Category: Maroc

  • Vivre au Maroc, par Paul Bowles

    « Le détroit de Gibraltar m’a toujours fasciné : il semble être le centre de l’univers. C’est la raison pour laquelle j’ai choisi de vivre là. D’un côté il y a le Maroc, de l’autre l’Espagne. De tout temps, j’ai aimé les deux pays. Mais je précise que c’est entre l’Espagne et le Maroc que j’aime vivre, et non entre l’Europe et l’Afrique. L’Europe ne m’attire pas tellement : pour moi, elle s’arrête aux Pyrénées. L’Espagne est autre chose, presque un autre continent. L’atmosphère y est différente du reste de l’Europe, et j’ai toujours aimé le fait qu’on retrouve en espagnol beaucoup d’expressions d’origine arabe.

    On me dit que l’Espagne a beaucoup changé, qu’elle est devenue beaucoup plus américaine, comme Paris et Londres. Je ne sais pas pourquoi tous ces européens veulent imiter les américains.

    Ce que j’aime surtout, ce sont les grandes villes des années 30. Mais aujourd’hui, ce sont les arrières-pays et les campagnes qui m’attirent, beaucoup plus que toute ville moderne.

    Tanger est toutefois différente pour moi : c’est une ville que j’ai de tout temps aimée et où j’ai vécu pendant 61 ans. C’était le point de départ de mon voyage à travers le Maroc, à la recherche de la musique traditionnelle. J’avais également l’habitude d’aller en Espagne, mais j’ai arrêté parce que les conditions de voyage sont devenues très désagréables. Un pont va toutefois être construit; j’espère que je le verrai – et l’utilisera- avant de mourir. »

    Source : Tan querida Tanger

    Tags : Maroc, Espagne, Tanger, Détroit de Gibraltar,

  • Maroc : “Bousbir” : Colonie des prostituées d’antan…

    « Radi l’bousbir ? », dixit « Tu vas à Bousbir ? ».

    Cette phrase, ma grand-mère la répétait pour plaisanter avec mon grand-père quand elle le voyait sortir chic et bien habillé. C’était il y a 13 ans, j’étais encore enfant, Bousbir avait déjà disparu depuis 1955, mais la phrase est restée.

    Bousbir a marqué la mémoire casablancaise qu’on le veuille ou non.

    Bousbir est la prononciation marocaine du prénom de Prosper FERRIEU. Chargé depuis 1865 de l’agence consulaire française de Casablanca, il était propriétaire du terrain qui deviendrait le quartier réservé. Le premier Bousbir fut bâti dans l’ancienne médina, mais très tôt il se déplaça vers la nouvelle ville sur la colline de Derb Sultan en 1922. Entouré par la Régie des Tabacs et le quartier des Habous, avec une superficie d’environ 24.000 m2. Un quartier complet, clos de murs, composé de ruelles labyrinthiques. Il possédait le grand cinéma du quartier appelé « Cinéma Mauritania », le Café de la Porte, le Café du Cinéma, le Café du Hammam, le Café des Chômeurs, le Café des Roseaux, le Café de l’Amina des Cheikhat, le Café du Raïs, Le Café Edmond. Bousbir comportait également des Hammams, des marchands de charbon et de fruits, des coiffeurs pour dames et hommes, six restaurants, des boutiques de vêtements ainsi qu’un bureau de tabac. Chacune des ruelles portait un nom indiquant les origines des prostituées : rue Elfassiya, rue Doukkaliya, rue Lahriziya, etc.

    Les prostituées étaient originaires de plusieurs régions du Maroc principalement, ainsi que d’Algérie et du Maroc espagnol, selon l’enquête ethnographique réalisée par Jean Mathieu et P. – H. Maury, présentée dans le Livre intitulé « Bousbir, la prostitution dans le Maroc colonial », livre édité et présenté par M. Abdelmajid Arrif.

