Category: Sahara Occidental

  • L’Algérie, une menace stratégique pour le rêve d’expansion impériale du Makhzen

    Par Noureddine Khelassi*

    «Les relations avec le Maroc sont anormales (…), même si les relations entre les deux peuples sont exemplaires.» On doit cette définition en forme d’aphorisme à M. Ramtane Lamamra, alors ministre des Affaires étrangères de l’Algérie du 4e mandat de l’ancien président de la République Abdelaziz Bouteflika. Trois épisodes récents, côté marocain, sont venus donner un peu plus de relief à cet axiome. D’abord un dérapage contrôlé du consul du Maroc à Oran qui a déclaré à des sujets de Sa Majesté chérifienne que l’Algérie indépendante est un «pays ennemi».

    Ensuite, une étude intitulée «Pour une nouvelle stratégie de défense intégrée du Maroc», œuvre d’un think tank marocain qui considère notre pays comme une menace permanente.

    Cette boîte à idées, caisse de résonance des Forces armées royales (FAR), voit elle aussi en l’Algérie un rival historique et un ennemi permanent. Et, en troisième lieu, la construction en cours d’une base militaire d’écoute juste à la frontière avec l’Algérie.

    Le think tank en question, un forum d’études considéré comme une référence établie en matière de questions militaires marocaines, préconise en effet «une nouvelle stratégie de défense intégrée» contre les menaces militaires, jugées réelles, que représentent pour le royaume alaouite l’Espagne au Nord et l’Algérie à l’Est.

    Une préconisation en forme d’aveu d’existence d’une paranoïa aiguë qui fait penser aux auteurs de l’étude que le Maroc est pris en tenailles entre deux menaces militaires puissantes et durables. Une recommandation, dont la sémantique guerrière trahit la démesure d’ambitions impériales, voire impérialistes. Qu’on en juge notamment à travers ce petit inventaire de formules éloquentes : «stratégie d’expansion des empires marocains», «prise de contrôle et d’influence dans la zone s’étendant jusqu’à la Guinée au Sud, et en se limitant au Mali à l’Est», soit une aire géographique s’étendant bien au-delà de l’ancienne Afrique soudanaise d’avant et du temps des colonisations. Ou encore le vocable «leadership» (politique, économique et militaire) utilisé trois fois dans une même page et une fois dans la courte conclusion de l’étude.

    De même que le mot «puissance», deux fois usité en introduction et en conclusion. Le terme «empire», une seule fois mais au pluriel, et, dans la même logique d’appétit stratégique, les termes «influence», «contrôle», «expansion» et «profondeur stratégique» appuient en un seul usage la démonstration de l’ambition historique, mais toujours actuelle, de l’hégémonisme de la monarchie alaouite. L’obsession durable «d’identifier ses ennemis et rivaux historiques» est donc bien appuyée dans cette étude adossée à l’examen de la balance militaire et, en filigrane, le souci d’atteindre au moins la parité stratégique avec l’Algérie. Elle est fondée également sur la notion même de dissuasion. Ses auteurs ne manquent donc pas de suggérer que les FAR doivent au moins mettre à jour leur outil de défense pour rattraper les retards technologiques et être en mesure de répondre le cas échéant aux manifestations de la supposée menace stratégique venue de l’Est. On sait que la dissuasion consiste à prévenir un acte éventuel en persuadant celui qui l’envisagerait que les coûts consécutifs en excéderaient les bénéfices escomptés.

    Il est vrai que l’adoption par le Makhzen de la théorie de la dissuasion stratégique est dans l’ordre logique des choses, l’idée que la possession de moyens militaires appropriés est de nature à dissuader un «pays ennemi» d’attaquer remontant à l’Antiquité. Mais le Maroc, qui est par essence géographique un pays essentiellement maritime — deux mers dessinent ses contours physiques et décident de son approche de la menace stratégique au Nord — et ne possède de frontières terrestres qu’avec l’Algérie voisine et, par le fait accompli de l’annexion coloniale du Sahara occidental, avec la Mauritanie, veut par conséquent renouveler la place de la dissuasion dans sa stratégie défensive-offensive.

    Les crânes d’œufs qui ont proposé dernièrement «une nouvelle stratégie de défense intégrée du Maroc» basée sur un «nouveau dispositif militaire dissuasif» remplacent l’idée de «comment éviter la guerre ?» par «comment gagner la guerre ? A l’instar de la dissuasion nucléaire qui repose sur la peur du recours par l’autre à l’arme atomique, le souci de ces stratèges est de conserver des moyens suffisants de frappe contre l’agresseur présumé après avoir subi une première attaque : c’est la fameuse «capacité de seconde frappe», élément moteur de la course aux armements à laquelle se livre éperdument un Maroc qui n’a pourtant pas les moyens financiers de ses grandes ambitions qui dépassent en fait le cercle de l’équilibre de la menace.

    Pour que cette nouvelle stratégie militaire offensive puisse avoir du sens, il faudrait que l’état-major des FAR et le cabinet du palais royal soient en mesure d’évaluer avec précision les coûts, les gains et les pertes de leurs actions. Car les décisions irrationnelles du Makhzen pourraient conduire à des décisions rationnelles de l’autre côté de la frontière Est, et donc surprendre le Maroc et déclencher un engrenage des plus dangereux. Dans un contexte de crise endémique caractérisant les relations bilatérales, le discours de ce think tank, aux accents martiaux, est de nature à altérer le jugement de ceux auxquels il est destiné en premier ressort. La possibilité d’une mauvaise interprétation des intentions de l’autre peut conduire notre voisin de l’Ouest à des décisions irrationnelles au regard du principe même sur lequel repose la dissuasion, à savoir la neutralisation réciproque. Dans l’histoire de la guerre froide, la crise de Cuba a pourtant force de bon exemple. Elle a amené à prendre des mesures autres que militaires visant à diminuer les risques propres à la dissuasion nucléaire grâce à des moyens de communiquer en temps de crise entre les deux camps ; grâce aussi à la possibilité de toujours mieux connaître les intentions réelles de l’adversaire par des moyens précis d’observation et d’espionnage.

    Enfin, grâce surtout à la maîtrise des décisions d’emploi et de préparation des armes par la centralisation et le renforcement de la sécurité de la chaîne de commandement qui est en Algérie une préoccupation permanente de l’état-major de l’ANP et de ses outils de veille et de vigilance.
    À cette époque trouble des blocs Est-Ouest, Américains et Soviétiques œuvraient en permanence à évaluer l’aspect essentiellement défensif ou agressif de la politique militaire de l’autre camp par rapport à leurs intérêts vitaux respectifs, les Américains ayant plutôt tendance à prêter à l’autre des intentions plus agressives que la réalité telle qu’elle a pu être connue plus tard grâce aux archives disponibles.

    Ce parallèle avec l’ex-Union soviétique et l’Amérique impérialiste suggère que le Maroc est dans une posture paranoïaque permanente. Délires découlant probablement du rêve grandiose du «Grand Maroc» et des «stratégies d’expansion des empires marocains», avec leurs corollaires la «puissance», le «leadership», le «contrôle», «l’influence» et la «puissance», mots-clés de la terminologie belliqueuse de l’étude objet de notre intérêt. En termes de doctrine et de moyens, le leadership de la «puissance régionale» au service d’une ambition géostratégique repose sur les outils traditionnels de la diplomatie, de l’influence économique, du lobbying, du rayonnement culturel, de la compénétration religieuse par l’emprise de l’islam maraboutique, du savoir-faire et du faire-savoir touristique.

    En d’autres mots, de l’exercice du soft-power, domaine où, il faut le reconnaître, le Makhzen a acquis une certaine maîtrise. Aux gains cumulés de la capacité d’influence et de persuasion, de l’image de marque, de l’attractivité, du lobbying et de la performance du commerce extérieur, entre autres paramètres du renforcement du positionnement sur le théâtre régional et la scène internationale, s’ajoute, bien sûr, le facteur déterminant de la force militaire en perpétuel consolidation.

