cité une seule fois la menace israélienne – pourtant récurrente -, qui maintient le Pays du Cèdre dans une espèce de « Guerre froide » permanente face à Tel-Aviv et son soutien inconditionnel américain et autres pays du Golfe qui viennent de faire la plus honteuse des allégeances à ce « petit pays de merde… », comme le qualifiait le grand diplomate français Daniel Bernard, malheureusement aujourd’hui disparu.

    Avec une armée libanaise non pourvue des armements et équipements nécessaires à la défense du pays, heureusement – oui, heureusement – que le Hezbollah soit en mesure d’assumer cette tâche essentielle. Faut-il rappeler qu’en juillet 2013, c’est ce même Hezbollah qui a empêché les terroristes de Jabhat al-Nosra (Al-Qaïda en Syrie) d’envahir le port de Tripoli et d’autres secteurs de la plaine de la Bekaa ? Quoiqu’on puisse penser du Hezbollah, c’est une organisation libanaise – oui, libanaise – et nationale, sinon nationaliste !1 Et ce n’est certainement pas au Président français de donner quelque leçon que ce soit aux Libanais en termes de défense et de sécurité nationales !

    Oui, oui quelle mouche a piqué Emmanuel Macron, qui pourtant prenait bien soin de différencier l’approche française des pressions américaines visant à favoriser Israël et les pays du Golfe dans leurs obsessions anti-iraniennes ?

    Depuis plusieurs années, la diplomatie française est particulièrement aphone sur le dossier israélo-palestinien, comme si elle avait fini par admettre que cette question se réduit désormais à une problématique de sécurité, de lutte anti-terroriste ou de simple résidu d’une Guerre froide dépassée… Traditionnellement, le Quai d’Orsay renvoyait dos à dos la violence « d’où qu’elle vienne… » Aujourd’hui, plus un mot sur ce conflit qui demeure pourtant l’épicentre de l’arc de crises proche et moyen-orientales. Plus un mot sur les autres dossiers de la région, comme si la France avait renoncé à promouvoir ses analyses, positions et intérêts aux Proche et Moyen-Orient, laissant ainsi Washington et Tel-Aviv incarner un pseudo-camp occidental résolument soutien des intérêts israéliens.

    La sortie d’Emmanuel Macron est d’autant plus curieuse que son conseiller diplomatique – Emmanuel Bonne – qui fut ambassadeur de France au Liban (entre 2015 et 2017), connaît parfaitement la situation. A l’époque, bien que farouchement partisan du renversement de Bachar al-Assad en Syrie, Emmanuel Bonne avait parfaitement compris les subtiles complexités de la classe politique du Levant, allant même jusqu’à admettre que le prochain président du pays ne pouvait être que Sleiman Frangieh, le jeune chef des Marada, personnalité dominante du nord du pays. C’est dire !

    Avec cette dernière sortie élyséenne, c’est donc toute une expertise levantine française qui passe à la trappe, pour s’abolir dans la ligne de Washington dont l’obsession reste la disparation du Hezbollah.

    Les mots d’Emmanuel Macron ont choqué – profondément choqué – plus d’un Libanais (voir notre rubrique Orient-ations). En les prononçant, quel objectif pouvait bien poursuivre le président de la République ? En tous cas pas les intérêts de la France. Quel gâchis ?

    L’éditorial de Richard Labévière
    5 octobre 2020

    PS/ Grand merci au merveilleux François Cluzet qui, dernièrement (en direct sur RTL) a remis à sa place Jean-Marie Bigard, monstre de vulgarité, « roi des beaufs » et « abruti total ».

    *Richard Labévière est le rédacteur en chef du journal en ligne et Observatoire stratégique Proche et Moyent-Orient.ch. (https://prochetmoyen-orient.ch/). Spécialiste du Monde arabe, du Maghreb, des questions de la défense et du terrorisme, on lui doit une vingtaine d’ouvrages de référence dont : Dollars for terror ; Quand la Syrie s’éveillera ; La bataille du Grand Nord a commencé… ; Les coulisses de la terreur ; Bethléem en Palestine ; Le grand retournement: Bagdad-Beyrouth ; Oussama Ben Laden, ou, Le meurtre du père: Etats-Unis, Arabie Saoudite, Pakistan ; Vérités et mythologies du 11 septembre: modeste contribution aux cérémonies officielles du Xe anniversaire ; Terrorisme face cachée de la mondialisation ; Islam et terrorisme, le casse-tête syrien ; Duel aux sommets: la montagne à l’épreuve de la démocratie, La trastienda del terror, La tuerie d’Ehden, ou, La malédiction de Arabes chrétiens ; Les dollars de la terreur: Les États-Unis et les islamistes ; Bernard-Henry Lévy, ou, La règle du je., Terrorisme, face cachée de la mondialisation ».
    Dernier ouvrage paru : Reconquérir par la mer – La France face à la nouvelle géopolitique des océans ; Éditions Temporis, 2020 ; 314 pages