    Ces prostituées venaient travailler à Bousbir pour des raisons qui différaient d’une prostituée à l’autre : fuite d’une maison close, arrestation pour cause de prostitution clandestine, misère, fuite d’un mariage forcé et précoce.

    Le quartier de Bousbir, vivait une vie normale, celle d’un quartier en mouvement. Mais l’administration coloniale avait voulu l’« orientalisme» à tout prix. Les prostituées traditionnelles étaient habillées en caftans de trois pièces au moins, brodés, elles portaient des bijoux, des coiffures et des foulards à l’ancienne, leurs yeux étaient maquillés de khôl, leurs mains décorées de henné.

    Il y avait aussi les modernes, celles qui portaient les vêtements tendance de l’époque : chemise, jupe, robe.

    Les prostituées se pointaient chaque matin après leurs cafés et leurs premières cigarettes devant les portes des chambres closes, dans l’attente de passagers ou de touristes cherchant du plaisir. Il y en a qui dansaient, chantaient, ou même qui hélaient les passants avec des expressions érotiques et sexuelles : « Aji Tchrub Atay …», dixit « Vient boire un thé …» ou « T’ala t’alleq m’aya ? ». Ou bien elles faisaient appel à des jeux et des plaisanteries grossières avec les clients.

    Les clients de Bousbir étaient hétérogènes : les clients européens étaient en général des marins de passage, des touristes venus découvrir le quartier. Français, Marocains juifs ou musulmans, légionnaires et soldats français, chacun de ces clients s’offrait une des prostituées qu’il souhaitait ou que la patronne avait choisi pour lui. Les pratiques sexuelles variaient d’une prostituée à l’autre, selon le désir du client ainsi que la somme qu’il donnait.

    La direction de la Sécurité Publique surveillait régulièrement la santé des prostituées avec des fiches sanitaires dans le dispensaire municipal de surveillance sanitaire et de prophylaxie anti- vénérienne, pour contrôler la santé des prostituées, afin d’éviter la transmission des infections vénériennes. Selon le témoignage de ma grand-mère, qui a vécu dans le quartier de Derb Sultan, non loin du quartier réservé, et qui entendait ces échos, « la patronne des filles (moqaddama) lavait le vagin des prostituées avec de l’eau chaude du sel et de la pierre d’alun (chebbe en algérien et chebba en marocain) pour éviter les chancres ». Selon le même témoignage, les grandes familles de Derb Sultan, issues généralement de la région de la Chaouïa, Settat, Fès et Marrakech apostrophaient les prostituées avec des expressions méprisantes telles que : al-bâghiya, al-qahba. Mais d’autres les appelaient plus joliment bnât l-hwa.

    Les prostituées se tatouaient entre elles à l’aide d’une aiguille et d’indigo (nila). Le tatouage représentait alors, dans la culture marocaine, une véritable arme contre le mauvais œil. Les prostituées traditionnelles portaient des tatouages à l’ancienne : as-siyala (tatouage sur le menton), l-hmimiqa (motif sur le talon d’Achille), l-buja entre les yeux, l-khatem sur les doigts. Les modernes tatouaient des motifs plus contemporains et plus « jeunes », parfois du texte en caractères latins ou des dessins. Par exemple : « Pas de Confiance Pour les Hommes de Tlemcen », « Vive l’amour », « Pas chance au Maroc » (sic), « Vive abbés » (sic), des prénoms masculins : Mustapha, Ahmed. Ou encore des dessins et des motifs quelconques. Ou bien encore des dessins obscènes tels que des dessins de pénis.

    «Ti regardes ……..mais ti touche pas ! »

    Source : Rachid Dechmi Meliani

    Tags : Maroc, prostitution, Bousbir, Casablanca,

  • Maroc : 40 ans avant de retrouver le corps de son fils, victime des années de plomb


    Fatima, 74 ans, a attendu plus de 40 ans avant de récupérer le corps de son petit garçon de 11 ans abattu en pleine rue par des militaires pendant une grève réprimée avec violence.