    Sur ce plan, l’étude du think tank Forum FAR Maroc, qui a fait sienne la devise latine «si vis pacem para bellum» (pour avoir la paix il faut préparer la guerre), reconnaît de prime abord que la naissance de l’Algérie indépendante a constitué «la menace majeure sur l’existence du Maroc actuel».

    Elle admet ensuite que la doctrine et l’outil de guerre des FAR ont été déterminés par cette «menace majeure» présumée. Les auteurs de l’étude le reconnaissent d’ailleurs sans ambages en soulignant que «l’équipement, la formation et la disposition des unités des Forces armées royales (FAR) ont, depuis ce jour (la fin de la colonisation de l’Algérie, ndlr), été orientés dans cette perspective d’une confrontation éventuelle avec l’Algérie».

    Deux faits de guerre marquants, l’agression contre l’Algérie en 1963 et le conflit militaire au Sahara occidental annexé en 1975 sont considérés donc comme un déclic et un «tournant décisif dans la construction de la doctrine des FAR». Laquelle est notamment fondée sur «le souci de stopper l’assaut d’un ennemi en supériorité numérique et d’arrêt de colonnes blindées venant de l’Est».

    Cette doctrine, structurée par la croyance permanente en une menace stratégique émanant d’un voisin foncièrement agressif et par définition offensif et expansif, est cependant spécieuse. Fallacieuse, oui, elle l’est assurément car elle suppose, comme le prétend l’étude du think tank, que les FAR ne s’équipent qu’en «réponse aux acquisitions récentes de l’ANP algérienne» et, de ce fait, «entreprennent un programme ambitieux de modernisation des dotations toutes armes confondues».

    Et si l’Espagne et surtout l’Algérie n’existaient pas, le Maroc se serait-il abstenu de bâtir ses FAR pour être finalement le Costa-Rica du Maghreb et de l’Afrique ? On ne peut pas suggérer l’existence d’une doctrine militaire purement défensive et déterminée par l’existence supposée d’une menace offensive permanente et évoquer en même temps, comme le fait clairement ce Forum des FAR, une «stratégie d’expansion des empires marocains», et une «prise de contrôle et d’influence dans la zone s’étendant jusqu’à la Guinée au Sud, et en se limitant au Mali à l’Est».

    Ou encore parler de «leadership», de «puissance» d’«influence», de «contrôle», d’«expansion» et de «profondeur stratégique». Il y a là une contradiction et une absurdité flagrantes ! Un paradoxe et une aberration d’autant plus grands que l’Algérie, désignée comme ennemi stratégique et héréditaire, est ciblée en profondeur, à 200 km d’Alger, à travers une liste d’objectifs stratégiques devant être l’objet de frappes en profondeur, telle la base aérienne de Chlef, les installations militaires de Sidi Bel- Abbès et les installations gazières et pétrolières d’Arzew !

    Toutefois, face à l’Algérie, reconnue par le think tank comme la première force sous-marine dans le monde arabe, et à défaut de gaps technologiques à réaliser, le Maroc a d’incontestables retards à rattraper notamment dans les domaines aérien (chasseurs et bombardiers de 4e génération, hélicoptères de combat), naval (frégates évoluées, BPC, bâtiments de soutien et d’assistance), sous-marinier (sous-marins classe Kilo) et dans celui de la défense aérienne, talon d’Achille des FAR (sites stratégiques à découvert, pas d’équivalent des systèmes S300 ou même de S400 (?). Sans compter, en termes de menace aéroterrestre, l’absence reconnue de système moderne de communication sécurisée relatif au commandement et à l’échange de données entre les unités opérationnelles. Sur la balance stratégique, cette liste de handicaps militaires marocains n’est pas exhaustive.

    Le sujet n’est donc pas l’examen détaillé et expert des avantages et des désavantages, mais l’idée même que malgré les retards technologiques, quantitatifs et qualitatifs des FAR par rapport à l’évolution de l’outil de défense algérien, le système de guerre marocain est à la fois défensif et offensif. Sachant qu’il s’inscrit dans la double logique du rapport de force et du rapport de puissance, c’est-à-dire la capacité opérationnelle et le pouvoir de tirer le plus grand bénéfice de la puissance de feu possédée et de la force de dissuasion accumulée.

    Dans l’exercice du rapport de force à distance, le Makhzen a par ailleurs recours à la partie religieuse de son soft power. A savoir l’organisation de l’influence spirituelle par la mobilisation des réseaux confrériques rattachés à la grande zaouïa tidjania pourtant née en Algérie, son berceau, et sa base d’extension vers le Maroc, via deux haltes transcendantales à l’ouest et au sud-ouest du pays, Ras El Ma et surtout Boussemghoune, terre des racines familiales et spirituelles de notre président de la République Abdelmadjid Tebboune.

    Le centre intellectuel, culturel et historique de la Tidjania est certes Aïn Madhi où le ksar abrite également la zaouïa-mère de la confrérie qui conserve les tombeaux des principaux chefs de la famille Tidjania. Mais Boussemghoune, où Ahmed Tidjani vit le Prophète Sidna Mohammed en état de veille et où il résida pendant 13 ans, est le centre le plus important de la confrérie.

    Malgré l’accaparement des racines de la Tidjania par la monarchie chérifienne, la confrérie trouve son origine algérienne vers 1781-1782, sous la régence turque, lorsque le cheikh Ahmed Tidjani, enfant de Aïn Madhi, dans la région de Laghouat, lors d’une retraite métaphysique dans une oasis proche de Boussemghoune, eut, à 46 ans, une singulière expérience mystique en rencontrant le Prophète Mohammed dans une vision éveillée.
    Le Sceau des Prophètes lui promit alors d’être son intercesseur privilégié, et celui de ses fidèles, auprès de Dieu. Son ordre confrérique connaît ensuite une expansion importante sur l’Oranie, ce qui provoque l’inquiétude de la Régence d’Alger et il est contraint donc de se réfugier à Fès où il s’installe jusqu’à sa mort en 1815 sous la protection du sultan alaouite Slimane Ben Mohammed. Mais c’est à Fès que Sidi Ahmed Tidjani reçoit le statut de «Pôle caché» (al-qotb el khafi), ce qui, dans la hiérarchie mystique, en fait un intermédiaire privilégié entre le Prophète et le commun des mortels, et le place immédiatement juste en dessous des prophètes et de leurs compagnons promis au Paradis.

    Le Prophète (QSSSL) l’aurait élevé au rang spirituel du sceau de la sainteté (khātam al-awliyā), lui conférant la connaissance exclusive du nom suprême de Dieu (ism Allāh al-A’dham) et le pouvoir d’un vice-roi (khalifa) qui seul peut assurer la médiation entre Dieu Tout-Puissant et ses fragiles créatures. En outre, et c’est là le second avantage essentiel lié à sa présence sur le sol marocain où il est enterré, son enseignement a été compilé par un de ses compagnons marocains du nom de Ali Harâzem Barrâda, dans Jawâhir al Ma’ânî (Perles des Significations).

    La ville séculaire de Fès, où Ahmed Tidjani a vécu une partie de sa vie et où se trouve son mausolée, est le lieu de pèlerinage de la Tidjania le plus visité dans le monde surtout par les ressortissants des pays subsahariens et d’Afrique de l’Ouest.

