Tag: France

  • Les Gilets Jaunes, le Hirak et l’enjeu de la démocratie

    par Kamal Guerroua


    Patrick est un Gilet Jaune ! C’est un gars hors pair avec une faconde inhabituelle. Il aime discuter de tout et de rien. Et entre deux verres, il peut raconter tout un tas d’anecdotes, jusqu’au point que l’on s’imagine qu’il en invente certaines. Parisien de naissance, aucune ville française ne lui est étrangère, tellement la passion du voyage est ancrée dans son esprit. Méditerranéen de culture (d’après sa définition), il s’intéresse à tout ce qui se passe au Maghreb, en particulier l’Algérie, dont il y voit de l’espoir. Il me disait, un tantinet moqueur, que l’homme méditerranéen a deux traits profonds, intimement liés l’un à l’autre : la passion d’abord, puis ensuite la familiarité avec la révolte. Partout où il est, la fumée lacrymogène et la casse y sont ! La dernière fois que l’on s’est vus, c’était en juillet 2019 à Marseille. La ville phocéenne était alors parée de ses plus beaux atours pour organiser un festival culturel sur le livre. »Les Algériens, m’explique-t-il avec un brin de malice brillant au coin des yeux, nous ont enseigné les fondamentaux des révolutions réussies !» «Mais lesquels ?» lui dis-je curieux. «Tout d’abord, l’unité dans l’action, et puis le fait qu’on peut faire une révolution, sans passer forcément par la case lacrymale et la violence, deux choses typiques des révoltes populaires. C’est déjà un exploit pour tous les peuples des deux rives de la mare nostra».

    En prononçant ce mot «violence», Patrick a regardé dans le vide, puis l’a répété, pas une fois, mais trois. Pour lui, les choses auraient pu dégénérer en Algérie, si les manifestants n’avaient pas fait montre d’une grande maîtrise de leurs réflexes, et surtout d’une constance dans leur démarche. C’est d’ailleurs, d’après lui toujours, l’erreur que les Gilets Jaunes ont commise en Hexagone. Ces derniers sont entrés directement, pour la plupart, dans le jeu des politiques, en optant pour la force «médiatisée» à outrance afin de faire valoir leurs droits qui sont d’ordre économique. «Et quand on adopte la violence ou la tactique du camp adverse qui essaie de vaincre, dominer et manipuler par la diversion et la force, on tombe forcément dans son labyrinthe». L’exemple algérien, m’explique-t-il, est singulier dans la mesure où la masse populaire avait agi en force symbolique unie dans sa diversité, c’est-à-dire en contrepoids démocratique alternatif dans un rapport de forces complexe contre à la fois des forces anticonstitutionnelles corrompues et des clans satellitaires et larbins courant derrière les dividendes de la rente. En outre, le Hirak avait un fort ancrage dans l’Algérie profonde, ce qui lui a permis de gagner en longévité et en maturité au fil des mois, sans qu’il ne fléchisse devant les tentatives de sa déstabilisation psychologique. «Et tu penses que le mouvement des Gilets Jaunes n’a pas aussi cet ancrage-là ?» «Malheureusement non !» «Mais pourquoi ?» «Parce qu’à la base, c’est un mouvement d’ouvriers salariés, à peine différent des Nuits Debout, que des milliers de Français ont organisées auparavant partout en France !» «C’est-à-dire ?» « C’est simple, quand les Algériens sont sortis, ils n’ont pas demandé d’augmentation de salaires et de pouvoir d’achat, ils n’ont pas demandé de logement ni de l’élévation de leur standard de vie, ni moins encore un dinar qui leur offre des droits aux vacances d’été, mais ils ont demandé une chose, une seule chose qui vaut l’or : la dignité. Or, comme tu le sais mon ami, la dignité, on ne l’achète pas, mais on l’acquiert, on la conquiert, on se l’approprie.

    C’est pourquoi, le régime n’a pas pu acheter ni soudoyer les masses algériennes pour qu’elles cessent de manifester, contrairement au Mouvement des Gilets Jaunes qui s’est divisé dès le départ, scindé en catégories syndicales, appâté par les échéances électorales, en cédant aux demandes pressantes des deux extrêmes (de droite et de gauche) !» «Donc, pour toi, sur le long terme, le Hirak peut vraiment réussir ? Je te pose bien sûr cette question, en tenant compte, du fait que les Algériens vivaient dans un Etat de non-droit. Pas comme les Gilets Jaunes, du moins en principe !» «Le Hirak, c’est un espoir pour l’Algérie, les Algériens et la planète entière pour son message de paix et sa croyance dans le changement pacifique des choses. D’ailleurs, en si peu de temps, il a balisé le terrain pour un autre lendemain, il démantelé symboliquement les réseaux de la tricherie et de la mafiocratie qui se nichent en haut de la pyramide, il a revalorisé l’Algérien touché dans sa dignité et il a exposé à la vindicte médiatique mondiale les faussaires. L’espoir est permis, même si le chemin est encore long pour la conquête du pouvoir effectif.