    Il faut grimper un escalier bien raide dans un petit immeuble de la casbah pour atteindre l’appartement de Fatima Mazioudi. Elle vit seule avec ses souvenirs et une de ses filles. Depuis la minuscule lucarne réservée aux femmes, elle jette un oeil dans la rue… “Ce jour-là, c’était un peu comme aujourd’hui, calme. J’étais à la maison et j’attendais que mon mari rentre du travail. Ahmed a lui aussi regardé par la fenêtre, il a vu que le magasin d’en bas était ouvert alors il est sorti. Je le revois encore, il voulait en profiter pour voir si l’école serait ouverte le lendemain”, se souvient Fatima Mazioudi. Malgré les quarante années qui se sont écoulées, elle n’a rien oublié de ce 23 mars 1965. Le jour, où son petit garçon Ahmed, âgé de 11 ans, n’a pas résisté à la tentation d’aller faire un tour chez le marchand, comme tous les gamins.

    En bas, quelques grévistes continuaient à manifester leur mécontentement contre le gouvernement, contre ces années de plomb où le roi du Maroc, Hassan II, menait le pays d’une main de fer. “Il y avait eu des grèves 2 jours plus tôt et là, c’était plus calme”, poursuit Fatima. “Ils avaient envoyé les tanks dans le quartier… Ce sont les voisins qui m’ont avertie. On m’a dit que mon enfant avait été blessé et que les militaires l’avaient emmené. Il avait reçu des balles et certains m’ont expliqué que l’enfant reviendrait une fois soigné. Des témoins ont dit qu’il avait été touché au ventre. Mais ceux qui l’ont tué ne voulaient laisser aucune trace. Mon mari l’a cherché partout jusqu’à sa mort. Il a contacté le ministère de la Justice, de la Défense. Quarante ans que j’attends qu’il me ramène mon fils”.

    Le 16 juin 2006, après des années de recherches, Fatima Mazioudi reçoit une étrange nouvelle. “C’est le CCDH (Conseil Consultatif des Droits de l’Homme) à qui j’avais fait une demande pour récupérer le corps de mon fils qui m’a téléphoné. Il avait été retrouvé. Mon fils n’a jamais été déclaré mort mais seulement disparu. Et pourtant, il avait été enterré. Je suis même allée sur sa tombe. Depuis je ne dors plus. J’espérais tellement le retouver vivant”.

    Source : Six pieds sur terre

    Tags : Maroc, années de plomb, répressionm Hassan II, Makhzen,


  • Le Maroc, derrière une tentative d’attentat terroriste aux Pays Bas

    Encore une fois, le royaume de Mohammed VI se trouve derrière un crime lié au terrorisme. Cette fois-ci, aux Pays Bas, où, selon la presse locale, deux marocains ont été condamnés à 9 et 7 ans de prison pour avoir tenté de faire exploser un commissariat de police à Rotterdam.

    Ahmed B. en Mouad M., tous les deux originaires du Maroc, se trouvent en prison depuis 2018 depuis qu’ils ont échangé des messages suggérant la commission d’un attentat contre le commissariat de De Veranda ainsi qu’une photo dudit poste.

    D’après des sources de la justice, citées par des médias néerlandais, l’arrestation de ces deux individus a permis d’éviter une catastrophe.

    Ahmed B. avait des contacts avec “une soeur” qui voulait utiliser une ceinture explosive. Ils ont consulté des sites appartenant à l’Etat Islamique où se trouvens des explications sur l’utilisation d’un camion pour commettre un attentat terroriste.

    Mouad M. a séjourné en prison à plusieurs reprises après avoir fui d’une institution pour mineurs en France avant de regagner les Pays Bas. En raison de sa violence, il a dû être transféré de la prison de Vught où il était influencé par l’assassin de Theo Van Gogh.

    Tags : Maroc, Pays Bas, Rotterdam, terrorisme, attentat, commissariat, De Veranda, Etat Islamique, ISIS, Daech,

  • Pays Bas : Deux marocains écroués pour tentative d’attaque contre un commissariat de police

    La justice néerlandaise a condamné deux marocains à 9 et 7 ans de prison pour tentative d’attaque terroriste contre un commissariat de police de la ville de Roterdam.