    Diffusée dans un premier temps autour de Boussemghoune, une oasis du Sud-Ouest algérien, la confrérie s’est répandue au Maghreb et, de façon limitée, en Arabie saoudite. Elle a surtout traversé le Sahara pour se diffuser au Sahel, en Afrique de l’Ouest où elle est aujourd’hui la confrérie la plus répandue, tout particulièrement au Sénégal où elle jouit d’une influence inégalée. Elle s’est implantée plus tard au Tchad, au Soudan, au Nigeria, en Indonésie et au Pakistan. Elle est également présente en Libye, en Égypte, en Syrie, en France et aux États-Unis où elle influencera notamment le mouvement Nation of Islam, l’organisation politico-religieuse américaine à l’origine de la plupart des organisations musulmanes de la communauté afro-américaine. La présence du mausolée de Sidi Ahmed Tidjani à Fès, le fait que son enseignement et sa doxa soient rassemblés par un disciple et compagnon marocain et que ce soit au Maroc même qu’il ait reçu le titre suprême de «pôle caché» spirituel qui lui confère le statut quasi divin d’intercesseur privilégié entre le Prophète et les adeptes de la confrérie sont les trois éléments sur lesquels le Makhzen a installé la légitimité de la paternité de la Tidjania en tant que legs spirituel.

    L’héritage historique religieux ainsi préempté est devenu une arme efficace au service de la diplomatie, du renseignement et du commerce du Maroc en Afrique subsaharienne et de l’Ouest. Un moyen d’autant plus efficace et précieux que «l’ennemi» algérien, lui, a toujours eu toutes les peines du monde à valoriser à son propre profit un patrimoine spirituel dont les bases originelles se trouvent pourtant sur le sol algérien.

    Avec cet ennemi algérien utile et indispensable qui détermine l’équation marocaine de recherche des équilibres stratégiques dans la région et des fondements de son ambition de puissance régionale avec une grande profondeur stratégique, on est en fait dans cette «anormalité» telle que définie par l’ancien ministre des Affaires étrangères algérien, Ramtane Lamamra.

    Au cœur de cette «anormalité», deux pommes de discorde, le Sahara occidental et la frontière terrestre hermétiquement fermée. Sur le Sahara occidental, n’en déplaise toujours au voisin marocain, la position de l’Algérie est en parfaite harmonie avec la légitimité internationale.
    En témoigne, entre autres résolutions, la décision de la Cour de justice de l’Union européenne qui rappelle que le Sahara occidental ne fait pas partie du Maroc, confirmant ainsi la position de l’ONU, celle de l’Union africaine et la position de principe de l’Algérie.

    À ce sujet, les autorités algériennes successives ont souvent invité le Maroc à dissocier les problèmes bilatéraux de la question du Sahara occidental qui est de la responsabilité de l’ONU.

    Le défi lancé aux autorités marocaines consiste donc à découpler la question du Sahara occidental du dossier du contentieux bilatéral comme ont pu le faire un certain temps le président Chadli Benjedid et le roi Hassan II qui ont su nouer le dialogue entre les deux pays entre 1988 et 1991.

    Restent alors les 1 559 km de frontière qui constituent la plus longue frontière terrestre fermée au monde. Il ne s’agit certes pas d’une situation de forte intensité conflictuelle, comme entre les deux Corées par exemple. Mais cette frontière a fini par être érigée en véritable barrière, tout en revêtant une dimension de plus en plus militarisée.

    Avec des enjeux politiques, économiques, territoriaux ou migratoires. Et un gigantesque paradoxe : le fait que les ressortissants des deux États peuvent circuler par d’autres moyens entre les deux pays tandis que localement, la séparation terrestre se renforce progressivement depuis la fermeture de la frontière en 1994, à l’initiative première du Maroc. Quoique bien fermée, cette ligne de démarcation n’est pas si étanche que ça ! Elle reste néanmoins ouverte aux échanges transfrontaliers irréguliers.

    La limitation de circulation et les événements politiques entre les deux pays n’ont pas abouti en effet à l’assèchement économique total des échanges de part et d’autre, favorisés, il est vrai, par une certaine forme de mobilité pendulaire. L’axe est également emprunté par des migrants issus de l’Afrique subsaharienne. Pour sa part, le Maroc pratique ce que les spécialistes appellent une «teichopolitique», c’est-à-dire une politique de cloisonnement de l’espace et d’édification de barrières diverses.
    Raisons officielles invoquées : la lutte contre l’immigration clandestine, la contrebande et la protection face au terrorisme. Arguments injustifiés, estiment les Algériens qui répondent par le creusement de tranchées à la construction de barrières murales par le Maroc.

    Les conséquences géopolitiques et économiques de la fermeture de la frontière sont assez évidentes pour être rappelées ici même. Mais alors quel avenir pour cette frontière close ? De manière générale, son ouverture est pour l’instant plus un souhait ardent marocain qu’algérien. Le gouvernement chérifien déclare vouloir ouvrir la frontière, tout en construisant des murs le long de la frontière et prétend fallacieusement se heurter au refus des autorités algériennes.

    Ces dernières sont pourtant catégoriques : elles n’ouvriront pas la frontière tant que les points en litige ne seront pas éclaircis à la faveur d’un dialogue serein et déconnecté du problème du Sahara occidental. Une évidence rappelée par Ramtane Lamamra comme on l’a déjà vu par la pertinente formule de ce dernier : «Les relations avec le Maroc sont anormales (…), même si les relations entre les deux peuples sont exemplaires.»

    N. K.

    *journaliste et conseiller du ministre de la communication, porte-parole du gouvernement

    Le Soir d’Algérie, 31 mai 2020

    Tags : Maroc, Algérie, Sahara Occidental,

  • Le Maroc colonise le Sahara Occidental grâce au soutien de la France et des juifs marocains (historien yémenite)

    UN HISTORIEN YÉMÉNITE RÉPOND À UN JOURNALISTE MAROCAIN QUI A ATTAQUÉ LA MAURITANIE EN RAISON DE SES POSITIONS SUR LA QUESTION DU SAHARA.

    Je vous prie (Mr le présentateur) à quitter cette chaîne Tv et d’aller apprendre l’arabe au Levant, en Algérie ou en Mauritanie, car je suis surpris par votre ignorance de l’histoire et de la langue arabe.

    Premièrement: son nom est la Mauritanie, pas la Mauriithania. Les frontières dont vous parlez appartiennent à l’État des almoravides qui sont originaires d’une ville de la la région d’Adrar appelée « Azougui ».

    Ce sont eux (les almoravides )qui ont gouverné le Maroc et le Sahara occidental. Ils ont donc le droit de revendiquer le Maroc comme faisant partie de leur pays. Même dans l’Antiquité, le Maroc faisait partie de la Mauritanie Tangéenne.

    En ce qui concerne les habitants du Sahara occidental, il leur suffit que les Nations Unies et la Cour de La Haye les reconnaissent. en plus du fait qu’ils sont l’un des fondateurs de l’Union africaine.

    Si le Sahara occidental était marocain, pourquoi alors au début de son occupation, le Maroc aurait-il accepté de le partager avec la Mauritanie, avant que cette dernière ne s’en retire?

    Et pourquoi le Makhzen marocain aurait proposé.le système d’autonomie interne ?

    Si le régime marocain avait l’assurance ,en la marocanité du Sahara , pourquoi n’aurait-il pas permis un référendum équitable, sous la supervision des Nations Unies?

    N’aurait été le soutien de la France et le rôle de la communauté juive marocaine en Israël et en Occident, vous n’auriez pas colonisé le Sahara occidental.

    Où étiez-vous, lorsque les Sahraouis se battaient seuls, contre les Espagnols, avant la malheureuse conférence de Madrid qui ressemblait à la Déclaration Balfour?

    Les Espagnols vous ont donné le Sahara occidental, comme pour punir les Sahraouis, en échange de prendre (avec votre consentement) environ 35% des revenus des minérais du Sahara ,d’exploiter indefiniment ses ressources maritimes et de vous céder les iles Ceuta et Melilla.