    Le Quotidien d’Oran, 1 déc 2020

    Tags : Algérie, France, Hirak, Gilets Jaunes,

  • France : Droiture et bonne foi

    par Abdou BENABBOU


    Le brûlant débat actuel en France sur l’interdiction de filmer les policiers et les restrictions imposées à la presse filmée a une puissance interpellatrice à laquelle les observateurs algériens ne pourraient échapper. Il est patent de remarquer qu’à travers le monde entier les réseaux sociaux ont outrepassé le cercle restreint de l’activité politique. Le périmètre sans limite qu’ils offrent à l’activisme et au militantisme est en train de démontrer que l’ampleur qu’ils prennent les a installés dans un vaste terreau où la mouvance, la gouvernance et la gestion humaines dans leurs différents aspects ne sont pas à l’abri des mises à nu. Les statures qu’ils endossent aujourd’hui vont au-delà de celles des structures politiques classiques et l’ensemble des pouvoirs ont bien raison de se méfier de cette nouvelle force car, à bien des égards, elle se dresse comme un garde-fou contre les dépassements et peut aller jusqu’à contrarier les raisons d’Etat.

    Elle est en voie d’imposer la bonne mesure du geste et d’encadrer la décision. Les acteurs de dépassements et de mauvais gestes ont de plus en plus conscience qu’une vraie épée de Damoclès plane sur leurs têtes.

    Bien de graves entorses ont été dénudées par un simple clic, sans lequel des véritables assassinats perpétrés sous couvert de maintien de l’ordre seraient restés dans la case du secret. Mais plus conséquent que la dénonciation publique des fausses bavures de policiers, c’est la crainte et la prudence que ce clic impose à ceux en charge de responsabilités qui régissent la vie de tous les jours qui apparaîtraient les plus grands des bénéfices. La peur de la vidéo est en passe de devenir une arme fatale contre la nonchalance des administrations et du carriérisme désobligeant. Le spectre de la photo arrachée et étalée devient un outil efficace contre la bureaucratie.

    Les pouvoirs en place auraient tort, comme en France, de tout faire pour contrecarrer cet atout qui serait un providentiel argument pour témoigner de leur droiture et de leur bonne foi.

    Le reste n’est qu’affaire de morale et de conscience.

    Tags : France, Macron, violences policières,

  • France: Plongée vers le chaos

    Outre la pandémie du coronavirus qui frappe en plein fouet le monde entier, la France est certainement l’un des pays les plus affectés par l’actualité chaotique de cette année bouleversante. Et les mesures prises par le président Macron pour redresser son pays font débat.

    Crise sanitaire et économique en dégringolade, violence, affrontements sanglants, islamophobie , la France semble sombrer dans le chaos total

    « Baissez vos armes, on baissera nos caméras ! » Quelques 133 000 personnes ont manifesté dans toute la France selon le ministère de l’Intérieur, 500 000 selon les organisateurs, samedi 28 novembre, contre le texte de loi « sécurité globale » mais aussi contre les violences policières et le racisme. Une centaine de rassemblements étaient organisés dans les principales villes du pays.

    «Floutage de gueule », « Qui nous protègera des féroces de l’ordre ? »… Les manifestants ont sorti les pancartes et fait fleurir les slogans contre un texte jugé attentatoire à “la liberté d’expression” et à l’Etat de droit par ses opposants. La préfecture de police de Paris indique aussi que neuf personnes ont été interpellées en marge de la manifestation de la capitale.

    La façade de la succursale de la Banque de France, située place de la Bastille à Paris, a été incendiée dans la soirée du samedi 28 novembre, en marge de la nouvelle mobilisation contre la loi Sécurité globale déjà marquée par des voitures brûlées, des vitres brisées et des tensions entre manifestants et forces de l’ordre.

    Le feu a été mis à la façade de la Banque de France dans la soirée du 28 novembre, jour d’un rassemblement contre la loi de la Sécurité globale qui a réuni environ 46.000 personnes à Paris, selon le ministère de l’Intérieur.

    Quatre membres des forces de l’ordre ont été sanctionnés jeudi pour avoir insulté et frappé un producteur de musique samedi à Paris. Soi-disant pour défaut de port du masque.

    Trois policiers français ont été suspendus jeudi, après le tabassage d’un producteur de musique noir, documenté par une vidéo largement diffusée sur les réseaux sociaux. Cela intervient en pleine polémique sur le droit de filmer les forces de l’ordre en opération

    L’affaire a éclaté à la faveur de la publication par le site Loopsider d’images qui montrent un homme noir appelé «Michel» roué de coups par des fonctionnaires de police dans l’entrée d’un studio de musique à Paris.

    Menacé de dissolution le Collectif contre l’islamophobie (CCIF) s’autodissout
    Le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), menacé de dissolution par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin, a annoncé son autodissolution vendredi.

    Devant les menaces du gouvernement français, le Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF) a annoncé vendredi 27 novembre sur son site internet son autodissolution.

    Le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait annoncé la semaine dernière avoir notifié à ses responsables la dissolution du CCIF, qu’il a accusé, après l’assassinat de Samuel Paty, d’être une officine islamiste œuvrant contre la République.

    Echourouk, 29 nov 2020

    Tags : France, sécurité globale,

  • Charte pour une autre politique africaine de la France.

    Nous, Citoyens français et Africains vivant en France, attachés au respect de l’égale dignité de tous les peuples, tenons à interpeller les différents candidats à l’élection présidentielle française au sujet de nos rapports avec le continent africain. Notre objectif à travers cette Charte est d’ouvrir un débat public sur autre politique africaine de la France et de placer chacun — candidats et électeurs — devant ses responsabilités. Cette Charte sera soumise aux différents candidats et en tant qu’électeurs notre choix — au moment de déposer notre bulletin dans l’urne — sera guidé par les réponses apportées par les uns et les autres aux engagements affirmés dans cette Charte.