    Note
    1 Sur la question l’ouvrage des politologues Frédéric Domont et Walid Charara fait toujours autorité : Le Hezbollah, un mouvement islamo-nationaliste. Éditions Fayard, 2004.

    Source : Afrique-Asie, 5 oct 2020

    Tags : France, Liban, Macron, Hezbollah, Nasrallah, Proche Orient, Israël, Palestine, géopolitique,

  • US poised to flout int’l law as part of potential Morocco-Israel normalization deal

    Reports that Morocco would be willing to follow the United Arab Emirates and Bahrain in normalizing relations with Israel in exchange for U.S. recognition of Moroccan control of Western Sahara are deeply concerning…

    Read more from the source : Responsible Statecraft

     

     

     

     

     

    Tags : Western Sahara, USA, Donald Trump, Israel, Morocco,

  • Algérie-USA : Gros enjeux et positions de principe

    « Nous avons évoqué les voies et moyens de renforcer la coopération bilatérale, notamment dans le domaine de la lutte contre le terrorisme et la coopération entre les armées des deux pays », a déclaré à la presse Mark Thomas Esper à l’issue de l’audience que lui a accordée Abdelmadjid Tebboune.

    La formule, destinée à la consommation médiatique, résume certainement l’entrevue du chef du Pentagone avec le président de la République, mais ne saurait traduire ce qui a été réellement dit d’une part et d’une autre.

    Observateurs autoproclamés et analystes plus ou moins introduits dans les hautes sphères américaine et algérienne auront beau spéculer sur une visite qualifié d’historique, tout ce qu’ils aborderont ne sortira jamais de ce qu’ils ont été autorisés, directement ou indirectement, à divulguer. Il a été question du chaos libyen et des tentatives de répartition de ce pays, menées par plusieurs parties étrangères, la situation dans les pays du Sahel et la lutte contre les réseaux terroristes et leurs alliés, constitués par les puissants groupes spécialisés dans le trafic en tous genres (armes, drogues, migrants et même métaux précieux).

    Certains commentateurs évoqueront à cette occasion, les ambitions africaines de la Chine, particulièrement sur le plan économique et technologique, ainsi que les visées russes ; une situation qui irrite au plus haut point les Etats-Unis, mais rares seront les spécialistes dans les questions internationales, à lier le déplacement au Maghreb du secrétaire d’Etat américain à la Défense aux grands enjeux économiques, qui vont marquer les 30 ou 40 prochaines années.

    Comme lors de la seconde guerre mondiale où ils ont réussi à entrainer dans leur sillage l’Europe occidentale avant que celle-ci ne s’élargisse aux pays de l’Est, après la chute du mythique rideau de fer, les USA vont entreprendre aujourd’hui la même démarche, pour s’assurer une hégémonie, contrariée par la Chine. Mais cette fois-ci, le terrain, c’est l’Afrique, où se trouvent, selon les spécialistes en études prospectives, plus de 50% des ressources naturelles dont l’économie capitaliste a besoin. Pétrole, gaz, uranium, énergie solaire et surtout les immenses ressources en eaux, dont on parle rarement sont disponibles dans ce continent paradoxalement ravagé par les guerres, l’insécurité, le sous-développement et la pauvreté.

    Dans ce contexte, la venue de Mark Thomas Esper à Alger traduit le souci des Américains d’entendre l’opinion des Algériens. Ces derniers, qui n’ont jamais été considérés comme des alliés naturels de Washington, comme le sont le Maroc et à un degré moindre la Tunisie, ne sont pas adeptes des alliances conjoncturelles, qui se nouent et se dénouent au gré des évènements.

    Les Américains le savent très bien. Les relations historiques qu’entretient l’Algérie avec la Russie et surtout la Chine ne seront pas sacrifiées, quelle que soient les pressions, même si en Libye, Alger ne partage pas entièrement les points de vue de Moscou.