    Avant l’annonce de la création du Sahara occidental, le martyr Moustafa El-Sayed El-Wali avait contacté l’agent français « Allal El-Fassi », demandant l’aide du Maroc aux Sahraouis, dans leur lutte, contre l’occupation espagnole.

    La réponse du sioniste El Fassi ,a été ,que le Maroc n’était pas prêt à perdre sa relation avec l’Espagne, pour satisfaire une poignée d’éleveurs de chameaux !!!

    Quant à votre histoire, dont vous parlez, elle est dictée par vos maîtres français. La sédition dont vous souffrez, qui prone l’émancipation de l’ Amazigh berbère, anti-arabisme et islam est une planification sioniste française.

    Au lieu d’insulter vos frères arabes musulmans, liberez vous d’abord,de vous incliner devant le souverain qui vous asservit.

    Nettoyez vos villes de la prostitution et de la mendicité, plutôt que d’en vouloir à des pays connus pour la piété et la foi, comme la Mauritanie.

    Hier, j’ai défendu le Maroc contre le journaliste saoudien, qui vous a humilié , encore qu’il dit la vérité, mais votre persistance à attaquer vos frères ,dépassant toute éthique,m’a provoqué et m’a fait crier la vérité.
    Dr Hussein Bahamid Al-Hadrami (Doctorat en histoire et géographie)

    Source : Akhbar Nouadhibou

    Traduit par adrar.info

    Source : Adrar Info

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Mauritanie,


  • Sahara Occidental, l’autre mur

    Par: Guillermo Alvarado

    Depuis qu’en 1975 l’Espagne a abandonné sa colonie au Sahara Occidental pour la remettre de façon honteuse au Maroc ignorant le droit légitime du peuple sahraoui à l’indépendance et à la souveraineté, beaucoup d’iniquités ont fait leur apparition face au silence complice de la communauté internationale.

    L’ONU s’est bornée à classer cette zone comme « territoire non-autonome » et à recommander un référendum pour que les Sahraouis déterminent leur statut, mais rien ne s’est traduit dans les faits dans la pratique.

    Le Maroc a été le principal bénéficiaire de la guerre qui a duré depuis 1975 jusqu’à 1991 au cours de laquelle le Front Polisario, de la République Arabe Sahraouie Démocratique a dû faire face à deux armées, à celle de Rabat et à celle de la Mauritanie qui est intervenue à l’instigation de la France.

    À la fin du conflit, plus de 60% de la jeune république sahraouie, proclamée en 1976, est resté au pouvoir du régime marocain, justement les sols les plus riches en gisements de phosphates, de fer, de pétrole et de gaz ainsi que mille kilomètres de côtes sur une mer riche en ressources de la pêche.

    Des centaines de milliers de personnes ont fui vers l’Algérie voisine et d’autres vivent dans des campements précaires sur des terres sableuses qui n’ont pratiquement aucune valeur économique.

    Le pays a été divisé par un mur dont on connaît peu, mais qui mérite tant de condamnation que celui construit par Israël en Cisjordanie ou celui que prétend dresser Donald Trump à la frontière avec le Mexique.

    Il s’agit d’une combinaison de haies qui ont commencé à être construites en 1980 au fur et à mesure que de nouveaux pans de territoire sahraoui étaient occupés. Actuellement c’est un complexe de huit murs d’une extension de 2 mille 700 kilomètres qui constituent une des plus grandes forteresses de la planète.

    Sa construction a été faite, comme pourrait-il en être autrement ? par des spécialistes israéliens et c’est l’Arabie Saoudite qui l’a financée, ce qui les transforme tous les deux en complices de cette brutale agression.

    Tous les quatre kilomètres il y a un campement militaire et tous les 15 kilomètres se dressent des radars modernes qui captent le moindre mouvement d’unités d’artillerie à proximité. Quelque 150 mille soldats marocains, équipés de drones et d’autres technologies sophistiquées y sont affectés.

    Les alentours constituent le champ de mines le plus grand du monde. Des spécialistes estiment que jusqu’à 40 millions de mines et d’autres engins explosifs y sont semés. Ce n’est pas par hasard qu’on le connaît sous le nom du « mur de la honte », pas seulement en raison de ses dimensions, mais aussi à cause de la façon dont le monde l’ignore.

    Radio Havane Cuba

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Front Polisario, mur de la honte,

  • JOURNÉE DE L’AFRIQUE : Une pression accrue sur le Maroc et le Conseil de sécurité

    La République sahraouie, dont une grande partie du territoire national est toujours occupée par le Maroc, a appelé l’Union africaine (UA) et les Nations-unies à assumer leurs responsabilités, en faisant pression sur l’occupant marocain pour qu’il cesse son occupation après s’être dérobé aux engagements pris à l’égard de la partie sahraouie, sous l’égide des deux organisations.

    Un appel contenu dans le communiqué, publié par le ministère sahraoui des Affaires étrangères, à l’occasion du 57e anniversaire de la création de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), un certain 25 mai 1963, dans le contexte des luttes de libération menées par les peuples africains pour s’affranchir de la colonisation et en finir avec l’apartheid. « La République sahraouie, encore en proie à l’agression étrangère que constitue l’occupation par le Royaume du Maroc d’une grande partie de son territoire national, appelle l’Union africaine et les Nations unies à assumer leurs responsabilités, en faisant pression sur l’occupant marocain pour qu’il cesse son occupation, après s’être dérobé aux engagements pris à l’égard de la partie sahraouie sous l’égide des deux organisations », précise le communiqué.

    Le ministère sahraoui des Affaires étrangères a souligné que « le peuple sahraoui en lutte pour défendre sa liberté et sa souveraineté est fier d’appartenir à l’Afrique et à un État qui compte parmi les fondateurs de l’Union africaine, qui constitue le cadre où s’exprime l’aspiration commune des peuples du continent à la complémentarité et à l’intégration politique et économique ». Le ministère a indiqué que la République sahraouie « œuvrera au sein de l’UA à promouvoir l’action collective de manière à réaliser les objectifs de l’Agenda de 2063 pour le développement et la paix, et contribuera aux efforts visant à unifier la voix de l’Afrique pour contrer les desseins d’un certain front au sein de l’Union qui tente d’appliquer des plans étrangers visant à créer un climat de division et d’instabilité, et à servir ses propres intérêts au détriment des peuples d’Afrique ».

    Les dirigeants de l’UA avaient réitéré, lors de la célébration du 50e anniversaire de la Journée de l’Afrique, le 25 mai 2013, « leur ferme engagement à consacrer les objectifs d’union et de libération, et leur attachement au principe du droit des peuples à l’autodétermination et à leur intégrité territoriale », a souligné le MAE sahraoui. « L’organisation continentale a accueilli, des années durant, les mouvements de libération, assuré leur financement et approvisionnement en armes, sans manquer de les soutenir dans les fora internationaux », a rappelé la même source.
    L’OUA avait également joué « un rôle prépondérant » dans la défense du droit du peuple sahraoui à l’autodétermination et à l’indépendance et accueilli le jeune État sahraoui, « en dépit de la forte pression exercée de l’extérieur du Continent et par des agents locaux expansionnistes », précise la même source.

    L’Organisation panafricaine était également l’initiatrice de la proposition ayant constitué le fondement de la solution pacifique et juste, connue sous l’appellation de plan de règlement sahraoui, dont le principal objectif consistait en l’accès du peuple sahraoui à ses droits inaliénables, lit-on dans le communiqué du ministère sahraoui.