    Candidat à la Présidence de la République Française,

    conscient que la Françafrique se situe aux antipodes des valeurs affichées par la France,

    qu’elle a alimenté et entretenue la corruption, les régimes dictatoriaux ainsi que des guerres fratricides en Afrique;

    JE M’ENGAGE :

    1. A reformer en profondeur la politique africaine de la France afin de mettre un terme à la Françafrique

    2. A œuvrer pour la mise en place d’un contrôle parlementaire et citoyen de la politique africaine de la France

    3. A clarifier les prérogatives des différents acteurs impliqués dans les enjeux africains et à mettre un terme au fonctionnement des réseaux opaques et parallèles

    4. A soumettre la coopération militaire française au contrôle parlementaire

    5. A sortir les relations économiques franco-africaines de toute logique de patrimonialisation

    6. A soumettre les entreprises françaises intervenant en Afrique au respect des normes sociales et environnementales

    7. A œuvrer à l’instauration de règles commerciales et économiques internationales transparentes et équitables

    8. A respecter le droit international, la souveraineté des États africains et le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes

    9. A mettre en œuvre une politique migratoire respectueuse des droits de l’homme

    Signataires à l’initiative de la Charte

    Denis Pryen, éditeur ; David Gakunzi, écrivain ; Calixte Baniafouna, écrivain ; Arsène Bikoue, chercheur ; Stéphane Hessel, ambassadeur ; Dieudonné Gnammankou, historien; Armelle Riché, Harmattan ; Balufu Kanyinda, cinéaste ; Pierre Eboundit, pharmacien ; Michel Galy, politologue ; Albert Bourgi, Professeur des universités en droit public; Félix Atchadé, médecin ; Sophie Gondolle, enseignante ; Augusta Epanya, écrivain ; Thuy Tiên Ho, cinéaste ; Dominique Bangoura, enseignante ; Paul Sankara, documentaliste ; Dominique Nitoumbi, conseiller municipal — Portet-sur-Garonne; Diogène Senny, entrepreneur-formateur ; Isabelle Zenatti, sociologue ; Doudou Sidibé, enseignant ; Roger Gballou, écrivain ; Muepu Mwamba, écrivain ; Graziella Ruet, actrice ; Mathurin Mingni, président de l’Afda ; Ndendi Ekwalla, économiste urbain; Guy-Charles Tafeb, formateur ; Fréderic Poha , AMCF — jeunesse ; Dédé Oupoh, AMCF — jeunesse ; Obambe Gakosso, journaliste ; Alexis Zahoua, UNG ; Joanes Louis, doctorant ; Mohamed Camara, éditeur ; Amédée Akpane, directeur de projet ; Alain Toussaint, spécialiste communication politique Pamela Kazekare, journaliste; Popo Murigande, musicien ; Mavinga Tsafunenga, écrivain ; Alain Kassanda- Apkass, poète — musicien ; Gratien Rukindikiza, journaliste ; René Lyncée, directeur administratif et financier ; Abel Naki, cri panafricain ; Armelle Chatelier, historienne; Zap Krasso, spécialiste en communication; Ibo kenyatta, bibliothécaire; Evelyne Brener, documentariste; Sophie Ducrez, animatrice ; Daniel Nicolas, informaticien; Yera Dembelé, journaliste

    Rejoignez cette initiative en envoyant votre signature à l’adresse email suivante : secretariat@irea-institut.org ou en retournant le coupon-réponse ci-dessous à l’adresse suivante: IREA (Institut de recherche et d’études africaines) 16 rue des écoles, 75005 Paris France

    Oui, je rejoins cette initiative et demande aux candidats à la présidentielle 2012 de se prononcer sur les valeurs et engagements affirmés dans la Charte pour une autre politique africaine de la France

    Nom _________________________________ Prénom : ______________________

    Email :__________________________ Adresse : ___________________________

    Code postal :_________________________________ Ville :_________________

    Fonction ou organisation :_______________________________________________

    SIGNATURE :

    Contacts téléphoniques : 0622942990

    0674885234

    Site Web : www.irea-institut.

    © pierreboundit – 13 février 2012.

    Tags : Afrique, Françafrique, France, Pillage, colonialisme,

    #Tchad #Mali #Niger #Senegal #Cotedivoire #RDC #RCA #Congo #Gabon #Guinee

  • Algérie : De l’ingérence étrangère

    L’adoption par le Parlement européen d’une résolution franchement critique à l’égard de la situation politique en Algérie a provoqué une vague de dénonciations et une grosse polémique, et a fait les choux gras dans les médias. Faut-il s’émouvoir de cette fameuse résolution ? Est-elle vraiment une ingérence étrangère dans nos affaires internes ? Par principe, il n’est jamais bon signe que la situation de notre pays soit le menu d’une quelconque instance ou institution étrangère fut-elle l’Union européenne ou même l’ONU. Ceci pour le principe.