    Selon le site nu.nl qui rapporte la nouvelle, Ahmed B. et Mouad M., tous les deux nés au Maroc, en ont parlé dans un chat et partagé une photo du commissariat.

    “Leur arrestation a évité beaucoup de mal, a déclaré mercredi le procureur de la République devant le tribunal de Rotterdam”, indique la même source.

    Les deux inculpés ont été arrêtés en juin 2018 après que des informations aient été interceptées selon lesquelles ils préparaient une attaque avec des armes et des explosifs.

    Ahmed B. aurait eu des contacts avec «une sœur» qui voulait porter une ceinture anti-bombe. Les pages Internet de l’Etat Islamique ont également été visitées où ils ont consulté les instructions pour une attaque avec un camion.

    D’après l’agence ANP, ils sont arrivés aux Pays Bas dans le but de commettre un attentat terroriste et l’un d’eux été influencé en prison par le meurtrier de Theo Van Gogh

    Tags : Maroc, Pays Bas, terrorisme, Rotterdam, commissariat, Etat Islamique, ISIS, Daech,

  • Le Maroc interdit à ses propres sujets

    Pour l’instant pas de visites familiales au Maroc

    PAYS-BAS, MAROC – L’état d’urgence de Corona au Maroc est actuellement prolongé jusqu’au 10 octobre avec possibilité de prolongation. Des villes comme Casablanca et Marrakech sont complètement fermées et vous n’êtes donc pas du tout autorisé à entrer, et de nombreuses autres villes sont fermées aux étrangers et aux non-résidents. Cela dure depuis un certain temps et les Néerlandais d’origine marocaine ne peuvent pas se rendre dans leur pays d’origine depuis longtemps et donc souvent pas chez leurs proches. “Normalement, je vais au Maroc deux mois par an pour rendre visite à ma famille, mais maintenant je ne pouvais pas y aller tout l’été et la question est de savoir quand je pourrai le refaire”, a déclaré Wasim.

    Pour de nombreux Néerlandais d’origine marocaine, c’est une mesure ennuyeuse. «Ma grand-mère est également âgée et notre temps ensemble nous est maintenant enlevé», a déclaré Mustapha Mkik. Les citoyens néerlandais munis de passeports néerlandais et marocains ne sont pas autorisés à entrer au Maroc pour le moment. Cela peut rendre encore plus importante la crise identitaire bien connue que connaissent certains jeunes d’une deuxième ou troisième génération aux Pays-Bas. Il n’est pas le bienvenu dans un pays où vous avez un passeport et donc vous devriez en faire partie, malgré la compréhension de la situation, selon Hamza, 22 ans, peut être difficile.

    Non seulement les visites familiales et les vacances annuelles sont désormais impossibles, mais l’inhumation au Maroc est désormais également impossible. “Il y a des dizaines de cercueils à la morgue de Schiphol, parfois pendant trois semaines. Ils ne peuvent pas être transportés dans le pays d’origine du défunt. C’est parce que de nombreux pays ont fermé leurs frontières à cause du virus corona. C’est un problème particulièrement pour les musulmans, car ils doivent enterrer leurs morts dans les 24 heures », a déclaré Hans Heikoop à NOS.

    Source : You News 2, 14 oct 2020

    Tags : Maroc, Pays Bas, bi-nationaux, Islam, morgue, enterrement, visites familiales, MRE, émigrés, marocains,

  • L’ONU inflige un sacré camouflé au Maroc

    Aucun pays du monde n’a voté pour le Maroc pour le membership du Conseil des droits de l’homme, y compris ses alliés de la françafrique.

    Dans une lettre envoyée aux pays membres, dont une copie a été publiée sur le site des Nations Unies, le président de l’Assemblée Générale des Nations Unies, Volkan Bozkir rapporte des résultats du vote réalisé le 9 octobre 2020 pour l’élection des membres du Conseil des droits de l’homme.