    Le MAE sahraoui a rappelé qu’avec « la création de l’UA et en concrétisation de la solidarité avec la RASD et son peuple, il a été convenu à l’unanimité de mentionner les États fondateurs, dont l’État sahraoui dans l’acte constitutif pour contrer définitivement les tentatives de l’occupant marocain qui avait tout fait à l’époque pour que son adhésion à la nouvelle Union, héritière de l’OUA, soit au détriment de la République sahraouie ». « Les positions, les principes de l’UA ainsi que sa philosophie inspirée d’un long parcours de combat contre l’esclavagisme, la discrimination et la colonisation ont fait de cette entité, aujourd’hui, après presque 6 décennies d’existence, la seule organisation continentale qui bénéficie de l’intérêt des puissances mondiales, eu égard à l’importance stratégique qu’elle revêt au point de mériter le qualificatif de « Continent d’avenir » et compte tenu de ses richesses et du dynamisme de ses populations », a écrit le ministère.
    Les pays africains célèbrent lundi la Journée mondiale de l’Afrique commémorant le 57e anniversaire de la fondation, le 25 mai 1963, de l’Organisation de l’Unité africaine (OUA), lorsque 32 États africains indépendants ont co-signé l’acte constitutif de l’Organisation, devenue l’Union africaine (UA), en 2002, à Addis-Abeba (Ethiopie).

    En date du 25 mai 1963, les pères fondateurs ont convenu des principes et objectifs qualifiés de « fondement et ciment » de l’action africaine collective visant à libérer le continent noir du colonialisme et du racisme, tout en œuvrant à obtenir le droit à l’indépendance et à l’autodétermination dans le respect des frontières héritées de l’époque coloniale. Ces principes ont également constitué « les fondements voire l’essence de la philosophie de l’unité et de l’édification et les piliers de la stratégie africaine partagée » qui distingue l’Afrique.L’OUA a représenté, par ailleurs, le cadre continental dans lequel les leaders africains ont défini l’orientation et les politiques visant l’action collective et la coordination du mouvement de solidarité au service de la libération.

    Depuis sa création, l’OUA n’a cessé d’accompagner le combat et la lutte des peuples africains, en mettant en place une instance spéciale, en l’occurrence le Comité de libération de l’Afrique dont le siège est implanté à Dar Es-salam en Tanzanie.

    M. B.

    Le Courrier d’Algérie, 27 mai 2020

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Journée de l’Afrique, Front Polisario,

  • Maroc : Le pillage de la RASD ne remplit plus les caisses du Makhzen

    La machine de propagande du makhzen, chargée généralement d’étouffer toute voix dénonçant l’illégalité de l’occupation des territoires du Saharaoui, est également appelée à soigner l’image du royaume. Très souvent, des articles de presse et des reportages vantant la réussite politique et économique du royaume de Mohammed VI sont diffusés sur différents supports.

    Mais la crise du covid-19 a vite fait de rappeler la réalité aux marocains. Dès le début de la pandémie, le Maroc va solliciter une aide du FMI en recourant à la ligne de précaution et de liquidité d’un montant de 3 milliards de dollars. Mais le gouvernement marocain a besoin de plus d’argent pour faire face aux conséquences économiques de la pandémie. Selon le gouvernement marocain d’autres demandes de crédits seront faites auprès d’autres institutions financières internationales tout au long de l’année en cours.

    La raison, le Maroc à une dette extérieure de 34 milliards de dollars et doit payer 4,15 milliards de dollars à de service de la dette en 2020. Face à cet endettement plus ou moins élevé, le Maroc ne dispose pas d’importantes réserves de change. Ces dernières s’élevaient à 24,4 milliards de dollars à fin février 2020, alors que l’Algérie dispose de 60 milliards de dollars. Mais la situation se complique davantage quand on aborde la structure du commerce extérieur de nos voisins de l’ouest. Le déficit commercial des biens s’est élevé à plus de 21 milliards de dollars en 2019, alors qu’il n’a été que de 6,11 milliards de dollars pour l’Algérie.

    Les performances économiques du Maroc, tant chanté par le makhzen, étale au grand jour une fragilité structurelle. L’économie marocaine doit importer deux dollars pour exporter un seul dollar. Ce lourd déficit du commerce extérieur des biens est plus ou moins atténué grâce aux rentrés en devises du tourisme et des transferts de l’argent de la diaspora. Enfin, les investissements directs étrangers ont chutés de 45% en 2019 pour n’atteindre que 1,8 milliards de dollars. Remettant en cause l’attractivité de l’économie marocaine.

    Le gouvernement marocain s’attend à une année très difficile sur le plan économique et social. La sécheresse qui frappe l’agriculture va réduire du tiers la production céréalière. Les principaux secteurs économiques exportateurs sont presque à l’arrêt. Le tourisme sera long à la reprise vu que les principaux pays émetteurs maintiennent leurs frontières fermées. Tandis qu’on s’attend à une baisse mondiale des transferts d’argent des émigrés de l’ordre de 20%. Une situation tellement critique que le gouvernement marocain n’a d’autres choix que de s’endetter encore plus.

    Puis il y a le Sahara occidental. La colonisation de ce territoire coute cher à Rabat. Le mur qui sépare les territoires libérés de ceux occupés par le Maroc, long de2700 kilomètres, doit être régulièrement entretenu. Des dizaines de milliers de soldats marocains, avec leurs équipements, sont mobilisés tout au long de ce mur. Le gouvernement accorde des avantages financiers pour encourager les marocains à s’implanter dans les territoires occupés pour modifier la démographie.

    La facture est tellement élevées que les richesses pillées du Sahara occidental, phosphate et poissons, ne couvrent que faiblement les dépenses engagées par le palais royal pour maintenir la colonisation d’une partie des territoires Sahraouis. A titre d’exemple, les exportations de phosphate du Sahara occidental n’ont rapportés que 90,4 millions de dollars en 2019 contre 164 millions de dollars en 2018, tandis que le pillage des ressources halieutiques a généré 100 millions de dollars la même année. Ces montants sont loin de couvrir le cout annuel de la colonisation, qui est en réalité supporté par le peuple marocain.

    Le Jeune Indépendant, 20 mai 2020

    Tags : Maroc, Sahara Occidental, Makhzen, Front Polisario, phosphates, pillage, ressources naturelles, armée, mur de la honte,