    Dans le fond, et indépendamment de la teneur de la résolution du Parlement européen, il faut bien rappeler que l’Algérie est liée à l’UE via l’Accord d’association qui comporte une clause expresse sur le respect des droits de l’homme et les standards démocratiques conformément aux stipulations de l’Accord d’association signé par Bouteflika en 2005. Il faut également préciser que ce parlement représente les peuples d’Europe et non pas les États qui, eux, sont représentés par la Commission européenne, l’instance politique par excellence. Ce qui est moins grave tout de même.

    Il faut savoir que le Parlement européen produit régulièrement des résolutions de ce type sur la situation interne dans les pays membres (il l’a fait sur les gilets jaunes en France par exemple) mais aussi sur les pays liés à l’UE à travers les Accords d’association. Il est vrai cependant que la causticité des résolutions dépend de la puissance des lobbys pros ou anti un pays où un autre.

    Il est utile de rappeler que même le Maroc a fait l’objet plusieurs fois de résolutions critiques sur ses violations des droits de l’homme au Sahara Occidental. Faut-il alors crier au loup après cette résolution sur l’Algérie ? Il n’est pas vraiment utile et porteur d’autant qu’elle n’est pas contraignante. Mais si des acteurs politiques, des relais associatifs et des médias ont dénoncé le document du PE, on se demande où était tout ce beau monde quand le président français Emanuel Macron s’est permis de mettre carrément les pieds dans le plat en promettant de “faire tout mon possible pour aider le président Tebboune”. En termes d’ingérence, il n’y a pas mieux ou plutôt pire. On a affaire en effet au président de l’ancienne puissance coloniale qui ne veut pas reconnaître ses crimes coloniaux ni s’en excuser, et qui en plus, déclare qu’il va aider notre président.

    Là, il s’agit d’une intolérable et cynique ingérence de la part d’un pays avec lequel nous ne partageons aucune position et qui encourage les forces armées du Maroc à faire la guerre au Polisario à nos frontières. La logique et le bon sens auraient dicté que la déclaration de Macron soit dénoncée au moins de la même manière que l’est aujourd’hui celle du Parlement européen, dès lors qu’il est question d’ingérence.

    Imane B.

    L’Est Républicain, 29 nov 2020

    Tags : Algérie, Parlement européen, Macron, France, ingérence,

  • Gouyette: «Les propos de Macron sur l’Algérie ont été « mal compris»

    L’ambassadeur de France en Algérie, François Gouyette, s’est exprimé, ce mercredi 25 novembre 2020, sur les dernières déclarations du président français, Emmanuel Macron, dans un entretien accordé au magazine Jeune Afrique dans lequel il a déclaré qu’il « ferait tout » pour « aider » le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, pour que la transition en Algérie réussisse.

    Intervenant sur la radio web « Radio M« , le diplomate français a apporté des précisions concernant l’entretien d’Emmanuel Macron à Jeune Afrique. « La façon dont s’est exprimé le président français à propos de l’Algérie n’a pas été vraiment bien comprise », a-t-il dit ne ajoutant que « la perception que nous avons observé ici de ces propos ne correspond pas vraiment à ce qu’il a voulu dire ».

    «Je crois que le président attache une grande importance à la relation avec l’Algérie », a indiqué l’ambassadeur de France qui a ajouté que Macron « considère que nous pouvons refonder cette relation, la relancer sur des bases saines et positives, pour pouvoir faire beaucoup de choses ensemble dans tous les domaines ».

    La campagne de boycott es produits français n’a pas eu d’impact»

    L’ambassadeur de France en Algérie, M. François Gouyette a affirmé que les appels au boycott des produits français qui se sont multiplié après les propos du président Emmanuel Macron sur et le droit de caricaturer le prophète Mohamed (QSSSL), a échoué grâce à sa forte présence sur le marché algérien.

    Intervenant sur l’émission « OFFSHORE »,le diplomate français avance avoir constaté que la compagne a fait l’enfeu: «Il ya eu quelques déclarations qui ont été faites,mais en réalité, les observations faites par nos services économiques notamment nos chambres de commerce , il n y a pas eu véritablement d’impact ».

    L’ambassadeur affirme qu’il s’agit sans aucun de la qualité des produits français et à leur très grande familiarité auprès des algériens.

    «Cela rassure, et c’est une manière d’illustrer la très grande proximité entre nos deux pays. On considère que la France a vis-à-vis de l’Algérie des sentiments de distance ou de condescendance, je veux rappeler sur quoi est fondé notre politique vis-à-vis de l’Algérie: Ni ingérence ni indifférence. Ça n’a jamais été dans l’agenda du président de s’ingérer dans les affaires de l’Algérie qui est un pays souverain dont nous respectons beaucoup l’indépendance ».

    Echourouk Online, 26 nov 2020

     

    Tags : #France #Algérie #Macron

    France, Algérie, Macron, 

  • Algeria – France: Macron interview raises hackles

    Our recently published interview with French President Emmanuel Macron has offended Algerians on several fronts, whether it’s his show of support for Abdelmadjid Tebboune, his vision of the Hirak movement or his reference to Algeria’s …

    Read more from the source : The Africa Report

     

     

     

     