    “Ayant obtenu la majorité requise et le plus grand nombre de voix des membres de l’Assemblée générale, les 15 États suivants ont été élus membres du Conseil des droits de l’homme pour un mandat de trois ans prenant effet le 1er janvier 2021: Bolivie (État plurinational du), Chine, Côte d’Ivoire, Cuba, France, Gabon, Malawi, Mexique, Népal, Pakistan, Fédération de Russie, Sénégal, Ukraine, Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande du Nord et Ouzbékistan”, dit-il.

    Dans un document joint à la lettre, on y constate que le Maroc n’a récolté que son propre vote, mettant à nu l’image du Makhzen au niveau de la communauté internationale et l’échec retentissant de la diplomatie marocaine dirigée par l’inénarrable Nasser Bourita qui a fait de la corruption et le mensonge son dogme.

    Il y a lieu de se demander pourquoi même les satellites africains de la France lui ont tourné le dos.

    Tags : Maroc, ONU, droits de l’homme, Assemblée Générale, Conseil des droits de l’homme, vote,


  • Le Maroc toujours sans nouvelle de la princesse Lalla Salma

    Au Maroc, l’énigme continue d’entourer la disparition de la princesse Lalla Salma, l’ex-épouse du roi Mohammed VI. Personne n’ose aborder le sujet, la vie privée du souverain marocain faisant partie des lignes rouges établies par la monarchie. Aucun média local ne semble avoir de ses nouvelles et les informations diffusées par les médias officielles du palais n’apportent aucune preuve illustrée sur son sort.

    Ainsi, le sort de Lalla Salma s’ajoute aux questions sacrées du Sahara Occidental, la monarchie et la religion dont le sujet est interdit au public et à la presse.

    Ce qui est sûr c’est que le divorce du couple royal marocain est consommé et la disparition de la princesse Lalla Salma depuis bientôt 3 ans. En effet, la dernière apparition de la désormais ex-épouse du roi Mohammed VI remonte au mois de décembre 2017.

    Selon le site Doingbuzz, le divorce du roi du Maroc “serait en grande partie du fait que le roi Mohammed VI soit un homosexuel”. En effet, dans une dépêche publiée mardi sous le titre de “L’homosexualité du roi du Maroc lui coûte son mariage”, ce média rapporte que “certains sites marocains avaient rappelé que le Roi avait encore derrière lui un passé gay qui le poursuit”.

    Tags : Maroc, roi du Maroc, Mohammed VI, Lalla Salma, princesse Lalla Salma, divorce, disparition, homosexualité, gay,


  • Maroc : L’enterrement du Glaoui, Pacha de Marrakech

    23 JANVIER 1956, HADJ THAMI EL GLAOUI MEURT

    Photographie extraite d’un reportage de Roger BEAU, photographe chez Kynel et témoignage personnel d’André HARDY, Commandeur du Ouissam Alaouite, Grand Officier du Nicham Iftikhar, tiré de ses Mémoires de chef des contrôleurs civils de la Région de Marrakech.

    Cette photographie envoyée par Roger Beau est totalement inédite, elle n’a pas paru dans la presse de l’époque. Les services d’ordre de la Police, de l’Istiqlal et de l’Armée suivent le même but: écarter les agitateurs possibles.

    LA FIN D’UN “GRAND SEIGNEUR”

    « Accompagné de ma femme, je m’étais rendu une dernière fois à son chevet, peu de jours avant sa mort, qu’il attendait avec sérénité. Ce n’est pas sans émotion que j’avais tenu, une dernière fois sa longue main brune et décharnée, regardé en face le long visage ridé de cet ami loyal, qu’illuminaient les yeux intelligents et doux.