  • Sáhara Occidental: la nación despojada

    Desde hace décadas, el pueblo saharaui demanda su soberanía y libertad, oprimida por el reino de Marruecos en complicidad con la Unión Europea.
    Por Guadi Calvo para Línea Internacional
    Un leve roce diplomático entre Argelia y la monarquía alauita marroquí trajo a la memoria de algunos la tragedia del pueblo saharaui, que en 1975 fue despojado de gran parte de su territorio. Fue el recién instalado rey Juan Carlos, quien prácticamente estrenó su reinado con una traición a su mentor, el genocida Francisco Franco -quien había acordado la independencia de la colonia de África Occidental-, que intentó evitar una encerrona que Estados Unidos preparaba con Marruecos para apoderarse de esos 266 mil kilómetros cuadrados, de piedra y arena, pero con un subsuelo de importantes yacimientos de fosfatos, hierro, petróleo y gas. El Sahara Occidental tiene más de 1.000 kilómetros de costa sobre el océano Atlántico, y se ubica frente a uno de los bancos de pesca más ricos del mundo, hoy explotados fundamentalmente por empresas marroquíes y españolas. Aquel territorio, de un tamaño similar a Nueva Zelanda, en aquel mundo de la Guerra Fría era clave desde su posición geoestratégica, ya que representaba una de las puertas a un continente en que muchas de sus naciones, en pleno proceso independentista, guerras y revoluciones, veían en Cuba y la Yamahiriya (Estado de masas) con que el joven coronel Mohammad Gadaffi impulsaba a Libia, un destino que otras muchas naciones podían aspirar.
    Para consumar el despojo al pueblo saharaui, también intervino Francia que, como siempre, cuando en algún despacho del Eliseo se pronuncia la palabra “África”, muchos sufren convulsiones concupiscentes, por lo que hizo jugar Mauritania, su ex colonia, para intervenir en el conflicto que se avecinaba.
    Marruecos resultó el gran ganador de este robo, literalmente a mano armada, contra una nación que se estaba apenas reconociéndose después de casi 120 años de dominación española. Hoy, a más de cuatro décadas de dicho saqueo, nadie -tal como sucede con los palestinos, los tuareg o los kurdos- levanta su voz por los derechos conculcados.
    La usurpación de los territorios saharauis fue fríamente planeada en una serie de reuniones, que terminaron con un pacto secreto y siniestro entre Henry Kissinger, el entonces jefe del Departamento de Estado norteamericano, el rey Hassan II, padre del actual monarca de Marruecos Mohamed VI, y Juan Carlos I de España. El acuerdo consolidó lo que se conoció como la Marcha Verde, un espasmódico desfile por el desierto de uno 25 mil soldados del ejército marroquí, acompañados por unos 300 mil campesinos pobres y todo tipo de menesterosos a los que se les había prometido tierras, tras la ocupación de unos 200 mil kilómetros cuadrados de la parte norte de la joven RADS (República Árabe Democrática Saharaui). Pero ningún campesino marroquí recibió un metro de tierra y todos volvieron a su pobreza, al tiempo que Marruecos, junto a Mauritania, libraba una guerra contra el Frente Polisario (Frente Popular de Liberación de Saguía el Hamra y Río de Oro), que se extendió desde 1975 a 1991, en el que murieron uno 5.000 milicianos, cerca de 4.000 civiles saharauis y unos 10.000 soldados de ambos ejércitos. En 1980, Rabat comenzaría a construir un muro que separó para siempre al pueblo saharaui. En la actualidad, la RADS tiene poco más de 500.000 ciudadanos: unos 320.00 viven en las regiones costeras de los yermos 70 mil kilómetros, que pudieron conservar tras el asalto y en la capital del país, Aaiún; otros casi 200.000 habitan los campamentos de Tinduf, sur de Argelia, donde se hacinan en el exilio desde 1975, sin ninguna posibilidad de retornar a su patria, con recursos mínimos para apenas sobrevivir, manteniéndose gracias a la cooperación internacional.
    El muro de la vergüenza, como también se lo llama, fue construido con el asesoramiento técnico de Israel y la financiación de Arabia Saudita. En realidad, es un sistema de ocho muros con una extensión total de 2.720 kilómetros, protegido por 160 mil efectivos del ejército marroquí, y un sistema de radares y drones de última generación; además, hay un campo minado, que se considera el más grande del mundo, con un número desconocido de explosivos antipersonales, aunque se calculan entre 10 y 40 millones, sembrados a lo largo del muro.
    Tras los acuerdos de un alto el fuego entre el Polisario y Rabat, en 1991, la situación ha quedado congelada. Marruecos, que considera el Sáhara Occidental como parte indivisible de su territorio, solo ofrece al pueblo saharaui un sistema de autonomía bajo la soberanía marroquí. Al mismo tiempo, el Polisario lo rechaza ciñéndose a la resolución 3.437 aprobada por la Asamblea General de las Naciones Unidas, en 1991, en que se insta a Rabat a “poner fin a la ocupación militar del Sáhara Occidental y negociar con el Frente Polisario, como representante legítimo del pueblo saharaui”. En esa resolución también se exige “un alto el fuego y un referéndum sobre autodeterminación de ese pueblo”, algo que sigue sin cumplirse, mientras que la ONU todavía clasifica a la patria saharaui como un “territorio no autónomo”.
    La impunidad es el mejor armamento del que dispone Rabat para consolidar el despojo a la hora de ignorar cualquier reclamo del pueblo saharaui. Por esto, cualquier declaración o acto a favor de la RADS es tomado como un ataque directo a Marruecos. El incidente diplomático de la semana pasada tiene como centro un informe titulado Aspectos del derecho internacional en el conflicto en el Sáhara Occidental, con fecha de marzo de 2019, que según algunos fue producido por los servicios de investigación del parlamento alemán, en el que se trata la presencia marroquí en el territorio reclamado por la nación saharaui como “anexión y ocupación”. Lo que ya señalaba en 1979 la resolución de Naciones Unidas.
    Marruecos expresó su fastidio tras la publicación del informe, el que según la agencia oficial informativa del reino alauita había sido filtrado por Argelia con datos “falsos” aportados por el Polisario.
    Las relaciones entre Rabat y Argel se siguen tensando tras conocerse que el 14 de mayo pasado habían llamado al embajador marroquí en Argelia, tras haberse conocido una declaración del cónsul de ese país en la ciudad de Orán, en una reunión con ciudadanos marroquíes varados tras el cierre de fronteras a raíz de las medidas de combate contra el COvid-19. El diplomático de Marruecos dijo: “Estamos en un país enemigo, lo d
    igo francamente”. Lo que no deja de ser del todo verdadero, ya que las relaciones entre ambas naciones magrebíes son muy tensas debido al conflicto en el Sáhara Occidental, por lo que los casi 2.000 kilómetros de frontera común continúan cerradas desde 1994.
    La cuestión del Estado del Sáhara Occidental tiene la oposición de Marruecos desde hace décadas, y se manifiesta contra los separatistas del Frente Polisario, apoyados por Argelia. Esta vasta área desértica, bordeada por el Atlántico, está controlada en gran medida por Marruecos, que ofrece un plan de autonomía bajo su soberanía. El Polisario exige un referéndum sobre la autodeterminación. Las negociaciones lideradas por las Naciones Unidas se han estancado durante varios meses.
    En diciembre pasado, con la llegada del nuevo presidente argelino Abdelmadjid Tebboune, el rey Mohammed VI hizo un llamamiento para abrir una “nueva página” en las relaciones entre ambas naciones, lo que en los hechos no se ha constatado.
    Europa, por su parte, tampoco atiende los pedidos saharaui, y beneficia de manera contaste las pretensiones marroquíes. Por ejemplo, en enero 2019 el Parlamento Europeo (PE), con sede en Estrasburgo, votó un texto en el que extiende al territorio en disputa del Sáhara Occidental los aranceles aduaneros preferenciales otorgados a Marruecos, reconociendo de hecho la autoridad de Rabat sobre esas áreas todavía en disputa, marcando de qué lado está la Unión Europea (UE). Sin duda, el acuerdo tiene un ojo puesto en la situación en Marruecos que, al igual que Libia, se ha convertido en la puerta de entrada a Europa, por la que la UE entregó unos 100 millones de euros a Rabat “para la gestión de las fronteras marroquíes”. Expertos estiman que Marruecos pudo evitar la llegada entre 2019 y 202o de unos 75 mil refugiados, de los que nada se sabe ahora.
    Este tipo de “favores” de Marruecos a la UE es lo que permite a Mohamed VI llevar a cabo acciones como la de declarar, en enero pasado, las aguas del Sáhara Occidental un espacio marítimo propio, con jurisdicción legal de Marruecos sobre el área marítima, desde Tánger (al norte) hasta Lagouira, en Mauritania (al sur), lo que fortalece su presencia en los territorios saharauis sin ningún respeto a los derechos. Las propias declaraciones del ministro de Asuntos Exteriores marroquí, Nasser Bourita, dejan en claro su intencionalidad: “Estas leyes apuntan a actualizar el arsenal legal nacional, respecto a la soberanía total del reino sobre sus fronteras efectivas de tierra y mar”. Despojando, en este caso, a los saharauis de sus soberanía sobre las 350 millas náuticas de la plataforma continental.
    Mientras tanto, naciones africanas como Comoras, Gambia, Guinea y Gabón han abierto recientemente representaciones diplomáticas en Rabat, apoyando la marroquidad del Sáhara Occidental, con lo que el despojo total de la nación saharaui estaría completo.
    *Por Guadi Calvo para Línea Internacional / Foto de portada: Fran García
    La Tinta, 21 mayo 2020
    Tags : Sahara Occidental, Frente Polisario, Marruecos, colonización, descolonización, autodeterminación, 
  • Sahara occidental : Aminatou Haidar critique l’ONU

    La militante sahraouie des droits humains a vivement critiqué la manière avec laquelle l’ONU traite la question de la décolonisation au Sahara occidental.