    Tags : Algeria, France, Emmanuel Macron,

  • La Françafrique et les sommets franco-africains. Une honte pour l’Afrique

    La France est surtout connue en Afrique pour sa cupidité coloniale et ses délits. Ses premières entreprises coloniales ont eu lieu au 19ème siècle après son échec à conquérir les Caraïbes et l’Inde que les Britanniques dominaient. La France était très probablement attirée par l’immense richesse en ressources naturelles enfouie dans les sols des pays africains. Enceinte d’une mission d’exploiter et de saigner ces hommes blancs «sauvages et non civilisés», la France comme toutes les autres puissances coloniales a encadré et présenté l’excuse parfaite aux dirigeants africains et à la communauté internationale en général. Code nommé «mission de civilisation», ils ont inondé le continent de spécialistes du cambriolage et d’experts en psychologie pour arrêter et déformer les esprits des dirigeants; sachant que lorsque vous piégerez la tête, le reste du corps dansera la musique du fou. Haven a conquis les têtes, tout ce qu’ils avaient à faire était de s’asseoir, de se détendre et de les voir se balancer au rythme de leur mélodie maladroite. Puis commença l’exploitation de l’Afrique de l’Ouest, du Centre et du Nord.

    Les Africains n’ont jamais croisé les bras lorsque des étrangers sont venus s’emparer de la terre qui leur a été remise par leurs ancêtres. Bien que les Français fassent face à des résistances amères de la part des nobles hommes et femmes d’Afrique, leurs armes supérieures ont sauvé leur cause. Les Français ont mis en place une forme de gouvernement qui peut être décrite comme despotique, sauvage et antidémocratique. Quand ils voulaient que le travail soit fait, ils ont mis en place des projets cruels tels que la «corvée» qui était une forme de travail forcé et dur, quel que soit le nombre de personnes décédées le long de la ligne et dans des conditions de santé très inhumaines. Après tout, les Africains étaient de simples outils pour gagner de l’argent aux yeux des Français. Bien qu’ils exploitent massivement les ressources naturelles et les transfèrent en France, ils ne quittent jamais les yeux de chaque centime gagné par les gens. Ils ont mis en place plusieurs systèmes fiscaux injustes et ont forcé la population à payer. Les lignes de route principales et bien construites où celles qui allaient des fermes où les matières premières étaient cultivées jusqu’aux ports pour l’expédition directe.

    En retour, ils ont construit des écoles pour que les «nègres» apprennent à lire et à écrire. Bien qu’ils aient éduqué les masses, leur éducation n’était pas sans une mauvaise intention. Cela peut être justifié par le fait qu’ils ont donné des préférences spéciales aux fils de chefs qu’ils ont soumis au lavage de cerveau, et se sont préparés un peu à la prise de contrôle pour garantir la loyauté et la servitude à long terme. Cela montre que les Français sont venus pour rester. Sans aucun doute, ils étaient les pères des dictateurs. Malheureusement pour les Français, les Première et Seconde Guerres mondiales ont marqué le début d’une nouvelle aube. Les soldats africains ont finalement brisé le mythe secret de «l’homme blanc»; en voyant leurs vulnérabilités et leurs craintes similaires aux leurs. Simultanément, la communauté internationale a intensifié sa campagne anti-colonisation et les Nations Unies ont été mises en place pour superviser la décolonisation et l’indépendance définitive des pays africains. De l’Algérie en Afrique du Nord au Cameroun en Afrique centrale / occidentale, le vent du changement s’était mis à souffler, ponctué par d’âpres guerres pour l’autodétermination.

    Dans les années 1960, un échantillon représentatif des pays africains francophones avait obtenu ce qu’on a généralement appelé «l’indépendance politique». Territoires indépendants ou étendus de la France? Autant l’indépendance de l’Afrique a été saluée et célébrée à la fois sur le continent et aux Nations Unies; reconnu dans le concert des nations comme égales aux grandes puissances; il est même pathétique d’appeler ce que la plupart des pays africains francophones ont comme une «indépendance politique». En fait, ce qu’ils appellent l’indépendance politique n’est rien d’autre qu’une «indépendance papier» avec un degré élevé d’influence et de gestion étrangères. La situation peut être comparée à une télévision (TV) et un observateur par rapport à une télécommande et un guide; où l’indépendance est la télé, et les dirigeants africains sont les observateurs, le vrai pouvoir (la télécommande) est entre les mains du guide (France). Les dirigeants africains sont autorisés à activer des canaux moins importants, mais lorsqu’il s’agit du véritable accord économique, Cette situation inconfortable et agitée a été soutenue par un concept complexe appelé la Françafrique. Ce concept a été mis en place dès les premières années de l’indépendance papier des pays africains francophones. La pièce maîtresse continentale derrière la machine était l’ancien président ivoirien Félix Houphouët-Boigny. Selon le président Houphouët qui a conçu le concept, la Françafrique a été (est) le maintien de relations étroites entre les pays africains francophones et la France après l’indépendance.

    À la métropole (France), le concept a été reçu, copié et bien développé par l’un des cerveaux les plus puissants de France Jacques Foccart; l’ancien conseiller en chef pour la politique africaine de de Gaulle et Georges Pompidou. Le concept était une confirmation de l’idée que la France (et ses comparses comme Houphouët) entendaient maintenir la relation maître-serviteur. Sur le plan officiel, ce concept s’est ensuite transformé en chair et en os à travers une rencontre cynique régulière connue sous le nom de sommets franco-africains ou «Sommets France-Afrique». Cette fois-ci, la France a décidé d’inclure / d’inviter d’autres pays non francophones juste pour voiler leurs intentions, mais on sait qui sont leurs principales cibles. La question à se poser est: quelle est la ténacité de ces sommets? Pourquoi devrait-il y avoir en cette ère d’émancipation, de mondialisation et d’équité, un sommet des pays africains et un pays censé n’être rien de plus qu’un État égal dans le concert des nations? Il ne fait aucun doute que la France a utilisé les sommets franco-africains non seulement pour rappeler aux dirigeants africains leur nécessité de respecter et de protéger les intérêts économiques français dans leurs pays respectifs, mais aussi pour les rallier à suivre la ligne en faveur de la position de la France sur certains problèmes mondiaux clés sur la plateforme internationale.