    Il avait choisi pour lieu de sa dernière demeure la minuscule Zaouia de Sidi ben Sliman (l’un des 7 saints de Marrakech: le Soufi), en pleine médina. De son palais à son tombeau il y avait deux kilomètres de ruelles, trajet difficile pour un cortège pompeux, espace exigu pour les honneurs militaires, dus à un Grand officier de la Légion d’Honneur. Et pourtant, ces obsèques malcommodes et désordonnées furent comme une apothéose.

    Après les prières, dites dans le palais de la Stiniya, le corps enveloppé dans un linceul de moire noire fut emporté à bras sur un brancard, cahotant au-dessus des têtes d’une foule immense. Dans cette multitude, pressés comme les grains de blé dans un boisseau, se coudoyaient Français et Marocains, notables et gens du commun, caïds et militants de l’Istiqlal, hommes et femmes, uniformes, vestons et jellabas. Le service d’ordre de l’Istiqlal collaborait vigoureusement avec la police pour canaliser cette marée en criant : « de l’ordre : de l’ordre », et je crois bien que l’ ‘émotion étreignait aussi bien ceux que le Pacha avait favorisés de ses largesses que ceux contre qui il avait si longtemps et si durement sévi, car tous étaient conscie,ts de la noblesse et de la grandeur du disparu. C’était vraiment, avec lui, une époque qui s’achevait et, en cette minute aucun ne pensait plus au risque qu’il pouvait courir en étant mêlé à cette foule, chacun observait une trêve tacite.

    Au seul endroit du parcours qui fut un peu moins étroit, le cortège marqua une pause, les honneurs militaires furent rendus, le Résident Général lut son discours ainsi, que le représentant du Sultan, qui était l’ancien Caïd Lahcen Al-Youssi, devenu Ministre de l’Intérieur. Puis la marche cahotante reprit jusqu’au mausolée, où le corps fut remis aux fossoyeurs, et il ne resta plus aux assistants qu’à s’ext raire comme ils purent de ce tourbillon humain… »

    UN TOURNANT DE L’HISTOIRE

    « Après la mort du Pacha s’ouvrait une nouvelle période dans l’histoire de Marrakech et, peut-on même dire, dans l’histoire du Maroc. C’est le 3 Mars que ce pays obtint de Monsieur Pinay une indépendance dont personne ne doutait plus depuis le retour triomphal du Roi Mohamed V, en novembre 1955. »

    « Les fils du Glaoui ne furent d’abord nullement inquiétés et reçurent à la Stiniya de nombreuses visites de condoléances. C’est à cette seule occasion que je les vis tous rassemblés, le 1er février 1956. L’un d’eux Abdallah, le « romancier » devait mourir le 4 juin des suites d’une opération. »

    Le territoire marocain était organisé en une certain nombre de Provinces, confiées à des Gouverneurs ( en arabe : âmal, pluriel : oumal) calquées sur l’organisation régionale antérieure. C’est ainsi que la ville de Marrakech formait une province et le territoire en formait une autre…. A qui reviendrait les deux commandements, à la fois désirés et redoutés ! Le Roi et son « Conseil du Trône » hésitèrent longtemps. Le général Bazillon et moi-même avions eu l’occasion d’en discuter longuement avec le nouveau Ministre de l’Intérieur, Lahcen Al-Youssi, après les obsèques du Pacha, où il représentait son maître. C’était un berbère, ancien caïd de Sefrou, épuré en 1953, ne parlant pas le français, mais astucieux et apparemment d’esprit assez large. D’ailleurs, en général, le style adopté par les nouveaux maîtres du Maroc, fussent-ils des terroristes de la veille, était celui d’un triomphe modeste et modéré, oublieux du passé et tourné vers l’avenir, avec la conscience qu’ils avaient encore besoin de nous pour le construire. Chez beaucoup, cette attitude était sincère et plutôt sympathique, mais ils ne purent malheureusement s’y tenir… ou se maintenir. Finalement furent désignés pour la ville de Marrakech, le fqih fassi Mehdi Sakkali, et pour la Province Moulay Hafid el Alaoui, cousin du Sultan et lieutenant-colonel de l’armée française. »