    Elle soutient que «l’approche adoptée par l’ONU pour la décolonisation du Sahara occidental n’a pas pleinement satisfait les aspirations du peuple sahraoui». Mme Haidar, qui était l’invitée, mardi dernier au soir, d’une table ronde virtuelle, organisée via visioconférence, par la Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines, a expliqué à que «certaines puissances étrangères, notamment la France, l’Espagne et les Etats-Unis,(…) ensemble ou individuellement, ont œuvré pour entraver le processus de décolonisation au Sahara occidental, qui constitue une violation flagrante du droit international et de tous les droits civils, politiques et sociaux».

    Le prix Nobel alternatif 2019, Mme Haidar a relevé «un ensemble de déséquilibres qui ont caractérisé la manière dont le Conseil de sécurité des Nations unies a abordé le conflit sahraoui ces dernières années, bien sûr, à la demande de Paris et d’autres régimes qui ont soutenu le Maroc au détriment des droits du peuple sahraoui et le droit international, portant atteinte à la légitimité institutionnelle du territoire».

    En ce qui concerne la situation dans les territoires occupés du Sahara occidental, Mme Haidar a été «très surprise par la continuation du Conseil de sécurité à renouveler techniquement le mandat de la mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental, la Minurso sans introduire aucun mécanisme pour organiser ou faciliter la tenue d’un référendum sur le territoire conformément au plan de règlement de 1991 signé par les deux parties au conflit, le Front Polisario et le Maroc».

    Par ailleurs, la Fondation sahraouie Nushatta pour les médias et les droits de l’homme a fait état de la poursuite des crimes de l’armée marocaine contre les bédouins sahraouis et leurs cheptels dans les territoires libérés. «Tapie derrière le mur de la honte, l’armée de l’occupant marocain continue à ouvrir le feu sur les Bédouins sahraouis des territoires libérés, notamment ceux se trouvant à proximité du mur de séparation raciste, implanté de mines qui n’épargnent ni les personnes ni les animaux», rapportent des médias sahraouis citant Nushatta. «Dès que des camelins et autres cheptels s’approchent du mur de l’humiliation et de la honte marocain, ils sont la cible de tirs nourris de l’armée d’occupation et ces actes qui relèvent de la barbarie ont tendance à se répéter, d’où des plaintes de la population des territoires libérés», ajoute le collectif.

    Affirmant que «la dernière agression date de mercredi dernier lorsque les forces d’occupation ont ouvert le feu sur des dromadaires», la Fondation a rappelé l’assassinat, en 2016, d’un citoyen sahraoui qui a tenté d’empêcher ses chameaux d’arriver à la zone minée, adjacente au mur de la honte.
    Nushatta pour les médias et les droits de l’homme s’est interrogée, à ce propos, qui devra mettre fin à ces actes contraires à la morale et aux valeurs humaines. 

    Dans un autre registre, un nouveau livre sur le conflit au Sahara occidental a été publié sous le titre «Hongrie et la crise au Sahara occidental», écrit par l’expert hongrois et ancien membre de la Mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (Minurso), Dr Janos Besenyo. Dans ce livre de 460 pages publié début mai, résultat de 10 années de recherche, l’auteur a utilisé diverses sources scientifiques, racontant également des souvenirs et des entretiens avec ces anciens soldats sahraouis.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Aminatou Haidar, ONU,

  • El saharaui Mohamed Dihani molesta en Marruecos

    Hoy, Marruecos celebra una macabra efemérides : la de los falsos atentados del 16 de mayo de 2003 en Casablanca. Uno de los acusados grabó ayer un vídeo en el que declara que esos atentados fueron perpetrados por los servicios secretos marroquíes. Esta declaración viene en el marco de la iniciativa seguida por Mohamed Dihani, un ex-prisionero político originario del Sahara Occidental, en la que empezó a denunciar el terrorisme de Estado marroquí practicado tanto en Marruecos como en Europa y el Sahel.
    Las declaraciones en directo a través de Youtube tuvieron gran eco en Marruecos. Todos aquellos que han vivido la misma experiencia que el Señor Dihani sienten la tentación de seguir la misma vía para liberarse de las secuelas de los años de tortura y aislamiento en una célula de a penas 2 metros cuadrados.
    Gracias a estos montajes, Marruecos utiliza la amenaza terrorista para justificar las violaciones de derechos humanos tanto en Marruecos como en el Sahara Occidental y al mismo tiempo exigir de sus aliados grandes sumas de dinero teóricamente destinadas a la lucha antiterrorista.
    La brecha abierta por Mohamed Dihani ha creado un estado de nerviosismo en el Majzén que ve en la iniciativa de sus antiguas víctimas un riesgo que amenaza con destapar la verdadera naturaleza del reino alauita : Un Estado terrorista que además alberga los mayores campos de producción de cannabis y se ha convertido en el centro del tráfico de cocaina procedente de América Latina y destinada a Europa.
    Es por esta razón, que Marruecos intenta acallar al saharaui Dihani solicitando su extradición de Túnez a pesar de que su estancia en Tunisia está auspiciada por Amnesty International en el marco de un programa de saneamiento de las secuelas de la tortura marroquí.
    Video de un marroquí que denuncia el terrorisme de Estado dela Majzén marroquí:
    Tags : Sahara Occidental, Marruecos, Amnesty International, Mohamed Dihani, extradición, terrorismo, 
  • Sahara occidental : Décès du savant de la culture populaire sahraouie, Sidati Sellami

    Mohamed Mahmoud

    Au début de l’année 1975, j’ai eu l’occasion de travailler pendant quelques mois à la Radio espagnole d’El Aaiún, à l’époque sous occupation espagnole. Parmi ses programmes se trouvait Taraïf wa hikayate sahraouiya (Comptes et relats sahraouis) dirigé et présenté par un homme aveugle mais qui jouissait d’une autonomie surprenante : Sidati Ould Sellami. Il se débrouillait pratiquement tout seul pendant qu’il préparait son émission si chère à la population sahraouie.

    Je viens d’apprendre qu’il n’est plus de ce monde. Une nouvelle triste pour le peuple sahraoui non seulement parce qu’il a consacré sa vie à la préservation et la diffusion de la culture populaire en tant qu’élément de l’identité nationale qui nous distingue des peuples voisins, mais aussi un militant qui a connu les prisons et la torture marocaines les plus atroces. En vue de lui faire parler, les marocains torturaient sa fille sans pitié.

    En 1987, Sidati se rendait parfois à la ville de Las Palmas où il retrouvait Ualina Chej Lekbir, responsable de la diaspora sahraouie dans la capitale canarienne. Il lui transmettait des précieuses informations sur l’occupation marocaine et ses pratiques de répression. Le Sahara Occidental se préparait à accueillir une mission onusienne dans le cadre du processus de paix qui aboutira à un cessez-le-feu le 6 septembre 1991. Le jour de son arrivée, Sidati venait d’arriver de Las Palmas avec des brochures et des drapeaux de la RASD qui seront brandis devant la mission onusienne. Ils se sont réunis le long de l’autoroute qui mène de l’aéroport vers la ville. Ils ne s’attendaient pas à ce que les marocains fasse recours à une vieille ruse que le Makhzen utilisait lorsque le roi Hassan II avait l’intention de se déplacer entre les villes marocaines.