    La France et l’Amérique ont souvent été aux prises avec des décisions internationales telles que la question des importations agricoles subventionnées ou subventionnées dans le premier monde et la guerre en Irak. En février 2003, le président français Jacques Chirac a organisé un sommet avec les dirigeants africains à Paris, pour acheter leur soutien; pendant ce temps, Paul Kagame du Rwanda a soutenu les États-Unis. La conférence était particulièrement importante puisque deux pays francophones: le Cameroun et la Guinée étaient membres non permanents du Conseil de sécurité des Nations Unies et devaient voter la résolution de l’ONU sur la guerre en Irak. En échange de ce soutien, la France s’est engagée à être la mère poule, «protégeant» les exportations agricoles africaines sur le marché mondial. De tous les anciens pays coloniaux d’Afrique, pourquoi la France est-elle presque la seule force étrangère à maintenir une présence permanente et élevée sur le continent alors que les autres ont fait leurs valises et sont partis?

    La France a une forte présence militaire dans la plupart des pays africains francophones; a été impliqué dans la fomentation de plusieurs coups d’État dans ces pays; tuer plusieurs patriotes comme Félix-Roland Moumie au Cameroun; crée et / ou soutient des instabilités dans la plupart des pays où le leadership s’oppose à ses politiques comme au Burkina Faso (Thomas Sankara) et en Côte d’Ivoire (Laurent Gbagbo), au Rwanda (Paul Kagame); et beaucoup plus. La vérité demeure que tout cela ne s’arrêtera jamais tant que les dirigeants des pays africains francophones continueront d’embrasser la France et d’agir comme des États de moindre importance à l’ère de l’égalité et de l’équité. Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir en 2007, il a promis de mettre fin à la Françafrique. Pourtant, tout le continent et le monde ont vu comment la France a soutenu l’élection d’Ali Ben Bongo (fils d’Omar BONGO) le 3 septembre 2009 La vérité demeure que tout cela ne s’arrêtera jamais tant que les dirigeants des pays africains francophones continueront d’embrasser la France et d’agir comme des États de moindre importance à l’ère de l’égalité et de l’équité.

    Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir en 2007, il a promis de mettre fin à la Françafrique. Pourtant, tout le continent et le monde ont vu comment la France a soutenu l’élection d’Ali Ben Bongo (fils d’Omar BONGO) le 3 septembre 2009 La vérité demeure que tout cela ne s’arrêtera jamais tant que les dirigeants des pays africains francophones continueront d’embrasser la France et d’agir comme des États de moindre importance à l’ère de l’égalité et de l’équité. Lorsque Nicolas Sarkozy est arrivé au pouvoir en 2007, il a promis de mettre fin à la Françafrique. Pourtant, tout le continent et le monde ont vu comment la France a soutenu l’élection d’Ali Ben Bongo (fils d’Omar BONGO) le 3 septembre 2009 pour continuer l’héritage du défunt dictateur. Espérons que la France ne fera pas la même chose au Cameroun après la disparition de Paul Biya, le dictateur; car il y a déjà des rumeurs selon lesquelles Frank Biya est sur le point d’être nommé ministre.

    Lors de la 25e session du sommet franco-africain qui s’est déroulée de mai à juin 2010 à Nice, en France, le président Sarkozy a réitéré la nécessité de mettre fin à 50 ans de Françafrique. Cela ne vous semble-t-il pas familier? Parmi les principaux enjeux du récent sommet, Sarkozy a promis de geler les relations diplomatiques avec les régimes qui ne respectaient pas les droits de l’homme et les élections démocratiques ainsi que la fermeture des bases militaires françaises en Afrique. Qui fera confiance à la ténacité de telles déclarations sinon un imbécile? Les affaires ou l’intérêt de la France pour l’Afrique ne sont pas encore terminés, surtout à une époque où les nations européennes sont durement frappées par la crise économique; il est juste en train de s’échauffer. C’est une telle honte de voir nos dirigeants africains se mobiliser à la vitesse de la lumière pour assister à une réunion avec un État d’égalité comme la France. Ce doit être un sommet Union européenne-Afrique, pas un sommet franco-africain.

    L’Afrique est un continent comme l’Europe et la France n’est qu’une composante. Que diriez-vous de tenir une réunion Afrique du Sud – Union européenne? Bien sûr, cela ressemble à de la folie, mais il est normal d’avoir un sommet franco-africain. Il est grand temps que les dirigeants africains s’affirment et disent «NON» à cette absurdité. C’est toute une nation qui fait honte, voyant son chef s’aligner dans une file de servitude et écoutant religieusement la France, le maître. La voie à suivre pour l’Afrique en général est de s’unir et de rechercher des solutions africaines au problème de l’Afrique. Aucun pays européen, parler moins de la France n’aura jamais une intention ou un agenda économique totalement authentique pour le développement du continent. La France ne peut garantir notre survie économique sur le marché mondial plus que les Africains. S’ils se battent pour que l’Afrique gagne une chose, ils en gagnent deux en arrière-plan. L’unité de l’Afrique est la seule solution.