    UN FASSI GOUVERNEUR DE MARRAKECH

    « Le choix de Mehdi Sakkali n’était pas bon. Comme Fassi, déjà, il ne pouvait qu’être mal vu des Marrakchis. En outre, bien que vêtu à l’européenne, à l’exception du tarbouch dont il était coiffé, c’était un musulman fanatique à tendance wahhabite, totalement dépourvu de bon sens. Son premier geste fut de faire de la Jamâ el Fna un désert, car il était horifié par le groupement de bateleurs, charmeurs de serpents, danseurs, etc… qui de tout temps a fait la célébrité de cette place. Il acheva ainsi de ruiner le commerce de Marrakech, déjà bien malade, et de faire fuir les touristes. Il devait faire pire par la suite. Moulay Hafid, par contre, avait l’étoffe d’un bon gouverneur. … »

    Le livre d’André Hardy, est sur le point d’être épuisé. Son tirage initial fut très faible. Si vous le trouvez neuf ou d’occasion n’hésitez pas à l’acheter car vous y lirez le témoignage d’une des personnes les mieux informées. Il contient beaucoup de faits méconnus sur Marrakech et ses habitants de 1951 à 1956. Même ceux qui vivaient à Marrakech à cette époque ignorent de nombreux événements qui s’y sont produits.

    Source : Mangin de Marrakech

    Tags : Maroc, Pacha Glaoui, enterrement, André Hardy,

  • La vraie histoire d’Aïcha Kandicha au Maroc

    Maroc, Aicha Kandicha, #Maroc,

    Le nom d’ Aïcha chez les Marocains révèle deux choses :

    La première , c’ est que ce nom est religieusement sacré , car il est le nom de la femme du Prophète Mohamed ( Alïhi Assalam*) . Cette femme était la plus jeune des femmes du Prophète. Il l’ a épousée alors qu’elle avait l’ âge de douze ans.

    *Paix soit sur Lui

    Elle était la plus chère à son coeur. Le Prophéte a dit “Prenez la moitié de votre religion de cette femme “( Aïcha ).

    Quand les chanteurs de Gnaoua (Gnawa ) chantent ce nom, leurs chant est un chant soufi .

    La deuxième , c’ est que ce nom vient d’ une mythe très célèbre dans la mémoire de peuple marocain . C’ est Aïcha Kandicha . C’ est le nom d’ une femme qui est djinn .

    Elle habitait toujours à côté de la mer . Dans des lieux qui sont inhabités . Et elle sort la nuit pour couper la route aux hommes qui passent seul . Elle les attire vers elle et les habite : ç a veux dire qu’ ils tombent amoureux d’ elle . Ils deviennent fous jusqu’ à leur mort.

    Aïcha a été décrite, dans les récits du peuple marocain comme une femme, mais elle a des pieds de chameau.

    Un grand écrivain Tahar Ben Jelloun , qui est célèbre dans la littérature française , a essayé de donner à ce mythe une relation avec la réalité , dans ses écritures, en disant que cette histoire ( mythe ) de Aïcha Kandicha est une histoire réelle .

    C’ est une femme, résistante, qui a lutté contre la colonisation française au Maroc. Après la mort de son mari tué par les Français , elle a décidé de se venger , en apparaissant aux étrangers ( les soldats français ) et les attirant vers les plages où elle les tue par vengeance.

    Le récit de l’ histoire de cette femme ne dépasse pas ces deux signification dans les chansons de la musique Gnaoua ( Gnawa).

    Le chanteur de la vidéo ci-dessous parle de cette femme , de sa puissance et le bien qu’elle peut faire quand elle veut et la supplie de lui faire du bien , comme s’ il supplie un saint du mausolée.

    La musique avec le chant du mythe de cette dame ne peut que donner la chair de poule à celui qui l’ écoute. C’ est la façon dont ils chassent les mauvaiss esprits.Source : Gammes musicales

    Tags : Maroc, religion, superstitions, musique, chants, Aicha Kandicha, djinns,