    Les autorités marocaines ont préparé un faux convoi diplomatique. En voyant les limousines arriver, Sidati et les siens ont pensé que c’était le cortège de la mission onusienne et ils ont sorti leurs drapeaux et leurs tracts. C’était le moment attendu par les forces de police. Sidati et des centaines de jeunes ont été emprisonnés et torturés.

    On raconte qu’en dépit de sa cécité, Sidati a appris à démonter et à réparer le magnétophone qu’il portait lors de ses randonnées à travers le désert du Sahara dit Espagnol en quête de comptes et de fables pour son programme.

    Aujourd’hui, il n’est plus, mais sa place a été forgée dans la mémoire de chacun des sahraouis par son intégrité, sa sagesse et son travail infatigable en vue de sauvegarder le patrimoine culturel sahraoui que l’occupation marocaine tente d’effacer.

    Tags : Sahara Occidental, Maroc, Sidati Sellami, patrimoine culturel, culture,

  • Sahara Occidental : El ocaso de Hach Ahmed

    En su red social de twitter se define como uno más de tantos que luchan por una causa justa. Hach Ahmed (Dajla, 1960), ese político saharaui, de verbo conciso y trabajador innato, ha desandado en menos de un lustro todo un periplo que con tesón, abnegación y pocos recursos le aupó al Olimpo de la diplomacia saharaui, una gesta que el propio Marruecos, muy a su pesar, le llegó a reconocer, a tenor de la revelación de algunas valijas diplomáticas de sus legaciones en Latinoamérica. Con memoria de elefante y una destacable elegancia dialéctica, pasó de ser ‘uno más’, a convertirse en el imaginario colectivo de su pueblo en un ‘un paria más’. ¿Qué motivó esa metamorfosis de Hach?
    Los que le conocen bien le describen como un amigo fiel, amante de la vida bidan, culto y de una envidiable piedad filial. Licenciado en Historia en el País Vasco, Hach Ahmed ocupó, desde que comenzó el conflicto saharaui, varios puestos diplomáticos y ministeriales, hasta que su vida política, al menos en lo público, entró en una deriva al presentar su dimisión como ministro de Cooperación de la RASD en 2012, un gesto que le granjeó una inusual admiración entre la población, motivada por el hecho de ser una decisión sin parangón en la hermética política del Polisario, a la par que agasajaba los sectores más críticos con el movimiento saharaui.
    Pero no sería hasta 2015 cuando abandona definitivamente el Polisario por “desavenencia con sus dirigentes”, y a la espera de “tiempos mejores”. La aureola del personaje político se agrandaba aún más, conservando la figura del responsable crítico, rebelde y honesto ante su pueblo, que culmina con una carta abierta en víspera del XIV Congreso del Polisario, donde no reparó en acusar directamente a la Organización de estar capitaneada por “corruptos, totalitarios, nepotistas y de jerarquía tribal”. Hach Ahmed, molesto con algunos dirigentes- y en eso pueda que tenga razón- declaraba una guerra sin cuartel al Polisario.
    A partir de aquí, Hach Ahmed entraba en un territorio bastante resbaladizo que deja mucho a la confusión. En una sociedad sensible y sufrida, criticar al Polisario es sinónimo de felonía a los principios por los que un pueblo siga aún luchando, y con un enemigo que no escatima esfuerzo alguno en romper esa unidad saharaui en torno a la libertad e independencia del Sahara Occidental. A día de hoy, desafortunadamente, no cabe distinción entre el líder y su gestión. La gama de grises se difumina, y algunos actuales dirigentes saharauis corren tupido velo sobre sus ineptas y escandalosas actitudes, acusando, a quienes de buena fe protestan, de estar en contra del proyecto en general, y así fulminar a los adversarios y emprender una auténtica caza de brujas. Y aquí, Hach Ahmed fue defenestrado impetuosamente, de tal forma que se le privó hasta de su pasaporte saharaui.
    Tal vez fruto de la desesperación y de ajuste de cuentas entre Hach Ahmed y algunos responsables, el pueblo saharaui, sin darse cuenta, comenzaba a perder a un hijo y a un gran político que consagró toda una vida por su gente, y cuya estirpe ya forma parte de ese mosaico de saharauis inmortales. Pero a la vez, Hach Ahmed, de forma inconsciente, o eso quiero entender, empezó a cavar su propia tumba como dirigente, y adoptó aquella frase de ‘ma yaibitni legzana’, o lo que es lo mismo ‘no pinto nada’ en el Polisario. A partir de aquí su bicicleta política y personal quedaba sin frenos.
    A finales de 2017, junto con un grupo de exdirigentes saharauis, se convierte en portavoz de la alicaída Iniciativa Saharaui por el Cambio (ISC). Un movimiento, que no renuncia su pertenencia al Polisario, sino que se autodefine como un sector crítico, que preconiza el cambio y denuncia los males del Polisario. Hach Ahmed, a través de sus intervenciones, va descubriendo sus propias cartas. Si los integrantes del ISC de habla árabe denunciaban corrupción y mala gestión del Polisario, él iba más allá, y acusaba a su antigua organización de “crímenes y violaciones de DDHH”. E incluso en varias entrevistas elogiaba de forma indirecta la autonomía marroquí para el Sahara Occidental. Demasiados guiños hicieron que la propia ISC empezase a tambalearse sin que surtan efectos sus nimias aportaciones. Luego vino la cascada de bajas en sus filas.
    Ante la falta de progreso y la nula presencia del ISC en la vida de los saharauis, nuestro protagonista decide finalmente crear un nuevo partido/movimiento con claras pretensiones de revalidar la legitimidad del Polisario como representante de todo el cuerpo saharaui. Una línea rojo. “Las ideas y las épocas cambian y se adaptan entre sí, abrazar postulados más moderados es una actitud irreprochable y merece todo el respeto”, llegó a escribir en una ocasión, en contraposición del ‘radicalismo’ del Polisario.
    Comienza así, a principios del 2020, la andadura del ‘Movimiento Saharauis por la Paz’ (MSP), formada por una amalgama de saharauis de bajo perfil, e incluso de algunos repudiados socialmente, cuyo primer secretario es Hach Ahmed. Hastiado de la falta de “cien veces pospuesto y frustrado debate interno de Polisario”, el exdiplomático pretende nada y guardar la ropa con el nuevo proyecto, que a buen seguro tendrá un éxito relativo en los próximos meses e incluso años, a pesar de los análisis a vuelapluma que le auguran una muerte prematura.
    Hach Ahmed cree contar con una baza, la de ser ese actor capaz de dar una salida a un conflicto que se halla en un sempiterno impasse. Y precisamente el órdago de MSP suena atractivo para ciertos países, fuerzas políticas, organizaciones internacionales, etc.…. implicados en esa cuestión que dura ya más de 40 años, lo que sin duda será un incordio para el Polisario. No obstante, ese trance será efímero, a razón de que el Polisario es una organización consolidada y que apuesta por la paz y la estabilidad, y eso es un valor seguro y creíble, lejos de aventuras cosméticas y errantes.
    Pero esa baza de Hach Ahmed, es a la vez su propio ocaso. Lástima que sea víctima de ajuste de cuentas de algunos dirigentes sin escrúpulo del Polisario, pero también es una pena el precipitarse y pecar de cierta arrogancia intelectual defraudando a sus amigos, a sí mismo y a su pueblo, chapuceando en las cloacas del enemigo. Con la libertad y la autodeterminación del Sahara Occidental no se juega. Nadie sobra, pero el Polisario es un principio sagrado que no está ligado a líderes ni al tiempo. Es el pueblo. Es nuestro destino.
    Salamu Hamudi
    Periodista saharaui.
    salamu
    _1986@yahoo.es
    Fuente : Facebook
    Tags : Sahara Occidental, Frente Polisario, Hach Ahmed,