    Sur un autre plan, Alger fera tout pour éviter que son armée n’intervienne en dehors de ses frontières, au Sahel à titre d’exemple, sans que ce la ne soit sérieusement motivé par des considérations propre à l’Algérie et à sa sécurité, et non selon le schéma que lui imposeront les Etats-Unis. En un mot, les Américains sont venus sonder les positions algériennes par rapport à plusieurs sujets, y compris la normalisation des relations avec l’Etat d’Israël, mais rien n’indique qu’ils vont avoir ce qu’ils voulu.

    Mohamed Mebarki

    L’Est Républicain, 3 oct 2020

    Tags : Algérie, USA, Etats-Unis, Israël, normalisation, Palestine, Russie, Chine, 

  • Ligue …contre les arabes

    Que fait encore l’Algérie au sein de la Ligue dite arabe ? La question coule de source quand on observe ce qu’est devenue cette coquille déjà vide depuis des décennies.

    Censée être au service en première ligne de défense des pays arabes, elle a réussi la «prouesse» de briser le fragile consensus y compris sur une question aussi emblématique que la cause palestinienne. Par doses homéopathiques, la Ligue a fini par lâcher…avant de tomber complètement dans les bras de l’entité sioniste.

    Eh oui ! C’est son secrétaire général, Ahmed Abou El Gheit, qui a donné, toute honte bue, sa bénédiction à l’accord de paix signé entre les Emirats arabes unis et Israël. « Cet accord est dans l’intérêt des palestiniens !» a-t-il déclaré hier sans rire.

    Tout le monde savait que la Ligue n’a d’arabe que le nom et que son agenda est conçu et mis en application dans les salons occidentaux. Les pays du Golfe (le royaume des Al Saoud, le Bahreïn et les Emirats) ont fini par réussir le coup de grâce à une organisation créée par l’empire britannique pour servir de paravent à une prétendue autonomie de décision de ses anciennes colonies.

    En signant les accords de la honte avec l’occupant israélien qui bombarde encore Gaza, les Emirats et le Bahreïn rejoignent ainsi l’Egypte de Camp David et la Jordanie en attendant que cinq autres pays fassent la paix avec l’Etat hébreu comme l’a promis Donald Trump. Ayant depuis sa création en 1945 (mise à part la guerre de 1967 et celle 1973), servi d’anti chambre du ministère égyptien des affaires étrangères (le SG est souvent issu de ce pays)

    La Ligue dite arabe, s’est désormais «sionisée». Il ne manque plus qu’une poignée de mains entre les «serviteurs des Lieux Saints de l’Islam» et le sanguinaire Benjamin Netanyahou pour acter le serment d’allégeance à Tel Aviv et de la trahison de la Palestine.

    Les arabes n’ont même plus honte de déclarer leur flamme à Israël. Lundi passé un club de football émirati a recruté le premier joueur israélien à grand renfort médiatique ! C’est dire… Ironie du sort, 75 ans après sa création, la Ligue dite arabe, a succombé devant le «charme» de l’Etat hébreu qui lui, est âgé de 72 ans !

    Quant aux palestiniens, c’est une très dure réalité avec laquelle ils devront composer. En l’occurrence, pour espérer recouvrer leurs droits, il serait vain de compter sur les enturbannés des sables mouvants du Golfe encore moins sur leur «Judas» de voisin Abdelfattah Al Sissi, qui pour sauver sa dictature militaire en déficit de légitimité, est prêt à toutes les concessions possibles et imaginables. Il ne serait pas surprenant d’entendre prochainement une proposition de donner un «foyer» d’accueil aux palestiniens dans le Sinaï pour laisser Netanyahou transformer la Palestine en un Etat juif totalement juif.

    Imane B.

    L’Est Républicain, 30 sept 2020

    Tags : Ligue Arabe, Israël, Palestine, Al Qods, Jérusalem, sionisme, Arabie Saoudite, Emirates Arabes Unis, Bahreïn, 

  • Algeria and Qatar join growing opposition against Arab-Israel deals

    Algerian President Abdelmadjid Tebboune has said Algeria will never be part of an agreement to normalise relations with Israel. Tebboune condemned the formally signed deal between Israel, Bahrain and the UAE to normalise…

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    Tags : Algeria, Qatar, Israel, Normalization,