    L’Afrique doit s’unir et rechercher un programme économique commun pour ses ressources naturelles; déterminer ses prix sur le marché mondial et dicter ses conditions au reste du monde. Les effets du changement climatique et de la crise économique poussent plus que jamais les pays occidentaux à s’appuyer sur l’Afrique. Les dirigeants saisissent-ils cette occasion décisive pour retrouver leur place légitime ou continueront-ils à agir comme des imbéciles éduqués et à se câliner avec la médiocrité? Un leader ne peut pas se lever et survivre seul. Cela doit être un effort uni. Dirigeants africains, Obama a brisé le mythe de la discrimination raciale aux États-Unis, vous aussi pouvez briser le mythe du néocolonialisme.

    LEVEZ-VOUS ENSEMBLE et soyez le changement que le continent espère voir. Permettez-moi de terminer en disant: “Quand le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté. Quand le peuple craint le gouvernement, il y a la tyrannie” et l’esclavage sans fin. vous aussi, vous pouvez briser le mythe du néocolonialisme.

    LEVEZ-VOUS ENSEMBLE et soyez le changement que le continent s’attend à voir. Permettez-moi de terminer en disant: “Quand le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté. Quand le peuple craint le gouvernement, il y a la tyrannie” et l’esclavage sans fin. vous aussi, vous pouvez briser le mythe du néocolonialisme.

    LEVEZ-VOUS ENSEMBLE et soyez le changement que le continent s’attend à voir. Permettez-moi de terminer en disant: “Quand le gouvernement craint le peuple, il y a la liberté. Quand le peuple craint le gouvernement, il y a la tyrannie” et l’esclavage sans fin. 

    Source : ASSOPED

    Tags : #Françafrique #Afrique #France

  • Nice attack: Tunisia will accept deportees from France if judicial rights guaranteed

    Tunisia will accept all Tunisian migrants deported from France following the fatal stabbings at a church in Nice as long as all judicial appeals have been exhausted, its interior minister said on Friday. The French Interior Minister Gerald …

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    Tags : Tunisia, France, deportation, terrorism, 

  • Affaire Ben Barka : un blocage inexplicable

    Les interrogations qui entourent l’affaire Ben Barka atteignent leur paroxysme suite à un nouveau rebondissement. Le général Hosni Benslimane semble être au dessus des lois internationales.
    par Hicham Bennani

    Un nouvel épisode de l’affaire Ben Barka a éclaté au grand jour le jeudi 1er octobre. Dans la soirée, un représentant du ministère de la Justice informe les médias que les mandats d’arrêts internationaux émis par Interpol contre quatre ressortissants marocains impliqués dans l’affaire vont enfin être diffusés. Le lendemain, à 19h30 sur France 3, Maurice Buttin, avocat de la famille Ben Barka, se félicite de la décision du ministère. Une source proche du ministère de la Justice marocain, interrogée par l’AFP, se dit alors «surprise de cette annonce, car c’est une ancienne histoire qui revient à la surface chaque fois qu’une “partie occulte” veut salir les relations excellentes entre le Maroc et la France». Le gouvernement marocain, quant à lui, reste muet. Mais, coup de théâtre, deux heures après, le même ministère revient sur sa décision. «Le parquet de Paris demande la suspension de la diffusion de ces mandats, dans l’attente des précisions demandées au juge d’instruction», indique un communiqué de l’AFP, qui précise : «Interpol (organisation internationale de police criminelle) a demandé des précisions afin de les rendre exécutables. Sans ces précisions, ces mandats sont inexécutables».

    L’après Rachida Dati

    L’origine de cet énième rebondissement remonte en fait au mois de juillet 2009. A ce moment là, Maurice Buttin écrit à Michèle Alliot-Marie pour la féliciter d’avoir été nommée à la tête du ministère de la Justice. Il en profite pour lui rappeler que lorsqu’elle était ministre de la Défense, elle avait eu le courage de libérer les dernières pièces du dossier du SDECE (ancêtre de la DGSE) sous scellés au Tribunal de Grande Instance de Paris, alors que les ministres de la gauche ne l’avaient pas fait. Il lui signale également d’une part que la justice marocaine n’exécute pas les Commissions rogatoires internationales (CRI) qui lui ont été adressées par le juge Patrick Ramaël depuis cinq ans, en dépit de la convention judiciaire franco-marocaine, alors que toutes les CRI, dans n’importe quelle autre affaire, sont parfaitement exécutées par la justice marocaine. Et d’autre part, que depuis deux ans les mandats d’arrêt lancés à l’encontre de personnalités visées par ces CRI (en raison de leur non exécution) ne sont pas diffusés par Interpol. La ministre répond à l’avocat le 28 août suivant, en le remerciant et en lui précisant qu’elle prenait attache avec le Directeur des affaires criminelles pour lui soumettre les problèmes soulevés. Tout ceci explique donc l’annonce du 1er octobre. Sur cinq mandats d’arrêt, quatre sont décrétés valables. La ministre les transfère alors au ministère de l’Intérieur français. Le cinquième, qui concerne Boubker Hassouni, ex-agent du Cab 1 (unité secrète des services marocains), a fait l’objet d’une demande de complément d’information qui a été exaucée, à savoir la date de naissance et les origines de l’accusé.

    Les quatre mandats d’arrêt qui marquent l’actualité concernent le général Hosni Benslimane, chef de la gendarmerie royale marocaine, le général Abdelhak Kadiri, ancien patron des renseignements militaires, Miloud Tounsi, alias Larbi Chtouki, l’homme qui aurait organisé tout le volet opérationnel en France et Abdelhak Achaachi, agent du Cab 1, qui aurait accompagné Chtouki dans des chambres d’hôtel avant l’assassinat. «Benslimane était au Cab 1, plusieurs témoins attestent qu’il répercutait tous les appels et coups de fil. Il est cité dans des PV d’audition d’ONG», précise Joseph Tual, journaliste à France 3, spécialiste de ce dossier.

    Ce qui est étrange, c’est que ces mandats d’arrêt ont été signés il y a deux ans (le 18 octobre 2007) par le juge Patrick Ramaël, chargé du dossier. «C’est à cause du blocage de la justice marocaine que les mandats d’arrêt ont été lancés. Si la justice marocaine avait décidé d’appliquer la commission rogatoire du juge Ramaël en présentant des personnes par des juges marocains il y a deux ans, on n’en serait pas arrivés là !», clame Bachir Ben Barka, fils de Mehdi Ben Barka, joint par téléphone. Le lancement des mandats d’arrêt avait été rendu public par les médias le 22 octobre 2007, le jour même où le président Nicolas Sarkozy et Rachida Dati étaient à Marrakech pour une visite d’Etat officielle. Une annonce qui a eu l’effet d’une bombe. Mais force est de constater que ces mandats d’arrêt n’ont pas été officialisés par Interpol dans le monde entier. En effet, le général Benslimane est allé aux JO de Pékin (24 août 2008), en tant que président marocain du CIO, sans avoir été inquiété. «Le constatant, j’ai demandé au juge pourquoi le général n’avait pas eu d’ennuis», nous déclare Maurice Buttin. Après s’être informé, le juge lui explique que les mandats n’étaient effectivement pas délivrés hors de France… «On comprend mal comment ce qui est vrai en France, n’est plus vrai en dehors de la France», s’indigne Bachir Barka.

    Décision politique

    «Interpol pointe des insuffisances dans ces mandats d’arrêt et demande que ces insuffisances soient complétées», a déclaré à l’AFP Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la Justice. Bachir Ben Barka, qui s’était félicité de la première annonce, se dit profondément indigné : «On constate qu’un ministre s’est déjugé en 24h. Ma famille et moi-même sommes abasourdis. On ne pouvait pas imaginer que la raison d’Etat puisse prendre des formes aussi cyniques. On était habitués à des formes sournoises, mais là c’est le cynisme de la réforme d’Etat à l’état brut». Selon lui, l’argument du ministère «ne tient pas la route, c’est une décision politique». Même son de cloche du côté de Maurice Butin : «Officiellement, le dossier a été de nouveau bloqué pour des raisons « techniques » en quelque sorte. Ce n’est pas très sérieux, car ces mêmes raisons existaient forcément il y a deux ans. C’est donc sans conteste une raison politique». On pourrait en déduire que l’Elysée est très vraisemblablement derrière cette décision. «Je note que ce ne serait pas la première fois, depuis son arrivée au pouvoir suprême, que le président Sarkozy revient sur une décision d’un de ses ministres, voire du Premier ministre lui-même», précise l’avocat. Aujourd’hui, Interpol se refuse à communiquer. «Interpol doit être en train d’avoir des rendez-vous au plus haut niveau en France, car ils sont visiblement instrumentalisés. Pour Interpool il n’y a aucun problème pour diffuser les mandats d’arrêt à travers le monde entier», indique Joseph Tual. «Interpol va sans doute exécuter les « conseils » qui lui sont prodigués en haut-lieu…», confirme pour sa part Maurice Buttin.

    La 76è Assemblée générale d’Interpol s’était ouverte lundi 5 novembre 2007 à Marrakech. Ce que l’histoire ne dit pas, c’est que Hosni Benslimane en personne avait ouvert ce colloque. Ceci expliquerait en partie le mutisme d’Interpol après ces événements récents. A l’heure où nous mettons sous presse, une source proche du dossier assure que les mandats ont bien été diffusés depuis 2007. Des pays comme l’Espagne, où Benslimane s’est pourtant rendu, n’auraient donc pas appliqué les demandes d’Interpol. En n’exécutant pas les commissions rogatoires internationales, le gouvernement marocain semble encore refuser de mettre enfin la lumière sur la disparition de Ben Barka. Pour Maurice Buttin, «cette vérité est à Rabat, je l’ai toujours dit. Ce gouvernement contresigne ainsi toute la responsabilité du pouvoir d’alors, en la personne du roi Hassan II».
    Quarante-quatre ans après la disparition de l’opposant Mehdi Ben Barka devant la brasserie Lipp à Paris, l’affaire qui est probablement la plus emblématique des années de plomb, demeure toujours une énigme. Des deux cotés de la Méditerranée, la vérité fait toujours peur.

    Le Journal Hebdomadaire, octobre 2009

    Source : Hicham Bennani

    Tags : Maroc, Mehdi Ben Barka, France, Hassan II,